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 Recul [Yano-san]

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Message(#) Sujet: Recul [Yano-san] Sam 26 Mar 2016 - 19:01

Les croisements de fer, les chocs de chair, ainsi que quelques kiai s'élevant dans les airs étaient ici en pleine effervescence. Pourtant, ils s'accordaient à l'atmosphère comme les chants d'oiseaux le faisaient dans les bois et les prairies les plus prospères. Et d'ailleurs si l'on tendait l'oreille, on pouvait noter que ces animaux pourtant fragiles n'hésitaient pas à s'approcher des forums et faisaient même partie intégrante de leur activité.

C'était sûrement ce qui avait amené Mikami à se rendre au pays de l'herbe, prendre le temps d'une ou deux journées, pourquoi pas plus, s'aérer l'esprit comme se dégourdir dans le plus humble des déchainements. Ici, les shinobis comme les indigènes qui méditaient pouvaient rester assis alors que deux de ses confrères se battaient à quelques mètres de lui. Parfois, quelques passes d'armes s'effectuaient juste au-dessus de leur tête, lui tournaient autour avant de s'éloigner à nouveau au gré des échanges de coups. Combat comme repos s'harmonisaient parfaitement.

Ceci était tout à fait perceptible, certains cultivaient leur rage pour en tirer une dynamique positive alors que d'autres mettaient toutes leurs forces dans un coup dénué de colère et d'hostilité. Ce entre autres déclinaisons possibles, offrant un éventail d'hommes et femmes avec qui interagir par la pensée ou par le corps, de quelques manières que ce soit. L'amnésique crut même apercevoir un groupe se rassasier sur ce fond de pierre blanche dont la pureté seyait allègrement au climat autochtone.

Ce dernier n'était pour autant pas venu chercher un peu de contact humain, du moins, pas dans l'immédiat. C'était d'un cadre paisible dont il avait d'abord besoin, non pas pour se ressourcer, mais pour mettre à plat tous les évènements qui s'étaient déroulés ces dernières semaines. Nul besoin de les décrire à nouveau, chaque esprit, même extérieur, était marqué d'une manière ou d'une autre, de près ou de loin, par l'éclatement de ce qui aurait du être un épisode réunissant chaque village ninja. Ces derniers avaient su se tenir tranquille, et pourtant...

Toujours était-il que pour le Yorurai, si à tous les plans le calme était retombé, il n'était que la période où les gravas seraient déblayés pour que sur leurs ruines ne se construisent les bases d'une ère nouvelle. Une ère de transition, qui serait inéluctablement secouée du Nord au Sud comme d'Est en Ouest. Et il ne comptait pas y échapper. S'il avait voulu se contenter d'observer le monde s'entre-déchirer, jamais il ne serait rentrer au shûkai pour y ré-aiguiser ses talents, les refaire sien plutôt que d'avoir à se retrouver au frontière de la mort pour que tel un revenant, un éclair noir ne jaillisse d'entre ses mains pour mettre en pièce le plus désespéré des nécessiteux comme le plus avide des désireux.

Pour ce, un environnement neutre est pure, fidèle à lui même, stable et solide comme le roc ayant servi à bâtir ces forums était encore une fois, un endroit tout indiqué. Glissant fluidement sous une double-lame qui avait fendu la place, le sabreur se dirigea vers un espace peu occupé et y déposa son léger barda : sac de vivres, et katana. Ses jambes se croisèrent et ses doigts s'enlacèrent en se déposant sur ses chevilles. Enfin ses paupières se soulagèrent de leur poids et il était parti, avant de trier ses différents projets et implications, commençait déjà à faire le vide.

Beaucoup imaginent des lieux de quiétude pour se faire. Mais lui y étaient déjà. Il aurait pu penser à la légèreté de l'atmosphère, l'imbroglio d'affaires sérieuses et d'amusement qui fusionnaient dans le cadre des relations qu'il entretenait avec quelques villages au sein de Tsuchi. Mais ce fut à la dernière fois qu'il s'était rendu ici qu'il pensa. Reprenant à ce moment où tant d'énergie l'avait envahie...


* * * Quelques mois auparavant * * *

    - Encore faut-il avoir cette force et s'en montrer digne. Penses-tu être prêt à savoir... si tu pourras le faire ?


Le guerrier rouge s'approchait du jeune éclair noir, en pleine période d'épanouissement martial, une flamme de chakra au bout de chacun de ses doigts. Les pierres blanches n'étaient que matière brut et disséminées çà et là autour d'un plus gros monticule. Quand Yanosa fut à sa portée Mikami se saisit de son poignet et s'apposa lui-même le sceau. Il avait tout de même été surpris, avait hurlé, s'était contorsionné, puis avait fini par se rendre compte que comme cette foudre plus sombre qui parfois d'elle-même se manifestait, cette puissance pouvait être contrôlée.

Tels les pouvoirs dont bénéficiaient les shinobi face à leurs homologues dénués de chakra, cette montée de puissance pourrait être utiliser à bon escient... dans tous les cas subjectivement. Mais même si elle semblait lui ouvrir un bien plus large champs des possibles, l'amnésique ne vit aucune raison de trahir l'homme libre qu'il avait toujours été depuis ce jour sans passé ni identité. Ce ne serait pas une déferlante de puissance supplémentaire qui lui permettrait de soumettre d'autres à sa loi. Alors si fuir avec cette dernière ne lui passait pas par l'esprit... ne restait qu'à faire en sorte que son affrontement avec le Jashiniste ne monte d'un cran.

Son sabre fit un quart de tour et il fendit la prairie en flèche, posa un pied d'appui de manière à être en position de garde quand il fut à distance de bras de l'Oterashi, avança d'un pas en profitant de l'énergie que son pied ferme avait transféré dans le reste de son corps pour asséner deux coups de paumes à son adversaire le temps que son second pied ne retrouve le sol, pour cette fois bondir en cloche par-delà le roux et d'une contorsion vrillée, maîtrisée, vers un angle mort... de la pointe de son sabre le percer.


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Message(#) Sujet: Re: Recul [Yano-san] Dim 27 Mar 2016 - 20:34

** Il y a plusieurs mois de cela, dans une clairière de Kusa n Kuni **


Il était là devant lui, contorsionné et arqué sous l'effet du chakra qui déferlait pour la première fois avec cette intensité dans son organisme. Mikami était un bon guerrier, un soldat un peu rêveur et à l'idéalisme un peu ordinaire, et Yanosa voulait voir ce qu'il pouvait valoir si lui étaient données les clefs d'un autre niveau de pouvoir. Il lui laissa donc le temps de s'acclimater, planté devant lui après avoir reculé de quelques pas, lui-même parcouru par de véritables fleuves d'énergie dans ses veines et dans ses muscles. Comment le brun allait-il gérer et utiliser ces mêmes énergies ? Il allait le découvrir très bientôt, tandis que l'épéiste laissait son épée de côté, justement, en se redressant avec un tonus inouï pour lancer ses deux paumes vers le guerrier rouge. Sciemment, Yanosa écarta les bras pour accueillir l'attaque de plein fouet, jaugeant sa puissance en marquant un pas de recul sous l'impact, et observa la pirouette au dessus de sa tête en décrivant un demi cercle avec sa jambe gauche pour en suivre le mouvement. Mikami décida alors qu'il était temps de revenir à une attaque armée, se saisissant de son sabre afin de transpercer le jashiniste.

Ce dernier, quasiment retourné, plaqua entre ses deux paumes de main la lame qui se dirigeait vers son poitrail, ralentissant fortement sa course... mais pas assez. La pointe trouva la peau, puis la chair, les muscles et vint enfin perforer un poumon en finissant sa course. Le sang coula le long du poitrail, mais les paumes de Yanosa restaient en plein contrôle de la lame, commençant presque calmement à la retirer de ses chairs en faisant couler encore davantage du liquide vital, jusqu'à pleinement retirer le morceau d'acier pointu et aiguisé en la relâchant. Et alors que Mikami aurait pu s'attendre à voir son adversaire s'écrouler, ce dernier resta à la place de marbre, à peine penché vers l'avant sous l'effet de la douce souffrance qui remontait le long de ses terminaisons nerveuses. Son visage affichait un léger sourire, simple, tandis que le niveau de chakra dans son corps retournait peu à peu à un niveau normal.

« … Un peu timorée, même si on voit l'idée... Peut-être... Oui, peut-être que ce sera mieux... le jour où tu sauras pourquoi tu veux supprimer une personne plutôt qu'une autre. »

Sur quoi, Yanosa avait simplement tourné les talons, boitillant légèrement sur le côté qui lui avait été transpercée, rejoignant le campement où commençaient à être rassemblées les pierres.

** De nos jours **

« Alors, quoi d'neuf, Mikami ? »

Il venait d'apparaître devant lui, les mains placées sur les hanches, arborant comme à son habitude son gilet sans manche. Cela faisait un certain temps que le guerrier rouge n'avait pas revu Mikami, et il n'avait à vrai dire pas voulu suivre la trace du moindre de ses faits et gestes. Le jeune brun avait sans doute fait du chemin depuis, et le jashiniste était curieux de savoir de quoi il retournait. Voir l'épéiste ici lui renvoyait en tout cas le sentiment que celui-ci était resté attaché à cet endroit, à ses valeurs et à ses principes de vie, un constat plutôt encourageant.

« … Tu es venu pour me tuer ? »


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Message(#) Sujet: Re: Recul [Yano-san] Lun 28 Mar 2016 - 19:33

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Ce jour là, quand le forum n'était encore que clairière, l'Oterashi avait fini par quitté les lieux en laissant un Yorurai aussi dubitatif que stupéfait sur ce qui était réellement en train de se passer. Puis l'énergie du sceau s'était estompée et en parallèle de son souvenir l'esprit du jeune homme s'allégea puis se perdit dans sa méditation. De longues minutes de vide s'écoulèrent avant qu'il ne décide, peut-être une demi-heure ou une demi-journée plus tard, à mettre à plat tout ce qui en arrivant lui occupait les pensées. La problématique majeure restait comment articuler ce qu'il se passait à l'intérieur du Shûkai avec ce qui risquait d'arriver de l'extérieur. Les évènements de Tori, les galeries sous les nations ; ses relations avec les villages de Tsuchi, leur protection ; la peur qu'exprimaient les autres pays face à l'empire, et ses dissidents.

Dans cette petite région du pays de la Terre, Mikami avait créé un vide impérial : les habitants envoyaient directement leurs demandes à un restaurateur auquel il était proche et ne s'occupait que des missions les plus périlleuses (en soit, celles qui auraient été classées C ou B). Pour le reste, il y avait ses amis et habitués qui, débrouillards et suffisamment armés et ce spirituellement comme matériellement, savaient répondre aux besoins de leurs voisins. Si chaque village était loin d'être auto-suffisant, les interactions déjà nombreuses entre la plupart d'entre eux et les paysans du coin leur avait permis de vivre en autonomie. Leurs échanges avec le monde extérieur se limitaient aux voyageurs, au départ comme à l'arrivée. En d'autres termes : il y avait potentiellement toute une zone qui échappait à l'autorité impériale et qui pourrait servir de refuge, à quelques kilomètres seulement de Shozaichi comme du pays de l'Herbe. Les passages étaient nombreux, mais les habitants savaient à la fois vers qui se tourner et sur qui compter... à savoir, eux-mêmes. Et le jeune sabreur était l'un d'eux.

Cependant ses voyages allaient être amenés à se démultiplier et ses hommes et femmes auraient vite besoin de bien plus de forces pour faire face à ce qui pourrait, d'un moment à l'autre, arriver de l'extérieur. Pourtant le jeune homme ne pensait pas à cette tireuse qui avait attenté à la vie du Kamui au village caché du sable. Même s'il devait la retrouver dans quelques jours, il ne perdait toujours pas de vue sa prochaine escapade pour le pays de la Foudre. Bien que le motif soit personnel il devrait rentrer en contact avec Kumogakure avec qui les tensions demeuraient à l'obscur... C'était alors qu'il se projetait dans les montagnes faisant front à celle sur laquelle était dressée la capitale de feu l'alliance qu'une voix connue l'interpella.


    - Alors, quoi d'neuf, Mikami ? ... Tu es venu pour me tuer ?


Le jeune homme ouvrit d'abord un œil, puis les deux en relevant la tête quand il constata la présence du guerrier rouge. Tandis que ses mains étaient restées croisées, il en profita pour inter-changer deux doigts et ainsi former un signe incantatoire. Sa réponse poignit derrière l'oreille de Yanosa, comme s'il se trouvait derrière lui, exprimant son franc doute sur la question à la lumière des évènements de sa précédente visite.

    - Est-ce seulement possible ?


Le doute était permis. Seulement boitiller après s'être fait transpercer de la sorte n'était tout simplement pas humain. Quant à la première question, Mikami y avait tout simplement répondu en faisant utilisation de l'on'kyôton. C'était tout ce qu'il y avait de vraiment nouveau à partager. Le reste, l'examen chûnin, le kaiho-sha, la tentative d'assassinat... le Kusajin devait sûrement déjà s'en douter. Il reprit la parole et cette fois d'entre ses lèvres :

    - C'est un sunajin qui m'a appris ça. C'est sûrement la seule chose entièrement positive que j'ai pu tirer de ce voyage... Pour être sincère, je crains pour les habitants de l'empire en ce moment. Je parle de ces quidams qui nous nourrissent. Je sais que certains comptent sur moi, mais ils savent que je ne peux rester sur place à longueur de journée. Seulement avec les jours qui se profilent je doute de leur capacité à résister, même s'ils essaient de me faire croire le contraire.


N'allez pas croire que sa voix avait une tonalité sentimentale. Il ne faisait qu'exposer des faits rentrant dans l'ordre naturel des choses et en avait tout à fait conscience. Malgré l'alourdissement de l'épée de Damoclès planant au-dessus de ces habitants dont il parlait, son esprit comme son jugement conservait à la fois neutralité et lucidité.

    - Je suis venu ici pour faire le point. Ceci dit entre-temps, j'ai réfléchi à notre échange de la dernière fois. Je n'ai jamais douté de mes raisons de supprimer une personne plutôt qu'une autre. Même si les nuances s'appliquent au cas par cas et que les situations influent beaucoup sur les critères... Disons qu'aussi loin que remontent mes souvenirs, j'ai toujours réfléchi instinctivement aux raisons qui me pousseraient à en épargner.


Grossièrement, Mikami aurait pu dire "les hommes de pouvoir dénués de sagesse" quand il avait été question des cibles prioritaires. Mais ç'aurait été réducteur que de mettre des mots sur la question. Les valeurs qu'ils avaient échangé quelques mois plutôt étaient bien plus parlantes, elles s'alignaient sans être similaires, et dans cette contrée leurs accords s'exprimaient dans le silence avec plus de précision. Ce que le Jashiniste en avait fait était pourtant aux antipodes de ce qui se dressait au sein du système impérial. Ce fut sûrement ce qui, spontanément et sans aucune projection sur une quelconque réalisation, poussa l'amnésique à poser cette question.

    - ... comme par exemple quelqu'un qui assiérait une certaine influence en ces terres et, l'empêchant de s'exprimer, l'instrumentaliserait à son avantage. Lorsque l'on connaît les deux, il saute aux yeux que Kusa est étrangère à Shozaichi. Ce que je me demande Yano-san... parce que je sais que vous le connaissez personnellement alors que je n'ai pu que bénéficier d'aperçus, c'est est-ce que Kakeshuou Samui entre dans ces critères ?


Oui, ces forums étaient à ses yeux le genre d'endroit ou tout opinion et questionnement pouvait s'exprimer sans qu'aucune conclusion hâtive n'en soit directement tirée.
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Message(#) Sujet: Re: Recul [Yano-san] Jeu 31 Mar 2016 - 23:56

Non sans se faire légèrement surprendre, Yanosa entendit la première réponse du jeune épéiste lui parvenir depuis l'arrière de son oreille, le forçant par réflexe à tourner la tête de côté pour s'apercevoir de la supercherie. Mikami avait le sens de la mise en scène, minimaliste et efficace, pour faire comprendre les choses, ce qui pouvait trancher avec la façon de faire du guerrier rouge souvent enclin au long discours et aux arguments épanchés et détaillés. Vraisemblablement, le Yorurai avait appris à maîtriser une nouvelle forme de Ninjutsu basée sur le son, ce qui apportait à son panel déjà très large de possibilités en combat une nouvelle flèche à décocher en cas de besoin. Yanosa ne put s'empêcher un léger sourire, en se rappelant les circonstances de leur dernière rencontre. Pour sûr, il avait du s'en passer des choses dans la tête de Mikami après avoir été témoin de ce qu'il avait vu: voir un homme se faire transpercer sans pour autant requérir des soins immédiats avait en effet de quoi susciter quelques réflexions.

Mais, l'épéiste changea rapidement de sujet pour embrayer sur ses inquiétudes quant au sort des mères et pères nourriciers de l'Empire. Cette majorité silencieuse, rarement vraiment prise en compte mais dont on exigeait beaucoup, avait constitué le coeur de cible de Yanosa lorsqu'il était arrivé à Kusa, même si les habitudes du peuple local n'avaient rien de traditionnelles en la matière. C'était en effet cette majorité qui pouvait, à sa racine, redonner une force et une légitimité à toute l'espèce humain, le guerrier rouge le savait. Un nombre restreint de grands guerriers était une chose: une masse apte et éclairée en était une toute autre.

« Hm, tu dois aussi pouvoir admettre et accepter leur faiblesse présente, Mikami. Tu proposes une aide, soit, mais devenir le pilier indispensable et inamovible d'une groupe est tout sauf une bonne chose. Tu connais le proverbe: « donne un poisson à un homme, et il aura à manger pour un jour... apprends-lui à pêcher, et il saura se nourrir toute sa vie ». Transmettre le savoir et la compétence, voilà où doivent se centrer nos priorités. Je suis tout de même curieux de savoir ce que tu laisses entendre, en mentionnant les événements à venir.. »

Le jashiniste laissa continuer son interlocuteur, qui laissa aller le bon sens pour répondre à une interrogation qui lui avait été posée il y a plusieurs mois de cela. Différents critères, des contextes différents... En soit, Mikami n'avait pas vraiment tord, mais Yanosa doutait que l'épéiste sache vraiment quel poids il fallait mettre derrière ces termes. Et le jeune brun d'enquiller sur une présentation plutôt subjective du rôle occupé par Kakeshuou Samui, qui représentait apparemment une grande source d'inquiétude pour lui. Cela n'étonna pas Yanosa, qui était coutumier du fait: écouter les autres faire étalage de leurs doutes quant aux motivations et aux moyens employés par le Kamui était en effet monnaie courante pour lui. Le guerrier rouge pouvait parfois, même souvent être d'accord avec les reproches et remarques formulées. Pour autant... il se devait de préserver le Samui, non pas par bonté d'âme ou par amour envers l'Empire, mais simplement pour servir son plan à long terme.

« Absolument que oui, Mikami. Bien sûr qu'il correspond à des critères qui font de lui une tête à couper. Toutefois, tu l'as souligné toi-même... tout est histoire de contexte, de nuances.. De timing, en l'occurrence. Kusa est devenue plus forte. Taki, bientôt, suivra le même chemin. Et plutôt que de tenter d'étendre cette sphère « d'influence » vers le sud... le prochain coeur de cible sera naturellement centré vers Tsuchi. Et tout cela ne serait pas possible sans la structure que nous offre l'Empire, ne t'en déplaise. Celle que Kakeshuou nous offre sur un plateau.

Peut-être as-tu l'impression que le régime impose trop de choses à ses citoyens...? C'est peut-être bien le cas, là où aucun des miens n'a pu apporter les solutions mises en oeuvre ici... Et, je ne te parle pas de simple paix d'esprit et de savoir vivre, car la violence que la plupart exècrent est en réalité une composante essentielle et importante pour notre espèce. Mais la vérité, c'est que la stabilité que Kakeshuou a pu apporter dans toutes les régions sous son « contrôle » est une vrai bénédiction, un terreau précieux qui nous permet de faire pousser les graines du monde suivant. Mais ça... tu penses être prêt à l'entendre, Mikami ? Es-tu prêt à te focaliser sur les autres têtes à couper pour éviter de faire s'effondrer les échafauds sur lesquels nous avons pu bâtir... tout ça ?
 » finit-il en balayant la zone autours de lui avec le bras tendu.


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Message(#) Sujet: Re: Recul [Yano-san] Dim 17 Avr 2016 - 22:03

    - Hm, tu dois aussi pouvoir admettre et accepter leur faiblesse présente, Mikami. Tu proposes une aide, soit, mais devenir le pilier indispensable et inamovible d'une groupe est tout sauf une bonne chose. Tu connais le proverbe: « donne un poisson à un homme, et il aura à manger pour un jour... apprends-lui à pêcher, et il saura se nourrir toute sa vie ». Transmettre le savoir et la compétence, voilà où doivent se centrer nos priorités. Je suis tout de même curieux de savoir ce que tu laisses entendre, en mentionnant les événements à venir...
    - Justement, c'est partant de ces principes là que je vous en parle. Ils savent se battre et s'organiser ensemble, mais face aux évènements avenir... le mouvement de la Nation et du kaiho-sha nous mettent dans une position délicate. Ces villages dont je vous parle sont peuplés de gens dont la plupart sont plus sages que beaucoup d'entre nous. Il leur manque de la puissance, pour que je puisse les quitter l'esprit léger en sachant que si le shûkai venait à se faire attaquer, ils puisent protéger leur foyer et leurs familles des pillages et massacres de circonstances. Il se voit ici... que vous avez les moyen de leur transmettre cette puissance. La transmission, en général, justement, c'est ce que je considère comme le levier le plus fort d'un monde sage et équilibré.


Les évènements à venir ? Malgré son entretien avec cette kunoichi de Kaze, c'était bien cette division entre Ordre et Nation que Mikami avait en tête. Une séparation, d'une impulsion seigneuriale ou populaire, naturelle ou montée de toute pièce, qui mettait dans tous les cas le shûkai entier sur une corde raide. Imaginez par exemple que le daimyo de Mizu vienne à mourir. Peu importe d'où viendrait le coup de grâce, il suffirait de deux jours pour que des forces du monde entier se pressent d'elles-mêmes aux portes de l'empire. Je l'avoue... c'est une idée à creuser.

Discutaillant, le Yorurai s'était levé et mit à marcher, jugeant instinctivement cette démarche plus confortable pour poursuivre une discussion. Il avait croisé les bras derrière son dos en écoutant ce qu'avait à dire le guerrier rouge, surpris de constater que celui-ci allait dans son sens. S'il n'avait pas la certitude que ce ne soit pas une machination pour le pousser à parler, l'amnésique fut très vite interpellé par cette "histoire de timing". Son pas s'arrêta aussitôt et son regard s'arrêta sur l'Oterashi, trahissant le profond doute dans lequel il venait de le plonger. Sa sous-entendue alliance avec Van passa d'une oreille à l'autre sans trop trouver de place autre part que dans son subconscient. Contrarié, mais voyant que son vis-à-vis continuait de parler, il se remit en marche en reprenant le fil de la discussion.

Étendre l'influence vers Tsuchi... collait avec la requête qu'il venait de lui faire. Cette structure que Kakeshuou leur offrait sur un plateau... Il les aurait renversés volontiers ! C'était accepter une part de soumission pour quelques commodités qu'ils auraient très bien pu se dégager d'eux-mêmes. La pensée impériale ne pouvait s'installer dans la durée sans quoi elle contaminerait les esprits des shûkaijins. Pour autant le sabreur ne voulait pas voir alors Yanosa comme un arriviste. Peut-être se refusait-il à cette désillusion, peut-être soupçonnait-il une certaine proximité avec le Kamui pour l'avoir vu sur l'estrade à ses côtés le jour du coup d'état ; proximité qui pourrait expliquer indirectement cette inclinaison à voir l'empire prospérer quelques temps. Sûrement avaient-ils chacun un angle de vue bien différent sur cette structure...


    - Ce terreau ? Une bénédiction ? Je n'y vois que la place laissée par le silence des populations civiles dont le souvenir du meurtre des seigneurs féodaux est encore frais. Il n'y a pas de stabilité si c'est la peur qui l'a maintient, vous le savez tout aussi bien que moi. C'est justement... "tout ça" qui maintient encore l'échafaud. Sans cette liberté que Kakeshuou a laissé aux seigneurs de guerre et gouverneurs le climat serait radicalement plus sombre. Et j'en suis conscient, malgré son droit de véto et son autorité sur les prises de décisions, il ne prétend pas contrôler entièrement toutes les régions sous notre bannière... Ce n'est pas pour autant que je compte l'oublier pour aller "libérer" des peuples voisins.


Dans sa logique, Mikami passait même Kakeshuou en priorité sur cette prétendue liste. Il considérait naturel de s'occuper d'abord de ses problèmes avant ceux des autres, pour inspirer l'exemplarité à ceux qui verraient la chose du même œil et leur donner de la force à travers le parcours de l'information. L'inverse... revenait pour lui à intervenir dans leurs vies, y mêlant en plus leur identité impérialiste - aggravée s'ils visaient les hommes de pouvoir...

    - Ces autres têtes à couper... où se trouvent-elles, pour vous ? Et surtout... à quel point influencent-elles votre... "Timing".
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Message(#) Sujet: Re: Recul [Yano-san] Jeu 26 Mai 2016 - 11:38

« Et alors... quoi. Tu voudrais que.. je fasse un tour dans ces communautés dont tu me parles ? Que je leur distribue de la force à la volée pour ensuite simplement repartir et les laisser en faire ce qu'ils pensent le plus juste ou le plus utile ? C'est ce que tu attendrais de moi ? Mais peux-tu sincèrement croire... que j'ai procédé de cette façon ici à Kusa, pour oser me demander de façon sibylline une chose pareille ? Il ne faut pas confondre la transmission avec le don, et il faut encore plus éviter les raccourcis de ce style qui consistent à emprunter le chemin le plus facile en espérant que tout se goupille parfaitement, Mikami.

Avant de transmettre un quelconque pouvoir à ces gens, tout autours de toi, je leur ai appris à prendre le recul nécessaire sur le monde, à voir les choses plus clairement que jamais et ai cultivé leur soif pour le savoir en général. Nous ne sommes pas dans une bande dessinée, à distribuer de la potion magique à une file de civils inconscients... Non, si vraiment tu veux faire prendre cette voie à ces gens dont tu chéries la vie, il faudra faire les choses comme il faut, sans raccourci. 
»

Les deux hommes s'étaient mis à marcher à travers l'espace boisé à proximité du Forum, adoptant physiquement une dynamique plus propice à ce genre de discussion. Les gens autours d'eux tendaient bien volontiers l'oreille, curieux de savoir si quoi que ce soit de concret ressortirait de cet entretient.

« Mikami... Penses-tu vraiment les populations assez idiotes pour se sentir directement menacées par un Empereur dont la seule cible a été leur dirigeant féodaux respectif ? Réveille-toi, nous ne sommes pas sous le joug d'un régime tyrannique que beaucoup aiment à caricaturer en mettant simplement en avant le nom « d'Empire ». Les pays qui ont besoin de commerce et d'aides pour subsister obtiennent exactement cela, tandis que ceux qui sont sous la menace bien réelle d'attaques extérieures bénéficient de la meilleure protection que le Shûkai peut mettre à leur disposition avec ses moyens... Ce n'est en aucun cas un système que je veux voir se pérenniser, mais ouvre les yeux : il est actuellement... le plus sécuritaire de tous ceux qui existent sur la surface du globe, c'est une vérité.

Et c'est précisément pour cette raison que tous les autres Daimiyos du monde devront périr, en premier lieu. Puis si les Ombres s'opposent à la révolution de leur petit écosystème, alors ce sera à leur tour. Et, dans l'intervalle, si le Kamui doit disparaître... il disparaîtra. Parlant de lui, tu ne devrais d'ailleurs aucunement t'inquiéter de son sort
, dit-il en levant doucement sa paume gauche pour en contempler l'intérieur, sur laquelle semblaient ruisseler des runes complexes et variées. Il est, à la vérité... déjà tout à fait entre mes mains. »


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Recul [Yano-san]

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