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 Faire face à la réalité [Kioshi]

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Suna
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Message(#) Sujet: Faire face à la réalité [Kioshi] Lun 14 Aoû 2017 - 23:06


Il soupirait une nouvelle fois. Le temps était si désagréable aujourd’hui, une nouvelle fois il faisait encore beaucoup trop chaud. Dans un sens, Seiji n’avait pas réellement à se plaindre lui qui habitait ici depuis presque toujours. Ce n’était pas non plus le garçon le plus endurant au froid et dans un sens cela se voyait, malgré la chaleur il portait une chemise et cravate avec un long pantalon. Quelle idée de s’habiller de la sorte quand on vit au milieu d’un désert. Il se disait juste qu’il était important d’avoir l’air bien éduqué et bien habillé en permanence, surtout les jours où finalement il ne devait pas forcément travailler. C’était donc pour ces quelques raisons qu’il avait pris sa journée pour quelques lectures fondamentales.

Le premier acte de la trilogie Sensoriel par Yoruichi Hitori. Des livres fondateurs pour chaque étudiant qui voulait se faire respecter un minimum. Encore une fois, ce n’était que de la théorie mais ces livres étaient des mines d’or pour l’invention de nouveaux jutsus ou tout simplement pour l’entraînement de ceux déjà existant. Il est vrai que Seiji n’était pas le meilleur en sensorialité et pourtant il le voulait. Le jeune homme avait sûrement dû passer beaucoup trop de temps à travailler son propre pouvoir plutôt que de s’intéresser à toutes les autres choses qui pouvaient faire la différence entre un shinobi lambda et un Sennin. En fait il était plutôt dur d’apprendre tout par soi-même, s’il avait des questions il ne pouvait les poser, s’il voulait des démonstrations il ne pouvait non-plus les voir.

Un cercle vicieux dans lequel il s’était enfermé, pensant que réussir tout tout seul lui aurait permis de progresser bien plus vite. Finalement ses idées n’étaient que bien trop faux et il s’en mordait les doigts. Seiji tournait en rond sur lui-même, essayant de comprendre comment résoudre les choses et parmi toutes les idées qui se bousculaient dans sa tête une seule revenait encore et encore : il fallait se trouver un Sensei. C’était une chose bien normale que de rejoindre des équipes, surtout au niveau auquel était actuellement Seiji. Le garçon avait déjà tenté plusieurs fois de rejoindre des équipes, toutes complètes il abandonna très vite l’idée se disant qu’il était sûrement trop tard. Fallait-il donc attendre les nouvelles sessions de recrutement ?

Décidé à ne pas se laisser abattre Seiji se retrouvait sur les Terrains d’entraînement. Comme beaucoup, s’entraîner était un moyen pour le jeune Ozawa d’oublier ses problèmes actuels et tout simplement se donner à fond l’espace d’une, deux voir trois heures s’il voulait vraiment faire le vide. Qui plus est, vu que les terrains d’entraînement se trouvaient en sous-sol l’air y était frais et il était déjà bien plus agréable de pouvoir respirer. Seiji avait alors disposé plusieurs parchemins d’entraînement sur un mannequin de bois. Des parchemins très basiques qui envoyaient automatiquement kunaïs et shurikens afin de s’entraîner à l’esquive, par exemple.

Seiji se tenait à une distance convenable du mannequin, il respira lentement en fermant les yeux et quand il les rouvrit : il n’était plus le même. Son regard était glacial et son corps parfaitement droit, prêt à réagir à toutes situations possibles. D’un seul signe il activa les parchemins simultanément et ainsi plusieurs dizaine de kunaïs et shurikens fonçaient en sa direction. Le garçon se baissait lentement tout en croissant ses avant bras devant lui alors que le bout de ses doigts remuaient lentement. Il tourna une fois à gauche, une autre fois sur la droite, se baissa encore plus bas puis sauta. On pouvait croire que les projectiles lui passaient au travers, cependant Seiji restait un garçon très lent, n’ayant aucune capacité en Taïjutsu.

En fait, il n’esquivait pas vraiment les shurikens ou kunaïs, mais si on prêtait assez attention on comprenait que le bout de ses doigts ne remuaient pas pour rien. Là était le pouvoir clanique de Seiji, il manipulait de fins fils, presque invisibles, qui se déplaçaient vite et allaient autour des projectiles pour dévier leurs trajectoires. Si le garçon faisait aussi semblait d’esquiver c’était aussi parce qu’il pensait qu’en combat réel cela pouvait lui permettre de masquer la présence de ses fils. Finalement, de loin, on comprenait que tout se jouait au niveau des mains et doigts du garçons qui manipulaient avec aisance ses fils. Chaque fois qu’un projectile s’approchait, les fils l’entouraient délicatement pour faire virer sa trajectoire autre part. Quand il n’y eut plus un seul kunais ou shurikens le garçon tendit sa main face au mannequin, toujours à honorable distance. D’un coup ferme il serra de sa poigne le vide et la tête du mannequin en bois se brisa pour tomber à terre.

Si Seiji s’entraînait durement c’était avant tout car il voulait être capable de maîtriser plusieurs jeux en même temps sur le terrain. Ce qu’il venait de faire là avait été de concentrer l’attention de l’ennemi potentiel sur sa personne et ses « fausses » esquives alors qu’en même temps il y avait d’autres fils qui se dirigeaient sur la cible en question pour finalement entourer son cou et d’une seule poigne, le briser.

Le garçon soufflait, ce n’était pas forcément la chose la plus aisée de faire bataille sur plusieurs fronts.

    « Il faut que je sois plus rapide, encore plus. »
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Message(#) Sujet: Re: Faire face à la réalité [Kioshi] Mar 15 Aoû 2017 - 0:06

    « La vitesse ne fait pas tout. »

    Lors de mon temps libre, soit lorsque je ne faisais pas de recherche sur les Anciens Trésors, que je n’accomplissais pas de mission, que je ne m’occupais pas de mon équipe et que mon jeune frère était occupé, il m’arrivait de venir sur les terrains d’entraînement. Non pas pour m’y exercer, ou en tout cas pas vraiment, mais parce que je connais les rêves de tout ninja alors qu’il commence enfin à maîtriser son élément ou son pouvoir. Moi, c’était il y a de nombreuses années, avant même la naissance de Suna. Mais ceux qui sortent de l’académie viennent souvent tester leurs nouvelles capacités aussi. Mais ignorant leurs limites, ils se blessent régulièrement les uns les autres.

    Alors je passais parfois par-là, à l’affût d’une jeune pousse pas assez sérieuse, voire trop sérieuse, et qui aurait besoin de soin. Comme cet homme plus loin, qui venait de détruire un mannequin.

    « C’est la concentration le plus important. Il ne faut pas être trop dissipé, certes, mais tu sembles être tout le contraire : tu places ton attention sur un point principal et tu négliges les autres. A moins que tu n’aies pas encore l’habitude d’agir sur plusieurs fronts en même temps ? En tout cas, jette un œil sur ton auriculaire gauche. »

    Une légère entaille, toute fine, d’où perlait une unique goutte de sang. L’avait-il remarquée ? Mes pieds nus s’avancèrent vers lui d’un pas normal et ma voix n’empruntait pas le ton du reproche. Ce n’était qu’une information pour lui, qu’il en fasse ce qu’il veut.

    « Certes ce n’est pas grand-chose. Rien du tout même. Mais si tu forces ou que tu n’y prends pas soin, ça pourrait s’infecter. Et un ninja qui perd ses doigts n’est plus grand-chose. A part un spécialiste du Taïjutsu, à la limite. Mais avec seulement cet art, il n’irait pas bien loin contre quelqu’un de plus instruit. Puis-je m’en occuper ? »

    J’attendis qu’il daigne me tendre sa main pour placer ma paume dessus. Une lueur bleutée vint cicatriser la chiche entaille tandis qu’une chaleur apaisante recouvrée le jeune homme.

    « Puis-je te demander la raison d’un tel acharnement ? Quel est ton but ? »

    Etait-il comme beaucoup d’autres simplement en train de tester ses capacités, ou bien en était-il autrement ?
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Message(#) Sujet: Re: Faire face à la réalité [Kioshi] Mar 15 Aoû 2017 - 0:55


Finalement, le mannequin était tombé si simplement, lui ne bougeait pas et les projectiles avaient tous été lancés d’une manière si linéaire que tout paraissait si simple. Seiji n’était pas satisfait, comment pouvait-il l’être ? Un simple personnage de bois ne pouvait suffire à un réel entraînement. Il y avait des éléments qui n’étaient pas pris en compte, comme les sentiments de chacun qui influencent sur la bataille, la fatigue, les paroles, la confiance à ses partenaires. Finalement comme chaque fin d’entraînement, Seiji était déçu et pensait avoir bien trop perdu de temps.

À quoi bon se donner corps et âme si l’ennemi n’est pas réel ? Non, cela restait important mais si peu utile que cela en était presque navrant, désolant. Du coup il se tenait juste là, à regarder les projectiles au sol qui avaient été lancés vulgairement, ce n’était tellement pas suffisant et Seiji en avait besoin de plus. Ce n’était pas parce qu’il voulait améliorer ses compétences actuelles mais parce qu’il était convaincu que ce qu’il faisait actuellement était mal, que quelque chose clochait dans sa façon de faire ou même de voir les choses : une façon trop utopique.

On vint tirer Seiji de ses réflexions par une simple phrase qui donnait son avis. Le jeune homme se retournait pour faire la rencontre d’un homme. Grand, des cheveux très clairs et des yeux couleur or. La chose aussi a noter était aussi le non-port de chaussures qui faisait la démarcation distincte de cette personne. Il l’écouta alors parler, parlant de concentration, disant même que le jeune adulte était peut-être un peu trop concentrer sur ce qu’il pensait. Et il était d’accord avec ça, pleinement même. Seiji avait besoin d’un avis extérieur et il était là. Il regarda à la demande de l’homme sa main gauche.

    « Oh… je suis blessé. Ce n’est presque rien en effet mais vous avez raison, je n’ai pas fait assez attention à tout... »

Avec ses dons de senseur il le sentait, Seiji sentait clairement le fossé qui le séparait de lui et de cet homme. C’était comme un ravin immense et pour le franchir, il fallait traverser un pont qui n’existait pas. Le garçon avait déjà eu l’occasion de croiser des personnes puissantes, mais jamais avec un potentiel et une présence comme cela. Forcément, il se retrouvait intimidé et même ridicule. D’un autre côté, c’était ce genre de position qu’il visait, voir loin pour courir aussi vite que possible. Seiji, gêné, riait doucement en passant sa main droite derrière les cheveux et en souriant.

    « Je suis désolé ! J’ai encore besoin de mes dix doigts même si je ne pratique pas la Taïjutsu ! »

Seiji tendit sa main vers le jeune homme. Cette étrange lumière réconfortante qui émanait de la paume de l’homme cicatrisa immédiatement l’infime blessure que le jeune homme avait pu se faire. Son cœur se réchauffait, cette sensation était si agréable. C’était comme si on le prenait dans ses bras, enfant, pour lui dire que finalement tout allait bien. Ainsi Seiji se mit à sourire doucement avec cette fois-ci des yeux très doux. Le guérisseur reprit alors la parole ce qui réveilla un peu le garçon.

    « Pourquoi je fais ça ? Voyons... »

Il passa sa main dans ses cheveux en regardant en l’air. Il savait pourquoi et à la fois il ne le savait pas vraiment.

    « Pour changer je dirais. J’essaie de comprendre ma personne au travers de mon corps et de mes capacités. Comprendre pourquoi j’ai hérité de ce don, pourquoi mon caractère, mon histoire et mes émotions font en sorte que je puisse utiliser ce qu’on m’a donné. »

Il baissa la tête en regardant ses deux mains, se rappelant de l’homme pendu par ses fils. Un nouveau sourire se dessinait lentement et les yeux froid de tout à l’heure surgirent à nouveau. Cette fois-ci il regardait directement l’homme dans les yeux, sourire au coin des lèvres et les yeux meurtriers.

    « La mort est une vieille amie que j’ai pu côtoyer pendant plusieurs longues années, monsieur. Si je devais donner un but, je dirais que cette amie aurait parfois besoin d’un guide, pour que la paix et la tranquillité perdurent. »

Et il plongeait ses yeux gris dans ceux d’or de l’homme, avec sûreté et confiance. Seiji avait toujours voulu être l’arme de l’ombre.
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Message(#) Sujet: Re: Faire face à la réalité [Kioshi] Mar 15 Aoû 2017 - 1:54

    Il faisait donc ça pour changer ? Pour comprendre sa personne et son histoire ? En combattant un pantin et en lui arrachant la tête ?

    « Les émotions ne sont pas fiables : elles peuvent changer au cours d’une vie. Elles sont influençables et proviennent davantage des interactions avec l’extérieur que de nous-mêmes. Seuls, nous sommes simplement vides. Sans émotion. Un compliment ou une caresse nous font sourire, ressentir de la joie. A l’inverse, une insulte ou une situation injuste nous font éprouver de la frustration ou de la colère. Mais quand nous sommes seuls, il n’y a rien. Et paradoxalement, l’humanité est définie à travers les relations que nous pouvons avoir, alors que ces émotions ne nous caractérisent pas vraiment…
    Quant à l’histoire, celle-ci doit t’être connue logiquement. Il s’agit d’ailleurs là du rôle des… Serais-tu orphelin ? Si tu recherches ton histoire en réduisant en bouilli un être inanimé, que dois-je en déduire ? Un traumatisme passé sans doute. Est-ce sa résolution qui te tracasse, ou l’origine de l’incident ?
    Si c’est l’origine, j’ai bien une réponse à te fournir : le monde est cruel. Mais nous n’avons pas le choix, car c’est bien dans ce monde que nous vivons… »


    Me perdais-je encore une fois dans une longue réflexion, cherchant à la fois à mieux cerner le personnage et m’interrogeant si ma solution d’un monde meilleur est la bonne ? Les propos du jeune mot vinrent appuyer la thèse du traumatisme : la mort serait une vieille amie à lui. Cependant, ça n’était pas bien étonnant. Il y a plus de quatre ans, la guerre faisait rage. La grande rébellion contre l’Empire tout puissant. Combien de pleurs et de sang coulèrent alors ? Combien de morts ? Le regard de mon interlocuteur semblait différent. Plus sombre. Allait-il me croquer ?

    « Il faudrait donc tuer pour faire perdurer la paix ? C’était sans doute la pensée de l’Empereur, comme celle de tant d’autres… Et peut-être ont-ils raison ? Mais dans ce cas, qui faudrait-il tuer ? Quelle est ta solution ? »
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Message(#) Sujet: Re: Faire face à la réalité [Kioshi] Mar 15 Aoû 2017 - 2:32


Finalement, même au sein même de son être, Seiji était un garçon encore bien perdu. Il avait pourtant eu une éducation dorée, une enfance des plus heureuses jusqu’à ses 12 ans. C’était un jeune homme qui avait su traversé des épreuves que peu auraient pu.

    « L’être humain, dans son intégrité et tout ce qui le caractérise, n’a jamais vraiment été fait pour vivre seul. Du moins, c’est ma pensée. Comme vous le dîtes, les émotions ne sont pas fiables certes, mais la haine est ce qui porte les Hommes à se battre. À l’inverse l’amour apporte le réconfort. Dans un sens, je me dois de me fier à celles-ci car sinon je perdrais vite espoir en l’humanité-même de chaque personne. Je me fies à mes émotions, car de mon courage vient la peur avant tout. Si je n’avais peur de rien, je serais stupide. Si je n’avais pas de courage, je serais un lâche. Je porte à croire qu’il faut parfois écouter ce que nos émotions peuvent dire. Au même titre que parfois il faut les ignorer pour la raison. Car le juste n’a pas forcément à faire avec les émotions. Si je trouve qu’il est mal de tuer un seigneur mais que ce seigneur tue lui-même des centaines de personnes : devrais-je choisir mes émotions et ne pas le tuer, ce que j’estimerais être ma vision du juste, ou devrais-je choisir la raison et le tuer, ce qui serait le juste universel et la notion d’équivalence ? »


Il est vrai que ces questions ont souvent tourmenté l’esprit du jeune homme, lui qui avait tué la même personne qui l’avait violé, battu, jours et nuits et ce pendant six longues années. Avait-il fait ça par rancœur ? Ou parce qu’il estimait cela juste de devoir exterminer la vermine ? C’était un doux mélange des deux. Ce monde était corrompu, que ce soit par les cachotteries politiques ou bien par la haine. Ce qui énervait au plus haut point Seiji était en fait de savoir que toutes ces personnes étaient au courant, que la plupart de la population comprenait et utilisait la corruption. Que finalement la personne qui lui avait fait tant de mal était un psychopathe mais aussi qu’il avait été payé par la famille de Seiji et que eux, ils vivaient encore.

    « J’ai perdu mes parents quand je suis revenu à Suna. Je n’ai pas pleuré leurs morts, il était déjà trop tard. Je ne réduis pas en bouilli ce mannequin inerte par colère, loin de là. On a abusé de moi, on m’a humilié, on a déchiré mon être en des centaines de parties, on m’a insulté et finalement ridiculisé et descendu au rang d’animal et pourtant je ne suis ni fou ni en rancunier. Je n’ai beau avoir que 18 ans, j’ai conscience que ce n’est ni par colère, ni par rancœur qu’aujourd’hui j’agis. Je cherche à comprendre pourquoi le jour où, en serrant de ma main et écrasé de mes fils le cœur de cet homme répugnant, je souriais. »


Il soupira en regardant le plafond de la salle d’entraînement.

    « Je sais fort bien et ô combien le monde est cruel, malgré que je sois si faible. Il est peuplé d’êtres néfastes qui ne font qu’engendrer la haine. Voyez-vous je ne disais pas connaître la mort à cause de la guerre et de toutes ses victimes, non. Mais plus parce qu’en 6 années de torture je l’ai observé. Elle me fixait dans les yeux en me souriant. Je ne la crains pas et je ne l’aime pas non plus. Elle m’a juste été le réconfort dont j’avais le plus besoin, un échappatoire qui me tendait les mains pour mon propre bonheur. Et pourtant je suis ici car j’ai fait le choix de refuser sa proposition. Car ce n’est qu’en la voyant qu’on comprend ce qu’est de vivre. »


Seiji contemplait l’homme qui le faisait face, avec des yeux bien plus doux. Il ne lui avait pas forcément fait peur, lui qui était bien supérieur au jeune homme. Rien que par son physique. Il est vrai que si l’on devait sortir du contexte de cette conversation, cet homme plaisait énormément à Seiji.

    « Ne vous y trompez pas, monsieur. Je n’ai pas de solution exacte. Je ne suis pas de ces jeunes ninjas, étoiles dans les yeux, pensant que la paix est possible. Peut-être l’est-elle ? Mais aussi loin qu’existe le monde, il y a toujours eu des morts. Je souhaiterais qu’il n’y en ait pas, vraiment. Cependant aussi longtemps que l’homme existera et que sa pensée divergera, il sera sans doute impossible qu’une véritable paix universelle existe. Qu’est-ce que la paix ? Beaucoup d’hommes la voit de différentes façons. Certains la voient comme une prospérité économique, d’autres comme une utopie de bonheur, certains voient la paix qu’à l’unique moment de leurs morts. Je ne saurais vous répondre pour l’instant, monsieur. Je ne suis que trop jeune et sûrement trop peu d’expérience pour me le permettre. »


C’est vrai, après tout cet homme semblait avoir tant de choses à raconter et tant de savoir à partager.

    « Il y a des personnes qui veulent que le mal soit fait, des personnes qui ne trouvent bonheur que dans la souffrance des autres. Des personnes qui, même si le calme est parfait, voudraient déranger cela par des effusions de sang. Ces personnes là, je les tuerais. Cela m’importe peu d’être l’instrument de quelqu’un, si cela œuvre pour ce qui semble être un bien commun j’y serais dévoué. »


Là étaient toutes les réponses du jeune homme.
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Message(#) Sujet: Re: Faire face à la réalité [Kioshi] Mar 15 Aoû 2017 - 6:42

    Ce jeune homme semblait donc capable de philosopher lui-aussi ? Alors il devait avoir vécu bien des choses déjà.

    « Tu as raison quant à la peur et au courage. Il est bon de se connaître et de le reconnaître. Quant à la haine et à l’amour, il te manque cependant une donnée importante : c’est l’amour qui permet à la haine d’exister. Et plus l’amour sera grand, plus la haine le sera également. Que ce soit l’amour de son prochain ou l’amour propre. Et sa perte viendra aussi inéluctablement qu’il n’y a pas de vie sans mort.
    Au final, le meilleur moyen de ne pas perdre le bonheur, c’est d’être malheureux. Hélas… »


    Si l’on veut abolir la haine, il faudrait aussi supprimer l’amour. L’un ne pouvant exister sans l’autre. Il faut un contraste pour remarquer quelque chose. On ne comprend l’importance d’un être cher qu’une fois perdu…

    « Je ne suis pas orphelin. Personne n’a abusé de moi ni descendu au rang d’animal, aussi je ne te ferais pas l’affront de dire que je te comprends. Cependant, c’était déjà bien d’avoir conscience de ta problématique. Beaucoup de personnes courent après une question sans même la découvrir. La question de leur existence…
    Tu t’interroges pourquoi tu as souri ce jour-là ? Ou tu te tortures l’esprit avec cette question ? C’est déjà mieux que celui qui l’ignorerait, qu’en dis-tu ? Ou peut-être as-tu peur d’y avoir pris du plaisir ?
    La mort est un phénomène fascinant. Certains vomissent et d’autres sourient. Tuer nous éveille à un état de toute puissance. Une preuve irrémédiable de notre supériorité sur les autres. Mais dans le même temps, elle rappelle notre mortalité, et qu’un jour ce sera aussi notre tour.
    La véritable question est plutôt : la prochaine fois que tu devras tuer, quelle sera ta réaction ? »


    Après tout, dans son métier il devra forcément se salir les mains un jour. A moins que ce ne soit lui la victime.

    « Les étoiles dans les yeux ne sont pas forcément une mauvaise chose, du moment que l’on arrive à se relever quand on les perdra. Il ne faut pas devenir adulte trop tôt dans ce monde. Autant profiter des rêves un maximum, vu qu’ils finiront par disparaître inexorablement.
    Mais tu as sans doute raison. Tant que la pensée de l’homme divergera… Oui. La pensée de l’homme…
    Cependant, ne te méprend pas. La paix ne signifie pas l’absence de mort pour autant. Uniquement la disparition des guerres : car il y aura toujours des individus prêts à voler ou à tuer son prochain. Par haine, ou par amour.
    Je pense qu’il est possible d’améliorer les choses. D’améliorer ce monde. Mais le chemin serait ardu et le résultat pas garanti. Mais n’est-ce pas l’espoir qui nous pousse à avancer justement ?
    Hélas, une erreur est rapidement commise. Tu te trompes : personne ne veut que le mal soit fait. Chacun agit selon ce qui lui semble juste à lui-même. Mais si tes opinions ne coïncident pas, tu déclares la justice de l’autre comme étant le mal. Celui qui se complait dans la souffrance de l’autre : son but est-il de faire le mal, ou bien d’être heureux car c’est là qu’il ressent de la joie ?
    Être l’instrument de quelqu’un ? Commence par être l’instrument de ta propre vie. Mais si tu souhaites œuvrer pour le bien commun, j’ai une proposition à te faire. Rejoins mon équipe et surpasse-moi. Ainsi, le jour où je me tromperais de voix, tu pourras être là pour m’arrêter.
    Tout le monde agit pour sa bonne cause. Mais la frontière entre le juste et le mal est bien mince, et personne n’est à l’abri de la franchir un jour… Surtout les Yamada. Ce qui me rappelle que je ne me suis pas encore présenté, pardonne-moi. Je m’appelle Yamada Kioshi, enchanté de faire ta connaissance. »

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Message(#) Sujet: Re: Faire face à la réalité [Kioshi] Mar 15 Aoû 2017 - 16:50


C’était intéressant, Seiji n’avait jamais vraiment pris le temps de parler de façon si développée avec quelqu’un. Déjà parce qu’il ne trouvait jamais de personnes avec qui parler et ensuite car le jeune homme pouvait vite se lasser des autres et de leur manque d’argumentation ou tout simplement de conversation. Il était content de pouvoir s’ouvrir à quelqu’un, même si ce quelqu’un était un inconnu cela l’aidait à se comprendre lui, mais aussi les choses qui pouvaient l’entourer.

    « Vous avez bien raison, l’équivalence entre ces deux sentiments, amour et haine, est quelque chose de primordial dans notre société. Mais aussi je tiens à revenir sur ce que vous venez de dire. Je suppose qu’on ne peut pas être éternellement malheureux. Dans un sens, pour connaître le malheur il faut forcément avoir connu le bonheur. Sinon on ne pourrait savoir ce qu’est malheur et bonheur. Si une personne ne connaît que le malheur mais ne peut distinguer ce qu’est le bonheur, pour elle ce malheur deviendrait plutôt une banalité et face à un sentiment ou une situation de bonheur, elle ne comprendrait pas forcément ce qu’il se passe. Ce sont les cas de plusieurs personnes endoctrinées dés la naissance, je suppose. Des personnes élevées pour être des tueurs ou même ne plus avoir la moindre humanité. Pour eux, ce n’est ni mal ni bon, juste normal, je dirais ? »

Seiji avait lu un nombre conséquent de livres, certains parlaient de jutsus très anciens, des jutsus qui n’avaient jamais pu voir le jour car le pouvoir nécessaire dépassait l’entendement et la compréhension humaine. Ces jutsus étaient des idées un peu farfelues, comme un jutsu pouvant imposer au monde des lois, appelé « Law ». Celui-ci avait pour principe d’être ce qu’on appelle un « jutsu universel », un jutsu pouvant donc changer le cours du temps et de l’humanité. Ces personnes qui avaient fait des recherches sur celui-ci pensaient qui s’il était possible de le créer, on pourrait alors demander que la violence n’existe plus dans ce monde, ce qui déclinerait en paix. Une utopie et finalement des fantaisies.
    « Ne vous en faîtes pas ! Je ne suis pas du genre à me vexer pour un rien et, en voyant votre présence, je comprends à quel point vous avez aussi une histoire, des souvenirs, tout aussi importants. Pour vous répondre, je n’en sais trop rien. Les frissons que j’ai pu ressentir le jour où j’ai finalement réussi à surmonter ce que j’avais appelé « mon destin » m’étaient inconnu. Le sourire qui se dessina sur mes lèvres n’était pas pourtant un sourire disant que je prenais plaisir à faire du mal. »


Il se creusait les ménages, se grattant le crane et en tapant de son autre doigt sa joue, comme un enfant essayant de comprendre la solution à une énigme.
    « En fait, peut-être bien que si. Je ne prends pas de plaisir à faire du mal aux gens, mais je pense prendre du plaisir à en faire à ceux qui le méritent. Reste réellement à savoir qui mérite ou non ce genre de chose et en quoi puis-je me permettre, moi, de juger quelqu’un coupable de quelque chose. Je suis d’accord avec vous, la supériorité que nous apporte la mort, quand elle tourne à notre faveur, est délicate. C’est un plat exquis dont on se délecte lentement, essayant aussi d’oublier qu’un jour, comme vous l’avez si bien dit, elle viendra pour nous. »


Il se rapprochait de l’homme, c’est vraiment que la distance avait plutôt été raisonnable depuis le début de leur conversation. Seiji pausa sa paume sur le torse de l’homme, où devait se situer son coeur.
    « Je ne peux vous dire ce que sera ma réaction la prochaine fois que je devrais tuer quelqu’un. Tout ce que je sais c’est que j’ai hâte de le découvrir. Ma main ne tremble pas pour l’instant et je sens votre cœur battre comme je peux sentir le miens. Mais ce n’est que maintenant, je me demande aussi comment je réagirais le jour où, à la place de votre torse, mes fils tiendront de nouveau la vie de quelqu’un. »

Il retira sa main de l’homme, lui qui avait le corps presque ardent alors que Seiji était toujours quelqu’un de frileux.

    « C’est vrai, vous avez encore une fois raison. Il y a des personnes qui voient leur bonheur dans la souffrance des autres. C’est à cet instant qu’il faut savoir alors définir le bon du mauvais, ce qui est moral et ce qui ne l’est pas. »

Des questions, toujours plus de questions. Seiji en venait même à se demander si sa présence actuellement était justifiée. Avait-il tuer pour sa survie ou son bonheur ? Il ne savait guère répondre, forcément il avait tué pour vivre, mais avait-il été forcé de tuer ? Pas forcément, emprisonner à son propre piège celui qui lui avait fait tant de mal aurait suffit. Il aurait pu tout simplement l’immobilisé et partir, mais ça n’aurait pas été suffisant et la justice que Seiji avait lu dans son cœur disait qu’il fallait le punir.

    « Je ne pense pas être en mesure de vous surpasser, ou alors il me faudrait énormément d’années. Cependant si je peux avoir l’honneur de les passer avec une personne de votre rang, je serais alors enchanté de pouvoir me joindre à vous et d’apprendre de nouvelles choses de votre part. Montrez-moi votre façon de penser, montrez moi ce que vous pouvez considérer comme juste et mal, vos idées comme vos envies, je serais prêt à les comprendre et si je les estime comme les miennes, à les suivre. »

Cet homme donnait l’impression de famille. La chaleur qui émanait de son corps était rassurante voir même protectrice. Il avait su mettre en confiance le jeune adulte en un rien de temps, lui qui avait pourtant toujours eut dû mal avec les autres, surtout quand il fallait échanger. Il avait lui aussi oublié de se présenter, il en manquait même à ses manières de jeune noble.

    « Oui pardon j’ai aussi oublié de me présenter… Je m’appelle Seiji et je suis tout aussi heureux de pouvoir vous rencontrer. »

Heureux ? Cela faisait bien longtemps qu’il ne s’était pas décrit comme cela, lui qui souriait doucement de gentillesse à son interlocuteur.
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Message(#) Sujet: Re: Faire face à la réalité [Kioshi] Mer 16 Aoû 2017 - 23:12

    « Excellente remarque. Brillante même. Si le raisonnement s’applique à l’amour et la haine, il fonctionne tout autant pour le bonheur et le malheur. Sans l’opposé, l’un ne peut exister. Nous avons besoin de ce contraste pour définir ce que l’on ressent. Très bonne analyse. »

    Et ça ne venait pas du fait qu’il avait eu un passé torturé. S’il pouvait raisonner ainsi, c’était que lui aussi posait beaucoup de questions sur la vie et à la vie. La raison de notre existence, le pourquoi du comment, le destin, …

    « Prendre du plaisir à faire du mal à ceux qui le méritent… Prends garde. Il s’agit du premier pas pour juste aimer faire du mal à autrui. Une excuse, une stratégie qu’adopte notre moral pour alléger le poids de notre acte, jusqu’à ce que cet acte nous paraisse suffisamment léger pour être assumé pleinement. Après tout, et comme tu viens de le dire, comment définir ce mérite ? Tout le monde a fauté au moins une fois dans sa vie. Moi-même j’ai commis des erreurs. Vas-tu me tuer pour autant ? »

    La frontière entre le bon côté et le mauvais de sa ligne de conduite était mince. Très mince.

    « Et comment réagiras-tu si tu venais à sourire la prochaine fois aussi ? »

    S’était-il déjà posé cette question ? Lui qui ne tremblait pas à l’idée de tuer de nouveau ? Mais l’une de ses remarques m’arracha un sourire.

    « Je ne suis pas si puissant que ça. Mais je ne t’ai pas demandé de me vaincre dès demain non plus. C’est une bonne chose si tu sais reconnaître le long chemin qui t’attend. Il n’y a pas de raccourci, hélas. Seuls les efforts sont récompensés.
    Seiji donc ? Pas de nom de famille ? Soit. Je me débrouillerais avec Seiji. Prends garde à ne pas te blesser davantage. On se reverra, et peut-être comprendras-tu ma façon de penser à ce moment-là. Je te souhaite la bonne journée. »

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Message(#) Sujet: Re: Faire face à la réalité [Kioshi]

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Faire face à la réalité [Kioshi]

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