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 Un murmure dans la nuit (pv Yami)

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Suna
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Message(#) Sujet: Un murmure dans la nuit (pv Yami) Mar 26 Jan 2016 - 23:41

La nuit de sa venue était bordée d’une pleine lune plutôt étrange. Il ne s’y dégageait pas de cette douce quiétude drapée par l’éternité nocturne. Non, cette nuit n’était pas dédier au repos. L’air y était frais, mais le sang, lui, restait chaud. L’astre à défaut d’apaiser, avec le don d’attiser l’ardeur des âmes errantes. L’une d’elle venait de rejoindre le village de Suna. Vêtu d’une longue cape dont la capuche rabattue voilait le visage de son porteur, l’homme avançait avec une certaine nonchalance, le cœur galvanisé par la clameur de cette nuit onctueuse. Le sourire pendu à ses lèvres était mu par une irrépressible perspective d’avenir. A un moment, alors que son regard vif séduisait chacune des ombres filants dans l’obscurité. Il s’attarda sur l’une d'elle, houleuse, elle serpentait entre les toits des immeubles à l’image d’une bête en chasse. L’étranger cru discerner une paire de corne à l’apparition. Celle-ci disparue aussi subitement qu’elle était survenue, sans que son fervent admirateur n’ait à sourcier. Plutôt que de l’intimidé, à défaut même de l’étonner, il s’éprit à éprouver un intérêt grandissant pour ce village.

« Et bien… Il semblerait que les monstres aient également élu domicile entre ces murs… Moi qui craignait que tu te sentes seul Dohoro... »

Mais il n’y eu aucune réponse en retour. Pas l’ombre d’un murmure ni la moindre once de vie. En effet, alors qu’il s’enfonçait de plus en plus profondément dans le dédale sinueux d’infrastructures habitables qui définissaient la cité du sable, le nouvel arrivant s’aperçu que les ruelles se vidaient progressivement. Visiblement la population locale n’appréciait guère de tourner dans ces quartiers. Le plus amusant étant que l’inconnu n’avait nullement besoin de se demander pourquoi. Il connaissait déjà la réponse. Ainsi ce fut sans crainte qu’il rejoignit l’une des artères principales du village qu’il longea jusqu’à parvenir à destination. Le manoir du clan Ketsueki vint à se dresser devant-lui, aussi sombre que le prétendaient les rumeurs. Pourtant, il n’en restait pas moins un vulgaire vestige de ce qui avait autrefois été la grandeur de la lignée des buveurs de sang. Il resta ainsi un long instant à contempler la demeure baignant sous la radieuseté de cette lune sauvage, comprenant qu’il s’agirait prochainement de son nouveau refuge. Plutôt qu’une apparition cauchemardesque rodant dans l’obscurité, il eut cette fois-ci droit à une envolée de chauve-souris depuis le toit. La vision l’emplit de nostalgie.

Enfin il emboîtât le pas. Dans son dos ballottait un simple sac de voyage, contenant peu de providence, mais davantage de mystère. Les ferrures du portail crissèrent sur son chemin, tandis que ses derniers pas le menaient jusqu’à frapper à la porte principal. De-là, cette dernière s’ouvrit d’elle-même comme tirée par une force invisible. Sans même mimer la moindre forme d’hésitation, il entra. Hors quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’il découvrit que, pour l’accueillir, se trouvait devant lui la maîtresse des lieux en personnes : Ketsueki Yami, l’actuelle comtesse et cheffe du clan du même nom se tenait fièrement au milieu du hall d’entrée. Les rayons de l’astre nocturnes fendaient l’imposant vitrail pour venir s’échouer sur le visage blême de la jeune femme. C’était de toute beauté.

« Mes hommages Yami-sama. Je vous suis reconnaissant d’avoir accepté mon humble personne entre ces murs. »

Il y avait deux jours de cela, l’étranger avait adressé un courrier en partance de la capitale pour l’informer de sa venue prochaine, mais il n’aurait jamais cru à un tel accueil. Cet effort de circonstance eu don de l’amuser. Le cadre était tout aussi folklorique. Quand l’extérieur du manoir sonnait de façon lugubre il était tout autre du cadre de vie à l’intérieur. La grande salle, aussi chaleureuse que spacieuse, sonnait comme une ode à la richesse, avec ses tentures luxueuse, et ses nombreuses lumières mettant l’accent sur un éclairage tamisé. Un chandelier orné de trois bougies aux flammes vacillantes était posé sur un piano non loin de la comtesse.

« Pour tout vous avouer je ne m’attendais pas ce que vous preniez la peine de m’accueillir par vous-même. »

Le ton de sa voix était particulièrement suave et rauque, à tel point qu’il était impossible d’en dénouer la véracité. Était-il sincère ? Était-il hypocrite ? Voulait-il simplement lui arracher le cœur ? Cela, elle ne pouvait encore le déterminer et n’aurait d’autre choix que d’apprendre à le connaître tout en restant sur ses gardes.

« Mais que fais-je de mes bonnes manières ? Permettez-moi de me présenter cette fois-ci en face à face. »

Alors, avec une certaine lenteur somme toute solennel il posa un genou à terre, laissa reposer son sac à côté de lui, puis finalement, renvoyant son capuchon vers l’arrière. Nul doute que ce fut révélée à la noble demoiselle n’entrait pas dans les critères communs, notamment lorsqu’il était question de cette « race » jadis surnommé le Peuple Noir. Un visage sibyllin aux traits fins que l’on pourrait qualifier d’efféminé était encadré par une longue et fine chevelure immaculée contrastant nettement avec la longue toison sombre tant attendue. Sa peau était tout aussi pâle qu’elle lui donnait presque cet air pur et innocent d’un homme ayant vécu une vie pleine de piété. Ce sentiment était rapidement enraillé par l’intensité de son regard aux pupilles écarlates qui n’en était que plus saisissant.

« Je suis Ketsueki Seishurama est je me dévoue en cet instant corps et âmes à la nouvelle détentrice du Cœur des Ténèbres. Je vous suivrais jusqu’en enfer si nécessaire.»

Son regard, ses yeux couleurs sang qui semblait dévorer la Ketsueki… Alors que sa voix venait de lâcher dans un murmure…

« Dohoro… Viens-donc présenter des respects à ta nouvelle Maîtresse. »

Aussitôt une brume sombre s’échappa de sous la cape de Seishurama de laquelle jailli un chien au pelage sombre. Celui-ci semblait on ne peut plus normal, si ce ne fut l’exubérance de crocs jaunies remplissant sa mâchoire et des six yeux ardents vissés sur son crâne qui faisaient presque penser à ceux d’une araignée. Son maître quant à lui venait d’apposer la paume de sa main sur son propre cœur sans jamais quitter la comtesse du regard.

« Concéder à ma requête Yami-sama et permettez-moi d’œuvrer à vos côtés pour redorer la gloire de notre clan. Pour nous, pour notre famille, mais aussi et surtout pour la gloire du Seigneur Jashin. »

Une mèche glissa pour retomber devant son visage, mais elle ne put à elle seule cacher ce sourire énigmatique qui fendait ses lèvres. A l’image de cette nuit satyrique. Il se dégageait de lui ce même sentiment d’éternité.

Seishurama:
 


Dernière édition par Aozora S. Oniri le Jeu 28 Jan 2016 - 0:26, édité 4 fois
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Suna
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Message(#) Sujet: Re: Un murmure dans la nuit (pv Yami) Mer 27 Jan 2016 - 13:22

Un courrier bien mystérieux m'était parvenu quelques jours plus tôt et aujourd'hui était celui où son auteur venait entre nos murs. Je ne savais guère quoi penser de ce dernier et me contentais d'attendre de l'avoir en face à face pour m'en faire ma propre opinion. Après tout je l'invitais à s'installer ici mais rien ne m'empêchait de lui retirer ce privilège lorsque cela me chanterait...

Le manoir était bien calme en cette nuit éthérée. Bon nombres de mes partisans étaient partis en chasse ou vaquaient à leurs occupations. Je n'y voyais d'ailleurs rien à redire tant qu'ils ne nuisaient pas à Suna ou à moi même, bien entendu.
J'avais hâte de rencontrer cet individu porteur de promesses sans toutefois me défaire de ma prudence habituelle. Après tout il était Ketsueki et tout le monde savait que la confiance n'était pas de mise entre nous... Il s'agissait davantage d'une relation basée sur le respect qu'un lien fraternel. De famille nous n'en détenions que le nom.

Après quelques temps, les grilles du manoir finirent par crisser au loin, m'informant de son arrivé. Je me tenais prête à l'accueillir au centre du hall, baignée par la clarté lunaire à travers l'imposant vitrail représentant notre symbole clanique : un calice doré rempli d'une substance écarlate.

Méphisto ouvrait la porte à notre invité, sous sa forme camouflée. Ce dernier s'introduisait à l'intérieur mais ne me laissait apercevoir seulement son visage et ses yeux carmins rutilants. Son ton courtois était plaisant mais rien ne disait qu'il était sincère. Cependant je n'en avais que faire. Les apparences étaient toujours trompeuses au sein de mon clan et l'hypocrisie était constamment de rigueur : personne n'était réellement en mesure de savoir ce que l'on pensait ou non : excepté les talents sensoriels les plus développés.

Je l'avais laissé parler, attendant qu'il daigne se présenter avant d'ouvrir le dialogue. Sa prestance et ses manières étaient somme toutes plaisantes à constater, son genou à terre tout comme son langage témoignaient du respect qu'il me portait, du moins en apparence.

J'observais ses traits avec un sourire énigmatique qui rendait impossible toute interprétation de sa signification jusqu'à me faire arquer un sourcil lorsqu'il rejeta son capuchon en arrière. Ses cheveux étaient aussi immaculés, et peut-être bien même davantage, que ceux d'Oniri. Quelle n'était pas ma surprise de constater cette hérésie...

« Intéressant... ou sacrilège. Tout dépend du point de vue. »

Me contentais-je de répondre d'un air surpris et faussement dégoutté. Quelle était cette chose me présentant dévotion qui se tenait devant moi ? Un Ketsueki avait-il dit ? Détentrice du Coeur des Ténèbres... Cet étranger venu de je ne sais où était au courant et nul doute que le fait qu'il le mentionne volontairement avait son importance. Peut-être en avait-il après lui et cherchait à rachetés ses fautes auprès de Jashin pour obtenir le privilège commun à tout Ketsueki d'arborer une toison sombre... Tout cela n'était que spéculation et je m'éloignais du sujet mais cela avait son importance. Il fallait toujours se méfier de ses ennemis latents...

Un chien de brume noir se présenta à moi, m'observant de ses nombreuses paires d'yeux écarlates, les crocs acérés. Je n'avais jamais vu une invocation apparaître de cette façon : décidément, ce Seishurama avait son lot d'originalité qui n'étaient pas sans me déplaire.

Je m'approchais de quelque pas pour aller déposer ma main sur le sommet du crâne de la bête, sans appréhension quelconque de me faire mordre car même si telle était son intention, je savais que ce Ketsueki ne révélerait pas tout de suite le subterfuge et qu'il chercherait d'abord à s'attirer mes bonnes grâces pour œuvrer plus aisément : je n'étais pas née de la dernière pluie.

Finalement, je venais me tenir face à lui.

« Relevez-vous Seishurama. Tout comme moi, Jashin entend votre serment et vous prie de tenir vos engagements pour éviter des retombées bien regrettable... »

J'attendais qu'il se redresse pour l'observer dans les yeux avant de poursuivre.

« Il y a certaines choses que je me dois cependant d'éclaircir, aussi, veuillez me suivre dans le salon afin que nous en discutions. »

Je lui emboîtais le pas, lui tournant délibérément le dos sans me départir de ma méfiance, testant ses agissements et m'apprêtant à réagir au besoin même si comme je l'avais déjà souligné, j'étais persuadée que si tenter quoique ce soit était dans ses intentions, il ne s'y attellerait que bien plus tard.

Nous passions à côté du piano à queue pour nous engouffrer dans le salon. Des canapés dans le même velours rouges que les rideaux agrémentaient la pièce tandis que les portraits des différents Comtes et Comtesses recouvraient le mur de la salle à manger sertie d'une imposante table que nous pouvions apercevoir depuis notre position.
Je l'invitais à prendre place sur l'un des canapés tandis que Hotep venait me trouver en bon serviteur pour savoir si l'on désirait quelque chose. Je lui adressais quelques mots dans la langue des anciens pour lui signifier que du thé et quelques biscuits feraient l'affaire tandis qu'il regardait du coin de l’œil le chien qui se tenait fièrement aux côtés de son maître. Mon félin lui adressa un gémissement peu enclin à une relation amicale avant de disparaître dans la cuisine de la manière la plus rapide qui soit.

« Je vous présente Hotep, l'un de mes Kuchiyose. Il y a aussi Méphisto, qui vous a invité à entrer. »

A peine avais-je dit cela que l'intéressé apparaissait à nos yeux. Il avait trouvé sa place sur le canapé à mes côtés de sa taille d'un chien moyen, et gratifiait notre invité de son intarissable sourire carnassier.

« De la nuit noire, certains n'en retiennent que la clarté de la Lune. »

Adressa-t-il à Seishurama. Il faisait là indubitablement référence à ses cheveux immaculés.
Je caressais sa tête, le laissant ronronner à loisir sans se défaire de son expression qui était désormais toute attentive envers le chien fantomatique.

Le thé arriva bien vite et c'était peu dire car Hotep n'avait pas traîné à déposer le service, manquant de le renverser, avant de repartir comme une furie s'enfermer dans la cuisine.
J'adressais un regard consterné devant la porte fermée avant de m'adresser au faussement Ketsueki.

« Pardonnez son comportement, il faut croire que chien et chat ne s'apprécient guère... »

Je lui adressais un regard de défi, mes yeux luisants d'intensité quant à la portée de mes paroles. Il était ici sur mon territoire et il avait beau jouer les bonnes pattes, fidèle serviteur prêt à braver les dangers et à remuer la queue quand je le lui demanderais, il n'en restait pas moins un Ketsueki et ma garde s'en verrait constamment aux aguets.

Je servais le thé avec une aisance déconcertante : dire que ces gestes m'avaient été appris par la Saibogu chère à mon cœur, et portais son contenu à mes lèvres ouvrant le dialogue avant d'en siroter une gorgée.

« Dites moi, Seishurama. Vous n'avez pas fait parti de mes hôtes lors de mon intronisation si je ne m'abuses. Je vous aurais remarqué, sans vouloir vous offenser. »

Commençais-je.

« Votre discours est semblable à bons nombres de ceux y étant présents qui vivent désormais entre ces murs. Pourquoi n'êtes vous pas venu à ce moment là ? Je suppose que vous avez eu vent de cette cérémonie. »

Bien sûr que oui. S'il était au courant pour le rituel il l'était bien évidemment pour cela : je testais sa bonne foi.

« Parlons plutôt de votre... différence. J'ai connaissance du mal clanique qui nous rongent mais cela se traduit par une affection du sang et non de notre pigmentation. C'est bien la première fois que j'atteste une telle chose chez les nôtres. Quel est ce mal qui vous touche ? »

Autant ne pas y aller par quatre chemins et être fixée rapidement pour en déduire ses motivations.
Etait-il bâtardé ? Cela expliquerait les aléas de la génétique. Qu'en ferais-je si tel était le cas ? Après tout, j'éradiquais les Jashinistes pour l'offense qu'ils adressaient au Seigneur Noir et la honte qu'ils représentaient à nos yeux...



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Message(#) Sujet: Re: Un murmure dans la nuit (pv Yami) Jeu 28 Jan 2016 - 0:17



Sans ajouter mot le séraphin emboita le pas sur ceux de son hôte rapidement suivit par son sinistre canidé. La lassitude perceptible dans chaque mouvement de la bête traduisait un certain âge. Pour ainsi dire, rien si ce ne fut sa silhouette ne montrait une réelle appartenance au monde animal. On aurait pu croire qu’un esprit humain ou une quelconque entité démoniaque s’était retrouvé prisonnier dans ce corps de quadrupède.

Quoiqu’il en fut son calme, couplé à son manque relatif d’intérêt pour ce qui l’entourait laissait clairement comprendre qu’il s’agissait bien plus que d’un simple compagnon de voyage. Et ce n’était pas ses trois paires d’yeux qui iraient prétendre le contraire. De son côté Seishurama continuait d’avancer tout en faisant preuve d’une certaine nonchalance comme s’il s’était déjà familiarisé avec les lieux voir même comme s’il y avait toujours vécu. Parvenu dans la salle du banquet son regard s’attarda sur les imposants portraits des précédents comtes et tout particulièrement sur ceux d’Enma et Eien dont les histoires respectivement avaient parallèlement bouleversé le règne de leur peuple. Enma avait indirectement donné naissance aux Ketsueki tandis qu’Eien les avait guidé jusqu’au sommet d’une falaise, face à cet inexorable précipice.

A sa manière Seishurama admirait ces deux personnalités dont les noms étaient parvenus à transcender les âges pour continuer d’inspirer la peur dans le cœur des hommes. Ainsi, passé le dernier tableau, tandis que l’albinos retournait son attention sur l’actuelle Comtesse, il ne put s’empêcher de se demander si elle parviendrait à se faire une place parmi les éternelles légendes de ce bas monde. Après cette brève épopée dans le temps, le groupe s’installa confortablement dans l’arrière pièce de la salle. Ici quelques fauteuils de velours reposaient en face d’une cheminée qui ne devait servir que lors des froides nuits d’hivers, lorsque la fraicheur du désert atteignait son paroxysme. Le Ketsueki s’installa confortablement. Ses mains se posèrent avec une lenteur mesurée sur les accoudoirs laissant à croire que chacun de ses gestes étaient calculé. Il ne quittait toujours pas du regard la Comtesse et n’accorda que peu d’attention au félidé bipède qui ne sembla guère tolérer la présence du canidé couché aux pieds de son maître.

« Charmant ! » Se contentât-il de dire sans chercher à s’étonner du fait que la demoiselle était en mesure d’appréhender un dialecte ancien issu d’une civilisation disparue depuis plus d’un millénaire.

La seconde rencontre rehaussa cependant son intérêt. Un autre félidé, cette fois-ci monté sur quatre pattes, souligna des paroles serties d’énigmes elles-mêmes bordées par un sourire ravageur. Mais ce n’était pas tant cette constance énigmatique qui l’étonnait. La vérité se trouvait ailleurs, hors avant cela il jugea bon de répondre à ce qui lui sonnait comme des paroles de bienvenue.

« Et de part cette clarté qui s’abat, donne naissance aux ombres sur terre. Parce ce n’est que de la lumière la plus pure que peuvent naître les ténèbres les plus insondables…

Peut-être s’agissait-il des mots qui le définissaient aux mieux. Dressant un nouveau sourire qu’il était impossible de définir, sa tête pencha légèrement sur le côté tandis qu’il dévisageait le félidé qui l’imita dans une synchronisation presque parfaite.

« J’ai peine à croire qu’un Oracle puit résider entre ses murs. » Son attention se porta sur la comtesse. Vous ne cessez de m’étonner Yami-sama. »

Le thé fut servi. Cette fois-ci Seishurama avisa Hotep avec d’avantage d’intérêt que lors de leur premier face à face. La Ketsueki exprima quelques excuses, mais son homologue masculin se contenta de les chasser d’un geste gracieux de la main.

« Ne vous donnez pas cette peine. Moi-même j’ai toujours eu une préférence pour les félidés. Je trouve leur présence… reposante. Seulement, on ne choisit pas toujours ses compagnons de voyage… » Dit-il d’une voix grave comme s’il n’avait pas remarqué le regard provocateur qui lui était adressé.

A cela il administra une caresse sur le crâne de Dohoro qui, en guise de réaction, se contenta de cligner des yeux. La comtesse se complaisait à indirectement rappeler où ils se trouvaient et quel était sa place. Seulement lui savait qu’il était ici précisément parce qu’il avait décidé d’y être.

« J’ai en effet eu vent de cette rumeur comme quoi le clan Ketsueki chercherait à recouvrer sa gloire datant et qu’une femme, légitime héritière d’Eien serait en possession du Cœur des Ténèbres. Ce pouvoir-même qui nous a jadis permis de fonder un empire. Il ne m’en fallait pas davantage pour vous rejoindre, bien que ce soit avec un peu de retard je le conçois. »

Son regard parcouru en longueur la cicatrice que la demoiselle exhibait fièrement par le biais de son décolleté. Ce faisant, il attendit que la maitresse des lieus eut finit de boire avant de daigner toucher à sa tasse et ce par simple question de respect envers elle. Après avoir remué le contenu avec sa cuillère, il but une longue gorgée avant de reposer le support sur sa coupelle.

« Lavande au cœur du soleil… Un thé tiré directement en provenance des terres du Sud. Cultivé à Seitame si je ne m’abuse. Laissez-moi cependant m’étonner de vos règles de bienséance qui semblent tenir de l’irréprochable et ce en dépit du cadre dans lequel vous avez grandi. Ne m’en voulez guère si j’ai simplement cherché à m’informer au mieux sur celle destiné à guider mes pas dans l’avenir. »

Si ce n’était pas assez explicite, il s’appliquait à davantage la connaître. Seulement elle n’était nullement décider à parler thé ou encore de son passé en sa présence. Le dialogue se pencha davantage autour de sa propre condition et essentiellement sur sa chevelure qui n’était pas sans rappeler sa différence. Cette fois-ci l’énigmatique albinos prit un certain temps avant de répondre.

« La malédiction du sang peut se présenter sous bien des aspects. J’ignore moi-même si je la dois au déclin de notre race ou de par mon héritage impie. Quand la lignée des comtes peut se glorifier d’un sang pur, il en est autre pour la branche secondaire de notre famille dont je fais partie. Ma mère était « humaine » convertie tandis que mon père était un des nôtres à part entière. Tous deux ont rejoint Jashin dans l’Ailleurs il y a vingt ans de cela. »

Sa paume s’était dégagée vers le plafond dans un geste solennel avant que ses doigts ne viennent balayer l’air.

« Depuis ma naissance le soleil est un fardeau que mon corps ne peut supporter. J’ai cependant appris à m’en accommoder, délaissant la lumière du jour profit de la clarté de la lune. Pourtant cela ne m’a jamais empêché de suivre ma voie. »

Il lui sourit à nouveau, son regard portait à croire à un amour sans partage alors qu'il n'était adressé à personne en particulier.

« Malgré cette obscurité ayant régit mon existence, je veux pouvoir briller aux côtés des miens. »
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Message(#) Sujet: Re: Un murmure dans la nuit (pv Yami) Sam 30 Jan 2016 - 23:30

Ce Seishurama avait le don de m'intriguer. Il entretenait sans peine une conversation avec Méphisto et cela sans s'étonner de son aspect pour le moins peu conventionnelle même si voir son canidé me confortait dans l'idée qu'il n'en était plus à sa bizarrerie près... Son familier était d'ailleurs tout a fait étrange. Il se dégageait de lui une certaine aura qui laissait penser à une entité à part entière, bien loin de la simple invocation... Je gardais un œil attentif à son encontre, pensant alors que le chien était sans doute tout aussi à craindre que son « propriétaire ».

« La Lumière et les Ténèbres ne peuvent pas exister sans l'autre. La Lumière la plus pure est tout aussi condamnée que Les Ténèbres les plus obscures. »

Comme en témoignait le schéma des nôtres s'étant crus tout puissant et aveuglés par leur soif de pouvoir sans ne serait-ce que considérer le potentiel de leurs ennemis. Cette erreur nous avait conduit à notre perte, précipitant le clan dans un gouffre duquel nous avions peine à nous extirper.

Seishurama détourna finalement son regard de mon félidé famélique tout en m'indiquant qu'il se voyait surpris de me voir détenir un « Oracle ». Mon regard se fit plus pénétrant, m'efforçant de retenir un haussement de sourcil qui aurait trahi ma surprise. Méphisto était une telle chose ? Lui même n'avait jamais vraiment su me parler de lui ou de la raison qui l'avait enfermé dans ces ruines antiques. L'albinos en savait décidément beaucoup... Cette réflexion me fit m'interroger sur son âge. Bénéficiait-il lui aussi d'une immortalité d'une quelconque façon ? Avait-il amassé des connaissances pendant plusieurs siècles ?

Il évoquait désormais Eien et mon affiliation à lui ainsi que le Coeur des Ténèbres. Comment avait-il su ? Avait-il rencontré mon paternel ? Moi même j'ignorais encore qui était mon père et même s'il était simplement en vie il y avait de cela encore deux années. Tout cela était pour le moins curieux... S'il n'avait pas suivi le mouvement de nos pairs pour venir me trouver lors de ma cérémonie d'introduction cela ne signifiait qu'une chose : qu'il n'était pas avec eux au moment de leurs départs. Il était vrai qu'il possédait un portrait type du solitaire énigmatique...

Ses gestes, tout comme ses paroles, semblaient mesurés et calculés, comme si toute son intervention était millimétré tout en sachant pertinemment dans quelle voie sinueuse il s'engageait dans la conversation. Et je ne croyais pas si bien dire en l'entendant évoquer mon passé et son besoin de s'informer sur la personne qui serait la gardienne de sa vie. Je sentais l'agacement m'envahir peu à peu.

« Vos connaissances sur le contenu de votre tasse sont remarquables tout comme celles me concernant. Vous semblez être d'une grande curiosité en plus d'être un fouineur un peu trop présomptueux... »

En savoir sur moi était une chose, connaître les moindres aspects de ma vie en était une autre. De part ses paroles il affirmait sans une once de gêne qu'il savait que j'avais grandi loin des nôtres. Cela n'était pas impossible qu'il sache également pour le passage traitant de Megami ou de mon ancien mal clanique. Ne pas disposer d'autant d'éléments à son encontre de mon côté m'énervait au plus haut point sans que je ne le laisse transparaître. Il avait au moins le mérite de me confirmer mon hypothèse : à savoir qu'il n'était pas de sang pur et que sa mère n'était qu'une convertie... Une Jashiniste ? Si tel était le cas j'étais soulagée qu'elle se soit déjà éteinte sans quoi je l'aurais fait rejoindre la mort sans le moindre remord par moi même.

J'apprenais également autre chose de très important : le mal qui le rongeait n'avait pas que fait déteindre ses cheveux dans une teinte déviante et blasphématoire, son corps ne supportait également pas l'astre diurne, l'obligeant à fouler l'asphalte en plein air seulement lorsque le jour était révolu.

Un coup d’œil a Méphisto, dont la queue décharnée battait la mesure en suivant un air inexistant, me permettait d'affirmer qu'il était sincère dans ses propos. Il ne disait sans doute pas tout mais au moins ces faits avaient le mérite d'êtres exactes bien que non explicites.
Il exprimait une loyauté sans faille dont je me méfiais pertinemment.

« Je vois. Tout comme j'étais contrainte de renouveler mon sang quotidiennement pour survivre vous êtes dans l'obligation de limiter vos déplacements en extérieurs seulement de nuit... »

Mon regard écarlate se fit plus intense alors que je le testais pour observer sa réaction. Ferait-il le surpris quant à la révélation que je venais de lui faire sur ma personne ? Serait-il sincère dans son étonnement ? Ou bien avait-il déjà connaissance du mal qui me rongeait autrefois ?

« Puisque vous semblez intéressé et connaissez déjà bons nombres de choses sur ma personne, permettez moi de vous questionner quand à l'origine de ces connaissances ? Avec vous rencontrer Eien récemment ou il y a de cela quelques temps ? Je dois dire que je ne l'ai pas revu depuis le rituel et ignore comment il se porte désormais. »

S'il l'avait appris de sa bouche je voulais savoir si mon père était encore vivant après s'être ôté le Coeur Immortel pour me l'octroyer. Si je m'inquiétais pour lui ? Sans doute... Tout comme j'avais effleuré l'espoir qu'il m'offre le cœur pour me sauver, l'espace de quelques secondes... J'avais de toute façon également bon nombre de choses à lui dire et lui demander.

Je me réservais une tasse de thé et lui tendais la théière pour savoir s'il souhaitait être servi de nouveau et portais le breuvage à mes lèvres en l'écoutant avant de reprendre.

« Comme je le disais précédemment, bon nombre des nôtres m'ont rejoint ici, au manoir. Pensez vous pouvoir vous acclimatez à eux ? Je dois dire que moi même étant de nature assez solitaire, cela ne se montre guère évident en toute circonstance. »

A vrai dire je craignais la solitude bien plus que je ne l'appréciais mais les miens ne m'apportaient pas ce sentiment de satisfaction d'être entourée et cela peut-être parce que je ne leur accordais que peu de crédit en plus de ne leur porter aucune confiance. Nous formions un tout mais séparément ils ne représentaient pas grands choses à mes yeux.

« J'ai particulièrement envie de goûter votre arôme... Me laisserez-vous vous en prélever quelques gorgées ? »

Lui susurrais-je en me penchant en avant dans mon siège, le regard espiègle.
Si de ses paroles il m'exprimait sa loyauté, quand serait-il de ses gestes ? Donner de son sang à un autre Ketsueki était accepter la domination de ce dernier sur sa personne et peu de buveurs de sang étaient enclins à accepter sans broncher une telle demande, lorsque celle-ci était quémandée gentiment bien entendu, ce qui se trouvait être rarement le cas, pour ne pas dire jamais... J'étais curieuse de connaître sa réaction et sa réponse à la demande de son tribut...



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Message(#) Sujet: Re: Un murmure dans la nuit (pv Yami) Dim 31 Jan 2016 - 0:02



La Ketsueki faisait preuve de méfiance à l’égard de l’albinos et ce sans grande surprise. Ce dernier était pourtant parvenu à s’attirer la bonne curiosité de la demoiselle qui, à défaut de le faire entrer dans ses bonnes grâces, lui garantissait une longue discussion. Cela tombait plutôt bien car tous deux avaient encore beaucoup de choses à se dire.

« Vous me jugez présomptueux, et je m’estime aussi prudent que vous. Tout fidèle se doit de connaître la cause du maître pour qui il se bat et je ne tenais pas à faire exception. En conséquence, avant de me présenter à elle, j’ai fait en sorte de savoir qui était Ketsueki Yami. »

Il soutenait son regard sans peine, pourtant aucune forme de provocation n’était lisible dans ses pupilles écarlates. Son air serein donnait l’impression que rien ne pourrait l’affecter, comme s’il était en mesure d’échapper aux fils du destin en siégeant du haut de son trône providentiel pour se reléguer au rang de simple spectateur des états du monde. Sauf qu’en réalité il se trouvait ici-même dance manoir, assit dans ce fauteuil confortable à boire du thé de haute gamme en charmante compagnie. Cependant, à l’instant où la comtesse fit mention du nom d’Eien, sa constance sembla changer de façon presque imperceptible. L’essentiel se traduisit par un léger froncement de sourcils manquant de se rejoindres avant de retourner aussitôt à leur position initial comme si de rien n’était.

« L’Innommable est donc toujours en vie… Quelque part je m’en suis toujours douté, bien que cela fut difficile à croire. Les choses se sont donc passées ainsi. Il a décidé et ce de son plein gré de vous céder le Cœur des Ténèbres. Voilà qui est difficile à croire venant de quelqu’un comme lui. Ne craignez-vous pas d’être l’objet de ses sombres desseins ? »

Contrairement à ce que l’on pourrait croire les Ketsueki n’était pas tous des monstres assoiffés de meurtre , capable de trahir son prochain pour ses intérêts personnels. Pourtant l’histoire narrait l’Innommable comme l’un de ceux appartenant à cette catégorie ce qui lui avait précisément valu ce surnom. Dans les faits Seishurama considéra qu’il n’était pas nécessaire d’apporter infirmation à la dernière question de sa future maîtresse dans la mesure il y avait déjà répondu d’une certaine façon.

« Si vous voulez mon avis, je doute qu’il soit le genre d’homme à se sacrifier pour les autres et je ne saurais dire si cette révélation est de bonne ou de mauvaise augure pour nous. La survie du Comte témoigne de la survie de l’ancien empire. Il est à la fois le porteur de notre héritage, mais également le fruit de notre sombre réputation aux yeux du reste du monde. »

Si cette découverte l’avait surpris il n’en laissa rien paraître, se contentant d’aborder la situation avec toujours autant de calme et de savoir être. Pourtant, celle qui apprenait à le connaître pressenti qu’il s’apprêtait à énoncer des faits importants, que cela soit ou non volontaire de sa part.

« Cet homme est détenteur d’un savoir millénaire relatif à nos dogmes comme à notre histoire et se s’en parler de ses pouvoirs sans pareil. Il porte en lui l’héritage de notre famille et est certainement à ce jour le plus puissant Ketsueki au monde, mais il représente tout autant de menaces pour vous. Son ambition la poussé à fonder un empire sur une montagne de cadavres et nombres d’entre eux faisaient partie de notre clan. Qui vous dit qu’il n’est pas en ce moment même en train de répéter sa propre histoire ?

Alors qu’il marquait une pause, ses jambes se croisèrent tandis qu’il joignait ses mains de sorte à former une pyramide placée devant sa bouche. Juste en face, une Ketsueki à l’écoute, ainsi que tasse de thé fumante n’attendant que d’accueillir ses lèvres.

« Tant qu'Eien existera, les Ketsueki continueront d’être considérés comme les ennemis de ce monde et jugé en tant que tel. Que nous le voulions ou non il nous rattache à l’image de notre sombre passé. Alors permettez-moi de vous poser la question Yami-sama. Si d’aventure vous veniez à lui faire face à nouveau, que feriez-vous ? »

La question était là. Le clan Ketsueki avait beaucoup à gagner en ayant Eien à ses côtés, mais également beaucoup à perdre. De ce fait, l’albinos écouta la réponse de la nouvelle comtesse avec la plus grande des attentions, cela se lisait dans son regard. La conversation tourna ensuite vers un sujet à peine plus léger, à savoir s’il était en mesure de se lier à ses congénères. Il écarta les mains pour s’emparer à nouveau de la tasse de thé. Ses yeux s’étaient une fois de plus teintés de mystères et restaient rivés sur le liquide doré contenu dans son récipient.

« J’ai toujours vécu par moi-même, la vie en communauté ne me sied guère, malgré-tout il existe cette constance qui est plus communément appelé l’instinct grégaire, poussant les individus à se regrouper pour former ordre et nation. Certains faits ne peuvent s’accomplir que par le biais d’efforts communautaires et je ne fais nullement exception à cette règle. Et c’est précisément pour cette raison que je me tiens devant vous aujourd’hui. »

Il levant les yeux de la tasse pour cette fois-ci lui adresser un sourire complice conscient que la noble demoiselle comprenait exactement où est-ce qu’il voulait en venir. Cette fois-ci ce fut pratiquement d’une traite qu’il termina sa tasse avant de reposer le tout sur la table. Juste en dessous, au pied de l’albinos, le canidé Dohoro était littéralement affalé sur le tapis de velours. Ses six yeux clos laissaient à croire que la bête était plongée dans un profond sommeil. Le félidé présent sur le siège en face semblait suivre le même schéma bien qu’il continuait d’agiter mécaniquement sa queue tel un métronome. L’immense salle était un on ne peut plus calme. Il n’y avait pas âme qui vive autre que les leurs. Dans un sens on pouvait presque qualifier le cadre de cette conversation comme étant « chaleureux » ce qui n’était pas pour déplaire à Seishurama ; lui qui savait apprécier ce qui était simple. Et comme pour chercher à le contredire la comtesse exigea de lui son sang, le tout non sans une certaine appétence dans le regard. Une fois encore la réaction du concerné prit la situation totalement à contre-pieds. Penchant la tête légèrement sur le côté pour la dévisager d’un sourire espiègle, toute portait à croire que cette remarque l’amusait.

« Voyons, Yami-sama. Ne soyez pas si cavalière, nous nous connaissons à peine… Que passeraient nos semblables s’ils vous entendaient ? Cependant… » A l’aide de son pouce il fit nerveusement tourner la chevalière au tour de son majeur jusqu’à faire apparaître une petite aiguille. « Je ne puis accéder à votre requête. Tout du moins dans l’immédiat. » Son regard taquin brilla un instant d’une lueur malsaine. « Je suis prêt à vous servir quoiqu’il m’en coûte. Mais je ne transmettrai de mon sang qu’à ceux de mérite. Malgré mes recherches j’ignore encore tout de vous et de ce dont vous êtes capables en tant que Cheffe. Montrez-moi que vous êtes capable de nous diriger et en retour vous obtiendrez absolument tout de moi. »

D’un geste presque provocateur il replia l’aiguille qui retourna se lover dans l’anneau de sa chevalière.
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Message(#) Sujet: Re: Un murmure dans la nuit (pv Yami) Dim 31 Jan 2016 - 23:37

Il semblait réellement étonné de découvrir qu'Eien était toujours vivant. A vrai dire, il ne semblait guère en savoir plus que moi sur le sujet ni même si cette vie était toujours d'actualité aujourd'hui mais, tout comme je le supposais, il soulignait le fait qu'Eien n'aurait pas agit de la sorte sans avoir un plan de secours. Je m'étais déjà rendue compte qu'il n'avait pas agit par altruisme mais simplement pour son arrangement personnel. Rien ne disait non plus qu'il s'était dit qu'en plus de lui être profitable cela m'éviterait également la mort... Il s'en était sans doute simplement moqué éperdument, sa vie se montrant bien plus précieuse que la mienne à ses yeux.

Mon regard était rivé sur le contenu de ma tasse, comme si j'allais y trouver un quelconque réconfort tandis que j'écoutais les paroles de Seishurama. Si j'étais l'objet des sombres desseins de mon père ?

« Vous semblez bien le connaître également, même si je ne peux affirmer avoir une connaissance de sa personne dans les moindres détails et aspects. Toutefois, je le suis sans doute déjà. Eien n'est pas venu à ma rencontre par remord pour toutes ces années perdues aussi bien dans mon éducation que dans mon apprentissage. Moi même je pensais mes parents décimés avant de faire sa connaissance en face à face. »

Je divaguais et me mettais même à me confier sur ma vie personnelle, cela n'était en rien une bonne idée. Mieux valait en dire le moins possible pour ne pas créer des points de pression pour mes potentiels ennemis dont il faisait clairement parti...

J'écoutais l'albinos proférer des paroles qui me poussaient à la réflexion. Et si Eien cherchait à perpétrer ce qu'il avait déjà commis par le passé pour répéter son histoire en se servant de moi... Je baissais le regard et déglutissais avant de regretter mon geste : il était désormais indéniable pour mon interlocuteur que le sujet concernant mon paternel était une corde sensible. J'avais toujours espérée avoir une famille étant plus jeune, pour ne plus me complaire dans ma solitude quotidienne dont j'étais parvenue à avoir horreur. Lorsque Eien m'était apparu j'avais été partagé entre la haine à son encontre pour m'avoir sciemment abandonné et par la joie de voir une figure familiale. Bien entendu la famille n'était pas l'un des traits entrant dans le vocabulaire de mon père...
J'avais accepté de massacrer un village de Kazejins innocents parmi lesquels se trouvaient des Jashinistes juste pour obtenir sa fierté et rentrer dans ses bonnes grâces pour qu'il daigne accepter de me soigner à travers le rituel, sans quoi il m'aurait laissé mourir sans assistance aucune de sa part, ne me trouvant qu'insignifiante et non méritante de son lourd tribut... Il faisait partie de mes faiblesses et savait en jouer... Jamais je ne pourrais agir contre sa volonté au risque de le perdre et de le voir disparaître de ma vie, comme auparavant...

« Tant qu'Eien existera, les Ketsueki continueront d’être considérés comme les ennemis de ce monde et jugé en tant que tel. Que nous le voulions ou non il nous rattache à l’image de notre sombre passé. Alors permettez-moi de vous poser la question Yami-sama. Si d’aventure vous veniez à lui faire face à nouveau, que feriez-vous ? » 

« Nous continueront à l'être même si Eien n'était plus. Après tout vous même sembliez ignorer qu'il était encore en vie et il en est ainsi pour bons nombres de personnes malgré tout notre réputation persiste. »

Je marquais une pause avant de reprendre, plongeant mon regard dans le sien.

« Sous entendez vous que je devrais faire en sorte d'éradiquer sa personne ? Je ne dresserais pas les nôtre contre lui, entendez moi bien : je ne suis pas Megami ! »

Mes yeux luisaient d'intensité et se montraient plus dur alors que je fronçais les sourcils. Il n'était pas question que je le trahisse tout comme cette harpie s'y était prise !

« Eien est peut-être ce qu'il est mais, même s'il s'y est pris tardivement, il a su être mon mentor et m'en a appris plus sur les nôtres et l'origine du mal clanique qu'il nous faut réparer, moi qui n'avait jamais reçu ces enseignements. Alors si d'aventure je venais à le croiser de nouveau je ne lui vouerais aucune haine ni ne lui voudrait aucun mal. Cela ne veut pas pour autant dire que je suis naïve au point de lui faire pleinement confiance, j'ai conscience qu'il cherche à me manipuler tout en y trouvant son compte. Cependant, nous verrons bien lequel de nous deux parviendra à trouver le plus son intérêt... »

Je pouvais tout à fait lui faire croire que je lui mangeais dans la main pour mieux me servir de son relâchement pour détourner cela en ma faveur. Eien était un ancien et il ne serait pas facile à corrompre cela dit, si cela n'était pas impossible...

Seishurama répondait à ma question concernant son acclimatation en communauté par une phrase toute faite que je sentais déjà venir. Il y avait certaines situations qui nécessitait d'être en groupe pour être réalisables et c'était justement pour cette raison qu'il avait choisi de me rejoindre... qu'avait-il en tête ?

« Vous qui vous dites solitaire, pourquoi voudriez vous voir le clan se redresser ? En quoi cela vous serait-il important si vous n'aimez pas vous mêler à vos semblables ? Cela ne peut signifier qu'une chose... vous voulez votre part du gâteau à l'arrivée... »

Sinon à quoi bon œuvrer pour un clan dont on avait que faire de sa communauté ?
Je le toisais, souriante et bien redressée au fond de mon canapé, l'avisant avec tout l'intérêt du monde.

« Quelles sont vos ambitions, Seishurama ? »

Voilà une interrogation qui suscitait la curiosité quant à sa réponse...
Ma demande concernant son sang en tout cas, ne rencontra pas franc succès, pire encore il s'amusait clairement à jouer avec mes nerfs et ma patience. Je prenais un air faussement agacé tout en faisant roulée ma langue contre l'intérieur de ma joue pour le prouver.
J'avais observé sa bague pivoter dans un sens pour faire apparaître une fin aiguille et retrouver sa place initiale avant d'observer ma propre bague similaire que je portais cependant à mon pouce.

« Oseriez vous sous entendre que je ne le mérite pas, Seishurama ? »

Mon ton sarcastique était teinté d'amertume.

« Je connais Suna mieux que quiconque ici présent dans le clan. Je dirige l'unité spéciale du village et peux me permettre de couvrir mes faits dans l'intérêt de notre nom. J'entretiens une relation avec l'actuel Kazekage que je connais en tout point tant ses forces que ses faiblesses et ma meilleure amie se trouve être l'actuelle conseillère à la défense avec laquelle je travaille en collaboration pour veiller à la bonne sécurité du village. Qu'elle preuve souhaitez vous de plus ? J'ai réussi à m'élever de sorte à pouvoir placer en toute sérénité mes pions depuis le haut de mon mirador... »

Il voulait du concret ? De l'action sur le terrain ?

« Demain une chasse de grande envergure sera effectuée dans Kaze où j'ai repéré, par le biais de shinobis membres de mon unité envoyés en mission sans importance sur les lieux, la présence de rites jashinistes. Un nid de ces hérétiques y reposent et nous allons détruire cette fourmilière. Peut-être pourrez vous alors appréciez l'étendue de ma manière de guider les nôtres... »

Et alors...

« Absolument tout vous dites ? Voilà qui est intéressant... »

Mon regard pétillait de malice à cette simple idée...
Mes yeux se déportèrent cependant bien vite de sa personne puisque Aastet entrait dans la pièce à son tour. Ma seule femelle Kuchiyose avançait presque en longeant les murs derrière moi pour se tenir le plus loin possible de l'albinos et surtout de son chien. Au cas où son hostilité n'était pas explicite dans son attitude, elle brandissait devant elle un sabre courbé à l'attention du canidé qui ne lui portait pas le moindre intérêt. Finalement, elle bondissait pour se retrouver à mes côtés à l'opposé de Méphisto, assise de la même façon que je l'étais pour « garantir ma sécurité » comme elle me le dit en langage des Anciens. J'avais beau lui parler dans son dialecte pour lui dire que la situation était sous contrôle elle n'en demeurait pas plus détendue, trouvant que quelque chose clochait chez ce « Dohoro ».

« A propos Seishurama, où avez vous trouvé votre canidé ? Si vous me répondez en Enfer je vous croirais volontiers. »

J'étais mal placée pour dire ça cela dit, lorsque l'on regardait la trogne de mes propres Kuchiyoses...



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Message(#) Sujet: Re: Un murmure dans la nuit (pv Yami) Jeu 4 Fév 2016 - 20:11



Seishurama avisa cette révélation avec un détachement des plus totales. Sans qu’il daigne faire part de ses idées, il en venait à la conclusion que la femme en face de lui possédait la faiblesse d’être victime de ses sentiments. Le pis étant qu’elle ne s’en cachait même pas. Quand la logique voulait qu’elle élimine cette potentielle menace pour son clan, elle préférait s’y attacher quitte à prendre le risque d’entraîner tous les autres dans sa chute. En soit, bien qu’immortel, la Ketsueki portait bien son âge. Elle n’était encore qu’une jeune comtesse, ignorante du poids des nombreuses existences qui pesaient sur ses épaules.

« Dois-je comprendre que vous le laisseriez nuire à notre clan avant de prendre une quelconque initiative à son encontre ? La balle est dans sa main et il pourrait la jeter sur n’importe qui. »

En temps normal il se serait préservé de tout commentaire, mais la situation exigeait qu’il prenne les devants.

« Il est peut-être votre père, mais il menace votre famille. N’oubliez pas Yami-sama que vous n’êtes pas seule ici. De nombreuses vies dépendent de vous. Les Ketsueki ne sont pas tous des monstres assoiffés de trahison. Vous finirez par découvrir que certain vous sont fidèles et le moment venu il vous faudra faire un choix. N’allez pas les sacrifier pour cet homme qui a déjà tant fait souffrir notre peuple, vous perdrez tout en voulant le protéger. L’histoire parle d’elle-même... »

Le ton de sa voix s’était aggravé. On pouvait clairement sentir que l’albinos abordait la situation avec davantage de sérieux qu’à l’accoutumé. Son éternel détachement n’était plus et son attitude témoignait d’une grande volonté couplée à une détermination implacable. Lui-même ne s’en était pas réellement rendu compte contrairement à Yami qui pouvait remarquer que son comportement rappelait d’une certaine manière celui d’Eien, comme quoi, dans le fond, les Ketsueki étaient tous fait du même bois, quand bien même ils furent façonnés différemment à l’arrivé. Néanmoins le Ketsueki ne tarda à pas à se relâcher, recouvrant de son visage cette indicible sérénité qui le caractérisait tant. Il se permit même d’adresser un énième sourire à l’encontre de la comtesse.

« Pardonnez mon engouement Yami-sama. J’ai seulement à cœur d’éviter que notre clan n’en vienne à répéter les erreurs du passés. Il se garda de dire qu’Eien était l’une d’elle encore en vie. Nous sommes à l’aube d’une nouvelle ère. Ne gâchons pas cette occasion de nous élever à nouveau. »

Ce qui amenait à la question de son hôtesse, à savoir quelles étaient les véritables ambitions du mystérieux Ketsueki. Dans le fond il était satisfait qu’elle daigne les lui demander.

« Je ne suis pas du genre à apprécier la vie en communauté certes, mais ce n’est pas pour autant que je ne veuille pas le bien de cette dernière. Je suis ici pour le clan Ketsueki, pour aider à redorer notre blason et restaurer notre prestige datant ce qui ne sera réalisable que par le biais d’efforts communs. Le jour venu je tiens tout naturellement à trouver ma propre place au sommet, mais nous en sommes encore loin. »

Si elle devait continuer à douter de lui quant à une potentielle trahison, autant lui assurer que cette dernière n’aurait lieu que dans un avenir lointain. Entre temps, elle n’aurait quand l’utiliser comme un pion à l’image de ce qu’elle prétendait vouloir faire de Eien. Et comme il put s’y attendre, la dame s’interpella du manque de soumissions de son nouveau serviteur. Lui seul aurait pu dire si c’était pour lui déplaire ou bien l’inverse.

« Loin de moi l’idée de douter de vous Yami-sama. J’aime seulement à croire ce que je puis constater de mes propres yeux. Montrez-vous digne de notre nom et de votre rang pour que je puisse devenir votre serviteur le plus dévoué et ce afin d’assouvir nos ambitions communes. »

Les derniers mots avaient été prononcés avec une certaine lenteur, comme s’il s’était donné la peine de les savourer. Seishurama ne cherchait aucunement à se le cacher, il avait soif de grandeur, mais nul n’aurait été en mesure de dire si elle était prédestiné à nourrir ses intérêts ou bien ceux des Ketsueki comme il aimait à le prétendre. Hors dans l’immédiat il restait difficile d’ignorer ce fait : Il se présentait comme un allié du présent quand bien même il pouvait être un ennemi de l’avenir. Pourtant la voici qui cherchait à se justifier, à légitimer sa place ainsi que son droit de dominance sur-lui. Comme si partager la couche du Kazekage, ou encore diriger la police d’un village militaire pouvait justifier que le sang de l’albinos lui revienne de droit. Néanmoins ces remarques lui plurent beaucoup car elles venaient de lancer la conversation sur un sujet pentu qui pourrait aussi bien jouer en la faveur qu’en-là défaveur de la jeune comtesse.

« A ce sujet j’aimerais justement connaître vos projets quant à l’avenir. De ce que j’ai pu avoir vent de votre discours d’intronisation, vous ne faisiez guère état de votre programme qui nous permettrait à tous de parvenir à nos fins. Le clan qui jadis régnait sur toute une partie du désert ne se contentera jamais d’un misérable village militaire placé à la botte d’un Seigneur incompétent. Il nous en faut davantage. Et si vous vous trouvez à cette place aujourd’hui, j’imagine que vous avez déjà un plan en tête. »

Il continuait de la tester. Une réponse concrète promettant des résultats concrets conforterait assurément l’albinos dans sa servitude. A contrario une réponse évasive provoquerait l’effet inverse. Allait-elle se montrer forte ? Allait-elle lui prouver qu’elle méritait son rang ? Il n’attendait que cela.

« Je vous remercie de votre invitation, mais je ne suis guère partisan de ce genre d’escapade, préférant le meurtre méthodique aux massacres de masses a moins bien entendu qu’il s’agisse d’un ordre de la comtesses. Auquel cas je n’aurais d’autre choix que de m’y plier. »

Ce faisant inclina imperceptiblement la tête durant un bref instant comme pour souligner son allégeance envers-elle. Le climat chaleureux de la salle qui servait d’arène à leur joute verbale prit soudainement un ton comique lorsqu’une énième félidé entra en brandissant farouchement un sabre à l’encontre du canidé couché au pied du Ketsueki qui, lui, ne broncha pas d’un cil en continuant de poursuivre sa sieste comme si de rien n’était. Les quelques va-et-vient de sa cage thoracique se gonflant et se rétractant de façon régulière témoignaient qu’il était encore en vie, même si sa constance détaché lassait à croire le contraire. Cette mise en scène assez burlesque incita finalement la comtesse à questionner son confrère au sujet de compagnon sur patte. Pour toute première réponse Seishurama gratifia l’animal d’une douce caresse sur le haut du crâne. Fait étonnant le Ketsueki sembla « réellement » sourire.

« Et si je vous disais que j’aurais moi-même du mal à l’expliquer ? Il est difficile de dire qui de nous deux à trouver l’autre en premier, mais si je devais donner une réponse rapide je dirais simplement que nous nous sommes rencontrez certainement au même endroit où vous avez fait la découverte de ces créatures. »

Du doigt il désigna tour à tour Aastet et Méphisto.

« Depuis il me suit comme mon ombre et se révèle être un compagnon assez fidèle quand bien même aurais-je préféré croiser la route d’un de vos « chats » ».


Dernière édition par Aozora S. Oniri le Mar 23 Fév 2016 - 11:16, édité 2 fois
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Message(#) Sujet: Re: Un murmure dans la nuit (pv Yami) Jeu 11 Fév 2016 - 14:04

L'attachement que je portais à Eien n'était pas au goût de Seishurama mais je m'en moquais bien. Qu'importe ce que cet homme avait pu commettre par la passé et la fourberie qui le caractérisait encore aujourd'hui : il restait mon père, la seule figure familiale qui me restait en ce bas monde.

« Si j'ai ouïe dire qu'il prépare quelque chose bien sûr que non, je ne le laisserais pas nous nuire. Cependant, je n'ai aucune raison de m'en prendre à lui si je n'ai pas connaissance d'un quelconque projet. »

Me méfier de lui oui mais l'empêcher de nuire sans être certaine qu'il manigance quelque chose : non. Il n'était pas question que j'anticipe ses possibles méfaits qui n'arriveraient peut-être jamais. Je ne voulais pas avoir à trahir sa confiance tout comme ma mère l'avait fait si je pouvais empêcher cela.

« Je n'ai, pour le moment, aucune confiance en ceux que vous appelez « les nôtres ». Je ne partages avec eux que mon nom. La famille est un concept qui m'est bien étranger et si j'apprends à le connaître cela n'est encore pas le cas. »

Je ne pouvais pas faire confiance à des inconnus. J'avais grandi seule et avais appris à me méfier d’autrui : on ne pouvait changer si facilement quelque chose de si ancrer.

« Vous n'avez pas l'air d'un homme qui sache faire facilement confiance à vos pairs vous non plus Seishurama... »

La preuve en était qu'il se tenait face à moi avec un détachement qui ne cachait pour autant pas sa méfiance et son manque de crédit à mon égard. D'ailleurs sa propre attitude me rappelait brièvement Eien au point de me faire froncer les sourcils l'espace d'un instant...

« Croyez moi je ne risque pas de commettre les mêmes erreurs que par le passé. La contrepartie à la possession du Coeur Eternel est d'avoir la bonne surprise de percevoir toutes les actions commises jadis. Nos ancêtres se sont montrés bien trop envieux et gourmands sur le pouvoir au point d'en perdre toute notion de la réalité et de sous-estimer leurs ennemis ou bien de se surestimer eux mêmes... »

C'était ainsi que notre gloire s'était effondrée de son piédestal.

« Après tout, le plus dur n'est pas de monter au sommet mais d'y rester... »

Et pour cela il fallait éviter de se faire trop d'ennemis sans quoi la tranquillité n'était pas de mise et nous nous trouverions sans cesse dans des batailles qui finiraient par avoir raison de nous : comme autrefois. Un règne de terreur n'était pas la solution, du moins ne devait-il pas l'être en apparence...

Au moins ce Seishurama avait la décence d'avouer qu'il convoitait une place en haut de l'échelle : au moins ne me nuirait-il pas tout de suite.

« Je suis d'accord avec votre vision cela dit. Le prestige d'antan ne sera pas possible sans efforts communs. Toutefois, nous savons tous que ce dernier ne pourra ressembler au précédent. La communauté doit pouvoir nous faire confiance ou à défaut ne pas nous détester. Sans quoi nous en reviendrions au même point avec de nouveaux ennemis cherchant par tous les moyens à nous destituer. Rien ne nous empêche d'agir dans l'ombre tout en honorant tout de même les héritages de notre nom mais cela ne pourra se faire qu'à travers la mesquinerie et la fourberie. Il n'est pas question de faire étalage de nos méthodes au plus grand nombre. »

Sans quoi nous finirions inexorablement comme nos aïeux... Il fallait savoir se mettre les bonnes personnes dans la poche et faire en sorte qu'ils nous accordent leur confiance pour mieux grappiller du terrain tout comme je l'avais fait pour parvenir jusqu'ici. Il ne fallait jamais mordre la main de celui qui te nourrit... du moins pas au début...

Le Ketsueki albinos voulait des preuves montrant que j'étais digne de mon nom et de mon rang et j'aurais pu tout a fait lui renvoyer que vu l'hérésie qu'il représentait à lui tout seul il ferait bien de se garder d'un tel commentaire, mais je n'en faisais rien : j'étais dans mes bonnes grâces aujourd'hui.

Je ne pouvais le lui prouver dès à présent. Il devrait le constater par lui même au fil du temps cela dit. Son questionnement se poursuivait sur mes projets d'avenir pour le clan ce qui eut le don de me faire étirer un sourire alors que je voyais très clairement qu'il cherchait à me tester. Je bus une nouvelle gorgée de mon thé avant de reposer délicatement la tasse sur sa coupelle et de lui répondre.

« Le clan ne se contentera certes pas de Suna et a contrario nous ne pourrions jamais parler d'une expansion de territoire. Les Ketsueki ne sont d'ailleurs pas enchaînés au village, ils y ont été accueillis, même si pour ma part j'étais déjà ici à ce moment là. Nous aurons besoin du soutien du Daimyo pour étendre nos terres avec ou sans son gré cela est une autre question même si je suis certaine que offrir nos services au Daimyo ne rendra pas celui ci disposé à nous offrir gracieusement du terrain... Mais après tout, agir dans l'ombre est l'une de nos spécialités. Je compte donc offrir les services de notre clan au Seigneur de Kaze no kuni pour récupérer des ressources et sa confiance, nécessaire pour la suite de notre expansion. Je me suis déjà entretenue à ce sujet avec le Kazekage.»

Je l'observais et marquais une pause avant de reprendre.

«  Nous ne serons ainsi plus cantonnés à Suna seul et notre nom ne se limitera plus à ses seules frontières. »

Voilà pour la première partie des opérations. Il n'était de toute façon pas nécessaire de voir loin dans le futur car tout le monde savait que rien ne se passait comme prévu dans la voie du Shinobi et des événements imprévus pourraient possiblement s'imbriquer dans cette ébauche : mieux valait improviser au fur et à mesure tout en ne perdant pas de vue son objectif pour l'atteindre via un chemin quelconque.

Sa réponse sur mon invitation me faisait doucement sourire tant le personnage qui se trouvait devant moins était aussi agaçant qu'il était intéressant. Je préférais les loups qui avaient du répondant qu'un docile mouton que je pouvais modeler à ma guise. Il n'y avait aucun challenge avec ce dernier, ce qui se montrait bien vite ennuyant. Amadouer un loup était beaucoup plus exaltant !

« Je n'ai pas pour habitude de forcer quiconque à faire couler le sang sauf exception, bien entendu. Cela dit il me faudrait appréhender vos compétences pour connaître votre potentiel. Alors oui, il s'agit d'un ordre. »

Me contentais-je de répondre, l'air mesquin.
Puis venait finalement Aastet qui amena à la question de l'origine de son canidé. Sa réponse était surprenante mais son ébauche de sourire était bien plus déroutant... Il s'agissait en effet de la première fois que je constatais un franc sourire sur ses lèvres.

« Intéressant... Vous avez vous même sillonnez des ruines antiques pour le dénicher ? Je ne sais pas si cette aventure a croisé votre chemin mais j'ai eu la surprise de constater que le mythe des momies n'en était pas vraiment un... »

C'était même auprès de l'une d'elle que j'avais récupéré ma faux a double lames. Aastet demeurait toujours sur les nerfs, prête a dégainer son sabre alors que Seishurama avait « osé » la pointer du doigt. La féline de la bande avait un sacré caractère, n'en déplaise à Oniri qui en avait fait les frais.

« Mes « chats » comme vous dites sont des alliés d'exceptions. Méphisto en particulier est toujours dans mon ombre et est capable de discerner le mensonge. Tâchez de vous en souvenir... »

Le prévenais-je.
Le manoir était devenu une vraie ménagerie. Les chauves souris d'Eien trônaient toujours sur les poutres du grand hall et ce dernier n'avait sans doute pas perdu une miette de notre conversation... Si je voyais autrefois leur présence de bonne augure et rassurante, aujourd'hui je songeais sérieusement à me débarrasser de ces fouineuses...

J'estimais la conversation de présentation plus que terminée et me levais tout en l'invitant à en faire de même. Rien n'empêchait de poursuivre la conversation pendant notre marche.

« Laissez moi vous conduire à vos nouveaux appartements »

Lui indiquais-je en me dirigeant de nouveau vers le hall pour accéder à l'étage tandis que Aastet s'éclipsa ailleurs et que Méphisto disparaissait à la vue de tous sans pour autant me quitter. Lorsque nous arrivions en haut des marches, il ne pouvait que constater qu'une partie du couloir demeurait brûlé tout comme certaine peintures et quelques morceaux du tapis rouge qui recouvrait le plancher.

« Ne faites pas attention à cela. Il s'agit d'un vestige d'un excès de colère de notre Kazekage. »

Cela arrivait souvent avec lui. Bien heureusement pas jusqu'à carboniser mes effets personnels mais tout de même...

Je le menais à une chambre inhabitée mais toujours entretenue malgré tout. Un grand lit a baldaquin trônait dans un coin ainsi qu'une commode pour y ranger ses effets personnels bien qu'il ne semblait pas disposer de grand chose.

« Vous êtes ici comme chez vous et pouvez l’aménager comme bon vous semble. Si d'aventure vous me cherchiez, la mienne est tout au fond du couloir. »

Je lui désignais alors la seule porte ne se trouvant pas sur un côté du mur mais celle se trouvant en face de nous à seulement trois portes de là. Au moins pouvait-il s'installer tranquillement après cette rixe verbale sous-jacente dont nous étions adonné pendant prêt d'une heure de conversation...



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Message(#) Sujet: Re: Un murmure dans la nuit (pv Yami) Mar 23 Fév 2016 - 15:20



Seishurama était en parti satisfait des réponses qu’avait su lui fournir la comtesse, malgré sa propension à faire étalage de son passé qui semblait lourdement peser sur elle et le Ketsueki ce demanda à quel point il serait possible de l’influencer par ce biais. En soit, le fait d’avoir une personne dictée par ses sentiments pour le diriger le dérageait, mais il lui restait encore à voir ce dont elle était réellement capable car le clan n’en était qu’au début de son renouveau, tout restait à faire. Suite à quoi elle lui fit part de son désir de participer à leurs tueries comme s’il n’avait rien de mieux à faire que de pourchasser des hérétiques. Si ce fait agaça notre albinos pour plusieurs raisons il n’en laissa une fois de plus rien paraître.

« Pardonnez-moi cette remarque, mais sachez que mes compétences n’apporteraient rien de plus à nos massacres. En soit, si vous tenez vraiment à les découvrir, je pourrais vous en faire part bien avant. Il n’est pas nécessaire d’attendre si longtemps. »

Le Ketsueki préférait prendre les devants plutôt que de se retrouver dans ce genre de situation ennuyeuse au sens littéral du terme. Comme il l’avait précédemment dit les massacres de masse ne faisaient pas parti de son office. Quand chacun possédait ses propres aspirations, lui préférait infliger des souffrances vicieuses et méthodiquement calculer à ses ennemis. Tout était affaire de subtilités bien que le spectacle à l’arrivé n’en serait pas moins moribonds. En effet chaque Ketsueki avait sa propre conception de la mort et de la souffrance, pour certain même, elle était à rejeter, pour autant cela ne voulait pas dire qu’il fallait en faire autant pour eux car, chacun pouvait s’avérer utile à sa manière. Il était important de pouvoir exploiter le potentiel de chacun, comme de chaque situation qui s’offrait à nous. Ce fut pour cette raison que lui vint cette suggestion.

« Et pourquoi se limiter au territoire de Kaze ? Comme vous le dites si bien, il serait particulièrement long et fastidieux de réussir à faire taire plus d’un siècle de massacres et de tyrannies aux yeux du peuple du désert. Il nous est difficile de nous détacher de cette image de buveur de sang avide de morts et de trahisons ».

Il marqua une pause, restant passablement neutre, c’était davantage pour lui-même que pour la comtesse qui ne comprendrait certainement pas que le jeune homme lui reprochait précisément cela. Elle-même ne croyait pas en les siens alors comment le peuple pourrait en faire de même et sans quand bien même, Eien avait brisé bien trop d’existences pour permettre un jour à leur nom de se redresser. Si ils parvenaient, la peur naturelle que suscitait leur passé risquerait de liguer d’autres d’individus contre eux. Les Ketsueki n’avaient nullement besoin de subir le joug d’une nouvelle croisade.

« Peut-être notre salut se trouve-t-il au-delà du désert. En nous éloignant notre réputation déclinera. Ce faisant, à défaut d’être vu pour ce que nous fussions, nous serions avant tout perçu comme un redoutable clan issu de Kaze ayant décidé de prendre son indépendance. Notre maîtrise du sang inspire à la fois peur et respect. Nul doute que nous saurons attirer les bonnes grâces d’autruis jusqu’à nous faire notre propre place à l’étranger. »

Pour n’ayant jamais été attaché à Kaze comme à Suna, Seishurama prononçait ces mots avec une grande facilité bien qu’il en mesurait amplement leur gravité. Ce n’était pas le genre de décision à prendre à la légère. Là encore tout était affaire d’opportunité, à savoir qu’est-ce qui serait le plus profitable à autrui.

« N’y voyez pas là une quelconque suggestion, mais davantage un point de vu que je souhaitai partager avec vous, une façon différente d’aborder notre situation. S’il nous faut agir différemment que nos aïeuls, alors nous nous devons d’élargir nos horizons. »

Pour ce qui suivit, l’albinos préféra ne pas en révéler davantage au sujet des origines de Dohoro, cela ferait beaucoup de chose à raconter en peu de temps. Qui plus cela étant, la comtesse ne tarderait pas ) découvrir tout ceci par elle-même si elle continuait d’accepter son maître en tant que l’un des leurs. Suite à cela, elle lui proposa de le conduire jusqu’à ses appartements. La soirée était profondément avancée, mais pour un fils de la nuit tel que Seishurama, il n’était pas question de prendre congé sans profiter autant que possible de la clameur nocturne. Aussi tous deux se levèrent s’en dire mot, tandis que le compagnon canin emboîtait le pas comme si chacun de ses mouvements étaient synchronisés avec ceux de son maître. Durant la traversé du couloir le regard du Ketsueki s’attarda sur la décoration et les murs ravagés comme si ces derniers avaient fondu sous une intense chaleur. Le mystère fut finalement résolu lorsque la comtesse lui expliqua ce qui était réellement arrivé.

« La réputation de votre Kazekage semble se confirmer. Un homme impulsif soumis à ses émotions et aux caprices de son âme. C’est indigne d’un dirigeant. J’ai bien peur que son temps passé à occuper ce poste ne lui soit compté. Il est probable que nombres d’individus, avisés ou non, cherchent à le destituer de ses fonctions. »

Ils finirent par arriver dans la chambre qui lui serait désormais dédier. Sans être particulièrement spacieuse elle était à l’image du confort que portait en lui le manoir. Ce faisant, Seishurama se retourna avec une certaine solennité envers son hôte et désormais cheffe avant de s’incliner en faisant preuve de tout autant de savoir être. Les rideaux ouverts laissaient filtrer l’éclat lunaires à travers à la vitre qui venaient s’échouer sur le visage blême du Ketsueki dont, sous l’opposition des couleurs donnait à ses yeux une indicible teinte violacée.

« Laissez-moi vous remercier pour cet accueil chaleureux. Je vous souhaite une agréable nuit Yami-sama… »
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Un murmure dans la nuit (pv Yami)

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