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 Une histoire merdique [Mission C, solo]

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Suna
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Message(#) Sujet: Une histoire merdique [Mission C, solo] Sam 14 Oct 2017 - 5:57

HRP a écrit:
Ne lisez pas ce RP si vous avez le coeur sensible, parce que ça va parler vomi, merde et tout plein de trucs dans le genre.

Je regardais mon ordre de mission avec un certain étonnement. Non seulement elle n’était pas vraiment appétissante, mais en plus, je pense que le responsable s’était trompée de pile. Je poussais un soupir en laissant tomber l’enveloppe sur la table de mon petit appartement. J’essayais de revoir si je n’avais pas fait quelque chose de mal au répartiteur. Je ne voyais rien. Il faut avouer que j’étais arrivé récemment et mes habitudes directes avaient pu m’attirer l’inimitié de quelqu’un… Je ne voyais pas pourquoi. Tant pis, j’allais devoir m’acquitter de mon devoir. Je me demandais quand même pourquoi l’administration de Suna m’envoyait moi, alors que je n’avais aucune compétence médicale. J’allais attendre demain, arriver en matinée, essayer de les aider avec ce qui s’était passé la nuit, aller en après-midi vérifier ce qui se passait avec les employés, revenir le soir, terminer la journée. Répéter ensuite jusqu’à ce que la situation revienne à la normale.

Je descendais le hall de mon immeuble. Elle faisait trois étages, en comptant le rez-de-chaussée, chacun des étages avaient une espèce de balustrade qui faisait le tour d’appartement en appartement. L’avantage à Suna, avec ces bâtiments arrondis, c’était qu’on avait l’impression d’avoir de haut plafond, comme un château, ce qui changeait de partout ailleurs dans les autres pays. Pourtant, les appartements, à part les faces rondes, étaient aussi petites que dans toutes les autres villes… Enfin, j’imagine. Traverser Suna, se rendre jusqu’aux quartiers longeant le mur jusqu’à me rendre compte que j’approchais de ceux plus pauvre. Je connaissais encore mal le village, mais en arrivant devant la maison de retraite, je compris que c’était loin d’être celle où je voudrais passer mes jours aux premiers abords. Je me présentais à l’accueil.

- « Bonjour, je suis Getaku. Vous avez demandez de l’aide, je pense ? »

L’infirmier me regarda, un bref instant. Il ne devait avoir pas plus de la trentaine, il avait les traits tirés. Visiblement, les dernières nuits avaient été longues. Il hocha la tête et me fit un sourire. Si j’avais eu un autre ordre de mission, j’aurais presque pu me sentir coupable. Il me proposa une visite des lieux. Il me montra une grande salle, sans véritable confort, à part quelques jeux de sociétés et une télévision dans un coin. Une autre salle, avec des tables longues, assez pour accueillir une vingtaine de personnes, servait de cafétéria. Toutes les chambres aux portes ouvertes semblaient accueillir deux personnes. Il m’expliqua rapidement que c’était au cas où il arrive quelque chose à un de leur locataire. Mais je me doutais que des raisons économiques se cachaient derrière. Finalement, il me présenta une petite salle où les médecins se succédaient lorsqu’ils étaient libres, une autre pour les infirmiers, une buanderie et finalement une petite chapelle. Malgré le peu de moyens de l’endroit, je compris immédiatement qu’on avait fait des efforts pour ce lieu, pour respecter les traditions.

Ce qui me surpris fut la petite cour. Elle se trouvait dans l’angle du bâtiment et touchait directement au mur de Suna. Là encore, malgré l’austérité certaine des lieux, je fus surpris de voir un jardin de sable bien entretenu, avec un circuit d’eau. Face à ma curiosité, il m’expliquait que c’était un circuit fermé, toujours la même eau. L’ombre du rempart protégeait du soleil. Ma première impression n’était pas la bonne. Malgré des bâtiments les limitations économiques, il semblait que les résidents et le personnel avaient réussi à en faire un endroit où on pouvait trouver un peu de bonheur. Je pourrais presque apprécier l’endroit, si ce n’était l’odeur. Une odeur de Javel, que je connaissais bien pour l’avoir utilisé souvent afin de blanchir les pièces de mes marionnettes. Une pile de draps sales se trouvaient entassés dans un coin et on pouvait sentir un mélange de merde et de vomi. De quoi me rappeler la raison de ma venue.

- « Alors tes collègues ont attrapé la chiasse aussi ? C’est ça ? Alors, j’imagine qu’il va falloir laver tout ça ? »

Je levais la main en direction de la buanderie. La question était visiblement inutile, mais en même temps, il devait bien se douter que j’étais dans la merde. Et lui aussi visiblement. En attendant, je ne comprenais toujours pas ce que je faisais ici. Bon, d’accord, je peux enfiler des gants et nettoyer du vieux, mais je peux difficilement comprendre en quoi la maison de retraite avait besoin d’un shinobis pour le faire. Je pris des gants de caoutchouc qui traînaient sur une tablette et sans perdre de temps, je me mis à aider l’infirmier avec ses draps. On les plongeait dans l’eau, puis on les brassait en les frottant, avant de les rincer dans un autre bac rempli d’eau. On mettait tout ça dans un chariot et on allait les porter dehors. Le soleil de Suna en viendrait à bout. D’ici le soir même, ce serait sec.

Pendant que nous faisions le ménage des linges, il commença à me faire un topo de la situation, mais surtout des résidents. Tante Makka, elle était plus vieille et restait au lit, la maladie la rendant propice à déshydratation, il fallait la faire boire souvent, en plus de changer le sac de sa perfusion. Imino Tameki avait l’estomac fragile et la gastro rendait particulièrement difficile son alimentation. Tombo Sira était un ancien soldat, il était solide et on pouvait compter sur lui pour surveiller ses colocataires, mais il oubliait souvent de prendre ses médicaments. Hina Yani était douce, mais elle perdait un peu la tête et était timide, quand elle avait des « gastro-accidents », elle essayait de les garder secrètes, ce qui ne faisait rien pour l’aider. Rura Goura était un homme sympathique, très bavard, mais il était devenu silencieux depuis quelques jours, probablement incommodé par la maladie.

- « Parfait, je vais faire ça. Mais vous n’êtes pas supposés avoir des gens ici ? Je veux dire, je sais que vous êtes tombés malades, mais les vi--- Je veux dire, quand on a un certain âge, on attrape tout ce qui passe comme microbe. Normalement, vous devez pouvoir assurer, non ? »

En disant cela, nous nous déplacions vers l’accueil. Je me glissais derrière le comptoir, comme si c’était ma place, pour arracher un bout de papier et recopier ce qu’il m’avait dit au sujet des vieux. Franchement, le boulot ne me plaisait pas, mais je devais avouer que les infirmiers que j’avais entrevu attirait ma sympathie. Pendant ce temps, celui qui m’avait introduit se contentait de me répondre, en se préparant à partir, probablement pour récupérer de cette nuit qui avait été longue.

- « Écoute, cette après-midi, tu les laisse se promener dans la salle de repos et le jardin. Il va y avoir une de mes amies, une infirmière, elle va pouvoir t’aider. Il faut préparer le repas de ce soir : des fruits et de la soupe. On veut les hydrater. Sira peut t’aider et peut te présenter à autres doyens, la plupart il n’y a rien de spécial. »

Je hochais la tête en le regardant partir. Et la journée commença, puis la suivante et encore une : changer la poche de la Makka, vérifier qu’il y avait assez d’assiette, écouter Sira me conseiller ou me présenter, comme si j’étais un trophée, sortir un jeu, renifler Yani, entendre une des histoires du vieux soldat, se faire inviter à jouer aux cartes, éviter qu’un des vieux sèche dans le jardin de sable, insister pour faire manger Goura, préparer la soupe, renifler encore la vieille, terminer le repas, écouter Sira, changer des draps qui puaient la merde ou le vomit, les sécher, renifler encore la vieille dame, changer de poche Makka, écouter encore Sira. D’ailleurs, ce vieux Sira était de cette génération de soldat, souvent locaux, mais probablement sous l’empire, qui avait été complètement dépassé par l’art Shinobi. De la véritable chair à canon, mais il en était fier. Avec la fin de l’empire et la formation de plus en plus efficace des Shinobis, ils avaient été mis de côté.

Tout ce qu’il voulait, c’était se sentir utile. Les vieux ici n’étaient pas en excellente forme, pourquoi venir ici si on pouvait se débrouiller seul et être en santé ? Je suspectais Sira d’être venu ici juste pour pouvoir aider, se sentir utile. En somme, un homme bon… Mais, par tous les dieux, ce qu’il avait le don de m’énerver en essayant de me dire ce que je devais faire, qui je devais rencontrer, comment mieux faire telles ou telles tâches ! Quand l’heure du dîner sonna, je fis tout mon possible pour l’éviter. Je servais la soupe avec une concentration qui aurait pu laisser croire qu’il me manquait une case. Surtout, ne pas le regarder dans les yeux, surtout pas, il va vouloir me présenter ou encore rester dans la file à papoter. L’heure du dîner passa et je retirais mon tablier pour sortir de la pièce et m’assurer qu’en soirée tout serait prêt pour les vieux. C’est alors que je transportais le panier que le vieux Sira m’accosta, avant qu’il ouvrît la bouche, je jetais à plat le panier à mes pieds.

- « Écoute, Sira, je vais être clair. Tu comm-- … »

Vous vous êtes déjà demandé si en devenant vieux notre estomac est moins gros ? Ça expliquerait pourquoi on mange moins, non ? Pas du tout. Un véritable flot, une odeur acidulée parfaite, mais peu appétissante. Le pauvre vieux s’appuyait contre un mur, alors que les hauts le cœur manquaient de faire céder ses jambes tremblantes. Je restais, un peu abasourdi par le fait que les nouilles n’avaient pas eu le temps d’être digérées. Je pris quelques secondes pour me remettre. Avant de m’approcher de lui en lui serrant solidement le bras pour le redresser. Je m’assurais qu’il allait bien, il hoche la tête, l’air désolé. Je le mis au lit en lui tendant un verre d’eau que je venais de verser. Je sortis de la chambre en silence, une des infirmières me regardant avec étonnement. Je balbutie en lui signalant que Sira était malade. Ça allait faire des jours que j’étais là, ni les infirmiers, ni les vieux n’allaient mieux. Et moi… Je sais que j’entendrais le hoquet guttural du vieux Sira dans mes cauchemars.

Et les jours se suivaient. Tout le monde tombait malade, infirmiers, vieux. Les effectifs réduits nous obligeaient à travailler parfois plus de 24 heures. Je dormais chez nous, parfois dans la salle des employés, affalé dans un coin. Et chaque fois qu’un des vieux courrait vers une toilette ou se vidait sans y parvenir, j’entendais l’écho ignoble de Sira. « HurrrrrRRRrrrrr ». Ça résonnait, je pouvais presque sentir l’odeur, à moins que ce ne soit celle des autres. Je faisais les tâches qu’on m’avait demandé, je reniflais la vieille Yani, parfois devait nettoyer ses draps puant la merde. Qu’est-ce que j’avais fait à ce répartiteur de missions !? Et la mission stipulait que je devais rester ici jusqu’à ce que la situation revienne à la normal… Je faisais mes tâches machinalement, épuisé au fil des jours, élevant une barrière autour de mon esprit contre les tâches ingrates… Comment ils faisaient les employés ici ? En les examinant, je remarquais qu’eux aussi perdaient de leur air détend. Visiblement, la situation les affectait aussi.

J’ai commencé à me cacher aussitôt que j’avais une pause. Les vieux qui venaient me parler me semblaient insupportables. Je ne pouvais pas supporter leur proximité. Non pas qu’ils étaient si terribles, je le savais bien, mais j’éprouvais une telle tension à craindre de me faire vomir dessus. Même les employés commençaient à me rappeler ma tâche. Moi qui espérait voyager, découvrir du pays et me voilà… ici. J’étais dans un coin, à me demander comment de temps la chiasse pouvait durer. Je m’étais mis dans un coin de la cuisine, entre une poche de patate et une étagère rempli de conserve. J’entendis un bruit étrange, celui d’une serrure qu’on tentait d’ouvrir. Je fronçais les sourcils : personne ne passait derrière. Je me suis blotti dans mon coin, seul le bruit de la serrure et le gargouillis d’une sauce.

Vous savez comment la gastro peut s’attraper ? Des virus, de la nourriture qui a tourné, mais aussi ce que j’allais découvrir aujourd’hui. Je regardais entre deux conserve un homme entré, ses cheveux noirs ne cachaient pas son visage. Il regardait autour de lui, quelques instants, puis je le vis se fendre d’un sourire grinçant. Il s’.approcha de la sauce qui bouillait. Il fouilla sa poche arrière avant de secouer la main au-dessus de la casserole. Je plissais les yeux, en essayant de comprendre ce qu’il faisait. Je le vis alors refaire son manège. Il mettait la main dans son pantalon, grattait profondément sa raie avant d’agiter la main au-dessus du plat ! J’entendis dans ma tête le « HuuUUUurrRRRr » guttural de Sira, je sentis l’odeur des draps souillés, mais aussi celle acide. Je serrais les dents pour retenir mon propre haut-le –cœur.

Je fis le tour de l’étagère, silencieux, envahi par une espèce de calme qui ressemblait plus à une espèce de panique intérieur. Le gaillard se retourna, il devait avoir dans la quarantaine. Il eut un instant de panique dans ses yeux. Moi, j’avançais presque comme un automate, les dents serrées pour retenir mon dégoût. Je retroussais les manches de ma blouse que les infirmiers avaient la gentillesse de me prête.

- « Tu es vraiment un gros porc… »

Le gars tenta de déguerpir, je me saisis d’une conserve et lui balançait avec précision derrière la tête. Un son métallique se fit entendre et le… L’empoisonneur tituba vers la porte. Alors qu’il l’ouvrait pour se sauver, je le poussais de toutes mes force, lui fracassant le visage sur la tranchant de bois de ce qu’il venait d’ouvrir. Il rebondit et me tomba presque dans les bras. Ma main droite lui agrippa sa tignasse de cheveux alors que de l’autre je lui saisissais le fond du pantalon. L’homme sonné saignait, visiblement, l’arcade sourcilière fendue, mais n’était pas capable d’opposer une quelconque résistance. Comme un automate, je m’approchais du chaudron de soupe.

- « Tien, sale porc, tu veux connaître ma recette ? »

Alors qu’il était encore dans les vapes, je lui fis plonger le visage dans la sauce presque bouillante. Il se réveilla instantanément, tentant de sortir de là, mais je lui tenais maintenant la tête à deux mains et chaque fois qu’il s’appuyait sur le four pour prendre appuie, ses mains se collaient au rond chaud, lui provoquant de nouvelles brûlures. Je le tenais solidement, malgré les gouttelettes de sauce bouillante qu’ils projetaient sur moi. J’éprouvais même un certain plaisir, à l’avoir entre mes mains, alors qu’il se débattait, poussant des hurlements étouffés. Le contrôle que j’avais sur lui et le fait de sentir sa panique devenir faiblesse me procurait un plaisir étrange. Et je pense que l’idée d’avoir mangé sa merde y était pour quelque chose.

Je ne sais pas ce qui m’arracha à mon automatisme morbide. C’était peut-être le fait qu’il arrêta de se débattre ou la douleur dans ma main qui s’était déplacée, sans que j’en aie conscience, pour empêcher le chaudron de se renverser. Peut-être que c’est l’odeur de chaire brûlée au contact du métal de cuisson. Qu’est-ce que j’en sais ? Mais un instant de panique me submergea et me donna la force de le tirer hors de la soupe et le jeter sur le dos. Immédiatement, il prit une inspiration profonde, avant de se retourner sur le côté en crachant ses poumons alors que j’essuyais les gouttes chaudes de sauce sur mon visage. Je regardais ma main quand j’aperçu deux des infirmiers, probablement attirés par le boucan.

- « Ce type mettait sa… SA MERDE DANS LA BOUFFE ! C’est qui ?! »

En parlant, je le désignais. Les gens étaient trop sonnés pour répondre. L’un des soignants se précipita pour l’aider. Le type avait l’air bien amoché. L’arc où le chaudron s’était collé à son torse avait brûlé ses vêtements et sa chaire. Son visage rouge vif allait porter des cloques. Son arcade sourcilière avait fendu plus largement encore. Il pouvait à peine ouvrir les yeux tellement ils étaient enflés. Les gens semblaient abasourdis de la situation. Je me décidais à briser le malaise ambiant en allant mettre ma main sous l’eau froide.

On m’expliqua que ce type avait été un ancien employé. Malheureusement, il avait été mis dehors quelques semaines avant à cause de d’absence répétée. Il semblait qu’il n’avait pas pu garder un emploi depuis et en voulait beaucoup à ses anciens employeurs. Les jours suivants, les employés commencèrent à revenir travailler, les petits vieux prenaient du mieux aussi, même s’ils se remettaient plus lentement. Pourtant, l’ambiance avait changé. Ma main couverte de bandages avaient soulevée quelques questions et visiblement les autres employés en avaient parlé entre eux, voir avec les résidents. Je sentais qu’on avait un peu peur de moi, surtout la vieille Makka. En attendant, on me foutait la paix. J’allais partir après ma dernière journée, mais le vieux Sira m’attendait devant la porte. Il me salua d’un hochement de tête avant de s’écarter en silence et me laisser repartir. Je jetais un œil vers lui alors que je sortais et qu’il se contentait de porter à son front la main ouverte.
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