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 Apprendre à vivre avec ses remords.

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Suna
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Message(#) Sujet: Apprendre à vivre avec ses remords. Sam 23 Sep 2017 - 14:46

La crise était passée, et pourtant, je ne pouvais m’empêcher d’y repenser. Tous ces morts, tous ces malades innocents. Et pourquoi ? Pour les sombres desseins d’hommes qui arrivent pas à mesurer leur égo. Mais si j’étais honnête avec moi-même, ce n’était pas ça qui me passait le plus à travers la tête. J’avais envie d’oublier toute cette catastrophe qui me rappelait à quel point ce que je faisais à l’heure actuelle était insignifiant. Je voulais aider plus de gens, plus rapidement encore. Et qu’est-ce que j’arrive à faire maintenant ? Juste à me plaindre en fumant un bédo dans mon lit, en croyant que comme à chaque fois, la sensation de légèreté que cela me procure puisse me faire oublier ce sentiment.

Et le pire dans tout ça ? C’était tout simplement que plus je voulais oublier en respirant cette fumée, plus je me revisualisais les scènes. Cette famille que j’ai abandonnée sur le toit en pensant les épargner du gaz. Ces dizaines de patients graves que je confortais sans rien faire… Ces gens que j’ai condamnés à mort par mon incompétence. Mordant le tube à mes lèvres, je décidai de l’écraser vu qu’il ne faisait aucun effet. Je ne savais plus réellement quoi faire. Étudier était devenu impossible avec ma tête embrumée. J’étais constamment fatigué, mais l’envie de dormir n’arrivait jamais.

Alors j’ai fait ce que beaucoup me disaient faire dans ce genre de situation : je suis sorti, marcher sans réel but si ce n’était d’avancer pour trouver quelque chose à faire. Je croisais également des gens que je voyais tous les jours lors de mes marches, essayant de leur répondre avec mon sourire naturel, mais je me sentais beaucoup trop forcé. Là où je pouvais m’arrêter deux minutes pour discuter avec un voisin de la pluie et beau temps, je ne faisais plus que passer mon chemin en mettant rapidement fin aux conversations, même en restant poli. J’avais horreur de cette situation, moi qui pouvait me « vanter » d’être amical avec tous le monde, me voilà en train de jouer les anti-sociaux…

Mes pas me menèrent ainsi sans que j’y prête attention à l’un des terrains d’entraînement, le même sur lequel j’avais rencontré les membres de ma nouvelle unité de Shinobis. J’ai entendu que Kuro-Kun et Kasuga-Chan avait fait de leur mieux de leur côté, j’étais content de savoir qu’ils n’avaient pas succombé au poison. Mais Milly-sensei, elle… J’étais tellement apeuré en la voyant cracher du sang, sans compter qu’elle avait été témoin de mon incompétence pour soigner ce blessé. Soupirant en repensant à ceci, je décidai de faire comme selon mon subconscient semblait désirer. Prenant une posture, je commençai à enchaîner les coups dans le vide, bougeant avec l’aisance et la souplesse significative du style du clan. Je n’avais pas vraiment de cycle en tête, juste l’envie de frapper dans le vide. Mais même ça ne semblait pas chasser mes démons.


« Tout va bien se passer, je le promets ! »
« - Tu parles… »

Désordonnés et imprécis, je ne me rendais pas compte de la fatigue et de la maladroitesse dans mes mouvements, tout comme la hargne que je m’étais dans ces derniers. Plus vite, encore, je voulais faire en sorte de me fatiguer toujours plus vite, de relâcher la pression et me vider la tête. Cependant, mes enchaînements beaucoup trop imprécis me firent perdre l’équilibre, alors que je trébuchai en m’emmêlant les pieds, le visage le premier dans le sable. Quelques secondes passèrent avant que je ne redresse la tête, gémissant légèrement de la faible douleur sur ma peau. Je me sentais vraiment con sur le coup, en espérant que personne ne m’ai vu. Chose que je regrettai de penser alors que je levai la tête et affichai simplement de la surprise en voyant la personne en face de moi.

« - … Milly-sensei ? Hmmm… Bonjour ?»

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Suna
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Message(#) Sujet: Re: Apprendre à vivre avec ses remords. Mar 26 Sep 2017 - 19:24

« P’paaaa ! T’as encore oublié la moitié de la liste de course ! A quoi ça te sert que je te note qu’il faut si tu zappes la moitié ? Et va pas me dire que c’est la boulangère qui te faisait du charme, elle ne marche plus cette excuse. Oh tu m’écoutes ? »

Une main ballante s’éleva au-dessus du fauteuil, face à la fenêtre et surtout face à l’océan. Mizu no Kuni lui manquait, ça crevait les yeux. La majorité de son temps il le passait depuis quelques années maintenant à observer l’étendue maritime, fixant l’horizon comme si l’archipel pointerait un jour de bout de ses forêts de mangroves.
Venant poser une main sur son épaule, j’abandonnai mon exaspération pour une certaine compassion. De toute manière ça ne servait à rien de se plaindre, le lendemain il aura oublié.

« Maman me manque aussi. Même si je n’ai presque plus de souvenir d’elle, et je sais combien elle te manque mon papa. Mais ça ne sert à rien de rester là à attendre … On y retournera, tu le sais, je te l’ai promis. Sitôt que j’ai assez d’argent de côté on y retournera, mais en attendant il faut que tu prennes soin de toi. Est-ce que maman aurait aimé que tu te laisses dépérir ainsi ?
- Pff …
- Aller, ressaisis-toi d’accord. Je te laisse les courses à ranger, je vais chercher le reste. »

Une petite tape de réconfort et direction la sortie. Une journée encore ensoleillée, digne du climat de ce pays. De mon pays. L’archipel de la pluie n’avait plus aucune valeur d’importance à mes yeux, cela faisait quasiment vingt ans que j’avais quitté les plages de ce pays humide et brumeux. Ma mère y avait perdu la vie et c’est ce qui avait été la raison de notre fuite jusqu’ici, mais à présent je n’en ressentais plus le moindre attachement. Difficile donc de rester calme face à quelqu’un qui reste irrémédiablement bloqué dans le passé, accroché au souvenir d’une femme disparue depuis deux décennies.

Repartant faire le plein de provision pour la semaine, je me noyais dans des souvenirs qui n’en étaient probablement pas. Des images, des paysages et des visages que je soupçonnais n’être l’œuvre que de mon imagination. Vous savez ce qu’on dit, avec le temps les souvenirs sont toujours bons. Notre subconscient a cette fâcheuse manie à modifier et bonifier progressivement les évènements réels, même les plus sombres, comme si indirectement nous refusions qu’ils aient eu lieu. C’est ce qui arrivera avec l’attaque qu’avait subi le village il y a peu, avec ces types en noir et ce gaz. Irrémédiablement les gens finiront par ne retenir que les bons moments, au fil des années.

Une petite heure plus tard, sur le chemin du retour et les bras prit par les sacs, mon attention fut interpellé par des gesticulations acharnées sur la droite. Quelqu’un sur l’un des terrains d’entrainement se défoulait visiblement plus que s’entrainait. Une seconde. Ce ne serait pas Shin ? On dirait que si. Oui si effectivement, c’est bien lui. Pourquoi un tel acharnement ?
Je m’approchai sans vraiment faire attention à ne pas faire de bruit, et le temps d’arriver jusqu’à lui, il venait de déraper et s’étendre sur le sol.

« Shin ?
- … Milly-sensei ? Hmmm … Bonjour ? » Bredouilla-t-il en se relevant.
« Est-ce que ça va ? Tu me sembles un peu trop à fond dans tes exercices pour avoir les idées claires … C’est à cause de ce qui s’est passé dernièrement ? Tes mouvements étaient très fouillis, ça ne te ressemble pas. Si tu as besoin de parler, je suis là hein. »

L’observant des pieds à la tête, je me souvenais quel stress et quelle pression il avait dû affronter, avec les empoisonnements, le sang, la peur de chacun. Tout ça sans vraiment y être préparé.

« Viens on va marcher un peu, ça aide toujours pour vider son sac. Et puis moi j’ai besoin de déposer les miens chez moi. »

Tournant les talons, je lui fis signe de la tête et d’un sourire de me suivre. Il était important de se débarrasser de ce traumatisme avant que cela n’empire. Sinon ses rêves de carrière dans la médecine voleront irrémédiablement en poussière.
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Suna
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Message(#) Sujet: Re: Apprendre à vivre avec ses remords. Dim 8 Oct 2017 - 22:14

Je me demandais vraiment ce que j’avais fait au bon dieu se trouvant là-haut pour me mettre dans une situation aussi embarrassante en face de notre Sensei. Tout ce que je voulais c’était m’isoler pour réfléchir… Non, je me mentais à moi-même. Je voulais juste oublier, me trouver une excuse pour ne pas penser à mes nombreuses, trop nombreuses erreurs que j’avais fait ce jour-là. Maintenant, me voilà au sol après une chute ridicule, chose qui ne me serait pas arrivé avec la souplesse que m’avait accordé mon clan, devant la chef de mon unité. C’était pas tant que je me sentais embarrasser, non, le vrai terme qui me venait à l’esprit été… Pathétique.

Me relevant pour me dépoussiérer, évitant de me tourner plus en ridicule que je ne l’avais déjà fait, j’écoutais ainsi les mots de Milly-sensei qui semblait avoir vu au-delà de mes coups que je n’y mettais pas réellement mon envie. Voilà maintenant qu’elle semblait pouvoir lire en moins comme un livre ouvert. Je veux dire, certes, j’admets être quelqu’un d’assez libre de ses sentiments, j’en étais même fier de pouvoir parler sans honte, mais la, ma tête n’était pas du tout à ça à vrai dire. J’avais plutôt envie de m’enfermer dans un cocon le temps que ça passe.

La tête tournée à ailleurs pour éviter de croiser son regard, restant silencieux pour éviter de confirmer quoique ce soit envers elle, je l’entendais à nouveau parler pour m’inviter à la suivre. Le regard tourné vers elle, je fus surpris de voir son sourire radieux, empli de bienveillance. C’était le même genre de regard que me lançait ma mère quand elle devinait parfaitement ce à quoi je pensais. Si ça se trouve, j’aurais dû rester à la maison et m’enfiler un joint ou deux avec elle pour parler… Non, elle était sans doute en train de s’occuper des concoctions, elle n’avait pas le temps pour ça. Mais toujours était-il que quand j’avais vu son expression, je ne pu m’empêcher de regarder à nouveau ailleurs, le teint rougi de gêne en restant silencieux quelques secondes.

Lâchant un simple murmure du fond de ma gorge en acquiesçant, je me mis à la rejoindre, marchant à ses côtés la laissant malgré tout décider du rythme et de la direction de la balade. Les premières minutes furent silencieuses, mon côté du duo n’aidant pas vraiment à la conversation. Si la blonde aimait le silence tranquille ou alors attendait juste que j’entame la conversation, je n’aurais pas vraiment pu le dire. Mais aussi étonnant et contradictoire que c’était, parler de mes problèmes n’était pas dans mon intérêt immédiat. Il me fallait à la place trouver de quoi me distraire, parler d’autre chose pour éviter de revenir sur ce terrain. Acquiesçant à moi-même, je me mis à sourire, espérant être convaincant, tout en tournant la tête vers ma chef d’équipe pour parler.


« - Maintenant que j’y pense, vous ne m’avez pas vraiment dit où est-ce que vous habitiez, Milly-Sensei. Non pas que je vous y oblige, bien sûr, haha… Je ne comptais pas du tout m’inviter par exemple, c’est pas du tout mon genre ! Moi de mon côté je suis plus proche du désert que du port par exemple, notre clan ayant l’habitude de ce genre de condition. »

Légèrement, je faisais en sorte de remplir la conversation de sujets allant dans tous les sens. J’espérais faire en sorte ne pas trop orienter sur le sujet qui m’étais sensible. Et ironiquement… Cela marchait également pour moi. Je trouvais assez facile de parler avec Sensei, même si elle était techniquement mon supérieur et mon ainée. Elle avait ce genre d’aura qui ne mettais pas de trop grande importance aux grades, parlant de manière parfois dure, mais toujours avec de bonnes attentions aux autres. Et hélas, je ne pouvais ainsi m’empêcher de repenser à ce moment où je l’ai vu tousser du sang et l’essuyer de sa main. Je n’y pouvais rien, j’avais beau ne pas avoir envie de parler ce jour-là… Il m’était impossible de ne pas m’inquiéter pour elle. Perdant ainsi mon semblant de moral, je me refis plus hésitant en demandant.

« - Sensei. Est-ce… Est-ce que vous allez mieux ? Vous n’avez pas eu trop de séquelles importantes ? »
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Message(#) Sujet: Re: Apprendre à vivre avec ses remords. Lun 9 Oct 2017 - 18:05

Les premières minutes se passèrent en silence. Il valait mieux lui laisser du temps, le forcer à discuter n’arrangera rien à la situation. Et puis le calme est parfois plus réparateur qu’une lourde discussion vide de sens. Tout ce que nous entendions venait des ruelles, les marchands devant leurs étals, les clients qui essayent de négocier un meilleur prix sans froisser le fournisseur. Les enfants qui jouent à taper au pied dans un ballon, quelle activité ridicule. Et pourquoi pas le faire rebondir à la main aussi ? Pff. Ah nan mais s’ils viennent en plus jouer dans nos pieds, ça ne va pas le faire … un petit tir en arrière, juste histoire de les éloigner suffisamment et je fis signe à Shin de tourner à droite. Voilà, de nouveau tranquille. Et en plus ça sent bon le poulet qui tourne sur ses braises. De quoi donner l’eau à la bouche, peu importe l’horaire.
C’est à ce moment-là que Shin choisit de rompre le silence, mettant un terme judicieux à mon appétit grandissant. Il souhaitait savoir où j’habitais, sachant que lui était plutôt du côté du désert.

« Oh moi c’est tout l’inverse. J’ai toujours vécue à proximité de l’océan. L’air marin, les embruns qui fouettent le visage au petit matin, et surtout la fraicheur du monde aquatique … Je suis de Mizu no Kuni, tu te souviens ? La mer c’est dans nos gènes. Après le désert c’est bien aussi mais bon, je n’ai jamais été très fan de la chaleur. »

Lui indiquant d’un doigt un pan du port apparaissant entre deux murs. Mais le jeune shinobi enchaina sur ce qui obscurcirait son regard et ses pensées.

« Sensei. Est-ce … Est-ce que vous allez mieux ? Vous n’avez pas eu trop de séquelles importantes ?
- Ne t’en fait pas pour moi. Il en faudrait bien plus pour m’arrêter, héhé. Même si, avons-le, c’était quand même bien la merde … Nous autres Kaguya sommes plutôt résistants et difficiles à éliminer. Notre métabolisme est naturellement plus solide que le commun des mortels, mais ce n’est pas sans inconvénient … Cela dit pour ça je pense que tu es encore un peu trop débutant dans le domaine médical. Mais tu as su gérer une situation particulièrement stressante et je suis immensément fière de toi. Vraiment. Peu de ninjas non expérimentés auraient pu tenir le poste jusqu’au bout sans péter les plombs. »

Une petite tape d’épaule à épaule s’ajouta à cette tentative de réconfort. Notre différence d’âge avait beau ne pas être énorme, notre vécu différait totalement, et bien que je ne connaisse pas le sien – ou pas encore – il suffisait de voir ses réactions pour se faire une idée. Les champs de bataille, les morts, la guerre ne lui était pas du tout familière. Et en soi c’est une bonne chose. Nous sommes toujours trop jeune quand ce moment arrive, et lui y a été plongé la tête la première sans message préventif.
Changeons de sujet, autrement même les meilleurs réconforts ne feront que remuer le couteau dans la plaie.

« Tu sais, petite j’étais certaine de finir ma vie sur un navire, avec toutes les histoires de marins que ma mère me lisait à l’époque. Ah les rêves de gosse … C’est par ici. »

En quelques pas nous nous arrêtâmes devant une petite maison typique de l’architecture sunajin, avec le toit rond et les murs épais, parfait isolants contre la température intense en journée et le froid nocturne. Un unique étage, des fenêtres aux volets presque tous fermés. Un tout petit jardin à l’herbe séchée menait à la porte en bois. Et comme sous-entendu plus tôt, l’ambiance vivace du port n’était pas loin. On pouvait presque entendre les pécheurs vendre leur denrée du matin, au milieu des hurlements des mouettes.

« Voilà, c’est chez moi. Tu veux rentrer ? Ce n’est pas fameux m’enfin c’est suffisant avec mon salaire. » Faisant le premier pas, j’entrai en laissant ensuite la porte à moitié ouverte, et filai à la cuisine. « Putain ! Papa ! Les courses, fallait les ranger ! La viande surgelée, elle ne l’est plus du tout maintenant ! Rah t’es impossible à vivre … »

Faisant signe à Shin d’entrer et de s’installer sans faire attention au bazar, je m’activai ensuite rapidement à ranger ce qui n’était pas encore foutu. Mais ce steak et ce poisson, fait chier. Va falloir les cuire ce soir, pas le choix ça a couté trop cher pour être jeté.
Une idée me traversa les neurones lorsque je pivotai les yeux sur le shinobi. Les garçons ont la réputation d’avoir un estomac sans fond, ce serait parfait.

« Shin ? Ça te dit de manger ici ce soir ?
- C’est qui ? » Demanda une voix légèrement hésitante derrière un fauteuil au haut dossier.
« Ah … tss, papa je te présent Shin, un de mes élèves. Shin, le vieux croulant devant sa fenêtre, c’est mon père.
- Un peu de respect Milly ! » Dit-il en se levant – avec difficulté – pour tendre une main tremblante de salutation à l’apprenti médecin. « Bienvenue jeune homme. Alors c’est vous qui aller enfin me donner des petits-enf…
- NAN ! Chut ! Pas un mot de plus ! Je te préviens, sinon tu te débrouilles pour te faire à bouffer tout le reste de la semaine. »

Ah les histoires de famille, on pourrait en faire un roman complet sans pouvoir traiter de tous les sujets. Heureusement pour vous comme pour moi, là n’est pas le but. Hélas ça ne permet pas d’échapper aux moments gênants.
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Message(#) Sujet: Re: Apprendre à vivre avec ses remords. Dim 15 Oct 2017 - 20:31

En médecine, il y avait une leçon que l’on nous avait appris qui semblait être le centre de mon obsession en ce moment : l’empathie est à double tranchant pour un médecin. Comme tout le monde, ils nous disaient que l’un des facteurs pour augmenter la rapidité de guérison d’un patient était de lui donner l’envie d’aller mieux, qu’il y avait une raison pour qu’il revienne sur pied. Pour cela, il suffisait juste de montrer que l’on s’intéressait à son état et que l’on voulait l’aider. Mais paradoxalement, plus on fait ça, plus on s’intéresse effectivement au patient, et quand l’inéluctable fini par le frapper, ce dernier n’est pas le seul affecté par la perte…

Mais avant que je ne puisse m’enfoncer un peu plus, les mots de Milly-sensei revinrent m’interrompre dans mes pensées. C’est vrai qu’elle m’avait informé qu’elle n’était pas du pays, qu’elle était dans un environnement bien opposé au miens. Contrairement aux mers de dunes que j’avais l’occasion de parcourir lors de longues traversées du désert, elle avait vécu près des vraies mers, celle où les vagues étaient vivantes et aux humeurs changeant du calme à la tempête. Cela avait son charme, même si je préférais quand même les nuits calmes à voir la lumière des étoiles se refléter sur le sable blanc.

Nous étions enfin arrivés chez elle, me surprenant moi-même en me rendant compte que j’avais fini par la suivre comme elle le voulait. Je suppose qu’arrivé là, je ne pouvais pas réellement dire que j’avais autre chose à faire et prendre la poudre d’escampette. Alors que j’observais brièvement la maison et le début de décor de l’intérieur, je sursautai sur le coup en entendant la blonde crier sur la personne qui semblait être son père. Sans réellement écouter la conversation, je fus comme attiré à l’intérieur par une force obscure lorsqu’elle me demanda de la suivre. Un brève regard partout, je me rendis compte que la maison avait un arrangement assez différent du miens, mais il fallait dire que la maison n’avait pas autant de fenêtre, plus des ouvertures qui servaient de balcon qui donne en ouverture vers le désert. Je senti alors une autre présence, quelqu’un m’observant, et remarquai aussitôt une autre personne : un homme, plus âgé que moi ou Sensei, et à l’apparence assez… Mauvaise ? Etait-il malade ? Mon esprit de médecin se mit immédiatement en route pour essayer de faire un diagnostic, mais je fus interrompu par les présentations. Secouant légèrement la tête, je tendis la main pour me présenter.


« - Enchanté Monsieur. Je suis Akuzu Shin, et sous les bons soins de votre fille. »

Il était vrai que la chef d’équipe qu’était Milly-sensei se montrait toujours attentionnée, chose que je ne pouvais qu’apprécier en elle. Trop souvent on entend des histoires sur des chefs trop autoritaires ou abusant de leur pouvoir, mais elle… Elle arrivait à me mettre bien à l’aise. Souriant grandement en observant l’homme, il enchaîna sur une déclaration qu’il n’eut pas le temps de terminer, mais il ne me fallut que quelques secondes pour faire 2+2, et encore moins pour finir par me faire une honte tout seul, les bras bougeant partout et rougissant de panique.

« - A-a-ah non ! Non ! Quand je disais qu’elle « prenait soin de moi », c’est en prof ! Pas ce genre de relation ! Non pas que Sensei n’est pas charmante, elle l’est- JE VEUX DIRE elle est toujours pleine de vie et j’apprécie, mais en tant qu’élève, pas que… Que… Je vais juste me taire maintenant et aller loin. »

Les mains plaquées sur mon visage de honte, métaphoriquement parlant, je m’éloignais comme si de rien n’était pour observer la mer, espérant que le fait que je ne reconnaisse pas que ce moment se soit passé puisse le faire disparaître. Avançant donc dans la maison sans réellement avoir répondu à la question de Sensei, et en l’ayant même oublié sur le moment, mon œil vit dans le coin de ma vision périphérique une étagère avec un ornement étrange. Je ne pouvais m’empêcher de m’arrêter un moment en tournant la tête pour observer la place : il y avait quelques récipients pour contenir de la poudre, de l’encens je dirais avec l’odeur restante. Etait-ce un autel, comme à la maison ? A la différence qu’à la place d’une photo comme on en voit à l’accoutumé, il n’y avait qu’un nom.

« Ikemi… Kaguya ? »

Il n’y avait pas de doute à avoir quant au fait que cette personne faisait partie de la même famille que les deux autres personnes de la pièce, mais qui ? Un bref moment pouvait se lire alors que je devinais par élimination qui cela pouvait être, et qu’une pensée s’en alla à mon père… Me rendant compte que j’étais resté à regarder un peu trop longtemps, je continuai mon chemin sans rien dire, observant plutôt là où regardait l’homme auparavant, et fut surpris de voir une vue magnifique du port et de la mer derrière. On pouvait voir les étendus d’eau jusqu’à l’horizon, et même si nous étions au même niveau que les rues, le fait d’avoir ça via une fenêtre donnait une toute autre impression.


« - Je dois admettre… La vue vaut le coup. »

Regagnant légèrement le sourire, je me retournai pour reporter mon attention sur les deux autres individus de la maison, ou plutôt « le », puisque je fus surpris de voir que Sensei n’était plus dans mon champ de vision. Regardant à droite et à gauche, je haussais finalement les épaules alors que je me mis à nouveau à observer le vieil homme en face qui ne semblait pas être au mieux de la forme, chose que j’avais deviné encore plus en sentant sa main tremblante serrer la mienne. Sans hésitation, je m’approchai pour l’aider à regagner sa place sur son siège.

« - Rasseyez-vous, pas besoin de trop forcer si vous avez du mal. Vous avez mal aux jambes ? Fatigues ? S’il y a quoique ce soit que je puisse faire, n’hésitez pas, je suis là pour ça. »

Pas vraiment. Après tout, je n’étais pas censé être là, juste à me morfondre comme le dernier des dépressif qui était à une étape du « bourrage alimentaire à la glace au chocolat », mais bon. L’homme avait effectivement du mal à bouger, et ce n’était très certainement pas à cause d’une simple fatigue. Mais peut être que j’étais devenu comme ces étudiants qui voyaient le mal partout et pensait tout de suite à chercher une maladie perdu qu’une simple toux. Cela dit, il fallait admettre qu’il ne devait pas forcément trop bouger dans son état. Me levant alors, je parti un peu autour de la maison pour trouver où pourrait se trouver Milly-sensei. Entendant du bruit venir d’un coin, je pénétrais afin de voir la blonde… Cuisiner ? Étrange. Arrêtant d’hésiter un moment, je m’avançai à côté d’elle afin de lui montrer ma présence.

« - Ça sent bon on dirait. Besoin de moi pour quelque chose ? Je préfères trop éviter de faire bouger votre père vu sa… fatigue. »
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Message(#) Sujet: Re: Apprendre à vivre avec ses remords. Lun 16 Oct 2017 - 18:03

Les présentions faites, je retournai à ma cuisine et au rangement de tout ce bordel, laissant les garçons faire connaissance. Punaise, tout ce gâchis … Bon, pas le temps de s’apitoyer. Une poêle, un peu d’huile d’olive et sitôt chaud, hop les poulets décongelés. De toute manière ce n’est pas pour tout de suite mais au moins comme ça on évite la catastrophe. Mince ils sont où les gousses d’ail ? Ah putain ne me dites pas qu’il n’y en a plus non plus … Ah nan c’est bon, sauvée. Quelle idée saugrenue de les mettre avec les pommes de terre aussi. Bref, continuons. Peler puis hacher ce légume de malheur qui ferait pleurer une brute, et hop avec les poulets.
Attention n’allez pas croire que c’est uniquement par mon statut de femme que je fais la cuisine, on se calme de suite les rageux prépubères. C’est juste que je n’ais pas le choix. Shin est l’invité – imprévu – et mon père serait capable de se couper un doigt avec une cuillère en bois.

Pendant ce temps, dans la pièce d’à côté, l’apprenti médecin s’empêtrait dans des explications sans queue ni tête ayant pour but d’expliquer au vieil homme face à lui qui, ne le cachons pas, avait décroché depuis un petit moment. Seul le regard restait fixé sur le ninja en proie à un malaise grandissant, tout le reste était déjà partit dans un univers onirique. Et pour cause, il n’y eu aucune réaction quand Shin s’éloigna, simplement un suivi des yeux, comme un réflexe mécanique datant de ses époques actives de pécheur, à suivre sa ligne sans discontinuer.
Le jeune homme, au cours de sa visite, s’arrêta devant un meuble supportant une tige d’encens encore fumante, dont les cendres tombaient dans une fine coupelle en argent. Et derrière l’objet, une statuette en ivoire illustrant une silhouette féminine accroupie, les mains sur les genoux et vêtue d’un kimono traditionnel. Le visage légèrement penché vers le sol masquait en partie l’expression gravée dessus, la rendant difficilement déchiffrable.

« Ikemi … Kaguya ? » Demanda Shin à lui-même, comme une pensée à voix haute.

Le maitre de maison acquiesça d’un mouvement de tête, la mine peu joyeuse, toujours sans lâcher son hôte du regard. Ce dernier admirait maintenant la vue depuis la fenêtre face à laquelle mon père restait la large majorité du temps.

« Vous n’avez jamais quitté ce pays n’est-ce pas ? » Questionna-t-il à l’apprenti médecin. « Comme je vous plains jeune homme … Vous êtes encore jeune, ne perdez pas votre temps à moisir ici. Le monde est vaste, partez. »

Il se rassit à sa place peu après, retournant dans son silence et ses visions portées sa mémoire. Les mains serrant les bras du fauteuil, comme un moyen de garder malgré tout une emprise sur la réalité.

De retour dans la cuisine, je terminai de saupoudrer le poulet de curry arrosé de lait de coco. Les odeurs commençaient sérieusement à emplir la pièce, accompagnée d’une fumée qui ne demandait à s’échapper. Le temps d’ouvrir la fenêtre et l’irruption de Shin me fit sursauter. Putain quel con ! Enfin tout va bien, ce n’est que lui.

« Ça sent bon on dirait. Besoin de moi pour quelque chose ? Je préfère trop éviter de faire bouger votre père vu sa … fatigue.
- Hein ? Ouais enfin ça ne lui ferait pas de mal de bouger un peu non plus. Il reste constamment assis, et je doute sérieusement que ce soit très bon pour ses muscles ou ses articulations. Plusieurs fois je lui propose de faire le tour du quartier à pied, tranquillement mais si ce n’est pas pour aller à la boulangerie, il refuse en bloc. Et pour sûr que c’est mon père, on a le même caractère entêter … »

Le poignet souple, retournant les poulets une nouvelle fois avant de baisser le feu, j’attrapai ensuite le torchon pour m’essuyer les mains.

« Il t’a parlé de Mizu no Kuni ? J’ai crue vous entendre à un moment. Je lui ai promis de l’y emmener dès que je le pourrais. Mais un tel voyage, si ce n’est pas couvert par le biais d’une mission, ça coute extrêmement cher. Et bien sûr il est hors de question que je l’emmène en mission … Tiens viens, pendant que ça cuit je vais te montrer un truc. »

Retour dans le salon, nous passâmes devant la statuette et nous arrêtèrent à une armoire juste à côté. Ça tombait bien d’avoir deux nouveaux bras disponibles. Autant exploiter cet avantage au maximum. Je lui fis signe d’avancer les mains, avant d’y poser trois assiettes, trois verres et en équilibre le reste des couvert.

« Un ninja doit savoir garder son équilibre en toute circonstance, héhé. Moi je vais mettre la nappe. Papa tu viens ? L’océan ne va pas bouger, ne t’en fait pas. »

Venant passer les bras au-dessus de son fauteuil, je l’enlaçai tendrement pour lui chuchoter de se lever. Chose faite, je fis signe à tout le monde de s’assoir pendant que j’allais chercher le repas.
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Message(#) Sujet: Re: Apprendre à vivre avec ses remords. Dim 29 Oct 2017 - 22:40

« - A vrai dire, on peut dire que j’ai déjà voyagé, même si je n’ai jamais quitté le pays. Me tournant vers lui, je lui expliquai en m’appuyant sur le rebord de la fenêtre. Mes parents étaient des nomades, avec le reste du clan. Donc nous avions l’occasion de traverser les grandes étendues du désert sans réellement nous reposer pour admirer le paysage. Et atteindre cette zone proche de l’océan n’était pas dans nos priorités. »

Souriant toujours à mon résumé, je repensais aux nombreuses fois où je m’étais endormi après une longue journée sur le dos d’un chameau. En soit, les gens diraient qu’on voit tous les jours la même chose dans le désert : que du sable à perte de vue. Mais ce n’est que pour ceux qui ne savent pas apprécier le changement de contraste entre le jour et la nuit, non pas que je les blâmais. A entendre le vieil homme, il était vraiment attaché à la patrie de Mizu no Kuni. Il est vrai que je ne pouvais pas réellement entre apercevoir ce sentiment, vu que je vivais sans réelle attache jusqu’à ce que Suna soit construite, mais je pouvais imaginer la peine…

Après ma brève observation de son état, j’avais donc rejoint Sensei en cuisine pour voir de l’état de la situation. Je me sentais un peu gêné je dois avouer de m’inviter comme ça dans leur maison pour manger, ce n’était pas très civique. En plus, je n’avais pas prévenu ma mère que je ne rentrerais pas. Je sais bien qu’elle ne m’en voudrait pas énormément pour ça (majeur, vacciné, tout ça) mais elle aimait constamment savoir ce que je faisais… Et si je lui disais que j’avais passé la soirée avec ma prof… Soupirant pour oublier les commérages qui seraient à venir, j’écoutais ainsi la blonde parler de son père, comme quoi il ne bougeait pas énormément et que c’était du à sa mal du pays, si je pouvais deviner.


« - Je suppose qu’il tenait vraiment au pays, hein… Est-ce… Est-ce là-bas que… »

Je m’interrompis dans ma phrase en un soupire avant de dire que je laissais tomber ma question pour le moment, avec un sourire. Je n’avais fait que des suppositions après tout, ce n’était pas à moi de leur parler de ça. S’ils voulaient m’en parler, c’était leur décision, et ils le feraient le temps venu. Avant que je ne puisse dire quoique ce soit en plus, elle me demanda de la suivre en dehors de la cuisine. La suivant de regard, après avoir senti une dernière fois le repas qui me mettait l’eau à la bouche, je me retrouvai à nouveau derrière elle et tendis mes bras pour… Prendre des assiettes. Haussant un sourcil, je l’écoutais en train de faire passer ça pour un exercice Shinobi, me faisant lâcher un soupire détendu tout en roulant des yeux.

« - Je ferais en sorte de ne pas échouer, Sensei. »

La laissant faire sa part du travail, je lâchai un dernier regard à la fenêtre pour regarder l’Horizon. C’était vraiment magnifique avec le feu du soleil dansant sur l’eau et donnant un éclat incandescent. C’était bien mieux que… Que… Soudainement, l’ancienne apparence du port me revint en tête, alors que je me rappelai que l’attaque venait de là-bas ce jour-là. Le père de Milly ne bougeait jamais, disait-elle ? Il avait donc subit de plein fouet le poison ? Il a eu la chance de ne pas finir comme… Je pouvais entendre un faible bruit de claquement et me repris rapidement alors que je compris que c’était les assiettes qui se secouaient à cause de mes tremblements. Une respiration, deux respirations… C’était parti.

M’empressant d’éviter une nouvelle « crise », je déposais ainsi les couverts, après que la blonde ait posé la nappe, et prit place à la table, n’ayant rien d’autre à faire. Très franchement, je ne savais pas où regarder sans me sentir soit gêné, soit mal à l’aise parce que je savais que c’était un peu déplacé. Bon, réfléchis, quoi faire pour faire passer le temps. Parler du père ? Non, ça semble une mauvaise idée. De moi ? Je doutes que ça l’intéresse… Dis quelque chose !


« - Hmm… Depuis combien de temps êtes-vous tous les deux arrivés à Suna ? Je ne sais pas réellement depuis quand la cité à été créée. Ma mère et moi sommes arrivés il y a un peu prêt quatre ans, après que les infrastructures du nouvel ordre ont été mises en place, en suivant le clan. »

Un peu de discussion pour essayer de faire passer le temps, mais je ne savais pas vraiment comment faire. Après tout, l’ambiance semblait tendue sous ce faux semblant de normalité. Ou peut-être parce que j’avais encore la tête ailleurs, quelque part où je ne pourrais pas réellement m’en sortir aisément. Cependant, une nouvelle fois, l’odeur du repas réussi à me sortir de mes songes. La tête tournant en direction de la source, je vis ainsi la cuisinière du soir alors qu’elle déposa le repas sur la table. Regardant la nourriture que je me m’apprêtais à manger, je me permis de faire une remarque dans ma tête.

« - Je ne pensais pas que Sensei était du type à savoir cuisiner. »

Sauf que je ne l’ai pas fait dans ma tête et l’ai dit ouvertement. Rougissant de honte de ma boulette, je riais de gène en essayant de me défendre.

« - N-non pas que je penses que c’est mal, hein, au contraire c’est sympa ! Je veux dire, moi aussi je sais faire deux trois trucs, il faut bien quand ma mère est trop fatiguée avec le travail, haha… Enfin, oui vous voyez… »

Non, je doutais qu’elle voyait. Les épaules tombantes, le regard plongé vers la table, je me demandais où était passé mon peps des meilleurs jours en me demandant si j’allais sortir de cette maison vivant ou non…

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Message(#) Sujet: Re: Apprendre à vivre avec ses remords. Jeu 2 Nov 2017 - 17:31

Oula c’est chaud. Attention, ce serait con de faire une catastrophe maintenant. Protection des mains avec deux gants bien épais et je fis déjà un premier aller avec la casserole de riz. Quelques mouvements aléatoires pour leur dire de se servir déjà, et je repartis chercher la casserole. Et rien à foutre si les puristes disent que ce n’est pas un vrai poulet au curry, moi je le fais comme ça, et pis c’est tout ! Chaud devant ! En tout cas ça sent super bon, punaise je gère tellement. Et pour une fois, rien ne semble avoir brûlé. Ne rigoler pas, c’est une victoire en soi.
A table Shin entama la conversation bateau d’une réunion de famille dont les membres se voient trop peu souvent pour avoir des points communs évidents. Ce fut mon père qui enchaina une réponse, tout en se servant deux souches de riz :

« Et bien, on est arrivé sur le continent quand Milly était toute petiote. Elle avait eu cinq ans peu de temps avant, on a traversé tous les deux l’océan et voilà. Un long voyage mais nécessaire … Enfin si je sais toujours compter ça fait … heu …
- Vingt-un ans papa.
- Ah oui merci, c’était pour voir si tu suivais, ahah ! »

Le regard vise d’expression, presque las, qui lui fut lancer ne nécessitait aucune traduction. Faut croire que l’humour moisi est aussi de famille.
Shin par contre, était arrivé dans les parages depuis seulement quatre ans, accompagné de sa mère. Est-ce qu’il était arrivé à son père la même chose qu’à maman ? C’est le genre de question un peu trop personnelle, qui ne se demande pas sans certaines conditions. Comme un niveau de confiance particulier, ou le fait d’être soi-même passer à autre chose.
C’est là que le jeune ninja lança la réplique la plus maladroite qui soit :

« Je ne pensais pas que Sensei était du type à savoir cuisiner. »

Mes sourcils sautèrent sur place, pendant que mon père explosait de rire. Je fixai notre invité avec un mélange de surprise et d’incompréhension. Avais-je mal assaisonné la sauce ? Ou pas suffisamment fait cuir la viande ? L’apprenti médecin en rougit comme une tomate, sans tarder à se complaindre en excuse et explication plus incompréhensible les unes que les autres. Et à vrai dire ça avait quelque chose de terriblement mignon, cette naïveté, cette maladresse.

« Pff, n’importe quoi. » Fis-je en prenant un air d’abord outré, puis rapidement amusé. « Sache jeune homme que j’excelle dans tout ce que j’entreprends. Ou presque.
- C’est pour ça qu’elle n’entreprend pas grand-chose d’ailleurs …
- Papa putain ! » Et il hausse les épaules en plus ! « Rah, n’y fait pas attention Shin. Ce n’est qu’un vieillard gâteux et jaloux d’avoir la plus belle fille de la ville pour gosse. »

Oh la boutade ! Héhé c’est toujours plaisant de s’envoyer des fleurs. Il faut d’ailleurs, ne serait-ce que pour notre propre bien-être. Mais mieux vaut ne pas en faire trop. Rappelons qu’à l’origine, il s’agissait de rendre son moral à Shin, alors les querelles familiales, autant éviter.

« Au fait, prend des forces parce que demain, toi et Kasuga vous allez en baver. Je vous ai préparé un planning aux petits ognons, sur base de renforcement musculaire et énigmes. Ça va être cool. Héhé. En même temps j’en profiterais pour signaler qu’on a une nouvelle place de libre dans l’équipe. C’est le côté chiant, la paperasse … »

Toute cette administration avait réellement le don pour faire chier tout le monde. Hélas c’était nécessaire si on voulait éviter le chaos. L’ordre et l’organisation, il n’y a que ça.
Les minutes passèrent, chacun parlait de tout et de rien, la moindre idée qui lui passait par la tête afin d’éviter un silence pesant. Cela dit le sujet glissant arriva sur la table :

« Mais tu disais tout à l’heure que tu étais arrivé à Suna avec ta mère. Sans ton père donc ? On peut savoir pourquoi ? » Demanda papa sans une très grande délicatesse.
« Tu n’es pas obligé de répondre Shin, si tu trouves que c’est personnel ou trop douloureux. » M’empressai-je d’ajouter, comme pour éviter la catastrophe.
« Ça va, il est grand. Tu ne vas pas le couver non plus … c’est quoi ces jeunes qui ne veulent rien bousculer … Vivez votre vie à fond, vous allez voir ça passe très vite ! Oui bien trop vite … »

Son regard fixa un moment la statuette derrière Shin, avant de revenir sur le contenu de son assiette presque vide.

« Moi aussi j’ai perdue ma mère, alors ne te sens pas exclu. D’accord ? »
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Message(#) Sujet: Re: Apprendre à vivre avec ses remords. Sam 18 Nov 2017 - 18:18

Les interactions entre les deux membres de cette famille que je découvrais avaient don de me redonner le sourire, m’obligeant même parfois à cacher un rire derrière ma main pour ne pas éclater en plein milieu du repas… Cela me rappelait que malgré les morts qu’il y a eu partout dans Suna, la peur et la paranoïa constante et présente dans le cœur des civils, certains arrivaient encore à trouver un peu de bonheur et de gaité dans les choses simples. La discussion entre les deux semblait se passer en toute simplicité, cela se voyait qu’ils se sentaient proches l’un de l’autre.

La dernière remarque de Milly-sensei concernant sa flâterie personnel me fit plutôt osciller un sourcil plutôt que rire. Je ne pensais pas qu’elle était du genre à se préoccuper de comment les autres la percevaient sur le plan de la beauté. Non pas que je pensais qu’elle avait tort, au contraire. Non, prenez pas tout au pied de la lettre ! Je dis juste qu’effectivement, elle n’était pas à plaindre du point de vue physique, non pas que je donne un jugement aux moins avantagés. Aaaaargh, un vrai casse-tête ! Bref, je ne pouvais pas vraiment la contredire sur ce point, c’est tout. Cependant, alors que je m’embrouillais une nouvelle fois tout seul, la nouvelle prise de parole de de la prof eut le don de me refroidir aussi sec.


« - Un autre entrainement… Chouette… »

Sensei semblait pas mal énergique ces derniers temps, ne perdant pas une occasion de me ramener à l’ordre quand je me perdais dans mes pensées. L’agitation de Suna semblait réveiller l’envie de la blonde de nous apprendre des choses. Enfin, apprendre… Plutôt de nous forcer à comprendre que pour éviter de finir sur un lit d’hôpital on devait réussir à se protéger de ses attaques. Jamais de ma vie je n’aurais été heureux de posséder le physique des Akuzu qui me permettait de me tordre dans des postures improbables pour éviter de me faire empaler par un os. Cependant, une autre chose attira mon attention.

« - Un nouveau camarade ? Vous savez déjà de qui il s’agit, ou alors on devrait l’apprendre sur place ? »

Je voulais vraiment savoir qui serait donc le nouveau camarade à rejoindre notre équipe, et espérait (avec un peu de gêne à l’admettre) qu’il serait un poil plus enthousiaste que Kuro-kun. Je n’avais rien contre lui, loin de là, je suis rarement le type de personne à avoir du ressentiment envers les autres après tout, mais si on voulait avoir une bonne coordination dans notre équipe (et surtout avoir un nouveau moyen d’éviter de se faire massacrer par la prof lors des entrainements), il nous fallait quelqu’un de plus motivé.

La discussion reprit plus simplement entre les deux, les échanges se faisant de manière plus ou moins civiques. En soit, cela me rappelait certains moments avec ma mère, lorsque l’on se retrouvait tous les deux sans aucun travail à faire, à juste trainer ensemble et discuter de tout et rien. Certes, parfois les discussions déraillées un peu, notamment à cause d’elle qui n’arrêtait pas de prendre une occasion pour me mettre mal à l’aise, mais c’était des choses que j’appréciai énormément. Cela devait être par le point commun que je décelais entre nos deux familles… C’est en partie pour ça que je ne fus pas énormément surpris de la question qui suivi. Ce par quoi je fus plus surpris par contre fut la réaction de la fille qui semblait penser que j’allais être mal à l’aise. Je ne pus m’empêcher de soupire avec un léger sourire.


« - Il faut croire que je me suis tellement mal comporté que vous donnez trop de remous à vous faire, Sensei ? Je m’en excuses encore, mais rassurez-vous, ce n’est pas un problème. »

Je ne mentirais pas en disant que c’était facile de parler de ça, mais en aucun cas ce n’était insurmontable ou même difficile. J’ai fait mon deuil depuis un moment après tout, et puis peut être que cela aiderait la blonde à comprendre un peu plus ma situation. Prenant une grande inspiration, je posais mes couverts en posant mes mains sur la table, le regard altérant un peu partout pour me souvenir de tout ceci, parfois échangeant des regards avec les deux autres personnes aux moments importants.

« - Ma mère est celle qui faisaient partie du clan Akuzu, c’est d’elle que je tiens donc mon don héréditaire Cependant, elle n’était pas aussi combattante que le reste de mon clan, préférant se bercer dans son métier d’herboriste, chose rare et précieuse dans le désert. Mon père quant à lui était nomade indépendant, un mercenaire se battant contre l’empire lorsque ce dernier oppressait l’endroit où il se trouvait. Après qu’ils se soient rencontrés, ils ont rapidement compris les sentiments qu’ils avaient pour l’autre et… »

Je m’interrompis pour me montrer de mes mains, à défaut d’avoir le courage d’expliquer le concept de ma conception.

« - Dès que l’Empire décida de pénétrer les terres du Vent, mon père était le premier à se jeter au combat. J’avais douze ans quand il est mort, mais ce n’était pas au combat comme un guerrier qu’il avait succombé. »

Une légère pause alors que je fermais les yeux pour réussir à sortir la raison de la mort, qui était aussi significative pour moi.

« - C’était d’une maladie qui s’est développée à cause d’une infection. Les eisenin n’étaient pas aussi présents à ce moment que maintenant, et ma mère été restée à mes côtés pour s’occuper des civils. Si la blessure avait été mieux traitée, peut être que l’infection ne se serait jamais passée, mais personne ne le saura jamais… »

Soupirant légèrement, je redressai la tête pour les regarder droit dans les yeux, admettant que ma vision se concentrait plus sur la blonde, alors que je me fis plus déterminé, un sourire faible mais empli de détermination affiché.

« - C’est ce qui m’a motivé à devenir Eisei-nin. Beaucoup de personnes meurent à cause de la guerre, oui, mais encore plus le sont à cause d’absence de soins. Je veux apprendre à éviter ça, réussir à sauver le plus de gens possible, pour que d’autres ne ressentent pas la même douleur que j’ai pu avoir ce jour-là… Parce que j’ai envie d’aider les gens à vivre heureux. Même… Même si… »

Mon regard se fit tombant alors que je serrais les poings en me rappelant les morts autour, la famille que j’avais condamnée sur le toit, et les personnes dont je ne pouvais que soigner les blessures physiques… J’étais impuissant, incapable…

« - Il faut croire que… Que j’ai encore du chemin à faire… Excusez-moi, j’ai besoin d’un peu d’air. »

Me levant subitement, je marchais rapidement en direction de la porte afin de sortir, la refermant derrière moi. J’avais réellement juste besoin de respirer, et bien que je savais qu’ils ne me voulaient que du bien, je ne pouvais les laisser s’inquiéter plus sur mon sort. Je sais maintenant que cela n’avait fait qu’empirer la chose, mais parfois, un simple tête à tête avec les étoiles était suffisant pour apaiser l’esprit, assis en silence contre le mur de la maison à ne penser à rien d’autre si ce n’est cette question :

« - Qu’est-ce que j’ai bien pu accomplir ? »
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Message(#) Sujet: Re: Apprendre à vivre avec ses remords. Ven 24 Nov 2017 - 15:26

Il inspira alors profondément, en s’excusant au passage de provoquer tant d’inquiétude, puis vida littéralement son sac. Ni mon père ni moi ne l’interrompions une seule fois. Que ce soit par respect ou pas intérêt, nous le laissâmes seul dans son monologue, à expliquer son lien avec sa mère, la mort de son père qui ne fut pas causée par les armes mais par les maladies. Cette tragédie qui l’avait poussé et le motivais encore à devenir médecin. Il refusait que les autres vivent le même drame, la même douleur que lui. Un choix noble mais hélas impossible à atteindre, plus encore dans notre monde, régit que par les guerres et les affrontements en tout genre.
C’en fut trop, Shin se leva de table en s’excusant à nouveau, son assiette à moitié terminée et sortit sur le perron. Avait-on dit quelque chose de mal ? Ou bien est-ce qu’il aurait vu trop d’insistance dans nos regards pour supporter d’avantage d’émotions ? Papa reprit son repas comme si de rien n’était, seul une moue au coin de ses lèvres permettait de savoir qu’il comprenait les dires de l’apprenti-médecin. Il avait été lui aussi atteins par le gaz toxique propagé par ces sacs à merde d’extrémistes. Heureusement il a pu rapidement se mettre à l’abri, et les médicaments – même les plus aléatoires – ont fait le reste. Mais il avait également perdu sa femme, l’être qu’il a le plus aimé au cours de sa longue vie, souvent même plus que lui-même.

L’atmosphère plutôt joyeuse venait de perdre toute sa gaieté. Le silence s’installa à nouveau dans cette maison trop souvent morne. Et bordel qu’est-ce que je déteste ça ! La tristesse, la déprime, ça ne fait qu’affaiblir les gens et leur entourage. Il n’y a rien, ou presque rien, de plus nocif !
Je m’apprêtai à aller le rejoindre, quand une main m’agrippa le poignet.

« Laisses-lui du temps, ce n’est pas quelque chose de facile à digérer, même avec les années.
- Et pour qu’il finisse comme toi, à ronchonner dans ton coin et à ne vivre qu’au passé ? Hors de question.
- A toi de voir, t’es grande maintenant mais garde en tête que même la meilleure attention du monde peut avoir des effets néfastes si c’est trop brutal et trop insistant. »

Un haussement d’épaule et je me libérai de son emprise. Shin avait encore toute sa vie devant lui, pas comme mon père, pas comme moi … Alors non je refusais qu’il se gangrène la vie en solitaire.
Attrapant son assiette et sa fourchette, je partis le retrouver, en faisant tout de même attention à ne pas y aller trop brutalement. Ne pas faire ma Kaguya, ne pas faire ma Kaguya … Le voilà, le regard perdu dans les premières étoiles de ce début de soirée. Malgré quelques petits nuages ici et là, ça promettait d’être une belle nuit. Arrivant dans son dos, je m’approchai lentement de lui, et accéléra au dernier moment le pas pour me placer à sa hauteur.

« C’est l’avantage de vivre dans un pays désertique, il y fait chaud encore à cette heure … Et pas de pluie prévue pour cette nuit encore … Moi aussi j’aime bien rester à regarder les astres, ne plus penser à rien, ça décontracte énormément. Mais le toit est quand même mieux pour ça. » Je lui tendis son assiette avec un sourire bienveillant. « Tiens, c’est malpolie de ne pas finir le repas de ses hôtes, héhé. »

Comment enchainer sans risquer de le brusquer, de lui donner l’impression d’une contrainte ?
Une main sur son épaule en guise de réconfort, et la voix se voulant sage :

« Vouloir protéger tout le monde de la souffrance que tu as traversée, c’est très respectueux, pour ne pas dire exemplaire. Mais il ne faut pas non plus que ça devienne un fardeau. Tu ne pourras pas aider le monde entier, peu importe les efforts titanesques que tu pourrais fournir. Je sais que tu feras de ton mieux, et tu pourras compter sur moi tout du long, autant pour te donner les ficelles afin d’y parvenir, qu’en soutien … Ce dont j’ai peur, c’est de tes échecs et de l’impact que ça a sur toi. Ce qui est arrivé à Suna dernièrement, c’était assurément trop pour un apprenti, et là encore tu peux compter sur moi pour t’aider et te soutenir. Mais ne laisse pas ce malheur te submerger … C’est le but recherché derrière les entrainements, sans doute un peu trop physique. Vous pousser, toi et Kasuga, à toujours garder la tête froide, même en étant au pied du mur. »

J’allai m’assoir sur le muret de la clôture de la maison, cette fois face à Shin, les doigts s’agitant sur le granit. L’hésitation et le malaise restaient palpables, c’est toujours difficile d’intervenir sur ce genre de sujet.

« Tu nous as raconté ton histoire, je pense qu’il serait équitable que je fasse pareil … Hum, bon tu le sais maintenant, je ne suis pas d’ici. Née sur une petite île de Mizu no Kuni qu’on appelle Hone no Shima, d’une mère Kaguya et d’un père marin. Hum, tu connais un peu ce clan ? Leur réputation ou leur habitude ? En gros, pour la grande majorité des gens, ce sont des brutes épaisses associables et impétueuses. Ils n’obéissent qu’à eux-mêmes et sont d’un naturel particulièrement arrogeant et égoïste. »

Il était important de placer les bases avant de commencer l’histoire.

« Mon père n’étant pas un des leurs, tu comprends sans doute qu’il n’était pas apprécié. Mais ma mère était assez puissante et brutale pour le leur imposer. Et avec moi dans le lot en plus, ça n’allait pas trop mal. Seulement Mizu no Kuni est un archipel de guerre, de passation de pouvoir et de coups-bas … L’un des groupes politiques du pays à enrôler mon clan pour faire disparaitre son adversaire, ce qu’ils ont fait, mais à essayer ensuite de leur la faire à l’envers. Du coup ce sont également ses propres troupes qui ont été rasées. Mais au cours de ces escarmouches, ma mère n’est jamais revenue … J’avais 5 ans, je ne pouvais pas protéger mon père des Kaguya. Il était un élément étranger, indésirable à part entière. Nous nous sommes enfuis une nuit, profitant de son navire de pèche, on a traversé l’océan jusqu’à arriver ici. »

J’avais volontairement arrondit les angles, zappant certains détails pour le moment inutiles. Un jour peut-être qu’il faudra donner plus de renseignements, mais là ça suffira.

« Voilà, on est à égalité. » Un sourire adoucit la fin du récit, comme une ponctuation bienveillante à une histoire morbide. « Tu te sens mieux ? La statuette que tu as vu tout à l’heure, c’est à l’image de ma mère. Ou du moins le souvenir flou que j’ai d’elle … Piouf je n’avais encore jamais raconté ça à quiconque, ça fait trop bizarre. »
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Message(#) Sujet: Re: Apprendre à vivre avec ses remords. Sam 16 Déc 2017 - 15:28

Beaucoup trop de monde sous-estimaient les effets de l’air frais sur les nerfs. Respirer tranquillement sans prise de tête, laisser la brise caresser sa peau et descendre la température, n’écoutant que le silence de la nuit… C’était le petit coup de pouce dont j’avais besoin afin d’avoir les idées plus claires. Ce n’était pas tant que j’étais reparti dans cette phase de crise comme j’ai failli avoir en tenant les couverts plus tôt, mais plutôt… Ok, j’avoue, j’étouffais un peu avec les regards autour de moi, et surtout ceux de Milly-sensei. Je me souviens encore de la fin de l’entrainement qui conclut à mon intégration de son équipe. Elle avait dit qu’elle serait avec moi pour m’aider dans les moments difficiles, mais… Mais je sentais malgré tout que c’était superflu, que c’était moi qui devais trouver un moyen d’affronter cette épreuve seul.

Pourtant, alors que je pensais réussir à me remettre de ma situation avec un peu de temps, je fus une nouvelle fois surpris en sentant la présence de la blonde dans mon dos, approchant jusqu’à mon niveau. Un bref regard lancé dans sa direction, je repartais à nouveau dans les étoiles alors qu’elle me fit partager ses sentiments sur ces dernières. Il était vrai que les constellations avaient quelque chose d’ensorcelant, d’impossible à décrire. Je fus rapidement sorti de mon admiration alors qu’elle me tendit l’assiette, me rappelant qu’il fallait que je finisse, avant de continuer sur ce qu’elle voulait dire. Je savais déjà tout ce qu’elle me disait, que je ne devais pas rester obsédé par l’idée de sauver tout le monde, c’était impossible. Je ne suis pas aussi idéaliste que ça, oui, mais tout de même…

Elle me rappelait constamment qu’elle serait avec moi pour m’aider, l’idée me faisant presque rougir de gêne. Elle était peut-être dans son rôle de Sensei, mais elle faisait autant d’effort pour me soutenir, s’en était… je ne saurais trouver le mot. Je l’écoutai encore sur l’histoire de son propre passé, flatté qu’elle veuille bien me raconter le sien. Elle aussi avait perdu un de ses parents donc, membre du clan auquel elle a hérité les gènes. Je me retins un rire alors qu’elle me parla du comportement des Kaguya, me rappelant celui des Akuzu de la branche guerrière, toujours à chercher la bagarre. La différence avec moi cependant était qu’elle a perdu sa mère en étant trop jeune pour pouvoir se rappeler d’elle, chose que je trouvais tellement triste.

Et pourtant, la voilà souriante en racontant ceci, le faisant seulement pour essayer de remonter le moral de quelqu’un comme moi. Milly-sensei était forte, passionné, énergique et… Et j’allais même jusqu’à dire radieuse. De l’admiration, voilà le mot que je cherchais plus tôt, c’était de l’admiration que j’avais pour elle, et cela s’était renforcé avec cette soirée. Me souriant à moi-même à cette révélation, je repris un ton plus neutre en regardant le ciel, voulant parler.


« - Je… Je suis conscient que sauver tout le monde est impossible. C’est juste… Je pensais avoir fait suffisamment d’effort pour être capable de juste… « aider » lors de cette crise. Mais il faut croire que non, j’ai encore des choses à apprendre… »

La voix se faisant basse, je regardai le sol un instant avant de soupirer et me redresser, les mains sur les hanches et un sourire plus affirmé vers la blonde.

« - C’est pourquoi je ne peux pas me laisser abattre trop longtemps, hein ? Le temps que je passe à me morfondre, c’est celui que je n’emploie pas pour étudier ou m’entraîner, haha ! Je vais avoir beaucoup de travail à rattraper. »

Je n’étais pas encore au mieux de mon moral, je n’allais pas mentir, mais ça allait vraiment mieux, tellement mieux. Et tout ça, je le devais à elle. Je ne pouvais pas réellement m’empêcher de sortir ce que j’avais sur le cœur en regardant ailleurs.

« - Je ne sais pas comment j’aurais fait si vous n’étiez pas là. Vous êtes vraiment quelqu’un que je ne peux m’empêcher d’admirer. Vous êtes joyeuse, déterminée, courageuse, forte… Des choses que j’espère un jour obtenir. Et pourtant, vous trouvez l’envie d’aider un cas comme moi, qui broie du noir pour rien. Je… Je pense que ce que je veux dire. »

Me tournant vers elle, j’affichai sans doute l’un des plus grand sourire que j’avais pu afficher durant cette vie.

« - Je suis tellement heureux de vous avoir rencontré, Sensei. J’espère que vous continuerez d’être à mes côtés pendant longtemps. »

Un petit silence se fit alors que je me rendais compte d’à quel point j’avais « un peu trop » annoncé ce que j’avais en tête, mais je me rattrapai légèrement en essayant de changer de sujet.

« - … Même si je ne serais pas contre un peu moins d’entrainement mortellement dangereux et plus de discussion de ce genre, ha ha… »

Avant qu’il ne puisse y avoir de représailles, je rattrapai mon assiette et filait à l’intérieur de la maison afin de continuer le repas qu’elle nous avait préparé. Elle avait raison : elle m’avait invité pour aller mieux, et j’allais lui rendre la faveur comme je pouvais. Terminer ce repas ce soir, continuer de m’entraîner durement pour correspondre à ce qu’elle voulait, finir ma formation de médecin… J’allais faire en sorte qu’elle n’ait plus de raisons de s’inquiéter pour moi, même qu’elle soit fière. C’était une promesse que j’allais tenir…

… Même si je ne me rendais pas compte encore d’à quel point Milly-Sensei allait devenir importante à mes yeux.
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Message(#) Sujet: Re: Apprendre à vivre avec ses remords.

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