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 Premiers pas, seconde fois

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Message(#) Sujet: Premiers pas, seconde fois Jeu 16 Fév 2017 - 16:21

Une puissante houle recrachait le shinobi sur le rivage comme les restes d'un mammifère marin. Sauf que celui-ci se relevait et après un bref coup d'œil en direction des lieux de l'affrontement, s'enfonçait dans le bois bordant la plage. Si Mikami ne devait avoir qu'une seule certitude, ce serait de ne pas encore avoir été pris en chasse. Étrangement, les kumojins ne s'étaient pas plus inquiétés de voir l'un d'eux prendre une direction différente et se diriger vers leurs terres. Il gagnait alors un peu de temps, un répit des plus brefs car ceux qui se considéraient comme ses ennemis se rendraient sûrement très vite compte de la situation.

Après s'être enfoncé de quelques mètres, il s'asseyait contre un arbre. Vérification de l'état : pouls normal au vue de la situation, rythme respiratoire correct. Pas de blessure physique, esprit clair bien qu'encore très agité, en voie de stabilisation. Énergies physiques et spirituelles très basses, mais en récupération. Équipement : stocks d'armes de jets et de parchemins explosifs intactes, encore trois bobines de filins métalliques, katana solidement ancré à la ceinture. Le temps d'expirer lentement et il se remettait en route avec vivacité.

Première étape, se débarrasser de l'odeur de la mer ; ce qui impliquait de nouveaux vêtements. Sa trajectoire bifurqua de quarante-cinq degrés vers le Nord afin d'augmenter ses chances de croiser une route. Le roulement d'une rivière s'interposa d'abord entre les nombreux croassements et bruissements dans les arbres. Le shûkaijin y fit une brève halte afin de s'y rincer de l'eau saline sans que ça ne l'empêche de lancer un regard en direction de la montagne d'où s'écoulait ce cours. Après quoi il finit par rejoindre un axe de circulation. Désert, le temps d'un peu de patience. Un temps qu'il passa à remonter la voie dissimulée derrière les feuillages, sautant d'une branche à l'autre en s'accordant un courte pause d'observation entre chaque bond.

Des coups de sabots et les glissades de ce qui devait être les quatre roues d'une calèche écrasaient le sol caillouteux avec toujours plus d'insistance. Le Yorurai s'arrêta, tendit soigneusement l'oreille. Aucune voix. Mais un sifflement, reprenant une chansonnette. Un vent d'insouciance traversant la forêt où le shinobi était tapis. Il s'approcha de la route, conservant de la hauteur. Le convoi apparaissait plus clairement à ses yeux plongés dans l'instant. La calèche était effectivement vide, et il ne lui fallut pas la moindre seconde de réflexion, d'hésitation, ou d'une quelconque retenue pour se projeter. Seulement le temps d'un mudra méticuleusement glissé devant son nez.


- Hé !

Le cocher arrêtait son cheval, tirant les rennes de l'animal et criant « hue », tout en tournant la tête du côté d'où il avait été interpellé, côté opposé de l'endroit où se trouvait le Yorurai. Mikami jaillit donc de son angle mort pour lui asséner un coup à l'arrière du crâne. L'inconnu tomba inconscient profil contre sol, sa monture leva haut les pattes avant en hennissant, paniquée suite à la seule seconde du bouleversement. N'en étant pas à son premier apprivoisement, le sabreur sut facilement calmer l'animal, et après avoir caché le corps inconscient de son malchanceux bienfaiteur et enfilé ses vêtements (ce qui avait impliqué de le déshabiller, je vous l'accorde esprits pervers que vous faites), il détachait et chevauchait le destrier pour filer sous un henge en laissant la calèche aux mains des convoitises.

Ne faisant plus attention aux arbres qui défilaient à ses côtés, il cherchait à mettre le plus rapidement possible un maximum de distance entre lui et la côte. Maintenant qu'il s'était débarrassé des traces le reliant au lieu de l'affrontement, il devait bouger plus vite que ceux qui devaient être en train de le rechercher. Il avait laissé derrière lui un homme blessé dont le témoignage serait inutile, avait volé un cheval et espérait que la calèche le soit à son tour. La possibilité d'être pris en chasse par de fins senseurs était grande, monter à cheval lui permettrait de prendre de la distance tout en économisant de l'énergie. L'amnésique se savait incapable de dissimuler sa présence tout comme il lui était encore impossible d'effacer toutes traces. Il avait alors opté pour tirer parti de ses dernières, cependant il savait que l'examen de ces dernières ralentirait les kumojin. Il devait rester en mouvement. Sans cesse. Ils allaient à nouveau se faire face, mais il fallait que ce soit en temps et en heure.

Pour l'heure il se dirigeait sans détour vers les montagnes qui avaient été son berceau, déterminé à s'y rendre même s'il devait avoir à faire face à de l'adversité.

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Message(#) Sujet: Re: Premiers pas, seconde fois Mer 22 Fév 2017 - 16:04

Le galop battait encore son plein quand un panneau indiquait qu'au bout du sentier déviant de l'axe principal se trouvait une auberge où se restaurer. Malgré le coup de sabot galopant de l'animal, Mikami en reniflait l'odeur. Pourtant il traversa les parfums en un coup de vent. Oh oui il aurait volontier casser la croûte, mais ne pouvait s'accorder ce luxe. Il fallait qu'il reparte rapidement, et accompagné. Kumo disposait de patrouilles aériennes à Raiun et nul doute qu'elles ne se contentaient de ce périmètre. Cependant ils recherchaient un homme seul. Se fondre dans un groupe augmenterait ses chances d'arriver à destination sans être repéré.

Il fallait qu'il se démerde pour trouver quelqu'un allant dans la même direction que lui qu'il pourrait accompagner jusqu'à ce qu'il ne rejoigne un terrain aux pentes plus ardues, plus rocailleuses, voire plus avantageuses. Ce qui ne serait pas le cas de son canasson, dont il fallait qu'il se débarrasse de toutes manières. Toutefois les arbres n'avaient de cesse de défiler, et alors que le soleil s'était perceptiblement éloigné de l'horizon aucune trace de vie n'avait daigné se présenter à lui. Bien qu'il puisse jouir d'une relative tranquillité, l'amnésique se devait de s'être séparé de sa monture volée avant qu'on ne le retrouve ou qu'il n'atteigne les premiers vals.

Puis la providence, ou la chance, ou le hasard, finit enfin par jouer son tour. À moins que cette attente trop prolongée n'ait assez jouer avec ses nerfs pour qu'il ne considère ce berger qu'il s'apprêtait à croiser comme celui qui allait lui venir en aide. Définitivement. Cet homme marqué par la montagne et entouré de brebis devenait l'opportunité qu'il attendait et ne laisserait plus passer. Même s'ils n'allaient pas dans le même sens, même si Mikami n'allait pas essayer de le convaincre de faire demi-tour pour l'accompagner. À son approche il ralentissait et arrêtait son cheval quand ce dernier se trouvait à portée du troupeau.


- Ola mon ami, où vous rendez-vous avec ces quelques bêtes ?
- Je m'en vais les vendre au marché de Raiun, elles sont à maturité. Je suis sûr de pouvoir en tirer un bon prix.

L'homme avait incliné son béret vers l'arrière en levant la tête, découvrant ainsi un regard sauvage sous deux gros sourcils broussailleux qui se fondaient au sommet de son corps trapu. Le shinobi rebondissait aussitôt :

- Raiun vous dites ? Vous devriez vous méfier, il paraît qu'il y a eu une attaque dans la matinée.
- Une attaque ?
- Oui, on m'a dit que le shûkai a attaqué le port. Mais chose étrange ils ne semblent ne s'être attaqué qu'aux bateaux.
- Kumo les a certainement repoussé de toutes leurs forces… Seulement le port vous dites ?
- Ce qu'on m'a dit.
- Je suppose qu'ils avaient leurs raisons… De toutes manières je ne vends mes bêtes qu'aux gens d'ici, aucune ne part à l'étranger. Pas par la voie des mers en tout cas. Pensez-vous que le marché a été touché ?
- J'en doute… Mais le commerce ne s'arrête pas pour un assaut en pleine ville ou une centaine de mort.
- Bien vrai.

Le voici donc qui venait de se faire piéger. Il aurait du savoir que ce genre d'évènement trahissait la présence d'un problème tapis sous un monticule de brindilles d'ignorance. Mais autour du sabreur tous l'ignorait et l'écrasait sans un regard pour poursuivre aveuglément la route de la ville et de son grand marché. Le shinobi surenchérissait alors que les chiens aboyaient sur les brebis pour les maintenir en rang et rassemblées tandis que le berger, dans son coin, menait ses propres affaires.

- Dans ce cas je vous propose un marché : je vous troque ce cheval contre deux de vos bêtes.
- Ce cheval… ?
- La route que je m'apprête à prendre ne lui fera que du mal, mais je sais quelle valeur et quelle utilité il peut avoir une fois acheminé vers les granges.

L'homme ne dit rien et semblait réfléchir. De son côté, le Yorurai savait qu'il avait touché le mille. Si son vis-à-vis avait l'habitude de monter dans les estives, ce cheval de traie ne lui serait d'aucune utilité et il aurait de suite balayé son offre. Ce qui n'avait pas été le cas ; de plus, ses chaussures ouvertes trahissaient l'existence d'une grange ou d'une ferme dans les zones intermédiaires, quoi qu'il en soit assez proche d'une route pour qu'il se passe de vêtements plus adaptés aux chemins caillouteux que le cheval n'aurait pu emprunter.

Il aurait son utilité, et pour avoir côtoyé des hommes s'occupant de nombreuses bêtes, Mikami savait à quel point le soutien d'un animal aussi robuste était nécessaire. En particulier passé un certain âge… Le berger regardait ses bêtes, tournait les yeux vers le cheval, puis les retournait sur le creux de ses mains durcies et fendues par des manœuvres ardues et répétées… Sacrifiant ses quelques secondes de néant, le shûkaijin, en cavale, comprit néanmoins que sa cible était solidement ferrée et que ce n'était qu'une question de temps avant qu'elle ne lâche. Insister en espérant partir plus tôt était inutile.

On entendit siffler quelques oiseaux, brouter les brebis et les chiens tourner autour du troupeau.


- Très bien, vendu.
- Vous m'en voyez ravi ! Permettez-moi de vous laisser les choisir.
- Grand bien m'en fasse, prenez donc ces deux-là, elles sont assez musclées pour tenir la route et assez grasses pour vous garantir de bons et nombreux repas !
- Alors marché conclu !

Lançait-il en descendant de sa monture et sentant monter l'espiègle plaisir d'avoir réussi son coup. L'échange se fit et le berger repartait à dos de cheval entouré de ses chiens et de son troupeau. Mikami se retrouvait ainsi à nouveau esseulé. Il le regarda s'éloigner et disparaître dans le bois, puis se retournait vers les montagnes. Il leva un mudra et apparut sous un nouvel henge. Lui aussi portait à présent un chapeau de berger et l'odeur des bêtes, loin des traces laissés par un combat en pleine mer. Une veste sans manche en peau de mouton recouvrait une vieille chemise à carreau. Son sabre s'était transformé en un baton de berger avec lequel il poussait vers les chemins grimpant les montagnes en serpentant ses deux brebis, qui en plus d'assurer le meilleur de sa couverture, ne poseraient pas de question.

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