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 Déréliction, Perdition & Renouveau... [ft. Kioshi, Oniri & Eien (PNJ) ]

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Suna
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Message(#) Sujet: Déréliction, Perdition & Renouveau... [ft. Kioshi, Oniri & Eien (PNJ) ] Dim 8 Mar 2015 - 14:12

Leur maîtresse avait écarquillé les yeux de surprise et depuis plus rien. Elle restait assise, le regard vide perdu vers un point imaginaire en direction de la porte d'entrée du hall où l'homme s'en était allé avant de cracher son venin. Hotep et Méphisto se toisait un instant avant que le premier hausse les épaules pour reprendre la discussion avec son aîné dans la langue des anciens alors qu'il jugeait le Mamoru étrange.

« Nok sol' Mirtoror... »

« Les esprits sont tourmentés... »

Hotep comprenait dès lors que sa belle humaine était triste pour une raison qu'il ne parvenait pas à saisir et que l'homme l'était aussi. Il fallait dire qu'il n'était pas parvenu a suivre toute leur conversation : il manquait d'informations et en avisait son grand frère qui s'empressait de lui répondre, tout deux observaient Yami.

« Un amant déchu et un idéal broyé »

Voilà qui résumait assez bien la situation. Méphisto s'était appliqué à employer des tournures simples pour son frère.

Les félidés poursuivirent longuement leur discussion sans queue ni tête, faisant fient du champ de bataille qui se tenait devant eux, jusqu'à ce que finalement l'état de sa jolie maîtresse agace Hotep, qui se demandait combien de temps elle allait rester là sans bouger comme une poupée. Il s'approchait donc d'elle, ses pas faisaient un bruit de clapotis caractéristique alors qu'il foulait le sol recouvert de sang, n'osant pas marché dans les deux cercles étranges qui pourraient peut-être lui lancer une malédiction. Arrivé à sa hauteur, il tournait autour d'elle rapidement pour la regarder sur toute les coutures, rougissant légèrement en souriant d'un air narquois lorsque ses pupilles fendues se posèrent sur la poitrine de la demoiselle cependant, il secouait bien vite la tête pour s'ôter ses idées de la tête. Il tapotait son épaule du bout de sa griffe mais sans réponse. Il lui parlait, toujours rien. Il commençait à se dire qu'elle semblait encore moins réelle que ses autres lui tout à coup. Il ne l'avait jamais vu ainsi.

La tête tournée vers son frère, il tentait de comprendre la situation : celui-ci disparu de son champ de vision instantanément. Hotep soupirait, ne comprenant pas où son aîné partait s'aventurer en pareil moment alors que Yami semblait être une coquille vide.Il ne voulait pas la laisser là mais il suspectait l'homme de lui avoir fait quelque chose de mal et puisqu'il n'y comprenait rien et ne savait pas comment appréhender la situation, il effectua la même manipulation que son frère, disparaissant aux yeux de tous pour aller retrouver quelqu'un susceptible de l'aider et qu'il avait déjà vu en compagnie de sa maîtresse, le jour où elle était venue le délivrer de sa prison enfouie. Il ne pouvait décemment pas savoir que Méphisto était parti rejoindre celle avec laquelle il était liée à jamais et qui comptait énormément pour la noiraude.

Yami n'avait quant à elle pas bougé. Elle demeurait comme dépourvue d'âme devant cette vision sanglante : le sol du manoir était recouvert d'hémoglobine. L'imposant pentacle d'Aare et le sien étaient toujours nettement visibles, tracés tout deux grâce à cet élixir présent en masse. Yami elle même en avait le corps recouvert, son visage et ses cheveux étaient cependant épargnés depuis que le Nidaime les avaient épongé. Ceux qui seront témoins de cette scène surréaliste pourraient bien plonger dans l'effroi en constatant cette poupée, tournée vers la porte d'entrée, assise sur le tabouret de son piano lui même maculé par ses larmes de sang et ses doigts qui avaient joué son désespoir. Elle était toujours vivante mais sa vivacité semblait bel et bien avoir disparu. Une fois de plus elle ne parviendrait pas à s'en sortir seule.



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Dernière édition par Ketsueki Yami le Mer 8 Avr 2015 - 10:49, édité 3 fois
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Message(#) Sujet: Re: Déréliction, Perdition & Renouveau... [ft. Kioshi, Oniri & Eien (PNJ) ] Mer 11 Mar 2015 - 22:52

Musique ♫:
 

Affolée, la peur au ventre, je courais, toujours plus vite, sautant entre les immeubles du villages dans l'espoir de rejoindre le plus rapidement possible le manoir des Ketsueki. Méphisto était apparut suite au départ du Nidaime dans le bar. Il m'avait informé qu'un mal profond touchait en ce moment même Yami et que le vieil homme n'en était d'autre que l'auteur. La colère s'était alors emparée de moi. Je m'étais imaginée à plusieurs reprise le cribler de balles pour avoir faire cela, a savoir oser s'en prendre à celle qui m'était la plus précieuse au monde. L'énergie démoniaque ne quittait plus mon œil droit dont l'iris demeurait toujours fendue à la vertical et d’où miroitait d'étranges éclats dorés. Je sentais également le gauche me brûler, laissant parfois entrevoir des contours d'espaces avant de laisser des ténèbres reprendre ses droits sur ce dernier.

Mon corps tout entier brûlait d'un feu acharné. Je me sentais plus forte, mais aussi plus faible que jamais. Car j'avais le sentiment que cette puissance ardente qui coulait dans mes veines pouvait me consumer à tout instant. Cependant je n'écoutai pas les complaintes de ma chaire. Mon esprit était à vif, ma dernière entrevue avec l'ancien Kazekage m'avait mit dans tous mes états, comme la révélations qui en succédait. Tout s'entremêlait une fois de plus dans ma tête. Mille questions m'assaillaient l'esprit, mais à l'instant, je ne cherchai pas à y répondre car, la crainte de perdre l'âtre aimé outrepassait tout le reste. Qu'importait que je ne sois pas humaine, qu'importait la raison tout comme ce que je pouvais être menée à devenir tant que je pouvais la protéger elle.

Dehors le ciel était obscure et la journée longuement avancée. Les maigres rayons du soleil filtraient avec difficulté depuis l'horizon là où le crépuscule entamait son déclin. Ses éclats frappaient directement la façade du manoir des Ketsueki là où rien ne semblait avoir changé. Je commençai à croire que ce lieu était une source de malédiction pour nous. Ces murs avaient été témoin de tant de drames. Entre ces derniers j'avais tant perdu et je me rendais compte que cela continuait encore, sans cesse. Atterrissant après avoir effectué un saut, j’atterris en face l'immense porte de bois qui assurait l'entrée. Cette dernière s'ouvrit avec fracas sur mon passage. Découvrant ce qui s'y trouvait à l'intérieur, je fus prise de tétanie devant l'horreur de ce spectacle. Du sang, il y avait partout, sur le sol, les murs, comme si une véritable boucherie avait eut lieu. Son odeur âcre venait m'agresser les narines. Les lueurs chaude du soleil couchant, passant par l'ouverture de la porte, venait s'écraser contre l'étendue écarlate, faisant miroiter en d'infinies nuances de carmins le liquide de vie. Les souvenirs de mon affrontement contre Megami me revinrent en mémoire et je m'imaginai qu'il ne s'agissait de mon propre sang répandu autour de moi. Un vertige vint me saisir. Cette scène macabre me faisait tourner la tête. Le passé semblait irrémédiablement vouloir revenir à la charge.

Et puis il y avait cette femme assise devant le piano. Un éclat, une peau diaphane au milieu d'un océan écarlate. Son regard était vide, perdu. Il ne reflétait plus rien. Aucune vie ne l'abritait. J'eus un mouvement de recul, surprise, avant de me raviser pour me risquer à faire un pas en avant. Un son de clapotis résonna dans le grand hall quand mon pied rencontra le sang disséminé sur le sol. Dès lors toute mon attention venait se tourner vers cette unique personne. Plus rien d'autre n'avait d'importance en dehors d'elle. Mon cœur tambourinait dans ma poitrine, mon corps tressaillait, tremblotant. J'avançai vers elle, lentement. Elle me paraissait si lointaine. Le temps semblait se suspendre autour de moi. Échevelée, de longues mèches me retombaient devant le visage, laissant seulement paraître mon œil d'or à l'iris démoniaque. Toujours aucune réaction. Et je l'appelai de son prénom d'une voix fébrile.

-Yami...

Pas de réponse. Seul un silence troublant venait précéder mes paroles. Je n'étais plus qu'à quelque pas d'elle, tendant deux mains tremblotantes pour saisir son visage glacé entre mes doigts.

-Yami...

Répétais-je encore d'une voix qui lentement devenait de plus en plus suppliante. Les larmes se mirent à couler le long de mon visage. Je ne comprenais pas ce qu'il avait pu lui arriver, même si, à cet instant, je ne comprenais plus grand chose. Seul la peur et le chagrin rythmait le fil de mes pensées. Je me sentais si faible, si impuissante de ne pas avoir été en mesure de protéger celle que j'aimai. Aussi continuais-je de l'appeler par son prénom, criant de plus en plus fort, mais elle ne répondait pas.

Elle n'était plus là... Je la serrai contre-moi paniquée, fondant en larme. Je ne voulais pas la perdre, pas encore. Nous avions vécu tant d'épreuves pour en arriver là. Cela ne pouvait se terminer ainsi, pas maintenant... Je resserrai mon étreinte sur elle avant de la prendre dans mes bras pour essayer de la porter, mais à cet instant, j'entendis quelqu'un entrer dans le manoir. Redressant la tête, j'adressai un regard déchaîné à l'égard de l'intrus, pensant qu'il s'agissait d'Aare. Sans doute n'aurais-je pas hésité à lui arracher les yeux, à le vider de ses entrailles, à le saigner à blanc,.. Peu m'aurait importé les conséquences du moment qu'il souffrait Je voulais faire de sa vie un cauchemar, lui retourner au centuple tout ce qu'il avait osé faire à Yami.

Mais je retrouvai, brusquement mon calme, laissant la colère et l'animosité céder place à la crainte lorsque j’aperçus le visage de Kioshi. Quelque part, le voir ici, savoir que je n'étais plus seule me rassura et je sentis l'hardiesse qui galvanisait mon cœur s’abaisser tandis que mon œil recouvrait sa forme originel.

-K.. Kioshi... S'il te plaît... Aide-là...

Elle était toujours dans mes bras, inconsciente, et je ne pouvais cacher cette mise en scène miséreuse alors que nous baignions dans cet enfer écarlate.
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Message(#) Sujet: Re: Déréliction, Perdition & Renouveau... [ft. Kioshi, Oniri & Eien (PNJ) ] Jeu 12 Mar 2015 - 22:56

    Une belle journée, ou fin. Des changements allaient s’annoncer, et je ne disais pas ça uniquement à cause des différents chantiers en cours un peu partout dans le village. Je mentionnais mon clan. L’ancienne chef s’en était allée pour retourner aux sources de nos traditions, à notre vie de nomade. Mais j’étais également nostalgique de ce temps, cette belle époque. Or, ici, nous allions tout perdre. Toute notre histoire. Les nouveau-nés ne connaîtront que la sédentarité. Ils s’habitueront à avoir un toit et des murs, au confort d’un vrai lit…

    Ainsi, pour préserver quelque part un peu de notre passé, j’avais usé de mon rang pour imposer un type de logement à tout Yamada : la tente. Moi-même je devais revenir aux sources et déménager. Mais je le faisais le sourire aux lèvres. J’avais passé la journée à superviser l’espace que le village nous avait dédié pour ma requête. Un quartier qui ne sera qu’uniquement composé de tentes en tout genre. Une grande famille sans aucune réelle frontière. Comme avant.

    Supervisant la journée, à présent que le soleil s’en allait, je devais m’occuper de ma propre tente. Malgré mon statut de chef, je n’allais pas prendre quelque chose de bien grand. Je serais seul, pourquoi aurais-je besoin de plus d’espace que les autres ? La nature appartenait à tout le monde, il n’y avait nulle notion de propriété. De toute façon, je n’avais jamais fermé ma porte à clé…

    Une tente d’un tissu blanc-beige, très fin. Du genre qui laissera tout de même un peu passer la lumière du soleil. Ainsi je retrouverais cet ancien ami, et je l’accompagnerais de nouveau à son levé et à son couché. Juste de la place pour une table ronde et basse pour quatre, une malle, et aucun autre objet. Je n’avais jamais été un grand fan de mobilier…

    Sauf qu’au moment où je me promenais dessous le tissu afin de bien l’étaler sur le bon espace, une autre personne me rejoignit là-dessous. Une personne discrète mais à la voix familière. Derrière mon dos, je l’entendis simplement prononcer le nom de Yami avant de me tenir au niveau du col et de se mettre à s’envoler… Le tissu de la tente nous poursuivant.

    Mais que… Pourquoi qu’il me fait ça ce foutu chat ? Où qu’il m’amène ? J’aurais dû le laisser dans son temple lui ! Mais c’était surtout la surprise de m’envoler qui me faisait penser tout ça, ou plutôt la peur de tomber… Je n’avais pas l’habitude de voguer dans les airs moi ! Puis, une fois la surprise passée, je commençais à m’interroger sur la raison de tout ceci. Evidemment, le félidé n’avait d’autre réponse que Yami à la bouche… Faudrait vraiment qu’il apprenne notre langue. Hum… J’avais demandé à la demoiselle de m’envoyer l’une de ses invocations si Aare rentrait de nouveau en contact avec elle… Serait-ce pour ça ?

    Il me déposa devant une demeure que je ne connaissais pas, à la porte encore ouverte. Il pénétra dans le bâtiment avant de rejoindre son compère au plafond. Hésitant au cas où il s’agissait d’un piège, j’avançais d’un pas lent vers la pénombre de la pièce. Avec le soleil couchant, la luminosité allait se faire de plus en plus faible. Armé de ma cape en tissu, j’entrais dans le bâtiment avant de m’arrêter subitement. L’odeur m’avait agressé encore plus rapidement que la vue. Un rouge vermeil qui brillait là où les faibles lueurs venaient éclairer. Tellement de sang qu’on pourrait croire à un carnage. Tellement de sang que s’en était écœurant. J’aurais pu faire cent fois sans cette scène sanguinolente. Mais la voix d’Oniri me rappela à la réalité. Que faisait-elle là ? Et pourquoi me demandait-elle d’aider Yami qu’elle tenait dans ses bras ? Elle… était totalement immobile ? Sa respiration semblait faible également.

    Les pieds nus, je grimaçais à chaque pas pour les rejoindre. Le corps de la Ketsueki était entièrement trempé de sang, hormis sa tête. Tout ceci était de sa faute ? Megami serait-elle revenue ? Je demandais à Oniri ce qu’elle avait et ce qui s’était passé, mais elle n’était au courant de rien… Je posais alors ma main sur le front de la demoiselle. Rien. J’observais ses yeux. Aucune réaction non plus. Je concentrais alors une lueur bleuâtre sous mes doigts afin d’étudier ce corps inerte plus en profondeur avant de comprendre le mal.

    « Une illusion… »

    Chuchotais-je à moi-même. Une très forte sans doute pour paralyser de la sorte la demoiselle. Ne sachant pas ce qu’elle endurait à ce moment-là, il valait mieux l’en retirer le plus vite possible. Je posais mes mains l’une sur l’autre au niveau de son cœur, organe pompant à la fois le sang et le chakra dans son corps. Avec une bonne dose, je pourrais perturber le flux afin qu’il se rééquilibre de nouveau tout seul… Mais dans quel état allait-elle en sortir ? Allait-elle s’en remettre ? Alors que la demoiselle semblait retrouver des couleurs, je posais l’une de mes mains sur sa joue, tentant de chercher une réaction quelconque dans ses yeux.

    « … Yami ? »
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Message(#) Sujet: Re: Déréliction, Perdition & Renouveau... [ft. Kioshi, Oniri & Eien (PNJ) ] Sam 14 Mar 2015 - 9:35

Music ♫:
 

Affliction, désespoir, je n'étais plus qu'une enveloppe dépourvue d'âme. Mon corps s'était mis de lui même en état de choc, me laissant presque dans un état végétatif dans cet enfer qui n'en finissait pas. Mes lamentations n'avaient rien changé, ma rage non plus : j'étais prisonnière de cette illusion infinie. Je tentais de me rassurer en me convaincant qu'il s'agissait d'un genjutsu mais je ne pas à en sortir malgré tous mes efforts pour y parvenir. Je ne m'étais laissée abattre que lorsque je n'avais plus trouvé d'idées de recours. Je ne pouvais plus compter que sur les gens de l'extérieur pour m'aider à m'en sortir : une fois de plus.

La douleur était terrible : mon esprit était brisé par toutes ces âmes errantes qui pénétraient dans mon corps meurtri pour m'infliger leurs peines, leurs hargnes, leurs vengeances... Je n'étais plus que l'artefact leur permettant de s'exprimer... Des larmes roulaient sur mes joues mais plus aucun son ne sortait de ma bouche : j'étais perdue, je me sentais seule, je voulais qu'ils soient là...

Je souffrais : la vision de ce cauchemar me hanterait longtemps encore, si toutefois je parvenais à m'en sortir un jour... Oui... Cela prendrait peut-être du temps mais j'en sortirais car je n'étais plus seule... Quelqu'un viendrait me porter secours... Oniri, Kioshi, Ogami, Tsukiko ou même Eien, l'un d'eux viendrait m'aider.

Puis, peu à peu, comme un miracle sans nom, plus aucune âme ne se présenta, celles ayant fait leur office disparaissait sans en laisser de nouvelle... L'environnement si sombre laissait désormais place à une lumière intense, éblouissante et salvatrice : les démons qui m'entouraient ne semblaient décemment pas apprécier sa pureté mais moi j'étais heureuse car j'étais sauvée de cette abomination, je le savais...

Mes yeux rubis s'ouvraient de nouveau sur le monde peu sûrs d'eux. J'entendais quelqu'un m'appeler... Cette voix... Kioshi... Je reconnaissais le Yamada penché au dessus de moi, les traits inquiets et j'apercevais quelqu'un d'autre... Je n'avais pas besoin de voir cette personne pour savoir de qui il s'agissait : Oniri. J'adressais un fin sourire à leur encontre malgré tout ce que je venais de traverser et pu articuler un simple nom pour leur faire comprendre comment je m'étais retrouvée là, dans cette mare de sang :

« Aare... »

C'était la seule chose que je parvenais à articuler. Je m’agrippais à Kioshi, posant ma main sur celle présente sur ma joue tandis qu'une larme de sang roula sur cette denière sous l'émotion virulente qui m’assaillait et je pus entendre la nuée de chauve-souris : mes gardiennes, s'agiter et s'envoler à toutes hâtes, certaines allant sûrement avertir mon père des événements. Mon sourire s'étira alors, me rendant compte qu'ils étaient vraiment là.

« Oniri, Kioshi... merci... »

Je sombrais dès lors dans l'inconscience, éreintée par cette bataille psychologique qui hanterait mes nuits durant un long moment...



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Message(#) Sujet: Re: Déréliction, Perdition & Renouveau... [ft. Kioshi, Oniri & Eien (PNJ) ] Dim 15 Mar 2015 - 13:03

Je me plaçai derrière Yami de sorte à la soutenir et à ce que Kioshi puisse l'examiner sans difficulté, n'hésitant pas un seul instant à la lui confier. Il était probablement une des rares personnes en qui j'avais pleinement confiance et sa simple arrivé en cet instant si tragique avait suffit à me rassurer. Je savais qu'il saurait quoi faire et comment s'y prendre pour la déjouer de ce mal qui l'affublait. Ce dernier posa ses mains au niveau de son cœur d'où une douce lueur verdoyante s'échappa. Sans vraiment chercher à en dire davantage le Yamada se contenta de murmurer le mot « illusion » qui sonna systématiquement comme une complainte dans mon esprit car, je n'avais que trop côtoyé ces affres par le biais de Méphisto. Quelque seconde plus tard, elle rouvrait les yeux, tandis que les larmes continuaient d'affluer des miennes. La première chose qu'elle parvint à murmurer fut le nom prénom d'Aare.

J'avisai une nouvelle fois avec horreur le théâtre sanglant qui nous entourait avant de reposer mon attention sur ma bien aimée. Je ne comprenais pas ce qui avait put se passer et, d'une certaine façon je préférais ne pas le savoir. Cependant l'étrange trace de morsure présent sur mon épaule me fit frémir de dégoût. Elle ne pouvait s'être infligée cela elle même et l'idée que ce vieux fou ait put la toucher ne serait-ce qu'un instant laissa un frisson glacial me parcourir l'échine. Comment avais-je pus laisser cet homme partir ? Si seulement j'avais pus savoir avant, j'aurai été en mesure de l'arrêter afin que, plus jamais, il ne puisse faire de mal à qui que ce soit. Yami venait de blottir contre Kioshi et moi je restai dans son dos de sorte à la maintenir. Mon regard était perdu dans le vide. Les remords m'envahissaient en sachant que je n'avais rien pu faire pour éviter cela. Que je n'avais pas été en mesure de tenir ma promesse, celle de la protéger quoi qu'il advienne.

-Aare, tous est de sa faute... Il est à l'origine de tout cela. Il veut... Il veut créer un conseil d'immortel afin de gouverner le monde, il veut ramener les morts à la vie et n'hésitera pas à sacrifier tous ceux croisant sa route pour parvenir à ses fins...

Mon regard était vide, ma voix monocorde. Je me perdais dans la contemplation des long cheveux d'ébène de mon aimée, laissant ma main caresser ces derniers avec douceur pour lui apporter ce réconfort dont elle avait sans doute tant besoin en cet instant. Tandis qu'elle prononçait nos noms avec compassion, accompagnant ces derniers d'un mince, mais franc remerciement je l'entourais alors de mes bras pour l'étreindre à mon tour. Dans cet élan sentimentale, j'avais également passé mon bras autour de Kioshi pour l'attirer à nous.

-Ne t'inquiète pas Yami. Nous sommes là. Nous serons toujours là pour toi.

Par ce geste je voulais qu'elle comprenne qu'elle ne se serait jamais seul. Que nous continuerions à veiller les uns sur les autres et ce malgré l'adversité. Après quoi je m'écartai légèrement pour laisser Kioshi la prendre dans ses bras et la porter. Je me plaçai à ses côtés, me contentant alors simplement de prendre la main de Yami dans la mienne, en la serrant légèrement de sorte à la rassurer de ma présence.

-Nous ne pouvons pas rester ici. Il faut l'emmener à l'hôpital...

Le ton de ma voix était désormais plus posé. La panique laissai lentement place à un certain vertige. La peur de la perdre avait été telle que j'avais l'impression d'être vidée de toute mon énergie. L'étrange pouvoir qui sommeillait en moi s'était alors tut depuis l'arrivé de Kioshi. Je comprenais qu'il me fallait aller parler à mon père de ce sujet. Depuis toutes ces années, il me cachait quelque chose. Je le réalisai finalement. Peut-être était-ce à cause de cela qu'il ne m'avait jamais aimé. Mon cœur était lourd de questionnement, néanmoins, avant d'envisager quoique ce soit, je voulais m'assurer que Yami était définitivement saine et sauve.
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Message(#) Sujet: Re: Déréliction, Perdition & Renouveau... [ft. Kioshi, Oniri & Eien (PNJ) ] Dim 15 Mar 2015 - 14:11

    Et dire qu’Aare pensait que j’avais de l’aversion à son égard. Cette fois, cela pouvait s’avérait être vrai. Ainsi donc, le but du Nidaime était de trouver d’autres immortels ? Yami avait l’occasion d’en devenir un, il est vrai… Et quoi ? Elle avait refusé de le suivre, et il lui avait donc fait subir ce traitement ? Yami m’avait bien dit qu’il fallait se méfier de lui… Peut-être aurais-je dû entreprendre quelque chose. Une surveillance rapprochée, ou quoique ce soit. Peut-être aurais-je pu éviter tout ça… Alors qu’Oniri nous serrait tous ensemble, je serrais des dents. J’aurais pu faire quelque chose… J’ignorais quoi, mais j’aurais pu. Non. J’aurais dû…

    Je pris Yami dans mes bras afin de m’assurer qu’elle ne tombe pas, et c’était bien plus confortable que de la maintenir debout. Oniri proposa d’aller à l’hôpital, ce à quoi je répondis directement :

    « Non. »

    Un ton sec et froid ne laissant pas place à la conversation. Nous resterons ici. Me tournant vers le piano, je crachais une grosse bulle d’eau lavant tout le sang qui se trouvait dessus afin d’allonger délicatement Yami là. La déplacer trop n’était pas forcément conseillé, il valait mieux d’abord s’assurer que son état soit stable. Mais je me rendis compte que j’étais peut-être un peu trop à cran, qu’Oniri n’avait rien fait pour que je lui parle ainsi.

    « Excuse-moi… Si je sors d’ici et que je croise Aare sur le chemin, je ne pourrais continuer la route… Je préfère rester ici… »

    Je jetais un bref regard vers Oniri, comme si j’avais peur qu’elle ne me comprenne pas ou qu’elle m’en veuille pour la façon dont je lui avais répondu, avant de me concentrer de nouveau sur la Ketsueki. Posant une main sur son front, je remarquais qu’elle était fiévreuse. Mais elle respirait encore. Soit elle était trop épuisée, soit elle était inconsciente… Je repris d’une voix plus calme, plus posée, bien qu’un peu forcée :

    « Pourrais-tu laver la pièce s’il te plait ? Je vais m’occuper d’elle. Mais si elle se réveille avec cette odeur, elle risquerait d’être en crise de manque… »

    Perpendiculaire à Yami, je posais une main sur son front, une main au niveau de son ventre. Je tentais de rendre la température agréable pour elle. Pas l’extérieur, mais son propre corps. Je tentais de stabiliser le flux sanguin, tout son organisme. Un esprit sain dans un corps sain. En mettant son corps au mieux, elle se sentira peut-être mieux également…

    « Réveilles-toi… »

    Sinon, comment savoir quand elle se réveillera, et si elle se réveillera un jour ? Je me penchais au-dessus de sa tête. Mon esprit cherchait n’importe quel argument pour l’obliger à ouvrir les yeux. Je lui murmurais alors :

    « Tu as dit que si je voulais recommencer, tu ne dirais pas non… Donc si je souhaite recommencer, tu es obligée de te réveiller… Rouvre les yeux Yami… »
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Message(#) Sujet: Re: Déréliction, Perdition & Renouveau... [ft. Kioshi, Oniri & Eien (PNJ) ] Lun 16 Mar 2015 - 11:00

Une douce chaleur m'envahissait, loin de tous ces cauchemars tourmenteurs. Cette sensation m'était familière et agréable si bien que je me sentais instantanément sereine et apaisée. Tout était si vide, si noir puis plus épurée, plus accueillant. Le silence se faisait peu à peu remplacer par l'écho de leur voix encore lointaines mais de plus en plus distinctes. Je n'étais plus seule et cette simple pensée m'étirait un sourire et me faisait lâcher une larme de joie.

Cette présence chaleureuse, c'était Kioshi à ne pas en douter. Il n'était pas seul, Oniri était là aussi mais sans doute un peu plus loin car sa voix ne me parvenait pas. J'entendais de façon imprécis les propos du Yamada et pour toutes réponses à sa demande, mes yeux papillonnèrent un instant pour s'habituer à la luminosité environnante pourtant sur le déclin. Je lui adressais un fin sourire alors qu'il était penché sur moi, debout et malgré tout à ma hauteur. Ce n'est qu'en regardant un instant autour de moi que je compris que j'étais étendue sur le piano.

Et si tout cela n'avait été qu'un affreux cauchemar ? Non... Malheureusement ce n'était pas le cas. L'odeur enivrante du sang était encore présente partout si bien que je tentais d'y faire abstraction et de me focaliser sur autre chose pour ne pas perdre mes moyens. Je redressais légèrement la tête, scellant mes lèvres aux siennes alors que mes larmes se mirent à couler abondamment d'elle même. J'étais terrorisée, tremblotante après tout ce que je venais de vivre et cet échange pourtant si solennel fut brisé rapidement par une grimace de douleur alors que j'avais tenté de me redresser. Instantanément, je portais ma main sur mon épaule gauche, ma main se maculait de mon propre sang alors que je me rappelais qu'il s'agissait de la morsure profonde de Aare.

Lorsque Oniri s'approchait de moi, je ne pensais même pas au fait qu'elle avait pu voir ce baiser discret, non la première chose que je lui dis, larmoyante était :

« Shinji... est mort. »

Je déglutissais. Tâchant d'expliquer mon avancement.

« Aare me l'a dit... Et il... Il m'a mené dans le monde des âmes... J'y ai vu celle de Shinji... Il... Il est mort. »

Ce sombre idiot avait trépassé. Cet abruti que j'avais apprécié, sans doute aimé, puis détesté jusqu'à la fin était parti.
Je reportais dès lors mon attention sur Kioshi alors même que ma vision se troublait face à la fatigue :

« Aare est intéressé par moi. Il voulait que je sois celle qui l'empêche d'être seul dans l'éternité de l'immortalité. »

J'étirais un sourire satisfait :

« Mais je lui ai dit que jamais je ne lui ferais confiance et que tant qu'il agirait de la sorte, personne ne la lui accorderait... Il croit être entouré d'amis mais ce ne sont que des profiteurs de ce qu'il est capable de faire. J'ai brisé ses espoirs et même ses rêves... Il s'est vengé par cette illusion après ce jeu sanglant. »

Je commençais à partir de nouveau alors qu'ils me forçaient à rester éveillée encore un peu :

« A la mort de Ta, je n'ai pas pu m'empêcher de ressentir un immense plaisir face à ce flot de sang lorsqu'il s'est donné la mort. Aare pouvait lire en mon âme et il a ressenti ce plaisir infini. Depuis, il était comme un drogué en manque en quête de cette sensation forte et il a orchestré tout cela pour tenter de ressentir à nouveau ce plaisir à travers moi en m'exposant au sang de diverses manières... Il a même failli me noyer dans une prison d'hémoglobine... »

A quoi bon leur cacher tout ça ? Je l'avais dit à Kioshi qu'il était dangereux mais je ne savais même pas encore à quel point à ce moment là …
Je tremblais toujours, de froid et de peur, les suppliants du regard :

« Ne me laissez pas seule... »

Je déglutissais.

« J'ai peur toute seule... »

Dans un autre contexte, avec d'autres personnes, j'aurais jugé ma faiblesse inacceptable et pitoyable mais je ne pouvais leur mentir. S'ils partaient, je savais que les démons d'Aare reviendraient me hanter. Ils avaient goûter à mon âme et n'hésiteraient sûrement pas à m'atteindre de nouveau dans mon sommeil. Je ne voulais plus dormir. Je ne voulais plus revivre cela mais je ne pouvais pas passer outre le fait que j'étais exténuée alors que je glissais peu à peu vers les bras de Morphée.



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Message(#) Sujet: Re: Déréliction, Perdition & Renouveau... [ft. Kioshi, Oniri & Eien (PNJ) ] Mer 18 Mar 2015 - 13:34

Musique ♫:
 

Le ton sec et glacial de Kioshi me surprit. J'écarquillai les yeux instinctivement, n'étant pas habituée à l'entendre parler de la sorte. Mon regard interrogateur se tourna vers lui. Le sien était toujours aussi distant, toujours aussi sévère, mais il prit la peine de m'expliquer ce qu'il en retournait. Ces propos ne firent que raviver en moi la colère que j'éprouvai à l'encontre d'Aare.

-Alors nous serions deux à nous arrêter...

Je lui adressai cette fois-ci un regard entendu, soudainement devenu aussi redoutable et impassible que le sien. En soit, nous étions tombés d'accord sur un même point. Une fois toute cette histoire réglée, je comptais faire en sorte de me débarrasser de ce fou une bonne fois pour toute, lui dont la présence gangrenai Suna. Lorsqu'il me demanda d'aller nettoyer le désordre je m'en sentis offusquée. Avais-je l'air d'une bonniche ? Pensait-il vraiment que j'allais me séparer un seul instant de Yami alors que la pauvre allait au plus mal ? J'étais morte d'inquiétude à son sujet. Plus rien n'avait d'importance à par elle. Aussi restais-je à côté d'elle tandis que Kioshi continuai de l’ausculter. Il lui murmura quelque chose d'inaudible, mais réussi visiblement à la sortir de son état second et même à lui faire décocher un sourire.

Suite à quoi elle se redressa pour l'embrasser fugacement. Cette vision me fit l'effet d'une claque mentale des plus douloureuses. Je tournais brusquement la tête de côté pour ne pas avoir davantage affaire à cette scène, mais j'en avais déjà trop vu et cette image restait gravée dans mon esprit. Je dégluti nerveusement, restant là, figée à fixer un point précis dans le vide, me perdant l'ombre d'un instant dans mes pensées ou plutôt dans le fil de mes souvenirs. J'inspirai et expirai légèrement presque imperceptiblement. Ma respiration était courte, mon cœur, lui, battait au ralenti. Je savais que ce n'était pas le moment pour cela. Elle pouvait faire ce qu'elle voulait, après tout, elle était libre...

Je relevai alors la tête, écoutant ce qu'elle avait à nous dire, mais les voir ainsi ensemble me fit mal ; plus que je ne l'aurais jamais cru. Je déglutissais avant de m'approcher à nouveau, prenant mon courage à deux mains. Qu'importait, je devais être là pour elle...

Elle nous expliqua tout ce qui s'était passé jusqu'à présent et je sentais la panique comme la peur prendre possessions de sa personne. Elle était encore dans tous ses états. Je n'aimais pas la voir ainsi, tant et si bien que j'attrapais sa main pour la rassurer de ma présence.

-Calme-toi Yami. Ça va aller. Nous allons nous en occuper, je te le promet. Il faut que tu te reposes.

Je lui adressai un regard insistant, mais aussi chaleureux pour tenter de la rassurer. Il me fallait rester impassible, ne pas montrer mes émotions, cela n'aurait fait que causer davantage de problèmes. La voir ainsi tremblotante et apeurée comme jamais me troubla. Je n'étais pas habituée à la voir en de pareils états, elle qui se montrait si forte à l'accoutumé. Gardant ma main serrée sur la sienne, je posai une main sur sa joue de sorte à l'obliger à me fixer dans les yeux.

-Tout va aller. C'est finit. Nous sommes-là. Tu n'as plus à t'inquiéter. Nous allons veiller sur toi à présent.

Je reportai ensuite mon attention sur Kioshi. Il était étrange de constater que je ne le voyais plus de la même façon à présent. En réalité je ne savais pas trop comment réagir, ni considérer qui que ce soit. Je me sentais égoïste d'éprouver de pareils sentiments en de telles circonstances, alors que Yami venait de vivre un pareil cauchemar. Durant un instant, je me demandai si nous étions pas tous enfermé dedans et que, d'une minute à l'autre, nous allions nous réveiller.

-Nous devrions l'emmener dans sa chambre. Elle sera plus à son aise dans son lit. Pourrais-tu envoyer quelques clones en ville pour dénoncer Aare ?

Le chef du Kakumeigun était en effet le plus à même de résoudre cette situation de crise. Je savais au fond de moi qu'il ne voudrait pas laisser Yami un seul instant, tout comme moi je n'aurais pus le concéder à le faire. C'était pour cette raison que je lui soumettais l'idée des clones. Une fois qu'il m'eut répondu, nous empruntâmes les escaliers, Yami se trouvait toujours dans ses bras et nous prenions la direction des chambres. J'ouvrais la marche, commençant, au fil du temps, à connaître les lieux. J'ouvris la porte, et nous pûmes l'allonger délicatement dans son lit. Aussitôt je m'agenouillai à son chevet pour lui reprendre la main ne la quittant plus des yeux un seul instant. Mon cœur battait toujours aussi lentement, mais l'inquiétude, elle, me consumait. J'avais tellement eut peur pour elle.

-Comment te sens-tu Yami ? Ça va aller ?

Alors que je restai là à veiller sur elle, je ne pus m'empêcher de détourner mon attention l'espace d'une seconde. Ce fut non pas sur Kioshi, mais sur la petite commode dans le font de la salle. Sur laquelle était posée Bloody et Rabbit...
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Message(#) Sujet: Re: Déréliction, Perdition & Renouveau... [ft. Kioshi, Oniri & Eien (PNJ) ] Mer 18 Mar 2015 - 19:34

    Il semblerait que le sang ne transforma point Yami en monstre. Elle était plutôt comme une brebis apeurée, bien que le loup s’en était allé. Elle n’avait plus de raisons d’avoir peur, mais elle tremblait. Pourtant, sitôt qu’elle se réveilla, elle m’embrassa. Dans cette situation, je ne pus la repousser. J’étais simplement content qu’elle avait rouvert les yeux. Tout ceci était de ma faute. Aussi, ce sentiment de culpabilité m’empêchait d’aller contre son geste. Je lui avais demandé du temps alors qu’elle voulait rester avec moi. Je l’avais donc laissée seule malgré la condamnation de son propre sang. Je l’avais laissée seule dans sa lutte de survie. J’aurais pu être là, à ses côtés, face à Aare… Le Nidaime aurait souffert d’un manque, comme un drogué ? Et il voulait faire de Yami son éternelle compagne… Peut-être était-ce la solution pour la Ketsueki, pour vivre ? Même si l’idée que ce soit avec cet homme me déplaisait… Il fallait avouer que c’était une possibilité. Bien que Yami refusa.

    L’annonce de la mort de Shinji ne m’affecta pas grandement. Il m’avait toujours paru comme un ninja peu professionnel, et je ne le connaissais pas bien sur le plan social. Cependant, il avait néanmoins été l’amant de la demoiselle… A la fois la réalité et l’illusion la torturait. Et je l’avais repoussée au lieu de la soutenir. Malgré tout, elle m’avait embrassé. Signe qu’elle ne m’en voulait pas, ou simple désir de penser à autre chose ? Cette fois, vu sa situation, je n’avais rien contre d’être son objet si ça pouvait lui faire retrouver son sourire.

    Voir la Ketsueki dans cet état était un spectacle bien rare, et surtout attristant. Oniri semblait plus à l’aise avec les mots réconfortant que moi. Peut-être parce que la culpabilité me paralysait ? Peut-être. La Saibogu proposa que j’envoie des clones pour prévenir les faits d’Aare. Je me tournais vers elle, tâchant de ne plus être aussi froid qu’avant :

    « Je ne peux pas. Il s’agit du Nidaime, il faut donc faire cela dans les règles, et recueillir les deux versions des faits… Or, je ne suis pas en état de l’écouter sagement... »

    Une chose après l’autre. Si j’agissais à présent, je risquais surtout de commettre une bourde tout en discréditant Yami. La parole d’une Ketsueki contre celle d’un ancien Kage. Ca n’allait pas être une mince affaire, et je préférais donc me concentrer sur une chose à la fois.

    Je portais donc la demoiselle alors qu’Oniri me montrait la voie vers la chambre que je n’avais encore jamais vu. Mais j’étais bien plus occupé par Yami que par le décor. Cette dernière tremblait encore. Jamais elle ne pourrait dormir dans cet état. Ou bien, ce serait pour revoir des cauchemars avant de se réveiller dans le même état, mais ça ne sera pas un sommeil réparateur. Il fallait d’abord apaiser sa conscience pour s’assurer une certaine tranquillité de l’inconscience. Je laissais donc la demoiselle aux mains d’Oniri avant d’aller fouiller les pièces voisines. Quelques minutes plus tard, je revins une bouteille d’alcool en main. Un bras lui tendit la bouteille, l’autre lui présenta mon poignée.

    « Bois. L’un pour changer tes idées, l’autre pour oublier et te réchauffer. »

    Je connaissais les effets de l’alcool sur sa maladie. Mais malgré mon opinion, je lui demandais d’en boire. J’espérais qu’elle accepte donc. A ce moment-là, ce n’était pas son espérance de vie qui m’importait, mais sa santé actuelle. Pour le sang, le goût de ce dernier devrait suffire à éveiller en elle de bons moments, et non la pièce au rez-de-chaussée encore remplie d’hémoglobines. Je buvais moi aussi quelques gorgées au goulot. Cela pourrait peut-être diluer la culpabilité que je ressentais, ou la colère et l’envie d’aller retrouver Aare sur le champ ? Je proposais ensuite le liquide à Oniri.

    « Tiens, ça peut rendre la situation plus confortable, ou supportable… »

    Ca dissipera peut-être la peur qui sommeil au fond de Yami. Pour moi, ça atténuera les sentiments négatifs en m’obligeant à ne pas penser aussi loin. Cela pouvait peut-être aussi aider à supporter de la voir dans cet état. Qu’importe les raisons. La main nouvellement libre alla se poser sur l’épaule de la Ketsueki pour commencer à soigner la morsure qui s’y trouvait.
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Message(#) Sujet: Re: Déréliction, Perdition & Renouveau... [ft. Kioshi, Oniri & Eien (PNJ) ] Sam 21 Mar 2015 - 12:00

La peur gagnait tout mon être. J'avais beau essayé de me calmer j'avais l'impression que les âmes perdues et maléfiques se trouvaient toutes autour de nous, m'épiant en attendant l'opportunité de frapper à nouveau. Tremblotante, haletante et en sueur, j'avisais mes amis avec des yeux apeurés et hagard, ne sachant comment appréhender tout cela : ce cauchemar était-il réellement terminé ? C'était ce que semblait affirmer Oniri qui se voulait rassurante en me promettant qu'ils étaient là pour moi.

Je les entendais parler d'Aare sans vraiment comprendre de quoi il retournait puis je quittais le piano dans les bras de Kioshi pour aller à l'étage, mon regard suivait inlassablement tout ce sang, toute cette effluve si délectable et délicieuse dont j'avais envie et qui avais le don d'apaiser mon être. Je déglutissais, fermant les yeux pour ne plus y penser et refréner la soif, accentuant mes tremblements comme un alcoolique en manque.

Une fois déposée dans mon lit, je m'apaisais, me sentant dans un environnement que je connaissais bien loin de toute l'agitation du rez de chaussée. Oniri attrapait ma main dans la sienne, me demandant comment je me sentais et je la regardais un instant, perdue dans mes pensées avant de voir Hotep et Méphisto fouler ma chambre, mes yeux larmoyants se posèrent de nouveau sur ceux ambrés de ma meilleure amie et je lui adressais un sourire en guise de réponse. Je suivais son regard qui se posait sur la commode où se trouvait Bloody et Rabbit, nos peluches inséparables tandis que Kioshi se postait lui aussi à mes côtés avec une bouteille à la main qu'il me tendait tout en me proposant aussi son poignet. Me laissait-il le choix ? Ma réponse serait pourtant évidente. Il me disait de boire les deux : pour oublier , me réconforter et m'apaiser... j'attrapais son poignet, plantant mes canines effilées dans sa chair dans un craquement caractéristique tandis que je laissais son fluide écarlate emplir ma bouche. J'avalais goulûment plusieurs rasade tout en fermant les yeux, m'apaisant pas son goût si rassurant et qui m'évoquait tant de choses positives... Le souvenir de notre étreinte et de cette chaleur rassurante et réconfortante, tout autant de sentiments qui me rappelait que c'était bel et bien la réalité et que le cauchemar était passé...

Alors que je me délectais du breuvage, je sentais une main chaleureuse se poser sur ma blessure, me faisait grimacer un instant alors que mes lèvres étaient toujours scellées contre le poignet du Yamada. Je me risquais à ouvrir un œil puis l'autre en étanchant toujours ma soif doucement, observant dès lors Kioshi me soigner. C'était peu être stupide mais ce simple contact m'apaisais alors que l'une de mes mains était posée sur la plaie dont j'aspirais le contenu et que l'autre était toujours lovée dans celle d'Oniri. Les savoir avec moi, si proches, me rassurait : ils comptaient tellement pour moi...

Je m'humectais les lèvres et essuyais ce qui s'écoulait d'un revers de main, usant de mon propre chakra médical pour soigner le Yamada et ne plus rien laisser paraître. Mes tremblements avaient cessé, je me sentais déjà bien mieux même si j'avais toujours dû mal à me remettre de ce que je venais de vivre et dès que je parvenais à m'en souvenir, je faisais en sorte de chasser ses images de ma tête sans quoi je ne serais plus que crainte et agonie, me laissant torturer par ces instants abominables... Non je devais puiser dans ma force de caractère pour passer outre et tâcher de m'en remettre.

Mon regard croisa celui de Kioshi que je remerciais, refusant toutefois l'alcool qui souillerait mon sang et reportait mon attention sur ma meilleure amie pour la prévenir :

« Eien va sûrement venir d'ici peu de temps... J'ai vu ses chauves-souris s'en aller pour aller prévenir... »

Au fond, j'étais contente de cette nouvelle. Fallait-il que je me blesse pour le revoir ? Je voulais être de nouveau à ses côtés et recevoir ses enseignements même s'il penserait que je suis faible en pensant de la sorte.

Je me redressais, assise dans mon lit avant de mettre instinctivement ma main devant ma bouche, sentant une nouvelle quinte de toux qui ne tardait pas a venir, me pliant de douleur alors que je crachais du sang en quantité plus importante qu'à l'accoutumer, haletante, en sueur, les yeux larmoyants sous l'affliction, je reprenais peu à peu mon souffle, devant toute cette hémoglobine qui recouvrait la paume de ma main je déglutissais de terreur un instant pour finalement inspirer et expirer profondément. J'avais utilisé pas mal de mon sang contre Aare et l'épreuve avait dû être telle qu'un contre coup du genre n'était pas anormal. C'était aussi le signe que ma maladie progressait quelque peu... Père... Quand vas-tu venir pour m'apprendre la voie à emprunter pour accéder à l'immortalité ? … Mon choix se dessinait peu à peu alors que je pouvais observer l'inquiétude dans le regard de ceux que je chérissais plus que tout.



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Message(#) Sujet: Re: Déréliction, Perdition & Renouveau... [ft. Kioshi, Oniri & Eien (PNJ) ] Dim 22 Mar 2015 - 13:21



Music ♪ ♥

Je la regardai boire son sang. Je la regardai s'en délecter. Alors qu'une main était posée sur elle et la baignait d'une aura salvatrice. Leur échange... Cela pouvait paraître si anodin... Peut-être voyais-je le mal partout à présent, ou tout simplement venais-je enfin d'ouvrir les yeux. Cette main présente dans la sienne... Cherchais-je vraiment à la soutenir ou plutôt à me raccrocher désespéramment à elle qui était mon point de repère dans la vie, cette bouée de sauvetage dans cet océan en pleine tempête. Mes bras maigres et décharnés se mirent à trembler imperceptiblement. Comme par le passé je me faisais violence pour ne rien laisser paraître. S'agissait-il d'un retour en arrière ? Non, les temps avaient changé. Shinji n'était plus là, il ne le serait plus jamais. Moi je n'étais pas humaine. Yami quant à elle... Le temps lui était compté... Et comme pour souligner ces faits, elle se mit à parler de son père sa raison, comme si ce dernier allait vraiment apparaître. Tous ces cauchemars venaient de lui faire perdre la raison. Elle ne savait plus vraiment ce qu'elle disait, mais moi, je continuai de caresser sa joue avec bienveillance, tout en gardant nos mains jointes.

-Oui, ne t'en fais pas. Il sera bientôt là, Yami. En attendant repose toi. Nous sommes tous là pour veiller sur toi...

Je continuai de m'inquiéter pour elle. Les remords me torturaient plus que jamais. Aare avait été juste là, à ma merci. J'aurais du l'arrêter, tenter de faire quelque chose. Qu'il paie pour ce qu'il avait osé faire. Peut-être aurais-je du concéder à affronter son Genjutsu également pour l'emporter et enfin quérir son accord pour le tuer ? Non, c'était ridicule, je me serais irrémédiablement retrouvée dans le même état que Yami, sauf que, contrairement à elle, je n'aurais probablement pas été en mesure de m'en remettre.

Même si cette révélation m'avait fait l'effet d'un pieu enfoncé en plein cœur et que, malgré mes efforts, je n'arrivais pas à accepter leur lien. Sans doute étais-je toujours aussi égoïste dans le fond. Pourtant j'étais heureuse que Kioshi soit là car, d'une certaine façon, sa présence me rassurait. Je n'aurais jamais été en mesure d'affronter ces événements toutes seules. En cela il avait ma reconnaissance. Néanmoins, cela ne m'empêcha pas de lui adresser un regard assassin lorsqu'il osa nous proposer de l'alcool dans un moment pareil. D'autant plus lorsqu'il était question de l'état décrépitant de Yami.

-Ce n'est guère le moment pour cela... Lui adressais-je d'un ton plein de reproche.

Cette même affliction refit alors brusquement surface. Piégeant celle que j'aimais dans une quinte de toux sanguinolente. Comprenant que je ne pouvais rien faire pour elle je la serrai instinctivement dans mes bras, non pas pour la rassurer, mais pour lui donner du courage, lui rappeler qu'elle n'était pas seul, que nous étions tous présent pour l'aider à affronter sa maladie. Le sang entacha mes vêtements de part en part, mais je continuais de veiller sur elle car tel était ma raison d'être. Elle qui à cet instant ne pouvais voir mon visage ruisselant de larmes, tandis que ma tête demeurai posée contre la sienne. Moi qui pensait être devenue si forte, si sage... Je me rendais compte que tout ceci ne valait plus rien lorsqu'il était question de Yami. Je n'étais qu'une gamine à bout de nerf et apeurée face aux souffrances d'un être cher à son cœur.

Nous restâmes un long instant ainsi l'une contre l'autre tandis que je sanglotai en silence. Suite à quoi j'essuyai mes larmes, encore tremblotante. Son teint était livide, le mien aussi. Là, je n'avais plus le courage de faire de faux sourires, aussi me contentais-je de l'aider à se rallonger lentement dans le lit.

-Reposes-toi...

Je déposai un baisé sur son front et me relevait, encore maculée de sang, vers la salle de bain. J'en profitai pour me changer avant de revenir avec une gant de toilette humide. J'allais également chercher de nouveaux draps enfin de remplacer ceux souillés. Après quoi je commençai à passer le gant humide et chaud sur son visage avec une infinie douceur. J'essuyai les quelques traces de sang encore présentes sur sa peau avant de reposer le gant sur son front. Pas un seul instant je ne voulais qu'elle se sente délaissée. Elle avait besoin de nous plus que jamais et de savoir que nous étions là dans un moment pareil. Elle avait jadis patienté en versant des larmes à mon chevet. Aujourd'hui, c'était à mon tour d'en faire de même.
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Message(#) Sujet: Re: Déréliction, Perdition & Renouveau... [ft. Kioshi, Oniri & Eien (PNJ) ] Dim 22 Mar 2015 - 18:58

    Yami but de mon sang plus rapidement que l’autre fois. Il y avait plus de besoin que d’envie cette fois. Et elle en prit davantage également. Peut-être même un peu trop ? J’eus de légères sensations de vertige, mais rien de bien grave. Les deux demoiselles avaient refusé l’alcool. Si elles pouvaient surmonter la situation sans ce catalyseur, tant mieux pour elles.

    Oniri s’attela à laver la Ketsueki, et je l’aidais pour ce qui était des draps. Lors de leur étreinte, je m’étais reculé, leur laissant ce petit moment d’intimité. Je profitais de ce temps pour chercher deux chaises afin que nous puissions nous mettre plus à notre aise, car à priori, aucun de nous ne comptait s’en aller. Je remarquais les légers tremblements d’Oniri, alors que Yami toussa du sang.

    « Toi aussi… Allonge-toi avec elle. Elle aura besoin de ce contact pour chasser ses mauvais rêves, et tu pourras tout de même rester éveillée auprès d'elle... »

    Elle semblait avoir tout autant besoin de repos qu’elle. Au lieu de dormir seule, le fait qu’elles soient toutes les deux apaiserait sans doute l’une et l’autre. Elle semblait hésitante, mais j’insistais. Ou était la différence entre veiller à son chevet ou dans son lit ? Elle me demanda de veiller à ce qu'elle ne s'endorme pas. C'était donc là sa peur ? Je lui mentis en acquiesçant, car ce n’était pas le but que je prévoyais. Remontant les draps jusqu’à leurs cous, je les regardais d’un air attendrissant.

    « Je veillerais sur vous… »

    J’usais de mon aptitude afin de leur intimer un sentiment de fatigue physique, pour stimuler l’envie de dormir. J’augmentais également la température de la pièce. C’est bien connu : la chaleur endort. Lovées dans des draps propres, dans une chaleur réconfortante, l’une contre l’autre, je vins caresser leurs joues délicatement tout en murmurant :

    « Faites de beaux rêves… »

    Et je m’installais sur la chaise à côté d’elles, les fixant à l’affut du moindre tremblement. Si l’une d’elle faisait un cauchemar, je l’apaiserais aussitôt en leur rappelant ma présence bienveillante. J’étais encore une fois le veilleur qui s’occupait des autres. Désolé Oniri, je sais qu’on avait passé un marché pour partager cette tâche, mais laisse-moi ce premier tour. Tu as besoin de te détendre toi aussi…
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Message(#) Sujet: Re: Déréliction, Perdition & Renouveau... [ft. Kioshi, Oniri & Eien (PNJ) ] Lun 23 Mar 2015 - 20:37

Oniri me caressait la joue, comme pour me rappeler qu'elle était là pour veiller sur moi, elle acquiesçait aussi mes paroles comme pour me réconforter mais j'en étais certaine : Eien, mon père, allait venir, je le sentais sans que je ne puisse me l'expliquer. Cette nouvelle m'emplissait de joie et m'aidait à retrouver mon calme, tout comme la présence de ces personnes auxquelles je tenais énormément.

Ma quinte de toux m'épuisa une nouvelle fois alors que ma meilleure amie m'attira a elle pour m'épauler, elle qui m'avait déjà vu prise de l'une de ces crises. Elle se cramponnait à moi comme si elle cherchait à se rassurer aussi elle même. Elle craignait pour ma vie. Cette attention me toucha bien que la souffrance ne me permit pas d'en faire la démonstration. Je le savais à son visage : elle avait pleuré. Je la connaissais mieux que n'importe qui et il était aisé de le deviner. Pourquoi s'en cachait-elle ? N'avait-elle pas prôner une vérité absolue entre nous deux tant le mensonge et le dénis nous avaient conduite sur une côte pentue que nous avions eu dû mal à remonter ?

Elle se leva en silence pour se changer et nettoyer mon visage maculé ainsi changer les draps tâchés d'hémoglobine avec l'aide de Kioshi. Elle me demandait de me reposer et se montrait au petit soin pour moi, me prouvant sa présence à chaque seconde qui s'écoulait.

Kioshi n'était pas en reste non plus, proposant à Oniri de s'allonger à mes côtés dans le lit, comme autrefois... Le soir où elle était rentrée à Suna et que j'avais découvert pour son œil, elle avait aussi dormi avec moi. Cela me rappellerait cet instant, ces retrouvailles empruntes d'émotions. Le Yamada promettait de veillez sur nous et nous souhaitait de faire de beaux rêves tandis que je luttais en vain contre le sommeil qui me gagnait : je craignais de faire des cauchemars incessants, perturbant mon repos.

Une chaleur bienfaitrice et si familière m'enveloppait pour m'apaiser et me laisser succomber à l'appel de Morphée qui m'accueillait à bras ouvert. Le temps passait, je dormais. J'étais parfois tourmenté par l'agitation en rêvant de ces âmes déchues qui cherchaient à me faire partager leur amertume et leur désespoir, m'inculquant un vent de panique bien vite apaisé sans que je ne sache pourquoi. Pouvais-je enfin me laisser aller à ce sommeil salvateur et réparateur qui parvenais à apaiser mes maux et mes blessures ? Pouvais-je enfin me délecter de leur présence si chère qui prouvait leur attachement pour ma personne et donc que je n'étais définitivement plus seule ? Pouvais-je abuser de leur temps et faire naître leur inquiétude à travers mon comportement et les faits que j'avais vécu ?
Est-ce que tout cela était véritablement fini ?



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Message(#) Sujet: Re: Déréliction, Perdition & Renouveau... [ft. Kioshi, Oniri & Eien (PNJ) ] Lun 23 Mar 2015 - 21:49

L'orage me réveilla. Même si l'été approchai, nous étions encore dans la saison des pluies. Mes prunelles s'ouvrirent délicatement. J'étais enfermée dans ce cocon de chaleur duveteux. Une présence, une odeur familière m’apaisait. Yami se trouvait dans mes bras et elle dormait paisiblement. Je poussai un long soupir de satisfaction, enfin rassurée à l'idée qu'elle puisse quérir un tant soit peu de quiétude après tout ce qu'elle venait de vivre. Malgré cet atmosphère emplit de plénitude, je savais que je ne parviendrais plus à dormir, pas avec les pensées obscures qui commençaient à sévir dans mon esprit. Aussi me retirais-je délicatement du lit afin de ne pas la réveiller. Dans son sommeil son bras s'agrippa instinctivement au mien pour me retenir. J'eus un sourire chaleureux, glissa délicatement mes doigts entre les siens pour lui faire lâcher prise. Suite à quoi je me penchai sur elle pour déposer un baiser sur son front.

-Ne t'en fais pas, je reviens bientôt. Murmurais-je dans le creux de son oreille d'un ton à peine audible qui n'aurait guère suffit à la réveiller.

La chambre était plongée dans le noir. Dehors les intempéries semblaient de nouveau sévir. L'orage grondait sur le désert tandis que nous étions ici, protégé à l'intérieur, ensemble à veiller les uns sur les autres. Je tournais l’œil en direction de Kioshi. Au travers de l'obscurité je pouvais apercevoir sa silhouette assise sur sa chaise, la tête penchée. J'ignorai s'il s'était endormi ou non. Néanmoins, je m'approchai de lui à pas de chat. Là encore je ne savais pas vraiment quoi penser. Il aurait été égoïste de ma part d'en vouloir au Yamada pour ce lien étroit qu'il semblait entretenir avec celle que j'aimais. J'ignorai la nature exact de ce dernier. Cela me faisait peur en même temps que je le redoutai . Cependant, j'essayai de me conforter, dans cette idée que, Yami avait désormais quelqu'un de plus pour la protéger. Tendant une main vers l'avant je posai une main rassurante sur la tête du Yamada, laissant mes doigts caresser imperceptiblement sa chevelure.

-Pauvre idiot... Je t'avais pourtant dis de ne pas chercher à tout porter sur tes épaules...

Le ton de ma voix était presque aussi bas que celui avec lequel je m'étais adressé à Yami. S'il s'était vraiment endormi je ne voulais pas non plus le réveiller. Suite à quoi je m'éloignai de lui pour me diriger vers la sortie. Je me retrouvai dans le couloir sombre aux murs boisés. Les fenêtres disposées de part et d'autres aux extrémités laissaient tantôt filtrer les éclaires lumineux de la tempêtes, alors que la pluie battante venait se fracasser contre les parois de verres. A peine sortie, je relevais la tête pour apercevoir le regard jaunâtre du félidé qu'était Méphisto. Il déambulait avec une grâce nocturne propre à la race qu'il incarnait. Seulement, il avait la tête en bas et les pattes clouée au plafond. Un éclaire fusa et j'eus tout à loisir d’apercevoir le sourire diabolique qui fendaient sa gueule. Je restai là sans broncher. Il y avait de nombreuses choses dont je n'avais plus peur. Lui en faisait parti. Cependant, désormais, j'étais effrayée par une toute autre créature.

« L'éternel renouveau issu de l'ancien monde. Il t'appelle de sa voix satyrique et toi, tu ne peux t'empêcher de l'écouter... »

Telles étaient ses paroles au ton caverneux. L'instant d'après, il n'était plus là, comme s'il n'avait jamais été autre qu'un rêve, une hallucination... Pourtant je savais qu'il existait bel et bien, tout comme ce mystérieux aegipan surgit du tréfonds de mes origines, là où le monde n'était que blanc neigeux et ciel grisonnant. Lentement, je tournais la tête en direction du miroir fixé au mur, y contemplant mon reflet lorsque l'orage me le permit. J'y retrouvai cette pupille d'or à l'iris fendu qui, une fois l'éclat lumineux passé, continuant de luire dans la nuit. Mon attention fut ensuite brusquement déviée lorsque la porte de la chambre s'ouvrit. Quelqu'un venait de me rejoindre dans le couloir.
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Message(#) Sujet: Re: Déréliction, Perdition & Renouveau... [ft. Kioshi, Oniri & Eien (PNJ) ] Mar 24 Mar 2015 - 12:25

    J’avais tenu les premières heures, jusqu’à ce que la pièce tombe entièrement dans l’obscurité. Mais mes yeux s’étant habitués, je voyais tout de même les contours des deux demoiselles, ainsi que leurs légers mouvements. Si elles tremblaient, je me rapprochais davantage, les réchauffant plus. Si elles dormaient paisiblement, je demeurais assis sur ma chaise, à les observer… Dans cet état, elles étaient toutes deux détendues. C’était le seul moment où le corps ne pouvait mentir, et elles semblaient toutes les deux profiter pleinement de ce sommeil.

    Cependant, je ne tins pas toute la nuit, n’étant pas en forme moi-même et ayant également besoin de ce sommeil réparateur quotidien… En plus, l’adrénaline et la peur de l’avoir vu dans cet état s’en allèrent peu à peu, ne laissant place qu’à la fatigue et aux autres soucis qui ne demandent qu’à être oubliés dans un profond sommeil…

    Je demeurais assis sur la chaise, mais la tête pencha légèrement sur le côté, sous l’action de la pesanteur. Aucun rêve, aucun cauchemar. Le vide, le néant, le rien. Juste un moment, un instant, en dehors du temps, de la réalité. Un endroit où Yami n’avait pas une durée de vie extrêmement limitée. Car bien qu’on l’en sortit aujourd’hui, le gros problème restait le même. De plus, peut-être même que sa maladie avait gagné du terrain avec cette épreuve…

    Lorsque je rouvris les yeux, j’ignorais combien de temps était passé. Mais il faisait encore nuit dehors. Yami était toujours là, sommeillant dans le lit. Et Oniri… Hum ? Où était passé Oniri ? Faisant appel à mes dons de senseur, je perçus une présence dans le couloir au sortir de la chambre. Serait-ce elle ? Je me levais tout en faisant attention de ne pas réveiller la Ketsueki, et me rendis dans le couloir.

    C’était bien Oniri, là debout face au miroir. Je refermais la porte derrière moi pour éviter que nos bruits n’aillent jusqu’au lit. Puis je marchais silencieusement vers la demoiselle, ne demandant qu’une fois à sa hauteur :

    « Pourquoi t’es-tu levée ? Retourne te coucher… Yami a besoin de toi, et tu en as besoin aussi… »

    Je posais une main bienveillante sur son épaule. Ou bien était-ce moi qui avais besoin d’un appui ? Je continuais de marcher, la plaçant alors entre la chambre et moi.

    « Veille bien sur elle pour moi s’il te plait, je vais déjà chercher à savoir où se trouve Aare pour lui tomber dessus à l’aube… »

    Ma présence n’était plus nécessaire ici. Yami s’était calmée, et elle avait Oniri avec elle. Autant commencer à faire ce qui devait de toute façon être fait… J’avais dormi un peu, je devais sans doute être apte à procéder dans les règles à présent. Et puis, il ne fallait pas lui laisser trop de temps et d’occasions de s’enfuir, comme Yogan l’avait fait…
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Message(#) Sujet: Re: Déréliction, Perdition & Renouveau... [ft. Kioshi, Oniri & Eien (PNJ) ] Mer 25 Mar 2015 - 14:06

J'avais cherchée à me leurrer, à ne pas vouloir me rendre à l'évidence des faits. A présent ce visage à la maigreur maladive que reflétait le miroir ne pouvait mentir. Cela faisait désormais plusieurs semaines, depuis mon retour à Suna, que je n'avais strictement rien avalé me contentant de boire l'eau et les boissons que l'on me proposait. Enfermée dans mon déni, je n'avais pas cherchée à comprendre ni à réaliser l’étrangeté de mon état. Une personne normal serait certainement déjà morte après tout ce temps passé sans s'alimenter, d'autant plus avec mes efforts de Kunoichi à côté. Désormais j'avais la réponse. Mon unique œil d'or fendu me la révélait. Je n'étais pas humaine. Cet irrémédiable constat s'ensuivit alors d'une question toute aussi fatidique. Alors qu'étais-je réellement ? Tant de questions se bousculaient dans mon esprit. Yami, Kioshi et maintenant cette chose présente en moi qui, visiblement, avait toujours été là sans que je ne m'en aperçois. Quand la porte s'ouvrit, je tournais instinctivement la tête, renvoyant mes cheveux devant une partie de mon visage pour cacher ce nouvel aspect de moi.

Kioshi était là, toujours à veiller sur le monde qui l'entourait. Je ressentais toujours ce sentiment de mal-être en sa présence depuis que Yami l'avait embrassé, ne sachant plus comment je devais le considérer. Il aurait été si facile de lui en vouloir, pourtant ce n'était pas ce que je voulais, nullement ce à quoi j'aspirai. Lorsqu'il posa sa main sur mon épaule, je m'efforçai de rester immobile, paraissant indifférente. Durant un instant, je failli placer la mienne par-dessus la sienne, mais me ravisai. Lui qui tournait le dos à l'orage, à cette tempête sans nom qui zébrait les cieux d'éclaires. Était-il en mesure de voir au-delà de ce qui était ? Ses paroles étaient sage, mais il semblait oublier que je n'étais pas là pour me reposer que, moi aussi, je devais veiller sur elle.

-Ne t'inquiète pas. Tout ira à présent. C'est aussi à ton tour de te reposer.

Comme à son habitude il n'en faisait qu'à sa tête, prenant cas des autres, mais jamais du sien. Moi qui désapprouvait à l'origine son initiative de ne pas aller directement s'occuper d'Aare, je ne voulais à présent plus le voir partir. Comme à mon habitude je mentais en prétextant que tout irait pour le mieux. Mais la réalité était toute autre. J'avais besoin de quelqu'un sur qui me reposer en ces temps troubles. Néanmoins, je jugeai qu'il en avait assez fait pour nous. Lui aussi avait droit à son répit. Là encore, j'aurais voulus le serrer dans mes bras pour chercher à mon tour à le réconforter, mais le même blocage subsistait et je restai de marbre.

Alors il s'en alla, accomplir sa mission. Je le regardai s'éloigner pas à pas. Mon cœur était lourd. Cette question me brûlait l'esprit et je finis par la poser.

-Kioshi... Qu'y a-t-il entre Yami et toi ?

Il s'immobilisa. Il ne s'attendait sûrement pas à cela.

« Je ne sais pas trop... Peut-être la même chose qu'entre vous deux ? »

Sa voix était calme, mais tellement incertaine. J'ignorai s'il savait ce que ces mots signifiaient pour moi.

-Alors tu l'aimes ?

L'émotion avait permit à cette phrase de s'échapper. Mon cœur était lourd. Je ne savais pas ce qu'il allait me répondre, mais je savais au fond de moi que sa réponse, peu importait sa nature, parviendrait à me blesser.

Un nouveau moment de silence précéda mes mots. Il ne s'attendait pas à cela. Peu de monde était au courant de cet amour inconditionnel que j'éprouvai pour Yami.

« Comme je te l'ai dit, je ne sais pas »

Peut-être n'étais-je pas plus avancée. Cependant à mon sens un déni sonnait comme une révélation. Je le regardai partir, perdue, ne sachant pas si je devais le retenir ou non ; sans parvenir à déterminer si j'avais besoin de lui ou non. Ce ne fut pas tellement moi qui l'en empêchait, mais simplement lui qui s'éloignait. Et je me retrouvais à nouveau dans ce couloir sombre, qui étrangement me rappelait cette nuit fatidique où j'avais jadis perdu la raison. Adossée contre le mur, je me laissai retomber, épuisée. Je failli m'adonner à l'abandon de moi-même avant de brusquement me rappeler que Yami était là, qu'elle avait besoin de moi et que je ne pouvais faire preuve de faiblesse. Lentement, je vins la rejoindre dans la chambre pour reprendre place dans la lit à ses côtés. Une fois encore je la serrai contre moi, afin de lui porter toute l'affection et l'amour dont elle avait besoin. Je continuerai de la protéger quoiqu'il advienne...
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Message(#) Sujet: Re: Déréliction, Perdition & Renouveau... [ft. Kioshi, Oniri & Eien (PNJ) ] Ven 27 Mar 2015 - 17:42


Musique ♫:
 

L'orage passait lentement. Le manoir était plongé dans la pénombre. Les félidés aux yeux jaunes serpentaient parmi les ombres, gardien de ce lieu qui fut autre-fois oublié par ses propres créateurs. Cependant, depuis peu, il reprenait peu à peu vie tandis que ces derniers représentant tentaient de redorer le blason familial. Certain les pensaient à désuétude, voué à la perdition puis à l’oubli tant ces deniers se raréfiaient au fil du temps. Les apparences pourraient le laisser penser. Néanmoins nombreux étaient ceux qui ignoraient la vérité. A savoir que les Ketsueki étaient éternel. Ils étaient les témoins des temps immémoriaux, de ses sentiers tortueux du temps qui s'étendaient vers l''infinie. Du haut de leur apogée ils contemplaient le bas monde qui se mourrait lentement tandis qu'eux demeuraient impérial face à la mécanique implacable de la roue du destin. Elle continuait de tourner, mais eux demeuraient à part.

Depuis son dernier affrontement contre Megami. Eien avait été en mesure de recouvrer ses forces datant. Désormais, il ne craignait plus rien ni personne. Ses récents périples dans le désert l'avait mené à explorer d'antiques temples engloutis sous le sable. Il y avait apprit de nombreuses choses, mais s'étaient avant tout assuré que le Marchand de Mort était toujours scellé. Enma Ketsueki incarnait le seul fléau que le comte ne voulait pas voir se relâcher sur le monde. Néanmoins, il fut toujours là et Eien s'en était allé pour résoudre d'autres problèmes. Le déclin des hémomanciens avait permit à un tout autre culte de se répandre jusque dans les confins du désert. Celui de Jashin. De miséreux mortels, osant prétendre à connaître les préceptes et rites ancestraux du Dieu déchu s'étaient formés un peu partout. Cela avait prit plusieurs mois à Eien, mais il était parvenu à pratiquement tous les exterminer. A présent, il retournait à sa mission première qui consistait à perpétuer son héritage légendaire.

Yami, il s'était efforcé à ne pas y penser. Depuis longtemps il avait cessé de croire qu'il aurait un jour put être père. A présent cette vérité l'incommodait. A son sens il était trop tard pour rattraper le temps perdu. Il pensait cependant que s'il pouvait être en mesure d'accomplir quelque chose pour elle ainsi que pour son clan, alors peut-être n'aurait-il pas tout gâché.

Sur le chemin de retour qui le menait à Kaze, le comte fut interpellé par la venue soudaine de ses protégées. Les fidèles de Nosferatu. Ses chiroptères se mirent à tournoyer autour de lui, divulguant un message, celui d'une menace. Quelqu'un avait osé s'en prendre à Yami. Ainsi ne pouvait-elle être en sécurité dans ce village Shinobi. Dans cet étrange ironie, où le temps faisait défaut à un immortel, le comte décida de prendre les devants en s'y rendant au plus vite. Enfonçant ses crocs dans sa paume, il laissa quelques perles de sang couler sur le sol. Les globules rouges se divisèrent sur le sable pour que seulement quelque goûtes suffissent à matérialiser une flaque écarlate à ses pieds que le sable même du désert ne parvenait à éponger. Une énorme chauve-souris sortie en émettant un long grincement. La créature était de taille humaine et s'inclina devant son maître dans la seconde qui suivit. Eien la toisait avec intensité de ses yeux écarlates.

« Va Stigma ! Rejoins-là et invoque moi au près d'elle. »

La bête infernal battit brusquement des ailes, soulevant des gerbes de sables autour d'elle puis s'envola pour disparaître dans le ciel. Le comte lui s'était définitivement immobilisé. Imperturbable il attendait simplement l'arrivé de son messager.

Quelques heures plus tard, alors que la nuit était profondément avançée et que l'orage venait de passer, le Manoir des Ketsueki fut mit en branle. Les félidés gardiens des lieux purent ressentir la venue de la créature ainsi que l'aura de son maître qui se déversait jusque dans les profondeurs de ses murs. Passant par une ouverture du toit, Stigma parvint à s’immiscer dans le grand hall. Il se posa au centre même de la salle. La chauve-souris géante senti l'excitation et l'énervement la gagner à l'odeur de tout ce sang présent autour d'elle. Elle n'en oubliait pas pour autant sa mission et se mordit la patte avant de l’apposer sur le sol. Une multitudes de ses semblables apparurent, volant à vive allure, explorant le manoir de part en part avant de se regrouper dans la salle principal. Bientôt la silhouette du comte de matérialisa.

Il fit un pas en avant, les pans de sa capes claquèrent dans son dos et le voici qui se retrouvait en plein cœur de Suna grâce à sa technique d'invocation inversée. Sa peau était pâles et son regard plus intense que jamais. La vue de tout ce sang le laissa totalement de marbre. Il y avait longtemps qu'il avait apprit à dompter la frénésie de cette soif inhérente à ses semblables. D'un simple geste de la main il ordonna à ses protégées de se replier. L'ensemble des chauve-souris ainsi que Stigma s'envolèrent pour aller se suspendre la tête en bas aux poutres du plafond avant de recouvrir leur corps de leurs ailes.

Déjà toute son attention était tournée ailleurs. Il ne pouvait la voir, mais s'était tourné dans sa direction. Au loin, enfermée dans une des nombreuses pièces qui composaient ce manoir, elle veillait, si faible qu'elle était devenue. Le comte pouvait le sentir. A partir de l'instant où il avait but son sang leur existence se voyait à jamais lié car, il avait ce pouvoir, celui de conserver en lui une part de chacun après une simple morsure. Aussi lui était-il directement possible d'intervenir dans son esprit, sans même qu'il n'eut besoin de la voir, de sentir sa présence ou d'user de genjutsu.

« Yami, lève-toi ! Nous avons de nombreuses choses à nous dire. »

S'adressa-t-il à elle par télépathie. En contrôlant le sang présent dans le corps de sa fille, il fut en mesure de stimuler son chakra de sorte à lui faire couvrir une partie de ses forces. Cette dernière en aurait grandement besoin pour ce qui allait suivre.
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Message(#) Sujet: Re: Déréliction, Perdition & Renouveau... [ft. Kioshi, Oniri & Eien (PNJ) ] Lun 30 Mar 2015 - 11:03

Music ♫:
 

Je ne cauchemardais pas. Etait-ce grâce à leurs présences bienveillante ? Sans doute... J'étais même plutôt sereine malgré tout ce que j'avais vécu.
Une sensation familière me tira de mon sommeil, doucement. Oniri était à mes côtés, dormant paisiblement en me réconfortant de ses bras chaleureux. Pourtant, si elle parvenait aisément à m'apaiser c'était un tout autre ressentiment qui avait le don de m'appeler. Il approchait. Je le sentais, le percevant nettement à travers mes veines alors que mon élixir écarlate bouillonnait pour me confirmer sa présence : Eien était là.

Mes yeux s'illuminèrent à cette simple pensée, ravivant la flamme de l'intérêt et de la gaieté que j'avais perdu depuis mon entrevue avec Aare. Rien n'aurait pu me faire recouvrer mes forces aussi rapidement que la présence de mon père. Il dégageait cette aura impériale, cet exemple qu'il demeurait pour moi et qui me confortait à donner le meilleur de moi même sans jamais flancher ou afficher ma faiblesse par crainte de le décevoir : malgré toutes ces années passées loin de moi, sa fille, qu'il avait sans doute dû mal à considérer comme tel, je voulais qu'il soit fier de moi...

La nuée était rentrée : j'entendais les battements frénétiques de leur grand nombre depuis ma chambre. Je sentais mon chakra s'agiter, me faisant recouvrer ma puissance perdue, presque comme si nous étions revenus à l'instant où Megami était présente en moi : les moments où je n'avais pas a subir les affres de la maladie.

Sa voix caressa mon être en me demandant de me lever pour aller le retrouver : je ne me faisais pas priée. A vrai dire, cela faisait plusieurs longs mois que nous ne nous étions pas vus et j'avais moi aussi beaucoup de choses à lui dire. Le temps, qui n'avait pourtant pas d'emprise sur lui, semblait nous manquer à tous les deux... J'espérais avoir plus de temps que la dernière fois en sa compagnie pour apprendre à le connaître et me complaire dans la présence de mon père qui, comme ma mère, avait été absent de ma vie jusqu'à il y a peu.

Je prenais soin de ne pas réveiller Oniri, m'extirpant de ses bras m'enlaçant avec douceur puis posais un pied sur le plancher de ma chambre et me redressais complètement pour me diriger à pas de loup dans le couloir. Lorsque j'eus quittée la pièce, je ne pus m'empêcher d'accélérer le pas pour le retrouver au plus vite comme s'il allait s'enfuir si je ne me hâtais pas. Pourtant, au fur et à mesure que j'avançais, je percevais bel et bien sa présence se clarifier. Il était bel et bien là. Trônant, impérial, dans ce bain de sang qui métamorphosait le hall d'entrée. Sa présence était parvenue à me faire oublier jusqu'ici l'effluve pourtant prononcée de l'hémoglobine qui ravivait l'intensité de mon regard rougeoyant dès à présent. Tout ce fluide attisait mon excitation déjà grandissante à l'idée de le retrouver : la soif me tiraillait désormais mais je parvenais à l'occulter en me focalisant sur Eien.

Je dévalais les marches quatre à quatre jusqu'à me retrouver à sa hauteur, me confortant pourtant dans l'idée qu'il s'agissait du fruit de mon imagination et qu'il ne se trouvait pas véritablement ici... Ma course fut stoppée nette lorsque je me retrouvais face à lui : j'aurais voulu me réfugier dans ses bras mais je m'étais souvenue qu'il aurait probablement trouvé cela inconvenant et je préférais me contenir plutôt que de subir un rejet de sa part.

Mon regard ne quittait plus le sien, fascinée par l'être qu'il était et tout ce qu'il représentait pour moi alors même que je ne le connaissais finalement que peu.

« Bienvenue au manoir Ketsueki, Eien. »

C'était là tout ce que je trouvais à lui dire alors même que le hall n'avait jamais été dans un tel état depuis que j'habitais ici. Est-ce qu'il ressentait la présence de Megami ? Elle qui avait vécu plusieurs années ici et dont la chambre avait été confinée et scellée pour que je ne puisse plus y mettre les pieds et qu'elle parvienne à renforcer son influence sur moi. Elle qui avait son tableau impressionnant qui trônait dans le salon au dessus de la cheminée aux côtés des anciens Comtes Ketsueki. Etait-ce réellement la première fois qu'il venait ici ? Comment avait-il fait pour passer la garde pourtant nettement renforcer depuis les derniers attentats contre les conseillers ?

Je ne pouvais pas lui exprimer clairement ma joie aussi je restais impassible face à lui, contenant mes émotions pour ne pas l'agacer. Devais-je m'excuser de l'avoir fait se déplacer à cause de ma faiblesse ? Devais-je lui prouver que sa présence réchauffait mon cœur meurtri ? Je ne le savais pas et je n'en faisais rien, me contentant de rester face à lui en silence, attendant qu'il ouvre le dialogue pour ne pas me perdre en conversations futiles.



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Message(#) Sujet: Re: Déréliction, Perdition & Renouveau... [ft. Kioshi, Oniri & Eien (PNJ) ] Lun 30 Mar 2015 - 20:14


Musique ♫:
 

Durant un instant Eien fut troublé lorsqu'il la revit. Nullement pas parce qu'elle était sa fille, mais parce qu'il lui trouvant de nombreuses ressemblances avec Megami. Plus le temps passait et plus la parenté se prononçait. Lui-même n'aurait sût dire si cela était ou non de bonne augure. Alors qu'elle dévalait les marches, il restait impassible, ne pouvant s'empêcher de veiller sur son regard attiré par les émanations sanglantes qui recouvraient le grand hall. Il fronça des sourcils devant ce constat, comprenant alors qu'il y aurait tant à accomplir avant qu'elle ne soit digne de recevoir l'héritage déité des Ketsueki. En attendant elle l'accueillait comme son hôte dans cette demeure qui avait jadis été le refuge de leurs semblables. Ses yeux écarlates s'attardèrent un instant sur l'architecture des lieux, il tourna même brièvement la tête en direction du vitrail dans lequel transperçait une coupe d'argent resplendissante remplie de sang. Présentée ainsi elle semblait arborer des attributs divins. Eien pensa que la plupart des Ketsueki actuels devaient ignorer la véritable signification de cet emblème. Son attention se reporta ensuite sur Yami qu'il vint à aviser de bas en haut avec une certaine sévérité.

« Tu es devenue bien faible... »

Telles furent ces paroles adressées dans l'esprit de sa jeune disciple. Elle ne le comprenait sans doute pas, mais le comte ne faisait nullement référence à son état de santé décadent, mais à un mal plus pernicieux encore et totalement inconnu du commun des mortels. Il pouvait le discerner au travers de son esprit par le lien qui les unissait. L'éclat vermeil faisait ployer sa volonté et elle n'était pas en mesure de s'y soustraire. Pour l'immortel il s'agissait de la plus grande faiblesse que celle de laisser son esprit divaguer à la déraison accordant ainsi à l'instinct tout à loisir de prendre l'ascendant.

Et comme voir ainsi la faiblesse consumer son enfant l'agaçait il ne perdit pas de temps pour poser un genoux à terre, non sans faire preuve d'une certaine solennité du à son rang. Fermant les paupières, il apposa la paume de sa main sur l'étendue écarlate pour y injecter son propre fluide vital qui se répandit rapidement. Alors, dans une poignée de secondes, toute l'impureté qui souillait les lieux se transforma littéralement en poussière avant de se volatiliser. l'annihilation du sang par le sang, tel était un des nombreux pouvoirs d'Eien. Cette technique était jadis utilisée pour mettre à mort les traîtres Ketsueki en les desséchant littéralement. Son travail achevé, il se redressa, rouvrant les yeux pour adresser un regard sombre à sa protégée.

« Nous devons notre force à notre contrôle sur le sang et non au contrôle qu'il exerce sur nous. Continue ainsi et tu ne pourras jamais atteindre la grandeur d'âme. Sans contrôle le pouvoir n'est rien. »

Son ton était neutre, sa voix grave. De sa main il fit voler un filet de sang devant lui qu'il manipula à sa guise et ce sans effectuer le moindre geste. Ses doigts se refermèrent et le fil fut brusquement désintégré par la même technique précédemment utilisée. Ces enseignements il les prodiguaient non pas avec sagesse, mais avec véridicité comme s'il s'agissait de constat immuable que même les dieux ne sauraient être en mesure d'altérer. Laissant un instant le silence retomber, le comte prit de nouveau la parole.

« A présent raconte-moi ce qui s'est passé ici. Pourquoi n'as-tu pas été en mesure de faire face à cette menace ? »

Il ignorait exactement ce qui avait put arriver. Ses chiroptères étaient par nature assez imprécis. Ainsi seules les grandes lignes furent citées. Il savait qu'un homme s'en était prit à elle et que ses compagnons étaient venu à son secours. L'une d'elle se trouvait encore dans le manoir. Eien avait veillé à se qu'elle reste endormi en envoyant l'une de ses protéger la maintenir captive dans une illusion.

« Dis-moi également si tu en as fait le choix. »

Elle savait exactement ce à quoi il faisait référence. Le Don Noir des Ketsueki. L'immortalité qui ne pouvait être octroyé qu'à ceux en mesure de porter son fardeau. Des réponses qu'il attendait de la par de sa fille, celle-ci était la plus importante.


Dernière édition par Aozora S. Oniri le Lun 24 Avr 2017 - 18:47, édité 2 fois
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Message(#) Sujet: Re: Déréliction, Perdition & Renouveau... [ft. Kioshi, Oniri & Eien (PNJ) ] Mar 31 Mar 2015 - 10:58

Music ♫:
 

Son regard était sévère alors qu'il jaugeait de ma faiblesse. J'imaginais aisément avoir à lui retourner un « Merci père, moi aussi ça me fait plaisir de te voir... » si nous entretenions une relation père/fille au quotidien mais ce n'était pas le cas et je ne m'attardais pas sur de telles futilités j'étais simplement honteuse d'être le fardeau que je semblais être pour lui, même si je ne laissais rien paraître. Alors ainsi il avait remarqué ? J'avais pourtant fait en sorte de ne pas dévoiler les affres de la maladie, mais notre lien si particulier lui permettait visiblement de visualiser sans problème le mal qui me rongeait... Pourtant, son ton condescendant affublé de reproches laissait davantage penser à un tout autre problème que je ne comprenais pas. Parlait-il de cette soif inextricable ?

Comme pour me montrer de quoi il retournait, Eien posa un genou à terre pour éradiquer littéralement tout le sang présent dans la pièce : le tout s'envolait en poussière. Le spectacle était saisissant et je n'avais jamais eu connaissance d'une telle capacité chez les Ketsueki : preuve encore que j'ignorais bon nombre de choses sur les miens et que mon père était un homme très puissant. Toute la tension que je ressentais précédemment se dissipait en même temps que l'hémoglobine qui souillait le sol : la soif avait disparu. Retrouver ainsi le plein contrôle de soi même était une véritable bénédiction.

Il se redressa dès lors, toujours aussi solennel pour m'expliquer que notre force était due au contrôle que nous possédions sur le sang et aucunement sur celle qu'il exerçait sur nous. C'était donc cela... Mon envie de fluide écarlate s'était accentuée depuis que ma maladie s'était accrue et cela s'avérait de plus en plus problématique même si je tâchais de refréner mes pulsions en entrant en contact régulier avec l'hémoglobine pour m'en sevrer et parvenir à ne plus rien ressentir à sa vue... J'étais pourtant inexorablement envoûtée par son appel. Ce n'était en soi pas une excuse mais j'avais dû apprendre à maîtriser mon pouvoir seule, sans aucun guide Ketsueki pour m'expliquer toutes les subtilités de notre pouvoir et j'étais certaine de ne connaître qu'une infime partie de tout ce qu'Eien était capable de faire par exemple.

Ce dernier agitait un filament de son sang devant nous avant de lui faire subir le même sort qu'à celui qui s'était trouvé dans la pièce. Je n'éprouvais rien face au sang des miens.
Mon regard se reportait bien vite sur le sien lorsqu'il me demanda de lui raconter ce qu'il s'était passé et pourquoi je n'avais pas été en mesure d'y faire face... Par où commencer... Mes yeux fuyaient un instant les siens à la recherche d'une réponse dont j'ignorais tout moi même. Finalement, je lui racontais brièvement, sachant qu'il n'avait que faire des longs discours.

« Le Nidaime Kazekage semblait intéressé par moi et plus particulièrement par notre pouvoir. Il a ressenti l'extase de la mort et du sang en liant son âme avec la mienne et il a cherché à ressentir à nouveau cette sensation en tentant de me mettre dans une situation similaire à la première. Après une lutte de pouvoir entre nous deux, et alors qu'il me racontait ses idéaux, je lui ai fait par de l'utopie de son objectif : il n'a pas apprécié et m'a plongé dans un puissant genjutsu duquel je n'ai pas réussi à m'échapper. »

Toute la souffrance, la torture que j'avais subi en son sein me faisait frissonner rien qu'en y repensant.
Eien poursuivait en me demandant si j'en avais fait le choix... Nul doute qu'il parlait de l'immortalité. Je repensais dès lors à la conversation que j'avais eu avec Kioshi à ce sujet alors que je lui avais parlé de ma maladie et de l'idée que j'avais de trouver une autre solution et de n'utiliser ce moyen de guérison qu'en dernier recours... Il m'avait répondu que je n'avais pas a perdre de temps pour trouver une solution que je possédais déjà et qu'il ne souhaitait pas s'attacher à moi s'il devait me perdre prochainement...

J'observais mon père dans les yeux avant de lui répondre, solennelle :

« J'ai effectivement fait mon choix. Cependant, et tu le dis toi même, je suis trop faible pour obtenir ce que tu considères comme un privilège. »

Si ce « don » s'apparentait pour moi bien plus comme une malédiction, je ne pouvais nier qu'une vie sans avoir à subir les affres de la maladie était des plus plaisantes. Toutefois, la faiblesse de corps allait se poursuivre inlassablement au fil du temps et je n'en disposais plus que peu...
Mon regard flamboyait de détermination à l'encontre de mon père lorsque je lui annonçais :

« Montre moi comment devenir plus puissante. Apprend moi l'histoire de notre clan. Transmet moi notre héritage familial. Fais de moi une Ketsueki à ton image. »

Je ne craignais pas l'homme qu'il était : je l'admirais. J'avais grandi sans figure parentale et je n'avais jamais pu avoir de modèle pour savoir quelle Ketsueki je devrais être : aujourd'hui j'en possédais un. Bien sûr que je possédais mon propre caractère et que je ne serais jamais aussi froide que les épreuves qu'il avait traversé l'avait fait devenir mais je voulais tout de même lui ressembler sur de nombreux points. S'il acceptait, plus que de me perfectionner en vue d'atteindre l'apogée Ketsueki, c'était du temps passé avec lui que je voyais...

« Je veux pouvoir être digne de reprendre la place qui m'est légitime. »

Je parlais bien sûr de prendre la tête du clan. Notre famille décimée dont il ne restait plus beaucoup de membres, je voulais l'élever et la guider. Personne ne devait garder en mémoire le règne de Megami qui n'avait été Comtesse que parce qu'elle avait acculé mon père. Je voulais redorer le blason du clan souillé par Rei puis par Megami. Cette dernière, ce monstre de mère qui avait nuit à mon père et qui avait payé de sa vie ses méfaits : je voulais qu'elle soit mise aux oubliettes et que la gloire du clan soit restitué par moi-même et l'enseignement de mon père.
J'étais solennelle, mes yeux ardents témoignaient toujours de ma détermination à atteindre cet objectif.



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Message(#) Sujet: Re: Déréliction, Perdition & Renouveau... [ft. Kioshi, Oniri & Eien (PNJ) ] Mer 1 Avr 2015 - 22:53


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Eien écoutait le récit avec attention. Le responsable semblait être ce fameux Nidaime Kazekage. Les dernières décennies l'avaient coupés du monde, l'empêchant ainsi d'acquérir les connaissances inhérentes au nouveau système qui s'était imposé sur tout le continent. Néanmoins, les mois qui avaient précédé son retour ainsi que son ultime affrontement contre Megami, lui furent de bonne augure pour rattraper toutes ces connaissances perdues. De nombreux concept lui demeuraient encore abstrait, mais l'essentiel s'y trouvait. Ainsi savait-il ce qu'était censé représenter cet homme qui avait osé profaner l'âme de sa fille. En dehors des membres de son clan, le restant de l'humanité n'avait aucune importance à ses yeux. Il les jugeait faible, ignorant et au sang impur. Les affaires des mortels ne le concernaient pas. Cependant, et cela l'histoire semblait l'avoir oublié, nul ne s'en prenait impunément aux Ketsueki sans en subir les conséquences. En temps venu, ce Nidaime l'apprendrait à ses dépends.

Pour l'heure, le comte avait d'autres priorités. Toujours dans sa lancée, Yami lui fit part de ses ambitions. Ses paroles étaient fortes de sens et de convictions. Sa solennité, sa grandeur, sa prestance, tous ces attributs éveillèrent l'attention de l'ancien Maître.. Malgré l'état maladif de la Ketsueki, il se surpris à ressentir un élan de fierté à son égard. Au moins n'était-elle pas sa fille pour rien. Lorsqu'elle eut terminé Eien laissa retomber le silence dans le grand hall. La nuit, aussi sombre et mouvementé fut-elle, touchait bientôt à sa fin. Suna lui était étranger, mais il connaissait les ninjas issu du sable du désert. Si ces derniers avaient conservé leur talent de jadis, alors cela signifiait que sa présence en ces lieux ne tarderait pas à être repérée... le comte avait néanmoins déjà pris sa décision et il s'adressa à sa protégée d'une voix aussi amer que le goût du sang.

« Soit, dans ce cas commençons. »

Leur regard n'avait connu aucune dissension depuis son arrivée. Et le monde tout autour deux vola littéralement en éclat comme un miroir que l'on venait de briser. L'environnement changea du tout au tout. Ils étaient à nouveau dans le désert, au cœur des ombres et des vents. Une nuée noir d'ailes battantes déchiraient les cieux dans une symphonie de grincements. L'un face à l'autre, sous la surveillance d'une lune de sang. Leurs yeux écarlates luisaient respectivement d'une intensité infernal.

« Ton corps et ton esprit actuels font pâle figure comparé à ce que devrait être un véritable immortel. Nous allons donc commencer par renforcer ta volonté. »

Dans cette illusion Eien était en mesure de contrôler le temps et l'espace. Ici, il n'était d'autre que le maître d’œuvre de l'existence. Ce qui allait se produire n'aurait de conséquences que sur son âme si elle ne se montrait pas en mesure d'y faire face. Dans un sens, elle n'avait d'autre choix que de réussir son entraînement, sans quoi il ne resterait plus rien d'elle. Pour celui que l'on surnommait jadis l’Innommable, cela aurait tout simplement signifié qu'elle n'aurait pas été digne de porter son nom. Néanmoins, il savait qu'elle parviendrait, le moment venu, à se défaire de sa faiblesse. Parce qu'elle était sa fille il était dans sa nature d'aspirer à la puissance et à dominer les autres.

« Actuellement ta conscience demeure tourmentée par des satyres, de vulgaires démons irréels qui n'ont aucunement lieu d'être. Je vais t'apporter le savoir ainsi que la compréhension nécessaire pour t'apprendre à dissocier ce qui immuable de ce qui ne l'est pas. Découvre le pouvoir des illusions Yami. »

Le vent souffla, plus glacial que jamais. Une aura menaçante s'éleva dans la nuit, tandis que non loin d'eux, une silhouette se détachait de l'obscurité. Elle marchait dans leur direction, impérial. La lune écarlate venait refléter les innombrables nuances miroitante de la faux accrochée dans son dos. L'astre nocturne donnait à la lame de l'arme une teinte couleur rubis. Lentement ses traits se prononçaient de plus en plus. Ils pouvaient la reconnaître, l'une avait déjà vu son visage sur un portrait dans le salon principal du manoir Ketsueki, tandis que l'autre l'avait côtoyé par le passé.

« Si tu désirs si ardemment être digne de tes prédécesseurs alors il te faudra les affronter. »

Megami adressa un sourire sombre à l'égard de sa fille, et proclama quelques mots avant de brandir sa faux pour se mettre en garde. Elle n'était pas une illusion, mais elle n'était pas pour autant réel. Le souvenir de la Sanglante venait de ressurgir des limbes qui l'avaient scellés. Pour elle, il était trop tard, pour Eien également, mais ils continueraient à jamais d'exister au travers de leur enfant qu'elle le veuille ou non. Tel était le destin des immortels, celui du clan Ketsueki.


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Message(#) Sujet: Re: Déréliction, Perdition & Renouveau... [ft. Kioshi, Oniri & Eien (PNJ) ] Jeu 2 Avr 2015 - 15:02

Music ♫:
 

Je n'avais encore jamais eu l'occasion de voir cette lueur si brève mais intense miroiter dans son regard : de la fierté. Cette émotion qu'il dégageait et qu'il laissait paraître m'imprégnait d'une profonde satisfaction bien que je ne laissais rien paraître. La fierté était une forme d'affection ce qui prouvait qu'il tenait à moi, tout comme sa présence en ce lieu après avoir appris les problèmes que j'avais traversé en témoignait aussi.

Eien semblait accepter de commencer immédiatement. J'étais prête et déterminée à réussir, ne serait-ce que pour voir une nouvelle fois cette expression s'afficher sur son visage : je ne voulais pas le décevoir.

Après ses mots, l'environnement changea du tout au tout dans un fracas assourdissant, nous transportant directement dans le désert qui m'était si familier, une lune de sang nous surplombant et nous baignant dans son halo écarlate : un genjutsu. Mon père arguait ma faiblesse de corps et d'esprit, exprimant le besoin de renforcer tout d'abord ma volonté. Toutefois, je pensais déjà en posséder une à toute épreuve tant j'étais prête à tout pour atteindre mes objectifs et protéger ceux qui m'étaient chers.

Il poursuivait son enseignement dont je ne perdais pas un mot. Selon lui, j'étais tourmentée par des choses au fond sans importance : je devais centrer mes idées et me focaliser sur ce qui était vraiment important. Ne jugeait-on pas quelque chose comme important lorsque l'enjeu était décisif ? Faisait-il référence à mon inquiétude et mon attachement pour ceux qui m'étaient chers ? Je ne voulais pas le contredire en cet instant, aussi je le laissais continuer. Il voulait m'apprendre ce qui était immuable de ce qui ne l'était pas : me faire partager le savoir et la connaissance des illusions. Moi qui n'était que sincérité sans mensonge, qu'importe sur la véracité blessait, pourrais-je vraiment bercés les autres dans une illusion ? Une trahison ou une tromperie de ce qu'est la réalité ? La façonnant comme j'en avais envie, me retrouvant maître de la situation et de ce qui s'y déroulait... C'était en effet une perspective alléchante.

Le vent puissant et glacial s'engouffra dans mes vêtements tandis qu'une ombre se dessinait au loin. Elle n'eut même pas besoin de s'approcher davantage pour que je la reconnaisse. Je l'avais suffisamment côtoyé pour reconnaître son aura malfaisante entre mille. Un faux accrochée dans le dos, semblable à la mienne mais ne disposant que d'une seule lame, elle s'avançait peu à peu tandis qu'Eien me demandait d'affronter mes prédécesseurs pour me montrer digne d'en être le successeur. Ma hargne montait d'un cran par la simple présence de ce monstre, étirant celle-ci jusque dans ma propre aura menaçante. Mon regard rubis était plus noir que jamais.

« Mon trésor... Comme on se retrouve... Tu ne peux donc pas te passer de ma présence ? Là sens-tu cette faiblesse qui t'a envahi depuis que je suis partie ?! Les enfants ont toujours besoin de leur mère pour être plus forts...»

Megami me provoquait par ses paroles, comme toujours mais je faisais fis de ce qu'elle disait. C'était une manipulatrice prête à tout pour atteindre ses objectifs même à bafouer la confiance d'autrui et nuire aux siens : ses paroles perfides n'avaient pas d'emprise sur moi. Elle dégaina sa faux, signe qu'elle allait passer à l'attaque tandis que je me mettais moi même en position, la jaugeant comme si j'étais en face de ma pire ennemie. Mon regard ne quittait plus le siens tandis que ma mâchoire se serrait et que mon envie d'en découdre demeurait. Je me laissais submergée par mes sentiments alors que ma voix n'était qu'amertume :

« Tu vas payer Megami ! Pour tout ce que tu m'as fait ! Pour tout ce que tu as fait à Eien ! Pour tout ce que tu nous as fait à nous Ketsueki ! Je sanctifierais notre nom en te traînant aux oubliettes ! »

Là dessus, j'effectuais quelques mudras et posais ma main au sol. La structure du terrain se modifia totalement alors que des colonnes de pierres et d'imposants rochers jaillissaient du sol et s'élevaient sur une vaste zone. Cette défense me permettait de me dissimuler allègrement et de me protéger de ses offensives mais il me permettait aussi et surtout d'avoir de la roche à disposition pour l'utiliser contre elle. Mes Kuchiyoses auraient été utile pour la déceler à travers ma propre technique mais je voulais mener cet affrontement en un contre un, par fierté. Même si mes chances étaient minces je ne m'avouais pas vaincue. Je ne ferais pas la même erreur que la dernière fois en utilisant mon sang contre un Ketsueki : c'était stupide et autant ne pas lui donner mon sang à porter. J'aurais tout aussi bien pu riposter de suite mais cela lui aurait indiquer ma position alors que je ne savais rien de la sienne : en soit j'attendais sa réaction pour passer à l'offensive.



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Message(#) Sujet: Re: Déréliction, Perdition & Renouveau... [ft. Kioshi, Oniri & Eien (PNJ) ] Lun 6 Avr 2015 - 22:24


Les provocations s'enchaînèrent et Yami eut la réaction exactement opposée à ce que Eien attendait d'elle. Cependant il ne dit mot, ce contentant de garder le silence. Ils avaient encore le temps, cet entraînement ne faisait que commencer. La jeune Ketsueki composa alors une rapide série de mudra qui déforma la totalité de la zone, laissant germer d'imposantes colonnes de terre de part et d'autre du désert. Le comte se plaça sur l'une d'elle, les bras croisés, de sorte à avoir vue d'ensemble sur l'affrontement qui avait lieu en contre bas. Les pans de sa cape claquaient dans l'air et la lune écarlate brillait dans son dos. Son regard implacable se posa sur celui de sa fille alors qu'elle était au prise avec sa Némésis qui n'était autre que sa propre mère.

L'affrontement était des plus acharné. Néanmoins l'issue était prédéterminée à l'avance. Il savait qu'en continuant ainsi Yami serait irrémédiablement menée à perdre. Elle n'était aucunement en mesure de faire face au pouvoir de Megami. Incapable d'user de leur maîtrise du sang ainsi que de leur invocation, elles n'avaient d'autres choix que de se reposer sur leur aptitude brute en combat. Cependant, et ce n'était un secret pour personne, les Ketsueki n'étaient nullement faits pour se genre d'escarmouche. Les bases de leur pouvoir reposaient sur d'infinies subtilités qui échappaient au commun des mortels. Ainsi, cette lutte qui opposaient mère et fille n'avaient nullement lieu d'être. La Sanglante reconnaissait très certainement le ridicule de la situation, pourtant elle se prêtait au jeu au point où cela parvenait à intriguer Eien.

Bientôt le sang de Yami vint à se répandre sur le sable. Sa chair était mise à mal par les multiples coups de faux de sa tortionnaire. Elle continuait de lutter vaillamment, mais vainement. Pendant ce temps le maître Ketsueki attendait. Avisant avec impérialisme la progression de son enfant.

« Ne comprends-tu donc rien Yami ? Il n'est point question de vaincre ce qui n'existe pas. Libère toi de ces maux qui obscurcissent ton jugement. Les immortels ne peuvent se permettre d'avancer sans être en mesure de voir au-delà des facéties de ce bas monde. »

Une fois encore, il s'était adressait à elle directement dans son esprit. Plus que des mots, il cherchait à véhiculer une idée. Megami avait jadis représenté une menace, mais désormais, elle n'était plus rien si ce ne fut les vestiges d'une illusion qui, dans une une ultime tentative providentielle, cherchait à inculquer une part de vérité à son enfant. La subtile ironie des événements qui découlaient de toute cette histoire paraissaient étrangement aux yeux d'Eien. Lui qui avait jadis aimé Megami avant de la haïr durant pratiquement deux décennies. Il était finalement parvenu à se débarrasser d'elle et, en tant que maître d’œuvre de son âme et conscience, l'avait totalement occulté de son esprit. Désormais, elle était de retour et tous deux travaillaient de concert pour atteindre un objectif bien précis qui se définissait en la personne de Yami.

Alors le combat se poursuivait et l'ancienne comtesse ne faisait preuve d'aucune pitié, n'hésitant pas un seul instant à tailler son adversaire en pièce. Le sang fusait de toute part. L'enfant tombait à genou. Eien demeurait immobile le visage taciturne se contentant tout simplement d'attendre. Il voulait le revoir. L'éclat de cette volonté qui avait durant un instant animé le regard rubis de sa fille.

« Échoue et je disparaîtrai à jamais. Il ne te sera alors plus jamais possible d'accéder aux pouvoirs qui sont censés te revenir de droit. Tu n'as plus d'autre choix. »

Il tentait d'influencer son jugement en l'obligeant à agir d'une quelconque façon.

« Montre-nous ce dont tu es réellement capable. »


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Message(#) Sujet: Re: Déréliction, Perdition & Renouveau... [ft. Kioshi, Oniri & Eien (PNJ) ] Mer 8 Avr 2015 - 10:49

Music ♫:
 

Megami avait fini par me retrouver parmi mes colonnes de pierre qui avaient modifié toute notre surface de terrain. Elle était bien trop près ! J'étais une combattante à distance et je n'étais pas de taille a faire face aux coups acharnées, frénétiques qui semblaient parfois hasardeux et qui pourtant relevait d'une grande maîtrise du taijutsu. La Faux de celle que je devrais appeler mère frappait la roche tandis que je l'esquivais, m'épuisant en cherchant à parer ou fuir ses coups : j'étais acculée. Si le combat se poursuivait ainsi, ma défaite était évidente. Il fallait que je trouve comment inverser la tendance.

Notre affrontement était effréné et brutal alors que nous nous touchions tant bien que mal mutuellement. Ces coups étaient bien plus précis et dévastateur que les miens tant et si bien que bien vite, mon sang s'écoulait sur le sol abondamment, aspiré par le désert sous cette lune écarlate après que la lame de l'arme soit entré en contact avec ma chair pour la découper sans difficulté. Mes cris de douleurs et la hargne qui me consumait comme l'animal blessé que j'étais, me faisait perdre de vue l'objectif de cette rencontre inopinée. Je me contentais de passer les nerfs sur celle qui n'était autre qu'une chimère comme savait bien me le rappeler mon père, un brin agacé. Il me demandait de ne plus raisonner par la rage mais bien par réalisme : elle n'était qu'une illusion, cela était vain de vouloir me venger de celle qui n'existait pas et n'était pas vraiment là... J'observais la Sanglante, cette dernière se contentait de sourire, un mélange de folie et d'impérialisme se lisait sur son faciès diaphane.

J'expirais pour me concentrer, fronçant les yeux à l'encontre de celle que je détestais plus que tout au monde mais qui n'était plus de celui-ci... Pourtant, je ne parvenais pas à me défaire de ma haine envers elle... Elle ne nous avait fait que bien trop souffrir et même si les années d'expériences nous séparaient, je voulais en découdre. Cette idée se renforçait et occultait mon jugement alors qu'elle poursuivait ses assauts, me faisant perdre mon sang froid et ma concentration. La douleur était en revanche bien réelle. Les coups se succédaient et me brisaient... Sanguinolente et tremblotante, je tombais à genoux, haletante et pitoyable, vaincue par celle que je détestais ardemment...

La voix de mon père résonna une nouvelle fois dans ma tête, me faisant écarquiller les yeux sous le poids de ses paroles. Si j'échouais, je ne le reverrais plus... A quoi bon perdre son temps à entraîner ou prodiguer des conseils à la shinobi faible que je laissais paraître... Pitoyable... Je me dégoûtais. Je voulais reprendre mes droits, me battre pour diriger mon clan et pourtant voilà que je courbais déjà l'échine ! C'était impardonnable ! Je devais montrer ce dont j'étais réellement capable... Oui je n'avais pas user de toute ma puissance mais je ne m'étais surtout pas vraiment servie de ma logique et de ma réflexion ! Eien me l'avait déjà fait remarqué : tout cela n'était qu'illusion ! Je n'avais pas à me battre contre une chimère indestructible en ce monde illusoire qui l'avantageait certainement.

Je serrais la mâchoire, relevant mon regard rubis vers cette invocation du diable, ma respiration s'était accélérer sous le coup de l'adrénaline tandis que je me redressais, tremblotante sous l'affliction qui pourtant n'était pas vraiment réelle non plus. J'étais emprunte de détermination et de volonté quant à l'idée de la chasser de cet endroit. Je l'avisais tandis qu'elle me souriait avec perfidie, n'éprouvant pas le moindre dédain pour sa personne alors que j'affirmais, tout en concentrant mon chakra :

« Tu n'es qu'un vestige du passé. Une entité d'un temps révolu. Tu es morte et ta place n'est pas ici. Disparais. »

Impériale, je trônais devant elle malgré mon état pourtant, peu à peu mes blessures s'occultaient, tout comme la douleur. Megami m'adressa un ultime sourire avant de disparaître promptement, comme si elle n'avait jamais existé. Personne ne pouvait vaincre ce qui n'existait pas. Il fallait être capable de discernement pour différencier ce qui était réel de ce qui ne l'est pas et parvenir à mettre ses sentiments de côté pour ne pas altérer son jugement.

Mon regard ne trahissait de plus aucune émotions, toute ma hargne à l'égard de la Sanglante avait disparu. Je me retournais vers mon père qui avait pris place sur mes piliers de roche, attendant son verdict et ses directives. Ma crainte de le voir disparaître à jamais avait été l'élément déclencheur de ma prise de conscience : s'en était-il rendu compte ? Avait-il comprit que je tenais à lui ou bien s'en moquait-il ? Aucune indice ne se dégageait de lui, comme à son habitude.
Je ne suis pas capable de parler dans les esprits mais si tel pouvait être le cas voilà ce que je te dirais : Je donnerais ma vie pour te protéger. Je n'hésiterais pas un seul instant à sauver celui qui avait permis ma présence en ce monde.



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Message(#) Sujet: Re: Déréliction, Perdition & Renouveau... [ft. Kioshi, Oniri & Eien (PNJ) ] Sam 11 Avr 2015 - 9:08


Elle y était finalement parvenu à se débarrasser d'une de ses chimères. Elle progressait rapidement. Cependant cela ne faisait que commencer. Dans le cas contraire, tout aurait déjà été terminé. Hors ce n'était point le cas. Il n'était encore rien, mais le comte allait tout lui donner pour faire d'elle la digne héritière de l'éternel pouvoir des Ketsueki. Il l'avait vu se défaire de Megami une fois encore. Elle avait disparu pour cette fois. Néanmoins elle serait toujours là. Car, comme il s'agissait d'un fait inaliénable. Que le sang demeurait vecteur de l'âme, la Sanglante serait menée à revenir encore et encore. Même Eien ne pourrait jamais rien y changer. Elle faisait désormais partie intégrante de Yami. Pourtant, les intentions de le mère de la jeune Ketsueki, les intentions de l'épouse d'Eien, semblaient avoir changée depuis peu. Tandis qu'il trônait, impérial, sur sa colonne de pierre, il senti une ombre de matérialiser dans son dos. Elle était de nouveau là, mais Yami n'était pas en mesure de discerner sa présence.

« Pourquoi fais-tu cela Megami ? Pourquoi m'aides-tu ? Aurais-tu changée?

Eien ferma les yeux tout en écoutant sa réponse télépathique. Il comprit alors que non. Que quoiqu'il en fut. Megami ne changerait jamais. Elle avait toujours été ainsi, mais cela, le comte ne le réalisai qu'à cet instant. Demeurant les bras croisés, sentant le regard interrogateur de Yami peser sur lui, il comprit. Et l'ombre dans son dos s'évapora dans cette nuit bercée par l'étreinte perfide des illusions. Cette fois-ci il s'adressa directement dans l'esprit de sa fille.

« Il semblerait qu'il soit possible de faire quelque chose de toi. Soit. Nous en avons terminé pour le moment. Tu ne le réalises pas encore, mais ton corps comme ta volonté vont prochainement recevoir le contre coup de cet affrontement. Néanmoins, à ton réveil tu pourras déjà sentir une différence. »

Il l'avait comprit. Qu'au vu de son état, elle ne serait jamais en mesure de pouvoir d'entraîner de façon conventionnel. Par chance, il existait en ce monde de nombreuses voies menant au pouvoir et le comte les connaissait pour les avoirs pratiquement toutes emprunté. Lentement, l'univers tout autour deux commença à se tordre puis à s'effacer. L'illusion se dissipait. Et ils retrouvèrent à nouveau dans le grand hall du manoir. Yami perdit aussitôt connaissance, tomba totalement à bout de force, mais Eien fut là pour la rattraper d'une main avant qu'elle ne s'effondre à terre. Il la posa lentement contre la rambarde des escaliers. Le teint de sa peau était devenu blême, lui aussi semblait fatigué. Même s'il ne laissait rien paraître, maintenir une telle illusion requérait énormément d'énergie. Lui aussi devait à présent prendre le temps de recouvrer ses forces.

« Nous nous reverrons Yami. Cette fois-ci tien toi prête pour ton prochain entraînement... »

Il se redressa, puis marcha dans la direction opposée. Un instant, il s'arrêta, prenant la peine d'aviser la Ketsueki épuisée de son habituel regard sombre. Finalement, il reprit sa marche, et dans un seul pas, son corps se disloqua en une nuée de chauve-souris. Tournoyantes, elles s’immiscèrent jusque dans les ouvertures du toit pour rejoindre l'extérieur. Stigma en fit de même, s'envolant en direction de l'aube pour rejoindre son maître. La nuit touchait à sa fin. Les ombres avaient été chassé. Pour Ketsueki Yami, il ne s'agissait que d'une étape dans ce périple qui la mènerait vers l'éternité.
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