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 I'm the one at the sail, I'm the master of my sea ♪

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Message(#) Sujet: I'm the one at the sail, I'm the master of my sea ♪ Ven 12 Mai 2017 - 22:54




Enfin! Le moins que l'on puisse dire c'est que l'homme n'est pas facile à trouver. Même en pouvant compter sur les informations délivrées par les diverses sources à sa disposition, le localiser n'aura pas été une mince affaire. Mais tout vient à point à qui sait attendre paraît-il. Et il semblerait que cette maxime ne soit donc pas dénuée de vérité. Ainsi donc Tengoku a été aperçu dans le pays et Saori, évidemment, s'est empressée d'aller à sa rencontre. Non sans avoir averti les personnes qu'elle a rencontrées à la Mégalopole de son absence qu'elle espère momentanée. Le tout en espérant qu'elles comprendront que pour avancer dans la vie il faut savoir solder son passé...

C'est donc le long d'une des nombreuses rivières auxquelles le pays doit son nom que la noiraude est à présent en train d'avancer derrière une silhouette à peine discernable. Sur fond de soleil couchant, elle progresse avec un mélange de prudence et d'impatience. Les réponse se trouvent là, à quelques centaines de mètres devant elle. De temps à autre la forme indistincte du corps de Tengoku échappe à son champ de vision et elle presse alors l'allure pour ne pas le perdre. L'a-t-il repérée? Si c'est le cas pourquoi ne cherche-t-il pas à la semer? Se contente-t-il de la laisser s'approcher, conscient qu'il aura sûrement l'avantage? Certains animaux ne se fatiguent même pas à chasser après tout. Pourquoi le feraient-ils alors qu'il suffit d'attendre qu'une proie passe à portée?

L'autre étant à présent mort, l'enfant de Kaze sait qu'elle ne dispose plus de l'avantage. Ni de l'effet de surprise. Tengoku sait à présent qu'elle est encore en vie, quelque part. Et sûrement conscient qu'elle n'abandonnera pas, qu'elle continuera à vouloir se venger pour l'ombre qu'il a jeté sur son enfance. Cette confrontation est inévitable. Les deux protagonistes le savent. Il est temps de mettre un point final à des années d'incertitudes. Pour le bien de l'un comme de l'autre.

Finalement la nuit tombe et Saori croit un instant avoir perdu la trace de son père. Jusqu'à ce que la lumière vacillante d'un feu de camp illumine l'obscurité, semblable à un phare sensé guider les marins en péril. Ce que, quelque part, elle est. Et alors qu'elle est si proche du but la voici qui hésite, tapie derrière le relatif couvert offert par un amas de buisson recouvert d'épines. C'est peut-être lorsqu'il suffit de tendre la main pour saisir ce que l'on souhaite que la main tremble le plus. Du moins est-ce le cas en cet instant. Les minutes puis les heures s'écoulent tandis qu'elle observe l'objet de sa haine et de son affection. Un curieux mélange qui fait vaciller jusqu'à sa détermination. Détermination qu'elle pensait un brin plus implacable que ça. Combien de fois a-t-elle imaginé cet instant dans ses rêves ou ses pensées?

Finalement elle serre les poings et se faufile avec précaution jusqu'à l'âtre lumineux, profitant du fait que le noiraud cherche quelque chose dans ce qui lui sert de sac pour espérer tromper davantage sa vigilance. Ses derniers pas se muent en course effrénée tandis qu'elle concentre son chakra au bout de ses doigts et forme une lame invisible, à même de trancher les armures les plus résistantes. Le scalpel de chakra se dépose avec précision sur le cou de l'homme et fait tomber les premières gouttes de sang. Juste assez pour manifester sa présence.
"Un seul geste..." prévient-elle, la voix tremblante. "Esquisse un seul geste et je te tranche la carotide. Tu te souviens? C'est toi qui m'a appris comment vider de son sang un homme en quelques secondes. Et tu sais que j'ai toujours été bonne élève!"
Chose qu'elle n'a par ailleurs jamais mise en pratique. Et qu'elle se refuse à faire. Car bien qu'elle ait bénéficié des enseignements de l'homme à présent en son pouvoir - du moins le croit-elle - elle n'est pas comme lui. Peut-être que les salauds dans son genre sont capables de faire naître des personnes de bien. Ou peut-être qu'elle est simplement trop faible pour faire ce qui devrait être fait.
"Pourquoi?"
Pourquoi lui a-t-il fait subir tout ceci? Pourquoi a-t-il laissé Langue Dorée faire? Pourquoi n'a-t-il jamais tenté de la retrouver? Pourquoi, pourquoi, pourquoi! Ce simple mot, si infime soit-il, appelle de nombreuses réponses. Des réponses que Saori obtiendra d'une manière ou d'une autre. La pression qu'elle exerce sur la gorge de son père s'accentue et tranche davantage l’épiderme. Une manière de lui faire comprendre qu'elle entend bien obtenir ce qu'elle souhaite. Et tandis que les flammes projettent leurs ombres dansantes sur les arbres autours d'eux, le temps, lui, semble comme suspendu aux lèvres de Tengoku.


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Message(#) Sujet: Re: I'm the one at the sail, I'm the master of my sea ♪ Sam 13 Mai 2017 - 22:42

Je buvais rarement plus que de raison et, généralement, j’avais toujours sur moi des sceaux fort utiles pour me dessouler entre autre. Evidemment, je n’avais pas créé des sceaux si complexes pour un usage aussi stupide. Les sceaux en question avaient pour fonction d’éradiquer toute « chose » étrangère et dangereuse au bon fonctionnement de mon organisme. L’alcool était une de ces « choses » : il n’appartenait pas à mon organisme, détruisait mon foi et rendait mon sang impropre. Pourtant, en cette fin d’après-midi, je ne désirais pas me débarrasser des effets de ce liquide destructeur. Au contraire, je faisais tout pour m’y plonger autant que je le pouvais.

Malheureusement, le barman de l’établissement qui avait pressenti que je n’étais guère loin du point de non-retour pour tout bon soulard qui se respecte m’avait jeté dehors. Dès lors, une bouteille en main, j’errais dans ces ruelles-ci pour m’arrêter non loin d’une maison. Sans tarder je m’y adossais, prêt à m’endormir. Les paupières se faisaient lourdes, et je me sentais glisser dans le doux bras de Morphée mais, soudainement, dans ces ténèbres naissantes, je voyais une silhouette familière au loin.

« Elle, encore » conclus-je. Sans m’en rendre compte, je m’étais assoupi et me voilà plongé à nouveau dans ce même cauchemar : celui où Saori me poursuivait, pour sa vengeance personnelle. Le schéma était toujours le même, nuit après nuit : je m’éloignais d’elle, tentant vainement de me cacher, mais elle me débusquait toujours.

« Pas ce soir. Je ne me cacherai pas ! »
Décidais-je. Etait-ce l’alcool qui me faisait dire ça, ou alors une toute nouvelle volonté, je ne saurais trop dire. Pourtant, j’étais plus que résolu d’être maître de la soirée et non plus la « souris grise » effrayée. Malgré tout, je ne pouvais pas m’empêcher de me relever et de slalomer entre les maisons pour quitter peu à peu la zone urbaine de Kawa no Kuni pour me plonger totalement dans la zone rurale. Je ne voguais pas sans raison. Loin de là, je me dirigeais seulement vers un campement. Depuis le début de mon séjour dans ce pays, j’avais souvent hébergé dans des auberges, dans les bras de quelques maîtresses ou dans la maison de quelques amis mais, à la veille de mon départ et pour la signification particulière de ce jour, j’avais désiré me retirer en marge de la société. Initialement, cette soirée, j’allais la passer à boire et à boire, puis à dormir d’un sommeil de plomb jusqu’à midi.

En théorie, c’était le plan initial. Malheureusement, mon passé venait ruiner la dite soirée. Encore. Incroyable à quel point la culpabilité était un sentiment qui ne répondait à nulle logique et qui ne pouvait être tu ou ignoré par quelques théories ou séances psychologiques. Elle vous collait comme une sangsue, vous rongeait à petit feu et vous empoisonnait chaque heureux moment de votre existence. Jusqu’à cette expérience sur ces deux enfants, je n’avais jamais expérimenté ce sentiment ... et Benzaiten savait que je n’étais pas irréprochable et que j’avais commis bien des choses horribles pour la science. Cependant, entre ces « choses » et ces « enfants », il y avait une différence fondamentale : pour toutes les choses testées sur les ennemis « avant », j’avais obtenu un consentement au préalable. Or, ces enfants, ils avaient subi « contre » leur gré.

Soudainement je sens une lame de chakra, suivi d’une petite douleur. Je suis étonné : la douleur ne devrait pas exister dans un rêve, comme cauchemar. Seuls les sentiments de terreur, de bien-être ou d’anxiété pouvaient réellement affecter notre intégrité physique comme psychique. Réfléchir à tout cela m’offrait une terrible migraine. Par facilité, je mettais ce fait étrange sur le compte de l’alcool.

- Non, tu n’as pas appris tes leçons convenablement car je n’employais pas des expressions si simplistes, répondis-je nonchalamment à cette chimère de Morphée. Quand tu tranches la jugulaire, l’homme se vide de son sang en soixante seconde. C’est une mort assurée … Voilà ce que j’apprends.

« Pourquoi ».

- Arrêtes de me hanter Saori. Épargne mon sommeil. Ou alors empêches mon réveil, définitivement. Je suis fatigué de cette course.

Je suis certain que même dans ce songe, mes rides de trentenaires apparaissaient, se creusant toujours plus quand je pensais à Saori et à « l’autre ». Oh bordel … ces gosses, ils m’avaient ajouté cinq ans d’âge.
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Message(#) Sujet: Re: I'm the one at the sail, I'm the master of my sea ♪ Dim 14 Mai 2017 - 13:46




La pression de ma lame se raffermit sur le cou de celui que je considérais comme mon père il y a quelques années. Maintenant... J'hésite entre le désir ardant de lui trancher la jugulaire - selon ses termes - et l'envie pressante d'obtenir des réponses qu'il ne semble pas en état de me donner. L'odeur de l'alcool titille mes narines tandis que je reste silencieuses de longues secondes, les seuls bruits venant déchirer le silence ambiant se résumant aux crépitement du feu dans son âtre. Que faire lorsque votre tête vous commande de tuer et votre coeur, lui, de faire preuve de charité?
"Termes différents, résultats identiques..."
Est-ce vraiment utile de préciser que les circonstances m'ont empêchée d'apprendre correctement les leçons de celui qui était à la fois un père et un professeur? Les circonstances, justement, me volent cet instant que j'espérais tout autrement. Et comme à son habitude, la vie se charge de substituer à vos rêves une réalité qui n'a rien d'agréable. Il semblerait ainsi que Tengoku vive ce moment comme s'il s'agissait d'un rêve - ou, plutôt, un cauchemar - et qu'il ne saisisse pas toute la portée de sa situation. Néanmoins je suis plus ou moins satisfaite: n'a-t-il pas utilisé le terme "hanter"? Son esprit le torture-t-il pour les actes qu'il a commis? Ses propos semblent en tout cas le confirmer.
"Aurais-tu une conscience tout compte fait?"
Je relève ma question d'un sourire qui souligne ce que je n'osais pas espérer. Et je sais à présent que je ne le tuerai pas. Non, ce serait lui faire une faveur qu'il ne mérite pas. Je sais que vivre avec ses démons est une expérience autrement plus douloureuse que la mort. Il ne mérite pas la délivrance, loin de là. Et malgré l'envie toujours présente de lui entailler si profondément la gorge qu'il ne lui resterait plus que ces fameuses soixante secondes à vivre, je retiens la lame invisible qui prolonge l'extrémité de mes doigts serrés.

Mais si j'apprécie la torture psychologique que sa conscience semble lui infliger depuis quelques temps déjà j'ai en bouche le goût amer d'une victoire volée. L'alcool fausse tout. Et c'est pour cette raison que j'appose ma main libre sur son épaule pour y déposer un sceau qui commence immédiatement à déployer ses effets: le poison festif qui coule dans ses veines ne tardera pas à être extirpé de ce corps qui n'a jamais su être protecteur. Ceci fait je fais prudemment le tour de l'homme pour venir m'agenouiller en face de lui, accentuant à nouveau la pression de ma lame sur sa gorge. Encore quelques millimètres et il ne serait plus qu'un mauvais souvenir. C'est presque... irritant de voir à quel point la vie d'une personne ne tient qu'à un fil.
"Regarde-moi, sale con!" que je lui ordonne, une gifle à l'appui. "Regarde-moi!"
J'ai longuement imaginé ce que je lui dirais dans le cas de figure ou j'arriverais à la retrouver. Dans mon esprit tout ceci sonnait parfaitement bien. Chaque mot était choisi judicieusement et formait un discours capable de vriller jusqu'au coeur le plus endurci. Mais entre les rêves et la réalité, il y a bien souvent un ravin. Si ce n'est plus...
"Mon sceau va t'aider à reprendre tes esprits d'ici quelques secondes! D'ici là tâche de faire preuve d'un minimum de dignité!" dis-je d'une voix vrillée par la colère. "Tu as des réponses à me donner! Et la moindre des choses c'est que tu fasses preuve d'honnêteté cette fois-ci! Même si nous savons tout deux que ce n'est pas ton domaine de prédilection..."
Alors qu'il m'a fait miroiter la perspective de rejoindre une famille - une vraie famille - aimante Langue Dorée nous a pris, l'Autre et moi, pour poursuivre ses expériences dans un cadre dont la morale était absente. Après avoir fait naître une énième fois l'espoir dans l'adolescente que j'étais alors... Je ne lui laisserai plus l'opportunité de m'avoir ainsi. Aujourd'hui je ne suis plus la gamine stupide d'autrefois. Et j'ai les moyens de me défendre contre cet homme. Je ne serai plus jamais son jouet!

J'attends encore quelques instants que mon sceau termine son oeuvre et perçoit dans le regard de Tengoku des traces de lucidité. Oui, il comprend enfin que je ne suis pas un fantôme venu le hanter. Je suis bien la vraie Saori, celle qu'il s'est acharné à détruire dans un but qui m'échappe encore. Mais ce soir j'obtiendrai les réponses qui me font tant défaut. Et peut-être qu'il trouvera une certaine paix de l'âme en les partageant avec moi.
"Tu as tué l'Autre!" le ton est évidemment celui du reproche. "Et d'une certaine façon tu m'as moi aussi tuée lorsque tu m'as arraché la dernière personne qui se souciait un tant soit peu de moi! Je devrais t'ôter la vie, tu ne mérites pas mieux! Mais... je ne suis pas comme toi! Alors pour une fois dans ta misérable existence fais preuve d'un peu de bon sens et dis-moi ce que je veux savoir!"
La supplique est à peine perceptible dans l'intonation de ma voix. Je me suis jurée de ne pas m'abaisser à le supplier pour obtenir ce qui me revient de droit. Mais je ne laisserai pas pour autant la fierté me priver de ce qui me permettra finalement de franchir l'obstacle gigantesque que représente mon passé.
"Je veux tout savoir!" quitte à y passer des jours. "Raconte-moi tout depuis le début! Dis-moi quel sens je dois donner à une enfance que tu t'es acharné à détruire!"
Vaste sujet. La question a beau être simple je sais qu'elle appelle des réponses ô combien plus complexes. Sera-t-il coopératif? Ce qui est certain, en revanche, c'est que ma lame ne quittera pas sa gorge tant que je n'aurai pas obtenu ce que je souhaite...
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Message(#) Sujet: Re: I'm the one at the sail, I'm the master of my sea ♪ Sam 20 Mai 2017 - 1:36

- Tu sais la raison de la défaite des hommes, et des femmes, dans l’histoire ? Leur manque de précision … soupirais-je, agacé par cette réplique vulgaire de ma Chimère des Songes. Je voulais fermer les yeux, et me plonger dans un profond abyme noir, sans fond, sans lumière et sans bruit. C’était ça ma notion du paradis : le Néant.

La brume si caractéristique des rêves nébuleux se dissipait. Pourtant, ce fantôme de mon passé ne disparaissait, et encore moins sa lame. En l’espace d’un battement de cœur, je compris l’horreur de la situation : elle était « réelle ». Je ne prenais pas en compte les détails accessoires, comme sa lame bleutée menaçant mes veines bleues.

Elle me posait subitement des questions. Certes, les effets de l’alcool avaient disparu, et pourtant, sa voix résonnait comme une cacophonie dans mon esprit. J’étais pris d’une terrible migraine, comme de nausée. Je ne savais pas du tout comment elle avait goupillé son sceau, mais il y avait des imperfections. Je voudrais les souligner – déformation professionnelle, que voulez-vous – mais j’étais inapte tant j’étais pris d’un mal équivalent au mal de mer. Heureusement, ce désagréable effet ne dura que quelques pauvres secondes. Aussitôt que le temps fut écoulé, j’avais une compréhension totale et nette de mon environnement … à son plus grand malheur.

- La Précision est très essentielle pour tout scientifique
, dis-je en bougeant soudainement la main pour poser mon doigt sur une zone particulière au niveau de l’épaule, et balancer une décharge minime. De l’autre main, je repousse le dit bras immobilisé avec la lame de chakra. Je n’étais pas un « Hyuga » et donc je n’arrêtais pas une circulation chakratique, mais je n’en restais pas moins médecin et nous, nous pouvions toucher les nerfs et les muscles. Certes, les conséquences étaient différentes, mais elles n’en restaient pas moins efficaces, soit l’immobilisation totale ou partielle de la cible. Dans mon cas, la demoiselle n’allait ressentir qu’une chose : un engourdissement du dit bras, et une mollesse totale durant une petite minute. Trouve un moyen de sceller le chakra de tes cibles, avant de les menacer. Tu auras plus de poids dans ce jeu de négociation.

Plus de poids, ou en d’autres moins, le contrôle le plus total. Je l’observe, de la tête au pied. Elle avait grandement changé. Certes, je l’avais aperçu mais avec mon combat avec « l’Autre », je n’avais pas eu le temps de la graver totalement dans ma mémoire. Il n’y avait aucun doute sur un fait : elle était devenue très belle. Par contre, malgré ce changement physique majeur, elle avait toujours ce même regard : un tantinet perdu, plein d’espoir et d’attente vis-à-vis de moi… et moi, comme un gros con, je restais les bras ballants, ne sachant quoi faire avec la noiraude.

Des années que je me suis demandé ou imaginé cette fameuse scène : Que dire ? Que faire ? Comment agir ? Encore hier, j’aurais été capable de vous échafauder une dizaine de scénarios. Aujourd’hui, et à cet instant précisément, j’étais inapte. Je ne désirais qu’une chose, à vrai dire : courir. Sa simple présence me rappelait une honte passée. Et surtout une erreur impardonnable commise.

« Je suis désolé, j’ai été un gros con aveuglé par ses ambitions ? ».
« Je suis désolé, je voulais vous conseiller à une vraie famille aimante mais manque de bol, vous vous êtes fait chiper par la méchante de l’histoire ! ».
« Je suis désolé, je vous ai cherché partout ! Je vouuuus juuuure ! ».
« Je suis désolé, pour l’Autre, mais je devais me défendre, tu comprends ? ».


Tant d’excuses que je pourrais soumettre mais que je ne ferais pas. Je n’avais pas le droit de faire des excuses et c’était inutile à vrai dire. Je n’étais éligible à aucun pardon.

- A qui ai-je l’honneur ? A une petite souris grise ou à quelqu’un ?
demandais-je, sans vraiment savoir pourquoi je disais ça et pas autre chose.

Peut-être désirais-je savoir ce qu’elle attendait de moi, encore. Et sous quelle forme. Etais-je encore ce « père » ou avais-je enfin gagné mon titre de monstre totalement mérité ?

- A qui est-ce que je parle, ce soir ?


Je repoussais l’échéance d’une discussion inévitable, je le savais. Pourtant, je ne pouvais pas m’empêcher. J’avais besoin de ces précieux gains de minutes, pour ordonner mes pensées, pour mettre au clair un tantinet mon esprit … Comme à mon habitude, quand une situation me dépassait ou m’effrayait, j’adoptais des traits durs, une stature rigide et presque militaire, et je jaugeais de haut ma « cible ».
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Message(#) Sujet: Re: I'm the one at the sail, I'm the master of my sea ♪ Dim 28 Mai 2017 - 0:25


L'impression d'un dialogue de sourd, que rien n'a changé au cours de ces dernières années et que rien ne changera jamais à l'avenir... C'est avec ces certitudes qu'elle considère désormais comme immuable que la noiraude vient prendre place à côté du feu qui la sépare à présent de Tengoku. Elle se masse quelques instants le bras en se demandant si elle obtiendra ce qu'elle souhaite et si l'homme en face d'elle mérite réellement l'attention qu'elle lui voue. Le silence reprend ses droits de longues secondes, sublimé de temps à autre par les crépitements précédant des gerbes d'étincelles qui meurent bien vite dans l'obscurité. Quand elle pense au temps qu'elle a perdu à se torturer pour cet homme...

D'une certaine façon elle devrait le remercier: son état lamentable - quelque peu atténué par des éclairs de lucidité comme celui qui l'a vu paralyser son bras - détonne avec le souvenir qu'elle avait de lui. Ho ce n'était pas un ange, c'est certain. Mais jusqu'à présent il n'était jamais tombé aussi bas. L'homme semble écrasé par un poids qu'elle a de la peine à identifier. S'agit-il de remords? Elle aurait été encline à la croire pour peu qu'il accepte de coopérer. Mais son attitude démontre une forme de désintérêt qui n'a rien de poli. Pour peu qu'il regrette ce qu'il a fait dans le passé, sa désinvolture laisse présager du contraire. Tengoku est une énigme, elle le sait. Une énigme pour laquelle il faudrait dépenser beaucoup de temps et d'énergie. L'ennui c'est qu'elle n'est pas certaine d'être prête pour un tel sacrifice.

Elle se passe une main dans les cheveux en soupirant pour descelle une gourde d'eau qu'elle porte doucement à ses lèvres avant d'en soutirer quelques gorgées. Ceci fait elle se contente de hocher la tête de gauche à droite comme pour mieux marquer son scepticisme. Elle avait longuement imaginé leurs retrouvailles. Et dans la plupart des scénarios le noiraud n'agissait pas de cette façon. Pour autant elle lui concède volontiers que sa question n'a rien de bien anodin puisqu'elle évoque la dernière discussion qu'ils ont partagée avant d'être séparés. Très bien! Puisqu'il faut en passer par là...
"La petite souris grise est morte il y a bien longtemps!" affirme-t-elle en tentant de mesurer son ton. "Elle n'avait pas sa place dans ce monde. Ou, plutôt, dans le monde dans lequel tu l'as plongée!"
Tout comme elle n'avait pas sa place dans le coeur du Suchiru. Elle devrait sans doute le remercier d'ailleurs: c'est grâce à lui qu'elle a pu changer. Et elle le ferait sans doute si elle était capable de ressentir autre chose que du dégoût et de la haine pour cet homme. Mais plus qu'une vengeance ce sont des réponses qu'elle est venue chercher ce soir. Ce qui la pousse à garder ses fesses vissées sur la branche en bois qui lui sert de chaise plutôt qu'à bondir à la gorge de ce qui, autrefois, faisait pour elle office de père.
"Aujourd'hui tu t'adresses à une femme qui est venue chercher les réponses qu'elle mérite!" lâche-t-elle avant de se pencher quelque peu en avant pour qu'il puisse discerner son regard à travers les flammes. "Et qui n'est pas venue négocier - comme tu sembles le penser - mais bien exiger!"
La noiraude dépose alors l'un de ses propres sceaux sur son bras qui s'engourdit peu à peu. Ho non, elle n'est plus la gamine dont il pouvait faire ce qu'il souhaitait. Aujourd'hui elle est non seulement capable de prendre soin d'elle mais également de se protéger des personnes qui, comme Tengoku, considèrent les vies comme des chiffres avec lesquels ils peuvent jouer. Mais pour vaincre le feu il convient parfois de le combattre avec du feu. Ce qui, ici, équivaut à user des armes dont Tengoku la laisse user!
"Et moi? À qui suis-je en train de m'adresser?" le questionne-t-elle en retour. "Au scientifique qui se vantait d'être sur le point de révolutionner le monde ou à un... déchet pathétique qui se laisse victimiser par ses démons? À quel moment as-tu perdu ce qu'il te restait de dignité?"
Peut-il seulement prétendre en avoir eu à un moment de son existence? Toujours est-il que Saori découvre un sentiment qui lui était jusque-là étranger: se réjouir du malheur d'autrui. L'homme a l'air de souffrir, que ce soit à cause de sa conscience ou de son passé. Voilà qui adoucit sa propre peine...
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Message(#) Sujet: Re: I'm the one at the sail, I'm the master of my sea ♪ Jeu 1 Juin 2017 - 22:03

Plus elle parlait, plus elle exigeait, et plus j’étais désemparé. Qu’étais-je censé répondre à celle que j’avais recueilli pour l’emmener tout droit à un Enfer ? Que pourrais-je dire pour me faire pardonner de son enfance volée ? Qu’est-ce qui pouvait me justifier à ses yeux, pour expliquer que toutes ces années passées sous la Tutelle de « Langue Dorée » n’était pas une chose voulue de ma part ?

« Elle a utilisé tes recherches et théories extrêmes. Tu ne peux pas dire que tu n’as pas pris part aux expériences de Langue Dorée. Tu es impliqué indirectement » me susurrait cette conscience, une présence que je n’avais pas connu jusqu’à ma rencontre avec ces enfants, et surtout une chose qui ne parle que quand il est précisément question de ces enfants. Autrement, de toute mon existence, je n’ai rien à regretter d’autre.

Je ne pouvais pas m’excuser. Je n’en avais pas le droit.

Dès lors, que devrais-je faire ? Me ratatiner devant elle ? Me mettre à genoux et implorer pitié et pardon ? Etre un homme fort et monstrueux, à la fois ? Que voulait-elle ? Que voulais-je ? Qu’est-ce qui était le mieux pour elle, ou pour nous si possible ? Je me fichais de me brûler les ailes à cet instant-ci. Elle était devenue ma responsabilité le jour où on l’avait recueilli, et je ne pouvais donc pas fuir à ma propre responsabilité. Je repensais irrémédiablement à l’autre. Lui aussi avait été ma responsabilité, mais j’ai eu à le tuer … J’aurais pu me laisser faire, mais j’avais vu clairement l’ampleur de sa folie et du désastre causé par les expériences. La mort n’avait été qu’un acte de miséricorde.

« Mais tu l’as tué » me susurrait encore cette maudite conscience.

Un petit rire ironique s’échappa entre mes lèvres mi-closes.

- Que suis-je ? Pourquoi cela t’importe-t-il donc autant, Saori ?
demandais-je, choisissant volontairement de l’appeler par son prénom, la plaçant ainsi en égal à moi. Elle ne m’avait pas appelé « père » comme dans son enfance, preuve que je n’étais plus une figure illusoire bienveillante pour elle, preuve qu’elle avait enfin deux pieds sur terre et surtout, preuve qu’il était temps de rendre des comptes. Que je sois un scientifique révolutionnaire, ou un déchet plein de remords, cela ne change en rien le passé.

Ce qui a été fait ne peut être défait. Voilà une règle universelle, que toute la Science réunie ne pourrait combattre, ni même le Chakra. Il existait ce clan apte à manipuler le temps et l’espace – Jisetsu, si je ne me trompe pas – mais ces membres ne pouvaient jouer que sur une fraction de seconde, et non sur des années. En ce bas-monde, il existait encore des domaines réservés à des plus grandes puissances, non prisonniers d’un corps de chair et de sang et à la mortalité affligeante. Etait-ce des Dieux ? Etait-ce seulement un pouvoir immatériel ? Qu’importe. Que l’on prie, ou non, le temps ne s’inversera pas.

« Et même s’il s’inversait, l’idiot que j’étais à l’époque refera les mêmes erreurs ».
L’Homme était Homme. Libre arbitre ou non, nous n’en restions pas moins des humains d’une prévisibilité stupide. Pourtant, malgré que je sache tout cela, je ne pouvais m’empêcher d’avoir des foutus remords, et à me dire « ET si … ».

- Que veux-tu que je sois, exactement Saori ? Un homme qui s’excuse platement ? Un homme qui se met à genoux pour demander ton pardon ? Un homme qui se montre cruel ?
demandais-je, en laissant flotter un silence entre nous. Je ne peux pas changer le passé, et mes excuses ne seront jamais suffisantes pour tout ce que vous avez vécu. Alors, dis-moi, que veux-tu pour enfin connaître la paix ? Ma mort ? Ta mort ? Est-ce qu'une explication sera vraiment suffisante, car je ne souhaite nullement perdre mon temps pour une chose qui ne répond pas à tes réelles attentes ?

Sur ces mots, je sors un Kunaï et la plante entre nous.

- Couper une jugulaire vide un homme de son sang en soixante secondes, inapte à bouger. Evite le cœur ou le crâne : il suffit que tu dévies, et ton homme sera un simple légume mais qui aura peut-être le temps de se défendre à son dernier souffle, en raison de l’instinct de survie qui nous régit tous.

Le choix était offert à la demoiselle.

Est-ce que j’acceptais vraiment de mourir ? La vérité était que non. Je me défendrai, encore et toujours. Mais au moins, je saurais ses réelles intentions, et ce qu’il faut faire. Si elle désirait réellement une explication, alors je la lui offrirai. Elle y avait droit et peut-être serait-ce un fardeau en moins sur mes épaules …
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Message(#) Sujet: Re: I'm the one at the sail, I'm the master of my sea ♪ Lun 5 Juin 2017 - 17:33


Saori... C'est l'une des premières fois qu'il l'appelle par son prénom. L'intéressée fronce les sourcils et observe celui qu'elle considérait autrefois comme son père. Peut-être qu'il était plus aisé pour lui de la dépersonnalisé en refusant cet honneur à l'enfant qu'elle était alors. Une manière de ne pas s'attacher? De la réduire à un sujet d'étude sans volonté, convictions ou sentiments? Entre les griffes de ces... scientifiques elle était davantage une chose qu'une personne. Aujourd'hui les choses ont changé. Ou du moins le semblent-elles...

La noiraude ne répond pas à la première question de son némésis: qui est-il? Si seulement elle le savait... Elle n'a que des ersatz de réponses et aucune n'est satisfaisante. Oui, qui est cet homme? Un père? certainement pas! Un scientifique pour qui la fin justifie les moyens? Il y a sûrement de ça... Une personne digne de respect ou de confiance? Le passé a déjà répondu par la négative à cette question. Malgré toutes ces années Sengoku reste un mystère à part entière. Elle n'a fait qu'en effleurer les contours, rien de plus.

Les flammes continuent de déchirer l'obscurité de la nuit tandis que le sceau de la noiraude continue à faire son oeuvre. Peu à peu les sensations reviennent dans son bras. Elle fait tourner son épaule comme pour s'assurer que ses fonctions motrices sont revenues puis replonge son regard dans celui du noiraud. Partagée entre le désir de le gifler à nouveau pour l'auto-apitoiement dont il fait preuve et l'envie de le laisser poursuivre son monologue frôlant la dialectique, elle continue d'observer le silence. Jusqu'à ce qu'un kunaï se retrouve planté dans le sol, entre eux. Une invitation à l'achever? À obtenir une vengeance qu'elle souhaite et fuit en même temps?
"Ce que je veux que tu sois?"
En réalité elle n'attend pas grand chose de cet homme... Saori se relève lentement avec une grâce que la plupart des félins arborent avant de saisir la lame. Elle l'évalue un instant dans sa paume, jaugeant son poids. Puis elle s'observe un instant dans le tranchant de l'arme, son reflet se mêlant à celui des flammes.
"Simplement un homme qui assume ses actes..." finit-elle par répondre. "Tes excuses n'auraient aucune valeur et ta cruauté ne m'atteint plus. Plus maintenant. Au final tu es incapable de m'apporter la paix que je recherche. Comment le pourrais-tu alors que tu n'es même pas apte à vivre avec ta conscience?
Et dire qu'elle le considérait jusqu'alors comme un monstre sans la moindre empathie... Au final il est plus à plaindre qu'elle. Elle s'est faite une raison. Et alors qu'elle a quitté les ténèbres pour la lumière Tengoku semble avoir suivi exactement le chemin inverse. Il n'est pas emprisonné dans un laboratoire souterrain empli de cages, de cellules et autres portes blindées. Mais d'une certaine façon il est moins libre qu'elle aujourd'hui. Et ce simple constat suffit à arracher un sourire mauvais à la jeune femme. Elle lâche alors l'arme sur le sol.
"Lorsque la mort équivaut à une délivrance, elle n'a plus le moindre intérêt..." lâche-t-elle comme pour expliquer son geste. "Et puis... Je ne suis pas comme toi!"
Paradoxalement, c'est à lui qu'elle doit ce respect de la vie d'autrui. Il n'aura pas été un guide digne de ce nom sur le chemin tortueux de la vie. Mais il lui aura au moins montré les erreurs à ne pas commettre. Tengoku est le contre-exemple parfait. Et d'une certaine façon elle devrait le remercier pour ceci. Toujours est-il que l'homme ne semble pas disposé à lui céder quoi que ce soit si ce n'est une affligeante démonstration d'apitoiement. Et dire qu'elle avait espéré tellement plus de cette rencontre...
"Dorénavant je me ferai connaître sous le nom de Sushiru Saori!" l'avertit-elle en reprenant sa place de l'autre côté du feu. "Un nom que je ne serai jamais fière de porter mais néanmoins le seul auquel je puisse me raccrocher! Puisque tu es incapable de me rendre mes racines je vais tout simplement prendre les tiennes. Tu m'apprendras également toutes les subtilités de ton art! Et lorsque j'aurai obtenu de toi tout ce que je souhaite alors nos chemins se sépareront! Définitivement! Tu n'auras plus à regarder par dessus ton épaule et je pourrai enfin observer l'avenir...
Elle désigne alors d'un regard le kunaï qui semble attendre patiemment de remplir enfin son office. Le sang de Tengoku ne coulera pas ce soir! Mais peut-être que celui de la noiraude inondera la terre comme les larmes qu'elle a jadis versées au nom de cet homme?
"Jusqu'à présent tu as toujours eu le choix. C'est ce qui caractérise la liberté je crois?" relève-t-elle, usant de rhétorique."Cette fois-ci tu l'as encore: tues-moi et scelle ta propre prison! Ou alors..."
Il connaît les termes de ses exigences...
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I'm the one at the sail, I'm the master of my sea ♪

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