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 Les âmes envolées [PV : Qazea Sayou]

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Message(#) Sujet: Les âmes envolées [PV : Qazea Sayou] Sam 3 Jan 2015 - 12:01


La nuit tombait. Le soleil couchant plongeait les sous-bois dans un clair-obscur écarlate qui avait quelque chose d'infiniment poétique. Le ciel orange se découpait entre les branches échevelées qui composaient la cime des arbres. Mes pas incertains hésitaient sur la mousse.

Je n'avais guère de talent pour me repérer et il m'arrivait souvent de me perdre. Je me rassurais en me rappelant que je retrouvais toujours mon chemin. De toute façon, je tâtonnais. Je n'allais nul part. Je la cherchais sans savoir où la chercher. J'avais balayé de long en large tous les lieux que nous fréquentions autrefois, tous les endroits familiers, tous les refuges potentiels. Ne la trouvant pas, je m'étais vue contrainte de me jeter dans l'inconnu. Cela ne me réussissait guère, à moi qui avais l'habitude d'être protégée et couvée à longueur de journée...

En parallèle, je découvrais peu à peu les plaisirs de cette liberté contrainte, de cette séparation brutale et forcée. Je me surprenais même parfois à souhaiter ne jamais la retrouver. Je me défaisais doucement de l'emprise qu'elle avait sur moi. Dans un premier temps, son absence était devenue comme une obsession pour moi. Et puis, son odeur avait totalement disparu des affaires que j'avais récupérées et même son visage , sur la photographie que je gardais précieusement, semblait s'être estompé. Probablement mes nombreux voyages en avaient-ils terni les couleurs.

~

Une masse obscure, rectangulaire et massive attira soudain toute mon attention. Entre le bois sombre des troncs des arbres s'érigeait celui d'une bâtisse. Bien que méfiante, j'étais un peu naïve et surtout, je détestais dormir dehors. Aussi décidais-je de tenter ma chance dans cette maison, rêvant déjà d'un lit chaleureux et d'un feu de bois crépitant. Je pressai le pas pour rejoindre l'objet de mes espérances. C'était un petit bâtiment, construit dans un bois assez clair que le temps avait assombri en le couvrant, par endroits, d'une mousse verdâtre. Pas une lueur n'en émergeait. Je m'approchai d'une des fenêtres pour essayer de distinguer quelque chose par la fenêtre. Son verre jauni était maculé de poussière.

Cette demeure était vraisemblablement abandonnée. Elle me laissait déjà une étrange impression, comme un mauvais pressentiment qui m’étreignait à la gorge et dont la raison ne parvenait à me défaire. Je me glissai pourtant jusqu'à la porte et en pressai courageusement la poignée rouillée. Un grincement lugubre m'indiqua qu'elle n'était pas fermée. Je la poussai d'une pression appuyée. Le grincement se prolongea avant de s'éteindre.

Je m'engageai vaillamment dans les ténèbres.

La porte se referma derrière moi en geignant. Ma gorge se serra. Mes pupilles s'accoutumèrent assez rapidement à l'obscurité qui régnait à l'intérieur. Le crépuscule précipitait encore quelque lumière orangée à travers les vitres sales. La première chose que je vis, et qui marque encore profondément ma mémoire, fut cette grande table recouverte d'une nappe blanchâtre sur laquelle gisaient les reliques d'un repas inachevé. Trois assiettes, à demi-pleines d'aliments tellement moisis qu'ils en étaient fossilisés, accompagnées de couverts éparpillés et d'une carafe d'eau dont le contenu -après une timide analyse- avait croupi. Le tout était plâtré d'une épaisse couche de poussière.

La suite de la visite -une salle de bain et deux chambres, alignées autour d'un couloir- me confirma que cette maison avait été abandonnée à la hâte. Dans l'urgence. Toutes les affaires, même les plus intimes et les plus précieuses, y avaient été laissées. Et personne, à part moi, n'y avait pénétré depuis. C'était à la fois excitant et angoissant. J'explorai cet endroit mystérieux de fond en comble, comme si je caressais l'espoir d'en résoudre l'énigme. Je ne fis pas cela de façon inconsidérée ni impassible, je violais un espace privé et j'en avais pleine conscience.

~

Grincement de la porte d'entrée. Je me trouvais alors dans l'une des chambres et je relevai brutalement le nez hors du tiroir dans lequel je fouinais. Je ne croyais déjà plus aux fantômes mais je dois confesser que l'idée que cette maison fût hantée m'effleura l'esprit. Mon souffle se suspendit et je m'immobilisai. Le plancher craqua sous le poids régulier de pas qui s'enchaînaient. C'était sûr : quelqu'un ou quelque chose était entré...
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