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 Retour d'un clan bélliqueux et chaotique [pv]

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Suna
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Message(#) Sujet: Retour d'un clan bélliqueux et chaotique [pv] Lun 27 Juil 2015 - 21:10

« Mizu no Kuni !! Mon chez-moi ! Enfin ! » Hurlai-je sur la proue du navire alors qu’on n’avait même pas encore accosté.

Mais nous y voilà ! Ça faisait combien de temps déjà ? Deux ans facile que je n’étais plus revenue. Oui si on compte bien, ça doit être dans ces eaux-là, avec Goren et une autre fille à l’apparence très peu amicale. Je suis d’accord que justement il ne faut pas se fier aux apparences, y a pas de soucis là-dessus mais elle, franchement elle faisait flipper. Avec son sabre et son air à chercher des noises partout. C’est à cause de gens comme elle que notre famille est à la dérive.
Ah, on arrive au premier port. C’était un petit navire de commerce qu’on avait choisi pour faire le voyage. En échange de quelques pièces, le capitaine pouvait nous faire une place parmi les marchandises qu’il allait vendre sur l’archipel. Quelle ne fut pas notre surprise quand on s’aperçu que nous n’étions pas les seuls à prendre le large. Quelques familles avaient agi de la même manière, ce qui offrait un voyage bien plus animé que prévu. En partance du lac Tatsu puis par le fleuve Yasukara jusqu’à l’océan. Et de là, avec la seule puissance du vent dans les voiles, il nous fallut un peu plus d’une journée pour atteindre la ville portuaire de Shu, sur l’île la plus au sud-ouest de l’archipel. Certains appellent ça un trou pommé, moi je dirais plutôt que c’est un avant-poste.

Toute la troupe descendit, chacun fut obligé de dire au revoir via des câlins aux deux marmots braillards que transportait un vieux couple. Sans doute leurs grands parents. Mais bon sang qu’est-ce qu’ils étaient bruyant ! Sur toute la traversée c’était des « quand qu’on arrive ? quand qu’on arrive ? quand qu’on arrive ? » à répétition. De quoi vous faire exploser la cervelle avant la fin de la journée. Heureusement, les jeux de carte existent ! Et les dessins aussi ! C’est dans ces instants-là que tu remarques si tu es fait pour être parent ou non. Et dans mon cas, pas du tout. Mais alors vraiment pas du tout. Si j’avais pu les balancer par-dessus bord ces gosses, sans aucune conséquence, qu’est-ce que je me serais faite plaisir !!

« Ahum … » Fit le propriétaire du navire à quai, voyant que je ne réagissais plus.

« Ah oui, pardon. La fatigue, tout ça. »

L’excuse ne valait rien bien sur. J’attrapai la valise et descendis à mon tour. Il nous fallait maintenant retrouver la grotte du clan, et pour ça une carte serait bien utile.
Partons en quête mes amis ! Ah, bah voici déjà la réponse, gentiment apportée par un … un … heu, oh putain ! Un Kaguya !! Punaise je restai stupéfaite sur le coup, et il ne comprit pas. L’homme en question n’était pas beaucoup plus jeune que moi, et visiblement bien portant. Avec ses cheveux blancs, ses deux points rouges sur le front. D’après ses dires, il était employé dans le coin afin d’aider les marchants à décharger leurs cargaisons. Il voulait se faire de l’argent et sortir de la misère, comment ne pas sentir ne serait-ce qu’un brin de fierté face à ce genre de comportement.

« C’est formidable ! On ne se connait sans doute pas, en tout cas ta tête me dis rien mais sache que je suis très fière de toi. C’est grâce à des gens comme toi que Kiri va pouvoir se rebâtir !

- M-merci. Mais là je bosse donc si ça vous dérange pas d’aller embêter quelqu’un d’autre …

- Pas de soucis. Simplement est-ce que tu sais où je peux trouver les autres, tous les autres ? J’aurais une annonce particulièrement importante à faire. »

Il me pointai du doigt une île à l’horizon tout en soulevant une caisse de bois de l’autre main. Si je crois la carte offerte juste avant cette découverte par le même personnage, ce serait l’île la plus petite mais aussi la plus à ouest de l’archipel. On est d’ailleurs passer à côté tout à l’heure. D’accord, ils ont donc changer d’endroit pour s’excentrer totalement. Pourquoi pas, du moment qu’ils ne se laissent pas dépérir. Cependant, ce que je viens de voir là prouve que ce n’est pas le cas. Mizu no Kuni retrouvera sa splendeur d’hantant !
Mais pour l’heure, trouvons un autre navire. Quelqu’un qui accepterai de nous y transporter alors qu’il n’y a aucun port là-bas susceptible d’être intéressant. Ni aucun port, tout court.

Je vous le donne en mille, il a fallut faire parler les sous pour être écouter. Et encore, le marin en question n’était pas bien généreux. Il refusa carrément d’aller jusqu’à la plage, sous prétexte de ne pas vouloir risquer de s’échouer. Ça va, c’est marrée basse là, au pire il attend un peu et hop il aura assez de fond pour faire demi-tour. Mais nan monsieur est têtu, et hors de question de le payer plus, c’est déjà sacrément cher pour si peu. Presque autant que pour arriver jusqu’ici ! Du coup je jetai la valise - étanche - à la mer et ne tardai pas y aller à mon tour. Tsubaki juste derrière. Alertant brasse et crawl, nous arrivâmes à la plage trempée jusqu’aux os. Du moins me concernant. Heureusement que le soleil et l’absence quasi-totale de vent permit de sécher assez vite sans pour autant choper un rhume.
Il fallut à présent trouver la cachette, et croyez-moi ou non, ce ne fut absolument pas difficile. Ils n’étaient pas cachés le moins du monde. A peine le pied à terre que déjà deux adolescents visiblement en pleine ronde de garde. Première réaction, la méfiance. Et puis après une explication, l’un d’eux se rappelait même de moi, ce qui facilitait grandement la chose. Ils nous accompagnèrent jusqu’à une immense caverne. Très loin d’être aussi grande que celle du Shoraizen bien sur, mais ce qui donnait cette impression de grandeur, c’était toutes ces petites maisons construites à l’intérieur même des parois. Mixant os et béton, ça offrait une architecture toute particulière et pas moche du tout.

« Bonjour à tous !! Réunion clanique !! S’il vous plait ! » M’écriais-je alors suffisamment fort pour que cela résonne dans chaque recoin.

Quelques minutes suffirent pour qu’une foule se crée autour de nous. Certains étaient animés par la curiosité, d’autres par énervement d’être réveiller en pleine sieste. Il y a sans doute plein d’autres raisons hein, mais ce sont les deux plus simple à deviner. Ils étaient moins nombreux qu’il y a deux ans cela dit. La maladie sans doute, les escarmouches

« Ma belle Tsubaki, voici ma famille, en quelque sorte. »

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Suna
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Message(#) Sujet: Re: Retour d'un clan bélliqueux et chaotique [pv] Lun 3 Aoû 2015 - 16:37

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Voyons voir, niveau effectif il y a deux ans on était à un peu moins de trois cent. Et maintenant qu’en est-il ? Mmh, il faudrait prendre de la hauteur pour une meilleure évaluation. Une voix au timbre relativement agacé retentit dans le lot :

« Et on peut savoir qui tu es ? Parce que tu débarques là, mais le mieux ce serait que tu te présente. Non ?

- Oh toi tu es nouveau, je me trompe ? » Lui répondis-je en ricanant un moment, mais ça ne le fit pas rire du tout donc autant arrêter tout de suite. « Je suis déjà venue vous voir, vous tous il y a deux ans de ça. Je m’appelle Milly et je suis aussi de la famille. » D’un regard balayant les premiers rangs, certains n’avaient pas l’air de se souvenir. « Il y avait deux autres personnes à l’époque aussi. Un homme avec des rouflaquettes, tout en muscle et au timbre assez brutal. Ça ne vous dit rien ? Goren, qu’il s’appelait. Et une autre personne, une femme avec un sabre. Je connais pas son nom puisqu’a aucun elle ne s’est présentée mais … mais faites un effort … aller. »

Petit à petit, on put entendre des bruits et des murmures comme quoi la mémoire leur revenait. Quand même, ça avait de quoi faire peur. J’aurai eu l’air de quoi si personne ne m’avait reconnue ? D’une touriste, exactement.
C’est alors qu’un homme d’une cinquantaine d’année sortit du lot, un mégot à moitié consommé au coin des lèvres. A voir comment les autres s’écartaient pour le laisser passer, ça devait être quelqu’un d’important. Mais si c’était le cas, il aurait déjà dû être là par le passé non ? A moins qu’il était justement de sortit. Toutes les pistes sont ouvertes. Le personnage dépassait d’une large tête la naine que je suis, et pourtant je ne suis pas si petite hein. Le un mètre soixante-dix, je l’atteins sans soucis. C’est dire la carrure de cette homme qui avait l’air d’avoir vécu bien des batailles, à en juger par ses cicatrices qui remontaient de son torse et de ses épaules.
Il demanda la raison de notre venue, son regard se posant autant sur Tsubaki que sur moi ou nos affaires dans la valise d’os.

« Si la mémoire vous revient, il était question de mettre le clan sous la lumière et par la même occasion de reconstruire Kiri … Et bien après investigation, oui ça a été très long, je reviens vers vous avec de nouvelles infos. » Le silence se fit, un silence pesant, qui vous donne le trac sitôt les trois premières secondes non comblées. « Hum, il se trouve que durant ces deux ans, je n’ai pas chômée. Comme vous tous visiblement. On a rencontré un jeune tout à l’heure au port de Shu, en train de travailler. C’est excellent et parfait. C’est grâce à ce genre d’acte que nous allons progressivement tous pouvoir arrêter de se cacher, et de nouveau être accepter parmi la population !

- Ce n’est pas la question qu’on a posé. » Reprit le fumeur.

« Effectivement … Donc je disais, durant ces deux ans j’ai pu parcourir le monde. Est-ce que certains d’entre vous connaissent le Shukai ? Appeler aussi l’alliance des pays neutres. » Des acquiescements de tête dans la foule donnèrent la réponse. « Et bien figurez-vous que parmi eux j’y ai rencontré une femme qui doit certainement vous dire quelque chose. Une Samui du nom de Yuki.

- Yuki ? » Répétai une voix sur ma droite, une voix légèrement grinçante qui provenait d’une personne particulièrement âgée, si l’on tient compte de la faible espérance de vie des Kaguya. « Comment va-t-elle donc ? Depuis le temps qu’on ne l’a plus revu, elle doit avoir bien grandit.

- Et bien, heu. Elle fait à peut près ma taille, si ça peut vous aider. Et elle avait l’air d’aller bien. Elle avait même une petite équipe de ninja à ses ordres. Ils étaient en train d’installer des trucs louches dans les ruines de Kiri. C’est là que j’ai fais sa connaissance et qu’elle m’a parler d’aller au Shukai pour en apprendre plus sur les Kaguya et les Samui. »

La femme approuva par moment mes dires, ou fronçait les sourcils mais toujours avec un calme absolu. Qui pouvait-elle bien être ? Des longs cheveux blancs, des boucles d’oreilles dorées et un piercing au nez. Même dans son style vestimentaire, elle avait l’air de la mamie qu’on rêve tous d’avoir. Celle un peu timbrée sur les bords, assez détachée et complice pour participer à toutes nos bêtises. Mais également assez sage et autoritaire pour justement mettre un stop quand l’euphorie nous emporte.

« Ex-excusez-moi mais, qui êtes-vous en faites ? On m’a reprochée de ne pas m’être présentée mais normalement ça en va de même pour vous …

- Rikako pour ma part, et lui c’est Udo, mon premier fils. » Répondit-elle en indiquant l’homme de tout à l’heure d’un mouvement de tête. « Pardon pour sa maladresse. J’ai eu beau lui enseigner ce qu’il fallait pour être un bon chef de clan, il semble que ça n’ait fonctionné qu’à moitié malgré les années … »

Le fumeur ne releva pas la pic lancée. Et pourtant elle était belle. Les regards allaient de l’un à l’autre, ça sentait la querelle de famille à plein nez ! Et ce genre de chose, il vaut mieux ne pas s’en mêler, surtout entre Kaguya.
Leur échange de regard suffit semble-t-il pour remettre cette contrariété à plus tard, la doyenne de la famille demanda à ce que je continue le récit de mes aventures.

« Du coup je suis aller au Shukai, comme Yuki me l’avait fortement conseillée. Et là-bas j’y ai rencontré un autre du clan ! Il s’appelait Shio, si jamais ça vous dit quelque chose … Non ? Bon bah c’était le capitaine des armées de cette alliance de pays neutres. Je dis c’était parce que maintenant il ne l’ai plus, héhé. J’ai pu discuté un peu avec lui et il semble que ça a suffit pour le faire déserter. Mais mieux encore, il n’est pas partit les mains vides. Avec lui, toutes les données et documents de notre clan ! Notre passé, nos secrets, notre histoire et notre culture tout est là, dans ma valise ! »

A voir la réaction de chacun, même les plus réservés, je savais que j’avais touchée un point essentiel. Yuki avait dit que le Shukai avait prit tout cela dans le but de le protéger après la guerre des furyous. Mais certainement que plusieurs ici voyait cela plutôt comme du vol, que comme une bonne action. Ainsi, savoir leurs biens de retour parmi eux, c’était quelque chose d’important. Comment ne pas sourire également face à cette réjouissance qui se propageait petit à petit sur chaque visage.

« Attendez, je vous montre ça. » Leur lançai-je avant d’accourir ouvrir mes affaires.

Dedans, bien à l’abri des chocs, au milieu des vêtements se tenait tout un lot d’antiquité. Des parchemins, une stèle de pierre, et même ce qui ressemble à une figurine articulée couverte de symbole. Certainement du fuinjutsu mais vous connaissez comme moi mes talents dans ce domaine. Donc n’espérez même pas que vous explique plus en détail ce que c’est que cet objet.
Attrapant le tout délicatement, j’allais le transmettre à Rikako, qui se contenta de croiser les bras.

« Qu’est-ce que vous voulez que je fasse de ses babioles ?

- Pardon ?

- Vous avez très bien compris, ne me faites pas répétez. »

Je restai bouche bé devant une telle réaction, cherchant un quelconque soutien ailleurs.
Il fallut tout de même quelques secondes pour que quelqu’un se manifeste, de quoi se taper la honte bien comme il faut. La personne qui récupéra tous les objets du clan, ce fut une demoiselle un peu plus jeune que moi et pourtant déjà mère de famille. Ce n’était pas bien difficile à déduire avec les deux marmots accrochés à ses jambes et son ventre rond. Cheveux coupés au carré, avec une mèche rebelle qui rebique sur le côté droit. Des cernes sous les yeux et des taches de peinture encore fraiches - mais sèches - sur les doigts. S’occuper de sa progéniture, ce n’est vraiment pas ce qu’il y a de plus reposant hein. D’ailleurs elle ne se gênait pas pour jeter un regard noir à la doyenne, qui haussa les épaules.

« Vous devriez faire un effort. Tous autant que vous êtes ! Pour une fois que quelqu’un de l’extérieur nous vient en aide. Franchement, vous tous. Vous n’en avez pas marre de ce que nous vivons tous les jours ? C’est comme ça que vous voulez voir grandir nos enfants ? Reclus et traités comme des moins-que-rien. » Elle serra les reliques, si on peut les appeler ainsi, du clan contre elle. Son regard se tournant à nouveau vers moi. « Et vous venez d’où d’ailleurs ?

- Comment ça ? » Lui demandai-je sans trop comprendre si elle parlait de mon lieu de naissance, ou bien de ma dernière localisation.

Elle fit signe en remuant du poignet que je devais argumenter. C’est bien mais plus précisément ? Non ? Pas plus de précision ? Bon bah … Mmh voilà qui est gênant, et sentir tous ces regards posés sur moi, ça l’est encore plus. Je toussai un instant, comme pour m’éclaircir la voix, avant de commencer.

« Heu alors moi … Si c’est pour une présentation, je suis née ici, à Mizu no Kuni. Dans les détails mes parents étaient déjà des hors-la-loi avant que je n’arrive, ce qui fait que je n’ai pas eu droit à tous les soins des hôpitaux ni l’accompagnement qui va avec. Ça s’est fait à l’ancienne, comme on dit.

- Une seconde jeune fille. » Fit le dénommé Udo. « Ton père, il n’aurait pas été complice dans une série de meurtre à l’époque ? Ce qui lui aurait valu, lui et sa famille à quitter Kiri.

- Je ne sais pas. Pour tout vous avouer je ne sais quasiment rien, voir même rien du tout, de ce qu’ils faisaient avant ma naissance. »

L’homme acquiesça d’un mouvement de tête et en marmonnant qu’il voyait de qui il s’agissait. Grand bien lui fasse ! J’expliquai ensuite comment j’ai grandis, puis la séparation de mes parents, puis les voyages dans différents pays avec ma mère, jusqu’à son décès lors de l’attaque de Kiri par les Furyous. Qu’elle voulait m’offrir un véritable futur, un avenir sain plutôt que cette vie de fuite et de cachette, à ne jamais être soi-même et toujours dormir que d’une oreille.

« C’est dans cette optique-là que je viens vous voir, vous tous. Je sais que j’ai grandis loin de toutes les traditions du clan. Je n’ai même pas fais mon rite de passage à l’âge adulte, comme c’est noté là-dedans. »

J’indiquai d’un mouvement de tête les documents que tenait la jeune maman.

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Message(#) Sujet: Re: Retour d'un clan bélliqueux et chaotique [pv] Dim 9 Aoû 2015 - 16:36

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Udo, puis Rikako, fronça les sourcils, exprimant le fait établit que je n’étais alors pas une réelle Kaguya. Que je ne venais de nulle part, que je n’avais pas ma place en ces lieux. Même après tout ce que j’avais fais pour eux, ils me refusaient. Je dois bien avouer que c’est ce que je craignais. A part manipuler mes os, je n’ai rien à voir avec eux. Y a qu’à compter le nombre de fois que je me suis battue. Les doigts de chaque main pour chaque combat c’est presque trop. Et j’exagère à peine, comparés à chacun d’entre eux qui ne vivent que par le combat, les coups et le sang. Je suis sur que même le plus grand des deux enfants de la maman, qui doit avoir à peine dix ans, s’est déjà battue plus souvent.

« Mais j’ai envie de parier sur toi. » Lançai soudainement la doyenne. « ça fait un sacré moment que notre famille n’a plus eu personne à sa tête. Tu m’as l’air de réellement vouloir agir pour le bien du clan, alors je te suis.

« Moi aussi ! » Ajouta la mère.

Cette fois ce fut Udo qui ne comprenait pas, moi aussi mais bon ça c’est normal. Il demanda pourquoi, quelles étaient les raisons de ce soudain soutien. Il semblerait que les dires de la jeune mère soit fondés. Quelque part ils en avaient tous marre de rester cacher et d’agir seulement par petits boulots discrets.
Cependant ça ne plaisait pas au grand gaillard. Oh non ça ne lui plaisait pas. Et il ne tarda pas à l’exprimer :

« Mais attendez, mère. Cette fille débarque comme un cheveux sur la soupe ! Elle ne connait même pas notre histoire …

- Techniquement si, vu que j’ai lu tous les documents. » Chuchotai-je pour moi-même.

« … C’est aussi une gamine ! Aucun sens stratégique, aucune idée de comment tourne un clan. Y a quoi voir comment elle se comporte quand on lui pose une question ! Hésitation sur hésitation. A croire que tout ce qu’elle nous raconte depuis le début, ce n’est que du pipo.

- Et vous proposez quoi alors ? » Lui demandai-je en m’approchant. « Hein ? Quelle solution ? Vous vous bougez le cul pour améliorer la vision qu’on les autres des Kaguya ? Et pour restaurer Kiri ?

- Il faut d’abord régler les problèmes en interne avant d’aller voir ailleurs.

- Nop, vos problèmes ils ne sont là que parce qu’ils en ont tous marre ! Tous ! » Rétorquai-je en brandissant mes bras comme pour inclure tous ceux qui nous entoure.

« Toi !! » Retentit soudainement une autre voix, jusqu’alors inconnue.

Me retournant vers celle-ci, ce simplement mouvement de rotation me sauva la vie. Littéralement. C’était totalement involontaire mais ainsi, j’évitai tout juste une fronde osseuse lancée à pleine vitesse. Cette dernière arrêta sa course juste après, attrapée au vol par le cinquantenaire. Preuve que malgré tout, il a bien d’importantes capacités à ne pas sous-estimer. Cependant ce qui était bien plus embêtant c’était cette soudaine attaque, le responsable ne tarda pas à apparaitre. Une femme à la peau laiteuse, si blanche qu’on pourrait la croire ne jamais avoir vu le soleil. Des cheveux courts tout aussi blancs, des yeux gris contrastant avec un maquillage bien noir. Un fantôme, c’est un fantôme … Et oula, un fantôme bruyant en plus ! Elle m’accusait d’être la cause de tous ses malheurs, de tous ses problèmes, de sa solitude et même de la mort de ses parents ! Ça en fait beaucoup en une seule fois.

« Pardon ? Mais attend je te connais même pas ! » Lui rétorquai-je sur le même ton. « Comment j’aurai pu faire tout ça sans même t’avoir croiser une seule fois ?!

- Fait pas l’innocente, grognasse ! Je vais me venger toutes ces années de calvaire ! » Ajouta-t-elle en me jetant ses phalanges comme des kunaïs, que je parai avec un de mes propres os.

« Mais expliques-toi au moins ! Bordel de merde ! Ça va pas nan, d’agresser les gens sans raison ?!

- Et tes parents qui assassinent les miens dans leur sommeil, c’est pas une raison peut-être ?! J’étais là ! J’ai tout vu ! Ils sont mort sous mes yeux ! »

Le choc. La surprise, appeler ça comme vous voulez, j’étais sur le cul. C’était vrai ? C’est quoi cette histoire encore ? Ma mère n’aurait jamais été capable d’un tel acte. Mon père certainement, enfoiré comme il était, mais elle non.
La femme continua de me menacer mais il n’y avait plus aucune oreille pour l’entendre. Prise dans une profonde réflexion, j’évaluai les possibilités pour qu’une telle chose soit véridique. Quand une idée me vint :

« Es-tu sur de ce que tu avances ? Tu les as vu tous les deux ?

- J’étais petite et il faisait noir, mais j’ai reconnue ton père ! Et il était avec une femme !

- Ahah ! Donc c’est qu’une moitié d’accusation, qui en plus n’est même pas entièrement vraie. Je connais ma mère, elle ne ferait jamais une telle chose, elle a toujours prôner la justice et la loyauté. Toujours à vouloir que chaque combat soit équitable … Par contre mon père, ça lui ressemble bien …

- Ferme-la ! J’en ai rien à faire que ce ne soit qu’un de tes deux parents ! Tu es responsables aussi !

- Mais j’étais même pas née si ça se trouve !!

- Rien à battre ! »

Elle se tut juste après, surprise par un coup à l’arrière du crâne. Cela venait de la doyenne, qui lui avait coller un revers de la main, aussi appelée dans le jargon une calebotte. Elle la traita ensuite de gamine écervelée, puis nous regarda l’une après l’autre.

« J’ai une idée. Et faire d’une pierre deux coups. Milly tu n’as toujours pas fait ton rite de passage, oui ? » J’approuvai d’un mouvement de tête, sans comprendre où elle voulait en venir. « Bien, Ekoeti serait sans aucun doute plus que volontaire pour être ton adversaire. Si tu t’en sors, la place de chef de clan est à toi. Sinon, qu’on ne te revois plus jamais sur Mizu no Kuni. »

Voilà qui ne laisse pas de place au doute, ni à la moindre plainte. Je suis sur que si je refuse, je me ferais mettre à la porte avant même de pouvoir dire quoi que ce soit.
Et puis mince, si je veux pouvoir remettre sur pied tout ce petit monde et rendre sa fierté au clan, il faudra certainement prendre la tête de la famille. Partant de cette idée, une futur chef ne se laisse pas insulter ainsi. Le respect ! Imposons le respect !
J’approuvai alors d’un mouvement de tête la proposition de la doyenne, et fis face à mon adversaire. Tout autour de nous, un large cercle se créa, suivit d’un mur osseux pour former une arène. On pouvait voir ensuite le public s’amasser progressivement sur les parois et les hauteurs de la caverne. Quel public ! Pas le droit à l’erreur !

En face, la dénommée Ekoeti continuait de déballer insulte sur insulte, prétextant que j’avais détruit sa vie, qu’elle me ferait regretter, et blablabla et blablabla. Ils sont chiant ces gens qui parlent trop, à croire qu’ils en ont besoin pour s’auto-rassurer. Lui faisant signe d’approcher, je tentai mine de rien de rester calme. Parce que vous le savez comme moi, il n’en faut pas beaucoup pour me foutre en rogne.
Elle attaqua la première, me jetant une série de phalanges perforantes avant de courir juste derrière. Première réaction, créer un bouclier d’os dans lequel se planta le premier assaut, suivit d’un violent mouvement du bras pour lui faire manger ce même-bouclier ! Seulement ça aurait été trop beau qu’elle se le prenne et recule gentiment. Ça vient juste de commencer, ça ne peut pas être si simple. Et puis elle a plus d’expérience au combat que moi, c’est évident. Sa riposte ne fut là que pour le prouver. Elle s’était accrocher au bouclier et avait fait contrepoids avec son propre corps pour m’envoyer en l’air.
Saleté, en plus ça fait super mal au bras ! Quelques mudras et me voilà à voler à plusieurs mètres du sol. Attendez une seconde, elle est passée où ?

« Serre les fesses ma grande ça va piquer !! » Hurla-t-elle dans mon dos.

Pas le temps de me retourner afin de voir ce qu’elle préparait. J’eus juste à courber un peu le dos et à faire quelques signes en vitesse, la réponse fut immédiate. Des pointes acérées s’échappèrent de ma colonne vertébrale pour venir perforer de plus fouet l’attaquante.
Cette dernière, prise de court, ne put que protéger ses points vitaux avant de tomber sans douceur au sol. Une pique dans une cuisse, une autre dans le bassin à proximité des hanches et une dernière à l’épaule droite. Je redescendis à mon tour, tout en gardant une certaine distance de sécurité.

« Effectivement tu l’as dis, ça pique. » Lui lançai-je en ricanant, avant de prendre un ton plus doux et posé. « Écoute, je ne sais pas qui s’est passé à l’époque pour que tu te retrouves orpheline, ni la raison. Mais tu n’as pas le droit de m’en vouloir. Je n’y suis pour rien moi …

- Fermes-la ! » S’écria-t-elle en se redressant. « Je vais te buter … Je vais te faire souffrir autant que moi j’ai pu souffrir ! »

Elle pissait le sang, littéralement, et pourtant ça n’avait pas l’air de la ralentir ni de la calmer. Les Kaguya sont des guerriers, la douleur et la peur de la mort sont leurs seules preuves d’être toujours en vie. C’est qui était noté dans les documents du clan récupérés au Shukaï, mais entre le lire et le constater, il y a une sacrée différence. Malgré son bras droit hors service, elle arrivait tout de même à faire des mudras, ce qui en soit relève de l’exploit !
L’attaque suivante fut bien plus impressionnante, car il s’agissait d’une dizaine de lance qui sortaient du sol tout autour de moi et m’y emprisonner. J’eus beau frapper contre, y jeter des os moi-même, c’était trop épais. Et, attendez une seconde … ça se rapproche ! Elle veut quand même pas me réduire en bouillit là-dedans ! Oh la connasse ! Tu vas voir, technique secrète ! Celle qui permet de faire pousser des os depuis les miens même s’ils ne sont plus en contact avec mon corps !

De l’autre côté de cette prison obscure, cela ne tarda pas à hurler de douleur, mais les parois se rapprochaient toujours et bien plus rapidement cette fois. Vite, avant que ça ne soit réellement critique. Je me recouvris le corps de mon armure juste à temps. Et ce n’était pas de trop car même avec ça, j’eus l’impression d’être un de ces abricots qu’on écrase jusqu’à en faire de la pâte pour la confiture.
Les hurlements s’estompèrent à l’extérieur, et plus rien ne bougea. Il fallut plusieurs secondes pour que je m’extirpe de là, comme un poussin sortant de son œuf. Sauf que là le poussin il a des bleus partout et quelques restes de plaques. Tout ce qu’il reste de cette défense contre le broyage. En face, la femme qui m’en voulait tant était étendue au sol. Immobile, baignant dans son sang. Son corps était percé de part en part et en de très nombreux endroits par des ramifications de mes propres os plantés tout à l’heure dans sa cuisse, bassin et épaule.

« Désolée … » Lui dis-je, sans être vraiment certaine qu’elle puisse encore m’entendre.

Le public, après un moment de silence, se mit à applaudir pendant que les murs de l’arène disparaissaient dans le sol. On vint me féliciter, autant pour mon passage à l’âge adulte, que pour la façon dont le combat avait été expéditif mais intense. Franchement non, j’ai surtout eu beaucoup de chance. Les lances qu’elle préparaient tout autour de sa prison m’aurait eu même avec mon armure. Ce n’était donc qu’une question de vitesse, et de chance.
Pour autant, nul ne voulait l’entendre ainsi. Pour tout le monde, j’avais accomplis mon rite et peu importe ce que je pouvais dire, cela ne changerait pas leur décision. Pire, le moment le plus embarrassant de ma vie ! Encore plus que le jour de mes premières règles ! Ce fut lorsque tous autour de moi s’agenouillèrent, telle une vague dont j’étais le centre. Genoux à terre et têtes baissées. Il ne fallut pas plus de cinq secondes pour que mon visage vire au rouge vif. Me voilà chef des Kaguya, et mes premiers mots furent identiques à ceux d’un nourrisson. Quelle honte …
Plusieurs minutes furent ainsi nécessaire pour que je reprenne pleinement mes esprits. Le corps d’Ekoeti avait été emmener dans le cimetière au centre de l’île, avec un minimum de cérémonie parce qu’on n’est pas de monstre non plus. Rikako souhaitait à présent savoir ce que j’envisageai pour le futur :

« Heuuuuuuu … » Une réponse qui fit soupirer Udo, son fils. « Je vous propose de continuer ce que vous faisiez tous, mais à plus grande échelle. Faites des petits boulots, intégrez-vous à la population. Et surtout ne faites pas de vague. Il s’agit là de changer notre image de grosses brutes sanguinaires juste bonnes à servir de chair à canon. De mon côté j’irai rencontrer les leaders des autres mouvements nukenins. Nous aurons besoin d’alliés pour ce qui va suivre, beaucoup d’alliés. »
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