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 La cité de la joie {-18} [PV Fujisawa - Kumiko]

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Nukenin
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Message(#) Sujet: La cité de la joie {-18} [PV Fujisawa - Kumiko] Mer 16 Aoû 2017 - 22:17

{-18}. Ce Rôle Play est susceptible de contenir des scènes capable de heurter la sensibilité des plus et moins jeunes. Etant donné les sujets qui y sont traités les participants déconseillent sa lecture à tous ceux ne souhaitant pas lire des récits gores ou sexuels, ou des sujets dit "grave". Qui que vous soyez, vous êtes prévenu. (Les parties les plus durs seront en Hide de toute façon comme le réclame les règles)



LA CITE DE LA JOIE



Année -1 avant la chute de l'Empire...

Les petites histoires humaines font les épopées les plus réelles. La rébellion de Kaze no Kuni prenait de l'importance, et travaillant pour l'un ou l'autre des camps je me tenais éloigné des idéologies pour ne chercher qu'à subsister en semant la mort là où on me l'ordonnait. Moyennant finance bien sûr, parce que la gloire ne se mange pas, pour autant, je ne me pensais pas plus sale que n'importe quel soldat justifiant sa cruauté sous le couvert des aspirations politiques. Les idéaux sont quasiment toujours pacifique, mais l'histoire elle, demeure à jamais violente. Les batailles se succédant, des villages entiers se trouvaient rasés. On vit à travers montagnes, déserts et forêts des populations suivre un exode vers un camp de réfugié dont on disait que quelque soit son passé, quelque soit les maux dont on avait souffert, ou dont on souffrait toujours, il y avait une place pour soi et les siens. Perdu dans une sorte de désert rocailleux, l'on disait que le patron de ce camp, surnommé le Roi Lépreux, était aussi sage que bon.

À moi, il ne me fallait qu'une étape, le temps de manger et boire tout mon argent durement gagné dans le sang et la boue. Ce camp de réfugié, qu'on appelait curieusement "la cité de la joie", j'avais décidé que ce serait l'endroit où je passerai mon repos. Une étape dont j'ignorais la durée et ce n'était pas l'important. Quand bien même ce camp s'appelait la cité de la joie, je me doutais ne pas y trouver un parterre de fleur et la porte du paradis. Mais j'étais loin d'imaginer ce qui m'attendait là en réalité.

En passant à versant de colline, je rencontrais finalement, loin en avant, le fameux camp. De bien loin, il paraissait paisible et ordonné. Des allées bien tracées s'y dessinaient et quelques fumées s'en élevaient. De loin, tout est plus beau ai-je déjà entendu et c'était probablement d'autant plus vrai dans le cas présent. La première chose que je me demandais en voyant ce camp, c'était de quoi pouvait bien se nourrir ses résidents ? Pas de ville aux alentours, pas de champ, peut-être de l'élevage, mais de là où je me trouvais je ne voyais rien. J'espérai une fois sur place, trouver au moins de quoi me divertir.

Un bruit de pas sur mon côté et mon regard sur portait sur une toute jeune fille qui me regardait avec ses yeux ébahis. J'en savais la raison, mon apparence ; il était vrai que armuré de cendre avec une faux tenue sur l'épaule, je ne devais pas inspirer une grande sympathie. Son regard fixé sur moi fit qu'elle ne bougea pas et j'en profitais pour faire tomber le masque de cendre que je portais. Mon visage, qui lui, était immensément plus banal et plus doux la fit se détendre un peu. Toutefois, étant donné la cause de tous les malheurs dont étaient responsables les Shinobis, rien n'était sûr quant à l'appréciation qu'elle aurait de moi. Je tentais un sourire, puis m'adressais à elle avec respect, sinon au moins avec douceur.

-Bonjour. C'est la cité de la joie que je vois là-bas ?
-Oui
, me répondit-elle timidement. Mais les Shinobis n'y vont pas d'habitude.
-Pourquoi ?
-Les gens là-bas les aiment pas beaucoup, à cause des guerres.
-J'apporte pas la guerre avec moi. Je veux juste un endroit ou me reposer quelque temps.


Elle me regardait encore un temps, un temps où je savais qu'elle cherchait à sonder l'honnêteté dans mon regard. Fort heureusement, avec moi qui disait la vérité et qui, hors de mon armure cendré, était l'apparence de la tendresse, elle se laissait convaincre et me laissait enfin entrevoir un sourire que je lui rendis rapidement.

-Mon pépé est un peu plus bas, si vous venez avec moi, il voudra peut-être bien vous amenez à l'entrée.
-Ce serait vraiment très gentil de votre part.
-Allez y venez !


Nous descendions ainsi le versant de la pente ouest pour retrouver un vieil homme qui avait l'air très aimable. Son grand-père je supposais, qui ne se trouvait pas si loin de là que ça. Il m'étonnait justement qu'une si jeune fille se trouva seule en pleine nature, mais son "pépé" veillait fort heureusement. J'avais rangé dans le dos la faux entre temps, car je ne voulais pas paraître menaçant. Il m’accueillait d'un sourire, malgré ma tenue clairement militaire, et sa petite fille qui m'annonçait, me présentait à lui sous le nom de "Shinobi". Toute enjouée qu'elle était, il me sembla qu'elle avait un lien très fort avec cet homme. Lui se présentait au nom de Zö, et sa petite fille portait le prénom de Jill. Lorsqu'il venait mon tour de me présenter, je préférai comme toujours donner une autre réponse que la vérité. Une habitude prise au cours des différentes missions que j'effectuais. Toutefois, Zö sembla plutôt s'amuser de ma réponse, il respirait en fait la bonté ce bonhomme et cela me déridait autant que cela me mettait à l'aise. Sa petite fille, qui quoi que joyeuse me donnait plutôt l'impression d'être calme et docile, au point qu'elle restait silencieuse le temps que nous parlions.

-C'est que je n'ai pas de nom... On ne m'en a pas donné, alors je laisse les gens me nommer comme ils veulent.
-Et bien jeune homme on me l'avait jamais faite celle-la et pourtant j'en ai vu ! Si je dois t'appeler comme je veux, disons que tu seras... mmmh... Attends voir !
Il me fixait un moment, un sourire à peine voilé sous sa barbe blanche. Shino !
-Pourquoi Shino ? Lui demandais-je amusé.
-Parce que c'est plus court que Shinobi ! Me répondit-il plein d'entrain. Alors comme ça vous souhaitez passer quelque temps dans la cité de la joie ?
-Oui, je vous promets que je vous ferais pas de soucis.
-Il y a quelques Shinobis qui passent de temps en temps. Mais jamais pour causer des problèmes.

-Votre petite-fille m'a dit que les gens là-bas ne les appréciaient pas tellement.
-C'est comme partout, ça dépendra sur qui vous tomberez.
-Il y a un genre d'auberge là-bas ? Où quelque part ou dormir ? J'aimerai manger aussi, j'ai de quoi payer.

-Vous pouvez venir chez moi pour cette nuit, chez moi la porte est toujours ouverte aux voyageurs.
-On rencontre pas beaucoup de gens aussi généreux que vous. Je ne voudrais pas abuser de vos gentillesses. Et puis je ne vous cache pas que j'ai besoin d'un autre genre de compagnie.
Lui disais-je presque gêné.
-Haaaa vous les jeunes, vous ne perdez jamais le nord ! C'est peut-être un camp de réfugié mais vous y trouverez presque tout ce qu'il y a dans une ville, et même ce que vous cherchez. Allons ne rougissez pas. Vous êtes soldat et j'ai été jeune moi aussi je sais ce que c'est. Allez venez.

Le Camp était c'est vrai immense, et cela ne m'étonnait guère que les habitants s'y soient finalement si bien organisés. Tandis que j'étais conduit par Zö jusqu'à l'une des entrées, il me présentait l'endroit, en nommant et m'indiquant tous les lieux qui pouvaient présenter un intérêt pour moi. J'évitais de lui poser trop de question d'un coup, par respect, et parce que j'aimais me faire ma propre idée. J'avais déjà vu des camps de réfugiés, et ce n'était jamais franchement gaie. Dans celui-ci, quoi que le bonne humeur y régnait en apparence selon Zö, il y avait toujours les mêmes problèmes. Les problèmes sanitaires entre autre, les maladies qui n'étaient pas rare, les difficultés à se nourrir, et tous les habitants n'étaient pas aussi bon qu'il aurait voulu me l'affirmer. Au moins il était honnête. Il était sortit avec sa petite fille pour aller cueillir des plantes. Herboriste, il confectionnait des potions et des baumes capables de soulager certains maux et c'était ainsi qu'il se rendait utile à sa communauté.

Quand nous étions suffisant proche, j'entendais un chant s'élever au-delà du crépuscule qui venait. Un chant magnifique, remplit de joie et d'une je ne savais quelle "humanité". Il me réchauffait le cœur au point quand j'en étais surprit et Zö qui le remarquait en souriait. Jill courrait vers l'entrée sans nous attendre pour rejoindre un groupe d'enfant qui devait certainement être son groupe d'ami. L'entrée était gardée par deux hommes en armes, montés sur un cheval. Ils ne nous arrêtèrent pas, en fait, ils ne nous dirent rien du tout, pas même un bonjour, mais je devinais à cela que le camp s'était fait une petite millice. Le maintien de l'ordre uniquement ? Ou leur protection ? Je l'ignorais, mais je savais que ces gardes n'étaient certainement pas des Shinobis. Je voyais déjà la fumée d'un grand feu passer par-dessus les tentes que je découvrais en entrant dans le camp. La vérité était que c'était précaire. Poussière, boue et saleté était clairement le lot quotidien de ces gens. Je savais qu'il n'y aurait pas de sanitaires par exemple et je n'osais imaginer jusqu'où les conditions de vies pouvaient être difficile pour eux. Malgré tout, le chant que j'entendais disait exactement le contraire. Ils étaient nombreux à chanter oui, et c'est vers ce chant que mon conduisait Zö. Selon lui, je rencontrerai là la personne que je cherchais...

À une trentaine de mètres de là. Un grand feu avait été fait, comme m'avait-on dit chaque soir peu avant le couché du soleil. On trouvait autour de celui-ci une bonne centaine de personnes, dont beaucoup chantaient, ce qui expliquait l'harmonie qu'inspirait ce chant à l'unisson. C'était là que m'attendait celle qu'on me présenterait en tant que Luca, très respectueusement surnommée "La princesse des putains"... Selon Zö, elle s'amusait de ce surnom et il était mérité de son propre aveu. La jeune femme, pas plus de trente ans, était en effet avec un groupe de filles sous sa garde et sa protection, la pourvoyeuse de plaisir du camp. En d'autres endroits, cela aurait porté à jugement et moult réprimandes moralisatrices, mais ici cela paraissait normal. C'était une curieuse ambiance dans laquelle je me trouvais maintenant. J'arrivais dans une ambiance de fête, où petits et vieux chantaient et dansaient comme pour louer je ne savais quelle récompense. La nourriture et la boisson étaient distribuées sans que l'on demanda à qui que ce soit de payer. Je ne savais pas d'où cela venait et je n'osais le demander, mais quand j'arrivais et que Zö me présentait, tous, et je dis bien tous, avaient le sourire et la joie de vivre sur le visage. En d'autres temps, j'aurai dit que c'était "un peu trop". Mais vu leur situation, et mon ressentit, je me disais qu'il s'agissait plus d'un moyen d'évacuer tout le malheur auquel devait faire face cette population. C'est là que je la rencontrais, Luca. Elle était assise à même la terre, les joues dans les mains avec le regard porté vers les gens qui dansaient et chantaient. Elle me fit un certain effet je ne le cache pas, mais réservé de nature, quand on me présentait, c'était à la voix basse et au regard fuyant que je lui répondais. Elle avait l'air de s'en amuser, mais je ne m'en offensais pas.

-Shino ? Un Shinobi ! Je suis enchantée ! Bienvenue à la cité de la joie.
-Merci beaucoup...
-Tu as faim ? Nous avons du sake aussi si tu veux.
-C'est que je ne veux pas abuser.
-Ha ha ha, c'est moi qui te propose, ce serait mal élevé de refuser. Viens t'asseoir.


Je défaisais ma faux, et la posais sur le sol pour pouvoir m'installer à côté d'elle. Elle n'était pas dupe, et je le savais, si Zö m'avait amené vers elle ce n'était pas sans raison. Mais le sujet était bien délicat à aborder et je n'osais pas. Elle ne le faisait pas non, au contraire, elle agissait tout autrement, elle ne me donnait pas l'impression d'être un client en fait. Plutôt un invité avec qui faire connaissance.
-Tu viens d'où ?
-Tu veux dire où je suis né ? Ou d'où j'arrive ?
-Les deux pourquoi pas.

-Je suis né à Haï no Kuni. Mais je viens du nord de Kaze.
-Tu es un mercenaire ?
-De temps à autre.
Répondais-je gêné.
-Tu te bats pour qui ?
-Pour celui qui paye... Lui disais-je en détournant le regard.
-Tu ne gagneras pas d'argent ici tu sais. Me rétorquait-elle amusée.
-Je viens plutôt dépenser celui que j'ai déjà. Lui répondais-je tout aussi amusé.
-Tu comptes rester longtemps ?
-Je ne sais pas. Le temps que ça dure.
-C'est beau n'est-ce pas. Continuait-elle en regardant tous ces gens transpirer de bonne humeur.
-J'ai pas l'habitude de voir ça, mais c'est vrai que c'est beau. Pourquoi ils sont si joyeux ?
-Le bonheur commence par le sourire, pas l'inverse. Ici il n'y a que des parias. Soit que leurs maisons sont brûlées par la guerre, soit qu'ils sont au district des malades parce qu'ils ont la lèpre ou la syphilis ou autre chose. Soit ils fuient quelque chose qui ne les concerne qu'eux. C'est pas très beau ici, on le sait tous, mais au moins personne ne cherche à manger personne.


Je tenais mon gobelet de sake entre les deux mains sans ne savoir que dire. Alors je buvais une gorgée et m'efforçais de sourire. Elle ne me regardait pas, elle regardait le vague, veillant sur ce que je pensais être "ses filles". Le regard qu'elle leur portait était plus celui d'une mère qu'une maquerelle, et je trouvais cela tendre. Ainsi, me suis-je dis, que je resterai bien quelques temps ici, parce que le semeur de mort que j'étais ici, n'aurait pas, à semer, la mort... Zö m'avait laissé là pour aller avec les siens, et Jill s'amusait avec des enfants bien loin de là. Je voyais déjà la nuit tomber, mais le feu nous réchauffait et nous éclairait. Manieur de cendre, je trouvais cela d'autant plus beau. Et les chants continuaient, jusqu'à ce que Luca se dressa. Elle me tendit la main après s'être placée face à moi, sans un mot. Je posais le gobelet, et saisissais sa main de la mienne en ramassant ma faux de l'autre. Une fois que je me trouvais debout, elle me dit simplement.

-Viens. Me murmurait-elle avec un sourire.
Et je la suivais.
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Message(#) Sujet: Re: La cité de la joie {-18} [PV Fujisawa - Kumiko] Jeu 17 Aoû 2017 - 18:40

Si Kumiko avait su apprécier la personne qu'était Fujisawa, ce n'était pas la même chose pour le mercenaire de base avide d'argent et sans foi ni loi. Elle était une femme de conviction, elle se battait pour une cause, pour un monde meilleur contre l'adversité, alors c'était un petit peu comme essayer de marier un chat avec de l'eau ou une poule avec un renard. Enfin, vous aviez compris la nuance sans doute. Le monstre de cruauté que représentait l'empereur dans sa course folle à la mort et la destruction de tout ce qui ne portait pas ses couleurs avait poussé la jeune femme à se joindre pleinement au combat. Elle désirait plus que tout que la liberté, un choix meilleur que la mort ou l'esclavage d'un fou. Elle était toujours ardente en ce qui concernait ce genre de quête devenue personnelle. Évidemment, sous couvert de tous ses bons sentiments, elle avait comme tout le monde dans la rébellion ses mains recouvertes de sang. Elle était loin d'être un ange de pureté avec des machines ou des inventions toujours plus mortelles. Elle avait déjà vécu plusieurs batailles au nom de la rébellion. La situation devenait de plus en plus risquées et tendues, comme si on attendait le bouquet final, celle de la mort de l'empereur.

Un duo était en train d'arriver vers ce que l'on appelait la cité de la joie, c'était assez amusant il fallait bien dire. Cela ressemblait surtout à un bidonville bien organisé au final. En plein milieu du désert se dressait un camp avec des ruelles plus ou moins bien droites, mais il y avait une certaine protection contre quelques bandits. La rouquine doutait tout de même qu'une troupe entraînée puisse être réellement arrêtée par ce genre de choses. Elle glissa sur un œil une sorte de lunettes de visée, qui s'adapta sur les lunettes de protection déjà sur le nez. Elle n'était pas venue à pied, ce n'était pas le genre de la maison. Elle et Fujisawa se trouvaient sur une invention de son cru, une sorte de moto tout en puissante. C'était de la mécanique de haute précision habituée au désert, mais surtout dotée d'une multitude de sceaux fuinjutsu pour son bon fonctionnement. C'était surtout pour cela que seule une Saibogu pouvait espérer utiliser pareille machinerie.

« Il y a une palissade de fortune en bois tout autour du camp, et visiblement des gardes armés également. Ils regardent vers nous, alors on devrait soit partir maintenant soit y aller, mais j'imagine que l'on n'a pas fait toute cette route pour rien hein ? »

La rouquine dans sa tenue de cuir de motarde moulante intégrale avait bien remarqué la tension sur les visages des gardes dans sa jumelle. Elle n'avait pas vraiment d'armes visibles, uniquement des sacoches à sa ceinture avec des étranges petites sphères de métal. On pouvait deviner à son attirail, qu'elle était une Saibogu, si on connaissait le clan. Sa crinière de feu voletait un peu sauvage au gré du vent, alors qu'elle se tourna légèrement dans la direction de Fijisawa, son compagnon de la rébellion depuis un moment maintenant. Elle avait une grande confiance en cet homme, bien qu'il ne fût qu'un mercenaire, mais un lien certain c'était noué depuis le temps.

« Après tout, c'était ton idée de venir dans ce camp en délabrement et puant, mais je dois dire qu'il doit être en meilleur état que celui de la résistance ! Cela fera une très bonne maison d'été pour nous deux. »

Dit alors en riant la jeune femme, alors que je cherchant pas à attendre une réponse logique à sa boutade, elle mit les gaz afin de se diriger vers le portail d'entrée. Un bruit de moteur vrombissant se fit entendre d'assez loin tandis que la moto rejoignit à vive allure le portail gardé. Il y avait deux civils plantés en haut avec des armes de fortune, sans doute, auraient-ils pu forcer l'entrée facilement vue leur puissance, mais ils n'étaient pas là pour cela. Elle releva doucement ses lunettes de son nez alors qu'elle offrait un grand sourire aux deux hommes méfiant en voyant la machine, incrédule aux possibilités de cette dernière.

« Faut pas s'inquiéter comme cela, c'est juste un moyen de transport. Je fais partie du clan Saibogu et de la rébellion
, Je l'appelle Kumiko enchanter messieurs !
»


Commença alors par dire avec un grand sourire accueillant la jeune femme, mais ce ne fut guère réciproque. Les deux gardes ne semblaient pas être si heureux de savoir que la rébellion toquait à la porte. Elle avait plutôt l'habitude d'un bon accueil, mais là c'était assez glacial. Elle n'allait pas dire non plus qu'ils venaient récupérer des informations, ce n'était pas ce genre de choses qui allait régler des situations. Elle soupira légèrement en se grattant l'arrière des cheveux en jetant un œil en direction de Fujisawa.

« Faut pas s'inquiéter comme ça hein ! On vient pas se battre, on vient juste se détendre un peu, promis, on ne fera pas de bazars. »

Les gardes qui devaient se sentir responsables de l'entrée de ses deux shinobis, car il n'y avait clairement pas trop d'hésitation à ce propos, n'osa franchir le pas. Si Kaderik avait pu entrer facilement dans le camp, c’était surtout à cause du vieil homme et de la petite fille. Ils avaient pu alors l’accompagner comme des garde-fous, mais ces deux-là paraissaient encore plus étranges. L’une avec des appareils un peu particuliers, qui pouvaient dire si c’était dangereux ou pas ? Et quant à l'autre avec un masque sur le visage, non, ils n'avaient pas une tête catholique ni orthodoxe d'ailleurs. Ils se regardaient un peu tous les deux, les gardes, afin de savoir qui allait avoir le courage de commencer à parler. C’était un petit peu comme s’ils craignaient que l’interlocuteur fût le premier à mourir. Après un moment de silence, l’un d’eux osait commencer à parler en essayant de prendre une voix impressionnante.

« Dis donc, qu’est-ce que vous venez faire ici ? Il n’y a pas d’alcool à la rébellion ? On n’a assez eu d’ennuis avec votre guerre ! On n’en veut pas d’autre ! »

« Pour sûre ouais ! Bien dit ! C’est nous qui choisissons qui entre ici ! »

Commença tout fière à rajouter le second garde, mais le premier lui fit les gros yeux, comme s’il n’était pas non plus très rassuré. Après tout, même un débutant ninja pourrait bien s’en prendre à eux avec une chance de victoire et les deux à la porte ne semblaient pas être des aspirants loin de là. Ils avaient ce genre de regards, qui avaient vu beaucoup de choses pas nécessairement très paradisiaques. La Saibogu essayait tant bien que mal de paraître joviale et agréable comme d'habitude, ce n'était pas de la comédie. Elle était plutôt du genre à vivre tranquillement, à ennuyer personne, à rire facilement et profiter de la vie. Elle ouvrit un peu le haut de sa tenue dévoilant le début d'une poitrine généreuse préalablement enfermée, et elle leva les mains doucement.

« Allons les garçons, on vient juste se détendre loin de tout sans d’ennui, juré vraiment. »

De l'autre côté du camp, pas loin de Kaderik, il put entendre alors que Zö était interpellé par un gamin, qui racontait que deux types étranges, des Shinobis, se trouvaient devant le camp et ils demandaient à entrer. Il ne semblait pas trop savoir quoi faire, et visiblement, ils venaient chercher conseil auprès du sage du camp. Le garçon décrivit alors d’étranges machines également, peut
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Message(#) Sujet: Re: La cité de la joie {-18} [PV Fujisawa - Kumiko] Ven 18 Aoû 2017 - 8:17

Les cheveux au vent et le visage brillant au Soleil, Fujisawa n’était pas sans son élément naturel. Se tenant fermement à Kumiko, il n’était clairement pas rassuré à bord de sa moto. Venant d’Ame no Kuni, il connaissait bien l’industrialisation, mais ce genre d’appareil n’avait rien à voir avec ce dont il était habitué. Cependant, malgré son manque d’assurance, il ne pouvait qu’apprécier ce voyage à travers le désert et puis, c’était son idée de se rendre dans ce camp de réfugié. Rien ne leur garantissait qu’ils allaient trouver là-bas ce qu’ils cherchaient, surtout qu’ils n’étaient même pas sûr de savoir quoi chercher exactement. Était-ce seulement une occasion pour lui de s’éloigner un peu du tumulte du camp de rebelle ? Ou bien un stratagème pour passer du temps seul avec Kumiko ? Nul ne pouvait réellement le savoir. Enfin, sauf lui évidement, mais c’est pas comme si qu’il allait nous le dire…

- Il ne s’agit que d’un camp de réfugié, j’ai entendu dire qu’ils n’étaient pas accueillant avec les shinobi, ce qui est plutôt logique, mais bon, ça ne va pas nous arrêter. Et puis, j’ai connu pire comme lieu de résidence, t’aurais vu là où j’ai grandis, c’était pas le grand luxe. Mais au moins on n’avait pas ce Soleil atroce et permanent.

Si Kaze no Kuni n’était pas bien loin de son pays natal, le climat des deux pays ne se ressemblait aucunement. La pluie constante d’Ame pouvait semblait bien morose à beaucoup de gens, mais le Sabakyô s’y était habitué et il avait beaucoup plus de mal à faire de même dans le pays désertique.

Le duo reprit alors leur route en direction de l’entrée où ils furent accueilli par deux gardes qui semblaient peu enclin à l’idée de les laisser passer. Voyant que sa camarade s’efforçait de paraître courtoise et polie pour gagner leur autorisation, Fujisawa joua le jeu, affichant son plus beau sourire tout en les saluant à son tour.

- Bonjour à vous !

Malheureusement, leur réponse ne fut pas vraiment différent de ce à quoi il s’attendait. Sans pouvoir leur en vouloir, puisqu’ils étaient après tout, réfugié à cause d’une guerre à laquelle ils ne participaient pas, il n’avait pas pour autant l’intention de se faire recaler ainsi comme s’il était un enfant à l’entrée d’une maison close.

Kumiko décida alors de jouer un peu de ses charmes pour amadouer les gardes, espérant jouer sur les sentiments pour pouvoir entrer. La voyant commencer à se dévêtir, le Sabakyô, bien que n’était pas forcément contre l’idée, décida qu’il n’allait pas perdre plus de temps en plein Soleil à discuter avec deux pecnos.

- C’est un camp de réfugié non ? Vous n’allez pas me faire croire que vous être regardant sur les personnes qui entrent ou qui sortent ?

- Tu crois qu’on garde l’entrée pour faire joli ? Mais y’a peut-être moyen de s’arranger, moyennant finance, sauf si vous préférez une manière plus amicale…

Terminant sa phrase avec un clin d’oeil tout en orientant son regard en direction du décolleté de la Saibogu, le garde semblait vouloir négocier l’entrée. Évidement, ce n’était pas du goût du Sabakyô.

- Oh tu vas pas commencer à me faire chier toi. C’est pas parce qu’on t’as demandé de rester planté ici toute la journée que ça te donne le droit de me casser les couilles ! Alors t’es bien gentil, mais on va entrer avec ou sans ton autorisation. On n’est pas venu ici pour créer des problèmes, mais c’est pas moi que ça va déranger si ça arrive.

- Non mais tu te prends pour qui toi ? T’as cru que t’avais tous les droits tout ça parce que tu fais partie de la rébellion ? Non on s’en fout de vos histoire et on est beaucoup à avoir beaucoup perdu à cause de vous !

Il s’approcha alors du garde pour l’intimider avec sa taille, Fujisawa devait bien faire une vingtaine de centimètres de plus.

- Non, j’ai tous les droits parce que t’as aucun moyen de m’empêcher d’entrer. T’as vraiment envie de t’en prendre à un shinobi ?

Reculant de quelques pas, le garde regarda son collègue à la recherche d’un peu de soutien, mais il ne vit sur son visage que ce qu’il ressentait déjà au fond de lui, un peu de peur et beaucoup de colère.

- Et n’allez pas dire qu’on n’a pas essayé de faire cela dans le calme et la politesse hein !

- C’est bon allez-y ! Mais je préviens, si y’a le moindre soucis…

- Puisqu'on vous répète qu'on est simplement là pour nous détendre ! C'est de la discrimination anti-shinobi, moi je vous le dis ! Sous prétexte qu'on fait une guerre chez vous, tout de suite, on devient des criminels qui ne pensent qu'à foutre le bordel partout où on passe...

Regagnant son grand sourire, Fujisawa se tourna vers Kumiko et l’invita à entrer d’un mouvement de bras. Il savait bien que ce genre de comportement n’était pas vraiment apprécié, mais cela l’amusait plus qu’autre chose.
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Message(#) Sujet: Re: La cité de la joie {-18} [PV Fujisawa - Kumiko] Ven 18 Aoû 2017 - 17:24

La tente où je passais une agréable nuit était bien tenue. Et quoi que je n'étais pas dupe sur les modalités d'une relation tarifiées, Luca savait mettre à l'aise et donner au moins l'impression qu'elle n'avait pas trouvé cela aussi désagréable que cela pourrait l'être. Elle avait été relativement surprise de me voir me dévêtir en laissant seulement tomber au sol la cendre que j'avais sur le corps. Pratique disait-elle, mais gare aux tâches ! Ce dont je m'étais amusé en lui assurant que j'en laisserai pas une miette le lendemain. Sa tente était l'une des plus grandes, car il y vivait non seulement elle, mais quatre autres jeunes filles, toutes du même "métier".

Au beau matin, nus sur le lit de fortune, nous fumions une cigarette en sirotant un thé qu'elle m'avait servit. Pour peu que l'on ne se trouva pas dans un camp de réfugié, on aurait pensé qu'elle ne manquait de rien. Nous prenions ainsi le temps de discuter un peu, avant que je cherche un autre endroit ou dormir cette nuit, je n'allais pas après tout rester éternellement sur le lit avec elle, même si sa compagnie était apaisante. Elle me parlait avec naturel, et sentait une odeur de sainteté malgré son métier, chose qui me séduisait beaucoup. Suffisamment pour que nous ayons une vraie conversation qui allait au-delà du beau temps.
-Tu comptes rester toute nue toute la journée ? Lui disais-je comme une taquinerie.
-La robe est plus longue à mettre qu'à enlever, et pour ça on ne s'aide jamais tu as remarqué ? On se déshabille mutuellement, mais jamais on se rhabille.
-C'est moins amusant sans doute.
-Tu sais où tu vas dormir ce soir ?
-Zö m'avait proposé le gîte hier, j'irais à sa tente et après je verrais.
-Tu peux revenir quand tu veux.

-Ma bourse n'est pas éternelle... Sans mauvais jeu de mot. Ce qui la fit tout de même sourire.
-Tu repartiras à la guerre quand tu te seras assez reposé... On dit qu'elle approche de la fin.
-Après une guerre il en vient toujours une autre. Mon métier ne connaît pas la crise.
-Pourquoi tu as choisit ce métier ?
-Je n'ai rien choisit, je suis né et voilà ce que je suis.
-À ce compte-là moi aussi.
-Il faudra bien que nous prenions une retraite un jour...
-Hey ! J'ai encore de belles années devant moi tu sais.

-C'est certain ça, répondais-je amusé.

Les putains de mon point de vue n'avaient que rarement le respect qui leur était dû. Les soldats en étaient des clients friands car rare étaient les femmes prête à construire une vie avec des hommes toujours loin de leur foyer sans jamais l'assurance d'y revenir. De même, elle soignait les maux du cœurs de ceux plongés dans la solitude et l’effroi, ou encore trop laid pour avoir connu de la gré la volupté d'une caresse féminine. L'affection est un besoin vital même s'il ne fut jamais classé ainsi dans la pyramide. Pourtant, la majorité de ceux qui fréquentaient les prostitués en avait honte, comme s'il s'agissait d'un aveu de faiblesse, de ne pas obtenir l'amour et la sexualité sans avoir à débourser. J'aurai aimé que l'on me dise un jour dans quel couple l'homme n'aura pas eut débourser le moindre ryos, mais enfin, les vertus et la morale possèdent des nuances qui échappent parfois à toute logique.

Elle ne comprenait pas je crois que les Shinobis naissaient Shinobi. Nous n'avions pas le choix de notre vie. Naître avec des pouvoirs destructeurs conduit à détruire, sinon du moins les clans dans lesquels les enfants naissent s'emploient à ce que cela se passe ainsi. Le prestige dans la puissance du chakra... Luca qui couchait sans cause, me paraissait en fait avoir plus de noblesse que ceux qui massacraient au nom d'un idéal.
Nous entendîmes un moment la voix de Zö à travers le tissu de la tente. Il appelait Luca et son timbre semblait inquiet. Elle se levait et comme d'instinct je l'aidais à s'habiller. Nous venions d'en parler et je pouvais ainsi lui donner tort. "J'arrive" lui disait-elle et le pauvre devait attendre. Je restais quand elle fut prête toujours nu sur le lit. Zö lui annonçait l'arrivée de deux Shinobis de la rébellion qui avaient quelque peu forcé le passage. Moi je me demandais pourquoi cela la concernait elle d'abord... Mais en sachant que deux Shinobis arrivaient je décidais de m'habiller à mon tour. Rappelant la cendre à mon corps, je n'omettais pas de remettre le casque cendré aussi sur mon visage. Je me saisissais de la faux et je sortais rejoindre Luca et Zö.

-Les Gardes ont pas osé leur refusé le passage apparemment, s'écriait Zö.
-Rien d'étonnant, porter une armure et des armes ne fait pas de vous un guerrier, intervenais-je.
Luca tournait le regard sur moi et je vis en son œil que dans cette tenue elle m'appréciait différemment. Peut-être prenait-elle un peu plus conscience de ce que j'étais. Ce n'était pas le sujet toutefois.
-Ils ont dit pourquoi ils venaient ? Demandais-je à Zö.
-Simplement se détendre il parait, me répondit-il.
-En quoi c'est un problème alors ? Demandait Luca.
-Tu es la sœur du Roi Lépreux, en son absence c'est à toi de les accueillir.
La sœur du Roi Lépreux. Ainsi j'apprenais que le chef du camp était absent et qu'en plus celle qu'on surnommait la princesse des putains était tout bêtement sa sœur. Là, je voyais sortir de la tente derrière nous une fille blonde, qui tirait par la main une autre que je n'avais pas encore vu, toute bandée de la tête aux pieds et qui paraissait simplette, puisqu'elle ne parlait pas, elle ne poussait que des petits cris et des petits gémissements. Cela m'interloquait mais je n'avais pas le temps de m'attarder là-dessus.
-Luca, si tu veux je peux t'accompagner. Ce n'est sans doute rien.
-La faux à la main ?
Demandait avec étonnement Zö.
-Les Shinobis ont leur propres manières, lui répondais-je.

La petite blonde nous coupait, en s'adressant à Luca. "J'emmène Hélène au dépôt" lui dit-elle. Et Luca ne fit qu'un hochement de tête avant de se retourner vers moi.
-Pas de grabuge s'il te plait. Me dit-elle.
-S'ils n'ont pas d'intention belliqueuse il n'y en aura pas. Vous m'avez accueillit, je suppose que vous pourrez en faire autant pour eux.
-Eux sont clairement de la rébellion. On veut pas que l'Empire nous tombe dessus.
À cela je n'avais rien à répondre. Et fort heureusement Luca qui partait me permettait d'éviter d'avoir à le faire. Nous nous dirigions donc vers l'entrée où les deux Shinobis en question étaient arrivés. Sur le chemin, je ne pouvais m'empêcher de lui poser cependant au moins une question.
-Il est où ton frère ?
-Parti avec une troupe chercher notre ravitaillement. Il négocie je ne sais comment avec je ne sais qui pour que ne manquions de rien ou presque.
-Vous manquez de médicament surtout je crois.
-Si encore nous avions des médecins pour savoir les utiliser...

Nous tombions là-bas sur deux Shinobis en effet. Je reconnaissais le clan Saibogu au premier coup d’œil, moi qui fut élevé ici à Kaze par des Ketsueki. Le deuxième je ne supposais rien car je ne remarquais pas de signe distinctif. Je ne faisais pour le moment office que d'escorte à Luca, qui était celle à qui revenait d’accueillir ces deux personnes. Sous mon casque de cendre, je ne disais rien pour le moment. Je me contentais de veiller.
-Bonjour à vous ! S'annonçait-elle pleine de joie et d'entrain. Vous avez forcé le passage parait-il, ça a fait paniquer pas mal de gens ici. Vous comprenez que les Shinobis ne sont pas forcément bien vus dans un camp de réfugié. Mais s'il est vrai que vous ne venez pas causer de problèmes, vous êtes les bienvenus à la cité de la joie. Je suis Luca, et disons que je gère ce que je peux en l'absence de mon frère à qui appartient ce camp.
-La résistance n'a-t-elle pas son propre camp ? Intervenais-je alors. J'usais d'un aimable ton, mais je n'oubliais pas, non plutôt malgré moi, il y avait déjà un brin de défiance dans cette question. En effet, il me paraissait curieux que des hommes dont l'allégeance était revendiquée eurent besoin d'aller se reposer dans un camp de réfugié.




Dernière édition par Asshu Kaderik le Dim 27 Aoû 2017 - 17:50, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: La cité de la joie {-18} [PV Fujisawa - Kumiko] Sam 19 Aoû 2017 - 11:24

Kumiko souriait légèrement en sentant que Fujisawa s’accrochait à elle assez fort, n’aimait-il pas être sur sa machine ou alors avait-il peur d’une femme au volant ? Cela l'amusait beaucoup, car ceux qui montaient généralement sur sa moto n'étaient pas très rassurés non plus.

« Tu sais maintenant ma moto est assez sûre. Précédemment, je ne dis pas, il y a eu des accidents d'ordre technique qui m'ont obligé à revoir ma copie, mais là, elle est cool. Je suis certaine qu’elle pourrait aller plus vite avec quelques menus réglages ! »

Dit alors amusée la jeune femme à son coéquipier du moment dans sa quête d’informations. Elle ne savait pas trop ce qu’ils venaient chercher dans ce camp. Elle ne s’était pas trop posée de questions à ce propos, c’était l’occasion de faire un peu de route en compagnie de Fujisawa avec un peu plus d’intimité qu’au milieu de toute la bande. C’était une sorte de vacances, même si avec la rébellion, on ne pouvait jamais en avoir véritablement. La lutte était âpre et de tous les instants. L’empire ne prenait jamais de pause dans son désir de nuire et de réduire le monde à l’esclavage.

« Qu’est-ce qu’il a le soleil ? Il tape un peu fort je veux bien l’admettre, c’est sans doute par ce que je ne vais pas assez vite encore ! Avec le vent, on le sent moins, mais tu t'habitueras ne t'en fait pas. C’était comment là où tu as grandi ? »

Osa tout de même demander la rouquine à son compagnon. Cela ne devait pas être de très bonnes souvenir vues comment il semblait parler de ses terres natales. A contrario, Kumiko ne pouvait se plaindre de rien de son enfance, elle avait choisi elle-même de la fuir le plus vite possible, alors qu’elle vivait dans une famille qui ne manquait de pas grand-chose. Elle avait des parents aimants et attentifs, mais leur seule tare avait été de soutenir l’empire. Elle avait alors de ce fait totalement coupé les liens avec ses parents en partant rejoindre une nouvelle famille, les Saibogu.

Les gardes n’avaient guère été très réceptifs à ses mots ou à ses charmes, Kumiko commençait presque à se demander s’il n’y avait pas quelque chose qui clochait. Ils fuyaient la guerre, et ce même si la rébellion se battait de toutes ses forces pour empêcher l’empire de tout réduire à néant, les civils voyaient toutes formes de combattants comme un danger. C’était un petit peu comme s’ils craignaient de voir arriver l’empire pour se battre au milieu des tentes et des maisons de fortune. Elle fut en tout cas étonnée de voir réagir de la sorte le Sabakyo à s’en prendre aux gardes. Elle soupira légèrement en se caressant doucement l’arrière de son crâne en s’attendant à une mauvaise scène. Ce n’était pas très délicat et bien au forceps. Elle haussa les yeux en entendant le garde chercher à gagner quelques argents, comme si la rébellion avait de grands moyens ! Cependant, lorsque le garde laissa plonger son regard avidement dans son décolleté, elle se sentit presque bête. Elle sentit comme un grand moment de solitude, et la jeune femme n’était pas si désespérée que cela d’entrée tout de même. En guise de réponse, elle remonta alors la fermeture éclair de sa tenue jusqu’au bout, afin qu’il n’y ait aucune ambiguïté.

Tel un chevalier servant volant au secours de sa dame, Fujisawa avait sa propre façon de répondre à la demande du garde, c’est-à-dire par la force. Ils avaient clairement les moyens de réduire en cendres une bonne partie du camp sans problème, mais avoir les moyens et le faire était sans doute bien différent. Moralement, elle en serait bien incapable. Elle espérait tout de même que rien de fâcheux n'arrive ici, elle ne voulait pas blesser ses gardes ou voire la situation dégénérée. Elle se retint fortement de ne pas défendre sa chère rébellion, elle donnait tant pour cette cause, mais parler de politique avec un type pareil n'avait sans doute que peu d'intérêt. Elle essaya de détendre l’atmosphère avec un doux sourire tandis qu’elle commença à faire avancer sa moto doucement à l’intérieur du camp.

« Vous inquiétez pas, on n’a pas l’air comme ça, mais on est des gens biens … Bonne journée hein ! »

Kumiko n'eut guère de réponse qu'en a sa piètre tentative de réconciliation. Une fois à quelque distance des premiers gardes, elle se tourna alors en direction de Fujisawa.

« Promet moi de ne pas t’occuper des négociations entre la rébellion et l’empire, si jamais cela n’arrive hein. »

Dit alors la rouquine avec un brin d’humour, lui tirant la langue en riant légèrement. Elle sentait le regard de beaucoup de personnes du camp sur leur arrivée des plus indiscrètes, c’était une évidence qu’avec une machine vrombissante, ce n’était pas tout à fait cela. Elle y allait doucement dans le camp, ce n’était pas une piste de vitesse et alors elle regarda du coin de l’œil Fujisawa.

« Une idée d’où commencer les recherches ? »

Puis une petite troupe semblait arriver à leur rencontre, il y avait plusieurs personnes des civils de conditions moyennes, une jeune femme, mais c'était surtout un homme en armure avec une faux à la main qui interpella la Saibogu. Il faisait tache dans le décor, c'était un petit peu comme si on ne s'attendait pas à voir une personne comme celle-là ici. Elle ne savait pas tellement qui il pouvait être, mais elle reconnut là un combattant au premier coup d’œil. Sans doute que ceux qui avaient du sang sur les mains pouvaient reconnaître leurs semblables. Elle arrêta sa moto sur place, inutile d'avancer, alors qu'ils avaient un comité d'accueil n'est-ce pas.

« En fait, je crois que l’on n’aura pas besoin de chercher où aller finalement. »

Dit alors simplement Kumiko en relevant ses lunettes de protection de ses yeux. Il était impossible de la confondre avec un autre clan, n'importe qui de la région pouvait reconnaître ces drôles de machines Saibogu. Elle était sans doute assimilée maintenant comme une personne du coin de Kaze, celle qui était née à Ki pourtant, amusant.

« Bonjour bonjour ! Et bien quel honneur de se faire accueillir ainsi, il ne fallait pas vraiment. On n'est que des touristes en sommes. »

Commença par dire la rouquine avec un sourire, assise sur sa moto pour la garder à l’équilibre. Elle leva un peu les mains, alors qu’elle répondit à ce qu’il s’était passé à l’entrée.

« Forcé …. Tout de suite les grands mots, nous sommes passés d’une manière peu délicate j’en conviens, mais il n’y a pas eu de grabuge. »

Kumiko comprenait bien que cela pût faire peur à des personnes qui fuyaient la mort, la fin de leurs familles et de leurs maigres besoins. Elle regarda alors un bref instant Fujisawa avec un sourire légèrement crispée.

« Ne vous inquiétez pas, on est de véritables anges de douceur et de mansuétude ! Et puis si on était venu mettre le bazar, on n’aurait pas eu besoin de rentrer par la porte. »

La rouquine regarda alors à droite à gauche lorsque Luca présenta le camp comme la cité de la joie.

« C'est un fort joli nom en tout cas, je m'appelle Saibogu Kumiko, enchantée de vous connaître hmm … Luca. »

La rebelle sentait bien que cette jeune femme se dédouanait déjà d’une partie de la charge de diriger le camp, celui de son frère. Elle avait toujours imaginé que ce genre de lieu n’était qu’une alliance de bons procédés entre des personnes désespérées, mais sans doute que l’ordre naturel des choses reprenait ses droits. Les Hommes aimaient avoir une hiérarchie claire et définie sans doute, la vie se trouvait être plus simple ainsi.

« La rébellion a même plusieurs camps, mais à qui avons-nous à faire ? Vous ne semblez pas être aussi dans le besoin que ces personnes, hm. D'autant plus que la rébellion se bat de toutes ses forces pour que les populations vivent libres. Quelque part, nous sommes dans le même camp face à l’empire. »
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Message(#) Sujet: Re: La cité de la joie {-18} [PV Fujisawa - Kumiko] Dim 20 Aoû 2017 - 18:27

- T’as entendu parler de l’explosion d’une usine chimique d’Ame lors de l’expansion de l’Empire qui a détruit une ville et tué des milliers de personnes, laissant les rares survivants avec des graves maladies ? J’habitais dans les ruines avec ce qui restait de mon clan. Autant te dire que c’était super comme cadre.

Fujisawa n’évoquait que très rarement son passé, d’une part parce qu’il ne l’assumait pas totalement et d’autre part, parce qu’il ne voulait pas donner la mauvaise information à la mauvaise personne. Son clan n’avait toujours pas décidé de sortir de ces ruines et si les autorités d’Ame venaient à l’apprendre, leur survie pouvait devenir difficile. Malgré son manque d’attachement avec son ancienne famille, il n’avait pas vraiment envie de devenir l’un des tout derniers membres de ce clan.

- Négocier avec l’Empire ? Ne t’inquiète pas, ça n’a jamais été mon intention !

Le Sabakyô suivit alors le rire de Kumiko. S’il savait qu’elle n’appréciait pas toujours ses méthodes un peu violentes, il était ravi qu’elle ne fusse pas problématique à ce niveau-là. Il n’était pas quelqu’un de foncièrement méchant et ne s’amusait jamais à faire du mal à des innocents pour le plaisir, lorsqu’il commettait un crime, il s’agissait généralement que d’un moyen pour parvenir à ses fins. Cependant, sa morale n’était pas partagée par tout le monde et travailler avec quelqu’un d’aussi intègre que la Saibogu aurait pu lui être préjudiciable si celle-ci n’avait pas eu foi en lui. Pour s’en assurer, il faisait néanmoins attention à ne pas dépasser les limites en sa présence et ne pas se laisser aller comme lorsqu’il se trouvait à Shoukou. Après tout, il restait persuadé que peu de rebelles auraient toléré combattre à ses côtés s’ils avaient eu vent de tout ce qu’il avait bien pu faire dans sa vie.

Il était facile pour le duo de remarquer les regards des passants à leur égard. S’il y avait surtout de la curiosité dans ces yeux, il ressentait également de la colère de la part de ceux qui les reconnaissaient comme Shinobi. Loin d’être dérangé par cela, il se permit même de saluer de la main ceux ayant un regard trop insistant avec un large sourire. Lorsqu’il aperçut qu’un comité d’accueil venait à eux, il ne put s’empêcher de se dire que ce camp était vraiment trop sur le qui-vive. S’il était normal pour des réfugiés de faire attention à leur sort, le camp n’était pas positionnée dans une zone de conflit et ni l’armée impériale ni les rebelles ne prenait le temps de s’y intéresser. Évidement, il ne pouvait s’agir que d’une haine des Shinobis, qui aurait été d’ailleurs parfaitement justifiée, mais Fujisawa se demandait tout de même s’il n’y avait pas une autre raison.

- Bonjour à vous !

En entendant encore un peu plus de suspicion de leur part, Fujisawa poussa un soupir qu’il refréna bien vite avec un sourire tandis que Kumiko s’occupait de justifier leur présence et d’apaiser la situation. S’il était vrai qu’il avait intimidé les gardes à l’entrée pour accélérer le passage, il ne fallait pas exagérer non plus, cela restait un camp de réfugié, il n’allait pas se faire recaler l’entrée sans rien dire.

- Et puis, il n’y a rien d’autre que ce camps à des kilomètres à la ronde, un peu de repos avant de reprendre la route serait salvateur. Mais excusez moi ma curiosité, vous dîtes que ce camp appartient à votre frère, c’est une façon de dire qu’il est le chef ou il est à l’origine de la création de camp ? Ça n’a pas dû être facile d’organiser tout cela avec le peu de moyen que vous devez avoir, surtout que l’Empire et les rebelles sont bien trop préoccupés par la guerre pour vous aider vraiment.
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Message(#) Sujet: Re: La cité de la joie {-18} [PV Fujisawa - Kumiko] Dim 20 Aoû 2017 - 19:21

-C'est un fort joli nom en tout cas, je m'appelle Saibogu Kumiko, enchantée de vous connaître hmm … Luca. La rébellion a même plusieurs camps, mais à qui avons-nous à faire ? Vous ne semblez pas être aussi dans le besoin que ces personnes, hm. D'autant plus que la rébellion se bat de toutes ses forces pour que les populations vivent libres. Quelque part, nous sommes dans le même camp face à l’empire. Nous répondait la Saibogu.
-Et puis, il n’y a rien d’autre que ce camps à des kilomètres à la ronde, un peu de repos avant de reprendre la route serait salvateur. Mais excusez moi ma curiosité, vous dîtes que ce camp appartient à votre frère, c’est une façon de dire qu’il est le chef ou il est à l’origine de la création de camp ? Ça n’a pas dû être facile d’organiser tout cela avec le peu de moyen que vous devez avoir, surtout que l’Empire et les rebelles sont bien trop préoccupés par la guerre pour vous aider vraiment. Ajoutait le Shinobi qui accompagnait la Saibogu après un "bonjour à vous".

Je tournais mon regard vers Luca, je ne pressentais pas d'animosité de leur part, au point que je laissais la cendre de mon casque tomber pour dévoiler mon visage d'ange aux yeux bleus, dont l'innocence loin de paraître usurpée figurait être un fardeau plus lourd à porter que la faux que je rangeais dans le dos. Luca ne perdait pas sa jovialité et s'efforçait d'accueillir ces deux shinobis avec la dignité dû à tout être humain. Ils posaient des questions qui selon moi ne les regardait pas, mais il ne me revenait pas non plus de juger de cela et Luca était la seule à pouvoir en définir l'importance. Toutefois, avant qu'elle ne réponde, je me permettais une remarque gratuite certes, mais dont je ne négligeais pas l'importance. Ce n'était pas que je me renfrognais à leur vis à vis, c'était que je souhaitais rappeler à une réalité des guerriers qui se pensaient légitimes comme tout ceux qui défendaient une cause.
-Un idéal en réduit toujours un autre en cendre.

Le ton était doux, fataliste, tandis que je fixais surtout la jeune femme rousse qui avait évoqué son gout de la liberté et son combat pour celle-ci. "Liberté liberté, que de crime on commît en ton nom", me disais-je cette fois à moi-même en pensée. Je n'avais de haine pour aucun des deux belligérants pour ma part. Je savais qu'une fois cette guerre terminée, les hommes trouveraient bien une autre raison de verser du sang. Je n'étais pas pourtant le genre à donner des leçons de morale, toutefois leur réaction à cela m'en dirait bien long sur leur personnalité. Luca, ne les laissait pas me répondre tout de suite, sans doute voulait-elle "améliorer" l'ambiance avant. Je savais pourtant, ayant converser avec elle, que de dire que les réfugiés étaient dans le même camp que les rebelles ne passerait pas. Même si elle ne le ferait sans doute pas remarquer pour ne pas ajouter de la tension là où ce serait inutile, je trouvais cela tout aussi gros pour ma part. Ici, les réfugiés n'avaient pas de camp, et de fait, il ne fallait pas se leurrer, le laboureur exploité par l'Empire, serait exploité ensuite par le Shinobi. Pour lui cela ne changerait rien, si ce n'est qu'entre temps, il aura eut sa demeure à reconstruire.
-Vous serez accueillit et vous pourrez vous reposer. Du moment que vous vous montrez assez discret pour ne pas attirer les soldats de l'Empire ici. Vous avez dû le remarquer, ce n'est pas notre petite milice qui saurait arrêter des hommes entraînés et déterminés. Mon frère est effectivement le créateur de ce camp, et il en est devenu plus le protecteur que le chef pour être honnête avec vous. Mais il n'est pas là pour le moment, il sera revenu dans quelques jours au plus tard. Hô, et voici Shino, que nous avons accueillit également hier.

Redressant le regard tant vers eux que Luca, je n'oubliais pas avoir précisé que je me battais pour celui qui payait quand elle m'avait posé la question. Aussi avais-je combattu pour les deux camps. Chose qui n'était pas certaine de passer. Je ne comptais toutefois pas stopper Luca si elle leur en faisait part. Je préférais de loin l'honnêteté et ce n'était pas le lieu, j'espérai qu'ils le comprendraient, pour déclencher un combat entre Shinobi.
-Je ne sais pas où vous pourrez passer la nuit en revanche. Si vous trouvez quelqu'un pour vous héberger ce serait idéal. J'ai plusieurs tentes pour ma part où nous logeons avec mes filles. Mais les nuits y sont payante autant que le divertissement que n'y prodiguons. Concluait-elle.

Quelle jolie formule pour présenter un bordel improvisé me disais-je en moi-même sans pouvoir retenir un sourire. Comprendraient-ils la subtilité ? Ils étaient tous les deux très beaux et bien soignés, et la jeune Saibogu ne paraissait pas faire de grande manière, pas puritaine au premier coup d’œil en tout cas. Mais cela ne me concernait pas. Je voyais une occasion de peut-être trouver du travail en les rejoignant quelques temps quand ils partiraient, mais avant cela, je voulais un peu mieux jauger qui ils étaient. Rebelles combattant pour la liberté, peut-être, mais un assassin demeure un assassin et tous les principes ne sont pas les mêmes pour qui joue tant de l'épée que du chakra.
-Je sais que les dernières batailles ont été éprouvantes pour les deux camps. Je suppose qu'ils voudront surtout manger et se reposer. Ce soir, au feu de camp à l'augure des chants, ils verront bien de quoi faire des rencontres et feront leur choix tu ne penses pas ? Demandais-je à Luca.
-Oui oui c'est sûr ! Me répondit-elle toujours la joie sur le visage.
-Il faudrait qu'elle gare son engin aussi. Il y a des enfants qui courent et jouent dans le camp, un accident est vite arrivé et cela pourrait effrayer les résidents. Ajoutais-je.

En quoi cela me concernait après tout ? Moi qui n'était là que depuis hier... Je me surprenais moi-même à vouloir prendre soin de ces réfugiés, et Luca fort heureusement ne semblait pas s'en offusquer. Elle ne me fit qu'un hochement de tête approbatif dont les deux Shinobis feraient ce qu'ils voudraient.
-Bien ! Je dois rejoindre deux de mes filles au dépôt. Je vous laisse entre Shinobis ! Terminait-elle avant de partir.
Quant à moi, maintenant seul avec eux deux, je ne savais pas vraiment quoi faire ou dire de plus. Alors je laissais le silence s'installer entre nous pendant quelques instants jusqu'à ce que je me décide à le rompre.
-Luca n'en a pas parlé, mais ils ont pas mal de difficultés ici, surtout médicales et sanitaire. Si l'un de vous deux a des compétences médicales, je pense qu'aider les résidents de ce camp donnerait une meilleure image des Shinobis. Elle n'a rien dit, sans doute car ce n'est pas parce qu’on a plus rien qu'on a plus de fierté. Il ne me semble pas que le jeune homme ce soit présenter au fait.

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Message(#) Sujet: Re: La cité de la joie {-18} [PV Fujisawa - Kumiko] Lun 21 Aoû 2017 - 9:15



« Oui je vois, ce n'est pas ce qui est le plus glamour pour commencer dans la vie, c'est certains. »

Dit alors simplement la Saibogu comme seul commentaire, elle était déjà suffisamment gênée pour cela. Il était inutile d'en rajouter en tout cas, ni de se plaindre ou de parler de la situation de son propre enfance, qui avait l'air d'être idyllique par rapport à Fujisawa. Perdre toute sa famille à cause d'une pareille catastrophe et poursuivre d'utiliser des gaz, il y avait de quoi être ironique non ? Ce n'était pas la rouquine qui allait la ramener à ce propos en tout cas, et sans doute qu'une blague serait mal venue en cet instant. Son compagnon de route pouvait avoir confiance en elle, ce n'était pas Kumiko qui allait utiliser cette information contre lui. Comment pouvait-on continuer à vivre au milieu de ruine et de gaz ? C'était totalement impensable pour la jeune femme.

La rouquine n'était pas une personne rancunière, surtout avec le Sabakyô, si cela c'était passé ainsi, et bien soit. Elle ne pouvait pas remonter le temps, elle ne pouvait rien changer à une situation passée, alors autant avancer. Elle avait une certaine moralité et un respect que n'avait sans doute pas un mercenaire avec un tel passé. À vivre dans une usine détruite avec des produits dangereux en guise de jouet, comment pouvait-on réagir par la suite aux misères du monde ? Le couple était sans doute l'attraction de la journée, ou plutôt la source de méfiance de tout le camp. C'était presque amusant de constater comment une information pouvait voyager très rapidement en pareil lieu.

« Je devrais me recoiffer, à force d'avoir autant de spectateurs, je vais avoir honte de ma touche. »

Dit alors la jeune femme avec humour à force de constater des yeux posés sur eux aux détours des tentes. Elle ne se posait pas autant de questions quoi qu'il en soit, elle était là en toute innocence. Elle écouta la réponse à la question de Fujisawa quant au fait que le frère de la jeune femme face à eux était le chef, c'était sans doute intéressant même si chef des désespérés n'était sans doute pas si enviable. Le combattant aux côtés des réfugiés semblait se détendre un petit peu en rangeant son arme et en faisant tomber littéralement son casque en cendre. C'était assez étrange de voir cela, tant et si bien qu'elle pencha la tête légèrement sur le côté, intriguée. Puis lorsque vint la remarque du combattant qui venait juste de faire tomber son casque en poussière, elle ne put s'éclater de rire.

« Hahaha ! Ça elle est bien bonne ! En cendres oui, tout à fait ça ! »

Ne put se retenir de rire totalement avec innocence la jeune femme, qui ne pensait vraiment pas à mal. Elle essuya même une larme au coin de ses yeux. Elle était totalement détendue et légère avec le rire facile, comme à son habitude et ce malgré une certaine tension.

« La discrétion pour un ninja vous pensez ! C'est totalement naturel ! Enfin... Oui peut-être pas dans notre cas, mais on fera de notre mieux. »

Dit alors Kumiko en regardant sa moto bruyante. Elle ne pensait pas que l'empire avait remarqué quoi que ce soit de leur arrivée ici, la ligne de front était loin. Elle se releva sur sa moto en regardant autour sur les hauteurs, mais le camp était si grand que voir quelqu'un de caché qui surveillerait les alentours était bien chimérique. Elle avait hâte de rencontrer le fameux protecteur, si c'était un civil sans réel capacité de défense, c'était sans doute une manière de parler plus qu'autre chose. Elle ne pensait pas qu'ils allaient passer plusieurs jours dans un tel camp, ce serait peut-être trop dangereux quand bien même il n'était composé que de désespérés. Elle craignait qu'ils s'en prennent à eux par vengeance, car quelque part, ils représentaient la source du mal, la guerre.

« Et bien bonjour Shino ! C'est original comme prénom ! »

Dit alors la jeune femme avec un petit mouvement de main avec un grand sourire.

« On trouvera bien un endroit où se poser, ne vous en faites donc pas pour cela ! On ne va peut-être pas déranger vos filles pour le moment, hein ? »

Demanda alors Kumiko en regardant Fujisawa comme pleine d'espoir qu'il ne voulait pas aller dans ce genre d'endroit. Ce n'était pas qu'elle était dégoutée ou peu compréhensive, mais surtout troublée. Les gens faisaient ce qu'ils voulaient, mais aller voir ce genre de personnes n'étaient pas son genre. Elle était sans doute plus garçons, même si elle ne s'était jamais vraiment posé la question. Elle se demandait en tout cas comment des réfugiés pouvaient bien avoir autant de tentes tout d'un coup pour vivre dans un morceau de désert. Elle pressa ses deux mains ensembles avec un sourire enjoué.

« Quelle belle idée un grand feu avec tout le monde et des chansons j'adore l'idée ! »

Dit alors en toute simplicité la jeune femme toute contente à l'idée. Elle adorait ce genre d'ambiance simple et agréable.

« Ho pour ça, ne vous en faites pas, elle ne prend pas beaucoup de place. »

Dit alors un sourire la Saibogu, alors qu'elle se releva de la moto. Elle fit un signe pour Fujisawa afin qu'il ne reste pas dessus, il ne manquerait plus que ça. Elle monopolisa alors un peu de chakra, ce qui fit apparaître sur sa peau de multiples sceaux de fuinjutsu un peu partout. Elle en toucha un alors sur son bras gauche et sa moto disparut en un instant dans un nuage de fumée. Elle n'avait pas idée de la laisser comme cela dans un coin du camp sans surveillance. Sa machine était bien trop précieux à ses yeux pour cela, c'était un petit peu comme son bébé en sommes. Elle ne supporterait pas de voir tout le monde y toucher, surtout qu'ils ne pourraient que l'abîmer sans doute.

« Ho vous savez, on n'est pas si différent de n'importe qui hein ! Bonne journée ! »

Dit alors Kumiko lorsque Luca partit une fois rassurée de la bienveillance des deux shinobis. Seuls avec l'homme étrange qui jouait avec de la cendre, elle sourit légèrement.

« Vous êtes là depuis longtemps ? Vous prenez à cœur la vie de ces gens à moins que ce ne doit qu'elle ? »

Demanda alors avec un léger sourire la Saibogu en regardant Luca en train de partir. Elle se frotta l'arrière de ses cheveux alors que le fameux Shino fit mention du besoin de médecin.

« Et bien... Les premiers soins sans doute, mais rien de vraiment très poussé hein. »

Dit juste un peu gênée la shinobi quant à la remarque de l'homme au cendres sur le manque de médecin. Ce n'était pas qu'elle ne désirait pas les aider, mais surtout qu'elle n'en avait guère les moyens. La rébellion n'avait pas non plus une situation très enviable, bon sans doute mieux que dans ce camp, mais ce n'était pas la joie. Elle voyait bien en quoi voulait en venir l'homme en demandant de l'aide, cependant, elle n'avait pas beaucoup de matériels sur elle pour aider à grand chose.
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Message(#) Sujet: Re: La cité de la joie {-18} [PV Fujisawa - Kumiko] Lun 21 Aoû 2017 - 22:18

S’il ne nourrissait que des doutes à la première approche, Fujisawa se rendit bien vite compte que l’homme qui les accueillait était également un shinobi. Son équipement n’avait rien de normal et lorsque son casque s’effrita en cendre, cela ne fut pour lui qu’une confirmation. Il se demanda alors les raisons qui pouvaient pousser un shinobi à vivre dans ce lieu, surtout avec la réputation qui accompagnait ce statut. Lorsque la femme leur annonça qu’il n’était arrivé que la veille, cela leva encore plus de suspicion de la part du Sabakyô. Que faisait-il à participer au comité d’accueil s’il était nouveau ici ? De plus, il n’était clairement pas membre de la rébellion et s’il ne semblait pas être un soldat impérial non plus, cela ne le rassurait pas vraiment. Si l’inconnu était aimable et poli, il n’en semblait pas moins méfiant et c’était assez étrange compte tenu de son statut. Il pouvait tout aussi bien être un ninja errant fuyant les conflits et les siens pour sa survie qu’un traître à la rébellion venu chercher refuge dans l’espoir d’échapper à une sentence. S’il était également possible que cela ne fût rien de tout cela et que les suspicions de Fujisawa n’étaient pas fondées, ce n’était pas dans sa nature de se permettre de se montrer confiant.

Tandis qu’il écoutait la conversation entre son amie et les deux autres, il observait les alentours d’un air désintéressé. Voir tous ces réfugiés parqués dans des conditions horribles le révulsait, malgré tout ce qu’il avait vécu, d’abord avec son clan, puis en croisant la pauvreté au quotidien dans les grandes villes de ce monde, il n’arrivait toujours à comprendre comment des gens pouvaient se laisser aller à ce point. Cela lui inspirait un mélange de dégout et de pitié envers ces individus qui semblaient avoir totalement abandonné tout espoir d’améliorer leur situation.

Il fut alors sortit de ses pensées lorsque Luca leur proposa subtilement les services de ses prostituées. Non pas que le sujet l’intéressait particulièrement, mais Kumiko sembla d’un coup curieuse de savoir son avis sur le sujet. S’il n’avait rien contre la prostitution et que ce n’était quelque chose qu’il n’avait jamais accepté par le passé, il n’avait aucune confiance en des filles travaillant dans ce genre d’endroit. Même s’il n’avait pas la même sensibilité face aux maladies que le commun des mortels grâce à ses capacités claniques, il respectait bien trop son hygiène corporelle pour se permettre une telle chose. Il sourit alors à la Saibogu avant d’acquiescer pour confirmer ses dires.

Puis lorsqu’il entendit parler d’un feu de camp collectif et qu’il vit l’entrain de son équipière pour y participer, une lueur brilla dans ses yeux. Il avait pensé à prendre ses dés et il n’y avait rien de mieux qu’un tel regroupement pour trouver des partenaires de jeu. Il lui fallut quand même quelques secondes avant de réaliser qu’il se trouvait toujours dans un camp de réfugié et que la seule chose qu’il allait bien pouvoir y gagner était des rations de survie et des couvertures infectieuses. Aussitôt la lueur de ses yeux s’éteignit et l’idée de passer une nuit des plus ennuyeuses commença à germer dans sa tête.

- Oui ne vous inquiétez pas à notre sujet, on trouvera bien un endroit où passer la nuit sans déranger personne, c’est déjà aimable de nous accueillir ici.

Sans même se rendre compte de l’ironie de ses paroles, étant donné qu’il avait dû légèrement forcé le passage, il salua joyeusement leur hôte qui décidait de s’en aller, les laissant ainsi avec le shinobi.

- Vous avez raison, je m’en excuse, je m’appelle Fujisawa. Avec ce qu’il s’est passé, j’avais un peu la tête ailleurs. Et personnellement, je n’ai aucune compétence médicale. Je pourrais à la limite aider à faire certains diagnostics, j’ai une bonne connaissance des maladies, mais pour ce qui est du soin, je ne peux rien faire pour vous malheureusement.

Sans avoir à révéler son appartenance au clan Sabakyô, Fujisawa pouvait bien se vanter de maitriser le domaine des maladies, mais il était bien plus dans ses habitudes de les distribuer que de les soigner. Il se rappela alors qu’il avait un sceau contenant des antidotes à ses poisons sur lui. Il fit brièvement la liste dans sa tête de ce qu’il pouvait bien y avoir à l’intérieur, mais il arriva bien vite à la conclusion qu’il ne devait y en avoir que très peu susceptibles de soigner une maladie courante. Autant dire qu’il ne s’agissait que d’une perte de temps, sauf s’il venait à rencontrer un cas particulier.
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Message(#) Sujet: Re: La cité de la joie {-18} [PV Fujisawa - Kumiko] Mar 22 Aoû 2017 - 0:56

La conversation et la rencontre durait et démarrait pas si mal que ça. En fait, je pressentais l'envie de s'intégrer chez ces Shinobis. Sans aller jusqu'à croire en leur complète innocence, ce qu'ils répondaient à Luca me satisfaisait. La jeune Shinobi allait même jusqu'à exprimer de l'entrain devant l'idée d'un feu de joie et quoi que ce son compagnon y semblait moins emporté, il ne paraissait pas trouver cela désagréable pour autant. Aussi me disais-je que même s'ils étaient présent pour une autre raison que le repos, ils ne chercheraient pas au moins à causer du trouble. Était-ce ce camp que je protégeais alors ? Ou ma propre quiétude ? Si l'on lisait en ce moment le récit de ma vie, la question serait légitime, et j'y répondrais sans doute que quelque soit la réponse, le résultat serait finalement le même. Alors à quoi bon s'en soucier, si moi, le premier concerné, je ne m'en souciais pas,... Ou pas.

-Vous êtes là depuis longtemps ? Vous prenez à cœur la vie de ces gens à moins que ce ne soit qu'elle ? Me demandait pleine de jovialité Kumiko.
Et je me demandais si elle avait écoutée la conversation. Luca avait dit que je n'étais présent que depuis hier pourtant, mais l'information avait dû lui échapper. J'en souriais en réalité, autant devant son énergie débordante que de son étourderie. Elle avait rit quand j'évoquais les idéaux cendrés et riait encore de presque tout. Chacune de ses paroles respiraient, et inspiraient même, un goût de la joie. Cette jeune femme qui avait plus d'un tour dans son sac aux vus des Fuinjutsu qu'elle avait sur le corps dont un contenait maintenant sa moto, semblait être aussi bienveillante que Luca. Bien sûr, cela me ravissait, et quoi que je n'étais pas démonstratif à son point, le regard que je posais sur elle se fit aussi tendre que doux et le sourire que je lui portais se faisait témoin de l'estime grandissante que j'avais d'elle. La réserve ne tombait pas pour autant, mais, on ne se refait pas... Je n'avais pas le temps de répondre que son comparse intervenait lui aussi, tant pour se présenter que pour me désillusionner quant à leurs compétences médicales.
-Vous avez raison, je m’en excuse, je m’appelle Fujisawa. Avec ce qu’il s’est passé, j’avais un peu la tête ailleurs. Et personnellement, je n’ai aucune compétence médicale. Je pourrais à la limite aider à faire certains diagnostics, j’ai une bonne connaissance des maladies, mais pour ce qui est du soin, je ne peux rien faire pour vous malheureusement. Ajoutait donc Fujisawa.

Cela me fit perdre un instant mon sourire, il aurait été trop beau que le hasard nous mena des Shinobis médecins de toute façon. Connaissant le sens de l'humour noir dont était capable Dieu, cela ne m'étonnait finalement guère. Il était inutile alors de chercher à imposer une aide de leur part à ces résidents. Ils ne les connaissaient pas plus que moi, et hors de l'occasion qui aurait pu se présenter sous leurs talents, ni eux ni moi, n'étions responsables de ces gens-là. Je convenais pour ma part qu'il faille seulement me conduire en bon invité, à la hauteur de la délicatesse de mes hôtes.

Il s'agissait maintenant de répondre, surtout à Kumiko puisque son compagnon ne posait pas tellement de question. Je baissais un peu la tête timidement, non pas que j'avais honte de ce que j'allais annoncer, mais que parler de moi déclenchait toujours un certain malaise en moi et ce malgré mes efforts pour le contrôler. Moi ? Le sujet qui m'ennuyait le plus. Mais c'était en se montrant honnête avec autrui, qu'on lui donnait le plus de gage de sa bienveillance autant que de sa confiance. Un risque certes, mais je me figurais ne pas risquer le combat, juste, au plus grave, une réticence à mon égard.
-Je ne suis arrivé qu'hier comme Luca l'a dit. Avant cela, je combattais pour la rébellion, et avant cela encore, pour l'Empire, et avant cela encore... Pour un autre. Je marquais un temps d'arrêt et relevais une œillade désolée et compatissante. Prise de pitié à leur égard ? Bien sûr que non, cela ne serait pas respectueux et ne serait pas mérité. C'était plutôt que je sentais mes principes probablement obsolètes à leurs yeux, ce qui, par avance, développait un sentiment de solitude en moi dont j'étais maintenant coutumier. Ma voix fort heureusement n'était pas celle d'un dépressif enclin au fatalisme le plus complet. Simplement celle d'un homme profondément doux, qui était convaincu de sa propre philosophie.
-Je tente de laisser du bon là où je passe, d'autant plus quand j'y suis bien accueillit comme ici, peu importe devant qui je tombe. Continuais-je. Je suis peut-être un meurtrier à vendre maintenant à vos yeux, mais je n'ai jamais fait de ce métier un plaisir je puis vous l'assurer. Mon ennemi sur un champ de bataille ne l'est que le temps de la bataille. Par habitude j'ai vu que d'un côté ou de l'autre, c'est toujours la même histoire, les deux camps se disent les plus justes, il n y'a de guerre que lorsque deux partis se disent légitimes de toute façon.

je n'avais pas plus développé que cela mes sentiments et mes égards. Ce fut déjà bien assez suffisant pour risquer de me faire haïr s'ils fussent fanatiques. Et d'ailleurs rien ne disait que tout cela les intéressait au final. J'en venais donc à un tout autre sujet avant de leur laisser le temps de répondre.
-Je crains hélas que nos compétences réunis ne suffisent pas. C'est grand dommage pour eux, mais ils ne sont pas de notre responsabilité. Quoi qu'indéniablement, vous et moi avons contribué à conduire ces gens ici.
Un reproche ? Non, un fait, un fait que nous devions porter sur les épaules selon moi, et le porter le plus dignement possible. Eux comme moi, n'avaient sans doute pas choisit leur condition plus que les gens résidents dans ce camp. Nul innocence pour qui que ce fut en ce bas monde, ainsi juger de la responsabilité des malheurs était bien peu sage pour qui que ce fut. Je pointais alors le centre du camp, où je savais de Luca, qu'ils pourraient y trouver le dépôt s'ils avaient des objets à chercher.
-Là-bas se trouve une sorte de magasin si vous cherchez quoi que ce soit. J'ai aussi ouï dire qu'il restait un peu de place à l'est du camp s'il vous en fallait. Sachez que je ne suis personne ici cependant. Etant Shinobi, et craignant que la milice soit dépassée par les talents que nous connaissons, je voulais seulement m'assurer que mon propre repos ne serait pas troublé. J'ai eu je crois une réponse favorable, finissais-je avec un amical sourire.
Un petit mensonge à moi-même peut-être, car effectivement, la nuance des sentiments que je vouais à ce camp était bien plus complexe.
-Je compte de toute façon m'y rendre, si vous voulez m'y accompagner ?
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Message(#) Sujet: Re: La cité de la joie {-18} [PV Fujisawa - Kumiko] Mar 22 Aoû 2017 - 9:27

Kumiko était plutôt rassurée de constater que l'idée d'aller voir des prostitués pour Fujisawa n'était pas sa tasse de thé. Elle préférait que cela se passe ainsi, même si elle n'aurait rien dit non plus si jamais il en avait eu une envie subite. Ils n'étaient pas mariés après tout, alors il était libre. Elle n'avait rien contre le plus vieux métier du monde disait-on, mais cela aurait été vexant pour une jeune femme comme elle. La Saibogu remarqua l'intérêt soudain de son compagnon pour les feux de camps et les chansons, mais elle doit un bref instant que ce soit vraiment le cas. Elle haussa les épaules légèrement, ce n'était pas grave après tout tant qu'il suivait le mouvement. Elle leva un pouce un bref instant en hochant la tête pour le lieu de repos.

« Par contre, je ne suis pas certaine que forcer l'entrée d'une tente de ma même manière puisse nous aider hein. Après, je ne vois pas quoi faire pour aider le camp, je peux mettre en place une radio, ou hmmm... Qu'est-ce qui pourrait être utile comme technologie.... »

Elle se creusait la tête sur ce qu'elle pouvait apporter, ce n'était pas tous les jours que l'on avait la visite d'une inventrice après tout. Qu'est-ce que des personnes désespérées pouvaient désirer ? L'accès à la radio, ou aux informations et des distractions peut-être, mais en plein désert ? Peut-être si elle posait l'antenne en hauteur, aller savoir. Elle regardait les lieux et sous ses yeux imaginatifs se dessinaient déjà les câbles, les plans et comment faire marcher tout cela. Le souci majeur serait le matériel évidemment, elle se doutait qu'elle même un morceau de métal allait être rare.

« Et que fait un combattant comme vous ici monsieur Shino ? »

Demanda alors simplement Kumiko à l'homme, elle se doutait sur cela ne pouvait être son vrai nom à moins d'une énorme ironie. C'était comme si la mère appelait son enfant Plombie et qu'il devenait plombier à moustache dans une salopette rouge ! Son exemple était peut-être trop précis, mais vous aviez compris ce qu'elle voulait dire. On pouvait dire que la rouquine était très souvent pleine d'entrain en permanence, comme si elle avait accès à une réserve d'énergie infinie. C'était peut-être possible qu'elle avait un secret, niak Niak Niak. Lorsqu'elle avait posé la question au sujet de la défense de l'homme du camp, elle avait parfaitement écouté. Après tout, qui après une seule journée allait défendre un camp ? Elle se doutait qu'accompagner une prostituée avait plusieurs signification, alors peut-être qu'avoir un homme sous sa coupe était uniquement par le sexe ? Non, elle chassa cette idée, c'était bien trop triste et simplet, il y avait le ventre aussi ! Note pour plus tard, apprendre à cuisiner, des machines automatisées seraient bien possible.

Combattre à l'aide de fuinjutsu voulait dire devoir prévoir tous les combats à l'avance. Après tout, ne fallait-il pas créer, tester et utiliser des tracés préexistant ? Les sceaux fuinjutsu disparurent de son corps lorsque la machine disparu. Ce n'était pas comme si elle avait besoin de monopoliser son chakra davantage. Elle sentait le regard de cet homme de cendres s'apaiser à son égard, et elle préférait largement cela. Elle n'était pas vraiment dans le conflit loin de là, si elle avait appris à se battre, ce n'était pas pour le faire en permanence. Vaincre sans combattre pouvait bien apporter bien plus après tout.

« Hoooo je vois. »

Se contenta de dire dans un premier temps la rebelle, c'était donc un mercenaire. Bien entendu, Fujisawa en était un également, mais ce n'était pas pareil ! Il était sexy lui ! Heuuu non non, oubliez ça, c'était surtout qu'elle avait su l'appréhender et lui montrer sans doute une autre voie, du moins elle l'espérait. La Saibogu n'avait rien contre ce genre de personnes, c'était surtout qu'en mission on ne pouvait guère avoir confiance en ce genre de personnes. On essayait de vivre comme mon pouvait après tout, il y avait bien des avantages évidents qui lui venaient en tête, mais ce n'était pas son truc. Kumiko avait bien trop de conviction pour se vendre au plus offrant. Cet homme était cependant seul, et c'était rare pour un mercenaire qui habituellement préférait se regrouper. Cela résultait d'un réflexe de survie sans doute, ou encore par habitude ?

« J'imagine que vous posez et défendre une cause ne vous ait jamais venu en tête ? Ne vous fâchez pas, je demande par principe seulement. »

Demanda par principe la jeune femme, qui n'avait que peu d'espoir. Cependant, elle fut surprise d'entendre l'homme, qui disait qu'il aimait à faire le bien autour de lui là où il passait, alors qu'elle avait toujours imaginé qu'un mercenaire ne pensait qu'à l'argent et à sa propre personne, toute espoir n'était peut-être pas perdu ! Une lumière existait peut-être entre la poussière et la cendré de son armure ? Pire ! Un cœur !

« Si cela ne vous plais pas beaucoup ce métier, je peux vous proposer une cause juste, se battre pur un idéal et je peux vous assurer que l'on mange à sa faim dans la rébellion. La preuve ! Fujisawa est encore là ! »

Dit alors Kumiko en désignant avec humour à l'aide de ses deux mains son compagnon, comme s'il n'était qu'un ventre. Bon, elle trouvait qu'il mangeait trop, mais c'était sans doute un genre de gourmet. Elle ne tiqua pas au sujet qu'il était un assassin, ou un tueur, elle assumait pleinement en être un également, mais elle avait choisi depuis longtemps un camp, pire, elle avait même fui sa famille en ce nom.

« Légitime ou non, c'est à vous de voir si vous préférez avoir comme dirigeant un fou capable de carnage de ses propres camarades. Je préfère me battre pour mieux que cela. Il ne faut pas être si fataliste ! Un monde meilleur est possible ! »

La rouquine le vendait bien hein ? Elle aurait dû faire représentante d'une industrie, elle pourrait peut-être même vendre des béquilles à des culs-de-jatte. Le était une fanatique à sa cause, mais elle n'insista pas davantage. On pouvait le sentir quant à ses paroles et son tin virevoltant, sans compter sa passion de vivre évidente.

« On peut quand même essayer de les aider comme nous ne pouvons après tout … »

Dit de toute manière la jeune femme quant au sort de ses réfugiés, cependant, elle ne réagit en rien que c’était de la faute également de la rébellion. Tout n’était la faute que des fous, et ceux-là appartenaient évidemment à l’empire. Cependant, c’était amusant de voir un mercenaire sans camp oser prendre parti pour quelque chose. Il devait être plutôt mal placé, même s’il avait fait plusieurs batailles dans chaque camp visiblement. Elle se gratta alors la joue perplexe en entendant parler du fameux magasin.

« Je crois que je préfère laisser les denrées de ce magasin pour les réfugiés, mais pourquoi pas vous accompagner. »
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Message(#) Sujet: Re: La cité de la joie {-18} [PV Fujisawa - Kumiko] Mer 23 Aoû 2017 - 14:24

Intrigué par le manipulateur de la cendre, Fujisawa commençait à être frustré de ne pas arriver à cerner le personnage. Il avait bien remarqué un certain mépris de sa part envers cette guerre et une indifférence envers les idéaux soutenus par les deux camps. Ce n’était pas bien rare et lui-même ne combattait l’Empire que parce qu’il y voyait un intérêt personnel et ne soutenait aucunement les idéaux des rebelles. Cependant, il se savait particulièrement apathique concernant toutes les personnes souffrant de la guerre ou des ravages de l’Empire, ce qui n’avait clairement pas l’air d’être le cas de Kaderik. Il gardait également en tête la possibilité que cette apparente préoccupation envers ces réfugiés n'était qu’une façade ou tout du moins, provenait de raisons bien plus égoïstes qu’elle ne semblait le laisser penser.

Cela l’amusait néanmoins de voir Kumiko tenter de le convaincre de rejoindre les rangs de la rébellion, lui rabâchant son idéal après que celui-ci lui avait déjà expliqué qu’il n’y croyait pas. Cela lui rappela alors le jour où il avait accepté de la rejoindre, cependant le contexte était vraiment différent et les raisons de son accord n’avaient pas grand chose à voir avec les arguments qu’elle lui avaient fournis.

- Tu vois bien qu'il n’est pas touché par l’idéal de la rébellion, je le comprends un peu à vrai dire. L’Empire lui-même est né d’un idéal qui faisait rêver et on voit bien ce que ça a donné. Et puis, faire l’apologie de cette guerre ici, ce n’est pas forcément idéal. Et puis, tout le monde n’est pas prêt à combattre l’Empire uniquement pour ton beau sourire.

Le Sabakyô tiqua quand même lorsque son interlocuteur leur fit la remarque que ces réfugiés étaient ici partiellement à cause de leur faute et de la sienne. Il réprima alors son réflexe de réagir, ne voulant pas créer de conflit inutilement. L’envie ne lui manquait pas pour autant, il ne supportait pas ce genre d’accusation. S’il était conscient que la guerre et lui-même directement étaient responsables de nombreuses morts et blessés et que les populations civils étaient les premiers à en pâtir, il ne se considérait absolument pas coupable du sort de ces gens. Chacun était maître de son destin et ceux qui décidaient de se laisser aller suffisament pour terminer dans un endroit aussi pitoyable ne méritaient aucun respect et ne devaient leur situation qu’à leur lâcheté.

- Je pense que la meilleure manière que nous avons pour les aider reste de terminer cette guerre au plus vite. Sauver une poignée de vie lorsque des centaines disparaissent quotidiennement n’a que peu d’efficacité.

C’était vraiment le mieux qu’il pouvait faire pour paraître sympathique à ce niveau-là. Le fait était qu’il n’avait que faire des victimes de cette guerre et que la dernière chose qu’il souhaitait était de la voir se terminer un jour. Si sa vie de mercenaire et les plaisirs du luxe lui manquaient terriblement, cela n’avait rien à voir avec le joie intense des champs de bataille.

- Allons-y, j’ai bien envie de visiter le camp de toutes façons !
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Message(#) Sujet: Re: La cité de la joie {-18} [PV Fujisawa - Kumiko] Mer 23 Aoû 2017 - 17:54


Vers le centre du campement, une toute jeune femme blonde et frisottée s'évertuait à négocier avec l'un des rares marchands. Il était en réalité le responsable du dépôt qui se permettait de temps à autre de faire du marché noir, et vu la demande, il avait de quoi ramasser un beau pactole. Le dépôt était l'endroit où les provisions, mais aussi absolument tout autre matériel se trouvait. La jeune fille qui négociait, recherchait pour sa part à ce moment-là des médicaments. Pour elle-même, qui craignait les maladies infectieuses et vénériennes à cause de son métier, et pour soigner l'esprit d'Hélène, la jeune femme bandée de la tête aux pieds qui l'accompagnait (et c'était précisément ces médicaments-ci que l'homme vendait en sous main, le reste étant normalement en libre accès). C'était un ordre de Luca, qui avait reçu plusieurs conseils susceptible de rétablir l'état de cette jeune fille. Personne n'avait grand espoir la concernant en réalité, et tout ceux de ce camp ne l'auront jamais vu autrement qu'ainsi, c'est-à-dire muette, simplette, avec le QI d'un enfant de deux ans... Pour son plus grand malheur, elle avait le défaut d'être magnifique, c'est pourquoi Luca la bandait de la tête aux pieds, craignant que les appétits masculins qu'elle connaissait trop bien ne cherchent à disposer de la faiblesse de sa protégée.

L'homme lui réclamait un peu trop à son gout pour les denrées qu'elle demandait, elle se savait pourtant dos au mur et dans l'obligation de payer. C'était aussi ainsi que les choses se passaient dans le camp de réfugiés. Tous cherchaient à survivre, mais ils y en avaient toujours, même au plus bas de la misère, qui cherchaient à tirer parti des situations sur le dos d'autrui. La petite blonde, chacun ici, et particulièrement les pourceaux, la connaissait. Recueillit depuis quelques mois par le camp, on en savait très peu sur son passé, mais Luca l'aura prise sous son aile et c'est elle-même, qui se présentant sous le prénom de Nina, décidera de faire le même métier que sa protectrice. La corvée qu'on lui imposait à ce moment-là en revanche ne l'enchantait pas, elle avait tendance à considérer Hélène comme une charge, sans oser toutefois en faire part à qui que ce soit de son entourage. Hélène était dispensée de travailler en effet, contrairement à toutes les autres filles sous la coupe de Luca, ce qui pouvait provoquer une certaine jalousie. Si les autres filles arrivaient à comprendre la décision de Luca, Nina, qui ne niait pas l'incapacité d'Hélène, n'en n'éprouvait pas moins une certaine aversion mêlée de honte de la ressentir. Hélène en effet, dans sa simplicité, était la tendresse incarnée, l'innocence telle qu'on l'envisagerait en regardant un nouveau-né.

Lorsque Nina sortait de la tente du dépôt, c'était pour un bref instant de panique, Hélène avait disparu, jusqu'à ce qu'elle la retrouva en train de jouer avec des enfants. Sautillant dans la boue, elle trouvait là autant de joie et de candeur qu'on pouvait attendre d'une personne aussi simple. La simplicité de l'esprit, avait de cela, qu'elle offrait la vision vraie des plaisirs simples de la vie, une vision qui échappait aux esprits intellectuels et tourmentés par le questionnement. Nina s'empressait d'empoigner Hélène pour l'emmener. Elle avait avec elle maintenant tout ce que Luca lui avait réclamé et devait normalement se rendre directement là où elles dormaient toutes. C'est sur le chemin qu'elle croisait Luca, tout enjouée et pleine de bonne humeur comme toujours. Elle qui prenait la vie comme elle venait, essayant sans cesse de respecter une certaine ligne de conduite qu'elle s'était fixée. Hélène, il était vrai, était la préférée de Luca, mais chacune de ses filles avait son affection aussi réelle que sincère, et Nina n'était pas exclue de cela, loin de là. Luca ignorait cependant les ressentiments de Nina tant la petite blonde savait donner le change.
-Hoyyy ! S'écriait Luca. Alors tu as tout ? J'espère que ce vieux fripon t'as pas pris trop chère !
-Si je trouve... Répondait doucement Nina. Surtout, qu'on n'est même pas certaines que ça va marcher.
-S'il y a une chance, on doit essayer.

Mais Nina n'avait clairement pas le baume au cœur. Quelque chose lui tourmentait l'esprit, lui pesait sur l'âme, Luca le voyait clairement dans son regard qui s'assombrissait en s'abaissant. Alors elle lui saisissait le visage entre les mains, pour le redresser, et avec un grand sourire elle lui dit.
-L'être humain est lâche par nature. Il jalouse celui qui n'a ne serait-ce qu'un peu plus que lui, et au contraire méprise celui qui possède moins. Pour une légère différence, il craint et il hait. Et c'est dur à admettre, mais spécialement lorsqu'il s'agit de parias comme nous. C'est pour ça que nous devons nous serrer les coudes, nous toutes, quoi qu'il arrive. Parce que nous ne sommes peut-être que des putains, mais au moins, nous sommes des putains unis et honnêtes.
Nina voyait son visage s'éclaircir, sans lâcher prise la main d'Hélène, qui n'écoutait pas vraiment, puisqu'elle voulait attraper un insecte qui passait là, sans même savoir ce qu'elle en ferait si elle l'attrapait sans doute. La petite blonde allait répondre, mais on entendit des cris plus loin en arrière de Luca. C'était une autre de leur fille, qui appelait à l'aide. Déjà une petite foule s'était amassée près de là, et à la fois Luca, et Nina qui tirait toujours Hélène s'y rendaient.

Pendant ce temps, je me trouvais toujours avec les deux Shinobis qui avaient finalement accepté de m'accompagner, mais avant cela, j'avais dû faire avec les élucubrations de la kunoïchi Kumiko. Elle ne démordait pas de son idéal, cherchant à me convaincre de son bien, et même, elle osait tenter de me recruter. Bien sûr que je comptais peut-être les rejoindre, bien sûr aussi sa joie tant que son entrain me séduisaient, mais de là à croire en leur cause... Si elle n'avait pas saisi ce que je venais de lui dire, je pensais peine perdue de chercher à répondre à ses affirmations et son argumentaire. Fou d'impériaux ? Les exactions guerrières étaient des deux côtés. Elle croyait certainement que c'étaient les régimes qui faisaient les hommes, que la brutalité et la médiocrité résultaient des dirigeants qui faisaient les lois. Or, je l'avais vu de mes yeux, ce sont les hommes, et rien que les hommes, qui sont responsables de leurs actes et de leurs répercussions. Les rebelles savaient fort bien faire preuve de cruauté quand ils l'estimaient "nécessaire", et je ne pensais pas que la liberté enveloppée dans un paquet cadeau qui avait singulièrement la couleur du sang, rendait leurs actes plus justifiable que ceux des Impériaux. Quand j'attendais, forcé d'entendre tout cela, je me contentais de regarder droit devant moi, en répondant pas un dur silence. Je voulais éviter le conflit avec eux, et je ne voyais que cette solution.
C'est alors que l'autre Shinobi, Fujisawa intervenait, et ce qu'il disait... J'en tournais le regard sur lui un moment, avec le sourire, léger et heureux d'avoir à entendre quelqu'un qui me comprenait sans doute un peu plus, sans pour autant forcément adhérer à ce que je disais. Je me sentais en fait moins "seul". Je lui offrais un hochement de tête approbateur quand il terminait d'ailleurs, tout cela, alors même qu'il ne s'adressait pas à moi, mais à la shinobi Kumiko.
-Tu vois bien qu'il n’est pas touché par l’idéal de la rébellion, je le comprends un peu à vrai dire. L’Empire lui-même est né d’un idéal qui faisait rêver et on voit bien ce que ça a donné. Et puis, faire l’apologie de cette guerre ici, ce n’est pas forcément idéal. Et puis, tout le monde n’est pas prêt à combattre l’Empire uniquement pour ton beau sourire.

À ces bonnes paroles, je m'en retournais, les sachant me suivant vers le centre du camp. Il voulait visiter avait dit Fujisawa. Nous visitions donc. Ce qu'il y avait à voir n'était pas aussi repoussant que les champs de bataille que nous avions dus tous les trois côtoyer, mais ce n'était pas tout à fait l'ambiance du parfait site touristique. Ce que nous avions à découvrir était simplement ce que pour ma part, j'imaginais. Le bonheur du soir au feu de camp, masquait le malheur de la journée. Ces gens voilaient leurs conditions de vie en riant et chantant. Cela n'effaçait pas la boue, la surpopulation, le manque de soins et d'hygiène. Je ne crois pas que je pouvais tenir pour responsable de leurs conditions de vie ces résidents. Je n'aimais pas, depuis bien longtemps maintenant, juger des responsabilités d'une situation, du moins je ne me le permettais que rarement. Je ne considérais personne comme innocent, pas même ceux qui souffraient ici même. C'était malheureux ce spectacle, mais d'autres souffraient ailleurs pour d'autres raisons. La vie était ainsi, faites de naissances sous le signe de la fortune tandis que d'autres naissaient dans le caniveau. La chance n'avait rien à voir là-dedans peut-être. Je savais que pour tous les maux, il existait heureusement la certitude que la mort viendrait tôt au tard les guérir. Je préférais le silence au fil de mes pas, à moins qu'ils n'eussent choisit de me parler, je me rompais à l'exercice du roi du mutisme pour ma part. Jusqu'à ce que nous entendions plus loin, vers le centre que nous n'allions pas tarder à atteindre, un homme crier à pleine voix, il y avait vraisemblablement une certaine animation puisque déjà quelques personnes étaient autour et nous dûmes traverser une petite foule pour voir ce qu'il se passait.

Cette voix était roque, et sans voir le personnage, je me figurais déjà un ventre bedonnant d'alcoolique notoire. Devinez quoi ? J'étais tombé juste. Là, un homme donc, bedonnant, barbu, sale, et passablement ivre, proférait diverses menaces et accusations envers une jeune fille ensanglantée que Luca tenait dans ses bras au sol, comme pour faire barrière de son propre corps à la colère de cet homme. Il tenait à la main un genre de bâton, dont le bout portait encore le sang de la jeune fille justement, un bâton qu'il brandissait de temps à autre.
-Elle m'a pris deux fois plus que ce qu'on avait dit ! Il manque au moins douze pièces dans ma bourse ! J suis sûr que c'est cette garce qui me les a prit ! Criait-il sur elles.
-Mes filles sont honnêtes ! Tu ferais bien de partir et peut-être que mon frère à son retour ne te fera pas chasser d'ici !
-SALE PUTAIN ! PRINCESSE DES PUTAINS ! Sans ton frère pour te protéger les fesses, tu serais ravagée par la moitié des mecs de ce camp ! Les femmes te détestent ! Et tes filles sont des voleuses ! Je veux mon pognon tu entends !
-Tu es ivres, je suis sûr que tu l'as perdu tout seul !
-Luca... Chouinait la jeune fille entre les bras de Luca.

Un peu en retrait, je voyais Nina qui tenait fermement Hélène. La blonde était apeurée et ne savait que faire, tandis qu'Hélène la bouche ouverte, était complètement à l'ouest et regardait sans vraiment comprendre ce qu'il se passait. Elle essayait de tirer sur le bras de Nina pour rejoindre Luca, mais la petite blonde la tenait bien pour l'en empêcher.
Intervenir ? Le camp n'avait-il pas organisé une milice que je voyais là absente ? Cela ne nous regardait pas après tout, mais cet homme avait assez d'aplomb, ou d'alcool dans le sang pour frapper des femmes sans armes... Cela me mettait mal à l'aise en fait. Mais je ne connaissais pas ces filles moi, peut-être que l'homme disait la vérité... Quand bien même, frapper de la sorte n'était pas le châtiment mérité tant qu'aucune preuve de ce qu'il disait ne fût présentée. J'hésitais à m'avancer. Shinobi ? Si j'usais de violence et de chakra maintenant, que penseraient tous ces gens de nous ? Plus de méfiance encore, je le craignais. Cela continuait de hurler, quand l'homme fit un nouveau geste. Il sortait un poignard cette fois de sa ceinture. Je bondissais, d'un seul tenant derrière lui, si vite que les civils ne me virent même pas décoller et je lui saisissait le poignet. Pas de grandes violences en réalité, je ne fis que le lui faire chauffer jusqu'à le brûler au deuxième degré. Il lâchait ainsi, comme je l'espérais, le poignard qui tombait sur le sol. Le silence suivit, excepté de Luca qui prononçait mon nom, comme étonnée de mon intervention. Mon chakra ressortait de moi instinctivement, quand mon regard croisait celui de cet homme. Ni Lumineux, ni noir, mais autrement plus connu de ceux qui connaissaient la saveur et l'odeur de la mort. Le tuer n'aurait en effet provoquer chez moi absolument aucun sentiment, et si je ne le faisais pas, c'était parce que je me trouvais dans ce camp avec la ferme intention d'y rester encore quelque temps. Je ne me rendis pas compte pourtant de la quantité de chakra que je dégageais, comme si cet imbécile aurait pu le sentir comme un avertissement de ce qui l'attendait en se rebiffant...

La milice intervenait tandis que je restais d'abord silencieux. Ils sortaient de la foule, trois hommes, dont je suis sûr qu'ils se cachaient jusque-là. Drôle de défense et je me devais de le faire remarquer.
-Vous attendiez plus de sang pour intervenir ?
-C'est que....
-Que ?
Insistais-je un peu sèchement.
-Les meilleurs combattants sont avec le Roi, on n'est pas vraiment formé à ça.
-Si tu ne sais pas te battre, ça ne t'empêche pas d'en avoir le courage quand c'est nécessaire, je crois. Sinon donne tes armes à quelqu'un qui aura ce courage.

-Shino... Intervenait Luca, une fois qu'elle s'était levée avec sa fille dans les bras et que les miliciens avaient attachés l'homme ivre qui braillait d'avoir mal au poignet. Emmenez-le à l'écart et ne le détachez pas. Nourrissez-le bien, mon frère verra ce qu'il lui arrivera.Terminait-elle.

J'abaissais le regard, quelque peu honteux d'être intervenu si gratuitement. Je remarquais le silence dans la petite foule, craignant qu'il s'agît de crainte. Mais je n'osais encore croiser leur regard pour vérifier. La jeune fille dans les bras de Luca, se mit à pleurer, pas à chaude larme, mais des larmes sincères malgré tout, et ce que je l'entendis dire me fit grand mal au cœur.
-Quelques fois, je voudrais être morte... Le monde se fou déjà de nous, maintenant même les nôtres nous veulent du mal....
-Maëlis... S'attristait Luca en essayant de la consoler comme elle pouvait.
-S'il te vient l'idée de te suicider, ne le fais pas, car si aux yeux du monde tu n'es rien, aux yeux de quelqu'un tu es sans doute le monde entier. Intervenais-je en m'adressant à elle en toute honnêteté. Ce que j'ignorais alors, c'était que celle qui fut le plus frappé par cette phrase, c'était Nina, que je ne regardais pas.

Cette Maëlis redressait le regard vers moi, tout comme Luca, mais elle n'était pas tout à fait convaincu, je le voyais, comme j'avais vu en elle le véritable désir de mourir, tant le poids de la vie pesait sur ses frêles épaules. Le suicide, c'est l'espoir de ceux qui n'en n'ont plus, et cet espoir, je le vis dans beaucoup de regards durant ma courte vie. Toutefois, je savais, que nul en ce monde ne pouvait être détesté de tous et aimer de tous aussi, cette jeune fille avait forcément quelqu'un pour l'aimer, ou avait connu quelqu'un qui l'aimait, et dans son regard, c'est l'idée que je voyais émerger en elle, celle précisément que j'avais voulu faire éclore. Je lui fis un petit sourire certes forcé, mais sincèrement compatissant malgré tout. Et alors que Luca me souriait à son tour, nous entendîmes un cor sonner au loin. Puis un cri.
-LE ROI EST DE RETOUR !
Le surnommé, Roi Lépreux, rentrait dans son domaine.
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Message(#) Sujet: Re: La cité de la joie {-18} [PV Fujisawa - Kumiko] Jeu 24 Aoû 2017 - 12:00


C'était plus fort qu'elle, Kumiko devait tenter le coup d'essayer de convaincre cet homme de les rejoindre. On pouvait dire qu'elle croyait à la cause de la rébellion en profondeur, le monde pouvait être plus beau, mais pour cela, il fallait se battre. Rien dans la vie n'arrivait si facilement, et cela ne lui faisait pas peur d'agiter de l'air car parfois cela fonctionnait. Essayer de convaincre quelqu'un qui était déjà d'accord avec vous n'était pas vraiment un exploit, par contre faire retourner la veste d'une personne opposée était pour le moins gratifiant.

« Oui mais tu comprends, l'empire est devenu ce qu'il ait à cause d'un fou furieux, sauf que dans la rébellion, c'est moi la plus folle, alors ça ne peut que mieux se passer. »

Expliqua alors avec un grand sérieux la Saibogu en réponse à Fujisawa, qui tentait de lui ouvrir les yeux à la tentative de recrutement du mercenaire de cendres. Elle fut presque gênée lorsque la rouquine comprit que le Sabakyô rappelait qu'il n'était pas venu à la rébellion uniquement pour la cause. C'était sans doute un fameux mélange entre conviction et divers sentiments complexes.

« Oula, ne pense pas pouvoir trancher si rapidement les convictions d'un homme que vous venez à peine de rencontrer. Ne faites pas de votre cas une généralité, mais ne vous inquiétez pas, je sais être patiente et pleine conviction. L’idéal d’une alliance entre nation gâcher par la folie d’un seul et trop de couard pour y réagir, mais ne vous en faites pas, nous sommes là. Je ne ferais jamais l’apologie d’une guerre, elle est toujours injuste et cruelle, mais nécessaire malheureusement contre les hommes de peu de foi. »

Kumiko ne pouvait qu'être d'accord que plus vite la guerre se finissait mieux cela serait pour tout le monde. Elle était encore incertaine, et personne ne pouvait dire comment elle allait finir. L'empire avait beau se battre sur au moins trois fronts à la fois, il semblait si fort que cela pouvait faire peur. Elle n'était pas encline à prendre sur elle tout le malheur du monde, elle se battait pour un idéal, il y avait de la casse à droite à gauche, c'était bien malheureux, mais échouer la guerre face à l'empire voulait dire quoi ? Cela deviendrait alors la pire des horreurs, la soumission, l'esclavagisme, et le travail forcé. Ma jeune femme était différente, elle n'appréciait pas de se battre, elle désirait faire au mieux et éviter les morts inutiles. Elle était peut-être trop fleur bleu pour un monde si sombre et absolu. Elle sourit doucement en voyant que Fujisawa désirait visiter le camp, elle lui fit signe de son bras.

Kumiko avait bien de l'argent, pas beaucoup, mais elle en avait. Il fallait dire qu'elle dépensait un maximum dans ses inventions. Elle voyait bien dans ce camp le malheur, mais ce n'était pas pour cela qu'elle allait donner tout ce qu'elle avait pour aider. Elle aurait pu forcer la main du marchand, cela aurait été victoire, mais de courte durée. Une fois qu'elle serait partie, qu'est-ce qui se passerait ? Sans doute rien de bon malheureusement, alors elle détourna le regard simplement. Elle avait bien remarqué que quelque chose n'allait pas avec la fille bandée de pied en cape, mais ce n'était pas tellement son affaire. Elle ne pouvait rien faire pour aider cette fille, mais la radio c'était possible ! L'espoir, c'était bien tout ce qui restait dans un camp pareil. Le besoin de faire, d'améliorer les choses devaient être gratifiant, alors pourquoi tenter de les ruiner ? Elle se retourna en entendant le cri, et sans attendre elle se dirigea vers la petite foule rassemblée inquiète en compagnie de ses deux compagnons, qui pouvait bien savoir ce qui pouvait se tramer dans un endroit pareil.

Kumiko put alors constater que c’était l’œuvre de la misère et de l’alcool qui était à l’œuvre ici-bas. Un homme soue comme une barrique était en train courageusement à s’en prendre à deux femmes à l’aide d’un bâton. La situation était tout bonnement intenable pour la jeune femme et si les deux hommes dans sa direction, il n’y avait plus personne. Evidemment, elle n’avait pas pu résister d’y mettre son grain de sel. En utilisant un petit peu de chakra, elle fit un saut directement au milieu de la foule entre la fille ensanglantée et l’homme menaçant. Elle avait bien hésité à sortir un pistolet de sa fabrication, mais à vrai dire et vu la rareté de ce genre d’engin, sans doute qu’un homme ivre n’aurait même pas compris ce qui se passerait. Alors elle allait passer à son second plan ! Celui de secours, qui fonctionnait généralement bien mieux que la première idée. Elle se contenta alors de regarder avec un grand sérieux sans sourire l’homme au bâton en sang droit dans les yeux.

« Essaie pour voir avec moi, histoire de voir comment tu t’en sors face à une femme qui peut se défendre. »

La Saibogu avait beau ne pas être une spécialiste du corps à corps, elle était certainement capable de maitriser un homme ivre et bedonnant. Elle n’aurait sans doute pas de problème pour intercepter un coup, et elle s’y était préparée évidemment. Elle préférait largement que ce soit elle qui prenne plutôt qu’une pauvre fille, et ce quel que soit son métier. Même si l’envie était forte de se retourner pour voir dans quel état était cette fille, elle devait faire face à cet homme et prendre la défense de la prostituée. Les shinobis avaient beau ne pas être très apprécié dans le camp, elle n’allait pas non plus laisser passer cela. Luca avait eu le courage de protéger cette fille, ce serait une honte si elle n’avait pas bougé. Cela avait été comme un réflexe, la rouquine n’y avait même pas réfléchi sur le moment. Elle se fichait pas mal du pourquoi de cette rixe, une question d’argent ou une excuse pour se défouler sur une pauvre fille. Les mots de cet homme pouvaient paraitre tellement mauvais, tellement agressifs, mais c’était sans doute leur situation de réfugiés dans un camp minable qui en était la cause. Elle eut alors un frisson dut à une poussée d’adrénaline lorsque l’homme sortit un poignard, mais elle n’eut pas à réagir car Shino attrapa fermement le poignet. La Saibogu tourna alors légèrement le regard dans sa direction, car elle eut du mal à voir sa vitesse de progression. Il était sans doute un combattant émérite pour avoir réussi un coup pareil. Enfin la milice se décida à intervenir, la cavalerie arrivait toujours trop tard sans doute. Visiblement Shino semblait penser que la garde était là depuis le début, si c’était vrai cela voulait dire que la milice eux-mêmes avait quelque chose à reprocher à Luca. Elle doutait que c’était pour cette pauvre fille, une malheureuse victime d’une vengeance collective stoppée par des shinobis étrangers au camp. Les excuses formulées par la milice étaient tout bonnement pitoyables, mais le guerrier aux cendres se mêlaient peut-être d’une organisation d’un camp, qui au final ne le regardait pas.

« Est-ce qu’elle va ben ? »

Demanda alors kumiko en regardant la jeune femme dans les bras de Luca. Elle soupira alors en entendant la fille blessée, qui semblait accuser le coup de cette attaque. C’était un petit peu comme si c’était un vase trop remplie de vases et d’eaux croupies, qui débordait. Que pouvait-elle lui dire pour la rassurer ? Pas grand-chose, et ce n’était sans doute pas le moment de parler de la guerre. Elle sortit de la foule en se glissant à droite à gauche au milieu des gens. Lorsqu’elle croisa le regard de Fujisawa, elle se frotta l’arrière de la tête.

« Désolé … je n’ai pas pu me retenir … »

S’excusa alors la jeune femme, comme si elle en avait vraiment besoin, mais peut-être que son compagnon de voyage pouvait lui en vouloir de s’être mit dans cette histoire. Elle leva un sourcil en entendant les cris d’un Roi qui rentrait. Un peu dépitée, elle leva un peu les mains en l’air en regardant Fujisawa.

« Un Roi ? Un roi de quoi franchement ... Je trouve ça très pompeux pour pas grand-chose, mais ça me donne une idée, tu vas m’appeler maintenant sa majesté sérénissime du laboratoire de la rébellion. C’est un petit peu long, mais tu vas t’habituer ! »

Dit alors kumiko avec un brin d’humour avec un grand sourire.
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Message(#) Sujet: Re: La cité de la joie {-18} [PV Fujisawa - Kumiko] Ven 25 Aoû 2017 - 2:18

Le Sabakyô ne fut pas bien surpris de remarquer que Kaderik était d’accord avec lui. Il s’agissait simplement d’un point de vue partagé par la grande majorité des mercenaires. Eux deux comme plein d’autres avaient déjà connus les deux côtés d’un même champ de bataille et savaient pertinemment que chacun des camps était persuadé d’être le bon. La seule différence cette fois-ci était qu’il y voyait un intérêt personnel à prendre parti, mais il savait que si le contexte n’avait pas été le même, il aurait très bien pu se retrouver à affronter Kumiko dans cette même guerre. Se rappelant alors un ancien entraînement où le duo s’était affronté, il se dit que c’était probablement mieux comme cela.

Cependant, malgré sa remarque et l’approbation qui suivit de l’autre homme, cela ne suffit pas à convaincre la jeune femme de laisser tomber. Fujisawa la savait obstinée, cela avait même été un facteur important dans sa décision de combattre à ses côtés, ce qui ne lui donnait d’ailleurs que plus de légitimité à insister. Elle n’obtint cependant pas directement de réponse de sa part, l’individu préférant marcher silencieusement plutôt que d’alimenter un débat où chacun semblait avoir déjà un avis bien tranché sur la question. Le calme de leur visite du camp fut cependant de courte durée puisqu’un cri vint rompre le semblant de monotonie de la vie locale.

Sans une once de curiosité et avec une nonchalance qui faisait peine à voir, Fujisawa suivit ses deux accompagnateurs en direction du troupeau qui s’était regroupé autour d’un conflit qui ne les concernait pas. Regardant d’un oeil la scène sans même chercher à savoir ce qu’il en était, il regardait les observateurs de l’autre, essayant de chercher quelque chose sortant de l’ordinaire, sans succès. Évidement, Kumiko intervint immédiatement, s’interposant entre un homme en mauvais état et une fille dans état encore plus déplorable. La situation finit par se résoudre lorsque la manipulateur de la cendre fit interruption en immobilisant celui qui semblait être l’agresseur.

Soupirant devant l’intérêt collectif face à une scène aussi banale, il repéra alors Kumiko qui traversait à nouveau la foule pour le rejoindre. En s’excusant pour son comportement, elle le déprima encore un peu plus. Affichant cependant un grand sourire, il n’avait pas non plus l’envie de montrer son absence d’intérêt pour les demoiselles en détresse.

- Tu avais pourtant bien l’air de te retenir, m’enfin, c’est probablement mieux comme ça.

Il se mit alors à observer le comportement du mercenaire avec les gardes du camp qui se mirent enfin à s’occuper du perturbateur. Se positionnant en véritable médiateur avant de discuter avec les jeunes femmes, il semblait si préoccupé. Se demandant s’il était vraiment enclin à aider ses gens de manière désintéressée ou s’il n’agissait que dans un objectif personnel, il fut sorti de ses pensées par une nouvelle perturbation. Un cri retentit à nouveau, annonçant alors l’arrivée du roi lépreux. S’en était trop pour lui, il commençait vraiment à regretter d’être venu dans cet endroit. C’était donc lui, le frère de Luca. Un roi lépreux avec une soeur maquerelle, d’un coup, tous les problèmes de ce camp lui devenaient plus logique.

- Pompeux ? Je doute que ça soit possible de l’être en rajoutant "lépreux" dans son titre.

Entendant la suite de ses paroles, Fujisawa se mit alors à rire avant de tapoter gentiment le haut de la tête de la jeune femme.

- Sa Majesté sérénissime du laboratoire de la rébellion ? Ne rêve pas, tu seras toujours ma petite Kumiko ! Mais si tu y tiens, je t’offrirai une belle couronne. En tout cas, j’espère que sa majesté infectieuse ne verra rien à redire à notre séjour dans son splendide royaume.
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Message(#) Sujet: Re: La cité de la joie {-18} [PV Fujisawa - Kumiko] Ven 25 Aoû 2017 - 14:46


Luca consolait sa protégée tandis que les miliciens de fortunes conduisaient l'ivrogne violent je ne savais où. Certainement dans un endroit où il pourrait décuver et prendre conscience tant de la gravité de ses actes que de l'absurdité de la situation. Toutefois, ce qu'il avait dit, je ne l'avais pas ignoré. Les femmes détestaient Luca ? Les hommes la ravageraient ? Qu'est-ce que cela sous-entendait sinon qu'il y avait bien plus de tension que la "cité de la joie" voulait bien l'admettre. L’intervention de Kumiko, quoi qu'inutile dans cette affaire, était pourtant de mon point de vue normale. Une solidarité féminine peut-être ? Même si la provocation qu'elle avait employée m'avait paru surfaite. Son compagnon était toujours plus discret, et me paraissait aussi, plus lucide d'une certaine façon. Je crois pouvoir supposer que cet homme avait un passé lourd, bien plus que la fanatique de la rébellion qu'il accompagnait, peut-être était-ce pour cette raison, sans pouvoir l'expliquer, que le courant passait mieux entre lui et moi qu'entre moi et elle.

La foule se dirigeait vers l'entrée pour accueillir le "fameux" Roi Lépreux. Un homme que j'avais hâte de rencontrer je ne le cachais pas. Luca avait la mine sombre, et ne semblait pas vouloir s'y rendre. Nina, traînant encore Hélène, la rejoignait silencieusement et je supposais sans me tromper qu'elles rentreraient toutes vers leur tente. Cette Hélène, qui en me voyant, je ne savais pourquoi, serrait les dents comme si elle dû se méfier d'un animal dangereux. Une surprise dans le regard de Luca et de Nina sur une attention qu'elles ne relevèrent pas, sans doute pour ne pas me froisser. La simplicité instinctive de cette jeune femme sans voix et sans réflexion avait peut-être ressentit en moi le gout de quelque chose que cherchait pourtant à me cacher...
Pour ma part je rejoignais les deux Shinobis, et je commençais par faire un sourire à Kumiko.
-Merci... Lui disais-je sourdement. Je vais aller voir ce fameux Roi pour ma part. Si vous voulez me suivre...

Merci pour quoi ? Elle en jugerait d'elle-même, ce mot de gratitude était pour moi la simple récompense devant une action humaine. Le genre de chose qui pouvait m'émouvoir tant je n'en avais pas l'habitude. La complexité de la nuance de mes sentiments n'avait d'égal que ma capacité à tuer sans ressentir de culpabilité, mais cela, la pauvre, ne pouvait pas le savoir.
J'avais ignoré volontairement leurs commentaires, que ce fut sur ce qu'il venait de se passer où sur le roi lépreux. Ces choses-là ne m'intéressaient pas. En revanche, je ne cachais pas mon intérêt pour celui-ci, et je tentais de les inviter à me rejoindre pour aller à sa rencontre. Peut-être se ficherait-il de nous, mais le voir m'intéressait. Je m'y rendais donc sans vraiment me presser.

Là-bas, plus en avant du camp, lorsque je dépassais l'entrée, je vis alors descendre de la vallée désertique une cavalerie, il fallait bien le dire ainsi, transportant dans des chariotes d'énormes caisses. Sans doute le ravitaillement tant attendu par le camp de réfugié. De loin, on y aurait presque trouvé de la grandeur, avec ces drapeaux blancs tâchés de sang flottant au vent sous le soleil. Un drapeau blanc tâché de sang, quel symbole criant cela me paraissait... Mais leur équipement était loin d'être celui d'une glorieuse armée. Il m'apparaissait clairement que tout cela tenait plus de la récupération de champ de bataille et de bricolage qu'autre chose. Ils étaient nombreux. Sans pouvoir dire combien, je voyais tout de même une partie armée se dessiner dans l'horizon. Mais une armée de civil. Combien d'entre eux, même tous ensemble, feraient le poids face à un shinobi dépassant le titre de Genin ? Était-ce de la parade, où se croyaient-ils sincèrement convaincu de pouvoir faire face ?

À leur tête passait l'homme que je voulais voir. Et Dieu que je n'étais pas déçu. Je voyais une hauteur telle que je l'aperçu que rarement chez un homme. Monté sur son cheval, ce Roi lépreux semblait réellement posséder la dignité d'un prince. Était-ce sa tenue ? Son masque d'argent ? Son cheval noble ? Non, c'était autre chose. Voyant les gens s'écarter lorsqu'il rentrait dans le camp, on sentait tout le respect d'une population pourtant rustre et à bout de nerf, comme si par sa présence, l'ordre et la quiétude s'installaient dans les cœurs. Il était accompagné de ses gardes, mais l'un d'eux particulièrement, un homme immense, encapuchonné et carapacé dans une armure paraissait veiller sur lui plus que de raison. Je restais à l'écart, sachant bien qu'il ne valait mieux pas se montrer pour le moment. Je me tenais toutefois suffisamment près pour le voir. Le corps entièrement recouvert, même sa gorge était bandé. On fit abaisser son cheval pour qu'il puisse en descendre, mais je savais à sa façon de se tenir que ce n'était pas le respect dû à un roi, c'était qu'il n'aurait pu en descendre lui-même autrement. En effet, quoi qu'il faisait tout ce qu'il pouvait pour paraître digne et accepter son sort, on y ressentait toute la douleur que pouvoir contenir un homme dévoré jusqu'à l'intérieur même de sa chaire, et je savais que ce masque d'argent, si beau qu'il fut, visait à masquer la déformation que la lèpre avait dû causer à son visage. Il était calme et paisible, et une autorité sage émanait naturellement de lui. Depuis quand était-il lépreux ? Sans doute longtemps vu son état et pourtant, il n'avait pas l'air d'avoir plus de 18 ans...

Le ramassage du ravitaillement s'organisait de lui-même. On vit chacun trouver sa place et la répartissions vers le "dépôt" s'opérer sans difficulté. Cependant, absolument personne n'osait le toucher, et de cela je doutais que ce fut par simple respect... Zö, le vieil homme qui m'avait accueillit vint à sa rencontre, et après s'être parlés un bref moment, le Roi Lépreux s'adressait à son garde le plus proche, l'homme immense en armure, qui criait alors ensuite.
-Où sont les Shinobis ?!
Quelle voix tonnante, mais qui ne m'effrayait pas pourtant, pas plus que l'épée massive qu'il portait dans le dos. Je m'avançais pour ma part calmement, sortant de la foule, et tous les visages se tournèrent fatalement sur nous, les Shinobis. Le Roi se tournait lui aussi vers nous, et moi, qui m'avançait sans faire de grande manière.
L'homme au masque d'argent se présentait, à sa façon de se tenir, je savais qu'il n'attendait pas que je m'inclinais, mais qu'il attendait malgré tout un respect dû à tout homme. Ce visage, et surtout ce regard, à moitié aveugle, je le voyais, qui me regardait avec une certaine nonchalance princière, me faisait pourtant l'impression d'être justifié.
-Je m'appelle Bohémon. Me dit-il d'une voix basse. J'aimerai beaucoup parler avec vous. Si vous me faite cet honneur. Shino n'est-ce pas ? Vous et vos amis voudriez-vous m'accompagner dans ma tente ?

Je le regardais un instant encore, comme si je sentis un appel de quelque chose de plus fort encore. Ne résistant pas, je répondais finalement.
-Je vous accompagne pour ma part. De la réponse des autres, je ne peux ne me prononcer.

Je ne ressentais aucune agressivité chez cet homme. Rien de plus qu'amour et compassion. Dans son regard, je me sentais percé de quelque chose, comme s'il lisait en moi ce que je voulais étouffer en temps normal. Le privilège de la douleur peut-être ?
Combien pourraient le prendre en pitié, tant on lisait le mal de vivre et le poids des responsabilités en lui. Toutefois, je n'allais pas m'abaisser à m'incliner. Nul ne me soumettait plus depuis longtemps et quoi qu'il m'inspirait un grand respect, je pouvais au mieux estimer sa spiritualité à la même hauteur que la mienne. Il ne nous traitait ni ne nous regardait comme le reste des siens. Lui qui avait un Shinobi face à lui, il ne me semblait regarder qu'un homme, du moins, un homme représentatif de quelque chose.
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Message(#) Sujet: Re: La cité de la joie {-18} [PV Fujisawa - Kumiko] Ven 25 Aoû 2017 - 20:44

Kumiko remarquait bien le grand sourire de Fujisawa, malgré son excuse apparente, le Sabakyô ne semblait pas vraiment y croire et il avait bien raison. C’était impensable pour une femme au cœur tendre à ce point de rester insensible à la détresse de quelqu’un et d’autant plus une femme. Elle se mit à rire doucement lorsque Fujisawa lui dit qu’elle avait plutôt l’air de se retenir et il avait une nouvelle fois raison. Il devait trop trainer à ses côtés pour commencer à la connaitre par cœur. Il lui aurait bien mis une droite ou autre chose à cet homme, mais l'intervention du guerrier des cendres avait sans doute été salutaire.

« Mouais peut-être bien … »

Dit alors simplement la jeune rebelle en se frottant l’arrière du crâne. Le mercenaire si froid n’était là que depuis une journée apparemment, mais il était tout de même intervenu. Cela ne lui semblait pas être une réaction, qui allait avec ce qu’il voulait bien montrer ou faire croire. Elle ne pouvait pas croire que ce n’était que par intérêt de protéger une prostituée agréable et charmante. Il devait avoir plus que cela, quand bien même il se cachait derrière cette excuse morale. L’arrivée de ce fameux roi n’avait que peu d’intérêt à ses yeux, est-ce que le camp allait tant changer que cela ? Quelle influence avait-il donc sur toutes ces personnes réellement ? Était-il un shinobi ? Sans doute qu’une grande partie de ses questions n’allaient pas tarder à trouver une réponse.

« C’est tout de même un titre de noblesse pour des gens qui n’en ont pas. Tu crois qu’il est malade à ce point ? Je crois que je ne vais pas lui faire la bise. »

Avoua alors Kumiko en réponse à ce que le roi se targuant d’être lépreux ne pouvait être pompeux. Elle affichait un large sourire avec pleins de dents très fière de sa bêtise en sautant à pieds joints en plein milieu. Elle se laissa tapoter la tête toute contente, et elle hocha la tête doucement.

« Ma petite Kumiko ça me va, si tu m’offres une belle couronne alors, ok marché tenu. »

Dit dans un premier temps la Saibogu, alors qu’elle hausse les épaules.

« Il serait tout de même gonflé de dire quoi que ce soit si nous étions là, ce n'était pas comme si ce morceau de désert lui appartenait vraiment. Au pire on file, ce n’était pas comme si cette visite était primordiale hein ? »

Commença par dire Kumiko en regardant le camp assez minable pour le coup. Elle doutait furieusement de trouver quelconques informations ici, mais une petite pause sans trop d'activités lui allait très bien. Elle pouvait constater que la plupart des personnes se dépêchaient d'aller vers l'entrée du camp pour accompagner l'entrée du roi. Quoi de plus normal pour des cerfs, mais elle doutait qu’il y allait avoir une distribution de bonbons à quelques-uns. Sans doute que c’était pour espérer bien se faire voir par ce dernier, ce roi lépreux devait avoir une certaine influence ici. Le plus étonnant était de voir la sœur pas tellement pressée de voir son frère, était-ce car elle venait de perdre en importance ? Le guerrier aux cendres se glissa proche du duo pour la remercier visiblement. Elle ne comprit pas bien comment un homme pareil pouvait cacher une nature si douce. Comme si la mort pouvait avoir des sentiments, comme si un mercenaire avide pouvait être ainsi. Le tableau n’allait pas bien avec les actes, mais c’était bien que cela qui comptait après tout. Elle regarda alors Kaderik se rendre voir le roi, et elle soupira légèrement.

« J’imagine que l’on attend de nous que nous allions le voir également ? Allons-y alors mon cher prince, menez-moi donc contempler notre bon roi! »

Dit alors avec humour Kumiko en proposant sa main à son noble chevalier princier. Ils purent alors voir à distance, car la rebelle n’allait certainement pas se mettre au premier rang. Elle ne respectait pas du tout un titre inventé de toutes pièces, d'un homme qu'elle ne connaissait pas. Elle le regarderait comme si c’était n’importe qui, sans plus d’importance qu’une autre. Après tout, sa cause n’était-il pas de tuer un empereur ? La rouquine remarqua tout de même l'arrivée à cheval d'un grand groupe accompagné de chariots de transport bondé de marchandises. La première question que put se poser la jeune femme était comme un groupe de pauvre désespéré pouvait bien se payer autant de vivres ou quoi que puissent contenir les caisses. Ce n’était en rien logique, qu’est-ce que cet homme avait-il pu troquer pour avoir cela ? Sans doute que cela aiderait beaucoup la rébellion, mais le genre d’homme qui se dessinait sous ses yeux ne lui plaisait guère.

« Le fanion est tout de même d’un drôle de gout tu ne trouves pas ? »

Demanda à voix baisse Kumiko à Fujisawa. C’est vrai ! Quelle idée de se promener avec un morceau de drap blanc avec du sang dessus ? L'avantage, c'était que cela ne coûtait pas cher ! Un roi se devait d’avoir des couleurs on pouvait supposer, mais il en faisait tout de même trop non ? Elle remarqua alors les armes, mais sans doute n’auraient-ils aucune chance dans une bataille contre des shinobis. Rien que la Saibogu et le Sabakyô feraient de colossaux dommages dans leurs rangs. Heureusement pour eux, ils étaient davantage ici en tant que touristes.

« Je me demande tout de même s’il est vraiment malade sous ce masque ? »

Chuchota alors en glissant une main devant sa bouche la jeune femme à Fujisawa. Elle était bien certaine que sans cet homme influent, nombre de civils ici présents seraient sans doute morts. Il semblait pouvoir organiser une bande de personnes, et pour cela, c’était déjà une bonne preuve de qualité. Elle regardait alors les divers combattants, comme une habitude des batailles. Elle les jaugeait d’un coup d’œil et si la plupart semblaient faibles, quelques-uns paraissaient de qualité. Elle l’observa sans bouger un seul instant en le voyant visiblement vraiment malade et fragile. C’était bien triste pour lui de voir une telle déchéance chez un homme visiblement de qualité, quoi que l’on puisse en penser. Lorsque l’homme en armure parla alors au nom du roi lépreux hélant après les shinobis,

« J’ai l’impression que l’on parle de nous tu crois pas ? On est de véritables stars. »

Commenta à voix basse tout de même avec un sourire dans la voix. Elle hésitait presque à ne pas réagir, pourquoi se ferait-elle manipuler par un souffreteux affublé d’un drôle de titre.
Elle n’était en rien impressionnée, lorsque l’on passait son temps sur les champs de bataille, il en fallait bien plus à un moment. Ils n'avaient sans doute pas tellement le choix, la rouquine pouvait supposer. S'ils voulaient tous deux rester dans le camp, elle devait se présenter au « maître » des lieux. Elle traversa alors en poussant légèrement les personnes sur le côté.

« Pardon … excusez moi … s’il vous plais … oui merci … »

Kumiko ne prenait pas tellement la situation très au sérieux, si bien qu’elle avait ses deux mains dans ses poches. Ce n’était pas qu’elle le prenait de haut ce roi, c’était que de prendre un titre pareil ainsi lui donnait envie de le remettre à sa place. Sans doute n’accepterait-elle pas un dirigeant avant qu’il ne le mérite. Peut-être était-ce un trait de la rebelle fanatique parfaite ?

« Bonjour monsieur Bohémon, moi c’est Saibogu Kumiko de la rébellion. Avec Shino, nous ne sommes pas tellement liés vous savez, les guerriers de l'ombre et une grande famille plaignent de cousins éloignés que l'on ne connaît pas. »

Se présenta alors la shinobi comme si elle parlait à n’importe qui, polie, mais sans plus. Elle n’allait certainement pas cacher son camp, elle en était fière au contraire. Elle ne douta pas que cet homme souhaitait savoir ce qu’ils faisaient là, elle trouvait cela normal.

« Bien entendu oui, nous présenter dans ce camp est la moindre des choses. »

Lorsqu’un homme se savait mourant, il avait deux manières de réagir diamétralement opposée. Soit il cherchait à devenir quelqu’un de meilleur pour laisser une trace bénéfique de son passage, soit au contraire, il avait décidé de fêter jusqu’en enfer son passage sur terre. De ce que montrait cet homme, c’était plutôt le premier choix qui avait été fait.
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Message(#) Sujet: Re: La cité de la joie {-18} [PV Fujisawa - Kumiko] Lun 28 Aoû 2017 - 3:18

- C’est vrai que notre visite n’est pas nécessaire, mais ça me ferait sacrément chier de partir juste parce que notre présence n’est pas souhaitée.

Fujisawa s’était toujours gardé de montrer à Kumiko à quel point il pouvait utiliser des mesures violentes pour des raisons futiles, pensant probablement qu’il finirait par perdre sa confiance s’il abusait. Il n’avait donc pas l’intention d’imposer sa présence par la force, mais ce n’était pas l’envie qui lui manquait. Heureusement pour eux, tout allait bien pour le moment, l’arrivée du chef du camp n’était pas encore signe de complications, peut-être allaient-ils même obtenir des informations intéressantes grâce à lui, c’était l’une des raisons de leur visite après tout. Saisissant alors la main tendue de la Saibogu, Il suivit alors la foule et plus particulièrement Kaderik qui semblait vouloir particulièrement rencontrer le roi.

- Attention, je risquerais de m’habituer à ce que tu m’appelles comme cela, ce n’est pas très bon pour mon humilité.

Le duo se dirigea donc à travers le camp jusqu’à l’attroupement qui se faisait autour du chef. Quelle ne fut pas la surprise du Sabakyô en voyant toute une petite armée rentrer au camp avec armes, équipements et même des bannières. À la tête du cortège, un homme à cheval avec une prestance certaine malgré son accoutrement si particulier. Légèrement déçu de ne pas pouvoir connaître son apparence, il réalisa que son titre de roi n’était pas juste un titre mégalomaniaque, la foule semblait véritablement l’attendre comme un messie. Rapidement, quelques hommes de la foule se mirent à aller à la rencontre du convoi pour y récupérer les ravitaillements.

- Je n’ai aucun doute là-dessus, il semblait véritablement atteint d’un mal incurable, même s’il est difficile de savoir s’il est toujours en proie à la maladie ou s’il ne s’agit que des séquelles d’un mal passé. Quant au fanion, la vraie question est de savoir si le sang était déjà présent lors de leur départ.

Peu après, un garde d’une taille impressionnante qui venait de parler au chef s’écria pour interpeller les shinobis. La nouvelle de l’arrivée de Kaderik et du duo n’avait pas mis longtemps à arriver à ses oreilles.

- J’ai l’impression que cela va devenir intéressant, moi qui espérait passer un peu de temps tranquille en bonne compagnie, on dirait qu’on va devoir directement passer aux choses sérieuses.

Il suivit alors la jeune femme qui traversait la foule en direction du Roi qui ne tarda pas à nous interpeller directement avec une politesse bien plus adéquate que celle de son subalterne. Il semblait déjà connaître le nom de l’autre shinobi tout en invitant les trois à le rejoindre dans sa tente. Alors qu’il marchait encore à travers la foule, Fujisawa ne put s’empêcher de chuchoter quelques mots à l’oreille de sa partenaire avant de contenir un rire qui n’aurait probablement pas été très appréciable.

- S’il espère qu’on le fasse à quatre, il va être déçu.

Kaderik fut le premier à lui répondre, indiquant qu’il accédait à sa requête sans pouvoir parler aux noms des deux autres. Kumiko enchaina alors en se présentant, n’omettant pas d’ajouter qu’elle faisait partie de la rébellion. Le Sabakyô sentit alors que c’était à son tour de parler, mais il n’allait pas non plus se présenter devant tout le monde malgré la remarque de la rousse.

- Bien le bonjour à vous ! Vous nous accueillez dans votre camp, c’est bien le minimum que d’accepter de vous rencontrer.

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Message(#) Sujet: Re: La cité de la joie {-18} [PV Fujisawa - Kumiko] Lun 28 Aoû 2017 - 21:44


Alors que les deux Shinobis et moi-même faisions la rencontre du Roi Lépreux, Luca et ses filles étaient parvenus à leur tente. La première chose que fit Luca, fut de s'occuper de la plaie à l'arcade de la petite jeune qui avait prit un coup de bâton. La blessure n'était pas si atroce que ça et un peu de désinfectant avec une aiguille stérilisée et un fil suffiraient à rendre le visage de la belle comme neuf. Nina traînait encore fois Hélène vers un autre coin de la tente pour lui administrer plus tard le remède qu'elle était en train de lui préparer. La blonde frisottée le faisait il était vrai sans grande conviction, mais respectait toutefois autant les ordres que les espoirs de Luca, qu'elle considérait, d'une certaine façon, comme la mère qu'elle n'avait pas eut. Le plus drôle, ou ironique plutôt, était qu'Hélène n'avait même pas conscience des efforts que faisaient l'une et l'autre pour elle. Elle n'avait nullement conscience de sa propre condition, peut-être même ignorait-elle jusqu'à sa propre conscience. Or, c'était sans doute ce qui la rendait si innocente.

Cela n'empêchait pas Nina de rechigner à la tâche, sans le dire tout du moins. Elle était alors avec la mine basse en train de verser dans un flacon le contenu du remède que l'on avait conseillé pour soigner l'esprit d'Hélène. Son esprit à elle était ailleurs en effet, vers de plus sombres questions et de plus sombres pensées qui ne concernaient en rien Hélène. Hélène, qui la regardant malheureuse, entrouvrait la bouche en laissant s'échapper un son qui tenait plus gazouillis d'un nourrisson que de celui d'une belle fille. La jeune femme à l'esprit perdu posait la main sur la tête de la blondinette et la caressait pour la consoler. Un geste simple, comme celui d'un enfant. Simple et innocent, mais surtout sincère. Nina relevant le regard sur elle en était terriblement touchée. "Je me fiche de toi, et tu cherches quand même à me consoler" pensait-elle alors jusqu'à ressentir une certaine culpabilité. C'est ainsi qu'elle tendit son flacon à Hélène, mais cette fois, avec le sourire. Un sourire amical, comme la récompense juste du geste d'affection qu'Hélène avait eu pour elle. Luca terminait de recoudre l'arcade de son autre fille pendant ce temps, celle-ci ne se plaignait pas, malgré que cela ne fut logiquement pas franchement agréable. Même si Maëlis ne se plaignait pas, cela ne l'empêchait pas de grimacer de temps en temps, mais lorsqu'elle ouvrait les yeux, c'était pour trouver le regard concentré et le sourire consolateur de Luca, ce qui lui donnait suffisamment de courage pour continuer de recevoir les soins sans se plaindre.

-Ce que le Shinobi a dit... Sur la personne pour qui on serait le monde entier... Tu crois que c'est vraiment possible ? Demandait timidement Nina en regardant Hélène prendre le flacon. Luca ne répondit pas au tac au tac. Elle prenait le temps de la réflexion, sachant que Maëlis semblait tout aussi intéressée par la question.
-Pourquoi tu doutes que ce soit possible ? Demandait enfin Luca.
-Est-ce qu'un homme peut vraiment ressentir ça pour une prostituée... Répondit Nina plus comme une affirmation que comme une question.
-Ils ont pas l'air méchants les Shinobis qui sont là. Ajoutait innocemment Maëlis. Cela donnait un rictus à Luca d'abord, qui répondait à Maëlis que cela avait l'air d'être le cas effectivement, puis tandis qu'elle terminait ses soins elle continuait.
-L'amour ne fait pas de discrimination. On aime sans savoir vraiment pourquoi on aime. On sait juste qu'on aime. Alors oui, c'est possible, même pour des prostitués.
Nina baissait la tête, il était alors facile de sentir que quelque chose d'intérieur la troublait très fortement. Hélène pendant ce temps, tenant le flacon dans la main, paraissait ne même pas savoir à quoi ça servait et encore moins comment l'ouvrir et le boire. Maëlis cependant sautait sur le silence pour poser ses propres interrogations.
-Pourquoi tu n'es pas allée voir ton frère ? Il vient de rentrer ! Et pourquoi qu'on laisse ces shinobis dormir dans le camp. C'est à cause d'eux qu'il y a la guerre ! Même si ils ont l'air gentils c'est à cause d'eux qu'on est tous là !
-La mort non plus ne fait pas de discrimination... Ajoutait gravement par-dessus Nina.
-Hola hola hola, s'amusait Luca. Un seul homme ne peut pas être responsable de tous les malheurs du monde et je devais m'occuper de toi et d'Hélène avant d'aller voir Bohémon. Luca caressa la joue de Maëlis ensuite. Les Shinobis naissent soldats, leurs propres parents les élèvent seulement pour ça. Leur vie n'est pas préférable à la nôtre. Un lourd silence suivait...

Luca se relevait pour aller voir Hélène qui se dépatouillait avec son flacon comme un jouet. Sous l’œil de Nina et Maëlis, elle tentait de le lui faire boire, mais à peine le liquide passait dans la bouche de la simplette qu'elle le lui recrachait littéralement au visage sans cacher qu'elle l'avait trouvé dégoûtant. Luca, maintenant trempée, comme les bandages d'Hélène, eut un moment de flottement, puis se mit à rire à plein poumons.
-Ralala ! Tu m'auras tout fait toi ! Et Nina et Maëlis rirent avec elle.
Luca se débarbouillait d'abord, avant de retourner vers Hélène afin de lui défaire le bandage. Une fois fait, elle découvrait le visage d'une très jolie jeune fille et commençait à l'essuyer. Maëlis et Nina restait attentive et en retrait pendant ce temps. Luca, avant de refaire les bandages, prit le temps de contempler Hélène, le regard bienveillant qu'elle lui portait prouvait sans le moindre doute toute l'affection qu'elle lui vouait.
-Normalement ici, tout le monde gagne sa croûte d'une façon ou d'une autre. Mais toi hélas tu ne peux rien faire... Une aussi jolie fille dans ton état ne peut pas montrer son visage. Les hommes sont trop dangereux ils chercheraient à en profiter. Si seulement tu pouvais parler, que je sache ce qui t'as conduit à ça... S'il te plait, si tu peux m'entendre, s'il te plait, ne fait pas de bêtise.

Mais Hélène se contentait de la regarder d'un air niaise. Nina et Maëlis, toujours intriguées qu'elles furent par cette jeune femme ne purent s'empêcher de commenter.
-Quand je l'ai trouvé près du carrefour, elle bavait dans ses haillons et mourrait de soif. Tu crois qu'elle a été abandonnée ? Demandait Nina.
-Je ne sais pas. Répondait bassement Luca. Mais si c'est vrai, abandonner à son sort un si petit ange serait un crime.
-Elle ? Pour qui elle serait le monde ? Aucun homme ne peut la toucher sans qu'elle hurle à la mort. Elle ne sait pas ce que veut dire aimer ou être aimer. Ajoutait Nina.
-Qui sait... Rien ne m'étonnerait plus maintenant... Lui répondait comme une fatalité Luca.
-En tout cas le remède a pas l'air de marcher ! S'exclamait Maëlis.
-Haaaaaaa, soupirait Luca. Peut-être une autre fois !

Nina se levait et se dirigeait vers le dehors, sans oser regarder les trois autres. Luca qui se parlait plus à elle-même qu'autre chose interpellait sans le vouloir Nina qui se stoppait, de même que Maëlis.
-Elle s'est méfiée du Shinobi en serrant les dents tout à l'heure. C'est la première fois que je l'ai vu faire ça. C'était très étrange.
-Peut-être qu'elle a sentit qu'il était méchant ! Affirmait Maëlis.
-Shino n'a pas l'air comme ça. Nina se retournait sur Luca en entendant cela et Maëlis fit de grand yeux, mais Luca n'avait pas terminée. Il a l'air simplement malheureux, continuait-elle. Très malheureux. Un peu comme s'il refusait qu'on l'aime, ou peut-être que...
-Il te plait heinnnnn !!! Tentait de la taquiner Maëlis. Il m'a sauvée, peut-être que je suis sa préférée même si je l'ai jamais eut comme client !
-Hola ! S'étonnait-elle en rougissant. Qu'est-ce que je vous ai dis à propos des clients ?
-De pas... Commençait Maëlis avant d'être coupée par Nina.
-Je sors.
Et Nina sortit...
-Elle est vraiment bizarre en ce moment... Commentait alors Maëlis.

Nina comptait se rendre vers l'unique puits du camp, avec peu d'entrain sachant la queue qui l'y attendrait, mais après une dizaine de pas, au détour d'une tente, un homme, blond, un peu timide et pas très grand lui saisissait le poignet. Une surprise d'abord qui s'apaisait dès qu'elle croisait son regard en se retournant.
-Joachim ! s'écriait-elle. Tu m'as fait peur...
-J'ai envie de te voir...
-Je ne peux pas pour le moment. Ce soir, au feu de camp. Il lui lâchait la main et détournait le regard.
-Tu as réfléchis à ma proposition ? Insistait-il tout aussi timidement dans un murmure.
-C'est pas aussi simple ! S'emportait-elle avant de "s'enfuir" en le plantant là.
Elle fuyait, non pas vers le puits, car d'avoir vu cet homme l'avait tourmentée plus qu'elle ne l'aurait soupçonné. Alors, courant autant qu'elle pouvait jusqu'au dehors du camp, vers un coin à l'abris et reculé, elle défaisait son corset et sa robe jusqu'à se retrouver complètement nue, bien à l'abris des regards. Là, elle avait le "loisir" de vérifier ce qu'elle pressentait depuis un moment. L'apparition d'un chancre ; une lésion rosée, indolore, non inflammatoire, propre, bien limitée devenant dure, laissant sortir un liquide clair. Au niveau des parois de son vagin... Les larmes coulèrent malgré elle, tandis qu'elle se tenait debout, la main collée contre la roche qui la maintenait à l'ombre.
-La syphilis... Qu'est-ce que je vais faire... Qu'est-ce qu'il va dire... Qu'est-ce que je vais lui dire... Nina, dressant les yeux vers le ciel, comme ce que font ceux dont le malheur n'a d'égal que la solitude dans laquelle celui-ci les plonge, espérait qu'un Dieu lui réponde. Mais la seule réponse, fut le silence le plus total, le plus angoissant.

Bien avant cela, le Roi Lépreux Bohémon accueillait Kumiko, Fujisawa et moi-même. Kumiko fut la seconde à s'amener, bousculant un peu la foule qui lui bouchait le passage, elle affirmait sa manie de se faire "un peu trop voir" à mon gout. Cette rouquine à la poitrine proéminente savait fort bien jouer de ses atouts féminins et se trouvait trop excentrique pour moi décidément. Les Saibogu, le clan maître des technologies disait-on, était pourtant un clan "relativement" secret, compte-tenu de la protection de son savoir qu'il gardait jalousement. Elle se présentait à Bohémon fort heureusement avec respect, et sans en faire trop. Cela ravivait l'estime que j'avais pu lui porter.
-Bonjour monsieur Bohémon, moi c’est Saibogu Kumiko de la rébellion. Avec Shino, nous ne sommes pas tellement liés vous savez, les guerriers de l'ombre sont une grande famille pleine de cousins éloignés que l'on ne connaît pas. Bien entendu oui. Répondit-elle ensuite à la proposition du Roi. Nous présenter dans ce camp est la moindre des choses.

Je restais silencieux, le visage baissé vers d'autres pensées et en proie à une forme de discrétion latente. Bohémon ne paraissait pas désappointé de ses manières. Je ne décelais pas non plus d'entrain ou de joie, ni même un sourire sous son masque. Rien qu'un respect et une dignité à toute épreuve. Elle n'avait rien cachée de son allégeance. Si avoir notifié que nos rapports étaient beaucoup moins important que l'avait supposé le roi lépreux ne me faisait rien, clamer à nouveau cette allégeance avec autant de fierté commençait à m'exaspérer, quoi que ce fut un bien grand mot. J'avais seulement envie de lui dire ; Du fanatisme à la barbarie, il n'y a qu'un pas... Mais je m'en gardais bien vu la situation.
-Enchanté Saibogu Kumiko. Répondait simplement Bohémon sans ne rien relever.
-Bien le bonjour à vous ! Vous nous accueillez dans votre camp, c’est bien le minimum que d’accepter de vous rencontrer. Ajoutait Fujisawa dès qu'il nous rejoignit.

Nous nous faisions guider par Bohémon, escortés de près par son immense homme de main, qui lui, le visage caché sous l'ombre de la capuche, ne décrochait jamais un mot. Partout où l'on passait, il était salué, et les résidents s'écartaient à son passage sans qu'aucune demande n'en fut faite. Insuffisant pour que je me laissais impressionner, car ce n'était pas le premier homme de valeur que je rencontrais, mais il fallait tout de même admettre que c'était admirable. Admirable compte-tenu de l'homme qu'il paraissait être. Roi ? Quand bien même, il régnait sur un camp misérable et lui demeurait un lépreux que je soupçonnais déjà plus proche de la fin que du début...
-Si tu n'étais pas surnommé Roi, je dirais qu'ils craignent la lèpre à s'écarter comme ça à ton passage. Osais-je affirmer pour le tester, même si j'y mettais la forme du respect dans le ton. Bohémon en avant de nous tirait un peu la tête vers l'arrière sans cesser d'avancer pour me répondre.
-Il y a certainement de ça, je reste lucide. Me répondit-il d'une voix douce, presque plus que la mienne...

Quand nous arrivâmes à sa tente, nous découvrions un endroit bien mieux tenu que la moyenne ici, preuve qu'il n'était pas n'importe qui une fois de plus. D'ailleurs, le mot "tente" n'était pas vraiment représentatif, puisqu'une grande partie de son endroit était en dur, fait de bois, posé là depuis clairement bien plus longtemps que le reste du camp. Si l'extérieur comme l'intérieur restait sobre et modeste, la propreté et l'entretien s'y ressentait. À peine éclairé par de nombreuses bougies, car il y faisait sombre sans fenêtre, lui se posait sur son propre fauteuil. Je voyais peu de dossiers sur le bureau, j'étais surtout plus étonné d'y trouver un jeu d'échec occidental. Je ne préférai pas m'asseoir pour ma part quand il nous le proposait, présentant des chaises archaïques face à son bureau et je le lui signifiais en secouant une seule fois la tête.
-Tu crains d'attraper la lèpre ? Me dit-il en me provoquant à son tour.
-Je crains d'être à l'aise. Lui répondais-je avec la même douceur dont il avait usé précédemment.
-Pourtant tu me tutoies alors que tes comparses Shinobi ne le font pas.

Je ne répondais rien à cela. Je sentais bien en le voyant qu'il jaugeait les personnes qu'il avait en face de lui, et nul ne juge, nul ne jauge, si ce n'est pas dans un intention de demander quelque chose derrière. Bohémon s'installait plus confortablement dans son fauteuil, son garde debout à côté de lui. Là, je m'attendais à un grand discours. Pourtant, que ce fut au timbre grave de sa voix ou aux mots qu'il choisissait, je trouvais là plutôt le désespoir que la manipulation.
-À 14 ans, j'ai vaincu une escouade Shinobi avec quelques hommes. Ce jour-là, je m'imaginais vivre 100 ans de plus. Maintenant je sais que je ne dépasserai pas la trentaine. Nous disait-il comme une fatalité.
-Comment tu l'as attrapé ? Lui demandais-je naturellement.
-Lorsque j'avais 8 ans, ma maison a été prise au milieu d'une bataille. Je ne sais pas qui combattait qui et quelle importance ? Mes parents morts, ma sœur, alors très jeune, a empilé les cadavres sur nous, pour que les Shinobis ne nous trouvent pas. J'ai attrapé la lèpre sous ces cadavres.

Je froissais le regard en imaginant toute la culpabilité qu'elle devait ressentir, et légitimement, je me demandais s'il avait pu lui en vouloir pour ça. Je ne ressentais cependant pas assez de gêne pour ne plus poser plus de question. Dans le malheur j'étais comme chez moi, c'était la joie et le bonheur qui m'étaient dérangeant.
-Tu lui en as voulu ? Lui demandais-je donc clairement.
-Non. Me répondit-il au tac au tac en sachant d'instinct de qui je parlais. Elle l'a fait pour que je vive, pour qu'elle puisse vivre aussi. Qui aurait pu prévoir ça ? Personne. Je suis lépreux, mais peut-être que si elle ne l'avait pas fait, je ne serai rien du tout... Nous avons vécu de mendicité et pour me nourrir, elle s'est prostituée. Jusqu'à ce que nous trouvions ce désert, avec un oasis, et un simple puits, où nous nous sommes installés. C'est là que les Shinobis ou les hommes en général d'ailleurs, quand il s'arrêtaient dans leur voyage, payaient pour ses services, pendant que je servais l'eau et la nourriture, nous avions montés une sorte d'auberge en quelque sorte. J'étais assez fort jusqu'à mes 16 ans, j'ai pu donc bâtir cet endroit où vous vous tenez.
-Et tous ces gens ? Comment ils sont arrivés là ?
-Zö, un vieil homme est venu un jour avec un bébé dans les bras. Il cherchait un abri, et nous le lui avons donné. Puis une autre famille de sa connaissance est venue, puis encore une autre, jusqu'à ce que vous voyez aujourd'hui soit sortit de terre. J'ai fait ce que j'ai pu, jusqu'à maintenant, pour donner un peu de dignité à tous ces oubliés du monde. Mon surnom est venu après mon combat contre l'escouade. Et ce sont les gens eux-mêmes qui ont appelés cet endroit, la cité de la joie. Aujourd'hui ils sont près d'un millier à fuir la guerre ici.

Zö, le vieil homme qui m'avait accueillit, et je présumais que le bébé dont il parlait était la petite fille ; Jill, celle que j'avais rencontrée en arrivant. Luca était donc une prostituée par nécessité et ne sachant faire autre chose de sa vie, elle avait continuée. C'est ce que je supposais. Devais-je ressentir de la peine pour eux ? J'aurai dû, et pourtant, je ne ressentais rien, ce qui me faisait me sentir honteux, comme si ce fut mal de ma part. Je tentais de ne rien en montrer, à savoir si cela était réussi... Être glacial, ce n'était pas aussi simple que de le dire... Mais tout cela, nous trois, Shinobi, ils ne devaient pas nous le raconter pour le seul plaisir de parler de son histoire... Avant que mes comparses ne posent leur propres interrogations, ou pas d'ailleurs, je n'avais pu retenir ce que je considérais comme l'essence même de son histoire.
-La mort est assise sur ta couronne, Roi Lépreux. Lui disais-je bassement, en le regardant droit dans les yeux l'air sincèrement désolé.
-C'est pourtant toi, qui porte une faucheuse dans le dos, Shinobi. Me dit-il, et cela me surprenait, tout aussi désolé que je l'étais.
-C'est que j'espère un jour faucher le blé plutôt que des hommes... Finissais-je tristement.

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Message(#) Sujet: Re: La cité de la joie {-18} [PV Fujisawa - Kumiko] Mar 29 Aoû 2017 - 18:55

Kumiko sourit doucement en coin en entendant Fujisawa dire qu’il ne voulait pas partir juste par ce que certaines personnes ne voulaient pas les voir dans le camp. Elle aimait bien ce genre de réflexions, elle était une rebelle après tout, alors cela lui parlait assez comme réaction. Elle aurait très bien pu avoir ce genre de réflexions, mais ce n’était qu’un camp de réfugiés parmi tant d’autres pour elle. Il était évident qu'à la voir défendre la veuve et l'orphelin, la jeune femme était de ceux qui ne pouvaient supporter les mauvais traitements à des innocents. Elle ne rechignait pas à user de violence quand cela était nécessaire, il n'y avait qu'à voir comment elle pouvait réagir face à l'empire. Elle afficha un large sourire en riant doucement alors que le Sabakyô expliqua qu'il risquait de s'habituer à tant de manières. Ce serait amusant comme rôle à jouer un jour en mission, mais elle doutait que cela soit réellement efficace aujourd'hui. Elle n'allait pas demander d'où pouvait provenir le sang sur les bannières, ce n'était sans doute mal d'à-propos. La rouquine dut restreindre un gloussement de rire lorsque Fujisawa ne semblait pas trop être déçue de ne pas faire un plan à quatre. Elle le regarda presque gênée, mais trop amusée par la petite phrase. Elle remarqua bien que Fujisawa ne se présentât pas vraiment, ou en tout cas pas très correctement. Elle ne fit pas de remarques, seulement un vague regard sans reproche à son compagnon. Aurait-elle dû être plus discrète ? Elle ne savait pas trop, mais elle n'y avait pas vraiment réfléchi. Elle avait beau faire partie d'un groupe de dissidents, elle ne pensait avoir rien à cacher.

Il n'était pas question de montrer un respect plus important que cela à ce roi. Elle lui parla alors comme n'importe qui, même si elle remarqua alors le regard baissé de ce fameux Shino. Cet homme semblait avoir gagné le respect des autres, mais ils n'avaient tellement rien, était-ce vraiment important ? Combien de ces gens allaient le suivre lorsque la situation sera redevenue normale ? Elle ne pouvait pas rester ainsi pour toujours, la paix arrivait toujours après la guerre, même précaire. Elle fut gênée d'entendre Shino envoyé dans la tête la dure réalité à ce soi-disant roi, et apparemment, il ne semblait pas en être bien troublé. Peut-être était-il davantage lucide que s’abandonnant sous le rêve d’un titre. C’était sans doute un bon point pour lui, mais elle ne dit mot cependant se contenant de sourire. Kumiko regarda alors l’intérieur de la tête dubitative, si jamais il avait tant de moyen, alors autant qu’ils les partagent. S'il était la personne derrière l'organisation du camp, est-ce que cela lui donnait pour autant plus de moyens et d'importance ? Il semblait bien être installé, de vieux meubles, de vieux murs, mais il était assez à l’aise. C'était surprenant de voir dans un camp temporaire une structure en dur. Sans doute était-elle ici bien avant le camp, alors cela voulait peut-être dire que ce morceau de désert lui appartenait ? Avait-il volé le terrain en s’installant ici ? Quoi qu’il en soit et ce malgré les questions que se posa Shino, elle s’installa.

« C’est quoi ce truc ? »

Demanda alors la shinobi en voyant le jeu d’échec étrange. Elle connaissait bien vaguement le jeu de go, mais c’était bien tout. Elle n’était pas tellement jeu de ce style, elle préférait que trop passer son temps à travailler ses inventions. Alors que le « roi » demanda à Shino s’il avait peur d’attraper la maladie de l’homme, elle eut tout de même une certaine hésitation. Cependant, elle haussa les épaules et elle s’installa plus confortablement. Elle n’avait pas peur de la maladie, elle ne le savait pas encore, mais c’était bien trop tard et ce bien avant cette rencontre. Lorsque l’homme parla qu’à quatorze ans et quelques hommes, il avait vaincu des ninjas, elle fut tout de même bien étonnée. Elle toisa alors le combattant à côté du roi, et la Saibogu se demanda si c’était avec ce genre de combattant, car elle ne pouvait pas imaginer perdre face à un type pareil.

« Et ils ont dormi dans ta maison et tu les as égorgés dans leur sommeil ? Par ce que sans être vexante, comment un enfant de quatorze ans sans préparation pourrait réussir un tel exploit ? »

Demanda alors Kumiko sans vraiment réagir à la tristesse de la description, presque vexée que d’autres combattants de l’ombre se fassent avoir ainsi. Elle n’était pas très intéressée par l’histoire triste de la maladie, elle se doutait bien que ce n’était pas en faisant la fête. Le fameux duo, un frère et une sœur avaient vécu ici en fabriquant quelque chose comme il pouvait. La sœur devait donc subvenir aux besoins des deux, cela n'avait pas dû être facile, mais ils auraient pu se battre pour avoir une vie différente. Chacun ses choix, s’ils ne rêvaient que de cela, ils n’iraient pas loin dans la vie.

« Et que comptez-vous faire pour votre sœur une fois la guerre finie ? »

Demanda alors la jeune femme très directement. Ce n’était pas pour dénigrer cet homme, mais il devait bien se douter que s’il passait l’année, ce serait déjà une bonne chose. Les choses allaient forcément évoluer avec la fin de la guerre. Personne ne resterait ici dans cette oasis et la misère allait invariablement revenir encore.

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Message(#) Sujet: Re: La cité de la joie {-18} [PV Fujisawa - Kumiko] Jeu 31 Aoû 2017 - 22:36

Après avoir rejoints le fameux roi lépreux, les trois shinobi le suivirent, ainsi que celui qui semblait être son assistant personnel, jusqu'à sa tente qui se révéla alors ne pas vraiment en être une. Il s'agissait beaucoup plus d'une habitation que tout ce qu'il avait pu voir depuis son entrée dans le camp. Fujisawa trouvait cela plutôt normal, après tout, s'il était celui qui avait fondé ce camp, il méritait bien d'avoir un traitement de faveur et il fallait bien un palais pour un roi, même si ce palais était bien plus petit que la résidence qu'il avait quitté peu de temps avant de rejoindre la rébellion.

Il s'assit alors sur une des chaises que leur présenta leur hôte aux côtés de Kumiko qui ne semblait pas non plus partageait l'envie de l'autre mercenaire de rester debout. Alors que Kaderik et le roi commençaient à converser sur la maladie de ce dernier, la kunoichi décida de plutôt s'interroger sur le jeu d'échec qui ornait le bureau ce qui n'étonna guère Fujisawa.

- Il s'agit d'un jeu d'échec, c'est assez peu populaire ici, mais c'est sympathique.

Béhémon se mit alors à parler de sa vie et du chemin qui l'a amené jusqu'à sa situation actuelle. Pour le mercenaire, une seule chose ressortit de son histoire, il avait eu une vie de merde. C'était très triste, mais il n'était pas venu dans ce camp pour pleurer et si l'entendre ne faisait pas de mal, son intérêt à ce sujet était plus que limité. Bouhou, il a perdu ses parents et attrapé la lèpre ; honnêtement, il avait déjà entendu pire. Il avait même déjà fait pire. Alors que Kaderik semblait particulièrement captivé et que Kumiko se montrait plus sceptique, Fujisawa se demandait juste ce qu'il faisait là. Par respect pour tout le monde, il garda son impatience pour lui, se contentant d'écouter tout en analysant la pièce dans laquelle il se trouvait sans grande ambition de tomber sur quelque chose d'intéressant.

Malgré son manque d'intérêt, il restait intrigué sur la personne de Béhémon. S'il avait tout d'abord imaginé une personne vaniteuse, allant jusqu'à se donner le titre de roi dans un camp aussi misérablement, il se disait désormais qu'il était plus probable que ce titre lui fut donné par les réfugiés. Il devait bien reconnaître que son hôte dégageait un charisme certain, surtout pour un lépreux. Il semblait prêt à aider les plus démunis, mais n'avait pas pour autant l'air d'être dérangé de s'être retrouvé dans une situation bien plus confortable que ses voisins. Il était malheureusement difficile pour le Sabakyô de comprendre un homme ayant eu des traumatismes aussi fort. Si la maladie et la pauvreté ne lui étaient que trop familières, cela n'avait vraiment rien à voir avec la vie de Béhémon.
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Message(#) Sujet: Re: La cité de la joie {-18} [PV Fujisawa - Kumiko] Jeu 31 Aoû 2017 - 23:36

Forcé de baisser la tête, je me sentais oppressé par une force obscure. Je n'avais pas le sentiment que c'était Bohémon, mais la situation, qui me compressait pour me pousser vers je ne savais encore quel malheur. Toujours, lorsque j'éprouvais de l'affection ou du respect envers une personne, tôt ou tard, il advenait un événement tragique et je sentais, avec le temps, qu'une nouvelle mauvaise expérience pointerait bientôt le bout de son nez. Je me fixais dans le silence, tant ce dernier échange m'avait laissé dans le doute. La jeune Kumiko n'était cependant pas en reste. Je me doutais que les autres Shinobis présents auraient sûrement leurs propres questions. D'autant que si Bohémon nous avait entraînés ici, et nous dotait à la fois d'autant d'intérêt et de considération, ce n'était certainement pas sans raison.
-C’est quoi ce truc ? Demandait Kumiko en faisant allusion au jeu d'échec.
Bohémon regardait un instant le jeu, et je sentis sans même le regarder que cela lui fit un grand plaisir qu'on le lui demande. Il cherchait à le cacher, mais j'étais de nature à sentir les élans du cœur et de l'âme assez facilement. Cela dépendait de qui j'avais en face de moi, et aussi de quelles choses il s'agissait, mais parfois, allez savoir pourquoi, le cœur "sait" sans que la raison ne lui aura soufflé sa logique.
-Un homme qui était venu ici, l'a fabriqué pour moi. Il m'a dit l'avoir rêvé, dans un monde unique, où les dieux sont des hommes qui écrivent sur des pages. Commençait-il presque amusé. Ce jeu ressemble au Shogi, mais il est plus simple, et surtout, dans celui-ci, le retour en arrière n'est simplement pas possible, la stratégie fonctionne ou ne fonctionne pas et c'est tout. C'est une chose que j'ai apprécié. Terminait-il sur un ton à la limite de la gravité.
-Il s'agit d'un jeu d'échec, c'est assez peu populaire ici, mais c'est sympathique. Commentait sur le moment Fujisawa.
-Ainsi les rêves peuvent se partager. Répondait étrangement Bohémon au Shinobi.
-Et ils ont dormi dans ta maison et tu les as égorgés dans leur sommeil ? Par ce que sans être vexante, comment un enfant de quatorze ans sans préparation pourrait réussir un tel exploit ? Reprenait Kumiko en faisant allusion au récit précédant de Bohémon.
Cela faisait se redresser le Roi Lépreux, qui prenait soudain une posture plus haute. Comme un sage qui voudrait donner une leçon à son élève.
-Des Genins comme vous dites chez les vôtres, je crois savoir que rare sont ceux que vous classez au-delà du rang B, encore plus au rang A. La force brute à elle seule est capable de bien des prouesses. Mais allié à cela, dit-il en pointant sa tempe du doigt, faisant logiquement allusion à l'esprit humain. L'être humain, même sans le pouvoir de faire sortir un volcan du sol, peut tout réussir. Un homme, pour peu qu'il ait foi en ce qu'il fait, peut réaliser autant de miracles qu'un Shinobi. Ce n'est que le chemin qui diffère, le début et la fin sont la même chose, ce qui importe, c'est toujours, le chemin.
-Et que comptez-vous faire pour votre sœur une fois la guerre finie ? Ajoutait Kumiko sans que je ne prenne le soin de jauger sa réaction.
-Je crois, hélas, que cette décision lui incombera, car je doute de voir moi-même la fin de cette guerre.

Bien défaitiste, me disais-je en entendant cette réponse, mais toutefois, pouvait-on dire aussi qu'il n'était pas réaliste ? Redressant le regard sur lui, je me disais qu'il tentait de jouer un jeu qu'il ne maîtrisait déjà plus. Je préférai en effet confirmer ou infirmer, ce que mon instinct me disait.
-Pourquoi tu ne dis pas simplement ce que tu nous veux...
Il me regardait, bien étrangement, ce n'était pas tant que je le voyais réclamer de la compassion, mais je le sentais dans le besoin, je sentais, qu'il se forçait à devoir répondre alors que l'envie n'y était pas forcément.
-Vous n'êtes pas les premiers Shinobis à venir dans ce camp. Je sais qu'il y en a eut d'autres, peut-être en ce moment-même. Mais vous êtes les premiers à l'avoir dit honnêtement. Mes éclaireurs m'ont fait savoir que la Division Blanche Impériale cherche le groupe qui fait des coups de main sur les convoies impériaux qui passent par les routes non loin d'ici, à environ 100 kilomètres. Mon,... Groupe. Ils ne sont pas gardés par des Shinobis, les civils sont toujours bassement considérés par les vôtres et vos stratégies n'engagent pas d'attaque des convois de ravitaillements curieusement...
-La division de la mort... Ce n'est pas une armée de soldat, mais de bouchers, je les connais. Disais-je gravement en forçant le regard sur Bohémon.
-S'ils nous trouvent, ils raseront le camp, ils feront pire même... Je crains déjà qu'il puisse y en avoir parmi nous. J'ai besoin de protection... Mon camp, a besoin de protection.

Enfin, l'homme qui se tenait à côté de lui intervenait. Sa voix était celle d'un homme d'âge mûr et rompu à la violence, mais il émanait de lui une certaine forme d'honneur, même si je ne savais dire si ce fut dans le ton ou la posture de celui-ci.
-Nous avons une véritable armée prête à se battre. Ce ne sont peut-être pas des Shinobis, mais notre cavalerie est capable de se battre correctement si elle est bien menée.
-La Division Blanche n'est pas à prendre à la légère. Il s'agit d'un millier de Shinobis. Des Genins à 90 % certes. Mais des monstres. Ce sont eux qui sont responsables du massacre d'Orandour. Ai-je besoin de rappeler ce qu'ils ont fait à leurs habitants ? Répondais-je gravement.
-Je croyais que vous étiez un rebel, comme vos homologues Shinobis ici présent. Me dit-il sur un ton que je prenais comme une provocation.

Là-dessus, je tournais un instant le regard vers Kumiko et Fujisawa. L'homme qui venait de s'affirmer avec tellement de confiance était immense, et on pouvait malgré tout se demander comment il parvenait à soulever l'énorme épée qu'il avait dans le dos. Malgré qu'il fut vraisemblablement un civil, j'allais jusqu'à supposer qu'il fut meilleur que pas mal de Shinobi en taïjutsu. Néanmoins, que lui fut un bon guerrier, ne faisait pas que son armée l'était tout autant. Quant à savoir si j'étais prêt à affronter une division Impériale...

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Message(#) Sujet: Re: La cité de la joie {-18} [PV Fujisawa - Kumiko] Ven 1 Sep 2017 - 17:27

« Ils sont amusant ces occidentaux de représenter si fidèlement des pièces ainsi. »

Dit alors simplement Kumiko alors qu'elle ne pouvait que comparer avec le jeu de go. Elle ne connaissait que très vaguement ce passe temps tactique, mais elle en avait déjà vu au moins. Apparemment, Fujisawa semblait connaître ce jeu, elle se demanda bien comment d'ailleurs il avait pu arriver jusqu'ici. La rouquine sentit tout de même que son compagnon de route était légèrement distrait par la situation, qui ne le passionnait guère. Elle lui sourit doucement comme ourlet ui donner du courage sur ce moment, mais ce n'était qu'écouter. Elle pencha alors la tête sur le côté lors de l'explication de leur hôte quant à l'arrivée du jeu. Elle rit doucement en pensant à une blague tant l'apparition du jeu par un rêve lui trouvait extravagant.

« Pourvu que je puisses rêver un d'une formidable invention qui nous fera gagner cette fichue guerre dans les semaines à venir. »

Lâcha alors dans un rire la jeune femme. Elle avait dit nous même s'ils n'étaient pas dans le même camp, car si la guerre se finissait, ce serait également pour ce roi, son garde du corps et tous les habitants de ce camp miteux. Elle avait déjà rêver d'événements farfelus, qui l'avait amené à des inventions parfois, mais c'était toujours après un long travail bien éveillé cette fois-ci que l'invention fit son apparition sans le monde physique hors du chimérique. Elle ne rebondit pas au sujet des dieux qui écrivent sur des pages de papiers et ce serait les hommes. Elle avait beau faire de formidable créations, cela ne faisait pas d'elle une déesse ou une kami, loin de là.

« Mouais je vois, enfin c'en est pas moi qui vaut vous contredire. La force brute c'est plutôt lui. »

Dit alors Kumiko en riant en pointant du doigt Fujisawa. Elle était consciente que c'était totalement faux, mais elle avait trouvé cela amusant sur le coup. Elle ne pouvait pas contredire le roi lépreux, la Saibogu était une créatrice, elle était bien plus mental et réfléchit qu'une brute qui utiliserait sa tête uniquement pour briser le nez de l'adversaire.

« Je note pour mes prochaines études de faire apparaître un volcan avec une machine, mais sans aller jusqu'à là, ça ne vous dirait pas de la radio ? »

Proposa alors de nouveau Kumiko qui parlait avec une grande simplicité avec cet homme. Pour le moment invité avec le propriétaire du campement, elle avait un peu l'impression de parler avec un voisin de son quartier. Elle avait l'impression en tout cas que parler en toute simplicité sans voir des ronds de jambes interminables devaient lui plaire. Il ne semblait pas avoir demander à avoir le titre de roi, alors être traiter comme tout le monde le changeait.

« Je pense que votre sœur vous écoute plus que ce que vous semblez penser. La guerre ne dura pas tant que cela, et se pousser soi-même dans la tombe n'est pas une bonne idée. Les autres le font déjà bien assez je vous rassure. »

Répondit alors la rebelle avec un léger sourire. Elle-aussi pouvait bien trouver quelques leçons à donner à cet homme. Elle ne pouvait guère imaginer la reine des putains réussir à s'en sortir dans ce camp sans son frère. En avait-il seulement conscient lui qui se devait de penser à tout le monde, arrivait il à penser à sa sœur ? Elle tourna son regard vers le guerrier aux cendres, qui ne tenant plus à jouer au plus fin brisa la glace. Elle l'aurait bien fait elle-même, alors elle sourit doucement en s'appuyant contre son bras le long de l'accoudoir. Elle était également curieuse, même si les mondanités ne la dérangeait pas. Enfin le roi parlait, d'autres ninjas étaient déjà passés par là, cela ne la choquait pas tellement. Elle haussait les épaules sur le fait d'être honnête sur sa condition, elle avait surtout l'impression que cela paraissait très visible pourtant. Elle n'avait pas le clan le plus discret il fallait bien dire. Alors qu'elle notait avec soin les informations sur les impériaux, elle se tapota la joue en se redressant.

« Voilà qui est très courageux de votre part en effet de combattre l'empire dans vos conditions, car je doute que l'empire hésite une seconde à massacrer tout le monde présent ici. Surtout que ce camp n'est guère très mobile, alors quand vous deviendrez trop encombrant, on enverra quelqu'un avec mes capacités pour vous traquer. »

La shinobi faisait évidemment référence à ses capacités sensorielles supérieur à la moyenne. Suivre une piste lui était assez facile, surtout des civils. Elle leva une main et la bonne samaritaine ne pouvait que réapparaître.

« Je vous arrête, mais si je me bas, ce n'est pas uniquement pour moi, mais également pour ceux qui ne le peuvent pas. Je ne peux pas accepter que l'empire puisse imposer sa loi cruelle sur notre pays. »

Remit alors bien sur les bonnes railles la jeune femme, elle ne se prenait pas pour un être supérieur uniquement parce qu'elle était capable de dit prouesses. En tout cas, le fait use les ravitaillements n'étaient pas gardés était une bonne information. Cependant, si la rébellion s'y mettait, la méthode de l'empire changerait sans doute et de simples civils comme les troupes du roi ne pourraient plus se servir si aisément elle n'était pas certaine que ce soit si positif que d'exploiter au maximum cette information.

« tuer des impériaux ayant rejoint l'armée est-il vraiment une mauvaise chose ? »

Demanda très clairement la kunoichi à Shino. Si elle pouvait avoir des réactions très humaines en ce qui concernaient ceux qu'elle jugeait comme innocents, elle n'avait aucune pitié face aux ennemis. Elle avait bien commencé compagnon de combat un type qui utilisait du gaz !

« Vous vous rendez bien compte que nous sommes uniquement de passage ? Nous ne resterons pas, nous avons une guerre à gagner. Cela ne me dérange pas d'aider un peu, mais ce n'est pas mon combat, je suis vraiment désolée. »

Cela pouvait paraître, mais la jeune femme était plutôt honnête et claire. Elle n'était pas attachée à de l'argent ou des moyens, mais surtout de justice. Cette armée ne lui disait rien, mais cela n'avait pas tellement d'importance. Cela faisait tout de même un objectif nombre de shinobi s'ils étaient vraiment un millier. Elle n'était en tout cas pas très confiante de la cavalerie de civils, mais si ce groupe dangereux, le combattants du roi lépreux. Si c'était une troupe de l'empire, faire un carnage était forcément une bonne chose.

« Je vous aiderai, mais d'une manière ponctuelle. »
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Message(#) Sujet: Re: La cité de la joie {-18} [PV Fujisawa - Kumiko] Jeu 7 Sep 2017 - 0:05

Grâce à Kaderik, la discussion revint sur un sujet important, la raison de leur présence en ces lieux. Fujisawa n’avait rien contre une petite conversation amicale de tant à autre, mais il ne supportait pas lorsque le trivial passait avant les affaires importantes. Le mercenaire cendré demanda donc directement au Roi lépreux ce qu’il espérait obtenir de leur part se doutant pertinemment que leur présence dans sa demeure n’était pas qu’une visite de courtoisie. L’hôte commença alors à parler de la division blanche impériale. Celle-ci n’était pas vraiment connue même si elle existait depuis un moment, la propagande impériale préférant l’omettre des communications habituelles. Le Sabakyô les connaissait bien et il avait déjà pu admirer les fruits de leur travail. Son air souriant disparut bien vite lorsqu’il réalisa qu’il risquait de les croiser à nouveau.

Il restait néanmoins silencieux, écoutant attentivement les paroles de chacun. Il fut rassuré de voir que Kaderik connaissait également la division et sa réputation et qu’il réalisait l’ampleur du danger que représentait un affrontement contre elle. Il nota tout de même que le mercenaire ne refusa point d’aider, se demandant probablement quelle allait être leur réponse avant de donner la sienne. Le garde semblait croire que l’appartenance à la rébellion du duo allait suffire à les convaincre et si cela ne fonctionnait pas vraiment pour le Sabakyô, pour la jeune femme qui l’accompagnait c’était différent. Bien qu’elle semblait rester réticente à l’idée de rester les aider, elle accepta tout de même d’apporter son assistance pendant quelques temps. Fujisawa allait bien être obligé d’intervenir pour éviter d’être mêlé à un combat inutile.

- Une armée ? Qui se bat correctement ? N’allez pas prendre la grosse tête parce que vous avez réussi à détourner des convois de marchandises ou à éliminer quelques shinobis imprudents, si la division blanche venait à apprendre que cet endroit et ses habitants sont responsables, le camp sera rasé avant la fin de la semaine. Notre aide n’y changerait rien. N’allez pas croire que je vous sous-estime, mais il faut être réaliste, dans un affrontement direct, vous n’auriez aucune chance.


Reprenant son sourire impassible habituel, il sortit une flasque de sa sacoche avant d’en boire une gorgée. Avec cette chaleur et ce manque d’humidité, il s’asséchait la bouche rapidement en parlant.

- Si la rébellion a évidement envie d’annihiler cette division, je doute que ses hautes sphères vont se décider à bouleverser leurs stratégies pour venir sauver un camp de réfugiés, surtout si celui-ci s’est mis dans cette situation par ses propres moyens. Après, si mademoiselle a envie de vous aider, soit, on peut essayer de voir ce qu’on peut faire, mais honnêtement, je serais vous, je commencerais à préparer un déménagement en vitesse.


Reprenant une gorgée, il proposa alors à Kumiko de boire également.
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Message(#) Sujet: Re: La cité de la joie {-18} [PV Fujisawa - Kumiko] Jeu 7 Sep 2017 - 20:45

Luca comptait maintenant se rendre chez son frère, ne se doutant pas qui elle y trouverait en arrivant. Elle était inquiète pour de multiples raisons, la première étant en ce moment la façon curieuse d'agir qu'avait Nina. Elle avait bien une petite idée, mais elle était loin du compte. En bonne mère qu'elle se pensait être, elle savait parfaitement quelle relation Nina entretenait avec Joachim. Un client trop tendre et régulier pour que ce fut anodin. Si la visite qu'elle rendait à son frère n'avait rien à voir avec ce sujet, c'était pourtant ce qu'elle avait en tête tout le long du trajet. Elle avait laissé Hélène aux soins de Maëlis le temps qu'elle prendrait pour faire part de ses autres inquiétudes à Bohémon. Elle pensait, en effet, que la venue des Shinobis, quoi qu'ils fussent tous aimables, ne présageait pas forcément que du bon. Aussi, elle voulait l'entretenir à propos de l'incident qu'il y avait eu avec l'homme en état d'ivresse.

Elle devait passer entre les tentes, mal agencées, entassées même parfois, avec les regards froids et livides qui se mêlaient à ceux de joie et d'espoir. Comme si le rêve et le cauchemar s'entrechoquaient furieusement dans la cité de la joie. Les provisions que son frère avait ramenées faisaient remonter les mines. Mais chacune des personnes qui avaient fuis ici, ne souffraient pas que de la faim ou de la maladie. Il y avait de ces maux, qu'aucune nourriture ou aucun médicament ne savaient guérir. Nina n'était pas encore rentrée, sans doute, avait-elle besoin de se retrouver avec elle-même, de se confronter à sa solitude pour trouver le courage nécessaire à la parole qui lui manquerait certainement à son retour.

Luca, qui ne tarderait plus à atteindre le baraquement de Bohémon fut cependant retenu par l'un de ceux qui causait tant de soucis. Joachim, se présentait à elle, mal fagoté, l'air fatigué et triste. Ce qui avait toujours interpellé Luca, c'était que malgré sa tenue et ses airs honteux, il avait l'air en parfaite santé et très bien nourrit, comme si le jeune homme ne venait pas du même "milieu" que la plupart des gens de ce camp. À peine leur regard se croisaient-ils, que le jeune homme baissait le sien, en retirant son chapeau. Luca, qui se droit et le regard inquisiteur, ne dit rien sur le moment. Elle croisait les bras, et attendait simplement que Joachim ose parlé. Ce qu'il fit après un court instant.
-Tu sais pourquoi je suis là ? Commençait-il bassement sans oser encore croiser le regard.
-Bien sûr. Tu veux emmener Nina loin d'ici avec toi ? Répondait vivement Luca.
-Oui... J'aimerais que tu lui parles. Elle a l'air d'hésiter. Continuait-il en s'affirmant un peu plus.
-C'est à elle qu'appartient la décision ! Lui répondit-elle comme un ordre.
-Tu veux la garder avec toi ?
-Elle ne m'appartient pas. Si elle doit trouver son bonheur avec toi, je ne la retiendrais pas. Finissait-elle en baissant tristement le regard.
-Elle sera plus heureuse loin d'ici... Vous tous en fait. Vous devriez quitter cet endroit. Ensemble ou séparément. Mais vous devez le faire. Disait ensuite mystérieusement Joachim.
-Qu'est-ce que tu veux dire ? Demandait alors avec surprise Luca.
-L'Empire va vous tomber dessus. Crois-moi, il va le faire. Lui disait-il cette fois en la regardant droit dans les yeux.
Luca était perplexe, elle ne le comprenait pas vraiment, et sentait qu'il n'y avait pas besoin d'insister pour en savoir plus, car le jeune homme n'allait certainement pas lui en dire plus. Elle avait raison. Il ne pouvait pas de son point de vu et il s'y serait refusé.
-Et toi, tu vas la protéger ? Lui rétorquait-elle alors comme une provocation.
-Je suis plus à même de le faire que n'importe qui ici.
-Je ne me mettrais pas entre vous deux. Mais ce camp, c'est celui de mon frère. C'est celui de tous ceux qui y vivent en fait. L'empire n'a que faire de nous.

-Ton frère a joué avec le feu. Demande-lui d'où il tire son ravitaillement et tu verras.
Luca souriait à cela, trop confiante peut-être. Elle avait pourtant parfaitement compris l'allusion que venait de lui faire Joachim. Elle le soupçonnait déjà depuis très longtemps. Comment lui le savait en revanche, était trop étrange pour qu'elle ne tilt pas. Pourtant, elle ne comptait lui en demander plus à ce propos, trop accrochée au principe du droit au secret et à l'intimité qu'elle était. Elle se retournait pour repartir avant de conclure pleine d'assurance.
-Mon frère nous protégera tous, et si nous devons partir pour notre sécurité, il l'ordonnera.

Pendant ce temps, dans le baraquement avec Bohémon, son acolyte et les deux autres Shinobis, je me retrouvais dans une fâcheuse situation. Je m'étais fixé dans le silence, tel que je le pensais, les deux autres shinobis auraient leurs mots à dire. Je prenais le temps que me concédaient les palabres de Kumiko à me confondre avec moi-même. Elle parlait du jeu d'échec, et faisait référence aux rêves qui aurait soi-disant inspiré la création de ce jeu. Mais le véritable intérêt était qu'elle se sentait, en bonne fanatique de la rébellion, tant investit d'une mission qu'elle concluait, comme Bohémon le présageait, à une aide nécessaire qu'elle serait en mesure de fournir.
-Je pense que votre sœur vous écoute plus que ce que vous semblez penser. La guerre ne dura pas tant que cela, et se pousser soi-même dans la tombe n'est pas une bonne idée. Les autres le font déjà bien assez, je vous rassure. Commençait-elle en revenant sur les idées noires du Roi Lépreux.
Mon visage se durcissait, car après cette guerre, la prochaine viendrait, pensais-je en me rappelant les discours impériaux de l'époque. Elle était bonne, fondamentalement bonne, et quoi que je n'arrivais pas à la suivre sur les chemins sinueux et dangereux des idéaux fallacieux qui prônent toujours la paix en finalité, son bon cœur résonnait dans le timbre de sa voix comme une mélodie du courage. Les autres se poussent bien assez dans les tombes clamait-elle. Mon Dieu qu'elle avait raison sur ce point... Toutefois, le Roi Lépreux ne répondit pas à cela. Il attendait, je pense une toute autre réponse de sa part. Et la jeune femme n'avait pas terminé.
-Voilà qui est très courageux de votre part en effet de combattre l'empire dans vos conditions, car je doute que l'empire hésite une seconde à massacrer tout le monde présent ici. Surtout que ce camp n'est guère très mobile, alors quand vous deviendrez trop encombrant, on enverra quelqu'un avec mes capacités pour vous traquer. Continuait-elle tandis que Bohémon restait parfaitement immobile et silencieux. Je pense que si nous avions pu voir le visage derrière le masque d'argent, il aurait souri. Mais nous avions pour le jauger que ce regard marqué par la lèpre dont un œil était sans doute aveugle...

De mon point de vue, il ne s'agissait pas de courage. Et ce devait être sans doute la vérité qui faisait se taire le Roi. Il s'agissait bêtement de survie. Lorsqu'un chien crève la faim, il se nourrit par tous les moyens, est-ce du courage pour autant ? Je ne crois pas. Elle mettait dans un camp un homme qui n'avait pas d'autre camp que le sien. Mais pour la convaincre, il devait garder le silence, je ne l'en blâmais, sans doute en aurais-je fait autant.
-Je vous arrête, mais si je me bas, ce n'est pas uniquement pour moi, mais également pour ceux qui ne le peuvent pas. Je ne peux pas accepter que l'empire puisse imposer sa loi cruelle sur notre pays. Continuait Kumiko plus durement, et cela me surprenait de voir un élan de lucidité venant d'elle, quoi que je restais toujours silencieux dans mon coin. Tuer des impériaux ayant rejoint l'armée est-il vraiment une mauvaise chose ? Vous vous rendez bien compte que nous sommes uniquement de passage ? Nous ne resterons pas, nous avons une guerre à gagner. Cela ne me dérange pas d'aider un peu, mais ce n'est pas mon combat, je suis vraiment désolée. Je vous aiderai, mais d'une manière ponctuelle.

En réalité, ce n'était pas un refus catégorique, mais ce n'était non plus accepter ce que Bohémon nous avait demandé. Elle les aiderait donc, mais sans encore avoir dit comment. J'abaissais le regard, sentant déjà en moi quelques remous dont je me serai bien passé. Le garde du corps tournait son regard vers Bohémon, qui pour sa part, se décidait enfin à répondre. Il le faisait encore avec la voix fataliste, mais toujours si emprunte d'une certaine... Comment dire... Vérité.
-Le moins que vous puissiez donner sera toujours le mieux que nous pourrons accepter. Je vous remercie infiniment.
Enfin le compagnon de Kumiko intervenait. Cette fois, je bondissais hors de mes pensées tant le discours qu'il tenait me paraissait le plus réel de tous ici. Il était dur, mais plein de lucidité à mon avis.
-Une armée ? Qui se bat correctement ? N’allez pas prendre la grosse tête parce que vous avez réussi à détourner des convois de marchandises ou à éliminer quelques shinobis imprudents, si la division blanche venait à apprendre que cet endroit et ses habitants sont responsables, le camp sera rasé avant la fin de la semaine. Notre aide n’y changerait rien. N’allez pas croire que je vous sous-estime, mais il faut être réaliste, dans un affrontement direct, vous n’auriez aucune chance. Si la rébellion a évidement envie d’annihiler cette division, je doute que ses hautes sphères vont se décider à bouleverser leurs stratégies pour venir sauver un camp de réfugiés, surtout si celui-ci s’est mis dans cette situation par ses propres moyens. Après, si mademoiselle a envie de vous aider, soit, on peut essayer de voir ce qu’on peut faire, mais honnêtement, je serais vous, je commencerais à préparer un déménagement en vitesse.

Un moment de silence flottait dans l'air, ce bref moment, paraissait bien plus long qu'il ne l'était réellement. Il était à la fois lourd et pesant. Bohémon fixait le Shinobi Fujisawa sur l'instant. Sans colère, mais on y ressentait tout de même une profonde réflexion et une mise au défis. Le garde du corps à son côté, qui devait se taire uniquement par respect demeurait plus agité, cela se ressentait. Pourtant, ce qu'avait dit Fujisawa était vrai. Aucune armée civile digne de ce nom, jusqu'à preuve du contraire, ne saurait défier une division Shinobi. Et trois Shinobi dans la balance ne changerait rien, en vérité, affronter cette division, c'était simplement du suicide... C'est précisément ce qui en moi faisait monter la tension. Je l'entendais me parler, ma conscience et mon instinct. Cette bête monstrueuse, métaphore de ma schizophrénie peut-être, qui réclamait le sang et la saveur de la bataille qui s'annonçait comme désespéré. Je lui disais de se taire, je le lui hurlais, mais elle n'écoutait pas. La mélancolie est le propre de l’homme. Mon propre... Un dieu ne peut se l’accaparer ni le comprendre. Cette réflexion sur la recherche d’une conception de la vérité fait oublier tout le reste et forme un état de tristesse et d’inertie relative à un manque à combler. Entre ce qui existe et ce que l’on conçoit par pensée, la frontière n'est pas plus épaisse qu'une feuille de papier. Moi, douceur incarnée, visage d'ange et immaculé, j'étais enveloppé dans les ténèbres. Cette mélancolie qui me caractérisait se situe dans la colère et la folie. Relents d'un passé horrifique, dont je savais être la cause de l'enfantement de la noirceur qui m'habitait. Redressant le regard vers le Roi Lépreux, je vis qu'il avait déjà commencé à me fixer lui-même.

Je formais un mudra, tout tranquillement, tandis que je voyais ce moi intérieur sourire en dévoilant ses crocs. Ma décision était peut-être déjà prise alors que je n'en avais pas conscience. Puis cherchant, sondant, je l'annonçais en soupirant.
-Il y a quatre chakra Shinobi dans ce camp hormis nous trois... Je vous aiderai. Mais vous, vous devez écouter le Shinobi. Vous devez partir. Et nous allons avoir beaucoup de choses à nous dire.
Je vis dans le regard le soulagement du Roi Lépreux, et son acolyte qui se détendait enfin. Comme si de nous avoir tous les trois était le sauvetage inespéré... En vérité, nous courrions peut-être à notre perte. Bohémon se fit alors entendre, et je sentais qu'il parvenait difficilement à dissimuler son soulagement, cela sans même relevé que je venais bien de ressentir le chakra d'autres Shinobi, donc possiblement, ... Des ennemis.
-Je suivrai en partie vos conseils. Je réunirai sous peu, un conseil militaire, si tant est que l'on puisse le nommer ainsi.

Là, on vit entrer Luca, qui ne cachait pas sa surprise de nous trouver tous là.
-Ha ! Je vois que vous faites connaissance !
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La cité de la joie {-18} [PV Fujisawa - Kumiko]

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