N'oubliez pas que vous pouvez voter toutes les deux heures sur les cinq Topsites pour le forum !
Rappel : Chaque RP doit au minimum faire 15 lignes, soit 1400 caractères espaces non compris minimum.
Partagez | 
 

 Les origines du coeur [Feat Yami]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2  Suivant
Suna
avatar
Informations
Grade : Jônin
Messages : 1609
Rang : S

Message(#) Sujet: Les origines du coeur [Feat Yami] Dim 22 Fév 2015 - 21:19

Musique ♫:
 

Veillant sous un épais linceul de nuages obscures, je pouvais apercevoir la Mur du Suna apparaître entre les dunes ainsi que l'ouverture donnant directement vers la Voie illusionnée. Durant mon trajet de retour au travers du désert, l’atmosphère printanier s'était lentement transformé en quelque chose de plus orageux. La haut dans le ciel, le tonnerre grondait à tout rompre. Les premières pluies diluviennes n'allaient pas tarder à apparaître. Ce faisant, je pressai sur l'accélérateur, faisant hurler le moteur de mon véhicule, qui filait à vive allure, fendant le sable sur son passage. Après ces quelques mois passés à parcourir les pays des rivières et du bois, je ne pensais pas revenir à Suna dans de telles conditions, ni en pareil état. Durant mon périple, j'avais perdue beaucoup de choses, mais également acquis de nombreuses autres. Peut-être devais-je finalement perdre un œil pour concéder à ouvrir l'autre sur le monde qui m'entourait. J'avais finis par me réveiller, mes souvenirs étaient là, aussi intense qu'ils l'avaient jadis étés. Comprenant que je ne serai jamais en mesure de m'en débarrasser il me faudrait apprendre à vivre avec. A les assumer, puis à les affronter. Néanmoins, le plus dur se trouvait désormais derrière moi. Méphisto avait finit par obtenir gain de cause et celui-ci ne s'était plus manifesté en moi. Depuis je me sentais comme libérée d'un immense fardeau, comme s'il m'était redonné de vivre parmi les autres. Le renouveau sonnait en moi et malgré les sombres nuages qui pouvaient se profiler sur l'avenir, je me savais désormais en mesure d'y faire face.

M'arrêtant un instant devant l'entrée du village, sans prendre la peine de descendre de ma moto, je confiais mon autorisation d'entrée aux gardes qui me laissèrent passer. Je repris ma route, le cœur allégé en sachant que je rentrais enfin chez-moi. Sans perdre de temps je filais directement au Kenkyuujo confier mon rapport ainsi que les résultats de ces longs mois de labeur à cartographier les pays voisins. Épuisée, cela ne m'empêcha pas de passer malgré tout plus de deux heures aux centres afin de mettre un œuvre toutes les tâches administratives. Une fois terminées, ma raison, tout comme chaque fibres de mon être ne demanda d'aller retrouver mon lit afin de quérir un peu de repos. Néanmoins, mon cœur, lui, m'en dictait davantage. Ainsi, revêtant ma capuche sur ma tête, je partis braver la pluie pour me rendre jusqu'aux quartiers résidentielles, là où se trouvait le manoir du clan Ketsueki.

Vu ainsi sous la pluie depuis l'extérieur, les lieux semblaient d'autant plus sinistres. Pourtant aucun des démons qu'il pouvait renfermer entre ses murs ne m'étaient inconnus. Je les avais pour ainsi dire tous affrontés et vaincus. Pourtant, je sentais mes pensées s'alourdir de souvenirs en grimpant les marches du perron menant à la grande porte en bois massif du manoir. Je restais un moment interdite sous la pluie battante qui frappait avec force sur mes vêtements en cuir. Après quelques instants passés à hésiter, poussée par le désir irréfrénable de la retrouver, je me saisissais du heurtoir de porte pour l'abattre à deux reprises sur celle-ci. Le choc sembla raisonner dans toute la demeure, mais rien ne se passa. J'en vins à penser qu'elle n'était sans doute pas présente et voulus m'éloigner lorsque la voie s'ouvrit, pour m'inviter à l'intérieur. Sauf que personne ne s'y trouvait, la porte venait de s’ouvrir toute seule... Dans un réflexe que je maudis sur l'instant, je dégainai mon arme. Me rendant aussitôt compte que cette réaction était ridicule, je m'empressai de la ranger suite à quoi j'entrai.

L'énigme fut rapidement résolue. Là, au milieu de la salle principal, au centre de l'imposante rosas qui, en temps normal recevait la bénédicité du halo de lumière filtrant au travers du vitrail, se trouvait Méphisto assit, souriant de cet éternel expression sur son visage, droit comme comme un pique tandis que seul sa queue décharnée effectuait des mouvements de balancier. Il me regardait. Je retirai mon capuchon et lui lançai un sourire hautain. En tant normal, une telle vision aurait très certainement fait fuir la plupart des visiteurs opportuns, mais le chat nu du désert faisait parti de ces démons que j'avais combattu. Aussi avançais-je dans sa direction. Le son de mes bottes heurtant le sol rutilant résonnait avec écho sur les murs de l'immense salle, à cela venait s'ajouter la symphonie de la pluie battante sur la voûte et des éclaires déchirant les cieux ; ainsi que le ronronnement du félidé, lorsque je vins caresser le sommet de son crâne. Sitôt fait, il disparu subitement, s'évanouissant dans l'air, me laissant ainsi seul. Je remarquai alors la présence d'une immense statue de cristal, un oiseau avec un « Y » gravé sur le buste. Je fis rapidement le lien avec Ogami. Ce dernier avait semblé si proche de Yami lorsque tous deux s'étaient retrouvé à l'hôpital. Je tiquai également en apercevant un piano à l'emplacement habituel, ayant espérée ne plus jamais revoir cet instrument en ces lieux. Je crus un moment que Megami avait refait surface, mais si tel avait été le cas, Méphisto m'en aurait certainement averti, lui qui n’œuvrait que dans l'intérêt de sa maîtresse et d'elle seule...

Puis de nouveaux bruits de pas se firent entendre, provenant du couloirs au-delà des escaliers. J'attendis en contre-bas jusqu'à l’apercevoir. Toujours aussi magnifiquement vêtue, elle arborait cette prestance princière dont je m'étais tant appliquée à lui inculquer. Elle était toujours aussi belle. Contrairement à moi, qui ne devait plus avoir grande allure, suite aux épreuves encourut durant mon voyage. Mes vêtements étaient déchirés par endroits, tout comme mon visage couvert de terre et de poussière. Suant à ma chevelure, elle était attachée à une longue queue de cheval qui me descendait désormais presque au bas du dos. Je ressemblai probablement davantage à une garçonne guerrière itinérante qu'à une noble dame. En l’apercevant mon visage s'éclaira d'un sourire, j'avais tant changée, mais au final j'étais toujours restée la même.

-Pardonne-moi pour cette arrivée si soudaine. Disons que... Méphisto a ouvert la porte...

Je réalisai que j'étais quelque peu gênée par sa présence. Des souvenirs aussi tendres que déroutant s'éveillaient en moi. Sans doute s'agissait-il de ceux que je n'aurais jamais souhaitée oublier. Ce faisant, je détournai le regard, légèrement honteuse, n'osant par ailleurs lui montrer la balafre sur mon œil gauche ainsi que ce dernier vidé de tout éclat.

-Je sais que j'avais promis de te donner régulièrement des nouvelles, mais, tous ne s'est pas vraiment passé comme prévu. J'espère que tu ne m'en tiens pas rigueur...

Lorsque je voulus la regarder à nouveau, je l’aperçue alors qu'elle se trouvait désormais juste en face de moi, à seulement quelque centimètre l'une de l'autre. Cela qui me fit sursauter sur l'instant, écarquillant les paupières, gênée comme je ne l'avais pas été depuis longtemps. Parvenant tant bien que mal à me ressaisir, je parvins tout juste à balbutier quelques mots.

-Je... je suis heureuse de te revoir Yami.

Sans doute était-ce assez inapproprié, mais je m'étais simplement contentée de dire la première chose qui me venait à l'esprit, à savoir ce que j'avais sur le cœur. Car oui, ma mémoire était revenue. Je me souvenais très clairement de tout ce qui s'était passé, de toutes ces souffrances, de toutes les joies, les peines et les désillusions. J'avais appris à les surpasser pour mieux les réprimer par la seule force de ma volonté. Pourtant, une chose n'avait pas changée, une chose restée immuable, qui était parvenu à outrepasser le temps, la distance comme le désespoir envers et contre toutes raisons: Les sentiments que j'éprouvai pour elle.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Suna
avatar
Informations
Grade : Seigneur du Vent
Messages : 1345
Rang : S

Message(#) Sujet: Re: Les origines du coeur [Feat Yami] Lun 23 Fév 2015 - 14:46


Music ♫:
 

Une journée de plus qui s'achevait. J'étais rentrée au manoir depuis environ une heure, délaissant mes fonctions au Kakumeigun et mon aide à l'hôpital jusqu'à demain : j'étais éreintée. L'orage grondait, stoppant le silence habituel des nuits désertiques. Les éclairs zébraient le ciel et je les observaient par la fenêtre de ma chambre : trouvant le spectacle à la fois énigmatique, fascinant et inquiétant. La pluie battait son plein, tapant à la vitre avant de retomber en goutte fragile et éphémère. Je ne pouvais m'empêcher d'avoir une pensée poétique comme quoi j'étais similaire à elles... Je me battais de toute ma puissance mais je finissais inlassablement pas me heurter à ma santé amoindrie et j'atteignais mes limites, me laissant choir sur place, incapable d'avancer avant de finir par mourir...

C'était le triste constat de ma vie alors même qu'une nouvelle quinte de toux m'assaillait et que je n'eus pas le temps de couvrir ma bouche que déjà des tâches de mon propre fluide écarlate entachait la pureté du verre en gouttelettes éparses. Je m'appuyais contre le rebord, mes râles et ma respiration haletante couverte par l'écho du tonnerre. En sueur, je reprenais ma respiration tout en ressentant une vive douleur dans l'ensemble de mon corps. Je restais debout aujourd'hui, parce que je le pouvais encore. Je savais que bientôt, malgré tout mes efforts, je ne le pourrais même plus. Je ne devais pas m’apitoyer mais profiter du temps qu'il me restait.

J'inspirais et expirais un grand coup au moment même où j'entendais le heurtoir de la porte tinter. Je croyais tout d'abord à l'écho de l'orage avant d'entendre le grincement de la porte d'entrée signifiant l'entrée de quelqu'un en ma demeure. Méphisto saurait l'accueillir ou le faire fuir.

Justement, quelques instant plus tard, mon félidé apparu dans ma chambre pour m'avertir.

« La clairvoyance à été récupérée.»

Me disait-il simplement. Cela aurait pu paraître obscure ou abstrait mais je savais où il voulait en venir : Oniri était là et elle avait retrouvé la mémoire. Mes yeux s'écarquillaient à cette annonce, se dirigeant instinctivement sur la peluche d'enfant de ma meilleure amie qui trônait sur la commode de ma chambre.
J'étais partagée entre la joie de la revoir et la hantise de lui révéler la portée de ma maladie... Tant de choses s'étaient passés depuis qu'elle était repartie explorer le monde. D'une démarche assurée, je me hâtais de la retrouver avant de m'immobiliser en haut des marches. Elle était là... Elle était bel et bien là : vivante ! Je ne pouvais réprimer une larme qui s'écoulait le long de ma joue alors que j'étais si heureuse de la revoir moi qui pensais que jamais plus elle ne me rendrait visite.

L'état de son apparat témoignait de la rudesse de son voyage initiatique : elle était bien loin de l'image distinguée et bourgeoise que je lui avais connu. Si j'avais changé, je ne doutais pas qu'elle non plus. Pourtant, autre que dans le comportement, quelque chose semblait clocher dans son regard depuis ma position. Je l'observais sans rien dire, écoutant ses remords et sa maladresse. Elle avait retrouvé ses souvenirs... Se rappelait-elle donc de tout ? Sans doute...
Je dévalais les marches rapidement et silencieusement, me postant à ses côtés une fraction de seconde plus tard : face à elle, tout près de son visage. Elle me parlait mais je n'étais concentrée plus que sur une chose : son œil blanc et sa cicatrice, vestige témoignant de sa cécité. Le visage impassible et neutre, j'effleurais la meurtrissure des bouts des doigts m'arrêtant alors qu'elle m'avouait être heureuse de me retrouver. Tant d'émotions me traversaient en cet instant...

Le masque tombait et je lui adressais un sourire et un regard chaleureux avant de lui retourner ses propos :

« Je suis aussi heureuse de te revoir... »

Mes yeux exprimaient aussitôt de la peine et du soulagement alors que je la serrais dans mes bras. Je l'enlaçais comme ci j'avais tant espérer cet instant depuis des mois : me languissant de ses nouvelles qui n'arrivaient pas et pour laquelle je m'étais fermement inquiétée. Une main dans son dos et l'autre derrière sa tête, je la maintenais contre moi tandis que mon menton était posé sur son épaule.

« Tu m'as manqué. »

Osais-je lui avouer. J'étais désormais beaucoup plus à l'aise avec les sentiments et je n'hésitais plus à m'exprimer librement avec les personnes qui m'étaient chères. Après tout, le temps m'était compté et je ne voulais pas passer à côté d'un moment pour leur exprimer ce que je pensais d'autre : qui savais de quoi serait fait demain ?

Je me reculais d'elle, posant mes mains sur ses épaules en lui adressant un sourire trahissant mon émotion, les yeux humides.
Je me risquais ensuite à la question inévitable :

« Que s'est-il passé ?  Tu souffres ? »

Bien sûr j'évoquais son œil pour l'heure même si je n'étais pas contre le fait qu'elle me raconte ce qui c'était passé durant son voyage.
Une fois de plus, nous nous retrouvions, pleine d'émotions sous la lueur du vitrail qui avait été le témoin de tellement de moments forts de notre existence conjuguée...



We're all mad here... :
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Suna
avatar
Informations
Grade : Jônin
Messages : 1609
Rang : S

Message(#) Sujet: Re: Les origines du coeur [Feat Yami] Lun 23 Fév 2015 - 23:54

Musique ♫:
 

Ce sourire... Je ne lui reconnaissais pas. Il illuminai son visage. J'avais presque du mal à la reconnaître, pourtant, elle n'en était que plus belle. Alors elle m'attira pour me serrer contre elle comme si tout ceci n'avait jamais eut lieux, comme si tous ces cauchemars étaient loin derrière nous. J'avais l'impression d'être en quelque sorte revenue en arrière. Avoir remontée le temps, lorsque nous vivions toutes les deux ensembles, lorsqu'elle me voyait tel une amie proche et moi comme la nymphe qui dictait inconsciemment les lois de mon existence. Mais nous avions, changée, tant de choses s'étaient déroulées depuis lors. Je repensai à ces jours heureux qui semblaient me rappeler à une autre vie. Et je me retrouvai dans cet étrange présent, si incertain et paradoxalement si chaleureux. Nous avions toutes les deux grandis. Les épreuves que traversées ensemble et séparément avaient finit par nous rendre plus fore. Désormais, nous étions différentes, plus humaine, plus à même de nous comprendre, de nous dire à la vérité.

Elle m'était si précieuse et pourtant malgré se retour en arrière je réalisai à présent que mes sentiment à son égard avait finit par évoluer. Je ne voulais plus lui imposer cet amour à sens unique dans lequel j'avais stupidement cherchée à nous enfermer. Je n'aspirais désormais qu'à son bonheur et rien de plus. Prendre soin de ceux que j'aimais, tel était mon nouveau credo. Et à présent, après ce long voyage, de retour à Suna, là, dans ce manoir, dans ses bras, je comprenais qu'ici était ma place. Que je ne sentais réellement chez-moi que lorsque j'étais avec elle. Alors, je répondis à son étreinte en la serra encore plus fortement contre moi, posant une main derrière sa tête tout en enfouissant la mienne dans le creux de son cou, profitant plus que jamais de cet instant de plénitude. Je redressai cependant cette dernière lorsqu'elle annonça que je l'avais manqué. Toujours contre elle, j'écarquillai les yeux, surprises, avant de laisser un sourire serein qu'elle ne pouvait voir s'étirer sur mes lèvres. Oui, les choses étaient mieux ainsi...

Elle s'écarta de moi, gardant ses mains posées sur mes épaules tandis que je venais les recouvrir délicatement de mes paumes. Instantanément, lorsque je vis les larmes perler sur ses joues, je ne pus qu'en faire de même, incapable de me retenir. Mon œil blessé pleurait lui aussi. Lorsqu'elle me questionna à son sujet, je restai un long instant silencieuse avant de simplement me contenter de tourner la tête de gauche à droite.

-Non, plus maintenant...

J'avais volontairement mesuré le ton de ma voix, de sorte à ce qu'il soit plus pausé, mais aussi pour inciter sur cette réponse à double sens. Les démons qui avaient jadis hanté mon passé avaient cessé d'être. A présent je ne souffrais et je pouvais enfin m'adonner à ces instants de gaieté et de repos somme toute mérité. Je levais alors la main pour caresser sa joue, comme je l'avais toujours fait et ne me rendis que tardivement compte que ce geste venait de me trahir. Je reculai alors d'un pas, gênée, cherchant alors à lancer un autre sujet de conversation, tout en tournant le visage de sorte à ne plus laisser ma cicatrice apparent.

-Je la dois à un affrontement qui a mal tournée. Cela à été difficile au début, mais je commence à m'y habituer. Dis-je en posant machinalement les doigts dessus.

Ainsi omettais-je volontairement certain aspect pour ne me concentrer que sur l'essentiel. Je ne me sentais pas encore prête à lui parler de Yusuke, ni de tout ce qui avait put se passer. Car, je comptais lui en faire part, ne tenant plus à préserver de secret envers elle, sachant où cela avait finit par nous mener. Il me fallait simplement un peu de temps. Rien ne pressait et nous avions sans doute tant de choses à nous raconter. Plus de neuf mois s'étaient écoulés depuis mon incident et nous avions de nombreux moment à rattraper ensemble.

-Et toi, dis-moi tout. S'est-il passé quoique ce soit en mon absence ? Je demande autant pour toi que pour tous les autres.

Visiblement sa réponse risquai d'être longue, aussi m'invita-t-elle à rejoindre le salon pour prendre le thé, comme nous le faisions jadis. Je la suivis jusqu'à ce dernier et pus constater que les travailleurs que j’avais commandité s'étaient donnés du cœur à l'ouvrage pour rénover l'ensemble du manoir. La pièce était devenue bien plus accueillante que lors de ma première visite. Le papier peint ocre avait recouvré de sa splendeur tout comme le lustre couleur ébène garnie de ses nombreuses bougies au-dessus de la table basse. La cheminée, qui d'ordinaire servait à réchauffer les lieux lorsque les vents nocturnes et glacé du désert venaient s'engouffrer dans le manoir, resplendissait de plus belle. De nombreux gravas de charbons ainsi que des copeaux de bois avaient été disposé à l'intérieur, près à être allumé à tous instant.

Yami parti s'absenter en dehors des cuisines et je me permis de mettre le feu au combustible à l'aide de mon briquet, laissant les braise emplir l'atmosphère d'une douce chaleur. J'attendis un instant, assise sur le fauteuil, avisant le feu crépitant et ses flammes qui se reflétaient dans mon unique pupille d'or. Ma chère revint dans la salle, emportant avec elle un plateau dont l'ajustement était cette fois irréprochable. Avant qu'elle n'eut le temps de fermer la porte derrière elle, je pus sentir une délicieuse odeur s'élever depuis les cuisines, mais aussi apercevoir la tête d'un chat nu bipède coiffé du toge de cuisiné s'atteler de toute part. Il m'adressa un signe de main amical avant que la porte ne se referme sur lui. Alors que Yami posai le plateau sur la table basse je lui lançai un regard décontenancé. Décidément, entre les chats sociopathes et les chauves-souris que j'avais pus apercevoir accrochées au plafond de la grande salle, ce manoir commençait à se transformer en véritable ménagerie infernal.

-Qui était-ce ? Tu comptes en ramener d'autres ici ?

Je lui adressai un haussement de sourcil tout aussi désabusé. Mon attitude sembla l'amuser plus qu'autre chose. Elle tourna la tête vers le brasier de la cheminé avant de venir s'asseoir à mes côtés. Le thé était en train de refroidir dans un délicat service en porcelaine et des biscuits nous étaient servit pour accompagner le tout.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Suna
avatar
Informations
Grade : Seigneur du Vent
Messages : 1345
Rang : S

Message(#) Sujet: Re: Les origines du coeur [Feat Yami] Jeu 26 Fév 2015 - 17:37

Music ♫:
 

Le temps n'avais plus d'emprise sur moi ni sur elle. C'était comme ci rien de notre déchirement ne s'était passé, c'était comme autrefois, comme ci notre complicité ne s'était jamais éteinte. De mon côté je le savais mais j'avais cru qu'il en serait autrement pour elle alors qu'elle avait prétendu ne plus vouloir me reconnaître comme une simple amie non plus. J'étais heureuse de constater que le recouvrement de ses souvenirs avaient sans doute été le déclic pour restaurer ce lien perdu auquel je tenais énormément.

Les mains posées sur ses épaules alors qu'elle y joignait les siennes, elle m'assurait que son œil ne lui faisait désormais plus mal. J'étais peinée et tiraillée de la voir ainsi, remarquant qu'elle aurait pu perdre la vie loin de moi, sans que je ne sois en mesure de la protéger... Ses larmes ruisselaient alors que je retenais les miennes jusqu'ici. Même sa pupille meurtrie parvenait toujours à pleurer. Je lui avais moi même infligée une blessure lui ôtant la possibilité d'enfanter et désormais elle revenait borgne... Ainsi allait donc la vie de shinobis ? Estropiée ou diminuée mais toujours battantes.

Je percevais un sens bien plus profond a ses paroles : il n'était plus questions seulement de souffrance physique. Elle allait mieux aussi sur l'aspect psychologique. Elle avait dû ressortir grandi de cette expérience et elle avait su en tirer profit pour affronter la dure réalité de ses souvenirs qu'elle avait elle même chercher à faire disparaître. Méphisto l'avait fait dans mon intérêt mais il concordait aussi avec ses propres attentes à elle sans même qu'elle ne s'en rende compte.

Sa main caressait ma joue et je me laissais aller à son contact, fermant les yeux un instant pour apprécier le moment. Cette attention dont elle m'avait souvent gratifié signait le renouveau et me prouvait qu'elle avait bel et bien restituer les fragments de sa mémoire. Je lui adressais un fin sourire teinté de larmes alors qu'elle semblait gêner par son geste, masquant même sa balafre. Elle posait néanmoins ses doigts dessus tout en me contant comment elle en avait hérité tandis que je l'effleurais du bout des miens.

« Tu n'as pas à la cacher. Elle fait désormais partie de toi et de ton histoire. Elle ne souille en rien ton visage. Ce visage que j'ai temps espéré revoir un jour et qui s'est représenté à moi lors de mon hospitalisation. »

Un nouveau sourire chaleureux. J'étais vraiment heureuse de l'avoir en face de moi. J'avais bravé la tempête et dû combattre la solitude et les obstacles que la vie avait dressé sur mon chemin : Kioshi avait été le seul à pouvoir me venir en aide et je lui en étais reconnaissante. Je savais que son parcours avait dû être tout aussi éprouvant que le mien.

Elle me demandait des réponses sur les récents événements et je soupirais tant j'avais à lui dire.

« Allons dans le salon prendre le thé, tu dois être fatiguée, tu pourras ainsi te reposer pour discuter. »

Je la menais à la pièce même si elle savait où elle se trouvait, la priant de s'asseoir pendant que je m’absentais en cuisine. Hotep était aux fourneaux comme à son habitude. Il avait progressé dans notre langue et je maîtrisais désormais quelques termes dans celle des anciens.

« Hotep, peux-tu nous préparer un bon dessert pour moi et mon invité et amie ? Montre lui tes talents de cuisinier. »

Gratifiais-je mon félidé bipède.
Je m'emparais dès lors d'un plateau et disposait le thé comme toute personne de bonne famille devait savoir le faire. Personnellement, je n'avais que faire de l'éthique mais Oniri me l'avait appris et je voulais lui montrer que j'avais suivi et j'appliquais ses enseignements à la lettre. Elle avait allumé un feu dans la cheminée, les gerbes de flammes faisaient crépiter le bois et emplissaient la pièce d'une lueur tamisée et chaleureuse alors que les éléments se déchaînaient à l'extérieur.

Oniri m'avisais d'un regard perplexe et décontenancé alors qu'elle venait d'entre apercevoir mon félin lui adresser un signe poli de la main. Elle me demandait si je comptais en ramener d'autres d'un air sérieux qui me faisait émettre un ricanement. En effet entre Kohei, Crazy, Méphisto et Hotep, bien que seuls ces deux derniers étaient constamment de sortie, couplé aux chauves-souris qui nous observaient tête à l'envers et les griffes plantées au plafond, cela commençait à faire du monde.

Je m'asseyais en face d'elle, prenant ma tasse de thé avant de lui répondre :

« Mmh... Je ne sais pas. Peut-être. Si l'occasion se présente. J'ai été cherché celui-là avec Kioshi. Il se trouvait dans de nouvelles ruines et il est le petit frère de Méphisto. Il se nomme Hotep et il commence enfin à se débrouiller dans notre langue, ne sachant parler que celle des anciens. Il a un goût prononcé pour la nourriture et il se complaît à jouer les cuisiniers : ce qui me va très bien. »

Je perdais un instant mon regard dans les flammes avant d'ajouter :

« Au moins je ne suis jamais vraiment seule. »

Je redressais la tête vers les chauves-souris, l'une d'elle déployant ses ailes pour venir se poser sur l'un de mes doigts tendus tandis que je lui caressait la tête de mon autre main.

« Elles aussi elle font parties de choses que j'ai à te raconter. Elles appartiennent à mon père. »

J'observais Oniri droit dans les yeux, attendant sa réaction à ces simples propos puis je lui parlais de tout cela. La rencontre de mon père, son histoire, Megami qui n'était autre que ma mère, le fait que seuls ses souvenirs, son chakra et son sang, étaient en moi et qu'il n'était pas question de son âme. Je lui parlais de mon entrée au Kakumeigun en tant qu'Intendante de Kioshi, de mon apprentissage de la médecine par ses soins, de l'aide que j'apportais à l'hôpital pour m'entraîner et sauver des vies sunajins après mon service au sein de l'unité spéciale chaque jour. J'évoquais mes déboires avec Shinji avant même mon hospitalisation et comment il s'était comporté avec moi comme avec ce civil torturé et tué sous mes yeux quand ce n'était pas celui qui avait servi de bouclier humain... Je lui expliquais que notre relation avait pris un tournant sans retour possible et que je ne voulais plus entendre parler de lui. Je lui disais à quel point je m'étais sentie seule après son départ et ses mots, éveillant Megami pour ne devenir que l'ombre de moi-même. Je lui évoquais le départ précipité d'Ogami avec Kibo qui venait de perdre sa fiancée, la détresse de Tsukiko qui s'était elle même bridée, la grosse tête qu'avait pris Shinji depuis qu'il avait son bar... Et il y avait autre chose dont je devais lui parler mais dont je n'osais pas... Je ne voulais pas détruire le peu d'équilibre qu'elle avait pu retrouvée depuis la perte de son œil et je ne voulais pas l'inquiéter pourtant je devais le lui dire...

J'avais vu son visage tantôt heureux, tantôt effrayée ou haineux à l'écoute de tout ce que j'avais à lui dire. Bientôt, je verrais la tristesse et le désespoir... Pardonne moi Oniri...
J'observais le contenu de ma tasse désormais vide, ne sachant comment lui annoncer et Hotep sortait des cuisines, disposant des couverts et un gâteau qui avait l'air succulent devant nous. Je lui adressais un sourire et le remerciais pour son attention avant qu'il ne disparaisse de nouveau.

« Suite au scellement des souvenirs de Megami, j'ai perdu en puissance. Je me sentais faiblir beaucoup plus rapidement j'ai donc été passé quelques examens par le médecin qui est en charge de mon dossier depuis l'enfance... »

Je marquais une pause, posant la chauve souris sur mon épaule pour mieux regarder dans les yeux ma meilleure amie.

« Ma maladie a pris de l'ampleur. Mon organisme fatigue et je m'affaiblis. Je dois subir des transfusions sanguines plus régulièrement encore et le médecin pense qu'il me reste cinq années d'existence... Cinq années si je me reposes et n'use pas de ma maîtrise. Nous savons toute deux que ce ne sera pas le cas alors j'imagine que l'on peut diviser le temps de moitié... Je suis désolée... »

Je ne pouvais plus soutenir son regard. Je m'étais faite à cette idée désormais et j'avais plutôt l'impression de lui annoncer que c'était pour elle que cela s'appliquait que pour moi. J'exprimais ça avec un certain détachement pour moi même, seul sa réaction m'importait : je ne voulais pas lire de pitié en elle. Je voulais voir comment elle réagirait pour lui exposer la possibilité de la malédiction de l'immortalité... Je savais d'avance qu'elle serait sa réponse...



We're all mad here... :
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Suna
avatar
Informations
Grade : Jônin
Messages : 1609
Rang : S

Message(#) Sujet: Re: Les origines du coeur [Feat Yami] Sam 28 Fév 2015 - 22:15



Music ♪ ♥

Sa remarque concernant son nouveau compagnon félin me fit sourire. Décidément la vie que menait ma chère et tendre ne serait jamais des plus communes. La mienne non plus par ailleurs et je pensais que c'était probablement mieux ainsi. Mon attention fut attirée par le fait que cette créature était en mesure de parler la langue des anciens. Si par Ancien elle sous attendait ceux que les archéologue surnommait les Précurseurs, cela signifiait que j'allais avoir très prochainement une longue conversation avec lui. Tout du moins s'il n'était pas aussi fou que son frère aîné, ce dont, malheureusement, je doutais fort. Néanmoins, l'heure n'était point au travail, mais aux retrouvailles et je comptais très certainement profiter de chaque instant passé en compagnie de Yami. Nul besoin de prétexte, nul besoin de raison, tant que je pouvais rester avec elle à ses côtés en cet instant, cela me suffisait. Après toutes les épreuves par lesquelles nous étions passées l'une autant que l'autre, nous méritions très certainement un peu de répit. Ce peu de temps passé ensemble était pour moi une bénédiction. Je me rendais alors compte à quel point mes sentiments avaient évolué. Lorsque j'y pensai, il n'était plus question de moi, ou encore d'elle, mais de nous.

Cela pouvait paraître prétentieux de ma part, car je savais que je ne pourrais jamais revendiquer quoique ce soit envers elle, mais telle était la solution que j'avais trouvé, cette façon de voir les choses pour ne plus avoir à souffrir. Désormais, je voulais vivre et agir pour notre bonheur commun. J'ignorai cependant ce que je pouvais représenter pour elle tout comme elle ignorait probablement tout ce qu'elle représentait pour moi. Finalement, et je le comprenais assez tardivement, elle était celle qui avait donnée un sens à ma vie. Qui m'avait fait changer, qui m'avait souffrir, qui m'avait fait aimer, pour en fin de compte me permettre de devenir celle que j'étais à présent. Nous avions toutes deux commises de nombreuses fautes, de nombreuses erreurs, mais je désirai faire table rase du passé de sorte à laisser place au renouveau, quitte à ce que nous ne soyons jamais rien de plus que des amis. Je désirai tout cela parce que je tenais à elle, qu'elle était ma raison d'être. Elle incarnait à elle seule tout ce que j'avais de cher et bon dans mon cœur, elle incarnait l'amour de mes proches, de mon village, de ma nation, de tous ceux que je désirais protéger du fond de mon être. Elle était celle que j'aimais, tout simplement. Et cela, je l'avais compris, jamais rien ne pourrait jamais changer ce fait indéniable. Tandis qu'elle me parlait, je la regardai avec se sourire serein et ce regard amoureux que je n'avais même plus le courage de dissimuler. J'avais le sentiment que, quelque part, elle savait..

Je fronçai les sourcils interloquée lorsqu'elle fit référence à son « père ». Un terme sans doute complexe à aborder pour celles que nous étions dans nos vies respectives. Elle qui n'avait jamais eut l'occasion de connaître le sien et le mien qui ne s'était jamais montré présent pour moi. Baissant les yeux sur le plateau, je vis que mon thé était en train de refroidir. Je me redressai sur mon siège, plus droite, plus affirmée, ne voulant plus laisser paraître la fatigue qui alourdissait chacun de mes membres ainsi que chacune de mes pensées. J'attrapais ma tasse et la portai à mes lèvres. Mon goût prononcé pour le thé, lui, ne s'était jamais envolé. Suite à quoi j'écoutai le long récit concernant sa famille, ses origines. Megami, je n'osai croire que ce monstre n'était d'autre que sa mère, je ne pus m'empêcher d'être mal à l'aise face à tout ceci, me rappelant alors tout ce qu'elle m'avait fait. Ma rancune envers elle ne fit que s'accroître, mais je fis en sorte de la réprimer car, il n'était point de raison de haïr un ennemi qui n'existait plus. En soit, je n'avais jamais eut l'occasion de rencontrer ce fameux Eien, mais je savais déjà que je devrais le remercier pour tout ce qu'il avait fait pour Yami. Je ne pus également m'empêcher de ressentir une pointe de jalousie à son égard. Peut-être était-ce parce que finalement elle avait un père, que quelqu'un était là pour veiller sur elle. Sans doute s'agissait-il du grand défaut de mon existence, n'avoir jamais eut de véritable point d'accroche, d'exemple sur qui prendre appuie. Cependant je ne voulais pas m'en plaindre, car j'estimai ne pas en avoir le droit.

-J'espère pouvoir un jour le rencontrer. Il semble déterminer à veiller sur toi. Et je pense pouvoir dire qu'il a de quoi être fiers de sa fille. Dis-je en lui adressant un sourire un sourire chaleureux plein de compassion, mais tout de même empreint d'une pointe de tristesse.

Et je l'écoutai continuer son récit, notamment concernant son entrée au Kakumeigu que j’accueillis avec davantage d'enthousiasme. Suite à quoi elle me parla des déboires de Shinji ainsi que de son comportement impardonnable. Je dus serrer les dents, m'efforçant de refouler ma colère envers notre coéquipier, celui en qui j'avais voulus faire confiance, celui à qui j'avais décidé de confier Yami. Et une fois encore, il avait tout gâché. Cet homme semblait détruire tout ce qu'il touchait. Enfermé dans son égoïsme primaire il se contentait de faire tout ce qui lui venait à l'esprit sans prendre en compte les sentiments d’autrui, allant même jusqu'à aller contre ses principes. S'il avait vraiment aimé Yami, jamais il ne lui aurait fait cela. Quelque part cette histoire me peinait énormément. Je pensai que j'aurai préférée que tout se passe bien entre eux, que Yami n'ait pas à en souffrir...

-Je... Je crois que nous devrions arrêter de le voir autant que possible... Cela vaudra mieux...

Mes mots moururent sur les bords de mes lèvres. Tandis que je tournais la tête, légèrement gênée et honteuse par ces paroles que je jugeai pourtant véridiques. La meilleur façon de nous préserver de lui étant tout simplement de nous en éloigner. J'estimai qu'il nous avait fait suffisamment souffrir ainsi, et à défaut de le voir comme un amie, nous pouvions simplement le considérer tel un simple coéquipier. Je ne me sentais moi-même plus le courage de me lancer dans une nouvelle guerre stérile avec lui. Sa vie n'avait strictement aucun sens et il semblait perdurer dans cette voie. S'il devait en être ainsi alors qu'il en soit. Tandis qu'il continuerait de s'enfoncer dans sa propre misère nous continuerions, nous, de notre côté, d'évoluer et de grandir.

A ce moment là, tandis que je venais de terminer mon thé et que seulement quelques biscuits parsemaient encore le plateau, le nouveau chef cuisinier du manoir entra dans la salle pour déposer devant nous un délicieux gâteau. J'en profitais également pour analyser l'animal bipède sous toutes les coutures, le jugeant vraiment étrange et me dit, non sans ironie, qu'il sciait à Yami. Ce manoir avait besoin de vie. Je cru que l’atmosphère s'était d'étendu, mais avisant celle que j'aimais avec son regard perdu dans le fond de sa tasse, je compris que je n'avais pas encore tout apprit, et je redoutai d'avance ce qu'elle s'apprêtait à me dire.

Et ses mots me tordirent le cœur, comme s'il l'on venait de l'enfermer dans un étaux. Une boule se forma dans ma gorge et je me senti blêmir au point d'être saisie par un vertige. Dans le même temps mon corps se raidi, prit d'un élan de frisson qui me vrilla l'échine malgré le feu de velours qui crépitait dans la cheminée. Durant les premières secondes mon esprit demeura totalement hermétique aux faits, n'osant pas y croire, mais je n'eus d'autre choix que de me rendre à l'évidence et faire l'effort d'admettre cette indubitable et cruelle vérité. Les larmes se mirent à couler sur mes joues tandis que la confusion comme la peur pouvait parfaitement se lire sur mon visage. Je me sentais désemparée, ne sachant que faire ou dire. Inlassablement, les cauchemars continuaient de s'abattre sur nous, encore et encore... Pourtant je ne voulais pas céder à l'émoi. Ne pas laisser les émotions prendre le dessus, mais c'était plus fort que moi. Le simple fait de m'imaginer perdre mon aimée me déchirait l'âme.

-Yami...

Fis-je à bout de voix, brisée, comprenant alors que les mots devenaient totalement dérisoire. Plus que ces derniers, je préférai laisser s'exprimer les actes. Ainsi liais-je ma main sur celle qu'il avait posé sur le canapé. Nous doigts s'entrelacèrent et je me rapprochai d'elle afin de coller mon front contre le sien, continuant de pleurer en silence, posant mon autre main sur sa joue pour la caresser affectueusement. Je voulais qu'elle comprenne qu'elle n'était pas seule, que je serais toujours là pour veiller sur elle.

-Nous affronterons cette nouvelle épreuve ensemble. Nous trouverons un moyen de te sauver. Je te le promet...

Suite à quoi, sous le joug de l'émotion, de la crainte et de l'amour retrouvé je me risquai à lié mes lèvres aux siennes.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Suna
avatar
Informations
Grade : Seigneur du Vent
Messages : 1345
Rang : S

Message(#) Sujet: Re: Les origines du coeur [Feat Yami] Dim 1 Mar 2015 - 19:25

Music ♫:
 

Elle devenait subitement pâle... Je risquais un regard vers elle, jugeant que je n'avais pas le droit de l'abandonner seule face à cette bombe à retardement que je venais de lui lancer dans la figure.

« Je suis désolée... Je ne suis qu'une source de tristesse... »

Que ce soit de mon propre chef ou par rapport à celle que j'étais, je nuisais à mon entourage : je m'en rendais bien compte... Je ne voulais pas être seule mais en même temps ceux présents à mes côtés souffraient par ma faute... Je ne méritais pas leur confiance ni même leur affection et pourtant je la voulais... Je ne voulais pas me retrouver seule... Mon égoïsme refaisait surface une fois de plus.

La confusion, la crainte et des larmes se mêlaient à ses traits : ce qui me déchirait le cœur... Sa voix était brisée par l'émotion alors qu'elle prononçait mon prénom. Je l'avisais d'un regard compatissant et chaleureux bien que la voir dans cet état faisait monter mes larmes. Ma maladie se transcrivait jusque là... Laissant non pas les traces humides et salines habituelles mais des larmes de sang... Mon corps se détraquait jusque dans le fondement de mon existence. Je ne pouvais désormais plus pleurer sans afficher ma détresse plutôt que de tenter de l'annihiler...

Sa main se joignait à la mienne, nos doigts s'entremêlant comme au bon vieux temps. Un élan de nostalgie s'emparait de moi alors que ma meilleure amie était là, devant moi, posant son front contre le mien tout en me promettant que nous trouverions un moyen de me sauver... Comme pour sceller cette promesse, elle joignit ses lèvres aux miennes. Prise de cours, je restais simplement interdite. J'avais envie de lui rendre ce baiser mais je savais aussi où l'esquisse de notre relation et des limites de celles-ci l'avait conduite... Je ne voulais pas risquer de revivre ça... Je répondais donc dans l'élan de son baiser chaste et fugace avant de reculer ma tête et de l'aviser de mes pupilles vermeilles tiraillées.

« Je ne veux pas que tu ais à souffrir de notre attachement une seconde fois... »

Lui expliquais-je simplement.
Je caressais néanmoins sa joue du bout des doigts comme pour lui signifier que je ne la repoussais pas mais que je préférais m'abstenir pour la préserver. Je me bridais moi même car j'avais envie de la retrouver et de me prouver qu'elle était bien là ! Je voulais profiter d'elle et ne plus la perdre. Je ne voulais plus revivre son absence si pesante et si inquiétante alors même que notre amitié n'existait plus pour elle et ne semblait plus rien signifier à l'annonce des faits de son histoire... Nous étions toutes deux passées par des épreuves difficiles et nous avions besoin de connaître la sérénité ensemble sans ce soucier du lendemain et simplement profiter de l'instant présent.

« Je ne veux pas non plus que tu t'attaches à moi de cette façon si ma vie doit être écourtée... Il est hors de question que je t'infliges plus de peine que je vais déjà causer malgré moi... »

J'essuyais ses larmes de mon index, voulant par la même occasion chasser toute sa peine alors que je savais que cela était impossible. J'attrapais mon assiette et la sienne, garnies du gâteau, et lui tendait pour qu'elle mange en même temps que moi. J'avais besoin de passer à autre chose pour l'heure et surtout de lui expliquer l'opportunité que j'avais...

« Il existe une solution... »

Commençais-je à lui dire tout en capturant son regard.

« Mon père m'a parlé d'un moyen de me guérir. Un moyen qui est la consécration des Ketsueki mais qui demande de lourds sacrifices... L'immortalité. »

Je marquais une pause pour tenter de lui faire prendre pleinement conscience de mes paroles.

« Mon existence serait figée dans le temps. Je ne vieillirais plus et je ne subirais plus les affres de la maladie. Ma vie sera illimitée. Et avec cette sérénité, s'accompagne un prix fort : je verrais mes amis vieillir et mourir les uns après les autres, me laissant seule pour l'éternité... Je risque également de perdre une partie si ce n'est la totalité, de mon humanité. Mon père est un immortel et la froideur le caractérise. Les mortels sont pitoyables selon lui et nul ne peut égaler la puissance des immortels et des Ketsueki, race à part parmi les hommes... Tu comprends ? Je suis indécise... Je ne sais pas quel chemin emprunter et je n'ai pas envie de me retrouver de nouveau seule... C'est pourquoi, pour le moment, je me résigne à vivre le temps que l'on voudra bien m'accorder... »

La chauve-souris sur mon épaule s'était blottie contre moi lorsque j'avais évoqué Eien, comme si elle savait que je parlais de son maître.

« Mais assez parlé de ça ! Va donc prendre un bain a l'étage, ça va te délasser. »

Je la gratifiais d'un sourire et la guidais jusqu'à la pièce, prenant sa main dans la mienne pour l'y escorter.



We're all mad here... :
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Suna
avatar
Informations
Grade : Jônin
Messages : 1609
Rang : S

Message(#) Sujet: Re: Les origines du coeur [Feat Yami] Dim 1 Mar 2015 - 23:20


Music ♪ ♥

Malgré sa réponse, je sentis son baiser distant et m'éloignai alors qu'elle venait d'effectuer un mouvement de recul. Je gardai les yeux fermés un instant, tentant de refouler mes émotions, essayant tant bien que mal de me faire à cette idée auquel je m'étais déjà préparée. Je rouvris alors mes yeux encore imprégnés de larmes et lui adressait un regard triste, emplit de regret, l'écoutant parler, dire de ces mots qui me faisaient mal au cœur. Elle ne semblait pas s'en rendre compte, mais elle faisait en ce moment même ce qu'elle cherchait à éviter, à savoir me faire souffrir. Cependant je ne pouvais lui en vouloir, sa réaction était naturelle, sa réaction était aimante. Elle voulait me protéger d'elle. La culpabilité était un fardeau qui la rongeait également, cependant, elle n'avait pas réalisée ma part de responsabilités dans tout ceci.

-Ce n'est pas de ta faute, mais de la mienne.

Tous ces cauchemars, toutes cette folie, j'en avais été moi-même l'instigatrice. J'avais été le principal vecteur de mon autodestruction, tandis que tous ceux qui avaient été pèsent pour m'apporter leur soutien représentaient celui de ma renaissance. Je souhaitai qu'elle puisse comprendre le fin mot de cet étrange et triste conte qu'était notre histoire.

-J'ai toujours été égoïste. Je ne faisais que penser à moi-même. Je t'aimais, mais j'agissais uniquement pour ma personne. C'est pourquoi, je n'ai jamais été en mesure de te comprendre, de t'écouter. Je m'étais enfermée dans un idéal grotesque et tu as simplement fait ce que qu'il fallait pour me ramener à la réalité. Malheureusement je n'étais pas prête à cela...

Je me mordis la lèvre inférieur, repensant à cette nuit fatidique où la voix lugubre de Méphisto avait résonné dans mon esprit, où la folie s'était emparée de moi, où j'avais perdu tout espoir et m'était adonnée à cet acte inconsidéré sans penser aux conséquences. Autrement dit à tous ceux que je laissai derrière-moi. Sa main se posa sur ma joue et je me laissai porter par cette marque d'affection tandis que je me risquai à croiser son regard. Ce faisant, j'attrapai à mon tour son visage entre mes mains, avec toute la tendresse qui m'était donné d'avoir pour l'être aimé.

-Pardonne moi Yami... Pardonne moi pour tout ce que j'ai pus faire ainsi que pour tout ce que je n'ai pas fait...

Mes doigts glissèrent sur sa peau diaphane avec douceur, courant le long de son bras pour finalement se rejoindre sur sa main, l'enfermant dans mes paumes chaleureuses. Je m'efforçai de lui décocher un sourire, mais qui au final devait se révéler assez peu convaincant. Néanmoins cela m'aurait été difficile de faire mieux tant j'éprouvai la sensation d'être en ce moment même écrasée par le poids de la fatalité. Je dégluti, essayant de gagner un peu de temps, me préparant à dire ce qui avait toujours été ma plus grande peur.

-Tu n'as pas à t'en faire. Je sais que tu ne m'aimeras jamais comme moi je t'aime. Je l'ai compris et je finirais par l'accepter un jour.

Mes doigts se resserrèrent peu plus sur sa main, je me rendis compte que je tremblai. Ma respirations étaient pratiquement inexistante, comme si la tension présente autour de moi m'empêchai d'inspirer. Cela faisait si mal, mais en même temps cela me soulageai tant de pouvoir enfin révéler tout ce que j'avais sur le cœur. Je voulais être honnête avec elle, ne plus jamais avoir à lui mentir sur quoique ce soit.

-Il n'est plus nécessaire de t'inquiéter à mon sujet. Sans doute aurions nous du prendre la peine de discuter jadis. Peut-être que les choses auraient été différentes. Ainsi aurais-je pus te dire que jamais je ne te demanderai quoique ce soit. Jamais je ne chercherai à brider cette liberté qui t'es si chère. Tu seras toujours libre de tes choix et je saurais les respecter quoi qu'il advienne.

Je ne la lâchai plus et remarquai que, inexorablement, mon regard s'était rivé vers le bas, penchant la tête de sorte à ne plus la regarder dans les yeux. Je n'en avais plus se courage. Ou plutôt avais-je tout simplement peur. Peur qu'après tout ceci, tout ce que je lui avais fait, elle décide de me rejeter, de m'oublier. Si je pouvais simplement rester à ses côtés, je n'en aurais pas demandé davantage. Néanmoins, je restai déterminée à aller jusqu'au bout de mes idées en lui faisant par de mes sentiments. S'il fallait que tout se termine un jour alors je voulais qu'elle sache.

-Je t'en prie, cesse de penser que tu es une source de souffrance pour-moi. C'est totalement faux. Tu es... Tu es la meilleur chose qui soit arrivée dans ma vie. Tu es celle qui ma fait connaître l'amour et le bonheur. Tu es celle qui ma permit de changer, de grandir, de devenir meilleur. Tout ceci je te le dois. Peu importe ce que tu décideras je serais toujours là pour toi et ce quoi qu'il advienne. Parce que tu es ce que j'ai de plus précieux au monde et parce que je t'aime !

Mon cœur lourd, chargé pendant toutes ces années semblaient s'alléger. J'avais finalement pu dire ce que j'avais à dire. Désormais, elle savait et je cesserai de vivre avec des regrets pour mieux me tourner vers le lendemain. Elle ne répondit pas immédiatement, mais en cet instant je n'attendais aucune réponse de sa part. A présent, s'était à mon tour de l'écouter. Mon attention fut éveillée lorsqu'elle annonça qu'il existait un remède à son mal. Instinctivement je compris que cela ne serait pas sans conséquence.

Épuisée par mon voyage et encore davantage par tout ce que je venais d'avouer, je me laissai retomber sur le divan. La tête lourde je la rejetai en arrière, perdant alors mon regard dans la contemplation du lustre d'ébène sur lequel brillaient les lueurs de dix bougies. Elle venait de me tendre une part du gâteau servit par son serviteur félidé, mais je savais d'avance que je n'aurais pas le courage d'avaler la moindre bouchée. Aussi me contentais-je de rester immobile à fixer le plafonnier tandis qu'elle me racontait la suite de son histoire, celle de Yami l'immortel. Je tournais alors la tête dans sa direction pour lui adresser un regard fatigué, la gratifiant d'un sourire ambigu.

-Dois-je comprendre que ta décision est prise ? Je voudrais t'inciter à choisir la voie de la guérison, seulement je ne le ferais pas car se serait égoïste de ma part. Tu mérites d'exister autant que les autres et d'être toi-même. Cependant tu te doutes certainement que je ne vais pas m'arrêter-là. Deux années... Je trouverai un moyen pour te guérir. Je ferais en sorte de nous garantir un avenir...

Je souris cette fois-ci avec davantage de franchise, alors qu'elle me proposai d'aller prendre un bain, ce que j'acceptai de bon cœur. Au vu des circonstances, de l'heure tardive et des intempéries, je risquai très certainement de passer la nuit au manoir. En soit, cela ne me dérangeai guère tant que je ne me réveillai pas en pleine nuit avec la tête de Méphisto à quelque centimètre de mon visage. Je me laissai ainsi guider par ma bien aimée alors qu'elle me tenait par la main pour le guider directement jusqu'à une salle de bain. Elle me laissa seule. Je préparai un bain moussant, retirai mes vêtements usés et salis par le voyage avant de me glisser lentement dans l'eau. L'ensemble de mes muscles se détendirent sur l'instant et je poussai un long soupir de soulagement. Totalement épuisée, je m'allongeai à moitiés et m’endormis presque aussitôt sans m'en rendre compte.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Suna
avatar
Informations
Grade : Seigneur du Vent
Messages : 1345
Rang : S

Message(#) Sujet: Re: Les origines du coeur [Feat Yami] Mar 3 Mar 2015 - 12:25

Music ♫:
 

Oniri se targuait d'être égoïste, qu'elle avait des sentiments pour moi mais qu'elle ne pensait qu'à elle et que son jugement sur ma personne en était altéré parce qu'elle ne parvenait pas à me comprendre... C'était fou de voir à quel point nous étions similaire sur certains points... Elle encadrait mon visage de ses mains alors que j'écoutais son pardon : que je ne méritais cependant pas.

« Tu dis que tu as changé, que tu as pris conscience de certaines choses pourtant, quand tu décris celle que tu étais, je peux te dire que c'est celle que je suis toujours aujourd'hui. Je suis égoiste et j'en dresse souvent le constat mais pour l'heure, je ne peux passer outre. C'est bien pour cela que je ne me vois pas dans une relation de couple parce que j'ai besoin de ma liberté et que je ne suis pas prête à concéder à ce sacrifice pour l'autre. J'ai été bridée dans ma liberté depuis mon enfance, désormais, maintenant que je l'ai, je veux la conserver. »

Je savais que je ne devais pas ajouter les propos suivants parce que cela pourrait l'attrister mais je ne parvenais pas à corrompre mon honnêteté pour lui dissimuler la vérité.

« A quoi bon construire une relation et faire en sorte que quelqu'un s'attache à moi en tant que couple alors qu'il ne me reste que deux ans tout au plus ? Ça , ça serait une décision égoïste que de faire en sorte que quelqu'un s'attache davantage à moi alors que je suis condamnée. »

Pourquoi créer une relation éphémère et utopique pour une poignée d'années ? Je n'en avais pas le courage pour l'instant et je ne souhaitais pas.

« Alors toi aussi pardonne-moi... encore une fois. Pour tout ce que je t'ai fais subir et tout ce que je n'ai pas su voir. »

Si j'y étais parvenue, cela nous aurait éviter bon nombre de drames... Je détournais un instant la tête face à cette fatalité.
Finalement, Oniri joignit sa main à la mienne et m'avouait qu'elle m'aimait tout en arguant qu'elle savait que jamais je ne l'aimerais comme elle. Je lui adressais un fin sourire, ne quittant pas ses yeux du regard.

« Je le sais. Je sais que tu m'aimes même si je ne peux pas me réjouir de connaître ce sentiment. Je suis très attachée à toi mais je ne sais pas si je peux parler d'amour et j'imagine que si c'était le cas je saurais m'en rendre compte tant il s'agit d'un sentiment puissant à mon sens. Cela me flatte que tu me vois ainsi et je suis tellement désolée de ne pas partager complètement ce sentiment pour toi. Tu es une personne qui mérites l'amour et d'être choyée et je sais que je ne peux pas te les offrir sans inévitablement te faire souffrir à l'heure actuelle... »

Et peut-être jamais puisque mon existence semble vouée à être écourtée...
Pourtant, malgré tout cela, elle semblait vouloir me passer un message... Elle comprenait et acceptait mon besoin de liberté mais elle continuait à parler de « nous . Son regard était désormais fuyant et je ne cherchais pas à forcer le contact visuel : je la laissais simplement dans ce besoin de solitude alors qu'elle m'exposait les ressentis importants de son existence à mon égard. Le mien en revanche, s'écarquilla lorsqu'elle m'avouait que j'avais été la meilleure chose qui lui soit arrivée. Une larme roula sur ma joue sans que je n'y puisse rien. C'était bien la première fois que j'apprenais avoir été la meilleure rencontre d'une personne jusqu'à en bouleverser sa vie. Cela était étrange comme sentiment... Je me sentais gênée, jugeant cela immérité, mais j'étais également flattée par ses propos : mon existence n'était pas vaine, je pouvais être importante pour certaines personnes au point d'en modifier la vie... L'amour, le bonheur, celle qui lui avait permis de grandir ? Je n'avais rien fait de tel ! La plus précieuse à ses yeux... Tout cela était si surréaliste. J'étais comme paralysée face à elle sous le poids de ses paroles. Je me sentais confuse de la percevoir de la même façon sur bons nombres points mais pas de la même intensité dont elle était capable.

« Tu es celle qui m'a aussi permise d'être celle que je suis aujourd'hui. Tu es celle qui m'a appris ce qu'était les sentiments et qui a pris le temps de me montrer ce que c'était. Peu à peu je suis parvenue à comprendre le sens du mot amitié, si précieux à mes yeux car il me rappelle que je ne suis plus seule... Tu ne peux t'imaginer combien de fois j'ai souris, pleurer, désespérer, craint pour toi... Tu es celle qui m'a fait connaître tout ces états d'âmes parce que je tiens à toi. »

Je marquais une pause avant de reprendre, solennelle :

« Tu es le pilier de mon existence Oniri ! Sans toi, je n'étais plus que l'ombre de moi même, me laissant gangrener par mes démons, impuissante et ne parvenant pas à redresser la barre toute seule. Je sombrais dans le désespoir et la folie peu à peu... Kioshi était le seul présent dans mon cercle d'ami et heureusement qu'il était là où j'ai bien peur que tu ne me verrais pas me tenir là, face à toi. »

Finalement, après toutes ces révélations, la fatigue commençait à se faire sentir pour Oniri et elle revenait sur ma décision quant à l'immortalité. Elle jugeait qu'elle ne pouvait s'opposer à mon choix mais pour autant elle comptait pas laisser tomber et souhaitait nous offrir encore de nombreux instants ensemble. Je ne pus m'empêcher de lui adresser un fin sourire devant sa détermination. Cela faisait plaisir à voir, une fois de plus, que j'étais considérée comme importante aux yeux de certains et que ma vie leur était précieuse.

Elle accepta volontiers l'idée du bain, si bien que je la conduisais dans la salle de bain attenant à ma chambre, lui préparant également une nuisette de voile rouge si elle souhaitait ce changer pour la nuit : car oui, je ne comptais pas la laisser repartir après tout ça. Elle était exténuée, elle pouvait bien entendu rester.

J'aidais Hotep à débarrasser notre goûter improvisée au rez de chaussée, lui parlant d'Oniri en lui expliquant que c'était avec elle que j'avais découvert Méphisto et que ce dernier lui avait causé de nombreux soucis. Je ne savais pas s'il avait tout compris alors j'avais parlé une partie de notre conversation dans la langue des anciens avec les mots que je connaissais, pour lui faciliter la tâche. Il semblait s'amuser lorsque je la parlais... Peut-être se moquait-il de moi ou bien était-il content d'entendre quelqu'un s'exprimer dans son dialecte : je ne le savais pas. J'enlaçais finalement le félin, le gratifiant également de caresses sur le dessus du crâne bien qu'il soit plus grand que moi, le remerciant, par ce geste, d'être auprès de moi et d'être mon gardien. Je gratifiais son grand-frère de la même attention lorsque je le croisais : lui et son éternel sourire. Je les laissais vaquer à leurs occupations, retournant dans ma chambre pour retrouver ma meilleure amie. Elle n'était toujours pas sortie. J'attendais quelques instants, attrapant Rabbit , le lapin en peluche de son enfance, qui se trouvait sur ma commode et l'y reposais, satisfaite d'avoir récupéré sa maîtresse.

Trouvant finalement le temps long, je frappais à la porte et entrais. Oniri était profondément endormie dans la baignoire. Je l'avisais avec un sourire avant de m'approcher d'elle, si sereine ainsi endormie. Son faciès était inchangé, seule la cicatrice de son œil le modifiait : je soupirais, soulagée au fond qu'il ne s'agisse que de son œil et non de sa vie ou d'un membre bien plus handicapant en son absence. Sans bruit, j'ôtais mes vêtements, les laissant retomber sur le sol et me glisser dans l'eau, face à elle, dans un bain où la mousse après pratiquement disparue, me laissant entrevoir ses formes. Nous avions déjà pris une douche ensemble mais jamais de bain. La belle se réveilla lorsque j'entrais dans la baignoire, se demandant sans doute ce qu'il se passait alors qu'elle m'avisait de yeux ronds.

« Toute la mousse est en train de disparaître... »

Soulignais-je pour la taquiner et peut-être souligner son embarras. Je n'étais pas pudique et me mettre nue ne me posait pas le moindre problème : cela était différent pour elle et je m'amusais donc à l'embêter, mon sourire et mon regard se voulant espiègles. Allongée, la tête reposant contre le bord, mes jambes étaient posées sur les siennes tandis que mon pied effleurait doucement son bras.

« Tu m'as manqué... »

Me contentais-je de lui dire une nouvelle fois, les yeux flamboyants d'intensité.



We're all mad here... :
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Suna
avatar
Informations
Grade : Jônin
Messages : 1609
Rang : S

Message(#) Sujet: Re: Les origines du coeur [Feat Yami] Mer 4 Mar 2015 - 23:33

Musique ♫:
 

Bercée dans la plénitude, je laissai mon corps comme mon âme divaguer vers les horizons lointains du sommeil. J'avais la sensation de flotter dans l'air, enroulée dans un épaisse couverture duveteuse et chaude. Cela était si reposant, si bienveillant. Je ne voulais pour rien au monde en ressortir. Pourtant, tel fut ce qui arriva et d'une façon des plus inattendue. Les remous de l'eau me tirèrent de mes doux songes et mes prunelles s'ouvrirent. Papillonnant brièvement, je restai un instant dubitative devant ce qui était en train de se passer sous mes yeux, pour finalement les écarquiller grandement lorsque je compris ce qui était en train d'avoir lieu. Yami venait de me rejoindre dans mon bain comme si de rien n'était. Je l'observai, avec attention, dévorant chacun de ses gestes du regard en arborant deux grandes perles miroitantes, l'une faite d'or et l'autre d'opale.

-Ya...Yami ? Prononçais-je d'un ton à peine audible, pensant à cet instant que j'étais en train de rêver. Que tout ceci n'était que le fruit de mes fantasmes et que j'allais subitement me réveiller.

Cependant, le temps passa, accentuant ma gêne, et elle demeurait toujours là, si belle, dans son apparat d’Eve. Je dégluti, sentant une bouffée de chaleur me remonter au visage. Je devais très probablement rougir à vu d’œil. Sa remarque concernant la mousse qui commençait à disparaître ne m'aida en rien à relativiser. Habituellement je n'éprouvai que peu de pudeur, encore moins lorsqu'il était question d'une personne que j'aimais, mais à cet instant j'étais totalement prise au dépourvue. Je ne m'y attendais absolument pas. Je ne contrôlais plus rien et cela ne faisait que renforcer ma gêne. Je sentis mon visage prendre une tête cramoisie encore plus soutenue, tant et si bien que, désormais, il m'était sans doute impossible de pouvoir le cacher. Yami semblait se complaire dans cette situation, son sourire mesquin en témoignait tout comme se regard de braise qui me dévorait. Son pied venait effleurer mon bras tandis qu'elle affirmait ce soit disant manque de ma personne.

Je ne pus cependant m'empêcher de repenser à notre précédente discussion, sachant tout ce que je représentai pour elle et tout ce qu'elle représentai pour-moi. Aussi me contentais-je de me prostrer davantage contre le fond de la baignoire, rabattant mes genoux sur ma poitrine pour entourer le tout avec mes bras. Par ce geste j'intimai une certaine fermeture tout en imposant une distance entre elle et moi malgré que nos corps nus ne se trouvaient qu'à quelques centimètres l'un de l'autre. Je ne comprenais pas son comportement. Comment pouvait-elle vouloir de moi alors que nos sentiments respectifs vis-à-vis l'une de l'autre étaient si différents ? Pourquoi m'infliger une telle torture ?

-Pourquoi ?

Cette question tombai bêtement. Je la dévisageai longuement du regard, les pommettes toujours aussi empourprées. Une moue gênée se dessina sur mon visage. Elle était si belle, je la désirai, je voulais d'elle, mais je m'y refusai parce qu'elle était tout pour moi. Après quelques secondes passer à me retourner l'esprit je finis par comprendre qu'elle ne savait pas ce qu'elle faisait ou tout du moins, qu'elle ne réalisai pas tout ce que cela impliquait pour moi. Je ne pouvais lui en vouloir, mais cela me faisait mal de devoir ainsi la repousser, de devoir aller à l'encontre mes désirs, mais aussi contre ce qui me semblait être la chose la plus naturelle au monde : être au près d'elle...

-Je suis désolée mais... Mais ce n'est pas ce que je souhaite. Tout en moi ne demande qu'à te retrouver, mais je ne sais pas si je saurais m'en contenter... Comprends-moi... Je.. Je veux être aimée... Tout simplement...

Je baissai les yeux sur le côté laissant quelques larmes perler sur mon visage. Je ne trouvai pas le courage d'affronter sa réaction, pas plus que je n'osai le regarder par crainte de rompre ma volonté, de me laisser succomber à ce merveilleux trésor qui s'offrait à moi.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Suna
avatar
Informations
Grade : Seigneur du Vent
Messages : 1345
Rang : S

Message(#) Sujet: Re: Les origines du coeur [Feat Yami] Jeu 5 Mar 2015 - 18:35

Music ♫:
 

Mon geste n'eut définitivement pas l'effet escompté. Elle me demandait pourquoi, détournant un visage empourpré et larmoyant tout en se protégeant de moi en rabattant ses jambes contre sa poitrine, qu'elle entourait de ses bras. Elle était si candide... Elle était belle aussi. Mais je détestais la voir ainsi... Je déglutissais, perdant mon assurance actuelle pour l'aviser alors qu'elle détournait le regard. J'avais l'impression de mal agir, de la faire souffrir alors que je voulais la rendre heureuse pour nos retrouvailles... Visiblement j'en demandais trop et je ne m'en étais pas rendue compte comme à mon habitude. Mes yeux balayaient un instant la mousse s'étiolant, se redressant sur elle alors que je m'excusais d'une voix gênée :

« Pardon... »

Je ne voulais pas lui faire de mal... Je lui en avais trop fait... Peut-être devais-je m'abstenir de tout contact et la laisser en décider lorsqu'elle serait d'accord pour que je ne montres ne serait-ce qu'une attention à son égard ? Au moins n'aurais-je aucun risque pour me tromper et lui nuire... Elle me retournais un regard timide alors que le mien reflétait mon incompréhension. Elle semblait désireuse de moi, là n'était pas le problème mais elle s'y refusait... Peut-être ne voulait-elle pas se contenter d'une simple nuit et que cela serait bien plus dur à affronter désir au creux de ses pupilles, je me résoudrais à ne pas chercher davantage à ce qu'elle succombe à ce qu'elle voulait malgré tout.

Elle parvenait toutefois à l'exprimer clairement. Ça devait lui coûter mais elle avait sans doute compris que j'étais partagée dans l'interprétation de sa réaction et de ses sentiments : elle me connaissait bien... Ces dernières paroles me brisèrent le cœur : « Je veux être aimée , tout simplement... » … Je me sentais presque coupable de ne pas éprouver des sentiments si forts à son égard. Toutefois je ne pouvais pas mentir sur ces derniers pour la rendre heureuse, elle devait l'accepter. Je déglutissais une nouvelle fois et lui adressais un fin sourire chaleureux ? J'avais hésiter un instant pour la serrer dans mes bras mais je n'en avais rien fais, ne voulant pas rendre cela plus difficile que ça l'était pour elle. Je me levais donc et sortais du bain, nouant une serviette a ma taille et retournant dans la chambre. Je la laissais un instant, suffisamment pour a faire souffler et j’entrouvrais la porte et lui laissait apercevoir la tête d'un lapin en peluche qu'elle connaissait si bien...

« Je te connais mieux que personne Oniri et je sais que tu es tourmentée par l'attitude de Yami et elle m'a demandé de venir t'apporter ses excuses parce qu'elle ne sait pas comment les formuler. Elle a peur d'être maladroite avec les mots et les gestes, comme à son habitude. Moi je saurais les dires pour elle. Même si nous ne sommes plus aussi proches qu'avant cela n'empêche pas que je t'estime et que je n'oublierais jamais les instants que j'ai passé avec toi. Je t'ai réconforté et séché tes larmes et nous nous sommes également bien amusés ensemble. J'ai eu peur de te perdre pendant ton absence où je n'avais pas de nouvelles mais je te faisais confiance et je sais aujourd'hui que j'ai bien fait puisque tu es ici... »

J'avais pris une voix plus aiguë pour donne l'illusion de la peluche s'adressant à elle, lui relatant les instants qu'elle avait passé avec et qui n'étaient pas si différents de ceux que nous avions vécu.

« Yami est comme moi tu comprends. Même si vous ne vous voyez pas forcément souvent et qu'elle préférait que cela change, tout comme moi, elle sera toujours là pour toi. Tu n'auras cas l'appeler et venir la chercher comme tu le faisais avec moi lorsque tu en avais besoin. »

Je marquais une pause avant de reprendre :

« Je te laisse terminer ton bain, prend ton temps. Yami va se mettre au lit et tu pourras choisir de dormir avec elle ou dans l'une des nombreuses chambres du manoir. Tu dois avoir besoin de sommeil et qu'importe où tu choisiras de dormir : je veillerais sur toi. »

Là dessus, je retirais la peluche de l’embrasure de la porte et refermais cette dernière, enfilant ma propre nuisette pour aller retrouver les bras de Morphée. Lorsque je déposais Rabbit a côté de Bloody sur ma commode, j'éprouvais un élan de nostalgie quand elle avait elle même effectuée ce numéro pour moi. Je me posais sur mon lit et rejoignais mes draps, satisfaite du retour d'Oniri...



We're all mad here... :
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Suna
avatar
Informations
Grade : Jônin
Messages : 1609
Rang : S

Message(#) Sujet: Re: Les origines du coeur [Feat Yami] Sam 7 Mar 2015 - 0:26

Musique ♫:
 

L'embrasement qui animait jusqu'alors son regard venait d'être scindé par la culpabilité. Je pouvais le constater et je comprenais sa réaction. C'était en quelque sorte à mon tour de me montrer si contradictoire dans mon attitude, moi qui l'aimai tant, moi qui la désirai, moi qui me refusait à elle. Tout était si confus dans mon esprit. J'étais partagée par tous ces sentiments, par mes désirs du présent ainsi que par mes craintes de l'avenir. Heureusement, ma belle parvint à comprendre ce qu'il en retournait et, après de brèves excuses, concéda à me laisser seule. Je ne la quittai pas du regard un seul instant tandis qu'elle se redressai du bain pour en sortir et ainsi enfiler une serviette autour de sa taille. La vue de son corps si beau, de ses courbes entraînantes étaient un supplice que j'acceptai de m'infliger. Puis, elle partie, me laissant ainsi dans cette eau qui lentement se retrouvai parsemée de ces perles salines qui coulaient le long de mes joues.

Le chagrin devenait mien, les remords tout autant. Je restai ainsi longuement submergée par le doute et la peine, ne sachant que faire, n'osant prendre aucune des décisions qui s'offraient à moi. Devais-je l'aimer et souffrir en retour ou me résigner et souffrir malgré tout ? Que devais-je faire lorsque aucun exutoire ne s'offrait à moi ? Une fois encore je me sentais perdue et je ne devais cela qu'à moi-même. Yami continuait son cheminement dans la vie, grandissant et murissant au fil du temps tandis que moi de mon côté, je demeurai la même sotte amoureuse qu'il avait de cela deux ans, le jour où nous nous étions rencontrées dans le désert. Je ressassai tout ce chemin parcourut ensemble, notre égoïsmes respectifs, notre amitié naissante, notre déchirement, puis nos retrouvailles. Le sang avait été versé. J'avais à la fois tant perdu et tant gagné pour elle. Pourtant, je réalisai, qu'en fin de compte, tout ceci ne me mènerai nulle part, où tout du moins loin de là où j'aurai souhaitée me retrouver.

Une fois de plus je me positionnai à la croisée des chemins et ne savait que faire, ayant conscience que de mon choix dépendrait en partie de notre avenir à toutes les deux car, je savais qu'il ne me serait jamais possible de la considérer totalement comme une amie et que si je venais à refouler mes sentiments, je finirais irrémédiablement par m'éloigner d'elle pour ne pas avoir à souffrir chaque fois que mon regard se poserai dans ses prunelles de rubis. Et le temps finirait irrémédiablement par nous séparer, alors que ce dernier était peut-être compté. Ainsi, je ne pouvais concéder à l'abandonner dans cette période de trouble où elle avait besoin de moi. Lassée par ce long parcour sur le fil de mes propres pensées, je soupirai, fatiguée, laissant retomber entre ma tête entre mes bras sur le bord de la baignoire. Mes cheveux humides collaient à mon visage. L'air ambiant était parsemé de volute de vapeur d'eau donnant à l'unique ampoule éclairant la pièce une maigre lueur tamisée. A l'extérieur l'orage battait de son plein, laissant la pluie battante heurter le toit dans une salve continue de son crépitant tandis que le tonnerre, lointain, venait de temps à être frapper à la porte du manoir.

Après un long instant, perdue dans les méandres de mes doutes, j'entendis la porte souffrir et instinctivement je tournais la tête dans cette direction. J'y aperçue avec étonnement la tête de Rabbit, la peluche de mon enfance, celle-là même que j'avais offerte à Yami lors de sa convalescence. Le voir ainsi me fit décocher un sourire. J'écoutai alors la longue tirade de celui qui avait bercé mon enfance, de celui qui avait toujours été là pour moi, de ma seule véritable source de réconfort. A présent, il était toujours là, mais quelqu'un se trouvait derrière, pour donner une existence ainsi qu'un sens à ce sentiment de protection. Les mots qui suivirent me réchauffèrent le cœur alors qu'elle se prêtait au jeu que je m'étais plu à appliquer dans le but d'exprimer jadis mes sentiments. Elle m'évoqua tous ces beaux souvenirs et ces merveilleux moment passés toutes les deux. Je repensai alors à cette période à nous vivions ensembles et jugeai qu'il s'agissait probablement de la meilleur période de ma vie. Celle où je me sentais la plus épanouie et la plus heureuse.

Elle m'affirma ensuite que, qu'importaient mes choix, elle serait toujours là pour moi. Ces paroles signifiaient tant pour moi. Et lorsqu'elle referma la porte la porte, laissant disparaître avec elle la petite tête de cette peluche usée par les années, je me sentais toute autre. Depuis lors, je n'avais pas bougée de mon bain, gardant l'eau jusqu'au épaule. Des larmes continuaient encore de couler abondamment de mon visage, mais cette fois-ci, ce n'était plus dû au chagrin mais à la joie. Je me laissai littéralement emporter par ce sentiment de paix et pleurais sans doute comme je ne m'étais jamais autorisée à pleurer. Les perles ruisselaient encore et encore. Avec elles s'en allaient les fardeaux de mon passés. Je ne savais pas vraiment pourquoi, mais je me sentais heureuse. Heureuse d'être ici en cet instant, heureuse d'exister et d'aimer, heureuse de savoir qu'elle comptait dans ma vie. Pour la première fois depuis toujours je cessai de me poser tant de questions pour laisser place à une unique et douce vérité.

Alors, après avoir versé toute les larmes de mon corps. Une fois que tous les doutes ainsi que les regrets s'en étaient allés, je me décidai à sortir de la salle de bain, prenant brièvement la peine de me sécher pour enfiler la nuisette rouge qu'elle m'avait offerte pour la nuit. Sans me presser, d'une démarche lente et mesurée j'entrais dans sa chambre pour la retrouver étendue dans son lit, le dos tourné à moi. Mon visage s'illumina en la voyant, ainsi reposant en toute quiétude, elle qui était si belle. Me perdant un instant dans le merveilleux spectacle qui s'offraient à moi, je m'avançai ensuite à pas de chat vers la fenêtre, tirant le rideau afin de m'asseoir sur le bord. Delà j'observai la puissance de l'orage qui s'abattait avec force contre la paroi de verre. Malgré les mugissements des vents et du tonnerres, je trouvais le son qu’émettait la pluie en tombant si reposant. J'approchai mes lèvres de cette surface froide, immuable et lisse afin de souffler délicatement dessus. Avant que la buée subitement formée ne disparaisse je traçais du doigt en lettre calligraphiée un « Y ». Cette œuvre belle et éphémère, qui s'effaçait dans l'ombre de la nuit et de l'orage. Elle qui n'existait plus, mais qui demeurerait à jamais immortalisée dans mon cœur, à l'image de mon aimée.

Ce faisant, je me tournais dans sa direction pour la rejoindre dans son lit. Souleva doucement les draps, je m'y glissai en douceur, pour venir me coller directement contre elle tandis qu'elle me tournait le dos. J'expirai longuement mon souffle chaud, quelque peu mal à l'aise. Serrée contre elle, ressentant la chaleur de son être et la douceur de sa peau, j'en venais à reposer mon front entre ses omoplates, parcourant du bout de l'index cette partie de son corps qui n'était pas couverte par le tissu. Je m’enivrai de son de odeur comme de sa présence et je pensais que rien en ce monde n'aurait put autant m'apaiser en cet instant. Toujours contre elle, éprouva à son égard un désir que je m'efforçai malgré tout de réprimer, je m'adressai à elle d'une voix douce et reposée.

-Je veux également être là. Je veux revivre avec toi tous ces moments de complicités que nous avons connu par le passé. Je veux te voir sourire, je veux te voir heureuse et plus que tout je veux te voir vivre. Je sais que je ne peux renoncer à toi, mais je me refuse à t'imposer mon amour. Alors j'ai pris cette décision. Celle de n'en prendre aucune. Ou plutôt de choisir la troisième qui pouvait s'offrir à moi en te promettant de ne plus souffrir à cause de mes sentiments. Si je dois continuer de t'aimer, alors je le ferais sans regret pour que plus jamais cela n'ait à entraver nos vies respectives. Je continuerai d'avancer et tu en feras de même, mais sache que moi non plus, jamais je ne t'oublierai...

Elle faisait partie de moi. Les battements de son cœur rythmaient la mélodie de mon existence. Nos destinés étaient irrémédiablement liés et elle nous menait là, dans ce lit, au milieu d'une nuit tiraillée par les intempéries, chacune veillant sur l'autre en se protégeant mutuellement des maux de ce monde.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Suna
avatar
Informations
Grade : Seigneur du Vent
Messages : 1345
Rang : S

Message(#) Sujet: Re: Les origines du coeur [Feat Yami] Mar 10 Mar 2015 - 10:18

Music ♫:
 

Oniri était finalement sortie de la salle de bain. Je ne dormais pas, je l'observais encore dans la pénombre, écoutant ses pas doux et silencieux puis l'avisant en silence lorsqu'elle se posta devant la fenêtre de laquelle elle tira le rideau pour regarder Suna accablé par l'orage qui grondait fortement. Son visage était parfois éclairé par un éclair inopportun, me révélant à quel point elle restait jolie malgré sa blessure. Elle semblait sereine et peut-être même heureuse : cela me suffisait.

Elle souffla sur le verre pour écrire un « Y » que je visualisais parfaitement depuis ma position, trouvant cette attention touchante. Aussi invisible paraîtrait-elle bientôt, cette marque demeurerait longtemps : il me suffirait de souffler sur la vitre à nouveau pour le voir réapparaître. Tout comme notre lien puissant que la distance ne pouvait pas affecter. Même si l'autre n'était pas présente, il n'en était pas moins que nous demeurions à y penser : loin des yeux, près du cœur...

Finalement elle me rejoignait dans mon lit, tandis que je ne doutais pas un seul instant qu'elle préfère se retrouver avec moi que dans une autre chambre du manoir, parfois sonnant si lugubre. Elle se collait à moi, me laissant sentir son souffle chaud dans mon dos, tout en posant sa tête contre ce dernier, le caressant du bout des doigts. Je ne bougeais pas, je me contentais de la laisser faire et de l'écouter alors qu'elle me disait à quel point elle voulait me savoir heureuse et me voir vivre, me promettant de ne plus souffrir à cause des sentiments qu'elle ressentait pour moi et de ne jamais m'oublier. Ces paroles me firent esquisser un fin sourire dans la nuit éthérée. Je passais l'une de mes mains sur mon omoplate pour lui prouver mon soutien alors que j'attendais qu'elle y joigne la sienne. Je n'avais pas besoin de mot pour exprimer ce que je ressentais : j'étais simplement heureuse d'apprendre qu'elle ne laisserait plus ses sentiments la rendre malheureuse car, si je ne l'aimais pas de la même intensité que celle qu'elle éprouvait pour moi, cela ne signifiait pas que je me moquais de l'en voir souffrir pourtant, je n'y pouvais pas grand chose et je me refusais à mentir sur mon ressenti juste pour l'apaiser : ce serait la bercer d'illusion et la faire vivre dans le mensonge, elle avait assez souffert et l'honnêteté était l'une de mes grandes qualités.

Finalement, mes paupières s'alourdissaient malgré le tumulte au dehors, me laissant dormir en toute quiétude aux côtés de celle qui demeurait être l'une des personnes les plus chères à mon cœur...

***

Je ne fus pas réveillée par les rayons chaleureux filtrant à travers la fenêtre après la tempête, non... Pourtant en sa compagnie, j'aurais pu avoir un réveil agréable où j'aurais simplement profité de sa présence alors que la nuit nous avait fait bougé dans les bras l'une de l'autre. Ce qui me réveillait était tout autre : une virulente quinte de toux, un brusque retour à la réalité. Mon corps ne désirait visiblement pas que je me repose et profite simplement de ce qui s'offrait à moi à savoir la présence d'Oniri.

Je me redressais subitement, toussant à plusieurs reprises la main devant la bouche, transpirante. Ma gorge me brûlait, mes veines étaient en feu : mon organisme réagissait au poison qui l'affaiblissait une fois de plus. Oniri semblait s'en inquiéter et j'usais de ma main libre pour la présenter devant elle en signe de fermeture : elle ne devait pas s'en inquiéter. Finalement, la toux s'arrêta, me laissant haletante, la vue légèrement troublée et la paume tâchée de gouttes écarlates. Je ne voulais pas qu'elle voit ça alors je m'empressais de fermer le poing et de lui adresser un fin sourire mais je ne savais pas si cela avait suffit ou si elle avait bel et bien vu le liquide vermeil au creux de ma main. Je me redressais finalement, me dirigeant vers la salle de bain de ma chambre et me lavais les mains, les laissant propre alors que mon hémoglobine était diluée dans de l'eau.

Finalement, nous rejoignîmes la cuisine, nous laissant bercer par les effluves délicieuses qui en émanait : Hotep était aux fourneaux, encore. Le félidé nous avisait d'un grand sourire et j'allais le trouver pour l'enlacer et lui gratter la joue, le laissant s'abandonner au ronronnement un instant avant de disposer divers plats et viennoiseries qui constitueraient notre petit déjeuner. Je priais Oniri de s'installer à mes côtés, sur les tabourets bars tandis que je commençais à me servir avec appétit, bien loin de la quinte de toux fulgurante qui sonnait comme un rappel à l'ordre. Je n'osais plus engager la conversation avec Oniri, ayant peur que cela finisse indubitablement par en revenir sur ce fait...



We're all mad here... :
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Suna
avatar
Informations
Grade : Jônin
Messages : 1609
Rang : S

Message(#) Sujet: Re: Les origines du coeur [Feat Yami] Mer 11 Mar 2015 - 9:46

Enfin pouvais-je profiter d'un repos durement mérité. Je n'en espérai davantage. Passer du temps à ses côtés suffisaient à apaiser mon cœur fatiguer et quand la nuit nous attira l'une dans les bras de l'autre, je n'en fus que plus comblée, me laissant aller à la chaleur enivrante de sa présence. Contre elle, je me sentais sécurité. Ce qui me donnait l'impression que plus aucun mal ne pouvait m'atteindre, qu'elle maintenait éloignée les démons qui s'acharnaient à hanter ma vie. Nous étions là, l'une pour protéger l'autre. Malheureusement, la sombre réalité ne tarda pas à nous rattraper et nous fûmes tirées de nos songes par cette dernière des plus implacable, survenant au moment le moins opportun. Je fus réveillée en sursaut par la quinte de toux qui secouait Yami. D'abord perdue, l'esprit encore confus par le sommeil, je ne tardai à réaliser le mal être de mon aimée. L'inquiétude me gagna tandis que je voulais m'approcher d'elle, mais sa main fit volte face pour me retenir. Je me sentis alors tellement impuissante, incapable de pouvoir aider celle que jamais face à cette malédiction qui la consumait de l'intérieur.

Elle voulait me maintenir à l'écart et je respectai son choix, mais cela me brisait le cœur, d'autant plus lorsqu'il me fut possible d’apercevoir sa main couverte de sang. Ne la quittant pas un seul instant du regard, je la vis se lever pour aller se réfugier dans la salle de main. Les mains jointes posées sur mon buste, fébrile, je sentais les battement de mon cœur s'affoler. L'inquiétude était plus que jamais lisible sur mon visage. J'avais peur pour elle, peur que la fin ne se précipite sans que je ne puis faire quoique ce soit pour tenter de la sauver. Lorsqu'elle revint, l'air passablement imperturbable, je me relevai pour venir la voir et lui attrapai la main pour l'obliger à me regarder. Je savais que la crainte lisible sur mes traits étaient un tort qu'elle ne voulait pas connaître, mais savoir que, tantôt, elle cherchait à se battre seule, me peinait tout autant.

-Yami je...

Je ne savais plus comment réagir face à elle. Je redoutai sans cesse de prendre les mauvaises décisions, de choisir les mauvais mots, fautes que j'avais déjà commise à de nombreuses reprises par le passé. Maintenant sa maladie l'éloignait de moi.

-Ne cherche pas à te cacher. Nous sommes tous là pour toi. Alors s'il te plaît laisse moi t'aider...

Sans lui laisser le temps de me répondre je passai mes bras autour de sa nuque pour l'enlacer chaleureusement. Si mes paroles ne suffisait pas à l'aider, je préférai encore laisser s'exprimer les actes. Nous restâmes ainsi longuement à trouver refuge dans les bras de l'autre, tandis que l'orage était passé et que les éclats de l'aube commençaient à filtrer au travers de la fenêtre. Elle prit ensuite ma main et me guida jusqu'au cuisine d'où un petit déjeuné nous attendait. Le fameux Hotep venait déjà préparer le repas et cela m'étonna de voir Yami l'enlacer avant de le grattouiller derrière l'oreille. Il était déroutant de la voir faire preuve d'autant d'affection. Étrangement, elle semblait devenir de plus en plus humaine à mesure que la maladie proliférait dans son corps. Cette ironie funeste me mit quelque peut mal à l'aise.

Nous commençâmes à déjeuner à même le bar, assise, encore en nuisette sur des tabourets. Toutes les convenances mondaines se trouvaient loin derrière nous et ce n'était pas plus mal. Je ne me sentais plus liées à ce monde surfait, me sentant davantage à ma place au côté de ceux que je surnommais jadis les indigents, qui eux, avaient au moins le mérite d'être bien réels. Le repas se déroula dans un silence des plus gênants. Le sujet pendait à mes lèvres, mais j'osai pas l'aborder, n'ignorant pas qu'il s'agissait probablement de la dernière chose qu'elle voulait attendre. Une idée me vint alors, sans doute irréalisable, mais je voulais quand même lui en faire part.

-D'ici quelques mois je devrais repartir en mission pour explorer le reste du monde. J'ai fais une erreurs en pensent pouvoir y parvenir seule. Peut-être accepterais-tu de m'accompagner cette fois-ci ?Il y a tant de chose que tu devrais voir...

Malgré moi je lui laissai sous entendre qu'elle devait voyager, apprendre et découvrir le monde qui l'entourait avant qu'il ne soit trop tard. Nous étions toutes deux très attachées à Suna, mais nous ne pouvions nous cantonner à notre nation lorsqu'une vie devait être faite d'accomplissement et de renouveau.

-Je sais que ton post au Kakumeigun risque de refréner cette possibilité, je te laisserai prendre le temps d'en décider.

La gêne m'envahit, je me grattai nerveusement derrière la tête. Baissant le regard sur le plateau serti de viennoiserie et de petits pains auxquelles je n'avais pratiquement pas touché, n'ayant pas particulièrement faim. J’attrapais mon verre de jus d'orange pour en boire une petite gorgée avant de le remettre à sa place, toujours mal à l'aise parce que je m'apprêtai à dire.

-Aussi, j'aimerai passer plus de temps avec toi. Et j'ai peur que cela ne soit pas possible. C'est pour cette raison que je voulais te faire cette proposition. Ce ne serait que pour quelques-mois tout au plus et nous retournerions ensuite à Suna...

Je ne savais pas qu'elle pouvait être sa réponse. Elle avait probablement toutes les raisons d’accepter autant que de refuser, mais si le temps lui demeurait compté, alors cela signifiait qu'elle avait encore tant accomplir et ne pourrait se cantonner à rester enfermée dans le village.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Suna
avatar
Informations
Grade : Seigneur du Vent
Messages : 1345
Rang : S

Message(#) Sujet: Re: Les origines du coeur [Feat Yami] Ven 13 Mar 2015 - 13:39

Alors que nous poursuivions notre petit déjeuner dans le plus grand calme, je n'avais de cesse de ressasser les propos d'Oniri concernant ma maladie. Elle m'avait intimé de ne pas me cacher, qu'ils étaient tous là pour moi et qu'elle désirait m'aider... Je ne méritais pas tant d'attentions et d'émois alors que je restais si égoïste. Après tout ce que nous avions vécu, traversé et affronté ensemble, pourtant, ma meilleure amie me soutenait toujours et son soutien était sans doute celui le plus important à mes yeux. Elle était celle que j'avais appris à connaître par cœur. Bien sûr elle avait changé mais je parvenais toujours de mieux en mieux à lire en elle.

Finalement, le silence se rompait sur les propos d'Oniri, mal assurée. Je l'observais, tâchant de voir où elle voulait en venir puis je compris : elle voulait que je l'accompagne dans la suite de son périple, arguant que j'avais de nombreuses choses à découvrir... Je n'en doutais pas. Je comprenais ce qu'elle sous-tendait... Si je devais mourir d'ici une poignée d'années, il me fallait profiter de ce que le monde pouvait nous apporter : je devais voyager. Cette envie était aussi mue par l'idée de ne pas laisser la Saibogu repartir seule et risquer de ne plus seulement perdre un œil mais bel et bien la vie. Toutefois, j'avais des responsabilités ici et Kioshi comptait désormais sur moi pour l'aider dans ses tâches. Lui aussi n'était pas au mieux de sa forme et je me demandais si partir était un véritable choix judicieux... Je devais rendre l'existence de l'un meilleur mais parallèlement rendre cela plus difficile pour l'autre : j'avais horreur des choix de ce genre.

« L'idée ne me déplaît pas mais je devrais en aviser Kioshi. Je suis membre du Kakumeigun et son intendante : il compte sur moi pour le décharger d'une partie de son travail. Nous ne parlons pas d'une mission de quelques jours mais de plusieurs mois alors oui il me faut y réfléchir. »

Je lui adressais un fin sourire. Je n'avais jamais quitté Kaze : c'était peut-être l'occasion... Mais n'allais-je pas m'apparenter à un fardeau plutôt qu'à une aide précieuse avec ma maladie ? Je ne pouvais pas connaître l'ampleur des dégâts de celle-ci sur mon organisme d'ici plusieurs mois...

« Je ne veux pas non plus te ralentir... »

Je n'avais jamais arguée une phrase d ce genre en sa présence ni en celle de personne. J'étais défaitiste, plus vraiment sûre de moi : cela ne me ressemblait pas mais je ne pouvais le nier et je devais ravaler ma fierté pour sa sécurité et ne pas lui mentir sur mon état.

Elle avait aussi ajouter qu'elle souhaitait passer plus de temps avec moi comme je l'avais moi même suggéré. Elle était gêné et son comportement m'amusa si bien que je lui ébouriffais les cheveux comme je le faisais souvent avec Ogami.

« Tu n'as pas besoin de te sentir gênée avec moi Oniri. Sois naturelle : tu peux tout me dire. »

C'était ironique de la voir dans tous ces états alors que nous nous connaissions désormais depuis plus de deux ans et qu'elle savait plus de choses sur moi que la plupart des gens.

J'avais bien vu qu'elle n'avait rien mangé aussi j'attrapais son verre de jus d'orange et commençais à le boire avant de feinter pour lui envoyer le reste au visage. Elle fut surprise et j'éclatais de rire, me levant subitement pour m'enfuir vers le salon, traversant la salle a manger et me retrouvant de nouveau dans le hall avant de me diriger dans la bibliothèque plongée dans le noir. Les rideaux de velours n'étaient pas tirés et la pièce était ancienne et sentait le vieux bois. La salle était composée d'étagères qui en faisaient le pourtour : toutes remplis d'ouvrages que j'avais lu en grands nombres lorsque j'étais confinée dans ma solitude. Ils relataient de l'histoire du clan dans une calligraphie des plus parfaites : j'avais beaucoup pu apprendre grâce à eux.

Je me dirigeais vers le grand tableau de la pièce représentant le symbole de notre clan : un calice rempli d'un liquide écarlate, du sang. Je me cachais derrière où il existait un renfoncement et attendais qu'Oniri se dirige dans la pièce pour lui faire la farce de sa vie !



We're all mad here... :
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Suna
avatar
Informations
Grade : Jônin
Messages : 1609
Rang : S

Message(#) Sujet: Re: Les origines du coeur [Feat Yami] Ven 13 Mar 2015 - 23:16

Musique ♫:
 

Yami, prétendait ne pas vouloir me ralentir dans mon voyage. Un tel comportement m'étonna de sa part, elle qui d'habitude était si forte, si sur d'elle. Cela ne lui ressemblait pas et je penchai la tête légèrement de côté, comme un animal intrigué par les faits, avant de lui adresser un sourire malicieux qui épousa la forme de mon verre tandis que je buvais une nouvelle gorgée de jus de fruit.

-Avec toi à mes côtés, je ne pourrais faire qu'avancer... Dis-je en la regardant droit dans les yeux, encore quelque peu gênée, sans que je ne comprenne vraiment pourquoi.

Selon ses mots, je devais me montrer naturelle avec elle, mais elle ne semblait pas vraiment avoir compris. Avec elle, je me sentais parfois naturellement gênée. Non pas vraiment par honte, mais davantage en raison de mes sentiments qui me faisaient réagir ou interpréter certaine chose de façon différente. Elle n'avait pas à s'inquiéter à ce sujet là et j'espérai qu'elle savait qu'elle pouvait en faire de même. Plus jamais ne voulais avoir de secret pour elle. Ce faisant, et en guise de réponse, je déposai une douce caresse sur sa joue du revers de la main. Je savais qu'elle comprendrait. En soit, ce geste était des plus authentiques pour moi. Il ne cachait rien et traduisait simplement l'attachement ainsi que toute la compassion que j’éprouvai pour elle.

Suite à quoi elle se saisit de mon verre pour boire dedans avant de faire mine de m'envoyer le contenu au visage. Fronçant les sourcils, j'eus un léger mouvement de recul, ne m'attendant pas à cela. Puis, dans un rire cristallin teinté de moquerie elle s'en alla, candide, courant à travers les couloirs. Comprenant la direction que prenait son petit manège, je me lançai à sa poursuite, le cœur libre et mes pieds nus courant sur ces interminables tapis de velours rouge. Je pus l’apercevoir qui s'enfuyait en direction de la bibliothèque. Parvenue au niveau de cette dernière, je me laissai glissée sur le revêtement duveteux, manquant de partir avec alors qu'il se décrochai du sol. Bêtement déséquilibrée il me fallut m'agripper à une étagère pour ne pas partir de l'avant et tomber tête la première. Dans une série de geste malhabiles je parvins à retomber sur mes deux jambes pour finalement faire face en l'entrée de la pièce obscure dans laquelle s'était cachée Yami.

Restant prudemment près de l'entrée, je tentai d'y discerner la silhouette de la nymphe écarlate sans y parvenir. Le fait de ne rien voir avait quelque chose d'effrayant d'autant plus que je devinai qu'elle se cachait quelque part non-loin et n'hésiterai probablement pas à me bondir dessus pour me filer la peur de ma vie. Le fait de savoir cela me rendait encore plus nerveuse au point où je me préparai d'avance à crier de surprise alors que rien ne s'était encore passé. Plissant du regard, je parvins tout de même à apercevoir les pourtours de la fenêtre principales qui devaient éclairer la grande bibliothèque. Serrant les points, prenant mon courage à deux mains, je courrais en direction de cette dernière pour l'ouvrir et écarter les volets d'un grand geste, laissant ainsi la lumière filtrer autour de moi. Je me retournai en sursaut, aux aguets, prenant une nouvelle fois la peine de chercher la petite fuyarde.

Et cette vois-ci je parvins à la trouver. Tout du moins une partie. Un des nombreux tableaux qui parsemaient les murs de la pièce était presque imperceptiblement entre ouvert, mais mon œil avisé de Saibogu m'avait permit de le desceller. Un petit renfoncement semblait se former et offrait une cachette idéal. Plaçant mes mains en porte voix, je fis mine de l'appeler.

-Yami ! Où es-tu ?

Je ne savais pas si elle avait comprit que je l'avais trouvé, ou encore que la lumière était revenue dans la bibliothèque. Toujours fut-il que je continuai de faire semblant de la chercher, avant de me glisser soudainement derrière le tableau pour me retrouver nez à nez avec elle.

-Trouvée !!

J'arborai un grand sourire et lui volé un baisé innocent avant qu'elle n'ait le temps de dire ou faire quoique ce soit.

-A présent c'est toi le chat ! Lançais-je avant m'éclipser à mon tour, fuyant en toute hâte pour me diriger vers le grand hall.

La tempête venait de passer, à l'extérieur le temps était encore grisonnant, mais le halo lumineux transparaissant depuis sur le vitrail sur sol était toujours présent. Je fis en sorte de contourner ce dernier, puis sautait, faisant en sorte de prendre appuie contre un mur pour m'élancer vers le plafond. Agile, je tendis la main vers l'une des poutres pour la contourner de sorte à retomber agilement sur cette dernière. Debout, en équilibre à plus de cinq mètres au-dessus du sol, j'avançai avec candeur d'une démarche féline et gracile. Mes longs cheveux blancs détachés me retombaient presque au niveau des genoux et ondoyaient à chacun de mes mouvements. Écartant les bras pour ne pas perdre l'équilibre j'avançai ainsi, jusqu'à me retrouver face à un Mépshito au sourire carnassier qui venait soudainement d'apparaître. Ce faisant, je m’accroupis face à lui d'un air presque sérieux, déposant ainsi un index sur mes lèvres pour lui intimer le silence. Ce fut raté, les dizaines de chauves-souris accrochées la tête en bas au plafond qui, depuis lors, étaient restées silencieuses s'égosillèrent d'un seul concert.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Suna
avatar
Informations
Grade : Seigneur du Vent
Messages : 1345
Rang : S

Message(#) Sujet: Re: Les origines du coeur [Feat Yami] Sam 14 Mar 2015 - 10:26

Music ♫:
 

Il s'écoula un moment avant que je ne l'entende fouler la pièce obscure : était-elle hésitante ? Craignait-elle quelque chose comme une enfant apeurée par les ténèbres ? Pourtant elle s'était bel et bien mise à courir en direction de la grande fenêtre pour l'ouvrir à toute volée et ainsi laisser pénétrer la lumière. Avait-elle plus confiance en le jour qu'en la nuit ? Nous étions toutes deux le yin et le yang, s'équilibrant, s'accordant avec l'autre : c'était pour cela que rien n'allait l'une sans l'autre. Pourtant, parfois rien n'allait pour le mieux lorsque nous nous retrouvions ensemble non plus... Mais finalement, nous parvenions toujours à ressortir grandies de ce que nous avions vécu.

Je ne bougeais plus, terrée dans ma cachette alors que je l'entendais m'appeler. J'avais envie de ricaner comme une enfant mais je me retenais pour ne pas trahir ma position. Finalement, elle me trouva et m'adressa un grand sourire avant de m'embrasser fugacement sans que je n'ai rien eu le temps de faire. Elle déclara que c'était désormais moi le chat et se mit à courir : je ne connaissais pas ce jeu mais j'en déduisais que c'était à mon tour de l'attraper. Je passais un instant deux doigts sur mes lèvres, repensant à son baiser avant de m'extirper du tableau et de lui courir après :

« Eh ! Je ne suis pas un chat ! J'en ai déjà deux ! »

Je m'engouffrais dans le hall, la cherchant du regard sans l'apercevoir. S'était-elle cachait dans les escaliers ? A l'étage ? Dans ma chambre où dans une autre. Je pestais intérieurement :

« Ce n'est pas juste ! Il y a trop de cachettes ici ! »

Mais au moment où j'affichais sans honte ma mauvaise foi, les chiroptères s'envolèrent et s'exprimèrent pour signaler une intrusion. Je relevais alors la tête vers les poutres du hall plafond et je la fis là, a faire les funambules en discutant avec Méphisto. Un sourire malicieux se dessina sur mon visage alors que je m'entaillais l'avant bras, le recouvrant de mon sang pour en créer un tentacule que j'étirais jusqu'à elle pour l'attraper tout en restant à ma position initiale. Il s'enroula fermement autour de sa taille et je le ramenais vivement vers moi. Lorsqu'elle fut contre moi, ainsi prisonnière, je plantais mes canines dans son cou et buvais une rasade avant de lécher sa plaie et de me reculer pour l'aviser tout en passant ma langue sur mes lèvres, les yeux pétillants de malice.

« Maintenant c'est toi le chat ! »

La nuée de chauve-souris virevoltaient autour de nous et je devais leur faire comprendre qu'il n'y avait aucun soucis : je n'avais pas envie qu'elles se mettent à attaquer Oniri. L'une d'elle se posa sur mon épaule, paniquée et je me contentais de la caresser dans le cou pour lui montrer que j'étais détendue et qu'il n'y avait aucun soucis. Le petit mammifère s'en contenta et les chiroptères s'en retournèrent sur leur poutre, tête en bas. Il serait fâcheux qu'Eien intervienne pour cela...

Le goût du sang de la belle me restait encore sur les papilles, m’alléchant fortement à l'idée d'en avoir plus. Elle avait semblé s'offusquer de mon propre baiser fugace mais au fond je savais qu'elle avait apprécié. Soudainement, je me retournais et plaquais Oniri contre le mur : elle était ma proie. Ma langue se perdait dans son cou à l'endroit de la blessure que je lui avais infligé plus tôt alors que je lui maintenais les mains au dessus de sa tête. Mes crocs vinrent rencontrer une nouvelle fois sa chair, se délectant de son nectar dont je ne perdais pas la moindre goutte. Je laissais ma langue courir sur le filet écarlate mordant cette fois-ci sur le relief de sa poitrine que sa nuisette offrait à vue. Je la sentais se raidir mais j'entendais également son rythme cardiaque s'accroître et ce n'était pas de la peur que je ressentais...
Je reculais ma tête, le regard avide de toute convoitise : si elle tentait de m'embrasser, j'esquiverais son baiser pour agrémenter sa frustration...



We're all mad here... :
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Suna
avatar
Informations
Grade : Jônin
Messages : 1609
Rang : S

Message(#) Sujet: Re: Les origines du coeur [Feat Yami] Mar 17 Mar 2015 - 23:35

Je restai là, béate, paisible, à aviser ce chat monstrueux au sourire carnassier, qui, pour une fois, ne me semblait pas si effrayant que cela. Au contraire, il me paraissait plutôt sympathique, car il ne m'inspirait plus aucune peur, mais plutôt comme une étrange sensation d'apaisement. Lui qui fut le fruit de mon oubli et de ma résurrection. Lui qui œuvrait dans l'unique intérêt de ma Yami, je lui étais si reconnaissante. Occupée à le regarder dans le jaune des yeux, je ne remarquai pas immédiatement que quelque chose venait de s'enrouler entour de moi. Je baissai les yeux pour apercevoir une tentacule faite de sang accrochée à ma taille. Le situation resta en suspens environ une demi seconde, le temps d'adresser un regard désespéré au félidé.

-Ho...

Ce fut tout ce que j'eus le temps de dire avant de me faire violemment happer et tirée vers le bas. Je poussai un petit cri de surprise avant de retomber sur mes jambes, mais aussi dans les bras de Yami. Sans me laisser l'occasion de reprendre mes esprits, elle se rua sur moi et je pus sentir deux pointes vives s'enfoncer dans ma chaire. Je me crispai dans une réaction purement instinctive avant de réaliser ce qu'il se passait. Suite à quoi je fis l'effort de me détendre pour la laisser faire, profitant alors de sa présence et la serrer fugacement contre moi. Lorsqu'elle lécha ma plaie un léger frisson me parcourut l'échine que je fis mine de l'ignorer. Elle recula pour mieux m'aviser en prétendant que c'était à mon tour de l'attraper.

Un mince filet de mon propre sang perlait de bord de ses lèvres, tandis que celles-ci s'étiraient dans un sourire qui dévoilaient ses crocs. Ses pupilles venaient de changer de couleur, prenant une teinte écarlate plus soutenue. Une certaine innocente émanait d'elle. Je ne savais s'il en était vraiment ainsi, où si j'étais tout simplement folle pour la juger de la sorte, mais je la trouvais si mignonne. elle prétendit ensuite que c'était à mon tour de l'attraper.

La nuée noir se mit alors à virevolter autour de nous. Elles effacèrent à la situation son semblant de réalité, tournoyant dans un ballait sombre. Durant, un instant, j'eus envie d'emporter ma belle vampire dans une valse effrénée. Cependant, les chauve-souris s’apaisèrent sous la bienveillance de leur maîtresse. Je croisais donc les bras, faisant mine de bouder, alors qu'une petite sensation de picotement parsemait mon cou tandis que je pouvais sentir mon propre sang chaud couler sur ma peau.

-Dis donc, ce n'est pas très équitable. Je n'ai pas cherchée à te mordre moi. Ça ne compte pas ! Il te faudra faire mieux la prochaine fois. A condition que tu réussisses à m'attraper...

Je plissai des yeux, lui adressa un regard provocateur, mais aussi un rien moqueur. La suite, je ne m'y attendis absolument pas. Envisageant de repartir déambuler dans les couloirs du manoir, je fus prise de cours lorsqu'elle se rua une nouvelle fois sur moi pour me plaquer contre le mur, là, sur le premier palier des escaliers. Une fois qu'elle se fut assurée que mes mains étaient bien maintenue au-dessus de ma tête, elle ne se priva pas pour m'affubler d'une nouvelle morsure. Je sentis une vague de chaleur me traverser. Était-ce du désir que j'éprouvais à cet instant ?

Lorsqu'elle récidiva, cette-fois ci un peu plus bas, j'émis une exclamation à peine réprimée, surprise que j'étais par cette nouvelle initiative ainsi que par la sensation enivrante qui en découlait. Je n'avais pas pour habitude que l'on me traite ainsi, pour ainsi dire, je n'aurais jamais laissée qui que ce soit agir de la sorte ; sauf Yami. Parce qu'elle était privilégiée, elle seule avait ce droit là sur-moi. Aussi devais-je avouer que ce que la situation n'en était que plus plaisante. Les battements de mon cœur s'accélérèrent tandis qu'elle me dévisageait d'un regard qui me dévorait d'avance.

-Dois-je comprendre que nous avons fini de jouer ?

Des paroles hautaines accompagnées d'un sourire enjôleur ainsi que d'yeux brûlants d’intensités. Une petite provocation s'il en était pour voir ce dont elle était vraiment capable. Je ne l'avais jamais vu sous ce jour là ni dans ce genre de situations, mais j’admettais qu'elle s'y retrouvai bien et moi également. Guidée par la frustration, je tentai tout de même de me pencher en avant afin de lui dérober un baisé, mais aussitôt elle détourna la tête pour ne pas me laisser faire. Je fronçai les sourcils à la fois amusée et agacée par son comportement puis profitait de la situation pour tenter de la mordre à mon tour dans le cou. Finalement mes lèvres se refermèrent sur le lobe de son oreille, que je mordillai affectueusement. Suite à quoi j'essayai de me tortiller pour me soustraire à son joug, en vain.

-Tu es sûr que tu ne veux pas me libérer ? Nous serions plus à l'aise ailleurs...

Je me plaisais à la tester. Néanmoins, non, je ne tenais absolument pas à ce qu'elle s'arrête. Je voulais qu'elle de me maintenir, qu'elle continue de me mordre. Tout cela était si grisant...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Suna
avatar
Informations
Grade : Seigneur du Vent
Messages : 1345
Rang : S

Message(#) Sujet: Re: Les origines du coeur [Feat Yami] Mer 18 Mar 2015 - 20:35

Les battements de son cœur s'étaient accélérer, je sentais le désir qui l'envahissait et me délectait de son regard qui s'embrasait. Je l'avisais, cherchant à capter le moindre de ses ressentiments, emprisonnant l'instant et ce que je parvenais à lui faire ressentir. Est-ce que c'était correct ? Non... Nous n'avions d'obligations avec personne mais il était fort probable que goûter à cet instant ne l'aiderait pas à oublier le tumulte de ses sentiments pour moi, j'en étais consciente mais elle avait dit elle même qu'elle tâcherait de simplement profiter des moments et de ne pas espérer davantage...

Une fois de plus j'étais égoïste : j'agissais selon mes désirs alors même que je la savais incapable de me repousser. Peut-être était-ce également pour cela que j'agissais de la sorte : car je savais qu'elle ne me résisterais pas... Avais-je envie d'elle ? Son sang m'y avait mené... Je n'avais pas d'attrait particulier pour l'union de deux corps mais l'hémoglobine développait mon excitation et me faisait en vouloir toujours plus : je ne pouvais déroger à cette règle sans lutter et en cet instant, je n'avais pas envie d'aller contre mes envies...

Ses paroles étaient teintés d'un attrait nouveau : elles étaient pleines de convoitises. Comme je m'y attendais, elle cherchait à joindre ses lèvres aux miennes mais je l'esquivais, accroissant sa frustration. Finalement, elle parvint à attraper le lobe de mon oreille, l'embêtant gentiment alors que j'en ressentais des frissons. Elle essayait de se débattre mais la prise sur ma proie était ferme et accentuée par ma prise d'hémoglobine.

Je souriais de façon enjôleur lorsqu'elle me proposa de la libérer pour aller ailleurs. Elle voulait jouer à cela ? Très bien. D'un bond, en usant de mon fuuton, je me propulsais jusqu'aux poutres sous plafond du hall où elle se trouvait un peu plus tôt avec Méphisto et m'asseyait sur l'une d'elle, les jambes de part et d'autres de la poutre et le dos collé contre une autre en croisant les bras et en fermant les yeux.

« Bonne nuit »

Me contentais-je de dire de façon à ce qu'elle m'entende. Elle allait sûrement essayer de me rejoindre, si tel était le cas, j'enroulerais fermement mes jambes autour de la poutre et me retournerais de façon a adopter la même position que mes chauve-souris la tête en bas.

« WOUHOUUU ! »

Clamais-je alors que mes cheveux suivait les lois de la gravité et que ma nuisette redescendait, la laissant à loisir observer mon dessous rouge. Pour lui faire une frayeur, je lâchais mes jambes, tombant dans le vide tête la première avant d'user une fois de plus de mon fuuton pour atterrir allègrement allongée sur le sol par un coussin d'air.

Ainsi étendue sur le carrelage frais, j'observais Oniri depuis son perchoir, elle qui semblait médusée avant de la taquiner :

« Ben quoi ? C'est toi qui a dit qu'il fallait aller ailleurs non ? Tu ne vas pas me reprocher de suivre tes conseils. »

Là dessus je fermais les yeux, souriante. Je savais qu'elle ne me laisserait pas m'en tirer comme ça... Et dès qu'elle sera à ma hauteur, je la saisirais par les poignets pour la faire tomber sur moi et je roulerais sur le côté pour inverser nos positions. Je récolterais même son nectar depuis ses mains entravés...



We're all mad here... :
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Suna
avatar
Informations
Grade : Jônin
Messages : 1609
Rang : S

Message(#) Sujet: Re: Les origines du coeur [Feat Yami] Mer 18 Mar 2015 - 23:07

Musique ♫:
 

Comme je m'en doutai, elle n'hésita pas à un instant à se dérober après ma provocation. Elle qui faisait mine de prendre chacun de mes mots au pied de la lettre. Elle qui était si belle lorsqu'elle agissait de façon si taquine. Elle qui me frustrait tant lorsqu'elle se jouait de moi. Telle était précisément ce qu'elle faisait et je ne pus cacher mon étonnement tandis que ses pieds nus foulaient l'une des poutres de bois. De mon côté, je cherchai simplement à me remettre de mes émotions. Son regard ainsi que son sourire provocateur m'invitèrent à la rejoindre. Alors, d'un nouveau bond agile, je prenais appuie sur le mur pour me propulser vers les hauteurs.

Je retombai délicatement en face de l'espiègle, qui dans son désir de jeu, se percha la tête en bas à l'image des chiroptères qui peuplaient les lieux. Sitôt fait je la suivis en concentrant mon chakra dans mes pieds pour aller marcher à l'envers le long de la poutre Ce faisant, je croisais les bras, arquant un sourcil un rien provocateur l'air de dire « Tu n'as rien de mieux ? ». Mes cheveux retombaient comme ceux de mon aimée à la différence que les miens étaient devenu beaucoup plus longs et que je pouvais sentir leur poids peser sur ma tête. Peut-être devais-je envisager une nouvelle coiffure...

Elle se laissa tomber soudainement, mais se rattrapa au dernier instant en faisant une fois de plus appel à son affinité futon. J'avais l'impression de voir se dandiner sous mes yeux une nymphe des alizées. Élégante, gracile, infantile, mais aussi insaisissable. Moi, de mon côté, j'étais toujours là haut, plus frustrée que jamais, plus désireuse encore. Cependant je ne bougeai pas, me contentant simplement d'attendre alors que mon propre sang venait entacher ma nuisette déjà rouge. Puis, lentement, une goutte s'échappa, tombant dans le vide dans une chute libre de plusieurs mètres pour venir s'échouer sur les dalles de pierres polies qui pavaient le sol du grand hall. Le clapotis, aussi insignifiant fut-il, avait tout de même résonné dans l'immense salle vide et silencieuse. J'arborai alors un sourire satisfait, sachant pertinemment que Yami n'avait pas loupée une miette de ce spectacle.

Alors que son attention était rivée sur la minuscule tâche au sol, d'autres gouttes vers à chuter. Les quelques mutilations qu'elle m'avait infligée m'élançaient dans de légers picotements, mais je savais ne pas en prendre cas. Je profitai de cette pseudo diversion pour m'élancer, retombant directement sur elle. Elle ne fut qu'à moitié surprise et vint réagir au quart de tour en tentant de m'immobiliser à nouveau, mais cette fois-ci je ne me laissai pas faire. Lorgnant entre le jeu, la dominance et la bagarre, nous roulâmes par terre, tentant chacune d'avoir le dessus sur l'autre. Je parvins finalement à me retrouver sur elle bloquant ses poignets de par et d'autre de son corps en les maintenant fermement. Haletante et échevelée, je lui adressai un grand sourire victorieux. Et mon sang, lui, continuait de couler, glissant goutte à goutte pour venir s'échouer sur la peau diaphane de ma belle.

-Je suis d'accord. Ici ce n'est pas mal non plus. Tu ne crois pas ? Dis-je en lui adressant un regard où se mêlait désir passionnel et arrogance. Et j'espère que tu ne vois pas d’inconvénient à ce que je reprenne ce qui m'est du.

Penchée sur elle, je laissai ma langue glisser dans son bustier, prélevant avec une délicatesse sensuelle les quelque perles du fluide vermillon issue de mon être. Et je remontai lentement, tout en continuant de la maintenir adossée sur le carrelage froid. Nos lèvres s'unirent, alors que sa convoitise s'en retrouvait décuplée par le sang récolté, telle une offrande dédiée à ma déesse aux cheveux noir de jais. Le baisé fut doux, intuitif, mais aussi, d'une façon, parfaitement solennel comme s'il relevait d'une certaine symbolique. Mes mains s'ouvrirent de sorte à lui rendre sa liberté. C'était alors à elle de décider de la suite tandis que moi je continuais simplement de l'embrasser avec douceur.


Dernière édition par Saibogu Oniri le Lun 23 Mar 2015 - 20:15, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Suna
avatar
Informations
Grade : Seigneur du Vent
Messages : 1345
Rang : S

Message(#) Sujet: Re: Les origines du coeur [Feat Yami] Lun 23 Mar 2015 - 14:06

Alors que j'étais étendue sur le carrelage vrai, vêtue de ma simple nuisette, j'ouvrais les yeux lorsque j'entendis un clapotis caractéristique : une gouttelette écarlate venait de s'échouer non loin de moi, éveillant mon intérêt et ma soif. Mon regard luisait d'une intensité nouvelle, d'un rubis plus profond alors que je savais exactement où la goutte était tombée, son effluve infime imprégnait l'air impossible que je passe à côté. J'observais l'origine de ce filament toujours perchée en hauteur et visiblement amusée par la situation tandis que je l'observais à nouveau en prédatrice.

Plusieurs autres gouttes tombèrent et je voulu me redresser pour les récolter dans leur chute mais déjà Oniri tombait sur moi, roulant boulant sur le sol en prenant tantôt l'ascendant ou tantôt soumise . Elle parvenait à immobiliser mes poignets, me laissant incapable de réagir tout en m'adressant un sourire victorieux. Nul doute que j'avais de la ressource et que j'aurais pu aisément reprendre l'avantage surtout avec l'adrénaline qu'avait suscité en moi cette vision vermeille. Toutefois, mon attention était bien trop accaparée par cette dernière alors qu'un filet ruisselait le long de son cou pour venir s'échouer dans le mien ou au coin de mes lèvres que je m'empressais de récolter avec la pointe de ma langue, avide d'en obtenir davantage.

Elle arguait le fait que le lieu n'était pas si mal non plus, prétextant qu'elle voulait récolter ce qui lui appartenait en récupérant son sang échoué entre le relief de ma poitrine. Elle remontait ainsi, laissant un frisson sur mon corps dans son sillage, venant mêler ses lèvres tâchées de pourpre aux miennes, me transportant dans un extase infini. L'appétit s'emparait de moi, l'avidité me consumait, mes veines bouillonnaient et mes canines brûlaient d'envie d'entrer dans un nouveau contact. Son baiser était chaleureux et emprunt d'affection : j'avais face à moi une dryade amoureuse qui savait transcrire sa tendresse, légère et insouciante alors que ma soif se montrait grandissante, entachant quelque peu ce tableau presque innocent et l'ange et la déchue.

Alors qu'elle me libérait, me laissant le choix de répondre, je me montrais aussi vive qu'un prédateur, ma bouche se détachant de la sienne pour venir frapper son bras qui avait entravé les miens, de ma morsure. La chair se rompait tandis que je me délectais de son nectar si familier et rassurant : si doux et apaisant. Je me relevais légèrement, presque à demi assise alors que je maintenais fermement ma prise sur son bras. Grâce à une nouvelle montée d'adrénaline, je parvins à la renverser sur le dos et à prendre le dessus, perdant à mon tour ma langue sur son corps pour récolter les gouttes infimes encore présentes avant de planter mes canines effilées au creux se son épaule pour avaler des rasades goulues. Elle était ma proie...

Portée par l'instinct de mon clan, je laissais ma soif s'étancher en occultant toute prise de conscience jusqu'à me rappeler à l'ordre de moi même, stoppant tout avant de reculer pour atterrir su les fesses, les yeux écarquillés de stupeur devant la réalisation de ce que j'avais tenté de faire. J'avais souhaité me nourrir d'Oniri sans m'arrêter, me repaître d'elle sans prendre en compte sa santé comme si elle n'avait été qu'une vulgaire poche de sang. Je l'avais blessé et j'aurais pu lui nuire gravement. Je tremblais face aux sillons écarlates que je voyais sur son corps et mes mains tâchées de carmin.
J'observais ce petit ange esseulé qui se trouvait devant moi, elle s'était laissée abusé par le monstre perfide que j'étais alors que je n'avais jamais voulu blesser la blanche colombe...

Je secouais la tête a droite et à gauche, occultant complètement mon désir d'hémoglobine pour mieux m'approcher d'elle et poser mes paumes fraîches sur ses blessures, les recouvrant d'un halo chaleureux alors que je la soignais. Je l'observais de mon regard exprimant mes excuse tout en m'adressant à elle comme une enfant qui venait se repentir d'une bêtise :

« Pardon Oniri... »




We're all mad here... :
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Suna
avatar
Informations
Grade : Jônin
Messages : 1609
Rang : S

Message(#) Sujet: Re: Les origines du coeur [Feat Yami] Lun 23 Mar 2015 - 21:10

Musique ♫:
 

Subitement, sans que je n'eus le temps de comprendre ce qui m'arrivait. Ses crocs se refermèrent sur mon avant bras. Il y eut un craquement spécifique alors que les tissus de ma peau s'en trouvaient déchirés. Jusqu'alors sereine, j'écarquillai des yeux dans lesquelles se mêlaient stupeur et effroi. Il me fallut de longues secondes pour réaliser ce qui était en train de se passer. De longues secondes durant lesquelles la douleur s'empara de moi alors que mon sang ruisselait abondamment. Elle avait se regard animal dénuée d'humanité qui relevait davantage du bestial. Elle n'agissait point par désir, mais par instinct. Ce n'était pas moi qu'elle désirait, mais mon sang.

Le chagrin de ce constat m'effleura à peine tant l’horreur de l'instant me subjuguai. Sans commune mesure, je me retrouvai allongée sur le dos et sa langue parcourait mon corps pour y prélever le fluide vermeille dont j'étais couverte. Le frisson que je ressenti fut cette-fois-ci des plus glacials. Je ne trouvai plus aucune jouissance dans ses actes, seul prédominait la peur. Mon cœur battait avec virulence dans ma poitrine. Totalement désemparée, je ne savais que faire et je fus prise d'un spasme nerveux lorsqu’elle plongea à nouveau ses crocs près de mon épaule. La douleur était vive. Je ne ressentais que de trop ces deux aiguilles enfoncée dans mon corps. A la fois crispée et tremblotante, je me perdais dans ces faits irraisonnables. Ce doux rêve était-il en train de se transformer en cauchemar ?

-Ya... Yami... Parvins-je tout juste à murmurer.

Elle se retira. Enfin libérée de son emprise, je tentai de me relever. Ma blessure m'élançait nerveusement. Mon attention se perdit dans le vide alors que j'avais espéré trouver une quelconque réponse dans son regard. Elle était confuse, mais ignorait totalement à quel point je l'étais moi-même. Je ne savais plus quoi penser après avoir comprit qu'elle n'aurait sans doute pas hésité à me vider de mon sang. Le décor oscilla légèrement autour de moi. Blanche comme un linge, je fus prise d'un vertige et me rattrapai maladroitement de ma main valide. Yami se précipita pour guérir mes plaies. J'eus un mouvement de recul involontaire tout en l'avisant avec de grand yeux. Après le monstre assoiffé de sang, devant moi se trouvait une enfant égarée, perdue dans les remords et les excuses. Et moi je restai dubitative, me demandant quand est-ce qu'elle était devenue ainsi. L'avait-elle toujours été ? Mon amour pour elle m'avait-il aveuglé sur sa véritable nature ? Ou était-ce une des conséquences de sa maladie progressive? Je ne savais pas, mais pour la première fois de ma vie je réalisai que j'avais peur d'elle.

-Pour...quoi... ?

Seul quelques maigres paroles parvenaient désormais à s'échapper de mes lèvres qui, un instant plus tôt étaient emplies de désire pour elle. La malédiction qui, inlassablement, nous maintenait éloignée l'une de l'autre continuai à sévir. Alors, se fut à mon tour de me ressaisir. A son image je secouai la tête sur les côtés pour me remettre les idées en place. Cette fois-ci je lui adressai un regard plus déterminé. Désormais, il ne restait plus aucune trace de mes blessures et je profitai de ma validité de nouveau acquise pour placer mes bras autour de son cou. Ainsi l’étreignis-je avec toute la douceur et l'affection qui m'était du.

-Ce n'est rien Yami. S'il te plaît ne me laisse pas. Je veux toujours être avec toi...

Je scellai ces mots dans un baiser fugacement déposé sur ses lèvres. Il me fallait me montrer forte, ne plus me laisser tous ces pernicieux présages abuser de ma personne. Je voulais me défaire de cette peur naissante vis-à-vis d'elle car, je n'oubliai pas cette promesse. Celle d'être toujours là pour elle, de continuer de l'aimer quoi qu'il advienne et que nous n'ayons plus à souffrir de cette amour. Alors j'attrapai sa main avec délicatesse pour l'inciter à me suivre. Plus tard, je me rendis compte que je n'avais pas cessée de trembler un seul instant et que ma main jointe la sienne était parfois secouée de spasme. Sans qu'elle n'ait son mot à dire, je l’entraînai avec moi jusque dans la salle de bain où je fis couler l'eau. La baignoire se remplit rapidement.

-Hôte tes vêtements et entre à l'intérieur. Lui ordonnais-je d'une voix calme.

Tandis qu'elle se déshabillait, j'en faisais de même, la laissant entrer en première. Quelques volutes de vapeur s'élevèrent du bain chaud. Lorsqu'elle fut installée je la rejoignis, non pas cette fois en conservant mes distances, mais en me couchant littéralement sur elle, collant ma poitrine contre la sienne. Les quelque marques de sang qui couvraient encore mon corps s'effacèrent pour rendre son honneur à ma peau diaphane. Une main posée sur sa joue, l'autre sur son buste, je l'embrassai une fois encore. Suite à quoi je caressai son visage tout en plongeant mon regard fait d'ambre dans le sien teinté de carmin.

-Me veux-tu Yami ?

A présent je n'espérai qu'une seule chose, lui faire oublier comme à moi ce qui venait de se passer, même si je savais que je n'en serais jamais vraiment capable.

-Tu n'as pas à t'inquiéter. J'ai fais le choix de t'aimer. Tu le sais...

Une larme coula le long de ma joue. Je n'aurais su dire s'il s'agissait de peine ou de joie.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Suna
avatar
Informations
Grade : Seigneur du Vent
Messages : 1345
Rang : S

Message(#) Sujet: Re: Les origines du coeur [Feat Yami] Lun 30 Mar 2015 - 11:54


Je la soignais tout en feintant de ne pas voir son regard apeuré si douloureux à soutenir. Elle me demandait pourquoi et je ne parvenais pas à lui répondre... Pourquoi quoi ? Pourquoi étais-je prise de frénésie devant cet élixir ? Cela avati toujours été ainsi et cela s'était renforcé de part les affres de ma maladie qui me demandait d'absorber de l'hémoglobine plus régulièrement : il en allait de ma survie et je ne pouvais pas non plus cacher l'immense plaisir que j'en ressentais...

Finalement, elle m'étreignait alors que je restais dubitative sur mon propre comportement, me confortant dans mon idée que ne plus l'approcher ou la toucher était encore la meilleure chose à faire pour ne pas lui nuire. Elle me confiait qu'elle voulait être toujours avec moi et me suppliait de ne pas l'abandonner en concluant que ce n'était rien... Comment pouvait-elle dire cela ? Nous savions toutes deux que cela était faux. Je ne voulais pas lui faire de mal et cette frénésie incontrôlable qui me gagnait en présence de fluide écarlate m'occultait tout raisonnement.

Elle posait ses lèvres sur les miennes de nouveau sans que je ne parvienne à comprendre la portée de ses actes ou de ses mots, encore focalisée sur ce que j'avais presque failli faire. Ne pouvais-je pas simplement faire taire la bête en moi et mener une vie plus normale en me contentant de subir les transfusion nécessaire au prolongement de mon existence ? L'adoration, la fascination, l'extase que suscitait en moi cet élixir vermeil me galvanisait complètement, me faisant oublier le plus important, me laissant prête à tuer quiconque pour en obtenir encore plus... J'avais naïvement pensé que ce bénévolat chaque jour à l'hôpital, en plus de parfaire ma maîtrise de la médecine, m'aiderait à canaliser cette soif en me confrontant régulièrement à la présence d'hémoglobine mais aujourd'hui, je me rendais compte que non... Si j'étais concentrée sur mes tâches pour soigner mes patients et parvenais à faire fi de la présence parfois conséquence de fluide écarlate, en dehors de ce contexte je ne savais me contenir.

Finalement, Oniri me tendait sa main que j'avisais avec un regard empli de questionnements : Tu es sûre de toi ? ... J'attrapais la sienne et me laissais guider alors que son corps était parcouru de tremblements qui me confortait sans ma perplexité... Que faisait-elle ? Ne devrait-elle pas s'enfuir ? Ne devrait-elle pas garder ses distances avec le monstre assoiffé que j'étais ? Cette prise de conscience me faisait de la peine et rabrouais mon excitation mais je n'étais pas encore parvenue à pleinement la maîtriser...

Nous entrâmes dans la salle de bains, toujours vêtues de nos nuisettes qu'elle s'empressa de me demander d'ôter tout en remplissant la baignoire. Je m'exécutais machinalement, n'étant plus que l'ombre de moi même, ne comprenant plus grand chose à la situation. J'entrais dans l'eau chaude à sa demande et m'installais tout en l'observant, perdue. La chaleur me saisissait et endolorissait mon corps diaphane.
Oniri me rejoignit et s'installait à son tour... sur moi. Allongée contre mon corps, joignant ses lèvres aux miennes et me caressant la joue, son regard brillait d'une intensité nouvelle et que j'avais pu observé dans les escaliers précédemment. A sa question prématurée je ne savais pas quoi répondre, mon esprit s'étant focaliser sur les traces écarlates de son corps qui se diluait dans l'eau pour laisser son corps resplendir de nouveau. Je ne pouvais décemment pas lui dire que je le préférais empourpré ici et là je suppose... Même si son corps avait retrouvé sa teinte de porcelaine, il n'en restait pas moins que je percevais encore nettement l'effluve de son fluide carmin, même ainsi dilué. Je relevais mes yeux dans les siens pour tâcher de me raccrocher à quelque chose d'autre et oublier cette soif persistante et lancinante.

Comprenait-elle que j'avais de la peine à me contrôler ? Avait-elle compris que je n'avais plus d'emprise sur moi même depuis que Megami avait été scellée ? Douce ironie... Auparavant c'était cette dernière qui cherchait à me manipuler et aujourd'hui c'était moi même qui ne parvenait plus à résister au nectar divin depuis que je subissais l'affliction de la maladie. Comprenait-elle qu'être ainsi si près d'elle alors que l'odeur de son sang emplissait l'air était réellement difficile pour moi ? Je me mordais la joue tout en tâchant de ne rien laisser paraître, pour contenir mon envie qui démangeait mes canines.

J'étais tiraillée par le désir de lui faire plaisir et de partager ce qu'elle voulait et attendait de moi et l'envie insatiable de me repaître à nouveau de son sang. Elle me demandait pourtant de ne pas m'inquiéter mais comment pouvais-je faire autrement ?... Les idées et les envies se succédaient dans ma tête alors que je cherchais quel comportement adopter. Si je me laissais aller à l'excitation même sexuelle, il était indéniable qu'elle attiserait ma soif... Choisir l'un des deux ou ne rien choisir du tout ? Quelle était la meilleure option ? J'avais blessé Oniri, il était peut-être judicieux de me faire pardonner et d'apprécier ce moment malgré le fait que je devrais sûrement me concentrer pour ne pas laisser ma soif éclater...

Les yeux écarlates luisant, j'observais les siens tout en séchant ses larmes du bout des doigts.

« Oui je te veux. »

Une nouvelle fois, comme avant. Comme pour sceller mes paroles, je prenais à mon tour l'initiative de l'embrasser tandis que mes mains exploraient son corps, traçant du bout des doigts une courbe partant de son épaule puis descendant sur le relief de son buste avant de caresser le creux de ses hanches et de remonter dans son dos. Je resserrais notre contact en la serrant dans mes bras tout en mêlant ma langue à la sienne.
Je ne devais pas laisser la soif gâcher cet instant. Je ne devais pas laisser la noirceur de mon âme s'exprimer...



We're all mad here... :
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Suna
avatar
Informations
Grade : Jônin
Messages : 1609
Rang : S

Message(#) Sujet: Re: Les origines du coeur [Feat Yami] Lun 30 Mar 2015 - 20:15

Elle me répondait, mais elle n'était pas vraiment là. Je pouvais le voir dans son regard, mais elle ne me voyait pas. Et ses mots renfermaient une part de vérité mêlé à la douceur amer du mensonge. Tandis que moi, parce que j'étais égoïste, je gardais le silence, me contentant simplement de répondre à son étreinte en laissant nos corps s'exprimer. J'étais faible parce que je l'aimais. Pourtant malgré tout ce que je pus tirer de notre échange, je ne parvins à m'y retrouver réellement, ni à la retrouver elle. Parce qu'à chacune de ses caresses, qu'à chacun de ses baisers je descellai en elle, cette hésitation, cette imperceptible frustration qui refrénait la passion qui aurait du nous habiter. A la fin, notre souffle était court, galvanisée par le plaisir, les pommettes rougis de désir, mais aucune de nous n'était réellement satisfaite.

L'eau du bain était devenue tiède. J'étais allongée sur elle, la visage lové dans son cou, pensive. Ses bras m'entouraient. Le silence précédait à notre étreinte. Je me posai de nombreuses questions. Je me demandai ce qu'elle pensai, ce qu'elle voulait réellement. Mes doigts parcouraient lentement ses courbes ainsi que son visage. Même ainsi, je ne pouvais m'empêcher de lui prodiguer de l'affection et du réconfort.

-Te souviens-tu? Quand nous étions deux idiotes imbus de nous-même? C'était il y a deux ans. J'ai parfois l'impression qu'il s'agissait d'une autre vie. Si quelqu'un m'aurait dit que nous changerions à ce point, je lui aurais sans doute rit au nez.

Je me demandai si elle comprenait où est-ce que je voulais en venir.

La solitude régissait son existence, elle était parvenue à en briser les chaînes.

Megami la hantait, elle s'en était débarrassée.

Elle avait perdu sa meilleur amie pour finalement mieux la retrouver.

Aujourd'hui la maladie et la soif de sang la gangrenait et je savais qu'elle parviendrait à les vaincre parce que c'était dans sa nature. Aussi, je me relevai légèrement, pour passer mes bras autour de son cou.

-Tu t'en sortiras ma chérie. Tu es une battante. Je sais que rien ne t'arrête.

Voilà longtemps que je ne l'avais pas appelée ainsi. Pourtant les sentiments que j'éprouvai à l'origine pour elle avait eut aussi évolué. Ce faisant, je m'écartai légèrement, pour lui adresser un sourire en coin, plongeant mon regard d'ambre dans ses yeux vermeilles.

-Et tu pourras compter sur moi...

Je l'embrassai à nouveau, fermant les prunelles pour mieux profiter de cet instant qui, cette fois-ci, était emplit de sincérité. Ce baisai fut d'autant plus significatif pour moi. Davantage que les précédents, car il symbolisait tant de choses. Notre vécu ensemble, tous ceux par quoi nous étions passées. Je me laissai aller dans la douce étreinte de nos lèvres, espérant qu'elle puisse apprécier cet échange à sa juste valeur. J'émis un imperceptible soupir en me séparant d'elle et lui adressait un nouveau sourire, un brin gênée cette fois.

Les genoux repliés, je m'assis juste en face d'elle. Quelques remous se formèrent à la surface de l'eau. L'attention de Yami fut tout de suite attirée par cette imperceptible teinte écarlate qui s'y agitait. Mon sang se trouvait à l'intérieur et les cicatrices qu'elle avait infligée à ma peau diaphane étaient rougit par la chaleur. Ces dernières me brûlaient encore par endroit. Tandis qu'elle me toisait, il me fut aisé d'attraper le fil de ses pensées pour en comprendre le sens. Ainsi pus-je prendre les devants en anticipant ses mots.

-Tu n'as pas à t'inquiéter pour moi. Moi aussi je suis solide. Ce serait mal me connaître en croyant que deux petites morsures de rien du tout vont m'arrêter.

Je jetais instinctivement un regard vers mon avant-bras gauche fendue d'une longue cicatrice, ainsi que sur mon bassin jadis meurtri par l'attaque de Megami. Je ne pouvais la voir, mais il y avait également celle à mon œil gauche. Toutes rappelaient de douloureux souvenirs auxquels j'avais apprit à faire face. Désormais, ce courage que j'avais si durement acquis. Je désirai le mettre à contribution pour l'aider à mon tour. Parce que l'une sans l’autre, nous n'étions rien. Ce fut pourquoi, je me redressai un peu, renvoyant mes cheveux sur le côté afin de lui dévoiler ma nuque.

-Alors n'hésite pas. Mords-moi, prend mon sang. Autant que tu le souhaites. Je sais que tu t'arrêteras à temps. Parce que j'ai confiance en toi et je sais que tu ne me voudras jamais de mal.

Nous nous l'étions promit. D'être ensemble. Mais aussi d'être prête de confier mutuellement notre vie à l'autre. C'était ce que je faisais. Car si je n'étais pas en mesure de faire cela pour elle, je ne pouvais prétendre vouloir l'aider.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Suna
avatar
Informations
Grade : Seigneur du Vent
Messages : 1345
Rang : S

Message(#) Sujet: Re: Les origines du coeur [Feat Yami] Jeu 2 Avr 2015 - 11:04

Cette étreinte ne ressemblait pas aux précédentes que j'avais eu avec elle... Elle était plus réservée et moins naturelle... J'avais tant bien que mal chercher à refréner ce qui acculait mon esprit mais il était évident qu'elle m'avait percé à jour sinon comment expliquer cette apogée sans la satisfaction escomptée ? J'avais ressenti beaucoup de plaisir et m'étais évertuée à lui en prodiguer tout autant mais force était de constater que je n'étais pas vraiment là bien malgré moi...

Haletantes, nous reprenions nos souffles, lovées l'une contre l'autre pour baigner dans la chaleur mutuelle de nos corps bouillonnant face à cette eau qui refroidissait peu à peu. Je la gardais dans mes bras, captive, me raccrochant à sa présence alors que je percevais ses doutes et ses hésitations. Je ne savais que dire, aussi je la laissais s'exprimer.

Elle parlait du passé : notre rencontre et nos caractères, mettant l'accent sur notre évolution depuis ce temps là qui me semblait révolue et lointain...

« Oui je m'en souviens... Nous avons parcouru du chemin depuis ces instants... » 

Qui aurait pensé que cela aurait fini ainsi ou même que nous deviendrions celles que nous étions aujourd'hui ? Sûrement pas nous...
Tant de choses s'étaient passées... Rarement positives... Mais cela faisait partie du cheminement de la vie qu'il nous fallait savoir déjouer ou passer outre pour poursuivre notre route... Tant que nous demeurions ensembles, avec ceux que nous aimions, le reste n'importait finalement peu.

Oniri était pensive avant de m'assurer que je saurais m'en sortir parce que j'étais une battante et que rien ne m'arrêtait. Cette idée me fit sourire tout comme le surnom emplit de tendresse dont elle m'affublait et qu'elle n'avait pas proférer depuis bien longtemps... Etait-ce comme autrefois ? Cela en donnait en tout cas l'illusion mais pourtant tout avait changé sauf l'importance qu'avait l'autre pour nous. Bien sûr, je savais que les sentiments que possédaient Oniri à mon égard étaient différents de ceux que je ressentais pour elle mais je doutais qu'ils ne soient pas aussi forts... Elle était l'une des personnes que j'affectionnais le plus en ce monde.

Je pourrais compter sur elle oui... Comme elle le disait tout en m'embrassant. Ce baiser était bien différent des précédents : plus sincère et vrai, il ressemblait davantage à ceux que nous avions pu échanger par le passé.

« Tu sais que tu pourras toujours compter sur moi aussi... » 

Jugeais-je bon de lui rappeler.
Soudainement, l'atmosphère changea à nouveau alors qu'elle s'éloignait de moi dans la baignoire, laissant un filament de sang dilué passer sous mes yeux alors que j'étais parvenue à occulter sa présence, tout comme son odeur. Pourtant les deux allaient de pair et voilà que l'effluve enivrante m'assaillait de nouveau. Je relevais la tête sur Oniri, la jaugeant avec appétit tandis que la soif me tiraillait encore : je ne pouvais pas m'y résoudre. Pourtant, ma bienveillante meilleure amie ne tarda pas à comprendre la situation et à m'assurer qu'elle était solide et que mes morsures ne lui nuirait pas...

« Si tu savais Oniri... Tu me demandes de ne pas me priver pour te mordre mais... Et si je ne parvenais pas à m'arrêter ? » 

Je déglutissais alors qu'elle m'assurait le contraire, jugeant qu'elle avait confiance en moi et en mon contrôle parce que justement je ne lui voudrais jamais de mal...

« Alors dans ce cas tu as plus confiance en moi que je n'en ai en moi même... » 

Mon regard ne pouvait désormais plus se détacher de sa cicatrice à l'abdomen, causée par Megami et indirectement par moi... Je n'avais que trop souillé son corps pour avoir le droit à un tel privilège... Elle me dévoilait sa nuque et je déglutissais une nouvelle fois, perdant peu à peu le fil de mes pensées, focalisées sur cette envie irrépressible.

Finalement je cédais. Je m'approchais d'elle délicatement, la calant contre moi pour qu'elle ne soit pas mal à l'aise et touchait son cou du bout des doigts. Je sentais sa veine gonflée et son sang frémissant juste en dessous, accroissant mon excitation. Deux aiguilles vinrent se planter dans sa chair après que j'eus pris le temps d'anesthésier la zone avec mon chakra médical : je mettais du cœur à l'ouvrage pour garder contenance. Bientôt, son élixir emplissait une nouvelle fois ma bouche que je récoltais dans des rasades goulues et avides. Ce nectar était si divin que j'étais certaine que jamais je ne pourrais m'en passer.

Le temps passait et j'étais toujours poussée dans la frénésie du moment, occultant par moment complètement la présence d'Oniri avant de retrouver mes esprits pour veiller à ce qu'elle supporte toujours le traitement que je lui infligeais. Je savais que je devais me retirer, sans quoi elle allait risquer de tomber dans l'inconscience mais il était difficile de vouloir mettre fin à cet acte si délectable... J'en voulais encore et toujours. Je sentais Oniri frémir et vaciller quelque peu, signal d'alerte et de crainte qui me permis de stopper tout. Je laissais ma langue courir sur la plaie et la cicatrisait ensuite pour ne lui laisser aucune trace, m'empressant de m'inquiéter sur son état :

« Comment tu te sens ? » 

Lui demandais-je, ma voix trahissant de ma vive émotion tandis que mes yeux flamboyaient d'extase, affichant un contraste net entre ce que je ressentais. Finalement, je fermais les yeux et poussais un profond soupir tout en la serrant contre moi. J'étais parvenue à faire triompher ma raison plutôt que ma soif.



We're all mad here... :
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Suna
avatar
Informations
Grade : Jônin
Messages : 1609
Rang : S

Message(#) Sujet: Re: Les origines du coeur [Feat Yami] Ven 3 Avr 2015 - 0:06

Ses crocs s'enfoncèrent dans ma chaire. Cette fois-ci je ne me crispai pas, m'adonnant totalement à elle. Je lui appartenais corps et âme. Elle pouvait disposer de moi comme bon lui semblait, jamais je n'aurais entravée un seul instant ses désirs parce qu'ils étaient également miens. Alors cette fois-encore, je la laissai prélever mon élixir vital directement à sa source. Alors qu'elle me maintenait avec douceur et fermeté contre elle, j'en fis de même, resserrant notre étreinte en entourant sa taille avec mes bras. Je fermai les yeux de sorte à lui laisser l'entier contrôle de la situation. A cet instant elle avait le droit de vie et de mort sur moi. Cependant je lui faisais confiance, je savais qu'elle saurait refréner ses pulsions. Ainsi pus-je sentir de longs et épais filets de sang couler le long de ma peau diaphane, glissant lentement sur mon échine, ma croupe, pour finalement s'échouer dans l'eau, s'éparpillant en petits nuages vermeilles, changeant lentement la couleur du bain. Le temps passait et elle continuait. Moi je ne montrai aucune résistance et mes forces me quittaient lentement. Avec le peu qui me restait, mes bras se refermèrent davantage autour d'elle, comme pour lui rappeler que j'étais encore là.

« Arrête-toi ». Pensais-je très fort. « Arrête-toi Yami, tu peux le faire, je crois en toi »

Mes muscles commençaient à lâcher. Je me risquai un instant à brièvement ouvrir les paupières, le décor oscillait. Une sensation de vertige venait m'envahir, mais enfin elle se déroba à cette étreinte et aussitôt je manquai de m'effondrer. Elle fut là pour me rattraper dans ses bras au dernier moment avant que je ne m'échoue dans cette eau empourprée. Anémiée, épuisée, le regard fébrile, je ne pouvais cependant pas m'empêcher d'arborer grand sourire serein. J'étais heureuse qu'elle ait fait cela et ce pour de nombreuses raisons. D'une part cela me prouvait qu'elle demeurait toujours là, la Yami que j'avais toujours connue et que j'avais pris à aimer à maintes reprises. De l'autre, elle faisait preuve de volonté et témoignait de son acharnement envers sa « nature ». En dernier, elle m'avait prouvée que je lui étais précieuse en dépit de sa soif.

-Tu l'as fait...

Et je souriais toujours béate et heureuse que j'étais de me retrouver là avec elle, d'avoir put partager tous ces instants de complicités ensemble malgré quelques travers. Lorsqu'elle me demanda comment je me sentais je lui répondis avec une certaine ironie.

-J'ai connu mieux disons. Je sais que tu voulais que l'on passe plus de temps ensemble, mais on ne pourra pas me mordre autant à chaque fois. Néanmoins, comme je suis gentille et généreuse, je serais prête à te laisser recommencer.

Nos regard s'attardèrent un instant l'un dans l'autre. Ses pupilles écarlates brûlaient d'une intensité folle comme s'il pouvait sonder mon âme. Son sourire quant à lui valait tous les trésors du monde. Il témoignait de fierté, de sa réussite. Je pouvais le voir, elle était heureuse également à l'idée d'être parvenue à se libérer de son vice. Ce n'était que le commencement, mais en soit il s'agissait déjà d'une grande victoire pour elle. Alors je tentai lentement de me relever.

-Si tu veux bien me permettre, je pense avoir besoin de me reposer après toutes ces émotions. Disons que ces tous de même un bon début. Je n'ai que peu eu l'occasion de partager mon sang avec toi malgré ces dernières années. Il temps de rattraper cela. Concluais-je en lui adressant un petit clin d’œil complice.

La vérité était que je me sentais totalement épuisée, n'aspirant plus qu'au repos. Si elle n'avait pas été là pour m'aider, jamais je n'aurais été en mesure de sortir du bain. Aussi m'accompagna-t-elle dans tout ce qui suivit, tant pour me sécher que pour m'aider à marcher jusqu'à sa chambre. Lui parler de donner encore mon sang était une manière pour moi de lui prouver une fois de plus que j'étais là pour elle. Jamais je ne voulais qu'elle se sente délaisser, ni qu'elle ait à éprouver de remords pour tout ce qu'elle avait put me faire.

Je m'écroulai littéralement dans son lit, laissant ma tête retomber sur l'oreiller. Mes paupières étaient restées à demi-clauses tout durant. Mon sourire n'était plus que de moitié tant la fatigué commençait à prendre le pas. Dans un dernier effort je venais caresser sa joue affectueusement, une poignée de seconde avant de plonger dans un profond sommeil.

-Bonne nuit... ma chérie...


Dernière édition par Saibogu Oniri le Mar 7 Avr 2015 - 17:50, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

Les origines du coeur [Feat Yami]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Shinobi no Hattan :: Archives :: SnH Legacy :: Pays du Vent :: Sunagakure no Satô :: Quartiers Résidentiels :: Manoir Ketsueki-