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 Entre mer et Givre [Azuko]

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Message(#) Sujet: Entre mer et Givre [Azuko] Mer 3 Aoû 2016 - 19:56

Plusieurs heures de navigation séparaient le Suzurane de son prochain objectif. Si, fort heureusement, il avait pu compter sur le soutien de son vieil ami le pêcheur, il ne pouvait que réfléchir aux conséquences de sa décision. Depuis sa libération de Kiri, voire même avant, il avait pris le temps de réfléchir à la manière de récupérer ses terres. Et plus les années avaient défilé, plus les évènements internationaux avaient changé les détails de son plan. Mais jamais sa conviction première n’avait été entachée. Il allait récupérer Yuki no Kuni, c’était pour lui une certitude.

Et le village caché des Nuages était une étape nécessaire. Si cela pouvait paraître comme un coup de poker de sa part, ce voyage était bel et bien une étape. Les prochaines en date étant l’épée Givre, la reconquête de son clan et enfin… l’ultime bataille.

Hakyô, on en a pour pas mal de temps avant d’amarrer, t’sais.
Effectivement l’ami.

De son œil visible, l’Héritier regarda le navigateur. Tout portait à croire qu’il voulait lui dire quelque-chose, mais quoi ? Dans tous les cas, leur amitié vieille de plusieurs années empêchait l’un de ne pas comprendre l’autre d’un regard. C’était là toute la définition d’une telle relation, après tout.

Un jour tu m’as parlé de Givre, une sorte… d’épée ? Mais jamais tu ne m’as raconté son histoire…
Givre est une épée qui appartient à mon clan. En réalité, elle appartenait à mon père. Elle représente à elle seule…

Hakyô ne termina pas sa phrase. Intrigué par un tel moment de suspension, le pêcheur regarda son ami fixer quelque-chose dans le bateau. En suivant l’œil de ce dernier, le vieil homme au visage dévasté par l’âge et les tempêtes ne tarda pas à comprendre que le Suzurane ne fixait pas quelque-chose, mais quelqu’un.

Toi ! hurla-t-il en s’adressant à une femme qui faisait partie de l’équipage et des compagnons qui l’avaient suivi. Viens par ici !

Il attendit qu’elle s’exécute pour la scruter d’un peu plus près. Il ne semblait pas s’être trompé : non seulement son visage ne lui disait rien, mais même ses traits et sa peau trahissaient le fait qu’elle n’était certainement pas de Yuki no Kuni. Et ainsi, même si Hakyô ne connaissait plus parfaitement son peuple, il était persuadé qu’il avait en face de lui une étrangère à ses terres et à ses coutumes. Deux seules questions persistaient alors.

Qui es-tu et que fais-tu ici ?
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Message(#) Sujet: Re: Entre mer et Givre [Azuko] Sam 6 Aoû 2016 - 15:41

Quelques heures plus tôt….

Dhartsedo revivait en ce début de printemps, le port en pleine effervescence profitait de la fonte des glaces hivernales pour reprendre le commerce avec les pays continentaux, interrompu depuis presque cinq mois désormais. Les caravanes de yacks en provenance de Gyamda, par la route du nord, portent sur leur dos des fourrures de toutes sortes, prêtes à l’exportation, mais aussi de l’alcool régional, à base de racines et fleurs de campanules, seule plante comestible capable de vivre sous de telle latitude. L’alcool n’est pas exceptionnel, mais il a le mérite d’être bien moins onéreux que le saké ou même le vin, qui ne sont issus que de l’import. Les locaux le mettent à quasiment toutes les sauces, en plat, en dessert et même comme moyen de conservation en particulier pour la viande, préférant le fumage pour le poisson.
Mais si je suis ici, ce n’est pas pour le commerce, non. Il y a quelques instants, s’est tenu ici une rencontre qui m’a intriguée, je la suivais de loin à ce moment-là, mais cela n’a pas empêché d’attirer mon attention. Et me voilà sur ce port, à l’angle d’un entrepôt, mâchonnant un bout de viande de yack séchée mariné dans cet alcool âcre, observant le va et vient incessant des dockers portant les caisses de marchandises.
Discutant avec le capitaine d’un navire dont le visage avait subi les affres du temps pour en perdre toute sa vigueur d’antan, il semble vouloir embarquer emmenant avec lui une foule de gens, illuminés dirigés par son discours comme fidèles de la première heure. C’est donc naturellement au sein de groupe de personne hétéroclite que je décide de suivre l’individu me faisant passer pour une simple badaud passant par là.
L’heure du départ approchant, je rabats la capuche de mon épais manteau, dont la fourrure couvre presque tout mon visage, et je monte à bord par la petite passerelle sur le côté prenant place contre le bastingage en bois, regardant la sortie de la baie et au loin la mer s’étalant à perte de vue…


….Déjà plusieurs heures que nous naviguons, la météorologie propice avec une mer clémente ont déjà transformé Yuki en une tache sombre que l’on distingue à peine en regardant à la poupe du bateau. Voilà, quatre ans que j’ai pris racine sur cette île gelée, où j’y ai peaufiné l’entrainement de mon fils avant de le laisser partir quelques mois seul pour que je ne représente pas un danger pour lui.

Toujours adossée au bastingage, mon épais manteau sur les épaules, je regarde, posée, les va et viens de l’équipage pour faire avancer l’embarcation. Respirant l’air iodé à grand poumons, je profite de cet instant pour me retrouver avec moi-même, effet que je ressens tout particulièrement dans ces endroits perdus que peuvent être la mer, les montagnes de Tetsu, les immenses étendues de glaces de yuki, ou bien la dense forêt du pays de feu et son odeur de mousse humide.

Jetant de temps à autres un regard à l’homme que je suis, je me demande de quoi il peut bien parler avec le capitaine. Bien entendu ma présence à bord semble ne pas être restée un secret bien longtemps. Mon physique de continental, et certains gestes peu commun à ces insulaires ont vite fait de trahir mes origines pour cet homme qui me lance depuis quelques minutes des regards qui peu de temps après se transforment en une question.
Approchant de lui sans un mot, je semble presque ridicule malgré mon épaisse fourrure, qui pourrait presque faire lui faire office d’écharpe, bien qu’il ne fasse qu’une tête de plus, le ressenti juste à ses côté lui donne l’impression d’être un géant, et ses larges épaules musclées pourraient faire de lui une des montagnes de Yuki. Son teint halé trahit quant à lui ses origines nordiques, tout comme le plissement exagéré de ses yeux :

-Je me présente Azuko, je suis monté à bord pour rejoindre le continent, cela ne fait que trop longtemps que je me suis tenue isolée sur cette île, les choses se doivent de rester en mouvement si elles veulent vivres ou bien tuer… Mais ce serait vous mentir que de dire que je suis à bord uniquement pour cela, j’ai été intrigué par votre intervention d’aujourd’hui, surtout qu’elle me rappelle une discussion que j’ai eu avec un certains Yamada, et je voulais vous suivre durant quelques jours ou éventuellement discuter avec vous.

Un léger sourire vient se poser sur mon visage faisant apparaitre ces pattes d’oies qui trahissent désormais le fait que la vingtaine est loin derrière moi. Puis je reprends d’une voix calme, presque légère :

-Malheureusement je ne connais pas non plus votre nom, ni ce qui fait que les gens semblent ici perdus entre crainte respect et admiration à votre égard, si ce n’est votre taille. Dites m’en plus sur vous, je dois dire que vous m’intriguez.

Toujours souriante j’attends sa réponse tandis que les rafales de vents rabattent sur mon visage quelques mèches de cheveux rebelles


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Message(#) Sujet: Re: Entre mer et Givre [Azuko] Mar 16 Aoû 2016 - 18:58

S’il avait pu scruter l’inconnue depuis le haut du bateau et ce bien avant qu’il ne lui demande de venir, Hakyô pouvait désormais jeter son unique œil visible sur la personne qui lui faisait face. Comme il l’avait préssentie, elle ne pouvait pas être nordique, trop de signes à la fois physiques et culturels trahissant cette possibilité.

Sa taille et sa corpulence n’en faisait pas non plus une Suzurane – qui aurait pu lui valoir une confiance presque immédiatement acquise auprès de l’Héritier – mais elle pouvait néanmoins être une kunoïchi. Et c’était d’ailleurs une hypothèse que l’homme du nord ne pouvait ignorer. Après tout, si elle était bien une étrangère, pourquoi diable aurait-elle pris le risque de monter dans ce bateau sans y être invitée ?

De là, Hakyô n’avait pu voir que deux possibilités. Premièrement, l’inconnue devait se rendre sur le Grand Continent et elle avait sauté sur l’occasion qui s’était présentée à elle, et ce qu’importe les raisons ou les conséquences. Deuxièmement – et c’était là ce que le Suzurane croyait le plus – elle était venue pour lui. Et là encore, les raisons en restaient mystérieuses.

Mais fort heureusement pour chacun, la présentée Azuko répondit aux interrogations du navigateur.

Je comprends bien ton sentiment, Azuko. Mais si je ne sais pas ce que tu cherches sur le Grand Continent, garde à l’esprit que tu ne tueras pas sur mon navire.

Vivre ou tuer, voilà deux mots que la presque inconnue avait prononcé sans difficulté ni flagrante hésitation à ceux qui pourraient la faire prisonnière pour moins que ça. Mais Hakyô ne semblait pas en vouloir à son invitée. Était-ce parce qu’il ne craignait pas une possible kunoïchi car se sachant fort et surtout entouré de plusieurs Suzurane, ou parce qu’il semblait confiant sur les intentions de la jeune femme ?

Je suis Suzurane Hakyô, unique fils et héritier de la Montagne, dernier grand chef de mon clan, dit-il sans artifice avant de regarder autour de lui, le bras imitant la direction de son œil. Si tu décèles un tel comportement auprès de ceux qui m’entourent, c’est parce qu’ils voient en moi la promesse légitime d’un Pays de la Neige libéré du joug impérial, retrouvant l’indépendance qui lui assurait paix et honneur.

Sous le regard avisé du vieux pêcheur, qui continuait de naviguer avec calme, le Borgne invita Azuko à marcher sur le côté. A quelques mètres de là, ils purent se satisfaire de deux tonneaux comme de chaises. Le Fils du Nord s’y assit à moitié, attendant que la probable kunoïchi fasse de même.

Dis-moi, de quel Yamada parles-tu ? Et qu’est-ce qui t’a amené sur les terres reculées de Yuki no Kuni ?
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Message(#) Sujet: Re: Entre mer et Givre [Azuko] Jeu 18 Aoû 2016 - 18:47

Tel que je l’ai vu quelques heures auparavant sur la place de Darthsedo, l’homme, dont le nom est Suzurane Hakyô, semble vouloir théâtraliser, comme si, même au cours d’une simple discussion il devait rester ce meneur d’homme aux discours galvanisant. Cela ne m’embête pas plus outre mesure, du moment que nous arrivons à nous comprendre et à arriver à nos fins :

-Je croyais que ce bateau était une possession de votre ami ? Dis-je dans un élan de malice, jouer sur les mots est un de mes péchés mignons et je m’en prive rarement. Ne vous inquiétez pas je ne tue pas pour le plaisir, seulement en cas de nécessité, j’ai vu trop de sang couler et trop de vies arrachées pour en connaitre leur véritable valeur. Si vous souhaitez que ce navire reste un sanctuaire de paix alors je m’exécuterais.

J’étais venue en paix à bord, et je comptais bien la garder un certain temps. Je sais que les prochains jours ne seront pas de tout repos, le répit offert par ce voyage est le bienvenu, îlot de pause dans cet océan de tourments qui semble s’abattre sur moi depuis quelques mois. Fini les glaces de Yuki, elles me donnaient cette impression que le temps et les affres de la vie gelaient aussi. J’aurais tant aimé partager plus de temps avec mon fils là-bas…

-Vous savez, les fioritures avec le nom et tout ça, ce n’est pas mon genre, Hakyô ça vous ira ? Je comprends vos motivations, j’ai vu ce que l’empire a pu apporter. Il est le rejeton difforme d’un village qui n’aurait jamais dû se relever, kiri.

En évoquant ce nom, je tire une légère grimace. Malgré mon amnésie des images et souvenirs sont revenus et mes recherche m’ont appris bien des choses sur mon passé aussi, et Kiri en est une. Je sais que j’y ai séjourné dans les geôles et torturée, jusqu’à ce que je m’en échappe je ne sais comment, peut être aidée par quelqu’un, mais là rien ne m’est jamais revenu. Des sensations sont alors remontées de très loin et à ce nom est désormais associé un rejet total de la part de mon corps :

-Je me permets cependant de soulever un détail qui me chiffonne, votre projet apportera-t-il vraiment la paix ? Combien d’hommes, femmes, aussi grands soient-ils, ont-ils causés plus de souffrances que la joie qu’ils escomptaient apporter en voulant révolutionner ce monde ? J’en ai côtoyé pour ma part, j’ai même travaillé pour certains et plus grand était l’espoir qu’ils soulevaient, plus dure était la chute.

L’avertissement n’est pas agressif, je ne sais pas s’il en tiendra compte, mais j’espère qu’il ne sera pas totalement vain non plus, la grandeur de ce genre d’homme n’a souvent d’égal que leur entêtement. Pendant que nous discutons, il m’invite à m’assoir un peu plus loin sur deux tonneaux, dont la contenance doit probablement être constituée de maquereau en salaison vu le navire. Dans un petit saut je m’assois, trouvant la place peu confortable mais avec une belle vue sur la mer et son léger clapot.
La question sur le Yamada m’embête vu son avis de recherche, mais compte tenu des nouvelles informations que viens de me donner le Suzurane et ma discussion avec Kioshi, je crois deviner que ces deux-là ne sont pas inconnus l’un de l’autre :

-Quel Yamada ? Le genre de Yamada à tutoyer sans complexe, se baladant dans les limites de l’exhibitionnisme en particulier à Yuki et dont la froideur du contact semble jurer avec la nature de son clan.

Il est vrai que notre entrevue dans ce bar m’avait laissé une impression étrange, et il m’avait fallu un petit effort d’adaptation pour ne pas prendre personnellement ce qui semblait être un trait de caractère pour l’homme :

-Yuki j’y suis venu il y a presque quatre ans désormais, je crois que j’y étais surtout pour l’isolement et le refuge qu’offre cette île, mais aussi pour y finir un entrainement inachevé…

Bien entendu je ne lui précise pas que cet entrainement était pour Yukishiro et non pour moi, après tout il n’est pas nécessaire qu’il sache tout de moi :

-Pour en revenir au Yamada, il me parlait d’une bataille à venir à Yuki et qu’il souhaitait que j’y participe, en avez-vous entendu parler ? Il m’a également parlé d’un contrat peu équitable avec un Suzurane, serait-ce de vous dont il parlait ? Dois-je me méfier alors? Dis-je avec un léger sourire en coin, me doutant fortement qu’il s’agit bel et bien de lui.


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