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 Dans la pénombre se tapit le crime [Rang C]

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Message(#) Sujet: Dans la pénombre se tapit le crime [Rang C] Dim 13 Mai 2012 - 23:32

Idyllique, mon périple me portait là où le vent soufflait, offrant alors ma présence à qui la voudrait. Et de fil en aiguille, cet abrupt et difficile voyage m’avait porté, pareille à la feuille morte, au pays du feu, dans l’une des grandes villes de son éclatante diversité. Dans le ciel azur, les oiseaux volaient, piaillaient, comme à leur habitude. Éparses, quelques nuages opalins dispersaient les cieux, offrant à l’aurore nouvelle un contraste de couleurs où chacun des battements d’ailes se faisaient plus téméraires, plus rigoureux… Le jour émergeait de l’ombre troublante de la nuit où comme épris de douleur et de crainte à l’idée de percer ce cycle cadencé, les bruits s’affaissaient pour laisser le silence, unique, gouverner les recoins du village. Habitude encrée et comprise, le matin en éveil apportait toujours son hâtive mélodie, porté par les percutions des étales qui lentement se formaient dans les ruelles étroites ou plus vastes, clairsemant la nation de sa vie, loin devant la quiétude de la nuit. L’aube teintait son cours quotidien, là où hommes et femmes voguaient, placides, porté par le destin. Et quel fut-il en ce jour de soleil radieux, de percer parmi l’habitude, l’inaccoutumance qui nous privait de notre profonde monotonie.

Dans les rues bondées de monde, où la foule se mêlait au commerce abondant, un groupe de passant formait un cercle compact, encadrant en son centre une femme vide de force aux yeux larmoyant qui cherchait difficilement ses mots afin d’exprimer son désarroi. Non loin de la scène, j’assistai au rassemblement, me questionnant sur sa raison et l’importance de sa rudesse. D’abord à l’écart, la vue de cette dame soumise à d’inusables tourments me força à rejoindre la troupe, écartant dans le calme et la prévenance les quelques hommes se trouvant sur mon passage. Face à elle, je ne pouvais que contempler l’ampleur des dégâts lestés au travers de ses yeux, elle qui semblait vaciller maladroitement, une énergie fragile qui lentement la quittait. L’invitant à me joindre, nous quittions le rond de populace pour nous diriger vers le centre de soins le plus proche. Si elle puisait dans les rares forces qui lui restait pour me dire que tout allait bien, je préférai assurer le futur d’un prompt rétablissement avant de voguer à de nouvelles missives. Puis dans l’engrenage de notre dialogue, j’en vins à placer les faits de la dite débauche, la cause de son état de fatigue avancée et des raisons qui la poussait à refuser toute aide. Confuse, elle hésitait à me répondre, et dans cette pudeur présente, je trouvai ma réponse. « Quelqu’un vous a fait du mal ? » lui dis-je serein, veillant à ne l’alarmer ou faire resurgir la peur qui malaisément s’éloignait. Non, oui, non, elle ne savait que répondre et pour ne pas réveiller ses souffrances, je décidai de me taire.

Arrivée au centre de soin, elle fut rapidement prise en charge par une assistante médicale, me laissant moi et mes questions sans réponse au milieu d’une salle remplie de patient ou en phase de le devenir, gémissements et complaintes berçant la bâtisse blanchâtre. Quel pouvait bien être les raisons d’un tel malaise ? J’étais sûr d’avoir une partie de la réponse, même si dans le fond tout n’était qu'errements et mirages. Je savais qu’appuyer un raisonnement sur ces seules suppositions ne me donneraient raison, alors en bon enquêteur je me devais d’y trouver une solution concrète, et ne plus simplement préjuger pour rien, agir, la véritable esquisse de l’homme bienveillant que j’étais. Retournant sur la place du marché, je demandai aux gens pistes et autres informations éloquentes, tout et rien pour en venir à trouver la réponse concernant le problème et sa source. Au bout d’une bonne heure, un homme ayant assisté à la scène vint me voir après avoir remarqué l’étendue de mes recherches. Me demandant qui j’étais réellement, ma réponse n’eut pas d’influence sur la suite du dialogue :

- Quelqu’un agresse les gens durant la nuit aux abords du village… Nul ne sait qui est cette mystérieuse personne, et les autorités locales semblent bien trop occupées pour s’en charger dans l’immédiat.

Abasourdis par ce que je venais d’entendre, je lui demandai si la ville accepterait une aide extérieure, et plus concrètement si j’étais autorisé à agir. Ne sachant trop quoi me répondre, je décidai de le remercier et d’aller directement proposer mes services aux personnes concernées. J’avais du mal à comprendre l’optique de cette région du globe qui consistait à vivre placidement sans se soucier de problèmes bels et biens existants. Moi qui ne vivais fixe, j’avais du mal à interpréter les sentiments d’autrui. Souvent, je n’étais que l’homme de passage, celui qui observe silencieux, à l’écart des regards et loin de tout maux. J’étais celui qui apportait gaité et réconfort à ceux en exprimant le besoin, toujours prêt à donner de mon temps pour réparer fautes et écarts de gens malintentionnés. Arrivant au lieu m’ayant été indiqué, je fus assez bien accueillis pour celui que j’étais : un vagabond. Exposant mon besoin d’aider, je me surpris de voir et d’entendre une réponse si rapide et complaisante à celle que j’étais venu chercher. Plus encore, le « bureaucrate » me remerciait de l’aide appuyée, m’avouant qu’il était rare en ces jours d’obtenir pareil soutient d’une personne extérieure à la ville. Me délivrant les informations dont j’avais besoin pour tirer au clair le problème et éviter de rébarbatifs ricochets, je partais, la mission glissée dans la poche intérieure de mon kimono usé, gagnant la forêt, épaulé par les rayons lumineux du soleil.

« Un homme masqué terrorise les routes de forêt du pays du feu la nuit, profitant de l'effet pour dépouiller les malheureux de tous leurs biens. Vous êtes chargés de découvrir son identité et de le stopper avant qu'il ne tombe sur quelqu'un de plus méchant. »

J’avais du mal à concevoir une telle insanité, celle-ci étant une tache à la valeur que le ciel et nos pères nous ont donné. Pourquoi s’abaisser à ce genre de pratiques alors que tout nous porte à vivre de joies et de bonnes grâces… Dans les allées truffées de monde, se dessinaient les sourires des plus jeunes, leur faciès bouffis n’évoquant que l’ornement de l’âge, le bourgeons qui tôt ou tard se transformera en une superbe fleur. Et le vol est péché, et le vol empêche ce fleurissement. Donner l’exemple à la génération future n’est-il pas la chose la plus importante à faire ? Est-ce par vanité que cet homme masqué se permet de telles brutalités ? Je ne pouvais concevoir l’idée qu’un tel mépris se dessine dans un pays aussi resplendissant que le feu l’était.


Dernière édition par Vitam Virtutes le Dim 13 Mai 2012 - 23:42, édité 2 fois
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Message(#) Sujet: Re: Dans la pénombre se tapit le crime [Rang C] Dim 13 Mai 2012 - 23:39

Sur mon arbre, caché au milieu des feuillages épais, je me contentai de scruter l’horizon, mangeant un beignet de calamar acheté plus tôt, ainsi que quelques baies cueillies sur le chemin menant jusqu’à la planque. Il était encore tôt, et je savais qu’il me faudrait attendre un long moment avant de voir l’agresseur pointer le bout de son nez, si tant t’est qu’il réitérerait son acte perfide en cherchant une énième fois à voler d’honnêtes gens. De la cime, je voyais plus en détail l’azur des cieux enveloppant l’astre rougeoyant de ses quelques nuages. La vision que ce monde offrait ne devait être défaite, car au plus profond de mon enveloppe charnelle, je sentais mon cœur battre à la vue d’un si prenant paysage. Fatigué par ces jours et ces nuits de pérégrination, la chaleur du soleil et le chant des oiseaux eurent raison de moi, me laissant sombré, tranquille, dans les profondeurs du royaume des songes, tenant pour compagnie l’amitié de Morphée.

Alerte ! Un couteau se planta à quelques centimètres de moi, me faisant reprendre mes esprits à une vitesse ahurissante. J’étais visé, et je ne pensais pas que ma couverture serait si rapidement détectée. La couleur du plafond terrestre donnait plus vers un gris bleuté, le soleil s’en étant allé derrière la forêt me surplombant. Puis, un second couteau arriva dans ma direction, ceci dit, avec plus de justesse m’obligeant à le contrer de mon sabre. L’ayant vu approcher depuis le bas, j’en déduisis que l’assaut venait du sol, me contraignant à retrouver la terre, d’un bond puissant de prêt de 3 mètres de haut. Face à moi, un homme au visage recouvert d’un capuchon noir. Dans la pénombre, je distinguais encore certains détails, et la stupeur de me voir sauter de si haut maquilla ses lèvres d’un léger rictus. Ainsi ce charlatan n’avait rien d’un ninja et s’assoyait grossièrement sur un minimum de compétences en tire, mais principalement sur l’indéniable effet de surprise qu’il générait à son apparition. Boum, en reculant, pitoyable, il se pris les pieds dans une racine perdant l’équilibre. Ni une ni deux, je fusai sur lui, l’arme à la main, prêt à lui asséner un coup fatal.

- « Non ! pitié ! » Dit-il en se vautrant lamentablement.

Surpris une fois encore par une demande si peu représentative de l’indifférence avec laquelle il m’avait réveillé, j’hésitai à le trancher avant de faire preuve d’humanisme. Si ce vaurien n’était qu’un pillard insolant, je ne devais pas m’abaisser à son niveau. Assis au sol, il se mis très vite à genou, relevant la capuche qui masquait jusqu’alors les ¾ de son visage. Comme si je n’avais pas eu mon compte d’étonnement, je remarquai que devant moi se tenait l’homme m’ayant informé du crime dont avait été victime la jeune femme. « Vous » poussais-je indifférent avant de lui demander pourquoi, tout aussi peu favorable à entendre les excuses qu’il allait me fournir :

- Ma femme, mes enfants, ma famille… Je ne suis qu’un pauvre marchand, qui ne trouve de quoi finir ses mois qu’en volant les gens sur qui je tombe… Je vous en prie, ne me tuez pas !

Hum… La situation était devenue bien délicate d’un coup… Que faire ? Que répondre ? Je voyais dans ses yeux la sincérité, celle qui me jurait que l’histoire était vraie. Pourtant, partir sans rien faire ne m’assurait pas de voir ses crimes stopper net. Sans le savoir, celui qui implorait mon pardon après avoir tenté de me tuer, m’embarrassait drôlement…

- Vous avez essayé de me tuer, et vous laissez en vie ne m’assure en rien que vous vous arrêterez… Et pensez-vous aux gens dont vous vous êtes accaparé les richesses ? Peut-être sont-ils dans les mêmes conditions que vous…

Un long moment de réflexion traversa la scène, durant laquelle lui comme moi pesions le pour et le contre quant à la suite de cette conversation.

- Le travail honnête et honnêtement récompensé. Si les affaires vont mal, alors faites en sorte qu’il en soit tout autre. Il est vrai que les marchands de votre ville se marche dessus. Alors pourquoi ne pas déménager ? S’installer ailleurs dans l’espoir d’offrir à vos enfants un futur plus prometteur ? Je ne suis pas sûr qu’ils seraient fiers de vous s’ils apprenaient que leur père était un voleur…

Ses yeux s’imbibèrent de larmes, et je sentais les pleures monter au plus profond de son être. Émus par la condition dans laquelle se trouvait ce pauvre homme, je rengainai mon arme, décidé à lui laisser la vie sauve. Me remerciant plus qu’il ne l’avait jamais fait pour quiconque, il se jeta à mes pieds, me serrant les chevilles assez niaisement tout en me promettant de ne plus jamais marauder, et de toujours tenir en compte les paroles que je venais prononcer.

- Cependant, il est temps de réparer vos erreurs, vous allez devoir tenir compte de vos actes.

Relevant la tête, la stupeur s’installa sur son visage en pleure avant de laisser la droiture reprendre ses droits. Retrouvant les autorités chez lesquelles j’avais été chercher la missive, je leur expliquai la situation, en insistant sur l’aspect tragique où se trouvait le commerçant/voleur. D’abord réticent à le laisser reprendre le court de sa vie, ce dernier promis de rendre leur bien à tous ceux qu’il avait dépouillé, en leur présentant des excuses dignes des peurs qu’il avait produit. Cela ne suffisait pas, mais je gardai courage qu’une possibilité diplomatique soit trouvée. Et après une bonne heure d’intense discussion, le policier accepta les termes du marché que lui et moi avions fixé. L’homme pourrait s’en sortir à condition de quitter la ville au plus vite.

En son terme, l’histoire se finit bien, et ma mission complétée, je repartais sur les routes sinueuses de la vie, gardant à l’esprit le visage comblé de celui à qui j’avais offert une nouvelle vie.
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