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 L'Affranchi [Eiki]

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Suna
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Message(#) Sujet: Re: L'Affranchi [Eiki] Sam 3 Mar 2018 - 14:44

Re-contexte:
 

Je n’ai pas réellement fermé l’œil de la nuit après cet étrange échange avec Kaito sur les toits et, ensuite, tous les bouleversements avec Monsieur P. Par après, simplement la marche des quartiers pauvres jusqu’à chez moi en passant par les labyrinthes près de la Basse-Ville où j’ai dû payer certains contacts. Ce n’est qu’aux premières lueurs du jour que j’ai pu enfin pénétrer au chaud chez moi.

Trempé jusqu’aux os, j’ai dû me sécher avant d’entrer sous les couvertures pour un maigre sommeil mouvementé durant lequel je pensais encore et encore à Nise et à ces motivations.

Quelque chose me dérange. Ce n’est pas réellement qu’il désire prendre part aux affaires en marge de la société, en parallèle à la loi établie, mais plutôt l’approche désinvolte et sans pression. C’est un monde horrible, dangereux, où les gens sont blessés, volés ou, pire, tués sans qu’ils ne refassent surface. Ce n’est pas le genre d’endroit où c’est possible d’être si détendu.

Ma paranoïa habituelle m’empêche d’apprécier l’aide de quelqu’un. C’est si difficile de faire confiance dans ce monde. À cette occasion, suis-je un mentor ou bien suis-je un bourreau? Est-ce que j’emmène Nise à son exécution?

Voyant que je n’arrive plus à dormir, je me relève. Il me faut le double du temps pour faire ma toilette et me préparer pour la journée qui risque d’être lourde et déplaisante, mais j’y arrive.

Avant de partir, j’attrape deux autres carnets, un à la couverture bleu et l’autre à la couverture verte. Je les glisse dans mes bottes et, après un long soupire, je quitte ma demeure. J’arrête à trois cafés en route pour Scorpioz où j’espère que Nise me rejoindre plus tôt que tard. Le trajet qui ne doit dépasser l’heure de marche m’en prend le double tellement je traine des pieds.

En cours de route, je croise mon reflet sur une vitrine. Je fais peine à voir. Je suis cerné et mon teint est maladif, encore plus blanc que les jours précédents. C’est comme si je n’arrivais pas à prendre du soleil.

« Une carafe de café alcoolisé et un croissant, » dis-je en entrant dans le pub mal famé, « et je prends ma salle habituelle. »

Je dépose une grasse poignée de billets.

« Un certain Nise viendra m’y rejoindre. Homme légèrement plus petit que moi à l’épaisse chevelure noire. Donnez-lui ce qu’il veut à manger et à boire. »

Une fois dans la salle, je m'installe mollement sur une chaise attendant ma commande. Je dépose les trois calepins sur la table: celui que j'avais déjà dans mon manteau, qui est rouge, et les deux autres cachés dans mes bottes.

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Message(#) Sujet: Re: L'Affranchi [Eiki] Lun 5 Mar 2018 - 5:56

En avançant, je regarde un instant autour de moi, m’arrêtant au bout de la ruelle. Je fronce les sourcils un instant. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai un doute, un élan de paranoïa diront certains. Je veux simplement regarder. Je touche la chaîne de métal, qui n’est pas très lourde, mais cliquette légèrement malgré le tissu qui l’entoure. Je fais un rapide tour de la rue, longeant les quartiers plus commerciaux, mais tout près du port. Je m’arrête un instant, regarde derrière moi, avant de me diriger vers une autre ruelle. Et là, je grimpe, je monte sur le toit arrondi du bâtiment. Je prends un instant pour me repérer. Le bruit dans la rue est audible, après la tempête, les gens ramassent. Je saute de toit en toit et m’approche de la ruelle où le colis a été laissé. Je me plaque, ventre au sol et j’attends. Changeant plusieurs fois de position, essayant d’économiser mon eau en surveillant la caisse.

Plusieurs heures s’écoulent. Le soleil commence à taper beaucoup plus fort sur le toit. Mes habitudes de nomades reprennent le dessus. Des mouvements amples, pas de gestes brusques, mais lents et vif. Pour les gens des autres pays, c’est l’attitude nonchalante. Pour les gens du Désert, c’est simplement comment nous bougeons pour éviter de dégager trop de chaleur. Rien, des heures durant. L’eau dans ma bouteille est terminée, les dernières gorgées que j’ai prises étant chaude comme de la pisse. Je reste là, encore, encore, jusqu’à ce que mes lèvres m’indiquent que j’ai assez attendu. C’était inutile… Je vais devoir revenir plus tard, Jano va sûrement revenir chercher sa caisse. Personne ne guettait.

En descendant du doigt, j’ai un léger étourdissement. Je pince le haut de ma main, ma peau garde la forme. Je suis légèrement déshydraté, ça ne fait aucun doute. Je pousse un soupir en avançant vers le point de rendez-vous. Je crains d’avoir fait attendre Haiiro pour rien. Mais s’il m’engueule, je pourrais toujours défendre ma décision. J’aurais une idée du genre d’homme qu’il est. Mais j’espère qu’il comprendra. J’arrive avec un peu plus d’une heure de retard, mais moins que ce que je croyais. Mes cheveux collent à mon crâne et malgré ma peau foncée, j’ai un peu de rougeur sur les lèvres.

- « Je viens le voir. Tu peux aussi me demander une carafe d’eau pour rendre heureux le pire de tes bibards ? Et des dattes ! Trois ! »

Je fouille dans ma poche pour prendre quelques ryô. On me fait un signe de la main en signe de refus, je comprends immédiatement qu’Haiiro a fait preuve d’une courtoisie plus que bienveillante envers moi. Je hoche la tête en la remerciant, puis je me dirige vers la salle. En montant, la carafe d’eau d’une main et les dattes coincés entre mon coude replié et mon corps, mon autre main touche le paquet. La chaîne cliquette un peu, comme d’habitude. Je cogne à la porte, puis j’entre après une courte attente de quelques secondes. Je m’approche de la table sans rien dire, dépose la carafe, les dattes sur une serviette pour s’essuyer. Je sors le colis de ma poche et le met sur la table avant d’aller m’assoir. J’ai un léger étourdissement en posant mon cul sur la chaise.

- « La caisse semblait avoir été ouverte, ou du moins elle était abîmée. Rien ne manquait et pas de pièges. Je suis resté au soleil pour voir si quelqu’un revenait, savoir si on nous jouait la chanson… »

En parlant, je pris la carafe d’eau et remplis un verre. Je pris quelques longues gorgées. De l’eau fraîche. Je déposais mon verre en baissant légèrement la tête, avec un petit raclement de gorge pour m’excuser. Je tendis la main vers le colis, pour le secouer en le faisant glisser sur la table. Un cliquetis très léger se fit entendre, confirmer sa présence. Je me permis de me reverser un verre d’eau en continuant de lui faire mon rapport.

- « Alors je n’ai pas ouvert le colis … C’est sûrement la caisse abîmée pendant le transport… »

En parlant, je faisais des gestes qui ne signifiait rien au vu de notre discussion. Pointant mes oreilles, puis le colis. Je me levais avec mon verre d’eau et en continuant de parler, je lui fis un petit signe de la tête. En faisant attention de ne pas éclabousser Haiiro, je versais l’eau sur le paquet. Ce n’était pas une technique imparable, mais les Sceau peuvent s’effacer, du moins, les plus simples, voire parfois se déclencher. Les Sceaux étaient faits parfois pour réagir à la présence humaine et avec des approximations simples de son artisan, de l’eau est suffisante pour les tromper, étant donné la quantité que nos corps contenaient. J’espérais aussi que si c’était autre chose qu’une chaîne, on m’arrêterait.

- « Alors… Ce n’est pas totalement sûr, mais si c’est notre contact, j’imagine qu’il n’a pas pu se payer un expert. Mais je vérifierais s’il n’y a pas un Sceau ou quelque chose qui peut s’activer. »

Je me rassis, me taisant enfin pour écouter ce qu’il avait à dire. Je tendis la main vers le fruit. Ma langue collait dans ma bouche quand je parlais et mes cordes vocales aussi, avec un ton légèrement râpeux, mais que quelques verres d’eau ne parviendraient à corriger. Je lui en tendis une, attendant patiemment qu’il la prenne ou la refuse, avant de me permettre de de vraiment m’abreuver, au calme, au lieu de me contenter de jouer pour un espion invisible. J’attendais, qu’Haiiro boive, avec une certaine impatience. Ce qui me donnerait la permission de boire…

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Message(#) Sujet: Re: L'Affranchi [Eiki] Mer 7 Mar 2018 - 18:34

Il faut un certain temps avant que Nise fasse son apparition. Durant ce moment seul, je revisite mes discussions avec Nise, perdu quelque part entre éveil et sommeil. Lorsque le serveur m’apporte le café et la pâtisserie, je me redresse, réalisant que je glissais doucement sur ma chaise. Je me verse aussitôt une tasse et avale en quelques bouchées le croissant.

*Il est toujours possible,* me dis-je en forçant mon regard sur la porte, *que Nise ne soit pas ce qui semble être, évidemment!*

En y réfléchissant bien, cet homme pourrait être un mafieux concurrent, un Shinobi me prenant en filature de son propre gré, un rival cherchant à prendre ma position ou bien même un homme d’une des familles cherchant à s’assurer de ma loyauté. Il est difficile, dans mon domaine, de réellement connaître qui que ce soit!

Après ce qui semble avoir duré des heures, l’homme du désert étant à la fois mon partenaire et mon mentoré ouvre la porte après avoir cogné. Il arrive avec une boîte, de l’eau et des fruits. Il m’offre une datte puis m’explique pourquoi le colis est dans un état étrange. Nise n’est pas un homme riche, de ce que j’aie pu apprendre de lui, et, donc, j’accepte la datte prenant en considération que, par rapport à ces moyens, c’est une grosse offrande.

Je hoche de la tête, une fois qu’il complète son récit, savourant une gorgée de café aux arômes de rhum. Je dépose la datte dans la coupole sur laquelle est posée la carafe et je me lève de ma chaise. Silencieusement, j’ouvre un des calepins, retrouve la note sur le nom de l’objet que Mag désire, NEVRO-4487, et la description qui s’étend sur plusieurs pages, selon mon code. Je redépose le carnet et glisse les trois vers Nise.

Je le fixe pendant un moment, cherchant à voir s’il me cache quelque chose.

Ensuite, je glisse le couvercle du reste et investigue le contenu. Il y a plusieurs outils, quelques morceaux de métal, des objets que je ne connais pas, mais rien ne ressemblant à une chaîne. Décidé à faire confiance à Nise, je tire la boîte plus près de moi et, un par un, je retire les instruments et autres appareillages en cherchant sur chacun d’entre eux une indication de leur nom ou leur numéro.

Après plusieurs minutes, la boîte est vide et l’objet en question brille de son absence.

Mes yeux se lèvent et plongent dans ceux de Nise, le questionnant du regard. Sans dire quoi que ce soit, je dépose calmement la caisse à côté de moi, sort mon paquet de cigarette, en allume une, prends une gorgée de café, mords dans la datte et avale avant de prendre parole, cherchant à apporter une tension déplaisante.

J’inspire.

« Raconte-moi, » ordonné-je d’un ton ferme.
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Message(#) Sujet: Re: L'Affranchi [Eiki] Ven 9 Mar 2018 - 22:39

Dès que Haiiro me tend les carnet, je hoche la tête. Je termine d’avaler goulument mon verre d’eau avant de les ouvrir. Je commence à chercher des indices sur les dates ou le temps, ne serait-ce que pour déterminer qui est le premier venu parmi ces calepins. J’essaie de me repérer, en jetant un coup d’œil fréquent vers Haiiro. Ce dernier semble moins… ouvert. Il est visiblement soucieux. J’imagine qu’il a aussi ses problèmes. Je regarde mon mentor fouiller le colis, sortant des objets. Il dépose la boîte et prend une cigarette de son paquet. Il reste silencieux, je fronce alors les sourcils en quittant les carnets. Je prends quelques secondes pour comprendre ce qui se passe. Pendant le silence, je me contente d’empiler les carnets puis de les déposer devant lui avec une certaine mauvaise humeur dans le geste.

À son ordre, je me contente de prendre le pichet. De poser ma bouteille sur la table et de la remplir, non sans quelques gouttes qui longe la paroi de verre. Je me serre un dernier verre d’eau que j’avale très rapidement. En remettant ma bouteille à ma taille, je me permet enfin de parler, dissipant le silence lourd.

- « Je vais te raconter l’histoire d’un béjaune qui a passé plus de une heure sur un toit à se faire taper le soleil. Alors qu’il a été juste trop bibe pour regarder dans une boîte pour vérifier. Là, le béjaune en question, il va aller faire cracher quelqu’un au bassinet. »

En disant ça, je me lève de la table. Je fixe Haiiro un instant, attendant une espèce de permission ou un signe de désaccord. Ma mâchoire est toujours serrée. Je suis surtout furieux d’avoir été aussi stupide. J’aurais juste pu vérifier, ça m’aurait pris moins d’une minute. Mais je me suis fait avoir comme un con, trop occupé à me préoccuper de l’état de la caisse. En plus, c’était logique. C’est parfaitement logique. Je ferme mes yeux une demi-seconde, juste le temps de faire un effort pour reprendre mes esprits. J’hoche la tête, plus pour moi-même.

- « Alors… Je vais pas aller chez lui. Il a certainement déplacé ses proches. Sinon, c’est qu’il s’en fout. Je pense pas que le colis est une valeur importante sans nous. Il ne va pas se sauver avec, alors il va chercher à nous contacter pour nous jouer une chanson. Je vais essayer de savoir sa position avant d’aller l’attendre au point de la caisse. C’est sûrement là qu’il va essayer de me contacter, mais il peut bien attendre. Vu qu’il est occupé, il ne doit pas bosser aujourd’hui. Alors je vais aller à son boulot, demander des informations, puis aux voisins, voir quand ils sont partis. »

J’ai encore la peau légèrement rouge à cause du soleil. L’idée d’aller m’assoir dans cette ruelle ne me fait pas plaisir. Si je reste passif, je lui donne main mise sur ce qui se passe. Si je peux avoir quelques informations, ce serait bien mieux. Mon plan est relativement simple : demander des informations aux collègues, puis aux voisins. Dans tous les cas, Jano ne va pas partir, la chaîne ne veut rien sans nous ou très peu. Un objet difficile à vendre. Pour la même raison, je doute qu’un inconnu est juste pris la chaîne, comme ça, sans raison. Donc il va attendre, pour pouvoir nous contacter. Il va sûrement essayer de se protéger sur le lieu du rendez-vous improvisé, alors il vaut mieux savoir ce qu’il a fait dans les dernières heures. Je vais demander à nos petits gaillards de la rue, ils savent certainement quelque chose et ils ont dus sortir de leur trou à cette heure…
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Message(#) Sujet: Re: L'Affranchi [Eiki] Sam 10 Mar 2018 - 16:19

« J’ai une idée, » lui dis-je, après avoir écouté son récit, tout en expirant une large bouffée de cigarette hors de son visage.

Je glisse ma main dans mon manteau, gardant l’expression la plus neutre possible, et j’en sors mon bandeau de Shinobi. Je le jette nonchalant sur la table, surveillant sa réaction avidement.

« C’est un outil très utile pour faire parler les gens. Tu n’as qu’à dire que tu es en mission officielle pour le Seigneur du Vent. »

Je m’appuie sur mes coudes, m’avançant vers lui.

« Toutefois, tiens-toi le pour dit, usurper l’identité d’un Shinobi ou se faire passer pour tel est un grave affront pour la nation. C’est presqu’aussi grave que le meurtre! »

Sans perdre le contact visuel, je prends une gorgée de café.

« Si jamais tu en veux un, je peux t’en faire fabriquer un à moindre coût. »

Je dépose la tasse et prends ce qu’il reste du fruit. Je mords dedans. Le liquide sucré et juteux me surprend, changeant légèrement mon expression. Je dois essuyer mes lèvres du rebord de ma manche.

« Aimerais-tu que j’envoie quelqu’un avec toi? Tu as l’air épuisé, à bout, » continué-je, cherchant encore à voir si Nise possède une faiblesse que je devrai exploiter. « Tu sais, tu n’as pas à tout faire seul. »

Je marque une légère pause, montant la cigarette à ma bouche sans pour autant en prendre une touche.

« Peut-être es-tu comme moi. Je suis ainsi aussi! Je préfère faire les choses seul, à ma manière. »

J’inspire la fumée.

« Tout ce que je veux ce sont des résultats, Nise. Tu as jusqu’à ce soir, » terminé-je en expirant un épais nuage de fumée bleutée qui reste en suspens comme la menace que j’insinue.

C’est un pari très risqué que je fais. Nise est-il véritablement l’homme que je crois qu’il est ou bien veut-il seulement jouer dans notre monde pour une journée?
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Message(#) Sujet: Re: L'Affranchi [Eiki] Dim 18 Mar 2018 - 9:17

Je restais là à attendre son signal, du moins, sa permission, si on peut dire comme ça. Après tout, il avait plus d’expériences que moi dans ce domaine et pouvait voir venir, probablement mieux que moi… Pour le moment. Beaucoup plus calme, Haiiro prend une grande inspiration et souffle la fumée de sa cigarette, m’intimant d’attendre un peu. Il a l’air beaucoup plus calme que moi par rapport à la situation. Je fronce brièvement les sourcils alors qu’il fouille dans son manteau. En le voyant sortir le bandeau, je me contente de serrer les dents. À quoi joue t’il ? Je pince mes lèvres, en relevant les yeux vers lui. Je le regarde me fixer des yeux, retroussant mon nez une seconde.

- « Je ne suis pas venu te voir parce que je voue un respect aveugle à un morceau de métal sur du tissu, Haiiro. Je n’ai pas l’intention d’encourager ce genre de vénération… »

Je repoussais le bandeau qu’il me tendait en soutenant son regard. Le fixant à mon tour quelques secondes, puis je me contentais de sourire légèrement à son commentaire sur sa fatigue. Il n’avait pas tort. Ma fierté me criait que c’était un piège ou que je devais faire tout le contraire. Je pris une brève inspiration en fouillant aussi dans ma poche pour sortir de ma poche quelques ryôs donné la veille. Avec un sourire amusé, mais surtout un peu blagueur, je tendis ma main ouverte.

- « C’est tout ce que je peux donner pour de l’aide. Je pense que je vais devoir m’en passer… »

Je refermais ma main, achevant de chiffonner les billets que je glissais ensuite dans ma poche. Je me détournais de lui pour repartir d’où j’étais venu, sortant de la salle pour me diriger vers l’extérieur. Il était presque midi et la plupart des gens ramassait toujours les débris dans la rue. Le soleil tapait toujours fort. À cette heure, les rues sont beaucoup plus calmes habituellement. Les gens de Suna ont un rythme de vie légèrement décalé des autres habitants du continent à cause de la chaleur du Désert. Je fis quelques pas en me dirigeant vers le quartier des enfants faisant un crochet vers une épicerie ouverte pour acheter du pain et des fruits.

Je ne mis pas longtemps dans les quartiers résidentiels pour les trouver. Cette partie de la capitale était très dense, des bâtiments de plusieurs étages se pressaient les uns sur les autres. Les rues portaient encore les traces de la tempête, mais le plus gros avait été fait ici aussi. Je me mis à leur recherche, cherchant les coins où ils trainaient un peu plus. Je m’enfonçais entre deux bâtiments, près des édifices dont les rez-de-chaussée étaient quasiment abandonnés malgré la vie sur les étages supérieures. Les enfants traînaient souvent ici. L’un d’eux vint me voir au bout de presque une heure, me demandant ce que j’avais pour eux. Je lui lançais une orange en soulevant légèrement la miche de pain, sans lui donner. Il hocha la tête pour me faire signe qu’il écoutait.

- « Alors les gars, j’ai besoin de vous encore une fois… Je cherche un type, il s’appelle Jano. Il travaille probablement au port à côté. Sa famille habite un peu plus loin, mais il a probablement dégagé. En ce moment, il doit être dans le port, un endroit discret. Tu vas certainement voir des gars devant une porte et peut-être d’autres qui surveillent les toits. Le gars a peut-être un type, seul chez lui, tu peux me confirmer tout ça et trouver l’endroit avec ses gros-bras ? »

L’enfant d’apparence sale, qui m’avait fait un grand sourire charmeur avec la nourriture se contenta de froncer les sourcils. Visiblement, il évaluait le boulot que ça lui demanderait à lui et sa bande. Il me lâcha un petit « ça va te coûter plus cher », je me contentai de sourire, entendu avec lui. Ils avaient probablement déjà une partie des informations, mais ils essayaient de me faire cracher au bassinet. C’était de bonne guerre. Il partit rapidement. Le coin et celui du port était leur domaine : c’est là qu’on pouvait trouver le plus de trucs. Je retournais acheter un peu de bouffe, finissant mes économies pour la semaine. Une autre heure plus tard, ils étaient revenus me voir. Il me confirma qu’un gars attendait près de son appartement, il me signala aussi des activités suspectes au port. Une près d’un grand entrepôt, une autre dans une des maisons abandonnées qui avait été rachetée lors du changement de la capitale en Suna, mais était resté inutilisé par les entreprises du port.

Je hochais la tête en déposant le grand sac de papier brun contenant beaucoup de victuailles. Le garçonnet me regarda, un peu étonné, avant de se reprendre. Je me contentais de sourire en lui faisant signe de tout prendre. Je le payais largement plus que ce qu’il fallait. Après la tempête et avec ce paiement, ce serait une période d’opulence pour sa bande. Pas pour moi… Au moins, les petits pourraient se débrouiller un moment. Si je continuais comme ça, je deviendrais leur vache à lait. Je fis quelques pas dans la rue, malgré le soleil qui me chauffait déjà. Ma bouteille d’eau avait été bien entamé. J’avais besoin d’informations… Je ne voulais pas me présenter chez lui. L’homme là-bas devait certainement être le point de contact. Il l’avait mis là en espérant que je me présente, pour faire son chantage. Les deux autres endroits semblaient proches de son secteur de travail, mais si j’allais à la mauvaise, je risquais de l’alerter.

Je m’étais arrêté sans m’en rendre compte, mon esprit tournant rapidement en rond. Je pourrais y aller, observer, confirmer et rentrer. Ce serait simple et efficace. Même avec des gros bras, je doutais d’avoir beaucoup de difficulté. Je m’étais bien amélioré depuis mon arrivée et… Jano ne savait rien de moi. Par contre… Est-ce que c’était la technique la plus efficace et acceptable pour Haiiro. J’avais refusé le bandeau pour éviter de lier Haiiro à mon rôle de Genin. Le lier à un éclat de violence ne serait guère mieux. Je faisais peut-être erreur, mais si on éveillait l’attention des autorités en semant des cadavres, ce ne serait pas mieux. Je me refusais à utiliser les enfants comme diversion, malgré leur sens de la débrouillardise, ils pourraient faire les frais plus tard. Je pris un parchemin à ma ceinture, enfouie dans le tissu, je l’extirpais de là. Je l’examinais pensif, avant de hocher la tête et me diriger vers la maison de Jano. Je cognais à sa porte. J’entendais, à travers les murs minces, le son des voisins malgré les portes. On s’agita un peu à l’intérieur. On semblait hésiter, puis la porte s’entrouvrit. Au lieu du garçonnet, je vis un homme au visage bruni par les longues heures au soleil. Je haussais le sourcil.

- « Tu travailles pour Jano. Il écrit le montant là-dessus. Pas autre chose, au cas où il essaie de jouer le bige. Je veux bien marcher dans son p’tit jeu, mais qu’il pousse pas. »

L’homme est un peu surpris par mon approche directe, il fronce les sourcils, puis hoche la tête, circonspect. Il sort la main à l’extérieur et je lui remets le parchemin. Je reste là à le fixer. Il hoche de nouveau la tête et referme la porte. J’attends de l’entendre s’éloigner avant de me retourner et de partir. Je descends les escaliers et retourne au soleil. Je cherche un instant autour de moi, soupirant en sentant de nouveau le soleil de l’après-midi. Je me dirige rapidement vers le coin de la rue, en jetant un regard par-dessus mon épaule. Vers la fenêtre de l’appartement, je peux voir une silhouette qui observe. Je me contente de faire une moue avant de m’éloigner encore un peu plus. Je finis par faire un léger détour et je m’adresse à un homme qui essaie de ranger les chaises. Je m’approche, souriant et lui demande s’il veut de l’aide. Le vieil homme accepte. De là, j’observe l’entrée du bâtiment de Jano. Après une trentaine de minutes, l’homme ressort. J’aide le vieil homme, m’excuse et je le laisse en plant.

Je suis rapidement l’homme, il se dirige vers le port, me confirmant que mes victuailles ont bien payés. Je conserve une bonne distance avec lui, mais dès qu’il tourne un coin, j’accélère pour réduire la distance. Je recommence mon manège, évitant de le coller dans les lignes droites et accélérant dès que je le perds de vue. Au début, il est nerveux, regarde autour de lui, mais ne me remarque pas. L’homme se dirige vers le deuxième bâtiment. Deux gars à l’extérieur l’attendent. Je reste là, sans rien dire ou faire. L’un des gars rentre à l’intérieur. J’attends, longuement, ne pouvant retenir l’agitation de ma jambe qui s’agite. Allez. Allez. Soudainement, j’entends plusieurs jurons.

Sans attendre, je me dirige vers le gaillard, en ligne droite vers lui, mais en regardant autour de moi, comme si j’étais nerveux. En approchant, le gars lève la main pour me faire signe de m’arrêter. Je ne suis pas un spécialiste du Taïjutsu, mais rien dans cet homme n’inspire le savoir-faire, sauf celui des bagarres de taverne. Je me saisis de son petit-doigt, le tord violement, de manière à lui forcer à plier le coude et tourner le poignet à sa limite. Par réflexe, il suit mon mouvement. D’un coup sur le côté du genou, je le force à plier. Il se retrouve à genoux, la main tordu, mon autre main qui pousse sur son menton pour le forcer à tourner la tête dans l’autre sens.

- « Ferme ta gueule. »

Le ton est sec. Mais l’homme s’agite. Je lui donne un violent coup de mon propre genou sur son nez. Le coup le fait violement saigner du nez, un deuxième le fait dodeliner de la tête. Il devient moue. J’en profite pour le repousser sur le côté. À peine touche t’il le sol, que je le vois reprendre conscience. Je prends un kunaî que je cale dans la serrure. Un coup de pied sur le kunaï la fait sauter. J’entre dans la sale, je vois trois gaillards, Jano. Ils s’arrêtent de jurer et me regarde fixement. J’entends simplement le son d’un liquide épais qui goutte d’eux sur le sol de ciment. Il semble qu’il est voulu écrire le montant.

- « Alors mon lapin ? Tu voulais me faire cracher au bassinet plus que je t’ai payé ? Tu aurais pu demander poliment… Là, on a dépassé l’étape des négociations, béjaune ! »

Malgré ma barbe et mes habits qui pourraient presque me faire passer pour un de ces sages du Désert, du moins tel que l’imagine les étrangers, je ne dois pas être très intimidant. Mais il ne fait aucun doute que mon entrée a fait son petit effet. J’ai les bras écartés, comme si je voulais le serrer dans mes bras. Un bref silence s’installe. Les hommes échangent un regard, puis Jano rit doucement.

- « Alors toi, tu es con comme un balai. Tu crois que tu vas pouvoir nous avoir nous quatres ? »

Les gars se mettre à rire, visiblement rassurer. Je les regarde à tour de rôle. Effectivement, celui de la porte, j’avais l’avantage de la surprise. Là, c’est une autre histoire. J’entends d’ailleurs le gars à l’extérieur qui a repris conscience. Son souffle est poisseux à cause de son nez sanguinolent. Je secoue la tête de gauche à droite en souriant en coin. Je lève ma main, paume ouverte vers eux en émettant un son de langue désapprobateur. Je lève mes deux mains comme ça et je les regarde un instant. Mentalement, je compte. Un derrière, un légèrement sur ma droite, deux devant et Jano en plus. Seul celui derrière n’est pas couvert de liquide.

- « C’est de l’huile qui vous recouvre, toi et tes gars. De l’huile hautement inflammable… Ça vient du parchemin… »

Je vois une seconde d’hésitation. Les hommes sont incertains, Jano un peu plus. Sa position est légèrement derrière ses gars. Il espère probablement qu’en cas d’attaque, il ne sera pas touché par la source d’ignition. Je le fixe un instant en secouant la tête une nouvelle fois. Il fait un simple pas, ses yeux plantés dans les miens, me mettant visiblement au défi.

- « Jano. Les ryôs que tu as fourré dans ta poche hier… Ils peuvent s’enflammer n’importe quand. Et vu l’huile partout… Je pense que vous brûlerez tous. »

Je les regarde à tour de rôle. Deux sont devenus pâles. Jano porte la main à sa poche, confirmant mes doutes. Le fait qu’il porte les mêmes vêtements qu’hier m’en laissait déjà peu. Je tends ma main et lui fait signe avec mes doigts. Il me regarde, cette fois, ce n’ait plus son allure mesquine, mais bien un regard rempli de peur qu’il me jette. Il fait un pas vers la caisse où mon parchemin se trouve. Il prend la chaîne juste à côté. C’est une petite chaîne, environ 1 mètre. Elle faisait un cercle. Les anneaux se suivaient en parallèle et entre les deux chaînes, des espèces de tige les retenaient ensemble à la perpendiculaire. Il la dépose dans ma main. Je hoche la tête en faisant quelques pas vers la sortie. Jano fait signe au gardien de la porte de dégager le passage.

- « Je suis de bonne humeur… Tu peux garder les ryôs d’hier. »

Je ne peux pas retenir mon sourire moqueur. Je sors par la porte, ralentissant pour éviter de tomber, puis je la referme. Immédiatement après, je prends mes jambes à mon cou. Il est temps de dégager de là. Le soleil prend déjà une teinte orangée. J’espère qu’Haiiro a la soirée tard. Je fais rapidement le tour des rues, en m’éloignant de ma destination. Je veux éviter d’être suivi. Je m’arrête après quelques coins de rues, le temps de reprendre mon souffle. Cette fois, mon visage me brûle. Je me présente à l’endroit où Haiiro m’a donné ma mission, cette fois, je demande encore une carafe d’eau, mais pas de nourriture. Je cogne brièvement, mais j’attends un peu moins longtemps avant d’ouvrir la porte. J’entre et m’arrête dans l’embrasure de la porte, juste au cas où, me rappelant qu’il est peut-être avec quelqu’un.

C’est avec le visage rougit par les coups de soleil, malgré mon teint du Désert que je lui fais mon rapport une fois seuls, en omettant d’expliquer tous les détails sur mes méthodes, mais en lui expliquant comment j’ai demandé aux garçons des rues, comment j’ai pris rendez-vous avec Jano et en disant que j’ai « négocié sans frais » supplémentaire. Je me décide enfin de lui remettre la chaîne. J’attends patiemment son jugement, me doutant qu’il critiquera l’absence de punition, mais vu le temps accordé et mes moyens… J’espère qu’il sera indulgent.
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Message(#) Sujet: Re: L'Affranchi [Eiki] Mer 21 Mar 2018 - 17:13

Je fais glisser la chaîne entre mes doigts, cherchant son code : le fatidique NEVRO-4487. L’objet était différent de ce que je croyais, plus long et étrangement conçu. C’est évidemment quelque chose d’unique ou, du moins, de rare. Puis, sous un des cercles, près d’une des tiges, je trouve la marque.

Je hoche de la tête et revient à Nise.

Sa peau ressemble à du cuir. Mes sourcils se froncent, mais je ne soulève pas. Il est sûrement plus conscient de ses limites que je ne peux l’être.

« Bien, » dis-je. « C’est l’item dont Mag a besoin. »

J’allume une cigarette et prends une gorgée de café.

L’attente a valu la peine. Ma fatigue est importante, mais l’homme me semble terriblement plus épuisé que je ne le suis. Il faut dire que j’ai fait venir à moi toutes mes rencontres de la journée. Caché du soleil et de cette chaleur suffocante, j’ai bu du café et de l’eau dans ce local-ci, détendu et loin des épreuves de la ville.

« Tu as complété ton premier acte criminel, » continué-je, soufflant la fumée du coin de la bouche. « Comment tu sens-tu? »

Je m’avance, dépose la chaîne près de la carafe de café, pousse les carnets vers lui et appuie mes avant-bras contre le bord de la table, joignant mes mains sous mon menton.

« Aimerais-tu continuer? »

Je l’observe s’hydrater pendant un instant.

« Et, surtout, combien désires-tu? Je sais que tu ne sais pas exactement ce à quoi tu pourrais avoir droit, mais tu peux parler en termes de milliers de Ryôs ou de pourcentage, » conclus-je avec un sourire subtil caché par mes mains.

La cigarette toujours entre mes mains cache un de mes yeux, mais la fumée s’élève et ne m’aveugle pas. Une fois de plus, je le jauge, me demandant si je peux réellement lui faire confiance et quels sont ses objectifs.

*Est-il réellement ce voyageur ou nomade qui ne cherche qu’à comprendre ce qui se déroule sous la croûte Sunajin ou bien est-il un danger pour moi?*

L’établissement, malgré l’heure, est remarquablement vide. Ma fatigue et mon ivresse se combinent à ma paranoïa habituelle; je trouve curieux – invraisemblable même – qu’un bar si près des remparts soit si silencieux. L’idée d’une embuscade flotte la durée d’un instant avant que je ne la laisse s’évaporer, attendant que mon partenaire de l’heure termine sa consommation et réponde à mes questions.
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Message(#) Sujet: Re: L'Affranchi [Eiki] Jeu 22 Mar 2018 - 2:13

Ma peau brûlait, elle était rougit, ça s’est sûr. Si quelqu’un avait appuyé dessus, malgré mon teint hâlés, les traces blanches de ses doigts auraient pris quelques secondes pour disparaître. Pourtant, j’étais content de moi. Surtout qu’Haiiro me fit le bonheur de ne pas m’affliger des remontrances ou quelques jeux factices de mentor. Je me permis de prendre de grande gorgée dans la carafe, moins assoiffé que lors de mon arrivée du matin, mais je savais mon corps déshydraté. À ses quelques commentaires et sa question sur la légalité, je m’interrompis et me contenta de hausser les épaules avant de lui répondre.

- « Ça dépend de qui est l’autorité. Les règles changent en fonction des villages que j’ai visité, parfois. Pour le moment, je le vis plutôt bien… J’imagine que ça va dépendre des autres pour la continuité de mon bien-être. »

En disant cela, je le regardais, mais sans le fixer. Mon but n’était pas de mettre en doute sa fiabilité en lui, mais juste de mentionner ma nervosité par rapport à ceux que je côtoyais. J’imagine que pour lui c’était la même chose. Selon ce qu’il m’avait expliqué la veille, la criminalité avait ses propres règles et tant qu’on les respectait, on pouvait relativement bien vivre avec nos confrères. Par contre, le danger, c’était ceux qui ne respectaient pas les règles, ceux qui trahissaient en dehors de ce monde. En à peine 24 heures, c’était la pensée principale qui m’avait obsédé, le reste ne me semblant pas si différent de ce que je vivais au quotidien avant…

Ce premier pas. Soudainement, je comprenais que ma vie avait partiellement basculée aujourd’hui. Bien sûr, j’en avais conscience avant de venir et d’aller le rencontrer. Mais maintenant, pendant une brève seconde, je sentis une légère nervosité. J’allais devoir apprendre à vivre avec ce sentiment ou le dissiper au fil du temps. Pourtant, il me suffisait de voir les rues, de penser aux enfants que j’avais nourris, pour comprendre que je pouvais me tenir la tête haute. Le sentiment d’être étranger à Suna, à appartenir aux vastes étendues Désert, trouvait une espèce de réponse à la situation.

- « Pas aujourd’hui, Haiiro. Je veux dormir un peu et me trouver un coin sombre pour me cacher. »

En disant cela, je pinçais le haut de ma main. Non seulement la peau pris quelques secondes pour retrouver sa trace d’origine, mais le coup de soleil laissa une marque bien blanche qui marquait sur mon teint. Je me contentais de rire un peu. D’un geste de la tête, je désigne la chaise pour lui signaler que je vais m’assoir et me servir un verre d’eau. Je m’exécute en avalant plus doucement le breuvage. Je hoche la tête satisfait en remarquant le goût du citron que la serveuse a pris la liberté d’ajouté, rendant le goût plus rafraichissant. Mentalement, je la remercie de cette gentillesse improvisée, mais bienvenue.

- « Le problème avec les pourcentages, c’est que je ne sais pas si tu essaie de me passer un soltif en les diminuant. C’est difficile de savoir ce que vaut mon boulot dans tes projets. Par contre, le paiement en ryôs, ça me donne juste une idée de combien les autres te feraient cracher au bassinet. Je suis venu aussi candide qu’un poupon, alors je vais te faire confiance, tu ne m’as pas donné raison de croire que tu essayais de m’entourlouper. Je vais opter pour le pourcentage. »

La décision est rapidement prise de mon côté. Je m’adosse légèrement à la chaise, mettant la main sur une de mes poches. La datte survivante se fait sentir sous mes doigts. Je glisse la main à l’intérieur et sort le fruit survivant que je déchire entre mes doigts. Je croque sa chaire. Haiiro semble soucieux, mais n’ayant pas l’habitude du coin, je suis moins nerveux par rapport au peu d’activité. J’essuie mes doigts sur mon torse après les avoirs léchés, puis je gratte ma barbe quelques instants.

- « Je vais te laisser, mais si tu veux me contacter, j’essaierai de passer souvent ici. Je vais être transparent avec toi, je veux t’aider, mais j’en ai surtout assez de voir des militaires se pavaner sans être efficaces… »

En disant cela, je secouais la tête lentement, presque tristement. Je me levais, voyant bien que mon interlocuteur avait eu aussi son lot de problèmes durant la journée. De mon côté, je dois bien avouer qu’une bonne douche et mon lit me faisait envie, mais j’avais surtout besoin de réfléchir à tout ça. À la fois de ce qui allait se passer avec Haiiro, mais aussi savoir ce que j’espérais au fond de tout cela. Enfin, je savais que je voulais être ici, mais j’avais besoin de clarifier certains… points futurs. Je tendis la main pour serrer la sienne plein de reconnaissances.
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Message(#) Sujet: Re: L'Affranchi [Eiki] Jeu 22 Mar 2018 - 17:45

Nise en a assez pour la journée, moi aussi d’ailleurs. Je souris subtilement face à ce qu’il dit. Je me lève, fouille dans la poche de mon manteau, y retire la trentaine de billets que j’avais sortis, plus tôt, lorsque Monsieur P m’avait donné l’enveloppe, et lui donne en lui serrant la main.

« C’est peu, je dois l’admettre, » expliqué-je en retirant ma main. « Environ trois milles ryôs. Toutefois, ça correspond à tes attentes : suffisamment pour vivre plus confortablement sans que ça ne devienne un "excès pour flatter ton égo". »

Je le regarde un moment encore, notant sa crasse et sa rougeur.

« Tu as travaillé plus fort que plusieurs de mes partenaires, Nise. J’espère te revoir bientôt, » conclus-je sur un ton plus doux avant de me tourner et de reprendre mes calepins, les rangeant dans ma veste avec mon bandeau, l’enveloppe, mon portefeuille, mon paquet de cigarette à moitié vide et mon briquet.

Je prends une gorgée de café, terminant ma tasse d’un trait, et une bouffée de cigarette en observant l’homme quitter la salle.

Par la suite, je reprends place à la table, me sert un nouveau café, et commence à crypter mes notes suivant mon code, tout en m’interrogeant sur ma place dans la hiérarchie de la pègre et, par conséquent, celle de Nise.

Il n’a pas de contrat avec moi et je ne suis pas un membre d’une famille, je n’ai pas encore été fait Kobun. À tout moment, je peux me retourner contre la mafia et tenter de prendre le contrôle! Sauf qu’ils sont des centaines et tous tapis dans l’ombre. Vaut-il mieux gravir les échelons naturellement, en prouvant ma valeur ça et là, ou bien tenter le tout pour le tout? Suis-je mieux de m’entourer de gens compétents, délaissant un peu de contrôle?

*Et, quant est-il de Tetsu?*
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Message(#) Sujet: Re: L'Affranchi [Eiki]

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L'Affranchi [Eiki]

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