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 Soirée entre tatoués

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Konoha
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Message(#) Sujet: Soirée entre tatoués Jeu 23 Juil - 10:57

Nozomi accepta sa proposition sans donner l'impression d'hésiter longtemps. Ce qui était un bon signe en soi : peut-être avait-il réussit à la mettre un peu plus à l'aise vis-à-vis du Village. Dans le fond, s'assurer du confort des visiteurs ne rentrait pas particulièrement dans ses fonctions, mais il avait d'autres projets en tête avec la jeune femme, et la savoir de bonne humeur facilitera grandement ces derniers.

Le reste de la journée défila sans incident intéressant à relever. Son tour terminé, il passa la radio à sa relève, puis reprit sa place dans le baraquement, la tête déjà en proie à plus de réflexions. Toute opération se préparait, et ce soir ne ferait pas d'exception à la règle. Les yeux rivés sur une table qu'il ne regardait pas vraiment, il écoutait d'une oreille distraite à travers le relais radio l'interpellation d'un autre visiteur de fort gabarit, le passage de quelques marchands, et la rumeur qu'un tigre se promènerait en liberté dans le Village.

De retour chez lui, il n'avait pas fait grand cas de l'élégance pour son dîner en compagnie de Nozomi. Après les rafraîchissements d'usages, il avait simplement enfilé un ensemble très similaire à celui qu'il avait porté dans la journée – à celui qu'il portait presque au long de l'année -, alliant confort et pratique. Un haut de corps en résilles sous un T-shirt noir, un pantalon révélant la moitié de ses mollets en guise de bas et il était prêt.

La Coupe Enflammée, une auberge installée non loin du quartier Hyûga, et dont les tarifs étaient plutôt abordables en comparaison de la qualité du service qu'Elle offrait. C'est entre autre ce qui avait été à l'origine du partenariat entre certains shinobis et le tenancier de l'établissement : les visiteurs se voyaient recommander le bâtiment pour passer la nuit, et en contrepartie de ce gain de fréquentation, l'aubergiste offrait une réduction sur le repas à ses collaborateurs tous les premiers samedi du mois. Les temps étaient difficiles pour tous...

A l'époque, Natsuki appréciait beaucoup manger là-bas, lorsqu'il retrouvait des amis du clan de l'Oeil Blanc. Le patron lui avait même partagé l'une ou l'autre de ses recettes à sa demande. Aujourd'hui, comme il avait perdu le sens du goût et l'envie de cuisiner, ses allées et venues ici s'étaient grandement limitées. Malgré cela, l'endroit n'avait pas changé lorsqu'il franchit la porte d'entrée au-dessus de laquelle pendait l'enseigne. De nombreuses tables étaient agencées minutieusement pour permettre d'accueillir un maximum de personnes sans empiéter sur le confort de circulation, et la plupart d'entre elles étaient occupées. 18H45, constata le Nara tatoué en levant les yeux vers l'horloge au fond de la pièce. L'heure de pointe, pas étonnant.

Trois employés circulaient dans les allées, vêtu aux couleurs de l'auberge avec le fer et l'incandescence, en s'efforçant de suivre la cadence imposée. Natsuki ne s'inquiétait pas pour eux. Premièrement parce que ce n'était pas ses affaires, mais aussi parce qu'ils les connaissaient bien. Aussi loin que remontaient ses souvenirs de repas ici, ils ont toujours été là, bien rodés par des années d'expériences auprès de la clientèle. Et ils pouvaient de toute façon compter sur leur patron, Eikichi, qui n'hésitait à se retrousser les manches en cas de besoin. Pour l'avoir parfois vu être capable d'assurer le service en même temps que la cuisine, il se demandait même si le chef n'avait pas un jumeau caché dans un placard qu'il déballait en cas de besoin. Pour le moment, Eikichi était surtout affairé aux fourneaux, que l'on pouvait voir grâce à un large rectangle évidé dans le mur. Preuve qu'il n'avait rien à cacher ni à ses clients ni dans leur repas, avait-il dit.

Dès qu'il aperçu Natsuki l'attendre dans l'encadrement, il acheva de couvrir une casserole puis s'avança vers lui.


« Salut Eikichi. »


Sans aller jusqu'à dire que les deux hommes étaient amis, ils partageaient une certaine complicité, autant que le pouvait un patron avec un client régulier.


« Je ne vous dérangerai pas longtemps. Je voulais simplement savoir si une jeune femme avec un caméléon et des tatouages plein le corps était bien arrivée ici durant l'après-midi. Et surtout, si elle est actuellement dans l'établissement. »


La confidentialité du client entrait peut-être dans le domaine du secret professionnel, mais chacun savait qu'il valait mieux ne rien cacher à un ninja gradé de Konoha lorsqu'il posait des questions. Et n'importe comment, que ce soit un oui ou un non, Natsuki savait qu'Eikichi avait la réponse. Cet homme avait une vue perçante et une conscience de son environnement absolument incroyable. Même en se tenant devant lui et en lui occultant de vue la moitié de la salle, il était sûr que le patron connaissait précisément le montant des pourboire laissés sur la table par les clients déjà partis.

Mais pour une fois, sa question ne relevait pas d'une enquête : il voulait simplement savoir s'il y avait un intérêt à ce qu'il attende Nozomi ici, ou si la jeune femme était déjà avec Miko.
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Konoha
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Message(#) Sujet: Re: Soirée entre tatoués Jeu 23 Juil - 11:51

Ikumi et Nozomi avaient passé l'après midi dans Konoha. La voyageuse avait d'abord hésité à poser des questions à la femme qui l'accompagnait. Elle craignait de la déranger et surtout de l'importuner avec des questions stupides. Mais la Konohajin s'était montrée agréable et bientôt Nozomi s'était trouvée à l'aise avec elle. Elle avait ainsi vu quasiment la totalité du village, duquel elles avaient fait le tour. La sauvageonne avait également apprit certaines choses sur Konoha. Mais les principales choses qu'avaient retenus Nozomi étaient que Miko était la septième Hokage, que le Shôraizen était accepté ici et qu'ils avaient eu une altercation avec Kumo.

K
umo... Ce village à cause de qui tout cela était arrivé. Sans eux, jamais il n'y aurait eu désertion, ni création de l'organisation. Et peut-être que Seitô serait toujours en vie actuellement. Mais ça ils ne le sauraient jamais, car ce qui était fait était fait et ils ne pourraient pas revenir en arrière ou essayer de deviner ce qui aurait pu se passer sans cela. Et maintenant ils devaient essayer d'avancer malgré cela. L'ex Aizuyake avoua approuver la décision du nouvel Hokage, mais sans pour autant avouer qu'elle avait fait partie de l'organisation.

Quand l'heure fut bien avancée, elles se rendirent à l'auberge où devait loger la jeune femme durant la nuit. Et où elle devait y revoir le second tatoué. Elle prit possession dans ses quartiers et y déposa son bâton de marche, qui serait bien plus encombrant qu'autre chose pour aller dîner. Puis elle fit une toilette – en dehors du regard de Ikumi - , et ne changea pas ses vêtements pour autant. Non seulement car elle ne possédait que très peu de tenues, mais également car les autres étaient bloquées dans ces sceaux et qu'elle ne pouvait pas utiliser son chakra pour les ouvrir. Elle mit cependant un peu de parfum à la rose de sa composition, présent dans un une des petites bourses qu'elle avait à sa ceinture.


- « Salut Natsuki ! Oui, elle est en haut avec Ikumi. »

Fit l'aubergiste au Konohajin. C'est à ce moment là que les deux jeunes femmes apparurent dans la pièce et se dirigèrent vers eux. La shinobi adressa un signe de la main au tatoué :

- « Bonne soirée ! Si tu as besoin, tu sais où me trouver. »

Et elle s'en alla, le laissant servir de chaperon à son tour à l'étrangère. Le patron quant à lui, retourna à ses casseroles, voyant que l'on avait plus besoin de lui. Nozomi fit un sourire timide.

- « Les portes sont-elles toujours à leur place ? »

Elle prit le temps de l'observer un peu. Il s'était changé, il avait donc quand même eu un peu de temps pour lui entre les deux. Elle remarqua également ses cernes. Dormait-il assez ? Avait-il des soucis ? Peut-être pourrait-elle lui fabriquer quelque chose pour l'aider à s’endormir. Quand elle aurait récupéré son chakra. Une serveuse vint les chercher pour aller les installer à une table, avant de les laisser. Le temps d'aller chercher les menus. Nozomi prit place, et tenta d’engager la conversation.

- « Konoha est un très beau village. Il y a beaucoup d'espaces verts, c'est agréable. Je ne m'attendais pas à cela. »

Elle s'attendait à trouver un endroit gris et terne, envahi par les bâtiments. C'était l'idée qu'elle se faisait des grands villages. Mais elle avait été agréablement surprise.
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Message(#) Sujet: Re: Soirée entre tatoués Ven 24 Juil - 10:33

Natsuki hocha la tête, puis se tourna vers les escaliers menant au premier étage, là où se trouvaient la quinzaine de chambres que proposait la Coupe Enflammée. Et comme si elles avaient entendu que l'on parlait d'elles, ce fut à cet instant que les deux jeunes femme arrivèrent. Il attendit qu'elles arrivent à sa hauteur pour adresser un haussement de sourcil éloquent à Ikumi, ne se rappelant pas quand ils étaient devenu suffisamment proches pour qu'elle se permette autant de familiarité avec lui. Probablement jamais. Il ne releva cependant pas davantage, et la salua lorsqu'elle quitta l'établissement. Guindé ? Peut-être. Une nature qu'il s'était trouvé lorsqu'il était tombé malade, et que Iji avait qualifié de moyen psychotechnique de défense.

Lorsque ses yeux revinrent sur Nozomi, il la trouva comme il l'avait laissé dans l'après-midi, si ce n'était un sourire timide sur les lèvres. Elle fut d'ailleurs la première à les mettre en mouvement, rebondissant sur un trait d'humour pour ouvrir la conversation.


« Comme à chaque fois que j'ai eu à les garder. »
répondit-il d'un ton dégagé en haussant les épaules. « L'on ne peut pas prétendre autant d'efficacité de la part des gardiens de nuits hélas. »

D'un geste du bras il l'invita à prendre la direction d'une table, mais Hanako, le seul élément féminin parmi les employés de l'auberge, fut plus vive que lui. Tel un prédateur ayant repéré des petits lapins sans défense, elle fondit sur eux en un instant d'un pas léger, et avec un sourire étincelant qui ne laissait aucun autre choix, les guida jusqu'à une table de libre dans le secteur qu'elle servait.


« J'en déduis que vous avez finalement opté pour la visite touristique ? »
dit-il en s'installant en face d'elle. « Je suis ravi d'apprendre que le Konoha vous plait en tout cas. Nous nous sommes efforcés, lorsque nous avons battit le Village, de rester en harmonie avec la nature qui nous entourait. D'où notre symbole. Les clans fondateurs ne l'ont pas choisit par hasard d'ailleurs. L'environnement occupe une part importante dans leur héritage, à commencer par les Hayashi, qu'il n'y a plus à présenter. Ce sont eux qui entretiennent de la plupart des espaces verts, alors si vous imaginiez quelque chose comme le Suna que vous avez visité, c'est sûr que la réalité doit être légèrement plus... fleurit que dans vos attentes. »

Les conditions climatiques, tout comme la culture dans lesquelles baignaient les deux Villages n'étaient pas les mêmes. Alors forcément, il en résultait une grande disparité sur bien des points. Et la plupart du temps, les points en question avaient aboutit sur des guerres... Mais inutile de s'attarder là-dessus, maintenant Onpu avait réussit à établir une paix temporaire avec eux.


« Vous aviez l'air de bien vous entendre avec Ikumi. Que vous a-t-elle amenez visiter ? »


Hanako revint à leur table avec les menus, mais Natsuki ne se donna pas la peine d'ouvrir le sien : il le connaissait par cœur, et savait déjà ce qu'il allait choisir. Au lieu de cela, il préféra reporter son attention sur Nozomi tandis qu'elle parcourait le menu du regard, l'occasion de l'observer plus en détails que dans la rue. Naturellement, une question lui vint au lèvres.


« Si vous me permettez la question, vos '' tatouages '' relèvent-ils un sens particulier pour vous ? Je veux dire, les sceaux utilisés pour le stockage sont en général plus petits, le shinobi moyen préférant les dissimuler. Or les vôtres se dessinent sur votre corps de façon à former des motifs plus harmonieux grâce aux sceaux neutres qui les lient entre eux – je suppose. J'en ai conclu que soit vous vouliez cacher un arbre dans la forêt, soit que vous souhaitiez qu'esthétiquement, ils correspondent à quelque chose. D'où ma curiosité. »


Ils n'en étaient même pas encore à l'apéritif, mieux valait rester avec des questions légères pour le moment.
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Message(#) Sujet: Re: Soirée entre tatoués Sam 25 Juil - 11:22

La conversation commençait sur un sujet simple et non personnel : le village de Konoha. C'était la première fois que la jeune femme le visitait. Elle lui répondit par un sourire lorsqu'il lui demanda si elle avait opté pour la visite touristique. Le tatoué ajouta quelques informations concernant l'endroit où il vivait. Les créateurs avaient prit grand soin de garder cette sorte de communion avec la nature. Preuve que les shinobis savaient faire autre chose que détruire : ils auraient pu saccager la forêt pour s’installer. Mais non, ils avaient réussi à préserver la végétation qui les entourait et même celle à l'intérieur du village. Chose que la sauvageonne appréciait grandement.

- « Nous avons principalement parcouru les rues commerçantes de la ville. Elle m'a aussi montré où se trouvait le palais du kage, pour quand Miko me recevra. Elle m'a expliqué ce que sont ces grands visages sculptés dans la roche. »

Celui de l'Aburame ne s'y trouvait pas encore, sa nomination était encore fraiche. Elle aussi était arrivée récemment, finalement. Même si pour sa part il s'agissait d'un retour.

- « Nous sommes passées devant différents quartiers. C'est étrange cette manie qu'ont les grands clans à s'isoler des gens. Comme s'ils ne voulaient pas se mélanger aux autres. »

Son visage s'illumina en poursuivant :

- « J'ai aussi vu les bains chauds ! Je m'y rendrais dès que possible. Cela fait bien trop longtemps que je ne me suis pas baignée dans une source chaude. J'espère qu'ils en valent le coup. »

Et qu'ils n'étaient pas qu'une vague copie de ceux de Yu no Kuni. Nozomi prit le menu en remerciant la serveuse. Puis elle l'ouvrit et le parcourut, sans savoir quoi choisir. Il y avait certaines choses quelle connaissait pas, bien qu'elle ait elle-même été serveuse dans une auberge du pays du feu. Elle releva les yeux vers l'homme qui lui posait une question.

- « Vous êtes perspicace. Généralement les gens observent l'arbre et s'en contentent... »

La tenue y aidait aussi. Les deux réunis formaient une barrière contre les questions intrusives. On lui demandait si c'était des tatouages de clan, et elle répondait ce qu'elle souhaitait. Ou bien alors on la draguait lourdement et elle repoussait les intrus. On s'arrêtait sur l'enveloppe physique : ce qui était le but recherché. Elle était alors tranquille et on ne cherchait pas à creuser d'avantage. Mais lui avait tout de suite deviné que ça cachait autre chose. Elle ne pouvait pas sonder son chakra – le sien était bloqué – pour mesurer sa puissance mais il n'était visiblement pas n'importe qui. Elle rompit le silence et répondit finalement à sa question.

- « Ils n'ont pas vraiment de sens, si ce n'est une protection. Je ne sais même plus d'où viennent les motifs, pour vous avouer. C'était des vrais tatouages, avant. Et je les avais depuis très longtemps. Durant la grande guerre. Je les ai fait enlever récemment, et les ai remplacés par du fuinjutsu. »

Kôhei les lui avait enlevés grâce à sa maîtrise de l'encre. Et il était le seul à l'avoir vue sans. Même Seitô n'avait pas eu ce privilège. Où était le Hyô, maintenant ? Se portait-il bien ? Elle baissa de nouveau les yeux vers son menu.

- « Ils cachent en effet quelque chose, que je croyais avoir disparu durant tout ce temps. Mais ce n'est pas le cas. »

Alors elle avait de nouveau camouflé ses cicatrices. Tout le monde n'avait pas besoin de voir qu'elle avait été brûlée vive étant enfant et laissée pour morte. Elle resta dans ses pensées quelques instants, puis releva de nouveau la tête vers lui.

- « Et les vôtres ? Ont-ils une signification particulière ? »

Lui aussi avait beaucoup de tatouages sur la peau. Du moins de ce que l'on pouvait en voir, car il était beaucoup moins dénudé qu'elle.
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Message(#) Sujet: Re: Soirée entre tatoués Mar 28 Juil - 11:42

Natsuki afficha un sourire : à l'écoute du récit de Nozomi, c'était bel et bien du tourisme qu'elle avait fait. Pour quelqu'un qui semblait perdue de prime abord et qui voulait rester dans sa chambre, Ikumi avait plutôt bien réussi à la mettre dans de bonnes dispositions. A lui de prendre le relais.

« Étrange ? »
répéta le Nara tatoué lorsque la jeune femme cita les différents quartiers claniques devant lesquels elle était passé. « Je dirais plutôt que c'est culturel, une fois de plus. Quand Konoha a commencé a être battit, il n'y avait essentiellement que les clans fondateurs qui y vivaient au début. Même si nous vivions en groupe, nous avions chacun notre culture, notre passé et notre héritage. Difficile d'adapter du jour au lendemain ces valeurs à une communauté plus grande et plus hétéroclite. Une minorité d'Akimichi par exemple se serait senti perdue parmi les Hyûga. De fait, chacun des clans s'étaient installés dans son coin avec les siens aussi naturellement qu'un individu moyen prendrait place à la cafétéria avec des amis plutôt que des inconnus. Petit à petit, le Village a fleurit, attirant toujours plus de monde, et s'est développé. De nouveaux quartiers résidentiels ont été construit, les zones commerciales se sont adaptées à la population grandissante de Konoha, et l'essor continué ainsi jusqu'à ce que vous voyez aujourd'hui. Et comme les quartiers claniques étaient déjà bien implantés, les déplacer étaient devenu impossible – quoique personne parmi les concernés ne le désirait vraiment, d'ailleurs. En résulte cette impression d'isolement que vous avez eu. Pour autant, ne croyez pas les clans renfermés sur eux-même : beaucoup de la jeune génération de l'époque choisissent aujourd'hui de vivre à l'extérieur de leur quartier comme n'importe qui, et ils ne sont pas mal vu par leurs paires. La seule chose que chaque grande Famille ne veulent pas mélanger au final, ce sont les secrets qui ont fait leur renommé : un comportement qui n'est nullement différent de n'importe où ailleurs. »

Natsuki se dit qu'il avait peut-être raté sa carrière dans le domaine du tourisme. Mais bon, pour une fois que quelqu'un montrait de l'intérêt pour l'histoire de Konoha, autant faire honneur à son clan.

Pour la suite, il sentit qu'il avait mit le doigt sur un sujet déjà plus intime. Et peut-être même plus profondément encore que ce qu'il avait pensé en visant. Acceptant le compliment qui sonnait presque comme un reproche, il écouta en silence. Mais surtout, il observa. Les mots étaient une chose, mais le corps avait sa propre manière de communiquer, souvent bien plus honnêtement que la parole. Et c'est de la confrontation des deux que résultait la véritable prise d'informations. D'expérience, il devina dans les demi-mots de son interlocutrice qu'il ne servait à rien de creuser davantage. Le secret lié à ses tatouages qu'elle ne voulait pas aborder était purement personnel : elle ne cachait rien de '' matériel '', ni de suceptible de porter atteinte à Konoha. Il en resta donc à cela, du moins, jusqu'à ce que la question qu'il avait posé lui rebondisse dessus.


« Naturellement. »
répondit-il avec un sourire entendu en posant ses avant-bras sur la table.

Ses tatouages avaient même deux raisons d'être : celle pour laquelle il croyait les avoir fait - et continuait d'y croire avec ferveur - et la vérité, apprise que récemment, et à laquelle il refusait d'adhérer, la niant en bloc.

« En eux-même, ce ne sont que des symboles qui ne se rattachent à rien. Mais pour moi, il s'agit d'une promesse que je me suis fait bien plus jeune. »

Il marqua une courte pause quand Hanako vint s'enquérir des boissons qu'ils désiraient commander, et s'ils avaient déjà fait leur choix.


« Tout comme vous, j'ai grandit dans le contexte de la Grande Guerre. Et en plus de déjà voir à quel point les conflits généralisés étaient un fléau pour les Hommes, j'ai comprit que la vie de shinobis changeait les ninjas, et ce d'une façon bien à elle. Elle ne les transformait pas que physiquement, mais aussi le regard qu'ils portaient sur le monde, et la façon dont ils l'appréhendaient en conséquence. Que ce soit dans un groupe privé ou maintenant des Villages Cachés, être un shinobi impose beaucoup de contraintes, et la premières d'entre elles est l'obéissance absolue. L'obligation d'abnégation de soi pour une cause dite '' supérieure '', d'obéir et de mener à bien des missions parfois en désaccord total avec les valeurs en lesquelles l'on croit. En tant qu'organisation militaire, c'est ce que l'on attend de nous après tout : obéir sans sentiment. Certains vivent bien ce décalage, d'autres beaucoup moins. D'où l'importance de notre nindô : avoir une voie à suivre pour ne pas se perdre lorsque la vie de soldat nous amène à faire des écarts. Et c'est ici que mes tatouages trouvent leur raison d'être. »


Nouvelle pause, le temps de se faire servir les boissons par Hanako, puis de remplir lui-même son verre d'eau.


« Ils sont la promesse que je me suis fait sitôt que j'ai entrevue comment tournait le monde, et comment il changeait les Hommes. J'avais beau être jeune, je savais déjà que je n'y échapperai pas non plus. Aussi je me suis fait imprimer à même le corps ce serment de rester fidèle à mes principes et à mes valeurs. Peu importe où ma vie de soldat me mènera, peu importe ce que je serai contraint de faire par devoir, je voulais ne pas oublier pourquoi je me bats, et surtout, qui je suis. »


Il bu une gorgée de son verre d'eau, puis afficha un sourire amusé en posant son regard sur Nozomi.


« C'est dingue toutes les idées auxquelles l'on croit lorsque l'on est enfant, n'est-ce pas ? »


A supposer qu'ils aient réellement pu être des enfants. Dans le contexte de la Grande Guerre, ce sont surtout des soldats qui sont nés.

Il pianota des doigts sur la table. Ayant conscience qu'il parlait beaucoup, il se dit qu'il était temps de rendre le crachoir : ce n'était pas poli de le garder pour soi.


« En parlant de shinobi, il me vient à l'esprit que vous m'avez corrigé cet après-midi aux Grandes Portes quand j'ai avancé l'idée que vous en étiez une. Pour autant, vous dégager l'aura de quelqu'un qui utilise plus que régulièrement son chakra. Si ce n'est donc mercenaire, quel métier exercez-vous pour gagner votre vie ? »


Après les questions de routine et conviviales, il commençait à aborder le vif du sujet. Comme Nozomi n'avait pas l'habitude des Villages, elle n'avait peut-être pas encore comprit que les questions du Nara tatoué ne tenaient pas uniquement de sa curiosité personnelle. Mais qu'importe si ce n'était pas le cas, tant qu'elle répondait, il n'aurait pas besoin de lui en faire la remarque.

Et la soirée restera agréable pour chacun.
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Message(#) Sujet: Re: Soirée entre tatoués Mer 29 Juil - 15:15

Elle l'écouta attentivement lorsqu'il lui expliqua pourquoi les clans étaient si isolés les uns des autres. Entendre les origines de Konoha était enrichissant et plutôt intéressant. Et la jeune femme n'était pas contre d'apprendre de nouvelles choses, au contraire. Ainsi donc contrairement à ce qu'on pourrait penser ce n'était qu'une histoire de culture, à la base. Et non pas de refuser de s'approcher les uns des autres. Ce qui faisait tout de suite beaucoup moins renfermé sur soi-même.

Concernant la suite, elle le regarda d'un air intéressé lorsqu'il lui parla de ses tatouages. Une promesse ? Elle commanda un cocktail sans alcool à la serveuse, ainsi que de l'eau pour la suite. Puis ne sachant que choisir, elle opta pour du poisson. Un plat parmi les moins chers de cette catégorie. Une fois que cela fut fait, elle se tourna de nouveau vers l'homme pour l'écouter attentivement. Son point de vue était intéressant, et rejoignait beaucoup celui du Shôraizen, dont l'objectif principal était la liberté. Nozomi se demanda pourquoi l'homme n'avait pas déserté en même temps que les autres qui avaient suivit Seitô, mais ne posa pas la question. Bien trop personnelle.

Elle but une gorgée de son cocktail, le laissant poursuivre son explication sur ses tatouages. Un homme avec des principes et des valeurs, voilà ce qu'il était. Puis il posa une question. Attendait-il vraiment une réponse ? Elle lui adressa un faible sourire. Des enfants, hein ? L'on grandissait bien vite à cette époque, bien trop vite. Pourvu que les génération à suivre n'aient pas à vivre la même chose qu'eux.


- « Mercenaire ? »

Cette fois l'idée la fit rire, du moins un peu. Elle se voyait mal dans ce costume.

- « Non, je ne suis ni mercenaire, ni shinobi. En fait je n'ai pas beaucoup de talent dans tout ce qui concerne le combat. Je suis médecin. »

Elle lui adressa un nouveau sourire. C'était une des choses qu'elle savait faire, ça par contre.

- « Vous les shinobis – ou mercenaires – vous entre tuez et passez votre temps à vous trancher tout ce que vous pouvez. Mon rôle à moi c'est de sauver des vies, ou au moins d'essayer. De rafistoler tout ce qui peut l'être. Et d'accompagner dans la mort ceux qui ne peuvent plus être sauvés. Même si je risque d'être tuée plusieurs jours plus tard par l'un de ceux que j'aurais sauvés. Du moins, c'était comme ça durant la grande guerre. Et c'est comme ça que tout mon clan a péri. Aucun talent en ce qui concerne le combat, juste sauver les autres... Sans pouvoir se sauver soi-même. »

Son regard se perdit au fond de son verre tandis qu'on leur servait leurs plats. Puis elle reprit la parole.

- « Avant, la vie était difficile. Le monde était barbare mais les règles étaient simples. Je parcourais avec mon clan les champs de bataille et je soignais tous les blessés sans distinction. Aujourd'hui, c'est différent et compliqué. Les gens ont créé des villages shinobis où ils sont plus ou moins à l’abri. Tous ont leurs propres lieux de soins, et n'ont plus besoin de gens comme moi. Et si jamais on a le malheur de venir en aide à quelqu'un qu'ils ont en ligne de mire... On est traité comme un criminel à notre tour. Pourtant, une vie est une vie. Peu importe à qui elle appartient. »

Nozomi releva la tête vers lui. Hésita un peu, puis finit par lui demander :

- « Vous avez dit ne pas vouloir oublier qui vous êtes. Comment avez vous compris ce que vous étiez ? Réellement ? Vous avez aussi dit qu'il était important d'avoir une voie à suivre. Quelle est la vôtre ? »

Avant d'ajouter quelques secondes plus tard.

- « Pardon si c'est trop personnel. »

Après tout, c'était elle la menace potentielle qui arrivait dans ce village, et non pas l'inverse.
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Message(#) Sujet: Re: Soirée entre tatoués Jeu 30 Juil - 13:15

Natsuki remercia Hanako d'un hochement de tête lorsqu'elle lui servit ses lamelles de porcs noyées dans leur sauce miel, mais plutôt que d'attaquer de suite son assiette, il garda son attention sur Nozomi. Dès lors, une ligne s'était tracée sur la table, la séparant en deux moitié : une habitude qu'il avait prise – et surtout apprise – lorsqu'il déjeunait avec quelqu'un. Même s'il ne soupçonnait pas particulièrement la jeune femme de vouloir l'empoisonner – elle n'avait rien à y gagner à première vue – l'on arrachait jamais vraiment sa vigilance à un soldat. Surtout dans un métier où beaucoup aimaient enrichir lorsque c'était nécessaire l'alimentation d'autrui avec des compléments inhabituels, comme le cyanure.

Il se fendit d'un léger sourire au début. Nozomi avait des idées très arrêtées sur les shinobis, tout comme la population peut en avoir sur les nations '' ennemis '' ou les prêtres. Mais il s'en retint la remarque, car la suite lui révéla que comme n'importe qui ayant vécu durant la Grande Guerre, son passé était lourd d'épreuves à traverser. Si son opinion sur les ninjas lui avait permit de tenir bon, et de continuer de s'accrocher encore aujourd'hui, autant le lui laisser. Deux interrogations toutefois lui montèrent à l'esprit. La première concernait le clan dont elle mentionna avoir fait partie, et la seconde la réelle raison de sa venue ici. Elle ne semblait pas particulièrement porter les organisations shinobis dans son cœur, alors pourquoi venir chercher de l'aide ici, dans un Village Caché ? Enfin, c'était Miko qu'elle venait voir très exactement, mais aux dernières nouvelles, celle-ci était ninja aussi.


« Une vie est une vie. »
répéta-t-il en hochant la tête, les bras croisés sur sa poitrine. « Je ne saurais davantage être d'accord avec vous sur ce point. Celle d'un habitant du Pays de la Foudre ne vaut pas moins que celle d'un du Pays du Feu. Malheureusement, ce sont les conflits qui font croire aux Hommes le contraire. Des conflits qui s'enveniment toujours bien plus que ce qu'ils devraient, car c'est une nation entière qui est jugée et condamnée pour les actes d'une poignée à chaque fois. Notre situation avec Kumo justement en est le parfait exemple. Nous n'étions que quatre de chaque Village avec les Kage à nous prendre le bec, et aux résultats des paroles qui ont été échangées, vous ne verrez plus jamais un Kumojin franchir les Grandes Portes de Konoha sans se faire molester, interroger pendant des heures, et probablement subir des fouilles si profondes qu'elles le rendront en droit de demander le port du préservatif. »

Il soupira en secouant la tête de droit à gauche.


« Je déplore ce genre de comportement, même si en théorie le discours d'un Kage est le reflet de ce que pense son Village. Les frontières sont peut-être ce qui préservent la culture et l'Histoire de chaque Pays, mais c'est aussi de cette différenciation que naissent les conflits d'intérêts. Enfin, c'est utopique de penser que si nous étions tous sous la même bannière, il n'y aurait pas de problème. L'être humain est ainsi. Nous faisons des alliances, des paix, mais l'ami d'un jour devient l'ennemi de demain, et inversement. Ce sont les intérêts de chacun à un temps T qui déterminent cela. »


Quoi de plus naturel que de vouloir tirer la couverture vers soi en hiver, et de la jeter sur l'autre en été ?

Il plongea ses baguettes dans son assiette avec la dextérité de quelqu'un qui n'aurait aucun mal à tuer avec, et attrapa deux tranches de porc qu'il porta à ses lèvres. Le miel était chaud, la texture fondante, mais le tout avait la saveur de la cendre. Il avait depuis longtemps cessé d'espérer retrouver son sens du goût. Il s'arrêta cependant à mi-chemin d'une autre bouchée lorsque Nozomi lui posa une question hésitante, qu'elle compléta après quelques secondes de silence par une excuse. Un sourire se dessina sur ses lèvres tandis qu'il reposait ses baguettes pour s'adosser contre sa chaise, les bras à nouveau croisés sur son buste.


« Non, ce n'est rien. Je réfléchissais juste à comment vous répondre. »
dit-il, la tête légèrement penchée sur la droite. « En fait, je n'ai jamais réellement comprit ce que j'étais quand j'ai été enfant - et Kyubi sait que l'enfance a été courte. En lieu et place, je l'ai défini. J'ai déterminé ce que je voulais être, et je me suis battu pour le devenir. Alors bien sûr, c'était utopique et exagérément rêvé puisque pensé par une petite tête encore à peu près innocente, mais aujourd'hui encore, je ne l'ai pas oublié. Et même si je ne suis pas encore tout à fait ce que je vise, que je ne le serai peut-être jamais, tant que je continue de faire mon possible pour essayer ne serait-ce que l'effleurer du doigt, je me dis que le résultat ne sera déjà pas si mal. »

Prenant une inspiration, il récita :

« '' Devenir fort pour se protéger soi, les personnes à qui l'on tient, ceux qui n'ont pas la force de se défendre eux-même. ''
Des objectifs digne d'un enfant. Mais même à cet âge là, je savais que l'on ne pouvait pas sauver un monde entier. »

Un monde qui a décidément bien changé depuis, pour le meilleur et le pire.


« Si je sers encore Konoha aujourd'hui, c'est parce que je sais que je vais dans le même sens que le Village : Il œuvre pour l'intérêt du plus grand nombre, et pas uniquement pour son compte personnel – même si bien sûr, en fonction des situations il passe en priorité. Nous ne faisons pas que tuer, vous savez ? »
fit-il quand même remarquer finalement, à l'attention de ce qu'avait dit Nozomi plus tôt. « Notre force militaire est là avant tout pour dissuader, et pour nous offrir les moyens de mener à terme nos objectifs. »

Qu'ils soient humanitaires, ou militaires...


« En tant que shinobi, il est vrai qu'il m'arrive de regretter la nécessité de ce que mon devoir m'impose de faire parfois. Pour autant, je sais dans quel but j’œuvre : c'est pourquoi je n'ai jamais regretté la nécessité de mes actes entreprit dans ce sens. »


Voilà bien longtemps qu'il n'avait plus discuté de cela avec qui que ce soit. Nozomi était une femme maligne, et son petit doigt lui disait qu'à travers les réponses qu'il lui donnait, c'était tout le Village qu'elle jaugeait. Tout comme il l'avait cité plus haut, l'on avait tendance à juger tout un groupe pour les dires d'un seul. La satisferait-elle ? Peu importe, ce n'était pas le but du jeu.

D'un regard, il indiqua que les joueurs échangeaient à nouveau de position.


« J'avoue me tâter sur ce que j'aimerai savoir en premier maintenant. »
annonça-t-il d'un ton léger. Je pense que je vais d'abord suivre le fil de la discussion : et vous, en quoi croyez-vous Nozomi ? Quel but vous fait vous lever le matin, maintenant que les champs de bataille n'ont plus besoin de médecin sans frontière comme vous ? »

Il fit sauter ses baguettes dans ses doigts, puis poursuivit avant de piocher dans son assiette.


« Ensuite seulement je vous demanderai comment vous avez rencontré notre Hokage. »


Il l'avait senti particulièrement hésitante lorsqu'elle l'avait mentionné comme une '' amie '' dans l'après-midi, et son ton à lui, malgré le sourire d'apparence qu'il affichait, laissait clairement entendre que ce détail ne lui avait pas échappé.
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Message(#) Sujet: Re: Soirée entre tatoués Jeu 30 Juil - 18:43

A son tour, l'homme l'écouta patiemment. Il ne touchait même pas à la nourriture que leur avait amené la serveuse. Puis finalement il reprit la parole à son tour, reprenant les paroles de la jeune femme. Et de nouveau ils échangèrent les rôles, l'un parlait tandis que l'autre écoutait. Un réel échange avait lieu entre les deux parties. Il aborda le sujet de la relation entre Kumo et Konoha. La jeune femme ne savait pas exactement ce qu'il s'était passé, mais savait simplement qu'il y avait des tensions entre les deux pays. Assez pour comprendre où l’homme voulait en venir. De plus on lui avait raconté ce qu'il s'était passé au temple, et le rôle qu'avait eu la foudre dans la création de l'organisation dont elle avait fait partie.

Le shinobi avec qui elle était en train de parler ne semblait pas forcément en accord avec les autorités. Du moins sur certains points. Nozomi s'étonna qu'un shinobi - qui était probablement haut gradé – puisse avouer à voix haute que parfois ceux qui habitaient le village n'étaient pas en accord avec leur kage. Il y avait là un signe de liberté d'expression, ou bien il la testait pour voir sa réaction. Mais elle ne releva pas, gardant ses pensées pour elle-même.

Elle plongea dans son plat en même temps que lui, songeuse. Elle avait toujours voulu sauver le maximum de personnes possibles, faire du monde une Terre pacifiste. Que tous soient en harmonie et heureux. Mais au fil du temps elle s'était rendue compte qu'elle ne pourrait jamais y arriver. Qu'elle ne pourrait jamais sauver tout le monde, malgré ses efforts. Et s'il suffisait simplement de réduire ce nombre à un village ? A une moindre échelle, l'objectif serait plus facile à atteindre. Et c'était certainement ce qu’essayaient de faire les shinobis de chaque village. Quoique, si c'était le cas alors aucun conflit n'aurait eu lieu d'être...

Puis suite à sa propre question, elle l'écouta de nouveau parler. Il ne semblait pas réticent à l'idée de lui répondre. Elle avala sa bouchée de boulette de riz et lui sourit à sa tirade. Un sourire sincère, pas de ceux qu'elle servait à tout va pour que l'interlocuteur lui fasse confiance ou bien pour le mettre à l'aise. Protéger les autres, les plus faibles et ceux à qui elle tenait... C'était ce qu'elle avait toujours fait. Son clan lui avait apprit depuis toute petite que les aînés devaient protéger les plus jeunes. C'était d'ailleurs ainsi qu'elle s'était retrouvée dernière survivante, les autres s'étant sacrifiés pour protéger les plus petits : elle ainsi que sa cousine. Qu’elle-même n'avait pas su protéger.

Car si la phrase du shinobi lui parlait beaucoup, il y avait cependant une partie qu'il lui manquait : devenir forte. Elle ne s'était jamais entraînée à l'art du combat. Si ça avait été le cas, aurait-elle pu sauver d'avantage de personnes ? Sa cousine ? Ses parents adoptifs ? Des gens qui étaient encore plus faibles qu'elle-même et avaient péri de la main de différents shinobis. Il poursuivit et la sortit de ses sombres pensées. Konoha avait visiblement le même objectif. Ce qui répondait à la question qu'elle s'était posé plus tôt : pourquoi il n'avait pas déserté en même temps que le Shôraizen. Car même s'il n'était pas libre et devait obéir aux ordres, ces ordres étaient en adéquation avec ses idéaux. Il n'avait donc aucune raison de partir.


- « C'est un beau nindo que vous avez là. Si plus de gens avaient le même, le monde ne s'en porterait que mieux. »

Elle lui adressa ensuite un sourire amusé lorsqu'ils échangèrent de nouveau de rôle. L'errante se cala dans son siège, le laissant poser ses questions. Mais son sourire s'effaça lorsqu'elle les entendit. Que lui répondre ? Elle n'en savait rien elle-même. Mais elle devait bien lui répondre, et ne pouvait pas mentir. Alors elle prit le temps de réfléchir en mangeant une nouvelle boulette de riz, puis reposa ses couverts.

- « Enfant, je croyais simplement en la vie. Je me levais en sachant que j'allais sauver des gens : et ça me rendait heureuse. J'étais utile, et surtout voir la reconnaissance dans leurs yeux était la plus belle chose au monde. Ensuite, quand la guerre s'est terminée je suis devenue en quelque sorte médecin de campagne, dans un petit hameau de Yu no kuni. J'aidais les plus faibles, je rendais service. Je faisais ce que je savais faire. Et me lever tous les matins pour aider la population était ce qui me rendait heureuse à cette époque. »

Elle piocha dans son poisson, avant de reprendre.

- « Ensuite, je suis repartie sur les routes. Mais seule cette fois-ci. Chaque nouvelle rencontre, chaque nouvelle découverte ou pays visité était comme un cadeau. Je voyageais, et j’apprenais jour après jour. Et cette sensation de liberté... C'était merveilleux. Et surtout, je continuais de soigner tous ceux qui en avaient besoin que je rencontrais. Peu importe de qui il pouvait bien s'agir. »

La suite était plus délicate. Que pouvait-elle lui dire ? Et surtout, quel était son avis là dessus ? Ne risquait-elle pas de gâcher leur repas en parlant de ça ?

- « Cette liberté... J'ai voulu essayer de l'offrir à d'autres. J'ai rejoint une organisation qui avait les mêmes idéaux que moi : la paix, la liberté, et protéger les plus faibles. Du moins c'est ce que je croyais. Car tout ne s'est pas réellement passé comme prévu. Enfin, au début, tout allait bien. Mais ensuite... »

Elle reposa de nouveau ses couverts et mit ses mains légèrement tremblantes sous la table.

- « Un des membres de cette organisation a essayé de me tuer. Et celle qui m'a sauvée... C'est Miko. Je lui dois la vie. »

Nozomi prit une profonde inspiration avant de relever la tête vers lui, tentant de lire dans ses yeux ce qu'il pouvait bien penser. Car il était évident qu'il avait deviné de quelle organisation elle parlait. Elle finit par rompre le silence pour continuer son récit :

- « Et quand elle a tué notre chef quelques mois plus tard, j'ai déserté. En quelque sorte. »

Pouvait-on dire que l'on désertait lorsqu’il s'agissait d'une organisation ? Certainement.

- « J'étais de nouveau seule et libre, durant de longs mois. Et pourtant, plus rien ne m'apportais cette joie que j'avais avant. Ni les rayons du soleil, ni dormir à la belle étoile, ni découvrir de nouvelles plantes, ni même soigner des gens inconnus. Tout était devenu fade et triste... »

De nouveau un sourire de circonstance.

- « Je n'ai plus rien qui me permette de me lever le matin, et je ne crois plus en rien non plus. Tout ce que j'ai entrepris a échoué, et tous ceux que j'ai aimés sont morts. Que faire, maintenant ? Je n'en sais rien. Je me lève simplement pour survivre sans but un jour de plus. C'est pour ça que je suis venue voir Miko. Je me suis dit que peut-être... Elle pourrait m'aider. Mais je ne savais pas qu'elle était devenue kage, alors ça risque d'être un peu compliqué... »

Ses mains prirent de nouveau les couverts.

- « Voilà. »

Avant de piquer dans la dernière boulette, qui fila dans sa bouche. Voilà, oui. Elle s'était confiée à un parfait inconnu, rencontré quelques heures auparavant. Bravo.
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Message(#) Sujet: Re: Soirée entre tatoués Ven 31 Juil - 21:56

Natsuki écouta avec le silence de circonstance. Nozomi avait mit du temps avant de trouver les bons mots pour répondre, et à cela, il devina qu'il n'avait plus besoin de lui poser l'autre question qui lui trottait en tête : c'était la raison pour laquelle elle était venue à Konoha. La suite montra qu'il ne s'était pas trompé. Elle lui parla de ce qu'elle croyait étant enfant, adolescent, et finalement jeune adulte. De ce qu'elle avait entreprit pour le monde qu'elle voulait façonner, et de comment cet espoir s'était changé en cauchemar. De comment elle était partit, et grâce à qui elle avait pu le faire sur ses deux jambes. De ce qui s'était passé après, et du vide qu'avait été son existence. Il se retrouvait dans son regard, ce que lui-même avait été lorsqu'il est tombé malade – et qu'il était toujours un peu aujourd'hui, pour ainsi dire. Des jours qui se suivaient et se ressemblaient, sans rien de plus que le temps qui passe. Des journées qui n'apportaient ni joie ni satisfaction, peu importe ce qui était accomplit ou les efforts déployés. Une vie devenu fade dans un monde en nuance de gris.

Plus elle avançait dans ses propos, et plus elle semblait avoir du mal à poursuivre. Un peu comme la vie qu'elle menait. Qu'ils menaient. Ce n'était en rien plaisant de se retrouver en elle quelque part, tout comme elle n'aurait peut-être pas aimé lire dans ses yeux qu'il la comprenait : cela servait à quoi de savoir que quelqu'un d'autre avait vécu des expériences similaires quand on ne les souhaitait à personne ?

Toujours est-il que révéler son appartenance à une certaine organisation semblait lui avoir coûté, à en croire le regard qu'elle lui portait, comme si elle attendait qu'il rende un jugement quelconque. Vu le passé du Shoraizen, et où Il avait trouvé son berceau, n'importe qui en ayant conscience s'y serait attendu – et ce, pour les mêmes raisons qu'il se serait tut.


« Vous avez donc fait partie du Shoraizen. »
résuma-t-il d'une voix neutre, bien qu'en fait l'essentiel de l'intérêt qu'il portait sur ce que Nozomi avait dit jusque là ne se situait pas dans cette phrase.

Il fit une étrange moue avec ses lèvres, comme s'il essayait de déloger une mouche posée sur son nez, puis afficha un sourire dont lui seul devait connaître la signification.


« En effet, que notre Hokage vous apporte de l'aide, cela va être un brin compliqué, mais pas dans le sens que vous le pensez. Enfin, tout dépend de ce que vous attendez comme aide. Mais j'ai l'impression que vous l'ignorez vous-même. Peut-être qu'une courte leçon d'histoire vous aiderait à orienter votre choix ? Car si vous avez quitté le Shoraizen et coupé les ponts avec à la mort de Seitô, il y a peut-être l'une chose ou l'autre que vous ignorez concernant l'organisation. A commencer par le fait qu'à ce jour, elle n'existe plus.»


Son assiette ne contenant désormais plus que la fameuse sauce miel – et peut-être encore un petit morceau de viande égaré pour qui se sentirait le courage de plonger dans le liquide opaque – il reposa ses baguettes, consacrant désormais toute son attention à Nozomi.


« Vous souvenez-vous quand je vous ai dit qu'une poignée de Konohajin s'était fâchée avec tout autant de Kumojin, mais que cela avait eu des conséquences car les Kage respectifs étaient présents ? Figurez-vous que le sujet de la discorde était justement le Shoraizen. Et que si la plupart des membres de l'organisation sont aujourd'hui au Village de la Feuille – en prison, ou en semi-liberté en fonction -, c'est parce que Miko a préféré leur offrir une chance de se rattraper plutôt que d'accepter l'alternative de Zennosuke, qui se résumait à un massacre en règle des traitres. »


Il se tut un instant, afin de laisser l'occasion à Nozomi de digérer l'information. Une telle indulgence était en effet peu courante dans un monde aussi militaire : la plupart se serait plutôt attendu à ce que Konoha, dont le Shoraizen représentait une véritable honte à son autorité, roule main dans la main avec Kumo sur l'organisation nukenin afin de retirer cette épine de leur pied.


« Ceux qui ne se sont pas enfuit ou qui ne sont pas morts en luttant jusqu'au bout ont été escortés à Konoha parce que notre Hokage les comprenait. Je pense que le temps qu'elle a passé à vivre avec vous tous y a grandement contribué. Ces mois qu'elle a passé au Shoraizen lui ont permit de réaliser que tous les déserteurs de la Feuille ne l'avaient pas forcément fait à mauvaises intentions, tout comme ceux qui ont rejoint l'organisation ensuite. A votre instar, ils avaient des rêves de libertés, de servir une cause qui leur semblait juste et en accord avec leur éthique et leurs valeurs. Une cause qui a basculé progressivement, alors qu'ils avaient déjà le bras prit dans l'engrenage. Miko nous en a tous convaincu en tout cas. »


Et c'est pourquoi elle avait eu le soutien du précédent Hokage dans l'entreprise, peu de temps avant qu'il lui passe le flambeau, justement.


« Alors bien évidemment, cela ne s'est pas fait sans condition. Ceux qui ont été ramenés à Konoha ont été longuement interrogés, leurs mémoires fouillées et tous jugés à la hauteur des actes qu'ils avaient commit. La clémence a une limite après tout, et une organisation militaire comme la notre ne peut pas se permettre de faire n'importe quoi. »


Posant ses avant-bras sur la table, il s'appuya légèrement dessus pour s'avancer. Son sourire ne dissimulait en rien le sérieux de ses propos.


« Comprenez moi bien Nozomi. Même si vous avez quitté le Shoraizen de votre plein gré et ce avant qu'il soit démantelé, vous avez tout de même fait partie d'une organisation considérée comme terroriste, et cela vous place dans une situation assez délicate maintenant que vous êtes ici. Délicate, car la porte s'est refermée derrière vous, mais pas forcément aussi dangereuse que ce que vous imaginez. Konoha a offert une chance à ceux qui la méritait, alors il n'y a pas de raison que l'on vous refuse ce... »


Il s’apprêtait à dire '' droit '', mais en aucun cas, ce n'en était un. Il s'agissait d'une faveur, bien singulière et probablement même un cas unique dans l'Histoire de Konoha – voire même des autres Villages Cachés.


« ...cette mesure de clémence. Et comme cela dépendra de notre Hokage – qui est à l'origine de cette faveur -, je ne m'inquiète pas trop pour cela, ni pour les résultats que donneront l'enquête menée sur vous. Si tout ce que vous m'avez dit est vrai en tout cas. »


Il ne ressentit pas le besoin de préciser '' et cela se saura '' tant c'était évident.


« Il me semble bon de vous indiquer quelque chose d'ailleurs. Quand vous rencontrerez notre Hokage, n'oubliez pas que vous ferez face au dirigeant d'un Village Caché, et non d'une amie. »


Nozomi s'était coincée à Konoha en s'annonçant ayant fait partie du Shoraizen, mais cela se serait su tôt ou tard. Et probablement qu'elle-même le savait en venant ici de son plein gré. Ce qui jouait en sa faveur d'ailleurs, si elle ignorait réellement ce que Miko avait entreprit à l'égard de l'ancienne organisation nukenin. Elle allait se faire interroger comme les autres, il le savait, mais pour peu qu'elle ai été honnête jusqu'à présent, Konoha n'aurait pas vraiment de raison de la considérer comme une ennemie. Et qui de mieux que la nouvelle Hokage pour décider de cela, elle qui l'a visiblement fréquenté un bon moment, et avec qui elle a partagé quelque chose de fort ?


« J'espère ne pas vous avoir coupé l'appétit avant le dessert au moins ? »
lança-t-il avec un sourire de sympathie, histoire de ramener la conversation à plus de légèreté. « Si cela peut avoir de l'importance pour vous, sachez que je ne vous considère pas avec moins d'égard ou plus de méfiance maintenant que je connais cette partie de votre histoire. Vous avez mené une vie tout à votre honneur avant, avez essayé pendant et en avez bavé après. Vous méritez bien une soirée de détente avant la suite. »

Demain pèsera déjà bien assez pour elle.


Dernière édition par Nara Natsuki le Mar 4 Aoû - 18:43, édité 1 fois (Raison : Chasseur de fautes.)
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Message(#) Sujet: Re: Soirée entre tatoués Lun 3 Aoû - 15:47

Il reprit à son tour la parole. Mais sa phrase était neutre, tout comme sa voix. Il ne la jugeait pas. Et lors de son récit, elle avait même eu l’impression qu'il la comprenait. Peut-être s'était-elle trompée, qu'elle croyait simplement voir ce qu'elle avait envie de voir. Mais alors qu'elle pensait qu'il aurait réagit d'une manière ou d'une autre, c'était comme si son annonce lui passait complètement au dessus. Elle tenta de décoder la moue ainsi que son sourire, mais ne parvint pas à un résultat bien concluant. Alors elle entreprit de terminer son poisson tout en l'écoutant.

Il avait raison : elle-même ne savait pas ce qu’elle était venue chercher en venant ici. De l'aide oui. Mais de quel genre ? Peu importe. Elle ne souhaitait plus continuer à sombrer dans la folie comme elle l'avait fait durant ces derniers mois. Il entreprit de lui expliquer ce qu'il savait concernant l'organisation. Ce qu'il s'était passé durant ces derniers jours.


- « Ikumi m'a simplement dit que le Shôraizen avait été de nouveau accepté par Konoha. Je ne sais rien de plus. »

Elle n'avait surtout pas cherché à creuser d'avantage, au risque de trop attirer l'attention. Et quand il en vint à parler de Kumo ainsi que du massacre de ceux qu'elle avait considéré comme sa famille, elle délaissa son assiette et s'adossa au fauteuil. Blême. Miko les avait sauvés de Kumo, tout comme elle les avait sauvés de Seitô. Et même si elle avait intégré l'organisation dans le seul but de la démanteler, on ne pouvait pas lui enlever le fait qu'elle ne les avait pas complètement trahis. Certes, elle avait tué leur leader. Mais elle ne les avait pas oubliés et ne les avait pas laissés à leur sort. Et que penser de...

- « Kumo... »

Comment avaient ils osé s'en prendre à eux ? Ou plutôt, lui, Zennosuke, comment avait-il osé ? Elle lui avait envoyé une lettre lui annonçant la mort de Seitô. Lui demandant de ne pas en profiter pour attaquer le Shoraizen, par la même occasion. Tout comme le Shôraizen n'avait pas attaqué Kumo suite à la mort de leur raïkage. Pourtant, ils auraient pu en profiter puisqu'ils étaient les seuls au courant de ce qu'il s'était réellement passé sur l'île. Et s'ils avaient vraiment été cette organisation criminelle comme les villages shinobis les appelait, alors ils auraient marché sur Kumo le temps qu'ils n'aient plus de dirigeants à leur tête. Mais ils ne l'avaient pas fait. Par respect. Nozomi avait espéré que Kumo leur redonne la pareille, en leur rappelant cela. Mais visiblement elle s'était fourvoyée. Et il avait sauté sur l'occasion. L'opportuniste...

Elle releva la tête quand Natsuki lui dit ne pas s’inquiéter pour elle. Elle allait cependant devoir subir une enquête – un interrogatoire - . La jeune femme se demandait bien en quoi il pouvait consister. Peu importe, elle arriverait bien à surmonter cela. Elle avait vécu bien pire. Son propre père ou son petit ami essayant de la tuer, par exemple. Elle répondit à son sourire.


- « Non, il me reste encore de la place. »

Oui, elle venait de parler de tout cela à un inconnu, à un Konohajin. Un de ceux à qui le Shôraizen avait causé du tord. Puisque l'organisation avait été en grande partie faire de déserteurs de ce village. Et il ne lui en voulait pas. Il ne la blâmait pas. Il n'avait même pas l'air de la regarder différemment. Si la plupart réagissaient comme lui, alors elle avait bien fait de venir ici. Les yeux brillants, elle l'observa de nouveau.

- « Merci de m'avoir raconté tout cela. »

Ou bien peut-être était-ce lui qui était différent. C'était possible aussi. Elle le saurait bien assez tôt. Mais en attendant, la soirée n'était pas terminée. L'on vint prendre leurs assiettes et leur amener le menu. Qu'elle n'ouvrit pas. Non, à la place elle regarda le tatoué d'un air sérieux et reprit de nouveau la parole :

- « Vous qui savez tant de choses, j'aurais une nouvelle question à vous poser. »

Elle lui adressa un sourire, ainsi qu'un regard taquin :

- « Pourriez-vous me conseiller un dessert ? J'ai remarqué que vous n'aviez pas ouvert votre menu. Peut-être il y a il quelque chose de typique à découvrir ? »

Autre chose que les fruits dont elle avait l'habitude de manger dans la nature. Elle laissa soudainement passer quelques secondes de flottement. Comme si elle venait de comprendre quelque chose dans ce qu'elle venait de dire.

- « Je parlais de nourriture, bien évidemment ! »

Elle prit finalement le menu et l'ouvrit, d'avantage pour se cacher derrière qu'autre chose. Qu'allait-il s'imaginer ? Il fallait vraiment qu'elle apprenne à éviter ce genre de choses qui portait à confusion. Tout comme la fois où elle s'était baignée avec Milly. Alors que celle ci aimait les femmes... Et elle n'était pas encore avec Tsubaki à l'époque ! Elle fit alors mine de lire les desserts indiqués sur la carte. En espérant qu'il ne prenne pas ombrage de ce qu'elle avait dit. Et surtout qu'il ne relève pas, elle se trouvait déjà bien assez gênée comme ça.
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Message(#) Sujet: Re: Soirée entre tatoués Mer 5 Aoû - 0:13

« Un dessert typique de la région ? »

Immobile et le regard pensif dirigé vers Nozomi, il parcourait mentalement la liste des desserts que proposait l'établissement lorsqu'il lui sembla que la jeune femme piqua un fard, et se cacha derrière sa carte des menus. Il marqua alors un temps d'arrêt dans sa réflexion, se remémorant les derniers mots échangés, puis après deux tentatives infructueuses haussa les épaules et renonça.


« Vous vous fiez à la carte finalement ? »
hasarda-t-il pour combler le silence installé en tant que troisième convive de la table.

Il pianota encore un instant ou deux sur la sienne, puis rendit son jugement.


« Je peux vous faire deux suggestions de dessert. Après, cela dépend de ce que vous aimez manger habituellement. Si vous préférez terminer le repas avec du chaud, la tarte flambée pomme ou poire avec cannelle et copeaux de chocolat noir vaut la peine d'être essayée. Si au contraire, quelque chose dans le vent de l'été vous tente davantage, la part de gâteau au flan de myrtilles et napée de glace reste une valeur sûr. Je vous déconseille les alternatives à base de lait de cerf par contre : le goût est aussi fort que particulier quand l'on a pas été élevé avec cela. »


Pour sa part, il ne prenait plus de dessert depuis longtemps, l'intérêt de la chose se résumant au plaisir gustatif qu'elle procurait – et qu'il n'éprouvait plus. Pour autant, les rares fois où il dînait avec quelqu'un d'autre, il en commandait toujours un, car il savait à quel point c'était embarrassant pour l'autre de manger pendant que lui se tournait les pouces. Et il n'avait aucune envie de s'expliquer. Aussi, il opta pour ladite version alternée du parfait fraise - c'était son clan qui avait introduit cela à Konoha après tout.

L'horloge continuait son mouvement mécanique dans le fond de la pièce. Le balancier s'activait dans un rythme de parfait métronome, découpant les secondes avec précision. Bien que le bruit d'ambiance les étouffait allègrement, les tic-tac réguliers étaient présents, et résonnaient beaucoup plus que l'on pouvait l'imaginer pour certains. Chaque Tic rappelait qu'une seconde de l'existence de tout être était débitée de sa réserve, chaque Tac annonçait leur pas vers l'avant en direction de leur tombe. Le temps défilait quoi que l'on fasse, et ne s'arrêtait pour personne. Les journées pouvaient paraître longues individuellement, mais lorsque l'on se retournait et que l'on les prenait en bloc, l'on réalisait qu'elles avaient défilé à une vitesse folle. Lorsque l'on passait sa vie à errer sans but, tout ce temps passé semblait d'autant plus cruel.


« Il y a une dernière question que j'aimerai vous poser Nozomi. »
lança-t-il hors du bleu après que leurs commandes eurent été prises. « Uniquement par franche curiosité cette fois-ci. Vous êtes libre de répondre ou pas à celle-ci. »

Son ton restait léger, mais ses yeux trahissaient l'intérêt qu'il portait à la réponse.


« Pourquoi vouloir vous sauver ? Je veux dire, vous avez erré pendant des mois sans but ni plaisir, ne faisant que survivre à chaque nouvelle aube qui se levait. Alors qu'est-ce qui vous a soudainement déclenché cette envie de vous en sortir, de rompre cette répétition du quotidien dépourvu de sens ? Vous ne savez peut-être pas le type d'aide que vous cherchez, mais vous en connaissez à quelle finalité. »


Lui qui a jadis été aussi perdu qu'elle, il avait su garder à peu près le cap grâce aux valeurs auxquelles il croyait. D'où sa curiosité. Quelles ressources pouvaient donc déployer une âme en peine lorsqu'elle avait perdu même l'intérêt pour lequel elle vivait autrefois?


Dernière édition par Nara Natsuki le Dim 9 Aoû - 10:39, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: Soirée entre tatoués Dim 9 Aoû - 10:24

Heureusement pour elle, il ne releva pas. Soit il avait fait exprès pour ne pas la gêner d'avantage, soit il n'avait pas compris le double sens non désiré de sa phrase. Ce qui était plutôt un soulagement. Elle n'aurait pas à trouver une fausse excuse pour repousser ses éventuelles avances. Ils se connaissaient à peine. Même si d'un autre côté, c'était également vexant de n'être vue que comme une étrangère potentiellement dangereuse. D'où toutes ses questions.

Il lui proposa finalement un choix entre deux desserts. Elle opta pour le gâteau de fruits accompagné de glace. Elle lui lança cependant un regard étrange lorsqu’il parla de lait de cerf. On faisait vraiment du lait avec ces animaux ? Et puis surtout, techniquement, les cerfs ne donnaient pas de lait. Ou bien ça portait un autre nom... Et à ce moment-là les Konohajins devaient avoir des coutumes bien étranges. Elle finit par en déduire qu'il devait nommer toute la famille avec ce mot, et non pas juste le mâle de l'espèce. Dans tous les cas, elle suivrait son avertissement et ne s'y risquerait pas. Généralement, elle n'aimait pas les plats trop relevés.

Une nouvelle question. Celle ci n'était pas pour se rassurer quant aux intentions de la jeune femme vis à vis de Konoha. Il ne cherchait pas à doser à quel point elle pourrait nuire à son village au vu des réponses qu'elle donnerait, ni de sa façon de répondre. C'était bien plus personnel. Alors elle lui sourit, et lui répondit directement :


- « Et que vaudrait un médecin incapable de se sauver soi-même ? »

Avant de réfléchir pour lui donner une réponse plus construite.

- « Je me voyais sombrer, tout doucement. Chaque jour un peu plus. Alors je me suis demandé ce qu'était devenue ma vie. Si c'était celle que je voulais. Si je désirais continuer ainsi ou me reprendre en main. J'ai prit le temps de réfléchir sur moi-même, sur ce qui m'avait amenée là. »

Légère pause, avant de continuer.

- « Et je me suis rendue compte que malgré tous les morts ayant marqué ma vie, malgré tout ce que j'ai vécu et les épreuves que j'ai dû endurer... Je suis encore jeune. Et que s'il y avait un équilibre quelque part, alors j'ai beaucoup de belles choses à vivre. A apprendre. Et de gens à aider. »

Nouveau sourire, avant de s'emparer de son verre d'eau.

- « J'ai décidé d'arrêter de ma focaliser sur mon passé, et j'ai misé sur l'avenir. Il est plein de promesses. »

Elle prit une gorgée, tandis qu'on leur apportait leurs desserts. Ça avait l'air appétissant. Elle reposa alors son verre et prit une bouchée de tarte.

- « C'est délicieux ! Beaucoup de saveurs à découvrir, aussi ! »

Une nouvelle bouchée, avant de se reprendre.

- « Konoha m'a paru le meilleur choix pour cela. Non seulement parce qu'il y a Miko. Mais aussi car c'est un village proche de la nature, et c'est donc de celui dont moi-même je me sentais le plus proche. Je suis aussi née dans la forêt qui le borde. C'est un retour aux sources, en quelque sorte. A ces toutes premières années de ma vie, certainement celles où j'avais le moins de soucis. Et où j'étais le plus heureuse. »

Tout comme elle avait fait un retour à Yu no kuni, avec le Shôraizen. Qui pourrait dire ce qu'elle serait devenue actuellement si elle avait refusé la proposition de Seitô. Si elle avait préféré se rendre à Konoha plutôt que de rejoindre l'organisation ? Personne ne pourrait le dire.

- « Mais dites moi, pourquoi cette question ? On dirait que vous y portez un intérêt plus... Particulier. Mais peut-être que je me trompe. »

A lui de répondre ou non à cette question. Tandis qu'elle appréciait visiblement le dessert qu'il lui avait conseillé.
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Message(#) Sujet: Re: Soirée entre tatoués Dim 9 Aoû - 13:45

« Je vous ai déjà répondu avant que vous ne posiez la question. De la simple curiosité. »

Il planta sa cuillère dans son parfait, et regarda cette dernière s'enfoncer lentement jusqu'à la couche de biscuit.


« Mais si vous voulez un peu plus de détails, disons que je m’intéresse moins au fonctionnement des choses que le fonctionnement des gens. La médecine fonctionne à peu près pareil je crois. Il ne suffit pas de comprendre une pathologie pour la soigner, mais de savoir dans quel contexte elle s'inscrit chez le patient. En ce qui me concerne, je trouve plus intriguant de connaître comment et pourquoi une personne décide de faire tel ou tel choix plutôt que d'en savoir la conséquence. »


Et en cela, Nozomi lui avait répondu : c'était ses propres ressources qu'elle avait utilisé pour s'en sortir. Parce qu'aussi loin qu'elle avait sombré, elle avait cette mentalité propre aux battants pour se relever une fois le coup accusé. Pouvait-on sourire autant lorsque l'on n'avait plus la volonté d'avancer ? Peut-être. Natsuki était le premier à savoir à quoi ressemblait le sourire développé par quelqu'un qui avait apprit à ne pas laisser transparaître ses émotions.


« Je vois que votre dessert vous plait. »
constata-t-il en attrapant finalement sa propre cuillère plantée à la verticale. « Ravi d'avoir visé juste alors. Si jamais vous êtes amenée à rester à Konoha autrement qu'emprisonnée une fois votre entretien avec notre Hokage terminé, et si la gastronomie de la Feuille vous intéresse, je vous recommanderai quelques autres restaurants qui valent le détour. La cuisine d'ici doit essentiellement sa célébrité au clan Akimichi, dont la qualité égale autant la quantité que l'originalité qu'ils produisent, mais quelques autres restaurateurs ne sont pas à négliger. Cela reste dépendant des goûts de chacun cela dit. »

La glace était froide dans sa bouche. Et c'était à peu près tout ce que lui procurera son dessert en terme de sensation : la texture, et la température. Manger quelque chose sans saveur était encore pire que d'avaler un aliment que l'on n'aime pas, mais il fallait avoir essayé pour le comprendre.

Natsuki jeta un coup d’œil à l'horloge du fond. Ce n'était pas encore l'heure du crime, mais la soirée touchait doucement à sa fin. Il ne comptait pas surveiller Nozomi toute la nuit, aussi il avait déjà prévu approximativement la relève qui dînait à une table seul non loin. C'était un homme cette fois-ci, un peu en avance, qui se contentera d'une surveillance de loin pour laisser à la jeune femme une impression de moment solitaire pour souffler et mettre de l'ordre dans ses idées : il n'aura pas de contact direct avec elle.

Il regarda ensuite au-dessus de lui, et évalua la longueur de son post. Il n'était pas des plus longs, et il pourrait le remplir encore un peu avec quelques questions relevant plus de l'intérêt personnel que professionnel, mais il avait déjà annoncé que ce serait sa dernière question dans le post précédent. Et puis, il fallait que l'histoire avance. Nozomi avait déjà virtuellement eu son entretien avec Miko, ne lui restait que l'interrogatoire à passer dont il savait déjà qu'il en écoperait la tâche. Ils auront bien assez tôt l'occasion de se retrouver une autre fois.

Lorsque les cuillères à dessert ne trouvèrent plus qu'une assiette ou un verre dans lesquels se planter, Natsuki demanda la note. Non pas pour connaître le montant de la facture à régler – cela aussi, il le connaissait par cœur – mais afin d'avoir le justificatif nécessaire pour faire passer le repas en note de frais. C'était un interrogatoire sur une étrangère à Konoha après tout.


« Bien, je vais vous laisser Nozomi. Non pas que votre compagnie soit désagréable, mais il commence à se faire tard, et j'imagine que vous avez besoin d'un peu de temps pour vous afin de vous préparer pour demain. J'espère qu'Ikumi et moi-même avons réussit à vous retirer quelque peu le poids sur vos épaules. Le sourire sied bien mieux à votre visage. »


Il se leva et tendit une main à serrer à la jeune femme. Et durant un instant, l'air sympathique de Natsuki céda sa place à celui du soldat pour un dernier avertissement :


« A moins de force majeure, ne sortez pas de votre chambre cette nuit. »


Il hocha la tête en guise de dernier salut, puis quitta l'établissement de la Coupe Enflammée. La journée avait été bien rempli pour lui aussi, il était temps d'aller faire semblant de se reposer.
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Message(#) Sujet: Re: Soirée entre tatoués Lun 10 Aoû - 15:40

De la curiosité, rien de plus. Après tout, c'était à elle de répondre aux questions, et non pas l'inverse. Il était chez lui et c'était elle l'étrangère. Elle n'en prit donc pas ombrage et se concentra sur son dessert. Sa comparaison avec la médecine était plutôt juste.

- « J'en serais ravie ! »

Découvrir des nouvelles choses lui plaisait. En revanche, l'idée d'être enfermée à Konoha beaucoup moins. Elle espérait que l'entretien se passe pour le mieux avec Miko. Les Akimichi étaient effectivement réputés dans le domaine de la gastronomie. Ils avaient montré leurs talents au Shôraizen également grâce aux Cocoball élaborées avec Tsubaki. Peut-être qu'ils avaient d'autres choses de ce genre ici aussi. Même si Konoha ne devait certainement pas se résumer à la variété de ses mets. Elle se demanda alors ce que devenait le jeune cuisinier qu'elle avait déjà rencontré, Jackal. Il faudrait qu'elle cherche son restaurant pour le revoir. Et savoir si il avait suivit ses conseils.

- « Hey ! »

Haru avait profité qu'elle soit occupée à discuter pour venir grignoter un des fruits de sa tarte. Sans doute devait-il avoir faim, lui aussi. Mais il s'en détourna bien vite. L'animal ne devait pas aimer les myrtilles lorsqu'elles étaient cuites. Il entreprit donc d’attraper les moustiques d'été qui arrivaient au rythme du soir qui tombait. A la fin du repas, Natsuki paya la note pour les deux. Nozomi ne sut pas s'il s'agissait de galanterie ou bien d'autre chose. Mais dans tous les cas, elle devait bien avouer que ça l'arrangeait. Elle ne possédait pas beaucoup de richesses.

- « Merci pour cette soirée de détente. J'ai en effet passé une bonne journée. »

La première depuis bien longtemps. Ce qui lui avait ainsi évité de penser au déroulement potentiel de l'entretien avec Miko. Entretien qui l’inquiétait. Miko avait beau lui avoir sauvé la vie par le passé, elle restait une femme distante difficile à cerner. Et Nozomi n'avait aucun moyen de savoir de quelle façon leur rencontre allait se passer. D'autant plus que l'Aburame était désormais dirigeante d'un village tout entier et ses décisions ne devaient pas être prises à la légère. La jeune femme serra la main tendue, légèrement rougissante suite au compliment. Mais la suite fut beaucoup moins amicale.

- « Je n'en ai pas l'intention. Bonne nuit. »

Il devait en avoir besoin. Peut-être qu'il réussirait à atténuer les cernes qui marquaient ses yeux. Mais elle en doutait fortement. Ce n'était pas en une nuit que l'on récupérait d'une telle fatigue. Il devait accumuler cela depuis longtemps. Elle le regarda s'éloigner puis se leva à son tour, lorsqu'il fut sortit. Elle se doutait bien qu'on ne l'avait pas laissée sans garde pour la surveiller, néanmoins celui qui prit la relève ne se fit pas connaître.

Elle put alors librement se diriger dans sa chambre – avec Haru – sans avoir l'impression d'être une criminelle. Elle ouvrit la fenêtre de l'auberge et observa le village. Ses bâtiments, ses habitants, sa végétation. L'endroit où avaient vécu Seitô, Kôhei et bien d'autres... La plupart étaient revenus. Quant aux autres, ils étaient morts ou portés disparus. Quant à elle, il lui restait une nuit de liberté provisoire. Suite à quoi... Son avenir changerait du tout au tout. En bien ou ou mal. Seule Miko pourrait le décider.
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Soirée entre tatoués

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