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 L'Affranchi [Eiki]

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Message(#) Sujet: L'Affranchi [Eiki] Ven 22 Déc 2017 - 20:33

J’attendais mon rendez-vous. Je me doutais fortement que l’homme connaissait cet endroit. Le bar n’était mal famé, mais disons qu’il y avait certaines largesses pour les habitués. Plusieurs des personnes qui traînaient ici avaient des problèmes. Vu la manière dont il mâchait machinalement et énergétiquement, le gars assis au comptoir aimait bien les feuilles de coca. Il s’agitait continuellement sur son tabouret. À gauche, près d’un coin, un gars recevait des visites fréquentes. Il faisait alors un grand sourire, se montrait froid, puis tendait la main. Alors, son sourire devenait plus franc, il portait la main à sa poche en se détendant et je le voyais se pencher vers l’avant pour tendre la main par en-dessous de la table. Outre ces énergumènes, certains clients profitaient d’une aisance qu’on rencontre rarement dans les endroits publics. Ils discutaient avec le tavernier et demandait qu’on leur apporte un verre, sans jamais qu’il y ait échange d’argent.

J’avais demandé aux enfants qui m’avaient averti de ce qui se passait cette nuit-là, de lui passer un message comme quoi je le cherchais. J’avais donné un lieu de rendez-vous et j’ignorais s’il allait y venir. Il y avait eu un délai de plusieurs jours entre le moment où j’ai demandé le service et la rencontre, juste au cas où ça prendrait plus de temps. Je savais que j’aurais pu passer par les voies officielles, mais ça me déplaisait. J’avais commandé une bière de riz et un verre d’eau, je mangeais un de potage froid de fruit, en observant la faune. La raison de ma présence ici n’avait rien de secrète, mais je voulais éviter les problèmes, surtout que j’étais… « circonspect » suite à notre dernière rencontre. Je portais simplement des vêtements amples, ma capuche n’était pas sur ma tête, en-dessous de l’écharpe-poncho, un chandail rouge mât et des pantalons amples.

L’homme entra dans l’établissement. Je levais les yeux vers lui et sans lever la main à plus de quelques centimètres de la table, je lui fis un petit signe de salutation pour me faire remarquer. J’attendis qu’il se déplace jusqu’à moi. Pendant qu’il approchait, je fis signe au tavernier. L’homme fis semblant de ne pas me remarquer, témoignant plus de respect pour les autres clients, mais j’ignorais la situation. Je lui demandais un verre de plus en désignant vaguement de la tête celui que j’attendais. Immédiatement, il hocha la tête et s’activa pour apporter un verre, avec plus d’enthousiasme que lorsque je lui avais fait la demande. Je fis un sourire en direction de l’homme.

- « Alors, l’affranchi… Merci d’être venu. On n’a pas eu trop le temps de parler la dernière fois, mais j’imagine que tu connais la chanson. Tu veux prendre le temps de manger avant ? »

Je désignais un peu le potage. Certes, je connaissais la réputation du gars, mais je n’étais pas trop intimidé. Durant ma vie de nomade, on avait croisé toute sortes de gens, pas toujours fréquentables. On avait payé des frais de séjours, vu des gens vouloir profiter de la troupe pour faire un peu de rapines sur les visiteurs ou je ne sais quoi d’autres que nos dirigeants refusaient de nous parler. Ces gars-là, ils sont comme tout le monde, ils mangent, chient, dorment, mais ils bossent un peu plus sérieusement, c’est tout.

Spoiler:
 


Dernière édition par Tsugeku Getaku le Ven 9 Mar 2018 - 22:39, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: L'Affranchi [Eiki] Ven 22 Déc 2017 - 22:30

Contexte:
 
*Je dois éviter le massacre,* pensé-je, courant dans les ruelles dans l’espoir d’atteindre la fontaine avant qu’il ne soit trop tard.

Malgré la chaleur de midi, je porte mon manteau et mon complet sans, toutefois, le veston. Replaçant constamment mes lunettes fumées, j’esquive quelques passants qui se retournent au son de mes pas.

*Ils savent, mais il faut que les gros bras se rendent ailleurs. Du moins, le temps que les Shinobi passent!*

Je glisse agilement sous une étagère et roule une fois de l’autre côté. D’un pas rapide, laissant réagir pleinement mes réflexes, j’esquive un homme transportant des caisses et une femme tirant sur un chien qui refuse d’obtempérer, plus intéressé à uriner sur le coin d’un bâtiment. Un instant plus tard, je passe au-dessus des haies près de la fontaine. Je siffle et un des garnements me rejoint.

« Où sont les autres? » lui demandé-je, sortant rapidement quelques billets de mon manteau.

« Ils te cherchent! On a un message de la part du mec, là, tu sais, avec les cheveux épais et noirs. Tu vois? »

Je continue à regarder l’enfant, incrédule.

« Il a de gros sourcils. »

Soudainement, l’image vague d’un homme, lors de toute cette histoire avec Ayato et sa sœur me revient en tête. Je ne me rappelle plus très bien qui il était et ce qu’il avait à voir dans tout ça, mais je sais qu’il était présent.

« Oh, oui, donc? »

Le gamin me regarde un instant.

« Il veut que tu le rejoignes à Scorpioz, » dit-il, tirant de la langue avec dégoût.

Je connais bien l’établissement. C’est là qu’habituellement je me rends pour discuter avec certains de nos fournisseurs et vendeurs de rue. Je hoche de la tête et lui donne un billet.

« Bon, j’ai besoin que vous fassiez quelque chose pour moi! Il va y avoir un coup de la part des Shinobi aux docks. Il faut vous assurez que ceux en vestons et en cravates n’y soient plus. Donc, faites diversion, mais faites attention! Ces gens-là ne rigolent pas, » terminé-je en lui offrant le restant de la liasse.

Je soupire en regarde le jeune disparaître dans les rues à l’Est. J’allume une cigarette et me tournant vers le Nord.

*Ça va être une de ces journées, encore…*

Il faut presque trois heures pour se rendre jusqu’à Scorpioz à partir de la fontaine près du Centre-ville. Lorsque j’arrive, mon estomac cri famine. J’entre et serre quelques mains. J’offre quelques billets à deux ou trois hommes et femmes. Puis, je remarque cet homme à la chevelure épaisse et au visage en apparence rustre.

Je fronce les sourcils alors qu’il me fait signe.

L’instant suivant, je m’installe à sa table. Je dépose mes deux sabres sur ma cuisse. Il prend parole.

*L’affranchi?*

Je fais signe mollement de la main lorsqu’il m’offre de sa soupe. Un verre de whisky arrive presqu’instantanément par la suite. Je souris respectueusement, lève la consommation poliment en guise de remerciement et plonge mes yeux dans ces de mon interlocuteur.

« Je me nomme Haiiro, » commencé-je. « Que puis-je pour vous, monsieur? »
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Message(#) Sujet: Re: L'Affranchi [Eiki] Sam 23 Déc 2017 - 7:05

L’homme semblait plutôt satisfait. Enfin, je m’imaginais un homme revêche et inutilement sérieux. Finalement, il répondit favorablement à mes politesses et mes signes de respect. Je souris plus largement en hochant la tête, heureux de le voir avec une telle attitude. Lorsqu’il leva son verre, je pris ma bouteille de verre et la tendit vers son whisky, sans contact, mais pour l’accompagner. Je pris quelques gorgées, plutôt timide, avant de poser la bouteille.

Il se présenta rapidement, me signalant son nom. Je plissais les yeux quelques secondes, en me demandant à quel point je devais lui faire confiance. Ce serait facile à vérifier si j’arrivais à mettre les mains sur les dossiers des Shinobis. J’avais fais le choix de ne pas m’informer de cette manière, de venir ici respectueux de ce qu’il voudrait dire ou montrer. J’acceptais ses présentations, sans rien dire de plus.

- « Tu peux m’appeler, disons, Nise. Alors, Haiiro, si tu me permets, je vais être direct. Tu m’excuseras le ton direct, mais je n’ai pas trop l’habitude des ronds de jambes que les citadins affectionnent tant. Sache, quand même, que je m’adresse à toi avec respect. »

J’utilisais un patronyme, rien de bien complexe, disons l’inspiration du moment. Je ne savais pas s’il me mentait, mais vu la signification du nom, c’était un secret de polichinelle. J’espérais qu’il ne le prendrait pas mal et comprendrait ce que j’essayais de lui montrer. Je pris ma cuillère et prenant rapidement quelques bouchées de potage, avant de repousser légèrement le bol pour pouvoir lui parler.

Je repoussais ma chaise, de quelques centimètres, pour pouvoir fouiller dans une de mes poches. Je sortis quelques friandises, le genre que les enfants des rues aimaient bien, le genre que parfois il leur donnait. Je déposais la douceur au milieu de la table. Autour de nous, les autres clients continuaient à faire leurs affaires. Je restais silencieux quelques secondes, pour être sûr qu’il comprendrait.

- « Je les aimes bien. J’étais plutôt contrarié de te voir… les utiliser. J’ai pris le temps d’y penser avant de te contacter. J’ai réalisé que les gamins savaient ce qu’ils faisaient et que je n’avais pas mon mot à dire. Alors, ne t’inquiète pas, je ne suis pas ici pour essayer de jouer au bige. »

Je pris une gorgée de la bière. J’observais quelques secondes sa réaction, cherchant à déterminer si l’homme devant moi se méfiait ou se verrait insulter. Je souriais en reposant ma bouteille, puis je bougeais légèrement le menton en direction du vendeur dans le coin qui semblait un peu plus heureux avec une de ses clientes. Il prenait le temps d’échanger quelques mots avec elle. Au lieu de directement tendre la main pour prendre la somme, il semblait l’avoir laissé s’asseoir.

Je pris une grande inspiration. Conscient que j’allais demander quelque chose à un quasi inconnu. Je savais que je me remettais, en quelque sorte, à sa bienveillance. Ça peut sembler étonnant, mais je me sentais plus naturellement proche des gens des rues que des citoyens, peut-être parce que leur côté outsider me faisait me sentir plus proche d’eux avec mon passé nomade.

- « Je vais être direct alors… Je pense que tu n’as pas plus de temps à perdre que moi. Je me méfis de tout ça. Je pense que les gens sont trop dépendants de ces murs. Je pense que la vie dans la rue, c’est ce qui se passe sous leur nez, mais qu’ils refusent de voir. C’est ce qui se passe ici, comme partout. Je veux comprendre tout ça. Je te demande humblement ton aide. »

En parlant, je désignais vaguement la salle, sans lever le bras, mais en désignant d’un petit geste de la main, presque collé à la table, ce qui nous entourait. J’espérais que je serais compréhensible, mais je voulais éviter que n’importe qui ne nous entende. Je ne sais pas comment ça se passait dans ce cas à lui, mais je me sentais paranoïaque. Confortable, mais paranoïaque. J’imagine que c’est plutôt de la présence. J’attendais maintenant sa réponse, en faisant tourner la bière qui me restait dans la bouteille.
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Message(#) Sujet: Re: L'Affranchi [Eiki] Sam 23 Déc 2017 - 18:45

Sans être irrévérencieux ou discourtois, cet homme, ce Nise, manque de classe ou, plutôt, ne s’intéresse pas aux jeux que nous appelons politesse ou respect. D’une certaine manière, je trouve ça admirable. J’aime les gens qui ne tournent pas autour du pot, c’est bien. Par contre, je n’aime pas qu’on me manque de respect alors que je porte les couleurs de Kuro-sama. Un affront envers moi en est un envers la famille et, ça, je ne peux pas l’accepter.

Nonobstant ces manières et ces propos, Nise n’est pas blessant ou insultant. Je décide donc je le laisser continuer sans même afficher quelconque expression de mépris ou d’irritation face à ses expressions familières et au fait qu’il me tutoie. Je hoche simplement de la tête pour démontrer que j’ai compris.

« Je ne blesserai pas les enfants, » réponds-je simplement à sa question concernant les orphelins et autres enfants de la rue que j’utilise régulièrement pour m’aider à transmettre des messages ou pour retrouver des personnes.

Je ne vois pas l’utilité de m’expliquer d’avantage; je n’ai pas à me justifier. Je les paye, je les aide et, quand je le peux, je m’assure de leur bien-être. Ils sont défavorisés. Ils sont les choses qui ont tombées dans les craques du système. Je les utilise, mais je ne les maltraite pas, au contraire. En fait, je pourrais payer des gens bien mieux adapter pour accomplir mes requêtes, mais je ne le fais pas simplement pour leur offrir un petit quelque chose sans que ça soit de la charité.

Nise m’explique, un peu étrangement, qu’il voudrait connaître le monde dans lequel je vis, dans lequel les vendeurs de Scorpioz et les autres vivent. Ceci dit, il s’agit de trois mondes différents et, certes, ils se rejoignent, mais ne sont pas identiques.

« Il n’y a pas réellement de visite guidée, » dis-je avec un sourire subtil en retirant un carnet auquel un crayon est accroché de la poche intérieure de mon manteau. « Et, je ne fais jamais quoi que ce soit gratuitement. »

J’ouvre le carnet et gribouille quelques notes à l’intérieur. J’arrache la page, range le calepin, retire quelques billets d’une autre poche et dépose le tout sur la table, le maintenant avec mon index.

« Sur ce morceau de papier, il y a une adresse. À cette adresse, vous rencontrerez une femme. Vous aurez un colis à y prendre en échange du montant en Ryô que je vous laisse aussi. Prenez ce paquet, ne le regardez pas, et allez à l’autre adresse. J’y serai, » je prononce chacun de ces d’un ton autoritaire, comme s’il était obligé. « Voyez ça comme votre premier pas dans "tout ça", » complété-je en imitant son geste montrant plutôt ce qui nous entoure.

Je me relève, attrape mes sabres et lâche le papier informatif et l’argent. Je ne relâche pas, toutefois, mon attention des yeux de mon interlocuteur. Je le fixe pendant de longues secondes, cherchant une faille dans son attitude qui me dicterait si je dois me méfier de lui.

« Faites ça et j’aurai confiance en vous, je pourrai vous aider. »

Sans un mot de plus, je me retourne, le bas de mon long par-dessus claquant dans le vent, et je quitte la salle, laissant un billet de plus sur le comptoir avant de sortir. Une fois à l’extérieur, j’allume une cigarette et me tourne vers l’Ouest. Je souffle la fumée lentement avant de me mettre à la course vers les docks où se trouve le gros de la problématique de la journée.
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Message(#) Sujet: Re: L'Affranchi [Eiki] Sam 23 Déc 2017 - 23:21

L’homme semblait accepter et comprendre ce que je disais. Haiiro comprenait ce que je disais, ce que je faisais, du moins, il ne releva pas une quelconque insulte. Il se contente d’écouter et de répondre à mes questions. Il me rassure sur les enfants et je hoche la tête, entendu. Il semble que lui et moi, nous nous comprenions plutôt bien. Sa réponse sur le sujet principal, néanmoins, me fit légèrement froncer les sourcils. Il y avait un certain orgueil dans ses propos, une situation qui m’irrita quelques secondes. Je venais et lui demandait service, en tant qu’expert, c’était normal qu’il prenne cette position. Je me contentais alors de me détendre et sourire en coin, très légèrement.

- « Je me doutais qu’il n’y aurait pas de sentier tracé. Je suis plutôt d’accord, il n’y a rien de gratuit. Si c’est le cas, c’est juste qu’on ne sait pas ce que l’on paie. »

Il prit un carnet de notes. J’examinais de où il le sortait et où il le rangeait. Je notais mentalement de quoi avait l’air le carnet, sur quelle page il écrivait, si c’était la première ou la dernière. Ce petit calepin avait peut-être des informations précieuses. Pas que je pensais à tenter quelque chose, mais l’information était intéressante. Ce qu’il disait en écrivant me déplaisait beaucoup plus, par contre. Je pinçais les lèvres, sans rien dire pour le moment. Alors qu’il partait, je regardais la trace écrite en reniflant légèrement.

Bon, dépendant de ce qui se trouvait sur le papier, j’avais plusieurs options. Soit je prenais le papier et j’y allais. Dans ce cas, je serais dans une drôle de position. Celle où lui pouvait me faire accuser ou me piéger. S’il était honnête, tout se passait bien, mais ce n’était pas ça qui me causerait problème. Si je le trahissais, j’avais un bon moyen de pression pour le forcer ou reculer. Mais c’était un risque à prendre. Surtout que je devrais lui donner le colis et, encore une fois, il pouvait me tendre une embuscade avec certains collègues. Je pris une inspiration, puis je tendis la main sur le carnet.

L’adresse était dessus. Je laissais quelques ryôs sur la table. Je me lève et me dirige vers la sortie, pour me diriger vers le lieu du paquet. J’avançais sans me presser, juste pour lui donner du temps. S’il voulait me tendre un piège, j’allais lui laisser le temps de le faire. Il y avait un grand bâtiment, le genre qui accueille beaucoup plus d’appartements que l’endroit où je vis. J’observais un peu les alentours. Tout était calme. Il n’y avait personne sur les toits adjacents. Je me glissais à l’intérieur, malgré la présence des voisins. J’étais devant la porte et j’hésitais une dernière fois. Puis, je cognais à la porte. Une vieille femme ouvrit, me fixa en plissant des yeux. Je me décidais à parler.

- « Je viens pour le colis, m’dame. Alors… Je peux rester là, à attendre, mais je doute qu’il soit content s’il doit venir. »

Elle resta là, quelques secondes, hésitantes. Je la fixais en attendant. J’avais sciemment évité de nommer son nom, après tout, je n’étais pas certain que ce soit un surnom. Je sortis de ma poche l’argent, mais sans lui tendre, la gardant près de mon corps. La femme referma la porte sans rien dire, puis je l’entendis fouiller. Elle me tendit le paquet, alors que je lui tendais l’argent. Si elle essayait de me voler, ce serait une histoire de quelques pas. Dès que je pris le paquet, sa main s’étira brusquement pour prendre l’argent et elle referma la porte sèchement. Bon, on dirait que j’avais ce qu’il me fallait. Je pris le paquet sous mon écharpe à capuche et sorti du bâtiment.

Bon, qu’est-ce que je fais ? Lui obéir aveuglément me dérangeait. Il m’avait demandé de ne pas ouvrir le paquet. C’était visiblement un test. L’ouvrir était une mauvaise idée. Je me dirigeais vers l’atelier le plus proche, achetant quelques fournitures. Je ne voulais pas retourner chez moi. Je me dirigeais vers un endroit discret, l’atelier de celui qui m’avait tout appris. Je le saluais, avant de lui demander un service, si je pouvais utiliser son atelier. Il se contenta de hocher la tête. Je m’y enfermais et je regardais le paquet.

Il était couvert d’un tissu blanc et retenu par de la corde. Pourtant, quand on le touchait, on sentait un papier épais en dessous. J’examinais les traces, les symboles, essayant de voir des marques sous le papier en le levant devant la lumière, une tâche quasiment impossible vu l’épaisseur du truc. Je le pesais, notais la quantité, le pressant légèrement pour essayer de sentir sa « texture ». Je mis devant moi un gros papier, presque cartonné, de la ficelle, même couleur, essayant d’évaluer la longueur, puis un tissu blanc. Ce qu’il contenait semblait granuleux, mais pas trop. À partir de sable et des objets, je tentais de faire une copie du paquet, la même taille autant que possible. Il y avait peu de chance que le commanditaire ait vu le paquet et voit la différence, mais j’avais l’amour des détails, surtout le poids m’intéressait.

Je pris le paquet, tout ça m’avait pris environ 2 heures. J’espérais que Haiiro ait été assez occupé pour ne pas le remarquer. Je réfléchissais à une excuse. Arrivé près de l’adresse, je regardais un peu autour du bâtiment, vérifier si je ne voyais pas personne. C’était un marchand, encore une espèce de taverne. L’avantage des tavernes c’est qu’elles ferment tard et ouvre tôt. Rien de particulier n’attira mon attention. Je revins sur mes pas pour cacher le véritable paquet. Dans la ruelle, je fis apparaître une de mes marionnettes. Je lui fis ouvrir la gueule et fourrait le paquet à l’intérieur avant de la faire disparaître. L’effet du gaz se ressentait toujours, mais ce genre de techniques était naturelle pour moi, extrêmement simple. J’entrais dans le bâtiment, cherchant des yeux mon contact. Je le gardait sous mes vêtements, mais pas trop caché, juste hors de vue, question ne pas avoir l’air trop suspect.
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Message(#) Sujet: Re: L'Affranchi [Eiki] Mar 26 Déc 2017 - 18:34

Ayant pris le risque de me déplacer rapidement en courant sur les toits et en sautant par-dessus les rues moins achalandées, j’arrive au port à peine une heure plus tard, vers le milieu de l’après-midi. Évidemment, le gros du dégât est déjà fait. Sur mon perchoir, j’observe les criminels capturés. J’en fais la liste, l’écrivant dans mon calepin. Intérieurement, j’espère que mon avertissement a été utile, que les enfants ont pu faire diversion pour permettre à quelques-uns des hommes de Kuro-sama de fuir.

*Je leur mentionnerai plus tard que c’était moi, ils m’en devront une,* me dis-je.

Une fois la situation évaluée, je me faufile parmi la foule, des travailleurs pour la plupart, et quitte subtilement l’endroit.

Lentement, le soleil tire sa révérence alors que j’atteins le commerce où j’ai donné rendez-vous à ce soi-disant Nise. L’établissement utilisé comme point de rencontre se nomme Piripiri Kushi de par ses consommations particulièrement épicée. L’endroit est rarement plein, mais il y a toujours des gens. Leurs repas, comme leurs alcools, ont tous ce point en commun : ils brûlent la langue!

J’avais donné rendez-vous à Monsieur P à notre table habituelle la veille, celle à l’étage dans la pièce privée. En entrant, la femme au comptoir me reconnait et m’indique que le médecin s’y trouve déjà.

« J’attends quelqu’un d’autre, » dis-je. « Il a les cheveux épais environ aux épaules, des sourcils plutôt fournis et est légèrement basané. Son nom est Nise. Envoyez-le-moi et offrez-lui un verre de ce qu’il veut. »

Un moment plus tard, Monsieur P m’accueille d’un sourire forcé. Ce petit homme au crâne dégarni avec des petites lunettes et un nez en bec de corbeau n’aime pas particulièrement faire affaire avec moi. Nous avons des objectifs similaires, mais nos personnalités sont conflictuelles. Il lisse nerveusement sa moustache quand je prends place.

« Vous avez le paquet? » me demande-t-il sans attendre.

Avant que je puisse répondre, un homme à la peau noire entre. Il dépose des menus, mais je lui fais signe que c’est inutile et lui demande le poulet au cari et une pinte de bière fumée. Monsieur P secoue de la tête, exténué, et le serveur repart sans un mot.

« Non, quelqu’un me l’apportera sous peu. »

Son regard change comme si je l’avais offensé.

« Vous savez, » déclare l’homme, énervé, « je ne peux être mêlé à des gens de votre… De votre domaine, » termine-t-il, la lèvre supérieure un peu retroussée dans un rictus de dégout.

Je prends une longue inspiration, m’allume lentement une cigarette et le fixe directement dans les yeux en soufflant la fumée.

« Le paquet est en route, » conclus-je.
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Message(#) Sujet: Re: L'Affranchi [Eiki] Mar 26 Déc 2017 - 20:22

Je m’approche de la femme au comptoir, en lui demandant si elle avait vu un homme correspondant à la description de Haiiro. Elle semble être au courant de mon arrivée, elle me demande si je m’appelle Nise. Je hoche la tête, silencieusement et un peu nerveusement. J’étais plutôt heureux d’avoir gardé une certaine discrétion sur mon nom. La femme avait le teint assez pâle, selon mes standards, mais elle était souriante, malgré un visage assez dur. Des qualités que je savais reconnaître. Lorsqu’elle me proposa de quoi boire, je me contentais de prendre un verre d’eau en lui glissant quelques ryôs.

- « Merci beaucoup… En fait, je cherche à savoir si les autres nous on rejoint. Vous les avez vu ? »

La somme ne suffisait même pas à payer une consommation, c’était plutôt un pourboire pour son verre d’eau. Elle me regarda, quelques secondes, avant de me sourire et de me répondre que personne n’était venu. Je hochais la tête en prenant le verre d’eau qu’elle m’avait donné et en suivant les indications pour monter à l’étage. Arrivé devant la porte, je pris une inspiration avant de cogner brièvement et d’ouvrir la porte, sans vraiment attendre de réponse, je me doutais que ce n’était pas nécessaire, puisqu’Haiiro devait certainement m’attendre.

Lorsque j’entrais, un petit homme à lunette se tenait dans la pièce. Son nez était long, un peu comme le mien, mais il pointait vers l’extérieur au lieu de s’écraser sur son propre visage. Ses lunettes lui donnaient un air de vieux hiboux, avec son crâne chauve. Le petit homme semblait particulièrement mal à l’aise ici. Je tournais un peu la tête pour apercevoir Haiiro qui fumait. Je hochais la tête en m’approchant, prenant une gorgée pour ensuite le déposé.

- « Bonjour… Tout va bien ici ? Heureux de vous rencontrez. »

J’échangeais quelques banalités en apparence, mais je me tournais légèrement vers Haiiro. C’était surtout lui que j’étais content de revoir. Je voulais rester poli, mais sans toutefois en faire trop. J’avais un effort devant l’inconnu, mais ce dernier ne m’inspirait pas la confiance, vu son nez légèrement renfrogné en me regardant de haut en bas. Je reconnaissais un homme qui me jaugeait, mais encore plus lorsqu’il le faisait avec mépris. C’était une attitude que j’avais appris à reconnaître tôt. J’aurais bien voulu lui arracher sa moustache disgracieuse et lui curer les oreilles avec. Je me tournais vers Haiiro.

- « J’ai ce que tu m’as demandé. Intact. Aucun soucis durant la livraison. »

En parlant, je retirais le paquet et le déposait sur la table. Je ne savais pas trop dans quelle situation je me trouvais, même si aux premiers abords j’étais rassuré. La femme en bas aurait pu me mentir, je ne connais pas un des hommes et le dernier, même si j’avais une certaine confiance envers lui, j’essayais de garder en tête qu’il valait mieux être prudent. Je me concentrais un peu sur l’homme à lunettes, essayant de pousser le vice légèrement et de m’amuser discrètement à ses dépends, tellement le mépris de son visage m’agaçait lorsqu’il me regardait.

- « Content de vous connaître. »

En disant cela, je fis un pas vers lui, tendant ma main dans sa direction et la tenant dans les airs avec insistance pour qu’il la serre. Je ne voulais pas perdre trop de temps avec tout ça, mais ça me servirait aussi de jauge pour savoir à qui j’avais à faire. Du coin de l’œil, je regardais Haiiro, préférant ne pas le déranger plus longtemps. Je me reculais légèrement pour sombrer dans le mutisme et ne pas les interrompre plus longtemps.

[Pour le colis, dépendant si tu as des questions, pour éviter d’avoir peu de matériel pour écrire un post, tu peux me MPer et je te donnerai les détails ou te dirai comment j’ai l’intention de faire le prochain post au pire.]
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Message(#) Sujet: Re: L'Affranchi [Eiki] Mar 2 Jan 2018 - 16:50

À l’instant même où j’allais écraser ma cigarette, Nise fait son apparition. Je suis agréablement surpris que découvrir que notre timing est parfait. Je réponds à son hochement de tête par le même mouvement et le regarde déposer le paquet sur la table. J’hausse les sourcils, satisfait de l’état du colis que je pousse vers Monsieur P.

Nise tente de serrer la main au docteur qui, à son tour, recule le visage apparemment dégoûté. Subtilement, je soupire, mais le dernier arrivé semble le noté et s’efface. Avant que mon invité ne puisse ajouter quoi que ce soit, je m’empresse de prendre parole pour tenter d’enlever un peu de poids à cette situation de malaise.

« Monsieur P, je vous présente Nise. Il est mon apprenti, » lui expliqué-je, ce qui le renfrogne d’avantage. « Nise, Monsieur P est un médecin qui n’a pas peur d’user de méthodes pas hétérodoxes pour soigner les gens. »

Alors que je parle, le quinquagénaire déballe le paquet en levant fréquemment son regard vers nous.

« Il arrive parfois que certains produits lui soient nécessaires. Il pourrait sûrement les obtenir via les moyens conventionnels, mais cela pourrait prendre des semaines, voire des mois. Dans plusieurs situations, il est nécessaire d’accélérer le processus. Vous comprenez, Nise? »

Mon attention se tourne vers l’homme qui, plus tôt, m’avait demandé de l’aider à comprendre le sombre monde de la criminalité. Je tiens à lui montrer que tout ce que nous faisons n’est pas toujours pour le mal.

Les bruits de papier cessent. Le docteur attrape une pincée du contenu.

« Haiiro! Qu’est-ce que c’est que cette blague? »

Mes sourcils se froncent, ma main se rend aussitôt à mon pommeau et je tourne le regard vers Monsieur P qui, lentement, laisse tomber des grains de sable ou d’une autre matière lui ressemblant vivement. Je reviens vivement à Nise, le visage affichant plus encore que de l’irritation. Rester zen me demande un effort immense.

« Qu’est-ce que ça signifie, Nise? » demandé-je en retirant légèrement mon sabre de son fourreau.
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Message(#) Sujet: Re: L'Affranchi [Eiki] Mar 2 Jan 2018 - 19:31

Hairro me regarda quelques instants avant de sembler satisfait de l’état du colis. Je l’observe du coin de l’œil, légèrement méfiant malgré sa visible bonne humeur, enfin, compte tenu à ce que je m’attendais et la dureté qu’il m’avait présenté lors de notre précédente rencontre. Je craignais le pire et, pourtant, il fait preuve d’une civilité étonnante, allant jusqu’à me présenter au petit homme. Un malaise presque glacial pointe dans la pièce alors que l’homme à lunette se montre glacial. Haiiro efface tout ça avec des civilités et des banalités, m’en révélant un peu plus sur ce « monsieur P ». Je hoche la tête en le voyant déballer le paquet et Haiiro m’explique un peu tout ça.

Je suis plutôt surpris de son histoire de médecin peu orthodoxe. Il y a de nombreux arnaqueurs avec la médecine. Des gens qui disent pouvoir soigner des maux et font payer le plein prix. On avait même eu l’occasion de le faire lors de ma vie nomade. Généralement, on allait jusqu’à inventer des problèmes mineurs, que les gens finissaient par accepter et notre « médicament » était efficace… Dans leur tête seulement. Pourtant, ce genre d’arnaques demandent de prendre peu de risques et de ne pas mettre des sommes d’argent dérangeante. Si arnaque il y a, le médecin en est la victime, mais certainement pas la cause. Je hoche quand même la tête en silence, m’attendant au pire.

Étrangement, l’homme déballe le contenu et en prend une pincée. Je le vois, soudainement changer d’attitude. Ça va créer un froid, je crois. Je vois qu’Haiiro est agacé. Rien de surprenant. Jusqu’à maintenant, il a fait preuve d’une honnêteté envers moi qui me surprend. Je suis presque désolé pour lui. Il vaut mieux ne pas étirer trop la situation. Je souris alors, l’air contrit. Je me tourne vers le client d’Haiiro.

- « Pardonnez moi… J’ai fait du zèle. Je voulais simplement m’assurer une protection adéquate de votre colis. »

Je fais quelques pas dans la pièce sous le regard, comme je l’imagine du moins, perçant de celui qui se présente comme mon mentor. Je décris rapidement les quelques signes pour faire apparaître le Sceau. Ma marionnette apparait alors dans la pièce. Je suis conscient que sa présence peut présenter un risque pour moi, mais j’ai des options qui me permettront d’éviter les ennuis.

La marionnette fait environ 1,6 m. Elle présente un corps large et sans jambe, seul une boule lui permet de se déplacer en roulant. Son corps et plus large à la base et s’amincit jusqu’à s tête. Il a des allures grotesques avec des bras qui semblent trop petits pour lui. Le bois qui la compose fait de légères ondulations, évoquant la masse adipeuse d’une créature. Sa gueule est large et grotesque surmonté de deux cornes droites sur le dessus de sa tête.

Je jette un regard vers Haiiro et le médecin. Pour la plupart des gens, la créature n’évoque rien, mais pour vu que vous soyez familier aux prisons et aux prisonniers, il est issu d’une légende commune. Celle d’un démon supposé harcelé, sa gueule ouverte, face aux barreaux d’une cellule, la clef suspendue à sa glotte. Chaque fois que les prisonniers s’en approchent, il les repousse de ses bras trop petits, les tourmentant durant des semaines. Puis, un jour, il laisse le prisonnier toucher la clef dans sa glotte. Sa gueule est supposée se refermer, tranchant les avant-bras de sa victime. C’est de là que vient l’expression « rencontrer le démon grotesque » pour parler des prisonniers qui se tranchent les veines en cellules.

Je regarde les deux témoins, essayant d’examiner leurs réactions face à l’apparition de Kakudaten. Puis, je m’approche de sa gueule et plonge ma main au fond de sa gueule. Un léger son de roulement et de cliquetis se fait entendre. Je ressors le bras avec un paquet similaire au premier. Je recule d’un pas et fait basculer mon pantin face au sol, ses bras permettant de mettre son dos à l’horizontal. Je dépose le paquet en leur laissant quelques secondes pour le regarder, quasiment identique, sur son dos. Je montre mes deux mains et, lentement, prend une petite lame, le type utilisé pour manger des fruits. Puis je découpe légèrement le paquet et montre sur la lame son contenu, que je tends vers le médecin en m’éloignant du paquet d’un pas.

- « J’ai voulu le protéger, durant la livraison, au cas où… Mais vous étiez tellement rapide dans votre échange que je n’ai pas eu le temps de vous le dire. Mais tout est là. »

Je me tourne vers Haiiro, conscient de son mécontentement vu comment il a la main sur son arme. Je lui fais un sourire en coin, l’air contrit, pour m’excuser sans trop en faire devant le client. Je reste ensuite silencieux et à quelques pas de ce qu’ils font, pour les laisser travailler. Je baisse un peu la tête, regardant le sol, pour les laisser faire ou m’attendre à me faire réprimander.
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Message(#) Sujet: Re: L'Affranchi [Eiki] Ven 5 Jan 2018 - 19:35

Nise, prétextant la diligence, a fait apparaître une marionnette. Les sourcils froncés, plus que simplement ennuyé, je sortais mon sabre, près à trancher l’homme et son outil en plusieurs morceaux, quand mon apprenti s’est dépêché de retrouver le colis du fond de sa bête avant de le déposer sur la table, faisant une sorte de rictus de surprise.

Je serre les dents.

« Haiiro, qu’est-ce que c’est que ça!? » s’exclame aussitôt Monsieur P maintenant que la tension est redescendue. « Qu’est-ce que fait ce con!? C’est ridicule! Jamais je n’ai assisté à- »

« Silence! »

Je range bruyamment mon Katana dans une sorte puissant Noto produisant un bruit très irritant, mais mon expression ne change pas. Toutefois, malgré l’effort que je mets à rester calme, je boue.

« Nise, » dis-je entre mes dents, mon ton clairement contrarié, « est mon apprenti et je le punirai de la façon qui me convient, Monsieur P. Vous avez votre paquet, j’attends mon paiement. »

J’inspire longuement et tourne mon attention vers mon client. Ce dernier soutient mon regard pendant une fraction de seconde avant de baisser le sien. Il y a une tension déplaisante que j’aurais aimé éviter. Nonobstant ce fait, après environ dix secondes – de très longues secondes – Monsieur P sort une lettre et la lance sur la table.

« La prochaine fois, je veux que ça soit dans les règles, Haiiro! »

Je hoche de la tête alors qu’il se lève subitement, prend son paquet et quitte la salle. Mon regard revient à Nise et je lui montre une chaise près de moi.

« Première leçon, » dis-je, expirant un peu de frustration. « Il y a quatre mondes dans l’ombre. Les infortunés, les acheteurs, les vendeurs et les dirigeants. »

Je prends une gorgée de Sake sans jamais quitter Nise des yeux.

« Les infortunés sont ceux qui ont perdus au change, qui n’ont plus de boulot ou, comme les enfants de la rue, qui n’ont juste pas de chance. Ils vivent dans la criminalité simplement par manque de choix, » dis-je en déposant la coupole. « Les acheteurs ne vivent pas toujours dans le monde de l’ombre. Ils choisissent la criminalité momentanément pour fuir ou pour faciliter la vie de tous les jours. Parfois, ils achètent de la drogue, mais, d’autres fois, ça peut être un assassinat ou certains objets illégaux. »

Je frotte mes mains l’une contre l’autre.

« Les vendeurs sont à l’opposé des acheteurs, évidemment. Ils ont un service ou un bien à proposer. Ils vivent dans la criminalité parce que leur expertise n’est pas appréciée par la norme ou respectée par la loi. Généralement, les vendeurs se regroupent. Ils deviennent les vendeurs des dirigeants. »

Mes mains se redéposent sur mes jambes.

« Nous sommes les dirigeants, Nise, les miens et moi. Les vendeurs nous aident à faire en sorte que les acheteurs reçoivent ce qu’ils veulent et, en échange, nous nous assurons que tout fonctionne comme il le faut. Nous contrôlons les efforts, nous assurons que tout le monde soit bien payé et faisons sûr qu’il y ait le moins de blessés ou de morts. »

Je remplis doucement la coupole d’une autre petite portion d’alcool et pousse la bouteille vers l’homme en face de moi.

« Vous voyez où je peux avoir un problème? Les choses ne se sont pas bien passées. En ce moment, je vous considère comme un acheteur. Je vous donne un service. Si vous aviez été un de mes employés, un vendeur, j’aurais dû vous donner une correction. »

Je soupire et prends une autre gorgée, toujours fixant l’homme à l’épaisse tignasse.

« Alors, Nise, si vous me faites un autre truc comme ça, je devrai sévir. »

Je redépose la tasse délicatement.

« Toutefois, je vous fais suffisamment confiance, maintenant que vous baignez dans notre piscine, pour vous aider dans ce que vous voulez. J’ai un peu de temps aujourd’hui, à moins que quelque chose ne requiert mon attention immédiate. Que puis-je pour vous, que voulez-vous exactement? »

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Message(#) Sujet: Re: L'Affranchi [Eiki] Lun 8 Jan 2018 - 8:46

L’homme à lunette eu un instant de surprise. Il était visiblement énervé de découvrir du sable. Il ouvrit le paquet et examinait ce que Haiiro lui proposait. Le dos de ma marionnette servant de table de fortune. Je me contentais de rester là, en silence, pour le laisser faire. Cet examen semble lui avoir donné courage. Et, maintenant, il s’attaque à un autre problème. Je l’entends lever la voix. J’allais lui répondre calmement jusqu’à entendre l’insulte, puis la remarque qui cache une haute estime de soi-même. Mon poing se resserre, mais c’est la voix forte d’Haiiro attire l’intérêt du client sur lui. Je prends une discrète inspiration pour me calmer. Il fait une remarque, puis demande son paiement.

J’observe la scène en silence. Il semble que le mépris du client cache aussi une certaine peur. Il y a beaucoup de gens comme ça : ils brandissent le mépris, comme un bouclier, un bouclier de papier qui se déchire à la moindre occasion. L’homme fini par lâcher le morceau : une lettre avant de partir. Haiiro fait des efforts pour contenir sa contrariété. Je retiens un haussement de sourcils et je préfère me taire. Je me contente de hocher la tête à ses explications. Son long monologue ne me surprend pas. C’est le genre de paroles que les gens des prisons disent pour se convaincre eux-mêmes. À moins que ce ne soit simplement la vérité…

- « Je comprends, Haiiro, et je te présente mes excuse. Disons que je ne savais pas trop dans quoi je m’étais lancé et j’espérais éviter une mauvaise surprise. Je sais pas, comme un guet-apens. Mais disons que je peux vous faire confiance maintenant. »

Je tends la main vers mon verre d’eau pour en prendre une gorgée. Je m’aperçois que ma gorge est sèche. Un signe de nervosité on dirait. Je ne peux m’empêcher de sourire, amusé par ma réaction. Je fais disparaître la marionnette puis je me retourne vers Haiiro. Je lui tends la main, pour serrer officiellement la sienne. Question de sceller notre nouvelle confiance mutuelle.

- « Tutoie-moi. Je déteste le vouvoiement. Généralement, on le fait par politesse avant même de savoir à qui on parle. »

Je réfléchis quelques secondes à tout ce qu’il vient de m’expliquer. Les infortunés… Joliment dit. Les dirigeants, c’est une autre histoire. D’un signe de la main, je désigne sa tête, en lui offrant de la remplir de nouveau. Je fouille ensuite dans ma poche et glisse sur la table quelques ryôs.

- « Considère que j’ai acheté… Je me demande quand même… Ces fameux dirigeants, pourquoi est-ce qu’ils le font ? Les autres, tu as pu me donner des raisons pour ce qu’ils font. »

Je me réadosse en laissant les ryôs sur la tables. Quelques sous, mais je n’ai pas plus dans mes poches. Et je ne voudrais pas l’insulter en donnant une somme « significative » à mes yeux qui ne l’ai pas aux siens. Je pousse un léger soupir en écoutant sa réponse avant d’ajouter.

- « Sinon, je voudrais te poser une question… Tu connais des gens qui ont affaire avec le trafic d’animaux, dans les docks ? Genre, une usine à chiens avec des trucs un peu plus rares quand ils arrivent à mettre la main dessus ? »

Dépendant de sa réponse, je me demande si je vais pousser plus loin. Il faut avouer que ma dernière rencontre n’a pas été très… douce avec eux. Je viens peut-être de le mettre sur une piste, mais pour ce qu’ils en savaient… Et vu les dégâts et les libérations. Il reste que j’espère que ça ne me retombera sur le nez. Avec le hasard, je lui aie peut-être causer indirectement des problèmes. Aussi bien aborder le sujet directement, question que tout soit clair entre nous.
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Message(#) Sujet: Re: L'Affranchi [Eiki] Mer 10 Jan 2018 - 18:25

Nise semble enclin à accepter mon explication, si ce n’est du fait qu’il s’interroge sur la valeur des dirigeants. Il laisse tomber quelques sous, un maigre paiement ne suffisant certainement pas à acheter quoi que ce soit dans les rues outre, peut-être, une cigarette et une bière. De marbre, j’observe l’argent toucher la table et étire mon bras pour la prendre. S’il estime la valeur de notre rencontre à ce montant, c’est qu’il n’est pas riche. Proportionnellement, ça doit être un gros morceau de son porte-monnaie. Donc, techniquement, il m’a donné un plus gros pourcentage de sa fortune que, par exemple, Monsieur P.

Je hoche de la tête et place l’argent dans une de mes poches. Je prends aussi la lettre du docteur, l’ouvre, y retire une trentaine de billets, les dépose en face de Nise puis range ce qu’il reste dans mon manteau, m’assurant que mes autres possessions y sont encore par la même occasion.

« J’accepte de te tutoyer, » dis-je avec un petit rictus pratiquement invisible, « mais sache que je n’apprécie pas réellement. D’où je viens, c’est une marque de manque de respect, comme d’omettre les titres honorifiques, qui se règle par le sang, mais, ici, c’est commun. Je me plis à vos coutumes. »

De nouveau, je remplis ma coupole en reprenant la bouteille que j’avais placé devant lui et l’approche de mes lèvres.

« C’est votre… C’est ton paiement, » lui expliqué-je. « Voici la deuxième leçon, vivre dans la rue est difficile, mais lorsqu’on connait les bonnes personnes, c’est lucratif. La différence tient du réseautage; connaître les bonnes personnes, en l’occurrence, moi, permet aux gens de s’assurer confort et sécurité. »

J’avale une petite gorgée.

« C’est d’ailleurs l’utilité des dirigeants. Bien, une de leurs utilités. Ils savent qui fait quoi, qui connait qui, quelle personne employé pour une tâche spécifique. Sans les dirigeants, les vendeurs s’entretueraient ou perdraient au change. Nous gérons, vous voy- tu vois? Nous avons une vision à long terme, nos connaissances sont bien plus grandes que la moyenne et nous voyons les conséquences de certains événements avant même qu’ils se produisent. »

Je termine ma coupe et expire doucement, satisfait de la tournure des événements.

« Pour répondre à ta question, j’ai ouï-dire qu’un animal précieux a été kidnappé par un de nos partenaires. »

Je le regarde longuement, jugeant sa réaction, avant d’ajouter :

« Quoi qu’il en soit, il y a eu une descente dans leur établissement plus tôt, aujourd’hui. En fait, c’est justement la raison pour laquelle j’ai dû m’absenter et pourquoi je t’ai demandé ton aide avec le colis. »

Une fois de plus, lorsque ma petite tasse est remplie, j’offre la bouteille à Nise.

« Maintenant, comme vous avez payé, dis-moi, jusqu’où veux-tu pénétrer dans mon monde? »

Mes pupilles n’ont jamais quitté son visage. J’ai l’impression que Nise est quelqu’un de plus complexe qu’il ne laisse paraître et qu’il cherche quelque chose de particulier, sauf que l’homme n’est pas encore prêt à en parler, à me faire réellement confiance.

*Soit! Quoi qu’il en soit, c’est son temps et son argent! S’il veut savoir ou avoir quelque chose, il ferait mieux de le mentionner parce qu’une fois notre entretient terminé, il sera trop tard.*
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Message(#) Sujet: Re: L'Affranchi [Eiki] Lun 15 Jan 2018 - 9:38

J’écoute Haiiro parlé. Et il parle beaucoup, mais la plupart du temps il répond à mes questions. Il est fier de ce qu’il fait. La manière dont il porte le contenu de la bouteille à sa bouche montre qu’il profite de l’instant. Il savoure, autant ce qu’il boit que ce qu’il dit. Normalement, ce que je peux goûter qui sort de ma bouche a un goût plutôt acide et désagréable. Pas lui, enfin, on dirait pas. Ce que j’entends fait du sens et je suis plutôt d’accord avec lui. Pourtant, je sais que le cœur de ce discours tien à deux parties de façon sûre : « lucratif » et « plus grandes que la moyenne ». Comme tous les pontes, leur métier ils l’aiment parce qu’il les propulse vers l’avant. Je me contente de hocher la tête, tassant mes réflexions dans un coin de ma tête.

La réponse sur le bâtiment des docks me fait hocher la tête et je laisse même fleurir un petit sourire vague. Je dois avouer qu’entendre ces nouvelles me fait plaisir. Je ne devrais pas, je veux dire, j’ai causé des ennuis à cet homme, devant moi, bien intentionné. Mais en même temps, je dois avouer que je suis plutôt content. Lorsqu’il me tend la bouteille je la prends, le remerciant d’un hochement de la tête avant d’en prendre une gorgée au goulot et la remettre sur la table. Je laisse un silence de quelques secondes en le fixant, avant de lui répondre.

- « Ne le prend pas personnel, mais les « vous », les ryôs, les beaux costumes emplumés, les ronds de jambe et tout ça ne m’intéresse pas trop. »

En disant ça je donne un petit coup sur la bouteille du dos de mon index. Elle bascule légèrement avant de se rétablir et de manquer de tomber dans l’autre sens. Je dois même me relever un peu sur ma chaise pour la rattraper. Je la replace et me laisse retomber sur ma chaise.

- « Mais il a beaucoup de pouilleux avec des couronnes dans le théâtre. Et plus beaucoup sans couronne pour se montrer sur scène. Le soltif, c’est que si on remarque les couronnes, ce qui remplit une scène c’est tout le reste. »

En parlant, je pose mon index sur la table et fait de petit cercle avec en me penchant un peu vers lui. En parlant des couronnes, je pose mon index. En parlant du reste, je vais des cercles répétés autour des points invisibles que j’ai pointés. Je finis en tapant sur ma poitrine, relativement frêle comparativement à la sienne.

- « Et à ce que je vois, tu es assez d’accord. La manière de parler de la rue est assez… semblable à ce que j’en vois. Je ne sais pas d’où tu viens, mais, dans le Désert, tu mets la main à la pâte pour gagner ta croûte. Ici, j’ai l’impression que la pâte est difficile d’accès pour les gens comme moi. Alors, oui, je suis prêt à y aller, si mes explications te vont. »

J’arrêtais de parler, posant mes mains sur la table. Malgré ma longue tirade et ma franchise, je ne cachais pas le fait évident que la décision lui revenait et que je n’avais pas grand-chose à y redire. Je baissais un peu les yeux, fixant un rond d’humidité qui restait sur la table, là où la bouteille avait été poser. La pièce était montée, il ne restait qu’à attendre la décision du public.
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Message(#) Sujet: Re: L'Affranchi [Eiki] Mer 17 Jan 2018 - 18:32

Satisfait de voir que Nise prend quelques gorgées de Sake – d’où je suis originaire c’est symbole de respect que d’accepter l’alcool qu’un homme vous offre et de fraternité d’en offrir- je me détends un peu, m’adossant plus confortablement sur la chaise. J’écoute l’homme du désert m’expliquer son point de vue en métaphore. Je soulève un sourcil lorsqu’il exprime le fait qu’il soit prêt à travailler.

Je souris.

« Bien, » dis-je. « Je n’aime pas passer par quatre chemins non plus, nous avons ça en commun. »

Je me lève doucement et sors mon calepin.

« Comme tu n’aimes pas l’argent et le pouvoir qu’il apporte, je ne sais pas réellement comment te payer si tu m’aides dans cette prochaine tâche, » commencé-je, tournant les pages, « mais j’apprécierai bien ton support. Ce sera formateur et, ensuite, tu sauras si réellement tu as l’estomac pour naviguer, voire vivre, dans ce monde. »

Je trouve la page que je cherchais et la tapote de l’index avant de tourner mon regard de nouveau vers Nise.

« Dis-moi, outre, comment dire, "voir et comprendre," cherches-tu un autre paiement? Je peux – nous pouvons, en fait – te donner protection et confort, si c’est ce dont tu es à la recherche, » lui demandé-je, le carnet toujours entre les doigts.

Je l’observe, cherche à voir s’il me cache quelque chose.

« Si tu veux mettre à la main à la "pâte", je dois savoir quelle forme sera la "croûte" que tu gagneras, suivant ton analogie, » terminé-je avec un subtil sourire en coin.

Ce Nise m’intrigue. Il me semble honnête ou, du moins, franc et direct. Il est tel qu’il est et agit comme il croit être bien. Je crois qu’il cherche sa place au sein de ce village, un peu comme moi il y a quelques temps. C’est bien normal, en fait, puisque cette cité est sans dessus dessous. Le crime est omniprésent et la plupart des gens ne le voient jamais. Il y a des tonnes de guerriers, originaires d’ici ou d’ailleurs, de retour d’une guerre atroce, traumatisés par les meurtres et la violence, et il leur est demandé de rester calmes et sereins! Suna est un maelstrom de chaos, de panique, d’agressivité et de haine qui ne tient que par un fil terriblement fragile : le Seigneur du Vent.
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Message(#) Sujet: Re: L'Affranchi [Eiki] Ven 19 Jan 2018 - 14:48

Je garde la tête baissé, le temps qu’il me donne sa réponse. L’homme semble écouter et un court silence plane, le temps pour lui de rassembler ses idées, comme j’ai fait auparavant pour discuter. À sa première phrase, je peux presque entendre le sourire, visiblement il n’est pas offusqué et plutôt satisfait de la situation. Je me permets de relever les yeux vers lui. Une nouvelle fois, je le vois sortir son calepin après s’être levé. Il parle en y cherchant visiblement quelques informations, avant de me poser directement des questions. Je lève les yeux vers lui, conscient qu’en se levant il vient de se mettre en position de « supériorité ». Je passe outre ce réflexe en souriant en coin, avant de répondre à ses questions et de me permettre de le reprendre.

- « Je n’ai rien dis au sujet du pouvoir… J’ai seulement parlé de son expression que je trouve un peu futile la plupart du temps. Comme les ronds de jambes et les beaux costards. Et l’argent a son utilité. Pour la protection et le confort, tant que ce n’est pas en excès pour flatter mon ego… Je vais le prendre. Juste ce qui peut être nécessaire. »

Lorsqu’il continue à parler de « croûte » pour reprendre mon analogie. Je me contente de sourire. Je me penche un peu vers la table et garde le silence, en pleine réflexion. En quoi voudrais-je être payé ? Je pense aux nobliaux en endimanché qui venait dans notre troupe. Je pense aux femmes de luxe, pour rester polies, aussi belle et classique que la Kazekage. Je pense aux gens ivres qui offrent à boire à tous ceux qui leur semble agréable. Je pense aux armées qu’il a fallu pour prendre le Désert. Mais aucune de ces pensées ne me fait vibrer, jusqu’à m’arrêter sur le sable chaud de ma terre natal, faisant suer mes pieds alors que je marchais dans les étendues qui me semblaient infinies. Je pense aux gens qui y vivaient, m’imaginant le mode de vie de mes ancêtres nomades. Je sors de ma pensée et relève soudainement la tête vers Haiiro, comme si j’avais eu une révélation. Je souris un instant.

- « Ton calepin... Quelques minutes par jour à pouvoir le lire. Voit ça comme une preuve de confiance mutuelle. Toi parce que tu pourras y contrôler les informations et savoir ce que je sais. Moi parce que tu me donneras certaines informations. Et disons que ce sera une source d’apprentissage supplémentaire… »

Je souris en coin, conscient que ma demande peut sembler grossière. Conscient aussi qu’il aurait plus simple de gagner sa confiance et de tenter de lui voler. Si les premiers examens du calepin allaient être enrichissantes, s’il acceptait, les prochaines fois il ferait certainement attention à ce qu’il y mettrait. Disons que ce serait une bonne manière de jauger la confiance qu’il me portait au fil de notre relation. À moins que ce ne soit un leurre avec rien d’écrit dessus. Je m’attends à ne plus le voir sourire, parfaitement conscient que les implications de ma demande présentent un risque énorme pour lui. Mais jusque-là, je me suis plié à ses demandes, voyons si ça marche dans les deux sens.
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Message(#) Sujet: Re: L'Affranchi [Eiki] Ven 19 Jan 2018 - 18:24

D’abord hébété, ayant entendu la requête de Nise, un sourire apparaît dans mon visage. En dehors de me vendre à la police de Suna, je ne vois pas réellement le point de jouer ce jeu. Il y a beaucoup d’informations complètement inutiles dans mon carnet. Je crois que l’emphase devrait être sur « beaucoup d’informations » plutôt que sur « complètement inutiles. » Souriant franchement depuis la première fois que j’arrive à me souvenir, je hausse des épaules, ferme le calepin et le fait glisser sur la table dans sa direction.

« Tout n’y est pas, » dis-je en marchant jusqu’au mur pour m’y adosser. « J’en ai deux autres chez moi. »

Je le laisse lire autant qu’il désire, m’allumant encore une cigarette. Je regarde ce qu’il me reste de mon paquet, légèrement déçu de voir que je devrai aller en acheter d’autres, puis le range et fixe cet étrange homme. Il n’est pas de mon genre, vraiment pas, mais son côté rustre n’est pas sans intérêt. Quoi qu’il en soit, je préfère ne pas mêler plaisir et travail.

J’expire brusquement, réalisant le train de mes pensées. C’est l’alcool qui me rattrape. Si je veux pouvoir terminer cette journée en beauté, il serait risqué de continuer à boire au même rythme. Manger, aussi, serait une priorité.

Je souffle la fumée lentement avant de reprendre parole.

« Si tu veux continuer à lire, je devrai manger quelque chose. Sinon, on peut manger en route, j’ai quelque chose à faire et j’aimerais que tu m’appuies. »

Je place la cigarette entre mes lèvres et croise les bras.

« Il faudra peut-être blesser quelqu’un, » ajouté-je. « Regarde vers la fin de mes notes, il y a une page avec un cercle et le nom Mag. Tu sauras de quoi il s’agit. »

Mag est un Saibogu un peu rebelle. Il n’est pas un Shinobi et ne prend pas part aux affaires du clan. Il considère les siens comme des imbéciles ne comprenant rien à la technologie. C’est un jeune surdoué capable de créer des engins incroyables! Toutefois, ça lui apporte souvent des problèmes avec les autres inventeurs et ingénieurs et, aussi, avec l’autorité Sunajin puisque tout n’est pas légal.

Donc, de notre côté, nous lui proposons de la protection, du transport et nous lui fournissons les matériaux et objets qu’il demande. En échange, lorsqu’il vend des choses, nous recevons une part et, lorsque nous en avons besoin, il fournit de l’équipement curieux et unique pour nous activités.

Dans le carnet:
 
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Message(#) Sujet: Re: L'Affranchi [Eiki] Ven 19 Jan 2018 - 19:12

Un sourire plutôt rassurant se dessine sur le visage d’Haiiro. Je me contente de sourire à mon tour, un peu méfiant au début. Il hausse ensuite les épaules et le fait glisser vers moi. Je me contente de tendre la main vers le calepin et de le rapprocher de moi en écoutant ses commentaires un peu moqueur. Il croit que je perds au change alors… Dommage, j’espérais un peu de résistance de sa part, question de pouvoir être sûr qu’il y avait du juteux pour l’affranchi. Je tends la main vers le calepin en lâchant à mon tour un commentaire.

- « Je n’en attendais pas moins vu comment tu écris dedans. »

Alors qu’il allume sa cigarette, j’ouvre le calepin et essaie d’enregistrer toutes les informations en les répétant dans ma tête, mes lèvres bougeant parfois. J’essaie de retenir les noms plutôt que les mots et les codes, des détails inutiles pour comprendre ce qu’il écrit tant que je n’en saurai pas plus. Je suis étonné de voir quelques noms de marchands que je connais. La plupart ne me disent rien, mais j’essaie de les noter dans ma tête. La plupart doivent être des patronymes. Bige, il a noté tout et n’importe quoi. Alors qu’il expire, je hausse un sourcil en levant les yeux vers lui. Puis, je me contente de refermer le carnet et de le pousser dans sa direction après avoir regardé l’une des dernières pages porteuses de texte.

- « Et bien, on emportera un truc en passant. À quelque pas d’ici, il y a un bibard qui fait plats à emporter dans son épicerie. Du genre des sandwichs. Tu en profiteras pour en racheter. »

En disant cette dernière phrase, je désigne du menton son visage pour désigner sa cigarette. Je me lève ensuite et attend qu’il fasse pareil. Je le laisse passer devant et referme la porte. Je descends les escaliers en regardant la salle, un peu plus nerveux soudainement, me demandant si le binoclard ne nous a pas préparé un mauvais coup. Avant de réaliser que Haiiro est familier avec l’endroit et il serait étonnant que le médecin est plus d’influence. Je sors en lui désignant la direction pour le marchand. En avançant dans le sable meuble de Suna, j’en profite pour lui parler, en évitant de trop lever la voix.

- « J’espère que ton « Z », il ne faudra pas trop l’approcher du marbre. J’essaie d’entretenir de bonnes relations avec les « Z ». Et je ne suis pas trop sûr de ce que ça voulait dire ton bloc-notes, tellement que c’est… Tu m’excusera, un peu foutoir »

Je lui adresse un sourire un peu contrit après avoir osé critiquer son calepin. Je passe dans l’épicerie avec Haiiro. Après avoir fait quelques pas, mon estomac gronde légèrement. Il y en a pour une quinzaine de minutes avant que mon appétit passe. Il faut dire que je lui ai donné tous mes ryôs un peu avant. Je me contente d’ouvrir ma bouteille d’eau qui bat ma cuisse et d’en terminer le contenu qui est beaucoup moins frais. Mon estomac est un peu calmé, mais seul le temps me fera oublier ma faim.

Je me laisse guider vers notre destination. Nous arpentons la ville de Suna durant plus de 30 minutes environ jusqu’à arriver dans un quartier à la lisière entre le coin du port, celui des quartiers résidentiels et de ceux qui entourent l’Académie. Le quartier est assez dense, mais moins de petits bâtiments entassés, plus de gros bâtiments. La plupart sont des regroupement d’appartements comme le mien. Rien d’immense, mais suffisant pour regrouper un peu plus de population qu’ailleurs. Par contre, l’absence de gros commerces ou d’attraction aux alentours rendent les rues plus tranquilles, sauf lorsqu’un festival est organisé dans le coin.
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Message(#) Sujet: Re: L'Affranchi [Eiki] Lun 22 Jan 2018 - 18:27

Avant de quitter la petite pièce, je reprends l’argent que Nise a laissé sur la table ainsi que mon livret. C’était son paiement, mais, comme il ne semble pas très éveillé des subtilités du genre, je me dis que je lui donnerai plus tard et quitte finalement l’établissement. Il m’indique l’épicerie et, alors que nous nous mettons en route, s’informe de notre tâche.

« Hé bien, il faudra aller chercher une chaîne spéciale, » lui réponds-je. « C’est un truc particulier fait par des étrangers. En bref, je sais que c’est dans un entrepôt, mais, des locaux de rangement, à Suna, il y en a des dizaines. Alors, on va voir celui qui s’est chargé de la livraison et lui demander où ça se trouve. S’il accepte les pots-de-vin, ce sera simple. »

Je souffle la fumée et lance un regard lourd de sens vers Nise.

« Pour ce qui est de mes notes, c’est normal que tu ne comprennes pas tout, » dis-je calmement. « Tout n’est pas vrai. Certaines choses réfèrent à d’autres carnets et je n’écris pas tous les détails. Je laisse beaucoup de notes sur des choses inventées. J’ai un système, vois-tu, et si tu veux le décrypter, il faudra les autres calepins et pas mal de temps. »

Nous arrivons l’instant suivant dans le magasin où j’achète deux sandwiches et en dévore un en quelques bouchées, prenant plus de temps pour manger le second. Sans nous attarder d’avantage dans le quartier, nous nous dirigeons directement vers notre destination. En cours de route, alors que j’en suis à la moitié de ma deuxième portion, je réalise que mon partenaire du moment ne mange rien. Je lui tends ce qu’il me reste.

« Si tu n’as mangé que le potage de ce matin, tu dois avoir faim, » déclaré-je. « Et, tu sais, les trente billets, c’était un paiement. Si tu les veux, ils sont à toi. »

Non loin du port se trouve un quartier résidentiel principalement utilisé par des matelots et autres ouvriers du port. Plusieurs logis abrites des dizaines de personnes parce qu’ils n’y vivent que temporairement, entre deux voyages. C’est une section de Suna plus silencieuse et crasse que les autres, mais c’est un bon endroit pour faire des affaires illicites, hors de la vue de la masse.

« C’est ici, » dis-je, regardant plus haut sur la façade d’un édifice. « Il se nomme Juno, c’est un contremaître sur un navire en général, sauf que des fois il s’occupe des convois terrestres pour certaines livraisons spéciales. »

Je sors mon calepin, relis quelques notes, puis le range.

« Sixième étage, l’appartement soixante six. Il y vit avec sa femme et un enfant. Nous avons à connaître l’emplacement de l’objet NEVRO-4487, » expliqué-je en grattant mon menton.

Distraitement, sans quitter l’étage des yeux, je sors l’enveloppe brune de Monsieur P et en retire un bon montant que je tends à Nise.

« Je te laisse tenter l’approche douce, Nise, » dis-je en tournant mon attention vers lui. « Si ça ne fonctionne pas, laisse-le comprendre que nous devrons sévir. Si jamais il ne cède pas, vient me chercher. »
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Message(#) Sujet: Re: L'Affranchi [Eiki] Mar 23 Jan 2018 - 7:31

J’écoutais ce qu’il disait sur le calepin en souriant. Je ne m’attendais pas à ce que ce soit aussi simple. Si c’était le cas, le fait de tout noter de la sorte serait un risque trop important. Je me contente de le suivre. Je le regarde gober son sandwich avant de prendre des bouchées de l’autre. Je dois échapper un regard qui révèle ma faim. Il me tend les restes. Je les regarde, un instant silencieux, avant de tendre la main et de le prendre. Je le mange en l’écoutant. Lorsqu’il me parle de l’argent, je me contente de hausser les épaules avant de les fourrer sans grande précaution dans ma poche.

- « Disons que ça me servira pour le pot-de-vin en question… Juste pour savoir la livraison n’est pas dépendante de Suna ? C’est commercial ? »

J’écoute sa réponse avec attention en progressant vers notre destination. J’écoute le nom et je le regarde ouvrir le calepin. En l’écoutant, j’essaie de me souvenir à quoi peuvent correspondre ces informations dans le calepin. Question d’effectuer un début de décryptage. Je ne me souviens pas de tout, mais j’essaie de coincer dans un coin du cerveau mon information en répétant à voix basse les informations qu’il vient de me donner, mes lèvres s’agitant en silence. Je me dirige vers le bâtiment et monte les escaliers. Le bâtiment est un de ces grands immeubles de l’ancienne capitale. Les portes ne sont pas épaisses et on peut entendre les activités de certains malgré les murs. J’arrive à la porte et cogne. Un enfant entrouvre la porte, il doit avoir environ 6 ans, je lui souris et me penche un peu.

- « Ton papa est là ? Je voudrais lui parler. »

En me relevant, je laisse courir mon œil par la petite entrebâillure. La pièce est petite et encombrée. Je peux voir une silhouette dans la pièce voisine, probablement une femme. J’entends une personne approcher de la porte. Je me retiens de m’éloigner. L’homme est assez costaud, mais plutôt mince, il fronce les sourcils en ouvrant la porte et en remarquant que je suis assez près pour jeter un œil chez lui. Avant qu’il n’est le temps de parler, je fais un grand sourire en posant mon avant-bras sur le contour de la porte.

- « Jano c’est ça ? Je suis content de te rencontrer. Il faut dire que quand on me dit un nom et que je ne connais pas la personne, je suis toujours heureux de faire affaire directement avec le bige en question ! »

L’homme me regarde, étonné. Après la surprise, il semble reprendre ses esprits. Il fronce les sourcils, regarde ma main en hauteur et tente de refermer la porte. Je glisse discrètement mon pied à l’intérieur pendant qu’il observe mon autre membre. Instantanément, je sens la tension qui monte chez lui, à la fois mécontent de voir mon impolitesse, mais aussi gonfler d’un sentiment impérieux, presque dominateur, quand quelqu’un envahit notre espace personnelle. Je fais un grand sourire.

- « Ne réagit pas comme ça. Je t’assure que tu vas vouloir m’écouter… Je cherche une caisse en lien avec un truc numéroté NEVRO-4487. Tu t’en souviens, c’est un de tes rares voyages à terre. »

Je le laisse réfléchir à tout ce que je viens de dire. Je vois qu’il fait les liens avec ce que j’ai dit. Je le vois au début, froncé les sourcils, c’est l’étape de réflexion. Il semble hocher la tête pour lui-même, avant de serrer sa mâchoire. Ah, il vient de comprendre que j’en sais un peu trop sur ses habitudes. Il regarde un instant derrière lui et ouvre la porte. Je recule d’un pas pour le laisser sortir, alors que son air est plus soucieux. Il vient de comprendre que je connais son adresse et que j’ai vu son enfant. Je reste silencieux, alors qu’il attend que je parle. Finalement, il finit par parler en premier.

- « Attendez… C’est quoi cette histoire ? Qu’est-ce que vous me voulez à la fin ? »

En parlant, il sert légèrement le poing droit. Je baisse les yeux vers la main et la fixe en silence. Mon apparence de voyageur du Désert ne me donne pas des allures très intimidantes, alors je dois jouer sur autre chose. Il reste là en silence à me fixer. En suivant mon regard, il voit ce que je regarde. Au moment où il desserre les poings, je lève les yeux vers lui et me permet un sourire. Je fouille dans ma poche et lui tend ma pile de ryôs chiffonnés, sans toucher aux autres donnés. C’est pas beaucoup, mais je préfère garder de la marge pour le moment.

- « Prend ça et écoute moi. Je veux savoir où tu l’as livré. Je veux que tu ailles là-bas, tu dises qu’il y a eu une erreur, que tu reprennes la caisse, demain tu l’oublis quelques heures dans la ruelle derrière l’auberge du Serpent Jaune à 15:00. Tu pourras la reprendre et la livrer quelques heures plus tard. »

Il pince les lèvres en regardant la poignée de billet dans sa main. C’est la somme qu’on m’a donné pour ma livraison, mais je ne sais pas trop comment peut valoir ce pot-de-vin. L’enveloppe était quand même un peu plus lourde. L’homme empoche l’argent, mais, il me surprend. Au lieu d’accepter, il se contente d’ouvrir la bouche. Ce petit bige de vénal ! Je retiens un sourire face à ma propre erreur, mais je me contente de l’écoute.

- « Alors vous pensez que je vais risquer mon boulot pour ça. Je ne vais pas risquer mon boulot et ce que ça rapporte à ma famille pour quelques ryôs ! »

Tien, il parle de sa famille. Je ne suis pas vraiment une menace pour eux donc. Il a empoché l’argent. Il cherche à faire monter les prix alors. Je fronce un instant les sourcils. Je prends une grande inspiration en glissant la main dans ma poche. Je sens la tension qui monte alors qu’il me regarde. Attentif, il ne fait plus un mouvement. Moi, je compte quelques billets de l’enveloppe dans mes poches, puis je les sors, une partie seulement. Beaucoup moins chiffonnés, je les plis dans ma paume et les glisse entre mon index et mon majeur. Je lui tends, en silence. Le fixant quelques secondes. Il tend alors la main, lentement, avant d’oser prendre les billets. Mon ton est plus sérieux, mais neutre.

- « Voilà quelques billets, bibard. Tu en auras l’équivalent une fois fait en reprenant la caisse. Et n’essaie pas de me jouer une chanson. Ton véritable boulot c’est les bateaux, pas les livraisons. Ça commence à faire beaucoup pour un boulot secondaire. Et en plus tu ne risques rien, vu que tu vas effectuer la livraison au final. »

Je prends une grande inspiration et je reste silencieux. Puis je me permets un sourire et je m’approche de lui. Je lui tape sur l’épaule, avant de le dépasser. Je m’arrête dans les escaliers alors qu’il se retourne et je le regarde en secouant la rembarde fragile qui fait le tour des escaliers sur les 6 étages plus bas. Je lui adresse ensuite un clin d’œil et me dirige vers l’endroit où j’ai quitté Haiiro. En le rejoignant, je fais un rapide résumé de la situation et lui tend le reste de l’enveloppe brune, en lui précisant la somme promise à l’homme, bien moins que celle de l’enveloppe.
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Message(#) Sujet: Re: L'Affranchi [Eiki] Mar 23 Jan 2018 - 18:29

Pendant tout au plus une dizaine ou quinzaine de minutes, Nise disparaît à l’intérieur de bâtiment. Pendant ce laps de temps, j’en profite pour fumer une cigarette, nonchalant, adossé contre la paroi de l’édifice parallèle. Ma pause est ponctuée de quelques jeunes ouvriers discutant d’aller boire comme si c’était l’idée la plus originale et motivante de l’année.

Malgré ma grandeur et ma carrure, je crois que la totalité de cette petite troupe est plus âgée que moi. Je les regarde, curieux et quelque peu envieux de leur sort. Leur vie me semble simple : réveil, travail, retour à la maison, détente avec quelques verres occasionnellement. À l’opposé, de mon côté, à chaque jour je dois jouer un double jeu. Je dois jongler avec mes obligations d’homme de Kuro-sama, mes tâches de Shinobi et mes responsabilités en tant que membre du Kanzetsu. À tout moment, un criminel, un ninja ou un assassin peut me surprendre et s’en prendre à moi. Je peux perdre la tête pour un oui ou un non.

Je souffle ma fumée, fixant les six jeunes adultes qui, eux, ne me regardent qu’un instant avant de brusquement éviter mes yeux et murmurer quelque chose que je n’entends pas. Je ne réagis pas. Mon attention revient au bâtiment alors que la ruelle redevient silencieuse. Je soupire longuement.

Lorsque Nise sort, l’air plutôt content, et me rejoint. En me donnant ce qu’il reste d’argent, il m’explique comment il s’y est pris et ce qui lui a promis. Je l’écoute en écrasant le tube de tabac avec mon pied. Je laisse le silence planer un instant, réfléchissant.

« C’est bien, » lui dis-je. « Crois-tu qu’il obtempérera? »

Je l’écoute en tournant mon visage vers la fenêtre où je crois que se trouve le logis de ce Juno.

« Je suppose qu’il sera toujours temps d’agir s’il ne se rend pas à destination. »

Je pense un moment et je me repousse du mur.

« Bon, voici comment nous allons procéder. Je veux éviter des problèmes et il y a un potentiel de danger ici, » expliqué-je en ajustant le col de ma chemise. « Juno pourrait engager des fiers à bras ou d’autres mercenaires, entre autre. »

Je tourne mon attention vers Nise.

« Alors, demain, tu t’occuperas de la réception du colis. Je me charge du reste. »

Je range mes mains dans les poches de mon manteau. Soudainement, une bourrasque spécialement froide nous frappe. Par automatisme, mes yeux se lèvent et je remarque que le ciel se couvre, ce qui est particulièrement rare à Kaze.

*Serait-ce une tempête à l’horizon?*

Quoi qu’il en soit, je reviens à Nise.

« C’est bon? »

Le temps commence à être contre moi. J’ai un autre rendez-vous avec Monsieur P dans les dédales de Suna et j’aimerais ne pas avoir Nise dans les pattes durant cet échange.


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Message(#) Sujet: Re: L'Affranchi [Eiki] Mer 24 Jan 2018 - 1:39

J’étais satisfait. Je devais avouer que si j’avais parfois la réputation de m’emporter, je n’aimais pas le faire sans raison. Recourir à la violence lorsqu’il y avait d’autres options, c’était un manque d’imagination ou un aveu d’échec. Ce n’est évidemment pas toujours le cas, mais dans une situation où nous avions un tel avantage sur la personne, je l’aurais mal pris. Alors oui, j’étais content de ma petite conversation avec Jano. Haiiro était là, à fumer encore une fois, je m’approchais de lui en regardant un peu autour de moi, particulièrement en direction de ce que je croyais être la fenêtre de Jano. Aucune silhouette ne s’y trouvait. Quand il me posa sa question en écrasant sa cigarette, je me retournais vers lui.

- « Disons que je suis resté assez gentillet et je ne sais pas s’il obtempérera. Je ne le connais pas trop. Mais je ne vois pas pourquoi il refuserait en risquant de se faire couler dans le marbre. Il va peut-être essayer de nous jouer une chanson pour du bifton, mais j’en doute. »

Haiiro me fait part de ses réflexions en ajustant ses habits. Je me contente de hocher la tête. Il faut dire que la journée a été bien fournie et que lui comme moi en avons fait pas mal. Voilà que ce partenaire de fortune me donne des ordres. Je me contente de hocher la tête, sans vraiment prendre la mouche, mais en notant ce détail. Pour lui, je suis un subalterne. Ce qui n’est pas injustifié vu les circonstances. Le vent fait claquer ma capuche sur mes oreilles. Je connais ce temps. La saison des pluies devrait bientôt commencer et la température est propice aux orages sèches. Ce soir, malgré l’absence de pluie, les nuages s’éclaireront et gronderont face au tonnerre et aux éclairs.

- « Attends, Haiiro. Demain je vais aller au point de rendez-vous. Je vais amener la caisse, prendre ce qu’il y a dedans. J’en aurais pour quelques heures avec le bidule avant de rapporter la caisse. Enfin, si ça te va… »

Je reste silencieux, attendant sa réponse. Mon plan est plutôt clair, mais Haiiro semble avoir d’autres projets. Je me demande s’il n’a pas prévu de prendre autre chose dans cette caisse. De toute façon, ce ne sera pas vraiment de mes affaires, mais j’ai le sentiment que je risque un mauvais coup de sa part. C’est probablement la nervosité. Lui il a l’habitude, mais pas moi. En écoutant sa réponse, je prends une grande inspiration pour me contrôler un peu. Il l’a dit, tout est une histoire de confiance. Pour le moment, il ne m’a pas donné de raisons de me méfier et la situation est loin d’être dramatique. Je retourne chez moi et je vais dormir, question de me préparer pour demain et de repenser à tout ça.
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Message(#) Sujet: Re: L'Affranchi [Eiki] Mer 24 Jan 2018 - 18:27

Je réfléchis un instant, mon regard montant à l’étage où Juno doit se trouver et revenant ensuite à Nise. Une main sort de la poche et s’accroche à mon menton.

« As-tu confiance en toi, Nise? » lui demandé-je.

Sans lui laisser le temps d’y songer, je croise les bras avant de continuer.

« Notre entretient s’est prolongé plus que je ne l’aurais cru au départ et je me retrouve dans une situation particulière, » lui mentionné-je. « D’un côté, j’ai quelque chose d’important à faire sous peu. Cette tâche pourrait perdurer jusqu’à demain et peut-être plus. »

Les doigts de ma main droite montent par eux même jusqu’à mon menton, encore une fois.

« De l’autre, je crains que Juno s’entoure de gens costauds ou qu’il y ait une entorse à ton plan. »

Je soupire doucement, montrant une certaine anxiété l’espace d’un instant.

« Je ne sais pas réellement où donner de la tête. Pourrais-tu te charger de l’histoire de la chaîne? As-tu confiance d’y arriver? »

Je serre la mâchoire.

« Ce n’est pas dans mes habitudes de ne pas me charger directement des choses, mais, comme tu as effectué le service que je t’ai demandé, je veux bien te déléguer cette tâche. »

Je marque une petite pause, l’observant directement dans les yeux.

« Si tu le veux bien, évidemment. Ta part du paiement sera plus grande si tu acceptes. »

Je tente un léger sourire qui ne dure qu’une seconde.

« Si tu es bel et bien l’homme que je crois, tu auras un bel avenir dans ce monde si ça t’intéresse, » complété-je, ne sachant pas réellement s’il le prendra comme un compliment ou une insulte.

Ponctuant mes propos, une impressionnante bourrasque nous frappe, sifflant dans la ruelle en faisant valser vivement les écriteaux et autres pancartes. La force du vent m’oblige de faire un petit pas et à remonter le col de mon manteau. Mes sourcils se froncent face à la soirée désagréable qui s’annonce.


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Message(#) Sujet: Re: L'Affranchi [Eiki] Sam 27 Jan 2018 - 22:25

Alors que nous semblions sur le point de nous séparer, il semble que l’affranchi avait encore quelque chose à dire. Je m’arrêtais et me retournais vers lui en levant les yeux vers les nuages qui commençaient à laisser de moins en moins de doutes sur la violence de ce qui se préparait dans les cieux. Il me pose des questions et semble me partager ses réflexions. Je me contente de sourire en coin avant de hausser les épaules.

- « Ne t’inquiète pas trop pour Jano… J’ai été plutôt gentillet, mais je ne pense pas que le bige va me poser problème. Sinon, j’ai de quoi le faire caguer un peu. J’imagine que je peux faire ma part pour ce boulot. Je te tiendrai au courant demain. »

En terminant, je me tapote avec mon index sur mon épaule gauche. À son commentaire sur mon avenir, je me contente de hausser les épaules. Il avance avec une certaine assurance, il tente visiblement de me pousser, mais je dois avouer que je me méfis légèrement. Je remets les mains sous mes vêtements et remontent ma capuche alors que le vent siffle avec force. Je reste un instant en place, avant de me retourner pour nous séparer.

Durant la route, j’essaie de rassembler mes pensées. Entrecoupant mes réflexions en répétant sans bruit ce que j’ai pu lire dans le carnet. Je peux les noter, mais je vais devoir prendre des précautions. Au début, je me contenterai de recopier, le code de Haiiro devrait être répliqué et diminuer les risques. Par contre, lorsque je vais m’attaquer au décryptage, je devrais prendre des précautions supplémentaires pour les notes. J’ai déjà quelques idées. Je pourrais toujours utiliser le Fuînjutsu pour protéger les notes et éviter que quiconque ne tente de les lire. Je devrais voir comment les protéger, peut-être en incorporant des Sceaux de Katon ou des Sceau de détection.

Tant qu’à Haiiro… Il me semble sympathique. Pourtant, je me méfis un peu de lui. Il n’a pas fait ses preuves, aujourd’hui, il était dans son environnement et en contrôle. Je ne sais toujours pas s’il n’essaie pas de jouer dans ma tête. Ses encouragements peuvent être une manière de me pousser pour que je fasse plus de boulot, ce qui l’arrange pas mal. Il veut me mettre en confiance et me laisser me sentir investir par sa cause, question de ne pas avoir à pousser trop et en profiter. En attendant, je dois évaluer en fonction du paiement. Si ça m’arrange, disons que je vais accepter ses manipulations, ça fait partie du jeu, en quelque sorte.

Je dois aussi être prudent avec mes marionnettes. Je dois aussi essayer d’accumuler un peu d’argent. Je ne suis pas particulièrement attiré par les ryôs, ma vie de nomade m’a appris qu’on en a pas besoin pour survivre, mais mes projets vont nécessiter certaines sommes. Je devrai être prudent jusqu’à l’hivers prochain. Je dois aussi penser comment je vais gérer tout ça dans le futur. Lorsque le tonnerre gronde sèchement, dans un claquement sec et surprenant, mais sans pluie, je suis presque arrivé chez moi. Je prépare mentalement ce que je dois faire un m’étendant dans mon lit. Du coin de l’œil, je vois une ombre féline qui saute de mon balcon. Je hoche la tête silencieusement. Je dois me lever tôt demain…

Citation :
Bon, je te laisse faire ta petite description de ton côté, si tu veux introduire Jano ou animer le truc, à moins que tu me laisse le plein contrôle. À moins que tu veuilles décrire ce que tu fais pendant la nuit. Pour des raisons temporelles, je propose de faire la suite ici.
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Message(#) Sujet: Re: L'Affranchi [Eiki] Mer 7 Fév 2018 - 20:51

L’aube se lève sur le village encore humide de la tempête qui a duré toute la nuit. Dans son sillage, l’averse violente a laissé Suna sans dessus dessous. Il y a des détritus un peu partout. Ça et là, des poubelles ont été renversées, du mobilier a été arraché du sol et même quelques lampadaires ont été poussés jusqu’à se fracasser. Lentement, une à une, les portes s’ouvrent, laissant sortir les villageois surpris. Il y aura beaucoup de travail à faire pour retaper la ville.

Près des docks, se glissant subtilement hors de chez lui par l’escalier de secours, Jano découvre, comme ses concitoyens, l’état lamentable des environs. Toutefois, il profite de la commotion pour se diriger en vitesse jusqu’à un autre bloc, quelques ruelles plus loin, sans être vu. Il entre et monte à l’étage du bâtiment rougeâtre. Le contremaître cogne, doucement au départ puis plus fort après un moment, à une des portes. Après plus d’une minute, un homme, plus grand et plus vieux, ouvre la porte.

« C’qui c’est qu’y’a? »

« Cho! J’ai besoin des clés de l’entrepôt! »

Le vieil homme se gratte le cou longuement avant de répondre.

« Ouais, pour? »

« J’ai perdu mon portefeuille, » répond Juno trop rapidement.

Le prénommé Cho prend un long moment avant de répondre. Derrière lui, des chats miaulent en sourdine.

« Et ça presse pour? »

Juno soupire.

« Parce que j’ai rien à petit-déj pour le gamin, Cho, aller, c’est bon! »

Un des sourcils du plus âgé se lève.

« Bon, okay, » dit-il, ouvrant d’avantage la porte. « Donne-moi deux secondes et fais gaffe à ce que les chats ne sortent pas! »

Après quelques instants, Cho donne la clé en question à Juno qui le remercie et quitte l’endroit en vitesse.

Il se hâte jusqu’à sa destination dans l’espoir de pouvoir l’atteindre avant que les premiers employés n’y arrivent. Par chance, il y arrive. Sans encombre, il trouve la grosse boîte en question, celle marquée du code NEVRO-4487. Sans attendre, il quitte l’entrepôt en s’assurant de bien verrouiller la porte arrière derrière lui, et se rend derrière l’Auberge du Serpent Jaune environ sept heures avant l’heure du Rendez-vous.

À sa grande surprise, la petite ruelle abrite un itinérant. Toutefois, ce dernier est assoupi. Incertain de la marche à suivre dans cette situation, l’homme dépose la boîte contre le mur et la camoufle partiellement d’un carton se trouvant à proximité. En regardant derrière lui, il quitte la zone, espérant que tout se déroulera comme il le prévoit. Quelques pas plus loin, il entre dans l’Auberge et commande un verre avec le ferme intention d’attendre seize heures paisiblement.
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Message(#) Sujet: Re: L'Affranchi [Eiki] Lun 19 Fév 2018 - 5:27

La tempête hurle de toutes ses forces. Les histoires racontent que les tempêtes du désert sont le fruit des dragons qui hurle. Le vacarme dans la capitale est impressionnant, les volets des fenêtres tremblent, dans les rues ont voient parfois une table poussée par le vent, mais qui ne quitte pas le sol. Dans le Désert, le crissement du sable serait suffisant pour bloquer ta vision. Le sable cacherait le soleil, l’air serait tellement poussiéreux que la respiration sans protection encrasse des poumons. Les hommes tombent parfois malade à force de respirer les bactéries de la terre. À Suna, c’est un peu différent, le vent souffle fort, mais les bâtiments nous protègent. Le vent souffle, mais pas le sable.

Je réfléchissais à ce que je devrais faire demain. Aller chercher le colis ne serait pas d’une difficulté étonnante. S’il n’était pas au point de rendez-vous, je devrais rendre visite à ce Jano. Le problème, c’était que malgré mes menaces, je ne voulais pas trop prendre sa famille dans les plans d’Haiiro. S’il en était, il y avait une raison, Jano devrait assumer, mais pas les autres. Ce ne serait pas trop difficile, je pourrais facilement remonter jusqu’à lui. L’autre possibilité était qu’il protège le colis. Ça, c’était un problème. J’allais demander aux petits gars, demain, s’ils voyaient un truc étrange, mais ne pas approcher trop. J’avais une pensée pour eux. Certes, ce n’était pas la pire des tempêtes, probablement loin des ouragans qui frappaient els côtes à ce qu’il parait, mais rien d’agréable.

Lorsque la tempête se transforma en pluie, le premier éclair apparu. J’allais dormir, mais cet évènement soudain m’éveilla. Je me levais alors que la pluie commençait à tomber. Dans cette saison, c’était rare de voir une adverse aussi intense, avec le tonnerre, dans un climat aussi sec, c’était rare. Je n’avais pas vu ça depuis des années à cette époque de l’année. Je restais là, quelques minutes, avant d’avoir une idée. J’avais mon idée pour demain. Je me recouchais dans mon lit en écoutant les éléments se déchaîner. Après quelques heures, la pluie s’arrêta, mais le vent continua. Je finis par m’endormir en écoutant se déchaîner le souffle du Désert. Demain matin….

Je me levais tôt, avec des difficultés. La nuit courte avait fait son effet. Je pris des vêtements amples, ceux que j’appelle « civiles ». Au lieu du cuir, je pris un chandail avec l’écharpe à capuche. J’hésitais un peu avant de prendre un rouleau de fil de fer, quelques kunaïs que je glissais sous l’écharpe à mon bras et je sélectionnais deux petits parchemins que je coinçais dans ma ceinture. Je cherchais les enfants des rues, sans les trouver. Ils s’étaient probablement cachés. Je pinçais les lèvres, agacé, puis inquiet pour eux, avant de me diriger sur le point de « rendez-vous ». La caisse est dans la ruelle. Je reniffle puis m’approche, la traversant sur toute la longueur, sans m’arrêter devant la caisse. À la sortie, je fais quelques pas en traversant la rue, les gens font le ménage dans la rue, retrouver les chaises et les tables des terrasses du coin qui se sont éparpillées. Je me mets en face et j’attends. Personne n’entre dans la ruelle et personne ne semble venir de l’autre extrémité. Je pousse un soupir de soulagement, puis revient dans la ruelle.

En approchant de la caisse, je ne peux pas m’empêcher de regarder un peu trop autour de moi. Personne en vue. Je m’approche de l’objet de ma convoitise, en écartant le carton. Je pince les lèvres quelques secondes en apercevant le bois abîmé sur le rebord de l’ouverture.

- « Merde… J’espère que t’as pas déconné, vieux bibard. »

En parlant, je sors le fil de métal que je coince entre mes lèvres. Je le fais dérouler en prenant un kunaï du même mouvement. J’attache le fil de fer à la caisse. Je pousse un petit soupir, regard un peu autour de mois. Des gens passent dans la rue, mais personne ne semble me regarder. Je ne dois pas être le seul pauvre type à fouiller les débris. Je glisse le kunaï dans la fente de la boîte, je fais passer le fil dans l’anneau d’un second kunaï que je plante dans le sol, puis je m’éloigne. Délicatement, je tire sur le fil pour que le kunaï dans l’ouverture fasse une espèce d’effet de levier. Le couvercle s’ouvre finalement… Aucun sceau ou piège ne se déclenche. Je m’approche en reniflant bruyamment avant de me pencher sur le contenant. L’intérieur à visiblement été fouillé et pas des plus délicatement. Je cherche la pièce… Après plusieurs minutes, rien. Je prends une grande inspiration, soulagé, avant de faire retomber bruyamment le couvercle.

Je ressors de la ruelle, pressée de rapporter ce colis à Haiiro. Je préfère en terminer avec cette histoire, le temps d’examiner la situation. Je dois avouer que je suis plutôt pressé d’avoir quelques heures pour y réfléchir. Je fais un effort. Je dois me montrer patient et calme, mais le côté double vie est un peu plus … stressant que ce que j’imaginais. J’en aie pris conscience pendant la nuit. Bon… Je souris en coin. Ce n’est pas la panique, mais je dois juste… y réfléchir, voir comment organiser tout ça. Il faut dire qu’au cours des derniers jours, tout s’est bousculer. J’ai aussi un calepin à examiner.

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