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 Après toutes ces années

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Konoha
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Message(#) Sujet: Après toutes ces années Mar 19 Sep 2017 - 23:35

Au tout début, avant même que ne viennent les couleurs, l'image, les sons, il y avait la douleur. Elle était présente partout, dans les moindres recoins, lancinante et impitoyable. C'était cette première sensation qu'il perçut, bien avant même de reprendre conscience. Son corps la connaissait, il vivait pratiquement avec au quotidien.

« Je suis vivant. »


Cette douleur le lui rappelait, lui confirmait que s'il y avait bien une chose en laquelle il pouvait croire, c'est qu'il était encore en vie. Il avait survécu à une bataille de plus. Quel affrontement ce fut...

« Oniri ! »


Natsuki se redressa d'un bond dans son lit, que cette pensée le propulsa immédiatement dans la réalité. Mais il manqua son appuie des bras, instable, et tomba sur le côté. Sa tête percuta la première la rambarde, et le renvoya en position couchée dans un * bang * sonore, le crâne vrillé d'une cinglante douleur. Un grognement rageur s'échappa d'entre ses dents alors qu'il posa la main sur sa tempe meurtrie.

Ce dont il fut incapable.

Un œil tomba sur son bras droit qui refusait de répondre, pour y découvrir un moignon entamé bien au-dessus du biceps. L'espace d'un instant, il oublia la douleur que lui manifestait chaque parcelle de son corps. Il venait de perdre une partie de lui, une de plus qui allait impacter le reste de sa vie. Une vie qu'il aurait de toute façon donné, pour une femme pour qui il aurait pu presque tout sacrifier.

Incapable de se redresser à nouveau sans souffrir le martyr – et ses os lui firent très bien signifier le premier essaie -, il commença par parcourir l'endroit où il se trouvait. Il ne le connaissait pas, mais au moins, il y avait un toit et les murs n'étaient réduit à l'état de ruines. Cela voulait dire qu'il n'était plus dans l'ancien quartier de la Mégalopole qu'ils avaient transformé en vestiges. Et il n'était certainement pas arrivé ici tout seul : quelqu'un l'y avait amené.

Les souvenirs de son affrontement avec Yami contre Oniri remontèrent doucement dans son esprit embrumé, mais au lieu de l'aider à se situer, ils ne firent que l'agiter un peu plus alors que se faisait connaître le besoin de savoir si elle, elle allait bien. Est-ce que le rituel avait marché ? Est-ce qu'ils avaient pu la sauver ?

Son regard nerveux finit par tomber sur celui d'un chat humanoïde violacé, qu'à aucun moment il n'avait senti : s'il fermait les yeux, c'était comme si l'animal n'était pas présent avec lui dans la pièce. Et vu qu'il le connaissait relativement bien, ce n'était pas très difficile de deviner comment lui était arrivé dans ce lit.


« Vous êtes là pour me veiller ou me surveiller ? »
lui lança-t-il d'un regard torve.

Sous-entendu, '' je suis là comme un invité ou comme un prisonnier ? ''. Avec Yami, c'était pratiquement impossible de définir ce qu'elle avait précisément dans la tête. Et pour tout avouer, il était même surpris d'être ici plutôt que sous terre avec un pieu dans le cœur. Ce dont il pouvait être en tout cas sûr, c'était que ce n'était pas par charité qu'elle l'avait épargné : elle devait avoir plus à perdre qu'à y gagner en l'éliminant.

Il ne saurait pas dire ce qu'il regrettait le plus : qu'Oniri soit amie avec une femme comme elle, ou que lui n'arrive décidément pas à s'entendre avec la Ketsueki. Correction : que la haine de la Ketsueki à son égard les plonge dans une relation pareille.


« Peu importe. Comment va Oniri ? »


Il détestait les chats, mais c'était le seul interlocuteur qu'il avait à disposition pour le moment.
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Suna
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Message(#) Sujet: Re: Après toutes ces années Ven 22 Sep 2017 - 14:14

Hotep feignait l'indifférence face aux questionnements du Nara : je lui avais demandé de le surveiller, pas de bavarder avec lui, et puis j'avais été bien claire sur le fait de s'en méfier.

Fatiguée par toute cette perte de chakra pour maintenir tout le monde vivant et après avoir regreffé mon bras désormais intégralement bandé, reposant le long de mon corps, j'étais sans doute plus irritable qu'a l'accoutumé et je sentais d'avance que le Nara aurait le don d'user mes nerfs un peu plus.

« Elle se repose. »

Clamai-je tout en entrant dans la chambre avant de refermer la porte par habitude des hôpitaux, bien que nous nous trouvions dans l'un des appartements de la mégalopole qui nous appartenaient avec Oniri.

« Quelle sensation de déjà vu... »

Lui, blessé et a moitié mort sous mes bons soins.

« Vous m'en devez une. Une de plus. »

Oui, c'était bel et bien la seconde fois que je le soignais mais il y avait un bonus pour cette fois ci : je lui avais véritablement sauvé la vie.

« Ne me demandez pas pourquoi je l'ai fais, je ne saurais pas vous répondre. Ma trop grande bonté sans doute. »

Maintenant qu'il était réveillé je pouvais un peu mieux appréhender son état, même si j'avais déjà fait un bilan complet pendant qu'il comatait.
Observant ce qu'il restait de son bras, je vins apposer ma main valide sur son moignon afin de vérifier si son système circulatoire avait bel et bien coagulé en surface, sans infection : ce qui était le cas.

« Qu'est-ce que vous comptez faire pour ça ? Une prothèse ? Une greffe issue d'un autre corps ? Laisser ainsi ? »

C'était une vraie question.

« Si vous souhaitez une greffe, je dois bien avoir ça en stock... »

Arguai-je en ne plaisantant qu'a moitié.

Malgré tout, je poursuivis mon examen, relevant quelques mèches de ses cheveux macculés de sang que je n'avais pas souligné auparavant, alors qu'il y avait plus urgent à régler.

« Hmm... Vous avez deux grosses marques sur les tempes, mais ce n'est pas si étonnant. Après tout, vous avez des cornes... »

Petit sourire en coin lourd de sous entendus.
Je connaissais désormais son « secret » pour l'avoir vu de mes yeux, mais je lui révélais aussi l'un des miens par la même occasion. Même si cette information ne lui ferait ni chaud ni froid, puisque à mon grand damne je commençais à le connaître, et que si cette absence de réaction n'était pas amusante, il n'en restait pas moins que cela l'était de le dire.

Posant deux doigts sur l'une des blessures, je la soignai avant de passer à la seconde, n'ayant pour l'heure plus qu'une main opérationnelle.

« Et voilà ! Ce n'est plus qu'un vilain souvenir ! Le secret est sauf ! »

Toutefois, l'amusement sur mon visage ne s'éternisa pas tandis que je pointai du doigt mes côtes bandées.

« ça en revanche, ce n'est pas de l'histoire ancienne ! Qu'est-ce qui vous ai passé dans votre tête de cervidé monstrueux pour oser vous en prendre à moi ?! »

Parce que non, je n'avais pas oublié sa frappe pour m'éjecter durant notre combat contre Red.

« La trahison c'est plutôt mon terrain et je ne m'y suis même pas adonnée ! Vous vouliez me faire regretter davantage cette coopération déjà regrettable ? »

Mon ton, tout comme mon regard, était aussi affûté qu'un kunai.

« Je me demande bien pourquoi je vous soigne depuis deux jours alors maintenant que vous êtes finalement apte à parler j'aimerais bien en connaître la raison et savoir si j'aurais dû vous achever à la place.  »

Tout en proférant ces paroles, je retirai le capuchon d'une seringue, la plongeant dans la fiole posée sur la table basse pour en extraire le bon dosage, et attrapai son demi bras pour y piquer l'une de ses veines afin de le lui injecter. Il ne s'agissait de rien qui pourrait le tuer mais au contraire apaiser ses douleurs au point de le laisser aller au sommeil.
Le voir mourir était en effet faisable mais ce n'était pour l'heure pas une option : je ne m'étais pas donnée toute cette peine en puisant dans mon chakra pour tuer cet idiot maintenant. Pas encore.



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Konoha
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Message(#) Sujet: Re: Après toutes ces années Ven 22 Sep 2017 - 22:51

L'idée de soulever la petite commode à côté de son lit pour la lancer sur le chat qui l'ignorait traversa l'esprit de Natsuki. Ce n'était pas l'envie qui manquait, mais plutôt la capacité à le faire, bien qu'il aurait sans doute essayé incessamment sous peu si Yami n'était pas arrivée entre deux. Et à bien y repenser, il se demandait si finalement il ne préférait pas le félin humanoïde : le silence et l'absence de réponses à ses questions avaient presque meilleur goût que tout ce qui s'échappait des lèvres de la Ketsueki.

N'ayant guère envie de batailler avec elle dans l'immédiat, il opta pour le silence et une absence de contact visuel, surtout lorsqu'il n'y avait rien à dire. '' Oniri se reposait '', cela pouvait signifier beaucoup de choses, mais compte tenu de la situation et de la manière dont Yami l'annonçait, à priori, ils avaient réussit. Il ignorait encore à quel point, mais tout ceci était fini : il ne prit conscience de l'étau qui lui serrait le cœur d'inquiétude que maintenant qu'il se relâcha. Cela ouvrait encore de nombreuses questions sur la suite, sur ce qu'il adviendra d'eux trois et de sa relation en suspend depuis des années avec Oniri, mais l'heure n'y était pas encore. Dans l'immédiat, il pouvait surtout se réjouir d'être parvenu à effacer Red – et espérer qu'elle ne refasse jamais surface, à l'inverse de son propre corps dont les pulsions arrivaient à se manifester occasionnellement.


« J'imagine que je dois vous dire '' merci '', du coup ? »
lança-t-il en observant son plafond d'un air fatigué.

Entre deux examens de la médecin qui n'incluait rien d'invasif, elle le questionna sur le bras qu'il avait perdu. Par habitude, il tenta de le mettre devant ses yeux pour y réfléchir, sans succès pour des raisons évidentes.


« Je n'en sais rien, je n'ai pas la tête à réfléchir à cela pour le moment. »
finit-il par répondre, agacé.

La douleur omniprésente n'aidait pas, pas plus que les doigts froids de Yami qui le palpait ici et là.


« Ne vous fatiguez pas avec cela. »
dit-il en écartant la tête sur le côté, alors qu'il sentait le désagréable chakra de Yami s'infiltrer pour accélérer la cicatrisation de ses plaies aux tempes. « Elles repousseront de toute façon. »

Il avait arrêté de les poncer avec le temps, ayant l'impression que les naissances de cornes qui lui marquaient les tempes ne faisaient que revenir plus vite. Les cacher sous ses mèches de cheveux et faire attention à ses mouvements étaient devenu un automatisme à force. Ce dont il mit un moment à comprendre par contre, ce fut l'accusation de Yami, dont le nombril à l'air qu'elle lui indiquait ne lui apportait pas beaucoup plus d'éléments. Le bandage sous la poitrine peut-être ?


« Je vous ai attaqué ? »
hasarda-t-il avec un réel doute dans la voix.

Il tourna la tête vers elle, puis après quelques instants à observer ses côtes, ramena son regard pensif vers le plafond.


« Je regrette. »
finit-il pas dire.

Il regrettait de l'avoir attaqué dans l'élan de sa frénésie. Car s'il l'avait fait consciemment, il aurait pu peut-être en tirer au moins un peu de satisfaction, depuis le temps que cela le démangeait.


« Je ne m'en souviens pas vraiment. J'ai tendance à ne pas être totalement maître de ce corps lorsqu'il se fait emporter dans l'ivresse combat. La colère m'aveugle et rend la perception du monde plus compliquée. Mes souvenirs n'en sont que plus vagues. »


Cela ressemblait à tout, sauf à une justification : il avait déjà présenté ce qui se rapprochait le plus d'excuses quelques secondes plus tôt. Yami lui en voulait, mais il n'était sincèrement plus à cela près tant la liste de reproches – justifiés ou non – était longue. Ce n'était pas comme s'il comptait qu'il y ai un jour un mieux dans leurs interactions.

Son dernier pouce et indexe posés sur l'arrêtes de son nez, il tenta de se remémorer aussi clairement qu'il le pouvait l'affrontement cataclysmique auxquels ils avaient tous les trois été les acteurs principaux. Ce qui était loin d'être évident, car plus le combat s'était prolongé, et plus il avait dû lui-même puiser dans la nature de son corps pour tenir le rythme et survivre. En conséquence, plus il avançait dans la chaine de ses souvenirs, et plus ces derniers étaient flous et dénaturés.


« Ce n'était pas juste avant l'explosion foudroyante de Red, qui a pulvérisé même la pierre ? »
hasarda-t-il encore, sans certitude. « Je vous ai empêché d'y être en plein cœur non ? Vous pensez que vous y auriez survécu autrement ? » demanda-t-il avec un sourire plus certain et plus arrogant sur les lèvres. « J'ai soulagé un peu mon ardoise, en fait. »

Ce n'était pas encore l'égalité, mais ce n'était pas non plus comme s'il comptait les points : il avait passé l'âge, et la dernière chose dont il avait envie, c'était d'attendre une faveur de Yami. Sauf peut-être lui en devoir une, un point discutable dans la mesure où elle n'avait fait que le sortir de pétrin dans lequel elle l'avait fourré. Même si c'était pour une femme à laquelle ils tenaient tous les deux.

En toute réponse, il eu droit à une injection dont la précision et la rapidité d'exécution trahissait l'expérience.


« J'ai au moins le droit de savoir ce que c'est ? »
demanda-t-il à la médecin qui avait plus de reproches à lui faire que d'explication à lui donner.

Yami était peut-être une excellente médecin, mais niveau relation soignant/soigné, c'était le zéro pointé. Sauf si cela était dû à leur relation viciée de base.


« Quelle est la suite maintenant ? Je vais devoir partir avec un pansement sur le bras sitôt que je serai capable de mettre un pied devant l'autre, ou j'aurai quand même le droit de voir Oniri avant d'être mit à la porte ? »


La question n'était pas tout à fait sérieuse cela dit : car à son regard, Yami pouvait clairement y lire une invitation à seulement essayer de l'en empêcher.


« Et une dernière chose. »
lança-t-il alors qu'il sentait le produit commencer à faire effet. « Vous pouvez garder votre chat avec vous en partant, je ne ferai pas faire de bêtises. »

Il n'était pas en état pour...
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Message(#) Sujet: Re: Après toutes ces années Mer 27 Sep 2017 - 16:39

L'ignorance. Voilà le terrain que choisissait le Nara quant à l'attaque qu'il m'avait porté malgré notre « alliance ».
Il évoquait même le regret.

« Allons, nous n'en sommes plus aux faux semblants. Inutile de proférer des paroles dont vous ne pensez pas un traître mot simplement pour embellir la chose. Vous vous moquez de mon pardon tout comme je n'ai que faire de vos regrets, quand bien même seraient-ils sincères. »

Les politesses hypocrites ne faisaient plus parties de nos échanges. Ils étaient directs et incisifs sans volonté de changement.

« Votre démon à le dos large. C'est là la justification que vous donnez pour tout vos méfaits sous son action ? « c'est de la faute de mon akuma, pas la mienne » ? »

Brillante imitation s'il en est.

« Avouez plutôt que vous auriez aimé me frapper en toute conscience, ne serait-ce que pour en ressentir une certaine satisfaction. Cela me fait mal de le dire mais sur ce point nous sommes identiques. A l'exception près que je n'ai pas d'entité derrière laquelle me cacher. »

Son cheminement de pensée qui le mena finalement à la conclusion qu'il m'avait plus aidé qu'autre chose m'étira un sourire à la fois amusé et consterné.

« Vous devriez pourtant savoir que l'on ne se débarrasse pas de moi si facilement. J'aurais survécu au souffle sans votre gentillesse et je m'en serais mieux portée. »

Toute cette conversation n'était qu'une note légère comparé au sujet qui suivi. Bien entendu, il était inéluctable qu'il finisse par être abordé mais cela n'enlevait en rien son caractère irritant.

« Ce que je vous ai injecté est un tranquillisant qui va accélérer votre régénération. Vous allez dormir. Pour le reste... »

Je toisai son regard aussi déterminé que le mien, luisant d'une pointe de défi.

« Vous pourrez la voir et je n'essayerais pas de vous en empêcher. La retrouver et la savoir en sûreté, c'est ce qui vous a poussé à agir, tout comme moi. C'est bien pour cette force de conviction que je vous ai contacté afin de me prêter assistance. »

Mon discours était teinté d'amertume tout autant que de sincérité. C'était là la seule forme de merci qu'il obtiendrait de ma part.

« Toutefois, Oniri ne sera pas remise avant un bon moment : tant physiquement que psychiquement. Veuillez donc à ne pas abuser de son peu d'énergie ou à la perturber plus qu'elle ne l'est déjà actuellement. Je vous demanderais également de me faire savoir lorsque vous vous sentirez en état pour aller lui parler. Non pas pour vous espionner ou que sais-je, mais simplement pour ne pas que vous la dérangiez en plein sommeil. Vous savez tout comme moi que c'est une denrée bien trop rare pour elle.»

Je jetai un coup d’œil à Hotep.

« Vous n'aurez cas le lui faire savoir. Puisqu'il reste là. »

Voyant que l'injection commençait déjà a faire son petit effet je me levais et lui adressai une dernière parole que je n'étais pas certaine qu'il entendrait :

« L’entièreté de cette collaboration entre nous n'a reposé que sur le sauvetage d'Oniri. Mais ce n'est pas pour cette raison que vous êtes encore vivant. C'est pour son bien être. »

Là dessus je passais la porte et la refermai derrière moi, mettant quelques instants de trop à lâcher la poignée avant de finalement rejoindre la concernée.



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Message(#) Sujet: Re: Après toutes ces années Lun 2 Oct 2017 - 15:45

*****

Mon esprit troublé se dissipa bien vite en l'apercevant dans son lit d'infortune. M'asseyant auprès d'elle, je pris sa main entre la mienne en me contentant du silence.

Son état s'était stabilisé. J'avais évité le pire. Les soins majeurs lui avaient été apporté et son démon se chargeait de restaurer son corps dans une douce ironie.
Pourtant, je n'arrivais pas à en être heureuse. Elle était sauvée mais malgré tout, je l'avais perdu.
Elle m'avait échappé et choisi de s'enrouler dans les bras du Nara qui pointait sur moi ses bois de cervidé dans un air de défi.

Devais-je me blâmer ? S'ils se retrouvaient aujourd'hui, convalescents dans la même bâtisse, c'était bien parce que je les avais réunis. Quémandant l'aide du Nara en organisant par extension, sciemment des retrouvailles.
Oui, je pouvais me blâmer, au fond, car j'avais agi pour maximiser les chances de la tirer de cette déchéance. J'avais agi pour elle, en songeant à ce qu'elle aurait voulu également, en épargnant le cerf aux portes de la mort, le soignant même. Pour une fois, je n'avais pas agi de cette façon égoïste que l'on me reprochait tant et pour une fois j'étais rongée par la culpabilité... Quel sentiment détestable que cette sensation d'insatisfaction, d'avoir été bridé dans mes décisions...

Une pointe de regret me traversa, bien vite mise de côté en entendant Oniri s'agiter et prononcer le nom de ses sauveurs. J'affichai l'esquisse d'un sourire à la place tandis que ma main libre venait remettre quelques mèches de ses cheveux en place.

« Oui, je suis là Oniri. Comment te sens tu ? »

Pour faciliter son réveil, et le rendre moins douloureux, je laissais mon chakra se diffuser à travers son corps dans un halo verdâtre durant quelques instants.

« Tu reviens de loin. Ne force pas trop, tu as besoin de repos. »

Lui intimai-je d'une voix doucereuse tout en lui caressant le dos de la main de mon pouce.
Elle n'avait pas a tenir une conversation pour l'instant si elle n'en avait pas l'énergie.

« Ça fait plaisir de te revoir parmi nous. »

Tu m'as manqué... étant quelque chose que je ne parvenais pas à lui dire puisque ce n'était pas révolu. Il était inutile d'en parler au passé.

« Je sais que tu n'as ni l'esprit ni l'envie d'y penser pour le moment mais... que comptes tu faire maintenant ? Ta convalescence prendra du temps et certaines plaies mettront des mois a être correctement soignées, d'autres peut-être même des années... »

Alors que ses blessures mentales ne disparaîtraient probablement jamais.

« Tu sais... Red m'a donné la sensation de te perdre, de faire face à une toute nouvelle personne. Au début ce changement de personnalité ne me déplaisait pas : Red aurait fait une Ketsueki parfaite. Elle me ressemblait sur bien des points. Mais il y avait aussi ces différences... celles là même qui me rappelaient chaque fois que tu n'étais plus Oniri. Que Red t'avait remplacé. Je t'ai finalement retrouvé, telle que tu l'étais avant, et cela au prix de quelques sacrifices... Mais... »

Mon ton trahissait mon émotion et pourtant mon cœur ne me faisait rien ressentir. Le mien, celui m'ayant accompagné depuis ma naissance, l'aurait fait, mais pas ce cœur d'emprunt. Pas le cœur Immortel. Malgré tout, j'étais parcourue d'une infinie tristesse et rattrapée par cette pointe d'amertume envers moi même.

« La vérité c'est que je ne t'ai pas perdu lorsque Red a pris ta place. Mais bien avant... »



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Message(#) Sujet: Re: Après toutes ces années Jeu 5 Oct 2017 - 22:53

Où suis-je ? Que s'est-il passé ? Pourquoi ais-je si mal ?

Mes yeux sont ouverts. J'en suis certaine. Pourtant je ne vois rien. Les ténèbres m'enveloppent dans leur linceul glacé. Un profond sentiment de solitude m'envahit. Le son d'une voix familière vient cependant dissiper mes doutes sans pour autant apaiser mes maux. Il y a quelque chose de rassurant. Et j'arrive à sentir le contact chaud de sa main à travers ce qui doit être des bandages. Je ne trouve pas la force nécessaire pour lui répondre. Mon esprit est confus. Je crois me souvenir d'un terrible affrontement. Est-ce... Est-ce Yami qui m'a mise dans cet état ?

Je repense à son regard de braise à travers la pluie que sublimaient les grondements de l'orage. Elle n'était pas seule... Quelque chose l'accompagnait. Une créature effroyable dont la présence m'est pourtant familière. Je n'ai aucun moment précis en tête. Seulement des images, des sensations, toute cette douleur, toute cette peine... Je sens une boule se former dans ma gorge. Un frisson glacé me parcours l'échine. Mon cœur peine à suivre le rythme de ce soubresaut.

Yami... Elle est toujours là. Je pourrais reconnaître son chakra entre mille. Une douce chaleur me traverse. Je l'écoute tant bien que mal tandis qu'elle s'adresse à moi. Le regard perdu dans le vide, l'âme égarée à travers la réminiscence intériorisée des derniers événements. C'est étrange. Je réalise avoir perdu des années entières de ma vie, comme si un brouillard s'était dressé entre elles et moi. Tout me paraît si lointain. Je m'efforce de comprendre, de me souvenir. Encore des images, des sensations, du sang, des morts et cette longue agonie silencieuse...

De chaudes larmes glissent le long de mes pommettes. Je me crispe brusquement sous mes draps. Mon corps meurtri me rappelle à l'ordre. Je sers les dents pour mieux supporter la douleur avant de me relâcher dans un soupir à peine audible.

Après un court instant Yami reprend la parole. Elle me demande déjà ce qu'il compte advenir de moi.

« Je... je ne sais pas... »

Je comprends... Je comprends que quelque chose ne va pas. Je me sens tiraillée par les remords. Ils me donnent cette impression de ne pas avoir le droit d'aspirer au bonheur. C'est finalement en entendant le nom de Red que, prise de panique, gouvernée par l'incertitude et le désespoir, j'abandonne ma volonté et mon âme aux gré des courants sans savoir où elles finiront par s'échouer.

« Yami... » Dis-je à moi-même d'une voix brisée...

Il y a alors son visage qui m'apparaît soudainement, semblable à l'écho lointain des vagues qui viennent s'écraser contre le rivage d'une plage perdue dans les méandres de mes souvenirs. Une autre époque... Un autre rêve...

« Natsuki... » Je me fends d'un sanglot.

Pour eux deux... Pour tout ce que j'ai pu faire au monde...

« Je suis désolée... » Sanglotais-je tandis que mes doigts cherchent une prise à laquelle se raccrocher.


Dernière édition par Meïka A. Oniri le Mar 10 Oct 2017 - 22:15, édité 2 fois
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Message(#) Sujet: Re: Après toutes ces années Lun 9 Oct 2017 - 23:08


Elle était bouleversée. Perdue.
Il y avait bien longtemps que je ne l'avais pas vu ainsi. Loin de la grandeur et de la prestance impérialiste de Red, gorgée de sentiments contraires et tiraillée par une profonde culpabilité.
C'était Oniri. C'était la Oniri que je connaissais.
Celle qui était forte mais savait exprimer sa peine lorsque l'orage obscurcissait le ciel radieux, lézardant de ses éclairs une atmosphère souillée, écrasée sous leur poids.

Ses larmes me faisaient mal autant qu'elles m'apaisaient. Elle était de nouveau capable d'extériorisée sa tristesse. Ce constat m'affecta bien plus que je ne le crus.
Agrippant sa main qui cherchait mon soutien, je l'observai de mon regard écarlate gorgé d'émotions.

« Tu n'as pas à l'être... Ce n'était pas toi. Tu n'aurais pas agi ainsi. C'est une étrangère que j'ai côtoyé tout ce temps. La véritable Oniri, c'est celle qui se tient face à moi maintenant. »

Je me penchai en avant pour venir attraper sa tête délicatement et coller ma joue contre la sienne, laissant mes larmes silencieuses faire un bout de chemin avec ses propres perles salines.

« Rien ne pourra effacer les actes passés. C'est ainsi... Tu n'as pas besoin de regarder en arrière, vers ces années de ta vie qui ne t'appartiennent pas. Contemple l'avenir. Reconstruis toi. Il n'y a que de cette façon que tu parviendras à avancer. »

Clamai-je dans ce qui était presque un murmure.

Mes lèvres vinrent se poser sur son front tandis que je me reculai légèrement pour capter son regard pourtant sans doute encore aveugle.

« Je serais toujours là pour toi. Je l'ai toujours été et je n'ai jamais cessé de croire en toi. C'est pour cette raison que je savais qu'il était encore possible de te ramener. Parce que tu as toi même conservé cette volonté. Red n'a pas su l'endiguée complètement parce que tu ne le lui a pas permis... »

Elle voulait revenir et s'était bataillée contre elle même ainsi que ses gênes Akuma pour maintenir cette possibilité. Moi et Natsuki n'avions fait qu'enfoncer la brèche qu'elle avait laissé volontairement.

« Tu es forte. Bien plus que tu ne l'imagines, sans doute. Tu surmonteras cette épreuve, je t'y aiderais. »

Ma main vint cajoler sa joue humide.

« Tu n'es pas seule, et tu le sais. »

Je n'avais pas envie d'évoquer clairement le Nara dans ce moment à nous mais j'étais certaine qu'elle avait compris où je voulais en venir.

Mordant mes lèvres de mes canines effilées, je laissai mon élixir écarlate s'échapper et vins les poser sur les siennes.
Je me reculai peu après, ne laissant l'échange ne durer que quelques instants, et relâchai la prise sur sa main afin de remonter le drap pour mieux la couvrir.

« Tu devrais te reposer maintenant. Tu as des années de sommeil à rattraper. »

Arguai-je dans un demi sourire avant de me rasseoir à son chevet.



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Message(#) Sujet: Re: Après toutes ces années Mar 10 Oct 2017 - 23:45

J'ai toujours considéré qu'il est ridicule pour une Kunoichi de pleurer, parce qu'elle se doit d'être forte, implacable, à l'image d'une force de la nature, d'une puissante tempête sans peur ni chagrin dans son cœur. Red incarne cet idéal, cette erreur de jugement... Aujourd'hui je réalise à quel point il est important de pleurer. Cela permet de se décharger du poids des remords et de la fatalité qui pèsent sur l'âme.

Le réconfort que Yami m'apporte parvient à me toucher. Seulement il y a dans ses dires une part d'ignorance qui tend à idéaliser ma condition. Ainsi tout pourrait être aussi simple. Si je le veux, il me suffit de faire comme elle, d'attribuer l'origine de tous les maux à cette soit disant individualité appelée Red. Mais une fois encore cela reviendrait à se voiler la face. Ce n'est pas ce que je souhaite. Quand bien même cette vérité enserre mes entrailles dans un étaux de culpabilité je ne peux la renier au risque de revenir en arrière.

« Non... » Dis-je d'un ton qui se veut plus ferme tout en réprimant mes sanglots qui se traduisent par de légers soubresauts. « J'ai... J'ai toujours été moi... »

L'horreur écarlate pleine de haine et de cruauté n'est jamais venue supplanter ma conscience. Elle est là depuis de nombreuses années, refoulée au plus profond de moi, bien avant mon départ de Kaze. Trouve-t-elle sont origines dans mon passé tourmenté ou bien dans ma nature démoniaque ? Peut-être un peu des deux ? Je l'ignore, mais elle est toujours présente. En ce moment même, alors que mon raisonnement et mes sens sont plus éprouvés que jamais, j'arrive encore à ressentir ce qui, désormais, brille comme une étincelle. L'instinct dans sa représentation la plus pure ; un mélange de sauvagerie et d'aliénation qui ne demande qu'à extérioriser la moindre de ses pulsions.

Ce sentiment m'effraie. Sans doute est-ce qui a toujours été. Au fond de moi. Je suis mon propre cauchemar, ma plus grande peur.

La chaleur de sa joue m’irradie le visage. Sa présence a quelque chose de rassurant et a l'effet d'un baume apaisant. Si elle n'atténue pas les remous de mon âme, elle me confère tout de même la force de les affronter. Et, bien que lointaine, ses paroles fond sens avec mon désir d'aller de l'avant. Quand bien même j'ai toujours cherché à m'isoler je n'y suis jamais parvenue car une part de moi a toujours recherché des personnes capables de m'apporter ce dont j'ai tant besoin. Moi, Red où encore ma nature démoniaque avons tous échoués à nous y soustraire...

« Non je ne suis pas seule... » Repensais-je.

Je me laisse porter par son affection. Elle donne la sensation de partager mon fardeau. Je suis cependant prise d'un mouvement de recul au moment où je sens ses lèvres se poser sur les miennes. Sur l'instant je ne suis pas apte à prendre la mesure ni à comprendre la symbolique d'un tel acte et reste simplement impassible, sans y répondre et sans la rejeter quand bien même j'en aurai eu la force. Mes sentiments à son égard ne sont plus égaux à ceux que j'ai jadis éprouvée pour elle. Ils ont pris un autre tournant et ont évolué de bien des façons. Aujourd'hui j'ignore si elle réalise l'importance qu'elle a à mes yeux et la place qu'elle occupe dans ma vie. L'avenir demeure incertain, mais je sais que nous pourrons toujours compter l'une sur l'autre, nous nous le sommes mainte fois prouvées.

Par delà le déluge d'émotions qui m'assaillent cette passée fait naître en moi une pointe de joie. Quelque part le fait de savoir cela me rassure.

Après quoi la fatigue arrive pour réclamer son du sur mon émoi. Je me sens sombrer lentement, mais avant cela je trouve la force d'adresser un dernier regard aveugle en direction de Yami, les yeux pleins de reconnaissance.
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Konoha
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Message(#) Sujet: Re: Après toutes ces années Jeu 12 Oct 2017 - 0:49

« Je vous parle ! » s'énerva Natsuki depuis son lit.

Hotep restait impassible, comme si son cerveau était éteint, et son esprit complètement ailleurs. Jusqu'à ce qu'un oreiller vole vers sa figure avec assez de force pour éclater, faute de pouvoir impacter le mur.


« Cela fait deux jours que j'attends qu'une belle infirmière m'apporte à manger. Le plan est de me laisser mourir de faim maintenant ? »


Natsuki et Hotep s'entendaient à merveille, aidés par des fondements raciaux profondément ancrés en eux.


**********************

Il n'avait pas prévu de s'absenter aussi longtemps, Ayumi allait finir par envoyer une troupe à la recherche de son cadavre, ou d'une unité pour le faire en devenir un si la situation perdurait. Elle avait confiance, mais cette dernière avait des limites, qu'il comprenait.

Depuis cinq jours qu'il était alité, Natsuki avait pu récupérer un peu en force, mais rester enfermé avait finit par lui entamer les nerfs. Il avait besoin de voir autre chose que les quatre murs de cette pièce et la face félidée de son garde planté devant la porte. Il se leva alors, ses jambes le soutenant aussi bien que celles d'un joueur de pétanque le lendemain d'un marathon sans préparation. Il s'en sorti donc plutôt bien compte tenu de ce qu'il avait traversé, et les soins de Yami y étaient pour beaucoup.


« Je veux sortir d'ici. Alors soit vous m'accompagnez prendre l'air, soit vous vous écartez de cette porte, mais une chose est sûre, c'est que vous ne serez plus devant dans trois secondes. »


Il était impossible de gagner une bataille de regard contre un chat, aussi l'ultimatum traduisait clairement que Natsuki n'aura pas la patience d'attendre qu'Hotep détourne les yeux alors qu'il le jaugeait. C'est l'ouverture de la porte qui empêcha les hostilités de débuter : Yami en était sur le pas.

Pas vraiment besoin d'échanger plus de mots que l'essentiel, surtout si c'était pour finir l'un sur l'autre au sol, les vêtements en lambeaux dans la plus sanguinaire des étreintes : elle lui annonça qu'Oniri allait un peu mieux, assez pour avoir la visite de quelqu'un d'autre que son médecin traitant. Yami n'était pas particulièrement enthousiaste vis-à-vis de cela, mais tel étaient les termes de leur arrangement. Un arrangement qui prenait fin aujourd'hui.

Il était bête de se dire auprès tout ce qu'il avait traversé, il se retrouvait stupidement devant la porte d'Oniri sans parvenir à entrer. Ce mince panneau de bois qui le séparait de la Saibogu n'avait absolument pas de quoi l'empêcher d'avancer, et pourtant, il était incapable de le franchir, paralysé, le bras à mi-hauteur pour frapper.

Il s'en était passé des choses depuis qu'Oniri avait disparu de sa vie, c'était le moins qu'il pouvait dire. Tant de choses qu'il ne savait plus où il en était. Jusqu'à présent, cela n'avait pas eu d'importance, tout ce qui comptait avait été de sauver Oniri, mais il n'avait jamais prit vraiment le temps de songer au '' après ''. Parce qu’inconsciemment, il le craignait. Parce qu'aujourd'hui, tout ce qui avait été laissé en suspend allait peut-être trouver des réponses, des réponses qu'il n'était pas certain de vouloir entendre. L'incertitude était un poison, mais parfois l'on le préférait aux révélations.

L'hésitation dura un moment, puis finalement, il frappa en retenant son souffle, et poussa la poignée de la porte. Qui ne bougea pas. Il changea alors de bras, et entra.

Oniri était là, juste devant lui.

Son cœur manqua un battement dans sa poitrine, avant de commencer à tambouriner jusqu'à ses tempes. Il n'osait pas croire qu'enfin tout était fini, qu'il avait enfin pu ramener la Oniri de ses souvenirs. Il n'osait pas croire qu'il était aussi terrifié de l'affronter maintenant, même si, en faisant abstraction de tous ses sentiments chaotiques, il était véritablement heureux de la retrouver.


« Salut Nini, ça faisait longtemps. »
parvint-il à articuler finalement, un sourire peint sur les lèvres.

Dans un grand soupir, il se laissa tomber lourdement sur la chaise à côté du lit, la fatigue aidant.


« Comment te sens-tu, à part mal et cassée de partout ? »


Ses yeux ne parvenaient plus à se détourner d'Oniri. Elle avait l'air terriblement épuisée, et malgré que Yami avait dû lui accorder beaucoup plus d'attention et de soins qu'à lui, elle portait encore les marques de leur combat. Et pourtant, elle restait belle à travers tout. Elle restait la femme qu'il avait aimé.


« Yami m'a dit que tu avais perdu la vue. Mais quelque part, je me dis que ce n'est pas plus mal : cela t'évitera de voir à quel point j'ai l'air misérable et anxieux. »


Il se passa la main sur le visage.


« Je suis content de te revoir, de savoir que même sans ton accord, j'ai réussit à te retrouver. Je l'étais un peu moins en apprenant que tu n'avais pas tenu la promesse que tu m'avais fait, mais c'est sans importance maintenant. Tu es là, tu es sauve, et c'est tout ce qui compte. »


Après une seconde d'hésitation, il trouva le courage de s'avancer, et de poser sa main sur celle d'Oniri.


« Et avant toute chose, je ne veux pas entendre d'excuse de ta part, comprit ? J'ai remué le ciel et la terre pour toi, parce que tu en valais la peine. Je recommencerai sans la moindre hésitation s'il le fallait, et autant de fois qu'il le faudra. »


Elle avait fait la même chose pour lui il y a des années, mais ce n'était pas l'unique raison qui l'avait poussé à faire équipe avec Yami.


« Évite juste de me refaire le coup demain, d'accord ? Je ne suis pas encore en état pour recommencer ce genre de folies. »


Sa voix légère cherchait la plaisanterie, tout comme son toucher se voulait rassurant, mais cela ne cachait pas la certaine tension qui planait dans la pièce. Une tension qui ne le laissait pas pleinement à son aise.
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Message(#) Sujet: Re: Après toutes ces années Jeu 12 Oct 2017 - 23:24


Cinq jours se sont écoulés depuis les derniers événements. Depuis cet affrontement fatidique. Mon état physique est désormais stabilisé et pour ce qui est de mon mental... Disons qu'une fois passé les quelques dérèglements psychologiques et l'intense fébrilité psychique relative aux nombreux bouleversements auxquels j'ai été sujette ; j'ai commencé à me sentir mieux. Il m'arrive encore d'avoir des pensées confuses ainsi que des difficultés, ma cécité n'aidant pas à prendre conscience de la situation présente. Toutefois, j'estime que ce qui reste de ma tête a en partie réussie à retourner sur mes épaules.

Naturellement cela ne résout en rien le fondement du problème et je n'ai encore trouvé aucune réponse aux nombreuses questions qui assaillent mon esprit. L'une d'elle, plus pesante que toutes les autres, m'affecte tout particulièrement depuis l'instant où j'ai été en mesure de comprendre son existence. Cette créature qui accompagnait Yami n'était autre que Natsuki. Ils sont tous les deux venus me chercher. Et à dire vrai j'ignore quoi penser de tout ceci. J'ai comme l'impression de m'éveiller d'un long rêve et, par conséquent, tous mes souvenirs relatifs à mon ancienne folie sont recouverts par une épaisse brume.

Alors, bien au-delà de cet écran, vers ce qui me paraît être un autre continent reposent les souvenirs de ma première vie. De mes rêves, de mes espoirs, de mes aspirations... Je sais que si je désire aller de l'avant je dois avant toute chose m'en inspirer, cela dans le but de forger un avenir qui me correspond. Mais ce n'est pas aussi simple qu'il n'y paraît. Aujourd'hui je ne sais plus qui je suis réellement, ni celle que j'ai jadis été avant que la déviance ne s'empare de moi.

Et au milieu de tout ce désordre Natsuki occupe une place importante. Je sais l'avoir jadis aimé, sans être certaine de ce qu'il en est à présent. Sans doute est-ce parce que la vérité m'effraie. Peut-être mon jugement est-il influencé par la honte éprouvée vis-à-vis de mes fautes, car plus que tous, il a été le plus impacté par mes mauvaises décisions. Le fait de savoir qu'il se trouve à seulement quelques mètres de moi dans une pièce avoisinant la mienne me met mal à l'aise car je sens venir nos inéluctables retrouvailles. Je suis pleine de doute à cet égard.

Toutes mes préparations ne parviennent pas à soulager la boule qui se forme dans mon estomac lorsqu'on frappe finalement à la porte pour ce qui me semble être une éternité après que Yami soit sortie de la chambrer pour l'inviter à me rejoindre. J'ai demandé à ce qu'elle m'assied légèrement adossée contre la tête de lit. Je devine, à la simple façon dont s'ouvre la porte, que ce n'est pas mon amie qui entre dans la pièce. Il est là, seule, sans doute en face de moi et je ne peux le voir. La boule remonte jusque dans ma gorge. Je peine à déglutir et à respirer. Le malaise est certain. Les battements frénétiques dans ma cage thoracique en témoignent. Ce sentiment paradoxal est difficile à décrire. Un mélange d'inquiétude et de joie.

« Nini ? »

C'est, pâteusement, la seule chose que je parviens à articuler. Même si je comprends, bien que très maladroite, sa démarche de vouloir détendre l'atmosphère. Toujours est-il que son propos créé un étrange décalage avec la situation. Ce n'est pas comme si nous étions d'anciens amis de longues dates qui se retrouvent après s'être perdu de vue. A dire vrai j'ignore ce que nous sommes encore censés être l'un pour l'autre.

« Je dirais que j'ai connu pire... »

Bien que dans mon cas la remarque semble plausible il ne s'agit rien de plus qu'un fieffé mensonge. Aucun mal n'a déjà été aussi intense. Peut-être est-ce même un peu trop pour moi cette fois-ci. Toutefois, j'estime n'avoir décemment pas le droit de me plaindre, pas après tout ce que j'ai fait. J'ai ensuite l'impression que l'atmosphère s’alourdit brusquement, précisément au moment où il s'installe à côté de moi. Mes yeux demeurent grands ouverts, perdus dans les ténèbres, ce qui ne m'empêche pas de faire l'effort décent et douloureux de tourner la tête dans sa direction. Je me fends alors d'un léger sourire, sans saveur, avant de répondre à sa remarque.

« J'aimerais que tu le sois aussi... Je préfère ne pas imaginer ce dont je dois avoir l'air »

Même si c'est déjà fait depuis longtemps. Sans doute bien plus pathétique que misérable, mais il s'agit de la dernière de mes préoccupations tout comme je me moque bien de l'image qu'il peut me renvoyer. Je suis simplement contente qu'il soit là en dépit du profond malaise qui continue de s'installer entre nous. Les propos qui suivent ne fond que renforcer ce sentiment et me font l'effet d'un coup de poignard entre les côtes. Bien que cela soit justifié j'aurai préféré qu'il évite de me renvoyer le fait de ne pas avoir tenu ma promesse au visage. Je me sens plus que jamais honteuse devant lui si bien que j'en viens d’instinct à baisser les yeux tout en me mordant la lèvre inférieure. Le contact de sa main sur la mienne me fait doucement sursauter. Et comme il me connaît malheureusement si bien le voici qui me devance en m'interdisant de m'excuser.

« Pourtant, je le devrais, plus à toi qu'à quiconque... Alors laisse-moi au moins te remercier... » Je marque une courte pause. Nombreuses sont les raisons qui rendent cette conversation difficile. «  Mais je ne crois pas mériter tout cela. »

Une question se propage alors telle une traînée de poudre dans mon esprit ; supplantant ainsi toutes les autres pour ne laisser qu'elle. Elle me serre le cœur en même temps que je serre les dents et que mes doigts se crispent sur mes draps. Je tente de réprimer cette boule d'émotion qui désormais ne demande plus qu'à sortir.

« Pourquoi ? » Finis-je par sangloter... « Pourquoi ? » Dis-je sans parvenir à retenir ces larmes qui à présent glissent le long de mes joues.

Pourquoi cette question fait-elle si mal ?
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Message(#) Sujet: Re: Après toutes ces années Lun 16 Oct 2017 - 12:03


Natsuki avait affronté la colère de Red, ses lames et ses balles sans faillir. Il avait supporté les assauts, la foudre et son regard sanguinaire sans broncher. Et pourtant, aussi inoffensives qu'elles étaient, chacune des larmes d'Oniri lui firent l'effet d'un coup de couteau directement dans le cœur.

« Pourquoi ? »
répéta-t-il en essayant de rester maître de lui-même. « Pourquoi j'ai fait tout cela, tu veux dire ? Certainement pas pour des remerciements non plus. Par loyauté peut-être. Parce que tu avais été là quand j'en avais eu besoin, et qu'un retour d’ascenseur s'imposait. Éventuellement aussi parce que c'est en partie de ma faute aussi si tu t'es retrouvée dans cette situation. »

Il sentait Oniri serrer les draps sous sa main, mais il ne lâcha pas, comme s'il avait peur qu'en le faisant, elle s'échappe à nouveau d'entre ses doigts, et qu'il la perde une fois de plus. Cela arrivera peut-être, mais pas tout de suite. Il ne le voulait pas.


« Mais ce ne serait pas toute la vérité que de dire juste cela. Je n'ai pas à rougir de mes aptitudes à mentir, mais pour toi je n'ai pas de secret. »


Prenant sa main dans la sienne, il la dirigea vers son torse, là où pendait un collier en forme de soleil, taillé dans un coquillage il y a bien longtemps. Il savait qu'elle n'avait pas besoin de ses yeux pour le reconnaître.


« Je l'ai fait parce que je t'aimais, Oniri. Et maintenant que je te revois, que tu es là devant moi, je réalise que malgré toutes ces années, mes sentiments pour toi n'ont jamais vraiment disparut. »


Le collier qu'il portait autour du coup le prouvait. Il avait retrouvé beaucoup de choses grâce à elle, dans un monde où tout n'était plus que colère ardente pour lui. Des sensations, des sentiments, un plaisir de vivre même. En un mot, il avait retrouvé son humanité. Mais il avait fallut que la tristesse suive le bonheur tout juste redécouvert, en l'absence de la Saibogu qu'il ne revit jamais alors que les années se succédaient. Il avait beau eu tenter de tourner son esprit vers autre chose, de l'oublier en se perdant dans le travail et les projets, il n'avait fait que lever de la brume pour ne pas y penser. Car maintenant qu'elle était devant lui, il réalisait combien rien n'avait bougé pour lui. Elle avait disparut sans rien lui dire, mais il ne pouvait pas la blâmer. Comment le pourrait-il, alors qu'il n'avait pas été le seul à en souffrir ? Les larmes qui coulaient le long des yeux éteint de la jeune femme en témoignaient.


« Tu as beau être sortie de ma vie sans me laisser rien de plus que quelques mots sur une lettre, tu n'es pas le genre de femme que l'on oublie. Pas après tout ce que j'ai vécu avec toi. »


Des paroles chaleureuses, dont le sourire de Natsuki était palpable à travers elles, et pourtant empreintes de tristesse aussi. Beaucoup de choses étaient restées en suspend entre eux après qu'Oniri soit partie. Il ne savait pas où ils en étaient tous les deux désormais. Il avait peur de la réponse aussi, maintenant qu'il pouvait s'avouer
où il en était lui. Mais cela ne pressait pas. Il ne pouvait pas attendre de réponse d'Oniri, pas maintenant, pas dans son état. Parce qu'elle devait être encore plus perdu aujourd'hui que lui jadis. Il lui en faudra une un jour, s'il veut pouvoir avancer à nouveau, qu'importe que cela fasse mal ou non. Mais pas aujourd'hui.

« Voilà pourquoi. »
répondit-il en s'efforçant de rien extérioriser de chaos dans sa tête. « Voilà pourquoi tu le mérites, et voilà pourquoi je recommencerai encore si c'était nécessaire. »

Sa main serra un peu plus fort celle d'Oniri lorsqu'il la reposa sur le lit. Inutile qu'elle sente son cœur sur le point d'exploser...
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Message(#) Sujet: Re: Après toutes ces années Sam 21 Oct 2017 - 15:04


Je tente vainement de dominer mes émotions pour ne pas perdre la face devant lui, mais cela m'est difficile. De tous les obstacles que j'ai eu a surmonté au cours de ma vie, il reste celui que je redoute le plus, celui que je ne suis jamais parvenue à surpasser et n'est autre que contre moi-même. Je le sais, je le suis. Mon plus grand mal, ma plus grande perdition. Cette aversion au bonheur, ce mauvais penchant pour l'autodestruction teintée de mauvaises décisions. A présent, me dis-je que ma vie serait sans doute bien moins sombre sans ces nombreuses erreurs. Et ils sont aux milieux de tout cela. Leur présence est une énigme, une ode au sophisme qu'il m'est échoir d’interpréter à tort ou à raison.

Mon cœur se sert un peu plus en l'entendant parler et manque finalement de se rompre face à ses aveux. Je tombe dénue, saisie par le vertige avec cette soudaine sensation de chuter dans un gouffre sans fond. J'en oublie de respirer. Les informations contradictoires qui jusqu'alors se croisent dans mon esprit s'affolent soudainement. Il n'en ressort aucun raisonnement logique, seulement un chaos sentimental fait de joies, de peines, de remords, d'abandon et d'espoir.

Silencieuse, incapable de proférer le moindre mot je le laisse guider ma main qui effleure alors un objet ô combien familier. Mes yeux embués de larmes s'écarquillent. Les souvenirs de ces moments passés me reviennent aussitôt. De cette douceur perdue au milieu des coraux où le temps était suspendu, de cette même chaleur que je sens à présent courir sur ma paume, de cette vision chimérique : le rêve d'une vie au sein d'un monde fait de lendemain.

Mes lèvres s'étirent dans une moue crispée, à l'image du restant de mon corps plus tendu que jamais. Cela peut presque s'apparenter à un sourire bien que moi-même je n'oserai le qualifier de tel. Je cherche toutefois à reprendre un tant soit peu de contrôle sur moi-même entre deux sanglots.

« Est-ce que... Cela peut-il être aussi simple ? La réponse... »

Parce qu'ils m'aiment... La vie peut-elle se résumer à cela ? Je me sens toujours aussi perdue en dépit de tout cela bien que, malgré-tout, il y a quelque chose de réconfortant dans le fait d'avoir un point de repère, des personnes à qui me raccrocher. Pensive, je réalise tardivement que mes doigts se sont entremêlés entre ceux de Natsuki.

« … »

Faute de pouvoir gérer seule mes émotions, j'accepte l'aide qui m'est donné si bien que les rares spasmes qui me secouent finissent par se taire passé un temps. Encore brouillonne, mes pensées s'affinent. Des images... De belles images me traversent l'esprit, suffisamment pour me faire lâcher quelques mots clairement audibles.

« Espèce d'idiot... »

Disant cela je resserre l'étreinte de mes doigts entre les siens, n'osant rien faire de plus, n'osant rien dire de plus. Cette fois-ci c'est un peu plus qu'une moue et à peine moins qu'un sourire que dessinent mes lèvres sur ce visage sans doute rougis par les larmes. Ma main libre défile dans ma chevelure. Réaliser à quel point l'on tient à moi me gêne. Le discours de Natsuki vient se greffer aux dernières paroles de Yami. Est-ce donc l'effet que cela fait après toutes ces années ? De ne plus se sentir seule ?

Le regard tourné dans sa direction je m'éprends à vouloir lui répondre, mais on ne peut malheureusement reconstruire une vie aussi rapidement qu'on en détruit une. C'est pourquoi il me faut un peu de temps. En attendant...

« Peut-être... » J'hésite un moment. Fermant les yeux, je finis par abdiquer dans un soupir. « Peut-être que... tout compte fait... J'ai bien plus chance que je ne l'ai toujours cru. »

Le poids des maux qui me pèsent sur l'âme s'envolent alors. Épuisée, je me sens étrangement en paix.

Après un moment, il se décide à partir pour me laisser me reposer. Je finis par trouver le courage de l'interrompre alors qu'il est sur le pas de la porte.

« Natsuki... Je... Nous pourrions... »

S'ensuit un instant de gène accompagné d'un silence lourd.

«... »

Oui parfois, la vie peut-être bien plus simple.

« A plus tard..» Terminé-je en lui souriant.


Dernière édition par Meïka A. Oniri le Ven 10 Nov 2017 - 14:29, édité 2 fois
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Message(#) Sujet: Re: Après toutes ces années Mar 24 Oct 2017 - 23:54

Est-ce que cela pouvait être aussi simple ? Fondamentalement, oui. Tout était simple dans la vie. Mais l'être humain était un être d'une grande complexité, tout comme l'immense variété de sentiments qu'il pouvait éprouver, et de situations dans lesquelles cela le mettait. Les animaux savaient vivre simplement, parce que leurs besoins se limitaient à de simples aspects. Ceux des humains pouvaient l'être tout autant, mais ils étaient incapable de ne pas les complexifier. Parce que convoiter, souffrir, désirer, haïr, espérer, aimer, tout ceci étaient gravés en eux, et s'exprimaient avec la force d'un cyclone quoi qu'ils fassent, quoi qu'ils tentent pour le cacher ou le démontrer.

Ces sentiments, c'était l'origine de la confusion dans la tête de Natsuki, du chaos dans le cœur d'Oniri. C'était pourquoi il y avait de la joie dans les larmes de la jeune femme, pourquoi il y avait de la tristesse dans son sourire. C'était pourquoi il y avait de la peur dans l'assurance affichée du Nara tatoué, et pourquoi il y avait de l'espoir dans ses doutes.

C'était pourquoi ils étaient bien plus liés que simplement par leurs doigts entrelacés.


« Je vais te laisser te reposer. »
finit-il par dire après un moment, alors qu'il la sentait fatiguée.

L'état d'Oniri était bien plus grave que le sien, elle avait le droit d'être en bout de souffle. Il lui faudra sans doute des semaines pour récupérer à peu près, probablement même des mois. Même si c'était à regret, même si ces retrouvailles étaient bien trop courtes à son goût, Natsuki sentait qu'il était temps de laisser Oniri. Si la jeune femme avait éprouvé ne serait-ce que le quart de la tempête émotionnelle qui le traversait en cet instant même, il y avait de quoi être épuisée.


« Je repasserai te voir dans quelques temps, si ton médecin m'y autorise. »
lui dit-il au seuil de la porte, comme pour tenter de rompre cette tension alors qu'Oniri l'avait rappelé.

Et sitôt que la porte se ferma derrière lui, il ressenti le besoin de s'appuyer contre le mur. Clairement, et en dépit des apparences, il n'était pas entré confiant dans cette chambre. Il ne savait pas vraiment non plus ce qu'il cherchait en y allant, si ce n'était des réponses au millier de questions qui lui hantait l'esprit. Mais au final, maintenant qu'il en sortait, il avait vu un sourire sur les lèvres d'Oniri, et c'était tout ce qu'il y avait à trouver.

C'était la seule chose qui comptait.



***********************

Trois jours plus tard.


« Je vais bientôt devoir partir, pour rentrer chez moi. Genre, demain. »
annonça Natsuki entre deux moments de silence passés avec Oniri. « J'ai a peu près récupéré de mes blessures, mais ce n'est pas la seule raison. »

Le pouce qui tenait la main d'Oniri dans sa chambre lui caressait doucement la paume.


« Cela m'embête de partir, mais je n'ai pas spécialement envie de me fâcher plus que nécessaire avec Yami. Et je pense que le massacre du monstre violet sans poil qui ne me quitte pas d'une semelle dans la chambre qui m'est gracieusement prêtée le temps de ma convalescence y contribuerait pour beaucoup  »


Il évitait déjà de parler plus que nécessaire à Yami, et s'en portait très bien. Pseudo plaisanterie, cela dit. Pour le chat, pas pour Yami.


« Je n'ai pas besoin de dire que tu vas me manquer tant c'est évident, n'est-ce pas ? Hum... Je ne sais pas trop ce que tu en penses, mais j'apprécierai rester en contact avec toi cette fois-ci, ne serait-ce que pour prendre de tes nouvelles, savoir comment tu vas, ce genre de chose. »


Créer un support de communication avec deux carnets liés par un sceau n'était pas bien difficile, mais le problème était que pour une aveugle, le papier était d'un intérêt plutôt limité. Et il ne savait pas encore écrire en braille. La pierre de sang ferait parfaitement office dans leur situation, sauf qu'il n'y avait que Yami qui savait les créer et les activer entre elles, et que rien que de songer à lui demander ce service lui hérissait les poils de la nuque. Surtout que ce n'était pas comme si la Ketsueki n'avait pas déjà assez de moyens de mettre son nez dans leurs affaires.


« Je me doute bien que tout se passera bien pour toi, tu es bien accompagnée et ta médecin est compétente – je l'ai constaté de première main plus d'une fois -, mais cela me ferait plaisir. Ne serait-ce que pour pouvoir te rendre visite à nouveau. »


Ne serait-ce que pour pouvoir se rassurer lui-même qu'elle ne disparaitra pas à nouveau.
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Message(#) Sujet: Re: Après toutes ces années Sam 11 Nov 2017 - 14:11


Trois jours se sont écoulés depuis nos retrouvailles. Natsuki vient me rendre visite à plusieurs reprises. Bien que majoritairement silencieuse, l'atmosphère qui pèse sur chacune de nos rencontre n'a de cesse de s'alléger un peu plus à chaque fois. Incapable de tenir une conversation, tant les forces me font défauts, je suis et demeure encore dans un semi-mutisme qu'il m'arrive de briser de façon ponctuelle. L'on peut croire qu'après tout ce temps séparé loin de l'autre, le fait de ne pas discuter soit considéré comme une fatalité, mais il n'en est rien. En effet, nous parlons peu, cependant nous n'avons pas besoin de cela pour communiquer. A dépit de tout ce qui est arrivé, en dépit du léger mal-être généré par sa présence, celle-ci à quelque chose de réconfortant. Le fait qu'il se tienne là à mes côtés me confère suffisamment de force pour envisager un avenir autre que pessimiste. Tout est encore si incertain, tellement confus.

J'ai à présent le sentiment de savoir où est-ce que je souhaite me rendre, d'assumer mes désirs les plus enfouis, mais d'ignorer comment m'y prendre. Combien de temps devrais-je patienté pour recouvrer mes forces ? Parviendrais-je un jour à retrouver la vue ? A me débarrasser de l'emprise de Red, sur mon existence, à dissoudre l'organisation, ré-infiltrer mes propres réseaux afin d'effacer toute trace de mon passage. Il persiste bien trop de zones d'ombre pour que je sois à même de me projeter distinctement vers l'avenir. Alors, pour l'heure, je me contente de profiter de l'instant présent.

Je suis toujours incapable de mettre des mots sur ce que je ressens pour Natsuki tout en pouvant affirmer qu'il compte à mes yeux. Bien que je m'y sois résignée depuis le début, l'annonce de son départ imminent me peine. J'aurai souhaité pouvoir passer un peu plus de temps en sa compagnie, jusqu'à pouvoir finalement mettre un nom sur tout ce qui me trotte dans l'esprit, de pouvoir enfin discuter et clarifier notre situation. Heureusement il nous sera toujours possible de communiquer de façon épistolaire, comme par le passé.

« Tu... tu connais l'adresse de ce bâtiment. Et je crois savoir où se trouve Konoha...»

Dis-je en lui confiant un sourire qui contraste assurément avec mon regard aveugle. Toujours alitée, adossée contre la tête de lit, communiquer me demande un certain effort, c'est pourquoi je l'intime par le geste à vouloir se rapprocher de moi d'un air confidentiel avant de finalement déposer un baiser sur sa joue.

« Merci... Car tu as fait bien plus pour moi que tu ne l'imagines » Je laisse planer un court silence avant de reprendre. « Repasse quand tu voudras... » Terminé-je en souriant.

Sur l'instant je me maudis d'avoir ainsi perdue la vue, car il n'est alors impossible de le suivre du regard. Seul le claquement de la porte m’avertit de son départ définitif. Cette dernière se rouvre quelques minutes plus tard pour laisser entrer un parfum familier. Au-delà de cet aspect médical que Natsuki vante tant, je suis heureuse de la savoir encore à mes côtés car sans elle, sans doute n'aurais-je jamais le courage de guérir pleinement de mes blessures. Ce faisant j’essuie les larmes sur mes joues avant de briser ce silence quelque peu gênant.

« Je ne veux pas te retenir indéfiniment ici. Tes obligations à Kaze t'attendent. D'ici peu je serais sans doute à même de pouvoir me débrouiller seule... »

A ces mots je lâche un soupir d'alanguissement, épuisées et las de cette vie faite de longue chaîne de montagnes et de profonds ravins.

« En attendant reste encore avec moi, Yami... »
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Suna
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Message(#) Sujet: Re: Après toutes ces années Lun 13 Nov 2017 - 15:42


C'est avec une certaine appréhension et finalement un certain regret que j'autorisais le Nara a rendre visite à Oniri.
Un sentiment de vide et de perte à la fois me prit lorsqu'il referma la porte derrière lui, me laissant m'adosser derrière le bois meuble et froid. La tête contre le chambranle, j'écoutais discrètement ce qu'ils pouvaient ce dire et surtout le peu que je parvenais à entendre.

Sur mes gardes les premiers instants, prête à ouvrir à la volée la porte pour lui arracher définitivement la tête s'il tentait de s'en prendre à elle, je me détendis rapidement, me rendant à l'évidence que son affection pour elle était bien sincère : comme ci, malgré tout ce que nous avions fait pour la ramener, le doute m'était encore permis.

Ce constat jeta un froid glacial pourtant à peine perceptible dans ce cœur qui ne m'appartenait pas. Je percevais à la place un poids étrange vrillant ma poitrine et enserrant ma cage thoracique.
Il ne s'agissait pas de devoir la partager mais bien de la lui laisser... Cette situation avait beau ne pas être nouvelle, ce n'était qu'a présent que mes craintes prenaient réellement vie...

Ramener la Oniri d'autrefois m'avait conduit à la perdre plus encore alors que garder Red m'aurait garantie sa présence à mes côtés...
Un choix coûteux auquel j'avais déjà réfléchi : la faire redevenir celle qu'elle était véritablement, au détriment de moi même. Un acte pour lequel je n'avais pas l'habitude et qui me laissait une certaine amertume...

Après quelques instants, je m'éloignai de la porte, préférant sortir prendre l'air pollué de la Mégalopole que de rester ici. Je grimpai jusqu'au toit terrasse du bâtiment et posai mes bras sur la balustrade, observant l'immensité des bâtiments jusqu'à glisser un regard subtil vers la zone, plus loin et à l'écart, où nous avions combattu et où nos vies avaient basculé d'une certaine manière.

Qu'allais-je faire désormais ? Sans cette partie de moi même qu'elle était devenue ? …
Le vide en contrebas m'attirait et m'appelait dans son puits qui semblait sans fond. Une pensée qui me fit exprimer un bref rire intérieur. Descendre tout en bas pour ne plus jamais remonter, hein ? … Alors que je me trouvais si haut ?! Les Ketsueki préfèrent les hauteurs !

Sautant sur la barrière et tenant debout dessus, j'écartai les bras et fermai les yeux dans un sourire. Tout cela n'était qu'un obstacle de plus à franchir, une difficulté supplémentaire se transformant en force qui se mêlerait à toute celle amassée. Après tout, ne disait-on pas que ce qui vous ne tue pas vous rend plus fort ? J'avais de la puissance à revendre !

Un rictus dévoilant mes canines effilées déforma mon sourire tandis que je rouvrais les yeux sur l'immensité de la cité. Quelle jouissance que de se tenir là, au dessus de tout. De cette impression d'être à la fois si petit face à tout cela et en même temps d'en posséder un si grand contrôle. La caresse d'un rêve que je comptais bien concrétiser un jour.
Gouverner sur l’entièreté d'un village ou même d'un pays ! Contrôler mes armées tout en défendant ma Nation, ses habitants et donc ma puissance. L'accroître toujours plus à travers une économie prospère, des alliances intelligentes et des manipulations savamment orchestrées pour garantir la pérennité du territoire.
Le désert plus florissant que jamais sous cette influence Ketsueki !

***

Trois jours plus tard, le Nara se retira, faisant ses au revoir à Oniri sans être un adieu, malheureusement.
J'entrai dans la pièce qui servait de chambre de convalescence à cette dernière peu après le départ du gêneur, m'asseyant auprès d'elle, visiblement attristée dans un silence pesant.
Je ne parvins toutefois pas à me sentir affectée par son état cette fois-ci, pas alors que je n'y vois que le résultat de sa bêtise et de son entêtement. Je fus même plutôt en colère de la voir si affaiblie, au fond. L'état de son corps apathique était justifié par les événement, celui lamentable de son esprit lié à ce choix, non.

Malgré tout, elle brisa le mutisme ambiant, essuyant ses joues humides tout en affirmant ne pas vouloir me retenir et plutôt me consacrer à mes obligations de kunoichi de Kaze. Pourtant, une supplique pour me voir rester auprès d'elle en attendant franchie ses lèvres.

« Je laisserais Hotep veiller sur toi après mon départ mais je ne m'en irais que lorsque je te jugerais en rémission. Certaine que tu ne feras que remonter la pente et non plus des oscillations. »

Expliquai-je d'une voix douce avant de saisir sa main délicatement.

« En attendant, oui, je resterais avec toi avant de retrouver la place qui est la mienne... »

Ma bouche s'étira en un sourire mêlant à la fois chaleur et ambition, masquant à la perfection ce sentiment amer et lancinant de l'entendre quémander ma présence finalement jusqu'à ce qu'elle soit rétablie pour retrouver celui qu'elle avait choisi...



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Après toutes ces années

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