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 Nous sommes tous destinés à mourir [Shingen]

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Message(#) Sujet: Nous sommes tous destinés à mourir [Shingen] Dim 27 Aoû 2017 - 0:53

- Imaginez-vous au bord d’un précipice, commença à réciter un homme des plus dynamiques de la trentaine.

Mira soupirait en douce, profitant que l’homme avait les paupières closes pour lever les yeux au ciel en signe d’exaspération. Cet homme était un coach qu’on lui avait attribué afin qu’elle puisse gérer au mieux son stress et son anxiété. L’objectif était qu’elle ait un total contrôle de son corps, et de son esprit, sans l’assistance des médicaments. Pourtant, la rousse considérait ces séances comme inutiles, et s’était déjà prononcée dessus à l’hôpital. Malheureusement, les médecins étaient catégoriques : si elle désirait continuer à mener une existence en dehors des quatre murs blancs de l’hôpital, elle devait s’y plier.

« Je suis au bord d’un précipice continuellement avec mon job de Shinobi » aurait-elle voulu répondre, mais elle se retint. La dernière fois qu’elle avait tenté de débuter une joute verbale avec cet homme, ils avaient fini à l’hôpital, lui protégé comme un Prince et elle menacée de revenir dans la cellule psychiatrique.

- Maintenant, imaginez qu’un homme est derrière vous, vous menaçant…

Aussitôt avait-elle entendu le mot « menace » qu’elle sentit son rythme cardiaque s’accélérer. Cette réaction était devenue un véritable automatisme en elle, dès l’instant où quelqu’un prononçait un mot pouvant la ramener à ce jour fatidique où elle avait été capturée. Menace, torture, couteau, cri, souffrance… tant de mots simples, qui façonnent la vie d’un Shinobi, qui sont devenus de véritables armes à double tranchant avec elle : ils tuent sa raison, et éveillent sa folie.

« Assez ! ».

Elle releva doucement, en tremblotant, ses paupières pour observer son professeur. Comme elle s’y était attendu, il les avait toujours clos et semblait concentré. Elle inspirait et expirait profondément, tout en lançant un regard hasardeux à son environnement. Elle devait se concentrer mais c’était compliqué quand votre sang vous battait les tympans impitoyablement.

« Un clone suffira… ou un insecte ».


Elle sortit un insecte particulier d’une taille microscopique, qui commençait sa petite course entre elle et le coach. Dès que la bête avait approché de cet homme, elle s’était glissée d’une ouverture au niveau du pantalon. Cette partie de l’opération était toujours particulière : est-ce qu’il allait remarquer, ou non, cette petite chose ? Plus important, si oui, risquait-il de la tuer ?

Quelques minutes plus tard, elle sentait que son coach n’était plus à son aise. Il se contorsionnait, il grimaçait, il grognait. Un sourire mesquin et amusé s’étira sur les lèvres de la demoiselle. Son opération avait été une réussite et l’homme n’avait rien ressenti.

- Je… Je reviens.

Il se relève et court en hâte aux bains. Bien entendu, Mira n’allait pas patienter ici calmement. Elle profita de cette absence pour créer un clone et fuir en douce. Malheureusement, si le lieu s’était révélé vide au moment où son coach et elle s’étaient installés, il ne l’était plus. Au loin, elle voyait un bonhomme qui n’avait pas pu rater une seule seconde de la scène.

« Les gens osent rarement demander ce qu’il se passe »
se rassura-t-elle, quoique extrêmement inquiète à l’idée qu’on puisse révéler sa supercherie à l’hôpital, et donc finir « encore » entre quatre murs. L’anxiété la faisait transpirer plus que de raison, et un léger tremblement commençait à gagner tout son corps.
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Message(#) Sujet: Re: Nous sommes tous destinés à mourir [Shingen] Mar 29 Aoû 2017 - 18:57

Je venais de terminer un entraînement que j’avais mené plutôt en dehors du village, je n’aimais pas vraiment que l’on puisse m’observer comme si j’étais un fichu animal dans une cage. Dans le même temps, je n’étais pas vraiment enclin à enseigner ce que je savais à des shinobi car jusqu’ici, je n’en jugeais aucun réellement digne de recevoir mon enseignement.

Je me dirigeais vers les bains de Konoha pour aller me détendre un peu, l’entraînement était une chose mais il pouvait vite devenir inutile si on ne savait pas prendre soin de son propre corps. Je suivais le cours d’eau qui coulait avant d’apercevoir deux personnes. Je n’étais pas certain ce qu’ils faisaient, de la méditation peut-être ? Je ne savais pas que les shinobi étaient capable de faire de telles prouesses. Je m’en rapprochais un peu, bien que je gardais mes distances.

Je n’étais pas là pour attirer l’attention non plus, mais curieux comme j’étais d’en apprendre plus sur les pratiques des shinobi, je me contentais d’observer à distance. On pouvait presque penser que j’observais et étudiais des animaux sauvages pour mieux les comprendre, il en avait certainement un peu de ça dans ma démarche.

Finalement l’homme fini par courir à toute vitesse comme si une envie pressante l’avait pris, était-ce le sort de la fille ou bien ne contrôlait-il pas son corps ? Dans tout les cas, la situation m’amusait plutôt et je ne pouvais m’empêcher d’afficher un sourire amusé.

La suite devint encore plus intéressante car lorsque l’homme avait disparu dans les bains, en espérant qu’il ai eu le temps de rejoindre le lieu souhaité, la fille créa un clone pour prendre la fuite. Manifestement, elle faisait sa petite rebelle et cet entraînement ne semblait pas lui convenir. J’imagine que c’était à cause de son âge puisqu’elle semblait plutôt jeune.

Je l’observais pour essayer d’y déceler des signes qui pouvaient me donner des informations supplémentaires, mais je n’étais nullement certain de savoir comment interpréter la chose. De la peur ? Peut-être, c’est une chose qui semblait assez commune chez les shinobi, la peur de la mort en particulier.

Je ne pouvais m’empêcher de l’interpeller quand elle s’approchait de moi, non que je me souciais réellement de sa vie ou de ce qu’elle faisait. Je veux dire, c’est son problème et non le mien. Si elle voulait abandonner un entraînement, pourquoi pas après tout ?


Hoy, tu ne devrais pas attendre ton sensei ? Votre entraînement semblait plutôt…. Amusant. Quel en était le but ?


Ben quoi ? On ne voyait pas tout les jours des shinobi méditer alors autant savoir quel en était réellement le but. Comme je disais toujours, il fallait toujours connaître ses ennemis !
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Message(#) Sujet: Re: Nous sommes tous destinés à mourir [Shingen] Lun 4 Sep 2017 - 23:38

Elle gardait les yeux rivés au sol, ou plutôt à ses pieds, et accélérait le pas au fur et à mesure qu’elle approchait de l’inconnu – dans l’unique but de le dépasser, sans être interpellée ou être épiée plus longtemps. Malheureusement, ses vœux ne furent pas exaucés et ses efforts furent réduits à néant. Il l’avait interpellé, et il avait même osé employer le temps « tu », comme s’ils se connaissaient, comme s’il lui était supérieur, comme si elle lui était inférieure. Evidemment, ces deux derniers sentiments étaient propres uniquement à la demoiselle constamment au prise avec un profond sentiment d’insécurité et vivant avec une peur constante de mourir – le comble pour une Shinobi.

- Vous ne devriez pas utiliser le tutoiement avec les étrangers. C’est gênant. C’est déstabilisant, répondit-elle dans l’immédiat. Et puis, l’usage veut que l’on se présente avant toute chose. Je suis Aburame Mira, et vous ? demanda-t-elle, relevant finalement sa petite bouille vers cet homme pour le détailler – et tenter de desceller un quelconque mensonge.

La première chose qu’elle remarquait était sa tenue peu conventionnelle. Il semblait être un étranger et pourtant, son assurance et ses traits semblaient indiquer le contraire. En effet, les étrangers étaient assez reconnaissables à cet air ahuri qu’ils arboraient quand ils visitaient le village. Tout semblait être fait d’or et d’argent, alors que ce n’était que des feuilles et des maisons banales…

- Il n’est pas un sensei. Ce n’est qu’un coach… inutile. Il veut m’apprendre la méditation … pour que je fasse face à des peurs. C’est ridicule. Ridicule. Il veut que je m’imagine devant un vide, mais je suis une Shinobi, le vide est… plus elle parlait, et plus ses paroles devenaient un fouillis qui semblaient destinées davantage pour elle-même que pour autrui. C’est quoi votre plus grande peur ?

Cette pensée avait fusé dans son esprit et elle l’avait exprimé naturellement, avec spontanéité. Etait-elle la seule à craindre de mourir, dans d’atroces douleurs ? Etait-elle la seule à détester la vue de son propre sang ? Malheureusement, jusqu’à maintenant, elle n’avait pas trouvé un compagnon dans ces phobies. Tous les Shinobis semblaient attendre avec « grande joie » la mort, à croire que c’était la plus belle chose. Ce n’était pas une belle chose. Les morts avaient un corps rigide mais détendus qui barbouillaient dans leurs propres excréments. Si ce n’était pas leurs déchets intestinaux qui chatouillaient les narines, c’était la puanteur que leur processus de putréfaction dégageait…Enfin, si on arrivait à éviter ces flaques boueuses et marrons, ou encore ces corps pleins de vers, c’était de supporter la vue de tout ce sang coagulé et poisseux.

La mort était laide.
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Message(#) Sujet: Re: Nous sommes tous destinés à mourir [Shingen] Jeu 7 Sep 2017 - 17:17

L’étrange jeune femme ne tardait pas à me répondre, je levais un sourcil. Elle n’aimait pas le tutoiement au point d’en être déstabilisé ? La chose était plutôt inquiétante car s’il lui fallait si peu pour être déstabilisé, je n’osais même pas imaginer ce que ça donnerait dans une situation délicate dont l’imprévu était la monnaie courante. Au moins je savais qu’elle était du genre chiante, peut-être avec quelques sacrés problèmes mentaux… Néanmoins comme la coutume le voulait, je me présentait également.

Je suis Taira Shingen, enchanté.

Je ne connaissais pas bien les Aburame, j’en avais juste entendu des rumeurs comme quoi ils étaient des opportunistes et surtout : des humains plutôt répugnants qui faisaient office de ruche pour des insectes. Je devais admettre, je n’étais pas vraiment intéressé par découvrir leur capacité de ruche humaine, l’idée était plutôt dégoûtante. Je ne savais pas quel esprit tordu s’était dit qu’il fallait que le corps humain serve de ruche pour des insectes et je n’arrivais même pas à comprendre comment on pouvait continuer cette chose, ma foi, j’imagine que le monde shinobi à son lot de gens et de coutumes tordues….

Elle me précisa que l’homme qui avait prit la fuite n’était pas un sensei mais un coach pour la méditation ? Étrangement, je n’étais pas étonné lorsqu’elle me dit qu’elle devait faire face à des peurs et j’étais toujours fasciné par le fait que les shinobi craignaient toujours quelque chose. Moi je m’attendais qu’ils allaient former leurs semblables pour ne rien craindre afin qu’ils deviennent des armes redoutables mais non, au lieu de ça on les laissait se baigner dans la peur… Surtout la peur de la mort.

Tout se fait-il que pendant qu’elle me parlait pour m’expliquer les gens, je me contentais de l’écouter en silence. C’était la moindre des choses que je pouvais faire. Je ne pouvais m’empêcher d’afficher un large sourire amusé lorsqu’elle me posa sa question. Je n’y répondis pas immédiatement, je me retournais d’abord pour ouvrir la marche.


J’imagine que nous devrions en profiter que votre coach ne soit pas présent pour s’éloigner, sinon pourquoi vous avez crée un clone ?

Le ton était plus taquin sur la fin et alors que j’ouvris la marche pour que l’on s’éloigne des lieux, je me pris enfin la peine à répondre à sa question.

Ma plus grande peur… Je dirais que je n’en n’ai pas. Je suis un samourai, on est entraîné pour ne rien craindre, pas même la mort. Mon sensei me disait toujours « Le samourai vit pour mourir ». Certains samourai vous dirons que nous vivons plus proche de la mort que de la vie. Je suis conscient que les shinobi craignent la mort et certainement d’autres choses encore, votre formation est parfois… étrange je trouve.

Je tournais ma tête vers elle avant de lui poser à mon tour la question.

Qu’elle est votre plus grande peur ? Ou vos plus grandes peurs...


Voilà une question qui était certainement délicate pour elle, je n’étais même pas certain qu’elle avait envie d’en parler ou plutôt… de m’en parler. Je pouvais toujours essayer de deviner ses peurs, peut-être la mort puisqu’elle devait s’imaginer au bord du vide, le vertige était également un candidat. Je trouvais toujours amusant de voir les gens s’accrocher à la vie comme des sangsues alors que la mort était inévitable, ils craignaient quelque chose qui allait forcément leur retomber à la figure tôt ou tard, la question ne devait pas être : « Va-t-on mourir ? » mais plutôt « Comment vais-je mourir ? ».
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Message(#) Sujet: Re: Nous sommes tous destinés à mourir [Shingen] Dim 17 Sep 2017 - 19:08

Elle l’observait curieusement quand il disait qu’il n’avait nul peur, et qu’il avait été entraîné pour ne rien craindre. Apparemment, tout bon samouraï qui se respectait n’avait aucune peur. Elle réfléchissait calmement à cette affirmation contre nature qui sonnait faux à ses délicates oreilles.

- Vous êtes un menteur, répondit-elle laconiquement, en lançant un regard neutre à cet homme qui disait n’avoir aucune peur. Nous finissons tous par découvrir notre peur. Elle se manifeste au moment le plus inopportun. Elle est celle qui nous force à être aux aguets et à être prévoyant, celle qui nous paralyse et cause notre perte, celle qui nous brise que pour mieux nous relever. Un homme sans peur est un homme destiné à mourir jeune. Un homme sans peur est un parfait idiot qui n’a pas conscience de ses limites, conclut-elle.

Soudainement, elle s’approche de cet homme pour le fixer intensément. Son regard bleu était maintenant illuminé d’une flamme vive, se perdant entre passion et folie. La « peur », voilà un sujet qui pouvait être un très long débat avec la demoiselle. Si son interlocuteur savait être patient, voire même compréhensif, il pourrait outrepasser les insinuations insultantes de la demoiselle et mettre ces dernières sur le compte de la jeunesse, de l’insouciance et sûrement d’un traumatisme du par la guerre. Cette dernière avait causé tant de dégâts qu’encore aujourd’hui, bien des hommes et femmes en ramassaient les pots cassés.

- Supposons vous dites vrais, alors cela signifie qu’avant, vous craigniez des choses. Qu’avez-vous craint ? Perdre votre famille ? Vos amis ? Votre précieux sabre ? Votre amante ? Votre village ? L’eau ? Le Noir ? Le Froid ? L'humiliation ? Le déshonneur ? questionna-t-elle à une vitesse folle. Elle parlait et parlait tel un moulin à eau tournant sans fin.

Finalement, elle mit fin à son interrogatoire insupportable pour offrir le silence à chacun. Le silence fut assez court, car elle reprit aussitôt.

- J’ai peur de tout. Du moindre piaillement du moineau, au simple rire d’un bambin. Le danger se cache là où l’on s’y attend moins.


Si elle avait été une experte en genjutsu, elle aurait très certainement été très douée pour rendre ses victimes complètement folles. Son esprit brisé avait créé mille et une passerelles tortueuses pour combler le vide que la guerre avait causé. Oui, il n’y a pas si longtemps que ça, pour survivre et être fort, il fallait se forcer à « oublier ». La chose est impossible à faire pour un esprit sain, évidemment. Cependant, dans le cas des personnes comme Mira, qui avaient subi bien des traumatismes, la chose n’était pas si compliquée grâce au développement d’une seconde personnalité, celle qui était devenue gardienne des derniers fragments d’humanité qui survivaient dans ce corps.

Sur ces mots, elle brisa le contact visuel pour tourner son regard face à elle, et accélérer le pas. Elle n’était pas pressée, elle n’était pas attendue, mais marcher vite était une habitude chez elle. Oui, elle était constamment aux aguets, et surtout prête à fuir au moindre danger… ou à y faire face s’il se montrait trop persistent.


Dernière édition par Aburame Mira le Lun 6 Nov 2017 - 23:11, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: Nous sommes tous destinés à mourir [Shingen] Dim 1 Oct 2017 - 15:10

Voilà que cette femme avait l’audace de m’insulter de menteur, elle qui ne me connaissait pas. Je n’en n’attendais pas moins d’une shinobi, ils jugeaient toujours avec leurs valeurs de shinobi donc celle d’un être lâche. Elle n’avait pas compris qu’un samourai se moquait de mourir, il vivait pour mourir, telle était sa voie. Un bon guerrier ne devient rien craindre pour pouvoir agir avec la plus grande fermeté, s’il commençait à avoir peur, il allait s’affaiblir.

Vous me jugez avec votre regard de lâche et de shinobi, bien que les deux soient identiques. Pour devenir un bon guerrier, il ne faut aucune peur qui puisse nous influencer dans nos actions et notre jugement. Mourir n’est qu’un détail qui n’a que peu d’importance dans la vie d’un samourai. Je sais que les shinobi craignent la mort et mettent bien trop d’importance à la vie, ils s’y accrochent comme des parasites dans l’espoir d’y rester éternellement. La réalité est que le shinobi est un idiot, il craint quelque chose qui est inévitable. Vous allez un jour mourir donc vous ne devriez pas vous demandez si vous allez mourir, mais plutôt comment vous allez mourir.


Je la fixais également, elle était une étrange femme, elle vivait dans une peur constante. J’avais devant moi l’exemple parfait de ce que la peur apportait à un humain : une vie sans saveur où la moindre chose était perçue comme mauvais. Pouvait-on encore parler de vie lorsqu’on était névrosé ? Pouvait-on réellement prétendre que vivre dans la peur de tout était une bonne chose ? Certains diront certainement oui, après tout le plus important était de vivre coûte que coûte. Je gardais un regard indifférent sur elle, il était même froid avant que je n’affiche un petit sourire en coin.

Ne soyez pas idiote, l’humain naît toujours avec des peurs. La question est : peut-il les surmonter et devenir maître de lui-même ou devient-il esclave de ses peurs ? La plupart des gens sont esclaves de leurs émotions, la peur les animent et leur dit quoi faire. Si vous craignez la mort, vous ferez tous pour survivre et se sera là votre point faible. Un ennemi pourra utiliser cette peur de la mort pour avoir de vous ce qu’il désire. Voyez-vous, un être qui a peur est un être faible et si on connaît son point faible, il suffit de l’exploiter pour gagner.

Néanmoins quand vous êtes face à quelqu’un qui n’a aucune peur, qui ne se laisse pas dicter sa conduite par la peur… Alors il devient un être imprévisible et extrêmement dangereux.

Je marquais une courte pause, continuant de la fixer sans faiblir un seul instant avant de reprendre.

Vous êtes l’esclave de votre peur et d’après vos propres paroles, vous craignez tous. Vous devriez vous demander si vivre constamment dans la peur en vaut réellement la peine, est-ce vraiment plaisant de vivre dans une vie où tout vous effraie ? Est-ce vraiment ainsi que vous imaginez votre vie ?

Je continuais de la fixer, il était vrai que niveau délicatesse on l’avait vue mieux, mais je n’étais pas réellement réputé pour ça. Je me mis à la suivre lorsqu’elle reprit la marche.


Comment imaginez-vous votre mort ? Et ne pensez-vous pas qu’un être humain ne meurt jamais réellement ?


Voilà des questions d’ordres philosophiques, j’étais curieux de voir ce qu’elle allait dire. Bien qu’il restait à voir si je ne l’avais pas déjà vexé par mes paroles. Peut-être même qu’elle chercherait à se venger pour mes paroles, allez savoir. La suite risquait d’être intéressante.
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Message(#) Sujet: Re: Nous sommes tous destinés à mourir [Shingen] Dim 19 Nov 2017 - 23:40

- Vous avez tort. Un homme sans peur est un homme prévisible. Il agit avec sa conscience et sa logique. Il n’a pas cette folie de survivre, et qui le pousse à accomplir de véritables miracles pour atteindre cet objectif ultime. Un homme qui veut vivre, et un homme qui se fiche de vivre ou de mourir… deux choses différentes. Et s’il faut parier sur l’un dans un combat à mort, je parierai clairement sur la victoire du premier.

J’ignorais les insultes à l’égard des Shinobis. Je n’arrivais pas à me considérer pleinement comme une Shinobi, ne comprenant pas tous les actes et actions de ces soldats. Donner sa vie pour une chose aussi immatérielle et impersonnelle qu’un village, et un « nom », était un concept difficile à assimiler. Cependant, voilà un fait que je cachais habilement aux autorités comme à ses médecins. Il ne manquerait plus qu’on me catégorise comme traître. Une autre peur, mais cette fois-ci elle était justifiée. Personne n’aimait les traîtres. Et nulle part.

- Tout être humain meurt, mais je préfère qu’il meurt avant moi…, répondit-elle calmement.

L’immortalité. Voilà un concept à la fois fabuleux, et effrayant, qui me contenterait comme me désespérerait.

L’immortalité était l’assurance que je n’aurais plus peur de mourir sous les coups et les jeux d’autrui. C’est une bonne chose.

L’immortalité était aussi la garantie que j’aurais à suivre chaque jour et jusqu’à la fin du monde l’anéantissement de ce monde et de tout ce que j’aime. C’est une mauvaise chose.

- Je voudrais mourir vieille, entourée de mes fidèles compagnons. Et oui, je voudrais bien d’une vie sans peur. Vous me dites que vous combattez et éliminez ces peurs. Voilà une belle chose, dis-je soudainement, d’une voix songeuse et douce à la fois.

« Il suffit donc de détruire tout ce dont tu as peur ? » me murmurais à nouvelle cette perfide petite voix. Je secoue la tête, en réponse. Non, je n’avais ni la force, ni la volonté, ni l’envie de poursuivre chacune de mes peurs et y mettre fin. « Mais on peut commencer avec certaines, n’est-ce pas ? ».

Tuer des peurs.

- Vous êtes égoïstes, les Samouraïs. S’il est possible de devenir une personne sans peur, pourquoi ne pas partager cette philosophie avec tout le monde ? Pourquoi ne pas combattre toutes les peurs de tout le monde ? Où étiez-vous quand le monde se déchirait, et que tout le monde souffrait ? Offriez-vous de la souffrance à autrui, également ? Offriez-vous de la peur ?

Je le regardait droit dans les yeux. Ce n’était plus le regard d’une demoiselle effrayée et vulnérable. C’était le regard d’une combattante qui a vu, et vécu des choses. C’était le regard d’une meurtrière de guerre.
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Message(#) Sujet: Re: Nous sommes tous destinés à mourir [Shingen] Lun 20 Nov 2017 - 23:05

Je ne pouvais m’empêcher de lâcher un petit rire, un homme sans peur n’agit qu’avec sa logique et sa conscience. La théorie était intéressante, mais elle ne prenait pas tout en compte, mais on ne pouvait pas lui en vouloir.

Un homme sans peur ose tout sans se soucier des conséquences… Du moins c’est ma vision des choses. Savez-vous comment j’ai réussi à tuer mon demi-frère en combat singulier alors qu’il était meilleur que moi ?


Je tournais la tête vers elle, il était certain qu’elle ne le savait pas. Je souris légèrement puis repris pour répondre.

Je me suis laissé transpercer par sa lame sans me défendre, avant de lui couper les bras avant de séparer sa tête du corps… Est-ce qu’un homme sans peur qui agit avec sa conscience et sa logique, ferait ça ? Est-ce que cela m’a-t-il rendu prévisible car je ne craignais pas la mort ?

Bon, il fallait dire que j’étais certainement fou, mais c’était bien un autre débat. Je ne comprenais pas cette logique de vouloir vivre le plus longtemps possible, à quoi bon ? Qu’est-ce qui change entre mourir aujourd’hui ou demain ? Je n’osais même pas imaginer l’immortalité, bien que la chose pouvait certainement s’avérer intéressant en tant que samourai… Pouvoir vivre éternellement pour se noyer dans la gloire et l’honneur… Encore et encore, inspirer la crainte d’être un guerrier immortel et imbattable, voila une perspective intéressante.

Voilà qu’elle voulait vivre vieille, entouré de ses fameux compagnons, je me demandais bien ce qu’elle considérait pas les fidèles compagnons… Cela devait certainement être la mort la plus ennuyeuse, on ne retient pas dans l’histoire les gens morts dans le lit comme des vieillards incapables de marcher sans aide… Bref, elle veut devenir une personne qui disparaîtra de la mémoire aussi vite qu’elle est entrée.


Voyez-vous, vous voyez la vie seulement du point de vue de votre propre être… Mais un être qui meurt n’est pas vraiment mort s’il continue de vivre dans la mémoire des gens. Regardez l’empereur, il est mort physiquement, mais il continue de vivre dans le coeur des gens, dans leurs esprits, dans l’histoire de ce monde. Peut importe ce qu’il a fait, peut importe l’homme qu’il était, il ne sera jamais oublié par nous et il vivra toujours à travers la mémoire.


Vous, lorsque vous allez mourir un jour, vieille, dans votre lit…. Vous serez aussi vite oubliée. Vous aurez vécue physiquement longtemps, mais vous mourrez rapidement dans la mémoire des gens et rapidement vous ne serez rien d’autre qu’une carcasse pourrissante sous terre….

Je la fixais à mon tour, la suite était plutôt… étrange ? Difficile à dire.

La philosophie que nous, samourai, suivons, n’est pas simple. Elle demande un grand travail sur soi, des sacrifices et une grande force de caractère. N’oubliez pas non plus que la philosophie dominante dans ce monde est celle des shinobi et non des samourai… Savez-vous que les samourais s’ouvrent le ventre lorsqu’ils ne veulent plus servir leur seigneur ou parce qu’ils étaient déshonorables ?

Je marquais une courte pause avant de reprendre.

Je ne sais pas ce que vous avez vue, ni subies ou faits durant la guerre. Pour ma part, j’étais ici, à Hi no Kuni. J’ai combattu, j’ai tué les gens fidèles à l’empereur dont mon demi-frère. Ceci dit, je ne suis pas du genre à m’en prendre aux faibles, aux gens sans défense. c’est risible, il n’a aucun honneur à écraser un vulgaire insecte. J’imagine que les gens que je tuais ou blessais souffraient ou me craignaient…


J’affichais un sourire à cette idée, quelle splendide pensée… L’ennemi qui me craint pour mes capacités, pour ma force… Euhm… Je m’égare un peu…

Qu’avez-vous donc fait durant la guerre ?

Peut-être allait-elle en parler, je n'étais pas totalement sûr qu'elle le ferait. On pourrait presque dire que la guerre la traumatiser d'une façon ou d'une autre, reste à savoir comment et pourquoi...
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Message(#) Sujet: Re: Nous sommes tous destinés à mourir [Shingen] Mer 3 Jan 2018 - 0:25

- L’Empereur... vit toujours ? demandais-je, incrédule.

Je n’avais pas pensé à cette option. Je ne connaissais pas particulièrement cet homme qui avait fait trembler – jadis – le monde entier. Cependant, je le haïssais profondément. Un homme pouvait être défini par ses amis, disait-on. Dans le cadre des hommes puissants et influents, ce n’était pas les amis uniquement mais les alliés ou partisans. En l’espèce, les partisans de cette figure mythique n’étaient que des brutes, des sauvages, des tortionnaires et bien plus.

- La mémoire peut mourir.


J’avais remplacé cette pauvre créature qu’était Mira. Elle perdait le fil de la conversation, et ses convictions s’étaient ébranlées dangereusement. Deux éléments qui libéraient la voie à ma personnalité. Je suis celle que Mira me prénomme comme cette « autre ». Cette seconde personnalité qui serait machiavélique et cruelle. Je ne me considère pas ainsi. Je suis davantage celle qui fait face à la réalité de ce monde, et celle qui assume « nos » parts d’ombre, comme de lumières.

- L’homme peut mourir.


Cette conversation était insipide à mes yeux. Je me fichais de vivre ou de mourir dans la mémoire de l’Homme, dans un lit avec une couche pour adulte. Ce qui est important est « comment » nous vivons. Est-ce dans l’opulence la plus outrageuse, ou dans la misère la plus grotesque ? Est-ce en écrasant ce misérable sous nos pieds, ou soumis à ce dernier dirigé par des hommes véreux ?

- J’ai tué, comme tout le monde, me contentais-je de répondre à la question de ce charmant et dérangé samouraï.

Effectivement, tuer son demi-frère – donc une personne qui partageait au moins une goutte de sang avec lui – nécessitait d’avoir une sacrée case au moins. Je n’étais pas cruelle au point de sacrifier ma propre famille, par exemple. Par contre, comme je n’en ai plus, la question ne se pose plus vraiment je dois bien avouer.

« Le clan ».


Je lève les yeux au ciel devant cette affirmation naïve que Mira tentait de m’insérer dans ma petite tête. Ou devrais-je dire dans cette tête que « nous » partagions bon gré, mal gré. Le clan était le cadet de mes soucis, à vrai dire. Il n’avait qu’un seul et unique intérêt pour moi : si les membres étaient prêts à m’obéir, et jusqu’où cette obéissance pouvait aller. Or, je n’avais guère la motivation de tester une telle chose. Il était plus facile de recruter des mercenaires ou des hommes avec des envies malléables par mes soins. Gain de temps. Gain d’argent.

- Je ne retiens qu’une chose de votre philosophie : heureusement que le monde est dirigé par des Shinobi, et non des Samouraï. Voilà longtemps qu’il n’y aurait plus un seul combattant dans les parages. Car voyez-vous, cette fidélité et cette force de caractère ne concernent qu’un dixième des hommes. Le reste… le reste suit soit le troupeau, soit le fait pour un appât de gain. La vie est aussi simple que cela.

J’étais fatiguée par ces conversations dont Mira était trop friande. Peut-être cherchait-elle un sens à sa pitoyable vie ? Peut-être souhait-elle comprendre quelle était sa place dans ce nouveau monde post-Rébellion ? Je ne dirais qu’une chose à cette tête de linotte : notre place est au sommet de ce monde, parmi ceux qui modèlent à leur volonté chaque facette de cette vie monotone ou chaotique.

- Cette conversation philosophique me fatigue à vrai dire. Clôturons-la par une seule chose : pourquoi sommes-nous là ? Je suis là, car mon clan est là. Et vous ?


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Message(#) Sujet: Re: Nous sommes tous destinés à mourir [Shingen] Mer 3 Jan 2018 - 14:57

La discussion se passait bien jusqu’à cet instant, elle changeait subitement de comportement. Ce n’était pas une petite modification de son comportement qui pouvait s’expliquer par un saut d’humeur, elle semblait plutôt montrer son vrai visage. Ce changement m’étonna et je n’étais pas certain comment réagir à celui-ci ni pourquoi d’ailleurs il s’était opéré. Je partais du principe, et ce jusqu’à preuve du contraire, que je venais de dire quelque chose qui l’avait indirectement forcé à montrer son vrai visage. Un agacement ? Une colère ? Allez savoir et je m’en moquais un peu.

Au vue de sa vision des choses, il était pour moi aisé à comprendre qu’elle n’était qu’un danger pour tout le monde. Elle était pourrie jusqu’à la moelle osseuse, méprisant manifestement la vie humaine. J’en déduisais qu’elle ne cherchait qu’à user et abuser des humains selon ses bons vouloir, peut-être allait-elle même jusqu’à les tuer, les torturer ou tout autre forme de traitement plaisant sans le moindre remords. Certes, je n’en n’avais pas encore la certitude de cela, mais son comportement le laissait amplement sous-entendre.

Je pris bonne note de ce comportement et de sa vraie nature, je me fichais qu’elle mette en danger le village car il ne m’intéressait pas outre mesure, mais il était important de savoir ce que certains membres du village valait. Je devais la considérer comme une potentielle ennemie et non comme une alliée ou une amie. Les shinobi vivaient dans un monde de mensonges, de complots… et elle semblait s’y plaire pleinement, mais ces gens ne m’intéressaient.


Je vois que vous méprisez la vie humaine. Probablement que vous vous contentez d’exploiter les gens à votre guise et pour votre plaisir, je ne serais même pas étonné que vous tueriez, tortureriez des gens pour votre bon plaisir. Au moins vous avez dévoilé votre vrai visage, c’est déjà un bon début.


Je m’éloignais donc d’elle, pour moi la discussion était terminée à ce stade. Elle n’était plus intéressée par cette discussion et je ne l’étais pas non plus, la chose était donc réciproque. Les gens de son espèce ne m’intéressaient pas.


Ne faites pas comme si vous étiez capable d’une quelconque réflexion philosophique, contentez-vous de faire ce que vous savez certainement faire de mieux : traitez les gens comme des merdes.


Vrai ? Faux ? Je ne le savais pas, c’était une conclusion de ma part. Je m’éloignais davantage d’elle, faisant un simple signe de la main en l’air.

Bonne journée à vous.

C’était tout ce que je disais, le reste ne m’intéressait plus. Elle pouvait donc faire mumuse à sa guise, je m’en cognais le coquillard. J’avais la mémoire longue et je m’étais fais une bonne première image d’elle.
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Message(#) Sujet: Re: Nous sommes tous destinés à mourir [Shingen]

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Nous sommes tous destinés à mourir [Shingen]

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