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 Une cigale dans la fourmilière

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Message(#) Sujet: Une cigale dans la fourmilière Sam 29 Nov 2014 - 23:18


Les volutes de fumée embaument la pièce, planent au-dessus du lit et dessinent les mêmes courbes charnues de l’oiran(1) qu’il caresse. Le temps semble s’être figé, un instant qui flotte à l’abri de toute obligation, un instant d’indépendance qu’il s’est offert avec une partie de sa solde, une fois de plus. Enterrée la malchance, Fuusho s’évade de son quotidien au point d’en oublier qu’il se trouve au cœur d’une maison verte(2).

Ils discutent, s’appréhendent, s’enlacent, recommencent. Elle, rembourse les dettes de son ivrogne de père, lui, recherche toujours sa sœur. Et tous deux s’embrument de cette douce odeur de tabac, à travers la fumée qui leur voile momentanément la vue. Les yeux fixant le plafond, ils sont libres de leur dette comme de leur quête, perdus dans les méandres de leur imaginaire. Le trentenaire pense qu’ils se connaissent un peu mieux à chacune de ses visites et retrouve chez Hokuto le plaisir du partage. Non pas sexuel, ni même instinctif, mais quelque chose de plus subtil, de plus ardent. De sincère.

- « Viens avec moi. Partons loin d’ici. » Une fuite, immédiate, un choix immuable qui dénote avec leur attitude inerte.
- « Le plus loin possible. Par-delà les mers connues. » Une pause, comme une hésitation, avant le dépit. « Dommage… »
- « Domme de quoi ? »
- « Qu’aucun de nous ne sache naviguer, ni même nager. » Les têtes se penchent, les regards se croisent, la malice se communique de l’un à l’autre et leur rire se mêlent. L’éclat chaleureux d’un présent paisible que rien ne semble pouvoir arrêter, sinon la voix nasillarde du patron, traversant la porte, pour rappeler à Fuusho la fin imminente de la prestation achetée.

La dureté de la réalité reprend finalement possession des lieux.

Ils rassemblent leurs affaires, se rhabillent et n’échangent rien de plus qu’un sourire. Des promesses briseraient cette liaison éphémère -même si périodique-. Alors ils se quittent, se fuient, s’oublient d’ici leur prochaine rencontre, pour ne pas transformer ce plaisir et ce partage en un amour véritable. Une façon pour eux deux d’éviter la douleur d’une déception.

En quittant l’étage, Fuusho est interpellé par le propriétaire qui, après les remerciements d’usage, l’invite à bénéficier d’une consommation gratuite au bar de l’établissement. Une façon d’afficher clairement sa reconnaissance envers un client régulier, manière vraisemblablement appréciée par le fumeur puisqu’il accepte.

* * *
* * * *

Cette maison verte ne se limite pas aux simples plaisirs charnelles mais pousse le vice sur bien d’autres dépendances, notamment l’alcool. Déraisonnable, le trentenaire a consommé bien plus que le seul verre offert. Et ses discussions se sont éternisées sur bien trop de sujets avec bien trop d’inconnus, au point que ce comptoir fraichement découvert n’ait plus de secret pour lui. D’une certaine manière, Fuusho affiche une capacité d’adaptation assez effrayante dans pareille situation. Avec suffisamment de maitrise et de retenu, il pourrait être un espion de premier rang dans le milieu de la nuit où s’entremêlent argent, jeux et plaisirs. Mais il préfère rester fidèle à lui-même et commande une nouvelle bouteille.

Portant son attention sur un homme seul, attablé dans un coin de la salle, il constate avec quelle dextérité celui-ci parvient à faire tourner une petite plume dans le creux de sa main, la faisant flotter juste au-dessus de sa paume, littéralement. Emerveillé par ce spectacle peu commun, il récupère sa commande et s’assied à la table de l’inconnu.

- « Si je te montre un truc surprenant, tu m’expliques ton petit tour avec la plume ? »
- « Surprend moi ! » Vraisemblablement pas plus choqué que ça de voir quelqu’un le rejoindre et lui demander ce genre de chose, il accède à la requête du trentenaire.

L’index pointé sur le dessous de verre de l’inconnu, une lueur bleutée s’en échappe et permet à Fuusho d’entamer un dessin particulier. L’artifice étant achevé, il fait glisser l’objet jusqu’à son interlocuteur et lui sourit. Avant que celui-ci ne puisse émettre un quelconque son, deux cigarettes apparaissent au milieu du dessin.
- « Alors, surpris ? » Le suspens s’achève dans une poignée de main franche. « Yuuryo Fuusho, enchanté. »
- « Kosobayui Genjirō, yoroshiku(3) »


_____
(1)Prostituée de haut-rang.
(2)Maison de plaisir à l’ère Edo
(3)"Enchanté" (plus usuel que Hajimemashite).
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Message(#) Sujet: Re: Une cigale dans la fourmilière Jeu 4 Déc 2014 - 23:16


Aucune explication sur ce tour de passe-passe avec la plume sinon une simple hérédité. Un don familial, un privilège qui force la jalousie du fumeur. Désenchantement aussitôt perçu par Genjirō.

- « Avoir la capacité de, ne signifie pas maîtriser. » Non. Mais cela offre une belle base pour débuter dans la vie, d’après Fuusho.

L’échange s’argumente, des gestes et des exemples accompagnent le débat. Jusqu’à ce que chacun accepte finalement la vision de l’autre. Car au fond, l’hérédité n’est qu’un artifice pour désigner la transmission d’un savoir, transmission pouvant s’effectuer par bien des manières. Le trentenaire, lui, se l’octroie à travers ses lectures, mais aussi des rencontres, comme ce soir. Le Kosobayui, quant à lui, a dû travailler sur son aptitude innée, pour égaler ses pairs et éviter leur déception. Un fardeau imposé, un poids à l’image de ce sacrifice.

Profitant d’une pause dans leur discussion, Fuusho laisse son regard balayer la salle. Un vieil homme ravagé par l’alcool accapare toute son attention, au point qu’il en délaisse son nouvel ami. L’homme en question, Nomisuke le père d’Hokuto, s’endette en boissons auprès de l’établissement tandis que sa fille essaie de s’en acquitter chaque soir.

- « Tu le connais ? » Question légitime alors qu’il le dévisage, les traits sévères.
- « Non, pas vraiment. » Pourtant, ces yeux disent le contraire. « Seulement de nom. »
- « Qui est-ce ? » Ses questions, bien que courtes, sont systématiquement pertinentes. En quelques mots il pointe du doigt des informations précises et utiles à la compréhension de la situation, des "pourquoi" subtilement disséminés à travers ses propos.
- « Personne d’intéressant, une âme noyée dans l’alcool. »
- « Ne lui laissons pas le monopole de la noyade dans ce cas. » Propose Genjirō en levant son verre.
- « Kampai ! » Lui fait écho Fuusho, acceptant la joyeuseté d’une nuit d’ivresse.

Les verres s’enchainent, la cadence augmente d’un cran et les cadavres des bouteilles reflètent leur état. Deux âmes solidaires du déclin d’un vieil homme au gouffre de la décadence. Une chute libre dans un précipice d’abus et de débauche qu’ils s’offrent tous deux, frères d’un soir, frères d’une lutte commune contre l’ordre, contre la tristesse d’une vie trop plate. Ils rient, tournent, hallucinent ensemble, se complaisent dans un monde imaginaire où les règles ne sont plus, sinon celle d’une allégresse impérieuse. Jusqu’à ce que la réalité ne rattrape l’un des deux. Un visage familier, des yeux qui fixent ; et l’inquisition d’un passé trouble qui se rapproche pour Genjirō. Mais contrairement à Fuusho, le manieur de plume ne se laisse pas trahir par ses émotions, et l’angoisse reste enfouie.

- « J’ai une petite devinette pour toi. Sais-tu ce qui définit le mieux un oiseau ? » Un jeu immédiatement accepté par le fumeur, friand de ce genre d’énigme. « Alors tu sèches ? »
- « Non non ! Attends… » Le vol, les plumes, la taille, le cri, il parcourt chaque possibilité. Trop simplistes, ou trop absurdes, il les élimine les unes après les autres jusqu’à la solution, seule réponse possible « Sa liberté ! »
- « Exactement, sa liberté, celle de voler où bon lui semble. Et j’ai peur que certains ne l’aient perdue.»
- « Perdu ? Pour quel genre d’oiseaux ? » L’alcool couplé à sa naïveté, Fuusho ne distingue pas la métaphore. Chose qui amuse son ami.
- « Le genre oisillons cloisonnés dans l’ombre de certains rapaces… . Attends-moi là, je reviens tout de suite. » Mais il ne reviendra pas.

Si la liberté des plus jeunes est mise en cage, la sienne va lui être ôtée d’une coupure nette au niveau de la gorge. Et son cadavre sera identifié par le Yuuryo quelques dizaines de minutes plus tard, alors qu’il était sorti chercher cet ami censé revenir "tout de suite".

Tristesse. Puis oubli. Jusqu’à ce qu’un jour, peut-être, fouillant dans les poches de son manteau, il ne découvre la petite note enroulée autour d’une plume, glissée discrètement par Kosobayui Genjirō quelques instants avant sa mort.

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Message(#) Sujet: Re: Une cigale dans la fourmilière Mer 10 Déc 2014 - 0:24


Seul dans sa chambre, allongé sous l’épaisseur d’un nuage de fumée, Fuusho laisse son esprit voguer à travers sa mémoire. Des bribes de la nuit dernière apparaissent alors devant lui, des scènes, des dialogues, des détails qu’il ne pensait pas avoir remarqué à l’instant où ils se sont réellement déroulés. Mais maintenant qu’ils se projettent sur ce voile grisâtre embaumant la pièce, il dénote des similitudes d’un passé un peu plus lointain. Un visage aux traits familiers, se peut-il que… se redressant d’un bond, il sent une étreinte lui enserrer le cœur. Par réflexe, il place sa main sur sa poitrine pour atténuer cette sensation, mais rien n’y fait. Il est submerger, non, englouti dans une poix visqueuse, emprunt par le dégoût de l’oubli. Il se répugne lui-même, de n’avoir remarqué tout cela plus tôt, de ne l’avoir remarquée, elle.

- « Yume. » Il murmure ce prénom, cette pensée, comme s’il souhaitait l’invoquer. La force de l’esprit est telle que l’image d’un visage féminin se reflète à travers le carreau de la chambre. Alors il se précipite, optimiste, ouvre la fenêtre et se penche. Qu’importe les bourrasques pluvieuses qui lui griffent le visage, il se tient droit, le regard vif pointant dans la ruelle, à la cherche de ce reflet tout juste aperçu… mais rien. Alors la vision se floute, les yeux s’embuent de désespoir et les nerfs lâchent. Fuusho s’écroule au sol, la tête lourde de culpabilité, le dos courbé, abattu, anéanti. Il n’est plus rien sinon un être vide de sens, vide de toute compétence, vide d’intérêt. Il l’a cherchée, oh ça oui. Et tout cela pour quoi ? Rien ! Absolument rien.

*Rien rien rien… toujours rien, comme ton passé, comme ta vie, comme ton avenir. Rends toi à l’évidence, et accepte ta condition, accepte ce que tu es. Rien.* « Tais-toi… » * Voilà ce qu’ils pensent de toi. Voilà ce qu’elle pensait de toi. Ta propre sœur, obligée de se réfugier dans son imaginaire et encore. Même là tu brillais d’un grand rien en tentant de l’y rejoindre. * « Tais-toi… ». Ses mâchoires se serrent, tout comme ses poings. Cette voix intérieure, cette conscience qui le rabaisse, qu’est-elle ?. *Me taire ? Mais pourquoi ? Accepte le te dis-je ! Bon sang, ouvre les yeux sur ta condition. Ouvre-les. OUVRE-LES !* « FERME-LA !! » Rugit-il en écarquillant ses paupières. Mais il sursaute, surpris par le sourire qui lui fait face, à la fenêtre restée ouverte.

- « Bah alors onii-san, c’est comme ça que tu accueilles ta sœur ? »
- « Yume… YUME !! » Il se jette à son cou, laissant des larmes de joie laver ses traits tirés par la fatigue et un semblant de démence. « Où… où étais-tu ? »
- « Je serais heureuse de te le raconter… à l’intérieur. »
- « Oui, bien sûr, entre. Entre.» Il l’aide à enjamber la fenêtre et place quelques bûches dans le foyer presque éteint, de quoi raviver les flammes et sécher une Yume trempée jusqu’aux os. « Alors, raconte. »
- « Qu’est-ce tu veux savoir ? »
- « Tout ! Dis-moi tout.» La demande amuse Yume. Des deux, et de par son attitude, Fuusho semble le plus jeune, six ans les séparent pourtant.
- « J’ai voyagé, beaucoup. À travers les pays, à travers les cultures. Pour y rencontrer des gens bons, serviables, certains craintifs, apeurés par l’inconnu. D’autres violents, clairement fermés sur eux-mêmes et leur communauté. Mais j’ai pu discuter avec tous, à travers les mots, à travers la musique, les dessins, les gestes. Il y a tant de façon de communiquer. Tellement de possibilités. Ce que nous imaginions étant enfants n’en représente même pas le quart. J’ai suivi des paroles, des récits de personnes ridées par la sagesse, courbées par l’humilité. J’ai marché sous un ciel étoilé, observé des territoires classiques, partout où se cachait la source de chaque légende. J’ai suivi des troubadours, rencontré des marchands, escorté des dignitaires, enseigné à des jeunes pousses. Je me suis laissée guider aux confins des terres connues, en longeant la mer, en grimpant les montagnes, en traversant les forêts, en subissant la chaleur des déserts. Le monde est si beau, oh Fuusho, si tu savais… il mérite d’être découvert, lui et les gens qui le peuplent. »
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Message(#) Sujet: Re: Une cigale dans la fourmilière Mer 10 Déc 2014 - 22:37



- « Il mérite d’être découvert. Et tu devras le faire, un jour. Partir. Quitter l’Alliance pour découvrir. Quitter ceux que tu connais, comme tu nous a quittés, il y a quelques années. Comme lorsque tu nous as abandonnés en plein cœur du chaos. » Son timbre se dénature peu à peu, comme si une seconde voix, plus masculine, se superpose à l’originale. Elle grimace et son faciès, raidi par la haine, suinte d’un sang noirâtre. « Ici ou ailleurs, tu devras te lever et braver cette brèche qui scinde les Hommes. A commencer par celle derrière laquelle tu te caches. REGARDE MOI ! » Le ton n’est plus du tout fraternel, mais clairement inquisiteur.

Elle grossit, noircit, obscurcit le reste de la pièce et le toise, d’un regard ensanglanté. « Ne vois-tu pas ce que tu m’as fait !? Je souffre Fuusho. » *Libère moi de tout ceci, laisse-moi partir pour rejoindre nos parents. * Qui parle ? Yume ou sa conscience ? Perdu, apeuré, il ne comprends pas un seul mot émit par sa sœur. Il subit cette hallucination, comme tant d’autres auparavant, sans la dissocier du réel. Dans son esprit, tout n’est plus que brume et ténèbres. Et le vent du changement pousse de façon continue les voiles de la démence. L’information transite dans sa tête enfumée et le déclic opère, pour que la vérité lui soit révélée.

- « Tu n’es pas ma sœur, monstre. Qu’es-tu ? »
- « Malgré les livres que tu engloutis, malgré les rêves qui te guident, tu l’ignores encore ? Ton savoir n’est qu’un mirage dans lequel tu te complais, une souffrance de plus que tu t’infliges, mon pauvre frère… » * … incapable que tu es. Une larve dans un monde en constante évolution. Aveuglé par ta fainéantise tu ne perçois pas le changement qui s’opère chaque jour, tout autour de toi. Les gens progressent et toi, tu stagnes.* « Que tu peux être pitoyable. » * Laisse-moi te libérer. *

Le reflet d’une dague brille alors au-dessus du fantôme. Ses lèvres se tendent dans un rictus meurtrier. *Tout ne sera plus que chaleur, laisse-moi t’aider. * L’éclat d’une fin proche rayonne sur le trentenaire, qui, poussé par la profonde envie de survivre, se jette sur son assassin. L’ardeur s’envole en même temps que l’image de sa sœur partant en fumée. La réalité reprend ses droits alors qu’il s’effondre à côté d’une bûche crépitante. La chaleur est bien là, oui, mais elle se meurt tout doucement, à l’image de l’espoir qui abandonne Fuusho. Elle n’est plus… * depuis bien longtemps*

Les souvenirs s’entassent et sa mémoire bouillonne. Son périple l’ayant porté de Kumo jusqu’aux terres de l’Alliance, sur quatre longues années, n’a fait qu’alimenter sa rêverie. * Tu commences à comprendre ? *, le mensonge d’une présence. Il se souvient enfin, la chute de sa sœur, et le fracas de son petit corps frêle sur la falaise. Il se souvient enfin, l’écume rouge rabattant son cadavre sur les rochers, et les cris d’une mère brisée à chaque nouvelle vague frappant son enfant. Il se souvient enfin, il y a quinze ans, de la mort qui frappa, nette, sans détour. * Tu te souviens enfin, la façon dont tu t’es cloisonné dans ton imaginaire. De ce monde où elle n’était pas morte et dans lequel vous avez grandis ensemble. Et maintenant tu comprends, pourquoi tu marches au ralenti lorsque les autres fusent. Tu comprends enfin ta condition et ma présence. Je suis celui que tu aurais dû être. Tu es celui que j’aimerais devenir. Nous sommes différents, mais nous sommes un.*

La conscience opère. Lui révélant ce qu’il est, finalement. Une cigale perdue au milieu d’une fourmilière.

* À ma charge de te guider, petite cigale. *
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