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 Un royaume immortel [Ketsuen]

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Message(#) Sujet: Un royaume immortel [Ketsuen] Jeu 15 Sep 2016 - 21:47

Pourrions-nous la croire si Orion disait qu'il s'agissait de la première fois qu'elle voyait de la neige ? Ce serait assez peu probable. En revanche si elle précisait qu'elle n'avait jamais quitté son village natale dans les montagnes loin de tout, loin du monde et notamment des hivers glacés qui, parfois, déposaient cette somptueuse et crépitante couche immaculée. Autant dire que ce fut avec une admiration non dissimulée que la demoiselle observa les premiers flocons tomber du ciel alors que son navire approchait le rivage de Dhartsedo. L'air y était terriblement glacial, elle qui n'était pas habituée à de telles températures n'en fut pas pour autant déroutée, allant même jusqu'à se placer à la proue afin de mieux admirer le paysage en dépit des vents marins qui attaquaient sa peau diaphane par leurs morsures de givre. Son long manteau en fourrure, ses gants et ses bottes épaisses ainsi que son écharpes ne suffisaient guère à protéger son corps chétif si bien que les marins la voyaient constamment grelotter alors qu'elle gardait les yeux rivés vers le lointain. Bientôt les pourtours brumeux de la côte commencèrent à se manifester.

Pour Ori, aussi naïve et ignorante qu'elle fut, son excitation monta d'un cran sous l'appuie de la curiosité. Elle n'aurait jamais cru qu'accompagner le Kamui dans sa campagne lui permettrait de vivre de telles expériences. Alors que le bateau approchait du port, L'apprenti lieuses d'esprits se senti une fois de plus insignifiante face à l'immensité de ce monde qu'elle redécouvrait sans cesse, mais aussi et surtout insignifiante vis-à-vis de l'étendue et de l'incroyable potentiel de la civilisation humaine. La ville qui lui faisait désormais face en était un parfait exemple, tant dans la magnificence de son architecture instaurée en des terres au climat aussi hostile que par l'imposante marrée humaine qui s’affairait vigoureusement autour d'elle, faisant fit de ces dits éléments qu’étaient le froid et la neige.

Comme lui avait expliqué le Kamui, elle disposait en quelque sorte d'une permission jusqu'à la fin de la journée, après quoi elle devrait le rejoindre dans la résidence qui leur fut attitrée le temps du séjour. Ce fut dans avec mélange d'engouement, de crainte et d'excitation qu'Ori posa le pieds sur les quais en partie satisfaite de pouvoir se dégourdir les jambes. La marche, à défaut de réussir à la réchauffer, imposa à son corps un certain rythme qui avait au moins le mérite de l'empêcher de geler sur place. Ce faisant elle prit la direction de ce qui devait être le centre ville en s'émerveillant de tout ce qui se trouvait sur son chemin. En réalité Ori n'avait pas droit eu à une véritable permission comme on l'entendait. Ce long périple à travers les terres de l'Empire devait être source d'inspiration et d'expérience pour elle, ainsi, on lui demandait aujourd'hui de faire la rencontre d'un certain Samui Ketsuen gradé au rang de Taichou et qui devait, si elle l'avait bien comprit, appartenir à la même famille que Kakeshuou-sama. Le but de cette entrevue étant que son futur collègue lui fasse part de son savoir-être et de savoir-faire en tant que soldat afin d'aider la jeune femme à progresser. Le tout devait normalement se solder par un entraînement à la fin. Inutile de préciser que cette partie là inquiétait pas mal Ori qui ne croyait que sommairement en ses capacités.

La traversée des ruelles fut néanmoins suffisamment enchanteresse à ses yeux pour l'aider à se détendre. S'il lui avait fallut qualifier cette ville en deux mots l'Heishi aurait certainement pensé à « Grandeurs et Noblesses » qui en soit soulignaient parfaitement la magnificence de l'ouvrage architectural des lieus. La plupart des façades se voyaient parées de moult ornements, statues et autres gravures finement taillés par des maîtres d’œuvres dans des styles tantôt gothiques, tantôt baroques. Les différents murs qui l'entouraient semblaient amplis d'histoires. Orion n'avaient à ce titre aucun mal à s'imaginer les grandes festivités mondaines ayant eu lieu à l'intérieur et dont on lui avait tant parlé. A plusieurs reprises elle s'arrêtait devant les portails en fer forger pour contempler entre leurs barreaux l'agencement des différents jardins, car si la nature se révélait assez peu présente cette dernière en était d'autant plus mise en valeur. Un léger mouvement attirant soudainement son attention au milieu des hauts sapins dépassant d'un muré. Curieuse, Orion s'approcha et vit entre les branchages épineux une petite boule noire qui s'y était emmêlée. Elle n'eut aucun mal à identifier la dite boule comme étant un chat. Tendant le bras, elle aida la petite bête à se dégager qui dans une succession de bonds agiles atterrit juste à ses pieds sur le sol pavé de la grande rue.

-Nyah !Lâcha-t-il ou plutôt lâcha-t-elle dans ce qui ressemblait à un forme de remerciement.

Il s'agissait effectivement d'une chatte de gouttière au pelage noir qui semblait avoir vécu de meilleur jour, bien que la brillance de son poil laissait présumer un jeune âge. Amusée, Ori étira un léger sourire avant de gratifier l'animal d'une caresse derrière l'oreille.

-Mais de rien chaton !
-Nyah !
-Tu as faim ?

Retirant son gant, elle fouilla dans la poche de son manteau pour en ressortir une friandise au céréale qu'elle émietta en parti pour le donner à l'animal qui ne se fit pas prier pour tout engloutir.

-Nyah !
-Mais de rien ! Bien, maintenant je dois te laisser, bonne journée.

Elle qui serait volontiers restée ici à cajoler la bête se rappela qu'on l'attendait. Aussi ne perdit-elle pas de temps pour tourner les talons et reprendre sa route. Ori avait toujours une certaine affinité avec les animaux, c'était déjà le cas du temps où elle vivait encore dans son village. Toutes les créatures de la nature semblaient l'apprécier et elle avait un don pour les comprendre. Autrement dit, elle plus que quiconque savait ce qui se passait lorsque l'on nourrissait un animal errant. Ce qui ne l'avait pourtant pas empêché de le faire. Le résultat étant...

-Nyah !

L'adolescente manqua de trébucher alors que la chatte s'étaient immiscée dans ses pas pour se frotter contre sa jambe. Elle fit mine de ne pas la remarquer et reprit sa route. Le félidé ne s'avoua pas vaincu pour autant, repartant sitôt à la charge.

-Hey ! Non chaton ! Tu ne peux pas me suivre !! Dit-elle d'un ton qui devenait autoritaire.
-Nyah !

De son soupir en résultat un épais filet de vapeur qui s’évanouit dans l'air. S'avouant presque vaincue Ori émiettant un autre quart de sa barre de céréale, seulement cette fois-ci, plutôt que d'attendre que la bête ne finisse son repas, elle préféra prendre la fuite en usant de son allure de Kunoichi pour sauter de toit en toit, chose qu'elle n'appréciait vraiment pas faire. Par question de principe elle se doutait que sauter sur les toitures des maisons n'était pas très civilisé et que les résidents n'appréciaient sûrement pas que des soldats de l'empire ne viennent piétiner leur tuile. Aussi se pressa-t-elle se retrouver terre, désormais assurée qu'aucune boule ne poile n'irait s'immiscer entre ses propres pattes. Le restant du trajet se fit dans la même candeur mirifique. Tout était si beau, si bien fait, si intriguant et surtout, il y avait la neige. La jeune femme passait totalement inaperçue au milieu de la foule, malgré ses airs hagards.

Bientôt elle finit par arriver sur la place centrale. Le ciel était particulièrement nuageux, comme part temps de pluie. Il faisait donc assez sombre malgré que nous étions au beau milieu de l'après-midi. Pourtant cela n'empêchait pas à la vie de continuer son train quotidien. En effet, la place était bondée de monde et nombreuses furent les roulottes de bois installées de façon éparses pour permettre aux marchands itinérants de vendre leurs denrées. Orion se serait presque laissée tenter par une boisson chaude, mais déjà ses pas la menèrent au lieu exact de rendez-vous, à savoir la fontaine située au centre.

A l'image du restant de la ville, cette dernière était soigneusement sculptée et arborait en son sein une sculpture en forme de colonnes desquelles se démarquaient quelques petites statuettes à l'effigie draconique qui, par leur gueule ouverte, laissait échapper des filets d'eaux. Toute la structure était entourée par quatre lampadaires comportant chacun deux lanternes allumées et dont les éclats de lumières réverbéraient les reflets d’or sur les têtes des créatures mythiques. Conformément à la description qu'on lui en avait faite, Samui Ketsuen se trouvait bel et bien là. La première réaction d'Orion fut de le trouver étrange, la seconde quand à elle fut de le trouver intimidant, voir effrayant. Le Taichou avait vraiment une curieuse allure, du genre que l'on ne croisait pas tous les jours et qui nous marquait facilement. Immense était la mention qui lui venait en tête quand bien même cette dernière se révélait faussée, car venu du point de vu de la demoiselle, elle qui était haute comme trois pommes sur un cailloux et paraissaient toujours plus jeune que son âge. A cette carrure intimidante venait s'ajouter les nombreuses chaînes ainsi que l'énorme sabre attaché à sa taille. En le voyant, Ori fut tentée de rebrousser chemin, mais il était déjà trop tard car l'unique œil du Samui l'avait déjà repéré. Elle lui présenta en retour son plus beau sourire de façade, à peine convainquant, qui révélait ses dents blanches.

-Heu... Bonjour !? C'est... C'est vous monsieur Ketsuen !? Timide, elle l'était assurément, mais certainement pas associable c'était juste... Disons... qu'il était vachement impressionnant. ! Yumiyo Orion, enchantée de faire votre connaissance !

Elle n'aimait pas mentir cependant, en l'état, la vérité n'était pas de circonstance aussi s'inclina-t-elle droitement, les mains jointes le long du corps. Elle attendit quelques secondes avant de reprendre. D'une certaine façon parler l'aidait à gérer son mal-être.

-Heu... Comme vous le savez sûrement c'est Kamui-sama qui m'a envoyé pour que vous m'aidiez à m'entraîner. Enfin je crois... C'est bien cela non ?! Elle eut un petit rire nerveux... Navrée je suis pas habituée... C'est que je... Hahaa...

Nouveau sourire de façade. Ses lèvres s'étirèrent mécaniquement indépendamment du reste de son visage. Cette fois-ci elle parut encore moins convaincante que la première fois. Le silence gênant qui précéda ses paroles lui paru infiniment long.

-C'est vraiment une belle ville que voici. Vous... vous êtes un Samui c'est cela ? Si j'ai bien compris vous êtes originaires de ce pays... et... êtes-vous certain de ne pas avoir froid dans cette tenue... ? Si vous voulez nous avons encore des manteaux de fourrure dans la cale du navire ?

Qu'importait alors la réaction de Ketsuen, son allure peu commode se chargea de la retourner, la déformer et l'amplifier négativement aux yeux naïfs d'Orion qui avait cette fâcheuse tendance à se fier un peu trop aux apparences.

-Ho ! Non non ! C'est rien je voulais juste rendre service... Et sinon heu... Pour l'entraînement comment est-ce que cela va se passer ? Nous allons vraiment devoir nous battre ? C'est que... Je n'ai pas encore beaucoup d'expérience vous savez. Vous voulez certainement voir ce que je sais faire...? Non ?!

Et sans attendre, d'un signe du tigre à une main, elle fit l'éviter l'eau que recrachaient les dragons de la fontaine, inversant leur course pour fuir vers le ciel. Le visage alors incertain de la demoiselle se transforma, laissant place à une expression « froide » alors qu'une lueur brumeuse s'était éveillée dans ses yeux. Elle semblait comme en transe. Le fluide se mit alors à tournoyer harmonieusement autour d'elle et sembla se superposer à une entité invisible pour donner forme à la silhouette d'un serpent aqueux. Sitôt sa concentration brisée l'eau retomba en flaque sur le sol.

-Il s'agit de Nureru. C'est un esprit qui m'accompagne. Quand je dis ça certain pensent que je suis folle et d'autres disent que je suis une Mamoru.

Dit-elle en se grattant l'arrière du crâne, gênée. En réalité elle ne souhaitait être aucun des deux, bien que sa rencontre avec Doli avait facilité l'acceptation de sa condition en tant qu' « amie des esprits ».

-Si vous êtes comme Kamui-sama j'imagine que vous devez également être un... Nyah... Châton ?!

Orion baissa lentement la tête pour voir une boule noire trempée jusqu'aux poiles la dévisager de ses pupilles jaunes aux iris fendues. Son oreille droite s'agitait avec nervosité et frénétisme comme un signal d'alerte pour indiquer son mécontentement de s'être ainsi faite aspergée d'eau. Sa patte arrière parti gratter cette fameuse oreille avant qu'elle ne commence à se faire sa propre toilette puis, soudainement, se figea dans une position qui devait être assez incommodante. Immobile, seule sa tête pivota pour adresser le même regard exorbité à Ketsuen.

-Nyah ! Dit-elle sobrement.
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Nukenin
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Message(#) Sujet: Re: Un royaume immortel [Ketsuen] Ven 16 Sep 2016 - 6:03



Puisse t'il être gracié, celui qui dirigeait le soleil dans les cieux par son infinie puissance, d'offrir une journée aussi merveilleuse au peuple du nord. Rares étaient les moments où je pouvais m'émerveiller d'un tel cadeau céleste depuis que mon bras armé avait commencé à servir l'empire, mais cette journée s'annonçait magnifique, calme et exempte de tout devoir militaire. Depuis trop longtemps que mes muscles, mais surtout mon esprit, n'avaient eus de réel repos car si ce n'était pas la chasse aux pirates sur les voies maritimes reliant Mizu et Yuki, la mise en place d'une réforme des systèmes de défenses de mon pays d'adoption ou l'infiltration d'un réseau rebel souhaitant le démantèlement du gouvernement pro-impérialiste de Kakeshuou-Sama, c'était les multiples devoirs politique reliés au Triumvirat et mon ascension dans les sphères militaires de l'Empire qui me tenaient poings et pieds liés à l'ouvrage, tel un bourreau du travail. Et pourtant, alors que je pensais enfin pouvoir souffler un peu, d'enfin pouvoir voir une moindre étincelle de ce feu que l'on appelait liberté et qui réchauffait les coeurs, je me trouvai bien naïf d'avoir eut ne serait-ce qu'une pensée...un espoir en cette direction.

Alors que je tenais dans ma main un grand verre d'eau et que je savourais, du regard, le spectacle d'un levé de soleil qui reflétait toute sa splendeur divine sur les flots foncés des mers nordiques pour ensuite prolonger ses rayons jusque sur la blancheur immaculée du parterre enneigé des docks, l'on glissa une enveloppe sous la porte de mes appartements. Haussant le seul sourcil qui m'était encore capable de bouger, je me dirigeai vers le bout de papier nouvellement arrivé et me penchai pour l'atteindre du bout de mes doigts. À moitié relevé, cependant, la lettre glissa du bout de mes doigts et chuta sur le sol à nouveau. Serrant les dents, sifflant un juron entre celles-ci et ramassant la nouvelle dans un mouvement vif et brusque, j'allai ensuite m'asseoir dans le fauteuil de mon bureau après l'avoir retourné pour faire face à la grande baie vitrée qui me donnait une vue exceptionnelle sur le port. Tranquillement et à l'aide d'un shuriken en guise de coupe-papier, je fis une fente dans l'emballage pour en ressortir une missive impériale. Missive qui avait pour but de faire envoler tous mes espoirs de journée de congé.

Après que j'en eusse lu le contenu, je laissai simplement tomber mon bras droit le long de mon corps, le laissant dépasser de la chaise tout en lâchant mon emprise sur l'objet de malheur qui venait de m'enchaîner à une nouvelle requête impériale en plus de m'annoncer l'arrivée du Kamui dans la ville qui m'adoptait de plus en plus comme étant son champion. Soufflant un bon coup, je pris une gorgée d'eau du verre que je tenais toujours dans la main gauche, puis je le déposai pour attraper mon cache-oeil sur le coin de la surface de travail. J'y observai longuement l'insigne des forces militaires du Shukai qui en ornait la quasi totalité de la superficie externe de l'accessoire avant se tirer la langue en un signe de dégoût profond. Non pas envers l'Empire, mais surtout envers la situation que je trouvais tout bonnement ridicule. Mais...malgré tout...mon coeur patriote et loyal aux couleurs du Kamui reprit rapidement le dessus sur mes rêves de liberté. J'étais l'un des instrument de guerre de prédilection de cet empire et je me devais de respecter mes engagements et le serment que j'avais jurer de suivre avec honneur. Et puis...la mission était loin d'être l'une des pires que j'eus reçu jusqu'ici.

Prenant le soin de prendre une douche rapide, je me vêtus ensuite de mes habits habituels. Pantalon lourd et large sur lequel étaient attachées de multiples chaines, je n'avais cependant de haut qu'un simple manteau de poil sans manche et ouvert, laissant clairement transparaître un corps mince, mais musclé et d'une pâleur représentative d'un Samui pur-sang. Accrochant une à une les trois boucles d'oreilles qui allaient du côté gauche de ma tête, je passai ensuite une autre chaine qui, cette fois-ci, m'entourait le cou et descendait jusqu'à mon nombril. Ensuite vint le tour de mes bras, mais juste avant, je passai deux mains nues dans mes cheveux et je les brassèrent dans tous les sens pour leur donner cette allure hirsute et en bataille qui me caractérisait tant. Il devait être étrange, pour ceux qui apprenaient à me connaître, de voir à quel point mon apparence était scélérate et chaotique alors qu'au fond, c'était l'âme d'un soldat pour qui l'ordre et la loyauté valaient plus que la propre vie qui y habitait. Et enfin...ce fut les gants. De grands gants renforcés par quelques plaques d'aciers et surmontés d'immenses bagues argentées dont l'une seule était ornée d'un énorme saphir. Avec une parure aussi marginale et excentrique, cette Mademoiselle Yumiyo allait devoir être aveugle pour ne pas me reconnaître.

Puis enfin, alors que je m'apprêtai à enfin mettre un pied en dehors de mes cartiers personnels, je posai la main dans mon dos en tentant d'y agripper quelque chose qui n'y était plus...une habitude que j'avais bien du mal à corriger. Mes doigts tentèrent de s'emparer d'un objet, mais glissèrent dans l'air comme s'ils venaient de rencontrer que le fantôme de ce qui avait, un jour passé, été. Akuma Kudaku n'y était plus et restait prisonnière des griffes de la rébellion...jusqu'à ce que l'on juge que je sois assez digne de confiance pour le récupérer. Le démon brisé de Kiri devait aussi trouver le temps long et ennuyeux, lui qui ne trouvait de plaisirs qu'en absorbant le chakra qui lui était nécessaire afin de prendre vie et de faire entendre sa voix caverneuse. Fermant l'oeil, me jurant que ce serait pour bientôt, je remplaçai simplement son souvenir par le poids d'une autre arme toute aussi imposante...ou presque. Un cimeterre à large lame qui avait appartenu à un déserteur que j'avais tué quelques semaines plus tôt et qui était devenu un trophée accroché au dessus de l'un des fauteuil de mon salon. Une lame prestigieuse...mais loin d'égaler celle qui me revenait de droit.

Ce fut donc ainsi que je quittai mon bureau, descendant chacune des marches de la caserne des forces policière de Dhartsedo jusqu'à ouvrir les immenses portes doubles en bois renforcés de l'entrée pour ensuite me diriger vers la fontaine centrale du quartier commercial. L'air était froid, mais loin d'être insupportable. Ce fut d'ailleurs quelques flocons solitaires qui accueillirent mon torse en premier, soufflés sur celui-ci par le siphon d'air qu'avait créé l'ouverture de l'entrée de la caserne, mais rapidement la morsure glaciale du froid se changea en caresse givrée et agréable sur ma peau couleur brouillard. Peut-être était-ce dû à mon sang Samui...à mon appartenance à ma race? Même si je ne maîtrisais pas encore les pouvoirs claniques des miens...

De ruelles en ruelles, mes grands pas laissèrent la trace de leur passage dans la fine couche de poudreuse blanche qui avait recouvert la moindre parcelle de pierre ou de terre sur des kilomètres à la ronde. Parfois, je passai deux doigts gantés sur les surfaces planes d'un bâtiment aux allures tantôt gothiques, tantôt baroque des monuments les plus anciens des quartiers centraux et historique de ma ville d'adoption. Le relief de leur architecture était bel et bien unique en son genre et chaque fois, à chaque jour, c'était comme si je redécouvrais leur texture. J'adorais la plus importante ville portuaire de la grande île froide...probablement parce qu'elle était un peu à l'image de ce que j'étais; Impressionnante, intimidante, froide et plus grande que nature dans bien des aspects...mais cachant une nature étonnamment complexe et toute en finesse lorsque l'on prenait le temps de s'y attarder.

Mais c'était surtout les premières apparences qui frappèrent la jeune femme qui m'adressa enfin la parole après que j'eusse déjà rejoins le lieu de notre rendez-vous et attendu quelques minutes avant son arrivée. Lorsque je me retournai, je fus surpris de voir cette mignonne et petit brin de femme se présenter à moi avec l'un des sourires les plus forcé du monde, alors que son corps lui s'était crispé et s'efforçait de suivre le protocole militaire des shinobi de l'alliance des pays neutre gouverné par Kakeshuoi Samui, un honorable représentant de ma race, tout aussi pur dans celle-ci que moi-même. Arquant un sourcil, je ne dis pourtant rien et je me contentai de l'écouter et d'analyser son comportement et ses réactions. Elle était tendue...et était loin d'être confortable...chose qui ne m'était pas étranger comme réaction lors d'une première rencontre, mais la suite des évènements piqua particulièrement mon attention et ce, dès le moment où elle mentionna l'ordre d'entraînement qui avait accompagné la lettre.

Il ne fallu pas plus que quelques secondes pour que son air se change du tout au tout. Passant d'une fille timide et inconfortable à une jeune femme concentrée et sérieuse, son regard se transforma au même moment où son chakra interagit avec l'eau de la fontaine. Un serpent liquide se forma dans l'air et les yeux de la Heishi devinrent brumeux, comme habités par une puissance enfouie profondément en elle. Mon oeil bleu de glace s'ouvrit alors plus grand et ne quitta pas ceux de la petite Shukaijin, qui ne semblait ni plus jeune, ni plus vieille que moi tout à coup...le sérieux dont elle faisait preuve effaçant l'allure "cadette" qu'elle eut pu avoir quelques secondes auparavant. Puis, alors que j'approchai tranquillement le bout de mes doigts du reptile aqueux, celui-ci s'effondra sur lui-même et chuta sur le poil d'un petit félin qui eut tôt fait se démontrer son mécontentement. Appartenait-il à cette Orion? Probablement pas...mais ils s'étaient vraisemblablement déjà rencontrer...vu la réaction de la Kunoichi.


On dirait que tu as un admirateur. Dis-je simplement en ne quittant pas l'animal du regard. La jeune femme pu alors entendre une voix claire, mais loin d'être aiguë, sortir de ma gorge. Une voix qui, si elle le voulait, pouvait porter loin et fort, pleine d'assurance, mais très humble à la fois.

Et pour tes nombreuses questions...Oui je suis un Samui
Non je ne suis pas originaire de Yuki...mais de Kiri
Oui j'ai froid...ou plutôt mon corps à froid, mais je ne le sens plus. Alors j'endure, donc non je ne veux pas de manteau.
Et...non. Je ne maîtrise pas le Hyôton. J'ai...l'on m'en a empêché....en fait.

Des paroles qui avaient eus le mérite d'être claire nette et précise malgré l'indifférence avec laquelle elles avaient dûes être lancée.

Malgré tout, je m'approchai de deux pas en direction de la Yumiyo et je me penchai légèrement vers l'avant en guise de salut, puis je repris cette fois-ci avec une voix beaucoup plus intéressée. Un esprit qui l'accompagnait? Cette simple annonce eut pour effet d'attiser une immense curiosité au fond de mon regard de givre qui donnait maintenant plus d'importance à la shukaijin.


Ce que tu as fais était surprenant et...ne t'inquiète pas...je serais fou de croire que tu es folle. Notre monde est beaucoup plus complexe que certains peuvent le penser. Laisse les rire..laisse les dire ou croire ce qu'ils veulent. Si tu sais quelque chose que eux ne savent pas...alors tant pis pour eux. Je sais ce que c'est...crois moi.


Et c'est suite à ces mots que je fis signe de la main à la jeune femme de me suivre alors que je m'enfonçai plus loin sur la rue principale marchande. Les mains dans les poches de mon haut sans manches, je remarquai le regard que posait de temps à autre la nouvelle venue sur mon sabre, mais je n'en dis rien. Au lieu de cela je pointai plutôt un établissement d'où sortait une trainée noire d'une cheminée en brique et où l'on pouvait lire le mot "auberge" sur un insigne publicitaire.

Un bon repas chaud, une bonne ambiance chaleureuse...et un breuvage qui saura te réconforter. Ça te vas? Ce sera plus facile de discuter dans ces conditions à mon avis.




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Message(#) Sujet: Re: Un royaume immortel [Ketsuen] Lun 19 Sep 2016 - 21:04

Ori eut un léger mouvement de recul lorsque le grand homme s'inclina devant elle. Simple réflexe poussé par l'allure interpellante du concerné. L'adolescente avait encore du mal à se faire à cette carrure quelque peu hors normes, et ce sans parler de sa tenue vestimentaire couplée à son arme. En outre temps et outre circonstances, elle se serait contentée de longer la rue dans l'autre sens afin d'éviter de croiser sa route. Seulement il semblait que le destin avait choisi de rétrécir les allées de l’existence pour les obliger à se retrouver tous les deux faces à faces. Fait étonnant, quand bien même la voix du soldat imprégnait les esprits de par sa gravité, elle ne laissait présager aucune forme d'hostilité ce qui, sur le coup, eux le don de décontenancer l'adolescente, mais pour une toute autre raison. Et plus il parlait et plus les appropries qu'elle avait initialement entretenu à son encontre se brouillaient.

Elle n'avait certainement pas la prétention de pouvoir comprendre autrui, seulement d'être très réceptive à leur comportement ainsi qu'à beaucoup de choses qui l'entouraient. Dire qu'elle ne le trouvait plus intimidant aurait assurément était une erreur, seulement elle pensa que, la prochaine fois qu'il s’inclinera devant elle, elle n'aura cette fois-ci pas de mauvais réflexe et restera droite dans ses bottes. Mais plus que le ton, ce furent les mots employés qui l'affectèrent. Ils n'étaient pas autoritaires, ils étaient conciliants. Ori avait même l'impression qu'il cherchait à la rassurer. Alors qu'elle le dévisageait à présent avec de grands yeux interrogateurs, elle se demanda si tout compte fait cet homme n'était pas quelqu'un de « gentil ». Dans tous les cas chaton semblait plutôt l'apprécier puisqu'elle prenait plaisir à se frotter contre ses jambes.

-Nyah ! La messe était dite et Orion s'inclina alors comme elle savait si maladroitement le faire.
-Ou... Oui c'est une bonne idée... Répondit-elle à la proposition d'un repas chaud.

Il fallait dire qu'elle n'avait rien avalé depuis l'aube. Et l'idée de quitter le cadre enchanteur, mais glacé du centre ville, n'était pas pour lui déplaire. Elle suivit alors son mentor du jours jusqu'à l'intérieur de la fameuse auberge. Celle-ci n'avait également rien avoir avec ce qu'elle connaissait des lieux conviviaux de sa terre natale. Sans doute était-ce en parti dû au contraste avec le climat extérieur, mais l'intérieur lui semblait infiniment plus accueillant et chaleureux. Puisqu'ils ne se trouvaient pas dans une taverne l’atmosphère restait au demeurant assez posée sans ambiance gaillarde. Ici tout semblait inciter au repos et à la tranquillité. Orion s'étonna de voir que le plafond était si bas, sans doute était-ce pour conserver au mieux la chaleur que dégageait l'imposante cheminée encastrée dans le mur du fond. Le contrepartie étant que le Samui manquait de peu de voir sa tête riper contre les poutres au-dessus de lui. Plusieurs tables étaient disposées le long des murs. Le duo décida de prendre place à celle se trouvant au plus proche du foyer qui brûlait avec intensité à côté d'une petite pile de bûches n'attendant qu'à être jetées à l'intérieur.

Si cela n'avait tenu qu'à elle, Ori n'aurait certainement pas hésitée à s'agenouiller au plus proche des flammes afin de se réchauffer, mais la encore la notion de civisme lui interdisait toute action. Alors son regard finit de balayer la salle pour décortiquer l'aspect de chaque ornement. Un tabard à l'effigie de l'emblème du Pays des neiges attira soudainement son attention. Quelques choses venaient de bouger derrière. Manquant de froncer les sourcils la demoiselle fut brusquement tirée de sa rêverie par la gérante venu quérir la commande de leur repas. N'ayant absolument aucune connaissance sur les denrées et autre produits locaux elle préféra s'en remettre au choix de Ketsuen. Ce fut ainsi qu'elle se retrouva avec bol de bouillon de bœuf et de légumes devant elle. Ôtant un à un ses gants Ketsuen pu alors apercevoir un sceau présent au dos de la main gauche de la jeune femme. Frappant ses paumes à trois reprises avant de les joindre, elle adressant une brève prière avant de s'attaquer au repas.

-Bon appétit ! Clamât-elle avant de saisir de ses baguettes un morceau de bœuf qu'elle s'apprêta à enfourner dans sa bouche.
-Nyah !

Figée dans son geste inachevée, elle adressa un coup d’œil en direction de Chaton, également installé sur la table et qui dévisageait l'adolescente avec des yeux de merlan frit. Elle se contenta de répondre par une moue boudeuse avant de détourner la tête pour lui tendre le morceau de viande. Cette petite boule de poil était vraiment trop mignonne. Cela en devenait presque agaçant...

-Excusez-moi Sempai. Pouvez-vous me dire en quoi va consister l'entraînement du jour ? Nous allons vraiment devoir nous affronter ? Non... Parce que comme je vous disais... Je n'aime pas trop cela... Pourtant Kamui-sama dit que je devrais davantage m'endurcir. Cela sera possible en votre compagnie ?

La faim, le froid, le côté intimidant de Ketsuen. Il en fallait davantage pour réussir à nouer la langue d'Orion.

-Je suis étonnée par ce pays. Il y fait vraiment très froid, mais j'aime beaucoup comment sont les habitations ainsi que tout le reste. Là d'où je viens il n'y a jamais de neige et tout est beaucoup plus vert. C'est Taki. Le pays des Cascades ? Est-ce que vous connaissez ?

Elle parlait tout en mangeant avec appétit, s'interrompant pour mastiquer, et parfois pour directement boire le jus du bouillon. A plusieurs reprise son regard se porta à l'attention du tabard à l'autre bout de la pièce sans qu'elle n'y fasse un quelconque commentaire. Pourtant, elle en était bien certaine, il y avait quelque chose de vivant qui se cachait derrière et ce n'était certainement pas un chat.

-Et toi tu vas chercher à me suivre encore longtemps ? Brève coupure. Aucune réponse de la part de l'animal. C'est sûr que si je continue de te donner à manger...

Un coude sur la table, la tête posée contre sa joue, elle dévisageait le félidé qui l'imita en penchant mécaniquement son minois d'un demi quart. Sur l'instant c'était à se demander qui des deux avait l'air la plus dubitative, ou la plus bête, au choix.

-Difficile de te trouver un nom...

Fit-elle en reportant son attention sur son bol encore chaud. Tout juste à moitié consommé ce repas l'avait déjà grandement revigoré et les articulations de ses doigts, jusqu'alors gelée, avait reprit de leur souplesse. Ils lui furent plus qu'utile pour remuer le fond avec ses baguettes. Perdu dans ses pensées, elle fut de nouveau interpeller par cet éternel mouvement de drapeau.

-Sempai ! Vous disiez que vous saviez ce que c'est d'être... prit pour fou ? Est-ce que vous pouvez aussi voir les esprits ou quelque chose du genre ? Parce que je crois qu'il y en a un esprit qui se cache là-bas derrière.

Dit-elle en pointant d'un index nonchalant le monceau de tissu qu'elle semblait être la seule à voir s'agiter depuis tout à l'heure. Le temps que le Samui porte son regard dessus Orion finissait de picorer le fond de son bol. Une fois fait elle se rendit compte que tout ceci lui avait donné soif. Voulant commander une collation la gérante lui proposa une boisson bien étrange faite à base de lait, de miel de menthe et d'un zeste de cannelle. Seulement un étrange phénomène se passa à l'instant où elle but la première gorgée. Ses pupilles se dilatèrent brusquement au point où le bleu de ses iris n'était presque plus visible. Ce que la gérante avait oublié de préciser étant que la boisson contenait une forte dose de rhum noyé dans tout le sucre du miel. Outre le fait que les âges de consommation légal d'alcool n'étaientt pas les mêmes entre Taki et Yuki, il était nécessaire de préciser qu'Orion n'était pas faite, mais alors absolument pas faite pour encaisser se genre de breuvage. Le pis étant qu'elle ne se rendit compte d'absolument rien et termina sa tasse en un rien de temps.

-Hup ! Fut-elle prise d'un léger hoquet. Là encore elle demeurait toujours inconsciente de son état, quand bien même ses imperceptibles mouvements de balancier la trahissait à des kilomètres. Heu... chaton... Tu as ramené une copine... ?

Nous y étions... Elle voyait double...
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Message(#) Sujet: Re: Un royaume immortel [Ketsuen] Mar 20 Sep 2016 - 4:54



Non étonné de la réponse de la nouvelle recrue que m'envoyait le Kamui, je ne fis qu'un vague sourire en coin en observant le petit chaton qui venait se frotter au bas de mes bottes renforcés. Comme pour répondre à l'intérêt que je venais tout juste de lui porter, il releva la tête et plongea ses yeux félins dans le bleu du mien, puis s'en retourna vers sa maîtresse du moment; la jeune Orion. Le mot jeune étant peut-être rapidement choisis car en réalité, nous devions probablement avoir le même âge. Je portai alors  une main dans mes cheveux et les repoussai vers l'arrière alors que je réfléchissais à laquelle des auberges nous devrions aller en cette heure, mais surtout laquelle était la plus accueillante car, il ne fallait pas l'oublier, Dhartsedo restait une ville portuaire et comme toutes villes accueillant bon nombre de marins plusieurs établissements louant chambres et services annexes regorgeaient d'individus aux intentions louches et au caractère bruyant. Ce fut donc "La nuit blanche" qui me vint rapidement en tête. Malgré son nom, il s'agissait d'un lieu tenu par une famille du clan Samui et dont le calme et les traditions prenaient beaucoup plus de place que l'ambiance chaotique de nombres de tavernes se retrouvant plus en basses villes...près des docks.

Ce fut donc sous le son de nos bottes écrasant la blancheur de la neige que nous nous dirigeâmes là où nous fumes déjà bien accueillis par une lointaine cousine de ma propre personne et son mari. Tous deux avaient préférés la vie de tenanciers d'auberges à celle d'intrépides Shinobis et rêvaient maintenant de fonder leur propre petite famille et de voir les enfants grandir au sein du clan, dans le quartier Samui, celui où nous nous trouvions à l'instant même. D'ailleurs, si ma protégée de l'heure avait bel et bien remarquée l'emblème de Yuki no kuni sur l'un des murs, elle pouvait aussi bien finir par observer les quelques étendards Samuis qui flottaient sous la chaleur du foyer. Bien entendu, ils étaient tout de même assez éloignés de la cheminée pour ne pas prendre feu.

Enfin, sous le regard insistant de l'invitée, je me dirigeai vers l'une des tables les plus proche du foyer et y tirai la chaise de la jeune femme avant la mienne, respectant l'étiquette de bienséance que tout Samui se voyait être enseignés dès le plus jeune âge. C'est d'ailleurs là que l'on pouvait réellement constater le contraste entre l'allure rebel que je pouvais dégager comparativement à mes manières très disciplinée et axées envers les traditions. J'étais un Samui, quoi qu'en disait mes semblable ou les inconnus qui ne se gênaient pas de me lancer des piques concernant mon manque de maîtrise dans le Hyôton. Après tout...ce fut un choix...venant du haut conseil lui-même.

Hochant la tête, chassant le visage insolent de ce Kosobayui qui me vint à l'esprit lors de ma précédente réflexion, j'allai m'asseoir à mon tour sur la chaise de bois finement travaillée qui m'attendait alors que, sans même nous le demander, Naoki venait nous servir d'abord un bol de bouillon bien chaud. M'échangeant un sourire bienveillant, je lui répondis par un signe de tête puis, alors qu'elle passa derrière Orion, un geste qu'elle fit me fit rouler les yeux. Décidément, l'emmener dans un endroit où l'on me connaissait n'était peut-être pas une bonne idée...pas pour moi du moins. Je savais ce qu'elle avait derrière la tête et j'allais avoir à fournir des explications bien assez tôt après notre rencontre si je ne voulais pas être victime des potins enfantins de ma cousine.

Puis vint les morceaux de viandes et le riz. Deux morceaux de caribous bien cuits, un tantinet saignant, sur un lit de grains d'une blancheur de neige et quelques morceaux de verdure ici et là...mais que très peu. Il ne fallait pas oublier que les légumes restaient une denrée rare et cher à Yuki. Baguettes dans la main gauche, rappelant que je n'étais pas droitier, j'allai porter mon morceau de viande dans une sauce aigre avant de n'arrêter mon mouvement et d'observer l'étrangère enlever un gant et réciter une prière. Bien que celle-ci eut attirée mon écoute, le regard de mon oeil, lui, fut dirigé vers le symbole qu'elle avait de tatouer à la main. Ces sceaux devaient très certainement être utiles et là où je ne pouvais qu'être respectueux envers cette discipline ésotérique qui devait probablement regrouper les plus grands cerveaux du monde Shinobi, je devais m'avouer surpasser quant à cette discipline. Peut-être demandait-elle trop de subtilité pour moi...mais je préférais, et de loin, ce qui était beaucoup plus direct. Le taijutsu...par exemple.

Enfin, nous pûmes nous régaler de notre repas copieux sous la chaleur des flammes du brasier et l'ambiance rustique de la chic cabane qu'était La Nuit Blanche et alors que je montrais peu bavard, ma collègue elle ne lésina pas sur les questions et les remarques en tous genres. Toujours accompagnée de sa petite boule de poile intrusive...mais qui finit par se faire une place parmi nous après tout. C'est donc suite à une petite caresse sur la tête du félidé que je repris la parole afin de répondre aux questions de celle qui semblait être liée aux esprits d'une voix neutre, qui ne se montrait ni spécialement intéressée ou désintéressée de la tournure de la discussion. Peut-être était-ce ma vie de guerrier qui m'avait enlevé cet entrain que la plupart des gens éprouvaient en parlant...du moins c'est probablement ce qu'allait penser la jeune femme. La réalité n'était pas bien loin de cette explication d'ailleurs et, me sachant aussi désensibilisé, je connaissais parfaitement les raisons de ce genre de comportement. Une aptitude que tous bons shinobi finissaient par développer...de pratiquer...si souvent qu'ils devenaient réellement ainsi; Insensibles[/i]

Si ce que Kakeshuou voulait était de te renforcer...alors oui...nous allons nous combattre. Selon mes règles et selon mon entraînement. S'il t'envoie à moi, c'est probablement pour te tester toi, oui...mais moi aussi. Alors je préfère être franc et honnête; notre entraînement sera difficile Orion. Tu souffriras...tu auras mal...et moi aussi probablement. Mais ce n'est pas tant ton physique qui sera mis à l'épreuve, mais ta ténacité...ta capacité à persévérer et à ne pas lâcher prise. Dis-je en posant mon oeil unique sur mon interlocutrice. Mon visage ne reflétant que la sincérité de mes propos et rien d'autre.

Mais ça devrait payer au final. Et oui, je connais Taki...un bon ami à moi y est le Shuhan d'Itabei. Sinon il y a bien une période où la neige se dissipe un peu à Yuki, mais ce n'est qu'ici dans le coin de Dhartsedo et au début de l'été. Le nord, lui, reste toujours blanc et froid. Même à Gyamda, la capitale et centre du pays, la neige y est éternelle...immortelle. Paroles qui furent suivis d'une courte pause alors que mes mains remontaient le bol de bouillon à mes lèvres afin que je m'y abreuve tranquillement, suivis d'une bonne gorgée d'eau fraîche.

Hmm. Non. Je n'ai pas la prétention d'affirmer que je peux voir ou communiquer avec les esprits. Dis-je en observant l'endroit qu'elle pointait du doigt, tentant d'apercevoir ce qu'elle y voyait mais en vain.

Et je ne te traite pas là de prétentieuse...tu m'as l'air de tout sauf d'une dingue ou une prétentieuse. Cependant, j'ai bel et bien un lien privilégié avec...quelque chose. Quelque chose de bien spécial et qui n'a probablement rien à envier aux esprits et aux Mamoru si tu veux mon avis. Mais je ne saurais réellement dire ce qu'est...cette...chose. Alors t'inquiète, je ne te prendrai jamais pour une barge. Et si tu l'es...tant pis ou tant mieux, c'est probablement mieux que d'être borgne.

Euh...du coup...ça va toi? T'es sur que

Et, sans même que j'eus le temps de me rendre compte de la situation, les dernières paroles de la demoiselle me permirent de comprendre ce qu'il se passait. Traînant mon regard jusqu'à la chope qu'elle avait engloutit durant le repas, je terminai la mienne à mon tour sans nécessairement ressentir le moindre effet secondaire, ci ce n'était qu'une certaine aise que je n'avais pas au début de notre conversation. Finalement...peut-être était-ce réellement au niveau physique qu'elle avait besoin de renforcement

Hmm...finalement je ne crois pas que l'entraînement sera pour aujourd'hui. On peut reporter ça à demain matin si tu veux...à moins que le Kamui ne te l'accorde pas.


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Message(#) Sujet: Re: Un royaume immortel [Ketsuen] Dim 25 Sep 2016 - 9:25

-Nyah ! Fut la seule réponse de la chatte à cette étrange question. L'animal dévisageait à présent sa nouvelle futur maîtresse avec de grands yeux. Elle pencha les moustaches afin de mieux l'examiner, comme si celle-ci était en mesure de comprendre ce qui arrivait à la jeune femme.

De son côté Orion avait le rouge qui lui montait jusqu'au joue. Elle avait soudainement beaucoup plus chaud et finit par retirer son manteau de fourrure. Son regard dilaté se perdit dans les différents aspérités et autres ornement de la pièce, puis une énième fois sur le tabard. Elle fixa un long moment dessus sans se rendre compte que Ketsuen était en train de lui parler. Ce fut le silence qui précéda ses mots qui attira finalement son attention.

-Heu... non, non ! Ça va très bien ! Hup ! Attendez ici... Je dois aller voir un... un truc...

Ce fut ainsi qu'elle se leva de table en chancelant, un curieux spectacle, somme toute particulièrement amusant pour les autochtones qui voyaient une petite étrangère n'ayant visiblement pas supporté la spécialité local. La demoiselle de son côté ne se rendit compte de rien, se contentant d'avancer jusqu'au drapeau pour soulever ce dernier.

-Hé ho.... ! Petit.... ! Hup ! Tu te caches où... ?!

Elle se penchasous le monceau de tissu et oscilla brusquement, manquant de peu de se cogner la tête contre le mur. Non contente d'avoir l'air ridicule sa recherche se révéla plus infructueuse. Il n'y avait rien là-dessous. Ou tout du moins, s'il y avait eu quelque chose, cela n'y était plus. Déçue par cette absence de trouvaille Orion se redressa toujours avec cette allure titubante, et se retourna vers Ketsuen pour lui adresser une moue boudeuse.

-Il est plus là... Hup !

Son trajet retour jusqu'à la table ne se fit pas sa désordre. Elle manqua de renverser plusieurs chaises sur son passage et les pas lourds de ses bottes sur le plancher frisèrent à plusieurs reprises l'exagération. Des rires commencèrent à s'élever dans la pièce ; davantage amusés que moqueurs. Elle était devenu le centre de l'attention et une partie de cette dernière convergeait naturellement vers son tuteur du jour.

-Venez... ! Il faut le retrouver... ! Hup !

Dit-elle en écrasant ses mains sur la table de façon inquisitrice. Ses pensées confuses ainsi que le zèle provoqué par l'alcool tendait à l'orienter vers cette histoire de petite chose caché derrière le drapeau, à supposé que cette dernière ait réellement existé et ne soit pas l'entier fruit de l'imagination de l'adolescente ivre. Ce faisant elle attrapa Ketsuen par là main et se laissa tomber en arrière afin de le forcer à se relever pour la suivre. Seulement le rapport muscle-poids-taille ne joua pas du tout, mais alors pas du tout en sa faveur si bien que le Samui, toujours assit sur sa chaise, ne broncha pas d'un centimètre, tandis que la demoiselle y m'était toute sa volonté et n'était plus qu'à deux doigts de s'envoler si elle lâchait prise. Alors qu'elle tirait aussi fort qu'elle le pouvait un craquement venu de l'étage attira soudainement son attention. Elle leva ses yeux pétillants vers le plafond et se fendit d'une expression étonnée.

-C'est lui !!

Sitôt dit elle se dirigea à en trottant jusqu'aux escaliers qui à présent avaient des allures de véritables défit. Le décor oscillait tellement autour d'elle que les marches de bois prenaient des allures de montages russes. Les bouffées de chaleurs l’enivraient. Ses muscles relâchés par la boisson peinaient à supporter son propre poids si bien qu'elle se retrouva à longer le mur pour gravir les marches une à une. Chaton, qui n'était en réalité pas un chaton, mais juste une chatte adulte, la suivait en grimpant sur la rampe, avisant la jeune femme avec toujours autant de curiosité. Le spectacle grossier, mais des plus innocents qu'offrait Orion aux yeux des autres clients ne manquait pas d'éveiller encore et encore les rires. De centre d'attention, elle était devenu l'attraction de ce début de soirée.

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Message(#) Sujet: Re: Un royaume immortel [Ketsuen] Lun 26 Sep 2016 - 23:30


Le sourcil arqué, l'oeil suivant les moindres mouvements de celle qui m'avait été envoyée par le Kamui, je l'observai attentivement se lever de table et prendre d'assaut le mur qui l'obsédait tant de sa démarche chancelante et trop peu équilibrée. Alors que son avancée la menait au blason qu'elle soupçonnait grandement d'être la cachette d'un être intangible, les quelques rires étouffés de la salle augmentèrent. Cousins et oncles lointains me regardaient d'un air confus, un sourire aux lèvres et auxquels je ne pouvais répondre que par un haussement d'épaules et un court soupire qui n'eut de réaction que de faire pouffer de rire ceux qui s'abstenaient déjà trop. Surtout après que la quête de l'invisible de la nouvelle venue vint se terminer par cet air boudeur, quoique mignon, qui ne faisait qu'ajouter à l'hilarité des spectateurs.

Je pris alors une bouchée de mon pain en tentant d'ignorer la scène alors que les regards incessants de mes parents commençaient à me gêne. Être le centre d'attention au sein d'un champs de bataille ou d'un regroupement militaire ne m'avait jamais dérangé, au contraire, mais dans une situation comme celle-ci, je ne savais tout simplement pas comment réagir. Aussi, je ne fis que fermer l'oeik en voyant la jeune femme trébucher sur quelques chaises sur son passage en créant un véritable brouhaha, comme pour chasser cette image embarrassante de mon champs de vision. Cependant, ce fut deux petites mains, mais puissante, qui me fit réouvrir l'oeil et reprendre contacte avec Orion. Véritable impératrice du moment présent, de toute sa grande petitesse, elle me prit la main droite en tirant de toute ses forces, échappant un petit grognement d'effort par la même occasion. Voyant que ses pieds glissaient sur le sol tant elle tentait de me faire bouger, mais sans succès, je refermai néanmoins mes doigts autour de sa main afin de m'assurer qu'elle ne tombe pas à la renverse si jamais elle venait à perdre l'équilibre.

Heureusement pour elle, la kunoichi réussit à se ressaisir alors que, tous deux, nous portâmes notre regard vers le plafond. Le bruit d'un plancher de bois, craquant sous le poids d'un pied lourd, pesant, résonna. Véritable signe d'une présence spirituelle, ou du moins pour la principale concernée, je la vis se précipiter dans les escaliers à une vitesse qui ne devait pas être permise pour une personne dans son état. Craignant qu'elle ne déboule la série de marche rendu au sommet, ou même à moitié chemin, je me mis à sa poursuite aussitôt, l'empêchant même à deux ou trois reprises de tomber vers l'arrière quand bien même eut-elle les mains sur la rampe, rampe qui servit de passerelle pour la chatte abandonnée qui avait décidée de nous tenir compagnie d'ailleurs.

Seulement, après avoir repoussé le petit corps de la jeune femme d'une main bienveillante, et après que nos deux pieds eurent enfin touchés le plancher de ce deuxième étage, il n'y avait sous nos yeux qu'un long couloir donnant accès à une série de chambre autant sur la droite que sur la gauche. Toutes, sauf une, étaient fermée à clef, mais plus aucun son ne se faisaient entendre. Si ce n'était celui des rires en bas, ou du vent qui soufflait sur les parois du bâtiment, ou qui sifflait dans l'une des fenêtres mal fermée de l'une des chambre.

Je posai alors ma main sur l'épaule d'Orion et m'assurai d'avoir son attention avant de me faire entendre d'une voix claire et convainquante , mais qui n'avait rien d'autoritaire malgré tout.



Hmm...il n'y a rien Orion. C'était probablement qu'un client qui allait dormir...ou le bois du plancher qui craquait. Ces maisons sont vieilles, et elles bougent...


Préférant ne pas mentionner son état d'ébriété, histoire d'éviter de la froisser ou de l'embarrasser, je ne fis que mentionner des faits qui pouvaient être parfaitement logique. Cependant, un autre craquement retentit, venant de cette seule chambre accessible. Mon regard croisa alors celui de la jeune femme qui, sans grande surprise, semblait vouloir me dire "JE TE L'AVAIS DIT!!!". Puis, lentement, je m'approchai du cadre de la porte afin de jeter un regard à l'intérieur, suivis de la demoiselle.


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Message(#) Sujet: Re: Un royaume immortel [Ketsuen] Sam 8 Oct 2016 - 22:39

L'épreuve des escaliers se révéla encore plus difficile que prévu. Heureusement que Ketsuen était là pour la soutenir auquel cas elle aurait finit par trébucher et se retrouver les quatre fers en l'air au pied des marches avec en prime de bels hématomes. Ce fut ainsi qu'elle arriva au premier étage de l'auberge saine et sauve. Un long couloir vide et mal éclairé donnait sur une succession de chambrées. Le fait de rien trouver de pertinent, aucun esprit, aucune apparition ou autre créatures mirifiques toutes droits sorties de l'au-delà frustra Orion. Cela se vit clairement à sa moue boudeuse. Et il fallut que le Samui vienne poser sa main sur son épaule pour tenter d'apaiser ses doutes ce qui, à défaut de réussir, l'irrita davantage.

-Si !!

S'esclaffa-t-elle en tapant une fois du pied. Même si elle en avait toujours l'air Orion n'était plus une enfant, tout du moins jusqu'à cet instant où l'on venait de découvrir que l'alcool exerçait cet effet sur elle. Prise dans son caprice elle s'apprêta à aller fouiller les chambres une à une en faisant fi des locataires quand un nouveau craquement se fit entendre. Levant les yeux en direction de son senpei la jeune femme lui adressa un regard réprobateur soutenu par deux sourcils froncés. Le « JE TE L'AVAIS BIEN DIT » implicite prenait effectivement tout son sens en cet instant. Son compagnon prit cependant les devants pour entrer dans la pièce à droite qui n'était visiblement pas occupée. Une atmosphère passablement sinistre et glacée planaient sur les épaules des deux shukaijin.

Les principales causes étant l'absence de lumière ainsi que la fenêtre ouverte qui laissait les vents marins pénétrer dans un sifflement sourd, mais continu. Ce même son fut coupé net lorsque Ketsuen vint rabattre les volets. Il y fit alors encore plus sombre mais le bruit retomba pour laisser le silence imprégner les lieux. Petit à petit les échos des discussions au rez-de-chaussez vinrent apporter un peu de bonté dans cet environnement lugubre comme lorsqu'on apercevait une torche au milieu de la nuit, sans que l'on puis profiter de sa chaleur, on savait que cette dernière était proche et qu'il suffirait de quelques pas pour la rejoindre afin d'échapper aux bras de la solitude. Hors l'attention d'Ori était encore une fois tournée ailleurs et plus précisément sur le lit qu'elle avisait d'un regard fixe depuis l'instant où le duo était entré dans la chambre.

-Hooo... Tu es plutôt mignon... Hup ! Est-ce que tu es seul ? Moi aussi...

Elle laissa de nouveau reposer le silence qui cette fois-ci sembla s'imprégner d'une forme de mysticisme serein qui émanait directement de l'adolescente. Papillonna,t des yeux elle leva la tête en direction de Ketsuen avant de nouveau reporter son attention sur le lit.

-Enfin plus trop maintenant... Il y a le monsieur avec-moi. Il fait peur comme ça, mais en fait il est gentil.... Je l'aime bien il m'a offert à manger... Et... et y'a aussi chaton...

La concernée se s’esclaffa pas pour l'occasion. Jusqu'alors assise au sommet de la tête de lit elle fixait le même point dans le vide que sa maîtresse mais avec des yeux complètements exorbités qu'on aurait dit deux énormes billes prête à se détacher de sa tête pour rouler sur les oreillers.

-Est-ce qu'... Est-ce que tu veux venir avec nous...?!

Elle releva la tête en direction de Ketsuen comme pour lui demander l'autorisation. A ce stade il était difficile de déterminer si l'avis du Samui comptait vraiment à ses yeux ou si son comportement étaient entièrement mu par l'ivresse.

-Et c'est quoi ton nom... ?

Nouveau silence. Rien de tangible ne se passa.

-Néééééééé.... Ne-mu-i... Nemui !! Répéta-t-elle... J'aime bien...

Le jeune homme qui jusqu'alors voyait Orion tournée de trois quart face à lui put apercevoir un sceau lumineux apparaître sur la droite de sa nuque. Ce dernier s'éteignit aussitôt laissant une empreinte indélébile sur la peau de la Kunoichi comme si l'on venait de le lui tatouer à l'encre. La concernée, au vu de son état, ne s’aperçut de rien et continua sa conversation en... en solitaire ?

-Ne t'inquiète pas Nemui tu n'es plus seul maintenant...

Dit-elle en s'installant sur le lit afin de se saisir de l'invisible et plaça ses mains en coupole pour porter les à auteur de ses yeux. Après un bref examen la demoiselle étira un sourire qui révéla toute ses dents avant de « reposer » la chose sur le matelas. Suite à quoi Orion s'empara d'un pan de la couette (un épaisse fourrure rembourrée de qualité) pour la rabattre sur elle.

-Vous... Vouuuus... Venez dormir avec nous Ketsuen-san ?!

Dans ces mots se mêlaient sobriétés et innocences pur. C'était comme si elle s'était adressée à un membre de sa famille ou quelque chose qui s'en rapprochait. Seulement elle l'avait dit à haute voix et certainement un peu trop fort tant il lui était difficile de s'entendre parler. Des remarques jasèrent depuis le bas des escaliers. Visiblement certains n'avaient pas manqué une miette de la conversation. Seulement entre temps Orion s'était déjà endormis toute emmitouflée qu'elle fut dans cette épaisse fourrure. Chaton (puisque semblait s'agir de son nouveau nom) se roula en boule prêt du visage de sa nouvelle protégée. Dans la seconde qui suivit un léger froissement se fit entendre depuis le lit. La faible lumière que projetai le rez-de-chaussée dans le couloir à l'étage souleva une ombre satyrique partant du lit pour se projeter contre le mur en face. On y voyait une créature qui semblait être un croisement entre plusieurs races de félidé aux grandes oreilles se tenir debout sur Ori.

A son tour elle se roula en boule puis disparu comme dans un rêve.
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Message(#) Sujet: Re: Un royaume immortel [Ketsuen] Mar 11 Oct 2016 - 18:53

Rien
... C'était ce que je voyais en entrant dans la chambre qui n'avait de sinistre que ce que notre imagination s'amusait à nous laissez imaginez. Le lit était fait, les meubles biens rangés et le placard bien fermé, seul la fenêtre laissait passer un hurlement continue alors que ses volets battaient quelques fois au gré des bourrasque, laissant leur bois frapper celui du mur Ouest de l'établissement. Mes muscles se décontractèrent donc, laissant s'évaporer ce sentiment d'urgence qui avait prit de plus en plus d'ampleur dans mon esprit au fur et à mesure que nous approchions du cadre de la porte de chambre. Ce sont donc deux mains parfaitement détendues qui vinrent se refermer sur les petites poignées en étain qui servaient à fermer les panneaux de la fenêtre, puis je me tournai vers Orion dans l'idée de lui rendre à mon tour ce regard de "Je te l'avais dis  qu'il n'y avait rien"...mais la scène qui se déroula alors devant moi me laissa bien perplexe.

La jeune fille, debout, s'était retournée face au lit et n'avait depuis toujours pas dérivée son regard de sur celui-ci. Fixant un point bien précis, elle semblait observer quelque chose qui, à mon oeil, n'existait pas. À plusieurs reprises, ma seule pupille intacte se promena entre ma collègue et la draperie du matelas, tentant de discerner un quelconque indice de ce qu'elle y voyait, mais je n'y trouvais toujours rien...pas même lorsqu'elle se mit à parler à cette "chose" invisible. Préférant ne pas interférer dans cette étrange discussion, je reculai simplement d'un pas ou deux afin d'appuyer l'un des côtés de mon corps contre le mur et je fermai l'oeil, laissant plutôt mon ouïe se charger du reste. Si je ne pouvais voir, aussi bien tenter d'entendre...mais encore une fois, je me trouvai incapable d'entrevoir quoique ce soit, ou d'entendre dans ce cas-ci. Je hochai donc la tête, comme rappelé par le bon sens et je portai mon regard au centre de l'un des carreaux vitré de la fenêtre, préférant au moins centrer mon attention ailleurs. Pas que je ne croyais pas aux esprits, loin de là, mais plutôt par frustration de ne pouvoir réellement comprendre toute la situation. Ce ne fut d'ailleurs que lorsqu'une question me fut indirectement posée, et après un petit délais avant que je m'en rende compte, que je finis par acquiescer d'un vague signe de tête en guise de "oui".  Jusqu'à ce qu'un autre élément n'attire mon attention...

Du coin de l'oeil, une faible lueur m'interpella alors qu'un sceau faisait son apparition sur le corps de la jeune shukaijin. Arquant le sourcil, c'est là que je réalisai la véracité de toute cette scène. Le fuinjutsu n'était jamais utilisé pour rien, il y avait toujours une raison derrière l'apparition d'un tel signe sur la peau d'un graveur de symbole. Je restai cependant muet, encore, quant au reste du déroulement des événements. J'étais pris entre la fascination et l'incompréhension. À la croisé des chemins entre le mythe et la réalité. Je n'avais jamais vu un parleur d'esprit auparavant...et je comprenais maintenant pourquoi elle pouvait être prise pour une barge. Il n'y avait rien de "logique" qui se passait dans cette pièce. Ou du moins, pas en se fiant à ma vue ou celle d'un Shinobi n'ayant pas le pouvoir qu'elle avait.

Ainsi donc, je restai stupéfait de voir qu'elle communiquait aussi aisément avec l'immatériel, ce que l'on ne voyait pas, mais qui semblait bel et bien avoir une conscience. Cependant, je fus rapidement sortis de mes pensées philosophique lorsque je vis la petite se coucher dans le lit. L'alcool avait fait son chemin et la fatigue l'emportait tranquillement vers un état de somnolence. Dormir auprès des esprits...était-ce réellement sécuritaire? Quoique, après tout, peut-être avais-je moi-même cotoyé des êtres invisibles dans des moments encore plus intime sans même le savoir après tout. Mais, la question qui suivit me cloua au sol, me laissant sans mots autres qu'un "Heuuu..."  étonné, maladroit. Si la pièce n'avait pas été plongée dans une noirceur presque total, il aurait été facile pour la jeune femme de voir mon teint pâle se rougir un peu, pris par la timidité. Heureusement, ces paroles semblaient avoir été prononcées dans un demi-sommeil déjà, car la respiration d'Orion devint de plus en plus lente tant le royaume des songes l'avait rattrapée.

Un pied devant l'autre, je me rendis vers la chaise du petit bureau qui se trouvait de l'autre côté de la pièce et la tirai en ma direction. J'y déposai mes fesses tout en croisant les bras et en jetant ma tête vers l'avant, laissant pendre quelques mèches de mes cheveux couleur glacier devant mon visage, je mis mes deux pieds sur le bord du bureau pour y prendre appuie. Tranquillement, je me berçai sur les pattes arrières de mon siège tout en jetant un coup d'oeil vers la porte. Les discussions avaient reprises de bon train, mais je savais que ma cousine auraient quelques questions à me poser pour rassasier sa curiosité enfantine. Il ne faisait aucun doute qu'ils avaient aussi entendu la question d'Orion. D'ailleurs, un petit sourire en coin me vint au bord des lèvres en y repensant, ne pouvant m'empêcher de jeter un bref coup d'oeil vers celle que le Kamui m'avait envoyé.

Sacrée soirée...mais la nuit, elle, ne faisait que commencer et une idée me traversa la calotte crânienne...il était temps de passer aux choses plus sérieuses, car si la fin de journée avait été sympathique, le reste le serait un peu moins.

J'espère que tu me pardonnera Orion.


Murmurai-je en passant un Shuriken dans la paume de ma main et d'étaler une ligne de sang sur le bureau, puis sur les rebords de la fenêtre,  quittant ensuite la chambre aussi discrètement qu'un félin, offrant un petit clin d'oeil à celui qui s'était couché en boule sur sa nouvelle amie, qui m'observait quitter la chambre sans le moindre son avant de reposer sa petite tête poilue sur ses pattes et replonger dans son petit sommeil.

_______________________

Ce fut un bruit intense qui réveilla Orion de son sommeil à peine deux heures après qu'elle eut fermé les yeux. Deux grands coups de volets qui battaient sous les vents du Nord et une bourrasque froide la tira rapidement hors de ses rêves. À côté d'elle, chaton venait de sauter sur au moins un mètre de hauteur en crachant, filant se cacher derrière la commode de la chambre. Le coeur battant à toute allure, les nerfs de la jeune fille venaient probablement d'être durement mis à l'épreuve, néanmoins, là n'était pas le point critique de ce réveil, mais plutôt ce qui se trouvait sur le plancher.

La main relevée jusque sous la fenêtre, ma respiration se faisait haletante. Des gouttes de sueurs froide coulaient le long de mon visage alors que, en vain jusque là, j'avais tenté de réveiller la petite qui devait maintenant expérimenter le sentiment d'un "lendemain de veille". L'alcool avait donc une terrible faculté de rendre le sommeil très lourd et elle s'en rendait probablement compte et pendant qu'elle me rejoignait sur le sol, la détresse dans le regard, je lui pointai la fenêtre en murmurant quelques mots. Maintenant qu'elle était proche, elle pouvait clairement voir l'empreinte d'une main autour de ma gorge.


Mon...mon sabre. Vite...rattrape le *HMM* ...ce n'est pas *KOF*...une arme...ordinaire. Je l'ai blessé à...la main. Il saigne. Suit le sang...*kof kof*Je...je m'occupe de t'envoyer du renfort.


et je tentai de me relever en prenant appuis sur le mur, encore déboussolé par les coups que je semblais avoir prit juste avant. Je criai alors le nom des Samui présents dans l'auberge afin qu'ils viennent à moi, pendant que la Shinobi, elle, devait se lancer à la poursuite de mon agresseur. Si elle voyait les esprits...peut-être avait-elle sentit ce qui vivait en travers de ma lame...et peut-être comprendrait-elle l'urgence de la retrouver.

_______________________

Continuant ma course en travers de la neige blanche qui recouvrait le sol de la ville, je laissais momentanément trainer ma main dans la blancheur du décors en y laissant quelques traces écarlates facilement repérable. Ma silhouette, drapée dans des vêtements amples, semblait beaucoup plus large qu'à l'habitude, beaucoup plus musculaire. Mes cheveux avaient prient une apparence beaucoup plus courte, d'un brun foncé, tout comme l'oeil que je n'avais plus depuis longtemps, me donnant un regard vairon.

Je courrais à vive allure, empruntant quelques ruelles, mais laissant présager que je me rendais directement vers le port où ma fuite serait facile à compléter...si ce n'était de la Kunoichi qui me suivait à la trace. Un sourire me fendit alors le visage, me faisant savoir que cette chasse à l'homme me prouvait encore une fois à quel point ma cousine était bonne actrice et qu'elle n'avait rien perdu encore de ses talents de Kunoichi à la retraite. Orion avait mordue à l'hameçon. Ou sinon, elle avait devinée mais se prêtait au jeu...dans tous les cas, son entrainement aurait bel et bien lieu.

Ce ne fut qu'une fois arrivé sur les docks que je me retournai pour lui faire face, elle qui avait réussit à maintenir la course jusqu'ici. Il ne faisait donc pas de doute que son corps était déjà bien formé pour la vie de Kunoichi, mais qu'en était-il des talents? Saurait-elle se montrer à la hauteur?

Feignant de ne trouver aucun issus dans ce décors presque vide, ayant préalablement choisis l'un des ponts les plus grand du port comme terrain de combat pour éviter d'êtres encombré, je pris alors le sabre de mes deux mains en ignorant la douleur que je ressentais alors au creux de ma main. L'apportant à mon dos, je l'y déposai afin de rapidement composer des mudras qui firent apparaître trois aigles de vents qui foncèrent à toute vitesse vers celle qui venait tout juste de stopper sa poursuite. Les trois rapaces se mirent alors en chasse, poursuivants leur cible tant et aussi longtemps qu'ils ne l'auraient atteinte. Pendant ce temps, je me donnai un élan pour poursuivre la jeune femme à mon tour, augmentant ma propre vitesse à un degré supérieur, dépassant mes propres faucons d'air comprimé afin de contourner Orion, tentant de lui bloquer la route...la prenant en tenaille entre moi-même et mes projectiles téléguidés.


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Message(#) Sujet: Re: Un royaume immortel [Ketsuen] Lun 17 Oct 2016 - 13:00

Son sang de fit qu'un tour, celui de Chaton également. Les volets venaient de claquer avec tant violences que tous deux bondirent hors du lit. Poussant un petit cri Orion eu la sensation qu'une brutale décharge venait de lui irradier le cerveau, mettant ainsi en action toutes ses terminaisons nerveuses dont certaines jusqu'alors en veille. Il en résultat de sa part une grande confusion stimulée par le restant d'alcool dans son sang. Son regard à la fois alerte et hagard balaya la pièce à semi-plongée dans l'obscurité pour finir par se poser sur un Ketsuen mal en point. L'adrénaline diffusée dans son corps termina de remettre ses esprits en place au prix d'un certain affolement. Son cœur tambourinait dans sa poitrine et une migraine lancinante lui impactait le crâne comme si un forgeron lui asséner des coups de marteaux. Elle s'évertua à faire fi de tous ces désagréments pour rejoindre le Samui. Elle se penchant à sa hauteur sans jamais oser le toucher, tant par pudeur que par crainte d'aggraver son état. Un léger soulagement la gagna lorsqu'elle constata l'absence de sang sur ses vêtements.

-Senpai... Que... Que s'est-il passé ? Parvint-elle afin à balbutier après quelques instants.

Son tuteur du moment lui expliqua la situation en lui confiant le devoir de retracer son agresseur afin de récupérer cette fameuse épée à laquelle il semblait tant tenir. A ce là le visage de l'adolescente se décomposa, devenant aussi blême que celui du Samui mit à mal. Elle devait y aller ? Toute seule ? Impossible... Elle n'avait pas assez confiance en elle. L'inconnu lui faisait peur, elle ne savait rien de cet individu venu les attaquer et ne s'estimait pas de taille à devoir faire face à un ennemi. A ses yeux c'était encore beaucoup trop tôt. Seulement l'urgence de la situation lui interdit toute réflexion.

-Da... d’accord... Chaton toi tu restes ici !

Elle comprenait que cette arme avait une grande importance pour son Senpai et au vu de son état il ne pourrait la récupérer. Orion ne le connaissait pas vraiment, mais le peu de temps qu'elle avait passé en sa compagnie lui avait suffit pour apprendre à l'apprécier. Ce fut pourquoi elle ne tenait pas à ce qu'il la porte pour responsable de la parte de son épée en raison de son inaction. Aussi pensa-t-elle que des renforts ne tarderaient pas à la rejoindre, elle n'avait donc qu'à suivre le criminel de loin. Ce fut néanmoins sans grande assurance sur la demoiselle s'engouffra par la fenêtre pour commencer à filer à travers la ville portuaire en bondissant de toit en toit. Si Ketsuen avait pu prendre la peine de lire le rapport référent Yumiyon Orion il aurait su que cette dernière était en quelque sorte cataloguée comme une surdouée au sein de l'empire. Malgré son manque flagrant d'assurance couplé à son l’expérience inexistantes des arts de la guerre il était tout de même important de prendre en compte qu'il ne lui avait pas fallut moins d'une année pour réussir à s'initier à la maîtrise du chakra contre sept habituellement nécessaire pour la plupart des personne. Il en résultait cet incroyable contraste entre l'apprenti Kunoichi qu'elle fut s'opposant au potentiel qui sommeillait en elle et dont elle n'avait aucune conscience.

Toujours fut-il que le peu d’exercice physique qu'elle avait put pratiquer durant cette longue et terrible année d'entraînement lui permirent de tenir la cadence à travers la ville. De sa hauteur il lui fut possible de retracer l’itinéraire de l'assaillant notamment grâce au trace de sang qui se démarquait de l'immaculé neigeux imprégnant chaque facette de ce monde glacé. Fraîcheur qui ne tarda pas à engourdir le petit corps frêle de l'adolescente qui, prise dans la précipitation, n'avait pas prit la peine de convenablement de vêtir. Elle se retrouvait en tout et pour tout pavé d'un pantalon ainsi que d'un haut simple en tissu au manche flottante qui laissait à la brise glacial tout le loisir d'agresser sa peau. Au bout de quelques minutes il lui devint pénible de tenir la route pour autant elle ne renonça pas. Le doute fut cependant d'autant plus grand lorsqu'elle arriva sur le toit d'une taverne qui bordait les quais. Le voleur était en vu sur un ponton situé à l'extrême ouest du port là ou nulle âme de rodait en cette fin de journée alors que le soleil déclinait progressivement sur la mer gelée imprégnant l'horizon d'un halo d'or et d'ambre non loin de paysage hivernal qui tendait vers le monochrome.

Prise d'hésitation, Orion regarda en arrière. Nul renfort ne venait à son aide. Peut-être avaient-ils perdu sa trace ? Dans tous les cas elle se trouvait seule avec cette décision : En laissant le criminel s'enfuir elle pourrait tout aussi bien prétexter ne pas être parvenue à le rattraper, seulement... Elle n'aurait pu continuer de se regarder dans un miroir après cela. Un mouvement brumeux attira alors son attention, lui rappelant que non, elle n'était pas seule. Nureru était toujours là. Invisible pour les habitants du monde des hommes, la jeune femme avait elle-même toujours cherché à occulter sa présence de son esprit qui n'avait de cesse de lui rappeler la tragédie de l'an passé. Seulement pour une fois, plutôt que de le considérer comme un porteur de souvenir douloureux, Orion le vit comme un moyen d'accomplir quelque chose. Si elle parvenait à gagner du temps ou encore causer suffisamment de raffut pour alerter les autorités alors peut-être pourrait-elle arrêter cet inconnu sans avoir à le battre.

Il ne fallait cependant pas croire qu'elle était soudainement devenue une personne vaillante. Loin-de là, au contraire, la peur lui crevait la poitrine, mais elle avait toujours été ainsi. Malgré son manque d'assurance, sa timidité parfois maladive, son caractère rêveur elle allait toujours de l'avant en se relevant face à l'adversité. Tel était ce qui lui avait permit de se tenir aujourd'hui ici même aux pays des neiges. Alors qu'elle avait perdu toute sa famille, ses amis, son village. Alors que la calamité l'avait arraché à la tranquillité de son existence. La voici qui n'avait pas hésité à se rendre à l'autre bout du monde dans le seul but de continuer à avancer. Et tel était ce qu'elle faisait encore en cet instant. Filant comme la brise, elle rejoignit le ponton pour barrer la route au malfrat. Néanmoins, volonté n'étant pas toujours force de corps elle du prendre appuie sur ses genoux pour ne pas s'effondrer. Son souffle court expulsait de fins filets de vapeur alors que le goût acre du sang imprégnait le fond de sa gorge.

-Arrêtez !! Clama-t-elle sans parvenir à retrouver contenance malgré que ses yeux azur demeuraient rivés sur le malfrat encapuchonné.

Orion cherchait à gagner du temps ce qui finit par se retourner contre sa personne. Elle n'aurait en effet jamais supposé que cet homme prenne le risque de l'attaquer en pleine ville d'autant plus de manière si soudaine. Cette erreur de jugement manqua de lui coûter chers lorsque trois projectiles d'air comprimé en forme d'oiseau fondirent sur elle. L'effet de surprise fut d'autant plus saisissant lorsque le voleur accéléra sa vitesse pour brusquement arriver dans son dos, interceptant son éventuelle fuite. Sur l'instant Ori regretta sa décision d'être intervenue. Sous le joug de la panique elle ne trouva rien de mieux à faire sur de se protéger avec ses bras, s'apprêtant à encaisser bêtement le choc. Seulement à cet instant le sceau visible sur la paume de sa main s'illumina, matérialisant alors Nureru sous une forme aqueuse. L'imposante créature émit un sifflement cristallin avant de s'enrouler autour de sa maîtresse, lui conférant ainsi une protection adéquat vis-à-vis de l'assaut qui lui était destiné. Les oiseaux d'air comprimés se heurtèrent contre l'onde torrentiel qui définissaient la constance de l'esprit sans réussir à la traverser.

Il ne fallut pas plus de quelques secondes à la Kunoichi pour comprendre ce qui venait d'arriver et bondir en arrière dans un mouvement purement instinctif. Suite à quoi son attention dévia un instant de son agresseur pour adresser un regard reconnaissant à de son invocation qui avait cessé d'être cette créature paisible orbitant placidement autour d'elle. A présent elle se présentait comme une entité bien tangible similaire à une cascade déchaînée. Beaucoup massive, sa gestuelle agressive tendait à démontrer son instinct protecteur vis-à-vis de sa protégée. La jeune femme, désormais trempée jusqu'aux os par sa propre technique eu un bref sourire avant de fermer les yeux. Lorsqu'elle les rouvrit ce furent pour révéler deux lueurs fantomatiques brumant au sein de ses iris, témoignage du lien spirituel naissant entre elle et son Kami. Le sceau sur ma main commença alors à se propager le long de son bras sous forme de tracés symétriques donnant l'impression qu'un dédale de lumière courrait à présent sur sa peau.

Malgré la puissance qui circulait à présent en elle l'adolescente continuait d'éprouver une certaine appréhension. Elle avait toujours peur, mais se sentait en confiance à présent qu'elle se savait épaulée. Ainsi, prenant une longue inspiration elle adopta une position de combat quelque peu maladroite. Diffusant son chaka dans ses mains elle tenta de se rappeler les enseignement prodigués par son Sensei. Sa main gauche n'eut qu'à former le signe du tigre avant d'effectuer un geste évasif pour faire jaillir de l'étendue d'eau autour d'elle quatre serpents qui fusèrent comme des flèches sur l'inconnu. Dans la seconde qui suivit elle répéta l'opération mais cette fois-ci en effectuant un mouvement vers elle. Alors quatre autres serpent jaillirent de l'autre bout du ponton afin de surprendre son ennemi par derrière. Son sensei lui avait toujours fait comprendre qu'attaquer de front ne servait à rien. Et même si Orion était loin de connaître toute les subtilités du combat elle savait écouter les conseils des autres. C'est ainsi que les deux attaques fondirent simultanément sur celui qui était à l'origine de tout ce désordre.

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Message(#) Sujet: Re: Un royaume immortel [Ketsuen] Mer 19 Oct 2016 - 19:42

Décidément, la jeune femme possédait bel et bien un instinct combatif sans même qu'elle ne le sache réellement. Malgré une certaine hésitation, ses mouvements s'enchaînèrent en une série de mudras qui envoya, sans tarder, deux double de reptiles volants à ma poursuite. Regardant à droite, puis à gauche en pivotant ma tête dans chacune des directions, je les vis émergés de chaque côté du pont où nous nous trouvions. Quatre grands serpents fantomatique dont le corps laissaient derrières eux une traînée aqueuse au fil de leur avancée. Sans plus attendre, je foncai littéralement sur eux alors que, de leurs côtés, mes faucons percutèrent une défense invoquée par Orion.

Aussitôt arrivé à porter de leurs attaques, l'un d'eux bondit en direction de mon visage, crocs bien en vu, dans l'espoir de me blesser. Sans attendre je me concentrai sur l'air ambiante qui vint alors se condenser autour de mon corps, soulevant la fine poudre blanche à nos pieds avant de l'emporter dans ses mouvements circulaires autour de mes membres. Quatre petits tourbillons d'air se formèrent alors sur mes avants-bras et mes tibias, leur rotation prenant de plus en plus de vitesse. Mon bras intercepta donc le premier reptile qui donna l'impression de gonfler tant le vent dégagé par ma technique souffla dans sa gueule grande ouverte. En moins d'une seconde, il fut ensuite propulsé vers l'arrière alors que, dans le même élan, je dirigeai mon autre bras vers les trois autres qui bondirent à leur tour, sans encore savoir que deux autre duo allaient bientôt m'atteindre par l'arrière.

Pivotant légèrement sur mon côté droit, le côté de ma main fit dévier la deuxième invocation de mon opposante, pendant que le bout de mon pied vint atteindre le troisième et que, toujours dans le même mouvement, je me propulsai en l'air grâce à mon autre jambe qui était encore au sol. Effectuant une vrille, j'étendis alors mon bras pour atteindre le dernier de ceux qui m'avait chargé de front, l'envoyant valser quelques mètres plus loin à son tour, puis je sentis un choc sur ma nuque alors que le premier des derniers y planta ses crochets. Serrant les dents, je me retournai pour tenter de contrer les derniers. La vitesse de mes mouvements s'accentua alors au même rythme que celui des petits cyclones défensif que j'avais formé sur mes membres. Puisant dans la pleine capacité de cette technique, je vins écraser deux d'entre eux contre le sol sous la pression de mes poings, mais le dernier pu à son tour m'atteindre à la jambe sans problème. Ce qui eut pour effet d'échapper une petite plainte de ma bouche, puis ma voix s'éleva en un cri soudain et puissant et toute l'air qui s'était accumulée autour de mes membres fut délivrée en une puissante bourrasque qui souffla tout ce qu'il y avait dans mon entourage immédiat, me débarrassant des vipères par la même occasion.

Je tournai alors mon regard vers celle qui subissait un entrainement improvisé de ma part, ou plutôt une véritable simulation de combat. C'était bien pour un début, très bien même, mais il fallait la pousser à puiser dans sa véritable puissance, mettre de la pression pour enfin voir de quoi elle était réellement capable et pour se faire, je chargai littéralement sur elle à une vitesse ahurissante en visant son ventre d'un coup de poing solide, ne me préoccupant pas de ma blessure superficielle à la jambe qui, malgré tout, me faisait mal à chaque pas que j'effectuais.

Le vent lui-même sembla me pousser jusqu'à ma cible, me faisant glisser sur le sol comme si je planais en en sa direction, puis lorsque le coup fut porté, j'enchainai directement avec le plat du sabre dont j'étais supposément le voleur afin de la propulser vers l'arrière. Usant de mon chakra pour accentuer la force de poussée de mon mouvement, je tentai d'envoyer valser mon adversaire contre l'une des poutres verticales du pont.

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Message(#) Sujet: Re: Un royaume immortel [Ketsuen] Dim 23 Oct 2016 - 19:31

Son adversaire était fort. Elle réalisai au combien l'écart entre elle et lui était énorme. Seulement il était trop tard pour faire marche arrière alors qu'elle se trouvait au cœur de l'action. L'adolescente en avait conscience ce qui ne l'empêcha d'envisager la fuite malgré-tout, notamment lorsque le bandit fondit dans sa direction, faisant toujours preuve d'autant de célérité, pour lui asséner un violent coup de poing dans l'estomac avant de la frapper du revers de l'épée de Ketsuen. Le premier choc lui coupa la respiration et le second la sonna quand sa tête heurta violemment la poutre. La douleur à son ventre fut-elle qu'Orion ne put que ployer. Tombant genoux à terre, elle se pliant en deux tout en se tenant le ventre. Prise par une quinte de toux elle en recracha du sang. Le goût acre lui brûla la gorge et des vertiges engourdirent ses facultés de perception lorsqu'elle se risqua à relever la tête. Nul doute qu'avec un tel temps de réaction suite aux coups reçus s'en serait déjà finit d'elle dans un véritable combat, son adversaire ayant eu tout à loisir de l'achever une fois à terre. Heureusement ce ne fut pas le cas et la jeune femme, prise d'émoi par la situation, ne releva pas ce détail. Son cœur battait si fort, si vite dans sa poitrine qu'il lui semblait peser plus lourd que jamais et que la peur semblait prêt à faire éclater à tout instant.

Le souffle court, s'essuyant la bouche d'un revers de la manche elle peina à se redresser en prenant appuie sur la poutre qui l'avait accueillit quelques secondes plus tôt. Il lui était impossible de réfléchir à une quelconque stratégie. Ses pensées étaient bien trop confuse, son expérience manquante et ses émotions omniprésentes pour qu'elle put trouver une solution à cette situation somme toute sans issue. Pourtant il subsistait cet étrange paradoxe. Malgré l'état de faiblesse apparent de la jeune femme l'aura qui se dégageait d'elle n'avait pas pour autant diminuée. Les sceaux continuait de recouvrir son avant bras, ses yeux brillaient toujours de cette lueur fantomatique signe que le lien avec Nureru était toujours aussi grand. Ainsi fut-il le Kami prit l'ascendant sur son hôte et ce pour son propre bien. Alors les marques se rependirent un peu plus sur sa peau jusqu'à entièrement recouvrir son bras et laisser quelques tracés lumineux apparaître sur le bord de l'encolure de son haut.

« Ne force pas Ori... Laisses-toi porter par sa puissance... Remémore toi le flot de cette cascade au pied de ta maison... »

Sans doute était-ce le premier enseignement que lui prodiguait l'esprit gardien qui, jusqu'alors matérialisé sous la forme d'un serpent d'eau furieux, redoubla d'intensité en même temps que de volume tandis que les lueurs dans les orbites de ses yeux brillaient plus que jamais alors qu'à présent émanait d'Orion une aura bleuté qui semblait se composer d'un mélange d'eau « vaporeuse » et de chakra. Petit à petit son regard se vida d'émotions pour ne laisser transparaître que l'éclat d'une volonté. Le fluide glacé qui bordait les quais commença à s'agiter mu par une force inconnue. A ce moment là l'apprentie lieuse de vie composa une nouvelle série de signes à peine plus rapidement que précédemment. Le même schéma se répéta alors. Quatre serpents aqueux fondirent de l'avant, quatre autre de l'arrière seulement cette fois-ci l'incarnation de Nureru fut là pour accompagner ses avant. Ainsi les huit petits projectiles s'accompagnèrent d'un énorme reptile aquatique d'un bon mètre de largeur. Ce dernier arracha quelques planches de bois du ponton avant d'aller littéralement s'écraser, puis exploser sur le voleur qui se retrouvait attaqué de toute part. Quelle soit parvenu ou non à atteindra sa cible ne changea à rien au fait que le choc propulsa l'élément aqueux avec une telle violence qu'il fit exploser le pont à l'endroit de l'impact de sorte à le séparer en deux.

Dans la seconde qui précéda cette succession d'assaut Orion senti ses forces la quitter rapidement. Son corps n'était pas encore habitué à autant utiliser son chakra alors que l'évolution du lien avec Nureru puisait d'autant plus dans ses ressources vitales. Ce fut ainsi qu'elle s'effondra, inconsciente. Trempée qu'elle fut jusqu'au os avec ses vêtements tachés de sang.




Dernière édition par Yumiyo Orion le Lun 26 Déc 2016 - 17:44, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: Un royaume immortel [Ketsuen] Mer 23 Nov 2016 - 21:11

Décidément, malgré son niveau qui était largement au dessus d'une simple Heishi, la petite avait trop de mal à suivre le combat que je lui avais préparé. Son manque d'entraînement martial, le manque d'expérience sur un véritable champs de bataille et son manque d'assurance avait déjà scellé le destin de la petite Yumiyo Orion pour cette fois-ci. Je ne pu alors que me demander si je n'y avais pas été un peu trop fort pour elle. Certes, j'avais eus un entraînement pire que celui-ci au niveau du combat pur et simple, mais le niveau de stresse psychologique n'avait pas été le même. Je savais quels étaient les risques et que ce qui se passait faisait partie de la voie que j'avais choisis. Alors que elle...elle devait être dans la peur de l'inconnu, réellement craintive pour sa propre vie. C'est alors que, sentant probablement que la fin arrivait pour elle, l'énergie du dernier espoir sembla se pointer à l'horizon.

Son air changea du tout au tout, tout comme la lueur dans ses yeux. Rapidement, beaucoup plus rapidement que la fois d'avant, elle lança une série de mudras qui devait appeler ces même serpents qu'elle avait invoquée, imitant la dernière attaque mais avec beaucoup plus d'assurance, comme si elle était, cette fois, tout à fait confiante en elle-même. Puis, alors que ces derniers chargeaient en ma direction, flottant et ondulant dans l'air à toute vitesse, un immense reptile aqueux fit ensuite son apparition, comme s'il était à la fois constitué d'ectoplasme et d'eau. Cette fois, aucun doute, il allait falloir que je puise dans mes bonnes ressources afin de me débarrasser de cette attaque.

Préparant donc la même défense que la veille, des tourbillons d'airs apparurent autour de mes quatre membres et, rapidement, je me lançai à l'assaut des quatre premiers serpents spectral, écrasant leurs corps grâce à ma parade Futon. Faisant volte-face en envoyant d'abord un coup de pied puissant vers l'arrière, pivotant sur mon autre jambe, j'arrachai violement la tête d'un cinquième reptile tout en effectuant par la suite une vrille dans les airs afin de laisser passé, de justesse, les dernières invocations. Aussitôt arrivées sous mon corps, alors même qu'elles tentaient de remonter pour me transpercer le ventre, mon bras gauche vint rencontrer mon bras droit et mes mains formèrent alors comme une gueule. Mes deux pommes étaient superposées, une vers le haut et l'autre vers le bas et le vent qui s'en dégageait expulsa les projectiles contre le sol et éclatèrent, mais, du coin de l'oeil, je voyais maintenant la gueule béante du plus gros d'entre eux qui venait chasser sa proie. Il était près, et je savais qu'il n'y avait qu'une chose qui pouvait me sauver alors que j'étais toujours dans les airs, retombant de la vrille que je venais d'effectuer.

Je joins alors mes deux mains alors que l'air soufflait tel un ouragan autour de moi, signifiant que les tourbillons autour de mes membres se dispersaient dans l'air, ma technique arrivant à terme. Puis, un premier genou vint percuter le sol...et toute lumière disparut devant moi. L'ombre de la bête me signalait qu'elle allait me frapper...et violemment. Je fermai donc les yeux et, terminant mon dernier mudras, j'écrasai mon poing sur le sol de toute mes forces et toute l'air qui s'était échappé autour de moi me revint afin de former un demi-dôme sur lequel la dernière attaque de la jeune femme inconsciente vint se percuter. Le coup fut si violent, que le dôme éclata aussitôt, tout comme la créature qui ne laissa derrière elle qu'un torrent de gouttelettes d'eau semblable à une lourde pluie d'automne. Il n'en aurait fallu qu'un peu plus, au final, pour que la jeune spiritiste ne remporte la manche.

J'ouvris donc finalement les yeux, trempé à l'os et soufflant comme un boeuf tant le stresse avait atteint un degré intense. Ma cage thoracique se gonflait et se dégonflait au rythme de mon souffle effréné, mais mes paupières restaient grande ouverte, fixant le corps d'Orion. Surprenante petite Orion.

Je sautai alors de l'autre côté du pont et j'allai m'accroupir à côté de celle qui venait de livrer une performance solide. Je passai un bras autour d'elle, puis un autre sous ses genoux, soulevant son petit poids avant de me diriger rapidement vers l'auberge en sautant de toits en toits. Elle avait mérité sa nuit de sommeil, mais ferait face à un réveil brutal lorsque sa conscience lui reviendrait.

C'est donc dans la même chambre que nous étions avant ces événements que je la déposai et après que ma cousine lui ait prodiguée des soins mineurs, je m'installai sur la même chaise que j'étais, pied contre le bureau, ne tenant que sur les pattes arrière de celle-ci. Puis, j'attendis qu'elle ouvre les yeux, fixant le mien sur son visage...ne pouvant m'empêcher d'avoir ce petit sourire en coin.



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Message(#) Sujet: Re: Un royaume immortel [Ketsuen] Lun 26 Déc 2016 - 18:56

Un léger effleurement, très duveteux, caressa sa joue. Le contact eut pour conséquence de la réveiller en douceur. Sur l'instant elle eut l'impression d'être attachée dans son lit, voir littéralement clouée au matelas tant ses membres endoloris lui paraissaient lourds. Elle avait très bien dormis, mais se sentait encore fatiguée comme jamais, enfermée qu'elle était dans cet étrange état de léthargie qui lui donnait l'impression d'avoir été dépossédée de son âme durant son sommeil. En levant son unique œil que sa chevelure ne cachait pas elle remarqua une petite silhouette noire déambuler sur son lit. Elle reconnue aussitôt Châton et en levant se même œil parcourir la pièce du regard elle y vit Ketsuen confortablement installé dans sa chaise. Elle aurait voulu pouvoir lui parler, mais n'en trouva pas la force. Parvenir à lever le petit doigt lui était inconcevable. Alors elle se contentant de laisser traîner son regard en même temps que son imagination à travers les différentes ombres de la pièce que prodiguait la lumière du rez-de-chaussez. Orion se demanda si tout ceci avait réellement eu lieu.

Au dessus de sa tête Nureru l'invisible dessinait des anneaux avec son corps, enfermée dans cette constance, presque orbitale qui le caractérisait. Perdue qu'elle était, confuse et fatiguée comme jamais, elle ne trouva rien de mieux à faire que de se rendormir comme si de rien n'était. Et quand le matin arriva enfin ce fut avec une partie de ses forces recouvrées qu'elle se réveilla. Frottant machinalement ses yeux elle écarta la couverture et se rendit compte qu'elle ne portait plus les même vêtement que la veille. Son seul réflexe fut de se tourner en direction de la fenêtre. Elle constata alors à travers son liserait de lumière quelques traces d'effractions. Le bois des volets était effectivement endommagé. L'adolescente cligna des yeux à trois reprises par réflexe comme si cela aurait pu l'aider à éclairer son esprit embrumé suite aux récentes épreuves.

-Ça c'est réellement passé... ? Murmura-t-elle à elle même d'un ton totalement inaudible.

Son attention se porta alors sur le Samui toujours installé dans sa chaise. Il gardait les paupière clauses, mais étrangement, Orion se douta qu'il ne dormait pas vraiment, ou tout du moins pas totalement.

*-Heu... Senpei ? Ce risqua-t-elle à questionner.

Il y eut un instant de flottement. Au milieu de ce silence elle eut l'impression que sa phrase s'imprégna dans chaque aspérité de la chambre. Alors il ouvrit finalement les yeux. Quelque part cela la détendit et elle se laissa retomber plus confortablement en appuyant son dos contre la tête de lit. Châton vint se lover en boule contre elle et fut gratifier par les premières caresses matinales de sa maîtresse.

-Que s'est-il passé ? Est-ce... est-ce que vous avez récupérer vos affaires. Et... le voleur... où est-il ?

Tous ces événements lui semblait si lointain. Sous l'impulsion du stresse occasionné elle peinait désormais à se souvenir de ce qui s'était réellement passé. La transition avait été si soudaine entre ce combat effréné et le réveil paisible dans ce lit confortable qu'il lui était difficile de croire que tout ceci était réellement arrivé. C'était en grande partie la raison pour laquelle elle semblait si calme. Elle avait l'impression de n'avoir jamais vécu tout ceci, seulement de l'avoir rêvé.
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Message(#) Sujet: Re: Un royaume immortel [Ketsuen] Lun 9 Jan 2017 - 20:47



Le reste de la nuit passa rapidement, alors que sur ma chaise, j'avais réussis à rejoindre le monde des songes pour les quelques heures qui me restaient à me reposer. Heureusement, je n'avais rien de prévu pour le lendemain et le fait de ne probablement pas pouvoir dormir longtemps, ni même bien, n'allait rien influencer sur mes activités puisqu'elles étaient inexistantes.

La tête penchée vers l'avant, les bras toujours croisés, je ne me rendis compte du réveil de la jeune femme que lorsqu'elle prononça le titre qu'elle m'attribuait "senpai". Ouvrant mes paupières pour en dévoiler l'iris couleur saphir qui s'y cachait derrière, je portai mon regard vers celle qui avait été malmenée par un entrainement intense et auquel elle ne s'était jamais attendu. Pour elle, tout ce qu'elle avait vécu était une situation réelle où j'avais été blessé par surprise et où elle avait dû mettre son courage de l'avant pour accomplir son devoir de Kunoichi. Une situation qui, au final, n'était qu'un teste déguisé en tentative de vol. Dire que je ne me sentais pas coupable de rien aurait été faux. Sous ce cache-oeil qui me donnait un air scélérat, je restais néanmoins un homme bon et juste après tout...mais le monde dans lequel nous vivions demandait beaucoup plus que ces deux qualités si nous voulions y survivre.

Tournant légèrement la tête sur le côté afin que mon visage puisse être de face à celui d'Orion, je ne fis que lui sourire tout simplement et hochant positivement de la tête afin de répondre à sa question, tout en lui répondant verbalement aussi. Des me songes certes, mais je restais tout de même un inconnu pour elle...et le peu que nous connaissions l'un de l'autre ne lui permettrait probablement pas de déceler ce bluff.


Échappé, les gardes impériaux sont arrivés sur les lieux tout juste après ton combat et ils t'ont ramené ici. Je dois te dire merci, car avec les blessures que tu lui a fais subir, il n'a pas pu se charger du fardeau que représente le poids de mon épée et elle m'a été rendue. Tu sais...c'est une arme spéciale...elle ne doit en aucun cas tomber en de mauvaises mains. J'ai été distraits et peu souciant aujourd'hui...voilà ce qu'il m'en coûte

Sinon toi...ça va?
lui dis-je simplement en déposant mes pieds au sol en en prennant appuie sur mes genoux.

Les deux coudes déposés sur ceux-ci, le dos légèrement courbé vers l'avant et la tête tournée vers la fenêtre qui avait été sommairement réparée durant notre escale nocturne par ma cousine, je laissai mon regard divaguer sur les rues de Dhartsedo et l'allée marchande du quartier Samui sur laquelle avait été érigée l'auberge. La neige ne tombait pas, le soleil était présent et les glaçons qui se formaient tranquillement sur le rebord des toitures annonçaient une belle température à l'extérieur. Ajouté à cela l'odeur des petits déjeuners qui se préparaient au rez-de-chaussé et l'on pourrait presque comparé cela à un parfait petit matin...ou presque.


Je crois qu'après cette aventure...tu n'aura pas besoin de t'entraîner avec moi. Tu en a assez eu je crois.

Allez vient...je suis sur que tu meure de faim. Ce genre de truc à le don de creuser l'appétit généralement

Puis, étirant mes bras jusqu'à en toucher le plafond, un petit *crack* se fit entendre dans mon dos et dans mes jambes alors que mes os craquaient et que mes muscles s'étiraient. Prenant bien soin de récupérer mes choses et de laisser le temps à Orion de prendre les siennes, je lui ouvris ensuite la porte afin de la laisser sortir de la chambre et nous prîmes la direction des escaliers, où une odeur alléchante nous attiraient déjà vers le bas.


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Un royaume immortel [Ketsuen]

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