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 La chute ou l’ascension? [Le Jashiniste]

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Message(#) Sujet: La chute ou l’ascension? [Le Jashiniste] Jeu 29 Jan 2015 - 12:52

Assise depuis plusieurs heures sur ma chaise, je l'observe. Elle et ses courbes si parfaites. Elle me regarde aussi, le cul posé sur ma table. De façon tentatrice et provocante. Je suis allée la chercher dans un quartier certainement pas adapté aux jeunes filles de mon âge. Elle était là, dans sa tenue affriolante. Elle attirait tous les regards. Mais c'est moi qui l'ai eue, et elle m'a suivie sans faire d'histoires. Le temps de rentrer, je m'imaginais déjà avec plaisir ce que j'allais faire avec elle. Arrivée chez moi, je n'ai plus osé la toucher. Et maintenant, on se défie du regard. Qui craquera la première? Elle s'en fiche, elle a tout son temps. Elle a été payée, désormais elle peut rester là le temps qu'elle veut. Je m'imagine la douce chaleur qu'elle peut me procurer. L'abandon total, que j'ai déjà connu et que j'ai envie de connaitre de nouveau. J'avance encore une fois la main vers elle, et continue de la déshabiller, doucement. Comme si j'hésitais. Ce qui est le cas. Puis je me ravise et pose la main sous ma joue, me tenant ainsi la tête. Elle me nargue... Je l'entends me chuchoter:

*Allez, fais toi plaisir, rien qu'une fois... Rien qu'une seule fois... Ça ne te fera pas de mal, et tu te sentiras si bien...*

Mais j'ai fait une promesse. Et mon frère a beau ne plus être là, je compte la tenir quand même. Même si... C'est de plus en plus dur. Surtout avec les derniers événements... J'ai tellement envie de lâcher prise! Tellement que c'en est presque un besoin. J'ai envie de l'écouter, de lui obéir. De craquer. Alors je l'observe. Mon regard parcourt les formes de cette bouteille de Saké. Je ne l'ai pas achetée dans le quartier Jisetsu pour ne pas risquer de me faire reconnaitre. D'autant plus qu'à ce moment-là la journée était à peine commencée. Peu importe. Quand tu bois, tu n'as plus la notion du temps. Ni même la notion de rien du tout. C'est ce qui m'attire chez elle. Je veux tout oublier de nouveau.

J'approche une nouvelle fois ma main tremblante et gratte encore l’étiquette. Elle est déjà quasiment entièrement arrachée. Rien que le fait de la toucher à peine me fait me sentir mieux. L'habillage luxueux est quant à lui déjà en miettes. J'imagine le liquide parcourir ma gorge, l'enflammer. Et me faire sentir vivante, l'espace de quelques instants. Juste le temps de la brulure. Et ensuite, le lâcher prise. Tout oublier. Et recommencer, encore et encore... Comme après la destruction de Kiri. C'est ce qui m'avait fait plonger. Et là le Shukai vient de subir une attaque également. Par deux fois la cité où je vis s'est faite attaquer. J'en ai besoin... Et un murmure:


- "Non... Je ne dois pas..."

Je pose la tête sur ma main. Et l'observation continue de nouveau. Ça dure depuis plusieurs heures maintenant. Mais combien de temps vais-je encore pouvoir tenir? Je n'en sais rien. Plus pour très longtemps. Car quand il n'y aura plus d’étiquette à arracher, j'attaquerais certainement le bouchon. Et si jamais je sens son odeur... Je ne pense pas que je tiendrais. Je prends ma tête entre les mains. Je reste ainsi quelques secondes. Puis je les ouvre et me renverse en arrière, observant le plafond. Je respire profondément, tentant de m'ôter cette envie de la tête. Cette obsession, est un terme plus exact. Je regarde la bouteille. Elle m'attire, inexorablement... J'avance ma main vers elle puis la retire.

* Non, Asuka, pense à Arekushi! Tu lui as promis de ne pas boire de nouveau!*

Mais il n'est plus là. Et je suis seule dans cette grande maison. Dire qu'on s'est installés ensemble ici... C'est lui qui l'avait choisie. La maison, qui allait devenir la pionnière du quartier Jisetsu. Et il ne peut même plus voir ce que ce quartier est devenu. Je pose mes poings serrés sur la table. Puis j'avance une main, qui effleure la bouteille. Avant de la retirer vivement, comme si j'avais été brulée par un quelconque feu invisible. Je détourne le regard et le pose sur...


- "Yanosa- sensei?!"

La surprise est de taille! Je n'ai rien entendu! Il faut dire aussi que j'étais assez absorbée par mes pensées.

- "Mais... Depuis quand êtes-vous là?"

Je regarde maintenant le sol, honteuse. Assez longtemps pour deviner mon besoin, j'imagine. Moi qui ne lui en avait jamais parlé pour ne pas qu'il me regarde différemment. Voilà qu'il me prend quasiment sur le fait. Bravo...
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Message(#) Sujet: Re: La chute ou l’ascension? [Le Jashiniste] Ven 30 Jan 2015 - 15:52

Calmement, avec toute la patience et la rigueur qui était de mise, le guerrier avait récupéré ses forces. A un rythme qui était, en réalité, tout à fait surnaturel malgré la qualité des soins qui lui avaient été prodigués : ses os avaient fini de se ressouder, de regagner leur rigidité, ses muscles s'étaient reconstitués à grand renfort de protéines animales et de repos et surtout, Jashin avait fait son œuvre en insufflant à nouveau la vigueur dans l'ensemble de ce corps, maintes fois meurtri jusqu'à de périlleuses extrémités mais toujours revenu au niveau le plus haut. Là résidait la vrai force du jashiniste aux cheveux écarlates : pas dans la force de ses poings ni dans son sens aiguë de la manipulation et de la perception d'autrui, ni même encore dans ses compétences pointues dans le maniement des runes. Non. Tout cela n'était que moyens et apparences. Le pouvoir, le vrai, celui qui le hissait par nature au dessus des autres, c'était sa foi inébranlable. Pas seulement dans son Dieu, unique et ambivalent à la fois, mais aussi dans chacun de ses actes même les plus insignifiants.

Il était remis. Une étape de moins sur sa route, mais sans doute l'une des plus aisée à franchir. Ce qui suivrait serait, il le savait, d'un tout autre niveau de complexité et nécessiterait un doigté qu'il n'avait pas eu l'occasion d'entretenir depuis trop longtemps déjà. Sortant des baraquements du Buki en cette fin d'après-midi, le torse nu et exposé au timide soleil qui se couchait au delà des montagnes qui cerclaient la cité en reconstruction, Yanosa se mit en route pour les quartiers résidentiels d'un pas presque léger et se dirigea directement vers la bâtisse qui abritait, selon « ses » souvenirs, la jeune Jisetsu dont son autre avait eu la charge. Une charge qui lui avait été automatiquement transmise, de par le fait, mais dont il espérait bien pouvoir tirer un avantage. Beaucoup de gens lui faisaient confiance, dans cette cité, et même au delà de ses murs, des alliés avaient commencé à fleurir dans son cercle de connaissance. Autant de fenêtres ouvertes, ou de portes sans serrures. Yanosa songea alors un instant à Kakeshuou, le Gouverneur reconverti Capitaine, tandis qu'il s'approchait d'un pas décidé de l'entrée de la résidence d'Arekushi et d'Asuka. Oui, Kakeshuou... il avait bien plus d'une carte à jouer avec lui, désormais, mais mieux valait garder ce jeu en main pour le moment.

Sa main, justement, alla enserrer la poignée de porte, la tourna d'un coup sec et fit pivoter les gonds. Le guerrier de près de deux mètres entra alors en refermant derrière lui, fixant le profil légèrement voilé par les cheveux roses de la jeune fille. Devant elle, à portée de main, une bouteille, à l'étiquetage déchiré mais à la contenance plutôt explicite. Quoi, de l'alcool ? A son âge, et en telles quantités ? Le sang du jashiniste pulsa à ses tempes, incapable de comprendre ce qui pouvait pousser un être humain à assimiler ce genre d'opium... Tomber dans un état transi, ne plus avoir d'emprise sur soi-même, tout oublier ? Était-ce là une ambition digne d'être poursuivie ? Pour Yanosa, la consommation d'alcool représentait au mieux un vice inutile, au pire un crime contre la nature intrinsèque de l'humain. Asuka, finalement, le remarqua, se redressant sur sa chaise, surprise et pleine de honte. Et ça... s'adonner à une telle futilité alors même que l'on se sait honteux d'y céder, n'était-ce pas un aveux de faiblesse en soit ?

Deux grandes enjambées, c'est tout ce qu'il lui fallut pour rejoindre la table où était précédemment accoudée sa « disciple ». Sa main se leva vivement, peut-être un peu trop haut... Et alla enserrer la bouteille, posant son pouce en dessous du bouchon.

« Tu te fous de moi ? Tu espérais peut-être trouver quelque chose au fond de cette... chose ? Attend, je vais te montrer ce qu'il y a au fond, tu vas voir... »

Le pouce fit gicler le bouchon qui alla toquer au sol après avoir rebondi au plafond, et la main s'inclina à 180 degrés, laissant tout l'alcool s'étaler au sol en produisant ce son caractéristique de liquide se heurtant au solide. Quelques secondes à peine, c'est tout ce qu'il fallut pour transformer une dose abrutissante de stupéfiant en marre informe et bientôt collante. Un rictus de colère arriva alors sur le visage de Yanosa, qui envoya alors violemment la bouteille s'éclater avec fracas contre un mur sur le côté.

« Rien... Il n'y a rien ! C'était ton idée de départ, hm ? Combler un vide avec un autre ? Brillant, vraiment... Mais j'aime autant te le dire, ce genre de faiblesse doit appartenir au passé. Il le faut, tu comprends ? Autrement... il me sera impossible de te faire vraiment confiance. Et Dieu sait... que je vais avoir besoin de gens en qui placer ma confiance », finit-il par dire en décalant une chaise de la table, assez pour pouvoir s'y laisser choir de toute sa masse.

Oui, c'était un fait, son goût pour la mise en scène était resté intact, surtout quand une chose aussi détestable que l'alcool le mettait sur les rails.


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Message(#) Sujet: Re: La chute ou l’ascension? [Le Jashiniste] Dim 1 Fév 2015 - 12:24

Malgré le fait que j'aie la tête baissée, je peux le voir venir précipitamment vers moi. Il lève son bras assez haut. Et j'en fais de même, mettant les deux bras au dessus de ma tête. Un réflexe. Un foutu réflexe... Mais rien ne vient. Je me risque à regarder ce qu'il fait. Il a prit la bouteille ? Il ne compte pas la boire quand même ? Ou m'obliger à la boire en entier ? Non. Il m'engueule. Il a pas l'air d'être très copain avec l'alcool. Car il hésite sur comment le nommer et opte finalement pour « chose ».

Il ouvre la bouteille uniquement avec son pouce. On dirait pas mais ça demande une sacré force quand même. Et là... C'est le drame. Le bouchon s'envole, et il fait tomber tout le contenu de la bouteille sur le sol. Bordel, ça m'a coûté cher ! Sérieux il a cru que j'avais prit du bas de gamme pour ma première cuite depuis un an ou quoi ? J'évite de lui dire. Je sais pas pourquoi mais il risque de mal le prendre. Mais pire encore : les effluves. Tandis que le liquide coule par terre, toute l'odeur emplit la pièce. Je déglutis. Mes mains se crispent sur la table. J’émets malgré moi un gémissement plaintif. Bordel... J'ai envie de me jeter dessus, là...

La suite me retire passablement l'envie de dire ou faire quoi que ce soit. Le verre se brise sur un mur et s’éparpille un peu partout, me faisant sursauter lors du choc. J'espère qu'il a prévu de nettoyer après ça. Mais bon, ça aussi je vais éviter de lui dire. Je suis peut-être impulsive mais pas encore complètement stupide. Surtout qu'il a l'air énervé, et que je ne l'ai jamais vu dans cet état. C'est assez... Impressionnant. Je déglutis de nouveau, mais pas pour la même raison ce coup ci. Rien, il n'y a rien. Voici ce qu'il me dit. Je le regarde hausser la voix contre moi, sans oser faire le moindre mouvement. Puis quand il parle de combler le vide avec un autre, je baisse de nouveau mes yeux devenus humides. Et ronge nerveusement mes ongles, ou du moins ce qu'il en reste. Ouais, c'était exactement ça, l'idée.

J'écoute la suite des paroles de mon mentor. Il a toujours su quoi dire ou faire, et s'il y a bien une personne à qui je peux me raccrocher c'est bien lui. Un mentor, un sensei, un pilier, une bouée de sauvetage? Peu importe lequel de ces noms est le bon. Peut-être tous. J'ai pleinement confiance en lui. Ce qui ne semble pas être le cas de son côté. Puisqu'il me dit qu'il n'a pas pleinement confiance en moi... Je relève vivement la tête à ces mots pour l'observer, pour tenter de voir sur son visage quelque chose qui pourrait me dire qu'il n'en est rien. Je cherche n'importe quoi, peu importe. Quelque chose qui pourrait m'indiquer que cette confiance est partagée. Mais ses seules paroles qu'il place ensuite sont pour parler de dieu. Je ne l'avais jamais entendu en parler avant. Pour ma part je ne crois pas en ces conneries là.

Je le suis du regard, tandis qu'il s’assoit pour prendre place en face de moi. S'il n'avait plus confiance en moi, il serait parti, hein? Il ne serait pas resté là avec moi? J'ai encore un petit ma chance, alors. Mais d'ailleurs, pourquoi il est venu me voir, tiens? Ooooh... J'ai compris. Il avait compris pour mon problème. Et il est venu m'aider car il se doutait que j'allais replonger. Mais depuis quand? Et concernant le fait qu'il soit énervé...


- "Vous ne me faites plus confiance parce que je ne vous l'ai jamais dit, hein Yanosa sensei?"

Je pose les mains à présent sur la table, comme si j'étais en plein interrogatoire. Et baisse les yeux pour les regarder distraitement.

- "Je... Je ne voulais pas vous décevoir. Mais je crois que c'est raté..."

Je serre les dents et retiens les larmes qui ne demandent qu'à tomber, à ces mots. J'ai encore tout fait foirer. Puis je le regarde de nouveau, pour appuyer mes paroles qui vont suivre.

- "Je n'ai pas replongé! Je n'ai encore jamais bu depuis que je suis au Shukai! Le jour de mon arrivée, Arekushi l'avait vu, et... On s'est fait une promesse... Plus de meurtres contre plus d'alcool... Mais il n'est plus là depuis des semaines..."

Je me tourne vers les débris de verre. Me perdant un peu dans mes pensées. Dans mes souvenirs.

- "Et puis, avec l'attaque qu'on vient de subir, ça m'a fait repenser à celle de Kiri. En moins gros, mais... Des ruines, des morts, tout pareil... Et Kiri, c'est ce qui m'a fait plonger la première fois..."

Je me tourne de nouveau vers lui, cherchant un quelconque réconfort.

- "Je... Je n'arrive plus à tenir, Yanosa sensei. C'est trop dur..."

Je ne dois pas craquer! Je dois rester forte! C'est ce qu'il a dit non? Plus de faiblesse! J'essuie rageusement mes yeux d'un revers de bras. Et j'attends sa réponse. Son aide ou son départ de cette pièce. A lui de voir...
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Message(#) Sujet: Re: La chute ou l’ascension? [Le Jashiniste] Lun 2 Fév 2015 - 10:33

Le ton était donné et la jeune Asuka avait sans le savoir donné le prétexte idéal à Yanosa pour entamer la « conversation », qui prenait pour l'instant l'allure d'un sermon dans les règles. Le guerrier rouge n'allait cependant pas se cantonner à de bêtes remontrances : il avait réellement besoin d'un allié de confiance, d'une personne sur qui s'appuyer et à qui déléguer. Un alibi, un témoin favorable,... Tout cela, la Jisetsu pouvait le devenir s'il se donnait la peine de l'amener où il le voulait. S'il était frustré de ne pas pouvoir se charger de tout, tout seul ? Sans doute un peu... Au fond de lui, le jashiniste avait en effet toujours nourri cet orgueil secret et voué à son Dieu, celui qui le poussait à vouloir accomplir les plus grandes choses sans l'aide de quiconque. Une voie qu'il avait déjà quelque peu fait bifurquer par le passé, en s'assurant l'appui de l'autre monde, mais ça... c'était du passé, justement. Aujourd'hui, s'il voulait aller où il le voulait et entraîner le monde avec lui, il devait se résoudre à trouver un appui solide, voire plusieurs... Mais pour l'heure, s'assurer qu'Asuka serait bien de son côté serait déjà une assurance minimum des plus acceptable.

Sa réponse, quoique timide, alla dans la direction que Yanosa espérait qu'elle prenne. « Son » estime était importante, pour elle, de même que son respect et sa confiance. Le guerrier avait eu le temps d'observer leur relation, à elle et son autre, et d'en percevoir les ouvertures : assez de temps pour que ce genre de conversation devienne un simple cours d'eau dans lequel il n'avait qu'à se laisser emporter. Et le cours d'eau en question, c'était pour l'instant la jeune fille qui s'y laissait prendre. Avec chaque fois une pointe de douleur et de frustration addictive dans la voix, la jeune fille se laissa aller aux confessions et mentionna son ancienne maladie, qui n'était même pas connue de l'autre jusque là, ainsi que le « pacte » qu'elle avait conclu avec son frère pour tâcher de les rendre meilleurs, tout les deux, la main dans la main. Une bien belle coopération fraternelle qui inspira un peu de respect à Yanosa, avant que son interlocutrice n'embraye sur les raisons qui l'avaient poussée, par le passé, à s'adonner à ce vice inutile et empreint de faiblesse.

La destruction... La perte d'êtres chers et de concitoyens, de son foyer. Autant de raisons qui selon elle l'avaient mené là où elle en était. Et c'était sans nul doute de gros coups durs, qu'elle avait du encaisser : Yanosa avait beau être un assassin et un fou de Dieu aux yeux de ceux qui avaient pu le connaître auparavant, il n'avait jamais été très friand de génocides. Bien sûr, la mise à sac du village de Kiri en soit avait représenté une avancée extraordinaire sur la route du renouveau, mais autant de civils et de non-combattants tués... ? Non, ça ne lui convenait pas tout à fait. De même que, dernièrement, l'attaque menée sur le Shozaichi n'avait eu comme unique objectif l'oblitération d'une population : ce n'était pas Ça, le progrès. Vous auriez beau oblitérer jusqu'à la moindre écaille du corps d'un serpent, laisser la tête et les crocs intacts revenait en effet à laisser le venin se répandre...

« Je ne suis pas.... déçu, Asuka, mais surpris. T'aurais-je vu la bouteille collée à la bouche, peut-être mon jugement aurait-il été différent, mais je m'en tiens aux faits : tu ne l'avais pas ouverte. Le fait même que tu te sois procurée cette bouteille, en revanche, et que tu t'infliges ce tête-à-tête avec elle... »

Il laissa sa phrase en suspend. Inutile de la terminer.

« La... perte, d'Arekushi t'atteint, et c'est bien normal puisque c'était ton frère. Votre serment est une preuve des liens qui vous unissaient et que tu sois la seule à devoir en tenir les engagements te touche peut-être autant que sa disparition. C'est en tout cas ce qui ressort de cette situation... Pour autant, je ne peux pas accepter de toi que tu te rabaisses à ce niveau de dérive, surtout pas maintenant.

Les choses bougent, à la capitale. L'attaque qu'elle a encaissé n'est pas le fruit du hasard ou de la contingence, elle a été organisée et préparée, assez soigneusement d'ailleurs pour que les attaquants puissent atteindre nos murs sans avoir à alerter ou affronter une seule patrouille. Et alors que des adversaires dangereux et puissants, accompagnés même d'un Furyou, se dressaient devant nous, qui avons-nous vu ? Un seul des trois Capitaines est monté au créneau pour défendre la cité... Quid des deux autres, hm ? Toi, Asuka, où penses-tu qu'ils aient été pendant toute la durée de l'attaque ?

La réponse, je dois te l'avouer, importe peu : il y a eu, au mieux, une négligence. Une négligence qui a coûté la vie à des centaines de personnes. Au pire ? Je te laisse deviner...
 »

Yanosa laissa passer un petit moment pour laisser la Jisetsu cogiter sur la question avant de reprendre.

« Des... mesures, vont donc devoir êtres appliquées. Et j'ai besoin de toi à mes côtés : j'ai besoin d'être sûr de tes sentiments et intentions à ce sujet pour que nous puissions ensemble faire avancer l'Alliance. Il en va de la vie de tous ses habitants, fussent-ils de Taki, de Tsuchi ou de Tori. M'aideras-tu, Asuka ? M'apporteras-tu ton soutient pour que nous puissions donner à ce monde ce qu'il mérite ? »

La paix ?


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Message(#) Sujet: Re: La chute ou l’ascension? [Le Jashiniste] Lun 2 Fév 2015 - 17:45

Ses premières paroles me réconfortent. Il n'est pas déçu. Par contre ça aurait été différent s'il m'avait prise carrément en train de boire. Ouais, j'imagine. De toutes façons je crois qu'il pourrait me dire n'importe quoi là que ça me réconforterait. Mais bon. Il faut croire que j'ai encore un tant soit peu d'estime de moi même pour ne pas l'avoir ouverte, cette bouteille. Ou de jugeote, au vu des derniers événements. Car ce n'est pas le moment de sombrer, et c'est clairement ce que me fait comprendre le guerrier rouge.

Il me parle d'abord de mon frère, et qu'il comprend que cette perte m'ait affectée. Il faut dire que ça dure depuis des semaines cette dérive, et l'attaque n'a fait que précipiter quelque chose qui menaçait depuis un bon moment. J'aurais craqué un jour ou l'autre, j'imagine. Mais Yanosa semble me porter en plus haute estime que je ne le fais moi-même : car il me dit qu'il ne veut pas que je « m’abaisse » à ce niveau. Je me lève pour ouvrir le placard, et ouvre le robinet afin de me servir un verre d'eau. Je fais passer cette boule dans ma gorge. Puis je m'adosse à l’évier et j'esquisse un semblant de sourire.

Qui s'efface rapidement à la suite de ses paroles. D'après lui, cette attaque était bien trop organisée pour qu'elle ne soit improvisée. Personne ne les a vus venir. Et ils savaient exactement par où passer pour ne pas se faire repérer. Comme s'ils savaient des choses que seuls les hauts gradés possédaient. Et mon sensei fait alors une hypothèse accusatrice, et je comprends l'importance de la confiance qu'il se devait d'avoir en moi avant de me dire ces paroles : il soupçonne un capitaine. Eux seuls auraient pu permettre une attaque d'une telle envergure, car eux seuls en possèdent les informations pour pouvoir le faire.

Je repose le verre pour ne pas l'éclater dans mes poings qui se serrent. Bordel de merde ! Et dire que je m’apitoie sur mon sort, c'est vraiment pas le moment ! En colère ? Oui ! Contre moi-même, et contre ce type qui abuse de la confiance qu'on met en lui. C'est vrai que ça ne peut être qu'un haut gradé... Une personne qui a gravit les échelons et travaillé dur pour être à ce poste. Une personne en qui l'on a toute confiance. Je ne sais pas qui c'est, mais il a bien préparé son coup, cet enfoiré ! Yanosa reprend la conversation, et cette fois ci il a à peine terminé que je réponds derrière lui :


- « Bien sur que je vous aiderais ! Vous savez que vous pouvez me demander n'importe quoi, Yanosa sensei ! »

Si un jour je devais choisir entre le Shukai et lui, je crois que j'hésiterais longtemps. Mais j’imagine qu'à la fin, c'est mon sensei que je suivrais. Je viens de nouveau m'asseoir en face de lui, et réfléchis aux derniers événements. Notamment à l'attaque. Récapitulons.

- « Je me suis battue aux côtés d'un capitaine. Jisetsu Homura. Nous avons combattu un type avec son chien ainsi qu'une femme. Très moche, au passage. Il s'est donné à fond.»

Je regarde la réaction de Yanosa puis poursuit.

- « Ça ne peut pas être mon cousin ! Il était présent, et s'est battu à mes côtés. Il était même tellement blessé que j'ai du l'emmener à l’hôpital, quasiment inconscient. Il a vraiment tout donné. Si c'était lui, il ne se serait pas mit en danger lui-même. Ce serait complètement stu... »

Je m'arrête brusquement dans ma phrase, et mon regard se tourne vers les débris de verre. Et surtout vers ce que la bouteille contenait. Stupide, ouais. Ou une idée de génie. Personne n'irait soupçonner un capitaine qui s'est sorti bien blessé de cette attaque. Personne, et surtout pas sa cousine. Cousine qui a perdu son frère il y a peu de temps, et se raccroche à ce qu'il lui reste de famille. Cousine qui est la seule à l'avoir vu combattre et qui peut donc en témoigner. Quand j'y pense, avant la disparition d'Arekushi, il n'avait jamais fait attention à moi... Je secoue la tête pour chasser ces idées. Puis me lève brusquement avant d'aller m'appuyer contre le mur, à côté de la fenêtre. En regardant par celle ci, je continue, les bras croisés :

- « Celui avec son chien n'a pas décroché un mot. Et il s'est barré dès qu'il a commencé à prendre trop cher. Mais la femme, elle a parlé de Kiri, je ne sais pas pourquoi. Je n'ai pas compris, sur le coup. Et puis ce n'est pas trop qu'elle est moche... C'est plutôt... Flippant. »

Je me tourne de nouveau vers mon sensei.

- « Je crois que c'est une Kaguya. Car elle s'est servie de sa colonne vertébrale comme d'une épée. Je connaissais les dons de ce clan. Mais en entendre parler et le voir en vrai, c'est pas la même chose... »

Ouais, flippant. Mais je crois que ça ne s'est pas trop vu durant le combat.

- « On a réussi à la mettre KO avec mon... Le capitaine Homura. Je l'ai emmenée en prison, elle a certainement dû y recevoir des soins, à l'infirmerie présente là bas. »

Je plains les infirmiers.

- « Ensuite, une fois que je les ai emmenés à l’hôpital et en prison, j'ai aidé à évacuer les blessés et les... Morts. »

Je reste silencieuse quelques temps.

- « Et vous, il s'est passé quoi ? »

Ouais, ne pense pas trop à toutes ces images, Asuka. Ça vaut mieux.


Dernière édition par Jisetsu Asuka le Mar 3 Fév 2015 - 18:09, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: La chute ou l’ascension? [Le Jashiniste] Mar 3 Fév 2015 - 10:45

Alors que le guerrier affalé dans la chaise se mettait à parler, la jeune Jisetsu elle, sûrement un tantinet rassurée par les premiers mots de réponse qu'elle venait de recevoir, se leva et alla se servir un grand verre d'eau, apte à réellement étancher sa soif au contraire du liquide répandu sur le sol et qui empestait dans l'air. Son calme à peine recouvré, cependant, et alors que le verre dans sa main manqua de se craqueler, son calme s'évapora à l'écoute des théories relativement fondées du jashiniste. Non sans, par avant, assurer à ce dernier qu'il pourrait compter sur elle quoi qu'il arrive... Voilà, on y était. Yanosa, en énonçant des vérités inaltérables et en façonnant légèrement leurs apparences, était parvenu au premier palier de ce qu'il aurait appelé, s'il avait un tant soit peu eu l'esprit académique, l'échelle de remise en question. Son autre, il le savait, possédait cette fraîche candeur et cette naïve assurance de croire que la vérité, en tout temps et à tout moment, était la meilleure solution, mais lui ne partageait pas ce point de vue : amenez quelqu'un, par quelque biais que ce soit, à ne plus être capable de remettre en question par lui-même vos agissements et propos, et vous disposerez du plus puissant des alliés. Dans le cas présent, Yanosa devait se l'avouer, son alter-ego lui avait substantiellement mâché le travail, cependant.

Vinrent alors des informations dont le guerrier rouge avait déjà en sa possession, mais qu'il voulait pouvoir entendre de la bouche d'Asuka : non, deux Capitaines ne manquaient pas à l'appel. Seul l'un d'eux, alité depuis de longs mois, n'avait pas pu se battre. La Jisetsu affirma alors avec aplomb que ce n'était avec rien de moins que le Capitaine du Jôhô qu'elle avait combattu, son cousin Homura. Elle donna alors toutes les raisons du monde pour le disculper, de très bonnes raisons, cohérentes et pragmatiques, tandis que le jashiniste l'observait simplement en face de lui, une main plaquée sur sa bouche en signe d'écoute et de réflexion. Puis, le doute. Auto-suggéré, insidieux et aussi volatile que du carburant inflammable. Yanosa n'avait rien eu à faire, cela se lisait dans ses yeux : la jeune fille venait d'envisager un complot plus complexe qu'il n'y paraissait, sans pour autant pouvoir ou vouloir exposer ses théories à haute voix. Impossible pour le guerrier rouge de savoir exactement à quoi elle pensait, tandis qu'elle allait se placer contre un mur à l'opposé de la pièce, mais il aurait pu mettre son petit doigt à couper que cela avait à voir avec ce fameux cousin, Homura... Sans doute l'une des pièces autours de laquelle il allait devoir manœuvrer avec le plus de doigté.

Mais la jeune fille revenait sur un sujet plus consensuel pour se recentrer, devant le regard presque inquisiteur du jashiniste qui ne pipait mot et écoutait, très attentivement, tout ce qu'elle pourrait lui dire. Un combattant accompagné d'un chien ? Très certainement un Inuzuka, de Konoha, pensa-t-il en silence. Quant à l'autre... une... chose ? Qui posséderait les traits génétiques d'une Kaguya ? Un sacré melting pot. Le fait qu'Asuka, même si elle était accompagnée d'un Capitaine, ait réussi à se dépêtrer contre de tels adversaires était un fait d'arme intéressant. Plus intéressante encore était l'information qui suivit : la présence de la marque sur la « chose » Kaguya. Un Serviteur... Les pièces du puzzle, doucement, s'imbriquaient les unes dans les autres. Yanosa, comme perdu dans ses réflexions, mit une poignée de secondes significatives avant de répondre à la question de son élève.

« … Je suis fier de toi, Asuka, tu t'es bien débrouillée. Je rendrai une visite à cette.. chose, que tu décris comme une Kaguya. Je dois de toute façon faire la tournée des grands ducs, pour ainsi dire : elle n'est pas la seule à s'être prise dans nos filets... mais... pour ce qui est de mon adversaire... Hé..Hé... »

Un mince sourire un peu vague se dessina sur le visage du jashiniste, qui regarda un moment la table avant de se recentrer sur Asuka.

« C'était... un Furyou. Un peu dérangé, du reste et... ça me fait mal de l'admettre... relativement.. « imperméable ». S'il n'y avait pas eu Len pour couper sa rage incessante, je crois que j'aurais pu le tabasser encore très longtemps sans aucun résultat, mais heureusement... Le dernier coup a été le bon. Ce qu'il reste de lui doit être éparpillé devant nos portes, à moins qu'un peu de ménage n'ait été fait depuis. »

Yanosa se leva alors en rangeant méthodiquement la chaise sous la table, s'appuyant sur son dossier de ses deux larges mains.

« Asuka... Je te remercie de m'accorder ta pleine confiance, et je peux t'assurer qu'elle restera réciproque tant que tu te domineras. Mais je voudrais... m'assurer, que tu ne seras jamais plus tentée par ce genre de vice qui, en plus d'être inutile... dit-il en laissant son regard fureter vers la flaque d'alcool, se révèle très salissant. Y a-t-il quelque chose... n'importe quoi... à quoi tu puisses te rattacher dans les moments difficiles ? Un port spirituel, auquel tu pourrais jeter l'ancre ? En quoi crois-tu, Asuka... »


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Message(#) Sujet: Re: La chute ou l’ascension? [Le Jashiniste] Mar 3 Fév 2015 - 18:08

C'est fou comme quelques mots parfois peuvent faire passer d'un état à un autre. Tout à l'heure j'étais prête à pleurer de tristesse. Et là je crois bien que je pourrais pleurer de joie. Il est fier de moi ! Mon sensei est fier de moi ! J'ai réussi, j'ai atteint mon objectif ! Oui, c'était ça mon objectif. Faire en sorte que mes proches soient fiers de moi. Normalement il y avait mon frère aussi, mais comme il est plus là... Mon seul proche restant ben c'est lui. Tournée vers la fenêtre, je l'écoute en espérant qu'il ne voit pas mes yeux briller de nouveau. Par contre pour le grand sourire ça je pense pas que je puisse beaucoup le cacher... J'ai envie de hurler un grand coup là. Ouais un grand cri genre « YOUHOUUUU » comme avec le fauteuil volant. Mais je vais éviter et me retenir.

Il poursuit, en me disant qu'il va aller rendre visite à la prisonnière que j'ai faite. Et il m'informe qu'on a également eu d'autres personnes. Oh ! On s'en est plutôt bien sortis, en fait. En l'entendant rire, je me retourne vers lui, et m'aperçois qu'il sourit lui aussi. Et c'est là qu'il me dit qu'il s'est battu contre... Un furyou ! Il s'est battu contre un furyou et est encore en vie ! Purée j'ai le plus classe et le plus fort de tous les senseis du monde entier ! Et en plus, il est fier de moi.

J
e l'écoute raconter son histoire à son tour, avide de détails. Pour sa part, il était aux côtés de Len. Et c'est apparemment grâce à lui qu'ils ont pu battre le furyou. Chapeau, le petit chaton ! Je rigole un peu à sa dernière phrase, lorsqu'il dit que le reste doit être éparpillé un peu partout. Mais j'aurais trop voulu voir ça, moi ! Ça devait être impressionnant ! Je suis un peu déçue, mais bon. Le principal c'est qu'ils soient tous en vie.

Puis après quoi, il se lève, et je me redresse à mon tour. Quoi, il part déjà ? J'ai... Sa confiance ? Entièrement ? Tant que je ne bois pas, bien sur. Alors ça je crois que c'est super motivant pour ne pas plonger. Surtout que ça a l'air de l'énerver pas mal... Je sais pas pourquoi mais je vais éviter de lui demander. Pour ne pas prendre le risque de l'énerver, justement. Mais c'est vrai que ce n'est peut-être pas suffisant pour tenir. On ne sait jamais ce que la vie peut encore me réserver. Et il me pose une question des plus étranges.


- « Un port... Spirituel ? Genre comme... Dieu ? »

Je m'attarde sur lui, observant sa réaction. Nous n'avons jamais parlé de ce genre de choses, avant. Mais peut-être qu'il n'a jamais osé ? En tous cas c'est certain que ce n'est pas moi qui allait en parler...

- « J'ai jamais cru en ces trucs là. Je veux dire... Si un quelconque Dieu existait, il ne serait pas censé nous soutenir? »

Je tourne de nouveau le regard pour observer distraitement par la fenêtre.

- « Yanosa-sensei, je... Ne vous ai jamais tout raconté. Je parle de ma vie... D'avant. Vous ne connaissez que la Asuka du Shukai. Et j'ai fait des trucs dont je suis pas très fière. Même mon frère n'en a jamais rien su. »

Je prends une pause avant de continuer.

- « Pour partir du début, Arekushi et moi on a grandi dans une grande maison, proche de Kiri. On avait les meilleurs senseis du monde, puisqu'on venait du meilleur clan du monde... D'après ce clan, bien sur. Mon frère a rapidement développé son kinnegan, mais moi je n'ai jamais réussi. Ce qui a fortement déplu à mon père. Lui, l'archiviste du clan, ne devait pas avoir une fille qui ratait, vous comprenez ? Je lui mettais la honte. »

Je soupire, avant de poursuivre :

- « A cinq ans, nous nous sommes fait attaquer. Mon père a mit mon frère dans une pièce, et moi dans une autre, pour nous protéger. Quand j'en suis sortie, ils étaient tous les trois allongés au sol, inertes... Je les croyait tous les trois morts. Mais en fait, mon frère était simplement inconscient. Comment j'aurais pu le savoir ? J'étais qu'une gamine ! Alors je suis sortie, et j'ai marché. Encore et encore. Jusqu'à arriver à ce nouveau village qui venait d'ouvrir il y a peu : Kiri »

Cette fois je laisse la fenêtre et m'adosse contre le mur pour regarder mon sensei.

- « J'ai été accueillie à l'orphelinat. Dès mon arrivée, je me suis fait un ennemi. Et dès le début, on m'a traitée comme la fausse Jisetsu. Comme la seule ratée de la famille, qui ne méritait pas d'avoir survécu... C'est vrai, mon frère était si prometteur. Pourquoi c'était moi qui avait survécu, hein ? J'ai grandi comme ça, en faisant tâter de mon poing ceux qui osaient le dire devant moi. Bon des fois, j'ai pas mal morflé... Surtout le jour où ils se sont mit à trois sur moi... Mais dans l’ensemble, je m'en sortais pas mal. C'est devenu encore pire quand Gabushi a déserté. »

Nouvelle pause, j'hésite un peu. Mais bon, je suis partie, alors allons-y.

- « Il y en a un... Il m'a mise dans une colère noire. Si Hisao ne m'avait pas arrêtée, je crois que j'aurais fini par le tuer à coups de poings. En tous cas, il était pas beau à voir. Mais mes poings ont toujours été là, eux... Et puis, il a y eu la destruction de Kiri. »

Je croise les bras et baisse les yeux, qui parcourent les débris de verre.

- « Ça a été un sacré coup dur. Et aucun Dieu ne m'est venu en aide quand j'ai été ensevelie sous les débris. Je m'en suis sortie toute seule, comme toujours. Aucun Dieu ne m'a dit « Hey attention Asuka, ne rentre pas dans ce bar ! Hey, ne bois pas cette bouteille, être bourrée en permanence ne t'aidera pas oublier ce que tu as vécu ! ». Non, Aucun ne m'a aidée. Et toujours pas quand je... Je... »

Mes sourcils se froncent et mon regard se perd sur le liquide.

- « Quand j'ai dansé à moitié nue dans des bars miteux pour gagner ma vie. Je suis tombée tellement bas... Non, tout ce sur quoi j'ai toujours pu compter c'était mes poings. »

Cette fois je le regarde dans les yeux.

- « Alors pour vous répondre, non je n'ai pas de quelconque port spirituel. Tout ça, c'est de la connerie. Si un quelconque Dieu existait, pourquoi est-ce qu'il aurait laissé faire tout ça, hein ? Bordel de merde, à chaque fois que ça va un peu mieux, il y a toujours un truc pour tout refaire foirer ! Alors s'il en existe un, il doit bien se foutre de ma tronche et se marrer ! »

Je me reprends et me calme un peu, avant de poursuivre :

- « Je ne crois qu'en mes poings. Même si c'est ceux d'une Jisetsu ratée! C'est pas spirituel, mais ça au moins ça repousse réellement les ennuis. Et les vôtres, aussi. Ouais, vous vous avez vaincu un furyou ! Vous, vous êtes super fort, Yanosa sensei. »

Je lui souris en disant ça. Avec un pouce levé, bien sûr.
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Message(#) Sujet: Re: La chute ou l’ascension? [Le Jashiniste] Mer 4 Fév 2015 - 10:40

L'air de rien, alors que la dernière question posée par le guerrier rouge faisait sans doute encore son chemin dans la tête d'Asuka, celle-ci se risqua à une réponse qui, même si elle pouvait être incomplète et prématurée, ne pouvait pas être plus proche de ce que le jashiniste voulait tirer d'elle. Dieu, oui, Dieu. C'était ça dont il était question. De foi pure et simple dans une entité et une vision qui les dépassait tout deux. Mais la jeune Jisetsu eut tôt fait de balayer, d'un revers de main verbal, ce qui fit légèrement resserrer la prise de Yanosa sur le dossier de la chaise. Rien n'était vraiment facile, sur cette Terre, pas vrai ? Il fallait dire aussi que le guerrier avait jusque-là jouit de suffisamment de facilités pour qu'enfin se présente un défi suffisamment important, à savoir convaincre Asuka de l'existence de quelque chose qui lui était bien supérieur, et ce que cette entité ait à cœur de lui venir en aide ou non.

Toutefois, le jashiniste n'eut pas réellement l'opportunité de se lancer tout de suite dans sa démonstration. En face de lui, il avait une fille meurtrie, qui lui vouait une confiance absolue et désirait se confier : un mélange loin d'être explosif au contraire, mais qui invitait à l'épanchement. Yanosa aimait, en toute sincérité, connaître les détails de la vie des gens. Pas nécessairement pour les manipuler, non, mais avant tout pour pouvoir comprendre ce qui dans leur vie avait mu leurs entrailles, ce qui avait façonné tel ou tel caractère et avait poussé certains à se vouer tout entier à des vices plutôt qu'à la vertu. Tout cela l'aidait, dans sa quête de renouveau, à toujours pouvoir répondre à ceux qui pensaient pouvoir se cacher derrière leur misère et leur malheur sans penser une seule fois qu'ils auraient pu agir différemment et vivre tel qu'ils étaient supposés vivre. Comme des êtres humains, la plus haute forme intelligente de toute la Création.

Aussi écouta-t-il, attentivement, l'histoire de la jeune Jisetsu. Comment elle avait cru perdre son frère, qu'elle avait retrouvé puis à nouveau perdu, la rudesse de sa vie à l'orphelinat, son incapacité à éveiller les yeux dorés qui étaient propres à son clan,... sa prostitution visuelle, permise par un système pourri et puant jusqu'à la moelle, et surtout à quel point elle portait en haute estime la valeur de ses poings. Ses poings, c'était ça, sa seule religion. Yanosa, qui l'observait toujours dans cette même position, légèrement penché sur la chaise sur laquelle il s'appuyait, se félicita d'avoir jeté son dévolu sur Asuka. Une personne capable de surmonter tout cela, même dans la peine et la difficulté, et à cet âge-là... Sans aucun doute, elle pourrait... Oui, elle pourrait comprendre. Elle pourrait tenter de comprendre, au moins. Et puis, sa confiance ne lui était-elle pas acquise, de toute façon ? Un pari risqué vint à l'esprit du jashiniste, l'un de ceux qui pouvait ruiner tous vos efforts ou vous récompenser au centuple. Et si... il n'était plus vraiment question de comédie ?

Car si le scepticisme et le dégoût de toute forme de divinité transpirait dans les paroles de la Jisetsu, celle-ci serait très certainement suffisamment pragmatique pour reconnaître on tort une fois qu'il lui serait mis en face des yeux.

« Et par quel miracle, à ton avis, ai-je pu vaincre un Furyou, hm ? Par la seule force de mes poings, c'est ce que tu penses ? Oui, c'est vrai, ce poing, ces... phalanges, dit-il en serrant et desserrant son poing devant lui, s'écartant de la chaise, ils possèdent en eux de la force, mais... Qu'est-ce que la force, si elle n'est animée par rien d'autre qu'elle-même... ? Cette force est nécessaire Asuka, entendons-nous bien, mais... elle est loin d'être suffisante. »

De son autre main, le guerrier rouge saisit alors un kunai dans son ceinturon, le détaillant un instant du regard sans sourciller avant de reporter ses yeux sur la jeune fille.

« Et, je dois t'avouer quelque chose, la vie... La vie n'est pas faite pour nous épargner de ce qu'elle a de cru et de brutal. C'est même tout le contraire. »

La pointe dansa un instant au dessus du poitrail nu du jashiniste, détaillant les côtes de la cage thoracique. Puis un geste vif, incisif et violent. Usant de ses deux mains, Yanosa se poignarda en plein cœur avec sa propre lame, s'arrachant un râle de douce souffrance empreinte d'agonie tandis qu'il mettait mécaniquement un genou à terre, une gerbe de sang épais suivie d'une autre jaillissant vers le sol tandis qu'il retirait la lame aussi promptement qu'il l'avait planté en lui.

« Dieu n'est pas une fable,... Asuka, il... il est bel et bien parmi nous. Il ne m'a, en tout cas, jamais quitté, moi.... »

Le sang coulait, coulait et coulait encore du plus important des muscles du corps humain, se mêlant à la flaque d'alcool. Et pourtant, le genou mis à terre se redressa bientôt, rehaussant son propriétaire de toute sa hauteur. Une plaie béante droit sur son cœur.


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Message(#) Sujet: Re: La chute ou l’ascension? [Le Jashiniste] Jeu 5 Fév 2015 - 21:47

Je baisse mon pouce ainsi que mon bras quand il reprend la parole. Il parle de miracle pour le fait d'avoir réussi à vaincre un furyou. Ses poings ? Ben oui avec ses poings ! C'est bien comme ça qu'il l'a vaincu, non ? Pas par le saint esprit ! Haha ! Ha. Il serre ses poings, comme s'il mesurait sa force. Mais il me dit que la force n'est pas suffisante. Je ne comprends pas. Il a bien vaincu un furyou avec, non ? Ou il m'a raconté des craques ? Parce que si oui, alors oui c'est sûr que c'est suffisant !

J'attends la suite, intriguée. Je me demande bien de quoi il veut parler. Il me regarde, tandis que je le regarde aussi, curieuse de savoir ce qu'il compte faire avec le kunai qu'il vient de sortir. Et une phrase énigmatique. La vie n'est pas faite pour nous épargner. D'accord mais certains sont moins épargnés que d'autres, quand même. Une fois, un ami m'a dit : « La vie c'est une salope. Baise là avant qu'elle ne te le fasse. » C'était il y a des années, et pourtant, je m'en souviens toujours de cette citation. Elle m'a marquée. Car tellement vraie...

Puis je vois mon sensei porter le kunai sur son torse nu. La lame danse quelques instants sur sa peau. Inquiète, je le regarde faire. Il va pas faire ce que je pense, quand même, non ? Et pourquoi il ferait ça d'abord ? Oh non il va pas se suicider ! Je vais finir toute seule ! C'est ça qu'il veut dire par la vie ne nous épargne pas ? Et il plante violemment sa lame dans son corps. Je m'adresse à lui tout aussi violemment :


- « Bordel de merde mais qu'est ce que vous faites ?! »

Adossée contre le mur, les yeux écarquillés, je vois mon sensei un kunai dans le torse, devant moi. Le sang coule à flots et se mêle au poison que je voulais mettre dans mes veines. Je crois que je dois avoir l'air d'avoir vu un revenant ou d'en être un moi-même. Non ! Non pas ça ! Les larmes me montent aux yeux, tandis que lui pose un genou à terre. Est-ce que... Je vais le perdre, lui aussi ? Comme tous les autres ? Est-ce que c'est parce que je lui ai raconté tout ça ? Il n'a pas supporté ? Je te déteste la vie ! T'es vraiment rien qu'une salope ! Il arrache la lame d'un seul coup, faisant jaillir une autre gerbe de sang.

- « Yanosa sensei... ? »

Ma voix est blanche. Et plus basse que ce que je n'aurais voulu. Il n'est pas encore mort. Respire, Asuka. Reprends ton souffle. Plus facile à dire qu'à faire, cependant. Et il s'adresse à moi de nouveau. Avec difficulté mais il semble plutôt bien s'en tirer. Dieu... Encore cette histoire ? Il y croit. Vraiment. Il dit qu'il ne l'a jamais quitté. Ce serait de là que lui viendrait la force de ses poings ? J'ai du mal à y croire. Et là, il se redresse. Il est de nouveau debout, après s'être transpercé avec un kunai. Debout, même s'il se vide de son sang et que ça doit faire super mal. Je décortique cette fois-ci chaque syllabe :

- « Putain de bordel de merde... »

Toujours adossée au mur qui m'aide à rester debout, pas comme mes jambes chancelantes, j'observe la scène. Mes yeux passent de la plaie, au kunai, au sang à terre. C'est complètement dément. Comment il fait ? D'après lui, ce serait ce... Dieu ? Un miracle, hein ? C'est n'importe quoi ! Dieu ça n'existe pas ! Mais ça, ça c'est pas possible non plus... Je l'observe longuement, avant de prendre de nouveau la parole :

- « C'est... »

Carrément flippant.

- « Trop classe ! »

Ouais, aussi. Pouvoir se relever comme ça, avec une telle blessure. Je veux pouvoir faire pareil ! Je me redresse et fais quelques pas vers lui, hésitante. Pour regarder la plaie de plus près. Je suis encore un peu sous le choc mais ça va mieux. Surtout depuis que j'ai compris qu'il n'a pas essayé de se suicider et qu'il ne va pas mourir.

- « Vous... Ça fait mal ? Enfin... Vous n'avez pas l'air d'avoir mal ! »

Pas de cris, pas de larmes. Juste un gémissement étouffé. Et une scène quasiment similaire me revient à l'esprit.

- « Je... On m'a un peu fait ça à l'examen chunin. Et même si c'était un genjutsu, c'était pas pareil, pas comme ça... J'avais mal... »

Ouais j'étais plutôt genre en train de hurler de douleur. Enfin je crois. Faut dire qu'en plus moi on m'arrachait le cœur et mes viscères se répandaient sur le sol. Je revis cette scène. Et quelque chose me revient... De nouveau une voix blanche :

- « Mais... Je... Je me suis relevée aussi... Comme vous... »

Oui, je me suis relevée, serrant le poing pour montrer à mon examinateur que je n'étais pas une lâche. Mais c'était qu'un genjutsu ! Là c'est pour de vrai ! Est-ce que... J'ai cette même force intérieure que lui ? Ce... Dieu ? Mais je n'y ai jamais cru ! Comment pourrais-je posséder un truc auquel je n'ai jamais cru ? Je lève les yeux vers mon poing levé. Puis le pose sur ma poitrine, faisant rentrer de nouveau ce cœur que l'on m'a arraché. Je m'avance vers la table et pose les deux mains à plat sur celle ci pour me soutenir. Puis respire calmement quelques instants avant de me retourner de nouveau vers lui. L'interrogeant du regard. J'ai tellement de questions. Mais ne sait pas comment les formuler.

- « Qu'est-ce que ça veut dire? Expliquez-moi... »

Je ne comprends rien. Je suis complètement perdue.
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Message(#) Sujet: Re: La chute ou l’ascension? [Le Jashiniste] Ven 6 Fév 2015 - 14:03

La douleur était là, pleine et entière. Le jashiniste percevait chaque vrille, chaque pulsion affolée de ses nerfs tranchés et arrachés, et ne pouvait réprimer un rictus de souffrance véritable lorsque son cœur, animé du feu divin, continuait à battre la cadence de façon surnaturelle. Chaque pulsation faisait jaillir plus de sang, créait plus de douleur, et pourtant il restait là, aussi droit qu'il lui était possible, face à une jeune fille tétanisée par la surprise. Ses mots se décortiquèrent d'eux-même, sa bouche articulant comme elle le pouvait face à ce qui devait lui paraître tout à fait impossible et miraculeux, et le guerrier rouge en son fort intérieur espéra qu'il n'était pas allé trop loin. Malgré toute la confiance que la Jisetsu avait pu lui jurer, il restait en effet cette possibilité, même infime, aléatoire, que son apprentie décide de dénigrer tout cela au profit d'une logique bien plus terre à terre, une logique qui l'aurait fait s'enfuir en quatrième vitesse pour prévenir une tierce personne. Une logique à laquelle le jashiniste aurait du couper court très violemment si nécessaire.

Mais rien de cela, en l'occurrence. Malgré son faciès figé par un mélange de fascination et de terreur, Asuka ne flancha pas. Trop classe, dit-elle même en réponse à cette démonstration, ce qui arracha un léger rire au guerrier rouge, ravi de constater que son élève acceptait, au fond d'elle, la réalité qui s'étalait sous ses yeux. Pas encore remise du choc et pour autant à nouveau capable de bouger normalement, Asuka s'approcha, inspectant la blessure mortelle, la détaillant du regard comme pour mettre au jour les ficelles de ce tour de magie qui n'en était pas un.

« Ha ha ! Évidemment que ça fait mal... C'est la façon qu'a notre corps de nous montrer que nous sommes en vie, même si certains traitent la douleur comme une paria entre toutes les autres sensations que nous pouvons éprouver... C'est d'ailleurs pour ça que tu as été testée de cette façon, pour voir si tu étais capable d'accepter la souffrance et de l'intégrer. Mais... ignorer la mort qu'entraîne une blessure fatale... va au delà d'un simple état d'esprit ou d'une philosophie de vie. »

Yanosa se retourna vers la jeune fille, qui avait ses mains plaquées sur la table comme pour conserver un équilibre précaire. Il entendit clairement sa question, mais sembla l'ignorer un moment en balayant la pièce du regard pour repérer un rouleau d’essuie tout, qu'il alla chercher près du lavabo de la cuisine. En vérité, il était tout à fait ravi que, plutôt que la panique ou l'irrationalité, ce soit le pragmatisme qui l'ait emporté chez la jeune fille, car c'était tout un pan thématique qui s'ouvrait désormais. S'appropriant le rouleau, le jashiniste entreprit alors d'essuyer le plus gros du sang qui avait coulé et qui coulait encore sur son torse, à grand renfort de papier absorbant. Il retourna en même temps s'asseoir, décalant la chaise vers la pièce plutôt que vers la table. D'une poche de son ceinturon, il sortit ensuite un peu de fil et une aiguille, avec lesquels il entreprit de méticuleusement recoudre sa plaie béante. Alors seulement, il répondit.

« La foi, Asuka, lorsqu'elle est placée auprès d'un Dieu véritable et concret, peut ouvrir les portes de certaines capacités à qui se donne les moyens d’œuvrer dans le bon sens. Je ne suis pas né immortel, et ne le resterai probablement pas toute ma vie. Mais Dieu a fait en sorte que je le sois, et je ne le dois qu'à ma foi envers lui. A rien ni personne d'autre, dit-il en restant concentré sur la couture de ses chairs.

Dieu n'intervient pas dans le cours de la vie mortelle, et ne peut qu'observer les causes et les conséquences de nos choix, souvent déplorables et dénués de sens. Mais quand un individu, tel que moi, choisit de vouer sa vie à sa vision, alors il peut entrer en contact avec lui... se nourrir de sa chaleur... et obtenir des faveurs infinies. »

Le jashiniste marqua une pause pour regarder Asuka dans les yeux. Si elle ne l'avait pas encore compris d'elle-même, elle ne tarderait pas à le faire : celui qui avait réellement été son Sensei n'était plus là. A la place, un autre homme, apparemment tout aussi soucieux de l'avoir de son côté, mais aux ambitions bien différentes.

« Je peux te montrer comment faire, Asuka. Je peux t'enseigner la méditation, et te servir de passerelle vers lui. Je ne suis pas le seul sur qui tu puisses compter. »


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Message(#) Sujet: Re: La chute ou l’ascension? [Le Jashiniste] Dim 8 Fév 2015 - 15:27

D'après lui, si j'ai subit ça lors de l'examen chunin c'était pour tester ma résistance à la douleur. Visiblement j'ai échoué puisque j'ai été recalée. Et ce même si je me suis relevée. A moins que ce ne soit à cause de la dernière épreuve... J'en sais rien, je n'ai jamais su pourquoi. Et je n'ai jamais su ce qu'il fallait répondre à la gonzesse avec son bureau tout bien rangé aussi, ce qu'elle attendait de nous. Je ne sais même pas si j'ai répondu à côté de la plaque ou non. Ni pourquoi on m'a mise dans l'Ôdâ. Peut-être qu'ils avaient une cible avec des fléchettes et qu'ils ont choisit comme ça ? Bref, je crois que je ne connaîtrais jamais le fin mot de l'histoire.

Sa dernière phrase donne cependant matière à réfléchir. Au delà d'un simple état d'esprit ou d'une philosophie de vie ? Qu'est-ce qu'il veut dire par là ? Encore son Dieu ? Il se retourne vers moi suite à ma question mais ne me répond pas. Je l'entends se déplacer. Qu'est-ce qu'il fait ? Moi, je ne bouge pas. Je me remets doucement de mes émotions. Et quand enfin il vient s'asseoir, je relève la tête pour l'observer. De l'essuie tout ? Bordel, j'ai même pas pensé à lui proposer quoi que ce soit pour l'aider à se soigner ! Il n'a pas l'air de s’inquiéter car il... Se recoud ? Carrément. Il se recoud dans ma cuisine. Logique. Aussi logique que de se planter avec un kunai, remarque.

Je fais comme lui - non je ne me recouds pas – mais je tire ma chaise et m’assoit dessus. Par contre je m'appuie sur la table et le regarde faire, fascinée. Car oui c'est flippant c'est sur. Mais d'un autre côté c'est, waouh... Il reprend la parole et je l'écoute, sans quitter l'aiguille du regard. Il parle de nouveau de « Son » Dieu. Un Dieu véritable et concret ? Dans le reste de son discours, quelque chose m'interpelle. Il dit qu'il n'est pas né comme ça. Et il parle d'un « individu tel que lui ». Mais... Je croyais qu'il était amnésique ? Il lève les yeux vers moi et j'en fais de même. On s'observe quelques instants.

Et je comprends.

Ses souvenirs revenus, cette foi « soudaine » qui ne l'est pas vraiment. Ce comportement différent. Mais c'est le même corps. Et il est toujours à mes côtés, en tant que sensei. Et surtout je suis toujours son élève, et il est fier de moi. Que demander de plus ? Rien. Et il n'y a rien à dire non plus. Il est toujours Yanosa, mon sensei trop fort et classe. Et badass aussi. Et puis surtout il veut m'enseigner de nouvelles choses. Il veut que je devienne immortelle comme lui. Que j'ai foi dans le même Dieu que lui. Pour m'avoir toujours à ses côtés ? Je ne sais pas quelles sont ses motivations. Mais je m'en fiche. J'ai besoin d'un mentor. Et il est là. Peu importe qui il est réellement. Appuyée sur ma main, je répète doucement après lui :



- « Se nourrir de sa chaleur... »

Est-ce que c'est une douce chaleur réconfortante ? Comme... Un baiser d'une maman ? Quand elle vient border son enfant le soir. Ou bien est-ce que c'est plus une chaleur brûlante et dévorante ? Comme la colère d'un père qui gronde sa fille. Fille qui n'arrive pas à éveiller son héritage. Ou bien est-ce que c'est tout autre chose ? Un feu lumineux montrant le chemin. Comme les lumières du village de Kiri attirant une gamine aux pieds fourbus. Ou tout ça à la fois ? Quelqu'un sur qui compter, d'après mon sensei. Quelqu'un qui aime et protège. Quelqu'un qui dit ce qu'il faut faire ou non. Quelqu'un qui montre le chemin à emprunter. Et celui... Qu'il ne faut pas. Mon regard se tourne de nouveau vers l'alcool au sol avant de se reposer sur Yanosa :

- « Mais... Moi ? Il n'y a pas des conditions à remplir ? »

Je baisse les yeux pour les poser sur sa blessure.

- « Genre comme, être pur ou autre conn... Trucs du genre ? »

Ouais parce que là je suis plutôt mal barrée. J'ai jamais entendu parler d'un Dieu qui rend immortel en plus de ça. Si c'était si simple, ça se saurait, non ?

- « Et puis, il demande quoi en échange votre Dieu là ? J'imagine qu'il ne demande pas que des prières ! Parce que s'il faut faire une tentative de suicide ratée tous les jours, non merci ! »

Ouais faut pas abuser non plus. Je le regarde de nouveau dans les yeux.

- « Euh... Sinon... Vous voulez une serviette et un gant de toilette ou ça va aller ? »

Et une serpillière aussi, non ? M'enfin bon je dis ça, je dis rien.
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Message(#) Sujet: Re: La chute ou l’ascension? [Le Jashiniste] Lun 9 Fév 2015 - 10:16

Méticuleusement, le guerrier rouge recousait sa plaie béante, perçant sa chair dans le vif avec l'aiguille en se pinçant momentanément les lèvres sous l'impulsion des nerfs maltraités et resserrant les premiers points entre eux pour commencer à proprement parler la fermeture. Le sang ne coulait plus. S'il n'avait pas eu la grâce de Jashin, le cœur de Yanosa se serait probablement arrêté. Au lieu de ça il s'était tout simplement... mis en veille, attendant de pouvoir repartir et de ré insuffler toute la vie à ce corps bardés de cicatrices qui se superposaient les unes aux autres de façon fort peu esthétique. Ainsi était le pouvoir de Dieu confié aux mains du jeune guerrier, celui de le raccrocher, quelles que soient les circonstances, au royaume des vivants.

Le regard entendu entre le maître et l'apprentie fut éloquent, mais aucun des deux protagonistes n'explicita quoi que ce soit. Il n'y en avait nul besoin. Yanosa avait clairement cerné les attentes et craintes de la jeune Asuka, et après s'être assuré de sa place à ses côtés, il n'y avait que peu de chance -même si la possibilité existait- qu'elle décide de le repousser et de faire machine arrière. Très peu de chance, oui... Mais le jashiniste ne pouvait malgré tout pas baisser sa garde pour l'instant. Démontrer l'existence d'un Dieu était une chose, mais convaincre un individu en pleine possession de ses moyens que le servir était ce qu'il fallait faire en était une autre. Et cette nouvelle difficulté à surmonter, le guerrier rouge la perçut immédiatement dans les paroles d'Asuka qui, si elle ne doutait plus, avait pour autant encore des questions très pertinentes à poser. A commencer, effectivement, par ce qu'impliquait un lien avec le Dieu que le guerrier lui avait dépeint jusqu'ici sans pour autant le nommer.

Tout en continuant le va et vient de son aiguille dans la plaie, Yanosa répondit alors.

« La pureté... Oui... et non, à la fois. Que crois-tu être pur, en ce monde, hm ? Une vierge qui dupe son entourage et subtilise ce qui ne lui appartient pas ? Un prêtre qui s'autorise des largesses avec les éléments les plus jeunes de son auditoire ?... Ou bien plutôt le chacal, le charognard des plaines, qui dévore et fait disparaître les corps d'autres créatures mortes. Les deux premiers, si je ne les avais pas affublé des pires vices, auraient certainement été proches de ce que tu appelles « la pureté », je me trompe ? Et pourtant l'animal, souvent haïs de tous, qui subsiste grâce à la mort des autres, remplit une fonction dans la chaîne alimentaire bien plus pure que les stéréotypes que je t'ai décrit.

La pureté n'est pas un statut, avec lequel on né ou que l'on acquiert. Elle est simplement le résumé de nos actes, de ce que nous faisons.
 »

Le regard du jashiniste se reporta un instant sur sa plaie pour terminer de sceller la plaie, tirant de ses dents sur le fil pour le couper et nouer la fin de son ouvrage avant de ranger son menu matériel. Puis ses yeux allèrent à nouveau se plonger dans ceux d'Asuka pour appuyer son discours.

« Il n'est pas question d'exigence de sa part ou de cahier des charges à remplir, Asuka. Il est surtout question de conviction. Et cela, quoi que je puisse te dire, je ne pourrai pas le créer de toute pièce pour toi. Mais penses-y un moment : pourquoi y a-t-il des faibles et des opprimés, à ton avis ? Et pourquoi les vices des puissants sont-ils pour autant aussi semblables à ceux des citoyens lambda ? L'Homme n'est pas fait pour en dominer d'autres : il est son propre maître, en toutes circonstances, mais cela l'humanité l'a depuis trop longtemps oublié. Des castes politiques et militaires décident, enorgueillies de pouvoir, et les majorités du tiers-état se prélassent dans leur envie et leur jalousie envers ceux qui les supplantent. Est-ce.. une bonne chose ? Non. Est-ce qu'il faudrait... d'extrêmes convictions ? Pour pouvoir changer cela ? Oui.

Je ne vais pas te mentir, Asuka : il existe bien des divinités dans ce monde, et dans d'autres. Mais aucune n'a plus à cœur l'accomplissement complet et décomplexé de la race humaine toute entière.

Oh et, volontiers pour le gant de toilette. Humide si possible.
 »


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Message(#) Sujet: Re: La chute ou l’ascension? [Le Jashiniste] Lun 9 Fév 2015 - 11:58

L'aiguille continue de recoudre les chairs. Normal. Tout ceci est parfaitement normal. Comme le fait qu'il ne saigne plus. C'est vrai que là c'est assez chelou quand même... J'ai jamais cru en ce genre de choses mais là... Faut le voir pour le croire comme on dit, non ? Et une nouvelle fois, j'écoute ce qu'il a à me dire. Concernant la pureté, il me parle de vierges et de prêtres, qui ne sont pas à ses yeux forcément purs, justement. Mais... Pourtant ce ne sont pas des symboles de pureté aux yeux de Dieu ? Puis il parle de chacal. Il nettoie les cadavres derrière tout le monde. Il est souvent haï car c'est plutôt crado. Ouais, bouffer des morts tout ça. Mais pourtant il fait partie de la chaîne alimentaire et on ne peut pas nier son utilité.

Il ajoute qu'on devient pur grâce à nos actes, et qu'on ne naît pas comme ça. J'ai jamais entendu parler d'un truc de ce genre... Mais c'est plutôt intéressant comme façon de penser. Je l'écoute toujours patiemment tandis qu'il termine et range ses affaires. Pas de cahier des charges à remplir. Comme... Pas de quête pour obtenir de l'argent à la fin d'un discours d'un prêtre, non ? L'homme est... Son propre maître ? Je ne comprends pas trop. Il conclut en disant qu'il existe bien des divinités en ce monde. Ouais, c'est ce que je pense avoir compris en l'écoutant.

Et tandis qu'il accepte ma proposition, j'ôte mes gants pour les poser sur la table. Puis je m'éclipse dans une autre pièce avant de revenir avec un gant de toilette que j'humidifie avec de l'eau tiède au robinet, ainsi qu'une serviette. Je lui tends le tout. J'ouvre un placard et en sort un seau ainsi qu'une serpillière. Puis je prends la poubelle et me dirige vers les bouts de verre. Là, je commence à les ramasser. L'odeur me gène mais je vais faire avec. Et en les ramassant, je lui pose quelques questions :


- « Quand j'entends parler de Dieu, je me pose souvent des questions qui peuvent paraître bêtes aux yeux des initiés. Mais comme j'ai jamais vraiment cru à ça, je ne me suis jamais penchée d'avantage là dessus. Comme par exemple, quand on prie, comment on met fin à une prière ? Est-ce qu'il continue de nous écouter quand on est sous la douche ou au toilettes ? D'ailleurs est-ce qu'il y va aussi lui? Et aussi, est-ce que les filles qui croient en lui risquent de tomber enceintes par magie ? Il paraît qu'il y en a une à qui c'est arrivé. Et puis, si on loupe une messe un dimanche, est-ce que du coup on est mal vus de Sa part ? Et aussi, pourquoi alors qu'il y a tant de monde qui y croit, et qui le prie, il n'agit jamais pour aider personne ? Il y a tant de morts, de gens en difficultés. Et il ne fait rien...»

Ayant terminé de ramasser les morceaux de verre, je remets la poubelle à sa place. Puis je mets mon seau dans l’évier pour le remplir. Je me tourne vers lui.

- « Mais tout ça... Ça ne se pose pas avec « votre » Dieu, n'est-ce pas ? »

J’éteins le robinet et commence à éponger le sol avec le tissu imbibé d'eau chaude.

- « Je... Yanosa sensei... Est-ce que croire en votre Dieu est un acte qui me permettrait d'être... Purifiée ? Comme si, il nettoyait mon passé, et me permettait de devenir quelqu'un d'autre ? Il n'a pas l'air d'avoir les mêmes critères que... L’Autre... »

Je ne le regarde pas et éponge mollement le sol en disant cela. Je repousse avec plus ou moins de conviction Mikami parce que je ne veux pas qu'il se « salisse » à être avec moi. Je ne le mérite pas. Mais si je suis nettoyée de tout ça, alors peut-être que je pourrais le faire entrer dans ma vie... Il me plaît beaucoup, et je ne voudrais pas qu'il s'en aille. Même s'il a toutes les raisons du monde pour le faire et s'éloigner de moi. Après, c'est ce que je cherche à faire en le tenant à l’écart. Même si des fois je n'y arrive pas tellement.

- « Et qu'est-ce que vous voulez dire par « immortel » ? Est-ce juste par rapport aux blessures ? Ou aussi, est-ce que le temps n'a pas d'emprise sur vous ? »

Je relève la tête vers lui en essorant le tissu.

- « Je veux dire, vous avez quel âge en fait ? Vous avez vu vos proches mourir ? »

Ouais parce que si je peux enfin m'accepter et le faire entrer dans ma vie pour que je le voie mourir c'est un peu naze en fait.

- « Et puis... Il n'a pas l'air très connu votre Dieu là. Enfin, j'en avais jamais entendu parler avant... Alors que pourtant, ses... « Pouvoirs » ? Ont l'air réels ! »

Je montre du doigt la blessure qu'il vient de se refermer.

- « Est-ce qu'il faut remplir certaines conditions pour faire partie de ses... Euh... Fidèles ? »

Ou croiser les bonnes personnes. Comme lui.
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Message(#) Sujet: Re: La chute ou l’ascension? [Le Jashiniste] Lun 9 Fév 2015 - 20:08

Sitôt demandé, sitôt apporté : Yanosa observa donc la jeune Jisetsu qui s'affairait promptement à l'évier avant de prendre le gant de toilette qu'elle venait de lui apporter, se penchant en avant et essuyant, épongeant le sang épais qui avait presque eu le temps de sécher sur son corps. Il avait pu épargner le plus gros de son large pantalon marron, et à peine son ceinturon avait-il été touché par les gerbes d'hémoglobine desquelles il était de toute façon assez coutumier. Soucieux, le jashiniste s'évertua malgré tout à enlever toute trace un peu trop visible qui restait, jetant un œil en coin à Asuka alors que celle-ci sortait de quoi faire le ménage et déplaçait une poubelle. Son discours était vierge de toute connotation ou tentative d'évasion du sujet qui les occupait présentement, et c'en était presque émouvant pour le guerrier rouge qui avait rarement eu l'occasion de parler aussi franchement de son Dieu avec d'autres personnes de façon si ouverte. Peut-être même un peu trop ouverte ? Après tout, si l'on venait à apprendre en dehors de ce cercle de confiance très restreint qu'il était retourné à son état le plus pieu et zélé, les conséquences pour lui seraient désastreuses et il devrait tout recommencer ailleurs... Mais il avait confiance, oui. Et ce, aussi absurdes que certaines interrogations d'Asuka lui parurent.

« Euhm... Je ne vois pas bien où tu veux en venir... Qu'est-ce que... cette histoire de dimanche ? Et d'immaculée conception ? Je t'avoue que je ne vois pas trop quoi répondre à ça... A vrai dire je crois même... qu'il y a méprise. Tu as beau ne jamais avoir été instruite d'une quelconque religion, peut-être... oui, peut-être as-tu ouïe dire de certaines coutumes païennes, mais... cela n'a pas grand chose à voir avec l’œuvre du Dieu qui nous occupe. L’œuvre de Jashin.

Enfin... comme je te l'ai déjà dit, il n'est pas vraiment du genre à intervenir dans nos affaires Terrestres. Il a des ambitions pour nous, une vision. Mais c'est à nous de la réaliser et à nous seul. Ce qui...Hé... peut s'avérer un tantinet compliqué quand on considère le nombre très restreint d'individus qui partage cette vision en question. 
»

Tout en parlant, le jashiniste observait vaguement Asuka qui ramassait les morceaux de verre éparpillés au sol, contre le mur opposé, reléguant le tout dans la poubelle sans vraiment s'embarrasser de faire le tri. La priorité des débris tranchants réglée, la jeune fille alla remplir le seau sorti précédemment et y trempa la serpillière, se courbant vers le sol pour nettoyer. Sans se faire prier, Yanosa alla chercher une autre serpillière, là où la Jisetsu avait trouvé la première, et se positionna en face d'elle après avoir plongé le textile dans le seau pour contribuer à l'effort. D'autres questions s'échappèrent alors des lèvres de la jeune fille, des questions qui touchaient à son rapport intime avec elle-même et avec les autres. Se sentait-elle à ce point souillée pour utiliser ces mots ? Après avoir raconté à Yanosa l'étendue de ses pérégrinations plus ou moins glorieuses, elle pouvait en effet se sentir plutôt mal à l'aise. Pauvre fille... 16 ans, et déjà tant de souffrances inutiles derrière elle. Mais ses questions ne se limitaient pas à elle et allèrent sur un tout autre terrain l'instant d'après.

Yanosa, lui, qui était-il vraiment ? Un être inamovible, au delà du temps ? Certainement que non, mais la démonstration qu'il venait de faire pouvait légitimement remettre cela en doute dans la caboche de la Jisetsu.

« … Et bien. Moi qui avais peur que tu te refermes comme une huître, je vois que c'est tout le contraire. Huit. C'est le nombre de questions que tu viens de me poser ! Dit-il en redoublant d'effort pour éponger et nettoyer le sol, dégorgeant sa serpillière régulièrement pour pouvoir éviter de simplement étaler la mélasse.

Mais, je préfère ça, à vrai dire... C'est plus... reposant. Dans tous les cas... Sois bien consciente que tu n'as pas besoin de te purifier ou de te purger de ton passé pour paraître aux yeux de Dieu. Ce que tu as fais, ou a été amenée à faire, ne peut pas t'être reproché. Tu étais trop jeune, d'une part, et n'as fait que subir les vices des autres. C'est avant tout ce que tu feras à partir d'aujourd'hui qui définira ta valeur et qui tu es, et tu m'as prouvé, à moi comme à Jashin, d'ailleurs, que tu avais la force qu'il fallait pour faire un choix et t'y tenir. C'est aussi pour ça que je ne veux plus jamais te voir une bouteille d'alcool à la main, je ne veux pas que tu te tiennes à nouveau au dessus de ce précipice.

Quant à moi... Je ne sais plus trop maintenant si cela risque de te décevoir ou non mais non, je ne suis pas immortel dans ce sens-là... Le temps passe pour moi comme pour le tout un chacun, et je suis bel et bien né il y a 26 ans de cela. Le chemin que j'emprunte est donc ouvert à tous, même si c'est à ma dévotion extrême que je dois.. ce cadeau. Il va sans dire que... si Dieu m'a fait ce don, c'est aussi car il a vu en moi la possibilité... L'éventualité... Et Lui, tout comme le monde dans son ensemble, ne peut pas se permettre de laisser passer cette occasion à cause d'un bout de métal qui serait venu se loger dans ma chair.

Comme je te l'ai dit... des gens comme moi... qui croient et agissent en conséquence... sont d'une minorité infinitésimale, malheureusement. Pas vraiment étonnant que jamais tu n'aies entendu parler de Jashin, dans ces conditions
, dit-il en rinçant une dernière fois sa serpillière avant de la laisser dans le seau, le sol désormais nettoyé. Tout en se relevant, il continua. Il faut dire que ses préceptes sont tout sauf consensuels, surtout à une époque où le confort personnel, la neutralité et l’ego-centrisme sont tout ce qui importe aux yeux des masses, comme à ceux des élites. Mais l'humain vaut bien mieux que ça, et ma seule ambition et de le lui faire comprendre avant... »

Il s'arrêta un instant, le regard dans le vide.

« ...avant que d'autres puissances ne se lassent de nous. »



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Message(#) Sujet: Re: La chute ou l’ascension? [Le Jashiniste] Mar 10 Fév 2015 - 18:35

Cette conversation improvisée fait chauffer mes neurones. Jamais encore je n'avais eu l'occasion de parler de ce genre de choses avec qui que ce soit. Je n'ai jusque là entendu que des ragots et des « on dit », sans jamais me pencher sur le sujet. Forcément, puisque je m'en fichais. Et il faut dire aussi que personne n'a prit le temps de m'en parler non plus. Ouais à part me dire que j'étais trop nulle à pas savoir éveiller mon kinnegan et que j'allais être punie à cause des mes bêtises on ne m'a pas enseigné grand chose. Bon d'accord, j'exagère mais l'idée est là ! C'était principalement des trucs de shinobis, quoi.

Là ça n'a rien à voir. Il me parle de quelque chose à quoi me raccrocher dans les moments difficiles. Quelque chose autre que l'alcool. Et quelqu'un qui sera toujours là, à mes côtés. A m'entourer de sa douce chaleur réconfortante. Quelqu'un en qui croire, autre que lui-même. Et je l'écoute avec attention, tandis qu'il répond avec autant d'attention à mes nombreuses questions. Il est plutôt patient. Je ne sais pas si je pourrais être aussi patiente que lui moi à sa place. Mais il a l'air de connaître son sujet sur le bout des doigts et aimer en parler, aussi.

Il est plutôt gêné de mes premières questions. Bon il faut dire que je lui ai pas vraiment posées celles ci. Puisque ça c'est celles à poser avec « l'autre » Dieu, non ? Enfin celui qui est connu quoi. Lui le sien ce n'est pas celui là. Le sien il est réel et ses pouvoirs sont concrets. Il a donc des ambitions pour nous. Attends... Nous ? Oh il m'inclut dedans... Trop meugnon Yanosa sensei ! En plus de me considérer comme son élève il me considère aussi comme sa disciple religieuse. Euh je sais pas trop si c'est mignon en fait. Mais toujours est-il que « nous » sommes visiblement assez peu à partager Sa vision. Qui est... ? Je ne sais pas. Il n'en a pas encore parlé, ou bien je l'ai pas comprise. Puis quand je pose les vraies questions, il me fait une remarque à laquelle je ris, un peu gênée. Moi, me renfermer comme une huître ?


- « Bah... On est entre nous Yanosa sensei, non ? »

Je ne pense pas que quelqu'un d'autre nous écoute. Enfin à part « Lui »... Et il dit qu'il préfère ça. A quoi ? Je ne sais pas. Mais si ça lui plaît, tant mieux. Je suis curieuse, moi. Je rebaisse les yeux au sol pour continuer d'éponger le sol et mon sensei en fait de même. Il entreprend de répondre à mes questions. Et commence par enlever un poids de mes épaules. Un poids que je m'étais mise toute seule. Mais qui me pesait beaucoup. C'est ce que je fais à partir de maintenant qui prouvera ma valeur. Toute ma vie d'avant est maintenant effacée, nettoyée, grâce à lui. Tout comme ce sol que l'on nettoie ensemble. Même si pour lui je n'ai pas besoin de me purifier, pour moi cette acceptation de lui et de son Dieu est bien une purge. C'est même...

Une renaissance.

Et maintenant, je dois continuer de prouver ma force et ma valeur aux yeux de mon sensei et de Jashin. C'est le nom de ce fameux Dieu. Il insiste bien sur le fait que je ne dois plus toucher à l’alcool et je hoche la tête pour confirmer. Pour la première fois, j'ai osé me confier entièrement à quelqu'un. Je lui ai tout raconté, tout ce qui me pesait. Et il m'a écoutée patiemment. Et il m'a acceptée. Il m'a même dit que j'étais forte. Si quelqu'un dont je ne connaissais même pas l'existence jusqu'à présent accepte ça, peut-être que Mikami le pourrait aussi ? Je souris toute seule, les yeux brillants tandis que Yanosa passe maintenant à lui même.

Je l’écoute toujours, attentive. Je ne connaissais pas son âge. On a pile dix ans de différence ! D'après ce que je comprends, les personnes à connaître l'existence de ce Dieu sont très peu. Et c'est pour cela qu'il offre l'immortalité à ceux qui croient en Lui, en particulier ceux qui y croient aussi fort que mon sensei. Il se lève et j'en fais de même, pour aller rincer tout ça dans l’évier. Je remplis de nouveau le seau avec cette fois ci un peu de produit. Je m'empare d'un balai et efface les dernières traces de ce qu'il s'est passé ici. Avant de tout ranger et me laver les mains. Puis je me tourne vers le Jashiniste qui s'est subitement arrêté, après une phrase que je n'ai pas trop comprise.


- « Qu'est-ce que vous voulez dire par là ? Et puis c'est quoi cette vision ? Et cette histoire d'élite ? »

Je passe ma main derrière la tête, un peu gênée.

- « Pardon pour toutes ces questions, Yanosa sensei. »

Je croise les bras et me dirige vers la fenêtre.

- « Vous savez beaucoup de choses. C'est Lui qui vous les a dites ? Vous lui avec parlé... Directement ? En méditant ? »

De nouveau adossée au mur, je l'observe, attendant encore des réponses à mes nombreuses questions.
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Message(#) Sujet: Re: La chute ou l’ascension? [Le Jashiniste] Sam 14 Fév 2015 - 12:26

Un instant perdu dans le vague, Yanosa se reprit et fut tiré de sa rêverie éphémère lorsqu'Asuka se remit en mouvement, remplissant à nouveau un seau en adjoignant cette fois du produit apte à désinfecter le sol comme il se devait. Armé, pour ainsi dire, d'un balais-brosse, la Jisetsu commença alors à frotter le sol en se servant de la serpillière gorgée de produit moussant comme tampon, éliminant les dernières traces invisibles et odorantes qui avaient pu subsister. Le jashiniste, pendant ce temps, fit lentement les cent pas, se passant les mains sur la taille en regardant vers le plafond. Était-il soucieux ? Anxieux peut-être, de savoir si il allait pouvoir réellement aller jusqu'au bout avec la jeune fille ? Rien de toute cela, à vrai dire, mais le guerrier rouge ne s'était pas nécessairement attendu à ce genre de débouché lorsqu'il avait voulu s'entretenir avec son apprentie. La part d'aléatoire et d'imprévu que comportait la moindre discussion, même si elle avait été prévue à l'avance, restait par définition insaisissable et volatile... Et Yanosa, en l'occurrence, se réjouissait d'avoir pu capter à ce point l'attention d'Asuka tout en lui apportant de solides appuis mentaux.

Non, elle n'était pas une moins que rien. Non, elle n'était pas souillée. Tout au plus était-elle une page vierge chiffonnée et maltraitée, que le jashiniste s'était employé à remettre à plat pour pouvoir y écrire les premières lettres de ce qui pourrait se révéler une belle destinée. Et étant donnée la curiosité et la demande sans cesse renouvelée de détails de la part de la jeune fille, les premiers mots ne tarderaient pas à prendre forme sur la page en question.

« Ce que je veux dire, c'est que... Il y a d'autres dieux. Jashin, de toute son essence, désire l'avènement de la race humaine, le vrai. Celui qui nous placera à notre rang véritable. En l'état, nous ne sommes que des bambins qui se disputent les parts d'un gâteau représenté par les terres, les richesses et le confort... Et à la tête de ces... quêtes, tout sauf louables, il y a les élites. Les puissants, ceux qui par héritage ou au prix de fourberies et de manipulations s'abrogent tout ce qu'ils peuvent. De telles individualités... Doivent être supprimées. Comme on supprimerait de la mauvaise herbe.

Ça pourra te paraître extrême, mais c'est également nécessaire. Les autres dieux dont je t'ai parlé... Ils se fichent éperdument de nous. De leur essence dépendent des royaumes qui vont bien au-delà de la Terre et de tout ce que nous pouvons percevoir. Si nous n'accomplissons pas notre destinée en tant que race... Je ne sais pas... vraiment pas, ce qui pourrait finir par se passer. Ce qui est sûr, c'est que le fait que Jashin ait décidé de m'octroyer ce don n'est pas bon signe : cela témoigne en effet d'un état d'urgence qui, même s'il est très relatif à l'échelle du monde, est bien réel.
 »

Yanosa marqua une pause, se dirigeant vers l'évier pour s’humecter les lèvres avant de se retourner vers Asuka.

« Cela il ne me l'a pas dit directement, non, mais j'ai pu le déduire. Mais c'est en effet au travers de la méditation que j'ai pu... et que tu pourras, toi aussi si tu le souhaites, t'entretenir avec Lui. Ça demande une certaine discipline, et il ne faut pas s'attendre à pouvoir converser avec Lui à chaque fois qu'on le désire ni à obtenir à chaque fois les réponses que l'on recherche. L'Homme doit s'élever avant tout avec ses propres ressources... »

Le jashiniste s'approcha de la jeune Jisetsu, adossé au mur, brandissant sa large main vers son épaule pour l'y poser.

« Asuka, je dois te laisser pour le moment. Prends le temps d'assimiler tout ça. Au calme. Et quand tu seras prête, je t'enseignerai tout ce que je sais, c'est promis. »

La main regagna le long du corps du guerrier rouge et ce dernier se dirigea vers la porte, jetant un dernier regard en arrière pour regarder la jeune fille tout en tournant la poignée. De retour à l'extérieur, le jashiniste inspira une grande bouffée d'air. Il prenait un risque. Mais il était prêt à en assumer toutes les conséquences.


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Message(#) Sujet: Re: La chute ou l’ascension? [Le Jashiniste] Dim 15 Fév 2015 - 15:34

De nouvelles questions fusent. Encore. Il faut croire que ce sujet m’intéresse bien plus que ce que je ne l'aurait cru. Je ne m'étais jamais penchée sur le sujet avant cela. Mais la façon dont il en parle, ça a l'air d'être quelque chose de... Grand. Je l'écoute de nouveau, patiemment. La patience. Là encore c'est quelque chose que je ne pensais pas avoir. Pas autant, en tous cas. Moi je suis plutôt du genre à foncer dans le tas et réfléchir après. Attendre et écouter c'est pas trop mon truc. Mais il faut croire que je vieillis et que je mûris. Et que j'apprends à me comporter différemment.

Et une nouvelle fois, il me répond. Tout aussi patiemment. Ai-je déjà eu une conversation aussi sérieuse avant cela ? Je ne crois pas. Sauf si l'on exclut l'examen chunin et les questions où j'ai cru retourner à l'académie. Heureusement qu'il y avait la tête étrange d'Aokiji quand je lui ai déchiré sa chemise pour temporiser tout ce sérieux. Yanosa me parle donc du fait qu'il y a plusieurs Dieux, comme j'ai cru le comprendre jusqu'ici. D'après lui, les autres Dieux se fichent royalement de nous. Ça, je l'avais compris aussi, et depuis longtemps. Car c'est ce que j'ai toujours pensé. Ouaip, parce que si jamais il existait un quelconque Dieu, pourquoi il n'aurait jamais bougé ses fesses pour nous aider, hein ? C'est même pour cela que je ne croyais même pas à leur existence.

Mais Jashin lui est différent. Il a offert l'immortalité à Yanosa pour l'aider à réaliser Sa quête. Qui est « L'avènement de la race humaine ». Rien que ça. Ben dis donc il voit les choses en grand celui là. Et pour cela il veut tuer des gens ? Hein ? Mais j'ai jamais tué personne moi ! Enfin en tous cas les « puissants » qui ne le sont pas aux yeux de Jashin. Ils sont seulement des profiteurs égoïstes. Je crois que je comprends, même si c'est encore flou. Et d'après ce que me dit mon mentor, le monde actuel est dans un tel état que c'en est urgent.

Il va boire au robinet et je me rends compte que je suis une bien mauvaise hôtesse. Je ne lui ai même pas proposé de quoi boire... Après l'oubli de serviette, l'oubli de boisson. Bravo Asuka ! Il faut croire que tu n'es pas une vraie fille et que tu n'arrives pas à faire deux choses à la fois ! Réfléchir sur ce qu'il me dit semble déjà beaucoup pour mon pauvre cerveau. Il ajoute ensuite qu'il peut presque converser avec Jashin, ou du moins entrer en relation avec Lui pour le comprendre. Et que je pourrais en faire de même via le biais de la méditation. Aïe. Remarque, ça pourrait m'être utile d'apprendre à faire ça. Un bon exercice. D'autant plus qu'il ajoute que l'on doit s'élever avec nos propres ressources. Hum... A moi de prouver que je les ai, ces ressources. Je déteste me retrouver seule avec moi-même, seule avec mes pensées. Pour ça que je vais m’entraîner dès que je le peux. Frapper dans quelque chose ça ne demande pas une trop grosse réflexion.

Puis il s'approche de moi pour poser la main sur mon épaule. Comme s'il me donnait un quelconque soutient. Je lève la tête pour le regarder. Il s'en va. Me laissant de nouveau seule. Ou, pas tout à fait. Quand il est arrivé, j'étais au bord du gouffre, prête à replonger dedans. Et maintenant qu'il repart, mon esprit est complètement différent. Juste cette conversation m'a rendue différente. Et il peut m'enseigner tout ce qu'il sait. Quand je serais prête. Assimiler tout ça au calme... D'accord. Je vais essayer. Il s’éloigne, et me regarde une dernière fois avant de sortir. Sans bouger de mon mur, je lui adresse un grand sourire. Ainsi qu'un :


- « Merci pour tout, Yanosa sensei. »

Yanosa ou qui que ce soit d'autre, d'ailleurs. Peu importe, il est mon mentor. Et je le reverrais bientôt pour un tout autre entraînement que celui habituel. Mais pour cela, je dois d'abord me préparer. Car ce sera un entraînement très spécial. Un de ceux que je n'ai jamais fait. Un entraînement Spirituel. Et avant, je dois donc me vider de toutes ces émotions superflues, de ces souvenirs qui me bouffent la vie. Et je ne connais qu'un seul moyen de me vider de tout ça. Oui, je vais me vider l'esprit par la force de mes poings. Me préparer physiquement à recevoir un entraînement psychique. Et une nouvelle fois, je me dirige vers le terrain d’entraînement.

Mais cette fois ci, c'est différent. Et peu importe ce qu'il arrivera, personne ne me verra. Le soleil s'est couché et il fait sombre. Debout devant un arbre, je ferme les yeux. Et pense à toutes ces choses négatives que j'ai vécues. Tout ce qui fait que je pourrais replonger. Tout ce qui a fait que j'ai déjà plongé. Puis j'ouvre les yeux. Et donne un premier coup de poing dans l'arbre. De toutes mes forces. Ça, c'est pour la mort de mes parents. Un second. Pour m'avoir fait croire que mon frère était mort. Un troisième. Pour l'avoir perdu de vue pendant dix ans. Un quatrième. Pour avoir vécu toute mon enfance dans un orphelinat. Encore un. Pour les moqueries sur ce maudit kinnegan qui ne s'est jamais manifesté. Ainsi que celles sur ma couleur de cheveux. Un autre. Pour toutes les punitions que j'ai reçues. Que ce soit à l'orphelinat ou à l'académie. Ce type qui ne m'a pas adoptée parce que je n'avais pas le pouvoir de mon clan. Tous les autres qui n'y ont même pas pensé. Gabushi, qui a déserté le clan et Kiri. Les innombrables bagarres dans la cour et dans les dortoirs. Isao, mon éternel rival que j'ai perdu de vue. Le seul à qui je tenais vraiment à cette époque. Isao, que je n'ai jamais revu après lui avoir offert ma virginité. Le fait de ne pas savoir si j'ai vraiment compté pour lui. Les chefs d'équipes qui n'ont jamais vraiment prit le temps de m'enseigner quoi que ce soit. Préférant des élèves plus disciplinés. Puis la destruction de Kiri. La vue de l’orphelinat en ruines, ma maison. Se réveiller sous les décombres. Errer. Seule. Retourner dans la maison de mes parents, réveiller des souvenirs douloureux. Vendre des objets de valeur sentimentale pour pouvoir survivre. Se vendre soi-même pour survivre. En dansant sous les regards lubriques. Retrouver Arekushi pour le perdre de nouveau. Retourner à Kiri et voir ces décombres. Et enfin l'attaque du Shukai.

Les coups s’enchaînent les uns après les autres. Tout comme ceux que la vie m'a donnés. De plus en plus rapidement, et avec de plus en plus de hargne et de rage. L'écorce se creuse sous mes poings, qui rougissent de plus en plus. Je n'ai pas remit mes gants. Non c'est moi seule contre ma vie passée. Sans artifices. Elle et moi, les yeux dans les yeux. Les miens se gorgent d'eau au fur et à mesure. Jusqu'à ce que je ne puisse plus retenir mes larmes. Larmes qui ne demandaient qu'à couler durant toutes ces années, et que j'ai toujours retenues. Par fierté. Même si elles perlaient souvent, surtout ces derniers temps. Parce que montrer ses larmes, c'est montrer sa faiblesse. Mais là, je les laisse couler. Tout comme le sang sur mes poings. Je les laisse couler une bonne fois pour toutes. Afin qu'elles ne reviennent pas. Du moins pas pour des faits passés. Je dois tourner la page. Et pour ça, je dois me vider de tout ça. Je pousse un hurlement bestial et donne un dernier coup, avant de tomber à genoux, en sanglots. Je pleure même à chaudes larmes. Comme jamais je ne l'avais fait. Est-ce que j'avoue ma faiblesse ? Non. Je me sépare de mon passé. Comme si j'expiais mes fautes. Et je ne pourrais en ressortir que...

Grandie.


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La chute ou l’ascension? [Le Jashiniste]

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