N'oubliez pas que vous pouvez voter toutes les deux heures sur les cinq Topsites pour le forum !
Rappel : Chaque RP doit au minimum faire 15 lignes, soit 1400 caractères espaces non compris minimum.
Partagez | 
 

 Les morts nous font les poches [Ketsueki Kazushi]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Nouveau
avatar
Informations
Grade : Genin
Messages : 62
Rang : C

Message(#) Sujet: Les morts nous font les poches [Ketsueki Kazushi] Mar 30 Mai 2017 - 18:59

Spoiler:
 

Je m'assis sur un rocher, essayant d'ignorer le léger tremblement qui avait pris ma main droite. Une première mission officielle dans le cadre du village devait en rendre nerveux plus d'un, certainement. J'estimai dans mon cas avoir plus de souci encore à me faire que la plupart de mes congénères. L'objet de ma tâche était suffisamment terrifiant pour que la seule perspective de se retrouver face à des morts pickpockets suffise à éclipser la simple angoisse d'une première mission. Etait-ce la nature du crime ou bien le réel danger qu'il représentait pour ceux qui oseraient s'essayer à y mettre un terme qui avait valu un rang B à ce labeur ? Je préférais ne pas chercher laquelle de ces deux hypothèses était correcte. J'aurai certainement suffisamment de souci à me faire dans les heures, voire les jours à venir sans avoir besoin de l'appréhender.

Bien évidemment, je n'avais pas été désigné seul pour me mesurer à une telle tâche. Autrement, on aurait certainement pu accuser sans rougir les instances chargées d'attribuer les missions d'avoir cherché à se débarrasser d'un Genin dans le désert sans même lui avoir laissé le temps de faire ses preuves. Non, je devais être accompagné d'un nouveau parmi les quelques prestigieux que comptait Suna en son sein. Un nom que j'avais déjà entendu auparavant, bien sûr. J'attendais donc que Ketsueki Kazushi me rejoigne devant les remparts du village. J'avais de l'avance, assiduité et souci de bien faire obligeant.

Agacé par la frénésie machinale et incontrôlable de ma main, je décidai de fermer le poing. Je balayai mécaniquement du regard la plaine infinie de sable qui s'étendait devant moi. Dans quelle direction devrions-nous nous diriger d'abord ? Quel village faisait la priorité ? Lequel avait dénombré le plus d'incidents ? Autant de questions auxquelles je ne pouvais répondre, ce qui me sembla être une bien grande négligence. Les hautes personnalités étaient-elles informées en priorité de ce genre d'informations ? Je ne l'étais en tout cas pas, et l'ordre de mission ne m'aidait aucunement dans mon désarroi. Une soudaine sueur froide traversa mon échine dorsale.

Je ramassai une poignée de sable et me mis à faire danser les grains entre mes doigts, les sculptant dans des formes abstraites. J'avais clairement besoin de distraction. Autrement, je ne donnais pas cher de l'état de mes nerfs à la fin de cette mission. Trop d'angoisses m'envahissaient pour que je puisse rester serein, autant que j'aurais souhaité l'être, en tout cas. Quelques instants encore, les grains de sable filèrent entre mes mains, jusqu'à ce que je les laisse retomber. La méthode était inefficace. Je me résignai à faire les cent-pas.

Le temps était clair, et semblait parfaitement propice au voyage. C'était un poids de moins. Encore que la chaleur nous accablerait certainement plus que d'habitude. Ma combinaison n'était pas tout à fait adaptée à ces aléas climatiques, ce qui pouvait sembler tout à fait paradoxal pour un soldat de Suna -et certainement l'était-ce un peu, au fond. Mais c'était là la tenue dont m'avait fait don mes parents avant de partir à la capitale. Non pas qu'elle ait une quelconque valeur affective à mes yeux, mais ils m'en avaient vanté les mérites avec une telle véhémence qu'il m'était devenu impossible de douter des capacités de cette combinaison. Elle n'avait pourtant rien de très spécial en apparence: tunique et bas blancs, suffisamment souples pour permettre des déplacements agiles, et une sacoche contenant tout le nécessaire pour un Shinobi. Je toussotai. J'avais la légère impression d'avoir été crédule ...

Un souffle de vent souleva un nuage de sable. Le désert s'agitait. Les morts devaient en faire autant, là-bas, dans ces villages que nous allions explorer. Etait-ce de l'angoisse ou une fascination morbide qui s'empara alors de mon coeur ?

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Suna
avatar
Informations
Grade : Chûnin
Messages : 500
Rang : A

Message(#) Sujet: Re: Les morts nous font les poches [Ketsueki Kazushi] Mar 30 Mai 2017 - 20:36

Cela faisait longtemps que je n'avais plus été en mission pour le village. La dernière fois, c'était avec Ruri et pour une histoire tout aussi morbide que celle pour laquelle nous étions dépêchés aujourd'hui. J'avais entendu parler de ces disparitions et vols inquiétant et je m'étais fait mon idée. Cela devait être l'oeuvre d'un nécromant. C'était pour cette raison que j'avais demandé à travailler dessus. De plus, je ne connaissais pas bien le genin qui allait m'accompagner et cela sera une bonne occasion d'en apprendre plus sur lui.

Je récupérais toutes les affaires nécessaires à ce genre de mission dans le désert et m'en allais au point de rendez-vous, les portes du village. J'avais pris avec moi de l'eau en grande quantité ainsi qu'une carte avec les lieux des méfaits marqués dessus. Il ne nous restait plus qu'à nous rendre au premier village et nous pourrons commencer.

J'approchais des portes et je voyais le Kawaguchi qui m'attendait déjà, un bon point de marqué. Je m'approchais ensuite du genin pour le saluer.

« Enchanté. Tu dois être Kyô. Je suis Ketsueki Kazushi. Tu es prêt ? »

Sans vraiment attendre de réponse de sa part, je sortais d'une de mes sacoches la carte du pays et lui indiquait le village dans lequel nous nous rendions.

« Nous en avons pour quelques heures, tu as prévu assez d'eau ? J'ai vu que c'est ta première mission. Tu dois savoir qu'une mission de rang B n'est pas sans danger, je compte donc sur toi ! Tu es un shinobi de Suna. » Je marquais une légère pause avant de reprendre. « Et surtout, n'hésite pas à me faire part de tes idées et ressentis, nous sommes là pour travailler en équipe. »

Le reste du trajet était assez calme, nous nous posions mutuellement les mêmes questions, des questions que lui, comme moi, avions entendu un nombre incalculable de fois. Le soleil tapait vraiment fort aujourd'hui et nos réserves d'eau s'amenuisait plus rapidement que prévu, c'était pour ça que je décidais de modifier un peu notre plan de route pour passer par un oasis dans lequel nous allions pouvoir remplir nos gourdes.

« On va faire un petit détour afin de remplir nos gourdes. Après l'oasis, nous en avons encore pour moins d'une heure et une fois sur place, on va aller voir les familles qui ont été cambriolées, cela te convient ? »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nouveau
avatar
Informations
Grade : Genin
Messages : 62
Rang : C

Message(#) Sujet: Re: Les morts nous font les poches [Ketsueki Kazushi] Mer 31 Mai 2017 - 16:08

Ketsueki Kazushi arriva. Je mis précipitamment de l'ordre dans mes cheveux, et m'inclinai profondément devant mon supérieur. Après tout, il s'agissait aussi de faire bonne impression. Moi qui espérais m'élever jusqu'aux plus hauts échelons dans les rangs Sunajins, je ne pouvais pas me permettre de donner une mauvaise image de moi-même lors de ma première mission.

"Très honoré d'être à vos côtés pour cette mission, monsieur."

Je jetai un oeil à la carte qu'il venait de déplier devant nous. Voilà un réflexe digne d'une personne réfléchie. Je m'en voulus aussitôt de ne pas avoir eu le même. Il m'indiqua notre première destination. Il nous faudrait marcher un bon moment pour y parvenir ... Sous la chaleur, qui se faisait de plus en plus accablante à mesure que nous avancions dans la journée, ça ne serait certainement pas une partie de plaisir. Mais on raconte bien que les habitants du désert se sont familiarisés avec leur environnement naturel, non ? Avec un supérieur à mes côtés, je ne me faisait guère trop de souci quant à notre sécurité.

"Je ferai de mon mieux, monsieur."

Et nous prîmes la route. Nous échangeâmes quelques banalités en chemin, histoire de faire connaissance dans les grandes lignes. Je ne raffolai pas de ce genre d'échanges, bien creux à mon sens et trop souvent dénués de sincérité. Mes réponses comme mes questions étaient brèves. Je préférais largement à cette discussion l'admiration que pouvaient procurer les plaines désertiques. Nous ne croisâmes personne. Rien d'étonnant à cela: les voyageurs étaient souvent, sinon toujours, solitaires, dans le Désert de Kaze. Nous étions accompagnés par une brise discrète, qui transportait un vent chaud et sec. Pas un nuage dans le ciel. Nous ne tardâmes pas à venir au bout de nos réserves en eau. J'approuvai la proposition de mon supérieur d'un hochement de tête, et nous nous détournâmes de notre chemin initial. Tout comme lui, certainement, j'avais la carte de cette zone du désert parfaitement en tête. Un digne fils du Sable ...

L'oasis ne tarda pas à se profiler. Je me chargeai de remplir nos gourdes, et profitait de l'eau fraîche pour m'en passer un coup sur le visage. Ce n'est qu'après m'être adonné à ces tâches, et alors que je me dirigeais à nouveau vers Kazushi, que j'aperçus une caravane de marchands, certainement, arrêtée un peu plus loin, derrière un petit bosquet. D'ailleurs, à quelques pas seulement -comment avais-je pu ne pas la remarquer ?- une jeune fille remplissait une cruche de l'eau de l'oasis. Je m'approchai d'elle timidement.

"Pardonnez-moi, mademoiselle. Vous ... Vous êtes des marchants ?"

Elle leva alors vers moi un regard embué de larmes. Ces yeux d'argent, ce visage pâle enserré dans cette chevelure d'encre me touchèrent certainement plus que ne l'auraient fait d'autres apprêts. La jeune fille voulut articuler une réponse, sans doute, qui se perdit en sanglots au bord de ses lèvres. Je m'agenouillai auprès d'elle. Que faire dans ce genre de situation ? On n'apprenait pas ça à l'Académie ...

"Est-ce que ... Est-ce qu'il y a un problème ?"

Là encore, sa réponse fut perdue dans un torrent de larmes. Le chagrin semblait trop accablant pour qu'elle puisse formuler une phrase correcte. Une idée me traversa l'esprit. Une idée qui pouvait ne pas être si absurde que ça ... Et qui ne coûtait rien à être essayée.

"Est-ce que vous avez entendu parler de ... Ca va vous sembler ridicule, mais essayez de me répondre, s'il vous plaît. Est-ce que vous avez entendu parler de morts revenus à la vie ?"

Ses pleurs redoublant d'intensité ne purent que m'affirmer que j'avais eu une bonne intuition. Je me levai et retournai auprès de Kazushi.

"Cette fille, là-bas. Je pense qu'elle a été victime de nos morts-vivants, ou quoiqu'ils soient. Peut être qu'elle peut nous en dire un peu plus, mais ... Pour l'instant elle a juste l'air accablée de chagrin. Il y a bien une caravane derrière les bosquets, mais je ne sais pas si elle est occupée. Qu'est-ce que vous en pensez ?"

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Suna
avatar
Informations
Grade : Chûnin
Messages : 500
Rang : A

Message(#) Sujet: Re: Les morts nous font les poches [Ketsueki Kazushi] Mer 31 Mai 2017 - 18:57

Arrivés à l'oasis, j'avais pu remarquer que nous n'étions pas seuls. Je laissais le temps nécessaire à Kyô pour les remarquer et faire ce qui lui semblait bon, sinon, j'agirai de mon plein gré, je voulais voir ses capacités, comment il gérait une mission d'une belle difficulté pour un jeune genin. Je concentrais tout de même mon chakra dans tout mon corps afin d'être prêt si jamais ces personnes devaient être des brigands.

Nous remplissions nos gourdes et nous rafraîchissions le visage lorsque je remarquais un changement de comportement chez Kyô. Il avait repéré nos visiteurs. Il décidait de s'approcher de la jeune fille afin de lui parler. Je restais à une distance raisonnable afin de le laisser travailler un peu par lui-même. Peut-être n'était-il pas assez prudent, mais j'étais prêts s'il fallait agir au plus vite. Je les laissais discuter quelques secondes et le jeune genin s'approchait de moi afin de me faire un court rapport.

« Déjà ? Intéressant, essayons de la faire retourner vers sa caravane, nous pourrons nous occuper d'eux et les aider quelques heures afin d'en apprendre plus. » Je m'approchais de Kyô ensuite afin de lui dire d'une voix faible pour ne pas être entendu. « Sois un peu plus prudent, ce n'est pas parce que c'est une jeune femme qu'il faut penser qu'elle est inoffensive, même chose pour les enfants. De plus, nous allons nous approcher de leurs caravanes et nous allons être en infériorité numérique ; reste sur tes gardes. »

Je me relevais ensuite et m'approchais de la jeune femme. Je n'étais pas forcément très fort pour ce genre de choses, mais j'allais faire de mon mieux.

« Bonjour. Tu veux retourner voir tes camarades ? Nous sommes shinobis de Suna et nous sommes là pour vous aider et mettre fin à vos tourmenteurs, s'il y en a. » Je laissais quelques secondes la jeune fille qui, toujours en sanglotant, acquiesçait tout de même mes dires sans rien dire d'autre. « Nous te suivons. »

Je faisais un petit geste au Kawaguchi afin de suivre la jeune femme et enfin arriver vers les caravanes. Ici, l'ambiance était la même qu'auparavant. Morose, triste, mais pas inamicale ou hostile. Nous saluions la dizaine de personnes présente et je m'expliquais une nouvelle fois.

« Bonjour à tous. Nous sommes des shinobis de Suna et nous sommes ici pour vous aider. Qu'est-ce qui vous amène dans le désert ? Fuyez-vous quelque chose ? »

Cette caravane n'était pas comme les autres, elle avait l'air de ressembler à quelque chose fait de rapidement, comme si ces personnes fuyaient quelqu'un, ou quelque chose. Un homme du groupe, certainement le chef, nous faisait signe de nous rapprocher. Nous nous approchions donc de cet homme et il nous faisait nous éloigner un peu du groupe.

« Vous avez raison... nous fuyons quelque chose... »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nouveau
avatar
Informations
Grade : Genin
Messages : 62
Rang : C

Message(#) Sujet: Re: Les morts nous font les poches [Ketsueki Kazushi] Ven 2 Juin 2017 - 19:20

Un homme s'approcha de nous, et nous emmena avec lui à l'écart des autres. Je restais un instant songeur, alors que nous nous éloignions, en voyant ces visages meurtris par le chagrin. Mais n'y avait-il que les larmes qui ravageaient ces yeux ? Je sentais autre chose, une sensation tout aussi intense mais différente de la simple tristesse. Ne serait-ce pas ... de la peur ? Si je devais avouer avoir été complètement hermétique à la tristesse de ces errants -mis à part les pleurs de la jeune fille, qui m'avaient ému, eux- je réalisai cependant soudain que leur peur était communicative. Ils étaient de toute évidence liés au phénomène qui nous faisait aller en direction du village victime des vols de morts, et nous avions sous les yeux le résultat de cette entreprise morbide. Je frissonnai, et voulus prévenir Kazushi. Mais c'était trop tard: l'homme avait déjà commencé son récit.

"Nous venons du village d'Onobara, plus au Nord d'ici. Si vous êtes des Shinobis de Suna, j'imagine que je peux tout vous raconter ... Peut être même pourrez-vous faire quelque chose pour nous ?"

Je remarquai qu'une nuance dans le ton de sa voix semblait indiquer qu'il voulait qu'on l'aide, plus qu'il ne l'espérait vaguement. Le constat était évident: ces gens-là étaient dans un besoin farouche d'assistance.

"Il y a encore une semaine, nous étions la famille la plus heureuse qui puisse être. Nous avions une maison assez grande pour que nous y logions tous, nous avions suffisamment d'argent pour nous nourrir et nous vêtir, et nous avions suffisamment d'amour les uns pour les autres pour que nous ne manquions d'aucun plaisir que le ciel peut offrir. En somme, nous vivions bien. Mais un premier incident arriva: ma femme mourut, précocement, et des suites d'une maladie inexplicable. Du jour au lendemain elle bascula dans la fièvre et le délire, et deux jours après son apparente contagion elle était morte. Nous la portâmes en terre et nous acquittâmes des rites funéraires avec coeur.

"Mais il semblait que notre ferveur n'avait pas été suffisante pour plaire aux dieux. Nous la pleurions encore quand, une nuit, elle resurgit sur le pas de notre porte, les cheveux encore maculés du sable du désert dans lequel nous l'avions ensevelie, au creux d'une dune. Alors que nous frissonnions d'horreur, nous la vîmes saisir les objets les plus précieux de la maison, dont la plupart étaient ses parures d'or et d'argent. Et comme elle était venue, elle repartit, les bras chargés de son butin. Nous étions pétrifiés, évidemment, et n'avons rien pu, ni voulu faire. Le lendemain, au récit que nous lui fîmes, le village décida d'un commun accord de nous exclure: nous étions des parias, à présent, et nous devions partir sous peine d'attirer la mauvaise fortune à l'ensemble du village. Le corps de ma femme fut exhumé, et nous le chargeâmes au milieu de nos autres biens avant de prendre la route."

Il y eut un moment de silence, pendant lequel les images du conte que venait de nous faire cet homme repassaient dans mon esprit. Je n'aurais su dire quel sentiment me prenait, ni même si un sentiment particulier me venait au coeur spontanément. Il est étrange de constater comment l'homme peut se détacher de l'émotion devant l'incroyable, l'indicible, tant qu'il ne l'a pas vu de ses propres yeux.

"Vous savez tout, à présent.

-Pardonnez moi, monsieur. Vous avez bien dit que votre femme -enfin, son corps, je veux dire- a été chargée sur votre caravane ?

-Oui. Nous l'avons couverte d'un drap pour qu'elle ne pourrisse pas au soleil, évidemment.

-Le corps est-il en bon état, encore ?

-En assez bon, oui.

-Bien. Vous permettrez alors certainement qu'on y jette un oeil, hm ?"

Ainsi que je l'anticipai, je lus d'abord de la colère dans les yeux de l'homme, puis aussitôt après la même angoisse qui revenait au galop.

"Oui ... Oui, faites ce que vous avez à faire."

Je jetai un coup d'oeil à Kazushi. Après tout, c'était lui le chef de file. Et il avait certainement compris ma démarche.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Suna
avatar
Informations
Grade : Chûnin
Messages : 500
Rang : A

Message(#) Sujet: Re: Les morts nous font les poches [Ketsueki Kazushi] Ven 2 Juin 2017 - 23:22

J'écoutais le récit de l'homme avec beaucoup d'attention, Onobara, nous irons peut-être là-bas en premier et seulement plus tard à notre destination prévue. J'acquiesçais après chaque phrase de l'homme et je pouvais voir que Kyô était lui aussi très intéressé et avait l'air de parfaitement saisir l'importance d'un tel récit et surtout, de mettre ses émotions de côtés. Oui, être shinobis nous demande de n'être que de simples machines dénuées d'émotions lorsque nous travaillions, nous pouvions nous permettre un peu de relâchement dans la vie privée, mais le travail nécessitait un sans faute.

Le Kawaguchi prenait ensuite les rennes de la discussion avec l'homme et demandait à aller voir le corps, d'abord énervé, l'homme acceptait ensuite. Je faisais un signe de tête à Kyô afin de lui donner mon accord et nous suivions l'homme qui nous amenait vers la dépouille de sa compagne. Je me tournais ensuite vers celui-ci afin de lui adresser quelques mots.

« Vous pouvez nous laisser seul, ne vous infligez pas plus de souffrance. Je vous remercie. » Disais tout en tenant les mains dans l'homme dans les miennes.

Il s'inclinait ensuite avant de nous laisser seul, la tristesse pouvait se lire sur son visage et je pensais bien qu'il ne voulait pas revoir une nouvelle fois la dépouille de sa bien-aimée. Je décidais de me retourner vers Kyô et d'enlever les draps qui cachait le corps de cette femme et tout en découvrant le cadavre, je demandais à Kyô.

« Tu as déjà vu un cadavre ? Cela risque de ne pas être très joli, mais tu vas devoir t'y habituer. »

Je patientais quelques secondes avant de continuer et terminer le découvrement du corps. Le corps était en parfait état, un peu de sable dans les cheveux et une petite odeur malodorante, mais rien de plus.

« Je ne sais pas ce que tu en penses, mais ils avaient l'air d'être une famille plutôt aisée et pour une famille aisée, tomber malade de cette façon me parait un peu bizarre, j'opterais plutôt pour l'assassinat. D'ailleurs, tu peux m'aider à la retourner ? Il faut chercher si on ne trouve pas la trace, ou une plaie par laquelle un poison aurait pu être administré. »

Kyô acquiesçait et rapidement nous retournions le corps. Je dévêtissais le haut de son corps afin de chercher un indice quelconque sur son dos.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nouveau
avatar
Informations
Grade : Genin
Messages : 62
Rang : C

Message(#) Sujet: Re: Les morts nous font les poches [Ketsueki Kazushi] Mer 7 Juin 2017 - 16:37

Je pinçais légèrement les lèvres alors que nous soulevions le drap qui recouvrait le corps de la morte. C'était la première fois que je voyais un cadavre, à vrai dire, et même les avertissements d'une personne avisée ne pouvaient pas préparer un esprit néophyte à ça, à mon sens. Mais sans doute mettais-je à un trop haut degré d'horreur le dégoût et l'effroi procurés par la vision d'un corps mort. Lorsque je vis pour la première fois celui de la femme étendue, je n'éprouvai finalement rien de plus qu'une forme de répulsion uniquement liée à l'odeur somme toute assez infecte qui se dégageait du corps. J'eus un léger mouvement de recul, qui put être mal interprété et pris pour de la terreur. Il ne s'agissait en fait que du dégoût le plus pur.

Je vainquis cependant facilement cette première aversion pour me concentrer sur ma tâche. Fort heureusement, le corps était assez découvert, et seulement vêtu de quelques bandelettes à certains endroits. Nous n'aurions pas à dévêtir une morte, ce qui était assez soulageant, en un sens. C'aurait certainement été un peu trop de nouvelles expériences pour une première mission ... J'examinai le visage. C'était celui d'une femme encore belle, d'un âge mûr. Ses traits avaient la finesse de ceux d'une jeune fille, et n'étaient que légèrement perturbés par des fils de rides, aux commissures des lèvres et autour des yeux. Les cheveux s'étendaient autour du visage comme une flaque d'encre noire. Je remarquai qu'ils avaient commencé à blanchir à la racine, de façon très surprenante. Un simple détail, cependant, qui ne devait pas retenir mon attention outre mesure.

"Oui, c'est vrai qu'il semble un peu étrange qu'elle soit tombée malade aussi subitement, et surtout qu'elle n'ait pas pu être traitée. Sans compter le fait que la famille victime du vol soit une famille aisée. Ca ne peut pas être une coïncidence ..."

Nous retournâmes le corps, et Kazushi le défit des bandelettes qui cachaient son dos. Mais la surface de la peau était aussi lisse que possible, sans trace de piqûre, ni de coup porté par une arme quelconque. S'il y avait eu assassinat, il avait été provoqué avec beaucoup de soin. Aucune marque de strangulation autour du coup. Il ne restait plus que l'empoisonnement, très logiquement.

Je laissai le corps aux mains de Kazushi, qui était arrivé aux mêmes conclusions que moi, certainement.

"Il y a quelque chose de bizarre dans cette histoire. A part les morts-vivants, je veux dire. On sait que ceux qui sont ramenés à la vie s'attaquent aux vivants pour les voler, leur prendre leurs richesses. Mais ça n'a de toute évidence aucun intérêt pour un mort, si ? En plus, on voit ici qu'ils s'en prennent à des familles fortunées, qui sont donc susceptibles de leur rapporter un bon pactole s'ils parviennent à les voler. La question du comment me semble donc pour l'instant secondaire, car il y en a une autre bien plus intéressante, et qui nous mènera aux réponses suivantes. Celle du pourquoi."

Je descendis d'un bond de la charrette sur laquelle était hissé le corps et retombai à terre au milieu d'un nuage de sable. Je commençai à y voir un peu plus clair, mais de nombreux points restaient à élucider.

"Pourquoi voler des gens ? Question facile: pour s'accaparer leurs richesses. Problème: on se fait facilement attraper, surtout quand on s'en prend à des gens fortunés, et donc plus à même de protéger leurs bien. Solution: ne pas se faire attraper. Et pour y parvenir, il faut soit se déguiser, soit faire appel à des complices."

Je me retournai vers le cadavre de la femme et le pointai du doigt.

"La voilà, notre complice. Bien sûr, je doute qu'on lui ait demandé son avis. Mais il me semble maintenant évident que nous avons affaire à un cambrioleur peu commun. Car il s'agit de quelqu'un capable de tuer pour ensuite rappeler les morts et les asservir. Ce profil-là est celui d'un nécromancien, si je ne dis pas de bêtises."

Je me tus finalement. Il me semblait que ma théorie avait du sens. Mais peut être avais-je été un peu trop hâtif dans mes déductions. Après tout, tout ça semblait surréalistes, même maintenant que les faits étaient ordonnés les uns par rapport aux autres.

"Qu'en dites-vous ?"

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Suna
avatar
Informations
Grade : Chûnin
Messages : 500
Rang : A

Message(#) Sujet: Re: Les morts nous font les poches [Ketsueki Kazushi] Mer 7 Juin 2017 - 18:45

Kyô et moi retournions le corps et nous n'y trouvions rien. J'étais déçu, d'une certaine marnière, car trouver quelque chose nous aurait donné un indice de bonne qualité. Nous recouvrions le corps de la défunte et remettions tout bien en place, avant de sortir de la caravane dans laquelle le corps était entreposé et dont, je l'avouais, l'odeur commençait à me déranger.

Nous tombions au sol, levant une quantité élevée de sable qui formait un nuage de poussière et le Kawaguchi parlait, me présentait ses idées, ce qu'il en concluait. J'écoutais avec grande attention ses paroles et notait dans un coin de ma tête les détails dont il avait conclu et qui correspondait pour la plupart à mes conclusions.

Le développement du jeune genin était logique et pertinent. Je l'écoutais tout de même jusqu'à la fin afin de donner à mon tour mon avis sur cette histoire. Je remarquais plus tard dans son récit, qu'il me voussoyait encore, il ne fallait pas continuer comme ça, je n'étais pas adepte du voussoiement entre coéquipiers.

« Tutoie-moi. » Je marquais une légère pause avant de continuer. « Pour ce qui est de ton raisonnement, il est tout à fait logique et j'en ai moi aussi conclu les mêmes choses. Nous avons affaire à un nécromant qui choisit ses victimes parmi les familles les plus riches des villages environnant. J'ai aussi supposé que l'empoisonnement avait lieu via le repas que les victimes prenaient et donc via les vivres, mais dans ce cas-là, pourquoi les autres membres de la famille ne sont pas touchés ? »

Je réfléchissais à ce problème tout en faisant les cent pas de l'endroit. Nous avions plusieurs possibilités, le nécromant pouvait être ; de la famille ; une connaissance ; ou tout simplement entrer en contact avec ses victimes juste avant les méfaits.

« Je suppose que ce n'est pas un membre de la famille étant donné que plusieurs familles ont été touchées, mais cela n'exclue pas cette hypothèse. Je pense plutôt que la personne entre en contact avec ses victimes et empoisonne, leur verre ou leur nourriture par exemple. »

Je m'arrêtais quelques secondes, regroupant toutes les informations que nous avions déjà. Sexe ? Homme ou femme. Méthode supposée ? Empoisonnement de la nourriture/boisson de la victime. Cible ? Famille riches. Motif ? Argent ? Vengeance ? Je mettais toutes ces informations sur papier et les montrais à Kyô afin qu'il puisse ajouter lui-même les données qu'il pouvait penser pertinente.

« Que penses-tu du motif ? Il parait évident qu'il en veut à l'argent des familles volées, mais peut-être que cela cache une vengeance ? Les personnes riches détiennent en général des terres, des entreprises et des droits, peut-être que notre nécromant pourrait en vouloir à toutes ces familles et a donc décidé de s'approprier leurs biens et de tuer des membres de leurs familles. Il serait aussi bon de déterminer le sexe de toutes les victimes, si elles sont toutes des femmes, peut-être pouvons-nous supposer que nous avons affaire à un homme qui les drague ? Dans un premier temps, allons demander au mari s'ils ont invité quelqu'un chez eux peu avant qu'elle ne tombe malade ou s'il connait toutes les fréquentations de sa défunte épouse. Je te suis. »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nouveau
avatar
Informations
Grade : Genin
Messages : 62
Rang : C

Message(#) Sujet: Re: Les morts nous font les poches [Ketsueki Kazushi] Jeu 15 Juin 2017 - 15:45

J'écoutais à mon tour les suppositions de Kazushi. Nous abondions dans le même sens, ce qui était une bonne chose. Ca m'éviterait toujours d'avoir à défendre ma thèse mordicus. J'étais plus ou moins persuadé d'avoir raison, ou en tout cas de m'être approché jusqu'à un point assez bon de la vérité. En revanche, je ne pouvais pas dire être tout à fait d'accord avec toutes les propositions de Kazushi. Sur l'empoisonnement, j'approuvais ce qu'il avait dit: le manque de traces sur le corps induisait que le poison avait été introduit par voie habituelle. Par la nourriture semblait être une bonne explication. D'autant plus qu'elle réduisait fortement le champ de nos recherches, puisqu'il devait forcément s'agir d'une personne ayant eu accès à un moment où à un autre aux réserves de nourritures de cette famille-là et, on pouvait le penser, d'autres familles ayant été victimes du même fléau.

Cependant, je ne pouvais tout à fait approuver Kazushi quant il évoqua des hypothèses de motifs. Je n'étais pas persuadé que le vol appelait forcément à quelque autre motif derrière. Il pouvait tout simplement s'agir d'une personne particulièrement cupide, qui cherchait à s'enrichir sans scrupules et sans autre préoccupations que la fortune à la disposition de ses victimes. Je désapprouvais encore plus l'idée d'une forme de crime passionnel. Cela me semblait hautement improbable, quand bien même je n'avais aucune idée du sexe des autres victimes. J'avais l'impression que partir sur cette piste-là ne ferait que nous éloigner de la vérité et du coupable, en nous menant sur un mauvais chemin. Je n'en dis cependant rien à mon partenaire, et me contentai de répondre d'un hochement de tête à sa dernière proposition.

Nous rejoignîmes à nouveau le reste de la famille. Ils avaient l'air plus accablés que jamais. Sans doute avaient-ils tout fait pour ne pas nous voir pendant que nous examinions le corps de leur ancienne parente. En un sens, c'était un sentiment compréhensible. Mais qui ne nous ferait pas bien avancer dans notre enquête si nous ne le chassions pas très vite. Nous avions besoin de la pleine coopération de ces gens, pas de sentimentalisme. Fort heureusement, ils s'étaient jusque-là montrés tout à fait disposés à nous aider. Ne restait plus qu'à espérer qu'ils continueraient dans cette voie ...

"Nous avons trouvé des renseignements utiles sur le corps de votre épouse, dis-je en m'adressant au père de la famille, auquel nous avions parlé plus tôt. A présent, nous avons quelques questions. D'abord, est-ce que vous avez reçu de la visite avant que votre épouse ne tombe malade ? De la part de n'importe qui qui ne vit pas habituellement avec vous: famille, amis, collègues ...

-Non. Nous n'avions reçu personne depuis des semaines, sinon des mois. Le village dans lequel nous vivions est très reculé, vous savez ? Les gens s'y parlent peu, sinon pour les affaires. Ma femme n'avait pas beaucoup d'amis, et le plus clair de ses journées elle le passait à la maison.

-Et le reste ?

-Elle se promenait dans les environs du village, parfois pour se rendre à une oasis proche. Pendant qu'elle était dehors, c'était Miura, notre bonne, qui prenait soin des enfants.

-Vous aviez une bonne ? Depuis combien de temps était-elle à votre service ?

-Depuis quelques années, déjà. Vous ... Vous ne la soupçonneriez pas, par hasard ? Je peux vous assurer de sa bonne conduite ! Elle ne nous a jamais fait faux bond ! C'est elle qui s'occupait de tout à la maison, de la garde des enfants jusqu'aux repas !"

Je marquai un temps d'arrêt. Tout semblait vouloir incriminer cette bonne. Mais certains détails ne collaient pas, à commencer par son ancienneté au sein de la maisonnée. Si elle avait voulu les voler, pourquoi ne l'aurait-elle pas fait plus tôt ? Pour gagner leur confiance ? Mais alors, il aurait été tout aussi rapide pour quelqu'un manipulant les arts Shinobis comme un nécromant de prendre la place de quelqu'un qui avait déjà la confiance de la famille, et de jouer son rôle ...

"Monsieur, une dernière question avant que nous ne vous laissions partir. Qu'est devenue votre bonne après que vous ayez quitté le village ?

-Elle ne nous a pas suivis, évidemment. Elle a préféré rester là-bas. En gage de sa fidélité, et parce que nous ne savions pas trop quoi en faire, nous lui avons laissé la maison. De toute façon, trop de souvenirs devenus mauvais la hantent, à présent ...

-Je comprends. Merci, monsieur, et bon courage à vous."

Je me retournai vers Kazushi. Les déductions à l'issue de cette entrevue étaient évidentes. Mais elles ne collaient pas forcément avec tout ce qu'on savait.

"Je pense que nous ferions bien d'aller jeter un oeil à la maison de ces gens, voir si leur servant y vit toujours. A vrai dire, je serais curieux de l'y trouver. Mais quelque chose me chiffonne: prenons que ce soit elle qui ait commis le crime. Comment aurait-elle pu dans le même temps répéter l'opération dans d'autre villages aux quatre coins du désert ? C'est impossible, même pour quelqu'un qui connaît le pays comme sa poche."

Je restai songeur un instant. Mais il n'était pas temps, encore, de se poser ces questions. Pour l'heure, il nous fallait confirmer nos hypothèses.

"Bon, que faisons-nous ?"

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

Les morts nous font les poches [Ketsueki Kazushi]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Shinobi no Hattan :: Archives :: SnH Legacy :: Pays du Vent :: Kaze no Kuni-