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 Compagnon équidé

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Nukenin
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Message(#) Sujet: Compagnon équidé Mer 9 Aoû 2017 - 2:18

[Tetsu no kuni - l’an moins 6]

- Ne sont-ils pas magnifiques ?

Perdu dans l’admiration des chevaux qui s’amusaient dans l’enclot fait de bois sur lequel il s’était accoudé, Keiji, surpris, se tourna brusquement en direction de l’homme qui venait de lui adresser la parole avant de de se baisser rapidement, posant un genou à terre, le visage tourné vers le sol.

- Seigneur Takeda, veillez m’excuser, je ne vous ai pas vu venir !
- Comment pourrais-je compter sur toi si tu n’es même pas capable de sentir ma présence Yukimura ?

Malgré le reproche, le ton usé par le Takeda était loin d’être rude.

- Sais-tu que des nombreux shinobi sont capables de se rendre invisibles ? Poursuivit le Seigneur tout en regardant les chevaux alors que le jeune Yukimura était toujours baissé devant lui.
- Oui, je suis au courant Seigneur Takeda et pour votre sécurité, je saurai trouver un moyen de contrer cette technique bien fourbe des shinobi … Tout à l’heure j’étais juste distrait.

En effet, quand il s’agissait d’assurer la sécurité de son maître, Keiji ne se laissait pas distraire comme il y avait quelques minutes. Sa perception laissait encore à désirer mais il mettait tout en œuvre pour devenir un fin senseur. Effort que Takeda Mugen avait connaissance. Ainsi, l’homme fixa un moment la tête brune toujours baissée devant lui avec une certaine fierté. Le samouraï était fier d’avoir recueilli le jeune Yukimura qui, comme il l’avait prédit, était en train de devenir un serviteur dévoué bien qu'il n'avait que quatorze ans. De prime, l'adolescent avait une grandeur d’âme rare dans un monde aussi cruel qu’était le leur. Une personnalité qui ferait certainement de lui un grand samouraï.

- Redresse-toi donc !

Mugen attendit que Keiji se redressa avant de poursuivre.

- J’aimerais que tu te rendes chez Koriki Ukon.
- Bien ! Se contenta de répondre Keiji tout en s'inclinant.

Aussitôt le Takeda s’éloigna.

Bien que curieux de savoir ce qui l’attendait chez Koriki, keiji ne posa aucune question à son maître. Il avait appris qu’il était inutile de demander ce que son Seigneur attendait de lui. Si celui-ci ne donnait aucune précision c’était qu’il préférait le laisser découvrir par lui-même ce qu’il avait à faire.

Sans perdre de temps, Keiji se rendit chez Koriki Ukon qui vivait dans une ferme à moins d’une heure de marche du domaine des Takeda.

Ukon était un éleveur des chevaux pas comme les autres. En effet, il s’agissait des animaux bien plus intelligents que leurs congénères. On disait même que leur intelligence égalait celle de l’homme. Le Koriki ne les considérait même pas comme des animaux qu’il élevait mais plutôt comme des véritables compagnons avec qui il cohabitait.

Sachant qu’il ne trouverait pas l’homme qu’il venait voir dans sa propre maison en plein milieu de l’après-midi qu’il était, Keiji se dirigea directement vers la clairière cachée au milieu d’une forêt se trouvant derrière le domicile de Koriki. A cet endroit les chevaux étaient laissés en totale liberté.

N’apercevant pas Ukon dans les environs, Keiji se mit à sa recherche tout en criant son nom, les deux mains autour de la bouche en guise de porte-voix …


Dernière édition par Yukimura Keiji le Mar 13 Fév 2018 - 14:21, édité 3 fois
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Konoha
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Message(#) Sujet: Re: Compagnon équidé Mer 9 Aoû 2017 - 13:03

Quarante ans. Ukon avait passé quarante années de sa vie à suivre un unique objectif, celui de la vengeance. Il avait grandit et vécu près de la moitié de son existence avec ce seul guide sur sa route. Un chemin pavé de sang, dont il s'était ouvert la voie au fil de son épée. Et lorsqu'il l'avait atteint, lorsqu'il eu enfin décapité l'assassin de son père, il ne ressentit aucune satisfaction. Le vieillard qui avait depuis longtemps accepté sa fin ne s'était même pas défendu. Son visage ne lui rendait qu'un rictus moqueur depuis le sol où sa tête gisait. Alors seulement, Ukon avait réalisé combien sa vie avait été vide, et combien elle le sera encore maintenant que la haine et le ressenti n'étaient plus la pour la combler.

Vingt années passèrent.

Ukon vivait seul, loin des hommes et de leur société. Il avait bâtit une petite maison ainsi qu'une ferme en bordure de forêt. Lui qui n'avait connu que la vie en solitaire pendant l'essentiel de son existence, il n'avait été capable de changer ce mode de vie. C'était une manière pour lui pour de se repentir des actes qu'il avait commit sous l'emprise de la haine, pour les vies pas toujours coupables qu'il avait prit, pour tous les moyens dont il avait eu recourt pour arriver à ses fins.

Enfin, vivre seul était un grand mot. Car s'il n'avait presque aucun lien avec ses semblables humains, il n'en demeurait pas moins entouré par les chevaux qu'il élevait depuis qu'il avait raccroché son sabre. Il n'y avait aucun enclos pour les retenir, aucune barrière pour restreindre leur liberté. L'immense clairière qu'abritait la forêt derrière la maisonnée d'Ukon était leur demeure, et l'ancien samurai vivait avec eux bien plus que l'inverse. Les chevaux avaient accepté parmi eux la présence de cet homme aux mille péchés, sans le juger pour ses actes passés.

En retour, Ukon s'occupait d'eux quand ils en avaient besoin. Il pansait les plaies lorsqu'ils se blessaient, s'assurait de leur bonne santé lorsque les saisons se faisaient rudes, et chassait les prédateurs qui rôdaient dans les environs. Cette forêt était leur domaine, l'endroit où coexistaient un vieux samurai usé par le temps et des chevaux qui semblaient droit sortit d'un tout autre monde. Des chevaux robustes, forts, et intelligents. Des chevaux qui attiraient la convoitise des hommes, dont le sang abreuvait régulièrement la terre sous l'action d'une lame implacable qui ne tolérait pas la présence des intrus mal-intentionnés.

Ukon était le gardien de cette forêt hors du temps, et il n'avait jamais faillit à sa tâche.


**********************


Une lame fila entre les bois, et se planta un mètre devant les pieds de Keiji. Le poignard ne vibra même pas.


« Tu es bruyant. Cesse de troubler la quiétude de ces lieux. »
lança une voix rauque et amère.


Ukon apparut dans le champs de vision de l'adolescent, alors qu'il s'avançait dans sa direction. Le poids des âges était visible sur son corps vêtu de tissus usés. La barbe grisonnante avait beau cacher une partie des rides de son visage, ses bras ne montraient qu'une musculature aussi sèche que fine, dont les veines ressortaient de sous la peau comme de gros vers de terre. Pour autant, il suffisait de croiser son regard pour comprendre qu'il valait mieux ne pas le prendre de haut.


« Qu'est-ce que tu veux ? »
demanda-t-il sèchement sans préambule.

Il dévisagea quelques secondes l'adolescent qui lui faisait face, notant les armes qu'il portait sur lui. Ukon n'avait que son vieux katana pendant à sa ceinture, mais c'était amplement suffisant pour repousser tout ce qui s'aventurait ici sans y être invité : le bras qui tenait l'arme était bien plus à craindre que la lame en elle-même.


« Tu dois être l'épéiste dont le Seigneur Takeda m'a parlé. Ramasse mon arme, et dépêche-toi. »


Ukon ne donna pas davantage d'explication, et lui tourna le dos. D'un pas rapide, il marcha dans une direction que lui seul connaissait, jusqu'à ce que des gémissements animales se fassent entendre. Les suivre les menaient dans une petite clairière à part, où était allongée une jument.


« Ne t'approche pas. Elle va mettre bas. »
ordonna-t-il.

L'endroit qu'indiqua son doigt imposa à Keiji de s'assoir, tandis que lui s'approcha de la jument dont il flatta l'encolure. Ses doigts noueux caressèrent le ventre de l'animal, mais son expression n'était pas rassurée. La cheval était âgée, et l'accouchement ne se présentait pas bien pour elle. Ukon faisait de son mieux pour l'assister, mais il était quasiment certain qu'elle ne verra pas son poulain grandir, à supposer qu'elle parvienne seulement à le faire naître. Quelques hennissements témoignaient de sa souffrance.

Ses mains glissèrent le long de la croupe, puis il plongea le bras sous la queue jusqu'au coude, à la recherche du poulain. Ses sourcils froncés n'étaient pas de bon augure alors que le poulain semblait ne pas bien se présenter. Ukon tenta pendant un moment de faire tout ce qui était possible pour assister la mère, mais après plus d'une demi-heure de travail dans la souffrance, il su qu'il devait agir avant qu'il ne soit trop tard. La seule solution possible dans cette situation...

La tête de la jument dans ses mains, il plongea son regard dans la sien. La seule fois sans doute où Keiji lira cette expression sur lui. La conversation se passa de mot entre le vieux samurai et la cheval, alors qu'il plaqua son front que celui de l'animal. L'accord sembla tacite.


« Adieu Mimiraï. »
murmura-t-il.

Puis il se redressa de toute sa hauteur, et adressa un regard froid à Keiji. 


« Donne-moi mon couteau. »
ordonna-t-il en tendant la main.
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Message(#) Sujet: Re: Compagnon équidé Dim 27 Aoû 2017 - 20:37

Ce fut une lame qui vint dans sa direction qui fit taire Keiji. L’arme se planta à un mètre devant le Yukimura qui marqua instantanément un arrêt. L’adolescent savait que le vieux Ukon avait fait exprès de ne pas l’avoir visé directement. Tous ceux qui connaissaient le samouraï qui s’était reconverti en éleveur des chevaux connaissaient sa dextérité au maniement d’armes. Habilité qu’il n’avait pas perdu malgré son retrait du monde des combattants et son âge plutôt avancé.

Le jeune Yukimura se contenta de hocher la tête en guise de confirmation des propos avancés par le vieux Koriki. Ce dernier avait déduit son identité sans pour autant avancer son nom. Puis, craignant de mettre en rogne le vieil homme, avec un certain empressement Keiji ramassa l’arme qui s’était plantée dans le sol sous l’ordre de celui même qui l’avait lancé. Le jeune Yukimura se pressa ensuite d’emboiter les pas de l’ancien afro samouraï qui s’était éloigné sans l’attendre. Le vieillard le mena dans une clairière plus éloignée où une jument était en train de mettre bas. Sous l’invitation d’Ukon, Keiji s’assit sous un arbre qui se trouvait assez éloigné de l’endroit où était allongé l’animal qui semblait atrocement souffrir. La jument avait du mal à mettre au monde son petit.

Le jeune Yukimura eut de la compassion pour la pauvre bête mais Ukon semblait bien plus compatir que lui. Le samouraï en retraite était certainement l’être le mieux placé ici-bas pour ressentir et comprendre les sentiments de la jument qui était bien plus qu’un simple animal de compagnie pour lui.

Le Koriki tenta d’assister la jument dans sa mise bas difficile mais les choses ne s’améliorèrent pas. La situation semblait même devenir alarmante. Déduction faite par Keiji en lisant l’expression bien grave qu’affichait Ukon. Une expression qu’il voyait pour la première fois chez le vieil homme.

La gravité de la situation ne tarda pas à se confirmer lorsqu’Ukon dit adieu à la jument avant de se redresser pour aller réclamer son arme blanche que Keiji avait gardée. Brusquement, le jeune Yukimura se redressa pour se tenir face à Koriki.

- Vous n’allez quand même pas …

Keiji laissa sa phrase en suspend réalisant que le vieil homme savait parfaitement ce qu’il faisait. L’ancien samouraï avait après tout abandonné la voie du bushido pour consacrer le restant de sa vie à ses chevaux. Animaux auxquels il accordait certainement bien plus d’attention et d’importance qu’à ses propres semblables. Il était un Dôbutsu dans l’âme. Un être capable de communiquer avec ses propres animaux. Un don que certains samouraïs réussissaient à acquérir à force probablement de communion avec la nature. Seigneur Takeda Mugen lui-même avait développé cette aptitude avec son propre cheval qu’il avait acquis parmi l’élevage du vieux Koriki.

Sans ajouter le moindre mot, Keiji rendit son couteau à Ukon avant de se diriger vers la jument. L’adolescent posa un genou à terre puis se mit à caresser l’animal au niveau de la tête, cherchant à l’accompagner dans ces derniers moments. Le Yukimura ne cessa pas de tâter l’animal alors que Koriki s’exécutait pour le délivrer de sa souffrance tout en essayant de sauver son petit …


Dernière édition par Yukimura Keiji le Mar 13 Fév 2018 - 14:22, édité 2 fois
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Message(#) Sujet: Re: Compagnon équidé Lun 28 Aoû 2017 - 11:39


Ukon lui ôta le couteau d'un mouvement sec, ne jetant même pas un regard sur l'adolescent.

« J'ai déjà beaucoup trop attendu. »
grogna-t-il, comme pour se convaincre.

Convaincu, il l'était, mais le geste n'en restait pas moins douloureux. Malheureusement, la situation exigeait de faire des choix où aucun n'était bon. Et il en avait fait beaucoup trop de mauvais dans sa vie pour se permettre d'hésiter et de regretter encore.

Son couteau ne trembla pas dans sa main lorsqu'il l'enfonça dans le ventre de l'animal, et d'un mouvement fluide, lui ouvrit le ventre. Mimiraï ne poussa qu'un unique gémissement avant de s'éteindre, l'âge et la fatigue l'ayant beaucoup trop affaiblit pour supporter davantage. Aussitôt, il enfonça ses bras dans la plaie béante, et en arracha le poulain couvert de fluides sanglants. A demi enseveli dans les restes de son placenta, le jeune cheval vit pour la première fois la lumière du jour.

Ukon déchira son enveloppe, et le laissa prendre connaissance avec le tout nouveau monde qui s'offrait à lui. Le temps d'accorder ses dernières pensées pour Mimirai. C'était une vieille jument, l'une des plus âgées de ceux qui vivaient dans cette forêt. Elle l'était trop pour mettre bas une dernière fois, mais cela l'étalon n'y prêtait aucune attention. Au moins, Ukon avait pu sauver une vie plutôt que d'en perdre deux.

Le poulain rampa au sol, tentant péniblement de se tenir debout sur ses quatre appuies. Et instinctivement, il avança vers sa mère. Ukon le souleva et bloqua ses jambes alors qu'il se débattait.


« Ce poulain n'a aucune chance de survivre tout seul sans sa mère. Ce n'est pas le troupeau qui s'occupera de lui. »


L'animal ne pu que hennir faiblement dans la prise ferme d'Ukon, alors qu'ils s'éloignaient du cadavre de Mimireï. Il n'y eu pas de sépulture, pas de cérémonie : la nature s'occupera déjà de tout.


« J'ai parlé au Seigneur Takeda de cette situation mais... elle est arrivée beaucoup plus tôt que prévu. »
annonça-t-il à Keiji avec un visage fermé. « C'est pourquoi tu es là. »

Il n'en ajouta pas plus jusqu'à ce qu'ils soient arrivés derrière chez lui, dans un minuscule ranch ne pouvant contenir qu'un seul cheval. Il était parfaitement entretenu, mais l'on voyait très clairement qu'il n'était que très peu utilisé. Ukon le posa doucement dans la paille de son enclos, puis se tourna vers Keija pour lui déclara de sa voix rauque.


« Tu appartiens désormais à ce poulain pendant les cinq prochaines années. Si tu t'occupes convenablement de lui, alors il t'acceptera comme compagnon. »


Ukon fut plutôt avare en explications : il en resta là et laissa seul Keiji dans l'enclos. Le poulain de son côté se dressa pour la première fois sur ses jambes flageolantes, et d'un pas mal-assuré, fit ses premiers pas en rond, essayant de comprendre tout ce qu'il percevait autour de lui. Les odeurs, les sons, les sensations, tout était nouveau pour lui. Et dans son déséquilibre, il finit par percuter contre l'adolescent avant de prendre peur et bondir en arrière. Il chuta dans la paille.

Ukon revint une demi-heure plus tard, déposa un sceau de lait et une sorte de biberon sans un mot, et reparti. Aucun des chevaux de cette forêt ne lui appartenait, il ne faisait que vivre avec eux. Ils étaient libres, et toléraient sa présence, rien de plus. A ce titre, il n'en avait aucun à vendre, aucun à donner. Il n'était pas un marchand, mais un gardien. Si le Seigneur Takeda pouvait se vanter que sa monture était originaire de ce bosquet, ce n'était en aucun cas lui qui l'avait choisit : c'était elle qui l'avait accepté. Ce lien qui les unissait tous les deux, il ne l'avait pas acquit : il l'avait mérité.

Keiji allait connaître la même épreuve. Tout comme son Seigneur, il aura à prouver qu'il avait le cœur d'un Dobutsu. L'âme d'un homme capable d'ouvrir ses perceptions au-delà de sa nature, et d'y arriver de lui-même. Ce n'était pas quelque chose que l'on pouvait enseigner, pas plus que l'on pouvait l'apprendre : l'on naissait ainsi. Et avant même de le prouver aux autres, Keiji allait devoir se démontrer à lui-même s'il en était capable, seul. Ukon lui laissait dix jours.

Si l'adolescent ne parvenait pas à comprendre de lui-même les besoins et les attentes du poulain d'ici là, alors Ukon lui reprendra l'animal et le chassera de sa maison.
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Message(#) Sujet: Re: Compagnon équidé Jeu 31 Aoû 2017 - 23:51

Alors que la lame du vieux Ukon commença à cisailler le ventre de l’infortunée jument, Keiji détourna les yeux de la scène. Ayant vécu l’enfer dans son pays natal qui était Hai no kuni, le Yukimura avait pourtant déjà vu bien des horreurs malgré son jeune âge mais il ne pouvait supporter de voir le pauvre animal se faire ouvrir vivant. L’adolescent savait pourtant que c’était l’unique solution pour tenter de sauver au moins la vie du poulain alors que tout espoir était perdu pour la mère. Perdre une vie au lieu de deux, voilà la solution qu’avait opté Koriki.

La jument n’émit qu’un faiblement hennissement avant de s’éteindre alors que l’ancien samouraï à la coupe afro extirpait du ventre de l’animal, à présent béant, un petit être qui quant à lui montrait un signe de vie. Le poulain gigotait et à peine libéré du placenta et du cordon ombilical, il tenta de se tenir maladroitement sur ses pattes et s’avancer vers sa mère mais Ukon le saisit pour l’éloigner aussitôt de sa mère sans vie. Keiji les suivit dans le silence.

En chemin vers une minuscule écurie ou plutôt un simple box prévu pour un unique cheval, le jeune Yukimura apprit enfin la raison de sa présence chez le vieux Koriki. Il semblerait que le Seigneur Takeda désirait qu’il s’occupe du poulain dont il était au courant du sort qu’attendait la mère. Une véritable surprise pour l’adolescent qui pensait avoir mieux à faire que s’occuper d’un animal. Il aimait certes les animaux, particulièrement les chevaux dont il était constamment entouré, mais il n’avait clairement pas le temps à consacre à l’éducation d’une de ces bêtes. En effet, désirant devenir un guerrier digne de servir son Seigneur à qui il était dévoué corps et âme, Keiji consacrait son temps à la maîtrise du bushido et il avait encore du chemin à faire avant de prétendre être un véritable samouraï.

Cinq ans ? La stupéfaction voila le faciès de Keiji mais auquel Ukon ne prêta aucunement attention car aussitôt l’ancien samouraï s’éclipsa, laissant l’adolescent seul avec le poulain. Ce dernier se redressa puis tourna en rond dans la petite stalle alors que le jeune Yukimura le fixait sans vraiment le voir. L’esprit de l’adolescent était complètement brouillé tant il était chamboulé par ce que lui arrivait. Consacré cinq ans de sa vie au poulain alors qu’il avait déjà tant à faire ? Impensable. Keiji ne pouvait pas pourtant refuser de s’occuper de l’animal car c’était comme un ordre indirect de son Seigneur. Refuser serait donc comme désobéir.

Le poulain qui lui rentra dedans dans sa maladresse ramena Keiji à la réalité. Sous l’effet de la surprise, le petit orphelin maladroit rebondit et finit par retomber sur le postérieur. Instinctivement, l’adolescent se précipita vers la pauvre bête désorientée.

- Fais attention petit gars ! Tu es encore fragile alors ne force pas trop !

Se laissant guider par son instinct, Keiji se retrouva à chercher à rassurer l’animal qui ne cessait soudain d’hennir. Acte que le jeune Yukimura associa à des appels destinés à sa mère mais qui malheureusement n’était plus parmi eux. Orphelin lui-même, le jeune Yukimura comprenait parfaitement la détresse de l’animal.

Les secondes puis les minutes s’écoulèrent et Keiji resta là, cherchant toujours à consoler le poulain par des caresses mais sans trop insister car il remarqua que la petite bête cherchait à s’échapper de ses mains si celles-ci étaient trop persistantes. Il rompait donc le contact dès que l’animal le repoussait puis attendait un moment avant de recommencer. Après plusieurs tentatives, le poulain finit par le laisser faire. Victoire qui arracha un sourire satisfait à Keiji qui, sans réellement s’en rendre compte, commençait à s’attacher tout doucement à l’animal malgré sa réticence de s’en occuper initialement …


Dernière édition par Yukimura Keiji le Mar 13 Fév 2018 - 14:22, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: Compagnon équidé Mar 23 Jan 2018 - 20:37

Ukon finit par revenir une bonne demi-heure plus tard avec de quoi nourrir le poulain alors que Keiji se demandait justement s’il ne devrait pas aller le voir afin de lui demander de quoi ou plutôt avec quoi nourrir la pauvre bête qui n’avait pas de mère pour subvenir à ce besoin primaire de tout être vivant. Le jeune Yukimura avait déduit que le petit orphelin devait être affamé, n’ayant rien avalé depuis sa naissance bien éprouvante.

Une fois de plus, le vieux Koriki démontra qu’il en savait plus que quiconque sur ces animaux qui l’entouraient. Il paraissait savoir le moindre besoin de chaque cheval, jeune ou moins jeune, qui se trouvait dans les environs. Keiji était presque en admiration face à tant de connexité entre être humain et la nature.

A la vue de l’ancien samouraï, Keiji se redressa alors qu’il s’était installé en tailleur au fond de la box, le poulain couché à ses côtés et qu'il n'avait cessé de caresser comme si là était l’unique chose dont avait besoin le jeune animal. L'adolescent se dirigea vers le vieil homme qui tourna les talons aussitôt avoir déposé un seau contenant de lait et une bouteille à goulot étroit équipé d’une grosse tétine en caoutchouc. L’apprenti samouraï comprit alors que c’était à lui de se débrouiller pour nourrir le poulain. Loin d’être niais, keiji capta que le vieux Kuriki le mettait à l’épreuve et l’adolescent comptait bien lui démontrer, ainsi qu’à son Seigneur, qu’il était tout à fait capable de mener à bien la « mission » qu’on lui confiait. Une « mission » qui allait durer cinq ans.

Malgré le fait qu’il commençait sérieusement à apprécier le poulain, Keiji ne put s’empêcher de lâcher un soupir à l’idée de devoir partager désormais son temps entre son apprentissage en tant que samouraï en devenir et le poulain qu’on lui confiait pour cinq longues années. Non seulement il allait devoir réduire ses heures d’entrainement mais également le temps passé auprès de son Seigneur dont il appréciait tant la compagnie. Un privilège qui se présentait déjà si rarement mais qui allait l’être certainement de plus en plus avec son emploi du temps qui s’annonçait surchargé. Fréquentant quotidiennement des chevaux depuis son arrivée à Tetsu no kuni – car c’était le moyen de locomotion des samouraïs mais aussi des gens aisés dans le coin - le jeune Yukimura savait à quel point s’occuper d’un cheval demandait beaucoup de temps ; surtout que le sien n’était qu’un poulain qui n’avait que lui pour l’aider à survivre dans ce monde qui s’était montré si cruel envers le pauvre animal dès sa naissance.

- Tu as intérêt à être adorable mon petit gars ! Lâcha le Jeune Yukimura sur un ton loin d’être agressif malgré l’avertissement.

Tout en parlant l’adolescent avait soulevé le seau de lait après avoir attrapé le biberon pour les ramener auprès du poulain qui, attiré sans doute par l’odeur de lait, se releva avec disgrâce avant de se diriger vers Keiji. Ce dernier déposa le seau dès que l’animal arriva à son niveau puis, à genoux, il remplit la bouteille, qui allait servir de biberon, de lait tout en empêchant le poulain de fourrer sa tête fans le seau, cherchant à boire directement dans le récipient. Keiji se demanda d’ailleurs pourquoi se servir de biberon alors que l’animal pourrait très bien se nourrir directement dans le seau. Mais, se disant qu’Ukon savait bien mieux que lui comment s’occuper de ces bêtes-là, l’adolescent fit alors comme lui avait « suggéré » l’ami des chevaux.

Le poulain, guidé sans doute par son instinct de survie, n’eut pas du mal à mettre le bout de la tétine en bouche et aspirer le contenu de la bouteille mais une quantité considérable de lait coula rapidement le long de la commissure de ses lèvres. Keiji rompit alors la tétée et chercha à replacer le biberon correctement mais le jeune animal se montra impatient, compliquant ainsi le travail de l’adolescent. Keiji finit même par reculer face à l’impatiente de la petite bête qui cherchait à gober la tétine allant jusqu’à pousser son apprenti nourrisseur.

- Tout doux petit gars ! Laisse-toi faire sinon on ne va jamais y arriver !

Après plusieurs secondes de peine, le jeune Yukimura parvint enfin à mettre correctement le biberon dans la bouche du poulain qui se délecta par des suçons vigoureux qui forçait Keiji à maintenir fortement le récipient pour empêcher que celui-ci ne lui échappe des mains.

Le poulain ne mit pas longtemps pour finir tout le lait que Ukon avait apporté.

- Tu restes sagement ici !

Après ces quelques mots, l’adolescent quitta le minuscule étable, sans avoir oublié de tâter le poulain une dernière fois afin de le rassurer. Le jeune garçon alla retrouver l’afro samouraï avec le seau vide ainsi que le récipient qui servait de biberon au poulain.

- Il a tout bu, lâcha Keiji avec une certaine réjouissance d’avoir accompli sa mission de nourrir la petite bête orpheline.

Le jeune Yukimura tendit le seau et le biberon au vieux Kuriki ne sachant pas où les ranger.

- Est-ce que je peux lui donner un nom ? Sollicita Keiji sans la moindre hésitation avant de se rappeler d’une chose très importante au préalable … Est-ce que c’est un mâle ou bien une femelle ?

L’apprentie samouraï pourrait aller vérifier lui-même le sexe du poulain mais l’idée ne le réjouissait guère ; rien que d’y penser le dégoutait presque. Et puis, si ça se trouvait c’était une information que détenait déjà l’ami des chevaux …


Dernière édition par Yukimura Keiji le Mar 13 Fév 2018 - 14:23, édité 1 fois
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Konoha
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Message(#) Sujet: Re: Compagnon équidé Mer 7 Fév 2018 - 9:19


Ce n'était pas les tâches qui manquaient à accomplir dans sa maisonnée et ses environs, mais tant que le jeune samurai était en prise avec le tout jeune poulain, Ukon préférait rester dans les parages. Il n'était pas éducateur, il ne l'avait jamais été, et pourtant, il sentait que l'apprenti de Takeda allait passer du temps ici. Que lui allait passer du temps à lui apprendre à s'occuper d'un cheval.

Cette pensée ne lui plaisait pas. S'il s'était retiré du monde pour vivre en anachorète, c'était bien pour éviter le contact avec les autres, qui ne faisaient que lui rappeler la vie qu'il avait mené pendant près de quarante ans. Une vie que tant d'autres semblaient s'acharner à vouloir suivre dans des mesures moindre. Un visage par-ci, un cadavre par là n'était pas dérangeant, la réputation des bois dans lesquels il vivait n'attiraient pas grand monde, mais en restant, Keiji deviendra plus qu'un visage. Et il n'avait pas le comportement de celui qui deviendra de sa main un cadavre. A quoi jouait donc Takeda, cet homme qu'il ne reconnaissait même pas comme Seigneur de ce territoire, en envoyant Keiji ici ? Espérait-il que comme lui jadis, son apprentis soit toléré par le poulain ?

Les réflexions du vieil épéiste perdurèrent un moment, jusqu'à être interrompu par l'arrivée de leur source. Keiji se présenta à lui avec le sceau vidé. Et à son air fier sur le visage comme s'il venait d'accomplir la tâche de sa vie, il ne devait pas l'avoir renversé.

« Peut-être qu'il arrivera à quelque chose. »
songea Ukon sans prendre le matériel qui lui était tendu.

Puis les demandes de Keiji remirent son avis en question.


« Si vous n'osez pas regarder, le mieux serait peut-être lui demander dans ce cas. »
répondit-il dans un sourire à mi-chemin entre la moquerie et le rabaissement.

Il ne le regarda toutefois pas de haut, et alors que son sourire s'effaça, il lui indiqua une direction dans les bois.


« Il y a une rivière par là-bas. Allez laver votre matériel. Et si vous voulez manger, je vous suggère d'apprendre à chasser. Il y a beaucoup de petits gibiers aux alentours. »


Il ne lui sembla même pas utile de préciser que Keiji n'avait pas à mettre les pieds dans le domaine des chevaux. Car contrairement aux croyances, Ukon n'était pas ce que les braconniers avaient le plus à craindre...

Ainsi débutèrent les dix jours de test de Keiji. Les dix premiers de cinq années s'il prouvait qu'il avait un Cœur de Dobutsu, un âme capable d'entrer en résonance avec les animaux, et de comprendre leurs besoins.

Ce n'était pas Ukon qui le lui apprendra. Le vieil épéiste pouvait lui enseigner la méthode, les connaissances que Keiji ne pouvait décemment pas avoir, mais c'était au jeune homme de comprendre et d'interpréter les besoins du jeune poulain.

S'il en était seulement capable...
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Message(#) Sujet: Re: Compagnon équidé Mar 20 Mar 2018 - 20:40

L’enthousiasme qui animait Keiji s’éteint tel une flamme sur laquelle on venait de jeter de l’eau alors qu’Ukon s’exprima. Un instant, l’adolescent, emporté par la bonne humeur, avait complètement oublié que le vieillard était un parfait asocial qui ne mâchait pas ses mots, pas même devant le Seigneur Takeda.

Tu devrais te retirer dans une caverne perdue dans une montagne où personne ne viendrait te solliciter si t’aime pas les gens vieux sénile !
Lâcha Keiji dans sa tête alors que complètement refroidi, il se retourna, les matériels toujours en mains.

L’apprenti samouraï se dirigea vers la petite rivière qu’avait indiqué Ukon. Une source qui sillonnait le territoire des chevaux sauvages avant de se déverser dans le fleuve Kanabou, plusieurs kilomètres plus loin. Bien que n’étant pas dans le coin que depuis quelques mois, le jeune Yukimura connaissait un peu la région grâce à son entourage qui heureusement était composé en grande partie des personnes qui, contrairement au vieux Kiroki, n’hésitaient pas à lui apprendre ce qu’il y avait à savoir sans qu’il le sollicitât ; surtout pour éviter les dangers potentiels dans les environs. Le jeune garçon savait par exemple qu’il fallait se méfier de l’endroit où il s’aventurait actuellement car si Ukon était craint dans le coin à cause de ses comportements imprévisibles dignes d’un vieux fou, les animaux qui vivaient sur le lieu étaient tout aussi, voir même plus dangereux que le samouraï à la retraite.

Les chevaux des environs se révélaient bien plus intelligents que leurs congénères d’ailleurs mais ils se montraient aussi très têtus et imprévisibles. Ce qui causait pas mal de problèmes mais cela ne les empêchaient pas d’être très convoités pour leur intelligence hors norme mais aussi pour leur puissance et leur étonnante résistance. Bien dressés, ils étaient des alliés de taille dans une bataille. La raison pour laquelle le clan Takeda a décidé d’en faire des compagnons d’armes.

Ce fut donc avec la plus grande précaution que l’adolescent se dirigea vers la rivière qu’il atteint sans accroc avec un habitant du lieu. Par peur de se faire réprimander par le vieux Kiroki si jamais les outils étaient mal nettoyés, Keiji s’attela à les laver soigneusement malgré son empressement de sortir de la zone dangereuse. Le jeune garçon ne cessait de surveiller les alentours et interrompait son activité au moindre bruit pour identifier la provenance et la cause du son puis retournait à sa besogne alors qu’aucun danger ne le guettait.

Jugeant que les outils étaient enfin bien propres, des pas bien plus hâtifs qu’à l’aller, Keiji retourna à l’écurie. Il déposa les outils lavés près de l’entrée pour qu’Ukon les remarquera. Le jeune Yukimura préférait ne pas déranger de nouveau le vieux qu’il savait préférer la solitude à sa compagnie. L’afro ex-samouraï tolérait sa présence uniquement parce que le souhait du Seigneur Takeda les obligeait à se fréquenter. Chose qui, malheureusement pour le vieux solitaire, allait durer un moment.

Le poulain semblait attendre l’adolescent car à peine ce dernier fût à sa vue que le petit animal s’avança vers lui et des pas plus rassurés cette fois-ci. Le jeune équidé savait mieux coordonner ses pattes pour avancer. Son accueil arracha un sourire allègre au jeune Yukimura qui reconnaissait l’attachement naissant mais bien présent qu’il éprouvait à présent envers le poulain qui allait certainement devenir sien. Ni le Seigneur Takeda, ni Ukon avait daigné lui expliquer pourquoi il allait devoir s’occuper du nouveau-né à quatre pattes mais Keiji savait qu’une grande partie des kiba-musha – guerriers à cheval – de l’armée du clan Takeda s’étaient occupé eux-mêmes de l’éducation de leurs chevaux et ce dès leur plus jeune âge. Pratique qui avait pour but de renforcer le lien entre le cavalier et sa monture afin de faire d’eux plus tard un duo presque implacable sur le champ de bataille. Dans le clan Takeda, le cheval n’était pas une simple monture mais un véritable compagnon d’armes pour celui qui le montait.

Une fois le poulain arrivé à sa position, Keiji le caressa au niveau du dos avant de se positionner vers l’arrière-train. Avec précaution - pour ne pas effrayer l'équidé - l’adolescent souleva la queue du jeune animal tout en se penchant légèrement.

- Tu es donc une fille ! Fit l’apprentie samouraï tout en lâchant la queue du poulain. Je vais donc t’appeler … voyons … Keiji se mit à réfléchir. Yachiru ! … Que penses-tu de ce prénom jeune demoiselle ?

En guise de réponse celle qui se nommait désormais Yachiru se contenta de se frotter contre l’adolescent.

- Je vais prendre ça pour un oui, fit un Keiji ravi alors que de nouveau il caressait le poulain.

Il était plus qu’évident qu’un lien commençait à se tisser entre le Yukimura et Yachiru. Il ne restait plus qu’à le renforcer puis à l’entretenir car une confiance n’est jamais acquise définitivement. Keiji devrait être très présent et attentionné envers l’équidé s’il désirait éveiller son âme de « Dôbustu » afin de faire de la future jument non pas une simple monture mais une véritable compagne d’armes. Désormais, il allait devoir ajouter le soin et l’éducation de Yachiru sur son emploi du temps déjà chargé. Chose qui le rebutait au début mais qui à présent il acceptait avec même un enthousiasme non dissimulable …
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Message(#) Sujet: Re: Compagnon équidé Mar 20 Mar 2018 - 22:07

Les jours défilèrent pour devenir des semaines puis deux mois s’écoulèrent. Période durant laquelle Ukon enseigna à l’apprentie kiba-musha tout ce qu’il devait savoir pour s’occuper d’un poulain puis, une fois que le vieil homme jugea que l’adolescent était apte à prendre soin seul de l’animal, il l’autorisa alors à le sortir de son territoire sauvage pour rejoindre les chevaux domestiqués du clan Takeda. Des bêtes qui avaient été pour la plupart retirées de leur territoire naturel après sevrage avant d’être dressés. Cela permettait de les rendre plus dociles sans altérer le patrimoine génétique de la race. Le sevrage naturel se situait entre le neuvième mois et la première année du poulain mais celui de Keiji étant orphelin, il pourrait donc continuer de le nourrir lui-même même en dehors du lieu de naissance de l’animal où sa mère n’était plus pour s’occuper de lui.

Les équidés domestiqués étaient laissés entièrement libres comme s’ils se trouvaient sur leur territoire d’origine mais dans un pré à proximité du domaine seigneurial. Rapprochement qui faisait gagner du temps à ceux qui devaient prendre soin d’eux mais le retrait des chevaux de leur territoire sauvage avait surtout pour but de les habituer aux humains. Laissés trop longtemps sur leur territoire naturel, ils devenaient indomptables.

Le domaine des Takeda s’étendait au-delà du pré où vivaient librement les chevaux. Aucune barrière ne limitait le territoire des équidés et celui des humains. Un abri avait été construit à l’attention des montures mais la plupart du temps celles-ci préféraient rester dehors, nuit et jour et été comme hivers. Les bêtes s’y abritaient uniquement quand le temps n’était pas clément à trainer dehors ou lorsque leurs maîtres les entraînaient à l’intérieur pour les soigner ou les dorloter. Laisser tant de liberté aux bêtes n’était pas sans conséquence. En effet, il arrivait que des chevaux disparussent dans la nature mais les membres du clan interprétaient la fugue comme un refus de l’animal à se soumettre alors les fugueurs étaient ramenés et s’ils recommençaient à fuguer alors ils étaient rapatriés sur leur territoire d’origine.

L’arrivée de Yachiru sur le territoire des chevaux domestiques faisait gagner beaucoup de temps en trajet à keiji mais l’intégration de l’animal parmi ses congénères se révéla assez ardue. En effet, trop jeune, le poulain orphelin avait du mal à s’intégrer. Des chevaux plus âgés ne cessaient de le chasser ouvertement ou de l’intimider. Le jeune Yukimura devait donc sans cesse surveiller son animal mais aussi les autres chevaux. Heureusement, après des jours de patiente et de persévérance, Yachiru finit par trouver sa place au sein du troupeau et une jument à l’instinct maternel très prononcé finit même par prendre l’orpheline en charge. Lien qui ne remplaçait pas cependant celui qu’avait développé Keiji avec le poulain qu’il continua à nourrir et à soigner avec entrain.

Lorsque Yachiru atteint l’âge de huit mois, Keiji réussit là où beaucoup échouaient : éveiller son âme de « Dôbutsu ». Sans s’y attendre, il était parvenu à comprendre parfaitement Yachiru comme si elle était un humain alors qu’il essayait de communiquer, comme il le faisait quotidiennement, avec l’équidé. Ukon lui avait fait savoir que s’il avait la prédisposition pour cette aptitude extraordinaire qui permettait de communiquer parfaitement avec son animal alors celle-ci devrait se manifester avant que Yachiru n’atteigne l’âge de un an sinon il pouvait tirer un trait sur la capacité qu’il convoitait tant.

A ses onze mois, Yachiru refusa de boire du lait. Un sevrage qui permit à keiji de se délester du travail éprouvant de père nourricier. Désormais sa tâche se résumait à dorloter l’animal et à surveiller s’il mangeait bien et correctement et de temps en temps à le corriger s’il faisait preuve de mauvaise manie. Il fallait laisser le poulain grandir tranquillement jusqu’à l’âge du débourrage qui était à quatre ans. Âge minimum conseillé avant de faire porter des charges à un cheval pour éviter des problèmes d’arthrose précoce chez l’animal. Moment que le jeune Yukimura attendit avec impatience mais malheureusement lorsqu’il fut venu, Keiji dû interrompre le débourrage pour partir aux fronts alors que la guerre entre l’Empire et les futurs Villages Cachés éclata. Keiji, qui avait alors dix-huit ans, dut se battre à dos d’un cheval qui n’avait plus de maître ou qui sortait de la réserve du clan Takeda car l’éducation incomplète de Yachiru ne lui permettait pas de l’amener sur le champ de bataille. Chose qui avait permis à Keiji de se rendre compte de l’importance d’éduquer soi-même sa monture car il avait rencontré pas mal de difficultés avec les chevaux de substitution dont certains avaient perdu la vie durant la bataille ou grièvement blessés.


Keiji n’attendit pas cependant que la Grande Guerre Shinobi – qui dura deux ans - se termina pour reprendre l’éducation de Yachiru. En effet, dès qu’il le pouvait, il s’occupait de sa jument qui au bout d’un an, avec la sollicitation de Yachiru elle-même, il finit par amener avec lui aux fronts alors que beaucoup jugeaient que c’était encore trop tôt. Animée par le désir de montrer qu’elle était prête pour la bataille, Yachiru donna le meilleur d’elle-même à chaque combat et prouva rapidement sa valeur. Le duo devint rapidement très connu et à peine dix-neuf ans, Keiji obtient le grade d’ashigaru-daishô. Un poste qui lui permettait, du haut de sa monture, d'être à la tête d'une unité d'infanterie composée essentiellement des paysans. Un poste de moindre importance et facile à obtenir mais qui était extrêmement dangereux car le d’ashigaru-daishô devait commandé et encouragé ses subordonnés qui souvent manquaient cruellement d'expérience tout en combattant lui-même en première ligne. Position qui avait permis cependant au duo de s'illustrer rapidement et aujourd’hui, reconnus comme un guerrier à cheval hors pair avec une monture qui avait démontré qu'elle méritait son nom qui signifiait "mille torrents", Keiji occupait le poste de musha-daishô au sien de l'armée du clan Takeda. Poste qui le hissait à la tête d'une section entière des guerriers à cheval. Une entité souvent réduite mais composée des excellents kiba-musha. Le rôle de la section consistait en général de faire une percée dans la ligne ennemie …
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Message(#) Sujet: Re: Compagnon équidé

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