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 Deux chemins qui se croisent

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Message(#) Sujet: Deux chemins qui se croisent Jeu 16 Juil 2015 - 16:48

Traverser un pays comme celui-ci rappela à l'amnésique ses nouveaux premiers pas sur les terres shinobis, alors qu'il cherchait encore à redécouvrir ne serait-ce que vaguement qui il était et que la civilisation le révulsait. Un fond de mélancolie, un périmètre d'inconnu, et une aire d'aventure. Ces contrées à l'état sauvage faisaient échos aux environnements bientôt archaïques mais toujours autant apaisants qu'il avait parcouru à la recherche de lui-même chaque fois qu'il faisait front à un nouvel obstacle. À l'image de ses hautes-herbes qui freinaient sa progression - qui ne pouvait être retardée dans la mesure où elle n'était pas pressée - rien ici ne semblait inhibé. Mikami devinait sous cette végétation peut-être jamais tronquée toute un système de végétation, petits animaux et insectes, bactéries, chacun participant au développement de la vie de l'autre sans trop s'en soucier, dont les plus gros et les plus visibles s'éloignaient au passage de cet être doté d'une puissance exclusive dans le monde animale et même des humains, pourtant n'étant ici seulement pour revoir sa douce, certes, sabre à la ceinture.

Et les quelques ethnies locales comment s'en sortaient-elles ? Leurs standards de mode de vie étaient-ils si diversifiés ou tous étaient restés adaptés à cette vie faites de végétation, de terre et de pluie ? L'impact de l'ancien shogun sur leurs vies était encore un mystère pour le Yorurai qui n'avait à son grand regret encore jamais pris le temps d'approfondir un voyage en Kusa no kuni. Et les deux précédents régents de cette terre, comment étaient-ils, du point de vue de leurs citoyens ? À la vue de leur réputation, une simple destitution forcée n'aurait-elle pas été suffisante sans prendre le risque de voir éclater une rébellion ? Qui les auraient suivis ? Qui se seraient laisser influencer par leur rancœur et leur frustration ? Et pourtant... le jeune homme aurait bien décapité lui-même le seigneur Kanki de Tori bien avant que le Samui n'annonce son avènement, et son ressentiment pour le plus haut décideur des Cascades ne se trouvait déjà que similaire après sa décision déraisonnée ayant conduit un trio d'amis et une fratrie à se faire face arme à la main. Sans parler encore du seigneur de Tsuchi...

Très peu d'estime alors pour ceux qui venaient de disparaître, si ce n'était celle du pays des neiges dont il regrettait la mort. L'empereur ne se faisait que plus d'ennemi en cachant le sauvetage de la membre la plus sage de ce quintet, à moins que ses plans pour l'ex-dirigeante de son pays natal ne dépasse encore l'imagination. Mais à l'heure actuelle, alors que pour y découvrir un quelconque village dissimulé, il scrutait au plus profond les méandres du bois dans lequel il s'était engouffré, son point d'interrogation demeurait sur la gestion de ces populations privées du jour au lendemain de ceux censés gérer leur administration. Était-ce malgré tout un premier pas vers l'indépendance ? Ou leurs Protecteurs avaient-ils décidés que ce pouvoir leur incombait exclusivement ? Au-delà de la protection l'empire devenait de par sa désignation le seul gérant de l'activité de ces atomes les plus oubliés ; mais au final, tout ceci dépendait des politiques qu'allaient appliquer seigneurs de guerre et gouverneurs. Triumvirat destitué, et le pouvoir d'autant plus fractionné ?

À travers la pénombre qu'imposaient les grandes ailes sous lesquelles avançait le shinobi distrait, dans une progression avec une possibilité de contournement encore inconnue, perçaient quelques rayons de lumière croisant son chemin. Tandis que Mikami marchait lentement, certains effleuraient son visage et réchauffaient son être, d'autres ne faisait que glissaient sur ses pieds ne laissant au sol plus qu'une tâche remuant seulement quand l'ombre des feuillages qui la cernait ne le lui permettait. Et plus loin après ces quelques jets d'espoir dans cet univers de plus en plus sombre et isolant se trouvait forcément un vide dans lequel se jeter, en espérant atterrir sous le soleil plutôt que de plonger dans l'ombre d'une abîme.

    BOM


Un cerf croisa précipitamment la route du jeune ninja sans ralentir une seule seconde. Après s'être retourné au grand regret de n'avoir pu arrêter l'animal l'amnésique porta ses yeux sur la direction dans laquelle il était arrivé. La végétation moins dense dans cette direction laissait passer bien plus de lumière et des tâches de contre-jour envahissant les espaces entre les troncs laissaient deviner la présence d'une nouvelle clairière. Il en prit la voie, constatant un vol d'oiseaux fuyant cette zone après qu'un nouveau fracas ait retenti. Derrière les derniers feuillages une tâche rouge se mouvant aussi au gré du vent se distingua.


    * Déjà l'automne ? *


Mikami s'approchait, et d'un mouvement vif, humain, et contre le vent, la tâche rouge se décala d'un mètre.

    BOM


Appliquant la technique apprise par son jeune camarade aux cheveux argentés, le Yorurai rejoint la lisière de la forêt sans faire le moindre bruit, plus pour ne pas perturber ce qu'il se passait que pour se cacher. De toute manière, ayant une idée sur la rencontre qu'il s'apprêtait à faire il se doutait bien que sa présence avait due être ressentie bien avant qu'il ne soit visible ou audible. Silencieusement et laissant son vis-à-vis poursuivre ses occupations il prit place en tailleur sur la plus épaisse des dernières branches avant que les hautes-herbes ne reprennent leurs droits. Oterashi... il le savait le sensei d'Asuka mais pas Jashiniste. Était-il en train de s'entrainer ou récoltait-il quelques ressources ? Mikami ne perdait pas une goutte de chacun de ses mouvements, de leur précision, leur vivacité, leur agilité, cherchant à déceler le moindre petit détail qui pourrait lui faire défaut ou inverser la balance au prochain combat.

En y repensant, il avait sûrement bien fait de prendre le temps de s'arrêter observer un temps sans gêner ses occupations, allant directement lui tirer maintes fois la manche pour lui demander où trouver Asuka. Il n'avait pas vraiment eu beaucoup d'échanges avec le guerrier rouge, voire un seul à vrai dire. La fois où en fauteuil-roulant et volant, il l'avait percuté de plein fouet à la sortie de sa chambre d'hôpital. S'en était suivi un échange de regard qui au-delà des airs de défis qu'il lui avait lancé l'avait laissé perplexe sur cet homme reconnu dans tout Shozaichi. Moui... Pour le moment il était plus sage de rester assis à observer.
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Message(#) Sujet: Re: Deux chemins qui se croisent Sam 18 Juil 2015 - 20:47

Encore et toujours, il avait du pain sur la planche. Il avait beau pouvoir déléguer une bonne partie des travaux et de la mise en place à ses nouveaux collaborateurs en herbe, qui constituaient une majorité du peuple libre de Kusa no Kuni, il lui fallait lui aussi mettre la main à la pâte s'il voulait que les aménagements puissent sortir de terre et voir le jour dans un laps de temps raisonnable. Un consensus avait été trouvé sur la structure du premier et principal bâtiment dont l'union des tribus de Kusa aurait la jouissance une fois terminé, mêlant simplicité, efficacité, robustesse et harmonie avec la nature galopante et omniprésente en ces terres fertiles, où se mêlaient des végétaux quasi-tropicaux à des arbres majestueux et millénaires. Et alors qu'une bonne partie des autochtones apprenaient encore à composer avec les nouveaux horizons que leur avait offert Yanosa, ce dernier était allé prélever de grandes quantités de roche solide et poreuse à la fois, au loin sur un site reconnu pour être une source intarissable de minéraux extrêmement durs à dissocier de leur sol d'origine.

Le côté de ses paumes chargés en chakra, et faisant usage de la force à laquelle il avait accès naturellement depuis qu'il forçait son organisme à garder Kyûmon ouverte en toutes circonstances, le jashiniste avait alors entrepris de tailler directement, dans le vif, afin de prélever directement des pierres taillées sur mesure dans la carrière implantée au milieu du sous-bois. Déjà non loin de lui commençaient à s'accumuler les pierres taillées, empilées en tas de hauteur d'homme, quand ses sens toujours en éveil captèrent une sensation dans l'air. Un parfum, une signature, une marque spécifique, qui allait de paire avec la présence d'un individu tout aussi spécifique. Ralentissant un instant la cadence sans pour autant stopper son activité, le jashiniste intensifia juste assez son aire de perception pour en avoir le cœur net et confirmer son assomption... Mikami. Oui il s'agissait bel et bien du jeune brun, sur qui le guerrier rouge avait eu l'occasion par le passé de sentir des traces tout aussi distinctives que sa propre aura, à savoir des effluves provenant d'Asuka. Ces deux-là s'étaient acoquinés l'un de l'autre, et nul doute que c'était pour elle que le soldat de l'Empire venait sur ces terres.

Pas de chance, ou mauvais calcul de sa part, c'était apparemment sur le guerrier rouge qu'il allait tomber. Ce dernier le laissa d'ailleurs approcher sans piper mot, continuant sa besogne, jusqu'à ce qu'il le sente s'immobiliser, avec une grâce et une délicatesse qui n'échappaient pas à sa perception, légèrement en hauteur derrière lui. Un dernier coup dans la roche, une dernière section minérale, et voilà le jashiniste qui se redressait enfin droit comme un -i-, sans pour autant se retourner.

« Mikami. Bienvenu à Kusa, finit-il par dire en initiant une rotation vers la gauche, plongeant aussitôt, même à cette distance, son regard dans celui du jeune homme.

Y a-t-il quoi que ce soit que je puisse faire pour toi... ou bien ne fais-tu que contenter tes penchants pour le voyeurisme... ? Si c'est Asuka que tu cherches, elle n'est pas là je le crains. Enfin... il est plutôt rhétorique de poser cette hypothèse comme telle. Bien sûr, que c'est elle que tu viens voir, n'est-ce pas ?

Ne va pas croire que votre rapprochement a pu passer inaperçu, surtout pas à mes yeux. Et ne va pas croire non plus que tu pourras un jour couler des jours heureux avec elle, que vous vieillirez côte à côte en profitant du repos du guerrier, non, rien de tout ça ne se produira. Tu veux savoir pourquoi ? Simplement parce qu'il y a bien trop de choses à accomplir pour elle dans cette vie, et ce à bien des niveaux, pour qu'elle puisse avoir le temps ou même l'envie de gaspiller des ressources pour une telle futilité.

Mais, je manque à tous mes devoirs, je ne t'ai même pas encore laissé la parole... Tu désirais donc ?
 »


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Message(#) Sujet: Re: Deux chemins qui se croisent Sam 18 Juil 2015 - 21:38

    - Mikami. Bienvenue à Kusa.


Le visage du jeune homme précédemment cité sans avoir été regardé s'écarquilla en une légère surprise tirée par un haussement de sourcils. Normalement, les gens normaux regardent et après, nomment, non ? Ah oui, les gens normaux.

    - Y a-t-il quoi que ce soit que je puisse faire pour toi... ou bien ne fais-tu que contenter tes penchants pour le voyeurisme... ? Si c'est Asuka que tu cherches, elle n'est pas là je le crains. Enfin... il est plutôt rhétorique de poser cette hypothèse comme telle. Bien sûr, que c'est elle que tu viens voir, n'est-ce pas ?

    * Eh, bien vu. Bien que le pays en lui-même ait aussi son intérêt. *

    - Ne va pas croire que votre rapprochement a pu passer inaperçu, surtout pas à mes yeux. Et ne va pas croire non plus que tu pourras un jour couler des jours heureux avec elle, que vous vieillirez côte à côte en profitant du repos du guerrier, Ah, pas mal du tout celle-là. La suite s'avérait en revanche plus radicale : ... non, rien de tout ça ne se produira. Tu veux savoir pourquoi ? Simplement parce qu'il y a bien trop de choses à accomplir pour elle dans cette vie, et ce à bien des niveaux, pour qu'elle puisse avoir le temps ou même l'envie de gaspiller des ressources pour une telle futilité.

    Mais, je manque à tous mes devoirs, je ne t'ai même pas encore laissé la parole... Tu désirais donc ?

    - Effectivement, mon penchant pour les belles rousses aux allures sauvages me trahit souvent... Mais bien que vous ayez une poitrine presque adéquate votre féminité laisse à désirer pour que je me laisse aller au voyeurisme.

L'amour - à quelconque niveau le sien pouvait-il être avec Asuka - une futilité ? Les livres et tout genre de récit aident à nuancer les idées, Mikami se souvenait avoir lu les paroles d'un preux guerrier, bien qu'intrépide et ayant mal tourné : « L'attachement est prohibé. La possession est prohibé. La compassion qui est à l'amour à la fois inconditionnel et infini est l'un des fondements de la vie du Jedi Ninja. Donc on pourrait dire qu'on nous encourage à aimer. » Est-ce que le guerrier rouge connaissait aussi cette histoire ? L'amnésique avait de toutes manières son point de vue sur la question et adhérait à ce verset.

    - Je ne peux que me rassurer de constater l'attention que vous portez à la vie sentimentale d'Asu-chan. Trop envahissant pour un sensei ? Du moment que la kunoichi lui ouvrait elle-même les portes... Mais vous portez votre regard bien loin, Yano'-san. Ainsi surnommé, désolé. Je ne sais pas ce qu'il adviendra de nous et ne cherche ni à le savoir, ni à le contrôler. Le futur n'est pas entre nos mains. Et son regard insistant trahissait la compréhension de l'Onshi dans le lot. Nos actions même tournées vers l'avenir se jouent dans le présent, et le chaos. Enfin ce n'est que mon point de vue. Qu'adviendra-t-il si un drame ou un quelconque déclic détourne Asuka de votre route ? Pensez vous être apte à la mettre sur les rails qui la conduiront au meilleur avenir qu'elle puisse espérer ? Que fera-t-il devant le feu d'une larme ? Comme un défi et une interrogation lancés à celui qui investissait le plus de temps avec elle avec un retour égal. Et puis imaginez que mon chemin et le sien puissent être associés ... ?

Sous-entendu, celui de l'Oterashi - qui marchait en parallèle de la Jisetsu. Mais avec un hochement d'épaule qui balançait toutes leurs allégations par-dessus ; alors qu'il s'était assis sur la branche en laissant pendre ses jambes d'un côté et son katana observer l'autre comme une gargouille. Ne pas exagérément se porter vers l'avant, était une philosophie que conservait le Yorurai. Du moins son rang lui laissait bien plus de marge de manœuvre que celui de son vis-à-vis. En d'autre terme et peu importe la hiérarchie, le lendemain était aussi flou que la ligne d'horizon. Et concernant Asuka il avait été là avant que le peintre ne se mette en action ; alors il savait ce que cacherait la dernière couche de peinture. Mais il appréciait savoir si les femmes qu'il aimait étaient entre de bonnes mains.

    - Enfin, maintenant que je suis là, pourquoi ne pas vous donner un coup de main ?


Il se laissa tomber dans l'herbe où apparaissait déjà quelques gisements de cette pierre curieuse qu'il sentait sous ses pieds, et atterrit une main sur le manche du sabre.

    - Est-ce qu'il reste encore du roc à tailler ? Vos techniques semblaient impressionnantes, peut-être que le froid d'une lame pourrait aussi vous impressionner.
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Message(#) Sujet: Re: Deux chemins qui se croisent Mer 22 Juil 2015 - 20:14

L'introduction avait été volontairement agressive, afin que le guerrier rouge puisse savoir immédiatement dans quel état d'esprit et avec quelles idées en tête se présentait aujourd'hui à lui le jeune Mikami. Sa présence ne pouvait en effet pas être innocente et, si Yanosa doutait qu'elle puisse nuire à n'importe lequel des projets qui étaient mis en branle sur le territoire, il devait pour autant s'assurer des desseins de l'épéiste brun qui l'avait renversé violemment à l'hôpital du Shozaichi, peut après qu'il ait pu recouvrer le contrôle de son corps. Gardant son calme, et avec une certaine désinvolture, Mikami entreprit de répondre coup pour coup au jashiniste. Il avait un brin de répartie, il fallait lui concéder, mais Yanosa resta tout à fait dubitatif lorsque son interlocuteur haut perché mentionné la contingence du destin de l'Homme. Alors selon lui, rien n'était en notre contrôle ? Quelle ineptie dégoûtante, pensa le guerrier rouge, lui qui forgeait jour après jour le fond comme la forme du futur de sa race toute entière. Mikami en vint ensuite, et de façon fort peu innocente, à énoncer le cas de figure improbable, voire contre-nature, où Asuka décidait de se détourner de ce qui était à présent pour elle plus qu'un devoir et s'était muée en vocation.

« Quelle bêtise... quelle bêtise de penser que notre avenir n'est pas en notre contrôle. Le futur, c'est ce que nous bâtissons de nos mains, Mikami, rien d'autre. Et si au cours de l'Histoire beaucoup ont rencontré des déconvenues en pensant se forger un avenir qu'ils pensaient bon, juste, en accord avec leurs principes, c'est tout simplement car ces dits principes ne valaient pas mieux que le vice qui habitait leur cœur à tous. Se laisser porter par la vague ? Est-ce là ton credo ? Pendant des années cela a pu être celui d'Asuka, mais plus maintenant.

Si rails il y a, ce sont ceux qu'elle bâtie de ses propres mains. Je ne suis pas là pour la forcer à adopter un comportement, ou à penser d'une certaine façon et pas d'une autre. J'ai été transparent avec elle, car j'ai vu sa force. Une force dont je doute que tu possèdes ne serait-ce qu'une fraction, ne t'en déplaise. Mais si un jour tu fais montre de cette même qualité, et que tu t'ouvres à des horizons plus positifs alors oui, peut-être... Peut-être ton chemin s'associera-t-il au sien, au mien... à celui de l'humanité.
 »

Le guerrier rouge marqua une pause en se retournant vers le pan de roche qu'il avait entrepris de tailler. Sur le côté, plusieurs piles de larges pierres blanches rectangulaires reposaient déjà, prêtes à être transporter. Le jashiniste donna un dernier coup pour détacher un dernier gros bloc, plus épais, et comme dans une scène surréaliste le prit à pleines mains, le soulevant comme si de rien n'était en le posant sur la pile incomplète. Son corps suait à grosses gouttes et ses muscles étaient visiblement très sollicités, mais rien ne laissait transparaître une quelconque fatigue. Yanosa s'en retourna alors vers Mikami, qui était finalement descendu de son perchoir en proposant son aide du même coup, vantant implicitement le tranchant de sa lame en passant. Jaloux, peut-être, de ce dont le guerrier rouge était capable de ses seules mains ? Ou bien tout simplement, la fougue de la jeunesse qui lui imposait d'affirmer son style de combat face à un autre, quand bien même il ne s'agissait là que de découpe de pierre ? L'un ou l'autre, ou tout autre chose, peu importait, au fond.

« Merci mais j'ai fini. Nous allons avoir besoin de tout ça pour étendre l'aile est du Forum. Tiens, tu peux aider à porter si tu veux. »

Sur ces mots, le guerrier rouge attrapa l'un des blocs de pierre massifs tout juste taillé... et l'envoya comme si de rien n'était dans la direction de Mikami, le propulsant légèrement vers le haut pour qu'il décrive une trajectoire en cloche, mais avec suffisamment de force pour que la vitesse du « projectile » puisse le faire entrer dans la catégorie d'une attaque caractérisée. La frontière était mince, entre fausse ignorance de la relative faiblesse du corps de l'épéiste et test ouvertement dangereux de ses réflexes.


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Message(#) Sujet: Re: Deux chemins qui se croisent Dim 26 Juil 2015 - 22:07

    - ... Se laisser porter par la vague ? Est-ce là ton credo ? Pendant des années cela a pu être celui d'Asuka, mais plus maintenant.


Mikami lui sourit alors qu'il continuait de suivre les paroles du guerrier rouge. Il imaginait le monde comme un océan gigantesque, où l'empire était une houleuse d'une hauteur et d'une force prodigieuse, créée par la dynamique d'un raz-de-marée né il y avait déjà bien longtemps. Le tout au milieu d'innombrables remous. Il y avait toujours des contre-courants, ou certains voguant indépendamment voire insouciamment, même sur la plus haute des vagues. Pour lui, se laisser porter par la vague n'était ni un credo, ni un problème ; il devait choisir consciemment laquelle il devrait surfer tout en étant conscient des remous qu'il laisserait dans son sillon. Plats et calmes comme agités et indomptables. Il maintint son léger sourire jusqu'à ce que son vis-à-vis n'en arrive à ce point :

    - ... alors oui, peut-être... Peut-être ton chemin s'associera-t-il au sien, au mien... à celui de l'humanité.


Ses lèvres s'entrouvrirent sans que leurs recoins ne se rabaissent. On commençait à lui parler de sujet auquel il était réceptif mais les mots du Jashiniste étaient bien trop généraux pour qu'il ne puisse vraiment entrevoir ses convictions.

    - Et pensez-vous avoir trouvé la bonne voie pour l'humanité ? Êtes vous sûr d'avoir assez de recul et de détachement pour affirmer vouloir satisfaire le plus grand nombre ?


Loin de lui l'idée de remettre en question le discernement et le désintéressement de Yanosa, mais la possibilité de satisfaire universellement... lui paraissait illogique et impossible, à moins d'écarter les gènes indésirables comme un tyran en puissance l'aurait fait, peu importe son idéologie.

    - Bien sûr qu'il y a une route commune pour que l'humanité ne s'élève, mais je vois tellement de contraintes sur cette voie la que je me demande comment vous voyez les choses. Qu'en adviendra-t-il, de ceux qui ne partagent pas la même vision, qui auraient préféré essayer une autre voie ? Quel point d'honneur, quel idéal placez-vous au centre de votre quête ? ... Je n'ai jamais dit que nous n'avions aucun pouvoir de décision et d'action sur le futur. Mais nos propres mains ne sont pas les seuls à la bâtir. Entre le voisin, le frère, et l'opposant, que se passera-t-il quand l'un d'eux décidera que vos édifices respectifs seront différents ? Eux, aussi proches pourraient-ils être, nous ne les contrôlons pas. Sinon cela reviendrait à dire que nous pouvons aussi être contrôlés et ainsi que nous ne fondons pas réellement le futur de nos propres mains, c'est exact ?


Son sourire restait le même, comme s'il était venu avec et était resté impassible. Pendant tout ce temps l'Oterashi s'attelait à faire en sorte que le Yorurai ne puisse l'aider malgré son arrivée à la fin de la tâche à laquelle il pensait participer. Ce serait la suivante alors, comme une surprise. Une suite logique lancée sans prévenir, si ce n'est un « Attrape. » lancé à la fois comme une consigne et un défi. Que devait-il en retenir alors ? Fallait-il vraiment qu'il la réceptionne ou devait-il simplement faire en sorte de ne pas la recevoir en pleine tronche ? La masse de pierre blanche entamait déjà sa cloche qui irait cacher les rayons du soleil avant de redescendre de tout son poids sur le jeune shinobi dont l'esprit, et le seul esprit, s'agitait encore dans tous les sens...

    * Waïe, j'attrape, comme ça, à main nu ?!*
    * Faisable !*
    * C'est le moment de faire le fanfaron ! Saute, tranche, et renvoie lui un morceau d'un coup de pied ! *
    * T'es sûr que ça se tranche ça ?! *
    * « Il n'y a rien qui ne puisse être coupé » *
    * Oh, une éclipse... *
    * Mets ton bandeau frontal et mets lui le plus gros coup de tête que t'as jamais asséné ! *
    * Essaie d'abord de faire une entaille sur les gisements à tes pieds ! *
    * Bombarde-la à coups d'éclairs !! *
    * Ne la détruit absolument pas !!! *
    * ESQUIVE !!! *


La roche frôla ses cheveux alors que sa tête les entrainait dans ce qui semblait être une perte d'équilibre. Comme une feuille de parchemin au vent, Mikami roula sur le sol et se redressa dans une continuité et une fluidité irréprochable pour regarder depuis le côté la roche se fracasser à ses pieds et s'enfoncer sur quelques centimètres. Finalement, il ne s'étonna pas à la constater intacte malgré la courte et profonde traînée qu'elle laissa dans le sol. Sereinement il se baissa pour glisser ses doigts sous la pierre en prenant soin de plier les genoux plutôt que le dos, et s'élança en hauteur. De sa main droite il stabilisa le caillou par-dessus l'épaule du même côté et l'équilibrait à l'aide de sa main opposée. Enfin il tourna des talons vers l'Onshi.

    - Attrapée ! Et j'ai encore de la marge. Mais je doute pouvoir vous aider à transporter tout ça en un seul voyage... du moins de cette manière. Permettez ?


Sa main gauche vint se glisser dans sa sacoche ninja et y sortit trois senbon d'un métal si noir qu'il en perdrait presque sa luisance. L'occasion semblait être parfaite pour voir si le travail commun mené avec le forgeron d'Hooderi avait porté ses fruits. Chaque pierre était conductrice, mais il y avait un certain risque. Risque qu'il préférait ne pas appliquer à lui-même dès le début, est-ce que Yanosa lui en voudrait si un des blocs venait à se désintégrer ? Si jamais ceci fonctionnait, il aurait néanmoins beaucoup de temps à gagner.
L'amnésique lança alors un senbon au sol en prenant garde de le planter dans l'alignement avec un des arbres les plus robustes. Un second trouva refuge autre part dans la clairière et le troisième restait pour le moment bien loti entre ses doigts.


    - Attention les yeux...


Il déposa le roc devant lui, joint ses mains pour composer un mudra et quelques parts aussi en croisant les doigts. Alors que l'une maintenait le signe incantatoire, l'autre s'assit sur le granit blanc... Il y eu un flottement durant lequel le jeune homme se concentrait, puis l'air sembla se déchirer depuis sa paume : dans un éclair la roche fusa directement sur l'autre senbon alors que le Yorurai n'essaya même pas de dissimuler la satisfaction qui s'affichait en un grand sourire en coin. Il recolla ses mains entre lesquelles vint s'écraser la dernière aiguille ninja, et quand la pierre atteint la première elle se détourna automatiquement de son chemin pour filer vers celle qui avait été positionné en deuxième, passant ainsi dans le dos de l'Oterashi. C'est à ce moment que le plus jeune se décida à planter le dernier, aux pieds du guerrier rouge qui serait ainsi le terminus de la voie empruntée par la roche. Cette dernière arrivait tout aussi fort, mais bien plus vite que lorsqu'il lui avait lancé. Peut-être l'effet de surprise serait aussi bien plus marqué...
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Message(#) Sujet: Re: Deux chemins qui se croisent Mar 11 Aoû 2015 - 17:26

Yanosa sentit le doute s'éprendre de l'épéiste brun, alors que la roche qui avoisinait aisément la centaine de kilos décrivait une trajectoire qui ne laissait aucun doute sur son point d'impact, à savoir : lui. Son faciès passa par une ribambelle de rictus différents en l'espace d'une seconde à peine, et pendant un bref instant de flottement le guerrier rouge en vint à se demander si Mikami disposait en secret d'une aisance physique qu'il ne lui connaissait pas. Mais, finalement, son esquive in extremis du bloc de roche brut termina de lever le voile du suspens, la masse allant s'écraser au sol en creusant un sillon modeste mais qui laissait tout de même présager du sort qui aurait attendu la trombine du jeune homme s'il ne s'était pas écarté. Ce dernier ne se débina pas d'ailleurs, et entreprit au calme de se saisir du bloc, le hissant sur son épaule avec toute la force de ses bras et de son dos aligné, prouvant si cela était nécessaire qu'il n'était pas un être chétif et incapable comme sa manœuvre précédente aurait pu le laisser penser. Attrapé ? Le terme n'était peut-être pas le meilleur pour qualifier sa « performance »... Toujours était-il que l'épéiste ne tenait apparemment pas rigueur au jashiniste de lui avoir envoyé cette masse à la figure, et alla même plus loin en proposant une aide un peu particulière.

Le guerrier rouge croisa les bras en silence, dubitatif et les yeux légèrement froncés, observant Mikami placer plusieurs senbons d'un noir de jais relativement captivant sur le terrain, sentant ensuite l'aura Raiton dont il chargea le bloc de roche se propager dans l'air. Que pouvait-il bien chercher à faire avec ces pauvres senbons et un peu de Ninjutsu... ? Bien vite, Yanosa eut une réponse à cette question lorsqu'il vit la roche s'animer et foncer vers un premier Senbon, puis vers un deuxième, dans son dos... Un petit cliquetis très léger, là à ses pieds, termina de lui faire comprendre à quel petit jeu voulait s'adonner le jeune brun.

« Tshh. »

La roche fusa vers lui sans négocier de demi-tour, purement et simplement attirée comme une flèche vers le Senbon que Mikami venait d'envoyer devant ses pieds, et par conséquent directement vers lui, Yanosa. Ce dernier ne prit cependant presque pas la peine de bouger : avec toute la gracilité et le naturel possible, il laissa son corps se déporter vers l'avant dans un quart de tour, dansant presque sur l'herbe éparse pour laisser la roche s'enfoncer lourdement là où, l'instant d'avant, ses jambes prenaient appuis.

« On veut faire bonne figure, à ce que je vois... »

Le jashiniste se retourna complètement vers Mikami, jetant un coup d’œil furtif vers les senbons au sol avant de se concentrer à nouveau sur lui.

« D'autres voies, bien d'autres voies ont déjà été empruntées par les hommes, et il n'y a qu'à regarder un peu autours de soit pour voir où cela nous a mené. Et dans bien des cas ces échecs en série sont dus à l'acceptation d'une prémisse qui n'a rien de naturelle, et qui voudrait que certains Hommes auraient le contrôle sur la majorité de leurs semblables. Personne, jamais, n'a eu la présence d'esprit de ne serait-ce que d'envisager.. que c'était en tant que groupe racial uni, à la fois autonomes et connectés, que nous pourrions nous réaliser complètement. »

Laissant la pierre derrière lui, le guerrier rouge avançait pas à pas vers Mikami, le fixant dans les yeux.

« Je n'ai pas « trouvé » la bonne voie, Mikami, elle existe tout simplement. Les habitants de ce pays l'ont bien compris, et tout ce que j'espère c'est que d'autres comprennent, eux aussi. Tel un brasier consumant l'air, nous pourrions ainsi nous débarrasser de ces fausses idoles millénaires... De ces chefs, de ces conglomérats, de ces aspirations idiotes et de ces peurs ancestrales qui le sont tout autant. »

Yanosa était désormais à à peine un mètre du jeune épéiste, se tenant simplement droit comme un piquet devant lui. Il releva alors doucement sa main droite, son index pointant vers le ciel. Son corps, même s'il avait légitimement eu le temps de s'échauffer en taillant des pierres dans la carrière, était rouge, trop pour que la coloration soit simplement le fait d'une activité physique quelconque. On pouvait aisément deviner une tension, dans les muscles, alors même que le jashiniste était présentement à l'arrêt complet.

« Toi... tu n'as pas l'air très décidé sur le sujet... je me trompe ? Tu poses des questions, tu t'interroges, tu « suis la vague », tout en restant malgré tout assez ouvert pour m'écouter parler, moi, de mes idéaux, de ce que je sais être bon pour notre race... Es-tu conscient de ce que cela implique ? Du pouvoir et des possibilités que cela t'offre ? »

Sans transition aucune, l'index rejoignit subitement le reste de la main, qui alla frapper d'un violent revers le visage de Mikami, le prenant tout à fait par surprise étant donné le contexte, certes tendu, mais très peu propice à de violents excès tels que celui-ci. Yanosa marqua l'arrêt après avoir porté son coup, plus insultant et provocateur que réellement blessant.

« J'espère que ça va aider à faire monter le carburant jusqu'au cerveau, car j'aimerais vraiment.. vraiment.. pour une fois, entendre autre chose qu'une vague indécision qui me questionne, sans cesse, sans raison ni but, sans foi ni conviction... Allez, bon sang.. sers-moi autre chose que cette merde... ! »

Sur ces mots, le poing droit de Yanosa reprit la direction du visage de Mikami, avec une force redoublée et un sérieux qui avait tout de palpable.



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Message(#) Sujet: Re: Deux chemins qui se croisent Lun 17 Aoû 2015 - 17:37

    - On veut faire bonne figure, à ce que je vois...
    - Eh, normal. Si vous saviez à quel point votre avis compte pour Asuka.


Plus une manière de lui renvoyer le pique qu'autre chose, car il était évident qu'il n'avait rien à faire de faire bonne figure devant qui que ce soit. Il considérait simplement avoir une bonne bouille. Façon de parler bien sûr ; t'apprécies, ou tu fais des compromis, ou tant pis. Mikami était du genre à laisser couler beaucoup de choses. Et non pas parce qu'il était un traîne-savates : ce jeune homme était mine de rien calme et patient. Certes certains contextes le sortaient de son flegme, cela faisait longtemps qu'il avait arrêter d'agir comme un automate - ce depuis son amnésie et sans qu'il ne le sache. Enfin, s'il avait vraiment voulu faire bonne impression, il aurait tranché la pierre d'un simple coup de sabre et le problème aurait été réglé ; mais bon, peut-être que le guerrier rouge aurait préféré les garder en un seul morceau. Un vrai cœur tendre cet amnésique, je vous le dis !

Une âme de cordon bleu bien cachée tantôt derrière une impassibilité héréditaire, tantôt derrière une pitrerie venue d'ailleurs. Une âme qu'apparemment, même les plus avisés n'arrivaient à entrevoir. Pourtant la tirade de l'Oterashi avait tout pour rassurer le jeune shukaijin quant à l'entourage proche de sa bien-aimée, et même pour le galvaniser. Et de ses yeux qui semblaient à chaque instant perdus dans le vide comme perçant au plus profond de son interlocuteur, il regardait le seigneur de guerre s'approcher de lui, acquiesçant intérieurement. L'unicité, l'autonomie, le subversif face à l'élite dirigeante... lui l'avait pressenti chez Yanosa, peut-être à travers ses précédentes paroles, en espérant de pas avoir affaire à un gourou au potentiel totalitaire. Pourquoi ce dernier avait-il été aussi aveugle ? Faisait-il exprès de fermer les yeux sur les convictions profondes de l'électron-libre ? Pour les entendre de vive voix et en avoir le cœur net ?

Il se trouvait à présent juste en face de lui, et alors que son corps montrait clairement les traces du activité physique bien supérieure à la normale et toujours en action, les limites de sa clairvoyance se dévoilaient. À moins que ce ne soit Mikami qui n'ait pas été assez explicite - comme d'habitude ? Peut-être que la suggestivité était un art qu'il ne maîtrisait pas encore assez bien pour qu'elle ne soit claire - alors que ce n'était justement pas fait pour l'être. De quel pouvoir parlait le seigneur de guerre ? Celui qui faisait de lui un homme si puissant sur le plan chakratique qu'il pouvait se permettre d'envoyer des torgnoles à ses hôtes pour espérer une réaction plus virulente ? La tête du jeune homme suivit la main qui la frappa avant de se remettre en place quand celle-ci l'eut lâchée, un regard un tantinet énervé en plus. Jamais il n'avait eut tant envie de renverser aussi spontanément un homme de pouvoir. Pourtant il se contint, laissa sa jambe droite au sol car il savait pertinemment que le coup qu'il le démangeait ne le ferait sûrement pas vaciller. Et ce qui le mettait réellement en colère était le fait que son vis-à-vis était tout aussi bien conscient du gouffre qui les séparait, et qu'il en profitait.


    - J'espère que ça va aider à faire monter le carburant jusqu'au cerveau, car j'aimerais vraiment.. vraiment.. pour une fois, entendre autre chose qu'une vague indécision qui me questionne, sans cesse, sans raison ni but, sans foi ni conviction... Allez, bon sang.. sers-moi autre chose que cette merde... !


Quand je vous dis que Yanosa n'avait pas lu clair dans la suggestivité... Si ce dernier s'était contenté de faire parler la raison du jeune homme, sûrement aurait-il eu droit au caviar de son discours. Mais il n'avait pu s'empêcher de faire rentrer ses émotions en compte, de jouer avec pour parvenir à ses fins. Il allait alors avoir droit au plat de résistance servi en sauce pimentée, répondant alors à la provocation par la provocation, désireux de voir de quel côté penchait réellement l'homme qui se disait capable de remettre l'humanité sur de bons rails. ...

Et encore mieux, un poing fumant filait à présent vers lui. Mikami ferait front au problème comme à celui qui les lui posait, et physiquement. Plus rapide qu'une esquive, plus efficace que toute parole, il mit le front en avant pour encaisser l'attaque du guerrier rouge. La frappe sonna sur sa tête dure et sembla se disperser derrière sa nuque en quelques courants électriques qui s'évanouirent derrière lui, alors qu'il avait pris racine sur le sommet de son crâne. Quand leurs deux corps se décollèrent il avança d'un pas et attrape son regard du sien, avant de lui relancer d'un ton grave - pour marquer le coup voire donner l'impression attendue, cette fois-ci :


    - Je fais face aux puissants qui, conscients de leur force, l'utilise pour que seul leur confort et l'asservissement de leurs sujets prospèrent. À ceux qui n'étendent que leur influence au détriment du bon sens collectif pour que leurs prochaines décisions ne soient que facilité consenties par un "Oui mon seigneur" scandé uniformément. Je ne supporte pas ceux qui se servent des hommes quels qu'ils soient comme des objets et armes de guerre pour propager une paix qui n'est que la leur. Je crois en beaucoup de choses et ne suis pas fermé aux autres perspectives. Mais j'ai horreur de ceux qui se servent de leur pouvoir pour écraser plus faible plutôt que de tirer ceux qui y croient vers le haut ! ... Et ça, vous êtes le seul à en douter.


Et puis merde, on le fait quand même. Quand une envie nous prend, difficile de s'en défaire car le plus logique veut qu'elle soit menée à terme. Alors au diable ce qui l'avait contenu : la jambe droite du Yorurai vint attraper les chevilles de son vis-à-vis pour renverser le Seigneur de guerre en un doux coup de tonnerre rédempteur qui lui parut une grande bouffée d'air.

Et qu'il ne lui dise pas « Ben voilà, là on y est. »



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Message(#) Sujet: Re: Deux chemins qui se croisent Jeu 20 Aoû 2015 - 15:25

Le poing, avec fracas, rencontra le front de Mikami. Voilà qui était preuve de conviction... ou d'orgueil mal placé. Mais c'était à priori la première option qui était à retenir : le jeune épéiste avait en effet pris ses dispositions, si l'on peut dire, pour pouvoir encaisser l'attaque frontale, en concentrant son chakra Raiton dans son mouvement. Téméraire, mais efficace, à l'image même de certaines manœuvres entreprises par le guerrier rouge en combat, lui qui s'emportait si aisément une fois la fureur de la bataille à son apogée. Suite au contact bref mais intense, le brun se recula d'un pas pour mieux venir fixer le regard du jashiniste : oui, de la conviction, il en mettait enfin.. Dans ses actes, mais aussi dans ses paroles. Yanosa voulait entendre de sa bouche, de façon haute et claire, ce en quoi croyait l'épéiste ? Voilà qui était chose faite, suite à la logorrhée verbale fournie par Mikami.

Une logorrhée, qui était d'ailleurs accompagnée par une riposte en bonne et due forme et qui était matérialisée par un croc-en-jambe des plus violent. Yanosa sentit le mouvement, qui s'enroulait autours de son mollet : une manœuvre directe mais souvent efficace... contre les profanes du moins. Levant aussi sec la jambe pour la faire échapper à l'étreinte de celle de Mikami, le jashiniste envoya son autre jambe prendre appui sur la cuisse de son vis-à-vis pour prendre un peu de hauteur et de distance, décochant au passage avec sa première jambe levée un coup de pied dans le buste de l'épéiste afin de se propulser davantage en arrière. Atterrissant quelques mètres plus loin, Yanosa affichait désormais un franc sourire.

« Voilà qui nous met d'accord, Mikami, bien, très bien... Mais pour autant, garde bien en tête... que la force.. reste tout à fait nécessaire ! »

Sur ces mots, un moment de flottement... L'air autours du guerrier rouge se mit à bouillonner, chauffé à blanc par l'émission de chakra massive qui venait de s'échapper du corps tendu de Yanosa. Son corps dégageait un calme presque olympien, et pourtant... L'aura rougeoyante qui l'entourait à présent et la tension visible sur tous ses muscles traduisaient tout le contraire. La végétation autours de lui voletait sou l'effet de la pression, et rien ne semblait plus hors de sa portée, que ce soit sur le plan du corps comme celui de l'esprit.

« Ne sois pas intimidé... ne te sens pas oppressé... Montre-moi simplement la force que tu peux mettre dans tes convictions... »

Ses sens étaient aiguisés par nature, mais dans son état actuel, rien ne pouvait plus entrer en concurrence avec son degré de réactivité et de perception... Ou peut-être que si... Mais ça, cela allait être à Mikami de le démontrer. Car après avoir laissé une poignée de secondes s'écouler pour que l'épéiste puisse se préparer à ce qui l'attendait, le guerrier rouge à l'aura flamboyante se jeta avec toute sa hargne au combat vers son partenaire de duel, qu'il savait à présent pouvoir constituer un allié dans ses futurs projets. Mais encore fallait-il tester sa trempe... Chargeant de face, le jashiniste déploya donc sa jambe avec une détente hors norme pour frapper de plein fouet le flanc de Mikami, qui cette fois ne pourrait pas s'en tirer avec un banal coup de boule, fusse-t-il agrémenté de Raiton.



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Message(#) Sujet: Re: Deux chemins qui se croisent Mar 8 Sep 2015 - 23:10

Les poussières de pierre blanches disséminées lors de la taille avaient déjà virevolté loin des deux shinobis, et chaque brin d'herbe aussi vigoureux soit-il pliait sous le chakra que dégageait le guerrier rouge. Peut-être allié dans un futur proche, mais adversaire pour l'heure. L'affrontement était aussi bien physique que verbal et leurs idées s'opposaient en même temps que leurs poings, tout comme elles pouvaient s’emboîter l'une à l'autre et suivre une voie commune dans une fluidité qui pouvait ne connaître aucun accroc.

Voyez plutôt : le gazon fut subitement renversé dans le sens opposé par le souffle du bond effectué par le jashiniste, pointant leur têtes comme des flèches menaçant le sabreur. Celui-ci se défendrait avec son plus fidèle allié tenu fermement dans la main, celle qui avait attrapé le manche d'un geste rapide et machinal. Telle une faux que l'on tendrait à croire toujours hors de portée mais qui ne manque jamais de surprendre à chaque fois qu'elle se tend vers sa cible, la jambe de l'Oterashi s'allongea sans prévenir à une distance que l'on aurait facilement jugée trop longue. Les herbes, hautes ou petites, suivaient chacun de ses mouvements et assauts. Et comme une brindille de fer qui ne se courbe jamais Mikami brandit son katana, tranchant en opposition au tibia qui allait puissamment le frapper dans les côtes.

Peu importe son intention, il n'avait pas le temps de dégainer pour que la jambe de Yanosa ne vienne se diviser sans même que son coup ne soit freiné. Même si ce dernier ne se serait sûrement pas laissé se faire soustraire un membre si aisément, le Yorurai ne pu que tendre à la chaire de son assaillant l'embouchure de son fourreau avec cependant une précision exemplaire. Comme un point d'appui qu'il prenait sur le mouvement perpétuel qui aurait pu le laisser l'affaler sur le sol - quelques côtes en moins dans ce cas - il s'y engrangea et glissa aussi souplement qu'une feuille de papier sous le vent. Le frottement de sa lame sortant de son étui métallique siffla pour lui, s'imprégnant dans la mélodie que l'air jouait alors qu'il donnait réponse au seigneur de guerre ¹ :


    - La force, tant qu'elle ne fait pas sa loi et ne s'impose pas aux plus faibles...


Mikami avait commencé à parler en même temps qu'il se baissait, et reprit quand ils se retrouvèrent dos-à-dos et qu'il défléchissait les jambes.

    - ...peut être nécessaire, selon les cas.


La Passe du loup ne mordait pas toujours, la violence n'était pas un langage. Mais certains ne comprenaient que celui-ci et ne pouvaient êtres raisonnés. La succube en était une belle illustration. Toutefois le Yorurai savait très bien en faire preuve, autant que ceux qui pouvaient venir "discuter" avec autant d'animosité. Ainsi dès que sa seconde main avait laissé le fourreau à sa ceinture le shûkaijin avait entamé deux séries de signes incantatoires qui n'en parurent qu'une tant il ne prit pas une seconde pour s'arrêter au milieu. Pourtant s'il voulait les exécuter il devait se séparer de ce sabre qu'il avait dégainé par réflexe. Instinctivement, il le jeta au-dessus de sa tête. Pas le choix. Tout ça pour ne pas sacrifier le bon timing, quatre sphères électriques vinrent s'intercaler dans le faible espace qu'il y avait entre eux quand les deux hommes en duel furent dos-à-dos.

Ce n'avait pas échappé à l'amnésique, son homologue inconnu était sérieux et engagé dans ses propos comme dans ses coups. Lui saurait répondre avec la même ardeur. S'attendant à ce que la surenchère de son opposant ne survienne dès la pose de son pied à terre ou si ce n'était avant, comptant en plus la chute du katana qui pourrait interférer dans sa riposte, il redoubla de vitesse et d'attention pour finir ses mudras tout en craignant à chaque milliseconde d'être frappé dans le dos par cette énergie transpirant violemment de la peau du guerrier rouge. La silhouette de sa main formant le dernier signe se scella au milieu des rayons de lumières de la dernière sphère d'électricité, les quatre autres s'étant arrêtés derrière la nuque, le bas de la moelle épinière, et derrière chacun des genoux de son adversaire au mieux que l'instant ne pouvait le leur permettre. Mikami devait faire feu aussitôt pour ne pas que le Jashiniste ne se glisse trop loin, sachant pertinemment que les positions de ses sphères le gênerait dans sa prochaine attaque.

Ses mains s'entrouvrirent et un oisillon électrique disparut dans la sphère dès lors au creux de ses paumes. Ce jutsu, plutôt que de s'agrandir, serait divisé entre les quatre boules de foudre, ² s'en trouverait moins foudroyant, mais tout aussi rapide. Néanmoins les shinobis ne s'étaient pas éloignés lors de cette passe qui n'avait que très peu duré, ne permettant même pas à l'amnésique d'en placer une autre à Yanosa ; ce qu'il regrettait dans ce genre de langage, on passait trop souvent à côté l'occasion de raisonner et s'unir.

Le katana tournoyait à deux mètres au-dessus de leur tête, ses yeux n'avaient pas encore eu le temps de faire un quart de tour vers sa cible si proche qu'il en sentait pleinement l'odeur, et les quatre sphères disparurent en quatre oisillons qui partirent électriser les points cruciaux précédemment citées.



________________
¹ Poète t'as vu
² La technique des sphères (Rakurai no baree - B, cf dessous) est censé pouvoir transmettre les techniques d'une sphère à l'autre, j'avais pas pensé jusque là à pouvoir les diviser, tu me diras si tu penses ça possible je pourrais l'améliorer comme ça.



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Dernière édition par Mikami le Mer 9 Sep 2015 - 3:42, édité 1 fois (Raison : Fin de la mise en page, dernières corrections et quelques reprises pour la forme)
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Message(#) Sujet: Re: Deux chemins qui se croisent Dim 27 Sep 2015 - 17:51

La vivacité de corps allait avec celle de l'esprit, lorsqu'il était question d'un guerrier aussi aguerri que l'était Yanosa, aussi avait-il reçu par la force de la routine cette lecture d'une précision mortelle des mouvements de ses adversaires, qui lui permit en l'occurrence de ne pas freiner son coup de pied d'un iota lorsqu'il vit le fourreau du katana de Mikami venir s'interposer. La lame qu'il renfermait aurait en effet pu lui trancher la jambe avec une relative aisance, à condition qu'elle ait eu le temps de sortir à l'air libre, ce qui n'était pas le cas. Aussi, l'épéiste brun utilisa simplement le fourreau comme aide à l'esquive, se faufilant comme une souri sous la jambe tendue du guerrier rouge en s'appuyant contre elle, utilisant habilement la force déployée par Yanosa. Une manœuvre appropriée, lorsque l'on faisait face à plus rapide, mais surtout à plus fort que soit, et une preuve que l'esprit, au moins, était bel et bien présent chez Mikami.

Mais l'un n'allant pas sans l'autre, Yanosa se devait également de tester le corps du jeune homme qui, si il était certainement à la hauteur des standards shinobis étant donné son domaine d'activité, ne serait peut-être pas à la hauteur des critères bien plus sévères que lui, prenait en compte. Mais avant de s'atteler à ce nouveau « test », le jashiniste allait devoir parer à plus urgent, à savoir : éviter le coup fourré qu'était vraisemblablement en train de préparer son rival du jour à toute vitesse en profitant de la fin du mouvement de Yanosa. Ce dernier reposait en effet à peine un pied d'appui au sol que des sphères de foudre étaient apparues sur son flan au cours de sa rotation, crépitantes et chargées d'une énergie qui s'intensifiait chaque microseconde qui passait, tandis que le sabre de son adversaire virevoltait dans les airs. Les mêmes sphères se tenaient un peu plus loin, face à un Mikami concentré, et surtout... des mains duquel partait un oiseau de foudre qui n'avait rien à envier en puissance à sa beauté naturelle et éphémère. L'essence du jutsu de l'épéiste, qui avait d'autres dons que l'escrime, sembla alors être aspirée par les sphères. Le sang du jashiniste ne fit qu'un tour, alors qu'il comprenait tout juste la manœuvre du jeune homme : utilisant son pied d'appui unique, il se propulsa vers Mikami en étirant son corps de façon parallèle au sol, tourbillonnant comme une toupie pour se glisser au milieu des cinq sphères qui étaient apparues tout près de lui, et desquelles, sans grande surprise, se mirent à sortir des oiseaux de foudre plus petits mais tout aussi meurtrier en nombre que ne l'était leur source. Les oiseaux en question filèrent donc dans le vide laissé par le corps du guerrier rouge, qui se ruait littéralement vers Mikami.

Le corps-à-corps retrouvé, la main droite du jashiniste alla agripper une cheville de l'épéiste de foudre en continuant son mouvement tourbillonnant, utilisant son autre main l'instant suivant pour se replacer à la verticale d'une brève impulsion et jetant littéralement vers l'avant le corps de son adversaire, immuablement toujours attaché à la cheville qu'il avait pris en main. La chute serait rude pour le Yorurai, qu'il arrive à amortir le choc ou non, mais Yanosa n'attendit pas de voir comment il comptait s'y prendre pour se remettre d'aplomb avant de se mettre à marcher, simplement mais à un rythme soutenu, vers l'objet de son test. Sa main gauche chargée d'énergie, focalisée sur chacun de ses cinq doigts, le jashiniste désirait soumettre Mikami à « ce » test.

« Encore faut-il avoir cette force et s'en montrer digne, dit-il d'une voix rauque déformée par l'afflux constant d'énergie que continuaient de lui apporter les Portes. Penses-tu être prêt à savoir... si tu pourras le faire ? »

Pour un peu, on aurait pu croire que l'altercation était terminée, et elle l'était, en un sens, puisque c'était face à lui-même que Yanosa voulait confronter Mikami, à sa propre faculté à se transcender... ou à démontrer sa faiblesse.



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Message(#) Sujet: Re: Deux chemins qui se croisent Dim 4 Oct 2015 - 21:58

Mikami entendit ses oiseaux filer dans le flottement et la torsion des tissus constituants les habits du guerrier rouge. D'un mouvement agile, rapide, et précis, ce dernier sortit du maigre champs de vison que le regard au-dessus de l'épaule n'offrait au sabreur dont le katana tournoyait dans les airs. L'instant voulait qu'il le rattrape. Ayant échoué dans sa riposte il prépara de suite la suivante en trois signes incantatoires et tendit les doigts vers le pommeau qui chutait en tourbillon en entamant lui-même un mouvement rotatif pour à nouveau faire face à Yanosa. Et même sa parade fut prise de court : les dernières phalanges du bretteur caressèrent le bandeau enroulant le manche du sabre quand sa cheville fermement agrippée fut aussi vite soulevée pour le tirer violemment plusieurs mètres plus loin. Soustrait au contact de la terre, le Yorurai fut envoyé valdinguer en rebondissant sur le sol à quelques reprises avant d'y glisser sur le côté.

Quand sa vitesse lui permit de freiner et aussitôt se relever, l'Oterashi n'était plus en position de combat et Raigetsu avait enfoncé sa pointe entre les brindilles d'herbes. Il marchait, une mains ouverte sur cinq doigts flambants d'une énergie qui se retrouvait dans sa paume. Aucun de ses membres ne maintenait une garde qui lui permettrait de se défendre. Mais même si le jeune homme savait et venait de constater que son senpai et seigneur de guerre pourrait se défaire d'une attaque de n'importe quelle position, il lisait dans son regard l'absence de volonté d'attaquer. Une main sur le flan qui avait le plus rebondi, le capitaine se relevait, attentif, la position du katana bien enregistrée.


    - Encore faut-il avoir cette force et s'en montrer digne. Penses-tu être prêt à savoir... si tu pourras le faire ?
    - Qu'est-ce que vous voulez faire ? À travers et au-delà cette technique que vous voulez m'apposer...


La question resta un temps sans réponse. Jusque là, leur échange s'était tout aussi bien développé dans les non-dits et leur échange de regard poursuivait ce rôle. Les yeux jaunes plongés dans ceux du roux, Mikami essayait d'entrevoir derrière l'absence d'agressivité. Un air visionnaire, porté au-delà du regard sombre enfoncé dans le teint blême que le jeune homme arborait sans y prêter attention à son vis-à-vis. Cet air parlait de test, de défi, d'analyse. Tout résidait peut-être dans cette main enveloppée de chakra dont la concentration au bout des doigts était des plus démonstrative. Il était clair que le Jashiniste ne se donnait pas à cent pour cent ; depuis le début, il sondait son visiteur. Et ce qu'il s'apprêtait à faire, et ce que ça ferait mal ? Est-ce que ça pourrait le tuer ?

Si cette dernière option était la bonne, pourquoi le faire suite à une marche lente et progressive alors qu'il le tenait quelques secondes plus tôt. Pour l'endormir ? Difficile à croire... Et la première option ? Yanosa était loin d'être le premier à vouloir faire souffrir le jeune homme, que ce soit pour son bien, pour l'anéantir, comme par intérêt personnel. Se rendant compte de sa position et de la courbure de son dos, le Yorurai se redressa en laissant tomber sa main malgré la douleur aux côtes. Ses yeux dont la détermination n'avait jamais cessé de brûler malgré l'amnésie et la disparité d'objectifs disait qu'il était prêt à tout encaisser, et il se souvint du souvenir qu'il eut lors de la dernière séance avec le Hoheinheim. Le souvenir d'un cousin qui, après l'avoir presque massacré pour un premier entrainement, lui dit qu'il ne ferait rien de suite pour le soigner car la souffrance physique comme mentale serait une habitude qu'il ferait mieux de prendre.

Et d'un simple regard il racontait cette histoire au guerrier rouge, sans dire le moindre mot. Il parlait de volonté, de courage et d'inconscience ; ceci car l'inconnu ne lui évoquait plus d'excitation que de peur, déjà initié à encaisser les pires coups puis à partir à l'aventure. Que faire d'autre lorsque l'on ne se souvient de rien et n'avons absolument rien à perdre ? S'exposer revenait aussi à être fixé, pour enfin aller de l'avant.

Quand Yanosa fut à sa portée Mikami saisit son poignet et s'apposa lui-même le sceau.

Il y eut un souffle coupé, un bref grognement puis des cris, de douleur, de révulsion, et de rage, éteignant à la fois le reste des hurlements et défaisant les torsions que son dos et ses bras avaient effectué. On put constater que les quelques oiseaux encore présents parmi la nombreuse faune avaient arrêté de chanter et s'étaient même envolés. Dans un silence presque paranormal, le Yorurai haletait, modérait sa respiration, soufflait, prenant tout le temps qu'il lui faudrait pour accepter ce qui lui tiraillait chaque cellule.

Les yeux posés sur son avant-bras fumant de transpiration et rougeoyant d'un afflux sanguin bien plus rapide, il ressentait la douleur et attendait chaque fois quelle le relancerait après le bref temps où elle fit mine de s'apaiser, de la même manière qu'il avait pu se mettre à marcher puis manger dans la grotte du gouverneur de Taki après qu'il ne lui ait appliqué le mauvais poison. Pourtant au-delà de cette nouvelle forme d'auto-destruction qu'il s'infligeait, la puissance semblant s'offrir à lui au moindre mouvement d'auriculaire n'avait jamais était atteignable autrement qu'avec celle de la foudre. Il lui avait donné de la puissance? C'était ça, son pouvoir ? Il le regardait encore... qu'entrevoyait-il dans cette manœuvre, et après ?


    - J'étais trop mou, c'est ça ? Ou bien vous faites ça à tous ceux qui vivent et passent dans ce pays ?
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Deux chemins qui se croisent

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