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 De l'Ombre à la Lumière [Kioshi]

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Suna
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Message(#) Sujet: De l'Ombre à la Lumière [Kioshi] Mer 23 Aoû 2017 - 23:31


Assise confortablement sur une chaise matelassée, je sirotais mon thé, observant le soleil à son zénith frappant fort de ses rayons la terrasse privative de mon bureau. Ce n'était pas le meilleur moment de la journée pour s'affairer au travail que j'avais pourtant commencé depuis plusieurs heures déjà, m'octroyant cette interlude sous l'abri d'une grande ombrelle fixée au sol.

Mais le soleil n'était pas mon ennemi. Pas aujourd'hui. Pas alors que j'avais convié un membre du clan Yamada a venir me retrouver ici. Il fallait dire que cela faisait un moment que je n'avais pas pu lui parler dans un cadre autre que nos obligations respectives.

Je n'eus même pas besoin de me retourner pour savoir qu'il était arrivé : le bruit de ses pieds nus si caractéristique le trahissant pour moi.

« Assieds toi. »

Mon ton n'avait rien de réprobateur, il laissait au contraire deviner le léger sourire qui l'accompagnait, tandis que je lui désignai de la main un coussin confortable posé à même le sol à côté des autres sièges. Non pas que je voulais l'obliger à s'asseoir là dessus mais c'était ce qu'il préférait et puisque je n'éprouvais pas la moindre réticence a observer quelqu'un de haut...

« Sers toi. »

Poursuivai-je en lui désignant le plateau garnis de fruits et de rafraîchissement.
Nos « retrouvailles » pouvaient sembler assez protocolaires mais ce n'était pas comme si nous étions sans passifs. L'histoire même de nos clans expliquait à elle seule cette distance réfractaire.

Mes yeux écarlates finirent par rencontrés les siens, si particuliers et emplis d'une certaine mysticités. Son simple nom de Yamada faisait de lui une cible convoitée pour ses fameuses pupilles orangées.

« La température est vraiment plus agréable lorsque tu es dans les parages... »

Esquissant un sourire franc, je laissais planer cette déclaration un instant, restant la seule à savoir dans quelle mesure j'employais ces mots malgré ce que cela pouvait laisser suggérer.

« Tu es en retard. Je commençais a brûler sous ce soleil. »

Une belle façon de lui demander de rendre la température plus clémente autour de nous.
Sirotant une nouvelle gorgée de mon thé, j'observai l'horizon en poursuivant :

« Regardes toi. Puissant mais pieds nus. Il n'y a que les senseurs qui en viendraient à déceler ton potentiel contrastant avec tes lubies. Un camouflage parfait, bravo. »

Un brin cynique, je reportai mon attention sur lui, posant ma tasse sur sa coupelle disposée sur la table basse.

« Que diraient les tiens s'ils te savaient ici ? A discuter avec une Ketsueki dans un cadre moins formel ? »

J'avais beau être celle mettant fin aux archives de sang de mes ancêtres et donc celle libérant les Yamada de leurs chaînes, ils savaient pertinemment que je ne m'y étais résolue que pour obtenir leur soutien au vote de nouveau Seigneur. Et quand bien même j'aurais agi dans un acte altruiste, cela n'effaçait en rien le passif de nos clans.

« Le savent-ils ? Que tu m'as appris la médecine alors même que les archives de sang étaient encore effectives ? »

J'esquissai un sourire mêlant curiosité amusée et incompréhension.

« Le contexte de l'époque ne s'y prêtait pas mais aujourd'hui je te le demande : pourquoi l'as-tu fait ? »

J'étais certaine qu'il m'expliquerait une philosophie qui me dépasserait complètement. Quelque chose mêlant l'envie d'apprendre à tous de sauver des vies et de prôner la paix. D'apporter chaleur et réconfort sur ce monde et toutes les niaiseries de ce genre. Mais je voulais l'entendre le dire.
Pour savoir si mon nom était quelque chose qui importait peu à certains. Pour savoir si cela existait encore...




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Suna
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Message(#) Sujet: Re: De l'Ombre à la Lumière [Kioshi] Jeu 24 Aoû 2017 - 2:31

    Ketsueki Yami m’avait fait demander. J’ignorais si c’était dans le cadre de sa Seigneurie ou en vertu de notre lien passé. Avions-nous continué de nous voir ? Ou était-ce la première fois depuis la guerre contre l’Empire ? Probablement pas. Pas avec quatre années passées tous deux à Suna. Mais dans quel cadre nous sommes nous déjà vus ? Les souvenirs ne sont pas bien clairs. Peut-être parce qu’ils n’ont pas été définis ? Pourtant, il me semble apercevoir une bague parfois. Lorsque je ferme et rouvre les yeux très vite. Un piano aussi, de temps en temps, et une ruelle de Suna, rarement. Une lame et un cœur. Un profond désespoir et de grandes émotions. Mais était-ce mon passé, ou celui d’un autre ?

    C’était donc avec toutes ces incertitudes que je pénétrais dans le palais Seigneurial. Pieds nus, comme à mon habitude. Le bandeau de Suna par-dessus mon bandeau familial qu’elle connut, mais aucun sabre cinglant mes hanches. Lors de la guerre, j’en avais deux. Mais dans l’enceinte de Suna, je ne portais aucune arme sur moi. De manière symbolique, c’était pour éviter de penser que mon métier consistait à tuer. Bien que je pouvais très bien faire couler le sang dans Suna même, si c’était nécessaire…

    J’arrivais dans l’encadrement de la porte menant à sa terrasse qu’elle m’indiqua de m’asseoir.

    « Seigneure Ketsueki… »

    J’ignorais si je devais me montrer protocolaire ou amical, toujours à cause de ce manque d’éclaircissement ou de ce flou passé. Auparavant, lors de la guerre, je la prenais dans mes bras pour la saluer. Comme la coutume des Yamada le voulait, lorsque nous avions une relation de maître à élève. Avions-nous plus que ça ? En tout cas elle n’appréciait pas grandement cette proximité, trop fière qu’elle était, mais comme il s’agissait d’une condition nécessaire à ce que je lui enseigne la médecine…

    Cependant, malgré ses propos très courts et directifs, elle se souvenait très bien de moi. Alors qu’elle était sur une chaise, elle me désignait un coussin posé à même le sol. Et sa boutade qui s’ensuivit, concernant la température, me rappela l’ancienne Yami que j’avais connu sur le champ de bataille et que j’avais appris à connaître au cours du long apprentissage. Je me détendis un peu plus, formant un signe pour que mes iris prennent la forme du soleil avant que la température ne devienne confortable sur l’ensemble de la terrasse. Le plus grand avantage à être un Yamada : on ne pouvait qu’être apprécié des autres au sein du désert.

    « Tu aurais pu m’appeler plus tôt, ou plus souvent. Je m’en voudrais que ta peau subisse les vices du soleil… »

    Le tutoiement également ? Elle devait connaître suffisamment les Yamada pour en avoir l’habitude. Et me connaître aussi. Par la même occasion, cela me permettait de savoir si elle était le genre de personne à accepter ça ou à rappeler son titre. Je pris une pomme du plateau que je mordis à pleine dent tout en écoutant Yami se moquer de mes pieds nus.

    « Et je suppose que plus la longueur de tes talons augmente, plus tu es puissante ? Le sol doit te sembler brûlant, c’est peut-être pour ça que tu ne profites pas des délicates caresses du sable fin. Dois-je te les retirer, que tu profites de ma présence pour saisir la liberté offerte par tes pieds lorsque tu ne les emprisonnes pas entre quatre murs ? »

    Je mordis une nouvelle fois dans la pomme pour dissimuler mon sourire tout en regardant le paysage accessible depuis sa fameuse terrasse. Elle en avait bien de la chance.

    « Ce que les miens diraient ? Probablement que j’ai de la chance de pouvoir profiter de la vue… »

    Esquissant un sourire franc, je laissais planer cette déclaration un instant, restant le seul à savoir dans quelle mesure j'employais ces mots malgré ce que cela pouvait laisser suggérer. Pensais-je à elle ou à l’horizon ?

    « S’ils sont au courant ? Mon frère l’est en tout cas. Tu te souviens sans doute de Tetsui je suppose ? J’ai préféré le taire à ma mère, mais j’ignore pour les autres. »

    Peut-être était-ce la raison de la première boutade ? Parce que je ne désirais pas trop y penser.

    « Serais-tu en train de t’inquiéter pour moi, ou essaies-tu de me chasser après m’avoir invité ? »

    J’arrêtais de mâchouiller ma pomme pour reporter mon attention sur Yami. Pourquoi lui avoir appris la médecine ?

    « Faut-il obligatoirement une raison à toutes nos décisions ? Tu avais montré le désir d’apprendre à soigner des vies alors que nous étions en pleine guerre. J’étais las. Las de voir tout ce sang, notre désert se colorait de rouge et ces corps s’entasser. Las de savoir sauver des vies et pourtant de continuer à les faucher.
    Je suis un Yamada, censé rapporter le réconfort solaire sur terre, apporter la paix… Et tu étais là, à me rappeler qu’il existe bien des façons de réchauffer les gens. Que mes yeux ne sont pas la seule solution. Que nos mains peuvent soigner, pas que tuer. Qu’une simple caresse peut suffire à donner le sourire…
    Te rappelles-tu ton premier patient ? Ainsi que ton test final ? »


    J’arborais comme un sourire mélancolique en regardant la demoiselle. C’était une autre époque. Suna n’existait pas encore et l’Empereur foulait ces terres.

    « Regretterais-tu ma décision ? Il me semble pourtant que tu étais une élève appliquée… Alors, tandis que je crois voir une cicatrice filant sous ta clavicule gauche, je ne peux que m’interroger : tu devrais avoir les moyens d’effacer cette marque, et je ne me souviens pas de cette blessure… Pourquoi la gardes-tu ? »
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Message(#) Sujet: Re: De l'Ombre à la Lumière [Kioshi] Mer 30 Aoû 2017 - 11:57


Ses répliques me firent esquisser un sourire. Finalement, malgré les affres de la guerre et sa trace indélébile, il n'avait pas changé.

Une fois sa pupille en forme d'astre diurne active, la température se montra soudainement plus clémente, laissant mon regard profiter du panorama sans son inconvénient.

« Mes pieds ne profitent du sable qu'au crépuscule. Lorsque la morsure du soleil n'est plus et que ce contact ressemble davantage à une caresse qu'a une brûlure de charbons ardents. »

Il renchérit une nouvelle fois en parole alambiquée, cette fois ci à travers une probable flatterie.

« Bien sûr que je me souviens de Tetsui... »

Glissai-je avant de croquer à mon tour dans une pomme non sans un regard teinté d'intérêt. Plaisanterie ou véracité ? Il semblerait que nous aimions nous adonner à ce petit jeu.

Le Yamada s'interrogeait sur la nature de mes propos : avais-je dans l'intention de le chasser après l'avoir fait moi même demandé ou bien m'inquiétais-je pour lui et ce que son clan pouvait penser de son apprentissage de préceptes médicaux à la famille qu'ils détestaient probablement le plus en tout Kaze ?

« Aucun des deux. Je suis juste curieuse. »

Je n'allais tout de même pas me tracasser ou pire me repentir, rongée par le remord pour quelque chose à laquelle il avait de lui même consenti. Quand bien même il semblait penser qu'il me l'avait transmis pour ma volonté à vouloir sauver des vies sur le champ de bataille...
Désolé Kioshi, mes intentions ne sont pas aussi louables et altruistes que tu le penses. Si je peux mettre mes connaissances en médecine au service des autres alors soit mais la raison première est bien évidemment de garantir ma propre vie.

Son discours était propre à lui même : ressassant inlassablement son désir de protéger et de voir le bonheur de tous. Même des gens qu'il ne connaissait ni d'Eve ni d'Adam...
C'était à la fois fascinant et déroutant de constater cette façon de pensée bien différente de la mienne. Le constat, une fois de plus, de nos éducations divergentes qui témoignaient que si les Yamada voyaient en chaque être un égal dont ils devaient prendre soin, les Ketsueki eux regardaient le monde d'en haut, observant leurs sujets avec attention pour garantir leur position.
Les altruistes et les meneurs : voilà comment nos clans pourraient être définis simplement. Une opposition parfois irritante au détour d'une conversation.

« Mon premier patient ? … Humm... il me semble bien que c'était toi. Tu t'étais volontairement fait du mal pour débuter mon enseignement, jugeant qu'avec tes propres capacités en médecine, il te serait possible de rattraper mes erreurs sur toi même plutôt que de les infliger à un véritable convalescent. »

A vrai dire, ce souvenir était assez flou mais cela lui ressemblait bien.

« Pourquoi me demandes-tu cela ? Es-tu nostalgique d'une époque régit par la guerre ? Cela me surprendrait bien. Je ne regrette pas cet apprentissage. Aucunement. J'étais simplement curieuse de connaître tes motivations malgré le passif de nos clans. »

Il aborda finalement la question de ma cicatrice, celle traversant ma poitrine que j'aurais effectivement pu effacer.

« Je la gardes pour le symbole qu'elle représente. C'est une fierté de la porter. N'essaies pas de comprendre, tu n'y aparviendrais pas. »

Justement parce que notre vision du monde différait.

« T'es-tu spécialisé dans un domaine en médecine ? Je m'adonne personnellement à la phytothérapie. Les connaissances des propriétés des plantes sont utiles et certaines cachent bien leur jeu... »

Comme l'Aconitum. Cette plante très jolie sous son éclat de parme aussi appelée la Reine des poisons ou le casque du Diable...

Croquant une nouvelle fois dans ma pomme, mon regard se baissa un instant sous la réflexion avant de me redresser sur ma chaise, le posant finalement sur mon invité avec une certaine gravité.

« Ton cœur est pur Kioshi mais tes intentions sont dangereuses. Poussé par tes convictions de paix, guidé par tes sentiments que tu sembles suivre aveuglément... Je t'ai bien observé et j'estime que je te connais. C'est pourquoi j'ai besoin que tu répondes à ma question en toute franchise : serais-tu capable d'outrepasser un ordre sous prétexte que tes croyances et sentiments te poussent ailleurs ? »

Le poids de mon regard soulignait l'importance déterminante de sa réponse. Pourtant, je ne souhaitais pas le voir formuler ce que je voulais entendre mais bien la vérité.
Sa vérité.



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Message(#) Sujet: Re: De l'Ombre à la Lumière [Kioshi] Mer 30 Aoû 2017 - 23:48


    Juste curieuse ? Curieuse de savoir s’il existait encore un Yamada pouvant supporter la présence d’une Ketsueki ? Hélas, la méfiance perdurera longtemps entre les deux clans. Nous avons subi bien des pertes par leur faute, pour leur chantage. Mon père en faisait parti… Et bien que Yami ait détruit les archives de sang, la majorité des Yamada pense qu’il ne s’agissait que d’une décision politique pour parvenir au pouvoir, en aucun cas un acte altruiste. Sans ça, nous serions encore les esclaves des Ketsueki…

    Et moi, que pensais-je de tout ça ?

    « Nostalgique d’une époque régie par la guerre ? Non. Je voulais juste savoir si tu te souvenais de notre rencontre, de nos leçons, de celle que tu étais… Je m’inquiète. Pour toi, pour moi, pour nous… L’histoire a démontré plus d’une fois que les hommes changent lorsqu’ils accèdent au pouvoir. Leur ambition accomplie, celle-ci change pour une autre, et leur comportement avec.
    Nostalgique ? Je le serais le jour où tu te perdras et que tu oublieras qui tu étais lorsque le pouvoir ne pesait pas sur tes épaules. Quand tu n’étais qu’une soldat combattant à mes côtés. Quand tu étais avec moi, et non seule tout là-haut, au sommet d’une pyramide où tu ne pourras connaître que la solitude. Quand tu nous considéreras comme des pions et plus comme des personnes. »


    Elle voulait la vérité ? Je n’étais pas réputé pour la dissimuler. Pas lorsqu’il s’agissait de mes sentiments en tout cas, et notamment mes appréhensions. Le regard à l’horizon, dans le vague, je répondais à sa question sur la médecine.

    « Je m’étais spécialisé dans le structurel : la chirurgie. Le plus utile en temps de guerre. Lorsqu’on efface une blessure, une cicatrice, la marque laissée sur l’esprit se panse bien souvent avec. Mieux que si l’on passe chaque jour à voir la trace de notre erreur, d’un faux pas. Mais je n’insisterais pas, vu que je ne comprendrais pas. Dis-moi juste alors : la personne qui te l’a infligée en a payé le prix j’espère ? »

    Ou courait-il encore dans la nature, impuni après avoir blessé mortellement mon ancienne apprentie ?

    « Mais je me suis penché sur l’autre facette de la médecine depuis quelques temps : les poisons… »

    Je tournais lentement la tête vers Yami, soutenant son regard et sa dernière question.

    « Est-ce que je parle à mon ancienne apprentie ou à mon Seigneure ? »

    Mes intentions seraient dangereuses ? Soit. Nous n’étions pas du même milieu, et je ne m’attendais pas à ce qu’elle me comprenne, comme je ne pouvais la comprendre. Allait-elle m’éliminer pour le danger que je représentais ? Etait-ce là l’objet de son invitation ? J’étais désarmé, mais je ne pouvais croire qu’elle irait jusqu’à me vouloir du mal. Alors je ne pris même pas la peine de regarder autour de moi pour vérifier si des gardes attendaient son signal.

    De la poche intérieure de mon haut, je sortis une fiole contenant une liqueur violacée. Je retirai le bouchon et en bus la moitié sans hésitation. J’attendis alors quelques secondes avant de répondre.

    « Le jour… Ce jour où tu te perdras et que tu oublieras qui tu étais, ce jour-là je cesserais de te suivre. Si tu me demandes mon sang, je n’en ai cure. Mais si tu demandes le sang des Yamada, je ferais front. Si tu m’ordonnes de sacrifier mon frère pour n’importe quelle raison, je te ferais obstacle.
    Mais aussi longtemps que tu demeures l’apprentie que j’ai connue, je serais à tes côtés. »


    Etait-ce la réponse qu’elle attendait ? En tout cas, c’était ma réponse. Ma vérité.

    « Cette potion m’oblige à dire la vérité sous peine de ressentir une violente migraine. Que vas-tu faire à présent ? Comptes-tu m’éliminer ? Mais avant, acceptes-tu de boire l’autre moitié ? J’ai moi aussi une question à te poser. Et je m’excuse de suite, le goût est exécrable. Sans doute saurais-tu me dire quelle plante ajouter pour y remédier… A condition que tu veuilles bien y tremper tes lèvres. »

    Oserait-elle en boire ? De toute façon, si elle comptait m’éliminer, elle n’avait rien à perdre. Et elle savait probablement s’en soigner, si elle avait suivi un tant soit peu mes leçons. Quant à la question :

    « Pourquoi avoir détruit les archives de sang ? Et que représentent les Yamada à tes yeux ? »

    J’avais besoin de savoir. Savoir qui tu étais à présent.
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Message(#) Sujet: Re: De l'Ombre à la Lumière [Kioshi] Lun 4 Sep 2017 - 23:36



J'écoutais son discours attentive avant d'arquer un sourcil.

« Pour nous ? … »

L'interrompis-je.

« J'espère que tu évoques là les Kazejins avec lesquels tu t'inclus ? »

Parce qu'un « nous » tel que je l'avais interprété n'avait jamais existé.

Il parlait de changement.
De celui d'un idéal que j'avais pu avoir jadis désormais modifié par ma place au sommet de la pyramide du désert.
De celui de mon comportement qu'il craignait voir évoluer vers d'autres horizons, s'il ne le pensait pas déjà effectif.
Un raisonnement somme tout étrange mais sans doute propre à la réflexion des Yamada, soucieux du bonheur général, qui soulevait en revanche mon incompréhension.

« A quel moment as-tu commencé à croire que tu me connaissais, Kioshi ? »

Je me relevai, ôtant mes bottines pour fouler de mes pieds nus les dalles immaculées de la terrasse, puis lui tournai le dos, avançant jusqu'à la rembarre pour observer la vue depuis les hauteurs impressionnantes du Palais.

« Mon jugement, tout comme mon objectif, ont toujours été les mêmes. Ce n'est pas le pouvoir qui m'a façonné mais mon éducation. »

Les Ketsueki étaient des conquérants dans l'âme, la manipulation du sang leur octroyant le pouvoir de vie ou de mort sur quiconque foulait ces terres.

Ma tête tourna pour chercher son regard.

« Le cadeau de celui qui m'a fait « ça » était le prix a payer pour lui. »

Observant son air perdu je renchéris :

« Je t'avais bien dit que tu ne pourrais pas comprendre. »

Mais bien vite dans la discussion, ce fut à mon tour d'arborer une expression témoignant de mon incompréhension. La question que je lui avais posé, lui demandant d'y répondre en toute sincérité... voulait-il me formuler une réponse en fonction de la casquette que je choisissais de revêtir devant lui ? …

« Quelle différence ? Comptes-tu te montrer plus honnête avec l'une plutôt qu'avec l'autre ? »

L'agacement était notable dans mon ton.
Mais voilà qu'il avalait la moitié d'une fiole contenant un liquide violacée juste sous mes yeux. A quoi jouait-il encore ? Voulait-il refaire comme à l'époque de mon apprentissage ? S'empoissonner pour m'obliger à le soigner et ainsi vérifier mes capacités en médecine ou bien son enseignement ? … Les discussions prenaient toujours un tournant imprévisible avec lui : ce même aspect que je soulignais justement en évoquant la dangerosité qu'il pouvait représenter.

« Tu clames donc m'être loyal tant que je ne m'égare pas ni ne fais couler le sang des tiens. C'est intéressant... Toutefois, ma demande ne concerne pas ta loyauté en fonction de mes actes mais de tes sentiments. »

Faisant volte face, je vins me rasseoir à ma place initiale, sur le fauteuil, sans le lâcher du regard.

« Imaginons que ton frère ait un jour des soucis dans Kaze ou ailleurs, qui l'empêche de rentrer dans l'immédiat. Si j'envoyais une escouade pour aller le chercher, à laquelle tu ne serais pas conviée, me désobéirais-tu pour aller le rejoindre malgré tout ? »

Le liquide qu'il avait ingurgité le forçait soit disant à ne dire que la vérité mais je n'en demandais toutefois pas tant : sa seule parole m'aurait suffit à y voir plus clair.

Ignorant complètement sa sollicitude pour y tremper mes lèvres à mon tour, je répondis à sa propre question en toute franchise, sans artifice.

« J'ai détruit les archives de sang parce que cela constituait notre accord. J'ai rempli ma part d'engagement et vous la vôtre. »

Que penserait-il de ma sincérité ?

« Pourquoi sembles-tu accorder de l'importance à cela alors que lors de ton enseignement de médecine au sein de la Résistance les Yamada y étaient déjà soumis ?! Cela ne t'avais visiblement pas dérangé à l'époque de me faire part malgré tout de tes connaissances. »

Alors qu'est-ce que cela changeait ?

« Quant à ce que représentent les Yamada à mes yeux... Vous êtes un clan puissant indéniablement indispensable à Suna et plus largement Kaze. Vos pupilles suscitent l'intérêt, c'est pourquoi je préfère vous garder entre les murs de la capitale, sous sa sécurité et sa protection. Les Yamada sont de bons éléments, un clan pilier de Kaze, mais votre altruisme vous perdra probablement un jour. »

Observant sa réaction un instant, je repris rapidement :

« Mais si tu me demandes un avis plus personnel, je te dirais que je n'éprouve pas la moindre animosité envers les tiens et que l'on ne peut pas vous retirer votre sympathie. »

Un sourire naquît sur mes lèvres, rapidement dissimulé par la tasse de thé que je portai à ma bouche.




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Message(#) Sujet: Re: De l'Ombre à la Lumière [Kioshi] Mar 5 Sep 2017 - 2:20


    Mon nous concernait plutôt ma famille, voire les Yamada, que les Kazejins. Mais je n’appréciais guère le ton que prit la discussion par la suite. Yami sous-entendait que je ne la connaissais pas. Peut-être. Mais j’avais bel et bien connu une demoiselle qui écoutait attentivement chacune de mes leçons sur la médecine alors que nous étions en temps de guerre. Pourquoi se donner tant de mal pour apprendre à soigner plutôt qu’à tuer alors que la situation se prêtait davantage à l’assassinat ?

    Finalement, était-ce moi qui la connaissais mal, ou elle-même qui se méprenait ? Mais il y avait bien des choses énigmatiques à son sujet. Comme son discours sur sa cicatrice. A moins qu’elle ne faisait exprès pour que je ne comprenne ?

    « La différence ? »

    Si je parlais à Yami ou à la Seigneur ? Ne la voyait-elle pas ? Après tout ce que j’avais dit auparavant ?

    « Dans les deux cas, ma réponse aura été la même. Mais dans le premier, je parle en toute confiance avec une connaissance… Une amie ? Dans l’autre, je ne fais qu’obéir à un ordre. »

    Qu’avais-je dit ? Que je m’inquiétais que le pouvoir ne lui monte à la tête ? N’était-ce pas là la problématique que j’avais formulée plus tôt ? Mais le verdict allait tomber. Yami comptait-elle m’exécuter ? Il semblerait que j’avais mal saisi sa question. Ma loyauté en fonction de mes sentiments et non de ses actes ? Je lui adressais alors un sourire taquin :

    « Pourtant tes actes peuvent guider les sentiments… »

    La Ketsueki revint à sa position initiale. Serait-ce la provocation de trop ? Non, elle précisa simplement sa question. Une question qui me rappelait des souvenirs troubles, d’un lointain passé ou d’une époque parallèle. N’était-elle pas elle-même partie sauver Oniri alors que son Kage le lui avait formellement interdit ? Mais il s’agissait d’une autre histoire. Une histoire oubliée à présent.

    « Si la vie de mon frère est en jeu, il aura toujours la priorité sur le reste. Même sur ma propre vie… Alors oui, à moins que tu ne puisses me fournir la certitude de sa survie, chose que tu ne pourras jamais faire, j’irais le sauver quelques soit tes ordres. »

    Avec ou sans potion, ceci aura été ma réponse. Je basculais en arrière sur le coussin, observant le ciel sans prêter la moindre attention à Yami. Elle avait beau dire que je ne la connaissais pas : elle ne me tuerait pas d’un poignard dans le dos sans me l’annoncer auparavant. J’avais beau ne pas comprendre sa manière d’agir, ni elle la mienne, il y avait des points sur lesquels nous étions similaires, bien que rares. Nous avions tous deux une certaine droiture, bien qu’elle diffère en bien des aspects. Mais peut-être pouvais-je profiter de ce moment pour mieux la comprendre ? Ou elle pour remarquer nos maigres similitudes ?

    « Toi, n’as-tu donc personne pour qui tu irais jusqu’à risquer ta vie ? »

    Si ce n’était pas le cas, je la plaignais beaucoup. J’aurais même de la pitié pour elle, quelque part… N’était-ce pas le rôle du soleil d’empêcher ce genre de situation ?

    Yami avait détruit les archives de sang uniquement dans son propre intérêt… Hélas.

    « A l’époque, tu n’étais pas coupable de ce pêché… Et bien que nous y étions soumis, sur ce champ de bataille ce n’était pas cette menace qui me guidait. Tu devrais pourtant le savoir… A moins que je ne t’ai pas mentionné mon père à cause de ton nom ?
    A l’époque, tu n’étais en rien responsable de cette situation. A présent, tu as le pouvoir d’y remédier. Et tu l’as fait, mais pour obtenir le pouvoir… Permets-moi de reformuler ma question. Si tu étais déjà au pouvoir, et que retirer ces archives ne t’apporterait donc rien, personnellement. Les aurais-tu détruites ? »


    C’était là raison de la mort de mon père. Le crime qui l’assassinat. En préservant les archives, elle deviendrait responsable au même titre que son ancien chef de clan. Voilà ce que ça changeait.

    Sa description du clan Yamada me déçut. Peut-être m’étais-je attendu à un discours plus humain et moins stratégique ou militaire ? Mais Yami se rattrapa par la suite, prêchant le moins pour dire le plus. Comme à son habitude. Elle n’avait jamais pu dire apprécier quelque chose : elle préférait dire ne pas lui trouver de critique. Elle préférait se dévoiler le moins possible. Sans doute pour mieux se préserver ?

    « Notre altruisme nous perdra peut-être, en effet. Mais nous devons tous périr un jour. Que ce soit par la violence ou la sympathie. Autant que ce soit dans de bonnes conditions dans ce cas…
    Evite cependant de dire tout haut n’avoir retiré les archives que pour notre voix. Peu des nôtres te vouent une sympathie, et tu risquerais de perdre ces rares personnes… »


    Je me redressais alors, reposant mes pupilles solaires sur la Seigneur du Vent.

    « Je suppose donc que je reste qualifié de danger à tes yeux… S’il s’agissait là du but de cet entretien, quel va être la décision de la Seigneur à mon égard ? Me feras-tu l'affront de me demander mon sang ? »
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Message(#) Sujet: Re: De l'Ombre à la Lumière [Kioshi] Mar 12 Sep 2017 - 0:18

Le discours de Kioshi me fit étirer un sourire amer tandis que l'espace d'un instant, mes yeux croisèrent le sol. Si quelqu'un de cher était impliqué dans l'affaire, il écouterait son cœur et non les ordres. Ce n'était pas étonnant le connaissant, mais alors pourquoi en ressentais-je une forme de déception ?

Mon regard alla chercher le sien lorsqu'il me retourna la question. La surprise passa son mon visage avant de se changer en réflexion. Si j'avais quelqu'un pour qui j'irais risquer ma vie … ? Probablement oui, même si j'avais du mal à l'admettre. Non pas par honte de mes sentiments mais bien pour le fait d'en ressentir. Ils étaient un poison. Un moyen de pression. Une faiblesse que tout ennemi s'empresserait d'atteindre s'il en avait connaissance.
Mais il était vrai que si cette personne était mise en danger et que l'on m'ordonnait de rester sur la touche, je ne pourrais m'empêcher d'effreindre les règles.

Finalement, nous avions au moins cela en commun avec le Yamada. Toutefois, ce n'était pas parce que je ferrais quelque chose dans une telle situation que je permettais aux autres de le faire. Les motivations étaient compréhensibles en soi mais cela ne signifiait pas que je tolererais une insubordination de la part de mes troupes.

« Là n'est pas la question. Si tous mes soldats choisissaient d'agir de cette manière nous ne tiendrions pas longtemps. Nous nous sommes tous engagés en tant que shinobis en ayant conscience de ce que cela implique, et obéir aux ordres en fait parti. »

Mais notre conversation bascula sur tout autre chose : les archives de sang, une fois encore...
Il évoqua son père et la responsabilité de mon nom.

« Que veux-tu que je te dise ? Ton père comme tous les Yamada ont été contraints de se ranger aux côtés des Ketsueki et de combattre les Kawaguchi ainsi que leurs amis Akuzu... Je connais l'histoire. Comme tout Kazejin. »

Les Yamadas et le père de Kioshi donc, avaient été contraints par les Archives de Sang à prendre le parti des Ketsueki au sein de la guerre des clans de Kaze : cela était connu. En revanche, je me gardais bien de lui préciser que l'instigateur de ce marchandage n'était autre que mon propre paternel. Peut-être bien qu'il en avait connaissance mais je m'octroyais le bénéfice du doute...

« Réfléchis Kioshi. Retirer les archives même une fois au pouvoir, m'aurait apporté personnellement. Tu ne peux espérer diriger une nation en tenant en laisse ses habitants. J'aurais même eu tout intérêt à faire en sorte de rallier les clans de mon côté et donc à éradiquer ces Archives mises en place dans un contexte de guerre passée. »

Tous les dirigeants censés auraient agit en ce sens.

« Toutefois, imaginons que je n'aurais rien eu a y gagner personnellement : peut être les aurais-je malgré tout aboli en apprennant à connaître certains Yamada... »

Nouvelle gorgée de thé et regard carmin enjoleur.
Toutefois, il n'y avait aucune affirmation altruiste là dedans. Même si en temps que dirigeante il m'était inconcevable d'imaginer les garder, nous n'allions pas nous mentir : s'ils n'étaient que des illustres inconnus et que cette situation servait mes intérêts alors l'idée de les retirer ne m'aurait même pas effleurée l'esprit.

En parlant d'altruisme, contrairement en moi, Kioshi en débordait, expliquant purement et simplement qu'il fallait bien mourir de quelque chose.
Je roulais des yeux devant ce discours de perdant sans pour autant relever cette partie.

« Oh mais je ne compte pas le dire à voix haute... Tu es la seule personne a qui j'en ai parlé. Si cela vient à se savoir, je saurais qui en tenir responsable tout en ayant la confirmation que faire confiance n'est pas une option viable. »

J'esquissai un sourire détaché. C'était pour moi un moyen de le tester.
Toutefois, mon rictus disparut bien vite pour révéler la surprise et l'incompréhension comme en témoignait mon sourcil soudainement arqué.

« Non, je ne te le demanderais pas. En revanche, tu vas rester chuunin encore quelques temps. Ce n'est pas toi le danger, Kioshi. Ce sont tes sentiments. »

Je me relevai à mon tour pour lui faire face, toujours pieds nus sur la pierre chaude.

« Et toute cette histoire n'est pas la raison de ta venue. »

Je me dirigeai dans mon bureau, rapportant un mulot dans une cage, visiblement mal en point. Pour ainsi dire, à moins d'y regarder de plus près, on pourrait le croire mort.

« Je lui ai injecté un poison ce matin : un mélange de ma création contenant aussi bien du venin animal que végétal. J'ai réussi a stabiliser son état pour qu'il reste parmis nous mais je ne parviens pas à éradiquer la substance dans son entiereté. Je n'en détecte plus une trace et pourtant vu son état, cela n'est pas possible. »

Sortant l'animal de sa prison, je le mis au creux des mains du Yamada, espérant qu'il mettrait le doigt sur le problème. Et il allait le faire, j'en étais persuadée. J'en étais convaincue parce que, à la différence de moi, Kioshi tenait à la vie de ce petit être vivant : et il allait tout faire pour le sauver.
Ah... L'altruisme des Yamada...



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Message(#) Sujet: Re: De l'Ombre à la Lumière [Kioshi] Jeu 14 Sep 2017 - 1:25


    « Là n’est pas la question. » Cela me suffit pour connaître la vérité : elle aurait agi de même. J’en souris de contentement. Ainsi donc, l’impitoyable Ketsueki avait des personnes qui lui étaient chères ? Des personnes pour qui elle pourrait risquer son statut, son rang, sa vie ? Ca me rassurait. Le pouvoir ne l’avait pas encore transformée. Nous nous sommes tous engagés en ayant conscience de ce que cela implique. Oui. Des murs protecteurs, une sécurité, un abri pour ma famille, mon frère, ma mère et mon clan. Voilà ce pour quoi j’avais signé. Et si leur existence se voyait menacée, le contrat se rompait dans la foulée. Ils étaient ma priorité. Ils étaient mon devoir.

    Yami semblait faire de son mieux pour paraître froide et donner l’impression que la raison dictait ses paroles et son être. Mais ne se voilait-elle pas la face ? Tout humain possède des sentiments. Les hommes comme les femmes. Ce poison et cet antidote à la fois. Abolir les archives en apprenant à connaître certains Yamada ? Et elle ne me demanda pas de mon sang non plus. Oui, sous cette apparence froide et cette armure de glace se trouve un cœur qui palpite. Elle aura beau dire : elle y laissait de la place pour autrui. Peut-être pas au même niveau qu’un Yamada, mais il n’y avait pas qu’elle dans son esprit, dans ses pensées.

    « Alors peut-être comprendras-tu que tu peux continuer à avoir confiance, car je n’ai aucune raison de répéter tout haut ce que tu penses tout bas.
    En revanche, mes sentiments ne changeront pas, Yami. Ce sont ces mêmes sentiments qui t’auraient poussé à abolir les archives en apprenant à les connaître, comme tu dis… Ils resteront un danger. Je resterais un danger. Que je sois genin, chunin ou même jonin, le rang ne changera ni mes sentiments ni mes résolutions.
    La solution serait de me prendre mon sang, mais tu t’y refuses… Pourquoi ? Toi qui te targues d’agir en souveraine et non en tant que femme, en individu capable de sentir et de ressentir des émotions ?
    Me laisser chunin ? Tu peux soit me mettre tout en bas de l’échelle, en espérant que je n’y entende aucune information sur mes proches en mission, soit me placer à tes côtés pour garder un œil sur moi. Tout en bas ou tout en haut. Mais au milieu ? »


    La solution la plus simple serait de se débarrasser de moi, du danger. Car tant que je resterais, mes sentiments demeureront aussi. Mais elle ne pouvait se résigner à effacer son ancien maître… Pourquoi ? Je devinais la raison qui se cachait sous sa grande carapace, mais je voulais l’entendre dire les mots.

    « Je pourrais quitter la capitale si c’est là ton désir. Si tu me garanties que les miens seront bien traités, tu as ma confiance, et je suis prêt à partir pour éloigner le danger que je semble représenter à tes yeux. »

    Des solutions, il y en avait pléthore. Mais Yami n’en choisissait aucune. Elle reculait l’échéance, préférait ne pas y penser, ne pas prononcer de verdict à mon encontre. Pourquoi ? Avait-elle espéré que ma réponse soit différente ? Hélas, ma réponse était identique à celle qu’elle aurait formulée à ma place. Nous étions donc deux dangers ? Mais c’était elle qui avait le pouvoir de l’éradiquer, le danger. Alors pourquoi ? Pourquoi se retenait-elle ? Je ne voulais pas deviner les mots. Je voulais les entendre de sa bouche. Qu’elle me laisse entrevoir une petite pièce sous son armure de givre. Qui d’autre qu’un Yamada saurait lui faire oublier sa carapace de glace ?

    Mais elle tenta de gagner du temps, une fois de plus, déviant sur la véritable raison de ma présence ici. Un mulot qu’elle avait empoisonné elle-même. Elle me remit la pauvre bête sous mon regard quelque peu accusateur. Elle savait ce que je pensais de telles pratiques, mais je ne dis rien. Une aura bleutée jaillit de ma main pour diagnostiquer l’animal tandis que je répondais à Yami sans la regarder.

    « Un poison que tu ne saurais éradiquer ? Je suppose qu’il ne véhicule donc pas dans le sang, vu qu’il s’agit de ta spécialité. A moins que tu ne cherchais à produire un venin que même un Ketsueki ne saurait défaire ? »

    L’aura bleu se tut. Je ne trouvais nulle trace du poison moi non plus. Alors pourquoi ? Je levais les mains, plaçant le mulot à hauteur de mes yeux, l’observant un instant. Puis, lorsque je croisais son regard attristé, je compris.

    « Il te manque toujours la même chose qu’à ta dernière leçon, Yami… »

    C’était un constat. Triste mais pas moralisateur. En aucun cas un reproche. Mes pupilles solaires réchauffèrent mes mains d’une douce chaleur au contact de l’animal. La pièce entière devint chaude et apaisante, comme un cocon, la caresse des draps dont on ne voulait s’extirper.

    « Il ne faut pas que panser le corps, mais aussi l’esprit. Tu dois faire preuve de douceur et de chaleur à l’égard de tes patients. Tu dois soigner leur moral autant que leurs maux, car un être qui souhaite mourir ne saurait être guéri. As-tu déjà caressé ce mulot ? Le laisses-tu respirer l’air extérieur ? Lui permets-tu de quitter cette cage étriquée ? Si tu te contentes de voir des objets sans prendre en compte la complexité d’un individu avec son vécu, tu ne pourras jamais soigner la véritable souffrance. Celle qui tue de la plus abominable des façons : les sentiments… »

    Doucement, je déposais le mulot sur le bureau de la Ketsueki. Je lui grattais l’arrière de l’oreille en lui adressant un large sourire. L’animal jeta un regard vers sa cage que je descendis bien vite pour lui faire comprendre que ce n’était pas sa destination. Il avait besoin d’espace. D’un peu de liberté, ne serait-ce que pour un instant.

    « Yami, si tu désires finaliser ton apprentissage, j’ai peut-être un moyen… Tiens, bois ceci. Je l’ai concoctée spécialement pour toi en attendant le jour où tu me feras venir. Cette potion te donnera un aperçu de ce qui te manque. Il te donnera un aperçu de mon monde. »

    Un aperçu sur le danger des sentiments. Un liquide violacé, un étrange venin, mêlé de diverses décoctions et d’une puissante illusion. Me fera-t-elle confiance en y trempant ses lèvres ?
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Message(#) Sujet: Re: De l'Ombre à la Lumière [Kioshi] Lun 18 Sep 2017 - 20:15

Un venin dont même un Ketsueki ne saurait se défaire... Il pointait du doigt une idée intéressante au cas où je devais en venir à me débarasser de certains des miens mais si je devais façonner une telle concoction, cela ne serait que pour me prémunir de son effet et apprendre à en créer l'antidote.

J'avais observé ce mulot sous toute les coutures, prélevant son sang encore et encore pour lui faire subir divers test afin de comprendre ce qu'il était advenu du poison dont je ne sentais plus la moindre trace mais qui laissait l'animal dans un état semblable à si cela était encore le cas.
Kioshi comprit bien vite ce qui n'allait pas, ce qui ne me surpris aucunement. J'étais persuadée qu'il allait trouver la cause de ce phénomène et je craignais aussi qu'il ne me sorte justement le genre de discours qu'il était en train de faire...
Je soupirai.

« Un soin reste un soin. Les lésions physiques se referment : je n'y peux rien si le mental reste fragile. Je suis médecin, pas psychologue. Figure toi que j'ai plus pour habitude de briser les esprits que de les panser. »

A travers la torture. Mais ça il le savait certainemen et cette affirmation n'allait sans doute pas lui plaire.

« Je ne vois pas comment je pourrais soigner le mental des inconnus avec autant de ferveur et d'applications que s'il s'agit d'une personne que je connais. Mieux vaut encore ne rien faire à ce niveau là que de proférer de belles paroles réconfortantes qui ne sont là que pour l'usage sans sincérité. »

Je désignai le mulot du doigt.

« Il m'est impossible de tant d'altruisme avec les humains alors envers un animal n'en parlons même pas ! Je ne me vois pas en train de réconforter cette chose ni même de la dorloter. Si je n'arrive pas à la soigner malgré mes essais alors j'abrège ses souffrances et je recommence avec un autre jusqu'à y parvenir.
Là est la différence Kioshi. Ce n'est pas un être que je cherche a soigner : c'est un cobaye.»


C'était de cette façon que la recherche scientifique avançait : a travers des tests.

« Pourquoi devrais-je me pencher sur les sentiments d'un cobaye ? Pourquoi devrais-je même le faire auprès d'individus souffrants ? Leurs blessures physiques oui, mentales... qu'ils se débrouillent et aillent voir quelqu'un disposé à entendre leurs gérémiades plaintives. »

Agacée, j'allai reprendre le mulot traînant sur les feuilles de mon bureau et le balançai dans sa cage. De la liberté pour un cobaye ? De l'espace ? Pourquoi ne pas lui donner un nom tant qu'on y est ?!

« Tu t'entends parler ? Prendre le parti d'un mulot ? C'est exactement ça le problème Kioshi ! Affectionnes ta famille, chéris les, mais contrefiche toi du sort d'un mulot ! Les sentiments débordants sont un poison ! Je n'ai pas envie de voir ton monde, ni même d'y mettre les pieds ! Je n'ai besoin de rien et certainement pas de diriger le pays à travers une vision du monde basée sur des croyances de paix et d'amour ! »

L'irritation dans ma voix était palpable si bien que je cherchai à calmer mes nerfs en retournant à mon bureau pour affiner mes recherches.

« Ces années de guerre n'ont pas suffit pour te le prouver ? … Tu peux disposer maintenant. Je n'ai pas besoin de toi pour cette affaire et j'ai été stupide de croire le contraire.  »




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Message(#) Sujet: Re: De l'Ombre à la Lumière [Kioshi] Sam 23 Sep 2017 - 1:05


    Yami avait plus pour habitude de briser les esprits que de les panser. Mais c’était bien là le problème. Sauf qu’elle ne réalisait pas la réelle portée de ses mots. Leur véritable signification. J’écoutais la grande Ketsueki s’exprimait et je la revoyais, quelques années plus tôt, critiquer mes enseignements sur la médecine de la même façon. Ma morale avait le don pour la sortir hors de ses gonds. Mais, comme à l’époque, elle ne le remarquait pas. Ou du moins, elle ne saisissait que l’aspect superficiel de l’affaire. Ma philosophie l’exaspérait, et pourtant elle demeura à mes côtés jusqu’à achever son apprentissage. J’étais un danger à ses yeux et pourtant elle ne fit rien. Pis encore, elle ignora ma question quand je lui demandais la raison de son inaction. Elle m’avait interrogé et je lui avais certifié être le danger qu’elle pressentait. Et pourtant ?

    Pourtant elle ne fit rien. Pourtant elle était restée. Pourtant elle restait encore. Enervée, exaspérée, mais toujours présente, demandeuse de cet altruisme qu’elle abhorrait.

    Ne le comprends-tu pas Yami ? Ne vois-tu pas ? « Qu’ils se débrouillent et aillent voir quelqu’un disposé à entendre leurs jérémiades plaintives » pour les blessures mentales ? N’entends-tu pas tes propres plaintes à l’instant ?

    « Tu n’as pas été stupide… »

    Stoïque, j’avais encaissé ses remarques sans la couper, une légère tristesse dans mes pupilles dorées. Je lâchais un profond soupir. Etait-elle vraiment prête à entendre cela ?

    « Tu es toujours la même que lorsque tu fus mon apprentie. Plus forte certes, mais tes yeux sont toujours clos. L’épreuve finale de ton apprentissage n’était pas de soigner une maladie ou un poison… »

    Je m’avançais vers son bureau, posant ma main sur la sienne pour lui intimer d’arrêter ce qu’elle faisait. Elle tentait d’oublier, de fuir la situation, le sujet de la conversation, encore une fois. Comme toujours. Mais cette fois, j’irais jusqu’au bout.

    « Il ne s’agissait pas de prendre le parti du mulot ni de faire preuve d’altruisme envers autrui. N’as-tu donc toujours pas compris ? Dans cette histoire, tu es le mulot… »

    Elle était elle-même le cobaye à soigner. Ne dit-on pas que les médecins sont toujours les moins bien soignés ? Mais elle préférait briser son esprit que de le panser. Elle préférait l’oublier que de s’en occuper.

    « Yami, t’entends-tu parler toi ? Prêtes seulement attention à tes « jérémiades plaintives ». Tu n’as besoin de rien ? Alors pourquoi avoir poursuivi les enseignements d’un homme dont tu détestes la philosophie ? Pourquoi avoir rejoint la capitale au lieu de continuer ta route seule ? Pourquoi ne règles-tu pas le problème que tu nommes danger et qui est sous tes yeux, désarmé ? »

    Ce n’était pas un sermon. Plutôt un triste constat. Je ne criais pas mais lui parlais simplement. J’étais un Yamada. Mon rôle était d’apporter la chaleur là où le soleil lui-même n’y parvenait pas. Et je savais donc voir où il en manquait…

    « Ces années de guerre m’ont suffi oui. Suffit à comprendre que l’homme a besoin de réconfort et de chaleur. Et que celui qui n’en a pas reçu finit soit par le réaliser, soit par le rejeter pour se protéger, pour se cacher, pour fuir la triste réalité. Si tu n’as pas envie de voir mon monde, c’est parce que tu ne veux pas avoir conscience de ce que tu n’as pas eu dans ton enfance. Ce que tu aurais dû avoir. Ce à quoi tu avais droit, comme toute personne vivante en ce monde. Alors tu le rejettes. Alors tu me rejettes. Et pourtant je suis là, sous ta demande. Car au fond tu sais. Tu sais que je dis vrai. Tes mots disent ne pas en avoir besoin mais ton intonation supplie d’en avoir.
    L’épreuve finale de mon apprentissage ? C’était de déceler tes propres plaies et les soigner. Les fêlures qui ensevelissent ton cœur et que tu cherches inlassablement à ignorer. »


    Allait-elle comprendre ? Allait-elle me rejeter une fois de plus ? Je déposais ma fiole doucement sur son bureau.

    « Si tu n’as réellement pas besoin de tout ça… Si tout ça t’indiffère à ce point, réponds simplement à cette question : pourquoi t’énerves-tu autant ? Pourquoi ce dont tu n’as pas besoin t’affecte autant ? »

    Parce que c’était injuste qu’elle n’y avait pas eu droit dans son enfance et que d’autre si ? Parce qu’elle craignait ma perte à cause de mes sentiments ? Parce que j’avais vu juste et qu’elle le savait ? Dans tous les cas, on revenait au même point : son cœur meurtri par des émotions refoulées trop longtemps.
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Message(#) Sujet: Re: De l'Ombre à la Lumière [Kioshi] Jeu 28 Sep 2017 - 12:01

Je feignais de l'ignorer, jugeant bon qu'il arrêterait de lui même son discours en me voyant passer au dessus mais j'oubliais être en présence de Kioshi. Il était plus tenace qu'une sangsue.

Lorsqu'il s'approcha de moi pour déposer sa main sur la mienne, je ne pus m'empêcher de stopper mes tâches pour l'aviser d'un air agacé tout en retirant ma main.

Mais l'agacement se changea bien vite en surprise puis en énervement. Je rêvais ou il venait de me comparer au mulot ?! Moi, son Seigneur ?!

« Tu devrais mesurer tes propos où tu constateras bien vite ce que le mulot est capable de faire ! »

Je me redressai, les paumes plaquées sur mon bureau et le regard emplit de défiance.

« Cesse d'interpréter mes paroles à ta guise ! Je n'ai besoin de rien de plus ! Et j'ai suivi ton enseignement malgré ta philosophie que j'exècre pour apprendre la médecine. Tu m'as appris les fondamentaux et je l'exerce aujourd'hui à ma façon. Tous les Hommes sont différents. Je n'ai aucunement besoin de ton réconfort, pas plus qu'un psychanalyste qui pense tout connaître de ma vie. « Tu as eu un manque dans ton enfance... »  Laisse moi rire. Tu t'entends parler encore une fois ?! »

Non mais vraiment, ce n'était pas possible d'être aussi atteint.

« Arrête de croire que tu me connais. Arrête même d'essayer de me comprendre. Je ne te le demande pas, mieux, je te l'interdis ! »

Le ton montait pour l'un comme pour l'autre. J'étais certaine au fond que je me montrais plus patiente que d'autres qui l'auraient déjà fait sortir par la force ou entraîné au cachot pour insubordination.

« Cesse tes idioties, tu te méprends sur toute la ligne. Nous sommes des shinobis. Chacun de nous à connu des épreuves, certaines plus traumatisantes que d'autres. Je suis certaine que même toi qui clames haut et fort les bienfaits des sentiments et du réconfort tu gardes des cicatrices qui resteront non pansées. Alors occupe toi de tes affaires avant de venir faire la leçon sur les miennes. »

Là dessus, je pris la fiole qu'il venait de déposer sur mon bureau et l'envoyais s'éclater sur le sol.

« Tu ne comprends vraiment pas. Je ne m'énerve pas tant de tes mots mais de tes agissements ! Ce qui m'affecte c'est cette insupportable manie que tu as a prétendre savoir ce dont les autres ont besoin ! Tu as ta philosophie, ta vision de la vie, mais ne cherche pas à l'imposer ! »

La discussion était close, définitivement, et puisqu'il ne semblait pas vouloir me laisser le choix...

« Gardes ! Faites le sortir ! »

Aussitôt, deux gardes munis de hallebardes entrèrent dans la pièce, s'approchant de lui pour le conduire vers la sortie.



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Message(#) Sujet: Re: De l'Ombre à la Lumière [Kioshi] Sam 30 Sep 2017 - 0:17

    Il n’y avait que deux réactions possibles d’une personne à qui l’on dit la vérité qu’elle ne souhaite entendre : le silence ou l’énervement. Hélas, Yami avait toujours été de ceux qui font du zèle rapidement. Elle n’aimait pas être en-dessous des autres. Que ce soit en terme de force, de savoir, ou même en bonheur. Elle voulait être au-dessus de tous et pour tout.

    Je l’écoutais et la laissais déverser sa colère, seule protection qu’elle connaissait pour se duper elle-même. Je l’écoutais mais elle se trompait. Je n’avais pas la prétention de connaître tout de sa vie. Mais je savais ce qu’elle ignorait, ce qu’elle cherchait à taire et à enfuir au plus profond de son cœur.

    T’entendais-tu parler ? Le ton que tu employais ? Ta colère trahissait la véritable raison de ton emportement. Tu m’interdisais de te comprendre ? Tu savais pourtant cela impossible. Tu me connaissais comme je te connaissais. Tu savais pertinemment que ça ne m’arrêterait pas. Tu le savais mais tu t’arrêtais là, à te cacher derrière ton titre de Seigneur. Voilà pourquoi j’avais demandé si je m’adressais à Yami ou à mon Seigneur… Et à la première difficulté, tu rappelais ton titre comme un enfant vexé qui appelle sa mère.

    « Avant d’être des shinobis, nous sommes avant tout des Humains. Shinobis n’est qu’un mot inventer pour tromper l’esprit et rendre les soldats plus malléables et obéissants. Qui cherches-tu à tromper ? Moi ? Ou toi. »

    Mon regard se posa un instant sur ma potion qui se répandait au sol. J’avais passé plus d’un mois à sa concoction et à son amélioration jusqu’à ce que je sois certain qu’elle ne présente aucun risque pour la personne qui la boit. Encore une fois, tu fuyais au lieu d’essayer. Car tu craignais la conclusion. Tu crains que j’ai raison…

    « Tu n’es pas un mulot, c’est vrai. Lui au moins sait qu’il est dans une cage… »

    Deux gardes ? A ce point ? Tu m’avais fait venir, puis tu me renvoyais ? Parce que tu ne supportais plus d’entendre la vérité ? Je l’insupportais donc à ce point. J’étais un danger à ses yeux. Et que faisait-elle ? Elle m’ordonnait de sortir. Pourquoi ne pas régler le problème tout simplement ? Non, ne me dis pas qu’étant le Yamada le plus proche de toi, me condamner reviendrait à t’attirer l’inimitié du clan entier. Ne te cache pas derrière la politique. Je levais mes mains en signe de reddition pour les gardes tout en continuant de regarder Yami.

    « Tu es une bonne médecin, chère apprentie. Mais il te reste à accepter ton humanité. Seigneur Ketsueki, j’attendrais ta prochaine convocation. Il ne s’agit pas de me donner raison, mais de te découvrir toi, de comprendre que ce que tu nommes danger est en fait la vie elle-même. Après tout, n’aurais-tu pas répondu la même chose que moi à ta propre question ? Je confectionnerais une autre de ces potions, dans l’attente et l’espoir de te revoir bientôt.
    Prends soin de toi Yami. Que le Soleil illumine tes pas. »

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Message(#) Sujet: Re: De l'Ombre à la Lumière [Kioshi]

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De l'Ombre à la Lumière [Kioshi]

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