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 La bande bien fringuée

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Suna
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Message(#) Sujet: La bande bien fringuée Lun 2 Oct 2017 - 18:33

Ordre de Mission:
 

C’est un niveau supérieur, le triple jeu.

Être mandaté par Suna de me faire passer pour un mafieux en leur racontant qu’au contraire je suis un criminel qui a intégré les rangs des Shinobi, c’est une étape relativement facile. Oui, ni les Ninjas, ni les Mafiosi ne me font réellement confiance, mais j’arrive à obtenir les informations nécessaires au Seigneur du Vent et c’est tout ce qui m’importe. Cependant, dans l’optique de démanteler un groupe naissant, je dois me faire passer pour un de leur nouveau et leur faire croire, au final, que je peux les aider à détrôner Kuro-sama et sa pègre.

Cette mission me provient de Suna, mais j’ai dû faire croire à mon Commandant que cette petite bande s’avérait irrespectueuse envers Kuro-sama, qu’ils recrutaient agressivement parmi ses rangs, ce qui est totalement faux. Ils m’ont assigné la tâche de les infiltrer, de trouver le dirigeant et de lui faire payer le prix fort.

Malheureusement, sûrement par manque de confiance, un partenaire Sunajin m’a été assigné. Il s’agit d’un certain Inagawa, lui aussi, du peu que j’ai pu en apprendre sur lui, n’est pas originaire du Pays du Vent. J’ai déjà eu une altercation avec l’homme, encore plus grand et large que moi, et ça s’était plutôt mal terminé. C’est un Shinobi hautain ne parlant qu’en dette, en offres et en retour.

*C’est à cause de lui que j’ai perdu Kiddo; ça m’a valu une belle correction. Cette fois-ci, j’espère qu’il ne me détruira pas des mois de couverture et d’efforts simplement parce qu’il ne sait pas se taire.*

Installé sur une pile de caisse d’une des parties principales du port d’Aketana, j’attends ce mercenaire en savourant, du bout des lèvres, un restant de vin du Nord malgré l’heure matinale. Bien que l’aube soit complètement dissipée, la chaleur habituelle n’a pas encore imprégnée toutes les bourrasques. Le ciel est particulièrement nuageux et les vents marins sont doux faisant de cette matinée un moment assez rare.
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Suna
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Message(#) Sujet: Re: La bande bien fringuée Mar 3 Oct 2017 - 17:17

Aktana. Quel bled pourri.

Heureusement, ce village paumé ne se trouvait pas trop loin de Suna et le voyage en chameau n'avait pas été trop ennuyant. Une chance pour Eiki. Mon ami le Samouraï. Je pouffais en me remémorant notre dernière et seule rencontre. Quelle blague qu'était cet homme. Quel foin il avait mené pour la vie d'une simple merde. Mais bon, cela était du passé.

Aujourd'hui, nous avions une mission et nous allions devoir collaborer. Je rigolais déjà rien qu'en y pensant. Cet homme ne faisait que s'écouter et n'était prêt à une collaboration avec personne. On verra bien ce que cela va donner. Dans tous les cas, j'étais le supérieur. S'il le fallait, je le ferai tuer.

Notre mission devrait être simple pour nous, mafieux. Intégrer une nouvelle organisation pour la dementeler. Facile ? Sur le papier. Nous connaissions les principes des organisations de ce genre, mais nous étions aussi potentiellement connu. Et si nous allions un peu plus loin ? Tous les trafics doivent appartenir aux Inagawa. Pourquoi ne pas tuer et détruire cette organisation d'amateur pour reprendre ensuite le trafic à !mon! compte ? Intéressant.

J'arrivais à Aktana et retrouvait Eiki assis négligemment sur un tas de boite.

« Décidément, tu n'as aucune classe en plus de n'avoir aucune valeur ! Du vin ! » Lui disais-je en crachant ma fumée dans sa direction.

Mon cigare ne me quittait jamais et heureusement. Je rajoutais.

« Je suis ton supérieur aujourd'hui, alors si je te dis d'aller trouver une auberge avec de belles filles, tu fermes ta gueule et tu y vas. Non ce n'est pas une question. Tu fais ce que je te dis. »

De cette façon, je pouvais me retrouver seul quelques instants histoire de faire mon petit buisiness tranquillement.

« Nos amis travaillent beaucoup sur Aktana, mais aussi un peu Tsuyu Hana. C'est un travail de plusieurs jours, alors il va nous falloir un endroit où loger. Pour cette nuit, je nous ai trouvé une petite auberge non loin d'ici. Tu dois y faire un tour histoire de déposer quelques affaires ? Si non, n'attendons pas. Allons voir nos chers amis ! »
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Suna
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Message(#) Sujet: Re: La bande bien fringuée Mer 4 Oct 2017 - 18:42

Dix secondes!

Il ne fallu que dix petites secondes pour que Seiichi trouve le moyen de me tomber sur les nerfs. Aussitôt, ma mâchoire se crispe, mes sourcils se froncent, mes yeux affichent ce désir de frapper. Quelque chose me dit que j’aurai cette expression durant un bon moment.

« Vous… » n’arrivé-je qu’à dire, entre deux expirations cherchant futilement à me calmer.

Je secoue difficilement la tête lorsqu’il m’offre de me rendre à l’auberge; j’ai tout ce dont j’ai besoin sur moi et rien de trop. Je porte un complet noir aux lignes subtiles. Le veston rappelle un peu le haut d’un kimono. Avec moi, j’ai emporté à peine cinq sabres, deux courts et deux longs de chaque côté et un Daï-Katana dans mon dos, ainsi que trois Tentôs sous mes vêtements. Mon bandeau de Shinobi est resté chez moi, dans l’appartement minable que le Seigneur du Vent m’a octroyé.

Descendant des boîtes sans jamais ne quitter l’Inagawa du regard, je prends une dernière gorgée de ma bouteille. Les mains dans les poches, je m’approche jusqu’à n’être qu’à un pas de lui, devant lever ma tête pour continuer à le regarder, le défiant du regard.

*C’est donc ainsi que se sentent les gens lorsqu’ils parlent avec moi,* pensé-je, car le gangster me dépasse tant en hauteur qu’en largeur, ce qui est nouveau pour moi.

Je soupire longuement.

« J’ai un contact à l’intérieur, » dis-je en pilant sur ma rage. « C’est un ambitieux jeune criminel un peu taré avec qui j’ai dû faire un coup. Il pourrait être notre porte d’entrée, mais comme vous… »

J’inspire.

« Comme vous êtes le supérieur de cette mission, je vous laisse décider de notre angle d’attaque. »

Je tente de me détendre un peu, dispersant mon poids de façon moins menaçante sur mes jambes, cherchant à réduire l’attitude meurtrière que j’ai en ce moment. Mes mains entrent dans mes poches.

« Je vous écoute, boss. »
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Message(#) Sujet: Re: La bande bien fringuée Jeu 5 Oct 2017 - 23:38

Dix secondes.

Il n'a fallut que dix petites secondes pour que je lui tombe sur les nerfs. Et j'en étais pas peu fier.

Il se faisait menaçant, le pauvre petit Eiki. Il me faisait bien rire avec son attitude. Il avait une autre idée et un potentiel indic' à travers cette petite mafia. Cela pouvait s'avérer être intéressant. Mais d'abord, il me fallait passer à l'auberge.

« On reparlera de ton gars. Pour l'instant suis moi. Larbin. » Disais-je en réponse à son « boss ».

Je me dirigeais en direction de l'auberge avant de m'arrêter à un restaurant pas loin d'ici. Je me tournais ensuite vers le Samouraï afin de lui proposer un repas.

« Et comme je suis ton supérieur, je dois malheureusement t'offrir le repas. Si tu veux bien. Les femmes d'abord. » Disais en lui tenant la porte.

C'était un restaurant traditionnel comme je les aimais, ils servaient de la bonne nourriture et en y réfléchissant, c'était peut-être la seule chose que j'appréciais à Aktana. Les filles et la nourriture. L'alcool aussi, mais pour ça, c'était le même partout.

« Parle moi de ton contact. En quoi pourrait-il nous aider ? Tu penses vraiment qu'il pourrait nous faire entrer dans cette bande ? » Lui demandais-je.

Oui, pendant le travail, je savais retrouver mon sérieux. Même si je n'appréciais pas Eiki plus que cela. J'avais au moins réussi à l'énerver lorsque je suis arrivé, on pouvait lire en lui comme dans un livre ouvert. Je savais aussi qu'il cachait autre chose, quelque chose qui pouvait potentiellement m'intéresser.

« Larbin ! » Disais-je pour attirer son attention. « Dis-moi la vérité, je ne suis pas dupe. Pour qui travailles-tu réellement ? » Lui demandais-je en plantant mon regard au plus profond de son âme. « Et ne t'avises pas à me mentir, je sais tout ! » Disais-je d'un ton très menaçant et en m'approchant de la table afin d'être encore plus prêt de lui.

Oui, après tout, moi aussi je travaille pour quelqu'un et de ce fait, le Samouraï s'avérerait un potentiel ennemi. Les Inagawa allaient régner sur Kaze et sur tout le Yuukan. Et j'étais prêt à tout pour arriver à nos fins. Quitte à devoir trahir ma patrie d'adoption. Après tout, j'étais et je restais un Haïjin.
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Message(#) Sujet: Re: La bande bien fringuée Ven 6 Oct 2017 - 18:53

*Cet homme a une capacité surprenante pour me faire sortir de mes gonds.*

Cherchant principalement à rester calme, malgré l’expression acariâtre qui, maintenant, est pratiquement normal lorsque je suis avec Seiichi, je reste silencieux et ne relève pas les pointes qu’il me fait. Je dois serrer les poings si forts que j’en ai mal aux doigts et ma mâchoire devient tendue à force d’être autant crispée.

Nous entrons dans un vieux restaurant. C’est probablement l’endroit le plus ennuyeux de la ville! Les murs ont un papier peint de très mauvais goût, ça sent l’hospice et tout le monde doit avoir une cinquantaine d’années. Le menu date du temps de mon grand-père, malheureusement. Lorsque la serveuse s’approche, je lui commande poliment le premier plat que je trouve ainsi qu’une bière blanche, même si chaque mot me coupe les lèvres, alors que le Chûnin la dévore des yeux. Personnellement, je trouve qu’elle est plutôt moche, avec son style ordinaire, son allure tout à fait normale et son physique banal. C’est une femme comme il s’en fait partout, complètement sans intérêt.

*Évidemment, ce type a des goûts médiocres en femme et en alimentation! Il n’y a même pas de musique, pas d’ambiance!*

Puis, soudainement, il change d’attitude et devient très professionnel. Surpris, j’affiche d’abord une expression ambivalente, certain que c’est un tour simplement pour m’insulter de nouveau, avant de prendre à mon tour un comportement plus efficace pour cette mission.

« Il se fait nommer Polus, mais son véritable nom est Hamaro Akihiko. Je crois qu’il préfère son sobriquet puisqu’Akihiko signifie garçon brillant et, de toute évidence, il est stupide. Non seulement il ignore plusieurs choses qui sont de la culture commune, voire populaire, mais, en plus, il n’arrive pas à faire tous les liens nécessaires à apprendre. »

Servie dans une flûte, ma consommation arrive. J’en prends une gorgée et me détends un peu.

« Nonobstant le fait qu’il est imbécile et un criminel, ce n’est pas un mauvais mec; je crois simplement qu’il ne voit pas ce qu’il fait comme mal. Enfin, ça importe peu, il a été loyal lors du coup que j’ai dû faire avec lui. Je sais qu’il n’arrivait pas à monter les échelons de la famille de Kuro-sama. Voilà, aux dernières nouvelles, Polus a fait ses preuves et est membres de ce groupe frauduleux. »

Au moment où j’allais reprendre la parole, l’énorme gangster, celui que Ruri-sensei surnommait Mister Gomina, s’approche et me surplombe de sa taille, me fixant avec toute l’intensité d’un homme tel que lui pouvait avoir. La bouche entrouverte, l’air ahuri, le bord du verre de bière qu’à quelques centimètres des lèvres, je digère la question qu’il me pose si subitement.

Lentement, mon expression de surprise se change : un sourire apparaît.

J’avance mon torse, au-dessus de la table, moi aussi, et ancre mes iris dans les siens.

« C’est top secret, » murmuré-je.

Malgré le sourire que j’affiche, la situation est terriblement intense. La tension est palpable. Je sens qu’un simple faux mouvement, un vulgaire mot mal placé serait suffisant pour que l’homme s’énerve et m’écrase, mais, quoi qu’il en soit, je ne peux lui répondre. C’est justement la question que tous les Shinobi Sunajins se posent.
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Message(#) Sujet: Re: La bande bien fringuée Dim 8 Oct 2017 - 22:24

J'écoutais donc le récit d'Eiki sur Polus avec beaucoup d'attention. Après tout, cet homme allait certainement être notre porte d'entrée afin de nous infiltrer chez nos amis faussaires.

Un homme pas très malin ni très doué d'après Eiki. Bien. Très bien. Un peu d'intimidation et le tour sera joué. Seul problème, il connait le Samouraï et sur un éclair de génie il pouvait éventuellement se douter de quelque chose. Mais j'avais retenu les informations qu'il me fallait et je les laissais pour l'instant au fond d'un tiroir bien rangé.

Celle qui m'intéressait c'était celle qui suivait. « Top secret » qu'il me disait. En plus de ça, il se foutait de moi. J'éclatais de rire. Tous les regards se posaient sur nous et tout de suite mes compagnons se crispèrent. Eh oui. Je n'étais pas venu ici par hasard.

« Que dirais-tu d'aller faire un tour dans l'arrière boutique ? » Disais-je en me levant de ma place.

Ce mouvement avait pour effet de mobiliser les troupes. Tous les Inagawa présent dans le restaurant nous encerclait, ne laissant aucune échappatoire à mon ami Eiki. Oui, ce restaurant était le quartier général d'Aktana de la famille Inagawa.

« Alors ? » Lui demandais-je une nouvelle fois. « Je te l'ai déjà dit, je sais tout où alors je saurai tout. »

Nous l'escortions ensuite dans une salle à l'arrière de bâtiment. Insonorisée et surtout sans fenêtre. L'un de mes hommes le tendait un produit que je m'empressais de donner - contre son gré - à Eiki. Ce produit n'était autre qu'un somnifère agissant rapidement.

Je l'installais ensuite - confortablement - sur une chaise, les mains attachées dans le dos du dossier, les pieds attachés aux pieds de la chaise et un masque sur les yeux. J'attendais patiemment qu'il se réveille afin de commencer mon petit interrogatoire. Lorsque c'était enfin le cas, je lui lançais d'un ton enjoué.

« Alors Eiki ! Bien dormis ? »
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Message(#) Sujet: Re: La bande bien fringuée Mer 11 Oct 2017 - 9:30

« Oh? » ai-je à peine eu le temps de dire avant de réaliser le merdier dans lequel je m’étais fourré.

Moins de dix secondes après ma plaisanterie et que cette pourriture de Seiichi se soit mis à s’esclaffer comme si c’était la meilleure blague qu’il n’ait jamais entendu, ce qui ne me surprendrait pas réellement vu ses goûts archaïques, plusieurs hommes de mains se retournent vers nous et nous encercle.

Ce ne sont pas des mafieux ou des brigands que je reconnaisse. Donc, mes contacts habituels ne me seront d’aucune aide. J’observe chacun de leur visage, leurs méthodes, leurs vêtements, leurs démarches, mais ils semblent simplement répondre à leur chef : Seiichi.

*Tu t’es fait avoir, Eiki! Comme un débutant, en plus! C’est un coup et celui qui avait l’air d’un gangster en est un!*

Je ne réponds pas à l’homme au cigare, le défiant encore du regard malgré tout. Toutefois, je réalise que la meilleure des options est d’obtempérer. La moindre erreur et je serai tué; je le sens. Crispé de cette fatalité, enragé contre ma propre impuissance, je me lève et suis Seiichi et ses hommes dans une pièce faiblement éclairée, sans sorties, à l’odeur d’humidité et de renfermé.

Une seconde plus tard, je me réveille ligoté sur une chaise.

« Qu’est-ce que-? Merde! C'est pas sérieux! » hurlé-je, encore groggy.

Il y a un trou noir dans ma mémoire, dans la séquence des choses. Seiichi m’a fait quelque chose! Suis-je encore dans le restaurant? Impossible de le savoir!

« Alors Eiki! Bien dormis? » dit-il, se voulant drôle.

J’inspire longuement.

« C’est le pire lit dans lequel j’ai eu la malchance de dormir après une soirée avec la pire compagnie, » déclaré-je, les dents serrés, hors de moi. « Heureusement, les yeux bandés, comme ça, je ne peux pas voir votre tête et ça me fait un bien énorme! »

Chaque mot qui n’était pas mon poing au plein centre de son visage me déchire les lèvres. Ma haine, pour lui, est équivalente à celle que j’ai pour mon oncle et, comme ce dernier, un jour, si je survis à ça, je le détruirai.

*C’est ma promesse!*

L’odeur d’humidité et de vieilles chaussettes me remonte aux narines. Nous sommes encore dans la pièce sans fenêtres.

Je pense à toute vitesse et réalise soudainement qu’il ne peut rien me faire!

« Seiichi, c’est bien de vouloir jouer à je suis le méchant et, dans d’autres situations, ça pourrait être plaisant, comme ça, attaché et tout, » dis-je, sarcastique, « mais cessez de faire semblant! C’est du bluff. Vous ne pouvez rien me faire; vous êtes un Sunajin à la solde du Seigneur du Vent et le leader de cette mission. Ils savent que vous êtes avec moi! S’il m’arrive quoi que ce soit, ce sera sur votre tête et vos plans avec vos bonhommes, là, tomberont directement dans le caniveau. »

Le sourire réapparaît sur mon visage, mais il est un rictus évidemment hargneux. C'est un défi.

« Alors, écoutez, arrêtez ces enfantillages, arrêtez de nous faire perdre notre temps à tous les deux et terminons cette foutue mission et ne nous parlons plus jamais, d’accord? »
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Message(#) Sujet: Re: La bande bien fringuée Mer 11 Oct 2017 - 20:13

Eiki était un rigolo. Malgré tout, j'en étais même sûr, nous aurions pu nous entendre. Il avait le même humour - assez nul - que moi. J'appréciais. Il s'était réveillé, il ne voyait rien. Il me disait juste qu'il avait passé une mauvaise nuit, en mauvaise compagnie. Normal.

« Oh tu sais, personne ne m'a jamais dit qu'il avait apprécié mes petites nuits dans mes suites. » Je marquais une légère pause, comme si je réfléchissais. « Sauf les filles, cela coule de source. » Disais-je en laissant échapper un petit rire.

Je ne décidais pas de répondre à sa provocation sur mon physique, c'était bien trop puéril pour m'atteindre, surtout dans le contexte actuel. J'allais commencer mon petit interrogatoire lorsqu'Eiki en décidait autrement. Oh, intéressant. D'après lui je joue au méchant ? Et je suis un shinobi de Suna ? Hahaha, c'est celle-ci la meilleure, décidément, le Samouraï est un comique et un bon !

« Méprends toi, Eiki. Je ne joue pas le méchant. Je suis le méchant. Je pourrais te faire apprécier la situation, je dois pouvoir trouver un objet qui devrait convenir. » Je marquais une nouvelle pause. « C'est du bluff ? Je fais semblant ? Peut-être, qui sait. Mais tu te trompes. Et de beaucoup sur un élément. Je suis haïjin avant d'être kazejin ou sunajin. »

Je lui laissais quelques secondes, le temps de méditer sur mes dernières paroles. Le temps pour moi de me préparer. Scie, pince, pince coupante, sceau, eau, serviette, électricité, combustible et le meilleur pour la fin, allumettes. Je faisais rouler une assiette en métal, bien vieille et bien rouillée, comme tous mes outils d'ailleurs. Le bruit du grincement que les roues faisaient sur le sol me faisaient mal aux dents. Je prenais ensuite en main la pince coupante.

« Tu as gagné quelque chose aujourd'hui, Eiki. Le droit de sauter les étapes ! » Lui disais-je d'un ton enjoué.

J'amenais la pince vers l'index de sa main droite. Je l'ouvrais ensuite afin de glisser son doigt à l'intérieur.

« Tu sais ce que je veux. Alors, donne moi ce que je suis venu chercher et après, si c'est ce que tu souhaites, nous nous parlerons plus ! Mais d'abord, je veux ta réponse. » Je marquais une légère pause, serrant de plus en plus la pince. « Alors ? Cela risque d'être compliqué pour tenir tes sabres avec des doigts en moins. »
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Message(#) Sujet: Re: La bande bien fringuée Jeu 12 Oct 2017 - 5:49

*Ce qui s’en vient n’est, en tant que tel, qu’un test,* me dis-je en inspirant profondément alors qu’un brouhaha incessant retentie dans toute la pièce curieusement silencieuse, sinon.

Ce salaud de Seiichi cherche à m’effrayer, mais je ne céderai pas. Il peut être dans n’importe quel camp, à la solde de n’importe qui, tout comme moi, et ma réaction en dira long sur mon avenir au sein de l’une ou l’autre de ces organisations.

D’un côté, s’il est dirigé par le Seigneur du Vent pour s’assurer de ma capacité à garder le secret, il ne me tuera pas. En fait, il risque fort bien de me blesser jusqu’à ce que je veuille plus que tout au monde mourir, mais il ne le fera pas, car mon mutisme prouvera au Seigneur que je sais tenir ma langue.

D’un autre côté, s’il est engagé par Kuro-sama pour s’assurer que je sois réellement ce pour quoi je me fais passer, je resterai vivant. Ceci est un test pour savoir s’ils doivent réellement me faire confiance et me faire passer au grade supérieur. Si tel est le cas, ma vie sera drastiquement changée si j’arrive à garder mon identité secrète.

Toutefois, il y existe une possibilité infime pour que l’homme soit ce qu’il dit réellement : un membre d’un ordre aussi lointain que Haï. S’il se sent menacé ou importuné par ma présence, c’est sûrement parce qu’il joue un jeu similaire au mien! S’il ne bluff pas, si tous ces hommes sont les siens, s’ils viennent tous de Haï, comme il le laisse entendre, c’est un coup non seulement contre Kuro-sama, mais aussi contre le Seigneur du Vent.

Et, si je dis quoi que ce soit, je suis dans la merde. Si je ne dis rien, la torture continuera et je perdrai des membres, des morceaux, jusqu’à ce qu’il ne me tue, si jamais il veut implanter l’organisation de Haï, ou qu’il se rende suffisamment loin pour que son commanditaire soit satisfait, si jamais c’est une requête du Seigneur du Vent ou de Kuro-sama.

Alors que, lentement, il serre une pince ou un ciseau sur mon doigt, je ne vois d’autre solution que de m’empêcher de parler à jamais. Si je ne peux pas révéler mes secrets, le problème est réglé dans deux cas sur trois.

J’ouvre la bouche, sors ma langue et mords de toutes mes forces pour la sectionner. Sous l’effort et la douleur, alors qu’un haut-le-cœur survient en même temps que des sueurs froides et des vertiges surprenants, je grogne, le sang remplissant ma bouche, coulant de mes lèvres, jusqu’à ce que j’arrive à l’arracher et à la cracher là où je crois que Seiichi se trouve.

Maintenant, il m’est impossible de lui répondre.

Un sourire, encore plus défiant qu’auparavant, apparaît sur mon visage, mais j’ai peine à rester éveillé. Rapidement, ce qu’il me reste de langue enfle et prend toute l’espace restante dans ma bouche. Des larmes coulent de mes yeux sans que j’arrive à les retenir. Le monde tourne.

Je crois que je vais perdre connaissance.

*À vous, maintenant, Seiichi. C’est du bluff, ce que vous faites, j’en suis certain!*
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Message(#) Sujet: Re: La bande bien fringuée Dim 29 Oct 2017 - 12:27


Le con. C'est tout ce qu'il me venait en tête lorsque je voyais le petit bout de chair s'agiter sous l'effet des nerfs à mes pieds. Il pensait peut-être me battre. Mais je ne perds, J-A-M-A-I-S. Et il le saura bientôt. Ma main libre prenait tout l'élan que mon corps lui permettait avant de venir s'écraser sur la face endolorie d'Eiki.

« On n'a pas fini, reste là petit con. »

Une fois la claque bien placée et un peu d'attention regagnée, j'actionnais la pince. Boom. Le doigt tombait par terre et le sang s'écoulait du moignons restant. Je prenais ensuite le chalumeau et l'actionnait. Bien négligemment, je cautérisais la plaie et brûlait ce qu'il se trouvait autour. D'un coup de pied placé en plein torse de mon ami, je renversais sa chaise. Il n'aura pas une minute de répit.

Plaçant une serviette sur sa face, j'allais ensuite chercher un gros bidon d'eau que je me faisais un plaisir de renverser sur sa tête, mimant ainsi une sensation de noyade. J'appelais aussi l'un de mes compagnons Haïjin, lorsque celui-ci était assez prêt, je lui donnais un ordre.

Les orteils. Pendant que je le noyais, il allait lui couper les hallux (gros orteils), pour ensuite cautériser encore plus négligemment la zone. Ses cris faisaient régner une ambiance malsaine dans la salle, mais je n'en avais rien à faire. Cette salle était faite pour la torture, aucun son n'en échappait.

Une fois ces petites manoeuvres terminées, je le relevais et lui enlevait le bandeau qui lui couvrait les yeux.

« Tu souhaites parler maintenant ? Oh, suis-je bête. » Lui disais-je tout en agitant sa langue sous ses yeux. « Tu sauras une chose, Eiki. Je ne perds jamais. D'ailleurs, je t'offre une nouvelle chance de stopper tout ça. » Lui disais-je en lui tendant un crayon ainsi qu'un bout de papier.

J'espérais qu'il accepte, car malgré tout, j'aurais préféré garder ce traitement pour Masao et non pas pour Eiki, lui était bien plus mature et utile que l'autre Asshu vivant encore dans le monde des bisounours.
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Message(#) Sujet: Re: La bande bien fringuée Mar 31 Oct 2017 - 17:57

La salle vacille, lentement, et je sens le sommeil se prendre de moi quand la gifle puissante de Seiichi me percute avec suffisamment de force pour me donner mal à la nuque tellement ma tête a tournée. Puis, simplement, il coupe mon petit doigt.

« HmmmmMMM! » hurlé-je, oubliant qu’il m’est maintenant impossible de formuler des mots.

Rapidement, le gangster brûle la plaie, laissant un fumet désagréable s’envoler et imprégner toute la pièce.

« Hm-HMMMMMMM! »

Sans attendre, il me foudroie la cage thoracique de son pied.

« Guuumpfff! »

Ma tête frappe le sol brutalement. J’ai le tournis. Je crois réellement que c’est la fin pour moi. Quand il commence la torture de l’eau.

« Brlrlrl-mhhhhh! »

Au début, mes poumons brûlent avec intensité, mais, après quelques secondes à chercher à me débattre, je sens une sorte de sérénité. Cette sensation étrangement réconfortante m’attire et, lentement, je crois que je m’endors. C’est la proximité de la mort, peut-être.

Une douleur aiguë me surprend, provenant de mes pieds.

« MMMMMMMHHHHHHHAAAAAAA! »

Il me redresse. Aussitôt, toutes les fibres de mon corps tirent sur les liens qui me retiennent sur cette chaise. Si seulement je pouvais être libre!

*Qu’est-ce que tu ferais? Il va te tuer, Eiki. Tu vas mourir ici. Ce n’était pas du bluff et tu es allé All In. Tu as perdu.*

L’odeur m’indique que j’ai uriné et peut-être même déféqué. C’est la situation la plus terrible dans laquelle j’ai été. Cet homme, vraiment, il…

*Il me fait peur. Il m’effraie.*

Il me tend un crayon et un papier. Il me demande d’écrire la réponse à sa question : pour qui est-ce que je travaille réellement? C’est complexe, très complexe, à expliquer.

Je prends le crayon, tremblant, mais je le défi toujours du regard, malgré la peur, malgré le danger. Je ne contrôle pas mon corps; il tremble, il a des sueurs froides, il pleure, il se vide de son sang par ma bouche, il ne veut qu’une chose, que tout s’arrête. Cependant, ma volonté est toujours là. La volonté de rester en vie et d’éviter le pire. Je ne peux pas lui dire la vérité, car il ne la comprendrait pas. Je ne peux pas lui dire ce qu’il veut entendre puisque j’en suis incertain. Si je me trompe, il mettra fin à mes jours.

J’arrive à peine à bouger le crayon tellement ma main remue d’elle-même, sans mon consentement. Du bout des doigts, j’écris la seule chose qui s’avère être la vérité : Kaze.

Mes iris retournent à mon tortionnaire. Cette réponse ne lui conviendra certainement pas, mais je ne peux pas lui en donner d’autres.
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Message(#) Sujet: Re: La bande bien fringuée Sam 4 Nov 2017 - 22:31


« MENTEUR ! » Hurlais-je.

Je m'approchais et de lui et d'une main ferme et puissante je le soulevais -lui et la chaise- par le coup afin de le plaquer contre le mur. Je collais ensuite mon visage vers le siens qui dégoulinait de sang.

« Ne me mens pas, Eiki. » Disais-je dans un souffle.

Mon regard se faisait menaçant et de plus en plus fou, plus je perdais le contrôle de ma colère, plus ma poigne se faisait puissante et destructrice.

« Tu ne mourras pas, jamais. Pas avant de m'avoir dit la vérité. »

Reprenant un peu de mon calme, je le laissais tomber. Je tournais quelques secondes sur moi-même avant de me retrouver une nouvelle fois face à lui.

« Tu ne travailles pas pour Kaze, pas seulement. Je le sais. Tu me l'a déjà dit. » Je marquais une légère pause, m'amusant avec le couteau de boucher que j'avais ramassé il y a quelques secondes. « Tu pensais peut-être que je ne m'en souviendrai pas ? Qu'est-ce que tu es bête. » Je pouffais. « Grossière erreur. »

Je le laissais comme ça, poiroter quelques secondes. Laisser son cerveau ouvrir toutes les portes possible et imaginable afin de se souvenir de cette erreur -potentiellement mortelle- qu'il avait fait lors de notre première rencontre.

« Les souvenirs te reviennent ? Ou est-ce que je dois encore te couper un membre pour te les rappeler ? Mais je vais le faire. « Le Don de la région demande la capture de cet homme parce qu'il a cherché à voler son bien » ou alors ; « Je veux cet homme vivant, je dois le questionner pour mes supérieurs puis le punir conséquemment ». Ce sont tes paroles et je sais que ce n'est pas Suna qui t'as donné cette mission. Alors, encore une fois. Réponds-moi. »

Fini les tortures physiques, pour le moment. Il commençait à lâcher prise, il ne devait pas mourir. Il fallait lui laisser quelques minutes de répit sur le point physique, éviter de le faire plonger dans un sommeil indésiré. Je commençais ensuite le nettoyage. Ramassant ses orteils, langues et doigts afin de les mettre dans la glace. Sait-on jamais.
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Message(#) Sujet: Re: La bande bien fringuée Lun 6 Nov 2017 - 18:55

Cette réponse ne lui convient pas, malheureusement.

Il m’agrippe, directement par le cou, et me lève du sol. Déjà que j’ai de la difficulté à reprendre mon souffle, je n’arrive pas non plus à retrouver un rythme cardiaque normal, cette fois-ci il m’étrange carrément.

« Héif-hiiiiiiiiii, » dis-je dans un souffle dans une vaine tentative de prononcer son nom.

Il serre, de plus en plus, jusqu’à ce que l’air ne parvienne plus à pénétrer mes poumons. Je me crispe malgré tout, tentant de respirer malgré la poigne réduisant en bouillie ma trachée. Comme un poison hors de l’eau, ma bouche s’ouvre, laissant couler un torrent sanglant puisque ma langue n’a pas encore la chance de cicatrisé. La pression est telle que je sens la vie ma quitter jusqu’au moment où il me laisse tomber.

Sous mon poids, une des pattes de la chaise éclate. Je me fracasse la tête contre le mur où j’étais appuyé une seconde auparavant. Je tousse, crachant de longs filets rouges par la même occasion. Il me faut un certain temps avant de retrouver mes facultés de base comme la vue.

Seiichi tourne sur lui-même, un couteau à la main. Je vois bien que même ses hommes sont inquiets. Personne n’ose parler; ils affichent des expressions étranges, comme s’ils ne savaient pas réellement quoi faire. Quoi qu’il soit fortement possible que ce soit uniquement moi qui imagine des choses, je suis probablement mort deux fois depuis mon arrivée.

Sans que je ne lui demande, ma main qui tenait le crayon plus tôt continue d’écrire dans le vide : Kaze, Kaze, Kaze, Kaze, Kaze, Kaze, Kaze…

Le gangster monologue. Il m’explique d’où proviennent ses doutes, cherchant sûrement à m’impressionner, mais, évidemment, je me souviens de cette situation. Cette filature de Kiddo, ce fiasco qu’il a causé. Je me souviens des énormes problèmes que ça avait causés à mes efforts, au retard créé par sa simple intervention. Je me rappelle évidemment de la perte de confiance des partenaires de Kuro-sama. Ce Sunajin, volontairement, avait mis à terre l’organisation de plus de six mois de travail simplement parce qu’il voulait s’en mettre plein les proches.

Cette simple idée, en moi, renouvelle ma détermination.

*C’est lui… Il m’a causé tant de problèmes. Je ne le laisserai faire comme il l’entend, pas à Suna, pas à Kaze, pas avec les miens!*

Mes sourcils se froncent. Ma main droite cesse d’écrire dans le vide. Couché sur le côté, sans quitter Seiichi du regard, je cherche à tendre les cordes pour atteindre la patte brisée avec cette main en tirant de toutes mes forces sur le cordon, déchirant la chair de mon poignet et de mon avant-bras à mesure que ma main avance. Mon corps est complètement engourdi par les multiples plaies. Je n’arrive plus à savoir ce qui me fait le plus mal. En fait, j’ai perdu le compte de mes blessures.

*Si seulement j’arrive à atteindre la patte…*
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Message(#) Sujet: Re: La bande bien fringuée Lun 20 Nov 2017 - 18:43


Toujours pas de réponse. Ce gueux ne voulait décidément pas me donner de réponse. Allait-il mourir ? Non, je ne le voulais pas. Il était faible, certes, mais il ne méritait pas forcément la mort. Pas maintenant. Il lâchait le crayon qu'il avait en main et essayais tant bien que mal de s'approcher du pied de la chaise qui avait cédé sous son poids quelques secondes auparavant. Je rigolais, une nouvelle fois. Je me baissais afin de ramasser ce bout de bois.

Je l'amenais ensuite vers une table, toujours en silence. Je le découpais afin d'en faire une pseudo-arme, comme un couteau -ou plutôt une dague- avant de me retourner vers Eiki.

« Tu ne veux pas me dire la vérité ? Alors, tue-moi. Prends les résponsabilités de la mort de ton supérieur face à Kaze, face à Suna. Mes hommes, ne me trahirons pas, eux. » Je marquais une légère pause. « Tu as deux solutions, tu me donnes toutes les informations et tu retrouves ta vie d'antan avec tes membres et tes positions -je ne balance pas, moi- ou alors tu me tues et ta vie ne sera plus rien qu'un ramassis de merde, juste bon à pourrir au fond d'un trou aussi petit qu'un rat ne pourrait même pas y vivre. »

J'écartais ensuite les bras, m'offrant volontairement à Eiki. J'avais cent pour cent confiance en mes hommes, si je devais tomber sous les coups du Buyuu aujourd'hui, ceux-ci arrangeront le tout afin que le jeune homme tombe. Et bien bas. Les petits trafiquants tomberont à ma place pour sa torture et lui, pour mon meurtre.

« MÊME MORT, JE GAGNERAI EIKI ! » Disais-je avec un regard fou, à nouveau.

Je ne perdais jamais et ce n'était pas un apprenti mafieux qui allait me faire dire le contraire. J'allais gagner, d'une manière ou d'une autre, Eiki allait perdre. Je n'avais pas peur, je savais ce que le samouraï allait faire. Et s'il me surprenait, il allait commencer une période nouvelle de sa vie, dans l'obscurité ou la lumière. Tout dépend du point de vue.
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Message(#) Sujet: Re: La bande bien fringuée Mar 21 Nov 2017 - 18:55

Mes doigts, ceux qui me restent, frôlent le pied de la chaise avant que Seiichi ne s’en empare. Il disparaît de mon champ de vision. La pièce entre dans un silence morbide entrecoupé de coups. Je lève ma tête et, dos à moi, mon tortionnaire s’affaire à créer un nouvel outil. Mes options se sont écoulées, je suis coincé…

*Oh!* réalisé-je au moment où mes pieds se remettent à élancer horriblement.

Si la patte est arrachée, s’il a pu la tiré, la chaise doit être dans un lamentable état. Je vérifie et, effectivement, mon banc est en morceaux et mes liens se sont desserrer. Avec ma main libre, je défais lentement mon autre poignet. Du coin de l’œil, je vois les hommes de main de Seiichi m’observer et questionner l’homme du regard, mais ils ne prennent pas action.

J’arrive à me défaire du nœud à mes chevilles quant Seiichi se retourne, triomphant. Son visage n’est plus le même. Il est plus intense. Comme s’il vivait plusieurs choses en même temps. Comme s’il n’était pas qu’ici. Il est très probablement que je me fasse des idées vu l’état dans lequel je me trouve.

Avec difficulté, je me relève, tremblant. J’ai tellement mal aux pieds, à la main, à tout mon corps. Je suis souillé de ma sueur, de mon sang, de mes larmes, de mon urine et… Pire…

Malgré tout, j’arrive à me tenir debout. Je sens avec fracas chacune des pulsations de mon cœur. Le mal de tête que j’ai, en ce moment, dépasse tout ce que j’ai eu au cours de mon existence.

Le leader de cette mission ouvre les bras en forme de croix, m’offrant son buste comme cible. J’avance lentement jusqu’à la table et attrape l’arme de fortune. Je me déplace, perds l’équilibre et m’attrape sur un des gangsters présent. Je me redresse et avance jusqu’à Seiichi, le pied imprécis, comme si j’étais dans un bateau lors d’une tempête.

Il ne bronche pas. Il semble savourer ce moment.

* Il a raison. Il en a les moyens. Il peut me détruire de manière pire que la mort; je n’en doute pas. Malgré tout, je refuse de perdre!*

Je lève l’espèce de pieu, mais, encore une fois, la douleur me fait perdre l’équilibre et je dois poser ma main blessée sur le torse de l’homme. Tremblant, grimaçant de douleur, je donne tout ce que j’ai, mais l’arme ne fait qu’écorcher sa poitrine.

*Non…*

Je n’ai plus de force. J’essaie de le perforer, mais je ne fais qu’échapper le bout de bois aiguisé.

Je me laisse tomber sur le derrière et m’appuie sur les bras.

« A’hié… É-yon… » prononcé-je difficilement, rouvrant la plaie dans ma langue et laissant donc un nouveau flot sanguin couler de mes lèvres.

Je lève ma main indemne pour faire le signe d’écriture.

*Pas aujourd’hui, Eiki. Pas maintenant. Une autre fois. Un autre combat. Il a gagné ce round, je gagnerai la partie…*
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Message(#) Sujet: Re: La bande bien fringuée Dim 10 Déc 2017 - 14:50


Quel faible, même pas capable de me tuer. Il était là, avec son bout de bois que j'avais dû tailler moi-même afin de lui laisser rien qu'une petite chance. Mais malgré ceci, malgré toute mon aide, il n'avait rien réussi. Je le regardais et j'essayais d'écouter son râle d'agonie, je ne comprenais rien et, comme il me le demandait, je lui tendais le papier et le crayon qu'il réclamait.

Je le regardais faire, je le regardais écrire. J'en étais presque persuadé, j'allais gagner. D'un geste discret, pendant qu'Eiki donnait toute son énergie pour écrire quelques mots, je faisais un signe aux ninjas médecins présent dans la salle. Ils allaient -peut-être- le rafistolé du mieux qu'ils pourraient. Lui rattacher quelques parties, éventuellement même la langue ? À voir. Tout ceci dépendait bien sûr de la réponse écrite du principal intéressé.

Ils s'en allaient dans une salle séparée de celle-ci accompagnée des pots de glace contenant les parties manquantes du corps du samouraï. Ils devaient préparer la salle en un temps record, mais heureusement, ceux-ci avait prévu le coup. Ils savaient que j'allais gagner, mais ils connaissaient aussi mes méthodes. L'anesthésiant était prêt, les ustensiles, fertilisé et prêt à être utilisé. Il ne manquait plus que la chose principale, Eiki.

Il était enfin prêt -ou plutôt presque-, j'allais obtenir ma réponse après ces quelques minutes de tortures intenses. Après l'opération, il ne restait plus qu'à lui refaire comprendre les démarches et tout se passera très bien, comme s'il ne s'était jamais rien passé. Comme s'il n'avait pas passé de longues minutes sous les coups et la torture de son coéquipier.

« Alors ? Enfin prêt ? Ou je vais devoir te faire accélérer les choses ? » Disais-je.

J'en venais presque à croire que j'allais être déçu par la réponse d'Eiki, mais cela n'était pas bien grave. Il avait de toute façon sa vie entre ses mains, ou plutôt au bout de son crayon.
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Message(#) Sujet: Re: La bande bien fringuée Lun 11 Déc 2017 - 18:26

Je reçois le nécessaire et je me mets à la tâche. Jamais écrire un seul Kanji ne m'a été aussi difficile. Le symbole Kuro est composé d'un carré, de trois longues lignes horizontales, d'une perpendiculaire et de quatre petits traits sous la forme. Chaque mouvement me tire une grimace sous l'effort requis et la douleur y étant associée. Écrire le titre honorifique Sama est particulièrement ardu puisque deux des formes sont circulaires. Le résultat final des trois formes est une insulte à la calligraphie de tous les âges et à travers tous les pays.

« 'U-'o, 'a'ha...» dis-je lorsqu'il me demande si c'est nécessaire d'accélérer le dénouement.

Je lui donne le papier. Malgré tout, malgré le sang qui a coulé sur le crayon et sur l'écriture, malgré mon tremblement et malgré la pression, je suis arrivé à transmettre un simple nom à Seiichi: Kuro-sama.

Évidemment, il n'y a pas là suffisamment d'information, mais en écrire plus relèverait du miracle. Tenir le crayon dans ma main est si difficile que le simple fait d'avoir écrire ce nom est déjà pratiquement incroyable. J'espère que le gangster le réalisera.

Lorsqu'il prend le mémo, je me laisse choir sur le dos, le torse à peine relevé grâce à mes coudes. Je soupire longuement, un vague soulagement se prenant de moi.

Je sens ma pulsation au-travers de mes multiples blessures. Une envie de m'allonger et dormir difficile à combattre se prend de moi, mais je trouve moyen de rester éveiller. Seiichi pourrait toujours décider de me tuer, mais il n'aura pas suffisamment d'information pour atteindre le chef de la mafia d'ici. Non, il lui en faut plus.

*Mais, même moi, je ne peux pas l'atteindre...*

Je dois forcer en expirant pour percer un trou dans le sang qui a séché dans mes narine. Ainsi, j'attends sa réponse. Désormais, il connait l'existence d'une des personnes les plus influentes du monde criminel de Kaze. Tout comme moi, il ne pourra pas l'atteindre, mais, en me laissant en vie, il pourra en savoir plus. Du moins, c'est ce que je crois qu'il voudra.

Il est encore possible, même très probable, qu'il préfère mettre fin à mes jours et faire passer ça sur le dos que la bande qu'il faut investiguer ou un truc du genre.

Je sens ma concentration lentement se dissiper, ma tête devient de plus en plus légère.
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Message(#) Sujet: Re: La bande bien fringuée Mer 17 Jan 2018 - 18:51

Mission devient solo:
 

« Merde! » dis-je, en sursautant.

La douleur, à l’intérieur de ma bouche, est si aiguë que je dois laisser passer un second râle, tout aussi douloureux. J’expire très bruyamment, seul moyen de contenir ma rage. Mon souffle est rapide, mais saccadé. Toutes les parties de mon corps sont endolories. Toutefois, évidemment, le pincement provenant de ma bouche est dix fois plus important que celui de mes gros orteils et de mon petit doigt qui, lui, est plus que simplement désagréable.

*Mais, je suis vivant.*

Malgré moi, des larmes coulent sur mes joues.

À cet instant, je réalise la situation dans laquelle je suis. Je suis dans une ruelle quelconque. D’après l’odeur, je suis couché dans les poubelles ou un container à ordures. Mon corps a été rafistolé, à ce que je peux voir, puisque j’arrive à en bouger toutes les parties. Ma salive est très pâteuse, par contre, et a un goût amer.

J’ouvre les yeux et me redresse. Je me trouve effectivement dans un tas de sac d’ordures duquel je sors promptement. Mes vêtements plutôt chics sont déchirés et je n’ai plus mes armes. J’observe mes doigts; celui qui avait été sectionné est maintenant rattaché, mais il a une marque grossière. Je suppose que ma langue et mes orteils ont les mêmes cicatrices.

Une lueur me surprend. Je sors lentement d’où je suis et découvre que je me trouve à quelques rues du restaurant merdique où nous nous étions rendu, Seiichi et moi. Il est en flammes. Mes sourcils se froncent.

Par réflexe, je cherche mon calepin, mais ne le trouve pas. L’image de mon manteau apparaît et je râle de nouveau. Encore une fois, l’élancement sec de ma plaie buccale me surprend et je dois contenir un nouveau hurlement. Intérieurement, je maudits cet homme qui m’a mis dans cette situation.

Alors que les civils sont tous attroupés près de l’établissement, je me hâte hors de la grande place et rejoins les plus petites rues. Sur moi, je n’ai ni argent, ni équipement et rien qui puisse m’aider.

*Je dois retourner à Suna!*

D’autant plus qu’il me faudra quelques jours avant de pouvoir parler à nouveau. C’est très problématique, mais l’ordre de mission ne mentionnait pas de date limite. Je suppose qu’il me sera possible de compléter cette tâche seul plus tard.
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Message(#) Sujet: Re: La bande bien fringuée Jeu 18 Jan 2018 - 18:35

J’ai été chanceux de retrouver une de mes connaissances à Aketana, Shenrio, qui, visiblement surpris de mon apparence, s’est rapidement libéré de ses activités pour m’aider. Il fait parti d’une petite bande de revendeurs avec qui j’ai fait affaire quelques fois dans le passé. S’assurant de recevoir paiement dans le futur, il m’a aidé à rejoindre la métropole avec quelques hommes. Je lui ai promis de revenir le payer dans la semaine et lui ai demandé un autre service : de retrouver Seiichi et les siens.

Je lui ai décrit l’individu sur papier ainsi que tous les visages dont je me souvenais, dans le plus grand détail possible. J’ai écrit que j’offrais un somme astronomique pour sa capture. Quelque chose me dit qu’il trouvera moyen de disparaître dans la nature, connaissant des faits importants sur moi. Quoi qu’il en soit, malgré la torture, j’ai réussi à ne pas révélé mon plus grand secret. Là est tout l’art du subterfuge, donner quelque chose de vrai et compromettant, mais pas ce qui est le plus dangereux.

Avant de retrouver la parole et l’usage des petits membres qui m’avaient été retirés, il me fallu au bas mot cinq jours. Au départ, le simple fait de marcher était inconfortable. C’est comme s’ils n’étaient pas dans leur état optimal. J’ai remarqué une différence de teinte pour ces morceaux-là, comme s’ils avaient rasé d’être inutilisable. La chair de ce qui m’avait été coupé est maintenant légèrement bleue, comme la peau d’un cadavre frais. Ma langue aussi a pris une teinte pourpre.

Ayant perdu mon calepin dans lequel étaient contenu une grande quantité d’information importante, il est primordial que je retrouve et fasse exécuter Seiichi. Il faut impérativement que sa troupe soit chassée d’Aketana avant qu’il soit trop tard et qu’ils concurrencent Kuro-sama, avant que tout ce pour quoi j’ai travaillé durant les derniers mois s’avère inutile.

*C’est mon anniversaire,* me dis-je soudainement, face au miroir en observant ma langue et les quelques ecchymoses parsemant mon visage. *J’ai grandi et pris de la largeur.*

Je recule d’un pas et m’observe. Je crois que je suis plus grand encore que mon père, maintenant. Je fronce mes sourcils et découvre mon visage, pour vrai, maintenant. Il est si froid que je suis étonné. Ma mâchoire se serre bien malgré moi.

*Je ne suis plus le même…*

J’attrape mes vêtements et les enfile. Bien vêtu, comme un véritable membre d’une famille de l’ombre, je projette une image particulièrement confiante : Le Samuraï criminel de Suna. Je passe difficilement inaperçu, maintenant, mais ça m’importe peu. Revêtant une chemise ajustée et un pantalon ligné, les deux étant bleu marin, ainsi qu’un long manteau noir à boutons, je donne l’impression d’être un sobre richard. Ma présence n’est plus la même, je ne dégage pas la même chose qu’avant.

« Hmmm… »

J’attrape de la pommade et badigeonne mes cheveux, les lissant vers l’arrière d’un geste méticuleux. J’attache mon bandeau à mon bras, juste pour voir l’effet que ça donne, avant de le ranger dans la poche intérieure de mon nouveau manteau.

*Une chance que je l’ai laissé ici,* pensé-je tout en me retournant.

Finalement, j’enfile de longues bottes noires et des gants blancs pour cacher mon doigt. J’attache mon Katana.

*À seize ans, moi, Eiki, je suis déjà un homme,* me dis-je en me regardant une dernière fois. *Je suis digne de retourner à Tetsu et prendre ce qui m’appartient. Il est temps que je prenne le contrôle de ma vie.*
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Message(#) Sujet: Re: La bande bien fringuée Lun 22 Jan 2018 - 19:03

La journée touche déjà à sa fin alors que je me remets en route vers Aketana. Profitant d’un convoi Saibogu, en payant le conducteur, je me rends rapidement à destination. Avant l’aube, je cogne chez Shenrio dans l’espoir d’entendre des bonnes nouvelles au sujet de mon tortionnaire, mais ce n’est pas le cas. Rageant intérieurement, je lui donne quelques billets pour ses services et me trouve un hôtel où somnoler quelques heures avant de me remettre à la tâche.

Seiichi disparu, le restaurant répugnant brûlé, mon carnet volé, je n’arriverai sûrement jamais à le retrouver s’il ne fait pas surface. Je mettrai sa tête à prix lorsque je ferai mon rapport aux hommes de Kuro-sama, mais, pour l’instant, je dois me concentrer sur la mission avec cette bande de contrefacteurs.

M’éveillant lentement dans ma chambre, je m’habille en révisant mon plan d’attaque. Premièrement, retrouver Polus. Il sait que je faisais partie de la bande de Tachimoro et que j’avais l’intention de joindre Kuro-sama. Donc, je dois trouver une raison de changer de groupe. Deuxièmement, je monter les échelons de la bande. Je suppose que j’aurai, ici et là, quelques actions illégales à faire. Troisièmement, accomplir mon objectif coûte que coûte.

Vers environ midi, je quitte l’établissement, laissant un bon pourboire, et me rends sur la place du marché où je m’achète quelques grillades tout en surveillant la foule, cherchant quelqu’un que je reconnais, une situation me permettant d’acheter quelqu’un pour de l’information ou bien quelqu’un à traquer.

Lanceur de dés:
 

Quel n’est pas ma surprise lorsque se pointe Akihiko! Je n’arrive pas à croire ma chance! Je me mets en marche et je vais directement à sa rencontre.

« Polus! » dis-je en me faufilant au-travers de la horde de Kazejins et de touriste que contient le marché.

Il ne m’entend pas, évidemment, et va à la rencontre d’un individu qui me paraît suspect. J’observe la situation en jouant du coude pour traverser la rivière d’humains. Malgré leurs commentaires, je continue d’avancer, la main sur ma poche intérieure et l’autre tenant fermement mes sabres pour éviter de me faire voler.

Soudainement, leur rencontre tourne au vinaigre et celui qui porte une sorte de cape brune à la capuche cachant une grande partie de son visage frappe ma connaissance dans la gorge. L’attaqué tombe aussitôt à genoux et l’autre se sauve entre les bâtiments, laissant derrière lui un vacarme incroyable.
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Message(#) Sujet: Re: La bande bien fringuée Mer 24 Jan 2018 - 18:59

Tout se passe très rapidement. Je suis surpris pendant un instant puis, automatiquement, je me mets à courir, laissant Polus derrière. Il y a de fortes chances pour que cette décision soit la mauvaise; Akihiko est vraiment ma seule porte d’entrée dans la bande de contrefacteurs de vêtements. S’il meurt, je devrais trouver une autre opportunité.

Alors que je bondis par-dessus ma connaissance se lamentant au sol, poussant de petits bruits gutturaux en se tenant la gorge, l’assaillant fuit dans la longue ruelle en poussant divers objets au-travers de la route. Sans réellement me soucier de sa stratégie couarde, en trois sauts je monte sur les toits et le poursuis sans qu’il ne s’en aperçoive.

Il se sauve ainsi pendant plusieurs minutes sans que je n’arrive à trouver un moment adéquat pour le plaquer au sol et tenter de comprendre de quoi il retourne. Éventuellement, nous arrivons à un immense building gris dans lequel l’homme à la capuche brune entre.

Je fais halte et analyse l’édifice de haut en large. Le bâtiment est une sorte d’usine. Trois grandes cheminées en fer sortent du toit. Il doit y avoir au-dessus d’une centaine de fenêtres, certaines brisées, et plus de dix portes. Le terrain en terre et en pierres concassées est entouré d’une clôture munie de plusieurs affiches sur lesquelles il est écrit de ne pas entrer, que l’endroit est dangereux et qu’il est illégal de flâner près des lieux.

Agilement, je saute par-dessus la grille et roule de l’autre côté. En cours de trajet, j’ai vu une ombre dans les fenêtres plus haut et j’en déduis qu’il s’agit de la personne qui a fuit la scène après avoir attaqué Polus.

Me redressant, enlevant le sable et la poussière de mon manteau, je fais un tour sur moi-même et regarde les alentours. À la première vue, je suis seul. Le quartier est très silencieux. J’ai l’impression qu’il n’y a personne à l’horizon. Je retourne à ma cible et décide de passer par la fenêtre puisque c’est le dernier endroit où je l’ai aperçu.

Malgré le fait que je n’arrive pas à adhérer aussi facilement que les Shinobi aux parois des bâtiments, je peux, utilisant vitesse, force et agilité, grimper en me propulsant de murs en murs ou en courant sur de petites distances. Ainsi, j’arrive à monter jusqu’au deuxième étage et à passer subtilement, sans un son, par une ouverture où se trouvait une fenêtre jadis.

Je navigue dans les couloirs sombres lentement, faisant sûr de déposer la pointe de mes pieds entre les matériaux et objets pouvant émettre des bruits qui laisseraient savoir qu’un intrus est dans les environs. Prêt, ma main droite sur le pommeau de mon sabre, j’avance à l’aveuglette, illuminé par les quelques rayons qui passent ici et là, lorsque j’entends des voix.

« Il n’a pas fait son quota, King! » prononce une voix qui m’est étrangement familière.

Il y a le son d’un coup sur quelque chose suivit d’un puissant grondement animal me faisant arrêter momentanément.

*Un lion!?* me demandé-je avant d’expirer longuement et de me remettre en marche.

J’entends le bruit d’une bouteille que l’on décapsule et celui du bouchon métallique touchant le sol.

« Ce n’est pas une raison, Pink, » explique une voix incroyablement grave. « Polus est important! Il connait tout le monde. »

J’arrive dans une salle complètement plongée dans la pénombre. De l’autre côté, je vois d’où viennent les voix : il y a une sorte de bureau qui flotte dans les airs, plus loin. De la salle émane une odeur de suie et de rance qui me fait grimacer. Le sol aussi a changé. Je m’abaisse pour y toucher et découvre une sorte de grillage en acier. D’après la texture, le métal est vieux et rouillé, mais je n’arrive pas à voir quoi que ce soit.

En fait, si ce n’était pas du fait que les gens parlent particulièrement fort et que l’acoustique de la salle ténébreuse, je n’entendrais certainement pas. Je n’ai aucune idée de ce qui se trouve devant moi.

*Comment est-ce que je peux me rendre de l’autre côté?* me demandé-je. *Et, a qui appartient cette voix? Je la reconnais!*
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Message(#) Sujet: Re: La bande bien fringuée Ven 16 Fév 2018 - 20:36

Sans avertissement, des dizaines de lumières s’allument simultanément. Surpris, ma réaction est pratiquement théâtrale : je me relève brusquement, les mains atteignant subitement mon sabre, prêt à combattre, et je regarde dans toutes les directions, incertain de la bonne chose à faire, et je vois que sous moi se trouve une très grande salle dans laquelle il y a beaucoup de machineries et d’instruments qui me sont inconnus. Les machines s’activent et des voix, provenant du fond à l’opposé de ma position, s’élèvent.

Sans attendre, je saute par-dessus la rambarde, me repousse sur une espèce de gros module métallique de forme circulaire puis, brisant le reste de ma chute grâce au mur, j’atterris en faisant très peu de bruit. Sans hésiter, mes réflexes me guident aussitôt derrière un muret où mon corps se camoufle.

J’écoute les conversations, cherchant sans succès à retrouver la voix que je reconnaissais. Mes efforts ne sont toutefois pas futiles puisque, de là où je me trouve, j’arrive à comprendre le gros de la conversation.

« …au moins deux cents pantalons, tu ne crois pas? »

« Bah, je ne vois pas comment je peux faire si j’ai des kimonos à faire! »

« Rah, aller! Polus se chargera de la livraison et c’est tout bon! »

Les gens semblent s’installer, il y a des bruits d’objets que l’on déplace. Je ne risque pas une œillade, sachant pertinemment que la furtivité n’est pas ma spécialité.

« J’ai dit non! Merde! » exclame la voix avant de pousser un long soupire.

Il y a un silence.

« Bon, bah, tant pis, je le ferai moi-même! »

Quelqu’un claque de la langue.

« Donc, on dit quoi? Deux cents pantalons, cent gilets, dix manteaux, cinq kimonos et… Et, quoi déjà? » demande une troisième voix.

L’on déplie un papier. Le son résonne et fait écho dans la pièce circulaire.

« Il faut aussi faire des chemises qu’on veut repasser à ces connards de Suna comme vêtement militaire! Ils n’y verront que du feu, ces cons! »

L’assemblée s’esclaffe. Je compte quatre rires différents.

*Ce doit être eux,* pensé-je. *Ce serait bien ma chance qu’il y ait une autre bande qui parle de vêtements dans un endroit reclus où l’assaillant de Polus se trouve.*

Le groupe continue à bavarder de tout et de rien pendant un moment avant que le rugissement éclate de nouveau. Cette fois-ci, je tente un coup d’œil. Il y a trois hommes et une femme se trouvant au centre de la salle et, au-dessus, sur ce qui s’avère être mezzanine fait de grilles en acier, un individu les regarde. Cet homme me dit quelque chose, mais je n’arrive pas réellement à le mettre en place. Derrière ce dernier, un autre fait son apparition et mes yeux s’écarquillent.

*Lui!?*

C’est un des mercenaires de Don Parago, un assassin que j’ai rencontré lors de la mission avec Seiji! Mes sourcils se froncent automatiquement. L’homme au foulard est un adversaire que je n’ai pas réussi à abattre, une sorte de rival provenant de mes débuts en tant que mafiosi et en tant que Shinobi.

Le plus grand de tous hurle, pratiquement, lorsqu’il parle, me sortant de mes pensées.

« Je vois que vous vous la coulez douce! »

Le groupe de quatre sursaute.

« Je veux que tout soit terminé pour vendredi! Maiko viendra en après-midi en fin de semaine pour apposer les sceaux sur les vêtements! Donc, ne trainez pas! »

« O… Oui Boss Mirai-sama, » répondent-ils tous simultanément.

Je me rétracte, retournant dans ma cachette, lorsqu’ils se lèvent et s’activent tous.

*Mirai? La famille? Donc, ce serait… Quoi? Gosho?*

Dans mon esprit, des liens se forment. Je ne comprends pas encore de quoi il s’agit, mais, une chose est sûre, ça n’augure rien de bon.
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Message(#) Sujet: Re: La bande bien fringuée Lun 12 Mar 2018 - 18:08

Un hurlement à tout casser me surprend.

« KING! » hurle celui qu’ils appellent Boss Mirai. « Le prochain qui m’appelle autre chose que King, je le coupe en deux! »

Un silence effrayant s’élève dans la salle. Au loin, on peut entendre le vent qui frappe dans les quelques fenêtres encore indemnes et des gouttes, en sourdine quelque part au fond d’une citerne.

Après plusieurs secondes, une voix plus féminine prend le dessus.

« Allons, King, laissez-les travailler. Nous avons des choses à discuter. »

L’interpellé grogne. J’entends des pas, une porte qui ferme et le souffle de quatre personnes qui revient simultanément. Ils déplacent des choses bruyamment.

« Merde, il fait peur Mirai Go… Euh – King, je veux dire! »

Personne ne parle pendant un moment. Il n’y a, pour briser les bruits de l’environnement, que les déplacements des objets que je n’arrive pas à comprendre.

« Bon, les mecs, on va devoir commencer et il nous manque plein de merde. Qui va chercher le nécessaire? »

Ils se mettent à bavarder et à diviser les tâches, mais je perds le fil. Une réalisation dévastatrice me prend par surprise : je suis coincé ici. La subtilité n’a jamais réellement été mon fort et il y a au moins six autres personnes dans l’usine. Je ne connais rien à leurs capacités ni à leur équipement. Je suis en désavantage numérique.

Mon seul avantage est la surprise.

Je soupire longuement et inspire encore profondément.

Sans me relever, je me glisse lentement sur le sol jusqu’à atteindre une partie ouverte entre le muret et des casiers. Je peux voir les ouvriers – ou criminels – maintenant seulement trois qui se mettent au boulot. Ils ont installé une grande table sur laquelle plusieurs textiles et outils se trouvent.

L’un d’entre eux active une grosse machine dans laquelle passe un tapis roulant. À intervalles réguliers, une presse s’écrase en produisant un bruit d’explosion.

Mes yeux s’écarquillent.

*C’est la solution! C’est ma seule option!*

Je n’ai qu’une opportunité, synchroniser mes déplacements avec le fracas de l’engin. Je me retourne sur le dos et observe les alentours. Après quelques secondes d’investigation, le chemin d’où je viens me semble être le plus simple tout en étant, aussi, le plus risqué puisque, pendant un bon moment, je me trouverai à la vue de tous, sur la mezzanine métallique pleine de débris.

Je m’empêche de claquer de la langue comme je le fais habituellement dans ce genre de situation.

*Chaque seconde que je passe ici est un risque additionnel. Les deux personnes à l’étage, celui que je crois être Mirai Gosho et l’assaillant à la capuche brune, pourraient sortir n’importe quand. Les autres pourraient avoir à passer par ici pour une raison ou une autre et me découvrir, ainsi, couché sur le dos.*

Un sourire qui ne dure qu’un instant apparaît, je le sens, tellement la situation est ridicule.

*Moi! Un noble Samuraï ainsi camouflé derrière un petit muret espérant ne pas être découvert, prêt à fuir pour compléter une mission en l’honneur du Seigneur du Vent.*

Je secoue doucement de la tête.

*Bon,* me dis-je, cherchant à m’obliger à agir. *Il faut y aller!*

J’écoute attentivement les bruits de la presse, calculant son rythme tout en observant les actions des contrebandiers. Ils s’affairent tous à leurs tâches avec concentration, mais, comme je m’y attendais, ils jettent des coups d’œil à droite et à gauche aléatoirement. Je devrai ma survie qu’à la chance.
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Message(#) Sujet: Re: La bande bien fringuée Jeu 15 Mar 2018 - 18:04

À chaque septième seconde, la presse écrase bruyamment le convoyeur. De ce que je peux voir, des pièces métalliques et rondes. Il y en a encore pour un moment puisqu’il y a une longue file de morceaux de métal identiques qui avancent avec le même rythme.

Je prends une bonne inspiration.

*C’est là!*

BANG!

Je saute sur mes pieds et roule derrière l’espèce de cuve circulaire de laquelle plusieurs tuyaux sortent.

J’expire.

BANG!

Je fonce vers le mur et l’utilise pour me jeter plus haut et m’accrocher. Sous mon poids, la mezzanine grince et je serre les dents, espérant qu’ils n’ont pas entendu.

BANG!

Je me hisse et cesse de bouger dès que mon genou passe par-dessus la rambarde.

J’allais me lancer, quelques secondes plus tard, mais le bruit ne survient pas.

« Qu’est-ce qu’elle a la machine, Ag’? »

Mon souffle est coupé. Je suis à la vue de tous, à l’étage, et le moindre mouvement causera beaucoup de bruit. Je ferme les yeux, me concentrant surtout sur les bruit m’entourant, espérant ne pas entendre le fatidique "Hé, qui es-tu!? Descend de là!"

« J’sais pas, merde, ça a comme bloqué! »

Il y a des coups violents de fer contre fer.

« C’est l’acier, c’est dans la craque! Frappe là! »

*C’est le moment!* pensé-je, attendant le signal pour me jeter en avant sans être remarqué, toujours anxieux du fait que quiconque regardant dans ma direction pourrait me voir sans même essayer.

Bang Bang Bang

Je saute et roule encore une fois, restant accroupi parmi les débris.

« Voilà! »

Il y a un grincement horrible.

BANG!

Je fuis à toutes jambes dans les couloirs sales mal éclairés.

*Mirai Gosho se fait surnommé King et travaille dans la contrebande de vêtements! C’est un gros scoop! Pourquoi fait-il ça? Il est pourtant Fuku-Honbucho! Ce n’est pas comme s’il manquait d’argent ou d’influence! Il est pratiquement au top de la famille!*

Je décide de ne pas risqué d’être aperçu et, après avoir observé pendant un moment les environs, je me glisse hors du bâtiment par une fenêtre, utilisant un tuyau et les corniches.

*Et ce Pink, qu’est-il devenu depuis la démise de Parago? Son groupe avait été démantelé durant le mariage. Je suppose qu’il a joint les rangs de Kuro-sama, plus par obligation ou survie que par choix.*

Alors que je traverse les clôtures et atteint les toits, me laissant guidé par mes instincts, une réalisation subite me fait arrêter, les yeux écarquillés.

*Et, si Pink pouvait contrôler Gosho! C’est bien connu, il est un drogué impulsif! Si j’avais à manipuler quelqu’un pour me positionner dans les bonnes grâces de la famille Mirai, ça serait lui!!*

Je rejoins l’artère principale d’Aketana, là où Polus s’était fait frapper. Je passe justement près de l’endroit de la commotion, mais il ne reste rien ni personne. Je m’installe à une terrasse et commande un Saké en sortant mon bandeau et en l’enfilant en brassard. Je savoure l’alcool en fumant une cigarette tout en notant, suivant le code de mes carnets, tous les détails juteux de cette mission qui s’est avérée être particulièrement compliquée et, il faut l’admettre, dangereuse.

« Demain, j’irai porter l’ordre de mission ainsi que le rapport et je prendrai le paiement de Seiichi par la même occasion! » dis-je en affichant un sourire absent de joie, pratiquement défaitiste.

Rapport:
 
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Message(#) Sujet: Re: La bande bien fringuée

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La bande bien fringuée

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