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 Comme quoi il est facile de se perdre dans ce vaste monde | PV Amaterasu

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Message(#) Sujet: Comme quoi il est facile de se perdre dans ce vaste monde | PV Amaterasu Jeu 26 Fév 2015 - 23:00

J'avais mal aux pieds, vraiment très très mal. Chacun de mes pas était devenu un enfer et je ne compte plus le nombre de fois où j'avais du faire des pauses pour m'asseoir, retirer mes souliers et masser ces pauvres pieds endoloris et cette cheville lancinante. Pourtant, j'avais décidé de ne pas abandonner. Enfin, disons surtout que je ne le pouvais pas. Il y avait, à la maison, ma mère qui attendait mon retour. J'avais plié bagages, sans trop réfléchir à ce que j'allais faire, mais il fallait quand même que je le fasse. Quitter la maison avec un peu de nourriture et une couverture, rien de plus et rien de moins. De toute façon je n'étais pas censée partir très très longtemps, mes petites jambes avaient d'abord couru dans le sentier escarpé en flanc de montagne avec des pas confiants et habitués. Je n'avais même pas fait de pause pour manger, le premier jour. Je ne m'étais pas assise une seule fois, j'étais bien trop inquiète pour ralentir le rythme. Optimiste, je me disais que je pourrais manger en compagnie de ma mère le soir même, avec un grand sourire, revenue bien rapidement avec le médecin du village. Tout se passerait pour le mieux. Peut-être avait-il été trop facile de me laisser porter par l'espoir et d'oublier que je possédais des moyens bien limités au final. Si j'avais pris la peine de regarder où j'allais, si ma tête n'avait pas tourné autant à cause de la soif et de la faim et si mon oeil avait été plus vif, plus terre-à-terre, peut-être n'aurais-je pas fait ce faux pas? Ce n'était pourtant trois fois rien. Mon pied avait glissé sur une roche un peu trop petite et, pour me rattraper, j'avais fait un écart et j'avais envoyé mon poids sur l'autre pied, sur une roche plus large et plate que je croyais bien encrée. Malheureusement, ce n'était pas le cas, même qu'elle était en fait plutôt instable. Je n'avais eu que quelques instants pour agrandir les yeux et essayer de me rattraper à quelque chose, soit une malheureuse racine alors que mon fardeau dégringola bien plus bas, le long d'une raide pente rocheuse. Mes petits pieds battaient l'air et mes grands yeux de saphir étaient terrorisés, ma voix aigüe se répercutant contre les montagnes alors que seuls mes appels à l'aide me revenaient, sans réponse d'aucune sorte. Je devais réussir à me hisser, trouver un point d'appui. Tant pis pour la nourriture, je devais m'éviter de tomber. Si je me blessais ou, pire, si je m'écartais du sentier, qui sait combien de temps est-ce que je mettrais à finalement gagner la demeure du médecin le plus près?

Six jours. Je peux vous le dire sans me tromper et sans avoir besoin de faire des approximations, parce que je m'apprêtais à le vivre. Si j'avais cru arriver à me remonter, c'était avant que ne cède la racine à laquelle je me retenais et que ma seule chance repose en ma main droite, appuyé contre le bord escarpé. La paume de ma main s'enfonçait en une petite pointe plus pointue et la douleur se fit sentir, vive et perçante, alors que mon bras tremblait de plus en plus, toute force le quittant. J'avais alors regardé vers le bas. La chute était inévitable, mais je pouvais au moins essayer de ne pas tomber jusqu'en bas. Vite vite. Mes iris de lapis lazuli devaient trouver une solution, un endroit où me poser. Là! Un petit plateau, trois mètres plus bas, sur la gauche. C'était haut, mais valait mieux trois que quinze. J'avais donc trouvé des appuis pour mes pieds et, après une grande inspiration, je sautai, direction mon salut, tous bras tendus, les yeux grands ouverts pour ne pas manquer ma cible pourtant assez large. J'y tombai sur ma cheville droite qui, sous l'impact, m'exprima son mécontentement d'une violente douleur qui me fit lâcher un petit cri d'animal blessé. J'avais alors chuté sur mes genoux et mes mains et mes coudes avaient absorbé le reste de la chute, m'offrant de jolies égratignures ensanglantées au passage. Je ne bougeai pas, pas tout de suite. Le corps tout tremblant, je m'étais contenté de fermer les yeux et de respirer, d'essayer de ne pas pleurer malgré la douleur. J'étais plus forte que ça, je le savais! Mais ça n'empêcha pas les larmes de faire leur apparition, humides et fraîches. Je m'étais alors recroquevillée sur moi-même, le dos contre la paroi rocheuse, et je n'avais plus rien fait. Ce n'est que bien plus tard, lorsque le Soleil eu terminé son déclin, que je ré-ouvris les yeux, frissonnant. Personne n'était passé sur le petit chemin duquel j'avais dégringolé depuis mon arrivée sur ce petit plateau. Personne à qui j'avais pu crier de venir m'aider. Le noir tombé, il m'était impossible de faire quoi que ce soit, sinon attendre et souffrir, tant de la douleur que de la faim, la soif et le froid. Heureusement, les étoiles me tenaient compagnie et je pu leur raconter des histoires, pour passer le temps.

Avec le matin vint la lumière, chaude et réconfortante. Je n'avais jamais été aussi heureuse de la voir. Je n'avais pas cessé de penser à ma mère et de me dire qu'elle devait être très inquiète. Je devais faire de mon mieux, pour elle. Ainsi, je relevai ma petite tête rousse vers le haut, cherchant dans la parois des endroits auxquels m'accrocher, pensant que je pourrais sans doute grimper les trois mètres sans trop de problèmes. Comme quoi j'étais peut-être un peu trop optimiste. Même avec une cheville en parfait état, j'étais bien trop affaiblie pour réaliser ce genre d'exploit, alors maintenant que je m'étais blessée, ma liste d'option avait grandement rétrécie. Ne restait, alors, plus qu'une autre voie, continuer à descendre. Je m'étais armée de patience et de prudence et, pour le reste de la journée, je descendis lentement d'un pallier à l'autre, prenant de longues pauses dès que possible pour reposer mes jambes douloureuses. Mon ventre, pour sa part, fut quelque peu soulagé lorsque je trouvai un petit arbuste qui poussait à flanc de montagne, refuge d'une poignée de fruits sauvages comestibles que j'adorais manger depuis toute petite. Trop affamée, je ne pensai pas à en garder pour plus tard, d'autant plus que je n'avais rien pour les transporter, et me retrouvai donc avec le ventre un peu gonflé d'avoir tant mangé d'un coup. Pas grave, ma pause serait un peu plus longue, tout simplement. Prenant mon courage à deux mains, j'avais continué à avancer, jusqu'à devoir m'arrêter, m'abritant dans un petit creux de montagne des fines gouttes de pluie qui tombèrent délicatement. Certes, je disposais encore d'une heure ou deux de clarté, mais les roches étaient glissantes et il aurait été bien trop imprudent de continuer. Ainsi se poursuivit mon périple au fil des jours, jusqu'au moment présent, six jours après mon départ de notre petite maison perdue dans les montagnes.

Les paumes de mes mains étaient abîmées, mes genoux tâchés de rouge et ma cheville enflée. Mes paupières tombaient, mon visage était fatigué et mes petites épaules semblaient plus frêles que d'accoutumée alors que mes pas étaient de moins en moins confiants. La seule chose qui me faisait encore avancer, c'était cette innocence d'enfant, celle qui me faisait croire que je n'avais pas d'autres choix que de réussir. Que rien ne se termine jamais mal dans ce vaste monde et que rien n'était impossible. Quel fut mon soulagement lorsque je gagnai finalement un vaste terrain plat où se côtoyaient de timides brins d'herbe et, un peu plus loin, une rivière. Mes traits tirés s'animèrent, laissant un vaste sourire reprendre empire sur mes traits de gamine. Je m'avançai en titubant, du pas incertain qu'ont les gens blessés qui ne veulent pas mettre de poids sur leur jambe, mais qui veulent quand même rapidement passer d'un point A à un point B. Régulièrement, de petites plaintes m'échappaient sans que je les entende et, à une ou deux reprises, je passai assez près d'aller embrasser le sol, mais au final je gagnai ma destination. Je m'effondrai au bord de la rivière, y plongeant les mains avant de m'asperger d'eau, le coeur maintenant plus léger et un rire m'échappant de cette gorge sèche. Vite, boire! Boire boire boire! Ça faisait tellement de bien! J'allais mieux maintenant, on en tout cas je me sentais mieux, je pourrais continuer mon chemin de plus belle, en longeant la rivière, et trouver quelqu'un qui voudrait m'aider, pour ma mère! Porteuse d'une nouvelle force, d'un espoir renouvelé, je me remis sur mes pieds et je voulu reprendre la marche, mais il semblerait que mon coeur soit plus ambitieux que mon corps qui lui, décida que je ne ferais pas un seul mètre de plus. J'eu à peine le temps de faire deux pas que mes jambes cédèrent sous mon poids et que j'allai me fracasser sans ménagement contre ce sol dur et frais, les yeux un peu dans le vide. J'avais fait tout ce chemin déjà, je ne pouvais pas quand même pas abandonner maintenant!
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