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 Au bout des marches ... [Jisetsu Koshin]

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Message(#) Sujet: Au bout des marches ... [Jisetsu Koshin] Dim 23 Avr 2017 - 16:25

Le paysage de Kusa était intriguant par bien des aspects, pour celui qui n'y avait jamais mis les pieds. Tous les attraits d'une nature florissante et épanouie s'y retrouvaient, de la végétation foisonnante à la faune locale libérée de l'emprise des hommes. L'air y était sain -beaucoup plus que dans les autres pays de l'Empire- et l'on pouvait respirer facilement et à son aise une atmosphère douce. L'on croisait assez peu d'habitants, à travers les quelques plaines qui longeaient la Shoutai. La sérénité habitait ces terres. L'on pouvait presque se demander si les hommes avaient jamais colonisé ce territoire, tant il était dépourvu de leur patte d'habitude si carnassière et destructrice. Aucune cité ne pointait à l'horizon. Aucune maison, ou très peu. Pas d'élevages animaliers, de grandes exploitations agricoles. Le calme régnait en maître. Bien loin des conflits qui ravageaient le monde en ces instants fatidiques, le pays tout entier semblait pris dans une capsule de stase. L'harmonie était le maître mot de ces terres.

Et pourtant, Jirô ne prêtait aucun regard à l'environnement. Pas pour s'émerveiller sur sa beauté, en tout cas. Il s'efforçait d'ignorer les grognements de son ventre, et de se concentrer sur ses pensées. Mais les gémissements de son estomac perturbaient sans cesse le fil de sa réflexion, comme une onde parasite qui brouillerait une fréquence radio. Une tête parfaitement semblable à la sienne émergea au niveau de son épaule, qui semblait le toiser du regard.

"On aurait du prendre plus de provisions. Y'a pas un rat ici. On va crever la bouche ouverte en cherchant je n'sais quoi. Tu fais vraiment chier !"

Jirô ne répondit pas à la provocation. Il avait appris, après vingt-cinq années de cohabitation dans le même corps, à ignorer les remarques désobligeantes de son frère quasi-siamois. Ce qu'ils cherchaient, lui le savait. Pourquoi il n'en parlait pas à son frère, c'était un mystère. Il est des choses que l'on veut garder secrètes, parfois, sans vraiment savoir pourquoi. D'autant que leur proximité forcée le pousserait, à un moment ou à un autre, à lui en parler. Il l'apprendrait, en tout cas, forcément par lui-même. Mais le plus tard serait certainement le mieux. Au moins sa curiosité l'occupait, pendant ce temps-là.

Jirô sortit de sa besace une pomme -la dernière- et la tendit vers le visage dépassant de son épaule. Deux bras se joignirent à cette tête pour se saisir du fruit. Ichiro commença son repas, mangeant bruyamment. Sa mastication était plus insupportable encore que les cris du ventre, pour Jirô. Certains jours, il maudissait son aïeule qui avait scellé son frère en lui. Quel amour aveugle avait pu la guider à enfermer deux enfants dans un seul corps ? La vieille femme avait été bien inconsciente des conséquences de son acte, lorsque, voilà vingt-cinq ans de cela, elle apposa un sceau sur le corps de Jirô pour que son frère, Ichiro, de constitution fragile, puisse survivre. Il n'aimait pas particulièrement son frère. Il était arrogant et méprisant pour le genre humain. Mais force était de constater son intelligence et l'atout majeur qu'il représentait en combat. De ça, Jirô aurait difficilement pu se passer ...

Ils arrivèrent à une clairière. Elle était assez vaste. On entendait la Shoutai couler, pas très loin de là. Ichiro finissait son repas d'ascète, et déjà Jirô l'entendait réclamer une portion supplémentaire.

"On est à sec. Tu as tout mangé. La prochaine fois ..."

Il s'interrompit. Son regard avait été happé par un point du paysage qui l'intriguait. N'était-ce pas une maison, là-bas, perdue au milieu de hauts bosquets ? Il s'approcha, et d'une voix distraite dit à son frère:

"Cache-toi."

Il entendit un grognement, et sentit son corps reprendre sa silhouette normale. Mais il entendait toujours la voix d'Ichiro, comme un murmure dans son esprit:

*Qu'est-ce que t'as vu ? A bouffer ?*

Jirô ne répondit pas. Il écarta les buissons, et découvrit la maison. Elle semblait assez bien entretenue. Peut être des gens y vivaient-ils encore ? Dommage, elle aurait fait un endroit parfait. Aucun signe de vie ne trahissait la présence immédiate des propriétaires. Pas de fumée sortant d'une cheminée, ni de lumières derrière les carreaux. Pas de bruit d'activité humaine. Ca valait le coup d'un tour d'observation. Il contourna la maison, l'observant attentivement.

*On devrait aller à l'intérieur à prendre de quoi bouffer. J'te rappelle qu'on est quand même sacrément dans la merde !

*Si tu ne t'agitais pas autant, tu n'aurais pas aussi faim. Maintenant, tais-toi.*

Il s'était arrêté devant une trappe, légèrement dissimulée derrière quelques buissons écrasés par un passage fréquent. Il s'accroupit et souleva l'anneau. La trappe révéla des escaliers qui s'enfonçaient sous la maison. Une légère lumière bleutée brillait au bout des marches. La tentation était trop forte. N'importe qui y aurait cédé. Il fut donc tout naturel que Jirô s'enfonça dans la semi-pénombre du sous-sol. Il descendit une bonne douzaine de hautes marches, pour finalement arriver dans une salle unique, assez vaste, remplie d'instruments de mesures et d'appareils aux fonctions connues, pour certains, et inconnues, pour d'autres, à l'amateur poussée de sciences qu'était Jirô. Cette cave était un laboratoire. Une découverte intéressante. Une aubaine, même, quand on savait que c'était justement ceci qu'il était venu chercher jusque dans les contrées abandonnées par les grades villes de Kusa. Il promena son regard sur la pièce. Certaines expériences ne semblaient pas terminées, d'autres étaient en cours, probablement. Quelqu'un vivait encore ici, et utilisait ce laboratoire. Impossible, cependant, de déterminer le but de ses recherches.

Avant que Jirô ait eu le temps de prendre une quelconque décision, il entendit un bruit de pas dans les escaliers, derrière lui. Il sentit un frisson lui parcourir l'échine. Il se colla au mur, se dissimulant aussi bien que possible dans la pénombre. Il était à la fois curieux et anxieux de voir à qui appartenaient les lieux. Pourrait-il s'en emparer, ou devrait-il faire face à un colosse ?

*Braaaaaaaavo, génie. Maintenant on est encore plus dans la panade.

... On verra bien.*

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Message(#) Sujet: Re: Au bout des marches ... [Jisetsu Koshin] Dim 23 Avr 2017 - 19:42

Dure matinée, la bave coulant sur la joue droite de l'adolescent avait collé une page annotée à cette dernière. Dégouté, le jeune homme se redressa pour essuyer sa joue après avoir retiré le document trempé de sa pommette. Un rapide passage de la main dans des cheveux gras et ébouriffés, un frottement sur des yeux encore à peine ouverts, la nuit fut courte et pourtant la douce lumière du Soleil venait s'échouer sur le visage endormi de Koshin. Yeux d'or, encore apathique, se leva dans un étirement nonchalant suivi d'un bâillement étonnamment bruyant pour se diriger vers la seule petite horloge de la pièce, plongée dans la pénombre environnante. Koshin s'approcha de plus près pour voir 14h24... Pas si matinal que ça comme réveil. Ce n'est pas l'angoisse de savoir sa famille en guerre contre Kumo qui avait réveillé cheveux d'ivoire et pourtant derrière cette apparence amorphe, il n'était pas si serein qu'il le laissait croire. Bref, à présent levé, le Jisetsu mit un peu d'ordre sur son bureau, des ouvrages présentant les importants points du gouvernement et de la politique de Kumo, en plus d'en avoir quelques-uns sur son armée et son armement, en temps de guerre il faut s'informer.

Ceci étant fait, yeux d'ambre s'approcha de la sortie du labo, montant une douzaine de marches avant de sortir par une large trappe en bois à deux battants. La lueur de l'astre du jour ne permettait à Koshin de n'ouvrir que son oeil droit, cela suffit pour lui permettre d'aller se réfugier précipitamment dans la demeure qui se présentait devant lui. Première chose à faire, une bonne douche ! Les bains ne sont qu'une perte de temps et d'eau, surtout qu'il n'en restait plus beaucoup dans la cuve et que cheveux d'argent n'était vraiment pas motivé à partir se ravitailler au Shoutai, la rivière étant facilement à une bonne vingtaine de minutes de marche, avec des bidons à transporter. Une douche bâclée, restait plus qu'à savoir où se trouvait Ai, Ai étant sa cousine de la seconde branche séjournant chez Koshin alors que ses parents avaient suivi les géniteurs de cheveux d'argent sur le champ de bataille, et surtout où elle avait bien pu planquer la nourriture... En effet, le jeune homme ne faisait rien du tout pour l'entretien ménager, préférant rester enfermé au sous-sol ou bien sortir sans prévenir dans la forêt à des heures tardives et Ai, mécontente de la situation et de l'implication de son cousin, laissait transparaître son opposition en ne lui offrant plus aucun service, elle n'allait tout de même pas lui faire à manger ou laver ses vêtements alors qu'il ne faisait rien pour l'aider ! Le Jisetsu pouvait toujours rêver :


- Hey ! Ai ! T'as fait à manger ?!

La jeune fille, alors âgée de 17 ans, en fit tomber son château de cartes, -on s'occupe comme on peut, arrêtez de la juger !- bien entendu, cheveux d'argent avait fait exprès de crier aussi fort, sachant pertinemment où se trouvait l'architecte qui laissa échapper une insulte :

- Grrr... Espèce de **** ** !

- Oh ! C'est pas très sympathique. On dit bonjour le matin. rétorqua Koshin sur un ton sarcastique

- Tu dors tellement que tu sais pas différencier le matin de l'après-midi, une vraie larve.

Yeux d'or suivit la charmante voix de la Jisetsu, pour arriver dans la chambre de sa soeur, la chambre était bien rangée et Ai, assise au bureau où étaient étalées les cartes constituant l'ex-château.

- Tu sais quoi ? Je te dirais où est la tarte que si tu ranges et nettoies le labo en plus de toute la maison !

- Hein ?! Du chantage ? C'est pas cool, t'avais au moins la décence de ne rien dire. Koshin s'apprêtait alors à partir, sûr de lui.

- T'es trop prévisible, je sais très bien que t'as remarqué où je cachais la bouffe, t'attends pas à la revoir à cet endroit.

C'est à ce moment que le ventre du Jisetsu laissa échapper un gros gargouillement... Malédiction... Il promit, affamé, à Ai de nettoyer la maison pour récupérer la tarte qui était à la même cachette que d'habitude... Le bluff, ça paie, enfin ça dépend pour qui. C'est donc déçu et humilié que yeux d'ambre repartit en direction du sous-sol, bien décidé à bâcler le ménage pour retourner vaquer à ses occupations habituelles. Balai à la main droite, courage à la main gauche, cheveux d'ivoire commença à descendre la douzaine d'escaliers menant à son laboratoire. Seule satisfaction, il avait ramené une grosse tarte aux poires bien fumante. Et puis, après réflexion, la poussière peut bien attendre une ou deux heures, n'est-ce pas ?

Le Jisetsu était enfin revenu dans sa pièce préférée, il ouvrit un livre, s'installa confortablement, coupa une part de tarte s'apprêtant à la déguster lorsqu'un frisson lui parcourut le dos. Quelque chose n'allait pas, une simple intuition, un simple ressenti qui poussa cheveux d'ivoire à garder ses sens à l'affût. Tout cela n'était peut-être que son imagination mais la prudence est mère de sûreté et ne pouvait qu'être bénéfique. Un croc s'enfonça dans la part tandis que l'œil du jeune ninja scrutait le plus naturellement possible les recoins sombres de la pièce.
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Message(#) Sujet: Re: Au bout des marches ... [Jisetsu Koshin] Mar 25 Avr 2017 - 18:35

Il y eut un silence, seulement entrecoupé par les bruits de mastication du jeune homme et celui des pages qui se tournaient, à intervalles réguliers. Jirô avait du mal à comprendre la situation. Tout laissait croire que ce laboratoire appartenait à ce garçon, d'une dizaine d'années son cadet. Il était pourtant assez inconcevable qu'un gamin de cet âge sache utiliser tous les appareils présents dans le sous-sol. Mais si la science avait appris quelque chose à Jirô -et elle l'avait fait, très certainement- c'était bien à se départir de ses présupposés.

*... Merde alors. La seule personne qu'on croise dans ce trou doit forcément être un petit génie ?

-Il ne l'est pas tant qu'on ne l'a pas prouvé. Mais c'est probable, en effet. Reste à savoir s'il vit seul ici.

-Pourquoi ? Tu vas pas ...

-Ce serait bête de s'en priver. Et ne te plains pas: il a à manger.*

Il n'eut pas besoin d'un signe d'accord de son frère. Il le connaissait suffisamment pour savoir qu'il était déjà rallié à sa cause avant même qu'il n'ait eu à exprimer son projet -ce qui s'était fait, d'ailleurs, tout à fait tacitement. D'une part parce qu'il était le plus tolérant et le moins enclin à la violence de la fratrie, et d'autre part parce qu'il parvenait très souvent, si ce n'est toujours, à prendre le dessus sur son jumeau. Si leurs opinions pouvaient paraître tout à fait divergentes, elles finissaient cependant toujours par se rejoindre, tôt ou tard. Et c'était le plus souvent celle d'Ichiro qui devait faire des compromis.

Jirô s'avança d'un pas, dans le silence le plus absolu. Il avait le trac. Ce genre de pratique n'était pas dans ses habitudes, quoiqu'il ait reçu un entraînement lui permettant de s'y adonner avec une certaine aisance. Mais une foule de question venait entamer sa détermination: qu'est-ce qui lui disait que ce garçon ne pourrait pas se défendre ? Et s'il était repéré ? Si le garçon n'était pas seul dans la maison ? S'il était en fait le colocataire d'une sorte de monstre géant tenant à la main une masse encore sanglante, sur laquelle reposaient les restes de boyaux et de cervelles de sa précédente victime ? Il chassa ces pensées de son esprit. Il devait examiner la situation avec rationalité: il avait l'effet de surprise, et un atout peu commun dans sa manche. Son frère était toujours là, qui pouvait lui prêter main forte en cas d'urgence.

Un nouveau pas silencieux. Il n'avait pas encore été repéré. Impossible de continuer à ce rythme. Il fallait y aller d'un coup. Fondre sur la proie. Jirô s'élança. En un instant, le garçon était immobilisé d'un bras, et sa bouche masquée par une main qui lui était étrangère.

"Pas de bruit, mon garçon, ou tout cela pourrait bien dégénérer. Je ne te veux aucun mal ... dans l'immédiat, au moins."

Ichiro émergea de son épaule, jusqu'au torse. Il était nu. Son regard, en tout point semblable à celui de Jirô du fait de leur gémellité, était tourné vers la tarte. Il lorgnait, et Jirô se surprit à remarquer un filet de bave écumer au coin de ses lèvres. Il était dégoûté. Et il maudissait son frère de s'être manifesté. Il le foudroya du regard.

"Bah quoi ? T'allais le buter de toute façon, nan ?"

Jirô écarquilla les yeux. Il n'imaginait pas qu'on puisse faire un mauvais agresseur à ce point.

"Non ! Non, j'allais pas le buter, non !"

Il soupira, et relâcha son étreinte sur le jeune garçon. Il aurait préféré être n'importe où ailleurs que dans ce sous-sol. A quoi bon persister ? L'envie n'y était même plus. S'acharner aurait été néfaste plus qu'autre chose.

"Magnifique démonstration, vraiment ... Bon. J'imagine que tu vas appeler à l'aide, maintenant, et qu'on va devoir s'enfuir en courant pour sauver notre peau ? J'ai juste ?"

Il s'adressait au garçon, un instant auparavant, encore, son captif. Il respirait la résignation.

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Message(#) Sujet: Re: Au bout des marches ... [Jisetsu Koshin] Sam 29 Avr 2017 - 12:59

Bouchée par bouchée, page par page... Le petit génie commençait, après une petite dizaine de minutes, que cette impression de ne pas être seul devait uniquement être son imagination, ce ne serait pas la première fois que son instinct lui jouerait des tours. Pourtant, lui qui avait passé tellement d'heures, de jours dans ce sous-sol et qui, par conséquent, connaissait toutes les pages et tous les instruments de la salle, du plus voyant à celui enfoui dans un placard poussiéreux, quelque chose le tracassait, l'étrange sentiment d'être épié, que quelque chose ne soit pas à sa place. Baissant de plus en plus sa garde, tentant de se focaliser sur sa lecture, les parts, elles, s'épuisaient.

Yeux d'or s'apprêtait alors à se lever, bien déterminé à se débarrasser de la corvée de ménage, mais cheveux d'ivoire souhaitait surtout sortir un moment du labo dans lequel le malaise ambiant n'arrêtait pas de croître. Son bras droit s'approchait de la tarte, le gauche s'appuyait sur le bureau pour aider à l'élévation du reste du corps, tandis que le jeune homme s'apprêtait à appeler Ai pour lui demander l'emplacement du balai et autres objets ménagers. Un léger son sortit de la bouche de cheveux d'argent, quant à savoir si Ai l'avait bien entendu, certainement pas et c'était pourtant bien la première fois qu'il avait autant envie que la jeune fille l'entende... Le bras droit immobilisé, la parole entravée, yeux d'ambre fut totalement bloqué sur sa chaise et l'assaillant paraissait assez bien connaître ses prises pour savoir que dans cette position, Koshin ne pouvait aucunement le toucher... Aucune arme à portée, le seul moyen de s'en sortir était de faire le plus de bruit possible en espérant que sa sauveuse viendrait à sa rescousse. Mais pas maintenant, après tout, les intentions de l'agresseur étaient floues, il pouvait tuer le petit génie à tout moment, bien qu'apparemment ce ne fût son principal objectif. En effet, Koshin avait juste été immobilisé; attendons donc de connaître le motif de l'attaque.

Les paroles de l'inconnu paraissaient rassurantes... Enfin, les causes de l'immobilisation du jeune homme restaient toujours aussi floues, l'agresseur tentait uniquement de calmer sa victime, qu'il ne tente rien de dangereux pour lui. À portée de jambe, cheveux d'argent pouvait briser un dispositif, ce qui serait sûrement assez bruyant pour avertir Ai. Son attention fut néanmoins assez rapidement détourné par le second buste qui sortit de son offenseur, un même corps qui se pencha sur le déjeuner de yeux d'or. C'était donc uniquement par manque de vivres que le garçon fut attaqué ? Il se demandait plutôt pourquoi s'être introduit dans le sous-sol plutôt que dans la maison surplombant ce dernier, il n'y avait pas beaucoup de chance d'y trouver à se sustenter. Bref, là n'était pas le problème.

En effet, le thorax zieutant le repas du Jisetsu avait clairement exposé les intentions de l'assaillant, ou plutôt du meurtrier... Bien évidemment, à cette révélation le jeune homme commença à paniquer, prêt à tout instant à briser les quelques fioles posées sur le meuble adjacent. L'agresseur lui-même paraissait déconcerté de la déclaration de son alter ego. Ils ne partageaient assurément pas les mêmes réflexions, le premier ayant l'air d'être plutôt d'avis de dérober la tarte en empêchant toute action venant de Koshin par la peur et l'autre, voulant tuer froidement la victime avant de voler la pâtisserie. Heureusement pour le Jisetsu, le premier paraissait avoir le contrôle principal, que ce soit des choix ou du corps du duo. L'étranger lâcha alors Koshin, un visage irrésolu, l'assaillant proposa un déroulement logique de la suite des événements : appel à l'aide, arrivée de Ai et combat ou fuite des agresseurs. Koshin était un peu perdu, pourquoi choisir ce déroulement des choses alors que l'inconnu avait clairement l'avantage ? L'agresseur paraissait ennuyé de son propre scénario et n'avait plus aucune aura menaçante. Cheveux d'ivoire prit alors la parole, toujours un peu perdu par les événements récents :


- Je pourrais, c'est vrai, vous me tueriez et partiriez... Mais c'est pas une option qui m'enchante. Et puis, il faut toujours que vous courriez plus vite que la résidente d'en haut, croyez-moi elle ne vous laisserait pas partir comme ça.

A vrai dire, yeux d'ambre tentait de légèrement bluffer, sa pseudo-"soeur" ne devait probablement pas dépasser le niveau de l'offenseur, Koshin estimait un niveau égal voire une Ai un peu en dessous, mais l'exagération de sa propre puissance ne ferait pas de mal au garçon. Cheveux d'ivoire, toujours méfiant, surtout par rapport au buste bavant sur la tarte, prit cette dernière pour la tendre à son interlocuteur.

- Vous m'avez l'air d'avoir faim. Une part, peut-être ?

Rien ne dit que la proposition du jeune homme lui permettrait de faire copain-copain avec l'étranger, bien qu'il espérait qu'au moins ça le tirerait d'affaire et que ça désintéresserait le thorax jumeau de la situation. Thorax qui permettait au petit génie de deviner la maîtrise du Soma no Ko de l'opposant. Aussi, par la proposition, il ne faut pas croire que yeux d'or avait baissé sa garde, il était toujours aussi prêt à avertir Ai, juste que tout indiquait une interaction plus pacifique entre Koshin et celui qui lui fait à présent face. Voyons donc si ça restera pacifique ou virera à la confrontation à un moment ou un autre.
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Message(#) Sujet: Re: Au bout des marches ... [Jisetsu Koshin] Sam 29 Avr 2017 - 15:03

Jirô resta muet pendant que celui qui aurait pu être son captif encore un instant auparavant exposait son idée de la suite des choses. Il grimaça seulement au moment où le garçon parla de tuer. Un léger frisson parcourut le corps de Jirô, sans affecter le moins du monde celui d'Ichiro, encore soudé à son frère par l'épaule gauche de celui-ci. Voilà qui était parfaitement significatif du différentiel de caractère entre les deux frères: l'un répugnait à tuer -une besogne qu'il trouvait bien trop sanglante, barbare et simpliste pour qu'un esprit intelligent s'y adonne- tandis que l'autre avait tendant à préférer cette solution somme toute assez simple à d'autres éventualités plus compliquées. La perspective de pouvoir tuer le jeune garçon semblait même enthousiasmer Ichiro qui, devant bien reporter tout cet enthousiasme sur quelque chose, croqua avec gloutonnerie dans la tarte.

"Te tuer ? Quelle drôle d'idée ... Sans intérêt, vraiment. Qu'est-ce qu'il y a de bien à tuer ? C'est du gaspillage pur et simple, à la fois de temps, d'énergie et de matériaux précieux. Si je voulais faire quelque chose d'intéressant à partir de toi, je te garderais en vie, au contraire. Simplement, je te bourrerais suffisamment de sédatifs pour que tu ne puisses plus bouger, voilà tout. Alors, je pourrais découvrir quels mystères renferment ton corps en le voyant fonctionner. Ca, ce serait une chose intelligente à faire. Bien plus que de te tuer, en tout cas."

Jirô garda le silence sur les pupilles dorées du garçon. Il les avait remarquées du premier coup d'oeil. Comment aurait-il pu en être autrement ? Au même titre que son frère qui se détachait de son torse, elles étaient le signe évident de l'appartenance à un clan et de la possession de capacités particulières. Ces yeux d'ambre étaient facilement reconnaissables comme la marque des Jisetsu.

"Vois-tu, le corps a quelque chose d'assez intéressant qu'il a tendance à perdre avec la mort ..."

Il s'interrompit. Son ton, qui était devenu celui du professeur soucieux de dispenser des explications claires, s'était perdu dans une hésitation.

"J'imagine qu'on pourrait appeler ça la vie. Cette vie, donc, poursuivit-il en se saisissant de la part de tarte que lui tendait son frère, a la propriété étonnante de faire battre les coeurs et remuer les organes en tous sens. Un phénomène assez rigolo, mais néanmoins intéressant. Et force est de constater que lorsque le corps est privé de cette agitation, il perd une partie de ses facultés et, le plus souvent, tout son intérêt. Ce serait un peu comme regarder un tableau entièrement fini, et qui n'est plus qu'une pièce de musée vouée à la décomposition. Or, tout ce qui est intéressant c'est la gestation de l'oeuvre, cette période-là pendant laquelle elle se construit, elle évolue, elle s'adapte à son milieu et change pour survivre au mieux. Tout ça pour dire qu'il serait complètement absurde de chercher à te tuer. Tu vaux certainement plus vivant que mort. Oh, ne prends pas ça pour un compliment. On retrouve cette même caractéristique chez la plupart des êtres vivants."

Il avait arrêté de regarder le garçon et promenait maintenant son regard sur la pièce, examinant les différents objets et instruments qui s'y trouvaient, croquant régulièrement dans la part de tarte qu'il avait dans les mains. Ichiro, de son côté, avait complètement terminé son repas et avait à nouveau sombré dans la chair de son frère pour une sieste, semblait-il.

"Il est étrange que tu aies envisagé cette possibilité, à vrai dire. Décevant, même. De la part de quelqu'un qui a visiblement l'usage d'autant de machines, j'aurais attendu autre chose. Ou la science n'est-elles pas encore assez importante pour toi pour que tu envisages la meilleure solution de son point de vue en toute situation ?"

Cette fois, c'était presque un ton de réprimande qu'il avait employé. Il finit la part de tarte et fit tomber de ses mains les quelques miettes qui avaient eu le toupet de s'y loger. Il paraissait beaucoup plus enjoué qu'auparavant, à présent.

"Bon, il semble que tu ne vas pas appeler à l'aide. Même pas cette personne qui vit avec toi. C'est bien, on n'en parlera que mieux. C'est bien de parler. On devrait toujours résoudre les conflits comme ça. Ca évite de gaspiller du temps et de l'argent. Et je pense que, dans notre cas, nous avons beaucoup à nous dire."

Un éclair de malice passa dans ses yeux. Il commençait à prendre plaisir à cette conversation, dont il avait pour l'instant été l'acteur principal. Il n'attendait que de voir ce que lui répondrait le garçon.

*Tu t'amuses beaucoup trop. Dire qu'il y a une minute t'allais le buter ...

-Il n'en a jamais été question. Maintenant, rendors-toi. Je te sonnerai quand j'aurai besoin d'un bulldozer.*

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Message(#) Sujet: Re: Au bout des marches ... [Jisetsu Koshin] Sam 29 Avr 2017 - 19:45

La situation avait l'air de s'être calmée, le buste nu avait pris une part qu'il commençait à mastiquer tandis que son jumeau laissait apparaître une grimace au moment où Koshin se mit à parler de sa potentielle mort, une grimace trahissant probablement le dégoût du meurtre chez l'opposant, un traumatisme quelconque ou bien juste un sentiment de dégoût par rapport à cet acte ? C'est alors que dans un élan d'idées, une soudaine envie d'exposer son avis que l'interlocuteur de cheveux d'ivoire commença à présenter sa vision de la mort et du meurtre, un discours rythmé par les bruits que faisaient les bouchées de son alter ego. Une vision des choses violente, froide, laisser quelqu'un en vie uniquement pour son utilité. A priori, la torture, la souffrance ou bien les sentiments de la victime, du cobaye importait peu aux yeux de celui qui il y a cinq minutes était l'agresseur du jeune homme. C'était une manière de voir les choses purement scientifique et utilitaire et le monologue du locuteur avait surpris Koshin, lui qui pensait avoir affaire à un pillard meurtrier. Voilà que l'agression s'était transformée en débat.

- Tu vois donc le meurtre comme un acte dénué d'interêt. Les mystères du corps et de la vie sont bien souvent dévoilés par la mort. Que ce soit l'emplacement ou la composition de nos organes, difficile à connaître si la mort n'intervient pas.

Yeux d'ambre marqua une pause, laissant le cornu terminer son explication. Pendant ce temps, le Jisetsu commença à fouiller dans une grande pile de bouquins. Quelques comparaisons, un petit pic, après tout, les deux opposants étaient bien loin d'être amis. Suivi de tout ça, une provocation qui finit sur la déclaration subtile que l'interlocuteur se plaisait beaucoup dans ce qui s'annonçait être un débat houleux. Cheveux d'argent était plus ou moins d'accord avec les arguments et l'esprit scientifique de l'ex-agresseur et pourtant, il ressentait beaucoup plus de plaisir à le contredire qu'à simplement approuver. C'est alors qu'il sortit un ouvrage, visiblement sur les Hyûga et plus précisément sur le fonctionnement de la marque maudite.

- J'imagine que tu connais le clan possédant les Byakugan et que par extension tu connais la réputation de la marque maudite. Ce clan sait que la mort révèle les secrets du vivant, des secrets qu'ils veulent garder pour eux, la marque maudite est un bâillon, ta main qui m'a empêché d'appeler mon colocataire. De plus, je trouve ta vision de la science très froide, de la torture, des cobayes. Alors que tu m'avoues que tu penses que le discours est la solution aux conflits juste après. A moins que tu laisses le choix à tes cobayes ou bien que s'ils savent se défendre dans une joute verbale tu les laisses libre, j'en doute. La mort elle-même est une réponse philosophique et scientifique à la vie, navré que tu ne t'intéresses qu'à la première alors que sa face cachée, la mort, possède tout autant de secrets et peut te révéler autant de chose que la vie. Vois la vie et la mort comme deux faces d'une même pièce, comme ton jumeau et toi. N'avez vous pas autant de points forts que l'autre ? Ayant probablement passé votre vie ensemble, j'imagine que vous êtes plus ou moins complémentaires, ai-je tord ? Toi ou lui serait inférieur ?

Yeux d'ambre termina sa part, déglutissant bruyamment dans le silence ambiant. Il jeta un coup d'oeil aux miettes parterre qu'il devra nettoyer dans quelques heures, lâchant un long soupir de paresse à la vue de ces dernières. Le jeune homme remarqua aussi l'amusement qu'avait l'air d'éprouver le destinataire de ses paroles face à la conversation, cette dernière qui divertissait tout autant le Jisetsu qui n'avait, depuis à présent un bon moment, plus personne pour ce genre d'altercation.

- Tu trouves décevant le fait que j'eus la présence d'esprit de m'inquiéter de mon sort ? Alors que je me retrouvais entravé d'un bras et de la parole par une personne dont je ne connaissais et ne connais nullement les intentions. De la part de quelqu'un qui a l'air d'avoir une opinion plutôt construite sur la vie et un regard si scientifique sur cette dernière, prônant les paroles à la violence, j'aurais attendu autre chose. Ensuite je trouve ta vision de la science bien scolaire et très froide. De mon point de vue, la logique doit primer sur le reste, avoir objectivement la meilleure solution et pourtant je sais que les sentiments et la subjectivité l'emportent souvent, c'est un élément que tu as l'air de voiler, de cacher mais il n'est pas à oublier et certaines sciences tournent autour de ces concepts-là. La psychologie humaine est une science, qui comme tu avais pu le faire remarquer, ne peut être exercée qu'avec un sujet vivant, contrairement à d'autres, preuve que la vie et que la mort s'équilibrent et sont toutes deux primordiales pour la science. La science est bien assez importante pour moi pour ne pas me limiter à la logique simple d'une science scolaire.

Les provocations et pics étaient nombreux dans la réponse que formulait cheveux d'ivoire, après tout son interlocuteur ne s'était pas gêné, il comptait en faire autant. Son ton était souvent neutre, parfois légèrement sarcastique mais surtout, un grand sourire était dessiné sur le visage de Koshin, une expression qui trahissait complètement l'enthousiasme qu'il portait à la conversation.

- Sur ce dernier point je suis d'accord avec toi. Un coup ne vaut pas cent mots, comme une guerre ne vaut pas une discussion.

Sur ces derniers mots, le garçon attendait impatiemment la défense et les réponses de son adversaire. Ils n'avaient plus une relation agresseur-victime mais à ce moment-là, ils étaient clairement rivaux dans leur pensée tout comme dans leurs paroles. C'était là toute la beauté d'un débat, deux mentalités s'affrontant ardument dans une joute d'arguments, le perdant ne mourant pas mais au contraire devenant plus fort ! Des deux points de vue, la puissance des mots était bien supérieure à celle de n'importe quelle arme, de plus elle ne coûte rien, si ce n'est un minimum de réflexion et de prise d'opinion, de savoir penser.
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Message(#) Sujet: Re: Au bout des marches ... [Jisetsu Koshin] Dim 30 Avr 2017 - 11:37

"Intéressant ..."

Jirô saisit une chaise à la volée et s'assit dessus dans le même élan. Lui aussi était particulièrement enthousiasmé par la tournure que prenait la discussion.

"J'ai dû mal me faire comprendre: je ne dis pas que la mort est sans intérêt. Bien au contraire, elle se révèle parfois particulièrement utile. Tiens, prenons qu'un sujet d'expérience se montre particulièrement revêche et refuse de collaborer. Le tuer est une bonne façon de le réduire au silence et de s'assurer sa tranquillité. Bien plus que des sédatifs en tout cas. Encore que certains soient particulièrement redoutables ..."

Il sauta d'un bond de sa chaise et s'approcha d'une rangée de tubes remplis de différentes solutions, poudres et autres herbacées.

"Il existe également une branche des arts Shinobis qui consiste à converser et à manipuler les morts. Mais ils sont assez rares. A Taki, on les appelle Mamoru. C'est une discipline intéressante, mais également assez dangereuse. Qu'advient-il dans le cas où les morts retrouvent leur conscience et se rebellent contre leur condition hybride ? Oh, je n'ai rien contre le surnaturel ou le contre-nature. Je pense que c'est justement notre tâche en tant que scientifiques de produire ce que la nature elle-même ne parvient pas à faire naître. Simplement, il est peut être certaines choses qu'il ne faut pas réveiller à moins d'être certain de pouvoir les maîtriser."

Tout en parlant, il avait retroussé le manches de sa longue blouse blanche, et commençait maintenant à s'atteler à une tâche nouvelle. Il se saisissait des tubes contenant des substances, et commençait à en mélanger les contenus sans rien mesurer, et sans vraiment faire attention à ce qu'il faisait.

"Je ne dis pas non plus que la science est dénuée d'émotions. Là encore, je pense tout l'inverse. Et il s'agit de faire la distinction entre la volonté du chercheur et celle de son sujet. Cette dernière me semble être tout à fait secondaire, sinon sans importance. Le savant sait ce qu'il est bon de chercher, et le sujet devrait se plier à ses exigences sans discuter, et en faisant abstraction de son propre bien-être si c'est pour servir une noble cause: le progrès et l'avancement. Mais les émotions du chercheur, elles, sont primordiales, car ce sont elles qui le poussent à faire des découvertes. Ce sont en quelque sorte ses batteries, dont le taux de chargement ne dépend que de l'ambition du scientifique. Dans mon cas, je pense que les sciences sont le moyen de parvenir à nos utopies, à nos rêves les plus fous. Elles s'étendent à tous les domaines, ce qui en fait le parfait instrument. Et je suis motivé par toutes les découvertes qui se font, et auxquelles je participe, de jour en jour."

Il se retourna vers le garçon. Il tenait dans la main un flacon rempli d'un liquide violacé, bouillonnant par quelque miracle chimique. En une fraction de seconde, la solution produisit un flash lumineux et un champignon de fumée multicolore s'envola au-dessus du tube à essais.

"En somme, je fais des science un amusement perpétuel et inépuisable."

*Oooooh, monsieur fait dans le spectaculaire ...*

Il laissa là son mélange, et retourna s'asseoir.

"Je ne pense pas non plus être de ce scientifiques "scolaires", comme tu les appelles. Ceux-ci sont bornés bien trop vite par des questions déontologiques, morales ou je ne sais quoi d'autre, et ils finissent par faire des découvertes d'un intérêt moyen. Ceux dont les noms traversent les âges sont au contraire ceux qui ont su s'émanciper des règles trop contraignantes pour faire de véritables découvertes dignes d'intérêt. C'est de ceux-là que je me revendique, ou en tout cas que j'espère pouvoir me revendiquer un jour."

Il fit une pause. Il avait eu l'occasion de rencontrer certains de ces scientifiques trop attachés aux règles scolaires au cours de ses voyages. Ils étaient d'un ennui monstre. Ils refusaient les expériences les plus intéressantes et se cantonnaient à des recherches mesquines, qui n'équivalaient qu'à un grain de sable dans l'immense étendue de la science. Or, Jirô considérait que la vie humaine était trop courte pour être gaspillée en petites actions comme celles-ci.

"Il est des domaines qui m'intéressent plus que d'autres, c'est vrai. La biologie, particulièrement, retient mon attention. Elle est, à mon avis, la discipline qui permettra à l'homme de s'élever en repoussant les limites naturelles de son corps. Parvenir à respirer sous l'eau, à se mouvoir dans les airs, à s'adapter, en un mot, à son environnement, voilà le véritable objectif d'une telle science: l'évolution parfaite de l'espèce. Sans compter toutes les spécificités des différents clans du Yuukan. Pour ma part, je me cantonne pour l'instant à un seul objectif: l'allongement de la vie. Vers l'infini, dans l'idéal. Une fois ce problème mineur, mais néanmoins contraignant, résolu, je pourrai m'attaquer à d'autre choses."

Il balaya à nouveau la pièce du regard.

"Tous ces instruments sont bien complexes, et ont des fonctions bien distinctes. Qu'est-ce que tu étudies, toi ?"

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Message(#) Sujet: Re: Au bout des marches ... [Jisetsu Koshin] Lun 1 Mai 2017 - 16:12

Deux âmes passionnées, deux cerveaux qui s'entrechoquent. Logique et raison, vécu et passé, remords et opinions, des pensées si opposées et pourtant si compatibles, deux simples personnes s'étant rencontrées dans une situation aussi inconfortable que celle-ci avaient choisi le tête-à-tête au face à face. A présent, ils discutaient de la vie, de la mort, de leur passion et de toutes choses pouvant épicer leur conversation, ces deux-là pensaient que la parole valait plus que les poings, voici que grâce à cette dernière ils étaient à présent rivaux d'opinions et amis d'idées. Je ne doute pas, et je parle aussi pour Koshin, que la guerre ne peut pas voir naître des amitiés soudées par l'horreur, la fraternité et le patriotisme, mais vous, pensez-vous que tuer pour aimer soit une bonne solution ?

Alors que le locuteur continuait ses explications sur son point de vue, cheveux d'argent s'abreuvant de ses paroles, mots qui avaient été réctifiés après l'argumentation du Jisetsu, phrases qui convenaient parfaitement aux idées de yeux d'or. Il n'avait rien à dire, les explications du cornu rythmées par ses mélanges saugrenus mesurés purement instinctivement par le chimiste, et ce au plus grand amusement de Koshin. En effet, le "spectaculaire" de la préparation, une réaction chimique plutôt basique en soi, avait tout de même fait lâcher un petit souffle égayé par le ridicule de l'effet de la potion. Cheveux d'ivoire se sentait à l'aise, alors en compagnie d'une personne dont, il y a dix minutes, il ignorait toute intention, un agresseur étranger. A présent, il paraissait plus à un étranger sympathique, bien que d'une certaine manière, plutôt intrusif... A vrai dire, quelques points le dérangeaient, on pourrait mentionner la froideur vis-à-vis du sujet d'expérience qu'avait cet homme, répugnance certainement due au jeune âge de Koshin, encore trop innocent, bien que plus tant que ça, pour pouvoir autant se dénuer de toute émotion et empathie. Mais le jeune garçon ne pensait pas nécessaire d'aborder ce point, la hargne le poussant à poursuivre ses objectifs et l'avancée de la science justifiait à ses yeux amplement quelques sacrifices.

Son interlocuteur s'intéressait donc à l'immortalité. Une vie infinie permettant de tout apprendre, de tout savoir pour tout créer, plus de pertes de temps, plus cette peur de la mort effrayant et faisant réfléchir tout Homme de tout temps. Alors que personne ne sait de quoi est synonyme cette dernière, toute personne en a une peur bleue, plutôt ironique, aussi la plus belle preuve de la peur de l'inconnu et du changement typiquement humaine. Mais bref, parler de ce qu'il y a après la mort pourrait prendre bien des lignes et ne nous avancerait pas à grand-chose pour autant, passons donc. La biologie et l'immortalité, voilà qui pourrait faire un allié de choix au petit Jisetsu et puis il doit connaître du monde dans ces mêmes secteurs. Plus d'alliés et d'aide scientifique, c'était la première étape dans l'avancement des projets de yeux d'ambre. Enfin vient la question sur les objectifs du petit scientifique, l'interlocuteur paraissant largement assez ouvert d'esprit, un œil extérieur ne pourrait qu'améliorer le potentiel des projets de Koshin.

Sans encore répondre à la question, le Jisetsu se leva, attrapa un schéma en coupe d'un oeil banal accroché au mur pour le poser sur le plan de travail, à cette fiche il ajouta trois autres schémas, fournis en descriptions d'un Byakugan, d'un Sharingan et d'un Kinnegan, en éventail au-dessus de la coupe, schémas qu'il passa un certain temps à trouver, fouillant dans les piles de feuilles en désordre. Ensuite, cheveux d'ivoire se précipita vers une étagère où il attrapa deux bocaux pour revenir les poser lourdement sur le bureau en bois, ces derniers contenaient deux yeux ayant à première vue subi de multiples modifications internes. Enfin, il sortit une liste présentant de nombreux noms d'objets servant à la manipulation ou observation scientifique ainsi que quelques techniques propres au Ninjutsu médical qu'il cala sous les bocaux.


- J'imagine que tu as remarqué la couleur de mes yeux et par conséquent, que tu as deviné mon appartenance aux Jisetsu. Mon but est de créer des Dojutsu, comme ceux que j'ai, je veux qu'ils aient un but scientifique mais bien évidemment, ça se vend mieux s'il y a une possibilité guerrière là-dedans.

Yeux d'or marqua une légère pause dans son discours. Histoire que son interlocuteur ait bien remarqué ses pupilles, mais aussi pour vérifier sa réaction. De sa part, Koshin ne s'attendait à rien de particulier mais bon, on sait jamais et puis la pause permettait de séparer la prochaine partie explicative.

- Tu vas certainement me dire, pourquoi des yeux au lieu de faire directement des recherches dans le secteur concerné. Eh bien, premièrement, ça permet de toucher plein de secteurs en même temps, des observations et manipulations plus précises et aisées permettraient un gain de temps et une chute d'erreurs considérables dans de nombreux domaines, que ce soit médecine ou recherche. Ensuite, ce n'est pas un équipement qui peut tomber en panne, les yeux sont donnés par reproduction, un gain économique pour la science. Aussi, tu sais tout comme moi comme les Dojutsu peuvent être puissant, en déceler les secrets permettant le développement d'autres Dojutsu plus aisé peut être bénéfique dans tous les secteurs. Et enfin, ça tu le sais certainement mieux que moi-même, les recherches sont coûteuses et l'investissement est souvent plus apte à donner dans de l'innovant ou bien dans du militaire, la capacité militaire de ces yeux n'étant plus à prouver. Je sais très bien que pour que mon projet voit le jour, il faudra soit que je trouve un investisseur prêt à donner pour des yeux pacifiques soit les rendre plus... Offensifs.

Le Jisetsu, ayant présenté ses recherches, s'assit sur son bureau, prenant le soin d'éviter de faire tomber les deux bocaux contenant les globes oculaires. Enfin, d'un geste cordial de la main, yeux d'ambre invita l'étranger à regarder par lui-même les changements apportés aux yeux sur l'étiquette au dos des bocaux, de nombreuses évolutions mineures se terminant sur l'échec d'une apportée plus grande.
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Message(#) Sujet: Re: Au bout des marches ... [Jisetsu Koshin] Mer 3 Mai 2017 - 18:31

Jirô écouta attentivement les projets du jeune Jisetsu. Créer un Dôjutsu ... Ce n'était certainement pas une chose aisée. Presque aussi irréalisable que son souhait d'immortalité. Mais il fallait avouer que les projets les plus ambitieux étaient ceux qui attiraient le plus, particulièrement pour un esprit scientifique dévoué au progrès par la recherche. Les limites n'étaient que des choses qui étaient faites pour être repoussées, et de celles-ci Jirô ne s'encombrait pas trop. Il y avait toujours une solution pour quelque problème qui se présentât à lui, du moins en avait-il toujours trouvé une. Aussi ne jugeait-il pas mal le projet du jeune prodige. Bien au contraire, il y voyait le résultat d'un désir profond de créer quelque chose. Et, au beau milieu d'un pays presque entièrement déserté par les hommes, où ils ne vivaient que dans certaines zones auxquelles ils refusaient même l'appellation de villes, c'était un pari somme toute assez intriguant, mais qui valait la peine d'être tenté. Il fallait voir le bon côté des choses: personne ne viendrait interférer dans ses recherches.

Il s'approcha des bocaux contenant les yeux. Les globes étaient plongés dans un liquide transparent, qui permettait de les appréhender sous toutes leurs coutures. Jirô manipula les récipients un moment, examinant de ses propres yeux ceux enfermés dans le verre, avant d'ouvrir un couvercle et de plonger son doigt dans le liquide transparent.

*Putain, c'est dégueu mec ... Tu vas pas ...*

Il porta son doigt tout trempé du liquide à sa bouche, et le laissa se déposer sur sa langue, en examinant à présent les saveurs.

*Putain de merde ! C'est carrément malsain ! J'me suis vomi dans la bouche, merde !*

Jirô resta un instant les yeux en l'air, regardant le vide, sa langue tournant dans sa bouche.

"Hmmm ... Ce n'est pas au point, clairement pas. Ca manque de ... piquant."

Il reposa le bocal et le referma d'un seul mouvement de la main.

"C'est encore un projet tout neuf. Il manque de maturité, de réflexion. Ca se sent, en fait: tu n'as même pas essayé quoi que ce soit de trop dangereux sur ces yeux, de peur de les compromettre, j'imagine. C'est vrai que ce genre de matériau ne doit pas être facile à trouver par ici ... Mais ça ne doit pas être une contrainte ! Tu avances à taton parce que tu n'oses pas les expériences les plus intéressantes, qui sont aussi les plus risquées ! Ose donc me dire que j'ai tort. J'aurai au moins le sentiment de ne pas m'adresser à un scientifique trop craintif des conséquences de ses essais."

Son ton était soudainement devenu dur. Il s'en rendit compte et s'en sentit tout de suite gêné. Il n'avait à aucun moment cherché à offenser son jeune interlocuteur. Bien au contraire, il commençait à ressentir une certaine sympathie pour lui, sinon une envie de l'aider à poursuivre son projet, qui lui semblait bon.

"Je suis de ceux qui privilégient l'expérience sur la théorie, dans une certaine mesure. L'une et l'autre ne peuvent pas être complètement séparées, c'est une évidence. Mais l'expérience peut très bien se porter si on minimise l'importance de la théorie, à condition que l'on n'aie pas peur de ses conséquences. C'est souvent une façon comme une autre de progresser. Car quand la théorie est en panne, l'expérience prend facilement le relais ..."

Il se passa une main sur le visage et soupira. Il n'aimait pas laisser ses émotions prendre le dessus. Il avait l'impression d'être particulièrement faible. Son esprit lui semblait faible, de ne pas pouvoir ériger de rempart suffisamment fort pour contrer les assauts de l'engouement soudain et des passions insensées.

"Peu importe. Ton projet est intéressant, et mérite d'être poursuivi. Mais il me semble flou. Comment se présenterait concrètement ce Dojutsu ? Quelles seraient ses capacités réelles ? Tout ce que tu m'as énoncé était vague, et je doute que tu parviennes à quoi que ce soit avec un si fragile plan de départ en tête. Il te faudra du temps. Ooooooh, beaucoup de temps. Mais ... Je crois savoir que c'est bien votre affaire à vous, les Jisetsu. Non ?"

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Message(#) Sujet: Re: Au bout des marches ... [Jisetsu Koshin] Dim 14 Mai 2017 - 21:26

L'étranger examinait les yeux fraîchement sortis des bocaux, portant le liquide à sa bouche ou testant la texture des yeux en préparation, tout ça sous l’œil paniqué de cheveux d'argent. En effet, on pouvait aisément deviner la réticence de Koshin, que ce soit ces gestes en avant à chaque mouvement du cornu ou bien les mimiques que présentait le Jisetsu, faisant du bruit avec ses pieds tout en se rongeant les ongles. Bien qu'on voyait que les manipulations du scientifique étaient expérimentées et fluides, les yeux avaient été difficiles à obtenir pour yeux d'ambre, des histoires pas très nettes de troc avec des ouvrages, plantes et autres produits qui concoctaient la parfaite panoplie pour l'assassinat par poison... Mais bon, présomption d'innocence, Koshin avait gentillement troqué le lot contre les yeux, pas beaucoup plus sain, vous me direz. Bref, avec un ton beaucoup moins provocateur qu'avant, à vrai dire, cheveux d'ivoire avait presque l'impression de se faire engueuler... Pas de se faire engueuler parce qu'il était aller trop loin, ça serait trop simple, l'interlocuteur lui criait presque dessus parce que ses expériences étaient trop peureuses pas assez dangereuses, risquées. Paradoxale et pas très responsable comme réaction de la part d'un adulte, mais l'interlocuteur de yeux d'or n'était pas qu'un adulte, il avait l'âme scientifique ! Des mots durs et pourtant suintant de passion et de conviction, le discours fit même faire à Koshin un rapide rapprochement entre le cornu et son paternel, à qui il ne parlait pourtant pas si souvent que ça, les deux restants tout le temps cloîtrés dans leurs bureaux, il avait tout de même réussi à transmettre cette passion scientifique typique du clan à son fils. Cette âme et cette passion de la science qu'a la famille de cheveux d'argent et qu'a le clan en général, il était clairement perceptible chez cet interlocuteur, c'est sûrement pour ça que le Jisetsu laissa échapper un léger sourire benêt.

Le cornu reprenait un ton plus doux alors que le Jisetsu restait perdu dans ses pensées. Il est vrai que tout ça n'était encore qu'une ébauche, à peine le commencement d'une vraie recherche, les idées étaient floues, juste un idéal et en y réfléchissant, cheveux d'argent n'était pas si déterminé à créer ce Dojutsu, il n'y était attaché par aucune raison valable. Tout ça n'était qu'une excuse, un prétexte pour réfléchir, chercher, créer, ce n'était qu'un but illusoire. Après tout, Koshin savait très bien que c'était plus ou moins irréalisable, pas qu'il abandonnait, non, mais qu'il y avait de fortes chances pour qu'il ne parvienne jamais au résultat attendu et il n'en avait rien à faire tant que sa vie aura été bercée par ses idéaux et cette passion si puissamment ancrée dans son corps. Après, il venait de se lever, ses idées étaient confuses et chamboulées par la discussion avec cette fameuse personne, tout le monde à sa part lunatique. Ce qui était sûr, c'est que cheveux d'ivoire voulait faire de sa vie, une vie pleine d'ébats et de débats scientifiques ou philosophiques comme il avait pu avoir aujourd'hui, et pour cela il devrait rencontrer des gens qui pensent comme lui, non pas comme lui, mais qui puissent comprendre ses idées sans les repousser. Rien ne se faisant sans objectif précis, c'est là qu'est né le Dojutsu, achever ce projet garantirait au Jisetsu d'avoir vécu la vie dont il veut aujourd'hui.


- Tu as entièrement raison. Je tâtonne tout en tâchant de ne pas abîmer mes seuls sujets d'expériences, j'écris plus que je n'essaie et depuis quelque temps je ne suis plus très productif par rapport à ces yeux... Et moi qui te traitait de scientifique "scolaire". Mais bon, comme tu le dis et à l'image de mon clan, je risque pas de m'arrêter là. C'est cet endroit, je suis seul, je n'ai pas grand-chose pour les expériences, si ce n'est la diversité de plantes qu'on trouve dans le pays et puis je suis tous les jours dans cette salle depuis pas mal d'années maintenant. Il te paraît sûrement idéal pour être à l'abri des regards mais je pense être trop jeune et inexpérimenté pour continuer sans aide. Il faut que j'apprenne et découvre, les livres, c'est bien un certain temps mais ça n'a pas l'expérience d'un Homme.

Il termina sa phrase en fermant le bouquin sur son bureau tout en se levant. Cette personne devant lui devait certainement en avoir des contacts, des noms dans son répertoire... D'ailleurs en parlant de nom, celui de son interlocuteur lui restait inconnu.

- Tiens ! Les présentations sont un peu tardives mais bon, mieux vaut tard que jamais. Comme tu l'as deviné je suis un Jisetsu, Jisetsu Koshin.

Le jeune homme tendit la main à son interlocuteur, qui était il y a pourtant une bonne dizaine de minutes son agresseur, plein de bonnes intentions. Cette rencontre avait ouvert les yeux de yeux d'ambre et on pouvait deviner sous son sourire que celui-ci était plus que reconnaissant de l'acte, pourtant à la base sans cet objectif, de cet homme.
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Message(#) Sujet: Re: Au bout des marches ... [Jisetsu Koshin] Lun 15 Mai 2017 - 19:43

Les projets sans passion étaient les affres de la science. Une devise certes généraliste, mais qui avait cependant le mérite d'être vraie, aux yeux de Jirô, du moins. C'était du fait des scientifiques sans élan poétique, sans l'entrain que seuls procurent les projets les plus fous, c'est à dire les moins crédibles, que les sciences passaient pour des disciplines ennuyantes et inaccessibles. Mais c'était là, justement, dans cette part de flou uniquement permise à l'imagination et à l'ambition purement romanesque de chaque homme que résidait le trésor de possibilités infinies de la science. Si l'on savait le trouver et que l'on n'avait pas peur de faire face à la rigueur des lois naturelles, tout un chacun était alors à même de se tourner vers les fioles et les tubes à essais pour parvenir à son but. Tant d'hommes l'avaient déjà fait, alors pourquoi pas une multitude d'autre ? Après tout, d'un point de vue rationnel, il n'y avait pas tant de différences entre chaque individu, sinon celles qu'ils se forgeaient eux-mêmes, bien sûr.

"Tu sais, il n'y a pas d'orgueil à s'entêter dans une voie qui n'est pas la notre. Et je pense ... Bon, c'est quelque chose d'universel, et je n'aime pas trop ça en règle générale. Mais nous dirons que tu vaux le coup d'une petite entorse à mes principes, hm ? Je pense qu'il est inutile, sinon néfaste, de faire fonctionner la science pour servir une cause qui n'est pas la sienne propre, c'est à dire pour parvenir à une fin autre que le produit de la science lui-même. Toi, tu ne cherches pas à créer un Dôjutsu par passion, ni par quelconque ambition de vengeance, ou que sais-je encore. Sinon, je crois que ta productivité ne se serait pas altérée. Si ce sont seulement les moyens qui t'empêchent de parvenir à tes fins ... Et bien, c'est bien triste, mais c'est comme ça, j'imagine ..."

Jirô avait du mal à se soumettre aux limites matérielles. Lui qui avait grandi dans un environnement où il avait toujours tout eu à sa disposition, il ne concevait pas vraiment qu'on puisse manquer d'un matériau de travail. Dans le pire des cas, quel mal y avait-il à aller le piocher chez un voisin qui n'en avait pas l'usage ? Ce garçon devait avoir des capacités combatives. Qu'est-ce qui le privait d'attaquer le premier passant venu pour lui subtiliser ses globes oculaires ? Il devait bien avoir un minimum de passage devant cette maison, tout de même.

Mais plus encore que des aveux de quelque faute que ce soit, Jirô avait entendu un appel à l'aide dans les mots du jeune Jisetsu. Et c'était certainement un cri du coeur, puisque dit avec une sincérité évidente et avec une humilité touchante. Jirô savait combien il est difficile pour un scientifique d'admettre ses propres limites, surtout devant un confrère. Et plutôt que de la moquerie et du dédain, cette attitude lui inspirait une sorte de pitié bienveillante. Il se leva de sa chaise, et fit quelques pas, promenant son regard sur les étagères croulant sous les instruments et les produits.

"Ecoute-moi bien, Jisetsu Koshin. Je pense que c'est un merveilleux hasard qui nous a fait nous rencontrer aujourd'hui. Encore qu'il ait pu ne pas paraître très heureux, dans un premier temps. Passons. Je pense que nous avons de la bonne besogne à faire, tous les deux. Je pense que tu as du potentiel, au moins autant que j'en ai moi-même -ce qui, il faut l'admettre, n'est pas vraiment peu dire-, et qu'il serait bien dommage de laisser ce potentiel s'effilocher tout seul dans un coin aussi paumé que Kusa. Voyons les choses en face: ce pays est définitivement à la traîne niveau technologie. Mais il est, pour l'instant, un refuge sûr, je te l'accorde. C'est pourquoi tu vas suivre mes instructions à la lettre. Je prévois de grands bouleversements à l'issue de la guerre en cours. C'est inévitable. Et quels qu'ils soient, ils auront des répercussions sur tous. Reste donc tranquillement dans ton exil un temps. Moi-même je vagabonderai à Tsuchi. Lorsque les choses se seront tassé, et peu importe ce à quoi cela aboutira, je te recontacterai. Pas avant, et certainement pas après."

Il s'arrêta un instant dans sa tirade. Il avait la fâcheuse manie de ne pas savoir s'arrêter parler une fois lancé.

*Reprends ton souffle, Michel, tu vas t'épuiser. J'te rappelle qu'on a de la route à faire.

-Si seulement la voix qui se prend pour ma conscience pouvait se taire, il me semble que je serais bien moins épuisé.

-... 'culé ...*

"S'il y a un nom que tu dois retenir, c'est celui-ci: Asai Jirô. Je prendrai le chemin des sommets, et je ferai en sorte que tu m'y suives. De gré ou de force, soit dit en passant."

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Message(#) Sujet: Re: Au bout des marches ... [Jisetsu Koshin] Mer 17 Mai 2017 - 16:27

Koshin faire preuve d'humilité... Après ces quelques mots et surtout la réponse de Jirô, il s'en sentait presque humilié. Il savait qu'il était loin de tout savoir, de tout pouvoir, d'être illimité et pourtant, certainement pour soutenir la pression qu'il s'infligeait lui-même, d'être un Jisetsu, d'avoir une famille qui a réussi, cheveux d'ivoire s'auto-proclamait petit génie. Dans cet égocentrisme, il arrivait à se faire croire à lui-même qu'il était capable de grandes choses, un ego donnant le courage nécessaire pour surmonter les obstacles, souvent moraux, qui se présentait à lui. Et oui, yeux d'ambre avait toujours l'envie d'avoir cette vie de scientifique visionnaire, hors des normes et pourtant ça n'empêchait pas le fait de parfois se remettre en question, sentir le malsain derrière ses recherches, c'est à ça que servait cet ego. Yeux d'or cachait l'impact moral qu'avait la pression auto-infligée ainsi que ses recherches malsaines derrière un certain ego, une carapace psychologique et avouer ses faiblesses c'était la briser. A ce moment-ci, avec la réponse dont on sentait la pitié émaner, le Jisetsu se sentait à nu, presque honteux de ne pas être à la hauteur des multiples ouvrages et instruments qui jonchaient son bureau.

Et puis l'excuse du matériel, quelle blague. Sa mère et sa sœur étaient médecins, il n'aurait certainement pas hésité à "emprunter" un sujet ou un instrument, il lui manquait juste de l'inspiration, cette pensée créative qui parvient à revigorer un artiste, tout comme le scientifique désireux de faire de sa discipline une merveille tout aussi artistique que de peindre des tableaux. Voilà pourquoi yeux d'or voulait quitter son bureau lugubre sans autres objets que des bouquins qu'il a déjà lu des dizaines de fois ou des instruments qu'il voit tous les jours. C'est alors que l'interlocuteur repris la parole, avec un ton clairement supérieur, c'était des ordres saupoudrés d'un certain orgueil, cet orgueil qu'avaient les deux protagonistes au début de la conversation, le même qui leur servait à plus ou moins rabaisser l'autre durant le débat. Néanmoins, celui-ci était légèrement différent, en plus de se rehausser lui-même, Jirô paraissait tenter de redonner cette arrogance au jeune garçon pourtant plutôt détestable. Comme si sa demande inconsciente avait été entendue, le cornu se présentait comme un leader, un leader auprès duquel cheveux d'ivoire pourrait évoluer, un exemple. Ces intentions avaient atteint leurs buts, comme si de rien était, comme si Koshin n'avait jamais exposé ses faiblesses, il reprit alors un léger sourire sournois, le même qu'au début de la rencontre avec en bonus un soupir de dédain.


- Hmpf, tu te la joues un peu trop. De beaux et grands discours mais je ne t'ai encore jamais vu à l'oeuvre, si ce n'est le petit spectacle que tu nous as fait tout à l'heure.

Le Jisetsu avait l'air maintenant beaucoup moins embarrassé. Il remit ses mains dans ses poches pour venir s'adosser au mur à droite du bureau. Encore une fois, contrairement au début de la conversation, le ton n'était pas provocateur ni craintif, bien qu'on pût deviner le jeune homme non sans aucune garde, mais plutôt joueur, non pas un pique à un adversaire mais à un camarade. Voilà c'est ça, yeux d'ambre était encore loin de considérer le cornu comme un ami, après tout ils se connaissaient depuis seulement quelques petites dizaines de minutes, mais comme un camarade. Ils avaient débattu pour terminer sur des avis plutôt convergeants, avaient les mêmes passions. En bref, les deux hommes s'entendaient, c'était l'impression de Koshin. Ensuite, suivant un petit rire moqueur, yeux d'or continua comme pour faire sentir cette camaraderie à son interlocuteur.

- Tiens-moi par la main et je te surpasserai Asai Jirô !

On entendait des bruits de pas venir du plafond de la cave, une voix féminine appelant "Jisetsu Koshin" suivie. Avec cela, pour les ouïes fines, un frottement de paille sur le sol ainsi que d'autres trahissant un jeu de cartes. Cheveux d'argent prit alors le bocal renfermant les deux globes ainsi que quelques instruments traînant sur ses étagères. Il avait l'air pour le moins motivé, ou en tout cas bien plus que ce mat... que lorsqu'il s'était levé. Posant des lunettes aux verres zoomant sur son nez, il se retourna vers Jirô.

- Tiens, on dirait bien qu'elle arrive. Tu devrais y aller mais surtout n'oublies pas ta promesse et tâche de pouvoir la tenir. Tu serais bien déçu de louper mes futures trouvailles.

C'est sur ces mots peu modestes que se rassit le Jisetsu, qui paraissait absorbé en un instant par son travail. Koshin était maintenant impatient, que ce soit de faire avancer son projet fou tout autant que de retrouver son compère dans un futur plus ou moins proche. Il commença ses expériences.
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Message(#) Sujet: Re: Au bout des marches ... [Jisetsu Koshin] Mer 17 Mai 2017 - 19:12

Jirô sourit discrètement, le visage tourné vers les étagères, dissimulé dans la pénombre de la pièce. Il était plus que satisfait de la réponse du jeune Jisetsu. Il aurait été déçu de le voir se répandre en remerciements. C'auraient été des larmoiements plus qu'autre chose, certainement, qui n'auraient fait que relever une faiblesse de caractère. Jirô avait horreur des gens prévisibles. Tout l'attrait d'une personne était pour lui dans sa capacité à surprendre, tant par ses actions que par ses paroles. A partir du moment où il devenait capable de prévoir les réactions de quelqu'un, comme il pouvait le faire en sciences avec un produit, il s'en ennuyait. Il fallait qu'il reste surpris, en constante distraction et attente de l'inconnu, de l'imprévisible, pour qu'il puisse se focaliser bien sur une chose.

*Eh ben, il s'étouffe pas en remerciements, le gamin.

-C'est là tout son intérêt. Tu n'as toujours pas l'esprit très lyrique ... C'est dommage.

-Pfff, ça veut rien dire ... Surtout de la part d'un crétin ...*

Jirô se tourna à nouveau vers le Jisetsu, une dernière fois avant de partir. Il plongea ses yeux dans ceux d'or du jeune garçon.

"Tu auras toutes les occasions nécessaires de me voir en action une fois que tout sera passé, je te le garantis. Je ferai en sorte de me procurer matériel et laboratoire une fois arrivé à la capitale. Alors, je te tendrai à nouveau la main. Avise-toi de la saisir, et je ne peux te garantir avec certitude ce qui se passera. Mais où que l'on aille, quoique l'on fasse, à quel moment et comment, je mettrai toujours une seule condition !"

A ces mots, il leva son index dans un geste théâtral, un afficha un sourire orgueilleux.

"Il faudra que ça soit impressionnant, bien sûr."

Sur ce, il claqua des talons et fit volte-face, empruntant à nouveau les escaliers qu'il avait descendus en catimini un peu plus tôt. Il était plein d'un sentiment d'arrogance, qui lui allait bien en ce moment précis. Sans doute, plus tard, aurait-il honte de sa théâtralité exagérée et de la fierté qu'il en avait tirée. Mais, alors qu'il remontait les marches, fuyant la voix d'une femme qu'il n'avait même pas vue, il se satisfaisait bien assez de ce sentiment de plénitude.

*Tsss. T'es beaucoup trop fier. T'as quand même fait des promesses en l'air, j'te ferai dire. Rien ne nous dit qu'on arrivera à se faire une place à Iwa.

-Homme de peu de foi ! Aie un peu confiance en ton frère, veux-tu ? Je t'ai porté dans mon corps toutes ces années, et tu n'arrives toujours pas à croire en moi ?

-Tu nous as quand même foutus dans pas mal de galères, ces derniers temps ...

-C'est vrai. Et je m'en excuse pour toi. Mais tu verras: je suis certain qu'on s'approche de jours meilleurs.

-Mouais ... Ben faudrait commencer par retourner vers la civilisation pour les trouver, alors.*

Jirô s'éloigna de la maison perdue dans la forêt de Kusa pour reprendre son chemin en sens inverse. Il était ravi par la rencontre qu'il avait faite. Elle lui laissait présager des événements et des collaborations d'une ampleur spectaculaire. Après la guerre et ses bouleversements, il y aurait beaucoup à faire avec ce Jisetsu. Et Jirô était assez curieux de savoir quelles connaissances et quels secrets cachaient ces yeux d'or. S'il porterait le jeune garçon vers les sommets, il ne le ferait pas sans s'enrichir lui-même d'une certaine expérience. Il devait encore réfléchir au prix de son appui. Bien sûr, il ne ferait pas du bénévolat complet ...

Il arriva près des rives de la Shoutai. Il entendit le coassement d'un crapaud. L'eau frémissait d'excitation. Les roseaux se dressaient sous un vent nouveau.

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Au bout des marches ... [Jisetsu Koshin]

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