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 Le Fennec de Suna [Solo, rang C]

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Message(#) Sujet: Le Fennec de Suna [Solo, rang C] Ven 17 Nov 2017 - 8:48

Je venais de recevoir un ordre de mission qui, dès les premiers mots avaient été un paradoxe. Globalement, la mission n’avait rien de particulièrement passionnant. C’était une mission assez ordinaire en fait, voir ennuyante. J’avais une pensée pour ce jeune moine, Mareo, qui avec son entraînement devait certainement avoir des missions plus passionnantes. Je savais qu’on évitait de permettre au Genin de voyager. À la fois pour leur propre protection, mais plus probablement parce qu’ils représentaient des proies faciles pour quiconque voulait des corps frais, regorgeant d’informations. Ce genre de pratique avait lieu avant avec les conflits de clans, mais la naissance des Villages Cachés avait ramené ces rumeurs en y intégrant une notion presque militaire. Ce n’était pas impossible.

En attendant, cette mission était à la fois assez ennuyante. J’allais devoir courir après un animal, une petite légende locale et récente, ce Renard des Sables, parce qu’il volait probablement de la nourriture. D’un autre côté, c’était l’occasion de voir une légende locale naître et mourir, voir comment mon intervention allait la modifier au fil du temps. Mais ce qui m’excitait vraiment, c’était la fin : « en le déposant hors de l’enceinte du village ». Je savais que je ne devrais pas trop m’éloigner de Suna, mais l’idée de pouvoir sortir du village et essayer de voyager quelques jours, même si c’était à faible distance du Village, me remplissait de joie. En attendant, j’allais vérifier pour la énième fois mon sac de voyage, en prévision du moment où je devrais sortir le renard et le trouver au plus vite.

Je m’étais posé sur la balcon, alors que le centre-ville s’animait au loin. Un autre des fameux festivals de Suna battait son plein. La vie nocturne à Suna était vive, la température y étant plus favorable, beaucoup des habitants vivaient quasiment de nuit, essayant de se reposer durant la période chaude de la journée ou d’en profiter pour faire une sieste. À cette distance, je n’entendais rien, mais je pouvais voir entre les bâtiments les lumières des pétards et les lampadaires allumés. Je sablais délicatement le petit pantin dans ma main, distrait par mes réflexions.

- « 905ème jour dans ce village si on ne compte pas les entraînements de survie… Je ne suis jamais resté à un endroit pendant autant de temps. Tout ça à cause de lui… »

Je me glissais dans mon lit en retirant mes vêtements, jetant un coup d’œil sur les parchemins empilés sur mon comptoir, les lumières nocturnes ne me dérangeant en rien pour dormir. Les fennecs étaient des renards vivant dans le désert. C’était des animaux plutôt timides, mais intelligents. Mon père m’avait un jour raconté qu’ils suivaient leur caravane, alors qu’il était enfant et vivait uniquement dans le Désert. Les fennecs se nourrissaient des déchets et de la nourriture facilement accessible, sinon ils s’attaquaient aux lézards et aux gros insectes. Au fil du temps, en le nourrissant, il avait réussi à en faire le sien, malgré qu’il ne l’eût jamais touché. L’animal venait chaque soir quand il sortait en l’appelant, pour recevoir sa ration.

Mais ils étaient étrangement intelligents, ils surveillaient ce que les humains faisaient, il voyait les erreurs des gens de la tribu, avant qu’elle ne devienne une troupe d’amuseurs. Les fennecs savaient ce qui allait se passer, c’est pour cela qu’aucun ne les suivait maintenant. Il avait vu les villageois en colère et c’était dit que le petit Getaku ne valait pas de les nourrir. Il aurait pu me le dire… Salaud de fennec !

Le lendemain, je me réveillais, conscient d’avoir déliré en m’endormant. Je pris mes affaires et me rendis immédiatement en direction des quartiers où le Renard des Sables sévissait. Des quartiers assez proches les uns des autres. Je portais ma tignasse sans l’attacher, ma bouteille d’eau battant l’une de mes cuisses et mes parchemins l’autre. J’avais décidé de ne pas amener mon plastron de cuir feuilleté, mais apporter plusieurs bobines de fer pour tendre des pièges. Je portais des vêtements assez amples et une espèce d’écharde avec une capuche pour me protéger du soleil. Mon bandeau de Suna pendait sur mon torse pour faciliter mes questions en évitant de me faire dire « vous êtes qui vous?! » à chaque fois que je posais des questions.

Je regardais une autre fois la feuille et la liste des villageois s’étant plein du fennec. Il y avait plusieurs quartiers touchés. La plupart d’entre eux étaient près des restaurants qui se trouvaient en bordure du centre-ville, la plupart près du quartier résidentiel et finalement quelques-uns dans la moitié supérieure du centre-ville avec les épiceries. Aucun signalement dans le quartier des artisans, une partie du centre-ville. Il y avait un peu moins d’une quarantaine de personne ayant déclaré un vol, la plupart avait aperçu l’animal près de la nourriture au début de son règne de « terreur », mais rapidement, on lui mettait sur le dos toutes sortes de vol sans l’avoir vu. J’allais essayer de voir ce que l’animal avait vraiment volé en demandant des informations auprès des villageois et voir ce qui ne faisait aucun sens ensuite.

Je fis une rapide visite des quartiers. Des endroits plutôt tranquilles et isolés, jamais sur une rue passante, mais pas loin de toutes autres habitations. Les restaurants étaient visiblement faits pour les habitués plutôt que les nouveaux clients. Les gens avaient leurs habitudes. De nombreuses ruelles parcouraient les bâtiments arrondis dans ce quartier. La plupart des maisons pouvaient se payer le luxe d’être dans l’ombre, j’avais même aperçu des étangs à certains endroits, mais rien de comparable à la maison de retraite de ma dernière mission. C’était plutôt des trous d’eau, mais rien de vraiment abouti. On allait pouvoir commencer à questionner les gens, maintenant que je connaissais un peu plus le quartier et pouvait trouver les différentes personnes sur l’ordre de mission.
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Suna
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Message(#) Sujet: Re: Le Fennec de Suna [Solo, rang C] Mer 20 Déc 2017 - 3:40

J’allais de maison en maison pour questionner les gens. Le but était de savoir quand l’animal venait et partait, mais surtout de pouvoir connaître son territoire disons… principal. Je frappais à la porte, j’attendais qu’on ouvre, je demandais toujours les mêmes questions : l’heure où les gens l’avaient vu, ce qu’il semblait leur avoir volé selon eux et, finalement, combien de fois c’était arrivé. La plupart me répondait la même chose, tôt le matin ou au crépuscule, généralement il volait de la nourriture et ça leur arrivait toujours. Pas quotidiennement, mais il semble que l’animal avait fait de ces quartiers son territoire. Au début, je posais la question : pourquoi avoir fait des plaintes si l’animal ne volait que de la nourriture ?

C’est là que l’histoire devenait étrange, il y avait d’autres objets disparus. Mais cette fois, à aucun moment le fennec n’avait été pris sur le fait. Les objets étranges qui étaient volés, en moins grande quantité, une fois par deux ou trois jours peut-être, dans des maisons assez éloignées les unes des autres. Les objets qui disparaissaient étaient au début des livres. Puis, des jarres contenant un peu de nourriture ou, lorsque c’était possible, du vin. Il y avait eu ensuite des vols chez des peintres et des fioles colorés. Avec les rumeurs du fennec cambrioleurs, les gens en étaient venus à l’accuser. Aussi étrange que cela puisse paraître, chez les gens plus âgés, il y avait un drôle de son dans leur voix. Un son que je connaissais du temps où j’étais dans la troupe. Ce n’était pas vraiment de la peur, mais de l’inquiétude, le sentiment de l’étrange. Après tout, un fennec qui vol ce genre d’objets c’était particulier…

J’étais dans la maison d’une vieille femme. Voilà deux jours que je me baladais en récoltant des informations. La maison de la femme, de forme arrondie de l’extérieur, était généreusement percée de fenêtres, un détail assez étonnant pour le noter. Le crépuscule jetait des ombres longues dans la pièce et les teintes de rouge du soleil du Désert faisait se refléter sur les objets de métal ou de verre un étrange éclat qui captait parfois le coin de l’œil. La maison était remplie de souvenirs et l’odeur qui y régnait rappelait la terre, l’humidité, la moisissure, le renfermé. Les pots de plantes y étaient probablement pour quelque chose. Soudainement, sans prévenir, la vieille femme, seule, pour qui j’avais fini par avoir une certaine compassion lâcha des propos qui sortaient de la nature plus raisonnable des autres.

- « Je pense qu’il a appris dans les livres. C’est pour ça qu’il a compris pour les jarres et le vin. Maintenant il se prépare pour la guerre. Tu t’es déjà fait mordre par un renard ? Ils ont de petites dents pointues, ils poussent un petit grognement sourd quand ils mordent les souris, les lièvres, les insectes ou les rats. Et leurs petites dents font couler le sang et leur gueule devient rouge… »

À ces mots, je m’arrêtais, la fixant. Au début, j’étais surpris par ce qu’elle venait de dire. Ça détonnait tellement de la discussion que j’avais avec elle, qui me parlait de ses desserts qui disparaissaient à cause du renard. Le long silence, alors que la poussière se soulevait dans les rayons du crépuscule me faisait penser à un nuage de mauvais augure. Un long silence s’installa. Je pris soudainement conscience du son de sa voix, doucement tremblant et de ses yeux, légèrement humides, qu’elle cachait en clignant des yeux. On aurait dit un enfant, craignant le monstre sous le lit. Voir cette femme, avec qui j’avais pris presque une heure à discuter raisonnablement, avoir peur, dans le silence, me causa un frisson sur ma nuque. Je fis un effort, souriant, avant de lui parler.

- « Madame, si ça ne vous dérange pas… Je vais laisser traîner de la nourriture dans la ruelle pour l’attirer et je vais m’en occuper. Je vais emprunter votre toit, d’accord ? »

Elle resta un instant silencieux et se mit à rire timidement. Je réenchérit avec un petit sourire, mais elle me faisait froid dans le dos. Je la saluais avant de sortir. Je me dirigeais vers l’épicerie du coin, achetant de la volaille, des fruits et des dattes. Je n’étais pas un chasseur, mais, alors que j’étais jeune, un homme m’avait expliqué comment chasser. Je disposais de la nourriture dans une ruelle isolée, avant d’aller sur le toit de la dame. J’espérais la rassurer et en même temps capturer l’animal. Je restais toute la nuit debout, dans le froid de la nuit, loin du bruit nocturne du centre-ville. Dans le noir, je pensais aux rats qui devaient bien mordre les gens parfois. Rien ne se produisit. La nuit suivante non plus, celle d’après ensuite. Le matin, c’est amer que je retournais à mon appartement pour réfléchir.

Assis sur mon balcon, je sablais le bois de mon pantin. L’animal semblait voler de la nourriture. Les fennecs ne sont pas du genre à aimer les villes normalement, enfin, je crois. Le vol d’objet aurait pu indiquer que quelqu’un l’avait dressé. Ce qui serait assez logique avec sa présence en ville. L’animal pouvait voler des objets, mais la nourriture semblait l’attirer quand même, comme en témoignait les vols de jarres et de pots de nourriture. Mais pourquoi voler des livres ? Pourquoi voler ensuite des objets colorés en verre ? Qu’est-ce qui pourrait avoir de la valeur et être coloré ? L’animal volait pour un alcoolique qui voulait du vin ? Des vêtements colorés étaient souvent signe de richesse dans le Désert, mais cette coutume avait bien changé avec l’importance des villes. Je déposais le mannequin sur mes genoux en poussant un soupir.

- « Bon, va falloir passer à l’étape supérieure… C’est un peu à l’encontre de l’ordre de mission, mais… Je peux me débrouiller avec et ça les rassurera. Ils sont superstitieux et ont peur. »

Je fouillais dans les équipements standards. Fouillant aussi dans un petit coffre que je gardais sous mon lit. Il contenant des vis, des clous, des pentures, ce genre de chose, que j’utilisais pour mes marionnettes. Je pris du fil de fer en grande quantité et un paquet de clochettes. Ces clochettes me servaient parfois pour mes petites représentations. J’avais un plan, certes un peu cruels, mais il allait falloir faire avec.
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Message(#) Sujet: Re: Le Fennec de Suna [Solo, rang C] Ven 22 Déc 2017 - 20:04

Il y a de cela très longtemps, alors que mes parents, moi et la troupe nous étions posé pour une représentation sur la frontière entre Kaze no Kuni et Kawa no Kuni. Là-bas, ils ont de nombreuses forêts. Une partie de leurs activités dépendaient de la chasse et de la pêche. Un homme m’avait alors appris comment faire des collets pour piéger les animaux. Il disait qu’ils souffraient peu. J’en doutais, mais je crois avoir compris que c’était surtout pour éviter d’abîmer la fourrure. On m’avait demandé de ne pas trop l’abîmer. Ce serait parfait. Le renard risquait d’y laisser sa peau, alors j’allais tenter quelques modifications. Au collet j’attachais des clochettes.

Il y avait eu quelques vols de nourriture, quelques objets supplémentaires. Les gens avaient toujours la superstition qui amplifiait une peur qui ne trouvait aucune logique, mais les gens semblaient rassurer par ma présence. Beaucoup des personnes âgées étaient laissé pour compte. Des animaux qui viennent prendre de la nourriture ne leur faisait pas peur, certains d’entre eux vivaient seuls depuis longtemps. La guerre fait des victimes et ceux qui ont survécu pour vieillir restent. Je ne pouvais pas m’empêcher de m’attacher à eux, malgré mon traumatisme dans la maison de retraite. J’allais régler le problème, mais j’allais prendre quelques risques en termes de « réussite de mission ».

J’allais racheter de la nourriture. J’en disposait un peu partout dans le quartier, dans des zones restreintes, comme une palissade avec une mince ouverture ou le passage étroit entre une benne et un mur. Je voulais m’assurer que l’animal passe là, mais je ne pouvais faire plus. Après tout, je n’étais pas un chasseur. Sur les passages, j’accrochais mes collets pour tenter d’y prendre l’animal, mais en prenant soin de vérifier que les clochettes pouvaient se faire entendre. J’installais les pièges à maximum une dizaine de mètres les uns des autres, sans m’éloigner d’un centre d’une quarantaine de mètres. Il ne me restait plus qu’à attendre. Si l’animal se coinçait dans le collet, il ferait sonner les clochettes. Je devrais alors me dépêcher de le rejoindre, en espérant qu’il tombe inconscient sans mourir. L’idée était risquée, mais elle me permettrait de le capturer rapidement.

J’attendis, toute la nuit, sans que rien ne se fasse entendre. Je continuais la seconde nuit, puis la troisième, puis la quatrième. Chaque matin, je faisais ma tournée pour retirer les collets et éviter que le renard des sables ne s’y prenne alors que je dormais. Plusieurs fois, mes collets avaient été défait. Généralement, je voyais un des enfants des rues s’enfuir avec de la nourriture ou un des clochards du village, j’essayais de changer en me déplaçant légèrement chaque jour. Le silence des quartiers résidentiels me semblait pesant et chaque petit bruit me faisait me redresser. La nervosité des citoyens commençait à déteindre sur moi. Pourquoi avoir peur d’un fennec ? Il ne faisait pas peur, c’était l’étrangeté de son comportement qui était inquiétante, comme une anomalie qui vient pulvériser l’habitude.

Une nuit, alors que j’attendais sur un toit d’un bâtiment rectangulaire, le silence fut brisé. Un cri de femme résonna, aigue, paniqué. Pas assez pour réveiller le quartier, mais mon cœur ne fit qu’un bond alors que je cherchais la source du bruit. C’était chez la vieille dame. Une brève hésitation plus tard, je bondissais. Ce n’était pas trop loin. J’arrivais devant sa porte, la frappant avec force. Après ce qui me sembla de longues minutes, elle m’ouvrit, pâle.

- « Je… J’ai perdu ma pantoufle… »

Je restais circonspect. Je pris quelques secondes, haussant un sourcil. J’entrouvris la bouche pour lui parler, mais le teint blême de la mamie écarta mes questions moqueuses. Lentement, je tendis ma main pour saisir la sienne, avant de la mener sur un de ses fauteuils. Je cherchais autour de moi de quoi boire.

- « Écoute, reste ici. Je vais aller voir… D’accord… ? Je vais vous chercher un truc pour vous mouiller le gosier, d’accord ? »

Elle resta silencieuse. J’insistais, en lui demandant si elle était d’accord. Elle finit par hocher la tête. Je me dirigeais vers la cuisine. La petite commode avait été fouillée, des objets de valeurs tel que de petits bijoux étaient étendus à terre. Je fronçais les sourcils, jetant un regard inquiet vers la vieille femme. Je m’approchais de la bouteille, pour lui servir un peu d’eau dans une tasse. On dirait qu’on avait essayé de la cambrioler. Mes soupçons au sujet de l’animal dressé se confirmaient. L’homme c’était donné beaucoup de mal. Est-ce qu’il se servait de l’animal pour camoufler ses délits avec ceux du fennec ? La pauvre bige était complètement en train de perdre la tête.

Prêt de la porte qui menait à la cour arrière, je vis une petite tâche sombre. J’approchais lentement, laissant quelques instants le verre d’eau sur la table. Malgré la journée chaude, un vent assez froid pouvait se sentir lorsqu’on approchait des ouvertures. La température dans le Désert, en hivers, devient étonnamment basse la nuit pour un endroit supposé pouvoir griller votre cervelle si vous ne faites pas attention. En touchant la tâche sombre, je sentis une chaleur. J’approchais mes doigts mon nez pour renifler, avant de frotter entre mon pouce et mon index le liquide. Je me relevais, lentement, puis tournais la poignée de la porte. Un frottement mou se fit faiblement entendre. La tâche sombre s’élargissait au fur et à mesure que la porte s’ouvrait.

Mécaniquement, alors que j’étais glacé, comme figé, mon esprit essayant d’assembler les morceaux, je fis un tour me glisser dans l’ouverture et regarder l’origine de la tâche. Une fourrure blanche, laineuse, des petits yeux sombres, comme des billes noires, la langue sortie d’une gueule trop plate… La fourrure tâchée, le petit chien gisait dans une mare de sang au pied de la porte, la gorge profondément mordue, comme un sinistre avertissement. Je pris un instant, rentrant à l’intérieur pour voire le verre d’eau qui lui était destiné. Je pris un second verre d’eau et le donna à la vieille femme. Je restais un instant silencieux, elle était visiblement sous le choc.

- « Je vais m’occuper de Pantoufle… »

Je me dirigeais vers l’animal. Je pris la pauvre bête, essayant d’éviter de me tâcher de sang. L’animal était légèrement raide, Ça devait faire un certain temps. Je pris l’animal et en profita pour jeter un coup d’œil. La pauvre bête avec été mordu, sur la nuque, puis sur le côté de la gorge. J’eus une pensée pour les histoires de vampires. Ça ressemblait étrangement à ce que la vieille femme m’avait dit à propos des renards. Pourtant, c’était un comportement qui m’étonnait. L’air frais me fit revenir les pieds sur terre. Je connaissais mal ces animaux, mais, je ne pense pas que c’est normal. Je réussie à trouver une pelle dans un espèce de rangement. Je commençais à creuser un trou pour l’animal. La vieille femme vînt me voir, le choc passé, et elle pleurait. Je passais une partie de la nuit à enterrer le pauvre animal.

Quand je la laissais seul, je fis une tournée de mes collets, aucun n’avait été efficace. Je les désinstallais, certains avaient été déplacés, visiblement par des rats ou peut-être d’autres animaux, la nourriture semblait avoir attirer quelques oiseaux, comme des espèces de pies. Je rentrais chez moi au petit matin, les clochettes faisant un drôle de bruit. En refermant la porte de chez moi, je me disais que la mission pour un renard prenait une drôle de tournure. J’allais me coucher et je le vis. Un collet, posé sur mon lit… Je restais figé, glacer jusque dans ma poitrine.
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Message(#) Sujet: Re: Le Fennec de Suna [Solo, rang C] Sam 23 Déc 2017 - 8:55

J’avais pris quelques secondes pour retrouver mes esprits. Et recommencer à respirer. Soudainement, les sons qui provenaient des rues à l’extérieur me semblaient lointain et inquiétant. J’essayais de confirmer à chacun d’entre eux s’ils venaient vraiment de l’extérieur ou était simplement très faibles, mais à l’intérieur. J’entendais les voix des gens qui discutaient et passaient près de chez moi. Je fis finalement le tour de mon petit appartement, ouvrant les portes qui menaient au garde de robe, le garde-manger, les armoires sous et au-dessus du comptoir, la salle de bain, tout.

Ne trouvant personne, je pris le collet du bout des doigts. Les clochettes tintèrent faiblement. Je le lançais sur la table avec mauvaise humeur avant de réfléchir à la prochaine étape. Comment la personne avait pu entrer ? Ma porte était verrouillée, ma fenêtre était au deuxième étage, mais dans le Désert c’était des tempêtes de sables qu’on se protégeait, il n’y avait pas de verre. Comment ? J’avais besoin de réfléchir à tout ça, la situation échappait à mon contrôle. Je me laissais tomber sur ma chaise, sortant avec mauvaise humeur, sortant le pantin dans mon sac. Je l’examinais, réalisant que sa tête pivotait mal. Il allait falloir changer tout ça. Je m’activais à la tâche, démontant les pièces, tout en réfléchissant.

On avait volé de la nourriture. Jusque là je pensais à un animal. Un animal venant chercher de la nourriture, comme la mission l’indiquait. Elle précisait le vol de petits objets de valeurs, mais rien d’ahurissant. À partir de là, je m’étais dit que c’était peut-être un animal et son maître. Le fait de voler ensuite des alcools me semblait étranges. Un alcoolique avec son animal ? Jusque là, tout tenait. Puis, il y avait eu des vols étranges, des livres pour beaucoup, des parchemins, du papier même, de la peinture, etc. Qui volerait ça après avoir volé des objets de valeurs ? Je poussais un soupir en posant le pantin. Comment était-il venu ici ? Je regardais le pantin, fixement, quand soudainement, une idée me frappa. Ce qui donne de la valeur aux objets, c’est la rareté ou la demande… Ou le besoin…

Je me levais brusquement vers la fenêtre. J’écartais le tissu qui la fermait, puis penchait ma tête jusqu’à la mettre à l’extérieur. Je tournais vers le balcon à quelques mètres. La porte en bois fermait les accès au balcon, mais tout était intact. Sauf qu’à la fenêtre, sur la bordure, le ciment argileux qui formait le bâtiment, portait des marques de petites griffes. Je me mis à rire en regardant me précipitant vers le collet. Sans me coucher, je repris le calepin que j’utilisais pour prendre des notes. Je refis la tournée, retournant chez chacune des personnes de ma liste, en ciblant certains.

- « Oui, alors… Je suis toujours sur votre problème de nuisible, m’dame. Et je voulais savoir, le vin qu’on vous a volé, c’était lequel ? »

La personne en question était assez jeune, maximum la quarantaine. Elle me regarda, quelques secondes, puis son air se pinça un peu, ses sourcils se froncèrent, sous l’effort de la réflexion, avant de prendre un air contrarié.

- « Bah, c’était un cadeau. J’ai aidé un homme, c’était un marchand un jour. Il était très séduisant, mais ni moi ni lui n’étions libres. Enfin, aujourd’hui, j’aurais aimé être libre. Surtout que mon mari, enfin, ancien mari, est parti il y a de cela quelques années. Il est allé faire affaire ailleurs. Ce porc avait autre chose en tête que les affaires, je pense qu’il y a une sal… une autre femme. Mais c’é- »

Je l’avais assez écouté. Je la coupais en faisant claquer ma langue une brève seconde. Elle me regarda surprise. Je me contentais de me forcer à sourire. Définitivement, les citadins avaient une mauvaise influence sur moi.

- « Rouge ? »

Elle me répondit par l’affirmative et je ne me fis pas prié pour me dégager de cette situation, je commençais à connaître la chanson. Je n’allais pas laisser la bige me papoter pendant des heures. Je fis le tour de chacun d’entre eux, demandant si le vin était rouge. À chaque fois, les gens me répondaient par l’affirmative. Ceux de la peinture : rouge, puis, noir. De plus en plus de noir. En rentrant chez moi, en après-midi, je ne pouvais pas m’empêcher de sourire. Je venais de comprendre. J’avais pris du temps avant d’apprendre cette chanson là, mais, maintenant que je n’étais pas complètement dans la brume… Tout ça me semblait moins terrible. Il me fallait quand même être prudent, vu jusqu’où l’animal avait été prêt à aller en tuant Pantoufle.


J’observais ma petite carte, qui me montrait où il y avait eu plus de vols. Les quartiers résidentiels, quelques épiceries, des restaurants, des endroits avec beaucoup de nourritures. Des endroits qui n’était quasiment plus visité depuis plusieurs semaines. Le plus intéressant, c’était les « poches ». sur la carte se dessinait des cercles, autour des ateliers excentrés, aucun vol, rien de signalé, aucun objets de valeurs. Ce qui avait attiré l’attention sur le Fennec, c’était les vols d’objets de valeurs. Des objets qui ne disparaissaient plus depuis un moment. Je fis des visites aux différents ateliers. Les gens me disaient tous la même chose. Rien de particulier à signaler. Mais quand je leur demandais si des plans ou de l’encre avait disparu, certains se rappelaient que c’était bien le cas. Voilà pourquoi personne ne les avait signalé, aucun objet de valeur. Seulement de quoi écrire. Parfois des livres.

Ce soir là, quand je me mis au lit, mon esprit tournait. Un dernier regard confirma mes soupçons. Dès le matin, je me dirigeais vers la zone. La plupart des « poches de non-vol » s’étaient avérées fausses. Seulement une seule c’était confirmé et il n’y avait aucun atelier aux alentours. Je me dirigeais vers une espèce de clairière dans la forêt de bâtiments. Au centre se trouvait une petite « forêt » de grands palmiers, mais aussi de rochers. Les enfants y jouaient déjà à cette heure. Je me mis à faire le tour, examiner le terrain. Entre deux rochers, je trouvais une très petite entrée. Sous le regard surpris des gens, je me jetais à quatre pattes et commençait à creuser dans le sable à main nu. Le trou s’agrandissait, j’y mis ma main.

Soudainement, les cris des enfants me firent me relevé. J’étais couvert de terre. Ils ne semblaient pas terrifier, mais courraient en riant, visiblement très excités. En plissant les yeux, debout sur le rocher, je vis un animal courir, s’enfonçant dans les ruelles. Je pinçais les lèvres, hésitant à le poursuivre. Non, je devais continuer. Je creusais encore, le sable retombant. Creuser m’a pris plusieurs heures. Je mis la main sur quelque chose. J’en tirais tout. De l’encre, des feuilles, des restes de nourritures, mais surtout des livres. Des livres sur tout et n’importe quoi, mais surtout des parchemins. Certaines vierges. D’autres portais des traces maladroites. J’étais assis là, dans le sable, les enfants s’amusant en se cachant et se moquant. Moi, je retraçais une évolution, une histoire, pouvant mettre en ordre les parchemins portant de l’encre.

Je me relevais, en prenant tout, les bras pleins de mon trésor. C’était ce soir que j’allais venir à bout de cet animal. Cette nuit, j’allais vaincre le Renard de Suna. Je m’assis dans le parc, maintenant désert. Sur les rocher, je restais assis, mais visiblement sous la lueur de la lune. Je mis ma capuche pour me protéger du froid. Dans une coupole, j’avais mis de l’encre et un parchemin déroulé. Les deux objets gisaient au pied du rocher, à l’endroit où j’avais détruit l’antre du Fennec. Vers 4 : 00 du matin, alors que l’activité nocturne de Suna diminua, je vis approcher l’animal, oreilles rabattues.

- « Arrête de faire ça… Je ne sais pas si tu comprends, mais je crois que oui. Vas-y, espèce de bige… »

L’animal était visiblement hésitant. Il s’approcha, reniflant aux alentours. Il me fixa, méchamment, je voyais une volonté de tuer. Mais maintenant, que pouvait-il faire ? Se jeter sur moi serait sa faim. Maintenant qu’il était à découvert, le mystère qui l’entourait ne faisait plus peser sur moi aucune menace. L’animal resta là, de longue minutes. Puis, renonçant, il approcha. Il mis sa patte dans l’encre et toucha le parchemin. Et sembla y dessiner des lignes.

Je me relevais et approcha de la feuille. L’animal s’enfuit. Du moins, il essaya. Avant que l’animal n’ait le temps de trop s’éloigner, j’agitais mes doigts. Les 2 marionnettes se redressèrent, projetant du sable. Il n’avait pas pu les sentir, ils n’étaient fait que de bois. Kakudaten se redressa. Roulant dans sa direction, beaucoup plus vite que sa stature ne pourrait le laisser croire. Le renard courrait, mais il devrait passer par les rues. Ma marionnette avait l’avantage, le bas de son corps composé uniquement d’une sphère lui permet de se déplacer beaucoup mieux. Taneko, le minotaure, lui fermait la voie l’obligeant à faire des détours. Mon premier pantin arriva à porter, l’animal glapissait. J’arrête brusquement la sphère d’une tension sur mon fil de chakra. Tout le haut du corps de mon pantin pencha et ses bras saisirent l’animal, le retenant fermement. Il le mordait et le griffait avec ses petites dents, mais le bois, contrairement à la chaire, ne sentait rien.

Maintenant la poigne de Kakudaten sur l’animal qui paniquait, je fis disparaître le minotaure. La marionnette ne laissa qu’un nuage de fumée derrière elle. Je laissais l’animal s’épuiser, en me dirigeant vers la feuille. Je gardais l’animal en vu. Me pencha un peu pour pouvoir lire, mon sang ne fit qu’un tour.

S A U V E R E N F A N T P O N T C A N O T G R O S

Ça m’avait pris un moment pour pouvoir le lire. J’avais étendu plusieurs parchemins et les mots étaient désorganisés, inégaux, mais impossible à manquer. On voyait les traces inégales à cause des pattes de l’animal. Je m’approchais de lui, alors qu’il ne se débattait plus, sa fourrure argenté noircie par l’encre qui était passé de ses pattes à mon pantin, puis à un peu partout sur son visage, sa gueule et son dos. L’animal ne bougeait plus, ayant abandonné et essayant de retrouver son souffle. Sa cage thoracique se dilatait par grands coups, avant de retomber brusquement.
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Message(#) Sujet: Re: Le Fennec de Suna [Solo, rang C] Sam 23 Déc 2017 - 19:21

Sur la place, l’espèce de parc en pleine ville, tout était silencieux. À cette heure, la vie nocturne de Suna s’était tut. On attendait que le bruit du vent qui se faisait entendre, soulevant à quelques centimètres du sol la poussière et le sable dans les ruelles étroites, amplifiant le son du souffle en frottant les murs des bâtiments. En approchant de l’animal, on l’entendait pousser des petits gémissements d’épuisement. Je me penchais et pris un des parchemins, le retournant. Je mis mon doigt dans la coupole d’encre avant d’écrire des mots, séparés et en gros, en majuscule, pour copier le style du fennec.

J’écrivais les mots. Je relevais le papier en face du fennec, sans m’approcher trop, restant à une distance raisonnable pour ne pas pouvoir le toucher, mais assez prêt pour être sur lui en un pas. Je me mis à parler en séparant tout les mots un par un et les mimant avec ma main libre.

- « Je vais aller au doc. Moi. Aller. Après, pars. Ou ne vol plus. Caché. Toi. Montrer. »

En parlant, je me pointais, puis le message, mimant un homme qu marche avec mes deux doigts. Je le pointais, fis un nom avec mon doigt et la tête. Puis, je terminais mon glorieux message en pointant le renard, puis le mot pont sur le parchemin. L’animal resta, immobile, relevant faiblement la tête en essayant de récupérer son souffle. Puis, il tendit faiblement la tête. Je fis un pas avec le parchemin levé. Il étira son cou pour poser sa truffe couverte d’encre sur le mot.

Je me dirigeais vers les docks, rapidement. L’animal avait eu quelques minutes pour se reposer et j’avais révoqué mon pantin. Je le suivais dans les ruelles, réalisant qu’il utilisait de nombreux détours pour éviter les endroits souvent populaire. Nous arrivions au port et je pointais un entrepôt que le renard fixait. Il me regarda quelques secondes. Je désignais le bâtiment. Il fit un geste que je pouvais prendre pour un hochement de tête. C’était un entrepôt, avec des palissades en bois, pleines, bloquant la vue, on pouvait voir le toit, il n’y avait aucune fenêtre. Difficile de voir s’il y avait quelqu’un avec la position suivante. On allait y aller directement.

Je passais la palissade, rappelant mes marionnettes sans effort, sans en ressentir le contrecoup. Un homme se tenait sur le côté de la porte. Il aperçu Kakudaten qu’au moment où se dernier était à son contact. Les bras un peu trop court agrippèrent l’homme, le plaquant contre le mur avec un hoquet de surprise. La marionnette déformée le tenait contre la paroi. Elle ouvrit sa gueule, grande, sans un cri, seul le claquement sec de sa mâchoire se fit entendre. Comme la légende dont il était issu, il semblait vouloir engloutir l’homme. Mais il ne poussait aucun cri. Comme un miroir, le pauvre homme ouvrait la gueule en poussant un grand cri. La terreur sur son visage me remplie de joie sauvage. Soudainement, sur sa sphère, je fis basculer son corps vers l’arrière, avant de violemment le ramener vers l’avant et de frapper violemment l’homme sur le mur.

Lorsque sa tête cogna contre le mur, il devînt désarticulé et glissa au sol. La porte s’ouvrit, comme je m’y attendais. Ma deuxième marionnette chargea la porte avant qu’elle ne s’ouvre. Se refermant violemment sur ceux qui voulait en sortir, avec le bruit d’un craquement sur un nez fragile. Presque sortie de ses gonds, j’activais les fils de chakra. Le minotaure agrippa la porte presque arrachée de ses tentures. Un effort inutile, mais terrifiant. Dans le cadrage, il y avait un homme sur le dos, le visage en sang, un autre qui se relevait et un dernier qui se tenait debout, la main sur son épée.

Le minotaure avança, les cylindres de bois de ses pieds supposés représenter des sabot claquant sur le sol de ciment. Les hommes reculèrent. La terreur ne ferait pas longtemps son effet, les marionnettes étaient connues à Suna et seule la surprise me permettait d’avoir cette effet sur eux. Je le fis avancer en agitant ses bras pour les faire reculer avant d’entrer aussi. Sous l’agitation, les aboiements s’élevaient partout autour de nous. L’entrepôt servait visiblement d’élevage pour les chiens et les autres animaux. L’un des hommes m’aperçu et me chargea.

Kakudaten entra, profitant du fait qu’aucun d’eux ne l’avait vu. Il entra en collision en plein dans la course de l’ennemis, le renversant sur le côté et dans les cages empilés. Le chien en tombant sur le sol poussa un glapissement avant de japper furieusement. Le gardien de l’usine à chien se relevait, mais un violent coup de sabot du minotaure lui coupa le souffle et le projeta au sol. Il se mit à le piétiner, alors qu’il se protégeait tant bien que mal contre les sabots de bois. Le dernier me chargeait. D’un geste du petit doigt, Kakudaten s’enflamma. La flamme projeta une lueur qui fit paniquer les animaux autour et attira l’attention du dernier animal. Je m’approchais et colla un coup de poing violent sur le visage de l’homme, un pied écrasant le sien. L’homme sonné manquant de trébucher, alors qu’un deuxième coup venait lui faire perdre conscience.

Les aboiements autour de moi étaient cacophoniques. Les deux marionnettes se tenaient debout, les bras ballants. Les animaux étaient furieux autour. Je levais les yeux et, sur une espèce de balcon, au bout d’escalier mécanique, je vis un homme. Il se tenait, à la sortie d’une espèce de bureau, au dessus de l’entrepôt. Nous étions surpris tout les deux. Je pris une grande inspiration, malgré la sueur qui couvrait mon front et ma respiration qui se faisait un peu plus courte.

- « Si tu bouge, bige, ils vont venir, dévorer tes membres, piétiner les tiens devant des yeux, retourner ta peau et moi je m’en régalerai. Je vais t’abreuver de ton propre sang durant des jours et te nourrir avec les relents de ta chaire… »

Je restais silencieux, l’homme aussi. Il me fixa quelques secondes, visiblement ahuri de ce qui se passait. Je vis un instant ses yeux regarder autour de lui, comme fou. La terreur qui se peignait sur son visage me provoqua une joie soudaine. Il se précipita en reculant pour s’enfermer dans le bureau. Je poussais un soupir. Je regardais autour de moi, il y avait des dizaines d’animaux, des chiens et des chats, se lamenta, aboyant, poussant des crissements sourds.

Je commençais à faire le tour de l’entrepôt. J’avais envie de les libérer, mais j’allais difficilement pouvoir relâcher tous ces animaux. Ils étaient en piteux état. Je voudrais les libérer, mais ces types protégeaient un entrepôt d’animaux. Ces animaux devaient rapporter beaucoup. J’imagine que les propriétaires ne seraient pas contents et je n’avais pas envie de me mettre à dos les responsables. Je poussais un soupir, un peu triste, avant de chercher les animaux en question. Le fennec devait m’attendre un peu plus loin, sûrement dehors. Malgré ce qu’il avait fait à Pantoufle, il était craintif.

Je fouillais un peu la zone avant de trouver une cage, dans un coin, isolé des autres. Elle était couverte par une couverture de tissu. Je la soulevais délicatement, avant de la retirer complètement. Deux … petits chiots. Enfin… Des renardeaux ? C’était ça le nom des bébés fennec ? Je ne savais pas trop. Les animaux étaient visiblement terrifiés et amorphe. Le bruit aux alentours ne semblait pas les avoir calmés. D’un geste de la main, je connectais mon fil de chakra et fit rouler lentement mon pantin avec la sphère. Kakudaten prit la cage entre ses bras, le bois de sa sphère crissant légèrement sur le sol de ciment. Il se dirigea vers la sortie, alors que mon minotaure couvrait notre sortie. En passant la palissage, le bruit des chiens et des animaux se faisait entendre, au travers la porte arrachée de l’entrepôt.

Le renard de Suna s’approcha rapidement, oubliant la présence en voyant les animaux. Les petits s’agitèrent légèrement, passant au-dessus de leur faiblesse. J’ouvris la cage facilement et les laissait sortir. La mère… Père… Enfin, le parent fennec les examina, sa fourrure tâcher d’encre.

- « Maintenant, faites ce que vous voulez. Je ne veux pas entendre parlé de vous ou de vol. Discret… Attention… Pas vu… »

En prenant conscience que je devais parler lentement, je le pointais du doigt avant de cacher mes yeux avec mes mains. L’animal sembla lécher les petits. Ils se remirent sur pattes, sans assurance, avant de suivre le parent, qui tentait de les aider. Je n’étais pas sûr pour eux. Le matin même, j’allais acheter un peu de nourriture ici et là, m’efforçant de la laisser traîner un peu partout.

Je ne su jamais si la famille avait survécu, mais les résidents ne se plaignirent jamais de nouveaux vols. Je n’ai pas su si l’animal avait survécu, lui ou ses enfants, s’il avait quitter Suna. Tout ce que je savais, c’était que j’avais vu quelque chose de secret, mais mystérieux. On avait entendu parler de Shinobis avec des animaux, mais je ne pensais pas qu’ils existaient dans la nature. Le fennec était définitivement intelligent, plus que la plupart des renards. Je l’avais vu apprendre des humains, jusqu’à savoir lire et écrire. Peut-être comprenait-il même ce qu’on lui disait. Chaque jour, puis chaque semaine, je laissais un peu de nourriture, dans son quartier. Après quelques mois, je la laissais sur mon balcon. Je ne sais pas si le fennec était responsable, mais chaque jour, je laissais un peu de mes restant. Chaque matin, une partie de la nourriture avait disparu. Un autre animal avait pu le prendre… Je ne sais pas, mais j’espérais qu’à quelque part, le fennec de Suna se cachait et vivait. J’espérais.

J’écrivis le rapport que j’allais remettre aux autorités. Je choisi avec attention mes mots.

Citation :
Le renard de Suna a été capturé. Il a été relâché. Aucune plainte n’a été faite au sujet de nouveaux vols. Rien à noter. Seule une confrontation avec des criminels dans un entrepôt sur les docks. Ils entretenaient une usine à chiens. Rien n’a été entrepris pour les chiens, ça ne concernait pas la mission

En vérité, lorsque je remis ce court rapport, j’espérais que Suna ferait quelque chose pour cette entrepôt. Mais ce ne serait pas moi qui le ferais. J’avais désobéit, en quelque sorte, mais le fennec ne pouvait pas être jeté dehors du village. La nourriture était abondant ici et ils devaient refaire leurs forces. Après… Pourquoi est-ce que je le traquerais si personne ne savait.
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Message(#) Sujet: Re: Le Fennec de Suna [Solo, rang C]

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Le Fennec de Suna [Solo, rang C]

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