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 Retrouver sa maîtrise de soi.

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Konoha
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Message(#) Sujet: Retrouver sa maîtrise de soi. Dim 20 Aoû 2017 - 1:25

Assit à même le sol sur un tapis avec une dizaine d'autres individus, Natsuki observa la femme qui arriva et s'installa devant eux.

« Bonjour à tous, c'est Juri, et aujourd'hui, nous allons faire un cours d'ashtanga. Je rappelle pour les trois qui dorment au fond que l'ashtanga est une forme de yoga où on enchaine des postures bien définies, avec un rythme respiratoire bien défini aussi. Le cours d'aujourd'hui, comme chaque cours pour débutant, dure une heure et demi à deux heures, et nous pratiquerons des postures que j'ai choisi pour vous. »

« C'est vraiment une honte totale. »
maugréa Natsuki en son fort intérieur. « Pendant dix ans, j'ai médité dans des montagnes, affronté la folie dans sa forme la plus brute, traversé des déserts de rédemption, été suivit par des psychiatres et me suis opposé à des dieux anciens semblable à ma malédiction pour parvenir à m'affranchir de la rage inextinguible de mon corps, tout cela pour recommencer aujourd'hui à zéro à cause d'un reboot, et me retrouver dans un cours de Yoga. »

« Mettez-vous debout, nous allons commencer en position de la Montagne. Soyez bien droit dans le dos, serrez les pieds, ouvrez les paumes de main face à vous, rentrez légèrement le ventre. Inspirez en écartant les bras, levez-les pour que vos mains se rejoignent en direction du plafond. Regardez vos mains. Pliez légèrement les genoux, descendez dos droit sans séparer vos mains, puis touchez le tapis avec vos paumes. Inspirez, mains sur les tibias, dos droit et fessier tendu, le regard devant soi. Expirez, paumes de mains sur le sol. Reculez le pied droit au plus loin, reculez le pied gauche au plus loin, gardez les bras tendus, faites la planche soutenu. Posez les genoux, ne bougez pas les mains, allongez-vous sur le tapis. Inspirez en petit cobra, relevez le buste et gardez les jambes et le bassin contre le sol. Expirez chien tête en bas, relevez les fesses sans bouger les mains jusqu'à faire un triangle. Vous allez rester dans cette posture pendant cinq respirations. Ouvrez bien les épaules, la tête dans l'axe de la colonne vertébrale. »

« J'ai toujours cru que le Yoga était une maladie mentale, le genre que l'on cite quand le médecin vous demande si vous avez des antécédents familiaux lors de la visite médicale. J'ai un oncle qui fait du Yoga, cela m'a toujours parut ridicule. Et maintenant que je le fais, cela me semble encore plus ridicule. »


« Voilà, expirez. Pendant l'expiration, vous allez marcher vers vos paumes restées contre le sol. Pieds serrés et entre vos mains, inspirez, remontez les mains vers les tibias dans la même posture qu'avant. Expirez, reposez vos mains à côté de pieds, la tête contre les genoux. Inspirez, remontez dos droit, levez les bras devant vous, mains jointes jusqu'au plafond. Regardez vos paumes. Expirez en prière tadashana, les bras le long du corps et les paumes ouvertes face à vous. Voilà. Nous allons recommencer cette même série de mouvements trois fois, avec un rythme de respiration à raison de une inspiration et une expiration à chaque mouvement. Voilà, c'est bien. Si vous manquez un peu de souplesse au début, n'hésitez pas à décoller les talons et plier un peu plus les genoux. L'important c'est la respiration. Voilà, vous sentez la sérénité et la paix intérieur vous envahir ? »

« Non, je ne la sens pas. Là je me sens juste bête à renifler mes orteils sans plier les genoux. J'étais l'homme le plus serein du monde avant, j'étais presque en paix avec moi même. Assez pour parler de mon histoire avec d'autres en tout cas. J'étais zen, je ne m'énervais plus pour rien. Je savais me contrôler, et je n'avais pas besoin de stupides leçons de Yoga pour apprendre à me détendre. '' tu verras Natsuki, ça te fera du bien. Tu y apprendras à canaliser ton énergie et à gérer tes humeurs. '' Je t'en mettrai, de la canalisation d'énergie. »


« Voilà, maintenant que nous avons terminé avec la salutation du soleil, nous allons passer à la suite. Ouvrez les pieds et écartez la jambe droite le plus loin sans plier les genoux. Lever les bras et faites l'étoile debout. Ouvrez le pied à 90 °, et mettez vous dans la position du deltamala. Pour cela, prenez la boite à chaussure à votre droite et mettez là à l'intérieur de votre pied. Voilà, maintenant levez le bras à haute de votre épaule, et allongez le plus possible vers l'avant. Inspirez. Descendez doucement sans le plier, basculez le bassin jusqu'à toucher la boite. Lever l'autre bras dans le même alignement en direction du plafond. Regardez le plafond. Gardez les hanches bien de face. Tenez la position, comme si vous étiez entre deux murs, pendant cinq respirations. »

« Je vois vraiment pas en quoi contorsionner le corps de démon que j'ai investit dans des positions que la nature n'aurait jamais imaginé que nous fassions est censé m'aider à contrôler mes accès de rage. Cela m'énerve rien que de penser pourquoi je fais tout cela. '' Fais les en flashback, tu verras c'est super. '' L'enfer sur les flashback oui. J'en ai plus qu'assez de revenir là-dessus encore et encore. »


« Monsieur Nara ? Monsieur Nara ? … Monsieur Nara ! »


La voix haussée soudainement tira Natsuki de ses songes, ainsi que de sa position de la cataracte renversée au tiers. Juri s'adressait à lui.


« Oui ? »
demanda-t-il en se redressant.
« Monsieur Nara. Vous faites preuve d'une souplesse extraordinaire, ce qui est fantastique, mais pourrai-je vous demandez s'il vous plait d'émettre un peu moins d'ondes négatives dans la salle ? Vous perturbez les autres. »
« Pardon ? »


Natsuki regarda autour de lui, et s'aperçut que tous les regards légèrement craintifs étaient tournés dans sa direction. Il remarqua ensuite qu'il avait au moins trois veines palpitantes sur le front, tous les muscles tendus, et qu'un immense nuage noir orageux envahissait la salle.


« Oh. Mes excuses. Je me suis laissé distraire. »


La tension qui émanait de lui retomba aussitôt, et le nuage noir se résorba en deux instants comme si la tête du Nara tatoué l'avait aspiré.


« Pouvons-nous reprendre ?  »
lui demanda Juri.

Il acquiesça de la tête, et la leçon reprit. Suivit d'une autre le lendemain. Et le surlendemain. Mais pas le jour d'après, parce que c'était dimanche. Le lundi reprit sur une autre leçon. Et ainsi de suite jusqu'à ce que le forfait de Natsuki soit épuisé. Il avait atteint le dernier niveau de cours possible.

Et effectivement, il sentait le changement. La publicité n'avait pas mentit, celle sur le prospectus que l'on lui avait donné quelques mois plus tôt, et dont il se souvenait par cœur du contenu qu'il avait récité jour après jour comme un mantra – même si tout au début, c'était surtout avec colère pour le déprécier.

Il sentait que le processus avait produit en lui une chaleur interne intense. Une chaleur qui n'était pas dû à sa rage ardente, et qui lui avait offert une purification et une élimination des toxines de ses muscles et organes. Il avait maintenant une circulation améliorée, un corps encore plus léger, encore plus fort. Il avait un esprit calme, et en paix. L'ashtanga avait renforcé non seulement son équilibre mental et sa capacité de concentration, mais aussi de sa force physique, de sa souplesse et de sa résistance – avouons quand même qu'à son niveau, c'était plus de l'entretien que du réel développement, mais bon, ne faisons pas mentir la pub.
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Konoha
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Message(#) Sujet: Re: Retrouver sa maîtrise de soi. Lun 21 Aoû 2017 - 2:08

Souple sur ses appuies, ses chaussures chuintaient sur le parquet à chaque déplacement. Des coups résonnaient. L'impact de ses poings sur un sac de sable, abattu avec violence malgré les gants qu'il portait. Un grognement rauque, une expiration forcée accompagnaient chacun des coups qu'il portait. La chaîne métallique s'agitait à force de tourner, elle tintait en remuant sur le crochet auquel était suspendu le sac. Mais tout cela, Natsuki ne l'entendait pas. Il était concentré sur ce qu'il faisait. La garde haute, il n'avait de cesse de bouger, de frapper. Il avait besoin d'un échappatoire vers où diriger sa force, vers où expulser ses émotions vives. Alors il frappait.

Le sac encaissait ses coups comme il encaissait ses pensées, en silence. Il écoutait. Et Natsuki avait beaucoup à dire. Ses poings parlaient pour lui. Ils étaient forts aujourd'hui, ils étaient bruyants. Ils portaient ses émotions dans lesquelles il se perdait. Elles étaient là, sans cesse ressassées, à revenir comme des spectres chaque fois qu'il pensait en être enfin débarrassé. Et plus il y songeait, et plus il éprouvait le besoin de parler, plus il s'emballait, et plus il frappait. Un coup final plus violent que les autres, ponctué sur un sentiment plus vif, acheva le sac usé qui s'éventra.

L'on n'entendait plus que la respiration rauque de Natsuki, et les grains de sables s'échappant sur le parquet qu'il contemplait. Puis après quelques secondes, la chaine tinta lorsqu'il retira la photographie collée dessus et le décrocha pour le jeter dans une grande poubelle qui ne semblait servir qu'à ce dessein.


« Eh bien Natsuki, vous enchainez les victimes en ce moment. »
lança une voix amusée non loin de lui. « Je ne vais plus avoir de sacs sur lesquels exercer mes champions à ce rythme là. »

C'était le coach de ce club de boxe hijin. Il tenait une balayette et une brosse qu'il tendit à Natsuki.


« C'est pourquoi j'ai payé un gros supplément à l'inscription. »
répondit-il simplement en commençant à nettoyer le sol.
« Tout de même, à quoi rime tout ceci Natsuki ? »
« Je ne comprends pa votre question. »
« Pourquoi venir ici chaque jour, dans un club civil destiné à apprendre à se battre, alors que d'une part, vous savez vous défendre, et de l'autre vous n'avez aucun esprit compétitif : vous refusez d'affronter qui que ce soit. Et cela n'a rien à voir avec un doute dans vos capacités, je sais qui vous êtes. »
« La publicité. »
« Pardon ? »
« J'ai vu un prospectus de votre club. Vous vantiez d'enseigner un art de combat qui inculque la discipline et la maîtrise de soi. »
« C'est le cas en effet. Tout comme il est vrai que j'ai toujours sentit une certaine tension en vous, surtout pendant les deux premiers mois. C'est pourquoi je vous avais conseillé de vous défouler un peu sur les sacs de frappe. Il n'y a rien de mieux pour évacuer un trop plein d'énergie restant, et se concentrer sur l'essentiel. Ca m'aide moi-même parfois à me focaliser sur mes pensées, et faire le tri lorsqu'il n'y a que le sac, mes idées, et moi-même. Mais... j'ai l'impression qu'il faudrait trouver quelque chose de mieux pour vous, que simplement cela. »
« C'est un problème que j'occupe un sac trois heures par jour ? »
« Non, non pas du tout. Ce n'est pas ça. Simplement, j'ai l'impression que ce n'est pas cela qui vous apaise le plus. Autant quand vous appreniez les mouvements de la boxe hijin, je vous sentais concentré, en harmonie avec votre corps et que vos tensions s’apaisaient. Autant quand je vous regarde frapper ce sac, j'ai l'impression que plutôt que d'évacuer une colère latente, elle ne fait que s'entretenir. »
« Il faut croire que j'ai cela dans le sang. »
admit Natsuki en regardant ses bras. « Que je ne suis qu'animé par de la colère, et qu'au lieu de s’apaiser quand je la laisse s'exprimer, elle ne fait que s'étendre et grandir. »

Comme avant. Comme quand il était malade...


« Allons allons, Natsuki, il ne faut pas vous laisser dire cela. Vous êtes un excellent disciple, et croyez-moi, j'en ai vu des têtes passer. Vous avez beaucoup apprit ici, et assurément, vous avez trouvé ce que vous cherchiez, à savoir la maîtrise de soi. Je vois une nette différence avec ce que vous étiez en arrivant. Simplement, on ne peut pas renier entièrement ce qu'on est, ni changer son essence même. Nous pouvons nous modeler, évoluer, mais jamais corriger pleinement le support de base de ce que nous sommes. Lorsqu'on chasse trop le naturel, il s'exprime autrement.  »


Natsuki resta silencieux devant ce constat. Le coach n'avait pas idée de combien ses propos appuyaient sur un endroit qui faisait mal.


« Mais sincèrement, vous êtes l'homme le plus discipliné et le plus droit que je connaisse, Natsuki. Vous êtes extrêmement fort, et pourtant, vous n'avez jamais blessé personne sur le peu d'affrontements que vous avez fait ici. Peu de gens peuvent prétendre à la même maîtrise de soi que vous. Alors si la contre-partie, c'est de contenir cette colère qui vous prend, et de la laisser s'exprimer sur ce sac de frappe de temps à autre, quel est le mal ? Vous avez assurément changé depuis que vous êtes ici, en mieux par rapport à vos objectifs. Et tout n'est pas venu de moi : vous avez un fond qui s'y prête. »


Ayant fini de nettoyer le sol, Natsuki accrocha un autre sac de frappe, et fixa à hauteur des yeux le même portrait abimé par les coups.


« Cependant, si je puis me permettre, je vous conseillerai d'essayer autre chose de temps en temps. De varier les plaisirs, si je peux dire ainsi. Vous avez déjà songé à des bains relaxants ? Ils sont parfait pour détendre les muscles et la tension, tout ce que ne permet pas le martelage répété et intensif de cette pauvre dame. Une ex-petite amie ? »
se permit de demander le coach en regardant la photo.

« Ma cheffe dans une ancienne vie. »
répondit-il simplement.

Il avait besoin de se défouler encore un peu.
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Konoha
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Message(#) Sujet: Re: Retrouver sa maîtrise de soi. Mar 22 Aoû 2017 - 1:19

Natsuki inspira profondément, puis ferma les yeux. Il avait apprit à le faire, et ce n'était pas si compliqué. Assit à genoux sur ses talons face à une large feuille, il se tenait immobile, un pinceau à l'encre noir dans la main gauche, et sa manche soutenu par sa main droite pour ne pas qu'elle trempe sur le papier. Il ouvrit doucement les yeux une fois sa concentration faite, et d'un geste lent, commença sa calligraphie. Des gestes précis, et assurés comme sur le champs de bataille. L'art du pinceau et du sabre partageaient de nombreux points communs, à commencer par le premier : une fois le mouvement fait, il ne peut plus être effacé, et ses conséquences sont indélébiles.

Au début, Natsuki n'avait pas comprit pourquoi l'on lui avait demandé de faire de la calligraphie. Il était pourtant certain de s'être inscrit dans un club de cérémonie du thé traditionnelle. Puis il s'était laissé porter afin de comprendre, justement, poussé par sa curiosité naturelle qui prenait le pas sur ce qu'il était venu chercher initialement en venant ici. Puis au fil des mois, alors qu'il était initié à tous les rudiments de l'art de la cérémonie du thé, il comprit.

Cette calligraphie était essentielle à la cérémonie, et aujourd'hui, c'était à lui que revenait l'honneur de la tracer. Une calligraphie dont les mots couchés dessus devaient vibrer de l'effet qu'il voulait provoquer sur les personnes qui se réuniront devant elle. La sienne avait un but, celui qu'il cherchait à atteindre lui-même : la sérénité de l'esprit, la paix de l'âme, et la pureté du corps.
'' Les vertus du thé '' avait-il apprit, celles dont il voulait s'imprégner.

Alors il mit tout son cœur dans les traits de son pinceau. Afin que quand il entrera dans la chambre de thé, quand il sera celui qui mènera la cérémonie, quand il contemplera avec ses invités pendant un long instant son œuvre, quand il se plongera en elle et harmonisera son cœur, il puisse vivre la même quiétude que les autres, savoir que cette sérénité à laquelle il aspire pour se contrôler est partagée, et se dire qu'il en est la source.

Lui, calme et serein au point d'être capable de le transmettre aux autres : ne serait-ce que deux ans plus tôt, il n'y aurai jamais cru. Mais aujourd'hui, après tant de temps passé à apprendre à se maîtriser, à supplanter les derniers vestiges du monstre qu'il fut, il y parvenait.

Il accrocha sa calligraphie à l'endroit prévu à cet effet, puis balaya la chambre du thé du regard. C'était la première fois qu'il était le meneur de la cérémonie, et tout devait être parfait. Chaque détail était pensé et déterminé afin donner à l'ensemble une harmonie parfaite, que ce soit la calligraphie, l'arrangement floral, le kimono qu'il portait, les ustensiles utilisés, ou même la posture particulière que devront avoir ses mains pendant les périodes d'inaction. Une perfection qui s'atteignait par la sobriété et la simplicité. Les cérémonies de thé n'étaient pas que de simples cérémonies, contrairement à ce qu'il croyait en arrivant au tout début. Elles étaient un art de vivre, une application de préceptes sociaux et spirituels qui tendraient à rendre le monde meilleur si chacun les suivait.

Ses sens de shinobi aguerrit l'avertirent avant même que ne sonne le discret carillon annonçant l'arrivée de ses invités dans l'autre salle. Ils étaient quatre, et il les reconnaissait sans même les voir, à leur façon de marcher et aux bruits de leurs pas. La présidente en personne était venu, mais il en fallait bien plus pour infliger au Nara tatoué une pression paralysante. Il se sentait prêt. Prêt à appliquer tout ce qu'il avait apprit ici dans sa vie, prêt à surmonter ses élans de rage destructrice qui tentaient parfois de reprendre le dessus en puisant dans sa paix intérieure, prêt à la partager avec ce monde en proie à la folie. Mais surtout, il se sentait prêt à offrir à la présidente une cérémonie à la hauteur de l'importance qu'elle représentait.

Vêtu de son kimono du dimanche, Natsuki se mit en position de seiza à l'entrée de la chambre du thé, et appela un à un ses invités, l'expression même de la sérénité peinte sur le visage. Nul ne pouvait avoir de doute sur le fait qu'il était l'auteur de la calligraphie devant laquelle ils se retrouvèrent.

La cérémonie pouvait commencer.
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Message(#) Sujet: Re: Retrouver sa maîtrise de soi. Mer 23 Aoû 2017 - 2:06

« Dans l’ikebana, vous devez savoir que la théorie n’est pas tout. L’ikebana est avant tout savoir observer les plantes et savoir les approcher. Sentir à leur contact une conversation intime qui se noue. Cet art nous enseigne ce langage et permet à chacun de devenir artiste avec une branche. » expliqua la femme d'âge mûr qui se tenait devant une dizaine de personnes.

Natsuki se trouvait parmi cette dizaine. A dire vrai, il était même le seul homme de cette classe composée pour l'essentiel d'adolescentes sur le tournant de leur deuxième décennie. Mais contrairement aux autres qui participaient à ce cours du soir parce qu'elles cherchaient à suivre une formation de fleuriste et décrocher un diplôme dans un métier pas trop fatiguant – supposément, car elles auront des surprises plus tard -, le Nara tatoué était là sur conseil d'autrui. ''
Faire de l'arrangement floral est très enrichissant, tu vas voir. Ça détend de traiter avec cette matière à la fois belle, facile à manipuler et silencieuse. Les fleurs sont si délicates que même si tu t'y mets en étant contrarié ou en colère, inconsciemment, tu mesures tes gestes et fini par t’apaiser. Pour contrôler ses émotions vives, c'est le top. '' Alors il avait essayé, faute d'avoir d'autres projets dans l'immédiat. Et c'est ainsi qu'il se retrouvait à suivre ce cours.

« L'ikebana n'est pas un simple art décoratif où on ajoute des couleurs par millier, surchargeant de fleurs des bouquets à exposer grossièrement. Ça, n'importe quel premier venu peut y arriver, et ce n'est certainement pas ce que j’appellerai de l'art. L'ikebana se caractérise par sa sobriété, dont la beauté vient de sa simplicité. L'harmonie se crée dans sa linéarité et son agencement bien plus que dans sa multitude de couleurs. Un arrangement doit savoir valoriser aussi bien le vase que les tiges, les feuilles et les branches de la fleur. Les pétales ne sont qu'un fragment du tout. Lorsque vous en composez un bouquet, il est jugé sur les trois points qui sont le pilier de l'Ikebana : l'asymétrie, l'espace et la profondeur. Ils sont respectivement la symbolique du ciel, de la terre, et de l'humain dont l'harmonie est essentielle. »


Créer des arrangements floraux comportaient tellement de règles et de techniques que Natsuki se demandait comment l'on pouvait réellement se détendre en le pratiquant. Il lui faudra plusieurs séances pour comprendre qu'il s'agissait d'une activité comme une autre : outre la gestuelle en elle-même, il s'agissait surtout de focaliser son esprit sur autre chose que les sensations que son corps imposait à son esprit.

Surtout qu'en définitif, la patience et la rigueur ne s'apprenaient pas ici : elles devaient déjà être maîtrisées pour arriver à quelque chose. L'ikebana était donc un vecteur pour se détendre, et non pour
apprendre à se détendre. Pour autant, il n'était pas inintéressant pour Natsuki, car il voyait ici une preuve qu'en arrivant à des résultats satisfaisants au fil des semaines, il ne repartait pas de zéro dans sa maitrise de lui-même. Son corps était né pour détruire et semer la mort, mais après dix ans d'entrainement, d'aide et de volonté, il avait su s'affranchir de cette condition, et passer outre les pulsions qui contrôlaient sa vie. Il y en avait toujours des restes, c'était un fait, mais au moins il parvenait à vivre convenablement, sans être hanté uniquement par cela. Seuls les moments les plus intenses émotionnellement avaient tendance à permettre au pire de lui-même de montrer le bout de son nez, mais même là, il se laissait beaucoup moins sombrer dans ces dernières qu'il savait tenir en laisse pour en exploiter la force sans succomber à sa faiblesse.

Avant, et même dans les premiers mois qui avait suivit sa guérison presque totale, il n'aurait pas été capable d'un tel résultat dans l'art de l'ikebana, aussi talentueux qu'il était. Car cela nécessitait certes la persévérance qu'il avait développé avec son désir de s'en sortir, mais aussi de la patience et de l'humilité, ce que sa maladie lui avait prit. Il retrouvait ses qualités ici, dans un art où se mêlait la simplicité et la complexité, l'ouverture de soi et le dévouement, un chemin qui conduisait à l'apogée de cette forme d'art, mais aussi à la rencontre et à la réconciliation avec soi-même.

Ce que Natsuki avait douté trouver ici, il découvrait être finalement en plein dedans.
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Message(#) Sujet: Re: Retrouver sa maîtrise de soi. Mer 23 Aoû 2017 - 23:52

La porte du bureau se referma, et sa propriétaire s'installa face à Natsuki, une feuille devant elle et un stylo à ma main.

« Merci de prendre ces quelques minutes avec moi, Mr. Nara. Elles vont nous permettre de faire le point avec vous, vous qui hésitiez sur la catégorie d'abonnement à prendre dans notre SPA. Tout d'abord, expliquez-moi quelles étaient vos attentes quand vous êtes entré dans notre établissement. »
« Il m'arrive de me sentir terriblement stressé par moment, et lors de ces périodes, je suis sujet à des accès de colère que je ne devrais pas me permettre dans ma profession. Ces moments sont rares, fort heureusement, mais le stress et la nervosité eux sont fréquents, et s'accumulent. Habituellement, je me contente de supporter, mais je ne peux pas contenir éternellement, c'est mauvais pour ma santé. Je cherche donc un moyen de me relaxer. »
« Oui, je vois. Vous êtes donc vraiment venu au bon endroit, car notre SPA n'a qu'une vocation : vous apporter calme, détente, relaxation et bien-être. Parmi nos prestations, je peux vous parler des soins de manucure et d'épilation... »
« Je ne crois pas que cela va le faire. »
« Nous avons aussi des traitements pour la peau, tels que les masques et le gommage. »
« Je ne crois pas avoir demandé des séances visant à me rendre plus beau. »
« Oh, au risque de vous surprendre, sachez que l'esprit ne se délasse que quand le corps se prélasse. Prendre soin de soi, et apprécier ce qu'on voit ensuite dans le miroir est le B.A-BA pour être serein. Cela procure confiance en soi, et assurance, soit un état d'esprit qui rend moins sensible au stress. Je vous le recommande sincèrement.
« Soit. Qu'avez-vous d'autre ? »
« Parmi l'essentiel dans la gamme détente, nous avons aussi les incontournables massages relaxants. Vous serez entre les mains de professionnels qui pourront vous proposer des massages du corps de différentes écoles, adaptés à vos besoins. »
« Très bien, mettez-moi une option là-dessus aussi. Une fois par jour, c'est possible ? »
« Si nous exceptons le dimanche où notre centre est fermé, oui. »
« Parfait. Soins du corps et massages relaxants donc. Qu'avez-vous d'autre ? »
« Pour des moments de détente plus en solitaire, nous mettons aussi à disposition des bains de boue et des bains à remous. Ces derniers vous invite à vous plonger dans des eaux chauffées à température du corps avec de nombreux sels aux propriétés bénéfiques pour le corps. Les différentes options de remous et de courants assure des massages à la fois relaxant pour l'esprit et stimulant pour le corps.
« Comme un jacuzzi, en fait ? »
« C'est assez réducteur par rapport à ce que nos bains homologués sont capable de faire, mais c'est dans le même ordre idée. »
« Mmh. J'ai déjà le nécessaire dans ma salle de bain pour cela, en fait. Je vous achèterai donc juste les sels dont vous m'avez parlé. Autre chose ? »
« Non, c'est tout ce que je peux vous proposer dans la gamme de détente, vis à vis de ce que vous recherchez. D'après nos offres d'abonnement, celle qui devrait vous correspondre le plus est celle-ci. »
indiqua la femme en lui tendant un catalogue ouvert à une page précise. « C'est un peu cher, mais compte tenu de ce que vous demandez, vous être largement plus gagnant que si vous preniez les prestations à l'unité. »
« Très bien. Je dois signer où ? »


*******************


Le massage relaxant.


« Voilà, je vous laisse vous déshabiller dans les vestiaires, et me rejoindre dans la salle de massage quand vous serez prêt. »
expliqua la kinésithérapeute à Natsuki. « Vous pouvez garder votre sous-vêtement ou utiliser celui-ci à usage unique. »

Natsuki observa ce qui dans l'emballage tendu dans sa direction semblait être un string en papier.


« Cela va aller, merci. »


Pénétrant dans la cabine, il entreprit de se déshabiller, et de ne garder que le minimum demandé. De l'autre côté de la porte l'attendait la masseuse, dans une ambiance très odorante. Plusieurs arômes d'huiles essentielles embaumaient l'atmosphère qui se voulait plutôt intime avec la lumière tamisée.


« Vous pouvez prendre place sur la table de massage s'il vous plait, Monsieur. Installez-vous sur le ventre pour commencer. »


Natsuki s'avança vers la table dont le plafonnier l'éclairait bien plus que le reste de la salle. Sans doute pour qu'il reste bien au chaud sans que la pièce ne soit étouffante.


« Oh, vous êtes bien bâtit. »
s'étonna la masseuse en posant les mains sur les épaules du Nara tatoué pour étaler une lotion quelconque.

Natsuki ne releva pas, car il savait que c'était une phrase générique. Il avait une musculature bien dessinée – profession oblige – mais elle était plus fine qu'imposante : ce ne serait pas à ses bras que l'on demanderait de jouer les gros. Un gabarit qui s'expliquait par son style de combat privilégiant la vitesse sur la force – hors période de crise.

Après quelques minutes, il se retrouva couvert d'huile sur tout son verso, de quoi faciliter le travail de sa kinésithérapeute pour dénouer les supposés nœuds de ses muscles, et rendre plus agréable pour lui le moment qu'il passera entre ses doigts experts.


« Humpf... Ce que vous êtes tendu. »
s'étonna à nouveau la masseuse en posant les mains sur ses épaules, mais en essayant de masser cette fois-ci.

Les muscles étaient si noueux sous le stress et la colère accumulés qu'ils donnaient l'impression d'être fait de pierre, dans le plus mauvais sens du terme possible.


« Cela va aller ? »
demanda Natsuki à travers le trou de la table devant lequel reposait sa tête.

« Oui oui, pas de humpf... problème. Je vais vous dénou...er tout ça. Ce n'est pas bon pour la circulation sanguine et … humpf... ça conduit à accumuler des toxines dans le corps. »


Elle tentait de faire bonne figure devant son client, mais à terme, ce fut elle qui se retrouva sans sensation dans les bras tant elle devait forcer dans ses mains.


« Veuillez m'excuser un instant, je vais chercher un peu d'huile en plus, le flacon était presque vide. »


Elle s'éclipsa de la pièce, et rejoignit sa collègue qui tenait l'accueil.


« Tu peux m'aider avec le client ? Je n'ai plus aucune force, il m'a épuisé. »


Sa collègue regarda la montre murale, et s'étonna.


« Mais ça ne fait qu'un quart d'heure que tu as commencé ! Il a prit le massage relaxant d'une heure en plus. Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Tu es plus performante que ça d'habitude. »
« Oui, et d'habitude, je m'occupe d'un être humain, pas d'un sac de briques. »
« Bon, remplace moi à l’accueil, je vais m'occuper de lui. Mais tu vas me devoir un service. »
« Gnagnagna. Si tu arrives à tenir jusqu'au bout seulement. »


Un quart d'heure plus tard, la seconde masseuse quitta la salle de Natsuki, une expression beaucoup moins fanfaronne sur le visage.


« '' Je te remplace si tu veux, mais tu vas me devoir un service.'' »
lui lança la première d'une voix sarcastique à souhait.

Ainsi débuta une longue course de relais entre les kinésithérapeutes en charge de Natsuki, course de une heure par jour cinq fois par semaine. Elle dura plusieurs mois, mais au bout, les muscles du Nara tatoué était beaucoup moins porteurs de toute sa colère refoulée – même si ses autres activités en parallèle aidaient aussi.

Les bras des masseuses par contre commençaient à devenir serrés dans leur blouse.
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Message(#) Sujet: Re: Retrouver sa maîtrise de soi. Ven 25 Aoû 2017 - 23:13

Le front en sueur, Natsuki poursuivit son escalade sur la montagne à pic. Certains diraient que c'était ridicule de procéder ainsi, alors qu'en tant que ninja confirmé il était tout à fait capable de se déplacer sur des surfaces verticales en marchant. Mais arriver à sa destination n'était pas la finalité en elle-même. Tout comme le voyage comptait davantage que la destination, son trajet relevait d'un sens qu'il ne voulait pas couper, sans quoi l'arrivée n'aurai aucune valeur.

Le mont n'était pas si haut que cela. Il ne lui fallut qu'une heure pour atteindre le plateau, et découvrir avec surprise que la légende disait vrai : cette montagne n'était pas faite que de pierre. Le sol y était très fertile, et une forêt avait élu domicile ici. Il resta un moment à observer ce nouveau décors alors qu'il reprenait son souffle, puis lorsqu'il fut prêt, il pénétra dans le bosquet. Il n'y avait aucun chemin, mais il savait où il allait : il n'avait qu'à suivre ses oreilles. Et après deux heures de marche, il découvrit que les écrits ne mentaient pas. Il la trouva telle qu'elle y était décrite.

'' Une cascade repose au cœur de la forêt, à plus de trois jours du plus proche village. ''

Un lieu qualifié de sacré, que les pèlerins des Temples de la Nature visitent dans leur quête de compréhension de leur monde. Le dernier test de leurs années de préparation et de dévotion pour savoir s'ils sont dignes de rejoindre le Grand Courant de la Vie lorsque leur corps arrivera au terme de son existence.

Natsuki n'était pas croyant, mais ce n'était pas dans un but religieux qu'il s'était rendu ici. Ses raisons n'étaient que spirituelles, pour ne pas dire personnelles, et sa présence en ces lieux avec ces motifs pourrait passer pour de la profanation, mais la cascade le punira déjà si elle en jugeait ainsi. Car l'ultime épreuve était la méditation sous le courant de ses eaux glacées. Une épreuve qui n'était simple qu'en apparence, sans quoi cette cascade ne serait pas différente d'une autre.

'' Les Pierres du Jugement. ''

Le nom qu'avaient donné les pèlerins à ce lieu, où Mère Nature testait leur corps et leur volonté en déversant sur eux un flot ininterrompu de '' pierres '', lesquelles prenait la forme de cette puissante chute d'eau glacée. Les écrits disaient que tous les pèlerins qui se soumettaient à son jugement ne subissaient pas tous les mêmes pierres, comme si la cascade lisait au plus profond de leur âme. Et plus l'on avait à se reprocher, et plus les pierres à supporter étaient lourdes si l'on voulait s'en absoudre. Ceux qui sont incapables de supporter leurs péchés sont écrasés sous les flots, et rejetés par ces derniers dans le bassin, sans espoir de voir la concrétisation de leur croyance dans l'après-vie. Car c'est une épreuve à laquelle l'on ne peut se soumettre qu'une seule fois, il n'y a pas de seconde chance. Réussir impose de supporter le jugement de la cascade pendant une journée et une nuit entière.

Natsuki n'était pas venu ici pour se faire juger par la cascade, mais pour se juger lui-même. Sa maladie avait fait de lui un autre homme – ou plus exactement, un monstre. Ce n'était pas l'exact reflet de la réalité, il le savait, mais c'était ainsi qu'il le vivait. Il avait besoin de se retrouver, de laver son âme des atrocités que son corps avait commit. Mais surtout, il avait besoin de retrouver sa discipline. Il avait passé sa courte vie à s'entrainer, à devenir maître de lui et de ses émotions. Une préparation qui lui avait peut-être sauvé la vie en l'empêchant de sombrer complètement dans la folie, mais ce n'était pas assez. Plus jamais il ne voulait être sous l'influence de la rage ardente qui le rongeait sous la peau, plus jamais il ne voulait la laisser diriger sa vie. Et pour cela, il devait affermir sa volonté, renforcer sa conviction. La méditation et la discipline physique couplées étaient ce qui forgeaient les Hommes, et cette cascade était la concrétisation de sa préparation. Si les pèlerins étaient vraiment jugés par les pierres, si le poids des eaux était réellement dépendant de celui de son âme, alors c'était ici plus que nulle part ailleurs qu'il devait être.

C'était ici qu'il devait dépasser ses limites et redevenir l'homme qu'il avait toujours voulu être.

Il approcha ses mains du bassin. L'eau était glacée, et le mouvement perpétuel de la cascade était probablement la seule chose qui empêchait le tout de geler. Se jeter sous la cascade sans préparation reviendrait à se suicider : son cœur pourrait tout simplement s'arrêter de battre sous le choc hypothermique. Était-ce le reflet de ce qu'il devait affronter, ou un simple phénomène naturel ? Peu importait : il ne reculerait pas.

Il commença donc par s'habituer à la température, se tenant au bord du bassin et faisant couler avec ses mains l'eau glacée sur son corps. D'abord les pieds, puis les jambes, puis il remonta encore jusqu'au visage. Ses lèvres commençaient déjà à bleuir, mais il ne trembla pas. Et lorsqu'il fut prêt, il pénétra dans le bassin entièrement. L'eau lui arrivait aux genoux, mais elle ne gêna pas sa marche jusqu'au pied de la cascade. Pendant de longues secondes, il se contenta de la regarder, puis une fois sa concentration rassemblée, il gagna la chute d'eau, et s'assit sous elle.

Le monde devint soudainement très différent. Les couleurs et les formes s'altérèrent sous la force du courant. Il n'y avait plus que le bruit assourdissant de la cascade à ses oreilles. Il n'y avait plus que l'étreinte glaciale de l'eau sur son corps, laquelle cherchait à l'écraser et à le rejeter avec force. Les dents serrés sous l'effort, Natsuki se contenta de fermer les yeux. Et très vite, il perdit toutes notions. Celle du temps qui s'écoulait autour de lui, celle des sensations de son corps complètement engourdi. Il ne percevait que le poids permanent sur ses épaules, qui tentait de l'écraser contre le sol. Un poids où la force du corps seule ne suffisait pas pour supporter. Un poids où une volonté inébranlable ne suffisait pas pour encaisser.

C'était un jugement. Mais pas celui de la cascade. C'était le propre sien. Celui pour effacer ce qu'il a été.

Celui pour s'affirmer en tant que ce qu'il voulait être.
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Message(#) Sujet: Re: Retrouver sa maîtrise de soi. Sam 26 Aoû 2017 - 22:24

La journée, autant que la vie, avaient été longues, et avec elles, beaucoup de choses s'accumulaient. Le stress, la tension, une colère sous-jacente, et tant d'autres mauvaises humeurs que le corps de Natsuki produisait en permanence. Il savait se contenir, il avait apprit à se maîtriser, mais il arrivait occasionnellement que la situation fasse ressortir un aperçu du pire de lui-même. Il était comme n'importe qui, et ne pouvait contenir indéfiniment : parfois, comme tout à chacun, il avait besoin de moments récréatifs pour évacuer le surplus, et rester maître de lui-même.

Maître du corps qu'il s'était approprié.

Pour cela, ses semaines étaient ponctuées d'activités allant dans ce sens. Il faisait du sport de combat, de la méditation, allait dans un SPA, participait à des cérémonies de thé et bien d'autres encore. Mais de temps en temps, loin de ces pratiques élaborées, il savait aussi apprécier ce que la vie avait de plus simple à lui offrir. En l'occurence, un bain relaxant.

Le jacuzzi qu'il avait fait installer dans sa salle de bain lorsqu'il avait construit son appartement servait précisément à ceci : faire des bains relaxants. Natsuki aimait l'efficacité autant qu'il était curieux et documenté sur les domaines auxquels ils s'intéressait. A ce titre, le bain relaxant ne faisait pas exception, et ne se limitaient pas aux nombreuses fonctions et modes dont disposait le jacuzzi.

Tout commençait par une ambiance propice à la détente. La lumière du plafond était éteinte, il avait opté pour une dizaine de larges bougies odorantes dont la cire rouge donnait une teinte agréable à la pièce. En contraste, une faible lueur bleue émanait des eaux de son jacuzzi via les néons installés dans le fond.

Quelqu'un sonna à la porte.

Natsuki souffla par le nez.


« Oui ? »
demanda-t-il en ouvrant sa porte d'entrée

Une petite fille d'une douzaine d'années habillée en uniforme vert et marron se tenait sur le pas de sa porte. De son sourire édenté, elle lui tendit une boite de petits gâteaux à la coloration étrange.


« Bonjour Monsieur. Je vends des biscuits pour l'orphelinat. Vous m'en achetez ? Ils sont fait maison. »


C'était probablement ce qu'il y avait de plus regrettable pour eux, vu leur allure. Natsuki se tâta les poches, car il savait que l'on ne se débarrassait pas d'eux sans acheter sa tranquillité.


« Je n'ai qu'un billet de dix mille ryos. Combien coûte une boite ? »
« Cent ryos la boite. »


Quelle escroquerie. Cela n'en valait même pas le quart.


« Je prends tout. »
« Euh... faut que je calcule Monsieur, mais je ne crois pas que j'ai assez de monnaie. »
« Garde-la. Et dépose les boites dans la grande caisse en fer en bas des escaliers dehors, celle avec écrit '' ramassage le vendredi ''. »


La tranquillité coûtait chère, mais il venait d'acheter celle aussi de ses voisins. Il referma la porte.

La salle de bain l'attendait, avec sa douce odeur de fleur d'oranger émanant des bougies. Le jacuzzi continuait de maintenir l'eau à une température idéale, celle pour profiter d'un moment de douceur en se laissant immerger dans un océan de tranquillité. Quelques pétales de roses flottaient à la surface. Loin d'un esprit romantique, Natsuki avait apprit comment accentuer les bienfait d'un bain relaxant. Et cela incluait de faire bouillir des pétales dans de l'eau, les laisser macérer quelques heures en amont, puis d'ajouter un litre de lait écrémé – pas de cerf, dont la forte odeur ruinerait l'ambiance -, puis à verser l'ensemble dans le bain pour hydrater la peau et reposer davantage le corps.

Quelqu'un sonna à la porte.

Natsuki soupira lourdement.


« Oui ? »
« Mr. Nara Natsuki ? Je suis le livreur de la compagnie Vigilante avec laquelle vous avez récemment souscrit un contrat. Votre livraison saisonnière est arrivée. Je... Vu sa taille, je n'ai pas pu la monter. Cela pose un soucis si je la laisse au rez de chaussée ? »
« Non. Je m'occuperai du reste. »
« Très bien Monsieur. Vous pouvez signer ici ? »


Natsuki signa. La nouvelle était bonne, même si elle ne tomba pas forcément au meilleur moment, aussi il ne claqua pas la porte.

De retour dans sa salle de bain, il attrapa le bocal de sels de bain qu'il avait acheté au SPA – sûrement beaucoup plus cher que ce que cela valait réellement – et en versa dans son jacuzzi. Il valait mieux le mettre au dernier moment, afin de profiter pleinement de ses effets bénéfiques sur le corps. Il saisit ensuite la télécommande de sa chaine-hifi, et appuya sur le bouton lecture. La playliste de '' détente dans son bain '' débuta. Fermer les yeux, et voyager au travers des notes douces qui emplissaient l'atmosphère. Un programme qui semblait des plus tentants, et dans lequel il allait se plonger pour se décontracter au maximum.

Quelqu'un sonna à la porte.

Natsuki gronda comme un fauve.


« Quoi ? »
aboya-t-il en ouvrant sa porte.

Un messager se tenait sur le pas, un message à la main. Natsuki le prit et lui claqua la porte au nez sans un merci.

Il regagna sa salle de bain. Détendre. Il fallait qu'il se détende. Respirer lentement. Inspirer la positivité par le nez, expirer la négativité par la bouche. Relâcher ses muscles, rejeter la colère. Il retrouva sa sérénité. Mais lorsque son dernier vêtement fut posé dans le panier à linge...

Quelqu'un sonna à la porte.

Natsuki sentit ses bois le démanger.

Avant même d'atteindre la porte, il entendit au travers.


« Tu es sûre que c'est ici ? »
« Oui, ma copine m'a dit qu'il achetait tout avec de gros billets et beaucoup plus cher. »


La porte qui s'ouvrit fit sursauter les deux jeunes filles en uniforme similaire à la première, mais pas autant que le regard de prédateur qui se posa sur elles. Natsuki se mit à genoux pour être à leur hauteur, et cela ne le rendit pas plus rassurant, bien au contraire.


« Ecoutez-moi bien. »
gronda-t-il d'une voix beaucoup trop calme pour réellement cacher la colère qu'elle contenait. « S'il y en a encore une seule de votre bande qui vient essayer de me refourguer sa mort au rat avec des éclats de noisette dessus, je coupe toutes les subventions que je donne à votre orphelinat, et j'utiliserai cet argent pour construire un centre d'euthanasie pour chats errants juste devant l'endroit où vous vivez en attendant qu'un couple désespéré vienne vous acheter. »

Ses yeux donnèrent l'impression de grossir, à moins que c'étaient ses iris qui se réduisaient en l'état de deux points sombres dans l'immensité blanche zébrée de rouge.


« Ai-je. Été. Clair ? »
demanda-t-il en détachant distinctement les mots sur un ton évoquant un orage sur le point d'éclater.

Il n'attendit pas de réponse des deux filles terrorisées, et claqua sa porte si fort que le Septième Ciel tout entier vibra.

'' My oh my, do you wanna say goodbye ? '' chantait sa chaine-hifi dans la salle de bain. Les bougies commençaient à atteindre la fin de leur vie, les fleurs d'oranger emplissaient la pièce au point que s'en était étouffant, mais il n'y prêta aucune attention. Il fit tomber son peignoir à même le sol, et se glissa enfin dans son jacuzzi. L'eau maintenu au chaud l'enveloppa, et aussitôt, il sentit une énorme pression quitter ses épaules. Du bout du pied, il actionna l'une des nombreuses fonctions massages à bulles, et sentit leur magie agirent sur ses muscles.

Quelqu'un sonna à la porte.

Natsuki bascula sa tête en arrière sur l'oreiller, et laissa ses oreilles s'enfoncer dedans.

Une ombre s'arracha à demi du sol au pied de son bain en prenant appuie sur ses mains, et fila sans un bruit hors de la pièce.

Natsuki posa une serviette chaude sur ses yeux, et sentit la chaleur enveloppante décontracter ses tempes. Sa mâchoire se décrispa.

L'écho d'un hurlement de terreur au loin résonna brièvement.

Natsuki fit un sourire, et s'abandonna aux bienfaits de son bain.

L'esprit léger.
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Konoha
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Message(#) Sujet: Re: Retrouver sa maîtrise de soi. Dim 27 Aoû 2017 - 20:25

Natsuki pénétra dans le cabinet du médecin lorsque ce dernier vint le chercha.

« Bonjour Mr. Nara. C'est votre première visite ici ? »
« Bonjour Docteur. Oui, c'est le cas. »
« Très bien. Dans ce cas, ma secrétaire a dû vous demander d'apporter votre dossier médical, vu que nous n'avons pas accès à l'informatique ici. »


Natsuki déposa devant le médecin un empilement de dossiers beaucoup trop grands pour le sac qui les transportait.


« Je vois... »
lâcha le médecin après avoir redressé ses lunettes en dévisageant l'immense pile. « Vous tentez l'acuponcture comme solution de la dernière chance ? Si vous me parliez un peu du problème qui vous préoccupe pendant que je feuillette tout ça. »

Une fois de plus, et comme avec chacun des professionnels qu'il avait vu par le passé, Natsuki lui récita son texte. Qu'il était du genre à accumuler beaucoup de stress, lequel lui faisait perdre occasionnellement son sang-froid et entrer dans des accès colériques qui n'avaient pas lieu d'être. En parallèle, le médecin acuponcteur lui posa des questions pour approfondir son diagnostique, et tenter de comprendre d'où venait la source du problème. Il procéda aussi à un examen corporel incluant la '' palpation '' des méridiens, la coloration et la réaction au contact de la peau, les pouls périphériques avant de le faire s'allonger sur le ventre.


« Savez-vous comment fonctionne l'acuponcture, Mr. Nara ? »
lui demanda le médecin en préparant son matériel.
« J'en ai de vagues notions. J'imagine que tous ceux qui viennent chez vous veulent faire les malins en se documentant avant. »
« Vous seriez surpris si je vous disais combien vous avez raison. En faites-vous partie ?  »
« Je sais que l'énergie qui nous parcourt résulte d'une circulation harmonieuse entre le Ying et le Yang. Quand nous sommes en bonne santé en tout cas. Lorsqu'il y a une rupture de l'équilibre, elle peut s'expliquer soit par trop d'une énergie dans un endroit, soit un vide complet dans un autre. Le principe des aiguilles visent à disperser ou renflouer les points incriminés. Par contre, de là à dire que je saurai en poser... »
« La théorie est plutôt bonne, même si vous n'avez pas précisé que l'acuponcture implique de générer des stimulations externes pour produire des réactions internes, comme si la peau constituait une immense interface. »


Enfilant ses gants et attrapant ses premières aiguilles, il poursuivit l'explication.


« A l'image du réseau vasculaire où transite le sang, l'énergie du corps circule le long des méridiens, des lignes de force reliant l'ensemble des organes. Sur ces lignes se trouvent des points que je vais piquer, dans un premier temps pour établir un diagnostique de votre énergie. En fonction de ce que j'y verrai, je choisirai les méridiens qui nécessitent de voir leur Ying et leur Yang tonifiés ou dispersés. »
« Et comment faites-vous pour déterminer tout cela juste en regardant la dizaine d'aiguilles que vous venez de me planter dans le dos ? »
« Oh, vous les avez sentit ?  Eh bien, pour éviter que mes patients ne s'essaient à pratiquer eux-même ce genre de chose, je me suis promit de ne jamais répondre à cette question. Ce que je peux vous dire toutefois est que je ne me limite pas à cela. Notre entretien tout à l'heure m'en a déjà beaucoup apprit.  »
« C'est à dire ? »
« En acuponcture, il est important de garder en tête que le corps ne se sépare pas de l'esprit. Les organes ont donc une fonction physique et une fonction psychique. Les questions que je vous ai posé au début de la séance m'ont permit d'identifier les sentiments qui étaient en jeu durant vos périodes de stress. Et essentiellement, j'ai perçu de la colère. De la colère, mais pas que. Il y a des angoisses aussi, une sorte de peur sous-jacente qui entre en conflit avec le reste. »
« Et donc ? »
admit Natsuki, qui avait baissé sa garde pendant l'entretien.
« Et donc je sais sur quels méridiens agir en conséquence. Des méridiens d'organes qui par leur nature se montrent très sensibles aux émotions correspondantes. La rate par exemple est sensible aux soucis, tout comme les poumons le sont à la tristesse. En agissant sur l'organe où vous accumulez l'émotion, je peux vous aider à y être moins sujet. »
« Ce serait donc quoi, pour moi ? »
« Essentiellement, votre foie : il est le foyer qui subit le plus vos colères. Secondairement, disperser le yang de votre rate et de vos reins aiderait aussi, pour évacuer respectivement vos préoccupations et vos craintes. »
« Hum... Et comment faites-vous avec ceux qui ont peur des aiguilles ? »
« Pendant quelques temps, au tout début, j'essayais de rassurer les patients, de discuter avec eux pour les convaincre que ce n'est pas douloureux. Puis finalement, le vaudou est apparut comme étant une solution bien plus efficace. »


La déclaration laissa un silence dans la salle, troublé uniquement par le tintement des aiguilles que le médecin ramassait pour les planter dans le dos de Natsuki. Mais ce n'était pas un silence pesant ou gênant. Plutôt celui de ceux qui savent apprécier en silence un trait d'esprit, tout en se demandant où s'arrêtait le sérieux et où commençait la plaisanterie.


« Vous commencez à vous sentir mieux ? »
demanda le médecin après une dizaine de minutes.
« Je ne sens aucune différence. »
« Oh ? Votre énergie est peut-être plus perturbée que ce que je pensais. Je vais augmenté le nombre de points de méridiens stimulés. »


Il doubla le nombre d'aiguilles pour ainsi dire. Natsuki en avait une soixantaine dans le dos.


« Et là ? »
« Pas de changement. »
« Hum... »


Il en ajouta encore.


« Comment vous sentez-vous là ? »
« Comme un hérisson, je dirai. »


Mais le médecin était loin d'avoir dit son dernier mot, et il était déterminé.


« Levez-vous s'il vous plait, et tenez-vous bien droit. »


Il avait encore de nombreuses aiguilles médicales dans son cabinet.
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Message(#) Sujet: Re: Retrouver sa maîtrise de soi. Lun 28 Aoû 2017 - 17:30

« Tu devrais essayer, c'est plutôt simple. » lui lança une voix sur le côté, suivit d'un léger ricanement.

Accoudé au comptoir, presque prostré, Natsuki ne lui accorda pas le moindre regard. Il se contentait d'observer d'un œil torve et fatigué le verre de liqueur devant lui.


« Tu verras, ça fait du bien. Je connais mon sujet là-dessus. Au début, c'est vrai que cela pique un peu. La sensation est nouvelle, tu as l'impression d'avoir la langue en feu, que les brûlures emplissent toute ta bouche comme le feu d'un four. Puis ça s'atténue en quelques secondes, alors que ton corps se focalise davantage sur la chaleur dans ta gorge, laquelle descend doucement vers ton estomac pour le réchauffer. L'un des moments que je préfère. Quand ton ventre fourmille de toutes parts après la première gorgée. C'est un peu comme se jeter dans la mer. La sensation te prend d'un coup, elle est pure. Tu as beau recommencer ensuite dans la même journée, ce n'est plus pareil. Mais ça fait du bien quand même, alors on continue. »


Natsuki entendit un verre tinter à côté de lui, vidé cul sec avant de taper sur le comptoir.


« C'est l'un des moments que je préfère, mais pas le meilleur. Le mieux vient après. Après quelques verres. Il suffit d'attendre, la magie s'opère toute seule. Une brume doucereuse enveloppe ton esprit, où tu te sens bien, tu te sens rassuré. Elle tend une main vers tes pensées, et les amène là où il n'y a pas de problème, pas de soucis sur lesquels s'inquiéter. Le monde ne change pas autour de toi, il reste le même, hostile, dangereux, sans pitié. Mais pour toi, il n'y a plus de souffrance qui appuie de tout son poids sur tes épaules, il n'y a plus de regret pour t'accabler. Il ne reste que ce petit nuage sur lequel tu flottes, loin de la misère. »


Le bruit d'un liquide s'écoulant dans un verre résonna au loin dans les oreilles de Natsuki, qui n'avait pas bougé.


« Et tout ce bonheur, toute cette solution se trouvent à porté de main, juste devant soi. Ce n'est pas pour rien que ça s'appelle de '' l'eau de vie '', quand tu y réfléchis. »


Natsuki restait prostré sur le comptoir, sans quitter son verre des yeux, pensif. Puis après un moment, ses lèvres se descellèrent.


« Sauf que votre nuage ne vous emmène nulle part, vous ne faites que fuir des problèmes que vous n'osez pas affronter. Pire, que vous n'osez pas assumer. Et je refuse de céder comment vous à la facilité. Vous avez peut-être été quelqu'un avant que votre passé ne vous plonge dans cet échappatoire, mais ici vous n'êtes même pas l'ombre de quoi que ce soit, rien de plus qu'un pilier de comptoir qui n'a jamais rien accompli. S'enfuir est peut-être la solution la plus simple, mais je refuse de vous ressembler. »



Le voile se dissipa peu à peu, effaçant l'image de ce que peu de gens ont connu comme étant Masao Nikkou, pour ne laisser que la réalité, un homme dont les erreurs l'empêchaient de s'accorder un avenir. Un homme accoudé au comptoir, les idées perdues par l'ivresse, les pensées flottantes dans un verre dont il ne restait que les glaçons.


Natsuki fini par se lever, et après avoir poussé sa liqueur qu'il n'avait pas touché vers Nikkou, il s'en alla.
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