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 Les tourments de l'amour [Izaya]

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Iwa
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Message(#) Sujet: Les tourments de l'amour [Izaya] Mer 11 Jan 2017 - 16:46

Spoiler:
 

Il ne tarderait pas à neiger. Ce fut la première pensée qui me vint à l'esprit quand je jetai un premier coup d'oeil à l'extérieur, ce matin-là. Les nuages étaient plus bas que jamais sur le village. Je m'attendais à voir neiger depuis quelques jours, déjà. La température baissait irrémédiablement. Machinalement, je cherchais le chauffage à taton, contre les murs de mon bureau. Une fois la main posée sur les tubes de métal remplis d'eau chaude, je ne la dégageai pas. Kumo s'enveloppait de son manteau de fin d'année. Les gens raréfiaient de plus en plus leurs déplacements à l'extérieur de chez eux. Bientôt, les rues seraient désertes hors périodes d'affluence. Le village finirait d'entrer en hibernation, et s'apprêterait à terminer ces trois mois de grand froid le mieux possible. La guerre faisait toujours ravage. Si les attaques étaient assez peu fréquentes, elles étaient cependant assez dévastatrices pour nous rappeler que la menace du Shûkai pesait toujours sur nous. Et puis, le climat de guerre ne faisait jamais du bien à une faction quelle qu'elle soit. Oui, Kumo entrait dans une sombre période de l'année. L'hiver était là.

Je me rassis finalement devant mon bureau, et joignis mes mains devant moi, le regard fixé sur l'ordre de mission que je venais de recevoir. Un problème pour le moins hors du commun. Ce n'était pas souvent que des histoires d'amour dérapaient au point de devoir faire appel à des Shinobis pour les résoudre pacifiquement. Visiblement, l'homme en question -Monjara Shintao, selon le rouleau- était du genre impulsif. Et il devait déjà avoir fait des siennes pour que sa réputation soit remontée jusqu'aux forces de l'ordre. Mieux vaudrait être prudent avec lui, et le prendre avec des pincettes. D'autant que la diplomatie serait inévitable dans cette situation: l'ordre de mission précisait explicitement qu'il fallait le raisonner. User de force serait la dernière chose à faire pour le remettre sur le droit chemin, c'était une évidence. Les mots devraient primer, d'abord, sur les démonstrations de force. Sur ce point, j'espérais que mon partenaire serait du même avis que moi, car la cohésion entre nous serait primordiale.

En effet, un nouveau Shinobi, dont le nom m'était jusque-là inconnu, m'accompagnait. Un Jônin, lui aussi. Nous serions donc logiquement deux personnes très qualifiées pour mener à bien cette mission de rang B. Au demeurant, aucun problème ne se poserait, si nous mettions nos capacités en harmonie pour la mener à bien. Restait à savoir si nous serions sur la même longueur d'onde. Ce serait probablement la clef de voûte qui assurerait -ou non ?- la réussite de cette mission. Je fronçai les sourcils. Si je continuai à me faire du soucis pour rien, j'allai certainement redouter plus que de raison la rencontre avec ce nouveau visage. Mieux valait m'arrêter là dans mes circonlocutions muettes, et me mettre en chemin dès maintenant. Si ce Monjara Shintao était une bombe sur le point d'assassiner son ex-conjointe à tout moment, mieux valait prévenir l'explosion le plus tôt possible.

Je me levai de mon siège, et, tout en me dirigeant vers la porte de mon bureau, enfilai d'un geste leste mon long manteau noir. J'attrapai au vol mon chapeau, que je posai sur ma tête avant d'ouvrir finalement la porte de mon foyer chaleureux et accueillant pour affronter celui qui serait mon pire ennemi aujourd'hui: l'extérieur. Comme je m'y attendais, je fus immédiatement balayé par une bourrasque de vent glacial. Je repliai immédiatement mon manteau, et m'enfonçai dans les rues vides du village. Il était encore très tôt, et le soleil se levait à peine derrière les sommets montagneux, perçant de quelques rayons timides la chape épaisse de nuages blancs et laiteux qui recouvraient Kumo. A chaque respiration, j'exhalait un peu de buée qui se dissipait bien vite dans l'air. Ma destination était précise: les quartiers du Sud du village. C'était là que devait se trouver Monjara Shintao, ce serait donc là que je retrouverais logiquement mon partenaire.

En arrivant dans le quartier, je pris soin de dissimuler avec sûreté mon bandeau de Kumojin, enroulé autour de mon bras gauche. Mieux valait garder aussi secret que possible le fait que j'étais missionné pour mettre la main sur le Monjara. S'il était vraiment aussi impulsif que le laissait présager l'ordre de mission, alors il serait certainement de très mauvais ton de le faire paniquer en lui montrant directement qu'il s'était attiré les foudres des autorités. Non, il était préférable d'essayer, dans un premier temps, d'instaurer une certaine confiance avec le suspect. S'il se montrait réticent à coopérer, alors usage de force ou de persuasion active pourrait être fait. Mais pas avant d'avoir essayé de le convaincre par la seule morale. Quelle image auraient les forces de Kumo si elles faisaient régner la loi comme le premier barbare venu ?

Je m'arrêtai à l'entrée d'un quartier résidentiel. Je pensai trouver là mon partenaire, mais force était de constater que j'étais soit arrivé le premier, soit que nous n'avions pas prévu de nous retrouver au même endroit. Mon soupir s'évapora dans un nuage de buée. Je m'appuyai au mur d'une maison, rabattant encore une fois les pans de mon manteau sur moi. Motoo devait déjà être réveillé. Que ferait-il de sa journée ? Jouer, se promener dans le village, ou étudier, un peu ? Je me bercerais sans doute d'illusion en pensant que le garçon pouvait prendre un quelconque plaisir à lire des livres de théorie sur les arts Shinobis plutôt que d'essayer de les expérimenter lui-même, dehors. Il aurait bientôt sept ans, et pourrait entrer à l'Académie. Peut être découvrirait-on quels dons il cachait si bien ?

Je fus interrompu dans mes réflexions par un bruit de pas frappant les pavés. Je levai vivement le regard. Ami ou suspect ?

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Message(#) Sujet: Re: Les tourments de l'amour [Izaya] Jeu 12 Jan 2017 - 0:17

Noir, tout autour de moi était noir. Je me retrouvais enfermée entre ces quatre murs que je détestais tant. A ma droite se trouvait des étagères remplis d’objets divers et variés, ainsi que d’un sceau et d’une serpillère. Mon futon posé sur le parquet recouvrant cette pièce froide et humide. Cette pièce qui me servait de chambre aussi longtemps que je m’en souvienne. Cette pièce oppressante qui dans ma torpeur restait mon seule repos. Je me réveillais alors en sursaut, mes vêtements imbibés de sueurs, la même sueur qui coulaient à grosses gouttes sur mon front. Sautant vers la porte, je saisissais la poignais et l’ouvrais encore et encore, mais rien n’y faisais, j’avais beau la descendre, la porte ne s’ouvrait pas. J’étais enfermée là, livré à moi-même, entre ces quatre murs avec pour seuls compagnons ma solitude et mes larmes.

_________________________________

Me réveillant en sursaut, il me fallut quelques secondes pour reprendre mes esprits. J’étais bien dans ma chambre à Kumo et tout cela n’était qu’un rêve. Encore et toujours le même rêve qui venait hanter mes nuits, cela s’arrêtera-t-il un jour ? Même si je n’y croyais pas vraiment, je gardais espoirs. Mes vêtements trempés de sueurs me collaient à ma peau et je me sentais un peu plus mal à chaque seconde qui passait. Je décidai donc de me lever pour prendre une douche. Cette nuit là encore, j’avais fait ce cauchemar.

Le lendemain matin je me réveillai fatigué. J’avais pour mission du jour de mener l’enquête sur un dénommé Monjara Shintao, un Shinobi qui aurait menacé son ex-conjointe de la tuer. Une histoire de jalousie, comme il y en a toujours eu, sauf que celle-ci dépassait les limites à tel point que la femme en question ressentit le besoin de demander l’aide de la police. Epuisé par ma nuit, je pris un certain temps à me préparer. Enfilant tout d’abord un tee-shirt et un pantalon noir, je saisis le pull qui trainait sur ma chaise et j’enfilai finalement mon manteau et une écharpe rouge. J’avais senti en me réveillant l’air glacé provenir de la fenêtre au dessus de mon lit et je m’étais donc vêtu en prévision de la longue journée qui m’attendais dans le froid hivernale. En sortant, je vis que le ciel était très bas. D’un blanc immaculé, celui-ci menaçait de déverser des flots de neiges à tout instant. Je détestais la neige que je trouvais bien trop froide pour moi, tout comme le reste de cette saison.

Alors que je me dirigeais vers mon bureau pour partir à la recherche de mon partenaire, je remarquai à quel points les rues étaient vide aujourd’hui, même pour une journée hivernale. Le temps semblait avoir découragé le plus grand nombre de sortir. Au bout de quelques minutes, je commençai à greloter en sentant l’air qui s’infiltrait dans les interstices de mon écharpe, et je me recroquevillai dedans en quête d’un peu de chaleur. Bien que mon bureau ne soit pas loin de mon appartement, le temps me paru beaucoup plus long ce jour-là. Quand j’arrivai enfin à destination, ouvrant les portes du bâtiment, je pris quelques secondes devant l'entrée afin d’apprécier l’air chaud qui y régnait. Vivement le retour du printemps me disais-je. Le jonin avec qui j’étais assigné s’appelait Seki Wataru et puisque je ne l’avais jamais vu, je demanda à un collègue passant à côté de moi s’il savait où il se trouvait. Pour mon plus grand bonheur, Wataru s’était déjà dirigé près du quartier résidentiel en question et m’attendais afin de commencer l’enquête. Arborant un sourire forcé, je me remis directement en route, cette fois-ci d’un pas plus pressé, vers ma nouvelle destination.

En arrivant sur les lieux je vis un homme vêtu d’un accoutrement sortant de l’ordinaire. Chapeau à bandes vertes et blanches, veste tenue noire. Le saluant d’un simple signe de tête, je lui fis signe de me suivre et me dirigea aussitôt vers la maison de la victime.

« Commençons par la victime, elle peut sûrement nous apprendre plus sur la situation et comment elle en est arrivée là. »

Trop fatigué et agacé pour parler, je laissais à mon partenaire la liberté de faire le reste de la conversation. Quand nous arrivâmes devant la maison, je toquai à la porte puis attendis que la femme vienne nous ouvrir.
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Message(#) Sujet: Re: Les tourments de l'amour [Izaya] Jeu 12 Jan 2017 - 13:09

Ami, de toute évidence. Et même collègue, semblait-il. Même s'il n'avait pas pris la peine de se présenter, je devinai que j'avais à présent face à moi Izaya, le Jônin avec lequel je devais faire équipe pour résoudre les problèmes de coeur de notre cliente. Puisqu'il prenait les devants, je fus coupé court dans ma tentative de présentation. Je fronçai légèrement les sourcils. En Shinobi respectueux au plus haut point du code et des règles, j'attachais une certaine importance aux bonnes manières. Ca commençait toujours par un salut, puis par une introduction. Je me résonnai, me disant que j'aurais certainement l'occasion de remettre ces courtoisies à plus tard. Dans l'immédiat, mon pair me faisait signe de le suivre. Je marchais sur ses pas, observant en même temps le quartier. Derrière quelques fenêtres, je remarquais que nous étions observés par des résidents. Sans doute n'étaient-ils pas habitués à voir des étrangers au quartier en parcourir les rues ... Tout de même, les regards farouches qu'ils nous lançaient, à mon partenaire et à moi, étaient suffisamment hostiles pour marquer leur désapprobation de nous voir là. Il y aurait cependant peut être quelque chose à tirer de cette attitude.

Nous nous arrêtâmes finalement devant la porte d'une maison, celle de la plaignante. Mon collègue frappa à la porte, avant de se reculer d'un pas. Visiblement, il n'avait pas envie de faire dans la discussion. Décidément, il n'était pas très causant. La porte s'entrouvrit sur cette conclusion, et dans le mince entrebâillement je discernai un visage féminin qui aurait certainement été de première beauté s'il n'avait pas été recouvert d'un voile de peur.

"Qui ... Qui êtes-vous ?

-Nous sommes les Shinobis missionnés pour résoudre votre affaire. Je suis Seki Wataru, et mon collègue est Izaya."

En guise de preuve de mes affirmations, je dégageai un pan de mon manteau pour lui montrer clairement le bandeau Kumojin, attaché en brassard à mon bras gauche. La femme parut se détendre, un peu, mais n'ouvrit pas plus la porte.

"Pourrions-nous entrer ? Nous avons quelques questions à vous poser qui pourraient sûrement nous donner une bonne piste pour commencer notre investigation."

La femme sursauta, comme si mes paroles la ramenaient brusquement à la réalité. En y regardant de plus près, son regard semblait en effet flotter dans un univers bien lointain.

"Oui, bien sûr ..."

Elle s'écarta un peu, et j'entendis le bruit de plusieurs serrures qui s'ouvraient. Je jetai un coup d'oeil intrigué à mon partenaire. Nous entrions dans ce qui devait probablement être la maison la mieux gardée du quartier. Finalement, la porte s'ouvrit complètement. Nous pénétrâmes dans un domicile sombre au possible. A vrai dire, la seule lumière provenait de la porte ouverte. Tous les volets étaient fermés, et aucun éclairage d'intérieur ne permettait de distinguer ne serait-ce que le mobilier. De l'extérieur, on aurait pu croire que la maison était inhabitée. Sans doute était-ce l'effet recherché ...

Notre hôte s'éloigna un instant, et revint en portant à la main un chandelier sur lequel brûlait une unique bougie. Elle nous fit vaguement signe de la suivre. Nous nous exécutâmes. Elle nous emmena jusqu'à une vaste pièce -du moins la lumière de la bougie laissait-elle penser que l'endroit était véritablement spacieux- et s'assit sur un coussin au sol, à genoux. Je l'imitai. A la lueur de la bougie, je réalisai que j'avais fait une première erreur de jugement. Le visage de cette femme ne reflétait aucune peur. C'était de la terreur qui en marquait les plis. Cette constatation m'arracha un léger frisson.

"Comment vous appelez-vous, mademoiselle ?

-Ino Sakamoto.

-Quand vous êtes-vous séparée de Monjara Shintao ?"

Elle frissonna en entendant le nom de son ancien amant, et lorsqu'elle répondit sa voix était discrète, et tremblante:

"Il y a deux semaines.

-A quand remontent ses menaces ?

-A ... A une semaine.

-Savez-vous s'il a quitté le quartier depuis ?

-Non, je n'en sais rien. Je ne sors plus de chez moi. Il pourrait m'épier à tous les coins de rue ..."

Nous faisions face à une femme en proie à une terrible psychose, c'était certain. De toute évidence, les menaces dont elle avait été la cible étaient à prendre au sérieux. Sous-estimer Monjara Shintao serait certainement la pire chose que nous pourrions faire, aussi décidai-je dès à présent de considérer qu'il était toujours dans le quartier. C'était une information à vérifier, mais là-dessus j'avais ma propre idée. Et puis, il était logique, dans le processus de pensée d'un homme sans scrupule de chercher à accomplir son forfait le plus vite possible. Partant de là, il serait incohérent qu'il ait décidé de quitter le quartier.

"Pourquoi avez-vous décidé de quitter Monjara Shintao ?"

Cette fois, ce n'est pas un frisson qui secoua la femme mais bien un spasme. Le sujet semblait sensible. Plus que je ne l'avais d'abord imaginé, visiblement, puisqu'elle se leva, et, d'une voix qui se voulait assurée, nous dit:

"Vous ne pouvez pas rester plus longtemps, on se douterait de quelque chose !

-Mais, mademoiselle ...

-Partez ! Maintenant ! J'ai besoin de vous dehors, pas chez moi ! Allez !"

Je me résignai, non sans une certaine curiosité. Le sujet de sa rupture était bien délicat, apparemment. Aurais-je été présomptueux en supposant qu'il se cachait derrière cette histoire de plus sombres desseins ? Toujours est-il que je me levai, et m'inclina légèrement en direction de notre cliente.

"Nous nous efforcerons de mettre fin à vos tourments aussi vite que possible, mademoiselle."

Puis je sortis, retrouvant à taton seulement la porte. Une fois dehors, je clignai des yeux à cause du brutal changement de luminosité. Je me retournai vers Izaya.

"Qu'en penses-tu ? A mon avis, quelque chose de louche les a poussés à la séparation. Quelque chose qui mériterait peut-être d'être découvert ... Si nous allions faire une petite enquête de voisinage, hum ? Dans un quartier résidentiel comme celui-ci, je suis certain qu'on parviendra à glaner quelques informations."

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Message(#) Sujet: Re: Les tourments de l'amour [Izaya] Jeu 12 Jan 2017 - 18:13

De la porte qui s’entrouvrit légèrement je vis apparaître le visage d’une femme, un visage déformé par la peur. Ses yeux fatigués scrutant frénétiquement l’allée, elle nous demanda après quelques instants de décliner notre identité. Ce que fit Wataru en plus de lui montrer le bandeau dissimulé sous son manteau. Celle-ci ne réagissant pas, le Seki demanda alors à la femme l’autorisation de rentrer, ce qu’elle fit après de longues secondes d’hésitations. Je me sentis plus concernée en voyant cette pauvre femme cloitrée chez elle et je décidai donc de mettre mes préoccupations de côté et de me concentrer sur cette affaire qui de toute évidence semblait sérieuse. Quand la porte s’ouvrit, un halo de lumière pénétra dans la maison alors complètement noire. Tous les volets avaient été fermée ainsi que les portes ou toute autre ouverture. Cette femme s’était littéralement enfermée chez elle à double tour, même si cela ne lui aurait pas été d’une grande aide si son ex-conjoint avait décidé de passer à l’action.

Notre hôte s’enfonça dans sa maison tandis que nous rentrions – je pris soin de déposer mes chaussures sur le pas de porte – et revint quelques secondes plus tard un chandelier à la main. Refermant brusquement la porte, elle prit soin de verrouiller les nombreuses serrures présentes sur la porte puis nous invita à la suivre. Cette maison me donnait plus l’impression d’être un bunker qu’une habitation, mais je me rendis mieux compte de sa taille lorsque nous parcourûmes le couloir jusqu’à atteindre à ce qui semblait être un salon, l’unique bougie du chandelier éclairant timidement la table basse où nous nous étions installé.

Une fois assit, mon collègue commença son interrogatoire. Sa rupture avec son mari datait d’il y a deux semaines et madame Sakamoto ne semblait pas savoir où il se trouvait actuellement. Mais elle avait pour autant la ferme conviction que celui-ci l’épiait, ce qui expliquait pourquoi elle restait cloitrée chez elle volets fermés. Laisser ainsi cette femme seule chez elle pouvait être dangereux, en plus de ne faire que nourrir sa psychose grandissante. Monjara Shintao devait probablement se trouver dans le quartier et nous devions donc agir avant qu’il ne décide de passer à l’acte. Après en être arrivé si loin, cet homme n’allait sûrement pas abandonner et laisser sa femme tranquille malgré notre présence.

Wataru décida alors de demander à notre victime les raisons de sa rupture, ce qui provoqua chez elle un spasme ainsi que des sueurs froides. Plus que de la peur, la jeune femme semblait terrifiée et pétrifiée à la simple évocation du nom de ce dernier. Sans même que nous ayons eu le temps de réagir, elle nous demanda de sortir ce à quoi je me résignai, ne voulant empirer le traumatisme de cette pauvre femme. De toute évidence, ce n’était pas là la conséquence de simple menaces orales, mais bel et bien d’actes pour qu’elle réagisse si vivement. De plus, je connaissais bien ce regard et ce comportement. Celui d’une personne ayant subi des traumatismes physiques, comme ceux que j’avais vécu il y a longtemps. Nous la saluâmes puis je suivis le pas de Wataru en me dirigeant vers la porte et bien que j’eus pris soin d’observer l’intérieur de la bâtisse, rien ne vint piquer ma curiosité. Une fois à l’extérieur, j’entendis les serrures se verrouiller et Wataru m’interpella pour me demander ce que je pensais de cette histoire et proposer de continuer notre enquête auprès du voisinage.

Je pris quelques secondes pour réfléchir à ce que j’allais dire puis fixa son regard une fois que je fus décidé.

« J’en pense la même chose que toi, cette séparation n’est pas une « banale » séparation. Mais avant d’entreprendre une tournée du voisinage, même si c’est sans aucun doute ce qu’on doit faire, j’aimerai passer par le QG pour assigner quelqu’un à cette maison, un Chûnin suffirait, au moins pour être certain que le temps que se déroule notre enquête, rien d’irréversible n’arrive. Au vu de son comportement, je pense que ce ne sont pas de simples menaces qu’elle a reçu et peut-être même qu’il y a des antécédents dont nous ne sommes pas au courant. Qu’en penses-tu ? »

Je sentis un flocon se poser sur mon front, puis un deuxième. En levant les yeux, je remarquai que le ciel était devenu encore plus blanc et que la neige s’intensifiait seconde après seconde. Un calme apaisant s’installa dans le village, un silence qui n’arrivait que lorsqu’il neigeait. Mais le froid m’extirpa rapidement de mon escapade intellectuelle, comme il l’avait fait de nombreuses fois par le passé. Je proposais à mon collègue une alternative afin de lui laisser la possibilité de poursuivre son idée.

« Puisque je maîtrise le genjutsu je peux créer un lien télépathique entre nous et le conserver. Ainsi, même si nous nous séparons nous pouvons partager nos informations et discuter, donc si tu préfères qu’on aille chacun de notre côté pour aller plus vite, on peut le faire. »

Les rares personnes qui se trouvaient encore dehors eurent tôt fait de rentrer chez elle, de sorte que nous nous retrouvions maintenant seul. Je sentis alors un léger frisson me parcourir. Quelque chose me dérangeait, comme si un regard m’observait, un regard oppressant et tenace.


Dernière édition par Izaya le Mer 18 Jan 2017 - 20:05, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: Les tourments de l'amour [Izaya] Sam 14 Jan 2017 - 16:43

J'écoutai distraitement les recommandations de mon camarade, maintenant trop absorbé par la neige qui commençait -enfin- à tomber. Ce n'était que quelques timides flocons, mais j'étais certain qu'ils annonçaient l'arrivée du plus gros de l'intempérie. Je souris légèrement. La neige était toujours très belle à voir tomber. Elle représentait une sorte de symbole: celui d'un hiver réussi et dans les règles de la tradition. Je m'enthousiasmais d'avance à l'idée de parcourir les rues immaculées, Motoo gambadant à toutes jambes et sautant dans les tas blancs rassemblés aux coins des pas de portes déblayés. Quelle belle perspective ... Bientôt, tout le village s'en réjouirait, et nombreux seraient les enfants qui se joindraient au mien pour profiter de ce phénomène si unique, que seul l'hiver amenait sur les terres de Kaminari no Kuni.

Mais force me fut de constater que je laissais un peu trop mon esprit aller à la dérive. Je concentrai à nouveau mes pensées sur notre mission, et plus particulièrement sur les derniers mots de mon camarade.

"Oui, tu as raison. Nous devrions aller chercher quelqu'un. J'avoue me faire moi aussi du souci à propos de cette femme ... Je ne sais pas si elle plus en danger à cause de Monjara Shintao ou d'elle-même, mais il est certain qu'il ne faut pas la laisser sans surveillance. Inutile de nous déranger, je vais envoyer un clone jusqu'au QG."

Sur ces mots, je composai une série de mudras. Quelques instants plus tard, une copie conforme de moi se dirigeai droit vers le centre du village. Le temps de faire l'aller-retour prendrait environ une vingtaine de minutes, pendant lesquelles nous ferions mieux de rester à proximité de la maison de notre cliente. Si nous n'allions pas monter la garde devant la porte tout ce temps, nous ne serions au moins pas très loin si quelque chose venait à se produire qui requière notre attention et notre intervention.

"Nous pouvons aller faire du porte-à-porte, maintenant. Un lien télépathique sera certainement très utile. Si jamais nous tombons sur une info importante, on pourra toujours se rejoindre rapidement ici même. Et puis, mieux vaut élargir aussi rapidement que possible notre champ de recherche. L'efficacité prime dans ce genre de situation, et nous avons certainement attendu déjà trop longtemps avant de porter assistance à cette femme. Cette rue ..."

J'avais un mauvais pressentiment, comme si quelque chose de malsain se tramait dans ce quartier, sans savoir quoi. Même la neige n'arrivait pas à masquer cette sensation désagréable d'être épié par un regard pervers.

"Peu importe, allons-y. Essayons d'en apprendre le plus possible sur le passé de cette femme et de son couple, hum ?"

Je laissai mon partenaire mettre au point son mode de communication télépathique, et une fois le lien mis en place nous partîmes chacun dans une direction différente. Je ne m'éloignai pas trop, commençant mon investigation par une maison presque voisine de celle de notre cliente. Je frappai quelques coups secs, et bientôt la porte s'ouvrit. Une vieille dame, le visage plissé par le temps et avec un petit regard de fouine, se tenait dans l'encadrement de la porte.

"Bonjour madame. J'aimerais vous poser quelques ...

-Je sais pourquoi vous êtes là, et à vrai dire ça ne me plaît pas. Mais ... Entrez, mon garçon, vous allez attraper froid dehors et moi aussi. Fichu courant d'air ..."

Je m'inclinai légèrement, et pénétrai dans la petite maison. La pièce dans laquelle j'entrai d'abord était petite: un vestibule, tout au plus. Je suivis la vieille dame, qui me mena à une salle plus grande. Elle s'assit devant une table basse, et d'un geste m'enjoint à faire de même. Je m'exécutai, m'inclinant une nouvelle fois devant elle.

"Merci pour votre hospitalité."

Elle répondit d'un léger hochement de tête. Elle était coutumière des bonnes manières, et les respectait avec une forme de précision et d'exactitude propre aux gens de bonne éducation.

"Vous voulez savoir ce qui a poussé Ino et Shintao à se séparer, n'est-ce pas ? Vous enquêtez sur l'affaire, naturellement.

-C'est exact.

-N'espérez pas me tromper, mon garçon. Ces yeux-là ont vu bien plus que ce que vous ne pourriez imaginer. Les Shinobis, je les sens à des lieues à la ronde. Ce n'est pas en cachant votre bandeau que vous me masquerez votre véritable allégeance."

Je souris légèrement. Cette dame était intelligente. Souvent, l'esprit s'épanouit dans les dernières années de la vie, comme le fruit d'une longue expérience qui prend sa conclusion.

"Ino est une fille de pauvre famille. Ses parents étaient des mineurs indépendants, qui travaillaient dans les montagnes quand la température le leur permettait. Ils gagnaient leur vie grâce aux minerais qu'ils rapportaient -rarement- de leurs expéditions, c'est tout. Quand leur fille est née, ils on dû se résigner à s'installer quelque part, sans savoir où. Ils ont erré pendant quelques années, glanant de quoi survivre, jusqu'à trouver un emploi ici, au village naissant de Kumo. Manque de chance, ils sont tous les deux morts de maladie très tôt, laissant leur fille orpheline à à peine dix ans. Elle a fait un court séjour dans mon orphelinat."

Je crus déceler une touche de nostalgie dans le ton de mon hôtesse. Je ne lui en fit cependant pas la remarque, et la laissai continuer.

"Elle a été recueillie par un homme riche: Monjara Detsuo. Il était le propriétaire d'une firme agricole, justement, et s'était pris de pitié pour l'enfant. Malgré le fait qu'il ait déjà un fils, Shintao, il l'a adoptée et emmenée vivre sous son toit. Les deux enfants se sont bien entendus, de tout temps. Inévitablement, ils semblaient promis l'un à l'autre, et tout était arrangée pour qu'ils se marient le plus tôt possible. Jusqu'à deux semaines, encore, ils semblaient être le couple le plus heureux du monde ... Quel dommage ...

-Racontez-moi, que s'est-il passé ? Qu'est-ce qui les a poussé à se séparer ?

-Monjara Detsuo est mort, subitement. Visiblement d'une maladie foudroyante et subite. Certains disent qu'il a été empoisonné, mais je n'y crois pas trop. Shintao a hérité de la fortune de son père. Mais comme si l'argent l'avait corrompu, il est très vite devenu irritable, désagréable avec Ino jusqu'à ... Jusqu'à la frapper. Puis il l'a quittée. Personne ne l'a revu depuis, mais on dit qu'il rôde dans le quartier. Depuis, Ino, vit cloîtrée chez elle, terrifiée. La pauvre enfant ..."

Je restai songeur un instant. Toute cette histoire s'étoffait de faits intéressants, et qui méritaient d'être discutés de vive voix. Je lançai un rendez-vous mental à Izaya -en espérant que mon message parvienne à bon port- avant de reporter mon attention sur la vieille dame.

"Vous m'avez beaucoup éclairé, madame. Et je vous remercie de votre histoire ma foi fort intéressante. Soyez certaine que ceux qui le méritent sont toujours punis. Je n'abuse pas plus de votre hospitalité."

Je m'inclina une dernière fois devant elle, et pris congé. Une fois dans la rue, je me dirigeai vers la maison de notre cliente, le regard perdu dans la vide et l'esprit vagabondant. J'étais persuadé qu'il y avait quelque chose qui reliait Monjara Detsuo à cette affaire. Les deux faits étaient trop rapprochés pour être complètement étrangers l'un de l'autre.

Ce n'est qu'en levant les yeux vers la maison elle-même que je réalisai. La porte était défoncée vers l'intérieur. Aussitôt, j'eus un frisson. Quelque chose s'était produit pendant l'interrogatoire de la vieille femme, quelque chose que je risquai de regretter amèrement. Mon mauvais pressentiment s'agrandit encore un peu plus.

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Message(#) Sujet: Re: Les tourments de l'amour [Izaya] Mer 18 Jan 2017 - 20:52

Plutôt que l’un de nous ne se déplace pour aller chercher un garde et ne perdre du temps, mon collègue eu l’idée d’utiliser un clone afin de faire le trajet à notre place. Bien que cela puisse paraître surprenant voir aberrant pour beaucoup, je n’ai jamais réussi à maîtriser une telle technique, bien qu’il fût également vrai que je n’avais jamais fait de réels efforts en ce sens. Ainsi, après une série de mudra, un copie conforme de Wataru apparut et partie en direction de nos bureaux en quête de renfort.

Nous pouvions maintenant nous atteler à notre porte à porte afin de récolter le plus d’informations possible concernant cette affaire. Pour rester en communication, j’avais proposé d’établir un lien télépathique entre nous, idée que le Seki approuva. Je m’exécutai sans attendre et activa notre lien d’un simple regard, puis fit ensuite signe à mon collègue et parti dans la direction opposée. Le quartier dans lequel nous nous trouvions était principalement résidentiel. Il se composait à la fois de petite villas et d’immeubles de deux à trois étages, un quartier plutôt aisé au vue de la taille des bâtisses. En pleine journée, bon nombre d’entre elles étaient vides, leurs occupants travaillant ou vacant à leurs occupations quotidiennes et il me fallut plusieurs minutes pour trouver une maison proche dont les fenêtres donnaient directement sur la maison de notre victime et qui était occupé. Je m’en approchai puis toqua deux fois à la porte. Après quelques secondes, j’entendis une voix me répondre de l’autre côté de la porte.

« Qui est-ce ? »

« Je m’appelle Izaya, Jonin de Kumo madame » – j’avais reconnu la voix d’une femme – « je suis ici pour enquêter sur Monjara Shintao et sa femme. »

Après quelques secondes d’hésitations, je ne reçus aucune réponse.

« Je ne vous dérangerai que quelques minutes et votre aide serait grandement appréciée dans cette affaire. »

Alors que je commençai à rebrousser chemin pour tenter ma chance ailleurs, j’entendis la porte s’entrouvrir derrière moi. Sans perdre un instant, je me retournai et rentrai dans la maison.

« Merci » – disais-je tout en hochant la tête – « je ne prendrai que quelques minutes de votre temps. »

Mon interlocutrice me regardait d’un air suspicieux, mais m’invita quand même à la suivre jusqu’au salon. Elle me convia de m’assoir puis repartit et revint quelques instants plus tard avec un service à thé et me proposa une tasse.

« Je m’excuse pour mes doutes mais… Avec Monjara Shintao, il vaut mieux être prudent… »

« Dîtes m’en plus sur lui. Nous avons déjà rencontré sa femme mais elle n’a rien voulu nous dire et pour la protéger du mieux possible nous avons besoin de mieux connaître la situation. »

« Son mari… Shintao n’était pas comme ça avant. Il y a deux semaines il a subitement commencé à changer. J’ai appris comme tout le monde que son père était mort et qu’il avait hérité de ses affaires. J’ai aussi entendu dire que les affaires de son père n’étaient pas toutes très honnêtes… Ensuite elle l’a quitté mais il ne l’a pas accepté et depuis il y a des rumeurs disant qu’il rôde dans le quartier. Ino, effrayée qu’il lui fasse du mal s’est enfermée chez elle. C’est nous qui avons donné l’alerte. »

Ces dernières paroles expliquaient pourquoi Ino avait refusé notre aide. Probablement dans l’incapacité de sortir de chez elle, trop effrayée parce que son ex-mari pourrait lui faire, elle a dû rester tout ce temps chez elle à se morfondre.

« Je vous remercie de votre aide. »

« J’espère que vous l’arrêterez, cette pauvre femme n’a rien fait pour mériter ça. »

« Nous ferons tout en ce sens. »

Je la remerciai une dernière fois puis quitta la maison et me mit en quête d’un second témoignage.

« Wataru, j’ai appris par une voisine que Shintao avait hérité d’un business de son père, probablement mafieux. »

Mais à ma grande surprise, je ne reçus aucune réponse et insista donc en répétant son nom dans mon esprit, inquiet que quelque chose ait pu se passer avec Shintao.

« Wataru ? »
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Message(#) Sujet: Re: Les tourments de l'amour [Izaya] Dim 22 Jan 2017 - 16:11

J'ignorai d'abord l'appel mental d'Izaya, trop préoccupé par ce que je voyais. La porte de la maison était défoncée vers l'intérieur, seulement retenues par quelques serrures particulièrement résistantes. Je l'enjambait comme l'avait certainement déjà fait avant moi l'intrus. Etait-ce Monjara Shintao lui-même ? C'était une conclusion un peu hâtive. Il était peut être une tête brûlée, mais maintenant il avait de l'argent. Il pouvait tout à fait avoir engagé un mercenaire pour capturer notre cliente. La maison était toujours dans le noir. Il n'y avait pas un bruit, sinon celui du vent s'engouffrant dans l'entrebâillement de la porte et sifflant à travers les couloirs. J'estimai qu'il était temps de répondre à l'appel de mon collègue: s'il y avait encore quelqu'un ici, mieux valait ne pas prendre plus de risques de se faire prendre par surprise.

*On a un problème. Rejoins-moi devant la maison.*

Je jetai un dernier regard à l'intérieur. L'obscurité présageait de mauvaises choses, la plupart du temps. Si notre cliente n'était plus là, il faudrait partir à sa recherche le plus vite possible, et croiser les doigts pour la retrouver vivante. Si elle étaient encore ici, il faudrait négocier avec celui qui la tenait en otage. Nous n'avions récolté que quelques maigres informations ... Sans doute pas assez pour faire du chantage. Il nous faudrait jouer de rhétorique pour être persuasifs. Je m'arrachai à ces pensées pour revenir devant la maison. Au même moment, un Shinobi arrivait, qui m'était vaguement connu de visage.

"J'ai été envoyé par votre clone pour garder la maison ! J'arrive trop tard ?

-Oui."

Ma voix était grave, et avait perdu toute sa douceur et sa gentillesse. L'enlèvement probable de notre cliente m'inquiétait assez pour que j'ai encore envie d'être de bonne humeur. Le Shinobi parut assez embarrassé. Fort heureusement, Izaya ne tarda pas à arriver. Nous n'avions pas de temps à perdre, et j'étais certainement le plus au courant de la situation. C'était donc à moi de les briefer.

"Mauvaise nouvelle: quelqu'un s'est introduit dans la maison. Je n'ai pas cherché à la fouiller pour l'instant. Izaya, nous allons nous en charger tous les deux. Vous, vous restez ici et vous montez la garde. Personne n'entre dans cette maison, compris ?"

Le Shinobi hocha la tête. Je rentrai à nouveau dans la maison, suivi par mon collègue. D'un geste je lui montrai un couloir vers lequel je lui proposai de se diriger. Pour ma part, je m'introduisis dans la salle où nous avions été reçus par la maîtresse des lieux. La chandelle qu'elle avait allumé quand nous étions arrivés brûlait encore, éclairant la salle d'un faible halo rougeâtre. Tout était en ordre. Si elle avait été emportée, soit elle avait été maîtrisée trop rapidement pour se débattre, soit elle ne l'avait pas été dans cette pièce-là. Je penchai plutôt pour la seconde hypothèse. En fait, il me semblait assez peu probable de Monjara Shintao ait fait appel à un mercenaire. Ce ne devait pas être une pratique très courante dans les affaires de coeur de faire appel à une tierce personne pour les résoudre aussi ... brutalement. S'il mettait une pointe d'honneur à rester avec cette fille, il devait également tenir à la faire souffrir lui-même. Pensée tordue pour coeur tordu, j'imagine ?

Je m'approchai d'un tiroir et commençai à le fouiller. Une occasion pareille ne se représenterait pas, et il aurait été idiot de ne pas en profiter. Je pensais bien que notre cliente nous cachait quelque chose, mais je ne pouvais avoir que des soupçons. Les maigres informations dont je disposais ne permettaient aucune place à la certitude, et encore moins à l'accusation de qui que ce soit. Mais quelque chose me disait que la mort de Monjara Detsuo n'était pas naturelle. Peut être son fils ou sa fille adoptive étaient-ils impliqués dans sa disparition soudaine ... Le mobile était facile à trouver: l'héritage colossal qu'il leur léguait à tous deux. Mais peut être un meurtre aurait-il déplu à l'un ou à l'autre des partis ? Ce n'était qu'une hypothèse, mais qui ne me semblait pas infondée. Elle était même plutôt plausible.

Dans les premiers tiroirs que je fouillai, je ne trouvai rien sinon des affaires domestiques: ciseaux, papiers, et autres bricoles qui trouvent toujours quelqu'un pour les user. Cependant, en approfondissant mes recherches et en m'attaquant au tiroir le plus bas d'un petite commode en liège, je trouvai une enveloppe. En la tâtant, je sentis qu'elle était encore pleine. Je la retournai et haussai un sourcil. Je lus: "A Ino Sakamoto". Je l'ouvris.




J'ai tout compris.


Voilà qui était concis, mais pour le moins intéressant. J'aurais pu parier en cet instant que cette lettre avait été écrite de la main de Monjara Shintao.

Impossible de déduire quoi que ce soit d'autre. Un cri déchirant retentit dans la maison, coupant court à toutes mes pensées.

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Message(#) Sujet: Re: Les tourments de l'amour [Izaya] Lun 23 Jan 2017 - 18:27

Quand mon deuxième appel se solda par un échec, je me dirigeai aussitôt vers la maison de notre victime. Les craintes que j’avais exprimé à notre arrivé s’étaient concrétisées et Shintao était passée à l’acte. Je savais au fond de moi que nous aurions dû rester pour surveiller cette maison, ou tout du moins laisser un clone, mais je m’étais laissé convaincre et je ne pouvais maintenant que m’en prendre à moi-même. Tout juste espérais-je que l’irréparable n’ait pas encore été commis. C’est à ce moment-là que mon collègue me demanda de le rejoindre, confirmant définitivement mes craintes. En arrivant sur les lieux, je le vis ainsi que le Chunin que nous avions quémander. En tournant les yeux vers la maison, j’aperçus la porte complètement défoncée vers l’intérieur, seuls quelques morceaux de bois tenaient encore grâce au serrures tandis que des gonds ne restaient plus que des morceaux ballotant au gré du vent qui s’engouffrait dans la maison. Dans le couloir, que je pus voir grâce à la lumière qui s'engouffrait maintenant dans la batisse, rien ne semblait avoir changé.


Wataru m’informa que quelqu’un s’était introduit dans la maison - déduction logique étant donné l’était de la porte - et que nous allions nous chercher de la fouiller tandis que le Chunin garderait l’extérieur et veillerait à ce que personne n’entre.

« Veillez également à ce que personne ne rentre. Disais-je d’un air grave. »

J’emboitai le pas de mon collègue me dirigeai vers le couloir qu’il m’avait indiqué. Celui-ci donnait directement dans la pièce où se trouvaient les escaliers pour monter à l’étage. Dans la plus grande discrétion, je m’en approchai lentement tout en scrutant à travers l’ombre en quête d’une présence humaine. Jetant un rapide coup d’oeil aux escaliers, je vis que ceux-ci étaient en bois. Ainsi, si le tortionnaire et notre victime se trouvaient encore en ces lieux, ils seraient tous deux au courant de ma présence. Je décidai de monter à l’étage en adoptant cette fois une posture plus défensive. Plongeant ma main dans la poche intérieur de mon manteau, j’en extirpait un Kunai et le plaça devant moi.

Le palier donnait sur un petit couloir, deux portes étaient situées sur gauche et deux autres sur sa droite. Toutes étaients fermées et il me faudrait donc essayer toutes les possibilités. Sur le sol, aucune trace ne semblait indiquer que quelqu’un était passée par là. Le noir et le léger sifflement que le vent provoquaient ajoutait à la situation un stress supplémentaire. Prudemment, je commençai par ouvrir les deux portes à droite. Me tenant le dos contre le mur, je tournai la poignée et ouvris d’un geste rapide la porte, un oeil guettant dans mon dos au cas où l’inconscient se tenterait à me prendre par surprise. La première pièce ressemblait à un bureau et ses murs étaient couverts de piles de papiers et d'armoires où étaient rangés des livres. Un odeur de renfermé y régnait - encore plus que dans le reste de la maison - mélangée à une odeur de papier. Refermant la porte une fois la pièce vérifiée, je fis de même avec la deuxième qui se dévoila ainsi être un simple rangement.

Tournant la tête vers l’autre bout du couloir, je m’approchais discrètement de la porte en face de moi et l’ouvris après quelques secondes. Je sentis alors un premier projectile me froler le bras tandis qu’un deuxième vint ricocher contre mon Kunaï et se planter sur le parquet. En face, à côté de la fenêtre dont le volet était fermé se trouvaient Monjara Shintao et Ino Sakamoto, un kunai collé contre sa gorge sanguinolante.

« N’avance pas plus sinon je l’égorge ! »

Je me relevai délicatement pour ne pas effrayer ma cible et me décidai dans un premier à tenter de la résonner.

« Ne commettez pas l’irréparable Shintao. Vous ne pouvez pas vous échapper de cette maison et quelque soit votre motif, cela ne peut pas motiver le meurtre de votre femme. »

« Cette salope a tuée mon père ! Ce même père qui l’a recueilli et adopté, qui l’a traité comme sa fille ! Et tout ça pourquoi ? Pour son argent ?! »

Il pressa alors son arme avec plus de force sur le coup de son otage et je levai mon bras pour lui faire signe d’arrêter.

« Alors elle sera jugée et si ce que vous dîtes et bien vrai, elle sera punie comme il se doit. »

Mais comprenant que mes mots ne suffiraient pas, j’activai un Genjutsu et immobilisait Shintao et sa femme.

« Wataru, j’ai immobilisé Shintao et sa femme, vient vite les arrêter. »
Disais-je dans mon esprit tandis que le lien qui unissait nos pensées était toujours actif.
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Message(#) Sujet: Re: Les tourments de l'amour [Izaya] Mer 25 Jan 2017 - 19:25

Je me tenais face à notre coupable. Ses cheveux étaient plus désordonnés que jamais. Ils retombaient en mèches sales sur son visage. Des cernes s'étaient formées sous ses yeux. Des cernes épaisses, lourdes, presque noires de fatigue. L'épuisement transparaissait dans tout ce corps, qui semblait meurtri. Les bras étaient presque décharnés. En effet, c'était une carcasse bien maigre. La chair était trop peu présente, trop peu importante pour qu'on la remarque sous la peau. Celle-ci était granuleuse, sèche, tendue. Il semblait qu'il n'y avait que du nerf sous cette peau-là, du nerf à vif, dur comme du béton, prêt à se rompre à tout moment. Je l'observais un long moment, ce corps abîmé par quelques jours de prison plus que par des semaines d'angoisse. J'étais presque fasciné par la forme qu'avait pris la douleur et la dégradation physique sur cette personne-là, précisément. Devant moi se tenait, décrépite, celle qui fut un moment notre cliente, et le moment d'après notre coupable. A mes yeux, en tout cas, c'était à elle-même que revenait la faute de son propre harcèlement, et si je n'en avais rien dit je comprenais cependant aisément les raisons qui avaient pu pousser Monjara Shintao à vouloir la tuer.

Je croyais presque distinguer, à présent, toute la perfidie sous-jacente de ce visage froid, fermé comme s'il ne devait plus jamais s'ouvrir. Je faisais face à la plus coriace des huîtres, qui avait résisté aux interrogatoires de quelques-uns de mes collègues les plus téméraires. Mais ils n'étaient pas mus par les mêmes motivations que moi, sans doute. J'avais la persuasion d'être en mesure de pouvoir extirper quelques mots de ce corps semblant inanimé.

"Bonjour, mademoiselle. J'ai cru comprendre que vous étiez réticente à parler à n'importe lequel des hommes qui se sont succédés à ma place jusqu'à présent. Même à Monjara Shintao vous n'avez rien dit."

Je m'attendais presque à la voir frissonner en entendant ce nom qui l'avait tant rebutée par le passé. Mais elle resta de glace, le regard perdu dans quelque vide imperceptible pour moi.

"Instaurons une règle dès à présent. Tout silence sera pris comme acquiescement. Si vous voulez nier quelque chose, vous n'aurez qu'à vous manifester d'une autre manière. Entendu ?"

J'eus la réponse que je souhaitais, c'est à dire rien.

"J'aimerais simplement que vous me confirmiez une théorie, ce qui ne devrait pas vous demander trop d'effort, si vous vous conformez aux règles que nous venons d'instaurer ensemble. C'est une théorie ma foi assez simple, et que n'importe quel enquêteur lambda aurait pu mettre sur pied, mais j'ai besoin de votre confirmation de ce que je m'apprête à dire. Alors prêtez une oreille attentive, je vous prie. Je commence.

"C'est une petite histoire, qui commence ma foi assez tragiquement. Vous êtes recueillie par un riche négociant après avoir été laissée pour compte suite à la mort de vos parents. Ce riche négociant, nommons-le Monjara Detsuo. Il a un fils, Monjara Shintao. Vous coulez des jours heureux chez cette famille-là, et pour cause: vous avez tout ce dont une enfant pourrait rêver. De la distraction, de quoi manger, dormir correctement, et surtout des gens à aimer. Vous vous liez vite d'une tendre amitié pour Monjara Shintao, qui devient votre partenaire de jeu préféré. Voyons là une forme d'amour tout enfantin, qui manque encore de l'étrange maturité adulte et qui ignore tout des plaisirs charnels. Peut être, en grandissant, vous y livrez-vous ? Je ne le sais pas, et à vrai dire ce n'est pas un détail très important.

"Mais tout récemment, vous comprenez que votre amour ne pourra subsister indéfiniment, car vous ne voyez plus en votre amant qu'une figure qui vous ignore. Que faire pour le reconquérir, alors ? Et bien, la réponse s'impose: l'on présente bien aux dieux des offrandes ! Il suffirait de lui donner, à lui, quelque cadeau qui suffirait à dominer son âme pour faire rejaillir la flamme de votre passion mutuelle. Quel trésor pourrait lui plaire suffisamment ? Celui de son propre père, dont il est le légitime héritier. Le geste précède la pensée, et dans la panique de l'action vous tuez votre bienfaiteur et faites du même coup empocher une somme formidable à votre amant.

"Tout cela, nous le savons. Nous savons que ce sont les causes qui l'ont poussé à vous menacer, à vous traquer pendant des semaines jusqu'à finalement essayer d'attenter à votre vie. Mais un détail me titille. J'ose croire que vous avez agi par amour, comme je l'ai exposé, et non par pur intéressement personnel, ni même à cause de la perfidie la plus cruelle. Confirmez-moi cela, mademoiselle: avez-vous bien tué Monjara Detsuo par amour pour son fils ?"

Ma réponse se présenta sous la forme de deux grosses larmes, perles liquides de mon huître toujours muette qui coulaient sur ses joues creusées.

"Très bien. Au revoir, mademoiselle."

Je saisis mon chapeau, saluai la jeune femme d'une inclinaison légère, et sortis de la pièce. L'amour est un étrange sentiment, qui fait tourner les esprits autant que les coeurs. Pour un esprit comme le mien, il est étonnant de voir des gens se soumettre à de telles passions. Sans doute suis-je trop imperméable à ces étrangetés, à ces tourments de l'amour ...

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Les tourments de l'amour [Izaya]

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