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 Farouche [PV][Jisetsu Hiyori]

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Iwa
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Message(#) Sujet: Farouche [PV][Jisetsu Hiyori] Dim 20 Aoû 2017 - 1:30

    Pierre. Pierre. Pierre.

    Il était là. Fixe comme un chêne centenaire au milieu d'une plaine nue, une plaine que le vent ne visite plus depuis plusieurs millénaires. Dur comme une montagne plus lourde que le temps, plus lourde que la Terre, plus lourde que le monde. Farouche comme un carnassier dévorant le foetus abandonné dans le ventre d'une mère charogne, elle-même abandonnée au plus froid des monstres froids. Il était là. Une clope au bec. Les yeux fixés sur ses propres songes. Les yeux fixés sur le paysage de son imagination.

    Il expira un trait de nicotine.

    Il présageait l'avenir d'Iwa, la citadelle prodigue, promise à une ampleur incomparable, à une prospérité sans pareille ; promise à la convoitise de son voisinage, à la jalousie maladive des autres ; promise à une guerre sanguinaire, à des massacres sauvages et sans fins.

    Pierre. Pierre. Pierre.

    Le monde ne bougerait jamais, aussi sûr qu'il était de pierre.

    L'homme qui était là, farouche, portant au-dessus de ses sourcils aiguisés une belle chevelure de feu, regardait passer les gueux avec une nonchalance sans bornes. Adossé contre un mur, il voyait sans voir, perdu dans ses propres pensées. Il avait été mis là en tant que garde, et devrait encore veiller un peu plus de deux heures ; cette attente lancinante se transformait inlassablement en quête onirique, en abandon de soi.
    La tradition était d'imposer aux ninjas présents au village des rondes de surveillances dans les Bas Quartiers au sein desquels la plèbe était reine, assise sur des méthodes fourbes à souhait ; des méthodes plus venimeuses qu'une Veuve Noire. Ce milieu ne pouvait guère être ignoré des gardiens de la Citadelle, au risque qu'il s'émancipe et que s'y développe un monde souterrain, dictant ses propres règles et bâti avec une avarice si forte qu'il anéantirait tout le reste autour d'elle. Alors, péniblement, les shinobis s'enchaînaient à tour de rôle, échangeant parfois leur place à l'amiable, négociant des tours contre des services. Les yeux d'Iwa étaient toujours dirigés sur la zone fragile fréquentée par les lascars à blousons de cuir.

    Sa présence n'était donc que dissuasive mais elle n'en demeurait pas moins nécessaire. Il lui semblait que rien ne devait être laissé au hasard ; qu'il suffisait qu'il tourne la tête une seconde pour que toute cette tourbe se soulève en plusieurs escarmouches spontanément déclarées, que les règlements de comptes affluent à tous les coins de rues, précipitant la Citadelle dans un noir chaos. C'est ce qu'il craignait le plus.

    Pourtant, une envie secrète et coupable le poussait à vouloir le pire. Sa curiosité naturelle le poussait à imaginer les rues en transes, dévalisées par des foules en fièvres, déchirées par les cris et les sanglots. C'était là tout ce qu'il devait éviter cependant.

    Cela l'éprouvait.


      "Tsk... pourvu que ça s'arrête bientôt, ces conneries."



    Il n'était guère armé de patience et n'appréciait pas ce tour de garde imposé machinalement par la hiérarchie militaire, qu'il considérait presque comme une punition. Cette corvée avait beau faire intrinsèquement partie de son travail, il ne la tolérait pas pour autant. La première fois qu'il avait effectué son tour de garde, le temps était passé à une vitesse folle, à tel point qu'il avait crut qu'on lui avait volé un bout de sa vie ; mais avec l'âge, les secondes vieillissaient et avançaient avec une lenteur de plus en plus morbide et chagrinante. Les gardes devenaient des sentences accablantes, propulsant le Roux dans un désespoir profond. Sa motivation avait fané plus vite qu'une fleur déracinée.

    Pierre. Pierre. Pierre.

    Son visage de pierre ne laissait rien au hasard. Mais il n'attendait qu'une seule chose : que ça change, bordel.



Spoiler:
 


Dernière édition par Jinmenju Ryöhei le Dim 27 Aoû 2017 - 15:52, édité 1 fois
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Iwa
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Message(#) Sujet: Re: Farouche [PV][Jisetsu Hiyori] Sam 26 Aoû 2017 - 4:49


Pierre. Feuille. Ciseau.

J’ai gagné.

La délicate clope cernée entre deux doigts et deux lèvres s’embrase soudainement d’une étincelle vive ! Comme s’il s’agit d’une cigarette trafiquée, elle fait un feu rapide et étincelant, mais finit par se calmer. Sauf que dans le temps imparti, l’individu s’est certainement débarrassé de l’objet, de peur qu’il ne pète dans ses mains !
A cette mauvaise farce, un rire moqueur mais léger dévoile une grande figure, au regard vif et aux cicatrices marquées sur le visage. Se détachant de l’ombre, son manteau paré de fourrure et de plumes sur ses épaules, celui que tout le monde sait maintenant identifier au visuel à Iwa fait son apparition dans l’ombre d’une toile de tissu.

» Désolé mon gars ! C’était puéril et sans méchanceté, promis ! Mais tu devrais faire attention, fumer à ton âge te jouera des tours plus tard !

La remarque n’est sans doute pas appréciée. Après tout, Ryoheï est certainement bien assez adulte pour savoir ce qu’il peut et doit faire ou non. Pourtant, il n’y a vraiment aucune méchanceté de la part du Jisetsu connu sous le nom de Hiyori. En fait, il a pris l’habitude de se faire appeler par son seul prénom. Tout d’abord, cela lui permet d’être plus proche des gens. Par ailleurs, c’est toujours un atout caché à d’autres dont il se plaît à profiter, surtout en situation de combat ! Chose qu’il n’est pas venu chercher à l’instant.

» Tu t’appelles Ryoheï, c’est ça ? J’ai vu ton nom sur le registre de garde du jour. J’étais curieux alors que je suis venu voir comment tu t’en sortais ici. La surveillance, c’est rarement excitant … .

Une vraie surprise ! C’est donc pour la causette que le Jisetsu est venu ici ? L’homme n’a donc décidément rien à faire … . En réalité, c’est bel et bien le cas ! Son cas « particulier » lui vaut une certaine méfiance de la part des autorités actuelles, ce qui explique qu’il soit aussi souvent sur la touche. Pour combler le temps, l’homme s’est employé aux activités annexes du Ninja : il a formé des plus jeunes et moins expérimentés, il a réalisé deux ou trois missions locales, et commencé à former une équipe. Bref, le traditionnel. La définition même de l’ennui pour certains … .

Rejoignant ainsi le gardien sur son poste d’observation, le vétéran des guerres impériales imite son acolyte et regarde « dans le « lointain ». Il connaît le quartier, sans vraiment trop s’y attarder. Il connaît certains habitants, les petites rues où il ne faut pas trainer … . A vrai dire, le Balafré ne s’intéresse pas vraiment à Iwa. C’est une structure qu’il n’a connu qu’après sa création et la chute de l’Empire. En revanche, les gens, il les connaît ! Les traits du visage aussi … .

» Ces quartiers sont assez lugubres, non … ? Je ne connais pas trop les environs, mais j’ai d’autres souvenirs de ce pays. D’une époque plus prospère et plus disciplinée … sous l’autorité impériale …

Houla, d’entrée de jeu ?! Quel est le but de Hiyori à entrer dans ce jeu-là aussi tôt ?
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Message(#) Sujet: Re: Farouche [PV][Jisetsu Hiyori] Dim 27 Aoû 2017 - 18:09

    Puits.

    Un puits d'angoisse quand il vît que sa cigarette se consumait tout à coup de manière surnaturelle, prenant une teinte rougeoyante et venant brûler ses lèvres avec une impertinence douloureuse, tandis que son visage se colorait de la même teinte que sa maudite addiction. Il cracha cette dernière dès qu'il sentît le traquenard, c'est-à-dire trop tard, avant de couvrir sa bouche derechef pour apaiser la brûlure. Il ne s'attendait pas à une friponnerie du genre, persuadé d'être à l'abri de toutes choses, et se crispa à l'idée que cette infortune pourrait possiblement laisser une empreinte écarlate sur son faciès, ce qui du reste ferait un rappel pour le moins artistique avec sa chevelure de feu.

    Alors, soudain, un homme sortît de l'ombre, armé d'un sourire large et d'une cape de seigneur, que des plumes et des poils peuplaient de manière profuse, vagabonde et hirsute. Cet homme n'était guère ignoré par les ninjas officiant entre les remparts d'Iwagakure. Beaucoups l'appelaient Hiyori, ce que Ryöhei ne se permettait guère au demeurant. Privé de bon sens, il l'appelait plutôt "l'Autre aux cicatrices, là".

    Il vint directement à lui avec un air de patriarche et des propos assez humiliant en visu de Ryöhei. Etait-il beaucoup plus vieux que lui ? C'était peu probable, au regard de la finesse de ses traits, qui rappelaient ses années juvéniles. Et puis, pour faire des farces du genre...

    Puits.

    Puits de colère dans lequel s'engouffrait lentement le Genin. Il n'aimait pas qu'on prenne des airs supérieurs devant lui, en particulier car il était lui aussi d'un caractère dominant, et souffrait bien souvent de son grade en songeant qu'il méritait mieux, au vu de son ancienneté. Mais ses compétences n'étaient pas assez poussées, pour l'heure, et ne lui laissaient guère l'espoir de pouvoir talonner son vis-à-vis. Aussi refoula-t-il ses pulsions négatives, de peur de se mettre dans de sales draps, et il tourna la tête pour ignorer et la remarque, et la mauvaise plaisanterie. Il manifesta ainsi son mécontentement.

    Mais Hiyori n'en avait apparemment pas terminé avec lui.

    Il poursuivît la conversation en l'appelant par son propre nom, qu'il avait pris soin de retenir. Cela aurait honorer le Jinmenju, mais Ryöhei n'était pas du genre impressionnable, et il gardait surtout en haleine cette rancoeur née de l'attitude arrogante du visiteur. Pourtant, il ne put répondre que par l'affirmative concernant la lassitude liée à la surveillance, et fit :


      "Pff. C'est chiant mais pas bien compliqué."



    Et puis le teneur du discours se crispa, comme s'il entrait dans une autre dimension, comme si le monde se suspendait d'un coup, comme si l'atmosphère s'enflammait et devenait beaucoup plus périlleuse. Hiyori déguisa son amour pour l'Empire déchu derrière quelques mots chevaleresques qui perturbèrent le Jinmenju, et le laissèrent seul face au gouffre.

    Puits.

    Seul face à l'infini, il resta transi d'épouvante, ses yeux écarquillés fixant le visage du Balafré qui demeurait tourné vers l'horizon et semblait presque vouloir ignorer sa réaction. Etait-il assez fou pour trahir sa position ?

    Ryöhei se raisonna pourtant en se disant que ce n'était qu'un jeu, un jeu auquel le visiteur voulait l'inviter, peut-être pour le tester. Alors il reprît un air plus sérieux et adressa une réponse au Jisetsu :


      "Hum. Les finances, c'est pas ma grande passion, et je m'en fous un peu de ces quartiers, pour pas vous mentir. Ce que je me dis, c'est qu'au moins, avec le Kamui, on avait du boulot. Maintenant, regardez-nous : on serait tout aussi utile à faire de la cueillette. Ce qu'il nous faut, c'est une bonne guerre."



    Lui lança-t-il dans une confiance aveugle.
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Message(#) Sujet: Re: Farouche [PV][Jisetsu Hiyori] Mar 29 Aoû 2017 - 17:10


L’effet d’un bâton de dynamite.

La première approche n’a apparemment pas l’approbation du public. Mais de nature, Hiyori sait qu’il ne fait pas bonne impression à la première rencontre. Sans même parler de contact, son faciès n’est pas des plus engageants. Ses cicatrices effraient les femmes et les plus jeunes, son regard inquiète même certains de ses supérieurs ! C’est pourtant bien dommage car l’homme, malgré son curriculum et ses motivations, n’est pas un homme avide de sang et de chair fraîche. C’est un homme affable, approchant, et toujours ouvert à de nouvelles relations. C’est pour cette raison qu’avec son franc-parler, il n’hésite pas à aborder des individus à l’air menaçant comme Ryoheï.

Le Jinmenju ne semble pas fan de l’entrée spectacle du Jisetsu, et se dérobe pendant un temps à la discussion. Cependant, il paraît plus surpris par la mention de l’époque impériale ! Il faut dire que le Tsuchikage est un homme particulier ! Ancien homme de main du Kamui éliminant ses adversaires, il fait aujourd’hui la prêche inverse et répand la foi de l’assassinat pro-impérial à qui veut écouter ses sermons. Un parcours atypique, qui explique que beaucoup d’anciens soutiens de l’Empire sont aujourd’hui en mission extérieure avant tout … ou soient parmi les moins gradés, à l’instar de votre serviteur.

Le rouquin note la simplicité de la mission, et enchaine sur une réflexion sur la nécessité d’une guerre. A cette mention, Hiyori reste sans réaction. Mais il finit par prendre une grande inspiration, et regarde vers le ciel. Tente-t-il de trouver une solution ou de voir s’ils sont espionnés ? L’un comme l’autre ne changent pas grand-chose. Après tout, son penchant impérial n’est pas un secret pour les hautes strates du pouvoir. Pour ainsi dire, il est déjà « identifié » comme un ancien serviteur de l’Empereur, et l’un de ses plus dévoués, qui plus est ! Si cette conversation reste dans les limites du raisonnable, il n’y a pas de raison de craindre davantage qu’au quotidien … .

» L’époque de l’Empereur était une ère digne des plus grands. Les conflits étaient nombreux, les victoires fastueuses, et Kakeshuou-sama était sans conteste le guerrier le plus puissant de tous les temps. Au milieu de tous les autres Ninjas, il a certainement transcendé notre nature pour devenir l’archétype même de ce que nous sommes. Sa mort n’a fait que plonger le Yuukan dans une misère plus grande … . Une guerre serait sans doute bénéfique sur certains points … .

En tant qu’ancien combattant souvent présent sur les lignes, Hiyori Jisetsu avait un attachement plus que particulier pour celui qui le dirigeait sur les champs de bataille. Mais ses propos ne sont qu’une tranche de l’opinion. Beaucoup pensent – à tort – que l’Empire déchu, le monde connaîtra une nouvelle phase de paix et de prospérité. Il n’en est rien. Car dès que les ambitions de chacun renaîtront, sécurité et liberté ne seront plus que des graffitis écrits sur de murs détruits par la guerre, et le rêve d’un monde uni par l’Empereur défunt ne sera plus qu’un rêve pour un bien plus grand nombre … .

Pour autant … .

» Et pour autant, je ne suis pas sûr que déclencher une guerre sera la meilleure façon de nous retrouver en tant que Shinobis. Tout comme je ne pense pas que cela suive l’idéal de Kamui-sama … . Oui, je me doute que dire ça du plus grand belliciste de l’histoire du monde semble comme une énormité ! Mais aucune des stratégies employées par l’Empereur ne débouchait sur la création d’un conflit pour le plaisir d’y participer. Chaque action avait un but bien précis … . Viens avec moi …

La proposition est sincère ! L’idée est de s’engager dans les bas quartiers, tout aussi peu développés et peu sécurisés soient-ils. Ce n’est pas une proposition de démonstration de force. Hiyori était affecté à cette même mission deux semaines plus tôt, et il a développé un avantage sur place qui lui assure la surveillance et la tranquillité à la fois. Il compte bien en faire profiter le jeune collègue, malgré son faciès bougon. Si le bonhomme est prêt à le suivre, les deux personnages peuvent bien se trouver d’éventuels points communs !

» Mais pour être honnête, je ne t’ai jamais croisé dans les rangs impériaux ! Et je suis surpris que tu fasses remonter cette période guerrière du Kamui. C’était ce simple aspect qui te plaisait ? Étant donné la position de son leader, je prends pour fait et cause que l’ensemble d’Iwa est un regroupement massif d’éléments anti-impériaux ; même si ce n’est pas à 100% le cas … .

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Message(#) Sujet: Re: Farouche [PV][Jisetsu Hiyori] Mer 30 Aoû 2017 - 1:48

    Sombre.

    Sombre est la couleur de son humeur, quand il devine à travers les lignes que le Jisetsu voue une certaine admiration au feu Kamui. Ses propos se déclinent comme les vers d'une éloge à titre posthume pour celui qui, aux yeux de Ryö (le premier des deux siamois composant le Jinmenju), n'était autre qu'un despote tortionnaire et sadique. Il s'avise que cette fascination notoire, et non des moindres puisqu'il décrit cet individu comme le plus grand de tous, que Hiyori voue à ce grand détraqué de l'histoire explique sans doute son côté rentre-dedans, et justifie probablement, par ailleurs, le nombre de cicatrices qu'il porte, si tenté qu'il les ai collectionné en défendant l'Empereur. Une chose est certaine néanmoins, il choisit bien ses mots et le masque de vérité qu'il porte à présent laisse entrevoir les traits de sa réelle personnalité.

    Ryö s'enflamme face au souvenir effroyable qui s'empare de lui. Il revoit les scènes macabres dont il fut, jadis, la triste victime. Pour les puissants de ce monde, la guerre était une aubaine, et d'aucuns se précipitaient dans les razzias avec une férocité bestiale. Mais Ryö, lui, n'avait fait que fuir. En l'absence de son frère, parti pour un long périple suite à une épouvantable querelle, il ne valait pas plus que rien : donc rien, en sommes. Il avait, durant les campagnes de l'Empereur, fait parti des persécutés ; et comme la plupart des Jinmenju, il s'était résolu à vivre comme un rat, s'assimilant dans le corps des étrangers pour survivre, à l'abri des regards et des lames aiguisées.

    Chanceux.

    Chanceux car plus d'une fois, et contrairement à certains de ses proches, il avait échappé à la potence.

    Pourtant, il observait à présent qu'il était devenu assez fort pour se battre, aussi n'avait-il aucun scrupule à l'idée de faire partie du camp des persécuteurs. Au plus profond de lui, il désirait se venger. Se venger sur n'importe qui, même les plus faibles. Ryö faisait partie de ces crapules inflexibles, sans honneur ni dignité. Il ne servait qu'une seule cause, la sienne, et ignorait bien des sentiments de l'homme, convaincu que la seule raison qui doit pousser un homme à vivre, c'est sa propre gloire.

    Il lèche donc sa lèvre supérieur, tentant d'apaiser la brûlure qui opère toujours, et se prépare à enchaîner. Il planifie ses mots avec le plus grand soin, songe qu'il devra parler discrètement et qu'un jour, peut-être, il combattrait aux côtés de Hiyori.

    Et que c'est ce jour-là qu'il pourrait le poignarder dans le dos, comme tous les sauvages de l'Empire qui avaient bafoué les principes de son clan, trahissant leur secret et les chassant comme du gibier de saison.

    Colère.

    Et puis, tout à coup, il lance un regard intrigué à son interlocuteur.

    Il ne sait plus qui il est, ni ce qu'il vient de lui dire. Sa lèvre le brûle, mais il ignore la raison de cette infortune. Il réalise qu'il se trouve dans les Bas Quartiers et, à en croire la position où il se trouve, il présume qu'il est en mission de garde. Il retrouve son coin favori, dans sa posture la plus confortable et arrogante. Ses lèvres chaudes se plient dans un rictus hostile quand il remarque qu'il est invité à suivre l'inconnu qui lui faisait face.

    Trouble.

    Son esprit est encore trouble au moment où son frère, Hei, révèle le deuxième hôte qui se cache derrière ce corps dissocié. Le siamois révèle ainsi sa nature bicéphale, présentant au Jisetsu non pas une mais deux têtes bougonnes et grimaçantes. Pour le reste, Ryö cherche encore à mesurer la raison de cet oubli soudain, tandis que son frère reprend la conversation, avec une diction claire et résonnante, dans une éloquence des plus mélodieuses :


      "Bien le bonjour, monsieur. Comme vous pouvez le constater, nous sommes deux habitants dans ce corps, mais je n'ai pas encore eu le loisir de me présenter. Je me nomme Hei. Je suis la seconde entité de Ryöhei. Enchanté."



    Il affiche alors un grand sourire, tentant de gagner la sympathie de son vis-à-vis. Son frère l'observe avec un air de stupeur, ses yeux ténébreux fixant le crâne remuant qui se juxtapose au sien. Le plus raisonnable des deux poursuit cependant, ignorant les nombreuses interrogations de son congénère, et proposant toujours au Jisetsu un ton des plus subtils et chaleureux :


      "Je mesure bien la profondeur de vos propos, contrairement à mon frère qui éprouve, malheureusement, des difficultés à soutenir les échanges socio-politiques. Toutefois, sachez que pour ma part, j'éprouve pour votre répartie un certain respect, car je constate qu'au dehors de vos farces se cache un être plein de bon sens. Pour vous répondre comme il est courtois de le faire, j'ai parcouru le monde quand la guerre faisait rage, et ni Ryö ni moi n'avons réellement participé aux conflits armés. Nous avons, si vous m'accordez la grâce de me croire, d'autres talents."



    Mystérieux.

    Il force son frère à avancer pour suivre le balafré dans les Bas Quartiers. Imprégné par un fort sentiment de confiance, Hei se dévoile de manière tout à fait intègre, et ne mâche aucun de ses mots. Il affiche une facilité déconcertante pour dialoguer avec ce genre d'individus, aussi sûr que ses mères ont tout fait pour lui offrir l'éducation la plus prestigieuse possible. Il prolonge son intervention avec autant de finesse dans son élocution :


      "Ceci dit, vous semblez bien au courant des méthodes de l'Empereur. Me feriez-vous l'honneur de pouvoir m'en apprendre davantage ? Je dois dire que, malgré toute l'ardeur que nous mettons à faire prospérer le village, je n'y trouve pas toujours ma place. Pour ne pas vous mentir, j'attends encore d'être convaincu par la politique que mène le Tsuchikage, car il se trouve qu'elle ressemble manifestement à celle de son prédécesseur. Mais arrêtez-moi si mes propos vous semblent profanes ou décousus."



    Bavard.

    Dans une finesse remarquable, montrant à quel point cette part du Jinmenju peut être courtoise et maniérée, il ôte sa main de l'omoplate de son frère, puis la glisse dans le crâne de ce dernier. Avec ses doigts, il commence alors à tricoter dans sa cervelle pour déséquilibrer son système mnésique ; ainsi, il lobotomise son frère avec sagacité, s'efforçant de ne pas endommager les capacités intellectuelles de celui qui, du reste, n'en restera pas moins un parfait imbécile.


      "Oh, et ne vous inquiétez pas pour mon congénère. Il oubliera tout de ce que nous venons de nous dire."



    Conclut-il avec un sourire toujours aussi large et sympathique.
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Message(#) Sujet: Re: Farouche [PV][Jisetsu Hiyori] Jeu 31 Aoû 2017 - 23:25


C’est assez drôle de tourner la tête et de se retrouver face à face à un élément imprévu ! Pour vous donner une équivalence, c’est comme lorsque vous passez au McDrive, vous commencez un triple cheese, et qu’une fois que vous avez récupéré le paquet et fait dix bornes, et que vous avez une soudaine envie de tirer une frite, vous réalisez qu’ils ont mis des nuggets à la place ! Bref, une surprise inattendue, puis contrariante, dont on finit enfin par sourire. Toute une histoire, pas vrai ?

En tout cas, alors que les deux hommes progressent et suivent le léger dénivelé qui les plonge plus profondément dans les ruelles sombres des bas quartiers, Hiyori se trouve en face à face à l’un des plus grands mystères de la nature. Rapidement, le duo devient une attraction muette, que les gens alentour observent avec stupeur et crainte. Il faut l’avouer : un homme à deux têtes, ca en jette ! Et ca fait froid dans le dos ! Le Jisetsu ne s’en perturbe pas ; ou tout du moins essaye de ne pas le montrer. Cela reste un spectacle assez unique, et l’homme sait bien que le Monde de l’Ombre regorge d’étrangetés de la nature et de bizarreries en tout genre. Il n’y a d’ailleurs pas besoin d’être Ninja pour être bizarre !

Les propos du nouvel intervenant sont plus ouverts, plus légers, que le précédent. Ce n’est pas qu’un changement d’opinion ; c’est un véritable changement de nature. Le « personnage » - évitons de dire la « chose » pour ne pas le frustrer – se présente, se détend, élabore son opinion et interroge. Il est bien plus curieux et extraverti que son alter ego ! Mais cela ne rend la situation que plus troublante. Peut-on faire confiance à un homme capable d’afficher une telle poker-face ? Mieux vaut ne pas jouer ça à pile ou face. On pourrait en prendre mal à la tête.

Finalement, comme dit précédemment, le Balafré ne peut s’empêcher de sourire.

» Une sacrée différence dans les personnalités ! Mais je m’adapte, pas de soucis !

Les propos et interrogations de cette seconde personnalité sur la restructuration des anciennes terres impériales et le rôle du Tsuchikage montrent que lui n’a pas de problème particulier à discuter de ce genre de chose. Pour Hiyori, ce pourrait être du pain béni, mais il préfère ne pas oublier qu’il a bel et bien affaire à deux personnes bien distinctes – même dans un même corps.
Cela n’enlève rien au sujet de la discussion. Les méthodes de l’Empereur ? Une place au sein d’Iwa ? Il est vrai qu’en cette heure silencieuse, tout est compliqué à bien définir et délimiter.

» Certains diront que tout n’est qu’une histoire de perspective et d’opinion personnelle. Je fonde la mienne sur ma propre histoire. J’ai combattu près de dix ans aux côtés de l’Empereur, en l’accompagnant sur les champs de bataille, y compris son dernier ! Ces cicatrices que j’ai et qui me défigurent, je ne les échangerais pour rien au monde. Beaucoup ont vu son action comme celles d’un tyran voulant imposer sa loi par la violence et la force des armes. Mais c’en est oublier qu’avant, il n’y avait rien. Il n’y avait que le Chaos laissé par les Monstres Anciens et les rivalités locales et régionales, saignant tout le monde sans distinction. Par sa violence, l’Empereur-Dieu a apporté la paix sous une nouvelle forme sur plus de la moitié du monde … .

C’est un commentaire extrêmement osé, même face à un novice. Ce n’est pas que le fait de le dire en public, ou de se confier ainsi à quelqu’un qu’il ne connaît pas. Mais Hiyori saisit très bien l’identité de celui qui tient les rennes du pouvoir aujourd’hui. Et tout comme il fut chasseur auparavant, il reste toujours un chasseur aujourd’hui. Mais le traître a changé de camp … .

» Le Tsuchikage est aujourd’hui tiraillé entre son passé et ses responsabilités présentes. S’il ne parvient pas à définir sa politique, c’est parce qu’il a trop longtemps marché dans celle de l’Empereur pour se retourner contre lui au moment opportun. Mais saisir une occasion ne signifie pas toujours gagner tous les lauriers … .

Le Tsuchikage reste un homme représentant de son passé, ainsi que de sa caste. Il appartient à l’un des Clans les plus ambitieux et les plus présomptueux qui soient ! Il faut dire que les Jisetsu sont pas mal côtés dans ce même classement … . Raison pour laquelle le Balafré ne s’y sent pas vraiment chez lui.
Il marque une pause, joue avec une plume attachée au col de son long manteau noir, et finit par se retourner vers le bicéphale.

» Si tu as du mal à prendre racine, n’hésite pas à venir me voir. Nous pourrons toujours boire un coup, ou planifier une mission. Cela permettra peut-être de mieux comprendre ce que recherchent nos supérieurs et nous faire une place dans ce monde nouveau et étrange… .

Le tout est dit avec le sourire. Mais l’esprit du Jisetsu est déjà sur une autre longueur d’onde. En vérité, il sait déjà de quoi ce monde a besoin pour retrouver la lumière. Ou plutôt ce dont il avait besoin. Il sera dur de revenir en arrière ; mais tout n’est pas joué … .

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Message(#) Sujet: Re: Farouche [PV][Jisetsu Hiyori] Lun 4 Sep 2017 - 11:16

    Deux têtes mais qu'une seule pensante.

    L'invitation est ainsi donnée. Hei mesure ô combien les propos de Hiyori peuvent être compromettants pour ce dernier, car il n'hésite pas à afficher un pro-impérialisme régulièrement considéré comme profane au sein du village. Force est de supposer que si le Jisetsu (dont il ne connaît pas l'origine au demeurant) peut se permettre des promenades banales dans les rues de la Citadelle, c'est qu'il s'est arrogé ce droit. De quelle manière ? Cela échappe au deuxième frère Jinmenju mais il ne se formalise pas sur ce détail. Le Tsuchikage a probablement ses raisons pour garder un tel homme derrière ces remparts ; un lien qui, pour une raison ou une autre, lui permet visiblement d'avoir confiance à l'égard de l'ancien dévot du Kamui.

    Au fil du discours récité par Hiyori, les méninges de Ryö (le premier frère) sont encore tricotées par les doigts de son frère. Il procède à une sorte de lobotomie dont il ne cache pas l'utilité, s'efforçant de paralyser le système mnésique de son cohabitant, neutralisant pour ainsi dire sa capacité à analyser les arguments soumis par l'homme à la cape de plumes et poils. Il y a fort à parier que le premier rouquin se serait déjà jeté sur le Balafré s'il avait les pleines mesures de sa conscience, et que ce faisant, il aurait hypothétiquement condamné l'entité bicéphale que forment les deux siamois à une mort foudroyante. Mais Hei est beaucoup plus fin.

    Deux têtes mais qu'une seule pensante.

    L'apologie de feu l'Empereur, loué par son ancien fidèle, précède la remise en question du Tsuchikage au pouvoir. Le tout est amené avec une certaine subtilité, comme si Hiyori dessinait un portrait croisé, accusant d'un coup de pinceau la fragilité de la position de l'actuel dirigeant, qu'il juge terriblement chancelante, voire inappropriée. Est-ce pour autant la vérité ? Hei se figure que depuis ces dernières années, la politique menée par le Samui se trouve autoritaire mais pas moins pertinente pour autant. Souffrira-t-il un jour, lui aussi, de la folie des grandeurs ? A l'instar du Kamui, il y a fort à parier que la place sur le trône attire la convoitise et de multiples possibilités de complots, de trahisons, de révoltes. Mais n'est-ce pas là le prix du pouvoir ?

    Ryö semble devenir de plus en plus suspicieux, car il jette des regards intrigués autour de lui et se montre même distant de son frère, qui mesure que la paralysie mnésique ne peut être maintenue beaucoup plus longtemps. Aussi est-il de mise de clore le débat, ce que Hiyori vient de soumettre avec l'allégorie de la racine.


      "Je suis honoré par votre invitation, cher confrère. Nous aurons certainement l'occasion d'en rediscuter à l'angle d'un comptoir, mais nous tâcherons de ne pas être embarrassés, ce jour-là, de mon autre moi. En l'attente de ce prochain échange, je tâcherai de récolter plus de renseignements sur les dessous de la scène politique actuelle. Tous les Jinmenju savent que l'information est la meilleure des armes, surtout si ces dernières se camouflent. Mais heureusement pour nous, nous avons du flair pour dénicher tout ce qui se camoufle."



    Il lance alors un regard rusé au Jisetsu. Le clan dont est issu Ryöhei n'a jamais masqué son attachement pour les secrets et les informations souterraines, et comme tout Jinmenju qui se respecte, le rouquin ne déroge pas à la règle de cette fascination pour les mystères. Le plus sage des deux frères, en l'occurrence, jubile déjà à l'idée d'étudier de plus près cette campagne douteuse, et des dénicher les perles rares d'une politique moins prestigieuse qu'on le prétend, comme peut en témoigner l'ancien serviteur du Kamui.

    Il s'arrête soudainement, mettant un terme à la promenade des deux esprits émancipés, puis il tourne sa tête irrégulière vers son interlocuteur.


      "C'est donc ici que nos chemins se séparent, du moins pour l'instant. Je dois retourner à ma besogne, si cela ne vous offusque pas. Ce fut une charmante conversation. Au plaisir de vous revoir, camarade."



    Puis il tourna les talons et fit le chemin inverse, la tête pleine de doutes.

    Ou du moins, les têtes. Les têtes pleines de doutes.

    Deux têtes et les deux pensantes.
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Message(#) Sujet: Re: Farouche [PV][Jisetsu Hiyori] Dim 24 Sep 2017 - 20:42


Tout au long de leur promenade, les deux hommes échangent sur la situation politique, le passé et le présent. Hiyori sait que l’interroger sur ses propres opinions sont dangereuses. Mais il ne tient pas à se cacher. Il sait déjà qu’il n’est pas apprécié par les hautes sphères. En fait, les choses ne pouvaient pas possiblement être plus mauvaises. Après tout, les deux hommes se sont affrontés en face à face lors du retournement de Tsuchi contre l’Empire ! Et à la mort de l’Empereur, le Balafré s’est résolu à intégrer les rangs d’Iwa pour y retrouver le souvenir de son idôle défunte. Inutile de se cacher quand on est le seul moucheron dans une toile pleine d’araignées.

En se rapprochant de son point d’arrivée, le Jisetsu espère avoir donné une vision à la fois globale et personnelle de la situation. Il est intéressant pour lui d’observer les réactions de son interlocuteur. Son but n’est sans doute pas de se trouver un nouveau compagnon, encore moins de créer une révolte. Mais il veut savoir quel est le degré de liberté de pensée dans cette nouvelle autorité Ninja. Il sait déjà qu’il ne trouvera pas beaucoup d’alliés dans un premier temps. Et on élimine facilement un homme prisonnier ; mais si une communauté, une opinion plus grande, peut renaître peu à peu, les choses sont à même de pouvoir changer.

Le Jinmenju fait une diatribe sur l’aspect crucial de la course aux informations. Est-ce le témoignage d’un intérêt particulier ? La volonté de profiter d’une situation unique ? Ou une menace à peine voilée ? En ce qui le concerne, Hiyori n’est pas un cachotier, et n’a pas grand-chose à cacher. Pour l’instant peut-être. Mais savoir qu’un homme tel que lui veut se verser dans l’information peut s’avérer intéressant, voire pratique à l’avenir. Il gardera un intérêt tout particulier pour ce jeune homme, aux doutes naissants et aux grandes ambitions.

Finalement, sur cette dernière note, le rouquin se décide à tourner les talons et aller à sa besogne. Une réaction bien étrange ! mais il a certainement mieux à faire, ou a plutôt pris une décision. Sans en informer son interlocuteur ; c’est un choix. Avec un haussement d’épaule et un sourire, le Balafré tourne les talons et continue à s’enfoncer dans les bas quartiers. Après moins de trois minutes à pied – ils étaient vraiment très proches de la destination planifiée ! – le gaillard s’arrête devant une échoppe de bonbons et farces et attrapes.

» Tu es là, Gama-oji ?
» Hoooo, Hiyori, ca fait une paye !



» T’es venu me payer une bière, pas vrai ?
» A vrai dire, je voulais t’amener un jeunot pour l’aider dans sa mission de surveillance sur le quartier. Mais ca n’a pas l’air de l’avoir tenté en fin de compte … .
» Bah ! Ya pas beaucoup de Ninjas qui s’aventurent ici à part toi ! On est bien trop dangereux pour vous, gnihihi !
» Tu m’étonnes ! T’as des infos pour moi, grand-père ?
» Si ce n’est que la route pour le Pays de l’Herbe est moins sûre d’avant, pas vraiment. Les frontières du pays sont plutôt calmes … . Mais je te tiens au jus dès que j’en sais plus, comme toujours, pas vrai ?
» Je te remercie, l’ancien. Tiens, je te prends trois sucettes et un paquet de ‘becs !
» Ca roule, mon gars ! Et ton jeunot, il reviendra ?
» Je pense, oui ... . On se reverra de toute façon ... .


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Farouche [PV][Jisetsu Hiyori]

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