N'oubliez pas que vous pouvez voter toutes les deux heures sur les cinq Topsites pour le forum !
Rappel : Chaque RP doit au minimum faire 15 lignes, soit 1400 caractères espaces non compris minimum.
Partagez | 
 

 Bonjour chaton !

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Suna
avatar
Informations
Grade : Jônin
Messages : 1666
Rang : S

Message(#) Sujet: Bonjour chaton ! Ven 22 Sep 2017 - 16:07

Le voyage ne s'est pas aussi bien passé que ce que je pensais. Ma détermination, couplée à ma bonne humeur ont eu tôt fait de séchoir face à une chaleur étouffante qu'accable ma santé encore vacillante. Après toutes ces années je ne me suis pas encore suffisamment remise pour supporter les longs voyages. Heureusement que la plus grande partie s'est effectuée par voie maritime, auquel cas Yami ne m'aurait certainement jamais vu arriver à bon port et l'on aurait, tardivement, finit par retrouver mon corps échoué à se dessécher au soleil sur le bas côté d'une route. Dans le meilleur des cas, qui se déroule présentement, je me retrouve simplement en proie à de sublimes vertiges accompagnés de maux de ventre.

Le miroir de ma cabine renvoie une mine affreuse qui n'est pas sans évoquer un cadavre fraîchement déterré sous la rosée matinale. Et dans tout cela je peux m'estimer heureuse de n'avoir jamais été sujette au mal de mer sans quoi...et bien... Disons que cela se passe de descriptions. Ce faisant je passe le plus clair de mon voyage à l'ombre et mon morale finit par remonter un peu lorsque mes yeux et mes cernes, cachés par de splendides lunettes de soleil, se posent sur l'impressionnante cité fortifiée qu'est devenue Odaichi, aujourd'hui renommée Suna. Le port qui la borde quant à lui n'a que peu changé et fait naître en moi un petit soubresaut de nostalgie. Aujourd'hui j'ai encore un peu de mal à réaliser que la nation pour laquelle je me suis tant battue, pour laquelle j'ai tant souffert et fait souffrir est finalement en paix.

Je finis par débarquer non sans mal sur la terre ferme ce qui a pour effet d'atténuer les vertiges qui sévissent depuis l'aube dans mon crâne et mon estomac. La garde urbaine vient alors m'aborder. A cela je leur présente ma convocation affublée du sceau Seigneuriale, non sans leur épargner un sourire ainsi que mon attitude de privilégiée. C'est en cette fin d'après-midi que nous traversons le centre-ville en direction du palais seigneuriale. Tout autour les commerçants commencent déjà à installer leurs étables en prévention du marché nocturne annoncé par l'arrivée prochaine du crépuscule.

Je me serais volontiers laisser déambuler à travers la foule et les innombrables odeurs d'épices pour le restant de la soirée si ma vigueur chancelante et mon rendez-vous du jour ne me pressaient pas jusqu'aux portes du palais. Je ne m'y suis rendue par le passé qu'en de rare occasion et il s'agit de la première fois que j'y rentre dans un cadre aussi peu formel. Je n'en demeure pas moins égale à moi-même, droite et fière, ayant pris soin de ranger mes lunettes de soleil par politesse.

On me conduit jusqu'à l'étage, dans ce que je devine être les quartiers de notre bien aimée Seigneur. Je finis par l'y retrouver après toutes ces années. Sur l'instant je n'essaie pas de réprimer mon sourire de joie avant de m'incliner respectueusement devant elle le temps qu'elle congédie ses serviteurs afin de nous laisser seule.

« Mon seigneur...  Fis-je la tête basse. « C'est un honneur pour moi de vous rencontrer et de vous servir. Sachez que je suis à votre service pour toujours et à jamais... » Je relève alors lentement la tête, les fossettes creusées par une moue qui, soudainement, ne suffit plus à réprimer mon rire aux éclats.

Yami me rejoint volontiers en faisant tomber aussi le masque le temps pour moi de me rapprocher et l'étreindre aussi longuement qu'affectueusement. Je suis heureuse de la retrouver après tout ce temps. M'écartant alors pour la contempler tout en gardant mes mains posées sur ses épaules.

« Et bien... regarde-toi ! Tu y es finalement parvenue, à acquérir ce pouvoir que tu désirais tant. Seigneur ? » Dis-je en haussant un sourcil. « Rien que cela... Si l'on m'aurait dit à l'époque des guerres claniques que tu deviendrais un jour souveraine de la nation, j'aurai certainement pris mes jambes à mon cou en essayant de sauver le plus de monde possible dans ma fuite. » Mes propos sont moqueurs, mais mon regard lui est empli de fierté.

Contrairement à elle je n'ai pas autant fière allure. Aude-là de l'air convalescent que je me traîne sur le visage depuis maintenant quelques temps, mes vêtements ne sont pas aussi beaux, ni brodés avec autant de soin que les siens. Tout de blancs vêtue, d'une tenue aux manches amples qui me découvrent les épaules le tout enrobé dans une longue cape immaculée. J'ai bien fait l'effort de me coiffer, en nouant quelques tresses, mais je n'arrive toujours pas à me décrocher de cette prestance de voyageuse intrépide qui me colle toujours à la peau.

Après un court interlude marqué par le silence je finis par expirer lentement par les narines avant de me laisser tomber dans un fauteuil de velours. Je sais qu'il m'est impossible de cacher la fatigue inscrite sur mon visage, quand bien même je m'efforce de paraître avenante. Et la belle aventurière responsable que je suis n'hésite pas à s'allumer une cigarette, habitude considérée d'un très mauvais œil par l'essentiel de mon entourage. Pour ma part, après avoir vécue tant de périls, j'estime plutôt bien m'en sortir avec simplement une dépendance à la nicotine.

« Alors, si tu me racontais un peu la situation, mais également ce que tu as fait ces derniers temps. Tu as sûrement des nouvelles croustillantes à me raconter. Qu'as-tu fait ces dernières années ? »

Nous commençons par elle, car ma vie n'a sans doute pas été aussi trépidante que la sienne. Elle est devenue seigneur, moi je ne suis plus rien où yeux de la nation et cette situation me convient parfaitement. Il y a cependant cette question qui demeurent en suspend et qui constitue l'essentiel de la raison de ma présence ici : Selon son souhait, que dois-je devenir pour notre nation ? .
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Suna
avatar
Informations
Grade : Seigneur du Vent
Messages : 1358
Rang : S

Message(#) Sujet: Re: Bonjour chaton ! Mar 26 Sep 2017 - 21:41

Une journée de plus, banale en apparence. Mieux valait cela qu'une invasion sur Kaze cela étant n'est-ce pas ? Eh bien, j'avouais qu'aujourd'hui je n'étais pas contre l'idée d'être surprise ! Toutefois, ce n'était pas la pile de documents et les réunions politiques qui allaient remplir ce souhait : la consternation, le dégoût et l'ennui leur correspondait davantage...

Malgré tout, les heures se succédèrent jusqu'à la fin de journée laissant peu à peu place au crépuscule. La vie battait réellement son plein en cet instant dans la capitale, loin de la chaleur infernale.
Cependant, le pays devait tourner même sous ce cagnard et c'était bien pour cela que quelques courageux, dont moi, s'évertuaient à penser au bonheur et confort des autres même sous la fournaise.

Fort heureusement, la soirée s'annonçait plus trépidante que le reste lorsque j'appris la venue d'Oniri au sein de la capitale. Voilà bien longtemps que je n'avais plus vue sa tignasse immaculée ! Cela devait être la première fois qu'elle se rendait au sein de Suna depuis sa création...

Puisque j'avais terminé mes tâches journalières, je m'étais retirée dans mes quartiers, profitant de la fraîcheur nocturne de mon balcon fleuri.
Lorsque mon invitée se présenta à moi, c'est d'abord avec le masque de dirigeante du Pays que je vins l'observer dans mon salon, congédiant mes serviteurs affairés a nettoyer ceci, épousseter cela ou faire un pli au carré à mon lit arrondi. Tout cela était-il vraiment nécessaire ? Non. Mais il fallait bien les payer pour quelque chose.

Le discours solennel d'Oniri, bien que rempli de paroles que je savais sincère, sonnait faux non pas pour le fond donc mais pour la forme. Ce n'était pas mon statut qui changerait notre relation, quand bien même nous nous étions perdues de vue depuis quelque temps : j'étais même au contraire ravie de la revoir.
Lorsqu'elle se releva, je me rapprochai jusqu'à ce qu'elle même me rejoigne, l'étreignant fortement contre moi après tout ce temps passé loin d'elle. S'il y avait bien une personne pour laquelle j'étais prête à donner ma vie, c'était bien elle. Et je l'avais déjà fait. Deux fois. Risquant ma propre existence pour garantir la sienne au prix de nombreux sacrifices... Les regrettais-je ? Certains oui... Quiconque me connaissait suffisamment avait conscience desquels il s'agissait, et étrangement, ils étaient tous liés de près ou de loin à une certaine cervelle de cervidé...

Je feins une moue en entendant son discours un brin moqueur sur la place qui était désormais la mienne.

« C'est ça, moque toi. Ce n'est pas comme si j'avais maintenant le pouvoir de t'envoyer derrière les barreaux. »

Ou simplement faire ce que je veux de toi... Toutefois, je taisais cette remarque pour laquelle elle aurait été réceptive à une époque lointaine mais beaucoup moins au jour d'aujourd'hui.
Au moins était-il plaisant de voir qu'elle osait toujours faire comme chez elle en ma présence, sans gêne ni froid irritant.

Continuant de l'écouter, j'allai m'asseoir face à elle dans un fauteuil de velours rouge – le sang s'y camoufle parfaitement -, et pris la parole à mon tour.

« Oh eh bien... Pas grand chose que tu ignores, je le crains. J'ai aboli les Archives de Sang instaurés par les miens et pesant sur les Yamada pour obtenir leur voix, et j'en ai rassemblé le plus grand nombre au détriment des Kawaguchi pour me retrouver propulsée en haut de la pyramide, moi et mon sang noble légitime. »

Tout en proférant mes derniers mots, je dégrafai le haut de mon corset, dévoilant quelque peu ma poitrine mais surtout l'imposante cicatrice qui se tenait au milieu, se perdant encore sur quelques centimètres dans mon décolleté.
Ma révélation se montrait naturelle, sans aucune pudeur. Après tout, il n'y avait rien qu'elle n'avait pas déjà vu.

« Une légitimité qui m'a également offert ceci. »

Il n'y avait pas besoin d'être médecin pour comprendre que cette cicatrice se trouvait à l'emplacement du cœur.

« Le cœur immortel. Une relique ancestrale dans la légende des miens. Un concentré de puissance transmis de génération en génération dans ma lignée, pour ceux qui le mérite. »

Je ne m'attendais pas à ce qu'elle comprenne, ni même qu'elle n'y croit un mot, je lui relatais simplement ce qui m'était arrivé, comme elle me l'avait demandé, même si cela galvanisait ma fierté.

Ré-agrafant finalement mon haut, je la toisai avec intérêt et incertitude, ne sachant pas vraiment ce que je devais lui demander la concernant. Après tout, je n'avais aucune envie d'entendre ses moments passés avec son idiot de service.

« Et toi ? Comment tu te sens ? »

Voilà une option plus sûre.

Je me redressai, me rendant au buffet à côté des canapé et tirai une fiole d'un tiroir, a laquelle j'injectai mon chakra, avant de la lancer dans sa direction.

« Ça va te requinquer. »

Au même moment, un vacarme assourdissant se fit entendre près de la porte menant à une énième autre pièce. Instinctivement sur mes gardes, j'adoptai une posture défensive avant de me détendre en comprenant qui était la source de ce bazar.

« Rikin ! Tu n'as rien a faire ici ! »

Je soupirai d'agacement, m'approchant de la petite panthère noire qui s'empressa de repasser par l’entrebâillement de la porte que je fermai avant de m'y adosser et de me pincer l'arrête du nez.

« Ces félins me tapent sur les nerfs ! Et pourtant avec mes chats il y a déjà du niveau ! »

Soupirant de plus belle, je revins près des fauteuils.

« Tu veux quelque chose ? »

Vu sa mine maladive et sa traversée du jour, elle en aurait bien besoin.



We're all mad here... :
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Suna
avatar
Informations
Grade : Jônin
Messages : 1666
Rang : S

Message(#) Sujet: Re: Bonjour chaton ! Mer 27 Sep 2017 - 13:21

Je me laisse reprendre mes états, affalée que je suis dans ce fauteuil confortable, le teint livide, la mine las, la cigarette coincée dans la commissure de mes lèvres ; Définitivement, je ne dois pas présenter une belle image à ma comparse, moi qui fus jadis forte, implacable et puissante. Désormais mon miroir renvoie davantage le reflet d'une droguée en pleine cure de désintoxication qu'une cheftaine à son apogée. Et encore une fois je trouve le moyen de me complaire dans cette situation car il s'agit du prix à payer pour cette tranquillité à laquelle j'ai secrètement aspirée durant tant d'année.

L'ironie veut que ma présence ici soit en diamétrale opposition avec ce dit précepte. Je remarque toutefois que, alors que j'ai passé ces dernières années à rassembler les pots cassés, une autre a continué d’accroître sa grandeur et c'est dans un haussement de sourcil circonspect que je constate l'horrible cicatrice à l'endroit précis où Yami vient de dégrafer son bustier. A l'écoute de son histoire je ne peux m'empêcher de réprimer un étonnement modéré. Je concentre alors mon chakra pour éveiller mes capacités sensorielles. Dès lors capable de percevoir les fluctuations d'énergies dans le corps de mon amie, je constate en effet que quelque chose cloche. Ce cœur en elle n'est pas le sien et il renferme une formidable quantité d'énergie.

« Le cœur de Jashin... J'ai déjà lu des ouvrages à ce sujet. Alors c'est donc vrai ? Tu es devenue immortels ? »

Je la questionne perplexe, laissant planer un court silence après sa réponse pleine de fierté. Ce faisant je lui décoche une moue désabusée. Contrairement à ma cigarette je suis sans filtre.

« Je ne t'envie pas, mais malheureusement je crois me trouver dans une situation qui s'en rapproche. »

Je lève une main fébrile devant moi. Mon regard s'y perd. Mille questions me taraudent l’esprit. Mille doutes.

« J'ai l'impression de ne plus vieillir au même rythme que les autres depuis que mes gènes d'Akuma se sont éveillés. Il semblerait que même la vie ne veuille pas se débarrasser de moi. » Je relève la tête pour voir sa réaction. Quand bien même elle ne veut rien laisser paraître elle ne peut me leurrer. « Je sais très bien à quoi tu penses. »

Nouveau moment de silence. Même si l'idée peut séduire, je n'en suis pas, ne souhaitant nullement que les années finissent par emporter Natsuki alors que mon corps ne portera aucun stigmate du temps passé. Même si cette perspective d'avenir n'est pas des plus engageante cela ne m'empêche pas de la considérer avec philosophie. Après tout il ne s'agit que d'une poussière qui, dans un sens, ne m'empêchera pas de vivre ma vie aux côtés de celui que j'aime.

De son côté Yami finit par avoir pitié de moi en cherchant à s'enquérir de mon état, si bien qu'elle me sort une des concoction dont elle a le secret. J'écrase ma cigarette dans le cendrier prévu à cet effet (La Ketsueki a bien anticipé ma venue), puis bois le contenue de la fiole avec autant de subtilité qu'un jus de fruit au petit déjeuner. Les effets sont immédiats. Sans transcender ma condition j’admets déjà me sentir mieux. En réponse à sa question je laisse échapper un soupir las tout en glissant mes doigts entre mes tresses.

« Je ne vais guère mieux depuis notre dernière rencontre. Comme tu le vois j'arrive de nouveau à me déplacer librement et sans aide. J'ai également retrouvé totalement la vue, mais je m'épuise rapidement. Il m'est encore difficile d'avoir recours à mes capacités sensorielles. Autant te l'avouer, je pense que je n'arriverai jamais à retrouver ma force d'antan. »

J'annonce le tout avec un flegme qui peine à cacher ma frustration. L'ambiance ainsi massacrée, je me dis que ces retrouvailles auraient pu mieux se passer. Je ne suis pas du genre à fataliser sur mon sort, mais après toutes ces années passées ensembles, j'estime devoir faire preuve d'une certaine honnêteté à l'égard de Yami. Par chance un curieux élément perturbateur intervient pour alléger l’atmosphère. La Seigneur se met aussitôt sur ses gardes en entendant le vacarme, mais moi, avec ma sensorialité toujours active, sais ce qu'il en retourne à l'avance. Et cela ne m'empêche d'être intriguée par la soudaine venue de cette petite source de chakra. Je vois alors une boule noire ratisser le tapis à toute vitesse avant de s'élancer pour atterrir maladroitement sur la table, maquant au passage de renverser le cendrier.

« Encore un chat ? » M’étonnais-je l'espace d'une demi-seconde, le temps que mon cerveau réalise ma sottise. « Non. Un léopard.. » Nouveau haussement de l’arcade Je m'interromps un instant pour adresser un clin d’œil à la caméra avant de reprendre. « Devenir Seigneur t'a donné de nouvelle lubie ? A moins que tu aies conclu un nouveau pacte ? » Je fronce les sourcils en posant mon regard sur l'animal curieux en train de humer les résidus de cigarette dans le cendrier ce qui, inéluctablement, finit par éparpiller le tout sur la table dans un éternuement digne de finir sur Kazetube. « Cette bestiole ne devrait pas plutôt être avec sa mère ? »

Bestiole car les relations que j'entretiens avec le genre animal est assez en dent de scie, notamment depuis l'éveil de ma nature démoniaque. La faune a pour principe de manifester davantage d'animosité à l'égard de tout ce qui est contre nature. C'est un point commun que je partage avec Natsuki bien qu'il soit encore moins loties que moi à ce niveau. Toutefois, j'arrive à m'amuser de l'agacement que Yami s’enquit à l'égard de la petite bête tout de noir poilue ce qui me fait étirer un sourire.

« Vu l'heure, je prendrais bien le thé. Comme au bon vieux temps. » Soulignais-je avec un brin de nostalgie dans la voix.

Ce à quoi Yami répond par un claquement de doigt. Un serviteur entre dans la seconde qui suit, armé d'un plateau entre les mains. On y trouve tout le nécessaire, les tasses, les petits biscuits sec, les pâtisseries et bien évidemment la théière fumante. Elle a déjà tout manigancé à l'avance.

« Hum... Je suis devenue si prévisible que cela ? Ce n'est pas bon signe. »

J'invite la servante à disposer en nous laissant seule avec le plateau. Celle-ci considère Yami d'un œil interrogateur qui à son tour lui répond d'un geste d'assentiment. C'est assez puéril de ma part je le reconnais, mais aussi très amusant. Une fois toutes les deux servies, nuages de laits et cuillerées de miel de mise, je m'installe confortablement, les jambes croisées, la théière en main, auriculaire légèrement relevée, dans mon fauteuil. Les deux premières gorgées, couplé au remède de Yami, achèvent de me détendre.

« A présent si nous nous débarrassions des choses sérieuses en abordant la raison de ma venue? Si j'ai décidé de revenir de façon durable à Kaze ce n'est pas uniquement pour le plaisir de te revoir et certainement pas pour celui de guerroyer ou commander à nouveau. » Nouvelle gorgée de thé histoire de marquer la transition entre deux dialogues. « J'ai décidé de revenir suite à l'annonce de ton élection en tant que Seigneur. Je ne suis peut-être plus que l'ombre de celle que je fus jadis, mais c'est encore suffisant pour t'aider. N’essaie pas de le cacher, je sais que tu auras toujours besoin de moi »

Et j'aurai toujours besoin d'elle. Cela qu'importe ce qu'elle peut penser vis-à-vis des sentiments que j'ai pour Natsuki.

C'est ainsi. Le duo va reprendre du service en portant mieux que jamais son nom d'Immortel.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Suna
avatar
Informations
Grade : Seigneur du Vent
Messages : 1358
Rang : S

Message(#) Sujet: Re: Bonjour chaton ! Mar 10 Oct 2017 - 13:28

Agacée par l'intervention de la petite panthère, je n'en oubliais pas moins mon invitée et m'empressai de faire venir un serviteur pour nous confier la théière fumante : oui, j'avais anticipé sa demande !

J'avisai le service avec nonchalance tandis que la servante pris congée avec mon accord, nous laissant remplir nos tasses comme des grandes. La bourgeoisie et la noblesse ainsi réunies, nous n'eûmes aucun mal à nous servir comme le voulait l'éthique et notre éducation. Il semblait que cela était véritablement un art dont la maîtrise n'était pas donnée au premier venu.

« Non. Ce ne sont pas des kuchiyoses mais ils disposent de chakra, un peu à la façon des cabots Inuzuka. Quand à savoir si c'est une nouvelle lubie... Disons qu'ils étaient là avant moi. Ils appartenaient à Dastan. »

Et j'avais trouvé sympathique d'imaginer ces bébés panthères devenir aussi imposantes que féroces, capable de me tenir compagnie et de dissuader certains de leurs mauvaises intentions. Non pas que j'avais besoin de « garde du corps » pour me défendre mais cela m'évitait de me fatiguer pour le menu fretin.
Quant à leur mère... Mon sourire s'étira légèrement.

« Tu marches dessus. »

Un somptueux tapis noir dont la fourrure était toute douce sous les pieds... Un délice...

« La mère était bien moins coopératrice que les petits et puisqu'elle appartenait à mon prédécesseur, Kawaguchi, je m'en suis débarrassée. Aucune trace du père en revanche, je ne l'ai jamais vu. Il semble avoir disparu en même temps que son maître. »

Ayant fini de touiller mon thé, j'en buvai quelques gorgées avant de reposer ma tasse fumante. J'étais approvisionnée par les meilleurs thé du pays et même quelques uns d'ailleurs : une denrée dont je ne me lassais pas.

Toutefois, je n'eus guère le temps de laisser mes pensées si dissidentes puisque Oniri prit la peine d'expliquer les raisons de sa venue, ou plutôt, de son retour. Son discours eut le don de me faire sourire tout en me faisant arquer un sourcil d'incompréhension.

« Donc tu es revenue pour m'aider mais tu ne veux ni guerroyer donc pas de terrain menant à un affrontement, ni diriger d'escouades ? … Qu'envisages-tu comme projet ? J'imagine que tu ne vas pas simplement venir t'installer entre les murs de la capitale... a moins que.... »

A moins qu'elle avait finalement ouvert les yeux et s'était rendue compte qu'elle perdait son temps avec son Nara ! Des étoiles brillèrent dans mes yeux a cette simple idée.

« Jashin soit loué ! »

Ma joie se lisait un peu trop sur mon visage et mon intonation, si bien que je toussai devant mon poing avant d'afficher une moue qui se voulait compatissante à la place.

« Quel dommage... Il paraît que cela arrive à de nombreux couples. Et c'est peut être mieux ainsi... Tu sais : la distance... les nations différentes et donc les divergences culturelles ou politiques, tout ça... Ne t'en fais pas ! Ça ne sera pas difficile de te trouver mieux ! »



We're all mad here... :
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Suna
avatar
Informations
Grade : Jônin
Messages : 1666
Rang : S

Message(#) Sujet: Re: Bonjour chaton ! Sam 21 Oct 2017 - 13:07

« Sincèrement ? »

Dis-je en laissant rouler le R le tout d'un ton passablement navrant avec des joues rehaussées par une moue légèrement dubitative. Mon regard faiblit en glissant un instant sur le tapis à nos pieds. Je ne suis pas spécialement réceptive à l'humour et l'ironie dont Yami fait preuve par nature, mais sur l'instant je dois reconnaître que tout ceci est vraiment de mauvais goûts.

« Satisfaite de voir que le pouvoir ne t'a pas tant changé... ~~ »

Le ton de ma voix ne se montre guère plus convaincu. Par principe, je n'accorde que peu d'intérêts à la cause animal si ce n'est dans le cadre d'une bonne chasse ou d'un plat de choix somptueusement assaisonné au feu de bois. Peut-être est-ce simplement le fait d'imaginer un petit retiré à sa mère qui me dérange. Et pour ne rien arranger vois-là que l'animal commence à se montrer envahissant si bien qu'il m'empêche de profiter de ma boisson. C'est avec un certain dédain que je l'agrippe par la peau de la nuque de sorte à la placer à ma hauteur. Je l'avise alors en m'apprêtant à le balancer un peu plus loin. C'est à ce moment-là que le félidé, visiblement amusé par ma démarche, prend un malin plaisir à essayer de me « pattouner » le bout du nez. Tournant une tête porteuse d'un air morne en direction de Yami j'adresse un regard blasé précédé d'un soupir las.

« Heureusement que je ne suis pas allergique aux trucs mignons... »

Vaincue, je finis par poser le petit léopard sur mes genoux. Sitôt fait le voici qui se roule en boule. Un court laps de temps plus tard une succession de ronronnements s'élève dans la pièce rythmée par les caresses de mes doigts filants à travers son pelage noir cotonneux. Je profite de cet instant de répit pour porter ma tasse à mes lèvres, savourant une fois de plus ce qui semble être un des meilleurs thé qui m'ait été de boire. Quelle soit riche, noble ou seigneur, Yami a toujours su se faire plaisir. Toutefois, sur l'instant, je me demande si le thé n'est pas brièvement remonté jusqu'à son cerveau la soumettant ainsi à un instant de faiblesse. Ou peut-être me suis-je simplement mal exprimé ?

« Je ne me suis sans doute pas bien fait comprendre. Je n'ai rien contre le fait de combattre et encore moins contre le fait de commander. » A ces mots je me tais un court instant, laissant remonter mes fossettes jusqu'aux bordures de ma tasse. « Bien que cela ne soit sans doute plus au goût du jour vu mon état. Mais là n'est pas la question. Ce que je voulais dire par là, c'est que je suis dès à présent à ton servir. Place moi là où tu me jugeras la plus utile.  Commandante, espionne, guerrière, assassin, bureaucrate, garde du corps ou que sais-je d'autre ! »

Les joies de ne plus avoir de responsabilité, de pouvoir tout déléguer à autrui. Tout ira pour le mieux tant qu'elle ne me désignera pas l'option bureaucrate. Or, la réaction qui précède mon discours est quelque peu inattendue si bien qu'elle me fait hausser un sourcil interrogateur dans sa direction. Puis mon attention s'attarde brièvement sur le fond de ma tasse que je remue machinalement. Y a-t-il vraiment quelque chose de particulier dans ce thé qui la fasse tourner ainsi ?

« Heu... Non... Tout va bien. A dire vrai je ne compte pas résider à Suna à plein temps bien que je conçois l'idée d'être toujours disponible en cas de besoin. »

De ma sacoche j'extirpe fièrement un petit rouleau de parchemin que je tends à la Ketsueki. Cette dernière le déroule et y voit deux sceaux de mon cru.

« Je ne possède malheureusement pas encore les pré-requis nécessaires pour avoir le permis Hiraishin. Tu peux activer celui-du dessus qui s'illuminera en bleu pour m'appeler. Celui en dessous s'illumine en rouge pour me convoquer dans l'urgence la plus extrême. Bien entendu il s'agit encore d'une sous version, c'est pourquoi tu ne peux l'utiliser que sous certaines conditions. »

Fermant les yeux pour acquiescer de moi-même, je lève un index pour attirer toute son attention.

« Tu ne peux le faire qu'en étant en face du miroir de ta salle de bain, le tout à minuit en prononçant trois fois mon prénom. Alors, seulement j’apparaîtrais dans ton dos. »


Dernière édition par Meïka A. Oniri le Mar 7 Nov 2017 - 11:36, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Suna
avatar
Informations
Grade : Seigneur du Vent
Messages : 1358
Rang : S

Message(#) Sujet: Re: Bonjour chaton ! Mar 7 Nov 2017 - 11:10

« Je suis dès à présent à ton service. Place moi là où tu me jugeras la plus utile. »

Un sourire naquît au bord de mes lèvres à ces simples paroles.
A mon service, n'est-ce pas ? …
Tant de perspectives et de possibilités se formaient dans mon esprit : parfois plus éthiques et morales que d'autres.

Pourtant, il me fallait réfléchir sérieusement à la question.
Où est-ce que je la voulais ? Auprès de moi.
Où serait-elle le plus utile pour le Pays ? Sur le terrain. Ceux minés et particulièrement dangereux nécessitant de se changer en parfait caméléon pour s'y faufiler.
Pour autant je n'étais pas prête à encourir ce risque. Pas alors que sa santé et ses performances n'étaient plus que l'ombre de ce qu'elles étaient jadis.
Non. Sa place parfaite était définitivement à mes côtés, là où je pourrais garder un œil sur elle pour m'enquérir de son état et nous entraîner ensemble, comme au bon vieux temps, pour rehausser son niveau.

Toutefois, cette idée s'occulta bien vite de mon esprit pour laisser place à une déception certaine en comprenant qu'elle était toujours idiotement accrochée à l'autre cervidé...
Un rouleau de parchemin. C'était là la seule chose qu'elle m'offrait pour la convoquer lorsque j'en éprouverais le besoin plutôt que de décider de s'installer à la capitale où il faisait plutôt bon vivre.

Arquant un sourcil, j'attrapai le parchemin sertis de sceaux colorés et l'observai dans le vide, sans grande conviction avant de le lui rendre.

« Je n'en veux pas. »

Le regard écarlate planté dans le sien, qu'elle pouvait désormais voir très clairement, j'affichai des traits un peu plus dur, soulignant ma contrariété.

« A quoi bon ? Tu me demandes de te siffler comme un vulgaire chien de garde lorsque j'aurais besoin de tes services ?! Cela serait bien plus simple si tu t'installais ici. Donne ce bout de papier à ton abjecte moitié. »

La manœuvre inverse me parlait davantage et je me voyais déjà envoyer le parchemin au Nara en ayant préalablement glissé un petit mot plein de tendresse pour son destinataire. Quelque chose comme « Gardez contact ! ♥️ »
J'en jubilais rien que d'y penser.

« Être l'assistante du Seigneur demande une présence à plein temps. »

Affirmai-je avant de siroter une nouvelle gorgée de mon thé dans une esquisse de sourire sans la quitter des yeux.



We're all mad here... :
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Suna
avatar
Informations
Grade : Jônin
Messages : 1666
Rang : S

Message(#) Sujet: Re: Bonjour chaton ! Lun 13 Nov 2017 - 23:07

Je lâche un long soupir de consternation avant de plonger mes lèvres dans ma tasse nouvellement redorée de son nectar doré et ce dans l'unique but de me remettre de la situation. Yami est-elle qu'elle est avec ses qualités, ses nombreux défauts ainsi que ce comportement aussi hautain que puéril ! Ce faisant je repose lentement mon récipient sur la table basse tout en continuant de caresser délicatement le petit léopardeau recroquevillé sur mes genoux. Les ronronnements de satisfaction qu'il émet en continue ont quelque chose de reposant et tendent à aiguiser la lame de ma patience dans le bon sens. C'est donc en faisant preuve d'un calme impérial que je réponds à mon amie de longue date et à présent Seigneur.

« Je suis navrée de te l'annoncer, mais ce n'est pas négociable. Je n'ai actuellement ni l'intention de m'installer à Kaze, ni aux côtés de Natsuki. Si Suna devra être considéré comme mon lieu de travail, elle n'en sera pas pour autant mon lieu de domicile. Dans cette optique le Hiraishin fera parfaitement son office puisqu'il me permettra d'être joignable en cas d'urgence, même en dehors de mon temps de travail. »

Je ne suis pas sotte, si au fond de moi je tends à désirer un rythme de vie plus serein que jadis, pour autant je ne remets pas en doute l'importance de mon devoir, mais contrairement au passé je me sens désormais à même d'être en mesure de faire la part des choses. Je souhaite à présent vivre pour moi et pour ma nation contrairement à l'époque où je n'avais d'yeux que pour notre étendard.

« Tu dois également comprendre que mon retour n'est pas mû par le désir d'aider un Seigneur, mais bel et bien de venir en aide à une amie qui m'est chère. Si je suis prête à te suivre jusqu'au bout du monde, à courber l'échine pour le paraître devant tes sujets, ne va pour autant pas me considérer comme tel, hypocrite et aveugle. Tu m'auras toujours dans ton ombre que ce soit pour le meilleur ou pour le pire. Et si un jour l'ivresse du pouvoir vient à prendre le pas sur la raison, tu pourras compter sur moi pour te frapper suffisamment fort jusqu'à t'en remettre les idées en places comme tu l'as jadis fait pour moi. »

J'annonce cela avec un calme qui peut paraître déconcertant pour certain. Il n'y a nul arrogance, nulle menace ou mise en garde dans le ton de ma voix. Nous nous connaissons depuis bien trop longtemps et avons vécu bien trop de choses ensemble pour nous attarder en vulgaires et puériles luttes intestines, celles-ci menées dans l'unique d'avoir le dernier mot sur un sujet donné. Mes actes comme mes paroles ne sont que bienveillance à son égard car, si je ne peux que reconnaître les innombrables progrès qui ont mené la Ketsueki jusqu'au sommet, elle n'en demeure pas moins porteuse de son nom, ce dernier étant empreint de significations de part toute l'histoire coulant dans ses veines. Ce faisant j'estime, et ce avec le moins de prétention que ce monde puisse m'accorder, avoir tout intérêt à me placer à ses côtés en tant que garde-fou. Si j'ai moi-même causé tant de tort avec ma petite organisation, j'imagine parfaitement ce qu'il est possible à l'échelle d'une nation telle que celle du Vent. Et à aucun moment je ne désire voir ma meilleure amie suivre la voie que j'ai emprunté ; et sombrer dans le chaos de ses fautes.

« Assistante ? Vraiment ? »

Je hausse les sourcils, mon regard se perd dans le vide un instant, puis je soupir, longuement. Cela fait, ma main libre empoigne mécaniquement la théière pour nous resservir le thé. Dans ma tête apparaît en toute lettre le mot « bureaucrate ». Elle a décidé de faire de moi une bureaucrate... tout ce que je ne peux supporter. Dès lors, je m'efforce de relativiser, en me disant qu'une telle place confère assurément de nombreux avantages dont un contexte de travail me demandant de rédiger des documents à l'encre et non avec mon sang ou celui de mes ennemis. Ce n'est qu'après une énième et longue gorgée de thé que je finis par m'exclamer, résignée.

« Soit... Qu'il en soit ainsi. Où dois-je signer ? »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

Bonjour chaton !

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Shinobi no Hattan :: Passé & Lettres :: Flashbacks-