N'oubliez pas que vous pouvez voter toutes les deux heures sur les cinq Topsites pour le forum !
Rappel : Chaque RP doit au minimum faire 15 lignes, soit 1400 caractères espaces non compris minimum.
Partagez | 
 

 Le Passé nous façonne et nous projette vers l'Avenir

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Nukenin
avatar
Informations
Grade : Nukenin de rang SSS
Messages : 3526
Rang : SSS

Message(#) Sujet: Le Passé nous façonne et nous projette vers l'Avenir Dim 30 Avr 2017 - 23:32



Tremblotant légèrement, l’enfant resserra ses bras autour d’elle comme pour se réchauffer. Les rues étaient sombres et froides, aucune lumière nulle part, cependant elle pouvait clairement définir les contours des habitations, des différents éléments du décor et même de ces silhouettes immobiles qui discutaient entre elles sans lui accorder la moindre attention. Un léger brouhaha montait de ces silhouettes noircies et sans visage alors qu’elle avançait, peu sûre d’elle, son emprise sur sa peluche se resserrant. Tout le monde l’ignorait mais ça ne la dérangeait pas. Elle était bien ainsi, seule. Et qui plus est, elle n’avait pas le temps pour jouer avec les autres.

Grandissant alors qu’elle continuait de marcher dans cette rue, elle sortit une cigarette de sa poche, celle-ci s’allumant automatiquement alors qu’elle l’approchait de ses lèvres. Sa mère l’avait reprise plusieurs fois à ce sujet mais avait fini par accepter sa nouvelle fâcheuse habitude tant qu’elle ne la pratiquait pas devant les femmes enceintes de leur clan, ni devant les jeunes qu’elles avaient pour rôle d’incuber. Leur tâche était cruciale à l’entretien et au devenir du clan Aburame elle en avait conscience. Mais elle ne se sentait pas à l’aise avec les enfants et ne voulait pas en faire son métier. Cependant sa mère ne l’entendait pas de la même oreille. Continuant à marcher calmement, la vision de cette petite créature braillarde se manifesta à elle. La première incubation dont elle s’était occupée avait été un succès, de quoi conforter sa mère quant à la reprise de son activité de sage-femme. Mais alors qu’elle rendait la rouquine pleurnicharde à sa véritable mère, elle, avait également fait un choix. Ne faire que ça non merci. Elle serait kunoichi et vivrait une vie plus palpitante.



Laissant glisser sa main le long du corps, l’une des silhouettes se dégagea de la foule et l’attrapa, la silhouette marchant à ses côtés alors que celle-ci se colorait. Souriante, sa cigarette toujours au bec, elle accéléra la cadence, laissant tomber le poison de ses lèvres alors qu’un petit éclat de rire sortait de ses lèvres. Quittant les pavés de la rue, ils s’engouffrèrent dans une forêt dont le décor restait toujours aussi sombre, mais elle ne s’y intéressait pas. Seul le garçon à ses côtés qui continuait à lui tenir la main lui importait. Tout sourire alors qu’il accélérait lui aussi la cadence, courant légèrement devant elle, elle fut forcée de ralentir leur rythme alors que son ventre s’arrondissait. C’était son tour, comme celui de toutes celles qu’elle avait assisté. Ralentissant jusqu’à marcher, elle continua encore quelques mètres avant de s’arrêter, empoignant avec encore plus de pression cette main dans la sienne.



Tombant à genoux alors que son ventre était de nouveau plat, la silhouette à ses côtés s’agenouilla et l’entoura de ses bras alors que son visage commençait légèrement à se griser. Elle en voulait à la terre entière, mais pire que tout, elle s’en voulait principalement à elle. Des ombres commencèrent à apparaître tout autour d’eux, l’oppressant de leur regard. Se relevant, elle s’enfuit plus profondément dans le sous-bois, chassant de la main les ombres qui se levaient progressivement sur son chemin, finissant perdue, seule. Mais il revint enfin. Sa silhouette était de nouveau sombre, néanmoins elle savait qui il était. Il l’embrassa sur le front, lui serra une dernière fois la main et partit devant elle alors qu’elle restait là, vide.


Combien de temps était-elle restée dans cette léthargie à attendre qu’il revienne ? Recommençant lentement à se mouvoir, elle avançait un pas après l’autre, peu sûre de sa destination ni de son choix. Une nouvelle main se glissa dans la sienne. Que lui voulait cette gamine ? Soupirant, exaspérée, l’Aburame renforça sa prise et se mit à avancer à un pas plus rapide, traînant derrière elle de force la gamine qui commençait à pleurer alors qu’elle refusait de bouger et se laissait traîner.


Toujours main dans la main avec la gamine, l’Aburame lui jeta un regard. Celle-ci avait grandi. Il était temps d’augmenter un peu la cadence… Trottinant légèrement, la gamine qui avait réussi à se maintenir à son niveau jusqu’à présent commença à éprouver quelques difficultés pour la suivre mais elle ne ralentissait pas pour autant le rythme. Toujours plus vite, toujours plus d’exigence, toujours plus de difficulté. Courant encore et toujours, elle finit pas lâcher la main de l’enfant qui la retardait, l’abandonnant derrière elle alors qu’elle continuait encore et toujours à courir.


Filant à travers les sous-bois, plusieurs silhouettes apparaissaient sur son chemin, mais elle ne ralentissait pas pour autant, détruisant méthodiquement chacune de ces nouvelles menaces avec une précision et une volonté à toute épreuve. Elle continuait. Encore et encore, laissant un sillage de corps derrière elle. Elle était seule. Mais n’œuvrait pas pour elle. Débouchant sur une clairière, elle fit enfin face à ceux qu’elle avait considéré tout ce temps comme ses amis les plus proches. Les membres de la Racine, marchant jusqu’à les dépasser, elle accepta une dernière fois le sourire de certains d’entre eux alors qu’elle n’entendit plus aucune voix une fois leurs silhouettes derrière elle. Seul le bruit du vent qui soufflait violemment parvenait à ses oreilles.


Mais ce n’était pas grave. Repartant de plus belle, elle traversa la prairie en quelques secondes, s’engouffrant à nouveau dans un sous-bois alors qu’une épée se matérialisa à son flanc. La dégainant dans son élan, elle constata le nouveau tatouage qui venait d’apparaître sur sa main. Une personne était assise contre un arbre. Elle était encore vivante. Ralentissant, elle marcha jusqu'à elle, sa main se resserrant sur la poignée, avant d'enfoncer lentement la lame tout en fermant les yeux à la fin alors qu’un élan de dégoût s’emparait d’elle. Laissant l’épée derrière elle, elle tituba légèrement, puis posa sa main sur un tronc alors qu’elle perdait de nouveau l’équilibre, sa main se transformant en moignon. Mais elle ne ressentait aucune douleur. Elle ne savait juste plus où aller…


Perdue, errante, elle finit pas retrouver sa détermination, ses pas la guidant à nouveau, cette fois jusqu'à chez elle, même si elle continuait d’avancer en ligne droite. Passant les gigantesques portes de Konoha, elle s’arrêta un moment alors qu’une main se glissa dans sa seule main valide. Toujours la même gamine rousse. Mais celle-ci avait grandi.


Souriant légèrement, elle remontèrent lentement la longue avenue, leur course s’accélérant de plus en plus, l’Aburame voyant la jeune femme à ses côtés initialement à la traîne grandir encore et encore.


Le rythme se faisait plus intense et elle sentait qu’elle commençait à avoir de plus en plus de mal à le suivre, alors que la jeune femme, elle, n’en démordait pas. Redoublant d’effort pour se maintenir à sa hauteur, toujours main dans la main, elle la sentit accélérer d’autant plus, la dépassant progressivement jusqu’à ce qu’elle soit trop loin et qu’elle dût lâcher prise. Essoufflée, elle trottina encore quelques mètres avant de s’arrêter, se pliant en deux pour reprendre sa respiration. Elle était restée malgré elle derrière, n’arrivait plus à suivre. Mais cette pensée ne l’attristait pas. Elle en était même heureuse.


Toujours pliée en deux, elle aperçut deux jambes se dessiner dans la pénombre, un sourit se dessinant sur ses lèvres…
    Bah alors tata, tu viens ?


* * * * *

Ouvrant les yeux, un sourire naquit sur son visage. Encore ce rêve… Ce n’était pas la première fois qu’elle le faisait. Depuis l’opération où Mizuki lui avait greffé son dojutsu, son passé revenait à la charge, toujours la même fresque. Toujours la même fin. Tournant sa tête en direction de sa fenêtre alors que le soleil se levait, elle rabattit son duvet et sortit calmement de son lit. Elle avait pris sa décision et ne la regrettait pas. Au nord la guerre s’était calmée un moment, à l’Ouest la menace avait été repoussée et au Sud ... Les Konohajins étaient revenus malgré de nombreuses pertes, leurs morts s’ajoutant à la longue liste qu’elle avait mentalement tenu en apprenant le fléau qui s’était abattu sur son pays.

* * * * *

Armée de son marteau, la Daimyô joutait avec l’un de ses Gardiens, décidée à retrouver sa forme d’antan et perfectionner son maniement de cette arme qu’elle avait affectionné plus que de raison. Faisant tourner l’arme devant elle d’une main, elle l'abattait coup sur coup sur le bouclier levé de son partenaire d’entraînement alors qu’il tâchait tant bien que mal d’esquiver ses assauts. Le laissant passer à la contre-attaque, elle le vit darder son katana dans sa direction ... sabre qu'elle balaya d’un puissant coup, avant de lever sa propre arme à hauteur du visage du Gardien tout en observant du coin de l’œil la jeune Kage arriver.

    Restons en là pour ce matin …


En nage, les cheveux vulgairement noués en une tresse, elle laissa tomber son arme, le bruit sourd démontrant la lourdeur de la masse. Se dirigeant vers le bord du terrain d’entraînement, elle avala une gorgée de sa bouteille d’eau avant de s’éponger le front et le visage à l’aide d’une serviette initialement blanche. Un enchaînement de gestes peu féminins et peu gracieux. Mais Mizuki la connaissait suffisamment à présent pour ne pas s’en offenser … Prenant ses mains dans les siennes, l'Aburame lui fit un petit sourire réconfortant avant de la lâcher et lui proposer de la suivre dans ses jardins pour marcher côté à côté.

    Mizuki … Marchons veux-tu ?


La serviette autour du coup, l’Aburame habillée sommairement d’un pantalon d’entraînement et d’un débardeur noir affichait clairement toutes les cicatrices et dégâts que son corps avait subi au fil des années. Elle et la jeune femme n’avaient correspondu que brièvement via clone ou oiseau, le temps de se tenir au fait des dernières nouvelles dont elles disposaient toutes deux … Mais il restait tant à discuter...

    Je suis contente de ton retour… Tu m’excuseras de n’avoir pas pu assister à votre victoire contre ce démon … J’aurais aimé participer. Cependant, l’ouverture du portail au Pays du Soleil m’a vidé de mes dernières forces… Un an … C’est bien trop peu pour se préparer à affronter Kyûbi, alors que Rokubi continue de rôder, Nibi également, et les autres … Jiseyama et ses sbires restent également de la partie … Quant au nord …


Inspirant profondément, l’Aburame marchait sereinement, guidant son élève à travers ses jardins, l’air se rafraichissant peu à peu.

    Il va falloir que nous soyons forts face à tous les obstacles que nous devrons affronter… Cet Empire du Feu, où en est-il ? Penses-tu réellement que ce soit une bonne idée pour l’avenir des nôtres, et pour garantir la paix tout simplement ? N’as-tu pas peur que nous écroulions sur nous-mêmes, que ce soit en étant attaqués de toute part ou si l’une d’entre nous devait disparaître ?


Une pensée qu'elle détestait surtout à propos de la jeune femme, mais elle n'avait pas le choix. La mort avait montré ces derniers jours qu'elle était une réalité bien trop inévitable. Combien de personnes avaient perdu la vie ? Combien de Hijins, de Konohajins ? Kimimaro également n'était jamais rentré ...

    Je ne te l’ai pas dit … Mais j’ai reçu la visite des parents de Kibo se soir-là. Des edo tensei sous la coupe de Jiseyama… Encore lui décidément… Ils avaient pour but annexe de kidnapper ou tuer leur petit fils… mais avant tout de m’empêcher de prendre part aux festivités au Pays du Soleil… Et à croire le défunt père de Kibo, notre principal ennemi aurait peur de moi… Et de feu Zanshi dont il n’aurait pas hésité à se débarrasser… Si je venais réellement à disparaître contre lui, je n’aimerais pas que cela marque la fin de notre ère de stabilité… Cet Empire dont tu voulais me nommer impératrice, penses-tu réellement que ce soit la bonne réponse à tout ce que nous allons devoir affronter ?


Laissant sa phrase en suspens, elle attendait les premières réactions de l'Hokage. Elle avait sa propre réponse à cette question, mais attendrait encore un peu avant de la partager.




Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Konoha
avatar
Informations
Grade : Nidaime Hokage
Messages : 1280
Rang : S

Message(#) Sujet: Re: Le Passé nous façonne et nous projette vers l'Avenir Mer 3 Mai 2017 - 0:18

Moi aussi, j’aimerais rêver. Même cette pimbêche insupportable blonde qui hantait mes rêves me manquait. Ereintée, épuisée, exténuée, je m’étais jetée dans mon lit dès notre retour de Kawa. Et pourtant le sommeil ne m’était pas venu. Pas plus la nuit suivante, ressassant sans cesse cette horrible nuit, le visage de tous ces cadavres. Alors, je travaillais – ce qui tombait bien parce qu’on avait du boulot. J’espérais que l’enterrement prévu dans quelques jours me permette de tourner la page et d’avancer. Je m’en rendais compte moi-même : je me comportais comme une gamine. Je pensais m’être endurcie, je pensais être prête à ce genre d’évènements. Si, objectivement, le bilan était plutôt positif… personnellement, je me sentais au plus mal. Et ce n’est pas les innombrables mots de réconfort que j’avais eu qui me permettaient d’aller mieux.

Réveillée aux aurores, j’eus le temps de régler quelques affaires avant de partir pour la capitale, sous bonne garde. Tout Konoha semblait tourner au ralenti, comme figé dans un passé intemporel. Même pour ceux qui n’avaient pas bougé du village, le déploiement des défenses, les récits, l’angoisse, les hurlements durant la nuit avaient été traumatisants. Peut-être même plus que pour ceux qui avaient été effectivement à Kawa. Il y avait une césure, une cassure : et il faudrait du temps avant que tout reprenne son cours normalement. Cet affrontement avait causé le plus de morts qu’on ait eu depuis longtemps. Au fond, c’était peut-être normal qu’il était difficile de continuer à vivre comme si de rien n’était.

La capitale également semblait un peu moins active que d’habitude, quoique plus vivante que Konoha. Eux aussi avaient subi la même nuit que les autres, mais n’avaient pas vu une partie de leur population se faire décimer. Je me dirigeai vers le palais de Miko, lui aussi entouré de gardes supplémentaires. On m’emmena dans une salle où elle était en train de s’entraîner, ce qui me fit arquer un sourcil : je ne l’avais plus vu active depuis très longtemps. Enfin, je ne la savais pas aussi prompte à se maintenir en forme, plutôt. Attendant qu’elle termine son mouvement, j’en profitai pour la regarder d’un peu plus près, comme si je la voyais pour la première fois. Ses cheveux avaient blanchi, sa peau recouverte de cicatrices : son corps portait les traces de sa vie de kunoïchi émérite. J’eus un petit sourire : elle me faisait de plus en plus penser à Cho. Même dans sa façon de me parler, d’ailleurs. J’ignorais si les récents évènements la poussaient à me ménager, mais elle était moins… autoritaire, moins sévère, moins austère.

Je sortis dans ses jardins, suivant ses indications, et l’écoutant parler.

    - Il faudra pourtant se préparer… Kibo et les deux autres seront interrogés sous peu, une fois qu’ils seront remis de leurs blessures. Je crains qu’on ne tirera rien de Tsukiko. Quant à Satochi…

Ma mine s’assombrissait. J’appréciais l’homme et je considérais le shinobi, mais force était de constater qu’il se dirigeait vers une voie qui ne me sied guère. Je soupirai lentement, le vent faisant légèrement voler mes cheveux.

    - On a perdu beaucoup, que ce soit Konoha ou Suna. Pour la suite, quel que soit le démon qui se réveille, il faudra s’y préparer en comptant les autres nations… Un sommet est toujours prévu pour très bientôt à Yu. Je ferais en sorte que, cette fois, le Nord n’oublie pas ses priorités.

Une guerre stupide, des milliers de morts qu’ils ont causé en s’affrontant l’un et l’autre. C’était d’un ridicule… Mes yeux se posèrent sur les différents

    - Affirmer que c’est une bonne idée… Je n’en ai pas la certitude. Mais sans un cadre pour réguler le tout, tu vois bien ce que ça donne. On joue à la guerre et à celui qui pisse le plus loin, pendant que d’autres doivent sauver le monde. Je refuse que d’autres périssent à cause de la lâcheté des autres, Miko.

Je plissai les yeux, non pas par doute ou inquiétude, mais parce que je sentais une angoisse montée en moi, sans doute perçue par la brisure de ma voix sur la fin, même si une grande inspiration me permit de retrouver mon calme.

    - Et il nous survivra. Le Kamui a fait l’erreur de reposer son pouvoir sur sa personne. Toi comme moi savons que si demain nous venons à disparaître, la génération suivante prendra le relai. C’est ce pourquoi tu as œuvré à Konoha, non ? Et c’est pour ça que mon règne se passe si bien. Je me considère comme une héritière, pas comme une créatrice.

Vint ensuite le discours sur Jiseyama. M’appuyant sur une barrière en bois face à un petit étang, je réfléchissais en même temps qu’elle parlait. Et j’eus un petit rictus à la fin de sa tirade.

    - Lui aussi est un problème, au demeurant. Et il semble apprécier se mettre au travers de la route de Suna, étrangement. Il a peur de toi, je le conçois, mais je ne pense pas que tu aies à t’en faire. S’il avait les moyens de te faire disparaître, il n’aurait pas essayé de gagner du temps pour t’empêcher d’arriver à Taiyô. Il t’aurait simplement éliminée.

Petit silence, gêné par le vent agréable qui s’engouffrait dans les jardins. Toujours sans la regarder, je me pinçai les lèvres. Je n’étais pas dupe. Toutes ces questions, ces sous-entendus… Le regard dans le vague, je soupirai.

    - Tu as décidé de partir depuis quand ?




Bien sûr que ça se passe dans ta tête... Mais pourquoi donc faudrait il en conclure que ce n'est pas réel ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nukenin
avatar
Informations
Grade : Nukenin de rang SSS
Messages : 3526
Rang : SSS

Message(#) Sujet: Re: Le Passé nous façonne et nous projette vers l'Avenir Mer 3 Mai 2017 - 1:32

Arborant un petit sourire alors qu’elle regardait les carpes onduler dans l’eau du bassin, l’Aburame fit craquer son auriculaire. Elle savait qu’il n’était pas si facile de lire en elle. Mais pour un lecteur chevronné qui avait déjà lu chaque passage plusieurs fois, qui l’avait examiné sous toutes ses coutures, et qui avait écorché de nombreuses de ses pages au fil des années, elle était stupide d’avoir pensé réussir à rester vague plus de quelques minutes.

    Le soir de l’attaque.


Foutue gamine. Toujours ce léger sourire sur les lèvres, ce sourire qu’elle gardait figé pour rester forte, maîtresse d’elle-même alors qu’elle décidait de s’effacer totalement … à nouveau.

    En devenant Seigneure du Feu, je savais que je n’y trouverai pas mon bonheur. Et confirmation, c’était d’un ennui mortel… Et ce malgré toutes mes ingérences dans tes affaires.


Craquement de l’annulaire alors que son regard se levait sur le sous-bois du parc, toujours autant perdu, lointain.

    Tu le sais, j’ai décidé d’assumer ce rôle pour que Konoha soit central à Hi, que l’un ne puisse se passer de l’autre. Je t’ai demandé de me succéder au rôle d’Hokage car j’ai foi en toi, et en ce que tu peux apporter à notre peuple, à nos alliés, et à tous ces autres inconscients. Différents mais soudés. Régis par une même Autorité... J’y crois Mizuki. Sincèrement. Je crois en toi. Tu es à mes yeux tout ce que je n’ai jamais pu être, rayonnante, forte… Et pourtant les dieux savent que tu partais de loin.


Relevant son regard sur son élève, Miko toujours aussi calme et posée la regardait, un brin moqueuse quant à sa dernière plaisanterie.

    Je sais que tu comptais sur moi. Mais soyons honnêtes. Je n’ai pas la carrure pour devenir impératrice ou peu importe le titre pompeux dont tu voulais m’affubler. C’est à peine si je tiens en place en étant Daimyo. Tout ce qui s’est passé ces derniers temps n’en a été qu’un rappel constant… Toute ma vie j’ai vécu dans l’ombre, au service d’une nation, d’une volonté, d’une personne plus grande que moi. Je suis une guerrière avant tout. Pas une dirigeante, et bien que nombreux étaient ceux à me respecter par rapport à mon dévouement ou mes prouesses martiales… jamais les gens ne me suivront aveuglément comme ils te suivent Frank… euh Claire … euh Mizuki.


Craquement du majeur avant de se retourner à nouveau en direction du bassin.

    Donc oui, j’ai décidé de partir, d’être utile. Maintenant que tu es prête à prendre ton envol, à voler de tes propres ailes …


Et quel vol cela s’annonçait être …

    De quoi me concentrer sur une tâche et une seule : vous protéger tous de tous ces monstres. Jiseyama tombera. Et avec lui tous les Bijuus. Je t’en fais la promesse. Rokubi, Kyûbi, Nibi, et le reste … Qu’une femme comme la Grande Grue dispose de telles informations ne présage rien de bon … Maintenant que les Bijuus ont de nouveau fait parler d’eux, qui sait combien ils seront dans cette course à la gloire et à la puissance … Mais j’y mettrai un terme, de quoi te permettre de te concentrer sur la protection des nôtres … et de rallier les autres dirigeants à notre doctrine. À ta doctrine.


Index, pouce, elle s’adossa à moitié sur la barrière.

    Mais ne fais pas cette tête, le coup du Shoraizen était … différent. Je compte bien revenir occasionnellement, travailler avec Konoha autant que possible… T’apprendre des techniques également. T’aider à te renforcer, et à ce propos, Cho est d’accord avec moi : il est temps pour toi d’apprendre son pacte, son héritage. Ton héritage. Tu dois apparaître forte aux yeux de tous. Fiable, menaçante, puissante… invulnérable. Et malgré le danger de tes illusions et de tes insectes fouisseurs, tu ne fais pas bien peur à grand monde. Rajoute une dizaine de papillons géants … et là par contre …


Sourire amusé à cette image, Miko laissa sa phrase en suspens. Si Mizuki devenait comme Cho, ses ennemis n’auraient qu’à bien se tenir.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Konoha
avatar
Informations
Grade : Nidaime Hokage
Messages : 1280
Rang : S

Message(#) Sujet: Re: Le Passé nous façonne et nous projette vers l'Avenir Sam 6 Mai 2017 - 12:50


Avec le recul, peut-être que cette entrevue m’avait aidé à surmonter tout ce que j’avais vécu, quelques jours auparavant. Etrangement, malgré la douleur toujours présente au fond de moi, ses mots vinrent un peu chasser les nuages qui s’amoncelaient. Pendant qu’elle parlait, je pus réprimer un léger sourire, les yeux toujours perdus dans le vide, le vent venant doucement caresser mes cheveux. « j’ai foi en toi », « Je crois en toi. Tu es à mes yeux tout ce que je n’ai jamais pu être, rayonnante, forte… Tous ces mots que j’avais rêvé d’entendre depuis une quinzaine d’années maintenant. De l’époque où je n’étais encore qu’une gamine écervelée qui avait peur de ses insectes.

Je la laissai terminer son discours, l’écoutant sur son avenir, son futur, son départ… elle tenta bien sûr de me rassurer sur l’avenir, sur ce qu’elle avait déjà fait auparavant. Le Shôraizen avait été humainement compliqué pour moi, mais elle avait raison sur un point : les deux situations ne se ressemblaient pas. Miko n’abandonnait personne, elle évoluait. Elle avançait pour, une fois de plus, sauver les gens à qui elle tenait. S’adapter ou mourir n’avait jamais eu autant de résonnance que maintenant.

    - Et tu comptes partir comme ça, avec ton petit baluchon, seule, sans savoir ce qui t’attend ? Sans savoir qui tu vas croiser ? J’ai pleinement confiance en toi, mais Rokubi affaibli et sous une forme Jinchuriki a nécessité une centaine de ninjas. Et ce n’était que le sixième. Nanabi et Hachibi seront d’autant plus redoutables… Quant à Kyûbi…

Je soupirai. Un an. Dans un an, il faudrait faire face de nouveau à la mort et à la désolation. A peine le temps de se remettre des blessures de l’un des frères qu’un autre surgira. En espérant qu’entre temps, aucun ne vienne anéantir le Yuukan avant que le Renard ne s’en charge. Je tournai ma tête vers elle.

    - Mais ne t’en fais pas. Quelque chose diffère effectivement depuis que tu es partie pour le Shôraizen et maintenant. J’ai eu le meilleur des enseignements. Et tu as construit le meilleur des villages.

Miko avait été nommée Hokage à son retour. Moi, je n’étais encore qu’une gamine capricieuse lors de son départ. Nous avions tous évolué depuis cet épisode, et l’échiquier n’est plus du tout placé de la même façon. Est-ce que je saurais me passer d’elle ? Oui. Ce sera compliqué, et je perdais un repère et un soutien, mais je savais que je pourrais continuer. Au fond, elle ne s’occupait déjà plus de Konoha…

    - Ca faisait longtemps que je ne t’avais pas vu t’entraîner de cette façon. Je suis contente que tu aies trouvé une voie qui te satisfait plus que ce que tu fais actuellement.

L’Empire du Feu… Non… l’Autorité du Feu verra le jour quoiqu’il arrive. Même si Miko n’est pas là pour s’en occuper, je veillerais à ce que cet objectif soit accompli. Je ne serais certainement pas Impératrice, mais l’Hokage veillerait à ce que l’Autorité soit respectée.

    - Tiens, c’est drôle que tu parles du pacte de Cho. En rangeant une salle la dernière fois au palais, j’ai trouvé autre chose. Un autre héritage. Un autre pacte… Si tu vois ce que je veux dire et de qui je veux parler.

J’étais d’accord avec elle. Non pas forcément sur les pactes, même si je devais avouer qu’ils étaient une force non-négligeable. Pour déjà avoir vu les invocations de la cheffe de clan se battre, je dois avouer qu’ils sont incroyablement redoutables. Mais j’avais des lacunes. De grosses lacunes.

    - Mais tu as raison. Les choses doivent changer. Puisque ton départ s’apparente à une désertion, j’ai une proposition à te faire. Avant de partir, apprends-moi à me battre comme tu te bats. Apprends-moi à encaisser des coups et à en donner. Et je t’accorde l’amnistie totale sur les terres de l’Autorité.

Léger sourire en coin à l’adresse de ma senseï. On aura sans doute de nouveaux entraînements. Mais ce que je lui demandais ici, c’était de redevenir, l’espace d’un temps, la senseï de cette gamine qui ne savait rien faire et qui, en en ressortant, deviendrait plus forte. Sa dernière leçon.




Bien sûr que ça se passe dans ta tête... Mais pourquoi donc faudrait il en conclure que ce n'est pas réel ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nukenin
avatar
Informations
Grade : Nukenin de rang SSS
Messages : 3526
Rang : SSS

Message(#) Sujet: Re: Le Passé nous façonne et nous projette vers l'Avenir Dim 7 Mai 2017 - 17:36


    Ouf. Dieu merci je ne serai donc pas traquée.


Amusée, l’Aburame approuva de la tête la demande. La formation de Mizuki continuerait donc. Et celle-ci se ferait de manière beaucoup plus accélérée que l’époque où elle n’était qu’une enfant. L’idée du pacte semblait lui plaire. Mais l’autre … ?

    Tu veux donc les prendre aussi ? Dire que fut un temps les seuls insectes qui ne te faisaient pas t’enfuir en courant étaient les coccinelles… Mais pourquoi pas. Vu leur précédent maître, ils seront cependant peut-être moins dociles que le pacte de Cho tu sais…


Enlevant sa serviette, elle la posa sur la barrière négligemment avant de s’avancer vers le centre du petit pavillon de bois où elles se trouvaient toutes deux.

    Et ne t’en fais pas pour mon petit baluchon, j’emporterai probablement un peu d’aide avec moi. Je pensais notamment à ton scribe. Le pauvre doit s’ennuyer à mourir… Anéantir deux-trois monstres géants devrait plus l’intéresser que tenir un restaurant. Et nous trouverons bien deux-trois mains supplémentaires.


Articulant son cou, elle fit rouler ses épaules, avant d’étirer calmement chacun de ses bras.

    J’ai une bonne idée d’où commencer les recherches sinon. Sans offenser ton personnel, ton Yamanaka ne semblait pas avoir beaucoup de jugeotte vu le peu d’éléments qu’il a ramené. La Grande Grue en sait visiblement beaucoup plus que ces maigres informations… Il y a Rokubi également à achever, Nibi à traquer… Et les différents temples. Ils ont bien été créés pour une raison. Bref, tout devrait bien se passer. Enfin… sauf si Satochi décide de continuer à se mêler de choses qui visiblement le dépassent. Pense à ne pas le laisser approcher Taiyo. Il serait capable de détruire les murailles.


Levant sa prothèse devant elle, elle plia et déplia les doigts à deux reprises, faisant signe à la jeune femme d’approcher. Décalant légèrement sa jambe droite derrière elle pour avoir une position plus stable, elle releva un peu sa paume droite, attendant ainsi, prête.

    Une râclée en échange d’un passe-droit hein ? enlève moi ce manteau et viens me prouver que tu t’es améliorée.




Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Konoha
avatar
Informations
Grade : Nidaime Hokage
Messages : 1280
Rang : S

Message(#) Sujet: Re: Le Passé nous façonne et nous projette vers l'Avenir Jeu 11 Mai 2017 - 20:01

    - Je le sais. Mais dans la continuité de ta réflexion, les papillons pourront garder un contrôle aérien. Ses bêtes à lui pourront m’assurer un contrôle terrestre et souterrain optimal. Bref… Après en effet, j’aurais un peu plus de mal à obtenir leur accord, mais dans l’un comme l’autre des cas, je suis la descendante légitime des deux. L’une par le sang, l’autre par la fonction.


Je fronçai les sourcils à la suite de son discours, tournant la tête vers elle.

    - Non-contente de m’enlever mon Daimyô et mon Senseï, tu m’enlèves mon bras droit aussi ? Il te faut rien d’autre, Princesse ?

La dernière phrase, dite sur un ton pompeux et présomptueux, laisser supposer tout l’humour incroyable et décapant dont je faisais preuve. Reportant mon attention sur le jardin, je la laissais finir ce qu’elle disait en acquiesçant simplement à la fin. Ce sera sans doute la plus grande mission de sa vie, mais aussi la plus compliquée et la plus périlleuse. Mais j’avais foi en elle, et j’avais foi en son compagnon de fortune. Au fond, leurs actions continueront à protéger Konoha, d’une manière ou d’une autre. Un bijuu ne peut pas détruire le village s’il n’y a pas de bijuu (héhé).


Puis, vint le temps des cathédrâles de sa dernière formation. Je me doutais que tout ne serait pas acquis aujourd’hui et je comptais bien sûr sur d’autres sessions avant son départ – sessions qui, par soucis d’efficacité et d’intérêt seront ellipsées à l’aide d’une phrase toute faite du style « olala pfiouuuuuu qu’est-ce que ce fut éprouvant TOUTES CES SESSIONS d’entraînement aux côtés de Miko, des barres. Au sol, quoi ! ». Mais l’heure était au diagnostic. Me dirigeant dans le jardin, enlevant mon manteau et me retrouvant en pseudo-tenue de combat – un pantalon noir et un débardeur noir, je regardai Miko faire de même en attachant mes cheveux en une unique queue, un sourire aux lèvres, contrastant avec le sérieux et l’austérité de Miko.

A bien y regarder, il n’y avait pas que nos expressions qui nous différenciaient, en cet instant. Au milieu du jardin balayé par le vent qui faisait virevolter les brins d’herbe, on pouvait y voir une kunoïchi d’expérience, dont la peau trahissait les années passées, face à une jeune kunoïchi qui avait encore une peau lisse et le poil doux. Les cheveux rouges flamboyants faisaient face aux cheveux blancs. La peau cicatrisée, marquée par des années de combats, de coups reçus et donnés, de drogues militaires, contrastaient avec ma peau immaculée, trahissant toutes ces années passées loin du combat rapproché, à m’enfuir quand on m’approchait.

Comme un symbole. Le Passé face à l’Avenir. Le dernier passage de flambeau d’une senseï à son élève. Je m’élançai en courant, commençant à donner des coups à l’Aburame, qu’elle para évidemment sans souci. Mais, l’espace d’un instant, elle me laissa faire, se contentant de reculer sans vraiment se forcer, mettant ses bras en opposition plutôt facilement. Mais je ne lâchai rien, enchaînant coups de poings et coups de pied à une vitesse raisonnable pour une non-initiée. Il n’était plus envisageable, à l’heure actuelle et avec ce qu’il se préparait, que je reste loin des combats.

Merci, Miko. Pour tout ce que tu m’as appris. Pour tout ce que tu continues de m’apprendre. Et pour tout ce que tu m’apprendras. Mes coups continuaient de pleuvoir, inutilement. Mais dans mon esprit déjà, une image me revenait. L’Aburame, sur une colline, sa cigarette à la bouche, me regardant m’enfoncer dans une jungle ténébreuse et sans fond. Mais où que j’étais, je pouvais me retourner : la colline, elle, n’avait pas bougé…




Bien sûr que ça se passe dans ta tête... Mais pourquoi donc faudrait il en conclure que ce n'est pas réel ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

Le Passé nous façonne et nous projette vers l'Avenir

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Shinobi no Hattan :: Archives :: SnH Legacy :: Pays du Feu :: Hi no Kuni :: Palais du Daimyô-