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 Le prix du sang [Pv Yami]

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Iwa
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Message(#) Sujet: Le prix du sang [Pv Yami] Ven 27 Fév 2015 - 3:57

    Cela faisait deux semaines depuis l’incident « Yamada Ta », deux semaines que mon âme est torturé par le plus grand mal qui puisse exister, l'extase. Comprenez, ce sentiment est en train de me posséder, ou plutôt plus que ce sentiment, c'est son souvenir qui le fait. Je venais de goûter au fruit défendu. Je venais de goûter à la malédiction d'une Ketsueki. Sauf qu'eux gardaient une certaine maîtrise dans le cas d'une simple plaie, mais elle avait été arrosée de sang et je pense qu'il n'est pas peu dire qu'un fantasme venait de se réaliser de manière tout à fait réelle. Le problème est qu'à cette instant je partageais une connexion profonde avec son âme bien qu'elle ne s'en rendait pas compte.

    Les Ketsueki vivaient avec cette malédiction jour après jour, ils avaient prit l'habitude de vivre avec et de s'y accoutumer. Alors que moi, mon problème était double. Le premier était que je ne pouvais pas vivre avec ce sentiment, il dévorait mon être petit à petit et on en vient à mon deuxième problème, je n'ai aucun moyen de l'assouvir. Car même si j'avais ressenti son fardeau, je ne pouvais imiter ce sentiment, rien dans ma vie ne provoquait l'identique de ce que j'avais pu ressentir. Voilà pourquoi j'avais décidé d'une deuxième entrevue, improvisée. J'allais l'attendre chez elle.

    Mais au préalable je m'étais renseigné sur un ancien rituel de la religion de Jashin, une religion basée sur le sang, un rituel permettant d'améliorer le goût de ce dernier de le rendre pur. Je m'étais décider à l'utiliser sur chacune des choses que j'emmènerai en plus d'organiser ce rituel là bas afin d'augmenter toute les chances de réussites de mon entreprise. Entreprise dont voici le but, je devais la convaincre de succomber à nouveau. De succomber à sa soif de sang pour que je puisse la partager et combler mon cœur.

    Je me rendais à un manoir, je l'avais déjà suivi à cet endroit là lors de mon enquête sur elle, c'était apparemment son lieu de résidence et nous étions encore en pleine matinée lorsque je m'y rendis. Je rentrais dans un hall, en face de moi se trouvait une statue suivit d'escaliers, je n'y montais pas, je ressentais une forte énergie venant d'une pièce en particulier, je décidais d'ouvrir la porte, on pouvait voir des marques de griffures sur celle-ci. Mais je n'eus pas besoin de descendre des chuchotements parvinrent à mon oreille, des choses graves s'étaient déroulées dans cette pièce. Je la refermais et me concentrait plus en détail sur les âmes vivantes présentes dans la maison. Il y en avait plusieurs mais pas une seule d'entre elle était humaine, l'une d'elle m'avait déjà repéré et sans aucun doute qu'il prévenait son propriétaire sans attendre.

    Je descellai ce que j'avais préparé, des bocaux de sang d'animaux frais, je trempais mes mains dedans et je commençais à dessiner un symbole, celui trouvé dans le livre de Jashin, je dessinais cela dans le hall entre la porte d'entrée et la statue. Une fois le dessin terminé je lançais l'incantation sensé rendre le sang de meilleure qualité, je marmonnais les phrases suivantes.

      « Trwy ras y gwaed ein brodyr, diolch i chi i gynyddu gwerth yr hyn i fod i ni »


    En langue commune cela donne « par la grâce du sang de nos frère, merci d'augmenter la valeur de ce qui nous est dû ». Je plaçais ensuite quatre parchemin au centre du cercle avant d'en placer quatre autres aux extrémités de la pièce. Les quatre derniers servaient uniquement à repousser les âmes. Je ne voulais rien ressentir d'autre que ce qui se trouvait dans ce périmètre. Je m'asseyais alors au centre du cercle et j'attendis, j'étais convaincu qu'elle viendrait bientôt.

    Ma patience fut récompensée puisque la jeune femme ne tarda pas, sa présence mit fin à un combat contre moi-même dans le seul but de garder mon calme. Quand elle arriva, je ne lui laissais même pas le temps de parler ou de contempler l'ampleur des dommages, même si je me doutais qu'elle avait du sentir l'odeur de sang depuis un moment, je m'exclamais à son attention, de manière franche et directe.

      « Milady, je vous prie de me pardonner d'être entré chez vous sans vous demander la permission, mais je ne peux me tourner que vers vous. Ce jour où nous nous sommes rencontrés, ce jour d'il y a deux semaines, lors du décès de mon ami, j'étais en train de lire en vous, je sais ce que vous avez ressenti, j'ai goûté à cet intense sentiment de plaisir et je ne peux m'en défaire je n'y parviens pas, je suis rongé par une chose que je ne peux assouvir, aidez-moi. »


    Il n'était plus l'heure de faire de la demi-mesure, ou des jeux espiègles, ou plutôt il en était toujours l'heure, mais cette fois l'enjeu était de purger mon âme. Cette fois, je devais la convaincre non pas de boire mon sang. Cette fois je devais la convaincre de goûter à nouveau à la douceur de la mort.
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Suna
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Message(#) Sujet: Re: Le prix du sang [Pv Yami] Sam 28 Fév 2015 - 0:15

Je m'affairais à mes tâches au Kakumeigun, prenant il y a peu mon service de la journée alors que le soleil venait de se lever il y avait peu. Les dossiers s'étaient accumulés ces derniers temps et il me fallait remettre de l'ordre dans toute ces tâches administratives pour faciliter le traitement des informations par Kioshi ensuite. Méphisto était à mes côtés et je voyais que quelque chose accaparait son attention : il n'était pas difficile de remarqué lorsqu'il était concentré puisqu'il était tout le temps détaché de la réalité en temps ordinaire.

Peu de temps après, Hotep apparu devant moi l'air paniqué, parlant dans la langue des anciens que je ne comprenais pas :

« Ter liori fo klak !! »

Je le regardais avec des grands yeux ronds avant que Méphisto traduise :

« Un intrus. »

Puisque mon chat bipède était resté au manoir je me doutais qu'il voulait dire qu'un intrus y avait pénétré et à voir son air affolé cela ne semblait rien apporté de bon... Qui qu'il était, il allait vite devoir faire demi-tour et quitter mon habitat. : vestige de ma famille et de mon clan anéanti.

Je me rendais en toute hâte au domaine Ketsueki en compagnie de mes deux félins. A peine avais-je franchi le portail que je sentais déjà l'odeur éminente du fluide écarlate... Je me stoppais un instant comme happée par la simple présence de nectar que je savais tout proche, entre les murs de ma demeure. Je n'avais aucune idée à qui appartenait cette hémoglobine mais elle me semblait particulièrement attrayante... Peut-être même l'effluve la plus enivrante qu'il m'avait été donné de humer...

Je déglutissais avant de me rapprocher à pas lent, tachant de rester concentrée pour chasser cet intrus. J'entrais donc chez moi, kunai à la main, m'apprêtant à guetter les moindres recoins discrètement pour percevoir la présence ennemie mais je n'en eu pas besoin ni même pas le temps. Aare se tenait dans un pentacle serti d'un triangle inversé, tracé dans un sang dont j'ignorais la provenance : en tout cas ce n'était pas le sien puisque je l'avais déjà goûté et senti et qu'il n'avait rien avoir avec celui-ci. Des parchemins étaient disséminés au centre avec lui. J'avais sous les yeux un rituel bien étrange qui se déroulait en plein milieu de mon hall d'entrée...

J'écarquillais les yeux et arquais un sourcil, mélangeant incompréhension, scepticisme et interrogation quant à ses intentions. Il s'adressait à moi, assis dans son pentacle, venant droit au but en m'expliquant sa désolation d'être entré sans ma permission mais que j'étais la seule en mesure de lui apporter mon aide, me confiant qu'il avait perçu et ressenti ce qui m'avait enivré suite au bain de sang dont j'avais été gratifié pour le sacrifice de son ami le Yamada. Mon visage se faisait plus neutre : je n'étais pas gênée en l'apprenant mais peinée pour lui qu'il ait dû affronter et subir cela alors même qu'il ne partageait pas l'adoration que j'avais pour l'élixir divin présent en chacun de nous. La suite en revanche me prenait de cours : je ne m'y attendais pas le moins du monde... Si je comprenais bien, il me demandait de l'aider à ressentir de nouveau l'extase et la jouissance lié au sang versé parce qu'il semblait être en manque de cette sensation … Voilà qui était inattendu et fortement étrange... Jamais je n'aurais cru avoir à entendre cela un jour... Il était comme un drogué qui tentait de se sevrer mais qui n'y parvenait pas et voulait replonger pour se sentir mieux alors qu'il perdait pieds et qu'il commençait à sombrer doucement et imperceptiblement dans la folie...

Je l'avisais avec un sourire carnassier, le regard luisant d'avidité alors que mon esprit se complaisait par la présence de tout ce sang qui embaumait l'air de son doux parfum.

« Je vois. Sachez que jamais vous ne parviendrez à vous défaire de cette ivresse. Jamais vous ne parviendrez à vous défaire de son emprise. Lorsque l'on y goûte : on ne peut plus s'en passer. Moi même qui possède une certaine maîtrise sur moi même ne peut que m'y abandonner tant je l'envie, l'espère et l'attend à chaque instant. Rien n'est comparable aux délices qu'elle confère... »

Mes paroles reflétaient le désir que j'éprouvais à cette simple pensée. Je savais qu'il se focalisait sur mon âme et qu'il le ressentirait également mais ce n'était rien de comparable à le ressentir réellement.

« Il m'est donc gré de vous annoncer que je ne peux accéder à votre requête. Si vous y succombez à nouveau il n'y aura plus de retour en arrière possible. Vous ne pourrez pas simplement oublier : vous en voudrez encore, encore et toujours plus ! Vous serez happé par une soif inépuisable : en quête de la ressentir de nouveau, vous perdant dans son étreinte funeste dont elle ne vous délivrera jamais ! Ne vous laissant qu'en proie à la folie éternelle. Vous deviendrez vous aussi un monstre à sa recherche : faisant couler toujours plus le sang pour la ressentir ! Sauf que vous n'aurez aucun moyen pour vous protéger d'elle et de son baiser mortel contrairement à moi qui parvient à la refréner. Si je n'y parvenais pas, je ne serais rien de plus qu'une bête cherchant à assouvir mes instincts pour agrémenter mon désir et atteindre le summum de l'extase ! »

Mon discours était emprunt d'euphorie, me plongeant dans un état presque hypnotique tant je désirais de nouveau l'atteindre ! Et ce sang ! Tout cet arôme dont je me délectais et qui m'appelait à lui … Mon sourire se faisait plus provocateur alors que je réprimais une fois de plus le démon que j'étais pour conserver mon humanité et agir avec discernement. Il devait sentir les trépignements de mon âme qui s'agitait pour obtenir ce qu'elle désirait.

« Vous devez vous sevrer dès maintenant et oublier ce que vous avez ressenti où cela ne vous apportera rien de bon croyez moi : je parle d'expériences... Ce plaisir ne découle que d'une malédiction et mieux faut ne pas y goûter ou récidiver. »

Je lui adressais cette fois un regard compatissant.

« Je ne vous aiderais pas à plonger dans les limbes. »




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Iwa
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Message(#) Sujet: Re: Le prix du sang [Pv Yami] Sam 28 Fév 2015 - 2:56

    Elle était enfin rentrée, celle que j'avais attendu patiemment, je pouvais ressentir une partie de son désir rien qu'en la regardant mais ce n'était rien, rien comparé à tout ce dont je pouvais espérer lorsqu'elle se sentirait comme pourrais-je dire, plus à l'aise ? Après mes paroles elle afficha ce sourire carnassier, ce sourire qui laissait entendre qu'elle se laissait en proie à ces démons. Mais c'était ce démon que j'avais besoin de voir aujourd'hui afin d'assouvir ma soif. Mais elle engagea la conversation pas de la manière dont je le souhaitais malheureusement.

    C'était bizarre c'est comme si elle essayait de stimuler mon envie tout en stimulant le sien, je pouvais le sentir au creux de son cœur. Mais ne comprenait-elle pas que ses paroles ne pouvaient atteindre leurs buts, mon cœur n'était pas affecté par la soif de sang, il était uniquement consumé car il souhaitait boire son âme. Il voulait communier, il voulait partager son démon, afin que je puisse moi aussi atteindre cet état de nirvana intense.

    Je ne répondis pas de suite je la laissais formuler ce qu'elle souhaitait dire. Elle s'exclama pour me dire que ma requête n'arriverait pas à son terme qu'elle ne pouvait me laisser me perdre dans cet abysse de douceur. Malheureusement le mal était déjà fait, j'y avais déjà goûté. Cela me rappelait cette vieille histoire parlant d'une femme qui avait ouvert une boite portant son nom et qui avait délivré tout les maux de la terre. J'étais cette femme et elle était cette femme et malheureusement le mal était déjà fait. Je décidais donc de formuler une réponse.

      « Malheureusement il est trop tard, milady. Je me sens posséder enivrer mais pas lorsque je respire cette odeur de sang, non, je suis enivrer par le frémissement de votre âme, je la sens, je sens cette voix qui doit vous dire de la libérer. Je sens cette envie qui doit faire frissonner votre corps. Cela vous rend chose et me met à la même situation, mais ce n'est pas assez j'en veux plus, je veux connaître à nouveau ce sentiment. J'ai été marié pendant cinquante année et je n'ai pas une fois ressenti cela. Une lumière qui se troquerait contre les ténèbres du monde entier. »


    Je marquais un instant de pause.

      « Et vous, vous jouez avec moi, je le sens vous êtes d'une part compatissante, mais de l'autre vous souhaitez me voir craquer, vous testez les limites que vous pouvez atteindre comme si j'étais un violon et que vous étiez la main qui fait bouger les fils afin de voir le son produit. Êtes-vous heureuse de la mélodie que vous entendez milady ? Celle-ci vous fait-elle frissonner encore un peu plus ? »


    Un nouvel instant avant de reprendre.

      « Malheureusement je ne joue pas aujourd'hui »


    Un genjutsu, je venais de lui lancer un Genjutsu, mon Kanashibari permettant d'immobiliser une personne. Celle-ci avait l'illusion que des pieux venaient fixer son âme. Son corps restait donc lui aussi à la même place. Cela ne l'empêchait pas de parler, mais peu importe ce qu'elle pourrait dire je ferais cette action comme je l'entends. Je m'approchais d'elle, deux mètres, un mètre, cinquante centimètre, me voilà juste en face d'elle au point que je pouvait sentir son souffle et qu'elle pouvait sentir le mien. Puis je passais ma main sur un sceau invoquant un contenant de cinq litres que je nous renversais sur la tête. C'était du sang humain, du sang frais, prélever sur de la racaille que j'avais maté puis scellé. Une fois l'action effectuée je reculais petit à petit. Et lorsque je fus à bonne distance je relâchais complètement l'illusion. Aller Ketsueki Yami, fais moi ressentir, fais moi ressentir ton démon.
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Suna
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Message(#) Sujet: Re: Le prix du sang [Pv Yami] Sam 28 Fév 2015 - 23:23

Aare était déjà en proie aux démons qui me consumait à chaque fois que je me retrouvais face au sang. Bien sûr lui ne possédait pas cet attrait mais il était drogué à la sensations que j'en retirais et qu'il était capable de ressentir ! Il voulait me voir plier sous l'extase pour le connaître à nouveau : sans moi, il n'était pas capable d'atteindre son désir... Tout cela se montrait assez intéressant puisque je possédais désormais un moyen de pression sur lui... Une façon d'accéder à sa requête tout en obtenant quelque chose en retour...

Je l'avisais toujours de mon air malsain, la soif dévorant mes traits alors que cette effluve se révélait si attirante... Il l'avouait lui même en me parlant de son mariage : ce qu'il avait pu ressentir n'était rien de comparable à ce que l'amour pouvait nous prodiguer. Non... C'était tellement plus fort, tellement plus profond que ces sentiments qui paraissaient si dérisoires à côté de cela... La mort, inconnue parfois effrayante était bien plus attrayante et jouissive qu'un instant de bonheur commun auprès de l'élu de son cœur !

Il avait raison lorsqu'il prétendait que je me jouais de lui : je me complaisais à voir ses traits tiraillés par le désir incontrôlable de ressentir cela à nouveau ! Il était jouissif de jouer avec son envie. Un nouveau sourire carnassier s'affichait sur mon visage alors que j'affirmais ma position dominante de la situation : il attendait quelque chose de moi, me suppliant presque d'accéder à sa requête... Que c'était bon de le voir ramper à mes pieds ! Que c'était extatique de voir le Nidaime dans ce rôle ! Que c'était enivrant de se sentir toute puissante ! Qu'il était bon de ne plus être un simple amas de faiblesse ternie et bafouée par la maladie ! Oui ! J'avais l'occasion de m'amuser et de jouer de ma position supérieure et je ne comptais pas m'en priver non ! Je n’accéderais pas à sa demande sans contrepartie ! Je me retiendrais une fois de plus, aussi enivrant était l'attraction du sang qui baignait la pièce dans une atmosphère délicieuse !

J'avais envie de laisser le monstre que j'étais reprendre le dessus et de m'amuser un peu avec lui mais je ne pouvais pas m'abandonner complètement à ce que j'étais réellement où je ne répondrais plus de rien : il me fallait garder une certaine maîtrise où je ne parviendrais plus à contrôler quoi que ce soit.

« Et comment que je suis heureuse de cette mélodie... Elle me fait frissonner bien plus que vous ne pouvez l'imaginer ! Heureusement pour vous mon âme est là pour vous le confirmer... »

Mon regard n'était plus qu'euphorie. Ses derniers mots ne me faisaient même pas bouger d'un pouce alors qu'il me menaçait de façon dissimulée. Je sentais mon corps entravée, j'étais dans l'incapacité de me mouvoir. Mon état second ne me faisait pas céder à la panique, je me contentais d'aviser mon tortionnaire de mon air totalement détaché sur la situation et provocateur. Il s'approchait de moi de façon très rapprochée, et fit apparaître un flot de sang se déversant sur nos corps, reculant ensuite de quelque pas. Mon sourire s'étirait encore tandis que je me délectais de cette sensation, pour autant, malgré ma déréliction, ce sentiment n'était pas comparable a ce que j'avais ressenti avec la mort de Ta. Je me contentais de le dévisager en passant ma langue sur mes lèvres maculés d'un fluide écarlate divin ! Le goût ferreux de nectar m'enivrait et me transportait presque au delà des frontières du réel. La prise sur mon corps s'ôtait d'elle même, mais je ne bougeais pas plus, le contemplant, lui qui était aussi couvert de sang que moi et qui me tentait plus que de raison. Son arôme me revint en mémoire alors même que je le regardais : c'était comme si je sentais d'ici son pouls battre et son fluide qui parcourait ses veines.

Mes canines aiguisées et effilées se dévoilaient alors que je retroussais ma lèvre supérieure, l'instant d'après, j'étais à ses côtés et, poussée par mes pulsions, je plantais mes crocs dans son cou. Je m'abreuvais de son élixir en des rasades prélevées goulûment, me reculant toutefois bien vite. Je n'étais plus que plaisir et avidité alors que je m'imprégnais de son arôme en fermant un instant les yeux, profitant de chaque secondes de ce festin divin.

« Vous voulez vraiment me faire ressentir ça de nouveau n'est-ce pas ? Ne voyez vous en moi qu'un artefact capable d'assouvir votre désir ? »

J'émettais un léger ricanement avant de poursuivre :

« Non désolé. Si vous voulez y accéder ce ne sera pas sans compensation... Vous le savez, je possède un contrôle sur moi même qui me permettra de me brider quoi que vous fassiez. J'accepterais de me laisser aller à mes pulsions si vous me confiez quelques informations... »

Je l'avisais, mon éternel sourire visser au bord des lèvres alors que le marché était tombé... Allait-il l'accepter ? Dans le cas contraire je n'aurais plus qu'à brider mes envies comme je le faisais toujours et alors jamais il ne pourrait ressentir cela à nouveau...



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Message(#) Sujet: Re: Le prix du sang [Pv Yami] Dim 1 Mar 2015 - 0:59

    La femme au cheveux de jais avait à nouveau ressentie une esquisse du bonheur mais ce n'était pas complet, je n'étais pas rassasié, il m'en fallait plus et de ce que je ressentais en la scrutant, elle éprouvait de la retenue, sans doute volontaire. J'avais sous estimé cette femme, elle aussi était de ma race. De la race des personnes souhaitant dominer complètement leurs adversaires. Malheureusement pour elle, j'étais peut-être accro à cette nouvelle forme de tentation. Mais j'étais aussi un homme qui savait surpasser son envie personnelle. Après tout, j'avais survécu à six années de solitude dans le désert, j'avais survécu à la mort. J'avais survécu au chagrin causé par la mort de ma femme. Je serais en mesure de survivre au bonheur.

    Cependant j'avais une idée, si je parvenais à la convaincre de me laisser placer un sceau sur elle. Je pourrais placer celui me permettant de sentir son âme peu importe où je me trouve, je pourrais ainsi partager ses moments même lorsque je serais à l'extérieur. Finalement même après que je me mette à reculer, elle avança à nouveau vers moi, c'était comme un jeu sanglant où une corde nous séparait, c'était à celui qui tirait le plus fort. Elle planta ses crocs dans ma chair et je pouvais sentir à nouveau de l'extase dans son être, je voulu mettre mes mains sur ses hanches mais elle se retira bien vite. Elle n'était pas le genre de femme a aimer le contact alors que j'étais le genre d'homme à l'adorer, pas forcément en tant que marque d'affection mais de manière générale. Je partais du principe que les gestes et le toucher étaient aussi important que les mots et la manière de les dire.

    Elle s'exclama à mon attention me confirmant que je souhaitais vraiment ressentir à nouveau ce genre de sentiment. Mais c'était une question rhétorique, ma présence seule suffisait à prouver cela. La deuxième partie était plus importante. Ce que je voyais en elle, je me refusais de le lui dire. Je voyais en elle quelque chose de bien plus grand qu'elle ne le pensait ce que je voyais en elle ? Une collaboratrice, une immortelle quelqu'un de la même espèce que moi en sorte, je la traitais d'égale à égale en réalité. J'allais essayé de lui faire comprendre par divers moyens.

      « Ne dîtes pas de sottises milady, un artefact ? Vous êtes comme une muse pour l'homme que je suis. Vous pouvez vous targuer d'être une des personnes que je considère comme mon égal en ce monde. Puisque comme vous me l'avez dit, vous aussi avez à votre manière transcendé le genre humain. »


    Je reprenais à peine une respiration plus tard :

      « Et comme nous sommes dans le sujet d'égalité, permettez moi de prendre la revanche. »


    Je m'approchais simplement, en marchant d'un pas assuré jusqu'à me retrouvé devant elle, à cet instant j'empoignais ça nuque et la déplaçait délicatement vers la droite afin de dévoiler son cou et son épaule. J'y plantais alors moi aussi mes dents afin d'en retirer un plaisir. Un afflux sanguin se logea dans ma bouche, le goût n'était pas assez fin pour mes papilles gustatives, mais je l'avalais pourtant goulûment. Quand j'en eu fini, je remontais ma bouche encore pleine de son sang pour arriver à son oreille et je lui susurrais les mots suivants :

      « Après tout tu es mon égale, je peux donc aussi laisser libre cours aux démons qui sont en moi »


    Je lui léchais l'oreille alors que ma langue était encore rouge de sang avant de reculer afin de reprendre ma place d'origine. Je m'exclamais alors à nouveau afin de l'instruire un peu plus.

      « Vous voulez des informations et bien en voici une, ce pentacle à vos pieds est issu de la religion du Dieu Jashin et j'ai utilisé une formule trouvée dans un de mes vieux grimoires traitant de ce culte. Elle permet d'augmenter drastiquement la qualité du sang, en somme j'ai préparé assez de cadeaux à vous donner pour satisfaire toutes vos pulsions. C'était la première information, que me donnerez vous en échange, milady ? »


    Nous nous livrions à un jeu dangereux mais je pense qu'elle le savait, personne ne devrait savoir ce qui s'était passé exactement dans ma maison, ni ce qui se passerait ici non plus. Du moins toute l'excitation ambiante serait occulté des pages de l'histoire.
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Suna
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Message(#) Sujet: Re: Le prix du sang [Pv Yami] Dim 1 Mar 2015 - 12:09

Les paroles du Nidaime avaient quelque chose de bien mystique... Il me félicitait de faire partie du peu de personnes qu'il considérait comme son égal. Pourquoi cela ? Bien sûr je ne lui dévoilais pas mes faiblesses malgré qu'il avait pu de lui même en soutiré quelques unes mais je ne parvenais pas à voir en quoi j'étais supérieure au genre humain... Mon père m'avait expliqué la même chose. Les Ketsueki était au dessus des mortels basant leur existence sur des causes perdues ou sans importances : ils étaient loin de comprendre le vrai sens du monde. Leur existence pathétique était asservie par leurs lubies sans grande conviction. Mon clan avait une manière bien différente d'appréhender la vie alors qu'ils défiaient la loi du temps, jouant avec l'immuabilité tels les Dieux qu'ils s'apparentaient à être. Aare semblait tenir le même discours. Lui avait une emprise sur la mort quand je l'avais sur la vie.

Pourtant, malgré que je n'aimais pas l'admettre, je n'étais qu'un spécimen bafouée par la maladie, un être incomplet qui ne pouvait pas prétendre à la puissance de son clan déchu. Tout cela changerait si j'accédais à l'immortalité mais le sacrifice serait grand... la malédiction de voir les âges défilés sans y être affectée et de voir mes proches mourir un à un sans l'opportunité de construire une vie somme toute normale. En aurais-je simplement quelque chose à faire alors que je pourrais perdre une partie de moi-même ? Une partie de cette humanité que j'avais mis tant de temps à acquérir et au prix de nombreux efforts et tumultes... J'étais tout simplement perdue avec cette idée et las de devoir choisir une nouvelle fois entre ce que j'étais , je voudrais être et je pourrais être.

Aare me parlait de revanche tout en s'approchant de moi, j'imaginais dès lors qu'il allait reproduire le même traitement que je lui avais infligé, comme un miroir retranscrivant les faits dans un écho. Je n'opposais pas de résistance : il n'était pas un des miens et je n'avais guère à considérer cet acte comme une preuve d'asservissement. C'était même plutôt excitant de le voir agir par mimétisme et me suivre dans ma monstruosité alors qu'il était dénué de tout intérêt pour cet acte dont il semblait pourtant retirer de la satisfaction. Je sentais mon fluide s'écouler de ma peau jusque dans sa bouche alors qu'il l'ingérait pour l'assimiler à lui, partageant nos sangs dans un lien solennel.

Je sentais l'effluve de ma propre hémoglobine dans l'air, l'isolant de tous les autres donc j'aurais presque pu dire le nombre... Il y en avait tellement de différents parmi les formes minutieuses de ce pentacle... Il me murmurait alors qu'il souhaitait lui aussi exprimer ses propres démons ce qui me faisait étirer un nouveau sourire. Un jeu malsain c'était engagé entre nous, je le savais et pour l'heure, je n'avais aucune envie d'y mettre un terme alors que je m'amusais comme je ne m'étais pas amusée depuis longtemps... Il gratifiait mon oreille d'un coup de langue recouverte de mon élixir avant de s'éloigner, un brun provocateur, pour m'expliquer que ce pentacle était issue de la religion Jashiniste. J'avais déjà entendu parlé de ce culte vouant une adoration pour le sang. Il était stipulé dans nos grimoires qu'il s'agissait d'humains nous idolâtrant et souhaitant jouir des mêmes délices que nous tout en étant de sang impur à notre race noble et élitiste : de pâles copies des Ketsueki en somme... Il n'était donc guère étonnant qu'ils aient inventé tout un tas de rituels et d'incantations pour se rapprocher de notre condition naturelle.

Aare poursuivait son explication, m'intimant qu'il avait usé de l'un de leur rituel pour augmenter la qualité du sang : c'était donc pour cela que l'odeur m'avait paru si attrayante par rapport à tout ce que j'avais pu goûter jusqu'à maintenant... Il faisait mentions de cadeaux qu'il avait apporté pour satisfaire mes pulsions et cela sonnait presque comme s'il me voyait comme une certaine divinité à laquelle il devait faire offrande pour que je n'inflige pas la miséricorde.
Lorsqu'il me demandait ce que je lui donnerais pour cette information, je le targuais d'un sourire avant de m'exprimer :

« Je n'avais pas formulé cette demande d'information, vous l'avez fourni de vous même en cela je n'ai rien à vous offrir en échange. Toutefois, je peux bien vous faire moi même part de ce que je pense de ce Dieu Jashin, avis somme tout partagé par l'ensemble de mon clan qui l'a retranscrit dans ses archives... Les Jashinistes ne sont que les ombres de nous mêmes : de pâles copies voulant jouir d'un pouvoir qui ne leur ont justement pas été octroyé par la grâce de Dieu, c'est pourquoi ils se sont senti obligés de créer le leur... Néanmoins, il est stupide de s'accrocher à une divinité en laquelle je n'accorde pas le moindre regard. Là est leur erreur d'y reposer leur culte : les Ketsueki sont déchus et ne prêchent nullement la grâce de Dieu. Comme vous le dites et comme on me l'a maintes fois répété, mon clan n'a pas besoin de croire en une entité qu'il est lui même... »

Je le toisais, mon regard luisant d'intensité à son égard.

« La voilà votre information : à quoi voulez vous jouer maintenant ? »

Le défiais-je avant de poursuivre :

« Dites moi ce que vous savez sur l'immortalité... Je n'ai pas été très honnête avec vous : j'en suis sur la voie et bientôt je pourrais accéder à cette sainte consécration Ketsueki. Toutefois mon choix se fait hésitant sur le risque à prendre... »

Je pouvais bien m'entretenir sur le sujet avec un homme à même de me répondre...
Je n'étais plus vraiment moi même mais je n'étais pas non plus le monstre. Je gardais suffisamment de lucidité pour ne pas vouloir que les choses aillent trop loin et manquer de commettre des actes répréhensibles qui seraient en désaccord avec mon code de l'honneur et de l'éthique des shinobis que je m'évertuais à respecter bien que ma condition et mes pulsions me rappelaient très souvent à l'ordre pour y succomber...
Quel était cet homme en face de moi ? Avide de pouvoir et de jouissance ? Etait-ce vraiment le Nidaime ? Avait-il changé ou avait-il toujours été ainsi ? Jusqu'où était-il prêt à aller pour assouvir son désir ? Qu'attendait-il de moi ? Saurait-il se satisfaire d'une nouvelle vague d'extase ou en voudrait-il encore et toujours plus ? Comment pouvais-je le défaire de mon emprise ou au contraire comment pouvais-je la tirer à mon avantage ? …
Les dés étaient jetés et il n'était plus question de reculer...



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Iwa
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Message(#) Sujet: Re: Le prix du sang [Pv Yami] Dim 1 Mar 2015 - 19:55

Citation :

    Elle venait de refuser de me récompenser pour cette information sous prétexte qu'elle ne l'avait pas demandée pourtant c'était contraire à toutes les paroles qu'elle avait prononcées précédemment et je me décidais de le lui rappeler.

      «  l'information que vous me dévoilez est en soit une récompense, mais je me permets de vous rappeler vos précédentes paroles milady. Vous avez déclaré au mot près ''J'accepterais de me laisser aller à mes pulsions si vous me confiez quelques informations... '' ; Vous n'avez pas précisé que ce devait être celles que vous attendez très chère. Je n'aime pas que l'on change les règles en cours de partie, cela mériterait une sanction en général mais je passe pour celle-ci, à la prochaine par contre, je vous ferais goûter à mes véritables démons. Et je vous le rappelle je suis un Mamoru, l'Enfer est quelque chose de familier pour ceux de mon espèce. »


    A cela je lui adressais un regard sobre mais accompagné d'un dégagement de chakra impressionnant, cela lui laissait présager de ce que je voulais dire. Après quoi tout s'estompa et j'affichais à nouveau un regard chaleureux. J'avais appris certaines choses sur la différence entre un partisan de Jashin et un Ketsueki au final, c'était donc plutôt intéressant. Elle me demandait à quoi je voulais jouer maintenant, je la regardais laissant apparaître un petit sourire avant de répondre.

      « Je croyais que vous étiez en pleine tentative afin de me dominer milady. Et maintenant vous me repassez les rennes en me laissant le choix du jeu. Avez-vous peur d'échouer ? »


    Je lui adressais un regard plein de malice. J'appréciais réellement cette femme car elle représentait ce que je voyais pour le futur cadre dirigeant de notre monde. J'avais imaginé cela en rêve, un conseil d'immortel décidant entre eux des actions pour l'avenir de tous. Nous pourrions construire des projets sur des millénaires afin de bâtir l'empire le plus important qu'il soit. Mais pour le moment ce n'était qu'une simple chimère. Je décidais de reprendre la parole afin de lui répondre tout de même.

      « Nous jouons au même jeu vous et moi et ce depuis notre rencontre d'il y a deux semaines. On pourrait résumé cela par une sorte d'alternance entre le rôle de dominant et le rôle de dominé. Vous pouvez refuser cette vision des choses. Mais une chose est limpide pour moi milady. Si nous en restons aux mots, cette alternance peut poursuivre, cela me charme de parfois me mettre sous votre coupe. Mais il y a encore un écart énorme entre votre force et la mienne. Je souhaite que vous vous entraîniez sans relâche afin de devenir mon égal sur cet aspect aussi. Que je puisse tester mes limites dans un tout autre domaine. »


    Un instant plus tard.

      « J'ai répondu à votre ''information'', récompensez moi d'une valse ! »


    Je faisais apparaître depuis un sceau tout le matériel nécessaire et la musique s'enclencha, je prenais sa main encore chaude de toute l'agitation précédente, tandis que je passais ma main sur son dos. Les mouvements s’enchaînaient tandis qu'elle m'avouait un mensonge honteux. Elle n'était pas vraiment immortelle mais elle avait la possibilité de le devenir. Je la regardais tout en continuant mes pas de danse avant de m'exclamer de la manière suivante :

      « Je déteste le mensonge, milady. Même lorsqu'il ne s'agit que la moitié d'une tromperie. Enfin, vous souhaitez que je vous parle de ce qu'est la condition d'immortel. Soit. Mais soyez-sûr que je choisirai ma récompense dans les cris d'extase de votre âme. Et je n'aurais pas besoin de vous immobiliser cette fois. »


    Je lâchais un clin d’œil sur ces derniers mots, il me fallait maintenant reprendre la parole afin de lui expliquer ce qu’impliquait son choix.

      « Je vais vous dire ce que votre choix implique, car vous allez devoir faire face à quelque chose dont je souffre moi-même aujourd'hui. Milady, être immortel signifie d'accepter la mort. Mais pas la sienne, celles des autres. Vous allez les voir vieillir, vous allez les voir mourir, vous verrez ensuite leurs enfants puis leurs petits enfants, jusqu'à que la descendance elle-même de ces personnes oublient qui ils étaient. De ce fait, vu que vous avez conscience de cette réalité, vous commencez petit à petit à vous détacher des hommes et de leurs querelles, vous comprenez qu'ils sont insignifiants par rapport à ce que vous êtes, par rapport à ce que nous sommes. Votre cœur sombre par votre propre fait. Et si vous ne vous munissez pas d'un but, clair et précis, alors l'immortalité devient votre poison et vous vivez reclus condamner à la souffrance. Voilà Milady ce qu'est être un immortel. »


    Mais je continuais en lui apportant une lueur d'espoir, une lueur que j'entretenais moi-même.

      « Mais c'est aussi l'avènement de projet plus grand, car si une idée peut changée le monde, elle en a encore plus le pouvoir si des êtres comme nous la porte et ce pour l'éternité. Vous vous demandez sans doute depuis deux semaines ce que j'attends de vous, Ketsueki Yami. J'attends que vous oubliez l'image rigide de Shinobi, ne me voyez pas comme Araakoa Aare, voyez moi comme Mamoru Lessa, le transfuge, l'immortel. Je souhaite que nous autres qui avons été doté d'une vie sans fin, unifions le monde. »


    Encore un instant de pause avant de reprendre.

      « Vous ne me voyez pas comme un ami, je le sais et je le ressens. Je peux comprendre cela, je suis bien trop différent de vous pour être une personne appréciable. Mais si vous acceptez votre don, je serais avec vous à chaque période de cet infini qui s'offre à nous. Vous ne serez jamais seule, voilà mon plus beau présent. »


    Je m'étais un peu trop emballé durant cette danse, qui était maintenant terminée, je reculais de quelque pas avant de reprendre une voix malicieuse.

      « Bien, je vous ai révélé bien des choses et vous me devez une grande récompense, j'imagine. J'espère que vous allez être inventive. »


    Un clin d'oeil accompagnait cette phrase, un clin d'oeil puis des paroles, encore :

      « Si vous contentez mon âme cette fois, je vous donnerait une information de première importance, mais elle sera de mon choix, celle-ci. »
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Message(#) Sujet: Re: Le prix du sang [Pv Yami] Lun 2 Mar 2015 - 17:51

Aare n'était visiblement pas satisfait de ma réflexion concernant son information que je n'avais pas demandé et qui ne constituait donc pas un échange mais je n'étais nullement impressionné par son petit numéro de démonstration de force. S'il pensait m'intimider c'était raté... Cela me faisait même esquisser un fin sourire qui s'accentuait sur ses propos suivants.

« Il n'y a pas d'échec possible dans ce jeu d'égal à égal comme vous le dites. Je me contente simplement de vous demander quelle sera l'information que vous me demanderez ensuite maintenant que nous avons eu notre premier échange de connaissances : c'est à votre tour de bouger les pions... »

Je lui adressais un regard amusée et entendu. Oui c'était une partie d'échec qui se jouait. Nous profitions des mauvais placement de l'autre pour avancer et gangrener petit à petit ses chances de sorties. J'espérais que le jeu ne s'arrêterait que sur un échec et non un échec et mat mais rien n'était prévisible. Toutefois, je me plaisais à prendre part à son petit jeu sanglant même si ma raison m'intimait de le virer de chez moi où d'envoyer mes félins chercher mon supérieur. Cependant, je n'aimais pas dépendre des autres et cette affaire, qui me concernait directement pour le coup, ne pouvait être réglée que par mes soins. Quelque part, je ne souhaitais pas lui donner ce qu'il voulait car je savais qu'il userait de moyens peu recommandable : je venais de le comprendre, il était omnibulé par la grandeur et voulait tout contrôler et tout obtenir et cela peut importait le prix visiblement. J'avais vraiment dû mal à croire que c'est homme avait été un jour notre Kazekage... Il semblait sage et érudit d'un œil extérieur et érudit il l'était mais la sagesse n'était que la partie visible de l'iceberg, la mégalomanie constituait celle qui restait dans l'ombre de la première : ce qui en faisait un homme très dangereux.

Chacun de nous possédait ses démons et j'étais mal placée pour en juger mais ses caprices pouvaient très bien nuire à Suna ou du moins au village tel que nous le connaissions aujourd'hui...
J'étais attentive quant à la vision qu'il avait de notre relation. Il était vrai que nous avions tout deux pour objectif de prendre l'ascendant sur les autres, nous confrontant aux deux caractères dominants qu'était les nôtres. J'arquais un sourcil lorsqu'il exprimait mon manque de puissance comparativement à la sienne. Je ne pouvais le nier, il avait vécu près de soixante-dix années pendant lesquelles il avait pu accroître sa puissance et moi, dans la fleur de l'âge et malgré ma maladie, je parvenais à être plus puissante que beaucoup... Bientôt, avec l'immortalité, cet écart-ci ne paraîtrait plus...

L'atmosphère changea drastiquement alors qu'il laissait place à la musique et à la danse qu'il me sollicitait. Je n'étais pas une très bonne danseuse malgré mon rang mais je connaissais la valse pour l'avoir apprise d'Oniri. Mon mensonge me fut réprimandé comme à une enfant que l'on sanctionnait pour cet acte. Or je n'avais rien d'une enfant : je n'avais pour ainsi dire pas eu d'enfance, et ce n'était pas cet homme qui allait me forcer au repenti. Toutefois je l'écoutais parlé de l'immortalité. Ces propos étaient intéressants et étaient les mêmes que ceux prononcés par mon paternel. Toutefois, contrairement à ce dernier, Aare évoquait principalement les inconvénients de la malédiction alors qu'Eien n'y avait consacré qu'un maigre partie comparativement à tout ce qu'il annoncé sur la bénédiction de ce « don ». Il avait même prôner qu'il s'agissait de l'accomplissement d'un Ketsueki et que les conséquences n'étaient rien comparativement aux possibilités que notre existence indéterminée nous permettait. Mon père n'avait que faire des autres. Je me demandais si cette froideur était naturelle, tout comme je l'étais autrefois, où s'il avait subi le schéma des amitiés terminées par le passage de la Faucheuse, de la tristesse, la culpabilité puis le détachement et enfin la solitude... Il l'avait dit, sa vie touchait bientôt à son terme comme s'il ne comprenait pas que maintenant que je l'avais découvert, je voulais qu'il l'a prolonge encore de longues années pour rattraper le temps perdu sans lui. Il était ma seule famille mais semblait éreinté par la vie pour laquelle il jugeait avoir encore quelques objectifs à accomplir... Que valait une éternité de solitude comparée à un laps de temps limité empli de chaleur et d'échanges ?

Finalement, Aare exposait les avantages, m'intimant également ce qu'il attendait de moi : unifier le monde grâce à notre vie éternelle. Il voulait que je le vois comme Mamoru Lessa... Qui était-ce ? Une autre identité ? Pourquoi ? Quelle était la vraie ?

« Je comprends votre vision des choses en revanche je ne dis pas non plus que je l'approuve. Ne trouvez vous pas que réunir le monde sous un seul et même insigne est un peu utopique ? Les conflits existeront toujours à travers les âges : ainsi est faite l'humanité. Ils courent après toujours plus de pouvoir et s’entre tuent pour être celui qui pourra en jouir. Ils n'ont pas conscience que le sang versé est également le composant qui maintien leur propre existence et qu'à force de trop le faire couler il pourrait bien en perdre le leur... »

Les Ketsueki avait donc le pouvoir de laisser la vie mais également d'apporter la mort, jugeant les péchés et punissant les blasphémateurs dans les limbes ou en gratifiant les autre dans le purgatoire.

« Il y a peu de personnes qui peuvent se vanter de faire partie de mon cercle d'amis : je ne donne pas facilement ma confiance... »

Et à vous je sais déjà que je ne vous la confierais jamais... voilà ce que j'avais failli ajouter. Moins j'avais de personnes que je jugeais proches mieux c'était. Il n'y avait cas voir comment je m'étais retrouver détruite à travers eux, leurs actions ou leurs décisions me concernant. Si l'amitié signifiait souffrir alors autant perdurer seule et ne compter que sur soit même. Lessa me disait qu'il serait avec moi à travers les âges et que de ce fait, je ne serais jamais seule. Présenté ainsi il était vrai mais puisqu'il ne serait jamais un ami...

« C'est tout à votre honneur mais que pourrais-je faire de la présence d'un homme que je connais depuis des siècles ou des millénaires mais pour lequel je n'éprouve pas la moindre amitié mais simplement une quelconque sympathie? »

Là dessus, la danse se terminait alors qu'il me demandait d'être inventive pour le remercier tout en ajoutant qu'il me fournissait une information de première importance si j'y parvenais. Je lui adressais dès lors un nouveau sourire et un regard appuyé.

« Vous ne parviendrez pas à attiser ma curiosité. Je ne m'abaisserais pas à manger dans votre main pour que vous me révélez ce qui vous brûle les lèvres... »

Et que vous finirez de toute façon par m'apprendre. En revanche il était vrai que je devais le gracier pour ce qu'il venait de faire.

« Je vous aurais bien fait faire le tour du manoir pour vous présentez quelques uns de ses secrets mais je crois que vous voulez rester près de votre précieux dessin... »

La cave aurait été un bon endroit pour un Mamoru. Il aurait même pu apprendre des choses que j'ignorais de la part des torturés de Megami. Il voulait de l'extase, il fallait donc du sang ! Que pouvais-je bien faire pour le contenter ?
Je sortais un kunai de ma sacoche et je m'entaillais la paume des mains, m'accroupissant pour dessiner un pentagramme dans lequel je me trouvais. Le lien entre mon sang et le sien désormais présent dans mon organisme, était opérationnel. Mes yeux luisaient de l'intensité propice à la chasse alors qu'il devenait proie...

« Vous voulez que je connaisse l'extase ? Pour ce résultat il faut allier deux ingrédients immuables : l'affliction et l'hémoglobine ainsi que l'effet de surprise pour accentuer le tout... »

A ces mots, n'écoutant plus que mes pulsions et ma soif sans borne, je plantais un kunai dans ma cuisse, m'arrachant un cri de douleur couplé a un flot de mon propre élixir. Je ne retirais pas de plaisir de mes blessures mais des siennes... Car oui maintenant que la jonction était faite, il subissait lui aussi les affres que je m'infligeais.

« Vous souhaitez unifier le monde ? Commencez déjà par créer la communion entre nos deux êtres... »

Ivresse, exaltation, délectable... tels étaient les mots résonnants dans mon esprit face à ce spectacle mirifique. J'avais vu la surprise dans son regard, un instant mais une seconde suffisante qui m'avait plu énormément... Je ne pourrais sans doute plus obtenir cette expression si belle... Mais je ne pouvais pas m'arrêter là... Je savais qu'il lisait à travers mon âme et de sa souffrance naîtrait l'extase : en soit, contrairement à tout mes adversaires auquel je pourrais infligé ce supplice délicieux, il serait le seul a pouvoir ressentir mon extase. Nous étions tels des miroirs, moi ressentant la jouissance plus que la souffrance et lui les percevant en sens inverses.

Le kunai se plantait frénétiquement dans ma chair à divers endroits alors que son corps se maculait de son propre élixir, s'échappant de lui sans même ma lame. Je léchais la pointe de mon arme m'entaillant légèrement la langue tandis que mes yeux n'étaient qu'euphorie, mon sourire carnassier en témoignait alors que j'étais exaltée par ce que je faisais. J'observais son nectar qui s'échappait intensément lorsque je retirais le projectile de mes propres meurtrissures. Mes mains tremblaient d'excitation face à ce spectacle malsain alors que je m'automutilais. Mon visage impassible, quant à lui, était bel et bien terminé, ne laissant de place plus qu'à l'euphorie, la divagation et la contemplation de mon art et du spectacle qui s'offrait à moi sous mes yeux ébahis.

Soudainement, mes traits reprenaient leur sérieux, le kunai se rapprochait de ma gorge, voulant le laisser observer la mort de près alors que j'avais le pouvoir de la lui donner... Je pouvais toujours empêcher mon hémorragie et refermer mes blessures dans mon cas mais lui n'avait pas de filet capable de le protéger instantanément... Mon regard et la tension était palpable alors que l'atmosphère s'était alourdie pourtant, j'abaissais le kunai et partais dans un éclat de rire. Non je ne prendrais pas sa vie mais je n'avais pas agit ainsi par simple jeu même si je laissais prétendre le contraire. J'étais en mesure d'attenter à son existence et il ne devait pas l'oublier : après tout nous étions égaux non ? S'il pouvait prendre ma vie, je pouvais allègrement prendre la sienne...



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Message(#) Sujet: Re: Le prix du sang [Pv Yami] Mar 3 Mar 2015 - 23:34

    Elle avait cernée mon plan bien plus vite que je l'aurais cru. Elle comprenait ce que je souhaitais faire. Que je souhaitais gouverner le monde des hommes. Mais elle trouvais mon point de vue un peu trop utopique, c'était à moi de lui faire changer d'opinion, comme elle avait changée en bien des égards à mon propos, depuis notre petite entrevue d'il y a deux semaines.

      « Vous trouvez ça utopique et pourtant. Même si nous ne sommes pas en mesure de réduire à zéro le nombre de pertes, nous serons en mesure de diminuer les conflits et d'entrer dans une ère de paix internationale. Et là est le plus cher de mes vœux. A moins que ce que vous souhaitiez soit la guerre et le chaos milady, et à vrai dire je ne doute pas qu'une part de vous la désire. Une effluve de sang mondiale. »


    Elle me parla ensuite d'amitié et qu'elle ne me l'accorderait jamais, même un millénaire plus tard. Qu'elle n'éprouvait qu'une quelconque sympathie à mon égard. A cela je ricanais tout en reprenant la parole.

      « Une quelconque sympathie. C'est si joliment dit. En vérité nous ne sommes pas amis, c'est certains, mais nous avons une relation complexe où chacun trouve son compte. Avouons-nous la vérité milady. Vous aimez cette relation. C'est sans doute la première fois que vous rencontrez un être qui vous permet de relâcher toutes vos pulsions et qui en accepte la portée. Qui accepte votre soda-masochisme, puisque en définitive c'est ce que c'est. Je l'accepterai toujours puisque la vérité est que j'y trouve moi aussi mon compte. Mais ne nous voilons pas la face, nous prenons tout deux du plaisir à jouer à ce petit jeu. »


    Du plaisir oui, ce n'était rien que cela, un plaisir solitaire à deux. Nous jouions chacun de notre côté en prenant en compte l'autre mais pour en retirer du plaisir personnel. Je me servais d'elle comme miroir et en m'infligeant ou en lui infligeant des choses je parvenais à contenter mon propre désir. Quant à elle, en buvant mon sang ou en me faisant mal elle recueillait ce qu'elle adorait le plus au final. La souffrance et le sang. Enfin elle parlait de manger dans ma main, pour ma part elle y mangeait déjà, sans même s'en rendre compte. Puis elle parlait du manoir, ce à quoi je répondis.

      « J'ai déjà ressenti les esprits de votre cave et ceux-ci étaient tourmentés, je n'ai pas besoin d'en voir plus. Leurs âmes me raconteront déjà tout cette nuit. Car voici le revers de la médaille, je suis visité en rêve par chaque âme que j'ai rencontré. »


    Elle se mit alors à dessiner un drôle de cercle de sang, représentant un symbole. Avant de me dire que si elle voulait connaître l'extase il lui fallait deux choses, affliction et hémoglobine ainsi qu'un effet de surprise. Elle se planta alors un Kunaï dans la cuisse, mais c'est un cri de ma bouche qui sortait. En effet la blessure apparaissait sur elle-même ainsi que sur mon être. Il semblerait que je ne serais pas le seul à me servir de mes pouvoirs aujourd'hui. Mais malgré tout je sentais l'extase s’emparer d'elle, alors je me laissais faire.

    Elle l'avait atteint à nouveau le nirvana si convoité, elle l'avait atteint en se mutilant à plusieurs endroits du corps, cuisse, côtes, avant-bras, hanche, épaule, langue. Tout y était passé, j'eus un instant de stupeur lorsqu'elle présenta la lame à sa gorge, stupeur qu'elle put lire dans mon regard. Je gisais à présent sur le sol. Mais ce n'était pas la douleur qui prédominait même si elle était omniprésente à cet instant. Non, le premier sentiment que je ressentais était l'extase. Il parcourait mon être. Il n'y avait plus que cela dans mon esprit. Une lumière abondante couvrait mon regard, c'était le paradis. J'aurais souhaité partagé cela avec quelqu'un d'autre qu'avec elle, vraiment. Malheureusement, elle était la seule capable de créer ce lien, et elle était la seule à pouvoir faire naître ce sentiment. Nous aurions cela pour nous, pour l'éternité. Ce plaisir solitaire à deux.

    Bien, mon âme ayant été contenté, il était temps de reprendre mon rôle de dominant, après tout, il n'était pas question que cela se termine comme cela n'est-ce pas ? Moi Jonchant sur le sol et elle ne subissant rien ? Cela aurait été trop facile. En plus pendant un instant elle avait pu lire un sentiment de peur sur mon regard, il était temps que je lui rende cela. Je fixais la jeune femme de mon regard afin de l'immobiliser. Je me relevais tant bien que mal avant de m'approcher d'elle et de m'exclamer.

      « Menacer de vous trancher la gorge pour me donner le sentiment de peur était de trop milady, je vais aussi vous faire goûter à ce sentiment, mais avant un dernier cadeau pour vous remercier. »


    J'empoignais un Kunaï et m'approchait d'elle afin de lui couper l'épaule, coupant par la même occasion la mienne. Du sang se mit à couler de la plaie. Je mis ma main sur ses hanches et je commençais à planter mes dents sur son corps, j’enfonçai alors un kunaï à l'intérieur afin de rendre la plaie plus profonde et me mit à lâcher un râle de douleur. J'enfonçais alors ma langue dans sa plaie à elle, afin qu'elle sente cet aspect rugueux mais qui pouvait s'avérer délicieux pour quelqu'un comme elle. Mais après le plaisir il était temps qu'elle goûte à la peur.

    Je m'écartais un peu et activait les quatre sceaux à ses pieds. Une prison apparue. Elle était fermée par six murs d'un métal translucide me permettant de bien voir la scène. Une boite remplie de sang pour l'occasion. Elle allait se noyer dans le liquide qu'elle aimait le plus au monde. Je la gardais immobilisée par mon genjutsu à l'intérieur. Et même si elle parvenait à s'en libérer, des sceaux pouvant aspirer des techniques shinobis étaient disposés sur chaque face. Je comptais les secondes, lorsque cela fit quarante-cinq secondes et que je la voyais commencé à suffoquer, j'attendais encore quelques secondes de plus avant de rompre la prison, laissant le sang s'écouler abondamment sur le sol. Je la fixais alors avant de m'exclamer.

      « Vous l'avez dit, nous ne sommes pas amis, nous partageons des sentiments et des jeux ensemble. Ne doutez jamais que je vous rendrait l'appareil si vous menacez de me tuer. »


    Je la laissais reprendre son souffle, me préparant à l'immobiliser à nouveau si elle tentait de se planter quelque chose dans le cou. Le Genjutsu avait l'avantage pratique d'être très rapide d'exécution. Mais il était maintenant temps que nous parlions de sa surprise. Je m'exclamais donc.

      « Malgré tout vous m'avez contenté et je me sens à nouveau pleinement vivifié. Je vais donc vous récompenser à mon tour. En revanche vous n'allez pas apprécier. »


    Une respiration et je continuais.

      « Akuzu Shinji avait scellé un pacte avec moi me donnant tout droit sur son âme. Je vous raconte cela car j'ai fais espionner Shinji par l'intermédiaire de Ta pendant presque un an. Je connais donc la relation que vous entreteniez avec ce jeune homme. Toujours est-il que j'ai perdu sa trace il y a peu. Cela signifiant que le sceau que je lui avais apposé à cesser de fonctionner et que donc soit il a réussi à l'enlever, soit il n'est plus. »


    J'étais assez peiné de lui annoncer cela mais pourtant je devais le faire.

      « Je suis désolé. J'ai parcouru le royaume des âmes à sa recherche et je l'ai trouvé. Voilà donc cette information. Votre ancien ami et amant, est mort. Ne me faîtes pas l'audace de ne pas croire mes dires car je peux les prouver si nécessaire, mais vous n'aimerez pas ça. »
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Message(#) Sujet: Re: Le prix du sang [Pv Yami] Mer 4 Mar 2015 - 20:31

Aare exprimait clairement son souhait alors que je n'avais émis que des suppositions évasives par rapport à ce qu'il avait pu me dire. Bien sûr, j'étais certaine qu'il ne me dévoilait pas tout et que son plan ne se résumait pas à une « simple » paix internationale entre immortels gouvernant le monde. Il n'hésitait d'ailleurs pas non plus à expliciter mon enfin de chaos pour que le sang coule et je ne pouvais contredire ce propos si fidèle à ma nature mais hormis ma soif insatiable, j'étais plutôt d'humeur pacifiste et ne tuais que lorsque c'était nécessaire ou que l'on m'importunait. Pour autant, je n'avais aucun scrupule à prendre la vie des innocents si cela était dans mon propre intérêt.

Il évoquait ensuite notre relation, affirmant que je me complaisais ainsi puisque je pouvais être celle que j'étais vraiment en sa compagnie, laissant mes pulsions et ma soif me dicter mes actions : cela était vrai mais j'avais de la peine à le réaliser et, même si actuellement je n'étais plus en mesure d'aligner des pensées claires à ce propos, je me devrais faire un travail sur moi même pour parvenir à refréner mes ardeurs et calmer ma soif de sang, sans quoi, mes démons me rattraperont toujours inexorablement et ne me permettront pas l'adaptabilité que je peux avoir pour me fondre dans la masse et vivre pour mon village en qui j'accorde mon existence. Mon clan déchu m'a abandonné, j'ai grandi sans leur présence, Suna est ma seule famille, aussi détestée l'avais-je pu l'être ou l'étais-je encore.

Aare parlait de plaisir mutuel. Au final, nous ne faisons que jouer, testant l'autre pour en ressentir une certaine satisfaction et obtenir l'extase que nous pouvions atteindre par le biais de l'autre. C'était une relation complexe non basée sur l'affection. Je n'appréciais pas cet homme mais je le tolérais parce qu'il était capable de me fournir ce que je souhaitais obtenir tout comme l'inverse était vrai. Je ne faisais que répondre à ses provocations alors que lui souhaitait combler sa frustration tout en cherchant à en apprendre davantage sur moi qui était, semblait-il, une potentielle alliée dans sa démarche d'unification du monde. En somme, il s'agissait d'une relation malsaine basée sur l'avidité et aucunement de la complicité ou de la confiance, bien loin de là. J'étais peut-être en proie à mes noirs desseins mais je n'en restais pas moins méfiante à son égard.

Son discours se portait ensuite sur les âmes torturés qui venaient lui parler dans son sommeil et j'imaginais assez mal une nuit réparatrice de cette façon : cela devait s'avérer contraignant mais je n'allais pas le plaindre.
Mon petit manège eut d'ailleurs l'air de le contenter alors qu'il en résultait pour moi un plaisir infini ! C'était tellement bon ! Tellement enivrant de ressentir tout cela alors que l'effluve de son sang était délicieusement plus attirante encore ! Malgré cette jouissance et ma respiration rapide et saccadée, je n'étais jamais rassasiée, ce n'était pas quelque chose dont on pouvait ce passer allègrement.

Il n'en avait visiblement pas fini puisqu'il s'approchait de moi, m'entaillait avec un kunai et s'infligeait le même châtiment plus profondément encore, me mordant pour refréner son cri de douleur qui se transformait en excitation supplémentaire pour moi. Je sentais sa langue malmené ma plaie et je ne pouvais m'empêcher de serrer les dents un instant de douleur. Mon hall ne ressemblait plus à rien si ce n'est un champ de bataille, couvert de sang et arborant deux pentacles de rituels funeste. C'était macabre et divinement exquis.

Soudainement, je me retrouvais emprisonnée dans une prison translucide remplie d'un liquide dont je n'avais aucun doute : du sang. J'aurais pu trouver cela fort plaisant si j'avais de quoi respirer mais ce n'était pas le cas : j'allais me noyer dans ce que j'affectionnais le plus... douce ironie. Non sans tenter, j'ingérais le sang de la boite, tentant de découper les paroi en le condensant mais je n'y parvenais pas ! Je buvais le fluide sans pouvoir l'utiliser, comme si je m'abreuvais de n'importe quel boisson standard. La frustration s'emparait de moi, couplé à une crainte qui commençait à croître. Je ne pouvais absolument rien faire. Je collais mes mains aux parois, cherchant à la pousser vainement en espérant parvenir à la fissurer ou la faire céder mais c'était un alliage différent du verre et elle semblait être parcouru de sceau. Lui aussi devait ressentir ma peur à travers mon âme et je ne voulais pas lui donner ce plaisir tant et si bien que je l'observais en tentant de garder mon calme a travers le vermeil du nectar, m'octroyant une vision panoramique rougie. Malgré moi, la crainte m'assaillait et je perdais doucement mes forces, ma vue se floutant peu à peu alors que je n'avais désormais plus d'oxygène. J'allais mourir ainsi ? Vraiment ?
Comme une rédemption sans appel, la cage se brisa , me laissant tomber sur le sol, pantelante alors que je toussais pour reprendre mon souffle et que je crachais des gerbes de sang. Je pataugeais dans du sang qui n'était pas le mien et alors que j'avais frôlé la mort, je parvenais encore à trouver une certaine satisfaction à ce spectacle.

Aare me crachait son venin, cherchant à me rappeler qu'il n'hésiterait pas à me tuer lui non plus si je le menaçais. Ce qui me laissait supposer que mis à part ça, il n'attenterait pas à ma vie, pour autant, je ne lui accordais toujours aucune confiance... Je respirais avec peine, comme si mon système respiratoire lui même n'était plus habitué a faire circuler l'air dans mes poumons au point de me brûler la gorge a chaque quinte de toux violente. Je me redressais difficilement mais rapidement, ne voulant conserver cette posture de faiblesse face à lui. Trempée de la tête aux pieds, je l'observais avec dédain alors qu'il me parlait d'une information que je n'allais pas apprécier.

Il m'expliquait que Shinji avait pactisé avec lui visiblement, pour une raison qui demeurait obscure... Je ne comprenais pas pourquoi il avait donné son accord à cet homme … Que lui avait-il promis en échange ? Alors même qu'il évoqua Shinji, mon état euphorique qui perdurait encore quelque peu se résorba de lui même, me laissant comme je l'étais d'ordinaire, en pleine possession de mes moyens, loin de ma soif tiraillante. Mes yeux exprimaient mon désarroi au fur et à mesure qu'il parlait, m'avouant qu'il connaissait la nature de la relation que j'avais entretenu avec lui et m'annonçant sans autre forme de procès qu'il était mort. Le temps s'arrêta autour de moi. Je ne fixais plus rien de précis, perdant mon regard dans le vague alors que mon esprit demeurait vide.

« Ce n'est pas possible... »

Lui disais-je simplement. Le poing serré, je défiais le Nidaime d'une lueur hostile.

« Je ne vous crois pas. »

J'étais dans le dénis, il n'avait vraisemblablement pas l'air de me mentir et il souhaitait percevoir ma joie pour se combler pas ma souffrance : pour ça, il s'agissait de mon domaine. Je le défiais du regard, les yeux exultants ma colère et larmoyants de tristesse.

« Si vous avez des preuves : montrez-les ou taisez-vous ! »

Je ne voulais plus jouer, ses propos m'agaçaient ! Shinji ne pouvait pas être mort ! Non il n'en avait simplement pas le droit... Je passais une main tremblotante sur mon visage défigurée par la crainte et la fatalité : et si c'était vraiment le cas ?! Notre dernier échange avait été houleux alors que haine et sentiments s'étaient dressés sur notre chemin. Pour autant, je m'occupais de son bar en son absence comme il me l'avait demandé pour lui rendre service car, malgré tout ce qu'il était et ce qu'il avait pu me faire subir, je l'avais aimé. Nos points de vues divergeaient sur la façon d'aborder le monde ou notre relation et ce sont ses aspects de nos caractères qui ont fait que notre histoire n'était pas possible, pour autant je ne pouvais pas nier l'évidence, des traces de sentiments perduraient dans le temps et je ne pouvais accepter son trépas.

Je m'approchais à pas chancelant d'Aare, n'étant plus que l'ombre de moi-même et posais mes mains flageolantes sur ses épaules auxquelles je me cramponnais avant de le regarder dans les yeux, affichant toute ma perdition et m'exprimant d'une voix presque muette et saccadée de tremblements :

« Vous... mentez... »

Mon cœur était à l'agonie et mon esprit était brisé devant cette effroyable vérité...




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Message(#) Sujet: Re: Le prix du sang [Pv Yami] Mer 4 Mar 2015 - 22:23

    La réaction fut immédiate et douloureuse. Tout d'abord elle se montrait hostile à mon égard, elle avait le point serré et tandis que du sang suintait encore de mes blessures tout comme des siennes, je sentais qu'elle était prêtre à me bondir dessus pour se venger de la condition de son ancien être aimé. Elle lançait alors qu'elle ne me croyait pas. Je pouvais comprendre qu'elle ait des doutes, mais après tout quel aurait été mon intérêt de lui annoncer ça de cette manière. Des larmes commençaient à perler sur ses yeux et son âme chagrine, je pouvais la sentir tout particulièrement. C'était encore une fois le point faible de mon pouvoir, je ne voulais pas entendre cette mélodie. Je ne voulais pas comprendre cette tristesse. Malgré tout il y avait ce côté beau propre à l'homme, ce côté d'être précieux que l'on perd. Elle s'exclamait à nouveau, m'ordonnant de dévoiler mes preuves ou de me taire avant de continuer quelques secondes plus tard par du déni, encore une fois.

    Elle était chancelante, elle titubait pour s'approcher de moi, son être n'était plus qu'un profond abysse, voilà ce que j'avais en face de moi. J'aurais pu si je le voulais, à ce moment précis, la dominer totalement, faire d'elle ce que je voulais. Mais quel était l'intérêt ? Car au final, elle était celle qui avait raison depuis le début, il n'y a rien de pire que d'être seul et dans ma profonde solitude, ce petit jeu entre nous m'apportait une compétition, une compétition pouvant se dérouler sur des millénaires. Je ne souhaitais pas l'asservir, je souhaitais qu'elle me résiste, qu'elle essaie de me soumettre à son jugement. Mais au fond de moi, je souhaitais aussi qu'elle me fasse confiance, qu'elle puisse me comprendre, qu'il y ait un nous existant quelque part au fond de cet être. Je ne parle pas d'amour bien entendu, je ne parlais que d'une réelle amitié. J'avais beau dire le contraire, j'entendais cette petite voix au fond de moi qui me chuchotait, tu es seul.

    Elle se cramponnait à mes épaules et me regardait dans les yeux d'un regard vide et sans que je ne comprenne pourquoi, sans doute car je partageais sa tristesse et que je me rendais compte qu'au final je venais de perdre dans sa non-volonté de combatte quelque chose de précieux, des larmes s'agglutinèrent à mes yeux avant de glisser le long de mes joues. Et alors je fis quelque chose que je ne me voyais faire en aucune mesure, j'approchais la jeune femme de mes bras et l'enlaçait. Une main posée sur le haut de son dos tandis que l'autre était posée sur sa splendide chevelure de jais. Quant à moi je fixais l'horizon laissant mes larmes couler à flot. Je ne comprenais pas, je ne comprenais vraiment pas.

    J'étais né pour dominer les autres, pour forcer ceux qui pensaient être mes égaux à courber l'échine devant moi et là j'étais en train de la traiter en égale, en train de compatir plus que je l'aurais fais pour aucun autre. J'étais en train de pleurer pour elle. Je ne comprenais même pas les sentiments qui peuplaient mon corps. Nous restâmes là de longues minutes où j'essayais de contenir sa tristesse par mon étreinte, où je ressentais chaque tremblement de son corps. J'avais parcouru ma main à plusieurs reprise dans ses cheveux. J'avais aussi posé mes lèvres sur ceux-ci. Et si elle avait été attentive dans son malheur même si je doute que ce soit le cas, elle avait même pu sentir l'humidité de mes larmes s'écouler sur son crâne, elle avait aussi pu sentir mon cœur battre au même rythme que le sien, partageant sa souffrance. Lorsque ce fut enfin calmé, ou tout du moins que son âme s'était stabilisée, je profitais du contact entre nous pour faire quelque chose sans qu'elle s'en rende compte. Je liais nos êtres et nous transportaient au monde des esprits.

    C'était un monde en blanc, une copie réelle du notre mais monochrome, bien que différentes teintes existaient ce qui nous laissait percevoir la forme des bâtiments et des objets. Même dans ce lieu, on pouvait se rendre compte de l'émotion que nous dégagions, cela avait pour conséquence d'éloigner les esprits bienfaisants de nous et d'attirer les démons. Mais j'étais là pour elle, j'étais là pour la guider et lui montrer. Je m'exclamais à son intention.

      « Nous sommes dans le monde des esprits, je vais te montrer la preuve que tu souhaites tant voir. Mais garde toujours ta main dans la mienne, si notre lien est rompu, tu seras réexpédiée dans ton corps. »


    Je reprenais après un simple temps mort :

      « Ce monde est peuplé d'énergie, chaque boule d'énergie que tu vois est une âme, je vais t'amener à celle de Shinji, tu ne pourras pas l'entendre car pour l'entendre il faut parler leur langage et je suis le seul à pouvoir le faire. Enfin ne lui parle pas. Tu n'es pas un esprit et si un mortel s'adresse à un esprit tu risques de perturber l'ordre. Mais je t'expliquerais tout ça quand nous serons rentré à Suna. »


    En un instant et parce que la vitesse d'une âme est bien plus rapide que celle de la lumière, nous nous retrouvâmes devant l'âme de l'Akuzu. Grâce à mes pouvoirs, la boule d'énergie reprenait la forme qu'il avait autrefois. Il souriait. Il venait de reconnaître la personne qu'il avait prêter serment ainsi que celle qu'il avait aimée. Elle pouvait le voir. Mais je laisserai pas le temps d'agir je formulais simplement un simple :

      « Repose en paix »


    Avant de rompre le lien et de nous renvoyer chez nous. En effet, j'avais senti la présence de démon attirer par l'amertume de nos âmes et je ne pouvais clairement pas laisser la sienne se faire dévorer car même moi j'aurais du mal à la ramener. Nous étions de retour dans la position initiale de départ, l'un enlacé dans l'autre. Je relâchais mon étreinte et me mis à m'exclamer à nouveau.

      « Tu as maintenant la preuve que tu souhaitais, mais au final cela ne t'as rien apporté de plus, si ? Hormis la confirmation de tes doutes ? »


    Je n'avais pas de mot rassurant, je n'étais pas doué pour ça, autant j'avais la parole facile dans bien des cas, autant je n'avais jamais réussi à consoler les gens de manières efficace. Ça, seul mes bras savaient le faire.


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Message(#) Sujet: Re: Le prix du sang [Pv Yami] Jeu 5 Mar 2015 - 14:27

Music ♫:
 

Je me cramponnais à lui, exultant ma hargne, mon désespoir et ma tristesse à son encontre. Je n'étais plus que la cible de mes propres sentiments, submergée par ces derniers qui m'enraillaient dans une profonde affliction. Avais-je déjà côtoyé la mort de l'un de mes proches d'aussi près ? Non...Si ce n'était Megami mais puisque je l'avais toujours perçu par la suite comme ma Némésis, l'enfer de mon existence et que j'avais appris il y a peu que cette infâme succube n'était autre que ma mère je ne pouvais pas dire que j'avais ressenti la même chose... Shinji avait été aussi un abruti par bons nombre de ses actions mais il avait aussi sa sensibilité qu'il m'avait prouvé plus d'une fois.

Mes yeux larmoyaient et des larmes finissaient par rouler sur mes joues alors que j'observais celle du Nidaime. Pourquoi pleurait-il ? Se moquait-il encore de mort ?! Partageait-il la souffrance de mon âme ? POURQUOI ?! J'avais envie de le lui hurler au visage mais je n'étais pas capable de produire un son, perdu dans les abysses, sombrant dans ma peine comme si l'on venait de m'arracher l'une des choses les plus précieuses de ma vie... Mon cœur avait mal, mon esprit était en miette. Qu'avais-je fait pour mériter un tel courroux ? Pourquoi la Mort m'avait-elle pris le premier homme auquel je m'étais donnée et avec qui je m'étais tant confier sur mon existence ?!

Aare m'enlaçait et je ne me débattais pas. Les larmes avaient coulées silencieusement jusqu'ici mais dès lors que mon visage était enfoui contre son buste, je ne pouvais plus retenir mes sanglots et toute mon amertume. Même dans un moment pareil je restais un temps soit peu forte, cachant mon faciès ternie par les perles salines et les traits de mon désespoir. J'étais parcouru de tremblements incontrôlables alors même qu'il tentait de m'apaiser par ses gestes mais rien n'y faisait : c'était bien trop douloureux. J'aurais préféré subir plusieurs fois le supplices de la prison à y voir défiler ma vie que d'apprendre cette funeste nouvelle !

Nous étions couverts de nos propres sang et j'étais trempée de la tête aux pieds par d'autres dont j'ignorais la provenance mais plus rien n'avait d'importance : je n'en avais que faire. Les minutes défilaient ainsi alors que j'alignais de nouveau deux ou trois pensées et que j'entendais Aare me dire que nous nous trouvions dans le monde des esprits et qu'il allait me montrer la preuve de ce qu'il avançait. Je me reculais de lui alors qu'il m'attrapais la main et me demandait de ne pas le lâcher où je retournerais dans notre univers. J’acquiesçais mollement à sa demande, me contentant de le suivre dans un environnement bien étrange... Tout était blanc et il y avait quelques nuances de noir aussi... Beaucoup de sphères épurées lévitaient devant nous : des âmes. Même si je ne possédais pas le pouvoir d'en apprendre sur elles, je sentais l'énergie mauvaise de certaines, bafouées par la corruption. Aare m'apprenait que je ne devais pas tenter de communiquer avec elle où je perturberais l'équilibre mais j'étais trop rongée par l'affliction pour faire ou dire quoique ce soit de toute façon : en tout cas, c'était ce que je croyais.

Après quelques instants, nous parvînmes devant une autre multitudes de boules immaculées mais l'une d'elles se détachaient du lot sans que je ne puisse comprendre pourquoi. Soudainement, la sphère d'énergie prenait forme et Shinji apparaissait devant moi tel une ombre fantomatique. J'écarquillais les yeux instantanément devant cette vision. Il souriait et moi je pleurais. Je pleurais encore et encore devant la preuve que j'avais demandé et que je ne pouvais désormais plus nier. Je tendais mon bras libre vainement vers lui comme pour l'attraper, sentir le moindre contact, la moindre chaleur de sa peau que j'avais goûté quelque fois. Je voulais le serrer dans mes bras et le ramener avec moi, faire table rase du passé juste pour le retrouver. Il n'avait pas le droit de mourir ! Je lui avais dit que s'il tentait une nouvelle fois de me toucher je le tuerais : oui ! C'était à moi que revenais le droit d'exécuter sa sentence ! Personne n'avait le droit de me le prendre... Je ne voyais plus rien, mon regard était obstrué par la manifestation de ma tristesse infinie.

Aare prononçait des mots durs et pourtant il le devait : repose en paix... Je ne pouvais même pas le lui dire moi même, les seuls sons qui sortait de ma bouche étaient des sanglots et des cris d'agonies. Je préférais mourir que de me rendre à l'évidence. Je cherchais en vain une solution pour échanger sa place avec la mienne et lui permettre de mener son existence par le biais de mon ultime sacrifice pour lui pour qu'il sache que malgré mes difficultés à exprimer mes sentiments j'avais tenu a lui et il était le premier homme que j'avais aimé : je le réalisais là, maintenant, tardivement après l'avoir perdu. Cette peine incommensurable ne pouvait trouver son fondement que dans une seule chose : l'amour déchu... Etait-ce cela l'amour ? C'était infiniment douloureux...

Le monde se déformait de nouveau, ne renvoyant au manoir dans notre étreinte. Mes larmes avaient cessé, je n'en avais plus. J'étais vidée de toute sensation, une simple poupée de chiffon qui venait de perdre une part d'elle même, fuyant la réalité pour se retrouver seule avec elle même, tentant d'oublier vainement ce que je venais d'apprendre et de l'oublier lui pour ne plus souffrir. Mais je n'y parvenais pas. Une part de mon humanité durement acquise venait de s'étioler face à ce désarroi profond. Je luttais comme je pouvais face à cette implacable vérité. Je ne tremblais même plus et Aare me parlait sans que je ne puisses saisir toutes la portée de ses mots : j'étais ailleurs, revoyant sans cesse le visage vaporeux et souriant de Shinji ce qui me versait versé une ultime larme brûlante et douloureuse : une larme de sang.

Je relevais la tête vers mon interlocuteur, le liquide carmin s'écoulant allègrement de mon œil, symbole du chagrin profond d'un Ketsueki. Les larmes humaines n'étaient pas assez puissantes pour exprimer l'étendue de ma tristesse et mon fluide écarlate, bouillant dans mes veines, s'agitant sous l'action de mon chakra perturbé, se manifestait à leur place. Mon regard était vide. Je ne répondais pas a sa question. Je ne bougeais plus. J'étais simplement là debout et muette, rivant mes yeux dans les siens sans comprendre moi même ce que j'y cherchais. Une solution ? Existait-elle ?

J'apercevais du coin des yeux la seule chose capable d'apaiser mon cœur meurtri : mon piano. Je m'approchais doucement de ce dernier, mon somptueux piano a queue couleur d'ébène et m'asseyais devant pour jouer le chant funeste que j'avais souvent jouer quand Megami prenait ma place. Mes doigts n'avaient nullement besoin de partition, c'était du par cœur, laissant simplement mon chagrin indicible s'exprimer à travers la mélodie emprunt de mélancolie qui me permettait de lui rendre un dernier hommage même si ma portée ne pouvait plus l'atteindre. Je m'en voulais. Je m'en voulais de ne pas avoir été là, auprès de lui pour le défendre. Je voulais savoir qui l'avait tué et je jurais de l'anéantir. Mon hémoglobine teintait peu à peu les touches de l'instrument en gouttelettes issues de mes yeux alors que mes mains étaient tâchées de ceux qui avait contribué à mon extase mais tout cela n'avait plus d'importance : c'était du passé et plus rien n'avait d'importance. Je restais là, errante comme une morte-vivante jouant sa symphonie pour décharger les cris de mon âme perdue...



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Message(#) Sujet: Re: Le prix du sang [Pv Yami] Ven 6 Mar 2015 - 4:20

    Où était la combattante, où était cette femme qui naguère me prenait de haut ? Il ne restait en face de moi qu'une fragile poupée, une poupée de chiffon inutile que personne ne désirait. Et pourtant si le désir j'en étais emplis. Je souhaitais la retrouver, elle. Des larmes de sang succédèrent les premières. J'imagine que cela avec une quelconque valeur symbolique pour cette femme. Tout ce que je ressentais et partageais était la souffrance de son âme. Que pouvais-je faire pour la lui soulager je ne savais pas.

    J'aurais pu faire d'elle ma servante, dans l'était où elle était actuellement, j'aurais pu faire ce que je veux d'elle. J'aurais pu la faire mienne psychologiquement qu'elle ne vive parce que j'accepte qu'elle le fasse. J'aurais pu dominer cette femme comme je me plaisais à le faire avec beaucoup de chose. Mais dominer ne veut pas dire rendre vie. Et elle, elle venait tout simplement de perdre goût à la vie. Elle se dirigea vers le piano et commença à jouer une mélodie. Elle pianotait plus par hasard et par chagrin. La musique était empreinte de fausse note.

    Je pris une inspiration. Je m'approchais d'elle et je fis quelque chose que je pensais ne plus jamais faire depuis longtemps. J'octroyais à cette femme un baiser langoureux. Je ne l'aimais pas de cette façon, ce n'était pas de l'amour physique. Je ne brûlais pas de désir pour son corps. Non, j'aimais son mental et ce qu'elle représentait pour moi. Mais malgré tout, je comprenais que ce dont elle avait besoin à cet instant précis, c'était de l'amour. Alors je lui donnais l'essence de son désir même si au fond de moi je savais que c'était mal.

    Alors que j'ôtais mes lèvres des siennes, j'approchais une chaise et je me mis en face de ce piano, j'allais faire une autre chose que je n'avais pas faîte depuis des décennies. Chanter. Je me raclais la gorge avant de commencer. Cette chanson, elle était celle que j'avais joué le jour où j'avais perdu ma femme. Je décidais de le faire aujourd'hui encore. Pour redonner à cette jeune femme de l'espoir. C'était une chanson triste avec une fin heureuse. Je m'exclamais avant de commencer.

      « Lorsque ma femme est décédée, j'ai joué ce morceau et chanté cette chanson. Aujourd'hui, je fais ça pour toi. »


    Mes mains commençaient à pianoter sur l'instrument lançant le début de la mélodie. Quant à moi, je commençais à chanter, laissant ma voix emplir cette pièce. Je possédais une très belle voix, elle montait légèrement vers les aiguë mais dévoilait un son harmonieux, agréable à entendre. Les paroles de la chanson parlaient d'une âme défunte et de celui qui lui a survécu. Elle donnait espoir car la morale annonçait qu'il fallait continuer à vivre pour se retrouver plus tard. Voici ces paroles.



    Pendant toute la durée de la chanson, sans que la belle aux cheveux de jais ne s'en doute, je priais à ma femme de me pardonner pour ce baiser. Ce n'était pas de l'infidélité à mes yeux. Je ne désirais pas que cette femme soit mienne physiquement, je ne souhaitais pas consumer sa flamme. Tout ce que je souhaitais c'était qu'elle me sauve de ma solitude. C'est pour cela que je l'avais trouvée, je le savais maintenant. Au fond nous avions tous besoin d'une Yami.

    Certains me connaissant, et à vrai dire il n'y en a pas. Mais s'ils existaient ils diraient que j'ai Lilith. Mais ils ne comprendraient pas que Lilith est ma fille. Je ne peux montrer mes peines à une personne que je dois élever. Je dois toujours être fort. Ne jamais fléchir. Tandis qu'avec elle, je peux pleurer, je peux rire, je peux laisser mes démons s'exprimer, elle est mon arche. Mon jardin d'Eden.

    La chanson était maintenant terminé. Je ne savais pas vraiment comment réagir. Je l'avais embrassé, je ne savais pas si j'aurais dû. J'utilisais alors un des sceaux sur l'intérieur de ma veste. J'avais prévu cela parce que je savais qu'il y avait une marre de sang, mais je ne me doutais pas que cela servirait dans de telles circonstances. J'invoquais donc des serviettes de bain. Et je me servais de l'une d'elle pour commencer à essuyer ses cheveux, sa nuque, son visage. Le sang était omniprésent et je ne pensais pas que c'était ce qu'il y avait de plus nécessaire à cet instant précis. Je ne savais pas vraiment quoi dire pendant que je faisais cela mais malgré tout je me lançais. Mes paroles étaient délivrées mais avec une voix plus douce que d'habitude, vous savez cette voix hésitante qu'ont les enfants quand ils veulent avouer un truc.

      « Je ne sais pas comment le dire. Je suis mauvais pour exprimer cela. Ce jeu entre nous, ce n'était qu'un simple moyen pour attirer votre attention. Milady vous l'aviez dit lors de notre première rencontre, votre plus grande peur c'est d'être seule. Et bien votre phobie est la mienne aujourd'hui. Dès l'instant où vous avez déclaré être immortelle, j'ai secrètement cherché un moyen qui puisse faire que vous ayez besoin de moi. Parce que la vérité est qu'au final, j'ai besoin de vous. »


    Je continuais d'essuyer les traces de sang sur ses vêtements. Surs ses mains aussi. Je ne savais pas ce qu'elle allait répondre. En vérité je n'étais plus sûr de rien. Mais je venais de m'ouvrir et cela faisait longtemps que je n'avais pas ouvert mon cœur au complet à quelqu'un.
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Message(#) Sujet: Re: Le prix du sang [Pv Yami] Sam 7 Mar 2015 - 11:51

C'était douloureux. Plus douloureux que n'importe quel coup porté. Certaines blessures pouvaient se refermer mais pas celles-ci : je ne le reverrais plus jamais, son existence avait été balayé et je n'avais même pas été présente à ses côtés dans ces derniers instants... Que c'était-il passé ? Si seulement j'avais pu intervenir... Peut-être que j'aurais pu le soigner et l'extirper de la situation où il s'était mêlée... Quant était-il de Tsukiko dont je restais également sans nouvelle ? Avait-elle subi le même supplice ?

Mes larmes avaient cessé de nouveau, laissant un sillon ensanglanté sur mes joues. Ma respiration était toujours saccadée et lourde : j'étais au bord de la déréliction. Pourquoi devrais-je continuer a vivre et à ressentir si ce n'était que pour souffrir en retour ? Je ne voulais pas les perdre : ils étaient mon tout... Pourtant, si j'accédais à l'immortalité, je savais que je devrais y faire face. Je verrais indubitablement mes amis me quitter un à un sans que je n'y puisse rien, tandis que je perdurerais dans le temps, seule et affligée de remords et de tristesse...

Plus rien n'avait de sens... Ne l'avait-il pas deviné ? Alors pourquoi m'accabler d'un tel geste si déplacé ?! Je ne réagissais plus. Je n'étais plus. Cependant, le baiser d'Aare me montrait que je ressentais toujours, que j'étais bien vivante mais je ne voulais pas qu'il me touche. Il me fallut une poignée de secondes pour véritablement me rendre compte de ce qu'il ce passait mais lorsque j'en pris conscience, l'une de mes mains décollait du piano pour rencontrer violemment sa joue. J'avais arrêté de jouer net, et ma mélodie funeste vu remplacée par l'écho de ma gifle magistrale. Je reculais la tête, l'observant le regard dur alors que je ne comprenais pas son geste : je pleurais Shinji, je ne voulais pas de cette attention et je ne voulais pas de lui. N'avais-je pas compris quand je lui avais dis ne lui concéder aucune confiance ? Je ne voulais pas qu'il me touche, simplement qu'il me laisse en paix. Mon regard rubis flamboyait de hargne à son encontre : au moins était-il parvenu à me tirer de ma torpeur.

Il semblait presque satisfait de ma réaction, comme si le simple fait d'avoir un geste de ma part avait su prouver ma vivacité et lui avait rappelé l'opposition que je lui vouais. Méfiante, mes yeux l'observaient alors que mon esprit lui était ailleurs, perdu dans les méandres de mes souvenirs avec l'Akuzu, ressassant nos souvenirs : bons comme mauvais, pour que son existence perdure à travers moi car jamais je ne pourrais l'oublier...

Aare se postait à mes côtés m'exprimant son désir de pousser la chansonnette. J'allais l'en empêcher, lui dire que tout ceci était vain et que je n'avais que faire d'une chanson mais il m'expliqua alors qu'il avait pousser cette sérénade au décès de sa femme et qu'aujourd'hui il souhaitait me l'adresser pour panser mon cœur meurtri.
Ses doigts parcouraient mon piano, vestige de mon clan et si précieux pour moi. Un instrument qui avait partager mes souffrances tout comme mes joies. Il possédait une grande histoire et ça n'en était que plus beau pour rendre hommage à Shinji. Les paroles de ce chant étaient somptueuses et d'une infinie tristesse : je parvenais à ressentir toute la souffrance qu'avait pu ressentir Aare à l'annonce du décès de sa femme. Cependant, plus les paroles avançaient et plus elles étaient emplies d'espoir. De nouvelles perles salines venaient troubler ma vue alors que je les essuyais aussitôt, m'intimant que l'Akuzu n'aurait pas voulu me voir dans cet état. Il savait à quel point j'étais forte et me voir ainsi diminuée pour lui, lui crèverait le cœur mais puisqu'il ne parvenait pas à exprimer ce genre de chose si aisément, il m'aurait enlacer dans un mot dans son incommensurable amour puis il m'aurait demandé de me ressaisir, de ne pas me laisser aller et qu'il y veillerait toujours : cette pensée me faisait esquisser un fin sourire empli d'émotion. Oui, c'est ainsi qu'il aurait réagi.

La mélodie du Nidaime planait encore dans mon esprit même après sa dernière note. J'étais toujours emprunt à la peine et la douleur et je ne pourrais pas relever la tête si vite. Toutefois, malgré sa maladresse, il m'avait fait comprendre que je devais avancer parce que je demeurais vivante et que si je ternissais ainsi mon existence, c'était ceux qui tenaient à moi qui allaient en souffrir et je m'y refusais. Une fois de plus, je devais me montrer forte, aussi dur cela était-il. Je ne devais pas flancher et poursuivre mon ascension et non pas me lamenter car ce n'était pas ce qu'il aurait souhaité et à défaut d'avoir sauvé sa vie, je pouvais au moins respecter sa volonté.

J'avais eu cette réflexion durant tout le moment où Aare m'avait séché les cheveux, le visage et la nuque, maculés d'hémoglobine qui ne me faisait pour l'heure plus aucune envie. Je le laissais faire, par respect pour cette si belle chanson qu'il m'avait fait écouter et cette confession dissimulée qu'il avait pu lui même apporter à celle qu'il avait aimé. Il m'évoquait d'ailleurs, d'une voix hésitante qui ne lui ressemblait pas, que notre jeu était un moyen d'attirer mon attention à son égard, qu'il partageait également ma crainte de la solitude et qu'il avait souhaité me rendre dépendante de sa personne pour que je puisse avoie besoin de lui afin qu'il ne soit plus jamais seul. Il exprimait ses doutes et ses craintes et le besoin qu'il avait de moi.

J'attrapais la serviette de ses mains, continuant sa besogne de moi même tout en l'observant dans les yeux et exprimer en toute sincérité ce que je pensais de la situation :

« J’apprécie votre compassion mais je n'en ai nullement besoin.Il est vrai que j'ai su tirer profit de notre jeu cependant, je n'apprécies guère ma nature si imprévisible qui pourrait me faire faire des choix inconsidérés et complètement contre ma morale. Je n'ai pas appris à céder à mes pulsions Ketsueki. Au sein du village et seule, je me suis toujours bridée. Peut-être que mon précepteur me l'apprendra à son retour. Sachez toutefois que je n'ai nul besoin de vous. J'aurais peut-être pu dire que je n'avais besoin de personne mais ce n'est qu'une chimère : j'ai besoin de mes amis. Toutefois, je fais confiance à mes amis : en vous, jamais je n'aurais confiance. Vous n'êtes pas a blâmé pour cela, vous respecter vos idéaux et vous y tenez mais vous êtes bien trop instable pour que j'accepte que vous accorder ma confiance. De part vos actions ou vos agissements aujourd'hui, j'en viens même à me questionner sur votre loyauté à Suna... Mes réactions n'ont été mues que pas ma soif inexorable : elle fait partie de moi mais vous ? Qu'est-ce qui vous motive à agir ainsi ? A pousser le vice et le pernicieux pour en tirer une satisfaction quitte à vous mutiler pour l'obtenir... »

Le ton de ma voix était froid, presque dénué de sentiment alors que j'avais perdu , pour l'heure, une part de mon humanité que j'avais mis tellement de temps à acquérir.

« Qui pourrait faire confiance à ce genre d'individu ? Je suis peut-être un monstre mais j'apprends à refouler mes pulsions pour ne pas y succomber alors que vous, vous faites tout pour réveiller les vôtres et même les assouvir. Vous ne voulez pas brider votre nature mais parallèlement à cela vous ne souhaitez pas être seul. Ces propos sont contradictoires puisqu'en agissant ainsi, jamais vous ne vous octroierez la confiance de quiconque et cela, je l'ai appris à mes dépends. C'est bien pour quitter ma solitude que j'ai fait le choix de m'ouvrir aux autres et de faire en sorte qu'ils me concèdent leur confiance. Comment pourrais-je redorer le blason de mon clan souillé par Kyoshi Rei si je ne laissais pas Suna me faire confiance ? Ce ne serait pas possible. »

Je me rappelais dès lors les propos de mon père.

« Il vous faut choisir votre voie. Rester celui que vous êtes et rester seul à jamais ou ne vous entourez que de prétendus amis qui ne seront là que pour ce que vous pouvez leur apporter, ou encore : refouler une partie de vous même pour être une personne digne de confiance et enfin quitter la solitude. Les deux ne sont pas compatibles ou traduisent la sensation d'être entouré mais de ce sentir toujours affreusement seul tant ces pseudos amitiés manquent de saveur. Choisissez la voie de l'éternel solitaire ou bien celle de l'homme bridé mais entouré et aimé. J'ai déjà fait mon choix. »

Même si cela n'avait pas été facile, j'avais peu à peu appris les codes sociaux régissant notre monde, et même si je ne les maîtrisais pas encore totalement, j'avais fait énormément de progrès dans ce domaine et j'étais désormais moins maladroite à ce propos. J'avais rencontré Oniri qui m'avait donné l'envie de découvrir l'amitié, Shinji qui m'avait appris l'amusement, Zanshi m'avait montré la droiture et le sens de l'analyse, Tsukiko qui m'avait apporté la réflexion et la méfiance, Ogami lui m'avait montré l'amour fraternel et Kioshi m'avait appris la confiance. Ils étaient tous essentiels à mon existence et ils la composaient. Je savais que d'autres personnes viendraient se mêler à ma vie et qu'ils m'apprendraient de nouvelles choses encore. J'avais besoin d'eux et j'espérais qu'ils avaient besoin de moi car cela signifiait que j'étais parvenue à me faire une place dans leurs cœurs.



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Iwa
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Message(#) Sujet: Re: Le prix du sang [Pv Yami] Sam 7 Mar 2015 - 15:25

    La gifle avait résonné dans tout le domaine si ce n'est dans tout Suna tellement le son qu'elle produisit était immense. A moins que ce soit le fait que j'ai une oreille et qu'elle venait de me la détruire. Toujours est-il que je ne rétorquais rien et que je m'étais mis à jouer la mélodie. J'avais même esquisser un sourire. Au moins je sentais son âme se revigorer au fur et à mesure que la chanson avançait. Nous arrivions au moment où je décidais de me dévoiler, de partager ce que je ressentais. C'était quelque chose de rare, peu de personnes m'avaient vu dans cet état. Elle en faisait maintenant partie. J'avais toujours été dur, dénoué d'émotion, j'avais l'impression que pour une fois depuis longtemps j'étais moi-même.

    Mais ce sentiment de bien-être fut de courte durée, en vérité, il dura jusqu'aux paroles de la jeune femme qui semblait avoir repris de son mordant. Elle expliqua simplement ce qui était pour elle la vérité mais ce fut l'effet d'une douche froide pour mon âme. Elle expliqua qu'elle n'avait pas besoin de ma compassion et qu'elle n'avait pas besoin de moi. Elle expliqua que les gens ne gravitent autour de moi que par intérêt et non par une certaine affection. Elle expliqua que jamais elle ne pourrait faire confiance à un individu de ma trempe. Et je fis la conclusion que sans doute il s'agissait d'un sentiment commun à tout ceux qui me fréquentent.

    Je ne comprenais pas, à vrai dire, je l'écoutais et je ne pouvais répondre, tellement ces paroles créèrent un nœud dans ma gorge. Vous savez, c'est le même sentiment que quand vous vous rendez compte que vous n'avez rien accompli dans votre vie. Ou comme dirait une chanson, que tu te crois homme mais que t'es qu'un con et y'a qu'à toi qu'on l'a pas dit. J'avais essayé de la sauver. J'avais donné le meilleur de moi-même et je m'étais fais balayé instantanément et de manière si virulente. Cela jetait un voile en moi, je faisais le deuil de mon cœur.

    Qu'allait il se passer maintenant ? Comment réagir quand une personne que vous souhaitiez proche vous annonce que non seulement ça va pas être possible mais qu'en plus toutes vos connaissances antérieures devaient penser exactement la même chose. Je me remémorais des instants difficiles de ma vie. Le rejet des autres à cause de ma condition de nécromancien. Le rejet du peuple de Suna lorsque je suis devenu Kazekage. Le rejet de ce même village lorsque j'avais atteint l'immortalité. Un rejet perpétuel des gens.

    A ce moment précis je ne pouvais plus retenir ce flot de larmes qui s'agglutinaient à mes yeux. Laissant couler de longs filets d'eau sur mon visage. Je venais de sauver, l'instrument de ma destruction. L'architecte de ma perte, l'allégorie de ma mort.

    Je laissais alors mes intentions meurtrières, mon chakra, je laissais tout cela s'évacuer de mon corps afin qu'il soit ressenti par quiconque m'approcherait. Je deviendrai la Némésis de ce monde. La colère divine. La faucheuse. Finalement des mots sortirent de ma bouche, je ne la regardais même pas, je fixais juste droit devant moi, l'air vide. Je lançais juste ces mots.

      « Je vous ai aidé, j'ai essayé de vous comprendre, je voulais vous sauver et vous venez de me détruire. Je l'aurais ressuscité pour vous si vous me l'aviez demandé. Je l'aurais sauvé. Maintenant je ne pense que m'y rendre pour torturer son âme et voir quel mal cela vous fait. »


    Je n'écoutais même pas sa réponse, je me déplaçais tel le déchu que j'étais vers la porte de la demeure, en traînant les pieds. Je me retournais juste une dernière fois vers elle afin de dire ceci.

      « Vous n'aimez être entouré que de vos, amis. Je vais vous laisser en compagnie de ceux qui entourent ma voie, ressentez le fardeau d'un mamoru ! »


    J'activais alors cette technique surpuissante sur celle qu'initialement je voulais sauver. C'était de la vengeance pure et simple. Mais je n'en avais que faire des codes de conduite. C'était une shinobi, elle était à même de supporter cela. Et si elle ne l'était pas, tant pis, je ne voulais plus la sauver, à cet instant je voulais la détruire. La détruire parce qu'elle venait de me rejeter et même pire que ça, elle venait de me faire prendre conscience que le monde m'avait rejeté et me rejetait encore ! Et puis après tout notre jeu était de partagé ce que ressentait l'autre n'est-ce pas ? Il est temps qu'elle ressente les tourments de mon âme. Non le tourment des âmes en général.

    C'était un Genjutsu, le plus puissant que je possédais. Elle avait du voir un esprit foncer vers elle, à ce moment elle était prise dans l'illusion, des âmes allaient commencer à apparaître autour d'elle des âmes inconnues mais qu'importe. Elle allait être immobilisée pendant qu'elle verrait ses âmes apparaître et rentrer en grand nombre dans son corps. Elle allait être détruire de l'intérieur. Sentir une masse grouillante à l'intérieur d'elle. La pression de toutes ces voix qui lui chuchoteront des choses, le plus grand calvaire d'un Mamoru, d'une manière mille fois supérieure. Le pire, c'était qu'il s'agissait là d'un cycle continue, tant que l'illusion n'était pas dissipée, elle persisterait. Et je ne la dissiperait pas avant plusieurs heures. Je souhaitais l'imaginer en train de souffrir comme elle venait de le faire pour moi.

    Je sortais maintenant de la maison, il faisait encore jour. On devait être en milieu d'après midi. Mais tout cela n'avait plus aucune importance pour moi. Je ne me dirigeais même pas vers ma maison, je me dirigeais vers le désert, j'avais besoin de laisser évacuer ma frustration.


Citation :
Requiem of Spirit
Genjutsu
Aare joint les mains dans la réalité, un esprit apparaît et fonce vers l'adversaire à l'instant précis où l'adversaire voit l'esprit foncer vers lui, le genjutsu s'enclenche. L'adversaire voit alors des esprits apparaître continuellement sur la zone de combat [Cela ne s'interrompt pas pendant toute la durée du Genjutsu], L'adversaire se voit incapable de bouger, paralysé par une peur intense. Les esprits commencent alors à rentrer dans son corps par tout les orifices de son visage (Yeux, bouche, oreilles). Le cycle continue jusqu'à la dissipation du Genjutsu.

- Puissante torture mentale [Dégâts mentaux de rang A]
- Immobilisation en gardant le mouvement [Rang A]
- Sentiment de Peur [Va de pair avec l'immobilisation, Rang B]
Technique gratuite
Technique de rang S


Merci pour ce RP, c'était très cool !
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Suna
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Message(#) Sujet: Re: Le prix du sang [Pv Yami] Dim 8 Mar 2015 - 12:13

J'étais toujours brisée mais j'avais su retrouver contenance en laissant exprimer la situation que j'avais connu et pour laquelle j'avais énormément souffert avant de faire des choix. Je m'étais sortie de ma solitude où je n'étais que la pulsion et la soif pour apprendre à m'ouvrir au monde et à concéder ma confiance tout en m'octroyant celles des autres. Ce chemin escarpé avait été ponctué de bons nombres d’embûches et je savais que je n'étais pas à l'abri d'en essuyer d'autres mais ma vie avait prise dès lors un véritable tournant : j'existais enfin. L'existence est faite de rencontre qui vous façonne : en bien comme en mal, vous ne pouvez simplement pas vous occulter d'elles sans quoi vous serez terne et morne sans jamais connaître le véritable tribut de la vie. Peu importe les difficultés, je savais que je les surmonterais parce que je n'étais plus seule : lui ne pouvait pas en dire autant. Nous étions similaires sur plusieurs points mais celui-ci faisait toute la différence.

J'observais le monde qui m'entourait sans vraiment le comprendre ou chercher à le faire, je me contentais d'exister pour l'heure, pour mes amis parce que je ne voulais pas qu'ils souffrent de me voir ainsi : c'était là, la seule chose qui me faisait tenir. Je regardais Aare. Je vis ses larmes. Je ne comprenais pas que j'avais touché juste et qu'il venait de redécouvrir son existence sous un jour nouveau ou qu'il venait de lever le voile sur ce qu'il s'était imaginé, se rendant à l'évidence. Mes mots le faisaient peut-être souffrir mais je ne pouvais pas en être désolée puisque je n'avais fait qu'énoncer la vérité. Je n'étais que sincérité, le mensonge appartenait aux mortels qui voyaient là un moyen de se défendre : c'était ce que m'avait dit mon père.

Soudain, la hargne et la colère débordait du Mamoru. L'aura qu'il dégageait était destructrice et suintait la mort. Il m'énonça qu'il avait souhaité m'aider et me comprendre, qu'il voulait me sauver et que je l'avais détruit. J'avais voulu ajouter que je ne l'avais pas détruit mais que je lui avais ouvert les yeux là où il se voilait la face mais je ne le fis pas, me contentant d'écouter les propos d'un homme exultant l'amertume. Je n'avais pas la force de partir dans une joute verbale et je n'en avais pas non plus envie. Je ne savais même pas s'il traduisait son état où si cette énergie malfaisante, soudainement relâchée, n'était que le témoin de sa rage et visait à me faire frissonner : quoi qu'il en était, je n'étais nullement impressionnée, le regardant comme s'il m'évoquait la pluie et le beau temps, à vrai dire je n'avais que faire de son discours et de sa prise de conscience, je voulais simplement qu'il me laisse en paix pour que je me retrouve avec moi même.

Il commençait à s'en aller dans une démarche mal assurée qui traduisait le tumulte de son esprit, se retournant une dernière fois pour proférer des paroles dignes d'une sorcière m'octroyant une malédiction. Mon regard était toujours aussi vide et dénué d'intérêt, je n'étais plus à une malédiction près... Entre l'entité qui dévorait mon âme, ma maladie et consumait mon corps, la soif qui tiraillait mon esprit et défiait ma morale : il y avait bien longtemps que j'étais détruite mais j'avais toujours la volonté d'avancer et qu'importe ce qu'il m'attendait au bout du chemin, tant qu'il me resterait un souffle de vie je resterais fidèle à mes idéaux et à mon village. Je n'étais plus seule, ils étaient là pour m'aider et me donner envie d'avancer.

Soudain, un esprit fonça sur moi, je n'eus même pas le temps de l'éviter tant il était sorti de nul part : Aare voulait se venger. Avais-je la force de me battre ? Je ne le savais plus mais je ne me laisserais pas faire. De nouvelles sphères apparaissaient en grand nombres autour de moi, il n'y en avait que très peu de blanches, toutes étaient noires ou grises : des âmes bafouées. Que pouvaient-elles me faire ? Des âmes n'avaient pas d'emprise sur moi dans ce monde... Pourtant, lorsqu'elles fusèrent sur moi pour rentrer dans mon corps, j'étais paralysée, je ne pouvais pas bouger, ma peur était grandissante, je revoyais ce même schéma où Megami avait pris possession de moi même si cela était bien différent. Elles déversaient leur haine, leur tristesse et leur rage en moi, me chuchotant des infamies, j'entendais l'écho de leur énergie qui résonnait comme des paroles. Je ne parvenais qu'à prendre ma tête entre mes mains et à hurler de tout mon saoul pour les faire fuir, chasser ses horreurs qui laissaient mes larmes ruisseler abondamment sur mes yeux rougies. J'exultais toute cette affliction alors qu'elles violaient mon âme, cohabitant toute en moi, me donnant l'impression d'héberger ces vies passées dans mon corps qui se trouvaient être l'unique réceptacle pour cette infinité d'esprits en perdition. Ils s'abreuvaient de ma vie, de mes souvenirs, des mon chakra. J'étais comme un livre ouvert où ils pouvaient tout voir de moi sans que je ne l'accepte. Le brouhaha qu'ils provoquaient était assourdissant, pesant, douloureux, je ne comprenais pas grand chose à ce qu'ils me disaient mais chacune de leur parole était un poids supplémentaire et un pas de plus vers la déréliction. Je captais des bribes de leurs existences, voyant des flashs de moments prenants, poignants, de leur trépas, de leur souffrance et de leur désespoir : j'étais comme une éponge qui absorbait tous leur maux et ils se servaient de moi pour s'en défaire. Lorsqu'une âme semblait purifier elle quittait mon corps et une nouvelle faisait son apparition, me laissant en proie à la perdition alors que je vivais un calvaire, un supplice infini face à toutes cette peine et toute cette colère dont j'étais la seule témoin.

Mon corps était parcouru de spasmes et se vidait peu à peu de son énergie, me laissant diminuée, le chakra presque vide et mon énergie vitale drainer. Je n'étais plus qu'une poupée sans espoir, vidée de sa propre existence, des larmes s'échouaient toujours sur mes joues mais je ne contrôlais plus rien, mon corps ne me répondait plus, en proie à une torpeur sans fin, tout comme ce supplice... J'étais perdue. J'allais mourir. J'allais trépasser en emportant avec moi toute la souffrance et mille et unes âmes déchues... Je n'avais plus la force de crier, de me débattre, de me battre... Je tentais simplement de penser à ceux que j'aimais afin d'y retrouver une maigre source de réconfort suffisante pour ne pas me faire perdre la tête... Du moins pour le moment...
Affliction, désespoir, châtiment... l'éternel cycle de ma vie...



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Le prix du sang [Pv Yami]

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