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 Forever Alone [Kuchiyose] feat. Hoot-Hoot and the Gang

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Message(#) Sujet: Forever Alone [Kuchiyose] feat. Hoot-Hoot and the Gang Ven 20 Avr - 0:59

Log 62 : Mean little Eyes


Pas un bruit. C'est la nuit. Enfant j'aimais écouter la forêt, mais elle me faisait peur. C'était avant qu'elle fourmille de shinobis prêts à tuer dans une croisade insensée. Non, ce qui me faisait peur, c'était les bruits, et le noir. Le noir, c'est plus effrayant que la couleur, le noir, sa te donne envie d'imaginer, et dieu sait que l'imagination est efficace. On change les chèvres en dragons pour peu qu'on s'en donne la peine. Mais les bruits, c'est pas mieux. Ces craquements sinistres, ces bruissements rapides, comme si on cherchait à fuir le regard ou à se préparer à bondir. La forêt est fascinante. On peut y apprendre beaucoup sur la société, sur le fonctionnement de la vie. Mais je n'avais jamais mesuré qu'on puisse en faire un chez-soi. Pour moi, cet endroit appartenait à l'animal qui ne saurait chercher mieux, même s'il le souhaitait.

Ce ne sont que des bêtes, je me trompe ? Terriblement, oh terriblement. Comme Tsura. Non pas comme lui.


Un pas derrière l'autre, continua de penser le Blond, alors qu'il trébucha sur une énième racine et continua laborieusement son chemin. Il lui restait quoi, seulement un pays et demi à traverser ? Seulement des heures et des heures de marche pour pouvoir se reposer. Parce que pour l'instant, ce n'était pas la joie. Kenji revenait péniblement d'une mission qui avait mal tourné à Kumo. Envoyé dans un musée pour inspecter des objets qui auraient attisés la convoitise, il était plutôt tombé dans un piège sournois. On avait cherché à le capturer, mais pas pour lui. Les partisans s'intéressaient davantage à Tsura, l'âme meurtrière qui cohabitait son corps. Plusieurs questions avaient explosées à la lisière de son esprit. Comment savaient-ils ? Pouvaient-ils le sentir ? Mais surtout, pourquoi souhaiter parler à Tsura ? Le blond avait interrogé la créature qui était maintenant muette depuis au moins douze heures. Il s'était donc enfui et avait semé ses poursuivants, mais non sans dommages. Quatre contre un, ce n'est pas ce qu'on peut appeler un combat équitable. Son épaule et son bras droit avait été happés par une boule de feu, un kunaî avait laissé une plaie béante dans son flanc. Ce ne serait pas si mal s'il n'avait pas dû courir pendant des heures pour essayer d'échapper aux poursuivants. Et ce n'était pas terminé. Kenji avait la conviction qu'ils le cherchaient, étaient quelque part dans cette forêt à retourner chaque feuillage dans l'espoir de trouver son cadavre. C'est qu'il aurait dû être mort à l'heure qu'il est. Pourquoi vivait-il toujours ? Quelque chose lui faisait mettre un pied devant l'autre, sans arrêt, sans pause. Ce n'était même pas de l'espoir, c'était juste..Marcher. Un bruit dans le noir le fit sursauter, il s'appuya à un arbre en essayant de ne pas tomber. S'il tombait, serait-il seulement à même de se relever ? Le blond sentait toujours le sang faire des minuscules rivières dont l'océan était le bout de ses doigts. Combien de sang avait-il perdu ? Ou plutôt, combien lui en restait-il ?

À force de vivre avec un meurtrier, Kenji avait toujours l'impression de vivre à côté de la mort. Après tout, Tsura n'était-il pas, à la base, qu'un faucheur ? Il avait vécu certes, mais c'était encore et toujours un apporteur de mort. Mais dans cet état, c'était différent. Il se sentait tout simplement mort, il ne faisait qu'un avec elle, avec Tsura. C'était d'un calme étrange, qui ne ressemble en rien à la violence qui avait secoué le musée il y a dix heures. Juste cette étrange envie de dormir, ce genre de sommeil sans rêve dont on ne ressort que revitalisé, rajeuni.

Mais la blond n'était pas sot au point de ne pas savoir que c'était un sommeil éternel qui l'attendait, s'il osait fermer l'oeil. Il s'arrêta, essaya de concentrer ses sens. Il ne voyait rien à plus d'un mètre. Étais-ce du brouillard qui s'installait ? Misère, bientôt il n'aurait même plus la lumière des étoiles pour se diriger dans cette dense forêt. Le chuunin blessé s'était taillé un bâton sur lequel il s'appuyait lourdement à chaque pas. Même en l'allégeant à l'aide de son chakra, la simple pression sur son bras blessé l'élançait douloureusement, le réveillait pendant un instant de la léthargie dû au manque de sang. Il avait essayé de changer de main, mais s'appuyer du côté de sa blessure au ventre était encore pire. Le blond avait eu cette horrible image d'intestins qui se déverse d'une blessure aussi large. Il avait déchiré son gilet et avait fortement serré un lambeau autour de son ventre. Il ne connaissait rien à la médecine, mais avait suffisamment de logique pour savoir que voir ses propres intestins n'était pas une bonne nouvelle en soi.

Puis, il avait soif, horriblement soif. Il n'avait croisé une seule rivière sur son chemin, et l'eau boueuse des marais l'aurait davantage rendu malade que tout autre chose. Par chance, l'envie de manger avait complètement disparue, peut-être un résultat de la pensée sur les intestins. Un problème de réglé au moins ! Il eut envie de rire mais la douleur transformer le son en hoquètement silencieux. Un autre bruit lui fit tourner la tête et Kenji se demanda s'il ne commençait pas à imaginer des choses. Peut-être que son état créait des hallucinations ?

* Tout ce qui se passe, Kenji, c'est que t'es sur le point de crever...*

* You don't say ? Tu as remarqué ça tout seul ? *

* Je sais ce que te brûle, Kenji...Comment c'est, la mort ? Je peux te raconter si tu veux *


Mais Kenji n'était pas encore mort. Tant qu'il mettait un pied l'un devant l'autre, il pouvait continuer. Pour lui, pour Kusa, pour tout les autres.

Je me posais la question , c'est vrai. À quoi bon fuir la mort, lorsqu'on ignore ce qu'elle est ? Et si cette vie n'était en fait qu'un étage d'une existence immortelle ? Pourquoi ai-je peur ? J'ai peur parce que je ne suis pas seul, j'ai peur car c'est l'inconnu. J'ai peur de ne pas avoir fait tout ce que je voulais dans cette vie. Et que voulais-je faire ? Mee débarrasser de Tsura ? Je ne sais même pas ce qui lui arrivera quand je vais trépasser. Il sort et devient un gentil fantôme ? Il meurt pour de bon comme moi ? Ou plus grotesque encore, ce salaud prend le contrôle de mon corps et devient le premier zombie de ce monde. Fort réjouissant.


Un autre bruit, puis un autre. Puis un autre. Kenji, alerté, fit volte-face du mieux qu'il put. C'était gros, assez pesant, et ça fonçait vers lui. Un des partisans ? Possible. SI c'était le cas, il était foutu. Pas le moyen de faire une technique dans cette condition. Avec un peu de chance, il pourrait éviter la première charge et essayer de le neutraliser au corps-à-corps. Mais si l'ennemi touchait sa blessure , c'était fini. des images de Kusanagi lui vinrent en tête mais le blond s'empêcha de pleurer comme un lâche. Il était désolé, tellement désolé. Il aurait voulu la rendre heureuse mais n'apporterait finalement que davantage de larmes. S'il avait été plus fort...

La masse sombre émergea du buisson, ralentit et s'approcha à pas léger de lui, son souffle faisant un léger sifflement à chaque expiration. Kenji serra plus fort son bâton, prêt à tenter une frappe désespérée au flanc. Mais la lune décida à ce moment de se révéler d'un nuage et la lumière blanchâtre emplit la clairière. C'était...

Un cerf. Un adulte en pleine force de l'âge, avec des bois imposants. Il semblait paralysé à cet instant, occupé à décider si Kenji était un prédateur ou une pierre. Lui même essayait de passer pour une pierre, totalement immobile, le seul bruit de sa respiration trahissant son état d'élégant animal. Hormis Kusa, Kenji se demanda s'il avait déjà vu plus beau dans sa vie. Ce n'était pas difficile à battre en fait, lui qui avait grandi pendant une guerre, qui vivait perpétuellement avec la violence, le meurtre et le chaos. Cette envie de s'asseoir revint. Il voulait s'endormir en regardant ce cerf. Voulait faire un dernier pied de nez à Tsura, à Makka, à tout ces crétins psychopathes. Il voulait leur rappeler la beauté du monde, sa perpétuelle noblesse en dépit de tout leurs blasphèmes. Un vieux poème lui revint en tête.

Juste une question,
Es-ce que sa dure toujours,
Ces manies qu'ils ont à tourner autour,
Ces gens absents, tout leur est égal.
Mon cœur à l'envers, ils voient à travers.
Quelle est cette histoire de fleurs, de saisons
D'oiseaux bizarres, qui viennent et qui vont.
C'est un détour pour que tu comprennes,
Que je m'accroches...
Au choses qui reviennent !

C'était un bon moment. Le meilleur moment pour partir. Arrêter de se soucier de cette terre qui voulait le ramener à la poussière. Soit, d'accord ! Vous avez gagné. Il va s'asseoir et mourir, serez-vous satisfaits, dieux invisibles ? Apparemment non, car la scène la plus bizarre de sa vie prit alors place.

...

Quoi, le cerf était censé parler ? On est pas encore rendu là. Je sais, c'est long.

Au lieu de ça une masse énorme surgit des ténèbres, comme une goutte de pluie démesurée , et le cerf disparut soudainement de son champ de vision. Le courant d'air produit le repoussa et le fit tomber sur les fesses. Un liquide chaud lui éclaboussa le corps, lui piqua les yeux qu'il dut frotter plusieurs secondes. Es-ce que c'était du...

" Crétin, j'ai failli rater ma chasse. J. aurait été furieuse. J. n'est pas jolie lorsqu'elle est furieuse, je devrais pourtant le savoir !"


Silencieux et un peu traumatisé, Kenji regardait la masse de déplacer de droite à gauche autour du cerf définitivement mort. Cette chose l'avait tué en sautant dessus à pied joints ? Parce que sa ne ressemblait pas du tout à un homme. Un hermite peut-être ? De toute façon, les choses ne pouvaient pas vraiment empirer. Non, comment ça aurait pu être plus étrange que ça ? Sa pouvait pas. Pouvait-on mourir en paix dans cette forêt ?

C'est à ce moment que d'immenses yeux dorés se tournèrent vers lui, comme des phares dans cette nuit d'encre, et Kenji sut que la réponse à tout ça, c'était non.
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Message(#) Sujet: Re: Forever Alone [Kuchiyose] feat. Hoot-Hoot and the Gang Ven 20 Avr - 3:11

Log 63 : BIG DAMN EYES

"Oh merde, un humain. T'allait me voler ma proie, allez avoue ! Vous faîtes ça sans arrêt. T'as de la chance que ce soit pas J. !"


Que...Quoi ? Mais qu'était ce truc. Rien ne pouvait avoir des yeux aussi gigantesques... C'était probablement un fruit de son imagination. La créature resta là à le regarder sans bouger, sans faire un seul geste. Juste ces deux immenses sphères dorées qui essaie qui le fixent. Au bout d'un moment, Kenji se lasse et malgré sa forte envie de dormir, lance du tac au tac.

"Et euh... Tu fous quoi ?"
" Je te fais les gros yeux , ça se voit pas ?"

" Mais...Tes yeux sont gros...Genre tout le temps, non ?"

La créature sursauta. S'approcha. Appremment, elle se déplaçait sur deux jambes, mais semblait un peu maladroite, comme si ce n'était pas naturel pour elle. Les yeux se rapprochèrent, immenses globes illuminés. Peut importe ce que c'était, c'était assez gros pour chasser le cerf. Une sorte d'ouverture presque plane s'ouvrit un instant alors que les deux yeux se posaient à quelques centimètres du visage fatigué du chuunin.

" Qu'es-ce que t'as dit , rampant ?"
" Hum, c'est vrai que d'ici, c'est proportionnel. Mais...Euh...T'es quoi au juste ?"
" Je suis quoi ? JE SUIS QUOI ? D'abord, je suis une personne, alors me traite pas comme un objet , rampant. J. t'aurait déjà jeté en morceaux sur le pavé"
" Pavé...Dans la forêt ? OKOK, me frappe pas, c'est bon"
La prochaine fois tu y passes, rampant ! Surtout quand t'as l'honneur de rencontrer Cicéro, prince des Hiboux"


La créature s'approcha dans la faible clarté lunaire et Kenji pu enfin la discerner. C'était un hibou d'une taille irréelle. Deux grandes aigrettes sur sa tête, un plumage aux multiples couleurs foncées, un bec court et discret mais néanmoins d'allure très robuste. Kenji n'aurait jamais crû que d'oiseaux de ce genre peuplent la forêt de Konoha. Encore moins qu'elle parle. Bordel, ce truc parle. Wwowowowowo.

" T'as pas l'air en très bon état, mon vieux ! Tu pues le sang et la mort ! Surtout la mort. C'est ton copain qui fait ça ?"
" Mon cop-... Comment ?
" Ah je sais pourquoi tu sens le sang. Mais t'aurais dû attendre, cette partie là, c'est après le pacte ! Là tu fais juste avoir l'air con. Dis, t'es un peu pâle comparé aux rampants habituels, t'es malade ? "
" Je-J'ai été bl...
"Oh puis moi je comprends rien à ces trucs. Je vais chercher J."


Et il partit d'un coup d'aile, laissant Kenji là, la tête bourrée de brume mais aussi de question. Venait-il d'imaginer sa rencontre avec ce hibou. C'était insensé ? Puis il se rappela avoir déjà vu des shinobis invoquer des animaux. C'était ce genre d'animal là ? C'était effrayant, du coup. Sans oublier que le blond n'était pas exactement dans le meilleur état pour faire de nouvelles connaissances. Le chuunin resta là quelques minutes et faillit s'endormir deux fois. Il tenta de se relever aussi, sans succès. Pris au piège par la chasse d'un hibou géant...Personne le croirait. Puis une voix sifflota à son oreille.

"Comme ça on perturbe la chasse hein ? Si j'étais pas de bonne humeur, je te crèverais les yeux rampants !"

Kenji tourna la tête pour voir un autre hibou, mais celui là était minuscule, aurait pu tenir dans la paume de sa main. Il était d'un blanc éclatant, un harfang des neiges. C'était impossible, cette espèce vivait dans les régions arctiques ! Mais encore là, de quoi devait-il s'étonner.. C'est à ce moment là que son coeur décida de flancher et qu'il s'étendit sur le côté, sa vision se brouillant. Il sombra dans un coma.

Lorsqu'il revint à lui, les deux même foutus phares le regardait, à deux centimètres de lui. Il toucha son ventre et y rencontra un tissu froid, feutré. Des feuilles. Il ne savait pas c'était quoi mais sa sentait très fort, et ça faisait du bien. Son bras était enroulé dans le même genre de pansement. Un énorme migrane pesait dans son crâne.


" Combien de...Temps ? Où suis-je ?
" Quelques heures. Tu es à notre sanctuaire.
" Mais attend...Je suis pas supposé faire un acte héroîque , gagner votre respect et enfin ultimement voir votre lieu sacré, l'habitation de votre roi et ancêtre.
" On pensait te manger en fait. Mais ta viande est brûlée, déshydratée et en mauvais état. Alors disons que t'as brûlé des étapes. N. veut te parler. C'est rare que N. parle à un humain, très rare ! La dernière fois, c'était pour parler à Kenzo !

Kenzo ? Cet hibou ne pouvait certainement pas parlé de son propre père ? C'était de plus en plus irréel, était-il donc devenu fou ? Le blond essaya de se lever , le hibou fit un bond en arrière pour lui laisser de l'espace. Il regarda autour de lui. Son corps avait été posé sur une dalle de pierre nue, et il était dans une grande pièce à ciel ouvert. C'était des ruines anciennes, un temple peut-être ? Là où avait été le toit était désormais une couverture naturelle de branches et de feuilles ayant poussé et déplacé les fondations avec le temps. Cet endroit était incroyablement vieux et ancien, si âgé que tout signes et symboles religieux comme les habituelles fresques des murs avaient été effacée par la mousse qui couvrait les murs latéraux encore présents. Et à divers endroits, des hiboux prenaient place sur des perchoirs naturels. Certains étaient petits, de la taille d'un écureuil, d'autres par contre étaient aussi gros que des loups. Les couleurs aussi étaient variées , du blanc pur au noir de geai. Toujours ces postures dignes et cet air élégant dans leurs faciès. Certains d'entre eux avaient des plumes colorées dans leur visage faisant penser à des masques.

S'approchant lentement de lui était le plus gros de tous. Sa taille devait avoisiner celle d'un ours debout. Son plumage gris et noir semblait d'une grande rudesse, ce qui était peut-être un facteur d'âge. Les autres rapaces nocturnes n'inclinaient pas la tête et Kenji comprenait pourquoi. Même devant un roi, la fierté d'un hibou ne devait valoir que sa propre personne. Étrange philosophie.


" Vous êtes..."
" J'ai connu Kenzo, ton père. Tu crois à un coup du sort, mais je t'observe depuis le premier pas que tu as mis dans notre territoire. Tu as écrasé nos plantes, fais fuir nos proies et alerté tout les prédateurs du coin. Les intrus sont immanquablement poursuivis et tués. Mais tu t'es racheté en immobilisant la proie de mon frère, T. Et les hiboux ne peuvent compter de meilleurs amis que ceux qui les aident à chasser. Nous vivons pour chasser, ainsi tu l'as aidé à vivre.
" Vous m'avez aidé à vivre, moi aussi. Comment avez-vous connu mon père, comment savez-vous que je suis son fils ?"
" Nos yeux sont si grands parce qu'ils n'oublient jamais rien. Nous avons su à ta seule vue que tu étais son fils, tout comme je reconnais chacun de mes trente enfants. Mon nom est Nelligan."
" Nelligan ? Ce nom est-


Le mastodonte emplumé fit volteface, la tête haute malgré tout, comme s'il voulait cacher à Kenji des émotions réservées aux hiboux.

Nous ne sommes pas de Konoha. Nous avons toujours vécu aux lisières du pays de la cendre. Loin de tout ces arbres, là ou les proies sont faciles et le vol non entravé. Puis Makka est arrivé.

Kenji se leva prudemment et fit quelques pas vers le seigneur des hiboux.

" Je devine la suite. Et mon père dans cette histoire ? "
" Kenzo ? Un jour, un de mes enfants s'est perché dans une arbre centenaire mort depuis beaucoup trop long. L'arbre s'est effondré et F. est resté pris sous le poids. Il a soulevé l'abre d'un seul touché. Depuis ce moment là, je l'ai servi par le pacte."
" Où est-il ? Je dois lui parler, je -
" Il est mort."


Kenji ouvrit la bouche, la referma, retourna s'asseoir, prit sa tête entre ses mains. Mais seul le vide bouillonnait dans sa tête pour l'instant. Le choc ne le frapperait que bien plus tard, songea t-il. Après tout, cela faisait déjà un bon moment qu'il suspectait cette éventualité. Le tout était tout de même des plus choquants.

"...Comment ?"
" J'aimerais te dire que Makka l'a tué pour pouvoir me mettre moi-même en chasse, en quête d'une vengeance qui permettrait à mon coeur de rapace de guérir. Mais la vérité est qu'il s'est enlevé la vie."
" Quoi ? Mais pourquoi ? Pourquoi ne pas l'avoir empêché ?"
" Les hiboux croient à la liberté individuelle, et nous ne voyons pas la mort comme une punition. C'est avec la tristesse d'un ami qui perd un ami que je l'ai vu partir."


Nelligan prit son envol à ce moment là, et tout les yeux tourné vers lui se détournèrent. Après quelques instant, le shinobi se recoucha et sombra à nouveau dans un sommeil tortueux, entrecoupé de cauchemards , de flashback où il combattait l'ennemi d'une main de maître. La seule pensée de le voir commettre suicide faisait éclater tout monde que son esprit concevait dans les songes. Pourquoi, pourquoi, était les mots qui flottaient dans son crâne. Avait-il voulu se repentir de tout ces crimes commis pendant la guerre, pour la gloire des Uchiwas ? Souhaité voir ce qu'il y avait dans l'autre monde ? Pendant trois jours et nuit, Kenji alterna sommeil et méditation silencieuse dans le sanctuaire des hiboux. Les rapaces lui apportaient du gibier qu'il faisait cuire. Si l'odeur semblait les écœurer, aucun d'eux ne commentait. Au troisième jour, il enfila son manteau gris encore taché de sang. Voyant cela, Nelligan se posa près de lui .

" Vient ainsi la question du pacte. Nous-"
"Je sais. Je comprends. Je n'ai pas prouvé ma valeur au sein des vôtres, je n'ai été qu'un fardeau. Je ne révèlerai cet endroit à personne.
" Notre dette envers ton père n'a jamais été réglée. J'aimerais pouvoir t'offrir une épreuve digne des héros de légende ou bien te faire résoudre une énigme rivalisant les plus grands sages. Mais la vérité est que je ne crois pas tant en la valeur des actes qu'en la valeur des gens. Tu n'as jamais demandé notre aide. Tu es comme nous, tu souhaites chasser seul. Mais si ce n'est pas pour ton honneur, laisse-moi rétablir le mien en t'offrant un échange service.
"Un pacte."
"Je sais que c'est ainsi que les autres animaux fonctionnent. Ton père a offert la vie à mon enfant. Je n'ai point de vie à t'offrir, mais du sang, ça j'ai. Kenzo n'a jamais voulu faire le pacte parce qu'il vivait près de nous. Mais toi, tu retournes au désert, là où nos ailes ne vont jamais. Je ne te l'offrirai qu'une fois, car nous, Hiboux, ne regardons vers le bas que pour y saisir nos proies. À défaut d'être notre partenaire, soyons amis et frères dans le sang. Ta vraie épreuve, celle qui t'aurait fait gagner cette alliance, viendra. Mais rien ne t'oblige à y faire face seul, car la voie de la solitude et la voie de la perdition. Même nous, épitomé de la singularité, pouvons voir que le destin s'écrie dans l'unité."
" Tout cela, je ne l'ai pas mérité. Mais le jour où Makka quittera vos terres ancestrales, ce jour, nous deviendrons égaux à mes yeux. Je ne suis pas dupe ; vous avez rempli votre dette en sauvant ma vie comme vous l'avez fait. Je vois votre vrai objectif, et je l'accepte. Soyons frères dans le sang, roi des hiboux, et peut-être qu'un jour nous chasserons dans un air plus léger.


Nelligan hocha la tête et releva presque imperceptiblement le bec. Immédiatement, une foule de rapace prirent leur envol pour se poser en cercle autour de Kenji et du roi. D'autres, une demi-douzaines d'harfangs pas plus gros qu'une pierre et pourtant éclatant de par leur blancheur, se posèrent entre les deux individus et se mirent à frotter le sol de leurs courts becs, laissant les marques d'un langage ancien sur les dalles. Les harfangs travaillèrent sans un mot, sans une pause, pendant huit minutes entières. Pendant ce laps, tous furent complètement immobile, même Kenji qui éprouvait encore de la douleur au flanc. Dans sa tête, il essayait de s'imaginer son père le plus clairement possible. il essayait de lui faire un message secret. Une promesse d'un jour comprendre pourquoi il avait abandonné son fils pour ensuite fuir vers un stade de l'existence, sans même lui dire au revoir. Mais auparavant, il enverrait Makka en enfer, avec Tsura comme portier. Tsura lui parla , lui vociféra des choses dans sa tête, mais aucune parole ne pouvait l'atteindre en cet instant. Les volatiles immaculés s'envolèrent à l'unisson, laissant Nelligan et le blond seul dans le cercle.

"Je , Nelligan, roi des Hiboux, prétendant à représenter notre noble race, Griseplume couvert de la cendre de notre pays natal, Bruneplume dans la vie foisonnante de notre nouveau pays de refuge, accepte, au nom de mon peuple, à laisse cet humain disposer de la force et de la grâce de ma race. Mon sang fait office de preuve, mais mon coeur y est déposé comme le cadeau d'une proie à peine chassée.

" Je, Raiu no Kenji, disposerai de cette force pour rétablir l'état ancien des Hiboux, peut importe leur condition et leur passé. Au nom de mon père, je respecterai le voeu des rapaces de la cendre et disposerai de leur puissance ajoutée à la mienne, pour la gloire de la chasse, et de la vie.


Kenji se mordit sèchement le pouce alors que l'hibou gris passa son aile sous la griffe d'un de ses pattes pour la tenir au dessus des mots gravés à coup de bec. Le sang tomba par gouttelettes, et le blond vit les yeux des rapaces qui suivaient chacune des particules écarlates. Se blesser volontairement devait être un des plus grands actes de respect, pour eux. Pour sa part, le chuunin essuya son pouce sur la dalle, laissant une trainée rougeâtre.

Il sut alors que les vraies épreuves ne faisaient que commencer. Mais désormais, il ne pouvait que regarder vers l'avenir...À travers les yeux de Nelligan et son peuple.
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