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 Apprendre les arts du savoir-vivre

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Suna
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Message(#) Sujet: Apprendre les arts du savoir-vivre Dim 8 Jan 2017 - 17:32

Parmi les divers enseignements que devait subir le jeune garçon quotidiennement, du matin jusqu'au soir pendant cinq jours durant la semaine, les deux matières qu'il redoutait le plus étaient les cours de théorie ainsi que les cours du savoir-vivre. Durant la matinée, il devait rester assis pendant des heures à écouter de longs discours interminables des professeurs qui défilaient un à un selon le temps. Ils lui racontaient l'histoire du monde dans lequel il vivait, la géographie du continent, puis la lecture et l'écriture des calligrammes, sans oublier la succession des chiffres appelée "mathématiques" qu'il devait savoir résoudre. Il ne pouvait pas échapper à cette cruelle sentence. Chaque fois qu'il tentait de prendre la fuite, il se faisait rattraper par les soldats aux quatre coins du palais et il se trouvait emmené de force vers la salle qui était dédiée à ses cours. Puis, le soir venu, il devait suivre les directives d'un professeur pour apprendre à vivre convenablement avec les bonnes conduites que devrait avoir un enfant bien élevé. En plus d'être ennuyant, il s'agissait d'un cours tout à fait contradictoire à ses propres modes de vie, mais il était obligé d'y assister et d'obéir aux règles, au risque de se faire priver d'un repas.

Ce jour-là, Yohru avait cru entendre dire que son professeur habituel avait une réunion importante, ce qui allait l'empêcher de venir assurer les cours. Ce dernier devait rester au village de la feuille pour un temps indéfini afin de régler certaines affaires. Peut-être s’absentera-t-il une journée ou peut-être plusieurs jours et peut-être même un mois, qui sait. Le jeune garçon ignorait les détails de cette absence, mais il était bien heureux de savoir qu'il allait enfin être libre pour au moins un soir et peut-être même plusieurs, si ce dernier ne revenait pas. Caché derrière le mur du salon, il sauta en l'air tout joyeux d'apprendre la nouvelle. Il priait pour qu’un malheur s’abatte sur cet homme pour l’empêcher de poser à nouveau un pied dans l’enceinte du Palais. Le jeune rouquin était le genre d'enfant qui aimait vivre comme bon lui semblait, manger de la façon qu'il voulait, et se tenir aussi à l'aise qu'il le désirait. Son professeur était l’homme typique dont il détestait plus que tout. À quoi cela pouvait-il servir d'instaurer autant de règles de bonne conduite ? Pourquoi ne pouvions-nous pas nous comporter librement comme nous en avions envie ? Alors qu'il s'apprêtait à repartir, une dernière information vint réduire à néant tous ses espoirs de tranquillité qu'il venait de se forger. Les deux adultes disaient qu'un nouvel instituteur était en chemin pour venir remplacer le professeur absent, il s'agissait apparemment d'un shinobi de Konoha qui répondait à la mission. Le visage de l’aspirant qui à l'instant était encore tout joyeux venait de s'assombrir d'un air grognon.
    " Ah non ! Moi j'veux pas d'un autre professeur déjà que l'ancien a mis du temps à partir.. Faut que je fasse quelque chose, faut que je lui joue une sale farce, faut que je le fasse fuir à tout prix ! Tss ! Tous à venir l'un après l'autre.. "
Aussitôt après, il partit en direction de la salle qui était à sa disposition le soir pour les cours, là où il devait attendre l'arrivée de ce professeur encore anonyme. L'intérieur était plutôt spacieux avec une table au centre et des chaises ainsi que des bibliothèques qui ornaient les murs. Sur le chemin, il réfléchissait à un plan, une idée, qui pourrait lui permettre d'échapper à son devoir. Il pourrait bien prendre la fuite, mais après toutes ces tentatives échouées, il avait compris que c'était inutile. Le mieux à faire était de devenir insupportable pour forcer l'enseignant à démissionner. Le seul risque avec cette solution était les conséquences, car il y avait de fortes chances de voir Miko devenir furieuse. Le temps continuait d'avancer, sans qu'aucune idée ne lui vienne à l'esprit, puis finalement, il entendit la porte du palais s'ouvrir. Il vit par la fenêtre l'arrivée d'une grande silhouette voilée par la sombre luminosité du soir. Il ne distinguait pas ses traits, mais il supposa qu'il s'agissait de son nouveau professeur de bonnes manières. La domestique qui portait le nom de Rukia vint ouvrir lui la porte. Elle le guida vers la salle, là où devait patienter Yohru. Ce dernier finit par se cacher sous la table pour tenter de jouer son prochain mauvais tour. Il ne s'agissait pas de la meilleure idée, mais pour l'heure, il s'agissait de la seule option avec la présence des deux adultes qui s'approchaient dangereusement de la pièce. Le rouquin resta silencieux et concentré, attentif, prenant garde à bien se maintenir caché derrière les chaises.


Dernière édition par Yohru le Jeu 4 Mai 2017 - 18:48, édité 2 fois
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Konoha
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Message(#) Sujet: Re: Apprendre les arts du savoir-vivre Mar 10 Jan 2017 - 21:33

    Ainsi donc, le voilà au palais. Ainsi donc, voilà à quoi ressemblait un palais. Le repaire de Makka n’avait pas vraiment cette silhouette. Moins grande et majestueuse, sa demeure inspirait la crainte et l’efficacité. Ici, des balcons permettaient d’accéder à divers paliers probablement gardés mais qui nécessitaient une garde continuelle. C’était la différence entre un château et un palais : l’un était bâti pour la guerre, l’autre pour la démonstration.

    Finalement, il avait accepté la mission du Seigneur. Apprendre le savoir-vivre à Yohru… Connaissant l’énergumène, Shigo connaissait déjà l’ampleur de la problématique. Mais il savait également que tout homme pouvait être brisé. Enfin, qu’on pouvait inculquer le respect à tout homme. Hélas, il n’était pas parvenu à obtenir carte blanche de la part d’Aburame Miko. Mais sa réponse le satisfît amplement. En prenant connaissance des limites autorisées, il savait de quelle façon procéder pour malgré tout atteindre son but.

    « … Vous m’avez bien dit qu’il attendait dans cette pièce ? Pourquoi ne le vois-je pas ? »
    « Il s’est encore enfui ? Attendez, je vais vérifier auprès des soldats. »

    Le terme « encore » était intéressant. Avec Shigo, Yohru aura toujours envie de fuir, mais il ne le fera plus assez rapidement. Le professeur qui portait toujours son masque s’avança un peu dans la salle en examinant son décorum. Une multitude de livres. Tant de savoir réuni en un seul endroit, mais il faudrait trop de temps pour les assimiler tous. Que c’est frustrant… Le Yamanaka, lui, n’avait pas amené beaucoup d’affaire. Pas de cahier, ni de livre. Uniquement son matériel ninja et quelques armes, en cas de mauvaise rencontre sur le chemin menant Konoha à la capitale. Il n’avait aucunement besoin d’un support pédagogique pour ses leçons. Finalement, l’homme masqué alla s’installer à la table, décidant que pour l’avoir fait attendre Yohru venait de gagner sa première sanction.


    Spoiler:
     


Dernière édition par Yamanaka Shigo le Mer 11 Jan 2017 - 21:34, édité 1 fois
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Suna
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Message(#) Sujet: Re: Apprendre les arts du savoir-vivre Mer 11 Jan 2017 - 16:54

Il entendit la porte de la pièce s'ouvrir, laissant entrer deux silhouettes dont il ne pouvait voir que seulement les jambes à cause de la table trop basse. L'une avait des fines chevilles, il s'agissait sans nul doute de Rukia reconnaissable par ses belles chaussures de kunoichi, puis le second était un parfait inconnu qui marchait les pieds nus. Le jeune garçon était plutôt surpris, même lui qui ne respectait aucune règle de conduite portait des chaussures à l'intérieur du palais, car il ne supportait pas de marcher sur le sol froid lorsqu'il avait la peau nue. Cependant, pour un professeur de savoir-vivre, il s'agissait là d'une chose bien étonnante. Puis lorsque ce dernier se mit à parler, sa voix fit tressaillir le jeune aspirant qui se trouvait justement caché dans la pièce à l'attendre. Ce timbre qui résonnait comme un son particulièrement familier lui donnait l'impression d'entendre une certaine malédiction qui était de retour.. Pourquoi avait-il la sensation de connaître ce personnage ? Si seulement la table pouvait se redresser un peu pour qu'il puisse voir le visage de celui qui se prétendait être son professeur, mais il devait se tenir tranquille s'il ne voulait se faire voir.

Sans bouger de sa position, le rouquin écoutait leur conversation jusqu'à en avoir des frissons de peur. Il craignait que la domestique découvre sa présence. Si elle s'approchait trop de sa position, il prévoyait de prendre la fuite à la manière traditionnelle en courant à toute allure. Puis, lorsqu'elle annonça qu'elle allait demander aux soldats, Yohru eut un grand soupir de soulagement. Finalement, cette dernière n'était toujours pas suffisamment rusée pour déjouer tous les plans du pupille, mais seulement une fois de temps à autre par la chance du débutant. Il pouvait entendre ses pas quitter la salle, il allait pouvoir ressortir de la table afin de se cacher ailleurs, dans une autre salle. Il sourit du coin de la lèvre satisfait de ce plan improvisé à la dernière minute. Afin de faire passer cette longue soirée qu'il prévoyait ennuyante, il allait peut-être pouvoir jouer à une partie de cache-cache encore plus excitante que jamais.

Soudain, alors que le jeune garçon se trouvait perdu la tête dans les nuages, l'une des chaises qui se trouvaient autour de lui se retira en arrière. Il revint aussitôt sur terre, craignant de s'être fait repérer par l'ennemi. Instinctivement, il se tenait prêt à bondir sur l'imprudent qui allait baisser la tête pour voir sous la table. Il lui mordrait le visage tellement fort qu'il en sera effrayé par sa soudaine sauvagerie inattendue, avant de prendre la fuite vers une autre chambre du Palais. Cependant, il ne vit personne se baisser, mais seulement les pieds nus de l'inconnu qui vinrent se placer sous la table, réduisant encore d'avantage son espace de mouvement. Tout d'abord, il ne fit rien et se recula simplement vers les jambes en bois de la chaise opposée. Il hésitait à sortir de son trou pour s'échapper par la fenêtre et escalader ensuite les parois du palais pour rejoindre la prochaine pièce, ou s'il devait surgir de nul part pour faire une frayeur à ce dernier qui s'était permis de s'asseoir alors que le rouquin était encore là-dessous. Finalement, les pieds de cet inconnu devenaient tellement gênant qu'il finit par se décider de lui faire regretter de les avoir plongés là, sans regarder. Inspirant une dernière fois, il vint lui mordre les doigts de pied avec ses belles canines aiguisées, n'hésitant pas à mordre fermement pour qu'il se souvienne bien de la douleur de marcher sans chaussures.
    " Tiens voilà ! On ne marche pas pieds nus et on ne fout pas ses pieds n'importe.. "
Alors qu'il ressortait de sa cachette, le petit rouquin devint incapable de prononcer la moindre syllabe face à l'homme masqué qui se présentait comme le remplaçant du professeur de savoir-vivre. Son visage se mit à pâlir petit à petit et son regard devenait vide de toute forme de vie. Il semblait avoir vu un fantôme, un démon, le diable en personne ! Ce masque composé d'os lui rappelait tous les mauvais souvenirs enfuis dans sa mémoire. À quand remontait la première fois, ce soir-là où il avait réveillé ce mauvais esprit qui aurait mieux fait de continuer à dormir dans la forêt ? Depuis, par la faute de cet homme, Yohru s'était retrouvé dans la prison puis il avait également perdu le contrôle de son corps par une étrange malédiction. Lorsqu'il était dans les parages, sa simple présence ne prévoyait rien de bon. En quittant le village de la feuille, il était bien le dernier personnage que l'aspirant aurait aimé revoir, il était pourtant certain d'avoir abandonné là-bas sa malédiction et sa malchance, mais à croire que non, elle revenait. Il rebondit de la table et se plaça à côté de ce dernier tout en le pointant du doigt, bégayant à chaque mot prononcé.
    " Q-Qu'est ce que tu fous ici ?! T-T'es pas supposé rester dans le village paumé ? Heeeeu ? C-Comment ça se fait que tu sois mon prof' ? T-Toi ? B-Bonnes manières ? Heeein ?! "


Dernière édition par Yohru le Jeu 4 Mai 2017 - 18:48, édité 2 fois
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Konoha
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Message(#) Sujet: Re: Apprendre les arts du savoir-vivre Mer 11 Jan 2017 - 17:24

    Le Yamanaka sursauta en criant lorsqu’on lui mordit au pied. Il frappa instinctivement de l’autre pied avant de se reculer vivement pour constater qu’il s’agissait de Yohru. Il s’était donc caché là-dessous depuis le début ? Et depuis quand mordait-il ainsi les gens ? L’homme masqué ne l’écouta que d’une oreille alors qu’il se massait doucement le pied à l’endroit où Yohru avait laissé la marque de ses dents. Si Miko ne lui avait pas interdit de laisser des séquelles physiques sur son pupille, Shigo lui aurait déjà donné le choix entre la perte d’un bras ou d’un œil pour son insolence. Mais il devait garder son calme. Rira bien qui rira le dernier. Yohru allait regretter son geste très rapidement.

    « Je vais vous présenter les quelques règles que vous devrez respecter… D’ici la fin de mes explications, il vous faudra vous mordre le pied plus fort encore que vous ne me l’avez fait. Dans le cas contraire, une nouvelle malédiction vous frappera. Je ne peux que vous conseiller vivement d’obéir… »

    Annonça-t-il en ignorant purement et simplement les propos du rouquin. De toute façon, Yohru allait manquer aux règles plusieurs fois encore, ce qui permettra au va-nu-pieds de prendre sa revanche.

    « Première règle : vous ne faites pas ce que vous voulez mais ce qu’on attend de vous. Si vous l’ignorez, vous demandez ce que vous pouvez faire pour nous. Le bonheur des autres sera votre première et seule priorité. Si vous voulez vous exprimer, émettre une question ou faire quelque chose, vous en demandez d’abord la permission. Inclinez-vous pour saluer les gens, tenez-vous droit en toute circonstance, appelez-moi maître et ne m’obligez jamais à me répéter. Si vous respectez tous ces points, on devrait pouvoir tirer quelque chose de vous. Et bien ? Ma présentation se termine. Que décidez-vous quant à votre pied ? »
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Suna
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Message(#) Sujet: Re: Apprendre les arts du savoir-vivre Sam 14 Jan 2017 - 15:07

    " Hey ! Écoute-moi au moins quand je te parle ! Faudrait songer à répondre à toutes mes questions un jour aussi ! Grr ! "
Cependant, le jeune homme ne prêtait aucune attention aux grognements incessants de l'enfant, il l'ignora tout simplement avant d'entamer les explications de ce qu'il appelait les "règles" en commençant par la première. Depuis leur rencontre dans la forêt, c'était devenu une sorte d'habitude pour lui de ne pas répondre à toutes ces questions que lui posait l'aspirant. Toutes restèrent sans réponse et elles continuaient de se multiplier au fur et à mesure de leur échange, laissant le mystère se prolonger dans l'esprit de ce dernier qui continuait de croire en cette fameuse malédiction. À travers ses yeux, l'homme masqué était une sorte de diseur de mauvaises aventures comme l'avait confirmé l'épisode précédent. Il avait des pouvoirs surhumains qui lui permettaient de faire entendre des voix dans la tête des personnes, mais aussi de prendre le contrôle des corps ! Yohru ignorait ce qu'il pouvait faire d'autre encore et il préférait ne point y songer au risque de s'imaginer des choses bien plus effrayantes. Après tant de mésaventures, il savait qu'il valait mieux faire ce qu'il disait s'il ne voulait pas des ennuis par la suite. Cependant, comment pouvait-il se mordre lui-même le pied ? Il s'agissait d'un acte stupide de sa part que de se punir soi-même, rebelle comme il était, il refusait. Pourtant, il ne pouvait empêcher cette petite voix de lui chuchoter à l'oreille d'obéir comme le jeune homme le lui conseillait également.

Alors que ce dernier commençait à réciter la première leçon, le petit rouquin songeait à tout autre chose. Il n'avait pas le temps d'écouter cette longue tirade monotone, il devait vite trouver une solution pour se sortir de cette malheureuse situation. La source des ennuis se trouvait face à lui, il ne pouvait pas rester immobile à ne rien faire, il devait s'enfuir. Comment ? Il craignait de se faire rattraper par la malédiction. S'il escaladait le mur à l'extérieur celui-ci pourrait bien s'effondrer juste pour le faire tomber du deuxième étage. La meilleure solution était s'échapper par la porte pour ensuite courir vers le couloir. Avec un peu de chance, il pourrait retrouver Rukia pour lui implorer de l'aide. Même si elle n'appréciait pas énormément le jeune garçon, elle devait avoir ne serait-ce qu'un peu de pitié pour le pauvre petit être qu'il était. Mais la sortie se trouvait à l'opposé de la pièce, parvenir à l'atteindre n'allait pas être une mince affaire. Doucement, lentement, avec délicatesse et discrétion, Yohru posa un pied après l'autre pour se mettre à tourner autour de l'homme masqué. Si seulement la porte pouvait faire un petit effort et se rapprocher également, mais malheureusement celui-ci restait immobile et l'enfant devait se déplacer par lui-même. Il affichait un sourire gêné pour tenter de détourner l'attention de son interlocuteur, tout en faisant semblant de l'écouter.
    " Alleeeeeez.. J'y suis presque, la pooooorte.. " Marmonnait-il tout bas, ne bougeant à peine ses lèvres.
Mais il était un peu tard, l'homme venait de terminer ses explications et demandait à présent ce que prévoyait de faire l'aspirant. Ce dernier continuait de l'observer avec son air hébété, ne sachant plus quoi répondre. La présentation était bien trop longue, même en restant silencieux et attentif, jamais il ne pourrait se souvenir de chaque point qu'il avait cité, mais de toute façon, il n'avait point écouté. Il hésita quelques instants sur la réponse qu'il devait fournir, tout en cherchant du coin de l'œil la position de la poignée de la porte. Cependant, il ne comprenait pas pourquoi celle-ci se trouvait si loin de sa position, il devait encore se rapprocher un peu pour parvenir à l'atteindre. Discrètement derrière son dos, sa main commençait à chercher désespérément la forme de l'objet, tout en essayant d'attirer le regard de son interlocuteur ailleurs que sur son bras. Puis, il commençait à bafouiller quelques mots incompréhensibles comme pour faire tarder la véritable réponse, jouant son jeu d'acteur à la perfection ou presque. Néanmoins, sa main baladeuse avait bien du mal à atteindre son objectif, tandis que ses yeux ne pouvaient pas quitter le jeune homme en face.
    " Elle est où la fichue poignééééééee ?! Marmonnait-il une nouvelle fois. O-Oui. Je disais dooonc que, mh.. Q-Quant à mon pied ? E-Eh bien, il est en parfaite forme ! Depuis que je suis arrivé ici, j'ai le droit de boire du lait tous les jours. Ce qui fait que mes os sont devenus bien plus solides et résistants, c'est plutôt génial, non ? Un peu de lait ? Je suis certain que la douleur à ton pied s'envolera après une boooonne tasse de lait ! Ainsi, on pourra oublier toute cette mauvaise histoire, qu'en penses-tu ? Parce que me mordre le pied, c'est noooon ! Mais on pourrait devenir camarade, hein ? Pas encore ami, car ton masque ne rentre pas dans mes critères, mais si tu veux, "camarade" c'est un cran plus bas que "ami". Au-delà de "ami", tu as "super ami" et ensuite "meilleur ami". Si tu veux, j'irai te l'apporter moi-même le lait ! Ha Ha Ha ! Préfères-tu chaud ou froid ? Avec du chocolat à l'intérieur ? Des chamallows aussi ? Du sucre ? Du miel ? J'ai même des biscuits ! Les choses sucrées font oublier tous les malheurs et apparemment, ça rend les gens plus aimables aussi, enfin ça les remet de bonne humeur ! "


Dernière édition par Yohru le Jeu 4 Mai 2017 - 18:48, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: Apprendre les arts du savoir-vivre Sam 14 Jan 2017 - 17:43

    Apparemment ça rendait les gens de bonne humeur. Apparemment seulement. Si Yohru avait vraiment voulu rendre l’homme masqué plus aimable, il aurait dû faire ce qu’il lui demandait, tout simplement. Mais non, Yohru préféra lui parler de lait. N’avait-il donc toujours pas compris la situation ? Qu’il ne s’en sortait jamais indemne lorsqu’il n’écoutait pas ?

    « Je pense que nous verrons pour le lait une autre fois… »

    Les mains dans son dos, le Yamanaka forma plusieurs signes pour plonger le jeune garçon dans une illusion. Ses jambes se dérobèrent sous lui, et il verra des sceaux formés dessus. Le va-nu-pieds souriait sous son masque. Finalement, il était malgré tout de bonne humeur. Sa désobéissance lui donnait une raison pour le sanctionner plus en avant. Plus Yohru résistera, plus Shigo pourra s’amuser à le briser lentement. Il n’y avait rien de plus jouissif que de voir la volonté d’autrui se plier morceau par morceau à la sienne, jusqu’à la soumission totale.

    « Et bien, nous allons en rester là pour aujourd’hui. Mais je vais vous laisser quelques devoirs… Vous allez méditer à ce qui vient de se passer. Je vous avais pourtant prévenu… Réfléchissez là où mène votre comportement actuel. »

    Le Yamanaka continuait de former les mêmes signes dans son dos, et les bras du jeune garçon s’immobilisèrent à leur tour, tandis que lui voyait un sceau se former dessus. Shigo marcha alors en direction de la porte.

    « Nous nous reverrons demain pour le prochain cours. »

    Et il ferma la porte derrière en quittant la pièce, laissant le tétraplégique là où il était tombé. L’homme masqué alla ensuite retrouver Rukia pour lui annoncer.

    « Je regrette, mais Yohru ne pourra pas assister aux autres cours demain. Faites savoir à Aburame Miko que j’en suis navré, mais sa pupille doit rester dans cette pièce jusqu’à ma prochaine venue. Il y apprend la première et la plus importante des leçons en terme de savoir-vivre : le respect. »

    Une journée entière d’immobilité et de solitude. Sans rien manger, ni boire, ni pouvoir rejoindre les sanitaires… Dans quel état le retrouvera-t-il le lendemain ?


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Message(#) Sujet: Re: Apprendre les arts du savoir-vivre Sam 14 Jan 2017 - 22:46

Contre toute attente, le jeune homme masqué refusa poliment le verre de lait en repoussant la proposition pour une prochaine fois. Pendant ces quelques instants, la main baladeuse à la recherche de la poignée de la porte avait cessé de bouger tellement que la surprise était grande. Yohru restait étonné de le voir si calme en comparaison à la dernière fois où il lui avait jeté un poisson à la figure et que ce dernier en avait profité pour créer tout un drame. Peut-être comprenait-il la gentillesse infinie dont l'enfant faisait preuve ? Néanmoins, cela restait relativement surprenant. Même si ce dernier n'avait pas vraiment songé à toutes ces questions lorsqu'il s'était mis à lui proposer du lait, mais à présent qu'il le voyait décliner l'offre, il commençait à le trouver bien étrange. Alors qu'il s'imaginait une malédiction lui tomber une nouvelle fois sur les épaules, il était fort heureux de voir que rien ne s'était produit cette fois-là, ainsi il n'avait plus besoin de fuir. Cependant, il songeait trop tôt, deux marques étranges apparurent sur ses jambes les retenant immobiles au sol. Tandis qu'à côté, le diseur de mauvaises aventures finissait de conclure le cours de savoir-vivre de la soirée, puis deux nouvelles marques identiques aux précédentes se dessinèrent également sur les bras, les rendant incapables de bouger, retombant le long du corps. Le rouquin comprit aussitôt qu'il s'agissait d'un sortilège de malédiction lancé par son interlocuteur, mais il ne pouvait rien faire pour contrer les effets paralysants. Ses muscles se décontractèrent d'eux-mêmes, comment pouvait-il s'échapper de son emprise ?
    " Hey ! Qu'est-ce que t'as fais encore ?! C'est quoi ces trucs ?! Quand est-ce que tu m'as gribouillé ces machins bizarres ?! Enlève-moi ça, tout de suite ! Hey, tu m'entends ?! M'abandonne pas ! J't'ai proposé du lait en plus, ouesh ! J'étais sympa, cool, toussa, alors ne m'abandonne pas, hein ! Hey, attends ! Hey ! En attendant demain, je vais pas rester comme ça non plus ?! Attends ! Non, ne m'abandonne pas ! C'est une blague, hein ? Noooon ! "
Malheureusement, ce dernier ne prêta aucune attention aux lamentations et aux supplications du pauvre enfant, il continuait son chemin tout en refermant bien la porte derrière lui, cette porte que Yohru frôlait encore de la main quelques instants auparavant. À présent, il se trouvait seul dans la pièce avec seulement les multiples bibliothèques accrochées aux murs pour lui tenir compagnie. Ses bras et ses jambes étaient atteints d'une malédiction qui l'empêchait de se mouvoir et d'atteindre l'extérieur pour prendre la fuite. Il n'avait plus aucun échappatoire, il était tel un oiseau enfermé dans une cage avec les ailes dépouillées de leurs plumes. Le jeune garçon n'avait encore jamais pleuré, mais pour l'une des toutes premières fois, il ressentait la petite larme lui monter à l'œil sans pourtant pouvoir couler sur ses joues. Dans un premier temps, il ne ressentait aucune crainte particulière, forcé à rester immobile sur place, il n'essayait pas de bouger d'avantage. Peut-être que l'homme masqué reviendrait sur sa parole et dés le lendemain matin, il viendrait le sauver ? Cependant, malgré les multiples mensonges que le rouquin s'inventait dans son esprit pour tenter de se rassurer, il savait au plus profond de lui que ce personnage était bien capable de le laisser mourir de faim. Il commençait déjà à ressentir de légères vibrations à travers son corps en provenance depuis son estomac, que ferait-il si la faim le rendait fou ? Allait-il également devoir dormir sur place ? Que ferait-il s'il ressentait le besoin d'aller aux toilettes ? Le visage tout pâle de l'aspirant prenait un air grave, il avait beau feindre l'ignorance et se mettre à siffloter un air joyeux, un profond désespoir l'envahissait.
    " Espèce de trimple IMBÉCILE STUPIDE, SANS CERVELLE, SANS COEUR, SANS ÂME, DÉMON, DIABLE, SATAN, MOUCHE, FOURMI, MOINS-QUE-RIEN, PEAU DE BANANE ! Je te HAIS ! Je te fais CACA dessus ! J'espère que tu vas MOURIR, je me VENGERAI ! Espèce de ZIGOTTO MASQUÉ, CLOWN, CLOCHARD, PERDANT ! Toi et ton allure de SADIQUE, de vieux FOU, de vieux SHNOCK ! J'espère que tu vas finir CHAUVE, SÉNILE, que tu perdras toute ta MÉMOIRE ! AAAAAAAAAAH ! AAAAAAAAH ! AAAAAAAAAAAAAAAH ! AAAAAAAAAAAH ! AAAA[...]AAAH ! "
Il continua de pousser des hurlements durant un long moment, il s'agissait par ailleurs de la seule chose qu'il pouvait faire. Puis finalement essoufflé après avoir crié haut et fort toutes ces insultes, toute cette rage, Yohru prit une pause et se mit à respirer à grandes bouffées d'air pour récupérer son énergie. Il avait hurlé tellement fort qu'il n'y avait que très peu de chance pour que l'on ne l'ait pas entendu, puis même à longue distance, le destinataire devrait se sentir touché par un léger éternuement. Cependant, malgré s'être dépensé inutilement, rien ne l'aidait à sortir de sa situation. Allait-il réellement devoir attendre jusqu'au prochain cours ? Comment ferait-il pour les heures de lectures et d'écriture ? Soudain, une merveilleuse idée lui traversa l'esprit. La daimyô, Rukia, ni même les gardes ne resteront sans rien faire en sachant que le pauvre pupille de Miko était maltraité. Il gonfla de nouveau ses poumons avant de crier de vives voix.
    " HELP, HELP ! À L'AIDE ! J'suis enfermé, immobilisé, À L'AIDE ! MAMIIIKO ! MAMIIIKO ! RUKI-RUKI ! HAAAWK ! KIMIMAROOOW ! N'importe qui, À l'AIDE ! MAMIKO ! Espèce de Mamiko, comment t'as pu laisser le sale clown rentrer dans le palais ! C'est lui professeur de bonnes manières ? Tu parles ! À l'AIDE, sauve-moi, MAMIKOOO ! Ruki-ruki, comment as-tu pu me laisser seul ? KIMIMAROOOOOW ! Je sais que t'es sympa toi, viens me sauver ! AAAAAAAAAAAH! AAAAAAAAH ! "
Après de longues heures et jusqu'au petit matin, on pouvait entendre le cris insupportables du jeune garçon qui résonnaient à travers tout le palais. Vers les environs de midi, il n'avait plus la force de crier et d'injurier tellement que la faim devenait insupportable. Si sa voix ne pouvait plus porter, le son des gargouillements de son estomac venait la remplacer. C'était bien la première fois qu'il était impatient de débuter les cours de bonnes manières, espérant profondément que l'on vienne le sauver de cet enfer. Il n'allait sans doute pas tenir plus longtemps, le sommeil commençait également à le gagner, sans compter les multiples besoins qui empêchaient l'homme de rester immobile durant une journée. Il perdait peu à peu la sensation de ses jambes comme si des fourmis lui rongeaient peu à peu la peau jusqu'à atteindre l'os. Yohru ne pouvait plus rien faire si ce n'était que d'attendre que les heures passent, si lentement, jamais le temps ne lui avait parut si interminable. Quand finalement, des bruits de pas s'approchèrent de la pièce. Était-ce Mamiko qui venait s'excuser ? Ou bien Kimimaro qui venait le sauver ? Ou peut-être bien..


Dernière édition par Yohru le Jeu 4 Mai 2017 - 18:48, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: Apprendre les arts du savoir-vivre Dim 15 Jan 2017 - 10:16

    « Il aurait crié à l’aide tout en m’injuriant toute la nuit durant ? Oui, cela fait partie de sa leçon. Dites-moi Rukia, à partir de quand ses hurlements cessèrent ? Très bien, merci. J’irais expliquer tout ceci au Seigneur après ce cours. »

    Une journée entière d’immobilité, seule sans rien pouvoir faire dans une pièce fermée. Yohru venait de prendre conscience de son impuissance. De la faim, de la soif, et de biens d’autres maux encore. Dans quel état l’homme masqué allait-il le trouver ? La pupille suivait le processus normal du dressage pour le moment. La colère et les injures. Le désespoir et les appels à l’aide. Bientôt, il demandera pitié, pour finalement se résigner.

    Le Yamanaka frappa à la porte deux fois avant d’entrer. Il contourna le jeune garçon d’un pas lent, calculé pour que Yohru comprenne bien sa situation. Ca n’était pas de l’aide qui venait d’entrer, mais son bourreau. Ce qui signifiait que malgré tous ses hurlements, le palais consentait aux méthodes de l’homme masqué. Shigo resta silencieux, l’observant de haut en bas, attendant. Attendant de voir s’il allait demander pitié, l’injurier, ou s’il avait compris la leçon. Le garçon ne sentait pas bien bon. Allait-il craquer ? Pleurer ou hurler ? Sous son masque, son sourire s’esquissa doucement. Il lui suffisait de patienter et d’observer les effets de son traitement. Tout le monde finit par craquer. Seul le temps varie d’une personne à l’autre. Mais plus il est long, plus il lutte, plus il sera brisé et malléable par la suite.

    « Allez-vous vous mordre ce pied finalement ? »

    Le ton du va-nu-pieds était froid, comme à son habitude. Sa voix ne trahissait aucune émotion particulière. Ni compassion ni sadisme. Ses actes se suffisaient à le décrire. Mais depuis le début, Yohru avait les cartes en main pour que ce cauchemar ne s’arrête. S’il ne le comprenait pas, tant pis pour lui.
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Message(#) Sujet: Re: Apprendre les arts du savoir-vivre Dim 15 Jan 2017 - 15:45

Ou bien était-ce le diable qui revenait ?

La silhouette de l'homme se traçait peu à peu plus clairement dans l'environnement flou qui entourait le jeune garçon. Ce dernier se trouvait au bord de l'inconscience entre la fatigue qui s'accumulait après une nuit passée à hurler, ainsi que la faim qui le rongeait depuis l'intérieur de son ventre. Lorsqu'il reconnut son soi-disant professeur de savoir-vivre, il sursauta aussitôt sur ses deux jambes, se réveillant de son état de sommeil. La simple vue de ce masque le répugnait, il n'avait qu'une seule envie, lui sauter à gorge et le dévorer jusqu'à l'os tellement que son estomac criait famine. Cependant, ses entraves retenaient chacun de ses mouvements enragés, ce qui lui permit de revenir à la raison. Il n'arrivait pas à croire que personne n'était venu le sauver, tous l'abandonnèrent à son triste sort. Ce n'était pas étonnant de la part de Mamiko — la Daimyô, il savait au fond de lui que cette dernière ne le portait pas dans son cœur, elle était tellement froide et cruelle qu'elle n'aurait pas hésité à en faire de même, l'enfermant sous terre avec ses petits insectes hors de la lumière du jour, le laissant pourrir au fond d'un trou. Il s'agissait sans doute de la raison qui l'avait poussé à quitter le Palais sans même emporter avec elle son pupille. Cependant, il n'arrivait pas à croire que même Kimimaro était resté sans rien faire. N'était-il pas son ami ?

À l'heure actuelle, le sentiment de haine et de fureur dominaient, aussi bien à l'encontre de ces ingrats qui n'avaient pas bougé le petit doigt, ou envers le diseur de mauvaises aventures. Il refusait de se soumettre à cet homme sadique totalement fou dans l'âme, une créature des plus basses calamités qui répandait le malheur autour de lui. L'enfant l'avait deviné depuis la soirée dernière, sa présence dans les lieux ne présumait rien de bon, mais cette fois-là était pire encore que n'importe quelle autre rencontre. Il ressentait toujours cette petite larme qui lui montait à l'œil sans pouvoir couler le long de sa joue, retenue par sa rage et sa fierté, jamais il ne s'abaisserait à s'avouer vaincu. Il avait connu pire, se répétait-il incessamment. Néanmoins, la sensation de faim restait insupportable et il s'agissait de la seule souffrance à laquelle il ne s'habituera sans doute jamais, malgré l'avoir enduré bien plus longtemps. Il grognait entre ses dents, il avait l'esprit agité par une colère plus grande qu'à son habitude.
    " T-Toi ! E-Espèce de sadique sans cœur ! Comment t'as osé ! À l'aide, libère-moi ! Alors que je te proposais gentiment du lait et même du miel, toi, tu m'enfermes sans pitié ! Où sont donc les remerciements ? Maintenant, libère-moi ! "
S'il ne trouvait pas vite une solution pour se sortir de cet enfer, il risquait d'y laisser sa chair. Comme n'importe qui d'autre et plus que quiconque, il refusait de mourir et encore moins par la main de cet homme. Il n'avait donc plus d'autres choix que de faire ce qu'il lui demandait ? Il tira une sale grimace refusant de jouer l'enfant docile, cependant, il finit par accepter. Néanmoins, en échange, il réclamait de la bonne nourriture, car il était à bout de forces. Alors, Yohru vit les étranges dessins sur ses bras et ses jambes s'effacer lui permettant de bouger à nouveau, même s'il ne ressentait plus aucune sensation en provenance de ces derniers, comme si les fourmis avaient tout rongées. Ils n'avaient plus bougé pendant une journée entière, ils étaient eux-mêmes tombés dans un profond sommeil. Durant cet instant de liberté, il avait bien envie de fuir, mais le masque menaçant l'empêchait de faire des mouvements imprudents. Toujours de bien mauvaise humeur, il s'assit en tailleur sur le sol et releva son pied gauche. Il voulait confirmer une dernière fois.
    " Si je le fais, t'oublies pas qu'après je veux à manger ! Sinon je vais mourir ! C'est ok, hein ? Sinon je le fais pas.. "
La réponse de l'homme masquée n'était que très peu convaincante, car elle laissait clairement entendre que même s'il le faisait, peut-être qu'il ne lui accorderait rien en échange. Cependant, l'enfant finit par se résigner. Peu lui importait le reste, même s'il se faisait avoir par son énième mensonge tant qu'il pouvait aller faire un tour dans les cuisines. Il sentait bien qu'il atteignait les limites s'il ne voulait pas tomber dans l'inconscience. Il se mordilla sans forcer d'avantage le bout du pied avec l'air blasé. Il ne ressentait aucune douleur particulière à cause de ses membres qui étaient devenus tout mous, après 24 heures sans bouger.
    " Et c'est lui qui est supposé être le professeur de bonnes manières ? Tu parles, j'ai l'impression que c'est pas trop ça. J'ai d'avantage l'impression d'être un chien, marmonnait-il tout bas. Voilà, maintenant, je veux manger ! Comme promis ! "


Dernière édition par Yohru le Jeu 4 Mai 2017 - 18:48, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: Apprendre les arts du savoir-vivre Dim 15 Jan 2017 - 17:32

    « Comme promis ? J’ai dit que vous n’auriez rien si vous n’obéissez pas, pas que vous aurez quelque chose en le faisant. Vous me faites de la peine, Yohru. Tout cela n’arrive qu’à cause de vous. S’il n’y avait pas eu besoin de vous inculquer le savoir-vivre, il n’y aurait pas ces leçons, et nous n’en serions pas là. Tout ce qui vous arrive est de votre faute.

    Comme tout vient à cause de vous, la suite ne dépend aussi que de vous. Suivez les règles que je vous avais données, et tout ira bien. Mais vous débutez mal, je dois dire. Hélas, il vous faut demander le droit de manger, et non l’exiger comme vous semblez le faire. Je n’entends nulle politesse dans votre formulation.

    Cependant, vous m’aviez parlé de lait. Voilà qui est une excellente idée. Proposer ce que vous pouvez faire pour les autres, donner de votre personne est une bonne initiative. Je vous encourage donc à continuer sur cette voie. Un verre de lait froid me conviendra parfaitement.

    Mais n’en profitez pas pour soulager l’un ou l’autre de vos besoins en chemin. Que je sache, je ne vous ai donné aucune autorisation encore, et vous n’en avez pas demandé de la manière adéquate. Remplissez le service que vous vous étiez proposé d’accomplir, puis revenez me soumettre votre requête en bonne et due forme.

    N’oubliez cependant pas que je peux manipuler votre esprit à ma guise. Aussi, si vous faites quoique ce soit d’autre que mettre toute votre âme dans la préparation de ce verre de lait, je le saurais. Et alors, vous savez très bien ce qui vous attendra.

    Encore une fois, la suite ne dépend que de vous. Lorsque vous le comprendrez enfin, peut-être tirerons-nous quelque chose de vous. Yohru, vous êtes un brouillon de chef d’œuvre qui a séché. Il faut donc briser ce brouillon et aplanir le terrain pour façonner la nouvelle statue dans le moule attendu et demandé par Aburame Miko.

    Allez maintenant, pupille du Seigneur. Allez me montrer s’il me faut aplanir ou façonner. »

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Message(#) Sujet: Re: Apprendre les arts du savoir-vivre Sam 21 Jan 2017 - 22:02

    " Mais tu laissais aussi, clairement sous-entendre que j'aurais quelque chose en retour si je le faisais ! Et c'est de la triche de jouer autant avec les mots !" Répliquait l'enfant tout en ronchonnant.
Ce dernier continuait à mourir de faim pendant que son professeur lui récitait un long monologue inintéressant et dénué de sens, sans aucune importance et sans aucun intérêt. Son ventre interrompit à plusieurs reprises la discussion, mais son interlocuteur ne prêtait aucune attention à ces bruits parasites, ni même à ses grognements ou à ses plaintes. Il poursuivait sa tirade jusqu'à terminer ce qu'il avait à dire, sans s'interrompre et sans dévier de son sujet. Dés les premières phrases le jeune rouquin ne l'écoutait plus, son esprit vagabondait loin de la pièce. Il le fixait constamment avec ce regard empli de haine qui cherchait à briser ce masque jusqu'à atteindre son âme, il voulait réclamer sa vengeance et toutes ses pensées se tournaient vers les idées les plus diaboliques qui pouvaient lui traverser la tête. Cette situation n'était en rien les conséquences provoquées par Yohru, il n'était à l'origine d'aucun malheur, il était aussi innocent que l'enfant qu'il prétendait être. Il continuait de se répéter ces paroles incessamment jusqu'à les ancrer profondément dans son esprit. Il était la seule personne à souffrir avec le ventre vide après une journée d’immobilisation, comment pouvait-il être l’auteur de son propre supplice ?

Il était impossible pour cet homme sans cœur de connaître la douleur qui tourmentait le jeune garçon à l'heure actuelle. Ses paroles n'avaient point l'air sincère, ce n’étaient ni des lamentations, ni de la pitié, un personnage tel que lui ne pouvait pas ressentir de tels sentiments. L’aspirant avait passé la nuit entière à hurler, crier, supplier de l’aide, mais ce fut en vain. Ce dernier était convaincu de l’insensibilité de celui qui se présentait comme son professeur, ainsi que de tous ceux présents dans le Palais. Ils avaient perdu toute la confiance que leur accordait l’enfant, à présent, il se méfiait d’eux et de ces faux sourires charmeurs. Cependant, il avait bien envie de croire les derniers mots prononcés par l’homme masqué, celles qui disaient que la suite ne dépendait que de lui. S'il avait réellement la possibilité de s'échapper de ce cauchemar, alors il le ferait sans hésiter, mais comment devait-il s'y prendre ? Le rouquin finit par se résigner à écouter les consignes avec une grimace. Il se retint de répondre de manière insolente même si l'envie lui rongeait les lèvres, il se contenta de rouler des yeux d’un air blasé. Il n'avait à présent plus aucune envie de lui en apporter son verre, mais avait-il réellement le choix ? Il n'aimait pas la façon dont il parlait de lui comme un objet ou un brouillon séché, il était unique et original, incomparable à ces natures mortes et il aimait encore moins répondre à ses ordres. Néanmoins, il s'agissait de la seule option qui se présentait à lui et de la décision la plus sage qu'il pouvait prendre.
    " Roooooooh ! C’est d’accord, je vais aller te rapporter ton lait, Monsieur ! Tsss, je vais me faire un plaisir de l'empoisonner, tiens ! "
Le jeune garçon s'en alla tout en refermant la porte derrière lui. Il ressentit en cet instant même un long frisson lui parcourir le dos. Il avait l'impression d'être observé comme si le regard perçant du jeune homme continuait de le suivre même à travers les murs. Ses mots résonnaient en boucle comme une cloche dans l'esprit du rouquin, était-il de nouveau menacé par une tragique malédiction ? Il fallait fuir, c’était la meilleure occasion pour s’échapper par la porte principale, mais à quel prix ? Il valait mieux suivre les consignes à la lettre pour s'éviter les foudres du malheur. Ainsi, il se dirigea calmement vers la cuisine du Palais, croisant sur son chemin quelques soldats qui riaient discrètement derrière son dos. Ces derniers se pinçaient le nez et se plaignaient de la mauvaise odeur d'un air moqueur. L'aspirant n'avait pas pris de douche depuis une journée et il était resté dans la même pièce sans rien faire. Cependant, ce dernier ne leur prêtait aucune importance, il n'avait pas de temps à perdre sur le trajet avec de telles idioties. Rapidement, il arriva devant le garde-manger pour servir un verre de lait qu'il s'apprêtait à rapporter à l'homme masqué, jusqu’à ce qu’un doute ne vienne perturber ses réflexions. Allait-il réellement se montrer aussi docile ? Et sa haine avait-elle complètement disparue pour laisser place à un animal chétif ? Tournant la tête sur le côté, il cherchait du regard un poison à mettre dans la boisson. Son regard se posa naturellement sur le produit du lave-vaisselle.
    " Il ne va tout de même pas croire que je suis larbin, hein. Au pire, je dirai que le lait était périmé, héhé..
Cependant, en rangeant la brique de lait, il vit le frigo si bien garni qu’il ne pouvait empêcher ses mains de se rapprocher d'eux-mêmes de ces merveilles. Il avait beau se répéter qu'il ne devait pas perdre le contrôle de son corps, mais c’était difficile de résister à ses envies. Discrètement, il dévora au passage un chou à la crème qu'il prit le soin d'engloutir en une bouchée, avant de refermer la porte du réfrigérateur, ni vu ni connu, s'assurant que personne aux alentours ne l’observait. À présent, il retournait vers la salle où l'attendait son professeur de savoir-vivre. Il ressentait à la fois une certaine peur inconnue qui naissait en lui, mais aussi une impatience de voir ce dernier boire son lait, sa vengeance sera alors accomplie. La tentation avait pris le dessus et elle s'était révélée plus forte que lui. Ce n'était pas sa faute, c'était à cause du cuisinier qui avait laissé la nourriture traîner dans le frigo, le produit sur le comptoir. Le diseur de mauvaises aventures n'avait aucune chance de le deviner ou du moins, le jeune garçon l'espérait profondément. Essuyant une dernière fois sa bouche d'un revers de la manche, il soupira trois fois devant la porte, avant de rentrer avec le verre de lait à la main. Il le tendait d'un air nonchalant à la seule personne présente dans la pièce.
    " V'là ton verre de lait, j'peux aller manger à présent ? "


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Message(#) Sujet: Re: Apprendre les arts du savoir-vivre Dim 22 Jan 2017 - 1:00

    C’était un test. Un test qui n’aboutissait que rarement à une réussite la première fois. En moyenne, c’était à la troisième leçon de ce genre que « l’élève » se laissait à la résignation, abandonnant son statut d’homme pour comprendre et accepter sa soumission. Lorsque Yohru aura saisi que devenir un esclave dévoué rendra sa vie meilleure que de n’en faire qu’à sa tête, alors il aura assimilé le savoir-vivre. La fierté des hommes. Leur égo et leur « humanité » était leur faiblesse. S’il faut manger du purin de cheval pour obtenir une miche de pain alors qu’on a l’estomac vide, la question ne doit même pas se poser. C’est vivre ou mourir. Dans quel état ? Qu’importe. On ne sait jamais de quoi est fait le lendemain. Shigo avait bien échappé à l’île de la Cendre et au règne de Makka finalement.

    « Vous voilà enfin. Je craignais que vous ne vous enfuissiez. Alors. Je vous prends déjà ce verre… Merci. Avez-vous fait quoique ce soit d’autre que d’aller me servir ce verre de lait ?

    Ah… Pourquoi ne comprenez-vous pas ? La faim je suppose ? Vous apprendrez bien vite que la faim n’est que la conséquence. La source, l’origine provient de vous. Pourtant, ce n’était pas faute de vous avoir prévenu. Vous auriez pu berner n’importe qui, mais il existe encore quelques Yamanaka sur le continent.
    Yohru, Yohru, Yohru… Votre attitude me chagrine. Ne saisissez-vous pas ? N’avais-je pas été assez clair ? Peut-être faut-il que je remette les choses au point dans ce cas ? J’ai accès à votre esprit autant qu’à votre corps. Comme ceci, vos jambes ne vous obéissent plus. Et à présent les bras. Retour au point de départ.
    Pourquoi ? Parce que je vous avais prévenu. Non pas que j’en sois peiné. Au contraire, votre volonté me réjouit. Mais c’est cette même résistance qui vous fera endurcir encore et encore le même châtiment. Au final, je vous briserais. Tout le monde finit par être brisé. Ce n’est qu’une question de temps… Alors, qu’avez-vous gagné à me désobéir ? La satisfaction de garder un peu de liberté en valait-elle vraiment la peine ?

    Vous savez ce qui vous attend, n’est-ce pas ? Une nouvelle journée à moisir là, face contre sol, assailli par la faim, la soif et d’autres besoins primaires. Pourtant, vous saviez comment éviter ça. Je vous avais donné toutes les cartes pour ne plus avoir à subir ce maléfice. Peut-être que vous aurez le temps de méditer à vos actes cette fois ?

    Malgré tout, vous apprendrez que je sais être généreux et récompenser les bonnes initiatives. Vous m’aviez proposé ce verre de lait, et le corps a besoin de boire pour subsister, davantage que de manger. Ouvrez la bouche Yohru. Vous ne voulez pas ? C’est tout ce que vous aurez avant mon retour dans un jour. Oh, excusez-moi, j’en ai quelque peu renversé sur votre visage. Je n’ai pas vraiment coutume d’abreuver une personne paralysée. Peut-être pourrez-vous boire vous-même demain ?
    Ca ne dépend que de vous. Bonne méditation, pupille du Seigneur. »


    Quittant la pièce, l’homme au masque s’en alla retrouver Rukia, satisfait de sa leçon. Il avait hâte de savoir combien de jours le gamin tiendra avant de devenir un simple domestique servile et sans volonté. Lorsqu’il trouva la dame, il lui demanda si elle avait de quoi écrire et si elle pouvait transcrire ses propos sur un parchemin afin de le transmettre à Aburame Miko ensuite.

    « Au Seigneur du Feu,

    Les leçons de savoir-vivre suivent leur cours naturellement. Il s’agit de la deuxième séance mais je pense que les premiers résultats se verront au bout d’une semaine grand maximum.
    Hélas, n’ayant carte blanche pour éduquer votre pupille selon vos souhaits, j’ai dû faire appel à un protocole s’étalant plus largement dans le temps. Yohru manquera ses autres leçons durant les premiers jours, et je m’en excuse. Je ne lui laisserais aucune séquelle ni physique ni psychologique, comme selon vos désirs. Mais votre pupille apprend la première et la principale des leçons : le respect d’autrui. Après tout, le savoir-vivre ne peut se bâtir que sur cette base qu’est le respect.
    Veuillez pardonner les absences de Yohru auprès de vos autres pédagogues. Cela ne devrait pas durer plus d’une semaine, comme susdit, et je ne vous demanderais pas une prime salariale pour les heures supplémentaires allouées à mon enseignement. J’aurais simplement une faveur à vous formuler une fois l’ensemble de mon travail terminé, et si vous jugez les résultats satisfaisants. Rien de bien fantaisiste, vous verrez.
    En attendant, personne ne doit entrer dans la pièce qui m’est accordée pour mes leçons, car votre pupille y médite le respect. S’il venait à crier, ne vous en formalisez pas. Il doit épuiser sa voix orale avant de pouvoir puiser dans sa voix intérieure. Les limites que vous m’aviez défini seront pleinement respectées.

    Bien à vous,
    Votre dévoué serviteur, Yamanaka Shigo. »


    Le va-nu-pieds remercia Rukia et s’en alla.
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Message(#) Sujet: Re: Apprendre les arts du savoir-vivre Dim 22 Jan 2017 - 14:56

Le jeune garçon esquissa un sourire à peine perceptible, lorsque le devin accepta son verre de lait. Il continuait à l'observer d'une grande attention, sans cligner des yeux, il suivait le moindre de ses mouvements avec son regard. Il était impatient de voir la grimace qu'il allait afficher en buvant le produit de lave-vaisselle rajouté à l'intérieur, allait-il avoir mal au ventre durant les instants qui allaient suivre ? Cependant, ce dernier n'était point pressé de déguster son verre. Derrière ses paroles, il semblait déjà au courant des méfaits du pupille. L'enfant se mit à trembler très légèrement des jambes tout en détournant les yeux sur le côté. Il restait convaincu que son interlocuteur n'avait aucun moyen de découvrir la vérité tant qu'il retenait sa langue de tout dévoiler.
    " S-Si j'ai fait quoique ce soit d'autre que d'aller servir ce verre de lait ? Bafouillait-il légèrement. N-Non, non, non ! Parce que tu aurais aimé que je fasse autre chose également ? Ah bah ! Fallait le dire plus tôt si tu voulais que je rajoute du miel ou un autre pr-.. chose. Maintenant, si je redescends, c'est uniquement pour manger ! Tss. "
Seulement, Yohru ignorait les capacités du diseur de mauvaises aventures, sa capacité à lire les pensées comme il lisait dans un livre ouvert. Il se rappelait à présent de ses dernières paroles lorsqu'il l'avait quitté plus tôt, celles qui lui rappelaient que le devin savait contrôler les esprits des personnes. Néanmoins, il fallut au rouquin plusieurs instants de réflexion avant de comprendre que le contrôle des esprits revenait à la capacité de lire dans les pensées. Si tel était le cas, pourquoi lui avait-il posé la question s'il connaissait lui-même la réponse ? L'enfant n'arrivait à saisir le sens de chacune de ses phrases, mais que devait-il comprendre ? Qui étaient ces fameux Yamanakas ? Était-ce le nom accordé aux devins masqués qui jetaient des malédictions à tort et à travers sur les pauvres petits rouquins ? Une nouvelle fois, sous le regard ébahi du jeune garçon qui ne savait plus quoi dire, les mêmes dessins que la veille apparurent sur ses bras et sur ses jambes. Ces derniers s'immobilisèrent instantanément sur place. Il ne lui fallut à peine quelques secondes pour se remémorer le cauchemar de la nuit précédente, tandis que son ventre continuait de crier famine. Il avait encore faim et ce n'était pas un simple petit chou à la crème qui allait l'aider à supporter une nouvelle journée. Sa rage grandissante dévorait l'homme en face du regard, ce regard si noir qui pourrait plonger une personne dans les abysses, ou presque.
    " T-Toi ! Espèce de vieille peau de banane ! J'comprends rien de ton charabia et il est hors de question que j'obéisse à un vieux fou comme toi ! Surtout que t’es tout sauf normal, rassurant, ou quelqu’un de bien ! Et ma liberté est à moi ! MOI ! GRRRRRRRR ! RRRR ! “ Grognait-il tel une bête enragée.
Il ne portait aucun remords pour avoir dévoré la pâtisserie, seulement s'il avait sut que cette situation allait se répéter, il aurait bien vidé le frigo tout entier. Cependant, il oubliait la dernière bêtise qu'il avait commise, celle de remplir le verre avec quelques gouttes d'un produit de lave-vaisselle. La proposition de l’homme masqué de partager son verre de lait aurait pu être de bon cœur si seulement le rouquin n'avait pas empoisonné le contenu. Alors qu'il rapprochait le verre de sa bouche, le visage de l'aspirant pâlissait peu à peu et il se mit à tourner sa tête dans tous les sens, ce qui renversa le liquide un peu partout. À cet instant, il était soulagé de n’avoir intégré aucun produit corrosif à la peau, au risque de se blesser lui-même. Le devin finit par laisser le verre sur le côté pour quitter la pièce et il promit de revenir le jour suivant, ignorant les derniers cris et supplications incessants du prisonnier de la salle.

Yohru l'avait senti dans sa voix cette joie qu'il se faisait à torturer un pauvre enfant comme lui. Il se jurait de se venger et de lui rendre le double de ce qu’il éprouvait à l’heure actuelle, ce n'était qu'une question de temps avant que le malheur ne se retourne contre lui depuis la main du rouquin. Même si la fatigue devenait insupportable pour le corps fragile du jeune garçon, sa rage réanimait tous ses muscles et sa voix se mit à porter sur tout le Palais. Il hurla durant toute une nuit jusqu'à se briser les cordes vocales, il voulait empêcher tout le monde de dormir et subir en même temps que lui son désarroi. Il refusait de s'avouer vaincu, il refusait de perdre face à ce diable qui avait pris la forme humaine. Ses deux yeux rougirent et ses cernes se creusèrent sur son visage, il était dans un état encore plus pitoyable que la nuit précédente. Néanmoins, il refusait de céder, car sa volonté était bien mieux forgée que son corps.
    " AAAAAAH ! J’suis ÉNERVÉ ! J’ai la RAGE ! J’en ai MARRE ! AAAAAAH ! Je vais le COGNER ! Je vais lui faire voir mon POING ! AAAAAH ! Et toi, Mamiko, tu ne perds rien pour attendre ! Je vais me venger contre tous ceux du Palais ! AAAAAAH ! La prochaine fois, j’boufferais toutes les pâtisseries et je ne laisserais plus aucune miette ! AAAAH ! VENGEANCE ! "

Lentement, il sombrait dans un profond sommeil. Qui avait laissé ce démon entrer dans la demeure de la Daimyô ? Pourquoi le pupille se trouvait-il dans une telle situation ? Allait-il réellement devoir se soumettre comme le lui demandait le devin ? Plus le temps défilait, moins il ne voyait d'autres solutions que celle-là. Son estomac s'était retourné contre lui, il le menaçait de le ronger depuis l'intérieur de son corps. Que devait-il faire ? La réponse devenait peu à peu plus claire et précise : il aurait dû prendre la fuite à la première occasion. À quoi bon s'acharner à vouloir réclamer une vengeance ? Il n'en n'avait pas la possibilité de le faire à l'heure actuelle, mais il saura lui rendre ses malheurs tôt ou tard. Cependant, vers qui devait-il se tourner pour supplier de l'aide ? Tous les membres du Palais semblaient l'avoir abandonné. Devait-il retourner au village de la feuille ? Étrangement, le directeur de l'Académie ainsi que la douce Yell et tout ce beau monde lui manquaient étonnamment. À la prochaine occasion qui se présentera à lui, il prendra la fuite loin de ces murs qui devenaient un véritable enfer. Cependant, une telle chance allait-elle réellement se présenter ?


Dernière édition par Yohru le Jeu 4 Mai 2017 - 18:49, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: Apprendre les arts du savoir-vivre Dim 22 Jan 2017 - 15:28

    La pièce empestait davantage que l’autre fois. Ou bien était simplement Yohru ? Après tout, il ne pouvait se retenir indéfiniment. L’odeur nauséabonde se pressentait de l’autre côté de la porte en se concentrant bien. Et pourtant, Yohru avait bien de la chance. Si seulement Shigo avait eu carte blanche, l’affaire aurait déjà été pliée. Ce que subissait le jeune garçon était rien à côté du quotidien de l’île de la Cendre lorsque Makka y régnait sans conteste.

    Le Yamanaka souffla profondément en posant sa main sur son masque. Ses marques le tiraillaient quelque peu. Mais Yohru ne saura jamais qu’il avait en fait droit à un traitement de faveur. Il ne le comprendrait pas de toute façon. Shigo lui aurait crevé un œil dès la première leçon s’il avait pu mener son enseignement à sa convenance.

    Après avoir frappé deux fois, le va-nu-pieds entra dans la salle où Yohru était resté prisonnier, impuissant. Ce châtiment était là pour lui faire comprendre sa véritable valeur : rien. Il n’était rien. Du jour au lendemain, on pouvait disparaître. Un grain de poussière dans un vaste monde qui continuera de tourner avec ou sans nous. Comme le palais poursuivait sa vie alors que Yohru demeurait captif.

    Le jeune garçon mériterait une bonne douche. Et son estomac semblait plutôt bruyant. Mais qu’en était-il de sa bouche ? Avait-il encore de l’énergie à perdre dans de futiles injures ? L’homme masqué demeura silencieux dans un premier temps. Il avança doucement, d’un pas calculé, contournant le jeune garçon paralysé au sol. Il testait sa patience. Un seul mot de travers de sa part et Shigo repartait.

    Finalement, face à lui, le Yamanaka s’accroupit, toujours dans une lenteur volontaire. Il le fixait, attendant toujours de voir s’il daignerait ouvrir sa grande gueule ou non. Etait-il déjà brisé ? Shigo lui demanda alors :

    « Avez-vous compris votre situation à présent ? »
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Message(#) Sujet: Re: Apprendre les arts du savoir-vivre Dim 22 Jan 2017 - 20:07

Malgré le bruit de la porte qui venait de s'ouvrir ainsi que la multitude d'odeurs nauséabondes qui empestaient la pièce, l'enfant continuait à roupiller inconsciemment dans son coin. L'environnement ne perturbait point son sommeil, il était habitué à dormir dans toutes sortes de circonstances aussi désagréables étaient-elles. Il passait autrefois chacune de ses nuits dehors à la belle étoile, dans le centre-ville du village aux côtés des poubelles des restaurants avec tous les animaux errants. Ce n'était pas sa propre odeur qui allait le gêner et il s'agissait de la seconde nuit où il se retrouvait enfermé dans la même salle, respirant ce même air. Cependant, depuis qu'il s'était accoutumé aux doux lits de l'Académie puis du Palais, il était devenu plus difficile pour lui de supporter le sol inconfortable et les sons parasites qui venaient le déranger lors de son sommeil. Il finit par se réveiller avec une expression blasée, trouvant à ses côtés la vue d'un masque répugnant et désagréable qui le fixait du regard. Il ne lui fallut pas bien longtemps pour se rappeler de la situation dans laquelle il se trouvait à l'heure actuelle, ses souvenirs de la veille et de l'avant-veille étaient encore frais et présents dans sa mémoire. Comment pouvait-il oublier si facilement un cauchemar qui continuait de lui glacer le sang ? Il sursauta en quelques secondes avant de reprendre sa tête sur les épaules.
    " Mh.. La situation dans laquelle je me trouve ? Mh.. Oui Disait-il avec un regard plein de colère, mais qu'il gardait au fond de lui afin de ne rien dévoiler.Tu vas enfin accepter de me relâcher ou.. ? "
Il se retenait de lui lancer de nouvelles insultes à la figure, il était épuisé et à court de voix pour continuer de crier une nuit de plus. Il n'avait pas bu une goutte d'eau depuis deux jours, s'il continuait à jouer l'enfant têtu, il finira desséché comme une plante morte. Même s'il aimait jouer avec le feu, il n'avait aucune envie de mourir et encore moins de sa main sans avoir prit sa vengeance. Son propre estomac lui rappelait les consignes, il ne devait pas le faire patienter une journée de plus car il prédisait des conséquences désastreuses. Il devait trouver une solution pour s'enfuir de la pièce et pour cela, il devait se débarrasser de ses entraves, de cette malédiction qui lui collait à la peau. Pour parvenir à ses fins, il était prêt à jouer l'enfant docile même si la colère le grignotait au fond de lui-même. Ses yeux perçants et enragés devinrent fous à la vue de la personne en face lui, l'envie de lui arracher son masque et de lui dévorer la joue était une sensation irrésistible. Seulement, que pouvait-il faire avec ses quatre membres liés ? Il resta sage et tira la carte de la ruse. Il ne devait pas perdre son objectif de vue, il devait fuir et partir loin, chercher de la nourriture et se ressourcer.

Cependant, son interlocuteur ne semblait pas entrain à le relâcher si facilement, à moins que ce dernier n'apprenne la politesse. Il s'était résigné à prendre la fuite et à laisser sa fierté et sa haine de côté, mais il n'allait pas non plus se soumettre et lui obéir. Tant que sa conscience était toujours ancrée dans son âme, il refusait d'abandonner plus que la fuite, mais celle-ci commençait à se volatiliser sous les coups de la famine. Tout d'abord, un excès de rage vint amplifier le visage colérique de l'enfant, lui qui n'aimait respecter personne et encore moins le sale masque qui se trouvait à côté de lui, mais avait-il le choix ? Afin de lui faire le plaisir de demander courtoisement la possibilité de lui retirer ses entraves — si son ventre était inexistant, jamais il ne demanderait si poliment à son ennemi de le libérer, le rouquin prit un semblant de faux sourire hideux par lequel on voyait bien qu'il s'efforçait d'étirer le coin de ses lèvres sur les deux côtés, avant de demander d'une voix tremblante derrière laquelle se cachait la colère.
    " T-Toi ! Espèce de vieille chaussette, je vais t'arracher la peau du visage et la recoller sur ton masque.. Pourrais-tu.. enlever.. annuler ? Cette malédiction qui m'entrave les bras et les jambes.. J'ai, il se trouve, extrêmement faim. Pourrais-tu me laisser manger de la bonne nourriture, mh ? "
Son cil tiquait nerveusement à cause de cette haine grandissante en lui. Il ressentait une profonde envie de cracher dix fois au sol pour avoir prononcer de telles paroles envers ce sale divin de malheur. Aussitôt qu'il se sera enfui, il commencera par se laver la bouche se promettait-il. Néanmoins, il fallait encore qu'il parvienne à prendre la fuite.


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Message(#) Sujet: Re: Apprendre les arts du savoir-vivre Mar 24 Jan 2017 - 18:07

    Le ton du garçon n’était pas tout à fait celui d’un homme soumis. Il n’était pas encore brisé. Et ses pensées, ses émotions… Le Yamanaka pourrait les analyser en soutenant plus longtemps le regard de Yohru, mais il percevait déjà leur négativité, et non la résignation qu’il attendant en fin de traitement. Et puis, sa façon de s’exprimer…

    « Ignorez-vous ce qu’est le vouvoiement ? Et ne vous ai-je pas sommé de m’appeler maître ? »

    L’un testait les limites de la patience de l’autre, mais l’autre le rendait bien à l’un :

    « Quoi ?! Maître » et puis quoi encore... se retint-il de prononcer. L'enfant sourit d'un visage hideux, masquant sa promesse de meurtre avant d’ajouter « Et c'est quoi le vouvoiement ? »

    L’homme masqué soupira, exaspéré. Le niveau d’éducation de Yohru était donc aussi bas ? S’en aller en le laissant réfléchir là-dessus serait contreproductif. Il fallait d’abord lui donner quelques pistes de réflexion.

    « C’est la différence entre tu et vous. »
    « Vous ? Parce que y'a deux personnes dans ta tête ? Ok, vous... vous allez me libérer ? Il se trouve que j'ai toujours faim… Quand vous allez me libérer ? Quand pourrais-je aller manger ? »

    C’était déjà mieux. Mais tout à fait encore. Il restait une chose essentielle : qu’il saisisse pleinement sa situation. Yohru pensait l’avoir fait, mais il se trompait. Il parlait beaucoup trop, signe qu’il n’avait pas peur de ce qui pouvait arriver et qu’il avait encore trop d’énergie. Lorsqu’il hésitera à prendre la parole et que ses mots seront faibles et tâchés de soumission, là l’homme masqué touchera au but. En le brisant, Shigo viendra à bout et de sa volonté et de sa rancune envers lui. Il ne restera que la peur. La peur et une obéissance absolue.

    « Quand ? Voilà une excellente question. Mais vos questions ressemblent toujours à celles d’un gamin puéril qui ne cesse d’exiger. Peut-être vous faut-il plus de temps pour méditer à la bonne formulation… »

    Se redressant, le Yamanaka quitta la pièce sans faire attention aux propos de Yohru. Il revint quelques minutes plus tard, un verre d’eau à la main. Une troisième journée ? Son estomac y survivrait. Sa soif aura cependant besoin d’un petit soutien. Alors, debout face au corps du gamin gisant au sol, Shigo tourna le verre et vida lentement son contenu sur le visage du jeune garçon, sans délicatesse aucune.

    « Quand ? Peut-être demain. Ou un autre jour. Cela ne dépend que de vous. Au revoir. »
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Message(#) Sujet: Re: Apprendre les arts du savoir-vivre Sam 28 Jan 2017 - 15:40

Il n'espérait tout de même pas être vénéré comme un être divin ou même un être supérieur au point de se donner soi-même le titre de "maître", alors que qu'il ne méritait en rien le respect de l'enfant qui lui portait une profonde haine ? Malheureusement, ce dernier n'avait pas vraiment la possibilité de répliquer, auquel cas, il lui aurait donné le surnom du vieux moine sénile ou encore de la vieille peau de banane. Seulement, s'il voulait faire cesser tous ces malheurs qui s'abattaient sur ses pauvres épaules et effacer ces étranges graphismes dessinés sur ses quatre membres, il devait obéir. Au fur et à mesure de la conversation, Yohru commençait à comprendre la vérité qui se trouvait derrière tant de mystères qui entouraient le diseur de mauvaises aventures. Derrière ce profil d'homme solitaire, il se trouvait dans son corps deux esprits, tous les deux aussi méprisables l'un comme l'autre. Cependant, il n'en savait pas plus concernant cette seconde identité et il ne s'agissait pas de la principale source de ses tourments à l'heure actuelle. Son estomac continuait de lui rappeler sans cesse son existence, même si peu à peu, ses grognements s'apaisaient, épuisé et lasse de continuer à réclamer sans fin.
    " Me demande pas ! Euh.. N'me demandez pas ! C'est moi qui pose les questions et qui vous demande quand, quand pourrais-je manger ? C'est vous qui connaissez la réponse, alors ne me demandez pas. Quoique, je veux bien répondre, je propose maintenant même ! Qu'en dites-vous ? Hey et j'suis pas un gamin ! Disait-il, hésitant à hausser le ton. Hein, quoi ? "Plus de temps pour méditer" ? Hey attends ! Fin', attendez ! J'ai suffisamment dormi, c'est bon, j'pense pas avoir besoin de plus de temps ! Hey, attendez ! Noooooon ! "
Voyant le jeune homme se redresser, l'enfant avait beau tenter de le retenir, mais ses bras refusaient de répondre à ses directives et sans l'aide de ces derniers, il était impossible pour lui de faire le moindre mouvement. Il se mit à crier à pleins poumons de nouvelles insultes à l'égard de son interlocuteur. Il s'agissait de la seule chose dont-il était capable à l'heure actuelle. Ses paroles résonnèrent à travers tout le palais, il voulait hurler sa haine et sa colère par la fureur de ses plaintes. Ce sentiment qui brûlait dans son esprit ne disparaîtra jamais, il se le jurait à cet instant même. Soudain, la porte s'ouvrit de nouveau, revenait-il pour le sauver après une mûre réflexion ? L'homme se tenait debout devant Yohru avec un verre d'eau à la main. Néanmoins, il n'avait nullement l'air compatissant du triste sort du jeune garçon. Il versa tout le liquide sur la tête du rouquin, avant de le saluer une dernière fois puis quitter la pièce. Plus énervé que jamais, fou de rage et plongé dans l'incompréhension, ce dernier tenta de le mordre sans parvenir à l'atteindre.
    " Toi ! Vous ! Espèces de mauvais esprits ! Vous croyez qu'en m'arrosant la tête une fleur va peut-être pousser ?! Figurez-vous que malheureusement rien ne poussera sur ma délicate tignasse rousse ! Pas même un grain d'herbe ! " Déclarait-il malgré la mèche rebelle qui dansait au-dessus de son crâne.
Allait-il réellement devoir vivre une nouvelle nuit hantée par la profonde souffrance de la faim ? Avait-il réellement mérité un tel châtiment, une telle punition, de telles douleurs ? Son esprit obstiné continuait de lui murmurer à l'oreille qu'il ne méritait pas un tel traitement, la seule cause de cette situation était sa propre faiblesse et qu'il devait se promettre de se venger contre cette créature abominable qui se présentait sous l'apparence de son professeur de savoir-vivre. Sans doute faisait-il son travail ? Mais aux yeux de l'enfant, il pouvait voir derrière ce masque un rire moqueur qui s'amusait à voir la désespérance du pauvre garçon. Il devait songer à plan pour s'échapper de ces lieux, de cette pièce, de ce palais, mais ses entraves l'empêchaient de tenter une escapade. Il avait essayé de jouer à l'enfant docile, mais il venait d'échouer alors qu'il avait pourtant fait de son mieux, quelle maladresse lui avait fait défaut ? Son mince vocabulaire ne l'aidait pas beaucoup dans sa réflexion, il ignorait comment méditer correctement à la bonne formulation, tandis que la lune montait peu à peu plus haut dans le ciel.

Après plusieurs heures passées dans le silence, il finit par fermer délicatement ses paupières. Il était épuisé de crier jusqu'à s'arracher les cordes vocales chaque nuit, il savait à présent que tout cela n'était qu'une perte d'énergie. Brusquement, une brillante idée germa dans sa petite tête. L'homme ne l'avait pas tué, il ne l'avait à peine frappé, il manquait juste de délicatesse. Il préférait le laisser mourir lentement pour une raison que le rouquin ignorait, peut-être parce qu'il était après tout le pupille de la Daimyô ? Une simple question le fit réfléchir plusieurs heures : que se passerait-il s'il venait à mourir ? Il cogna sa tête contre le bois avec l'envie de s'évanouir. Allongé le long du sol, il sommeillait profondément. Il lui fallait maintenir cet état jusqu'au prochain cour. Durant ce temps, il oubliait la sensation de son corps, son estomac et son malaise, ainsi que les heures qui passaient plus vites. Le jour suivant, alors que le professeur devait revenir dans la salle voir son cher élève, celui-ci avait décidé de jouer le mort. Quelle sera la réaction du principal suspect du meurtre du pupille de la Daimyô ?


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Message(#) Sujet: Re: Apprendre les arts du savoir-vivre Sam 28 Jan 2017 - 17:20

    Lors de son départ, les vifs et longs jurons de Yohru prouvèrent à son professeur qu’il avait encore beaucoup trop d’énergie, et qu’il était donc normal que son traitement ne soit pas suffisamment efficace, d’où la nécessité d’un jour de plus.

    Mais ce jour-là, il ne laissa pas simplement le temps passer. Le Yamanaka reprit ses études de certains parchemins. Quelques notes dont il n’aurait probablement pas dû obtenir l’accès mais qu’il avait recopiées en envoyant le corps d’un autre à sa place. Le clan Yamanaka étant considérablement réduit, la surveillance de ses secrets n’était plus aussi performante. Et en huit ans, l’homme masqué avait compris comment les contourner, dans une certaine mesure.

    Alors cette fois, il entra dans la pièce du palais avec un petit outil. Il contourna le jeune garçon de son pas d’une lenteur mesurée, mettant sa patience à l’épreuve une nouvelle fois, mais Yohru ne pipa mot. Dormait-il ? Soit. Shigo alla s’installer à la table et déposa une poupée de chiffon sous ses yeux. Formant les signes nécessaires, il lia sa propre âme à l’objet difforme. C’était comme la transposition, mais dans une moindre mesure : son âme demeurait dans son corps, mais un lien se formait entre deux entités, leur faisant partager les mêmes sensations. Pour vérifier que tout était bon, il sortit un kunai et appuya de sa pointe sur le bras de la poupée. Shigo sentit cette pique aussi vivement que si l’arme était tournée vers lui.

    Ca, il savait le faire, tout comme il savait déjà lier sa propre âme à celle du jeune garçon. Mais c’était l’étape au-dessus qu’il désirait atteindre. Alors, liant également son âme à celle de Yohru après l’avoir libéré de ses entraves – mais comme il dormait pour le moment il n’y avait aucun risque qu’il ne le remarque – le Yamanaka fit un premier test. Cette fois, il piqua dans la jambe de la poupée, éveillant une douleur dans sa cuisse gauche comme il lui était lié, mais Yohru se trouvant au bout de cette chaîne… L’homme masqué regarda attentivement le dormeur pour vérifier si son plan fonctionnait correctement jusque-là, pressant davantage l’arme contre la poupée tout en réprimant un rictus.

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Message(#) Sujet: Re: Apprendre les arts du savoir-vivre Mar 31 Jan 2017 - 9:44

Aucune réaction particulière ne se fit entendre de la part de l'homme masqué lorsqu'il entra dans la pièce. Le jeune garçon gardait ses yeux fermés afin de se donner l'air d'un cadavre, néanmoins, il pouvait entendre le bruit de la porte ainsi que les pas qui marchaient doucement sur le sol avec lenteur. Il pouvait reconnaître l'identité de son professeur de savoir-vivre, seulement, il ne comprenait pas pourquoi ce dernier n'eut aucune réaction. Alors qu'il s'attendait à entendre un cri de stupeur ou de surprise, ce dernier n'eut aucun réflexe. Peut-être était-il si surpris qu'il était incapable de prononcer le moindre mot ? Peut-être s'était-il enfui ? Pourtant, les bruits confirmaient qu'il était toujours présent la salle. L'enfant entendit le son d'une chaise qui recula, sans doute s'était-il mis à son aise à une table ? Il ne pouvait pas ouvrir ses paupières pour observer par lui-même au risque de perdre toute crédibilité. Il ne pouvait se fier qu'aux bruits qu'il entendait, mais ces derniers ne lui donnaient pas énormément d'informations.

Allongé au sol sans pouvoir bouger, Yohru commençait à s'imaginer toutes sortes de situation. Le diseur de mauvaises aventures se réjouissait-il de voir un cadavre ? Il s'agissait d'une possibilité qu'il n'avait point songé quelques heures auparavant, mais c'était fort probable. Ce dernier était l'incarnation du démon, alors ce ne serait pas si étonnant s'il riait avec joie derrière son masque tandis que l'enfant mourait lentement sur le parterre. Peut-être même allait-il s'amuser à disséquer le cadavre du pauvre garçon ? Cette mauvaise pensée renvoya un frisson de peur au rouquin qui restait immobile dans une posture de mourant qui rampait sur le sol — sans doute très semblable à un enfant qui avait du mal à dormir, mais il ne pouvait pas se voir lui-même pour juger. Alors que les instant s'écoulaient, il ne put réprimer sa curiosité, ouvrant quelques instants ses yeux d'un vif regard pour observer les intentions de l'homme masqué. À sa plus grande surprise, ce dernier tenait un étrange objet et aussitôt, il referma ses paupières. Quelle était cette chose ? Un élément qui prédisait bien des malheurs, l'enfant se doutait clairement qu'une malédiction allait lui tomber dessus. Seulement, que devait-il faire pour éviter tout ce qui se tramait au-dessus de sa tête ? Une nouvelle fois, il ouvrit délicatement ses paupières pour ne voir que par un fin faisceau les mouvements du jeune homme. Cependant, il était toujours incapable de deviner ses intentions. Était-ce un moyen pour lui de découvrir l'état de vie du corps déposé au sol ?

Alors qu'il réfléchissait à toutes les possibilités, pour certaines improbables et impossibles, le professeur continuait ses occupations. Soudain, ce dernier qui se trouvait paisiblement couché dans un état de demi-sommeil, sentit une vive douleur l'atteindre au niveau de la jambe le réveillant brusquement. C'était comme si un élément inexistant venait de le piquer dans sa cuisse, s'enfonçant lentement dans sa chair, mais aucune lame ne se trouvait au dessus de celle-ci. Se redressant d'un bond, il poussa un léger cri avant de se retourner immédiatement vers l'homme toujours assis à sa table. Il ne lui avait fallu à peine quelques instants pour deviner qu'il s'agissait de ce dernier, il était la seule personne dans la pièce à être capable de faire des choses si étranges. Il ne l'avait point touché, sa chaise était bien trop éloignée pour qu'il ne vienne jusqu'au rouquin, alors d'où venait cette douleur ?
    " Aïeeee ! Qu'est-ce que tu viens de faire ? Enfin, vous deux, que venez-vous de faire ? J'étais entrain de faire le mort, vous auriez pu avoir une autre réaction plutôt que de venir me piquer alors que je suis déjà mourant ! "
Par cette simple maladresse, il venait de dévoiler tous ses plans. Après quelques instants de silence, se rendant compte de son erreur, il se ressaisit rapidement. Il commença par s'étouffer, faisant mine de n'avoir plus d'air dans ses poumons, mais se rappelant qu'il était impossible pour lui de s'étouffer, il changea de jeu et il afficha la triste mine d'un homme qui n'avait pas mangé pendant plusieurs jours. Rampant sur le sol, tendant une main devant lui avant de la redresser vers le ciel avec les yeux qui regardaient le plafond, il murmura ces quelques mots suffisamment forts pour que son destinataire puisse l'entendre.
    " Je meeeeeeurs.. J'ai faaaaaim.. Ah.. "
Il ne pouvait trouver aucun mensonge dans ces paroles, seulement une exagération des termes. Peut-être n'était-il pas encore aux portes de la mort, mais il se rapprochait de plus en plus et ce n'était plus qu'une simple question de temps.


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Message(#) Sujet: Re: Apprendre les arts du savoir-vivre Mar 31 Jan 2017 - 19:17

    Il semblerait que le contact entre la poupée et la lame eut l’effet escompté. Ainsi, il était donc possible au Yamanaka d’utiliser son esprit comme intermédiaire entre d’autres entités. Le seul problème était qu’il ressentait lui aussi les désagréments de ce lien, et que bien qu’il ne laissait aucune marque physique sur Yohru, il ne s’amuserait probablement pas à se torturer avec par la même occasion. L’homme masqué avait eu beau côtoyer la douleur quotidiennement par le passé, il ne l’appréciait pas pour autant.

    « Oh, pardonnez-moi, je croyais que vous dormiez. Mais si vous vous amusiez à faire le mort, faites donc, faites donc. Je ne vous retiens en rien. Mourrez si vous le souhaitez. »

    L’homme masqué n’aurait qu’à poursuivre ses petites expérimentations sur sa poupée. Il devait trouver le moyen de court-circuiter les effets qu’il en recevait lui. Son esprit ne devait servir que d’intermédiaire, de plateforme permettant aux autres âmes de se rencontrer sans pour autant les rejoindre dans cette rencontre.

    Le jeune garçon se mit à ramper en geignant l’approche de la mort et une famine atroce. Pourtant, il avait formulé bien des mots auparavant pour quelqu’un qui paraissait si faible. Il ne mentait pas, certes, mais la faiblesse de sa performance venait de son jeu d’acteur cette fois. Yohru avait fait montre de trop d’énergie juste avant. Alors, toujours focaliser sur sa petite poupée en chiffon, kunai encore en main, l’homme masqué lui répondit sans lui daigner un regard :

    « La formulation mon cher. La formulation est la clé, ne vous l’ai-je pas déjà répété ? Nous allons changer les règles du jeu. Si la faim ne suffit pas à vous faire ployer comme il se doit, peut-être la douleur vous soufflera les bons mots à formuler ? Commençons donc. Que voulez-vous déjà, pupille du Seigneur ? »
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Message(#) Sujet: Re: Apprendre les arts du savoir-vivre Mer 1 Fév 2017 - 15:46

    " Tout à fait ! Excuse-toi ! Euh, Excusez-vous ! Mourir, tiens, c'est exactement ce que je compte faire ! Disait-il sans réfléchir, avant de se rendre compte de ses propres paroles. Heeein ? Vous n'allez pas me retenir ? Vous me laissez mourir ? Pourquoi ? Vous devriez me retenir.. "
Son interlocuteur évoqua la bonne formulation qu'il attendait, mais sans annoncer les mots, l'aspirant ne savait toujours pas comment il devait répondre. Lorsque ces paroles sortaient de la bouche du devin, tout semblait être un jeu où il fallait découvrir la bonne formule magique pour obtenir ce qu'il désirait. Cependant, la bonne formule n'était pas facile à deviner. Même en l'appelant Sésame, il ne répondait pas plus qu'un rocher qui restait assis sur sa chaise. L'enfant ne comprenait pas de quelle douleur il parlait — il subissait tant de douleurs à la fois qu'il était difficile de dire quelle douleur exactement, entre la faim, la saleté, l'ennuie, la solitude et il en existait d'autres qui étaient apparue dans son vocabulaire depuis qu'il avait rejoins le palais. Il était plus sage de jouer le garçon muet pour ne pas prendre le risque de se tromper dans la formulation, mais il se trouvait obligé de répondre. Après quelques instants de réflexion, il commença à formuler ses mots.
    " La bonne formulation ? Habituellement dans les dessins-animés, la formule est révélée par un ancien qui semble tout connaître. Ensuite, le gentil parvient à rentrer dans la caverne, mais les méchants ne sont pas intelligents et se trompent, par conséquent ils ne peuvent plus pourchasser le gentil. Je l'ignore, mais concernant ce que je veux, je sais ce que je veux. Mh, j'aimerais bien manger, sortir d'ici, te foutre une raclée, mais avant tout manger.. "
Pendant qu'il réfléchissait sur ses paroles, en baissant son regard, il vit ses mains libres. Les étranges dessins qui ornaient ses poignées et ses jambes avaient disparues. Et en regardant ces derniers, il se rendit compte qu'il était de nouveau libre. Il ne savait pas ce qui avait bien put effacer ces étranges graphismes et il se moquait pas mal de savoir qui l'avait aidé, la chose qui comptait, c'était le retour de sa liberté. Il n'attendit pas plus longtemps pour mettre son plan mûrement réfléchis et longuement médité durant plusieurs jours en exécution. Il rebondit sur ses deux pieds et sans perdre un instant de plus, il arriva devant la fenêtre qu'il ne prit même pas la peine d'ouvrir, préférant la briser en mille morceaux pour atteindre l'extérieur. Sautant pied joins, il était à présent hors du bâtiment et bientôt hors du palais, hors de la capitale, hors du pays — non, il restait dans le pays, il n'avait pas encore l'envie de quitter les territoires du Feu et ce dernier était suffisamment grand pour qu'il puisse se trouver un coin où se cacher. Il respirait l'air frais, la saveur de la nature, et la légèreté de se mouvoir après tout ce temps enfermé dans cette même pièce. Il ressentait quelques douleurs dans ses jambes, comme si ses muscles avaient été restreints trop longtemps qu'il était à présent difficile pour lui de courir comme avant. Cependant, au bout de quelques pas, il reprit l'habitude de porter son propre corps et rapidement, il accéléra sa vitesse.
    " Liberté chérieeee ! Attends moiii ! Désolé monsieur nus pieds, mais franchement, j'suis pas fan de ton jeu. Quelque chose me dit qu'il est un peu dangereux, alors je préfère m'en passer ! Propose moi une prochaine fois, j'y jouerais peut-être, mh ! "
Yohru préférait bien plus retrouver sa liberté plutôt que de subir la torture d'un jeu qui sans doute lui aurait plut dans d'autres circonstances, seulement, le ventre vide et le manque d'air étaient bien plus importants que tout le reste. Même si la lune ne l'aidait pas à trouver son chemin et le ciel qui continuait de noircir face à l'absence du jour perturbait ses sens, le simple fait de vaguer à l'extérieur était un plaisir. Il continua à crier sur tout son chemin, tellement la joie l'enivrait. Même si ses poumons se déchiraient en même temp que le manque de force pour tirer sur ses cordes vocales, il continuait à s'épuiser pour sourire, pour crier sa bonne humeur.
HRP:
 


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Message(#) Sujet: Re: Apprendre les arts du savoir-vivre Mer 1 Fév 2017 - 19:42

    En effet, il en avait encore de l’énergie. Beaucoup trop pour un mourant. Peut-être trop pour quelqu’un ayant passé trois jours entiers immobile, sans eau ni nourriture ? L’homme masqué tourna la tête vers le jeune garçon lorsque ce dernier s’élança vers la fenêtre. Cherchait-il à mourir ou à fuir ? Il avait dit vouloir manger, et non trépasser. Alors il pensait pouvoir échapper à son instructeur ? Quelle douce naïveté.

    Le Yamanaka regarda l’encadrement brisé de la fenêtre et sourit sous son masque. Plus Yohru se débattait, plus il tomberait de haut. A chacune de ses tentatives, Shigo pointera du doigt son impuissance en le réduisant à la soumission totale. Et, lorsque le garçon n’abreuvera plus aucun espoir, que sa haine se sera changé en désespoir, alors Shigo saura qu’il aura terminé son œuvre.

    Le va-nu-pieds, toujours assis sur sa chaise comme si rien ne s’était passé, se retourna vers sa table et soupira. Il avait sous les yeux tout ce dont il avait besoin : une poupée liée à l’âme de Yohru par son intermédiaire. Mais il ne savait pas encore comment l’atteindre sans avoir à se torturer lui-même. Pourtant, il savait que des membres de son clan avaient développé la transposition au point d’annuler le transfert de douleur vers son corps originel. Il existait donc un moyen ! Et le Yamanaka savait influencer la sensation douloureuse pour l’augmenter, donc la diminuer devait être possible également !

    Doucement, il planta la pointe de son arme dans la cuisse gauche de la poupée et maintint la pression tout en serrant les dents. Alors que sa propre jambe le tenaillait, il s’exerçait de bien des façons pour tenter de diminuer sa douleur sans pour autant modifier celle ressenti par Yohru plus loin. Voilà toute la subtilité de l’exercice. Lorsqu’il craignait que l’atténuation douloureuse provenait d’une habituation, il appuyait un peu plus avec le kunai, réveillant cette pointe sur sa cuisse. Il ne devait être que l’intermédiaire mettant deux autres entités en lien, sans en ressentir aucun aspect lui-même. N’être que la salle qui les abrite et non être présent avec eux dans cette salle. Trouver des images était simple, mais le procédé plus ardu.

    Ainsi, Yohru venait de gagner dix minutes sans poursuivant, à moins que les gardes du palais ne lui aient couru après. Sans traqueur, mais avec une douleur appuyée à la cuisse qui ne cessait de s’en aller et revenir, de le lancer de plus en plus, de le tirailler et de rappeler sa présence cuisante dès qu’on commençait à l’oublier. Aucune marque cependant. Aucune preuve physique du phénomène. Juste la douleur. Et tandis que le Yamanaka continuait ses expérimentations tant bien que mal à la recherche de son insensibilité, Yohru continuerait de souffrir tout du long. Quand se rendra-t-il compte qu’il ferait mieux de revenir de lui-même pour que cela cesse ?

    La jambe endolorie, l’homme masqué continua son expérience en appuyant sur l’autre cuisse de la poupée cette fois.
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Message(#) Sujet: Re: Apprendre les arts du savoir-vivre Ven 3 Fév 2017 - 22:39

Étrangement, aucun poursuivant ne semblait courir après Yohru. Il pouvait continuer d'avancer droit devant lui en toute liberté et sans crainte, alors qu'il croyait que l'homme masqué allait le poursuivre dés l'instant même où il sauta par la fenêtre. Seulement, il fallait croire que ce dernier n'était pas très sportif ou peut-être qu'il avait simplement abandonné face à tant de vitesse de la part du rouquin ? Cependant, une douleur aiguë au niveau de la cuisse lui rappela le mauvais souvenir que le diseur de mauvaises aventures se trouvait peut-être tout proche de lui. Il tomba au sol, cessant sa course après deux roulades dans l'herbe à cause des picotements dans sa jambe qui l'empêchaient d'aller plus loin. Se retournant d'un bond, le jeune garçon ne vit personne derrière lui, ni devant ou même sur les côtés. Il s'agissait d'une nouvelle fois de cette technique étrange qui le piquait au niveau de son membre gauche, alors que pourtant, aucune lame ne se trouvait là, mais il ressentait bel et bien cette douleur comme si on lui enfonçait un élément tranchant dans sa chair. Incapable d'avancer, il se trouvait cloîtré au sol à crier sa douleur. Il n'avait aucune raison de se retenir, il tapait du sol, il se roulait à terre, mais la douleur ne semblait point vouloir disparaître et elle ne faisait qu'augmenter. Il s'agissait sans nul doute de l'œuvre de l'homme masqué, ses mauvais sorts persistaient malgré la distance que l'aspirant tentait de creuser en rampant au sol le plus loin possible.

Lorsqu'il crut que cette douleur s'était calmée, il se redressa afin de respirer un coup, avant de la ressentir une nouvelle fois qui s'enfonça dans l'autre jambe. Cette malchance semblait le coller à la peau et il n'avait pas la moindre idée de comment s'en débarrasser. Plus cette souffrance se poursuivait, malgré l'habitude qui venait, elle s'accentuait au fur et à mesure, plus la peur l'envahissait petit à petit. Il avait bien compris que ce n'était pas un humain tout à fait normal, il semblait contrôler les esprits et cela n'avait rien de rassurant. Au-delà de parler dans les têtes et de lire les pensées tel un spectateur, il savait également contrôler la douleur. Relevant son pantalon, Yohru pouvait bien voir qu'il n'y avait pas la moindre cicatrice présente. Peut-être s'agissait-il de son imagination ? Cependant, les nerfs de sa jambe disaient tout le contraire. Il avait beau essayer de briser le lien qui le reliait à l’invisible, il était incapable de se défaire de ce sortilège. Il se mordilla ses pieds, il s’acharna dessus en tapant avec ses propres poings, il ne pouvait rien faire face à la douleur qui pénétrait sa cuisse. Après de longues minutes passées, il finit par se résoudre à retourner voir l’homme masqué pour lui demander d’enlever ces nouvelles entraves qui étaient d'une tout autre forme.

Cependant, pour l’une des rares fois, le Palais semblait trop loin alors qu’il désirait rentrer. C’était suicidaire de retourner dans cette pièce, mais qu’avait-il d’autre comme choix ? Néanmoins, auparavant, il devait se trouver quelque chose à manger, et ce, malgré la douleur, car son estomac criait aussi fort si ce n’était que depuis bien plus longtemps que sa jambe. Ce dernier avait perdu toutes les réserves de nourriture et depuis bien longtemps, il continuait à survivre grâce aux graisses — mais plutôt grâce aux muscles de son corps. Sa tension artérielle avait peut-être baissé, mais sa rage et sa volonté ne pouvaient pas disparaître par un simple verre d'eau. La douleur était une malédiction lancée par le devin, mais la faim était réelle. Il devait respecter l’ordre et commencer par son ventre, ainsi, il se mit à ramper petit à petit, animé par sa colère. Il aurait bien aimé retourner dans la salle sans avoir à faire de détour, mais en réfléchissant à sa sortie fracassante, il lui était également impossible d’escalader le mur et il préférait entrer par la porte principale en économisant son énergie plutôt que de marcher avec son chakra. Tandis qu’au loin, ses plaintes incessantes alarmèrent rapidement des soldats aux alentours qui avaient l'ouïe très fine.
    " Hey ! Tu as entendu ? C'était quoi ça ?

    - Allons voir..
Puis ils virent la petite mèche rousse du pupille dépassé de la pelouse. Rapidement, ils accoururent assez surpris de voir ce dernier allongé dans ce désert. Ils commencèrent par se regarder étonnés, avant de commencer à se poser des questions à ce dernier qui avait par ailleurs pas mal maigri suite à ce régime draconien avec un fond de teint assez pâle, et les yeux très légèrement cernés — ainsi qu’une très mauvaise odeur qui ne venait pas seulement de la pièce, mais aussi de son propre corps. Ils ne purent s’empêcher de se boucher le nez avec l’air dégoûté, ils avaient l'impression d'avoir affaire à pire que l'haleine d'un mauvais animal. Ils savaient que l’enfant était sous la tutelle d’un nouveau professeur de savoir-vivre, ce dernier disait s’occuper du rouquin — même si les deux premières nuits furent pénibles à cause de ses hurlements insupportables, récemment ses cris se calmèrent. Nul n’en savait rien, mais il ne s’agissait pas de leurs affaires, avant qu’ils ne croisent ce dernier à moitié mort, jouant derrière son visage blanchâtre la comédie d’un homme devant le désespoir. Sans doute se sentaient-ils dans l’obligation de l'aider ? L’enfant profitait de cette occasion pour leur faire part de son problème, après trois jours de solitude sans revoir personne, sauf le premier jour où il était allé chercher du lait, mais il n’avait croisé que de profonds imbéciles qui s’étaient moqués de son sort. Néanmoins, après trois jours, certains pouvaient commencer à s’inquiéter face à ce système d’enseignement assez particulier, peut-être légèrement trop ?
    " Je sooouffreeee.. Aidez-mooooi.. J’ai faaaaaim.. En plus, quelque chose me tiraille dans la jambe.. Je moooort.. Amenez moi un peu de nourriture, ensuite, ramenez moi dans la salle avec la fenêtre cassée, faudra bien trouver un moyen pour qu'il me retire cette fichue malédiction.. "
Ces paroles appuyées par quelques faux visages de souffrance laissaient croire la vérité. Ils pouvaient sans doute comparer cette situation aux nombreuses fois où Miko l’avait enfermé sous terre, mais jusqu’à présent, jamais ces punitions n’avaient durées aussi longtemps et à de telles extrémités, ou du moins elle s'assurait de sa santé par ses propres talents médiales et ils n'avaient que faire de ses histoires — l'enfant se sortait souvent in extremis en s'excusant au dernier moment, bien que au fur et à mesure, il avait du mal à faire valoir ses excuses. Seulement, le jeune homme au masque n'était pas plus rassurant dans son apparence, mais il restait cependant, le professeur engagé pour enseigner le savoir-vivre.. Enfin, la situation était quelque peu différente, puisque le professeur de savoir-vivre était l’homme masqué, ce qui n’était que très peu rassurant.


Dernière édition par Yohru le Jeu 4 Mai 2017 - 18:50, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: Apprendre les arts du savoir-vivre Sam 4 Fév 2017 - 10:13

    Hum ? Le jeune garçon ne revenait toujours pas. Peut-être se disait-il qu’une fois suffisamment loin, la douleur s’en irait toute seule ? Vain espoir qu’il nourrissait là. A part en brisant l’illusion, Yohru n’avait qu’une seule solution pour s’extraire de cette malédiction : satisfaire le Yamanaka. Ce dernier se réjouissait lui-même pour le moment : il ressentait bien moins la douleur qu’il occasionnait à la poupée. A moins que ce ne soit le phénomène d’habituation ? Restait à espérer que la souffrance ne diminuait pas pour Yohru également.

    Elle était moins forte, mais toujours présente, au contrario du jeune garçon qui brillait par son absence. Peut-être qu’une lame plantée dans la jambe n’était pas suffisant pour le convaincre de revenir au plus vite ? Soit. Mais l’homme masqué ne devait pas monter trop rapidement dans l’excès, pour se laisser une marge de manœuvre. Et aussi parce que son procédé n’étant pas tout à fait au point, il ne voulait pas se torturer lui-même plus que nécessaire.

    Donc, Shigo devait passer à l’étape au-dessus sans pour autant atteindre le sommet. Au-delà d’une lame plantée dans la cuisse… Et pourquoi pas une petite amputation ? Le kunai se dirigea vers les extrémités supérieures et se planta dans le bout de chiffon représentant le bras gauche. Etait-il sur une main ou sur un doigt ? C’était compliqué à estimer du fait de la maigre qualité de la poupée. L’homme masqué sentit une douleur dans son index. Le doigt donc. Mais en atténué pour lui. Se soustraire entièrement à l’emprise des liens spirituels n’était plus qu’une question de temps à présent qu’il avait trouvé le moyen pour diminuer le phénomène.

    Alors il planta la lame jusqu’à ce que la pointe embroche la table, amputant la poupée d’un peu de chiffon et serrant davantage des dents. Bien qu’atténué, la douleur était pour le moins fort désagréable. Dommage que le jeune garçon ne fut pas présent : Shigo aurait adoré observer la pleine douleur provoquée par une telle amputation. Bon, il aura sans doute d’autres occasions. D’ailleurs, après deux bonnes minutes, le temps que lui s’habitue à sa douleur diminuée, il s’attaqua à un autre doigt.

    Tic tac Yohru. Tic tac.
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Message(#) Sujet: Re: Apprendre les arts du savoir-vivre Sam 4 Fév 2017 - 17:16

Les deux soldats se regardèrent avec des visages interrogateurs, ne comprenant pas ce que le jeune garçon avait à sa jambe. Celle-ci était toujours à sa place et elle paraissait en pleine forme, si ce n'était que légèrement maigrie et avec des rides qui tombaient le long de sa peau, comme si ses muscles s'étaient relâchés pendant un trop long moment. Dans ce cas, il valait mieux l'amener jusqu'à l'infirmerie du Palais où il pourra se faire soigner convenablement. Ils pouvaient lire clairement à travers son corps une malnutrition, un manque de nourriture flagrant. Bien qu'il n'allait pas mourir après trois jours — sachant que par une grande volonté un homme pouvait tenir jusqu'à un mois sans manger en puisant dans les graisses et dans les muscles les protéines emmagasinées, mais après ces dernières nuits épuisantes, il ne restait plus rien dans son estomac qui se nouait que un trou noir qui cherchait constamment le moindre aliment. Si ce dernier se retrouvait avec des maladies ou un corps ravagé par la faim, cela allait causer problème, puisqu'il s'agissait avant tout du pupille de la Daimyô. Tout le monde dans le palais avait le droit de le disputer et de le punir, mais ils n'avaient aucun droit de violence. Comment pouvaient-ils enseigner la moindre chose à un enfant tel que la politesse, l'interdiction de frapper tout ce qui bouge, si eux même devenaient sauvage avec lui ?
    " Oy ! Comment vas-tu ? Qu'est-ce qu'elle a, ta jambe ? On va t'emmener voir l'infirmière.. Proposait un garde alors que son coéquipier hochait de la tête.

    - Non, amenez-moi plutôt de la nourriture, ou faites quelque chose pour la jambe. Non, avant, amenez-moi de la nourriture. La jambe, faudra lui demander de retirer sa malédiction.. J'ai faim, c'est tout ce qu'il me manque ! Ça fait trois jours que je n'ai pas mangé, et aucun de vous ne vient me sauver ! J'ai faim, c'est horrible ! "
Yohru continuait d'exagérer au mieux sa souffrance pour attirer la pitié, il le fallait bien sinon personne n'allait lui prêter la moindre attention. Les deux hommes finirent par hocher de la tête, l'un s'apprêtait à le porter jusqu'à l'intérieur du palais, puis l'autre voulait relever le pantalon pour voir s'il ne s'agissait pas d'une séquelle interne. Cependant, l'enfant dégageait une forte mauvaise odeur et ses vêtements n'étaient pas les plus propres du monde. Un rapide coup d'œil, avant de conclure qu'il valait mieux l'amener voir l'infirmière, ils n'aimaient point s'occuper de la santé du rouquin malgré eux. Lorsque soudain, ce dernier cessa de geindre en annonçant qu'il n'avait plus de douleur à la jambe.
    " Hey, la douleur est partie — géniale ? La malédiction a fini par me quitter..

    - Quelle malédiction ? "
Puis soudain, un nouveau mal apparut au niveau de la main. Néanmoins, cette fois-ci la lame était bien plus profonde, elle passait à travers les os, entaillait la chair, il sentait ses doigts se couper un à un avec une douleur lente. Il commença à s'agiter en regarder sa main avec les yeux rivés dessus, alors que pourtant rien ne se trouvait là, son index était intact, mais il la sentait comme une douleur réelle. On lui coupait les doigts, il se mit à crier, demandant de l'aide une nouvelle fois. Cependant, les deux hommes eurent des doutes. Ils commençaient à croire que ce dernier jouait de la comédie tout comme sa jambe pour leur demander n'importe quoi. Peut-être que cette forme était également une farce de sa part ? Les malédictions n'existaient pas de leur point de vu, tout n'était peut-être qu'une mise en scène.. Sauf que malgré les exagérations des grimaces précédentes, cette fois-ci, elle n'était nullement forcée. Ses traits du visage se plissaient sous la douleur, ses doigts se faisaient couper lentement, doucement, sans qu'il ne puisse esquiver ou même éviter. Il criait de plus en plus fort, perdant peu à peu l'usage de ses doigts, alors que ceux-ci se trouvaient toujours accrochés à sa main. Cependant, ils n'étaient plus que de la chair morte, ses nerfs se détendaient sous d'atroces souffrances. Devant un pareil spectacle, ils commençaient à croire que c'était bien, mais comment cela était-il possible ? Ses gémissements paraissaient être trop réels, mais son histoire ne tenait pas le fil.
    " Aidez moi plutôt ! Mes doigts.. AAAAAAAAh ! Tsss.. AAAGh ! "


Dernière édition par Yohru le Jeu 4 Mai 2017 - 18:50, édité 3 fois (Raison : faute de frappe)
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Apprendre les arts du savoir-vivre

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