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 La dernière singerie du Vieux Jack [Solo]

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Message(#) Sujet: La dernière singerie du Vieux Jack [Solo] Ven 26 Fév 2016 - 2:11

Enfin ses pieds touchaient terre. Les eaux mouvementées avaient secoué l'équipage des malhonnêtes commerçants ayant accepté de conduire Saru sur Nami depuis Yuki. Ici, la Gekei était certaine de décrocher un contrat qui la mènerait sur le continent et moyennant, évidemment, rémunération. La mercenaire usait souvent de ce genre de combine géographique pour voyager de contrées en contrées. Sa situation lui demandait de sans cesse être en déplacement pour esquiver une trop grande renommée, souvent plus longue à disparaître. Travailler tranquillement c'est aussi ça. Le port où elle avait accosté avec le reste des passeurs était semblable à tous ses homologues Namijins: anarchique. C'est à peine si les trafiquants eux-mêmes savaient où refourguer leurs marchandises. Evoluer dans ce genre d'endroit est aisé pour qui n'est pas trop imprégné des codes des sociétés ordonnées. Ici, les autorités ne sont qu'une vaste façade derrière laquelle se terre une galaxie entière faite d'arrangements, de meurtres, règlements de comptes et autres activités joyeuses. Mais derrière cette façade mieux valait savoir à qui l'on avait affaire, tant de vies ont été prises suite à une simple incartade...

Le meilleur endroit pour trouver contrat qui paie ? La "taverne" la plus proche du port, celle où les marins les plus fugitifs du monde s'arrêtaient boire un, puis deux, puis trois, puis douze verres accompagnés de leurs comparses eux aussi bientôt trop ivre pour pouvoir changer d'établissement. Ici se réunissaient les équipages et les informations avec elles. Déterminée donc, arborant comme à l'habituel le célèbre treillis Kirijin, Saru poussa les portes de la première enseigne s'offrant à elle et huma l'odeur de l'alcool et de la corruption. L'endroit parfait pour se frotter les mains. A ses premiers pas quelques regards troubles, un brin bagarreurs percèrent la cohorte pour mirer son accoutrement; il faut dire que les anciennes forces Kirijines n'avaient pas très bonne réputation dans les environs. Cependant, depuis la chute, les anciennes querelles n'avaient plus lieu d'être. D'autres regards, plus étonnés, scrutaient la queue de singe de la Gekei. On se grattait la tête, parfois à cause des poux, parfois pour se questionner sur l'origine de cette bien étrange excroissance.

Arrivée au bar, la Gekei y plaqua les mains avec fermeté afin d'interpeller le serveur qui lui répondit d'une moue désintéressée.

-Sers-moi n'importe quoi, j'suis sobre et assoiffée ! Sa voix cruelle et ses allures de terreur donnèrent de concert beaucoup de crédit à la formule. Un grand verre d'alcool fort lui fut servi. D'un coup sec elle l'engloutit. Allez un autre, j'ai pas terminé d'me rincer la bouche ! Fit-elle bruyamment.

Les quelques regards s'interrogeant sur la venue d'une femelle dans le coin avaient obtenu leur réponse: elle était du même monde qu'eux. Ils se détournèrent sans plus d'examen. Saru scruta, à gauche puis à droite du bar, des habitués cuvaient tranquillement, des moins habitués venaient s'affaler pour commander une autre tournée avant de partir en mer dans l'après-midi du lendemain. A côté d'elle, silencieux, se trouvait cet homme qui la scrutait, la pipe fumante à la bouche. Son regard fait d'un oeil sain et d'un autre aveugle happa l'attention de la kunoichi qui lui tint à peu près ce langage.

-Alors l'ancien, on découvre les femmes ? Rires dans la taverne, petit sourire de la part de "l'ancien". La Gekei avait de la répartie, c'était indéniable.

Ce dernier continua de faire fumer sa pipe et intriguée, la rouquine s'enfila une bonne gorgée pour l'observer à son tour. Rien chez lui ne laissait penser qu'il appartenait d'aucune façon à la fange venue se mélanger ici. Très propre sur lui, l'air savant, ce mystérieux individu dégageait un profond charisme, charisme façonné par les années. Il ôta sa pipe d'un geste lent, comme si le temps ne pesait pas sur ses épaules et que la personne de la Gekei ne valait pas la peine qu'on se dépêchât pour elle.

L'ancien:
 

-Rare de voir un ancien militaire pointer son nez par ici. Fit-il en pointant brièvement du doigt le treillis qu'arborait l'effective ancienne militaire. Je croyais que la plupart d'entre eux étaient allé se rendre au Shûkai. Continua-t-il en faisant un geste pour qu'on lui apportât un autre verre. De même que j'avais entendu que le clan Gekei se cachait derrière les remparts de la Feuille. Lâcha-t-il en désignant la queue de Saru du bout de la pipe.

Le sang montait déjà à la tête du Singe, de même que l'alcool. Ce curieux bonhomme avait touché juste, il savait indéniablement y faire. Le regard défiant de la Gekei se durcissait au fur et à mesure que celui du dandy se couvrait d'une gloire insolente. Un véritable combat d'ego se profilait en la personne de la kunoichi.

-C'est bien tu connais la dernière. Cracha la Gekei avec cynisme. Moi j'ai entendu qu'les faibles faisaient pas d'vieux os par ici, faut croire que j'suis tombée dans une tombe. Pauvre répartie quand elle était piquée. Mais p't'être que l'cadavre il va m'montrer le chemin d'la surface ? Tout dans la métaphore.

Métaphore comprise par le "faible" qui prenait la soudaine mauvaise humeur de la jeune avec beaucoup d'humour.

-A la recherche d'un dîner à ce que je vois... parfois c'est dur la liberté, pas vrai ? Tout en désignant les quelques blessures encore apparentes de la Gekei. De mon temps les jeunes pouilleux qui se ramenaient dans ton état on ne les prenait nulle part. Et je crois que c'est toujours le cas. Enfin... je ne suis qu'un témoin du passé, après tout.

Cette fois-ci ce fut à la Gekei de trouver sourire à afficher. Les yeux plissés, presque blagueurs, elle désigna le visage de son interlocuteur.

-Apparement tu sais d'quoi tu parles. Là d'où je viens, les insultes ne se font qu'entre bons copains, sinon, ça s'règle à coup de poing.

-Poète en plus de ça ? Chez moi aussi on règle ça entre hommes. Ou entre gens raisonnables quand la mer est agitée.

-Et il a un nom l'vieux marin ?

-Eh bien... le vieux, pour commencer, et Jack pour terminer.

La kunoichi éclata de rire. Les larmes lui montèrent à l'oeil tant elle était amusée. Quelques secondes passèrent de ce fou rire perdu au milieu de bien d'autres. Une dernière gorgée. Elle rit de plus belle. Le Vieux Jack la rejoignit, il est vrai que la situation était tout ce qu'il y a de plus amusante...

-Pourquoi ça ne m'étonne pas... et t'étais quoi dans ton temps ? Pirate ? Elle rit de plus belle. Cette fois-ci, elle ne se contrôlait plus. Hahahaha... Nan tu m'tues "Vieux Jack"... Pfouhahahahaha !

Pendant sa joie, la kunoichi avait laissé s'envoler un terme qui avait soudainement figé le Vieux Jack. Alors qu'elle était encore perdue dans les profondeurs du rire, ce dernier avait regagné ce sérieux qui caractérisait les anciens, immobiles face au temps qui passe. Les rires se calmèrent et les larmes cessèrent de couler.

-Précisément. Reprit-il sur un ton impérieux qui ne laissait aucun doute. De ce seul mot s'était dégagé un souffle bien plus angoissant que la plus sombre des nuits. Saru elle-même en fut saisie. Son regard se fit bien plus sombre, son air bien plus menaçant, Dieu qu'il avait de la stature cet homme-là. Face à tant d'atouts, la Gekei abdiqua à l'instant, prise par les flots de la personne du Vieux Jack. Les choses venaient de prendre une tournure bien différente.

-Et tu... 'fin vous savez... où... comment dire ça...

-Précisément. Fit-il en levant son verre.

Saru hocha la tête avec le sérieux qui la caractérisait en dehors de l'alcool et des tavernes.

***

Au dehors de la taverne, on apercevait le Vieux Jack et la Gekei. Le temps s'était comme arrêté pour la jeune kunoichi, elle qui avait l'habitude de tenir les évènements par dans le creux de sa main, voilà qu'elle se retrouvait pendue à l'initiative de cet ami qu'elle avait rencontré quelques minutes plus tôt.

-Tout bon homme libre navigue sur un bateau, tu sais.

-Et où est votre équipage, Capitaine ?

-Qui a dit que j'étais encore Capitaine ?

-Bah, vous avez pas d'bateau ?

-Non, je l'ai laissé se reposer il y a bien longtemps. Il ne doit plus rester grand chose de lui à ce jour.

-Bah alors...

-Eh bien pour le moment nous nous concentrons sur ton équipage.

-Attendez, moi j's...

Sans même attendre, le Vieux Jack bifurqua vers une rue adjacente. Vers un futur encore incertain.
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Message(#) Sujet: Re: La dernière singerie du Vieux Jack [Solo] Lun 29 Fév 2016 - 1:31

Du bout des doigts, la Gekei fraya un chemin à ses yeux à travers les persiennes assouplies par le temps pour observer l'émulation des rues de cette petite île au moment de midi. Le mercenaire que l'on connaît (peu s'il en est) avait désormais dans le regard cette petite étincelle de folie qui fait de l'humain l'être heureux qu'il est. Cette nature très sanguine, peu intéressée par les sphères intellectuelles trop lointaines, très peu critique même, avait fait germer un esprit moins bagarreur mais plus enclin au conflit, moins intéressé par les nobles questions des élites mais plus déterminé à frapper le monde de son passage, moins endormi et pourtant profondément insensible à l'impératif moral et politique. En deux tours de cadrant et demi, l'ancienne combattante marginale dont on savait qu'elle fut un jour l'outil des lignes Kirijines avait épousé la lourde et incertaine vie d'entrepreneur de l'interdit. Il y a encore peu, rien ne la différenciait de ceux dont nous parlerons bientôt. Aujourd'hui non plus si ce n'est le fait que cette fibre qui forçait la main des meneurs avait ressurgit.

Parlons d'eux dès à présent. Tous des hommes, de rien pour la très grande majorité, tous éprouvés par la vie instable qu'offrait le triste monde Nukenin. Tous accrochés à leur condition d'homme libre, cependant. Une bonne partie était très honnête mais peu soucieuse de prendre à ceux qui mentaient, suçaient, étouffaient les nations qu'ils avaient un jour été contraints de quitter pour noyer solitude et divergence dans les flots et terres hostiles de ce monde qui n'use pas de bannière comme artifice. Ces hommes laissés en reste, réprimés par la caste shinobi, ignorés par la noblesse, incompris par leurs pairs, ces mêmes hommes allaient ce soir prendre leur revanche sur cette partie du monde à l'agonie qui ne demandait qu'à ce qu'on lui assène le coup de grâce. Le Vieux Jack avait compris ces hommes depuis longtemps, il en était un lui-même. Tous les sacrifices étaient bons pour rétablir la balance, beaucoup seraient prêts à assassiner leurs anciens compatriotes s'il le fallait.

Et il le faudrait, cette nuit-même. Les vents avaient soufflé au Vieux Jack qu'un navire marchand avait terminé de vider ses cales et repartirait après un peu de repos. Ce repos prendrait fin au lendemain du jour dont nous discutons en ce moment-même. L'équipage avait opté pour se poster de l'autre côté de l'île afin de ne pas trop attirer l'attention, les hommes qui le constituaient avaient d'ailleurs ordre de rester aux alentours et de ne pas trop s'aventurer dans toutes les petites villes, trop attrayantes et capables de charmes fatales à l'homme discret. Bien-sûr, aucun n'était militaire et la rigueur n'étant pas de mise chez un équipage marchand ayant reçu sa paye, les informations étaient arrivées aux oreilles des plus puissants et des plus anciens. Personne sur l'île n'avait grand intérêt à bousculer l'équipage et le bateau, personne sauf celui qui convoitait quelque chose d'aussi précieux qu'une corvette pleine de vivres et en état de naviguer. Tous gros poissons dans les environs possédaient un bâtiment, et les plus petits n'avaient ni l'ambition ni le sous pour un tel investissement.

Seulement voilà, le Vieux Jack avait un jour mis un terme à sa vie de forban pour respirer la tranquillité qu'offrait son île phare. De ses anciennes prises il restait juste assez pour convaincre un groupe d'hommes solides de rejoindre un capitaine incapable de différencier le mât de l'ancre et assez fou pour s'approprier un navire par la force dans une île où faire des vagues n'augurait rien de bon. Il y avait en la personne de la Gekei une relève, disait le Vieux Jack. En réalité, lui qui connaissait le coin comme sa poche avait déjà entendu parler -par les contacts qu'ils avaient en commun- de cette mercenaire que rien ne faisait reculer, capable de traverser le monde pour ramener la tête d'un pékin, ayant un sens inné du commandement de terrain et douée de toutes les qualités de l'entrepreneur de l'interdit que nous citions plus haut. En réalité, c'est après une longue discussion que le Vieux Jack fut convaincu de l'avenir qu'apporterait Saru au monde libre qu'il respirait.

Le point de rencontre de l'équipage et de son capitaine avait été fixé sur la côte, une fois la nuit tombée. L'attaque viendrait de la mer.

***

Saru le savait, elle jouait sa réputation sur l'île et auprès de son équipage sur ce coup. L'opération devait se solder par une réussite totale et elle devait impérativement montrer à ses hommes que de tous, elle était la plus à craindre. Le groupe évoluait dans les eaux peu profondes du bord des côtes, éclairé par la lune. Leur butin se trouvait devant eux, peu éclairé et surtout peu gardé. Tant mieux, au moins n'auraient-ils qu'à faire un rapide ménage et mettre les voiles pour une île adjacente. De là, ils partiraient en mer et s'affirmeraient comme dignes de leur crime. A bien, y réfléchir, Saru attendait avec impatience le moment où elle atteindrait le pont, son futur pont. Tout en y réfléchissant, elle pouvait aisément, à elle seule, dominer l'équipage entier. Aucun shinobi ne se trouvait à bord, c'est pour dire. Cet engouement se traduisit par la longueur d'avance qu'elle avait pris sur le reste du groupe. Bien que l'attaque fut coordonnée, elle, allait agir seule.

Elle toucha vite la coque du bateau, ses capacités naturelles d'acrobate lui permirent une escalade plutôt aisée. Presque arrivée en haut, elle jeta un regard en arrière, ses hommes n'étaient plus très loin. Il fallait faire vite. Elle sauta sur le pont.

Scène de violence indescriptible. Décapitations, fractures fatales, exécutions après reddition...

Comme prévu, l'équipage n'eut quasiment aucun reste. L'un dans l'autre, ces derniers venaient de gagner un chef qui se trouvait là, couvert du sang des marchands, la poitrine se gonflant au rythme des grandes inspirations qu'il prenait, la bouche ouverte dévoilant des dents qu'aucun humain normalement constitué n'aurait jamais, un sourire en coin, le regard profond. La bête venait de terminer son repas et soumettait les esprits de sa meute.

Le destin de la kunoichi prenait le large... Une fin bateau et incomplète, soit, mais une fin quand même. Nous reviendrons sur les détails au fil des récits.
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