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 Sorina ! Sorina ! (PV Mira)

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Message(#) Sujet: Sorina ! Sorina ! (PV Mira) Mar 26 Sep 2017 - 18:22

Alors que je fus reçu avec beaucoup de courtoisie dans le village de Konoha, presque avec traitement de faveur en fait, après plusieurs jours à déambuler dans celui-ci, je commençais à me demander ce que je pouvais bien ficher là. La joie, la paix, la bonne humeur, en bref, un endroit terriblement ennuyeux. Qu'est-ce qu'un mercenaire, un assassin à vendre avait à faire ici ? À croire que je ne convenais qu'aux lieux en proie aux guerres et aux misères du monde. Quand j'aspirais la paix un temps, je découvrais maintenant que celle-ci m'encrassait le corps et le cœur plus qu'autre chose.

Pas de travail ici, rien qui ne me distrayait. Je ne pouvais même pas porter d'arme apparente, ainsi, faux, dague et épée devaient rester cloitrer dans la chambre que m'avait octroyé le Konohajin Samouraï à mon arrivée. Il ne me restait qu'Angélique dans le sceau de ma main, et bien sûr mon chakra, en cas de problème. Des problèmes que j'aurai souhaité, mais qui ne venaient pas pour le coup. La ville me paraissait, au-delà de la paix dont elle transpirait, très bien gardée, la force Konohajin conséquente s'y ressentait, et comme d'instinct, je notifiais en mémoire et en calepin tout ce qui pourrait m'être utile un jour. Tour de garde, agencement des rues, répartition des quartiers et de leur population. Mais tout cela en vérité ne me servait qu'à tuer le temps.

J'étais venu ici par curiosité, et quoi que la rencontre de la petite fille m'avait troublé, rien de nouveau et d'assez stimulant ne se profilait derrière. Étais-je donc voué à assassiner éternellement ? J'en étais donc arrivé au point de ne plus savoir apprécier la quiétude à sa juste valeur. Comme si la paix, avait de ça en elle, qu'elle faisait passer à trépas les élans de la guerre et de la mort. Aucune soif de sang ne serait étanchée ici, rien que ne contenterait "l'autre" qui dormait profondément en moi, comme la primitivité prête à écharper la raison des grands sentiments.

Je craignais alors intérieurement, de comprendre et de devoir accepter que j'avais été si bien dressé que je ne trouverai le repos bien qu'en ne faisait que ce pourquoi on m'avait éduqué, en tuant. Une ironie dont je me serai bien passé et que je savais inspiré par la solitude. Je ne marchais le plus souvent dans les rues, à observer et laisser traîner mon oreille, comme un vagabond. J'entendais les habitants parler de leur vie de tous les jours, du pain mal cuit, des enfants turbulents, des travaux de voirie, des histoires d'adultères entre voisins... Le commérage est l'occupation des gens sans quête, des gens simples, et la mine d'information des meurtriers et espions comme moi.

Lorsque je traînais dans les auberges et les restaurants, c'était encore la seule occupation que je trouvais. Pour ne pas éveiller les soupçons d'ailleurs, je me laissais le visage découvert, habit de cendre oui, qui ne revenait qu'à une cape me couvrant tout le corps, car je me figurai que la capuche couvrant le visage jusqu'à le plonger dans l'ombre ou un casque de cendre me ferait arrêter bien souvent par les Shinobis en patrouille. On me laissait assez tranquille, je supposais donc que ce choix fut le meilleur, et la cape de cendre était si bien réalisée que beaucoup de résidents de cette ville, ne faisait même pas la différence entre elle et un vrai vêtement.

Un jour, je sortais plus tard, très tard durant la nuit, car je ne trouvais pas le sommeil, et je décidais de me rendre dans les quartiers un peu plus pauvre et mal famé de la cité. Konoha avait beau se targuer d'être la cité de la paix, il y avait toujours, où que l'on se trouva, une part de la population plus défavorisée que l'autre. J'espérai peut-être trouver le genre de héros que héros qu'on ne trouve pas dans les tombeaux, les héros pauvres, la vie, le malheur, l'isolement, l'abandon, la pauvreté, sont des champs de bataille qui ont leurs héros ; héros obscurs plus grands parfois que les héros illustres. Le genre d'endroit où je me sentais désormais le mieux, parce qu'ils me donnaient un sentiment d'utilité en vérité je le savais bien.

J'avais entendu dans les divers commérages, qu'un bar de ce quartier mal famé abritait une maison de jeu clandestine en sous-sol. Si de cela, je me fichais, j'avais entendu que dans celui-ci, le tenancier avait trois jeunes filles et une femme. Deux de ses filles étaient bien les siennes, mais la troisième aurait été laissée par sa mère, partit travailler dans l'espoir de pouvoir revenir la chercher un jour. Une histoire que je trouvais assez banale. La guerre Impériale forgeait les drames comme les arbres faisaient des fruits. Cependant, je voulais m'y rendre, car on disait que cette enfant était la douceur incarnée, une douceur équivalente à l'innocence que j'avais rencontrée chez Akisa quand j'arrivais à Konoha. L'innocence, rien de plus sacré à mes yeux, ce que je cherchais à protéger par tous les moyens et certainement la raison qui me faisait me rendre à cet endroit. Un endroit assez discret et bien tenu quand j'arrivais à la devanture, et cela était confirmé quand je pénétrais à l'intérieur. Le tout était propre, bien agencé. Le patron, était un homme petit, maigre, blême, anguleux, osseux, chétif, qui avait l'air malade et qui se portait à merveille ; sa fourberie commençait là. Il se trouvait installé sur son siège au fond de la salle, à lire un livre. Il était habillé modestement, et je voyais à côté de cela une femme, enrobée et usée par la vie, travailler dans la salle avec deux jeunes filles d'une dizaine d'années qui travaillaient tout autant qu'elle. Travailler était un bien grand mot cependant, il y avait peu de client, et je ne jugeais pas qu'elles semblaient éreintées par la tâche que le patriarche leur assignait...

Je m'installais à une table que je trouvais vide, pas forcément au fond de la pièce. Une fois posé, je patientais et rien ne tardait, puisque l'homme qui lisait u livre, appelait fortement "Sorina ! Sorina ! Un client ! Dépêche-toi !" Ce que je ne savais encore être ses filles où sa femme. C'est bien une jeune fille qui venait à moi, elle sortait d'un escalier qui menait à un sous-sol, et apparaissait plus mal fagotée que le reste de la petite famille. Sur son visage, je ne me trompais pas, c'était celle dont j'avais entendu parlé. Elle avait environ douze ans. À l'état de ses mains, je devinais qu'elle faisait tout dans ce logis, les lits, les chambres, la lessive, la cuisine, la pluie, le beau temps, le diable. À son visage cependant, rien de répréhensible, rien de mauvais, rien de mécontentement. Elle n'avait rien répondu au maître avant de venir à moi, cette petite fille aux joues roses, aux yeux bleus et aux cheveux de blés. Elle était humble et me fixait aimablement quand je la regardais d'une certaine hauteur qui ne l'impressionnait aucunement.
-Qu'est-ce que je peux pour vous ? Me dit-elle simplement et gaiement.
Le timbre de sa voix sonnait étrangement en mon cœur, comme la caresse de son petit qui calmait la bête. J'en plissais le regard sur elle ; un geste auquel elle n'attachait pas la moindre importance.
-J'ai faim. Répondais-je aussi simplement qu'elle.
-C'est Madame Goro qui s'occupe de faire à manger. Aujourd'hui, c'est soupe de vermicelles.
-Faut-il être sur la paille pour n'avoir à offrir que des pâtes dans l'eau dans une auberge ?
-Je peux aussi bien mettre de la paille dans l'eau si vous voulez.
Me répondit-elle en plaisantant.

J'en souriais, c'était plus fort que moi, et je ne souriais pas comme ça bien souvent, car cette fois, je souriais de joie et pas seulement d'amusement.
-Va pour le vermicelle alors petite. Tu peux me rendre un autre service ?
-Bien sûr monsieur.
-Demande à ton papa de venir me voir.
-C'est pas mon papa.
Concluait-elle en se rendant à lui pour lui murmurer ma demande.

Il se levait de sa chaise et posait son livre. Je devinais à son visage que de l'obliger à se lever l'ennuyait par avance, mais le client restait le client. Sorina elle, allait vers la Madame Goro, certainement pour lui passer ma commande qui les conduisaient toutes deux vers une arrière boutique, une cuisine je présumais. Le bonhomme qui venait à moi ne cachait pas que je l'embêtais à le faire se déplacer, mais quand je parlais argent, son visage s'éclaircissait.
-Que puis-je ?
-J'ai entendu que tu permettais le jeu chez toi. Et j'ai beaucoup à jouer.

-Hooooo. C'est que c'est pas exactement ce qu'on raconte. Dit-il d'abord méfiant.
-Et qu'est-ce qu'on raconte ?
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Message(#) Sujet: Re: Sorina ! Sorina ! (PV Mira) Dim 15 Oct 2017 - 21:21

« Mission ». C’était un très grand mot qui pouvait revêtir plusieurs sens, quelques fois véridiques, quelques fois illusoires. Les pauvres êtres naïfs qui n’étaient nullement familiers au monde shinobi ont une terrible tendance à associer ce petit mot à l’action folle, à un ennemi charismatique et puissant, à des drames émouvants et enfin à un dévouement heureux et victorieux.

« Si seulement ». Voilà la réponse que les Shinobis offriront à ces minables. En effet, une mission ne pouvait pas réunir ces quatre éléments à la fois. Au mieux, un seul critère sera rempli. Au pire, c’était trois critères. Pourquoi « au mieux » et « au pire » vous demanderiez-vous ? Au mieux, votre mission sera dénuée de tout action voire d’intérêt – comme récupérer le chat d’une mamie – mais la fin sera assurément victorieuse – la reconnaissance du commanditaire, et un salaire régulier. Au pire, votre mission sera périlleuse, avec moult drames mais la fin ne sera jamais heureuse : nous perdons tous une chose essentielle, et irrécupérable, pour pouvoir « revenir ».

Depuis ma sortie de l’hôpital, je n’avais que des missions avec des fins heureuses. Aujourd’hui n’allait pas déroger à la règle. Un homme de ma connaissance avait fait appel à mes services spécifiquement, et par des voies privées, pour le débarrasser d’une problématique dont la solution était aussi simple qu’un bonjour pour un Aburame. Il était envahi par les cafards.

« Il faut nettoyer consciencieusement son établissement, et ne pas encombrer les alentours avec de la poubelle ou des restes de nourritures. Tout ceci attire tous les parasites, de toutes tailles et de toutes espèces. Même les humains ! » récitais-je dans ma petite tête. Après réflexion, j’en conclus qu’il fallait que j’évite de mentionner les humains. Il semblerait que les hommes n’aiment guère injurier leur race.

Qu’étais-je ? Une humaine qui reconnaissait sa laideur, et celle de ses compères. Je me considérais plus éclairée que les autres, malgré qu’ils s’échinaient à dire le contraire. Cependant, j’avais compris qu’il ne fallait pas aller de trop à contre-courant au risque d’être marginalisée. Or, je ne devais pas être exclue : je devais m’intégrer.

- Bonjour.

J’entrais dans ce lieu insalubre que je n’appréciais guère, mais où je venais souvent en raison des prix dérisoires pratiqués. Maintenant, avec cette histoire de cafards, je ne pouvais que comprendre pourquoi. Est-ce que j’en étais dégoutée ? Moyennement. J’ai connu la famine, une telle expérience vous apprend à manger la boue au besoin si cela pouvait remplir un estomac.

J’étais arrivée devant l’établissement. Comme à mon habitude, et malgré tous mes efforts et ma bonne volonté, je m’arrêtais toujours devant cet encadrement pour en analyser chaque recoin, à la recherche éperdue d’un piège. A croire que l’absence de piège n’était pas en soi une assurance, j’envoyais quelques petits insectes volants pour explorer la bâtisse, et m’assurer qu’il n’y avait nul danger.

En règle générale, cette inspection se révélait constamment superflue. Il y avait rarement des shinobis puissants dans une taverne si décrépite. Pourtant, aujourd’hui dérogeait à la règle. Or, je n’aimais pas les imprévus. J’étais décidée à faire demi-tour, et revenir un autre jour. Malheureusement, à peine avais-je tourné les talons qu’une petite main s’était emparée de la mienne. C’était une des filles de l’auberge.

- Tu es enfin là ! Papa t’attend ! s’exclama-t-elle.

A contrecœur, j’étais happée à l’intérieur, condamnée à côtoyer un être qui ne m’inspirait pas confiance dès l’entrée. Mon malaise allait grandissant au fur et à mesure que je m’approchais de la source de ce chakra.

« Ignore. Ignore. Tout se passera bien. S’il a été admis à Konoha, c’est qu’il n’est pas dangereux » me rassurais-je. « Toi aussi, tu es à Konoha. Pourtant certains te considèrent comme dangereuse. La notion de danger est subjective, et propre à chacun » susurrait une toute autre voix, mesquine et perfide. Pourtant, cette voix qui ne pouvait qu’être ma conscience avait raison. Qui pouvait évaluer avec la plus grande justesse du danger d’une personne ou d’une situation ? Ne fallait-il pas établir ses propres critères ?

Une seconde secousse à ma main m’indiquait que je m’étais encore perdue dans mes pensées. J’essayais de retrouver pied à terre, en me concentrant sur la mission.

- Je suis ici pour les ca…. Pour la mission, me rattrapais-je à temps.

Leçon 1 pour mener à bien une mission : ne jamais en dévoiler le contenu publiquement. Ce dernier pouvait être ridicules ou banale mais les commanditaires étaient toujours gênés, et se montraient un tantinet moins coopératifs – ou généreux. Certes, le prix de la prestation était déjà fixé à l’avance mais certains aimaient glisser quelques présents ou billets supplémentaires.

Malgré tous mes efforts, mon regard s’égarait sur la silhouette grise assise.

- Vous êtes qui ?
m’hasardais-je soudainement, inapte à ignorer plus longtemps cet inconnu qui rayonnait d’une aura propre, qui semblait présager qu’il serait aussi fort que moi, peut-être même un peu plus. Je n’aimais pas du tout cette idée.
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Message(#) Sujet: Re: Sorina ! Sorina ! (PV Mira) Lun 16 Oct 2017 - 11:06

Un "bonjour" interrompait notre début de conversation. Lui et moi, tournions le regard vers l'entrée, empruntée par une jeune femme qui n'était pas banale. Elle entrait comme chez elle, la peau blanche et éclatante comme une lune qui faisait d'une nuit un jour. Ses cheveux de feu étaient de la couleur de ma cendre à l'état embrasé, et ses yeux étaient aussi bleus que les miens, aussi scintillants que lorsque j'étouffais sous les émois que je ne savais soumettre à ma volonté. Cette beauté malsaine et douloureuse me fit hérisser le poil sous ma carapace cendrée, j'en perdais le sourire, et la constance de ma tempérance. La bête en moi remuait de la queue, battant le vent, comme les félins devant une menace potentielle. Plissant le regard, étonné, je me demandais quelle étrangeté pouvait me dérober si rapidement mes défenses, si ce n'était l'innocence que j'appelais sacrée. Nulle innocence en cette femme, nulle virginité, c'était là un autre parfum, une odeur familière, une odeur de malheur et de douleur, qui causait ce tumulte à mon cœur. Une odeur que je connaissais tant, que je n'aurais pu oublier son effluve.

Avec elle, venait une jeune fille, que le tenancier de la taverne reconnaissait. J'en devinais la parenté, d'autant que c'était l'une des filles que j'avais vues en entrant et dont je n'avais pas remarqué la sortie. Mais cette petite fille ne m'intéressait pas, même l'autre jeune fille, qui respirait l'innocence par sa seule présence, passait dans un songe quand mon regard croisait celui de cette femelle. Je me reprenais rapidement, assez pour ne pas me forcer à entendre un écho de mes instincts. En effet la bête souriait à monter les crocs, appâtée par le gout de la peine et des aigreurs d'une folie en sommeil. Car, sous ses longs vêtements, et ce visage pensif et glacial, je humais la dissonance de ses élans. Cette femme avait en elle à ne pas douter le poids du sang. La fille du tavernier la sortie de ses pensées en lui remuant un peu la main, et je la vis atterrir pour notifier la raison de sa présence.
-Je suis ici pour les ca…. Pour la mission. Dit-elle au tavernier.

Mission ? Une Shinobi de Konoha... Le regard fixé sur elle, j'en éprouvais d'autant plus de méfiance que je ne pouvais me défaire du besoin de la regarder. Le tenancier l’accueillit sagement, m'ignorant et m'abandonnant à ma table dans l'instant. Il avait l'air de crouler sous les malheurs en venant à elle, et se montrait faussement modeste, prouvant encore de fait toute sa fourberie.
-Je vous attendais. Lui répondit-il en forçant le sourire.
-C'est ce que je lui ai dit ! Intervenait impoliment son enfant.

Je tentais alors de me faire discret, bien que je fus accueilli par un Konohajin à mon arrivée, il m'aurait étonnée qu'il eut parlé de ma présence à toute l'armée de Konoha. Il ne serait pas sage de faire parler de moi dans un endroit pareil, je n'y tenais vraiment pas, quoi que mon apparence ne jouait pas en ma faveur. Je détournais le regard, quand ils commencèrent à se parler, préférant me concentrer sur mon repas qui ne tarderait pas à arriver, et la jeune Sorina, que je pourrais alors retrouver. Le temps qu'il fasse ce qu'il avait à faire avec cette Konohajin, et je pourrais reprendre mon activité pensais-je. Elle les ignorait cependant, portant une insistance sur ma personne, une insistance à laquelle je ne m'attendais pas.
-Vous êtes qui ? Entendais-je sèchement.

Je redressais la tête, mon corps tout entier se dressait avec elle. L’œil en coin pour l'observer maintenant je tardais à lui répondre, car, comme d'instinct, je m'employais d'abord à analyser son chakra. Mes techniques de sensorialité ne me faisaient jamais défaut, et si je ne me trompais pas, alors cette femme n'était pas une genin, c'était tout bonnement impossible. La hauteur de son chakra équivalait au moins au mien, et cela avait de quoi élever encore plus mon intérêt pour elle, qui se voulait pourtant déjà grandissant. Je supposais d'ailleurs que c'était mon chakra que je n'avais pas masqué qui avait attisé sa curiosité. Cela et mes vêtements de cendre... Me tournant un peu plus vers elle pour lui offrir un trois quarts de visage, je lui esquissais un faciès doux de soie, au sourire léger et au regard sondeur. Car tandis que je lui répondais d'un timbre très aigu pour un homme, je continuais de fouiller son chakra du mien, en espérant y apprendre quelles seraient ses affinités, voir ses pouvoirs. Le ton n'était certes pas suave, mais pourtant mesuré et éloquent comme je savais si bien le faire sonner.
-On se présente avant de demander un nom. C'est ce qu'exige la politesse m'a-t-on enseigné.

La bête riait en moi, je pouvais sentir, même percevoir son ironie quand je me rendis compte que je n'avais finalement pu retenir un minimum de fierté au premier verset prononcé. Bête immonde de mon essence, tréfonds de mon âme qui en appelait déjà à dévorer cette personne, comme si la menace qu'elle représentait se fit déjà trop réelle pour que je laissasse dire quoi que ce fût de plus. Je contenais heureusement encore, avec force, ces viles pensées, assez pour préserver un visage de sainteté, mais pas faire taire l'aura mortifère qui faisait ma signature aux moments les plus sombres, et même les plus simples.
-Un simple voyageur, qui attend son repas. Murmurais-je en me forçant à la dédaigner par un regard que je détournais d'elle vers l'entrée de la cuisine.
Le tavernier allait parler, mais il reniflait fortement avant, une odeur qui l'inquiétait.
-Sali ! Va voir la chaudière ça sent le...
-Le souffre. Intervenais-je tristement sans me retourner. Excusez, la cendre que je maintiens sur mon corps dégage parfois cette odeur. Je vais arranger ça.
-Mmmh... Plus rien ne m'étonne chez les Shinobis.


Sa fille ne s'en alla donc pas, et moi, je m'en voulais d'avoir laissé passer cela. Même avec l'expérience il m'arrivait toujours de ne pouvoir contrôler toutes mes ardeurs. L'odeur fort heureusement, revenait à la normale, du moins autant que cela pouvait. Rassuré, le tavernier revenait sur la konohajin, et refaisait son numéro de pauvre homme maladif et tout sourire.
-On est pourtant propre ici, c'est bien tenu, mais je ne sais pas d'où sortent ces sales bestioles. Je sais pas comment vous comptez vous y prendre, mais ce serait vraiment bon que vous m'en débarrassiez définitivement, avant que l'inspection ne débarque si vous voyez ce que je veux dire.

J'aurais pu intervenir, pensais-je en entendant cela. Je supposais qu'il parlait de rat, ou de cafard ou n'importe quelle autre vermine que l'on pourrait trouver dans ce genre d'établissements. Enfumant de cendre tout le logis, cela ne serait l'affaire que d'une journée pour moi. Mais je n'étais pas venu pour ça et sa situation m'indifférait, je préférais m'en tenir à l'écart. Ce n'était pas non plus une raison suffisante pour que je refuse d'y manger ou en partir. Tout mercenaire que j'étais, j'avais côtoyé bien plus repoussant et je n'oubliais pas la raison de ma présence. Sorina. La petite sortait d'ailleurs de la cuisine, avec son plateau en main, contenant mon bol de soupe. Elle vint me le déposer et à peine s'approchait-elle de moi, que je rayonnais alors de bien-être en plus de douceur.
-J'ai oublié de te demander, lui disais-je à peine le plateau déposé. Je voudrais aussi du rhum.
-Ce n'est pas grave je vais aller vous chercher ça. Me répondit-elle gaiement.
-Alors ! Pourquoi tu as lui a pas proposé avant petite sotte ?! Va vite en chercher ! S'adressait à elle le tavernier en élevant le ton.

Je souriais quand elle me répondait, et remontait les naseaux comme un animal quand lui, lui parlait. Que ce ne fut pas sa fille transparaissait à cet instant comme de l'eau claire. Mais il n'était pas encore le moment d'agir, surtout en présence de la Konohajin. Sorina ne lui répondit rien, et s'en allait de nouveau à la cuisine, certainement pour demander à la dame Goro de lui donner ce que j'avais réclamé. Je n'avais toutefois pu m'empêcher, à ma façon, de l'écarter de ses chicaneries.
-Ça va aller, vous devriez vous occuper de vos autres clients et de votre Konohajin. Tentais-je de lui dire aimablement pour l'apaiser avant qu'il ne s'emporte réellement.
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Message(#) Sujet: Re: Sorina ! Sorina ! (PV Mira) Lun 20 Nov 2017 - 0:03

Je lance un regard courroucé à l’égard de cet étranger cendré qui dégageait une forte odeur de soufre, mais également une quantité de chakra conséquente. Il semblait ne pas vouloir se présenter, alors que c’était lui qui était un simple étranger et visiteur dans « mon » territoire. Un tel homme n’appartenait pas au village pour deux raisons : son style vestimentaire et son chakra ne seraient pas passé inaperçus…

- Mon toit, mes lois. Ce sont les règles des bienséances apparemment. Je suis l’habitante locale, vous l’étranger venu d’ailleurs. J’habite ici, vous n’y habitez pas.


Le propriétaire me connaissait suffisamment pour savoir quand m’arrêter. Il avait repris avec entrain et force les soucis de son établissement, en prétextant être un honnête commerçant respectant les règles de l’hygiène. Bon gré, mal gré, il réussit à attirer mon attention.

Malgré tous les efforts du maître des lieux, mon attention ne quittait pas celui de cet étranger. Sans m’en rendre compte, je m’étais déjà assise non loin de lui et avais froncé dangereusement mes sourcils. Je ne savais pas quoi faire dans cette situation où un étranger aussi puissant que moi ne désirait pas me donner des informations aussi simples qu’un nom.

- Je demanderai aux gardes du village. Vous avez sûrement donné un nom.
- Mira, voyons ! Est-ce une façon de traiter un visiteur ?
enchaîna le propriétaire, en donnant par la même occasion – et sûrement volontairement – mon prénom.

Je l’observais encore un peu, et suffisamment pour voir un léger changement dans sa posture ou dans ses traits. Il semblait trouver du repos auprès de la petite de l’auberge. J’essayais de comprendre pourquoi. Un proche parent ? Un protecteur zélé ? Ou alors un simple fanatique dérangé de petits enfants ? Une question qui méritait d’être creuser davantage.

Malheureusement, ce n’était ni le lieu, ni le moment. J’avais une mission à remplir apparemment. Je fais finalement face à la table, y plante mes coudes solidement, pose mon menton sur mes mains jointes, susurre quelques mots et fais quelques signes des doigts. L’effet est immédiat. De multiples fourmis apparaissent de mes manches, s’écrasent avec légèreté sur la table pour aussitôt s’enfoncer dans les fondements mêmes de l’établissement.

Le silence ou les petits murmures de ce commerce avaient été supplanté par le bruit de mille et une fourmis acharnés qui s’attaquaient aux cafards. La chaîne naturelle se mettait en place, où le nombre prenait le pas sur l’individuel et où la force l’emportait sur le faible. Un cafard ordinaire ne pourrait pas résister à l’assaut de fourmis aptes à soulever huit fois leurs poids, et renforcées avec mon propre chakra.

- Il…se passe quoi ?
demanda timidement le propriétaire.
- Mes fourmis mangent vos cafards. Ils sont assez nombreux d’ailleurs ; Vous avez offert à mes compagnons un vrai festin.
- Euh… je pensais que les Aburame contrôlaient les insectes à distance.


Je plante mon regard dans le sien, aussi sérieuse que je le pouvais.

- Une menace qui fuit peut revenir à tout moment. La menace, et les nuisances, il faut les éliminer quand on le peut, et à la racine. Je peux arrêter, mais vous aurez à trouver un autre volontaire.


Le propriétaire se tut, écoutant les fourmis manger les cafards, après avoir transpercé leurs dures carapaces.

- Et vous, qu’en pensez-vous l’étranger ? Que doit-on faire des nuisances ? demandais-je, en tournant mon regard vers la direction de l’homme cendré. A l’heure actuelle, je le considérais comme une nuisance et peut-être une menace. Alors, comment devrais-je le traiter, selon lui ?
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Message(#) Sujet: Re: Sorina ! Sorina ! (PV Mira)

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Sorina ! Sorina ! (PV Mira)

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