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 Retour au Bercail [PV:Yell]

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Message(#) Sujet: Retour au Bercail [PV:Yell] Lun 1 Mai 2017 - 21:13

Aussi difficile qu’elles furent, ces deux nuits de repos après la catastrophe que nous avions affrontée étaient la bienvenue. Après un combat difficile face à un des clones du démon à six queues, j’avais dû me faire soigner en urgence au risque de perdre ma main qui avait été abîmée par l’acide, et bien qu’elle soit mise hors de danger, je n’étais pas épargné de ressentir une douleur qui, très certainement, me poursuivrait tout le long de ma convalescence. Suite à cela, je n’étais pas pour autant sorti d’affaire. Il me fallait organiser les troupes afin de s’occuper, à la fois, de la surveillance du pays, de la traque de Nibi, si ce dernier était resté au pays, et de la protection et sauvetage des civils qui se trouvaient sur le passage du démon.

La fatigue et le stress s’accumulaient peu à peu, mais j’aurais du m’y attendre. Natsuki et Miko m’avaient tous deux prévenu, il me fallait trouver un moyen d’organiser mieux mon travail afin de me libérer du travail et du stress. Encore plus alors que je ne pouvais même pas me servir de ma main droite pour écrire. Je commençai donc à déléguer, déléguer et encore déléguer, mais sans réellement avoir de référent pour m’aider à me repérer. Il me fallait très rapidement trouver quelqu’un pour me servir de bras droit, une personne que je savais pouvait accomplir aussi bien le travail que moi, et en même temps, être à la fois une personne qui m’apporte un soutien et une vision différente pour faire évoluer Umi.

Mais hélas, le temps me manquait pour ça… J’avais reçu un message de la part de Konoha, qui annonçait organiser de grandes funérailles pour les morts en combat, et par la même occasion, une réunion importante de l’État-major afin que nous soyons tous informés de la situation. Naturellement, je ne pouvais m’attendre à avoir des détails sur la réunion, vu que c’était probablement secret défense, mais je pouvais deviner qu’une telle réunion n’apportait rien de bon… Aussi, je fis une répartition des tâches et me préparait à partir pour Konoha afin de prendre des nouvelles. Hélas, je ne pouvais pas emmener tous ceux qui souhaitaient assister aux funérailles avec moi, puisque nous devions garder des soldats. Mais j’avais bien une idée de qui je devais obligatoirement inviter pour cette occasion…



==============

« - Bonjour, Yell-san. Vous êtes prêtes pour le voyage ? »

Le matin de mon départ, j’avais attendu l’arrivée de Riba Yell pour me suivre et rejoindre Konoha par la mer. Elle avait combattu avec moi et devait sans doute être impatiente de retrouver sa famille afin de trouver son propre repos. Il me paraissait évident qu’elle puisse m’accompagner sur le chemin de repos. Portant mes sacs sur le dos, me limitant à ma main gauche, j’embarquai avec elle sur le navire qui nous permettrait de rejoindre les côtes du continent. J’observai encore une fois l’avancée de la plupart des travaux qui restaient à faire. Le village était habitable, mais en aucun cas complet. Il me faudrait réussir à revenir rapidement pour encadrer la suite des travaux. Lâchant une nouvelle fois un soupire, je me tournai rapidement vers Yell.

« - Je sais que vous aimeriez passer du temps là-bas pour du repos et prendre des nouvelles, mais il ne faudra pas nous attarder plus longtemps que nécessaire. Du travail reste encore à faire ici… »

La construction des infrastructures, la mise en place des systèmes de défense et de protection, sans parler de l’inspection du site de Benzaiten afin de découvrir tout ce que nous pouvions sur Nibi. Travailler dans l’urgence, comme d’habitude quoi. Il me fallait également régler plusieurs détails personnels à cause de ma position de chef de clan, chose qui je sentais bien, n’allait pas plaire vraiment aux autres membres… Mais j’affronterai tous ces problèmes sur place. Voulant trouver un autre sujet de conversation. Cependant, mon cerveau ne semblait plus être aussi fait pour les relations sociables que dans ma folle jeunesse, puisque je ne réussis qu’à sortir, en observant certains bandages encore sur sa peau, qu’une remarque maladroite.

« - Vos blessures s’améliorent ? Je ne peux imaginer ce que vous avez pu ressentir à l’intérieur de ce monstre. »

« Super Yusei, tu t’en sors comme un champion… »



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Message(#) Sujet: Re: Retour au Bercail [PV:Yell] Mar 2 Mai 2017 - 20:42

Les heures qui suivirent la catastrophe des Bijuu furent difficiles : mais rien était terminé... Ce n'était certainement pas le moment de se relâcher même si cela faisait du bien de s'accorder un peu de temps pour faire le point. Un temps précieux que nous ne pouvions pas gaspiller plus que ça : il y avait encore tellement à faire...

J'aurais voulu faire le voyage vers Konoha juste après notre affrontement contre Rokubi dans le temple de Benzaiten pour m'assurer que tous mes proches allaient bien et même tenter de leur prêter main forte mais je devais bien me rendre à l'évidence : j'étais épuisée.
Même si j'aurais pu y aller, je n'aurais pas pu empêcher la mort de mes camarades, l'ayant frôlé moi même.

J'avais hâte de retrouver Kihran, Asahi, mes parents, sa famille, Mizuki et tellement d'autres... Mais les Namijins comptaient sur notre présence ici et les instances de Hi aussi d'ailleurs. Pourtant, nous étions invités à nous y rendre en petit comité pour les funérailles de nos frères et sœurs d'armes tombés au combat... Une raison dont nous nous serions tous passés, autre les rapports et sans doute réunions auxquels les plus hauts gradés seraient conviés une fois tous rapatriés. C'était en tout cas avec honneur et gratitude que j'acceptais l'offre du Namikage pour l'y accompagner.

*****

Portant un simple sac à dos sur l'épaule, la peau encore couverte par endroits de bandages pour panser mes brûlures par l'acide, que j'allai retrouver le Yôgan sur les quais pour embarquer.

« Bonjour, Yusei-sama. J'aurai préféré faire ce voyage pour d'autres circonstances... mais oui je suis prête. »

Le bateau prit le départ, nous laissant observer le village encore en pleine construction : tout restait à faire mais il y avait aussi tellement à gérer à côté de ça...
Un coup d’œil vers le Namikage me confirma que lui aussi semblait épuisé bien qu'il ne le laissait pas vraiment paraître. Je devais moi même être cernée dû à mes courtes nuits et pourtant, je devais avoir bien moins à faire que lui qui dirigeait Umi malgré mon implication... Comment faisait-il ?

Le concerné brisa le silence qui avait commencé à s'installer, m'informant que notre escale ne pourrait pas durer quand bien même j'avais envie de retrouver les miens. J'acquiesçai en tournant la tête vers lui, les bras reposant sur le bord du bateau.

« J'en suis parfaitement consciente. Je me serais de toute façon refusée d'y passer plus de temps que nécessaire. Comme vous le dites : il y a encore beaucoup à faire. »

Mes proches me manquaient et après une épreuve comme celle là, où la mort pouvait frapper à chaque seconde, je mesurais désormais avec justesse que tout pouvait basculer subitement et que profiter de l'instant présent, alors que nous étions tous ensemble, était quelque chose d'essentiel et d'indispensable. J'allais profiter du temps que j'avais à ma disposition, c'était certains, mais je n'en abuserais pas davantage : la protection et sécurité des Namijins n'attendaient pas.

La question suivante du Yôgan était si maladroite qu'elle parvint à me faire esquisser un sourire amusé malgré la situation.

« C'est encore un peu douloureux mais superficiel. J'ai probablement ressenti autant d'effroi que vous en voyant votre camarade se faire avaler. Je ne saurais pas dire ce qui est le pire... »

J'avais eu peur de mourir là dedans, digérée par le Bijuu mais j'avais fait en sorte de me battre jusqu'au bout sans baisser les bras malgré ma situation délicate, et cela avait payé ! Grâce aux propres actions du Yôgan.
Mais je n'osais imaginer ce que lui avait pu ressentir... Comment j'aurais réagi en voyant un camarade se faire gober par une entité monstrueuse ? Probablement tout aussi mal que dans mon propre cas avec tout autant d'impuissance et de désarroi...

« Et votre main ? Elle semble en meilleure état mais cela reste douloureux j'imagine ? Je suis désolée de ne pas avoir pu faire plus sur place à ce sujet... »

Je n'étais pas médecin et ce n'était sans doute pas englober sa main d'eau recouverte d'acide qui avait pu grandement aider : limiter les dégâts tout au plus, mais c'était tout.
Je soupirai, éternelle insatisfaite de mes actions que je jugeais insuffisante.

« Vous m'avez sauvé. Je vous en suis bien sûre reconnaissante mais... j'aurais dû pouvoir l'esquiver ou tenter quelque chose au lieu de rester comme... tétanisée une fraction de seconde de trop... »

Mon regard était soudainement fuyant, quelque peu honteuse.

« Sans quoi nous aurions pu nous concentrer sur la protection de la statue et Nibi y résiderait toujours. »

Oui... avec des « si » nous pourrions refaire le monde mais les choses n'étaient pas ainsi. C'était le présent qui comptait, non un passé alternatif. Cela ne changeait rien au fait qu'en mon fort intérieur j'avais failli... Failli une nouvelle fois à la protection des miens en ne parvenant pas à empêcher la libération d'un autre Bijuu sur le monde...
Pourtant, cette fois j'avais accompli l'autre promesse que je m'étais faite : parvenir à garantir la sécurité des Namijins. Pas comme la fois où les Sunajins avait attaqué l'archipel et que, malgré leur interception, nous n'avions pu empêcher la destruction massive de la zone. Pas non plus comme lors des cas de pestes où nous n'avions pas pu empêcher la mort de toute une salle d'innocents en la personne des médecins en charge de trouver le remède...

Non. Cette fois-ci nous avions neutralisé le clone de Rokubi de manière suffisamment rapide pour qu'il ne s'en prenne pas à la région et reste isolé au temple. Il avait pris des vies avant notre arrivée, certes, mais n'avait pas pu étendre son carnage.
A quel prix cependant ? … Les Bijuus referaient parler d'eux : Nibi aussi. Ils sèmeraient le chaos une fois de plus et nous allions tous nous préparer pour affronter ce jour.
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Message(#) Sujet: Re: Retour au Bercail [PV:Yell] Mar 9 Mai 2017 - 22:12

Il y avait des fois où je me disais que j’avais bien fait de grandir depuis l’incident qui avait entraînait la mort de Ryûtama. J’étais avant jeune et naïf, pensant que tous combat que je mènerais pouvaient être à la fois épiques et dangereux, mais sans pour autant m’en sortir avec trop de bleus. Je me croyais invincible face au monde, à le regarder droit dans les yeux, lui dire que j’acceptai son défi, et fonçait tête baissée sans la moindre idée de ce qui pouvait m’attendre. Mais s’il y avait bien quelque chose que je regrettai de cette époque, c’était sans contexte ma langue bien pendue. Autant avant, je n’avais pas peur d’entretenir des relations amicales, parfois exagérément extravagante, avec mon entourage, autant aujourd’hui…

Avec la délicatesse d’un éléphant lancé à pleine vitesse dans une rue commerciale, j’essayai d’alimenter la conversation avec ma partenaire de route, en espérant que cela puisse faire durer le voyage, tout en le raccourcissant grâce au pouvoir des ellipses narratives. Cependant, comme vous l’avez constaté, ce n’était pas très brillant jusque-là… Mais heureusement, cela semblait avoir suffi pour améliorer l’ambiance déjà lourde de l’après bataille. Soupirant, le poids retiré de mes épaules, je m’appuyai sur le bord, en prenant soin de ne pas utiliser mon bras bandé et me donner plus de douleur que je n’en ressentais déjà. Action qui ne semblait pas être inaperçue par Yell qui me retourna mon inquiétude avec sa question.


« - On n’y peut rien. Vous n’avez pas de compétences médicales, donc vous avez déjà fait plus que nécessaire, c’est plus qu’apprécié. De plus, je pense que vu l’état de ma peau, un passage auprès des experts médicaux aurait été obligé de toutes façons. »

J’avais beau essayé de rire de ceci, ça restait quand même un mal de chien. La sensation de brûlure ne disparaissait pas sans antidouleur, et encore, je me réservai ce luxe que pour dormir afin d’éviter une baisse dans son efficacité. Ce n’était pas que c’était horrible, plutôt que c’était cette « présence constante » qui la rendait difficile à supporter. M’enfin, c’était le prix à payer pour la sortir de cette situation, donc bon, ça valait le coup. Cependant, cela amena un autre sujet épineux par rapport à ce qui était arrivé. Beaucoup de questions qu’elle amenait, des hypothèses sur ce qui aurait pu se passer si telle ou telle chose ne serait pas arrivée. Mais au final, nous ne pouvions rien changer, juste tirer leçon de cette bataille.

« - J’avais en effet le choix de vous laisser dans le ventre de la créature et protéger la statue, ou alors de laisser cette dernière se faire détruire ou alors concentrer mes efforts sur Rokubi pour vous libérer, mais n’agissant donc que quand il serait déconcentré par son action. Bien que mes actions sur le moment furent… Spontanées, au final, c’était le meilleur choix que j’avais à faire. »

Je voulais voir si cela captait son attention. Peut-être que l’idée de savoir que toutes autres tentatives auraient causé une pire situation allait la calmer. Enfin… Je n’ai jamais été bon pour calmer les gens après tout. Tant pis, autant continuer.

« - Nous étions tous les deux à cours de chakra, et rien ne me garantissait que les défenses que je puisse construire fussent suffisante pour stopper son attaque. Donc, nous nous serions retrouvées avec Nibi ET le clone de Rokubi à gérer, à supposer qu’il avait encore du chakra avec lui. En éliminant Rokubi, je pouvais à la fois vous libérer, supprimer une menace de Nami ET empêcher Nibi d’avoir le moindre contact avec un autre de ses frères. »

Le dernier point été discutable, mais c’était tout autant envisageable que si nous l’avions laissé en vie, Rokubi aurait essayé par la même occasion d’endoctriner Nibi à le rejoindre dans sa quête de destruction. Enfin bref, temps était de conclure.

« - Vous sauvez était ma seule option, et en aucun cas, je ne regretterais de l’avoir fait. Cela veut juste dire que je pourrais compter sur vous à l’avenir pour les arrêter. »

Une affirmation ferme que je préférais lui répéter pour mettre un point final à ses doutes. La laisser comme ça à se questionner sans cesse ne servait à rien après tout. Cependant, avec ceci, je venais encore une fois de couper toutes possibilités de discussion avec elle, ce qui ne serait pas vraiment en ma faveur. Je n’allais pas passer le reste du voyage enfermé dans ma bulle, c’était une chose sûre. Réfléchissons, réfléchissons… Ah si, peut être que ceci pourra alimenter la conversation.

« - J’ai cru comprendre que votre époux avait réussi à montrer sa valeur au clan Hayashi ? Je suis content de voir que les dires que je vous avais énoncé à votre examen Jônin n’étaient que de simples mensonges après tout. »

Je me souviens à quel point j’avais pu le réduire dans mon discours, dans le simple but de faire réagir la chûnin. Elle avait su montrer ses convictions par rapport à tout ceci, favorisant ses propres ambitions au nom de ses idéaux. Une qualité que j’aimais. Il allait aujourd’hui affronter cependant des épreuves bien plus difficiles qu’un simple interrogatoire. Et pour cause, je savais par où il devrait passer…

« - Je peux vous dire que la tâche ne sera pas facile, même si je me doute qu’il le sache déjà. Il devra compter sur tout le soutien dont il peut se munir pour affronter ces épreuves. Mais je doutes d’avoir besoin de le dire, vous saurez l’aider à votre manière après tout. »

Un faible rictus apparu sur mes lèvres, sachant pertinemment la profondeur des sentiments qu’éprouvait Yell pour l’Hayashi. S’ils étaient au moins aussi forts que lorsqu’elle l’a défendu de tous son cœur ce jour-là, il n’y avait pas de soucis à se faire.



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Message(#) Sujet: Re: Retour au Bercail [PV:Yell] Ven 12 Mai 2017 - 0:42

Les bras reposant toujours sur la rambarde du bateau, j'avisai le Yôgan qui parlait de sa blessure à la main encore bien présente et douloureuse. J'étais peinée pour lui et me sentais pour le coup assez impuissante si ce n'était de réitérer la bulle d'eau autour de sa plaie pour l'anesthésier un peu tout en calmant le feu de la brûlure. Ce que je me décidai à faire tout en l'écoutant parler, composant de rapide mudra pour envelopper sa main de mon élément.

« Vous avez raison... Au moins Nibi s'est enfuie sans connaître ou partager les desseins de son frère. Même si je doute qu'une créature de cette acabit reste sagement dans l'ombre après sa libération et avoir passé autant de temps en captivité... »

Nous ré-entendrions très prochainement parler des Bijuus d'une manière ou d'une autre : c'était une certitude à laquelle nous devions nous préparer.
Je souris néanmoins à ces mots concernant le fait qu'il pourrait compter sur moi pour arrêter les Démons à queues à l'avenir étant donné que j'étais en vie. Ses paroles étaient fermes pour cesser mon doute quant à son choix et je n'allais certainement pas regretter d'avoir encore la chance de vivre alors que tant de nos camarades étaient tombés...

Un silence commença alors a s'installer tandis que je repensai à la bataille avec ce même sentiment d’inaccomplissement que je ressentais à chaque fois. Un goût d'inachevé et une pointe de déception tout en songeant à tous ces morts que nous n'avions pas pu éviter... une fois de plus.
Mon regard se perdait dans l'horizon, les terres n'étant finalement plus visibles au loin, seul l'eau nous entourait. La présence envahissante de mon élément tout autour de nous était comme un appel à la détente. Je soupirai, comme puisant ma force en elle pour avancer. A vrai dire, j'aurais aimé pouvoir y plonger et sombrer dans ses abysses pour faire le vide et me ressourcer.

Le Yogan alimenta toutefois de nouveau la conversation en évoquant la prise du titre de Chef de Clan de Kihran au sein des Hayashi. Le fait qu'il en parle tout en ajoutant l’anecdote de ses faux propos concernant ce dernier me fit en tout cas esquisser un nouveau sourire.
Cette épreuve n'était pas si lointaine et pourtant, tellement de choses s'étaient passées depuis que j'avais l'impression qu'elle remontait à une éternité.

« Oui, il y est arrivé... bien que je n'en ai jamais douté. De grossiers mensonges en effet. »

Le taquinai-je.
C'était étrange d'entendre que Kihran était associé à mon époux... Le mariage était prévu pour d'ici peu mais je ne me faisais toujours pas à cette idée... Malgré l'évolution de notre relation, notre complicité n'avait pas changé : nous étions au fond toujours des meilleurs amis.

« J'ai foi en lui. C'est un battant plein d'ambitions. Il en sera capable en plus d'avoir tout mon soutien. »

Mon sourire était plus franc tout comme la lueur dans mon regard azuré.

« Kihran n'est pas un homme affichant son état d'esprit mais je le connais suffisamment par cœur pour savoir lorsque quelque chose le tracasse ou le pèse. Il pourra compter sur moi et cela dans n'importe quelle situation tout autant que je sais que la réciproque est vrai. »

Le clan l'avait aussi compris et le Conseil posait désormais un regard plus solide sur notre union.

« Et vous ? Pardonnez mon indiscrétion mais... comment faites vous pour gérer un clan en scission ? Ce n'est pas trop difficile ? J'imagine sans trop de peine que les Yôgan ont un tempérament aussi volcanique que leur maîtrise pour la plupart, rien a voir avec celui des Hayashi dont la noblesse de leur nom est légion et impose un certain code de conduite qui proscrit les débordements. »

Deux clans très différents donc mais durs et strictes sur bien des égards, du moins j'imaginais. Le seul autre manieur de la lave que je connaissais était Satochi qui lui faisait parti des Rakuzan et qui était plutôt posé, contrastant avec sa maîtrise.

« Pour tout vous dire... les clans me fascinent. Hormis la vision que j'en ai à travers les Hayashi que je côtoie depuis très jeune, cela reste très abstrait cette notion de famille partageant ses faits d'armes et perpétuant ses traditions. C'est un bel héritage. »

Oui , c'était réellement fascinant de voir toute ces mentalités et fonctionnement différents. Pourtant je me souvenais encore de Ryokai, mon coéquipier, qui soulignait la chance que j'avais de ne pas en faire partie.

 Je suis passée genin que très tardivement, n'ayant aucun exemple de shinobi dans ma famille pour m'y pousser. Mes parents sont civils et bien loin de la réalité shinobi, quand bien même ils en sont reconnaissants évidemment. Il faut dire que, comme beaucoup, ils ne sont sereins que depuis que nous sommes arrivés à Konoha tous les trois. »

Ma naissance à Kawa no Kuni, n'avait pas vraiment été appréciée du plus grand nombre en abomination que j'étais. Ils avaient été contraints de fuir pour notre survie, inlassablement, me mettant inconsciemment la pression pour que je ne fasse pas étalage de ce que j'étais au risque de déménager à nouveau alors même que je ne parvenais pas à maîtriser mon élément.
Personne qui rencontrait mes parents à ce jour ne pouvait se douter des épreuves difficiles qu'ils avaient pu traverser, tant leurs visages souriants et leur bonne humeur ne le laissait pas deviner mais moi je savais...

« Ma première motivation à devenir shinobi était de prouver ma valeur et faire changer le regard sur les Gogyou. Rien de bien original. Inutile de dire que cela à beaucoup évoluer depuis. »

Tout comme les mentalités d'ailleurs.
Konoha recensait bon nombres de pouvoirs originaux : ce n'était pas là bas que j'y serais un jour juger pour ce que j'étais, je l'avais appris assez vite.
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Message(#) Sujet: Re: Retour au Bercail [PV:Yell] Ven 26 Mai 2017 - 20:56

La discussion semblait se dérouler sans accrocs. Bien, au moins, ma bourde de toute à l’heure n’avait pas réussi à plomber l’ambiance jusqu’au bout. Je me sentais cependant gêné de la sentir obligée d’intervenir pour calmer ma douleur, surtout après en avoir parlé comme s’il s’agissait d’un problème majeur. Cela faisait mal, certes, mais je n’étais pas non plus quelqu’un qui succombait facilement à la douleur. Je me suis fait arracher un bout de ma poitrine après tout. Mais bon, je n’allais pas non plus l’envoyer ailleurs, cela ne se faisait pas. Je me contentais donc de la laisser faire, me disant à l’avenir qu’il faudrait éviter d’en parler.

Notre échange sur l’incident passa alors rapidement sur un autre sujet qui semblait plus trivial, heureusement. Je ne pus m’empêcher de détourner le regard de gêne face à sa remarque. Il était vrai que j’avais diffamé sur l’homme sans la moindre hésitation, alors que je ne le connaissais que guère. Mais s’il était un des autres élèves de notre Daimyô, je ne pouvais douter de ses compétences, et Yell semblait du même avis. L’homme avait de la chance d’avoir un soutien comme elle à ses côtés… Non, je ne devais plus y penser. Mon visage s’assombrit sans doute un moment mais fut vite changé lorsque sa question arriva concernant mon rôle de chef de clan.


« - Vous voulez savoir la vérité ? Je ne saurais dire moi-même. »

Retirant calmement ma main de sa bulle d’eau, ne voulant pas l’épuiser plus que ça et cherchant un point de repère, je fixai ainsi ma paume le temps de me composer pour expliquer.

« - Depuis que j’ai appris mes origines, je n’ai cessé de continuer à creuser pour comprendre un peu plus sur la nature du clan. Et quand vint le jour de leur exode… Je savais juste que je devais encore continuer à creuser, essayer de les comprendre et d’apprendre d’eux, afin de pouvoir leur rendre la confiance qu’ils m’ont apporté. Mais je ne vous cache pas que bien que cette volonté de vouloir continuer à marcher de l’avant reste… Savoir que beaucoup à Suna n’approuveraient sans doute pas ma place me fait remettre en question. »

Le poing serré, je laissais doucement ma frustration et la douleur partir en un soupire, évitant de trop montrer à Yell qui n’était en rien concernée par ça. Mais je ne pus m’empêcher de lui lancer un regard circonspect face à une de ses affirmations.

« - Cependant, contrairement à ce que vous pensez, notre clan est sans doute l’un des plus réservés de Konoha. Le pouvoir de la lave nécessite un contrôle de soi non-négligeable pour éviter de causer des conséquences désastreuses. Mon cas est un peu différent puisque mon entraînement de shinobi impliquait plus de… réactivité. »

Il fallait dire que mes deux parents étaient loin d’être des partisans du laxisme et de laisser-agir. Proactives qu’ils étaient, ils insistaient encore et encore pour que je m’impose, moi et mes ambitions, aux autres. Encore une chose que j’ai depuis longtemps oublié.

« - Le clan pourrait vous apprendre des choses qui pourraient vous surprendre, soyez-en certaines, Yell-san, comme vous pouvez m’en apprendre à votre tour. Ce n’est juste qu’une question d’ouverture d’esprit après tout. Vous dites commencer plus tardivement que d’autres, mais au final, vous vous retrouver à l’une des positions que beaucoup ne font que rêver d’avoir. Et croyez-moi quand je vous dis que ce n’est pas par simple chance que vous en êtes arrivée là. »

Et voilà que je repartais dans mes délires de prof, non de dieu Yusei, tais-toi deux minutes ! Je pouvais me rappeler de la sensation proche de honte que je ressentais à m’écouter. Soupirant donc pour désamorcer tout ça, je me relever de la rambarde pour constater que nous étions déjà bien éloigné des terres, mais que le voyage serait encore long.

« - Je pars profiter du peu de temps qu’il nous reste avant la terre ferme pour me reposer. Vous devriez faire de même pour le moment. »

La saluant brièvement, je pris ainsi le chemin de ma cabine méditer un peu, m’isoler et oublier ce qui m’entourait un instant, les bons comme les mauvais souvenirs. Juste… m’effacer, j’en avais grandement besoin si elle était encore revenue.

===============

Quelques heures plus tard, nous étions enfin arrivés à destination. C’était sans doute l’un des inconvénients de cette « promotion » : traverser des pays en plusieurs jours juste pour faire un rapport allait très probablement me mettre un rude épreuve. Forte heureusement, les nouvelles concernant des lignes de chemin de fer qui pourraient diviser le temps de voyage de plusieurs fois était une bonne chose, même si je voulais trouver un moyen de réduire encore plus le temps… M’enfin, étant donné que je me retrouvai de nouveau avec Yell, et que le meilleur moyen pour faire avancer le temps dans un RP était de parler, reprenons.

« - Maintenant que j’y pense, savez-vous comment cela se passera pour votre compagnon concernant son départ à Nami ? Nous nous trouvons tous les deux dans des situations peu avantageuses, mais là où j’ai une plus grande autorité sur le clan, j’ai cru comprendre que pour les Hayashi, les choses étaient… Tendues, sans offenses. »

Il était vrai que je n’avais pas pour coutume d’étudier les clans du village au-delà de leurs capacités. Je ne connaissais surtout que celles des Hyûga et Akimichi de par mes connaissances du passé, mais concernant le clan des maîtres végétaux, les traditions semblaient encore plus strictes que celles des Yôgan, et c’est dire quelque chose sur le sujet.

« - Je peux comprendre les problèmes qu’il pourrait affronter, mais si Mizuki-sama l’a choisi, c’est qu’elle doit bien avoir quelque chose en tête pour le soutenir… »



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Message(#) Sujet: Re: Retour au Bercail [PV:Yell] Sam 3 Juin 2017 - 14:39

Le Yôgan fini par se confier sur le poids que représentait son clan en scission. Je ne pouvais qu'imaginer ce qu'il ressentait sans vraiment être certaine de ne serait-ce que effleurer la difficulté d'une telle situation.
Heureusement pour moi, me retrouver chef de clan ne ferait jamais partie de mes attributions, pour la simple et bonne raison que je n'appartenais à aucun d'entre eux. Peut-être qu'un jour je serais à la tête d'une communauté de Gogyou, l'idée même que plusieurs de notre espèce puisse être rassemblés pour apprendre les uns des autres étant plaisante, mais il ne s'agirait que d'une communauté tout au plus et jamais une quelconque famille tissée par les liens du sang. Notre existence même était encore un mystère. Pourquoi un Gogyou apparaissait ? Une déviation du chakra ? Pourtant mes parents étaient civils et ne savaient pas utiliser la quasi inexistence qu'ils possédaient.
Le seul clan auquel j'étais liée était celui des Hayashi à travers ma relation avec Kihran. Un clan que je côtoyais depuis de longues années mais dont je n'avais appris le fonctionnement interne qu'au fil du temps, y étant aujourd'hui constamment soumise à l'aube de mon mariage avec leur nouveau chef de clan.

« J'imagine que les Yôgan de Ki no kuni possèdent leur propre mentor. Vous avez beau appartenir au même clan, avec ses coutumes et ses croyances, vous restez deux personnes différentes. C'est donc normal d'imaginer une difficulté à cohabiter entre les deux parties du clan en scission : vos situations ne sont pas les mêmes. »

Mon regard se baissa un instant, cherchant mes mots, avant de le relever vers lui.

« Je ne peux pas m'avancer là dessus, ne connaissant effectivement pas votre clan mais j'imagine que ceux de Ki sont au contraire satisfaits de savoir leurs frères et sœurs en sécurité. Puisque, hormis vos potentiels conflits internes, c'est là le plus important, non ? »

Malgré leurs différents et le choix de chacun, les Yôgan se portaient bien pour ce que j'en savais, d'un côté comme de l'autre.

La réponse qu'il me fournit ensuite concernant le tempérament des siens que j'avais imaginé à l'image de leur maîtrise me laissa surprise avant d'en sourire.

« Veuillez m'excuser pour cette erreur de jugement. Loin de moi l'idée de juger d'ailleurs mais disons que vous connaissant un peu désormais, je suis tombée dans la facilité d'imaginer les vôtres avec un caractère aussi impétueux que le votre. »

Un tempérament volcanique.

« Cela dit, je comprends cette concentration constante lié au contrôle de soi dont vous parlez. Même si je possède une parfaite maîtrise de mon élément aujourd'hui, cela n'a pas toujours été le cas... D'où mon impossibilité de rentrer à l'Académie et d'être devenue genin tardivement d'ailleurs... Et encore, je suis une élémentaire d'eau, pas d'un élément plus ravageur...
Je suis en effet convaincue que nous avons tous beaucoup à apprendre les uns et des autres, ne serait-ce parce que nous n'avons pas vécu les mêmes expériences, ni suivi le même parcours. »


Mon sourire s'étira ensuite légèrement sur son compliment, tandis que je me grattai la joue, intimidée.

« Merci Yusei-sama. Je gravis les échelons petit à petit mais ce n'est pas là ce qui me motive à les atteindre. Je veux simplement pouvoir obtenir plus de responsabilités pour aider davantage ma nation, mais puisque les deux vont de pairs... »

Après quoi il s'éclipsa pour rejoindre sa cabine, le saluant d'un signe de tête à son départ tandis que je restais sur le pont du navire à observer l'horizon qui n'était plus que mer à perte de vue.
Le vent soufflait et s'engouffrait dans mes vêtements, laissant mon regard vagabonder dessus ainsi que sur mes bandages, rejetant finalement la tête en arrière en fermant les yeux. La brise caressait ma peau, le remous des vagues apportait son lot de sérénité tandis que le chant des mouettes venaient gonfler ce tableau de sensations qui ne signifiait qu'une seule chose : j'étais vivante.

Expirant longuement, c'était l'air maussade que je venais m'asseoir sur la rambarde, laissant mes jambes pendantes contre la coque du bateau, le regard rivé en contre bas sur cette étendue d'eau massive. Son appel était puissant. Je ressentais l’entièreté de mon être voulant s'y plonger, s'immerger pour ne faire plus qu'un avec elle pour oublier et faire le vide. Mais au lieu de cela, un nouveau sourire s'esquissa sur mes lèvres, bien que timide. Nous devions faire honneur à nos morts qui s'étaient battus au prix de leur vie, nous devions continuer de vivre, pour eux.

*********

Les heures défilèrent, gardant ma position jusqu'à ce que la terre ferme soit en vue. Le débarquement se passa sans encombre dans la ville portuaire de Shinro et le voyage se poursuivait pour atteindre Konoha, laissant au Yôgan l'initiative de la prise de parole. Il aborda la position difficile dans laquelle allait se trouver Kihran en quittant son clan pour lequel il était fraîchement promu afin de rejoindre Nami.

« J'ai cru comprendre que certains membres du clan le suivraient sur place. Ce ne sera sans doute pas facile mais il sera amené a retourner assez fréquemment à Konoha vis à vis de l'Académie, lui laissant donc la possibilité de s'occuper de ses affaires claniques par la même occasion. Kihran a pour volonté d'ouvrir le clan sur l'extérieur. S'étendre en dehors des frontières de Konoha, à Umi donc, sera je pense une bonne expérience. »

Connaissant les membres du conseil, je savais à quel point la tâche serait difficile...

« J'ignore si Mizuki-sama à penser à quelque chose pour le soutenir mais il possède son soutien à elle. Elle lui fait confiance. Tout comme moi et bons nombres de personnes. Je l'assisterais dans ses démarches s'il en a besoin, pouvant même me rendre au village à sa place de temps à autre, s'il est dans l'incapacité de le faire, pour lui rapporter les nouvelles et messages concernant le clan, en ma qualité de femme du chef. »

Glissai-je dans un sourire qui devint amusé à la fin de ma tirade.

« Il s'en sortira. Nous nous en sortirons. »

Lui assurai-je avant de reprendre.

« Et vous ? Vous sentez vous capable de faire appel à votre contrôle de vous même durant vos tâches administratives dans votre bureau ? »

Je plaisantais évidemment, tout comme mon ton le laissait entendre mais j'avouais qu'imaginer une personne au tempérament de feu comme le Yôgan se tenir sur une chaise sagement devant une pile de papiers me faisait sourire.

« Mizuki-sama et Miko-sama vous ont choisi vous aussi. Je vous connais désormais suffisamment pour affirmer que j'ai pleine confiance en vous pour diriger Umi. Et puis... vous non plus vous ne serez pas seul. »

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