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 Lutherie de Konoha [lieu ouvert à tous]

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Konoha
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Message(#) Sujet: Lutherie de Konoha [lieu ouvert à tous] Jeu 5 Juil 2012 - 20:16

Onpu avait dégotté ce local le lendemain de son arrivée à Konoha, avant même d'avoir trouvé un logement. Il y avait passé ses premières nuits, d'où une affection profonde pour les deux seules pièces qui le composaient.

La boutique:
 

Aussitôt qu'il reçut l'autorisation d'ouvrir son atelier aux clients, il avait veillé à faire de la salle principale un endroit accueillant. Quelques carpettes s'étendaient sur le sol de manière très localisée, tandis que des étagères en bois ornaient chaque mur, sur les étages desquelles on pouvait apercevoir des instruments de toutes sortes, bien que majoritairement à cordes. Certaines exceptions, comme quelques vents ou percussions qu'il avait achetées d'occasion à certains petits vendeurs de la cité, décoraient quelques meubles. Cithares, shamisens et autres banjos occupaient le reste de l'espace; les articles les plus encombrants étaient les Kotos, ces grandes harpes horizontales, que l'artiste mettait des mois à confectionner et fignoler.

Tout ça, c'était le gratin. Le reste de la marchandise se situait dans l'arrière-salle, le cœur de l'atelier.


L'arrière-salle:
 

Dans celle-ci étaient entreposés toutes sortes de créations originales, inspirées des recherches qu'il avait pu faire à la bibliothèque, ou de ce qu'il avait pu manipuler à Ta no kuni dans sa jeunesse. Cordes pincées, frottées, une grande gamme d'inventions traditionnelles ou originales était disponible, ainsi que tout le matériel qui allait avec: cordes de rechange, archets, plectres, colophane... cette salle était le berceau de ses instruments: un établi de bois était le support de tous ses bricolages, sur le mur adjacent étaient accrochés de multiples objets de menuiserie.

Pour les passionnés, ce lieu était une véritable caverne aux merveilles. Malheureusement pour Onpu, ils n'étaient pas nombreux ici-bas.
Aussi, le luthier passait-il son temps à confectionner de nouvelles créations, guettant d'une oreille l'ouverture de la porte de la boutique. Celle ci était rarement franchie par autre que lui-même, ce qui lui convenait quand il avait besoin de temps et de concentration pour finir un objet. Cela dit, il aurait été difficile pour lui de survivre à l'aide de cette seule passion. Son gagne-pain, c'était bien évidemment son bandeau de shinobi de Konoha.

Cela n'empêchait pas la boutique d'être ouverte à tous, shinobis compris. On' n'attendait la visite de personne en particulier, mais il accueillerait sans le moindre doute avec la plus grande hospitalité son prochain visiteur.


edit:
 


Dernière édition par Myakudou On' le Sam 7 Juil 2012 - 11:14, édité 2 fois
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Message(#) Sujet: Re: Lutherie de Konoha [lieu ouvert à tous] Sam 7 Juil 2012 - 0:47

Il y avait une petite boutique, juste en face de la terrasse où Nikkou et moi nous étions rencontrés. J’avais étonné, l’endroit me semblait plutôt vide et exiguë, mais un jour, je vis des étagères et des installations. Je vis au fil des semaines des clients entrer parfois, avec une curiosité grandissante, j’observais les lieux fréquemment. Notant mentalement le nombre de personne qui y passait ou le genre de personne. Ce n’était pas une surveillance à proprement parler, c’était simplement une curiosité satisfaisante en mangeant parfois au petit resto-bar. J’avais vu relativement peu de gens, mais certains étaient des Shinobis. Beaucoup de gens ordinaires y venaient, enfin, une proportion significative, mais dans de nombreux cas, je les savais comme des frères de tel ou tel Shinobi. Curieux, je m’étais informé informellement, posant quelques question ici et là pour découvrir que les lieux étaient une propriété d’un jeune Shinobi, un certains Onpu. Je le connaissais, de vue au moins, de quelques mots.

Quelques jours plus tard, j’avais renvoyé les membres de mon équipe un peu plus tôt, pour les laisser faire ce qu’il avait à faire. Je fis néanmoins signe, sans un mot, pour mimer l’attitude de la Plante, de venir avec moi. Nous avions marché à travers les rues de Konoha, moi dans mes habits habituels, chemise, veste et cravate, elle un peu moins propre à cause de l’entraînement. Je l’avais conduis en silence, puis avait ouvert la porte du petit magasin et lui avait fait signe d’entrer.

- « J’imagine que ça ne t’intéressera pas du tout ? Après tout, tu m’as fait comprendre que seule les choses de la guerre te plaisai Je vais quand même te présenter quelqu’un pour qu’il te présente quelques trucs. »

Je l’avais laissé passer devant et lâché la porte, la nature s’occupant de la fermer mollement derrière nous. Sous mes yeux, de nombreux instruments, probablement sans intérêt, souvent à cordes, quelques vents, bien que je n’y comprenais rien. Mon intérêt pour la musique avoisinait un seuil qui pouvait me qualifier de médiocre. Je n’avais jamais éprouvé de fascination pour les fluctuations de pressions d’airs, dès que j’avais compris ce que c’était.

Je me doutais fortement que Kaya ne serait pas intéressé par les lieux, mais je voulais vérifier certains détails. Si sa présence dans l’équipe était pour elle une question de déchéance volontaire, même si elle ne devait pas voir la chose de la sorte, pour moi, c’était autre chose. Ça n’avait rien à voir avec Konoha ou les autres, c’était une espèce d’instinct mue par mes propres débuts et souvenirs quand je regardais la Jolie Plante verte. Un sentiment moins important que celui que j’avais eu pour Nyuuwa, mais qui y ressemblait. Je m’approchais de l’espèce de comptoir, marchand sur le tapis en y baissant les yeux, comme s’il était fascinant, avant de relever la tête.

- « Onpu ? Vous êtes là ? »

En parlant, je me penchais un peu au-dessus du comptoir pour regarder si je ne pouvais pas détecter signe de vie dans l’autre pièce, j’attendis quelques secondes, me demandant s’il me reconnaîtrait.

[J’ai mis peu de descriptions, c’est chez toi, Onpu. Kaya devrait nous rejoindre. Wink]
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Message(#) Sujet: Re: Lutherie de Konoha [lieu ouvert à tous] Mar 17 Juil 2012 - 2:54


    Essuyant son visage à l'aide d'un petit linge immaculé, Kaya ne savait que penser quant à l'attitude peu commune de Suguato. Le bel après midi était propice à bien des occupations, les parcs devaient être déjà pleins d'enfants et de parents, les bars devaient eux aussi accueillir une clientèle plus importante que d'habitude. Fourrant le petit linge, qui n'avait désormais plus rien de propre, dans la poche arrière de son short beige, c'est avec exaspération qu'elle se fit à l'idée de suivre son mentor et de fait exécuter quelques heures supplémentaires. Que pouvait-il bien vouloir de plus ? Bah, ce n'était pas vraiment important au final, car Suguato n'était pas le genre de personne qui accordait de son temps pour le relationnel, pas souvent du moins; Kaya se devait de saisir l'occasion.

    Un air vague parcourait le visage de la jeune femme alors qu'elle traversait, accompagnée de son prof favoris, les rues d'un village dont la paix apparente se reposait sur de biens fragiles piliers. Chaque bâtiment avait sa petite histoire à raconter, il y avait sur chaque place un évènement à célébrer, mais Kaya, friande de livres connaissait déjà le passé du village, et c'est avec un air presque blasé qu'elle observait les gens qu'elle croisait; la plupart ne savaient rien des trésors à côté desquels ils passaient. Soudain, Kaya se sentit éprise d'un profond sentiment de mélancolie, la vie mondaine ne lui convenait que trop peu, pas assez intéressante, ses rencontres étaient stériles, aucun homme n'aimait découvrir la femme muette, aucune femme n'avait assez de conversation pour combler le vide de la sienne... à vrai dire, elle avait exploré tout ce qu'elle pouvait.

    Le duo maître-élève passa à côté d'un établissement populaire assez prisé par les shinobis en congés la journée et adoré par ceux qui tenaient la bureaucratie le soir. Quelques visages familiers apparurent et faisaient des signes à la jeune femme. Signes qu'elle rendit après s'être emparé du bras de Suguato. Elle cherchait une sorte de défense face aux mâles un peu trop aventureux. Suguato s'arrêta alors devant une boutique, une simple petite boutique. Une boutique d'instruments à première vue. Le petit temps d'arrêt profita à Kaya pour épousseter son haut bleu clair et paraître ainsi plus présentable. Ne faisant pas attention aux paroles de son mentor elle s'empressa de franchir le pas de la porte qui lui était ouverte.

    Une ambiance chaleureuse emplissait la boutique, les instruments qui y étaient exposés étaient inconnus à Kaya, et, devinant qu'ils étaient fait main, elle marqua son admiration avec quelques hochements de tête. Alors que Suguato se dirigeait vers le comptoir, elle se mit en quête de l'instrument le plus courant du monde, une guitare. Kaya avait quelques notions, et était trop peu entrainée pour aspirer à jouer sur des instruments aussi étrange, ce qui ne fait pas de sens en soi. Et puis, il y avait des lustres qu'elle n'avait pas joué, avec de la chance elle essayerait l'une des merveilles pendant une dizaine de minutes avant de souffrir le martyre tant la douleur que provoquaient les cordes à leur contact avec les doigts était intense. Le nom de Onpu résonna dans la pièce, un nom qu'elle ne remettait pas. Au moins elle rencontrerait quelqu'un; laissant son bandeau pendouiller autour de son cou, elle s'accouda au comptoir et attendit.

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Message(#) Sujet: Re: Lutherie de Konoha [lieu ouvert à tous] Mar 17 Juil 2012 - 15:12

D'abord la sonnette, puis une voix.
Deux types de semelles.
Comme d'habitude, l'artisan était en plein travail: mais la présence de visiteurs était chose rare. Aussitôt il laissa son travail en plan, et bondit de l'arrière-salle pour découvrir les visages de ses clients potentiels.


"Évidemment! Que vaut un atelier ouvert sans un peu de vie dedans?
Oh, mais vous êtes..."


Celui qui avait parlé semblait porter les mêmes cicatrices que l'homme qu'il avait rencontré au discours de Nikkou. En y faisant bien attention, le timbre de sa voix lui disait également quelque chose.


"Suguato-sempai!
Quelle surprise. Je ne vous savais pas mélomane."


Réflexion stupide, puisqu'en somme il ne savait quasiment rien de cet individu, qui s'était simplement présenté comme un analyste de substance la dernière fois. Cet aspect en disait pourtant beaucoup sur le personnage; à l'instar d'Onpu, il semblait avoir une passion, ou du reste une activité prenante en dehors de sa vie de shinobi. Cela faisait de lui quelqu'un avec qui il serait intéressant d'échanger, pour peu qu'il soit aussi ouvert à la communication qu'il le laissait entendre. Le simple fait qu'il ait poussé la porte de son magasin témoignait déjà d'une certaine ouverture d'esprit.

En réalité, il semblait moins intrigué par le lieu que la jeune fille en bleu qui l'acompagnait. Accoudée sur le comptoir, elle scrutait les étagères, comme pour admirer... non, pour chercher quelque chose.

Le moment était venu d'animer les lieux.


"Bienvenue à tous les deux dans le palais du son, l'antre des instruments à cordes. Les pièces que vous voyez sur les étagères de cette salle ne sont qu'une petite partie de mes travaux. Vous cherchez quelque chose en particulier?"


En constatant le bandeau à son cou, il remarqua que son regard s'était arrêté sur quelque chose.


"La guitare classique? Bougez pas, je vais vous la chercher."


En bon commerçant, il décrocha soigneusement l'instrument de son présentoir et le confia aux mains de cette demoiselle, qui ne prononçait mystérieusement pas le moindre mot.


"Cordes en nylon, caisse en bois de cèdre... Pour un tel instrument c'est plutôt classique.
Pas vraiment représentatif des cultures traditionnelles du continent, mais très efficace. Le genre d'instrument qui se suffit à lui-même, qui ouvre un éventail gigantesque de possibilités musicales malgré sa compacité.
Si vous voulez un plectre, servez-vous sur le comptoir!"

Un regard vers le deuxième visiteur. Celui-ci semblait moins intéressé par le magasin lui-même que par les réactions de cette fille qui l'accompagnait; ils se connaissaient, pas le moindre doute là-dessus.
S'efforçant de vouvoyer sa clientèle, il ne laissait pourtant aucun malaise s'installer. Aussi, tout en gardant une oreille tendue pour goûter la musique de son invitée (et a fortiori pour savoir ce qu'elle avait dans les tripes), il reprit en souriant à Suguato:


"Vous désirez vous dégourdir le bout des doigts vous aussi? Ou peut-être ne faites-vous qu'accompagner votre amie?"




Dernière édition par Myakudou On' le Mar 17 Juil 2012 - 16:23, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: Lutherie de Konoha [lieu ouvert à tous] Mar 17 Juil 2012 - 15:52

Je secouais un peu le bras pour faire signe à Kaya de me lâcher, sans méchanceté, mais pour signifier que ce n’était pas nécessaire. Le petit bonhomme sorti, attiré par le son de ma voix. Ou celui de la sonnette à la porte. Loin de me sentir flatter, je reconnus toute la politesse bavarde d’un vendeur. Je secouais pensivement la tête en le regardant, un sourire en coin. Pour mettre dans le ton de la rencontre, je portais mes doigts à ma cravate pour la desserrer et en me penchant au-dessus du petit comptoir pour tenter d’apercevoir l’arrière-boutique. À sa remarque sur une hypothétique passion pour la musique, je laissais échapper une légère plainte, un « hmmm » sceptique avant de lâcher négligemment une réponse.

- « Moi ? Pas le moins du monde. »

Je tournais légèrement la tête vers Kaya qui explorait déjà la boutique. Je ne pouvais pas parler d’un comportement enfantin, ça n’avait pas cet enthousiasme. Ça avait plus à voir avec un chien sauvage qui renifle, curieux de savoir si c’est mangeable. C’était une attitude emprunte de pragmatisme, mais qui me semblait étrangement déplacé dans une boutique de musique. Onpu s’en donnait à cœur joie, bien conscient après ma réponse que je ne serais pas le véritable client aujourd’hui. Je ne m’étais jamais adonné à aucun type de musique. Il fallait bien avouer que dans mon village, c’était un luxe. Nyuuwa ne me semblait pas manifester quelconque intérêt pour le domaine, mais la présence de Kaya pourrait la rendre curieux. Je lâchais, pour Onpu et, avec un regard vers Kaya, une simple constatation au sujet de cette dernière.

- « En fait, elle est une bien jolie Plante Verte, mais silencieuse de son état. Je me dis qu’avec un instrument, on aura peut-être droit à un signe sonore de sa présence dans le groupe… »

Je me contentais d’accompagner la remarque d’un sourire brusque et violent, reculant un peu le haut du corps avant de le balancer vers l’avant dans une position habituelle. Le luthier s’activait, connaissant exactement la position de chaque instrument. Pendant son baratin avec Kaya, je me contentais d’examiner les autres instruments, m’attardant plutôt sur les détails, comme les traces d’outils pour leur création, toujours de la droite vers la gauche, indiquant un droitier. Ça ne voulait rien dire sur ses capacités de la main gauche, les Shinobi apprennent souvent l’ambidextrie, mais on garde toujours ces réflexes. Je le regardais s’occuper de la pousse, avant de me permettre un commentaire.

- « À ce que je vois, toutes les créatures humaines te semble digne d’intérêt ? Tu ne t’es jamais dit que fondamentalement on puisse être tous pareil ? »

Je le regardais, attirant son attention et attisant une question pendant que Kaya avait l’instrument qu’il lui avait présenté. Je laissais glisser ma main de l’un des instruments en me retournant, laissant mes yeux s’attarder sur l’attache des cordes autour de leur ancrage. Remarquant sans peine la similarité des nœuds, confirmation que beaucoup des objets ici était le fruit de son travail.

- « Je trouve la musique sans intérêt… Pas qu’elle ne puisse pas en avoir, mais je n’en trouve pas. Il y a certainement de l’expertise et de curieuses choses, mais ça n’a jamais trouvé la répercussion émotionnelle nécessaire en moi. »

Je relevais un peu le menton vers Kaya, indiquant que j’étais tout ouïe à ce qu’elle pourrait hypothétiquement et improbablement vouloir dire à ce sujet ou au sujet des instruments sur les lieux. La vérité, c’était que j’étais venu pour elle, pour voir si je pouvais lui tirer autre chose que sa maladie des combats, lui tirer un étincelle ne dépendant pas de volonté parfois moins véritable qu’illusoire.
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Message(#) Sujet: Re: Lutherie de Konoha [lieu ouvert à tous] Mer 18 Juil 2012 - 3:02

    Kaya aimait beaucoup les "petits bonhommes", sa relation avec Iji en était un parfait exemple, même si ce dernier n'aurait pas dit la chose de la même façon. Aussi c'est pourquoi l'apparition du fameux "Onpu" ne lui déplut pas le moins du monde. Ses traits, comparables à ceux d'un enfant cachaient un grand talent, Kaya le savait, mais ils étaient aussi de très bons menteurs car peu voir aucun enfant ne s'exprimait comme le faisait Onpu; rien de certain, l'instinct. Onpu, n'est-ce d'ailleurs pas un nom que l'on donnerait volontiers à une poupée ? Onpu, ça fait poupon, poupou... petit écart de la part de Kaya qui explosa de rire intérieurement. Mais trêve de plaisanteries, se moquer n'est pas de bon goût.

    Détournant son regard de "Pou", Kaya repartit en quête de l'instrument tant convoité. Elle ne s'attarda guère sur les autre instrument pourtant très bien finis. Ne prêtant qu'une demi oreille à la conversation de Pou et Suguato, elle ne s'attarda pas sur les "Suguato-senpaï" et les "Oh mon petit Pou" que les deux hommes devaient se lancer pour meubler la rencontre; ah... dommage, il fallait les couper dans leur conversation pour pointer la guitare. A non, Pou en plus d'être bon artisan était bon observateur. Il alla décrocher la guitare. Kaya en profita pour faire profiter à Suguato de "sa présence sonore".



    Alors qu'elle utilisait le même jutsu que la dernière fois -Suguato devait s'en rappeler- elle se dandinait en levant les doigts en l'air et mimant "Kaya" de la bouche. Le pays de l'herbe était peuplé d'une multitude de communautés très friandes de ce genre de musique, c'était l'une de ses anciennes consœurs qui avait demandé à l'un de ses amis de lui composer une chanson qui l'aiderait à passer les moments les plus longs. Elle la connaissait par cœur.

    S'empressant de s'arrêter à temps pour que Pou ne se sente pas trop mal à l'aise et pour ne pas paraître trop malotrue, elle accepta la guitare et le petit discours de l'artisan avec un petit sourire. Par pur réflexe de gauchère elle plaça le manche dans sa main droite et sans même attendre elle commença à balbutier quelques accords. Accords qui, après répétition et vérification, n'existaient pas... L'instrument était beau, bien finis, sa qualité ne faisait aucun doute, il était l'outil parfait pour accompagner les esprits, et tout et tout; le seul problème était qu'il n'était pas fait pour les gauchers. Laissant son regard plonger à terre, elle laissa le Shiaijin et ses questions existentielles percuter le petit Pou. Il aurait été égoïste de faire remarquer que le luthier n'avait pas apporté l'objet de ses pensées, aussi ressemblant soit-il, car il ne l'avait pas fait sciemment. C'est très frustrant, c'est comme si vous rêviez d'une chose et que lorsque vous l'obteniez vous ne pouviez pas l'utiliser. Oh bien sûr la maladie de la guitare n'était pas sans remède, on pouvait toujours inverser les cordes, c'est simple et rapide pour les initiés; on le fait chez soi, pas chez un luthier.

    Tout en soutenant le regard de Suguato, Kaya reposa la guitare sur la table, et, dans une moue d’indifférence déclara de sa plus belle voix -toujours à l'aide de sa technique top-secrète-.

    -On dit que la vie sans musique serait une erreur.

    Puis elle refit écouter la petite chanson à Suguato, en se dandinant toujours. Il fallait bien charrier le senseï.

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Message(#) Sujet: Re: Lutherie de Konoha [lieu ouvert à tous] Mer 18 Juil 2012 - 12:44

En assumant son statut de simple visiteur, Suguato n'était plus aux yeux d'Onpu un client à séduire: désormais il pouvait donc lui parler normalement comme il l'avait fait la dernière fois, sans être obligé d'être coiffé de la casquette du commerçant qui l'exaspérait de temps à autres.

Aussi, le personnage commençait à vraiment l'intéresser. Il avait cette manière à la fois mystérieuse et concise de parler des choses. D'après ses dires, cette "plante verte" (dont il ignorait toujours le nom) était aphone, ce qui expliquait son manque de réactivité orale. Pourtant, quand il était parti décrocher la guitare, il aurait juré l'avoir vu communiquer avec Suguato, mais son imagination lui jouait parfois des tours.

Arrivant un peu de nul part, une réflexion fort profonde sortit de la bouche Suguato. Celui-la semblait avoir un goût prononcé pour la philosophie... Onpu fronça un sourcil. C'était une drôle de question. Mais il avait sa petite idée dessus, donc ça valait le coup d'entrer dans son jeu.


"Évidemment qu'on est tous pareil... enfin d'un certain point de vue.
Mais nous ne somme pas "un": chaque individu fait des choses différentes dans des points distincts de l'espace et du temps, et ça, ça suffit pour faire d'eux des sujets intéressants à mes yeux.
Et puis de toute manière, ce n'est pas la question. Je porte de l'intérêt à ceux qui m'en portent également. J'accorde énormément d'importance à l'échange; car sans ça, aucune musique n'est possible... "

En entendant ces mots, l'homme à la cicatrice se tourna vers un mur puis frôla de ses doigts les cordes du Koto, provoquant sans le savoir une jolie septième majeure, après quoi il avoua que la musique n'était pas sa tasse de thé, qu'elle ne le faisait pas vibrer.


"Et c'est bien normal. Seule une maigre proportion des gens s'y retrouvent vraiment, dans cet univers.
Mais à votre manière, vous vibrez en réponse à d'autres chose. Vous m'avez dit être une sorte de chercheur la dernière fois. Les modes de résonance de votre corps ne sont pas les même que les miens, mais ils sont bel et bien existants.
D'ailleurs, je serais ravi d'en savoir plus sur votre profession, à l'occasion!
ajouta-t-il avec un sourire.

Du coup, c'est votre élève? Je connais maintenant deux membres de votre équipe, en toute logique la prochaine fois qu'on se croisera je devrais rencontrer le dernier! Ahaha.
En tout cas c'est une bonne idée de vouloir lui trouver un moyen d'expression. Cela fait justement partie des atouts offerts par la musique. Une sorte de langage universel, en somme... pour peu qu'on ait l'oreille assez éveillée d'une part, et le doigté suffisamment agile d'autre part."


En finissant cette phrase, il réalisa que son attention avait été totalement absorbée par la conversation. Il prêta un peu d'attention aux essais musicaux de la demoiselle...

Cette rythmique! Ça venait de l'ouest. Clairement.
On' ne regardait la guitariste qu'avec les oreilles, et par défaut il associait le travail rythmique à un geste de la main droite. En revanche, l'accord ne semblait venir ni de l'ouest, ni d'ailleurs. Un mi renversé? Avec joli la dièse pour colorier l'ensemble? Pourquoi pas, après tout! C'était tout de même curieux.
Un mouvement de la tête pour voir tout ça...
Voilà qui était étrange! L'accord était configuré comme un si majeur, mais c'était autre chose qui sonnait...
Malédiction!!! Le manche était à l'envers!!! Il avait complètement oublié de s'assurer que sa cliente était droitière. Il se couvrit les yeux de la main, puis soupira en s'excusant auprès d'elle de cette erreur de débutant.
Elle s'arrêta bien assez tôt, posant l'instrument. Puis elle se mit à fixer Suguato, comme pour lui parler en silence. Les bonnes oreilles du genin captèrent bien une vibration, qui ressemblait à de la parole... !


On' écarquilla les yeux.

"Finalement, tu n'as peut-être pas besoin d'un instrument pour te faire comprendre, n'est-ce pas?"


Il reprit, en s'adressant cette fois aux deux visiteurs.


"Écoutez: je vais aller vous chercher une guitare pour gaucher que je vais vous prêter pour quelques temps. Si vous la jugez utile, vous pourrez la garder.
En contre partie, j'aimerais avoir l'autorisation de m'entraîner un peu avec vous et votre équipe, en tant que shinobi, j'entends. Entre Iji, senseur du clan Yamanaka, et cette demoiselle qui semble avoir un rapport tout particulier avec les sons, je devrais y trouver mon compte. Sans parler de vous, Suguato, vous aurez un certain nombre de choses à m'apprendre, je n'ai pas le moindre doute là dessus."


Dernière édition par Myakudou On' le Mer 18 Juil 2012 - 20:04, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: Lutherie de Konoha [lieu ouvert à tous] Mer 18 Juil 2012 - 17:00

Je regardais Onpu se dépêtrer avec ma question sur les humains tous identiques. Pas qu’elle l’embarrassait, mais ses réponses semblaient soulever plus de question. À tel point, qu’il fronça les sourcils, sans chercher à s’éterniser plus longuement, probablement en réfléchissant à ses arguments. Il avait parlé d’espace-temps, un nouveau terme chez certains Shinobi, étrangement scientifique je dirais, mais dont j’avais entendu peu parler depuis des années. Probablement à cause du peu d’applications possibles et directs, ce que la guerre exigeait. Il parlait néanmoins des actes, des faits, mais ne semblaient pas vraiment trouver d’arguments. C’était tous des « arguments » s’appuyant sur des valeurs qu’on accepte généralement, mais qui deviennent confuses rapidement.

- « Ah oui, l’échange ? La musique ? C’est amusant de voir comment on ramène tout à nos névroses parfois. »

Ma remarque, un peu piquante, presque dédaigneuse, fut accompagné d’un simple sourire, trop large pour être malicieux, mais toujours aussi enfantin. Seul le clin d’œil vers Kaya qui tripotait son instrument laissait entendre un sous-entendu. À ce moment, Kaya joua et je me tournais vers elle, interrompant ma discussion ou l’échange qui aurait pu en découler. La musique avait un quelque chose d’inhabituelle, une chose très légère, très… Sans impression de technique ou de profondeur. Quelque chose d’étonnant venant d’une fille comme elle. Je hochais la tête, satisfait de ce que je venais d’entendre. À la remarque de mon sujet d’expérience, je haussais un sourcil, sans tenir compte de la remarque d’Onpu qui se faisait un portrait de retardé de la Jolie Plante. Le jeune homme me parle, je fis tourner mon index en direction de Kaya pour lui demander de continuer à jouer, mettant sous silence la question d’entraînement.

- « Je ne sais même pas d’où peut venir ce genre de musique, et toi, On’ ? »

Je me doutais bien d’où ça venait, même si je ne connaissais rien à la musique. En fait, je savais d’où cela venait parce que j’avais eu accès à certains rapports lors de l’introduction de Kaya à Konoha. Je voulais savoir si Onpu pouvait me le dire, mais aussi donner une petite leçon à mon élève, sans méchanceté. Je voulais bien lui faire comprendre que seul le combat ne suffisait pas, que c’est nos névroses qui nous permettent de nous élever au-dessus de la moyenne et d’être « créatif », même si je préférais le terme « analytique » dans mon cas. Je voulais qu’Onpu trouve d’où elle venait grâce à sa passion pour la musique, peut-être prendrait-elle exemple ? En plus, ce serait un excellent test pour pouvoir répondre à la demande d’Onpu. Immédiatement après sa réponse, ou l’absence de réponse, je me tournais vers la Plante.

- « Dépendant de la réponse de Kaya la Plante, tu pourras demander à ton Senseï s’il est d’accord. »

Une fois dit, je me retournais vers la concernée, attendant son jugement sur le luthier.
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Message(#) Sujet: Re: Lutherie de Konoha [lieu ouvert à tous] Jeu 19 Juil 2012 - 1:40


    Avait-il entendu ? Avait-il appris quelque chose lors de sa dernière rencontre avec Suguato ? Rien était certain, si ce ne qu'il savait quelque chose. La jeune muette aurait donné n'importe quoi pour faire ravaler les paroles du petit Pou, elle se sentait agressée, comme-ci quelqu'un venait de rentrer dans son jardin secret, quelqu'un qui n'y était pas invité. Oui il pouvait bien aller chercher une autre guitare et rester à sa place de vendeur. Kaya, en entendant la question de Pou quant à son intégration dans l'équipe -ou un truc du genre-, le dévisagea; fallait-il encore qu'il puisse tenir la cadence, Suguato n'était pas le genre de prof à vous arroser de "Tu vas y arriver !" ou encore "Je suis fier de toi mon élève" voir même "Tu es l'avenir de Konoha !". Son regard méprisant afficha une petite tâche de sadisme quand Suguato se renseigna quant à la provenance de la musique. C'était un test, car le Shiaijin ne posait jamais de question au hasard, et heureuse d'avoir un coup d'avance, Kaya sombra bientôt dans un état qui se situait entre la folie pure et la folie improvisée. Les notes posées de l'air de Kusa laissèrent place à quelque chose de totalement différent.



    Cet air avait le don d'emporter Kaya, il la faisait entrer dans un état à mi chemin entre le rêve et l'angoisse d'un rêve trop beau. Elle s'appliquait sur la retransmission, il fallait que Pou soit le plus loin possible de la réalité. Elle regarda brièvement Suguato la bouche entrouverte et les yeux pleins de malice. Elle rapprochait ses deux mains des oreilles de Pou tout en amplifiant les sons qu'elle produisait, laissant comprendre au cerveau du bonhomme que le lien entre ses mains et le son existait. Il se laisserait alors amadouer plus facilement. En faisant confiance à quelqu'un d'autre il venait de se heurter à la dure réalité de l'entraînement de "Suguato-senpaï". L'air de Tetsu no kuni -dont l'histoire est trop longue à raconter- devait maintenant prendre le petit Pou au cou tant il était intense. Kaya, entrouvrant la bouche, effectuait de petits mouvements de cou comme pour montrer qu'elle se laissait emporter elle aussi. Peut être Petit Pou ne se laissait pas emporter.

    Une fois les mains au plus proche des oreilles de "la victime", elle lança un dernier regard au "senpaï".

    -J'imagine que tu l'aurais accepté, et si on lui donnait une première leçon ? La dernière fois Iji à vomis, même moi j'en ai pris pour mon grade. Il vomira aussi, sans doute.

    Pou n'avait aucun moyen d'entendre la conversation, et puis, quoi qu'il arrive Kaya abattrait sa sentence sur le luthier. Elle pensait avec conviction que cette histoire de devinette n'avait rien d'important.

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Message(#) Sujet: Re: Lutherie de Konoha [lieu ouvert à tous] Jeu 19 Juil 2012 - 12:50

Son nom était donc Kaya. Visiblement le même que la chanson précédente... elle semblait avoir de l'humour.
Suguato avait soigneusement évité la demande du mélomane en l'interrogeant sur un sujet qui n'avait rien à voir. La réponse lui importerait-elle? Lui qui avait dit ne trouver aucun intérêt à la musique, pourquoi une telle question maintenant? En tout les cas, il était de bon ton de lui apporter l'information.

Mais il n'en eut pas le temps. La demoiselle changea de musique, ainsi que de visage et de comportement. Se rapprochant de lui, elle semblait presque menaçante. Il se demanda s'il ne s'était pas un peu trop avancé en leur proposant de s'incruster de la sorte. Pourtant, le seul intérêt qu'il avait là-dedans, c'était quelques échanges théoriques et pratiques avec ces shinobis qu'il jugeait intéressant, avec à la clé des progrès d'un nouveau genre, son but n'était certainement pas de prendre de la place dans leur groupe... mais il avait des difficultés à concevoir que les autres puissent ne pas l'entendre ainsi.

L'hostilité apparente de Kaya se mua en une nouvelle mélodie bien différente de celle d'avant. Tandis qu'elle plaçait ses mains autour de ses précieuses oreilles, Onpu l'observait bouger avec quelque méfiance.
Le son qui se dégageait de ses paumes était de la même nature que le signal qu'il avait intercepté entre elle et Suguato. Mais cette fois-ci, c'était pour lui. Plus aucun doute sur la question: c'était une enfant de l'onkyôton.
Se laissant finalement bercer par l'atmosphère de la musique qu'elle diffusait, il finit par porter son attention sur les espèces de chants d'oiseaux, coloriant le fond sonore pour en faire un paysage mélancolique. Les accords douteux qui décoraient ce dernier ne faisaient que donner plus de corps à la lenteur crépusculaire qui rythmait la ballade... Il ferma les yeux. Sans sourire.
C'était la première fois qu'on lui offrait de la musique de la sorte. Il y avait comme une volonté d'hypnose en face. Emporté à la fois par la méfiance et la beauté des notes et des paroles, il fut parcouru d'un frisson, qui malgré lui stimula une production de chakra.
Il commença à enregistrer. Utilisant sa "technique du magnétophone", rokuon, la vibration, présente dans l'air malgré le tour de passe-passe de Kaya, se logeait petit à petit dans une mémoire de chakra du jeune homme. Il ne savait pas pourquoi il faisait ça, mais la situation était trop étrange pour n'en garder qu'un souvenir; cela lui servirait de trace concrète, physique de l'instant présent.

Suguato attendait toujours.


"La mélodie précédente, c'était quelque chose d'occidental. On retrouvait à la fois l'énergie tribale de l'extrême occident Sunajin et l'esprit décontracté des chants de Taki, moyennant quoi ça devait venir de quelque part entre Ame et Kusa...
Celle-ci, en revanche, c'est du nord. J'en sais quelque chose, je viens du pays des rizières; et même là-bas, les traditions musicales donnent lieu à des ambiances moins froides. Je connais pas bien le pays du fer, mais si ça ne vient pas de là, c'est encore plus au nord...
Quant à toi, je ne sais pas d'où tu viens, Kaya,
continua-t-il en maintenant toujours ses yeux fermés, alors que les chants d'oiseaux finaux s'évanouissaient, mais tu portes en toi une culture qui ne vient pas du pays du feu. Comme moi-même. Cela nous fait un point commun.

Spoiler:
 

Mais ce n'est pas le seul."


Ses doigts commencèrent à bouger. Onpu ne se contentait pas d'amplifier le son de musique qu'il avait enregistré en lui à l'instant: il le triturait, le filtrait, le rebouclait sur lui-même... L'atmosphère était tout à fait différente de celle de la chanson de Kaya, et pourtant les accords étaient les mêmes. Simplement, ils semblaient venir du fond de l'océan... Le mélomane apporta sa touche personnelle en lançant quelques sons synthétiques du bout des paumes à son tour, en simulant un écho. N'étant pas capable de choisir la destination des sources sonores comme sa cliente, il ne pouvait qu'en faire profiter tout le monde.

Ses deux visiteurs étaient décidément des gens originaux, autant l'un pour son cynisme et son attitude désintéressée que l'autre pour son caractère et ses réactions étranges. Bien que sur ses gardes, On' était heureux de rencontrer des gens capable de colorier son quotidien. Aussi prenait-il plaisir à assumer sa propre "névrose", apportant à son tour une contribution musicale dans la pièce.
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Message(#) Sujet: Re: Lutherie de Konoha [lieu ouvert à tous] Jeu 19 Juil 2012 - 21:01

Je sentis le changement d’attitude chez Kaya, avec un sourire en coin entendu. Elle réagissait comme lors de notre rencontre. Elle feignait une sorte d’irritation, puis de l’indifférence, peut-être pour la galerie, mais je croyais bien qu’elle s’en convainquait elle-même. Si ça avait été vrai, elle ne serait pas irritée. Comme chaque fois, elle réagissait par l’agression, une agression étrangement douce. C’était non pas une attaque, mais un viol de force, comme si elle tentait de forcer le territoire de l’autre. Elle s’approcha d’Onpu, qui ne se méfia pas assez et agit.

Pendant cet échange musical, même si je comprenais ce qui se passait, j’y étais extérieur. Il n’y avait nulle répercussion émotionnelle pour la musique et leur monde. J’assistais à une espèce de communion à travers un « sens » que je ne possédais pas. Je me sentais exactement comme quand j’observe un organisme ou une substance au microscope : totalement froid, indifférent, vide, pour ce que j’examinais, mais étrangement rempli par ce que je faisais. C’était un bien triste sort pour moi et à ce rappel sur moi-même, j’eu envie de voir Nyuuwa.

Les réponses d’Onpu me satisfaisaient. Il faisait montre d’une excellente connaissance dans son domaine et se mettait à y ajouter du sien. Cependant, la question de Kaya me laissa dubitatif. Je pris un instant de réflexion, alors que les deux « mélomanes » faisaient une pause. Profitant de l’accalmie, je mis un peu de mon sel avant qu’ils ne repartent.

- « Effectivement, mais ce ne sera pas plus mal. Iji était un peu naïf, lui, il est conscient des risques encourus, mais décide de le faire tout de même on dirait. À moins qu’il ne soit d’une confiance aveugle dans notre patriotisme ? Et non, Jolie Plante, je me serais plier à ta décision, mais elle semble déjà prise. »

Je m’approchais du comptoir, me penchant au-dessus de celui-ci pour fouiller dans la section du « personnel ». Dès que ma main sentit le contact familier d’un crayon, je redoublais d’ardeur jusqu’à entendre un froissement d’une feuille. Je sortis les fruits de mon vol, me penchant sur le comptoir pour écrire quelques mots. Je comptais sur Kaya pour protéger mes arrières, mais Onpu était trop curieux pour se laisser distraire par une menace aussi improbable que moi. J’écrivis plusieurs mots sur le papier froissé, le repliant inégalement, avant de lui tendre, avec ma signature.

- « Ça devrait faire l’affaire. Ça te donne accès à nos informations si si je te demande de te préparer pour une mission. Passe à l’Académie, montre lui, il sera averti et te donnera les informations au sujet de notre mission. Si tu préfères un truc plus simple, tu pourras toujours t’en servir comme mot d’excuse pour d’autres obligations. »

Je lui tendis le papier, attendant qu’il le saisisse, bien conscient que je venais d’agir avec grossièreté. J’ignorais quel forme prendrait notre petite apprentissage, mais nous le verrions bien.

[En gros, décide si tu veux demander une mission avec nous ou un RP d’entraînement, on essaiera de le faire ensemble.]
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Message(#) Sujet: Re: Lutherie de Konoha [lieu ouvert à tous] Ven 20 Juil 2012 - 2:41


    L'innocence et l'hésitation, deux concepts qui se livraient bataille dans la pièce. D'un côté, il y avait cet homme emplis de passion et de pureté, de l'autre, un fille un peu perdue qui pressait un peu plus, à chaque seconde qui passait, la détente qui activerait la détonation détruisant ainsi le monde qui venait de se créer entre les deux shinobis. Il est dommage de devoir mêler ce terme à un moment pareil, "shinobi", c'était la violence, la mort, le contraire de ce qu'inspirait Pou. En bon musicien, il respirait l'innocence, il était, comme les autres, dans une atmosphère constamment mise en péril par la dureté du monde dans lequel elle évoluait. Les musiciens sont des êtres sensibles, c'est tout à leur honneur, ils possèdent le don de savoir toucher les gens au plus profond d'eux mêmes, ils comprennent ce sans quoi la vie serait une erreur, la musique. Leur monde est fait d'arpège et de voyages, de travail et de passion. Rares sont ceux qui comprennent ce qu'un musicien ressent lorsque la partition est achevée, lorsque les derniers accords retentissent sonnant ainsi la fin de leur transe; Kaya savait cela, et c'est en partie pourquoi elle hésitait tant à heurter Pou. Dure est la tâche, mais plus solide en sera la mur. Il se sentirait sans doute abusé, trompé, il croirait peut être qu'on riait de lui, que sa passion n'était pas acceptée, qu'on l'avait utilisé à des fins de distraction, peut être la blessure qu'il subirait au coeur ne se refermerait jamais... Mais il le fallait, aussi, Kaya adoucit son regard et décida de faire partager au mélomane une pièce de toute beauté.



    Le moment musical était doux, impérieux, majestueux, son origine était inconnue de Kaya, peut être venait-il du pays des oiseaux? Les premières notes coulèrent dans les oreilles de Kaya, Suguato posa le petit papier sur lequel était écrit on ne sait quoi. Le moment approchait, le son se clarifiait, Kaya y mettait toute sa volonté. La moitié du morceau passa, Kaya concentrait son chakra. Le morceau touchait à sa fin, Kaya appuya fermement sur la détente... De ses deux mains s'échappèrent de puissantes ondes sonores assez puissantes pour provoquer d'importantes variations, la musique se coupa. Ce qui restait de l'esprit de Petipou ne devait pas être bien dur à déconnecter. Kaya, les mains toujours placé sur les oreilles du malheureux, place ses doigts derrière son crane et dans un grand mouvement de rabattement, fit rentrer la tête du musicien et le comptoir de sa boutique en collision. Pou n'était pas mort, il devait être à demi conscient, espérons-le dumoins, car, avant de s'allumer une cigarette, de fermer la boutique et de prendre la guitare qui lui était promise, Kaya repassait la musique dans l'esprit touché de sa victime. Les prochaines heures seraient dures, très dures.

    "On ne se connait pas, ne me fais pas confiance."

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Message(#) Sujet: Re: Lutherie de Konoha [lieu ouvert à tous] Dim 22 Juil 2012 - 16:30

Un fa. Du noir.

Un fa. Un rayon. Le parquet.
Du noir.

Un rayon. Un fa.
Un oeil qui s'éveille, l'autre qui s'ouvre mais avec d'étranges difficultés.
Onpu releva la tête. Il faisait encore jour, le brouhaha du café d'en face n'avait pas décru: très peu de temps semblait s'être écoulé depuis que... depuis.
Il tenta de se relever.
Une nausée.
Un flux.
Le parquet de cet endroit précieux était déjà décoré d'une tâche rouge, hors de question d'y ajouter l'odeur de ses sucs gastriques; une main devant la bouche, il ravala tant bien que mal son déjeuner.
Debout.
Un regard vers la vitrine. Rien de cassé.
Un autre vers la boutique. Rien ne manquait.
Vers le sol. La seule chose qui n'était pas à sa place, c'était finalement cette flaque de sang.
En retirant la main de sa bouche, il réalisa que c'était son front qui avait saigné. Cela dit, les oreilles n'étaient pas en reste...
Un fa.
Il hantait sa tête depuis tout à l'heure, comme s'il s'était planté dans ses tympans. Un acouphène. Ou alors le début d'une chanson dont il n'arrivait pas à se souvenir... probablement un peu des deux.
En allant chercher une serpillère, il passa devant une glace sans s'y attarder: une demi-seconde lui suffit largement pour prendre mesure de son état extérieur. Il épongea la flaque, sans penser à rien d'autre que ce fa. Puis il retourna s'asseoir son établi dans l'arrière-salle, reprenant le travail sur sa cithare comme si aucun des deux individus n'étaient venus... comme si...
Le simple souvenir de leur visages provoqua une nouvelle nausée. En se remémorant malgré lui la scène, il se demanda lequel des deux était le plus dangereux: la psychopathe qui avait abusé de sa confiance niaise en l'atomisant contre le comptoir après lui avoir démonté les oreilles, ou celui qui l'avait regardé faire.
Le fa sonnait toujours.
Les chansons se succédaient dans sa tête. D'abord, "Kaya". Puis les chants d'oiseaux. Et enfin...
Fa... si do ré mi fa... ré fa... ré fa...
Il saisit le manche de son embryon de cithare...
...si ré si sol ré SIIIIIIIIIIIIII

Fracassant le bois de l'instrument contre un mur, il cria.
"Pourquoi" était le mot qu'il voulait dire, mais il ne put que gémir sa rage dans un brouillon de syllabes incohérentes.
Quel intérêt? Jouer avec les émotions des gens de la sorte, se les mettre dans la poche avant de les envoyer dans le mur... faisaient-ils cela avec tout le monde?? Il cria, de toutes ses tripes. Quand il ne lui resta plus que le manche ravagé de son absence d'instrument, il se saisit d'un violon et le fracassa au sol. Le violon mourut.
A genou, il pleurait désormais.
Son magasin était intact, et sa blessure au front cicatriserait bien assez tôt; son monde, quant à lui, s'était écroulé. La violence, il s'y était préparé quand il avait reçu son bandeau, mais il était loin de penser qu'elle viendrait le chercher jusque dans son jardin secret. Un viol moral: c'était ce qu'il pensait avoir subi.

Il regarda autour de lui. Voilà ce que quelques mots et un simple geste avaient été capable de provoquer. Ces deux individus avaient indirectement détruits deux de ses instruments...
A ce moment-là, Onpu prit conscience de l'existence d'un pouvoir qu'il ne pouvait pas posséder. Du reste, pas tant que son cerveau était configuré de cette manière... ce pouvoir, qui rendait capable de réduire en miette les idées et les efforts, renverser le cours d'une guerre ou changer la couleur des cieux, juste avec un regard ou quelques mots. Il n'était pas question de genjutsu, mais bel et bien de cette arme humaine appelée manipulation.
Cette fois-ci, le déjeuner sortit.

Quelques heures plus tard au moment de fermer la boutique pour la nuit, en voulant attraper ses clés il sentit un petit papier dans sa poche, qui n'y était pas d'habitude. C'était un détail qu'il avait oublié: Le diable et sa créature avaient laissé leur adresse...
Une chose était sûre: Onpu n'était pas un grand manipulateur, sa personnalité n'était pas faite pour mettre en vrac le mental des gens. Cela dit, s'il était incapable d'une telle agression, il pouvait tout de même apprendre à s'en défendre.
En tous les cas, il était loin d'en avoir terminé avec Suguato.


...zut, il avait oublié de regarder le rayon des guitares dans l'arrière-boutique. Il en manquait probablement une... aucune importance, personne d'autre n'était gaucher dans ce foutu village, de toute façon.


HRP:
 
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Message(#) Sujet: Re: Lutherie de Konoha [lieu ouvert à tous] Lun 26 Nov 2012 - 1:21

C'était un jour, somme toute, comme les autres. Le matin, je me leva à une heure normale, soit environ treize heure du matin, toujours avec les mêmes cheveux ébouriffés, rien ne changeait. Comme à mon habitude, après avoir jeté un oeil d'abord endormi, puis ensuite alarmé à mon réveil qui, bien sûr, n'avait pas sonné, je déguerpissais en trombe de mon lit, et sans prendre la peine de ranger quoi que ce soit, m'habillais vite fait avec un pantalon noir en toile, un T-shirt noir collant à la peau et mon attirail de Shinobi, direction le terrain d'entraînement derrière la maison des Gakyuu. Une fois les deux heures d'entraînement quotidien achevées, je m'occupais de repaître mon estomac à un petit restaurant local dans le centre ville et, aujourd'hui, n'ayant rien de spécial à faire, je décida d'aller me promener dans les rues commerçantes de mon cher village.
Ah... Paisible soleil, légère brise, ciel bleu parsemé de nuages, juste ce qu'il faut pour que l'on puisse le voir en permanence, en gros un cadre idyllique pour une ballade. Ballade, tiens, c'est exactement le terme adéquat à ma visite de cet après-midi. Dans les alentours de 16h, j'errais donc dans les rues, bras croisés derrière ma nuque, tête légèrement fléchie vers le ciel, pensif, ou plutôt rêveur, je me laissait aller à travers la foule de gens. Dans ce genre de moment, je me plaisais à observer ce fabuleux spectacle qu'est la gente humaine : parfois, certains mômes se faisaient courser par de vieux commerçants enrobés qui les engueulaient à cause de la pomme qu'ils venaient de dérober après échec de la discrète tentative des jeunots, parfois c'était le Shinobi père de famille pressé en retard à sa mission, ou bien encore la femme au foyer qui promène ses enfants et qui fait des amplètes au marché... Mais le spectacle qui me rends le plus pensif, c'est bien celui des jeunes couples qui s'embrassent et s'enlacent sur les bancs de la ville. Mais pourquoi bon sang n'ais-je toujours pas de petite copine ??? En toute modestie je ne suis pas laid, je m'applique à entretenir mon corps tous les jours, je suis galant tout ce qu'il y a de plus, j'ai du coeur, même plus qu'il n'en faudrait, je suis sensible, aimant, débordant d'affection, je possède une passion irrévérencieuse auprès de la gente féminine, rahh... Rien n'y fait ! Peut-être que le destin veux juste me jouer des tours et me faire attendre le bon moment... Mais le problème est bien là, je suis impatient à mourir ! Enfin bon...

Ceci nous amène justement à ma rencontre du jour. Tandis que je marchais tranquillement dans une rue adjacente, quelque chose retînt toute mon attention. Ou plutôt quelqu'un. D'un seul coup, je ralentis ma progression, stagna presque, puis ouvrit un oeil en direction d'une fille d'une splendeur sans pareil. Elle était là, devant une vitrine, observant des instruments de musique. Expirant des narines, je me pensa mais quelle fille ravissante ! Une telle beauté devrait être interdite... Une longue crinière châtain arpentait son doux corps, bien que longiligne doté de courbes ma foi tout ce qu'il y a de plus exquis chez une jeune femme. Elle devait sûrement avoir mon âge environ, à tout casser, et puis... Son parfum, son parfum ! Le vent n'eût jamais porté telle volupté à mon nez, je me sentais envoûté rien qu'avec mon odorat. Sans même me connaître, elle semblait déjà m'avoir capturé. Elle se retourna, sentant que quelqu'un l'observait. Son visage me fis littéralement fondre : ses yeux félins étaient d'un vert scintillant de coquetterie, sans parler de sa petite bouche pulpeuse et de ses belles joues rondes... Mon dieu, un visage d'ange avec un corps de déesse, j'étais transporté par son charme ! Et là, elle me sourit. Oh non, ça y est, je craque. A ce moment, elle se retourna, et entra dans la boutique du luthier. Ni une ni deux, j'essuya le méchant filet de bave qui venait malencontreusement de couler le long de ma bouche, puis fila la rejoindre. J'entrepris alors d'ouvrir la porte, lorsqu'une deuxième surprise m'attendît. Au moment où la clochette de la porte sonna, je fus témoin d'un fascinant spectacle de plus : cette boutique de luthier était prodigieusement ornée. Chaque étagère semblait abriter des merveilles pour l'ouïe. Instruments à vents, à cordes, à percussions, tous étaient conviés à ce grand rassemblement qu'était l'endroit présent. De plus la décoration était stylistiquement appréciable, car principalement constituée de bois, parquet et autres meubles clairs et visiblement accueillants. Porté par cette soudaine envie de découverte qui m'envahissait, j'oublia presque que la fille était postée juste devant moi et lui fonça dessus. Gentiment, bien sûr. Sans faire exprès, mon épaule surpassa la sienne et mon avant bras vînt effleurer son téton gauche. Délicate sensation ou embarras monstrueux, je ne savais plus de quel sentiment je devais m'acquitter. Alors tant pis, par mauvaise conscience, je choisis l'embarras.


" Oh, désolé mademoiselle, je suis maladroit... J'espère ne pas vous avoir fait mal ? "

La jeune demoiselle me tînt un regard tellement doux que je pu lire qu'elle m'avait déjà excusé avant même que je ne parle. Et là, plus grande surprise de la journée, sa voix... Jamais je n'avais eût le plaisir d'entendre une voix d'une telle musicalité, s'en était presque enchanteur !

" Oh, ce n'est rien, ne vous excusez pas, c'est moi qui suis resté planté devant la porte d'entrée ! "

Envoûté à nouveau, je marqua un temps d'arrêt, chose que la jeune fille dû sûrement remarquer. Elle esquissa un léger sourire, puis partît en direction d'une étagère où étaient disposées des flûtes de tailles et de formes différentes, comme si elle savait que j'allais la suivre du regard...
Et tout ça, bien sûr, sous le regard presque rieur du luthier en question qui, depuis son comptoir, avait tout observé. Je le regarda, il me regarda, je compris qu'il avait compris que j'étais en kiff sur elle. J'eus un léger rictus en souriant.

Ah, jeunesse...
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Message(#) Sujet: Re: Lutherie de Konoha [lieu ouvert à tous] Sam 1 Déc 2012 - 12:02

Avoir deux personnes à la fois dans la boutique arrivait assez peu souvent. Cela n'enlevait rien au fait qu'en général ils repartaient les mains vides, mais c'était suffisant pour satisfaire Onpu. Cela le confortait dans l'impression d'être sorti de l'enfer de la guerre, et d'avoir repris une vie normale.

Pendant le conflit, les cheveux avaient poussés sous sa casquette, et comme l'automne annonçait son arrivée avec une vague de fraîcheur, il avait choisi de laisser cette dernière dans un placard, au profit d'une écharpe blanche autour de son cou. Quelques mèches lui tombaient devant les yeux, mais comme il voyait plus avec ses oreilles qu'autre chose, cela ne le dérangeait pas; il ne dégageait sa vision que pour admirer les belles couleurs du ciel et du pays du feu. La beauté visuelle des choses, il laissait cela aux peintres... or à chaque fois qu'il pensait aux peintres, il pensait à Misory. Comme cela le rendait profondément mélancolique, il limitait sa vision au stricte nécessaire et n'observait le monde les yeux grand ouverts que lors des cas de force majeur, comme par exemple lors d'un arc-en-ciel. Ou quand il s'agissait de se plonger dans la profondeur vertigineuse des yeux d'une ravissante inconnue dans sa boutique.

La cliente en question avait été suivie d'un garçon, qui devait certainement être avec elle. Pourtant, leur petit échange sembla prouver le contraire, et la maladresse du jeune homme fit sourire Onpu.
En le regardant, il remarqua son visage et ses grands yeux bleus. Une clochette tinta dans sa tête, voilà pourquoi il était certain de l'avoir déjà vu quelque part.


    "Bienvenu, l'ami. Appelle-moi On'.
    Je ne connais pas ton nom, mais je sais qui tu es. Tu possédais un magasin de senbons spéciaux autrefois. Ta boutique ayant disparu du jour au lendemain, j'ignore comment ton commerce a tourné, mais je me souviens que tes produits avaient une particularité: ils produisaient un son de qualité particulièrement recherchée. Et pour cette raison, je t'invite à me suivre."


Fort heureusement, la "lutherie" s'était diversifiée et ne vendait pas que des instruments à corde. On' sortit du comptoir et se dirigea vers l'étagère des percussions métalliques situé à côté de celle des vents où la fille s'était arrêté. Coïncidence? ... probablement, oui. En tout cas, le garçon avait un ouverture, mais s'il était futé il ne repartirait pas à la charge, et ferait au moins semblant d'écouter ce que dirait le luthier.
Quand il l'eut rejoint, il reprit.

    "Voilà qui pourrait t'intéresser. Métallophones modèle réduit, clochettes et petits grelots... ce ne sont pas des instruments très chers, mais ça marche très bien, surtout auprès des jônins. Cela leur donne des idées d'entraînement variés pour leurs élèves, comme le désormais célèbre "test de la clochette" dont le but est de dérober un grelot à la ceinture du sensei.
    Ça te parle?"


Quelque secondes. A côté, la fille examinait un shakuhachi.


    "Au fait, quel est ton nom, mon gaillard?"

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Message(#) Sujet: Re: Lutherie de Konoha [lieu ouvert à tous] Sam 1 Déc 2012 - 14:55

Ah, ma petite boutique de Senbons... Pas grand monde s'intéressait aux aiguilles ninjas produisant un son particulier, presque ultra-sonore. Bon, c'est vrai qu'en même temps elles produisaient un son plus aisément distinguable par notre oreille, celle de notre famille. Après des générations d'étude de génétique primaire et d'observations sur nos perceptions sonores, mes ancêtres trouvèrent une anomalie héréditaire, une sonorité que notre oreille arrivait à distinguer de meilleure façon que les autres sons. Ils les mirent profit en étudiant ces sonorités, puis en les associant à des aiguilles de ninjas utilisables en combat, notre style d'utilisation du Onkyôton pourrait en être bien facilité. Mais comme dit précédemment, une aiguille qui ne fait pas de son particulier pour les non-utilisateurs du Onkyôton, ou du moins les ninjas n'étant pas des ninja senseurs, ça ne se vendrait pas très bien, puisque banale pour les autres ninjas. De ce fait, je dû fermer boutique, mais ma famille continua a produire ses aiguilles.

Cependant... Comment cet homme pouvait connaître l'existence de la particularité de mes Senbons ? Seules deux explications subsistaient à mon esprit : soit il était un ninja senseur ou utilisateur du Onkyôton, soit il possédait un sens sur-développé de l'ouïe, lui permettant de déceler les ultra-sons. On' ? Je n'avais pas encore entendu parlé de lui. De toutes façons, je ne connaissais pas beaucoup de monde hormis mon clan, mon équipe et deux ou trois Shinobis. J'eus alors un pressentiment : et si il était réellement détenteur du Onkyôton ? Après tout, c'est un luthier, il s'y connaît en instrument et en musique et il a réussi à percer à jour la particularité de mes Senbons. De plus, mon clan n'est qu'une branche de la grande famille des Onkyôton, étant donné que je fais parti de la branche qui utilise le Onkyôton en Ninjutsu physique, soit presque en Taïjutsu, je n'ai pas le côté senseur de ce pouvoir. Le style Gakyuu n'est pas un style senseur, mais agressif. Il était totalement possible qu'il appartienne à une branche sensorielle du Onkyôton. En tout cas, son nom m'était familier malgré tout.

Il m'emmena du côté des instruments à percussions métalliques. Certainement voulait-il me montrer ses articles en rapport avec ce que je vendais. Il me montra tout un tas d'objets ma foi très utiles, puis il parla d'un test de ninja, comme une épreuve avec des clochettes. Au vue de mon âge, cela faisait déjà quelques années que j'avait passé le test de l'Académie, concluant, donc je n'étais pas très au courant des nouvelles moeurs concernant les examens d'admissions.

Il me demanda mon nom, puis... Ah, mais c'est la fille de tout à l'heure ! La voilà qu'elle était devant un instrument à vent, comme un flûte construite dans un morceau de bambou. S'intéressait-elle aussi à la musicalité des choses ? L'alliance de ses intérêts et de sa prodigieuse beauté faisait d'elle une formidable muse. Comment pourrais-je passer à côté d'une telle déesse avec indifférence ? Il aurait fallu que je sois de l'autre bord ou bien que je sois aveugle sourd muet et dénué de tout sens pouvant faire le médiat entre mon intellect et le monde extérieur, quoiqu'encore je suis certain que son extraordinaire prestance n'avait rien de perceptible : s'en était inné, comme si notre esprit en était immédiatement et imperceptiblement affectée. Je n'avais d'yeux que pour elle, lorsque je percuta que On' venait de me répéter sa question au moins trois fois.


" - Jeune homme... Jeune homme... Oh, tu es là ?!

- Oh, désolé ! Mon nom est Gakyuu Kyuroru, enchanté On'. Tes articules me semblent bien intéressants, et en tant que connaisseur de tout ce qui est musicalité, ne serait-ce que par solidarité, je te prendrai un lot de 10 grelots que j'accrocherai à mes Senbons. Pour ce qui est des examens, je n'en ai pas entendu parlé, à vrai dire je suis encore un Genin, mais ça fait un moment que j'ai passé l'examen, de ce fait je suis plus trop au courant de ce qu'il se fait... D'autre part, désolé pour ce qui est de mon manque d'attention, je... "

Je tourna mon regard doucement vers la jeune demoiselle, qui, comme ayant écouté ma conversation, me regarda à son tour. Nos regards se croisèrent, puis elle détourna le sien, comme gênée, ses petites joues ayant rougies d'un seul coup. Pas de doute, elle avait ravi mon coeur. Ne voulant pas lui causer de tort, je repris la parole :

" Je suis quelqu'un de rêveur ! Et je suis aussi inévitablement attiré par les belles choses... "

M'entendant dire, la jeune fille étouffa un petit rire mignon, qui me fit fondre instantanément. Ne voulant pas mettre mon interlocuteur de côté dans cet échange invisible, car il était réellement intéressant à mes yeux au vue de ses connaissances en matière de son, je revins vers lui, intrigué. Je pris alors un air sérieux :

" Il est vrai que je tenais une boutique de Senbons particuliers, mais seuls quelques élus peuvent percevoir sa sonorité, comment connais-tu sa spécificité ? "
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Message(#) Sujet: Re: Lutherie de Konoha [lieu ouvert à tous] Mer 5 Déc 2012 - 20:08

Son nom était Gakyuu Kyuroru. Malédiction.
Le luthier en avait entendu de belles sur lui. Ce n'était pas une rumeur à proprement parler, mais deux sources sûres lui avaient confirmé que ce mec était présent lorsque Kenji et Nikkou s'étaient retrouvés sur le champ de bataille. D'après ces sources, il avait "ouvert sa grande gueule pour prôner la paix", et changé d'avis au moment précis où les deux chefs s'étaient mis d'accord, en chargeant le Kazekage comme une furie. Cela lui avait valu un surnom: "la girouette". Était-il mérité? On' ne pouvait pas s'empêcher de penser que oui, et que pour un tel comportement il aurait fallu en trouver un plus sévère encore.

A partir du moment où il sut son nom, son visage devint impassible. Si ce qu'on disait sur lui était vrai, comment pouvait-il sortir dans la rue et draguer les filles qu'il y trouvait? N'y avait-il aucune logique dans le comportement de ce garçon? Il se disait rêveur, mais lunatique n'était-il pas plus approprié?

Il finit par lui répondre, en faisant pourtant des efforts pour ne pas avoir l'air trop antipathique.


    "Tu veux dire que tu n'utilisais pas la sonorité de tes senbons comme argument de vente? Je comprends mieux pourquoi t'as fait faillite, ahaha.
    Blague à part, sache que le son est ma religion. Outre ma passion pour la lutherie, je suis un enfant de l'onkyôton, et le moins qu'on puisse dire est que j'ai une bonne oreille. Alors je suppose que j'ai dû un jour entendre teinter tes créations par mégarde, en passant devant ton échoppe."

Après avoir récupéré dis grelots dans une boîte métallique située sous l'étagère, il retourna à la caisse, fit signe au genin de le suivre, puis ouvrit le tiroir contenant les espèces pour accueillir celles de Kyuroru. Mais avant de tendre la main pour récupérer ses sous, il posa les paumes sur le comptoir et lui adressa la parole, plissant les paupières, sérieux et grave.


    "Dis-moi, Kyuroru - Kyukyu, ça te va? - , tu dis aimer les belles choses. Pour toi, la guerre, le sang, le combat... est-ce que ça en fait partie? "

Quelques secondes, droit dans les yeux.

    "Prends le temps de réfléchir, et réponds-moi la prochaine fois qu'on se croise. Entre nous, j'espère que d'ici là ta réputation se sera évanouie, et que tu seras reparti sur de nouvelles bases, car j'ai horreur des gens qui ne savent pas ce qu'ils veulent.
    15 ryos s'il te plaît."
    finit-il en ouvrant la main avec un léger sourire.

La jeune fille était partie. Comme prévu, elle avait touché à tout et repartait les mains vide. Les clients étaient tous tellement prévisibles... ce jeune homme semblait pourtant faire exception.

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Message(#) Sujet: Re: Lutherie de Konoha [lieu ouvert à tous] Mer 5 Déc 2012 - 21:31

Je n'aimais pas le ton que venait de prendre le luthier. Il avait cet air, le même que ceux me qui dévisageaient lors de la guerre... N'avais-je été que l'unique Shinobi à vouloir faire bouger les choses ? Si j'avais laissé mes pulsions meurtrières prendre le dessus, c'était bel et bien pour éviter que Suna nous traînent dans la boue une fois de plus, mais ça, le Sandaime Hokage s'en foutait pas mal... On dit d'ailleurs de lui qu'il a déserté Konoha et qu'un nouveau Hokage a été élu, je devrais passer par la Grande Place tout à l'heure.
Enfin, revenons à nos moutons. Ce mec venait tout juste de toucher un point sensible en ne prenant qu'une partie des informations et en les interprétant mal, ce que font la plupart des gens qui ne veulent s'embarrasser à saisir le vrai sens des mots que l'on leur sert. Mais cela ne m'étonnait guère, il n'était pas le seul, ils étaient nombreux à faire ainsi. Si ma boutique avait fait faillite, ce n'est pas justement parce que je n'avais pas vanté les mérites du son particulier qu'émettait mes Senbons, bien au contraire c'est parce que malgré mes mots, les gens ne réussissaient pas à percevoir le son si spécial qu'ils dégageaient, si bien que je venait de l'expliquer au luthier qui, visiblement, avait fait la sourde oreille. Néanmoins je tenta de conserver mon calme. Cet homme était un fervent connaisseur du son et de tous ses attributs, on pouvait le sentir à la passion qu'il adonnait à chacun de ses mots lorsqu'il en parlait. Il se disait "l'enfant du son", n'était-ce pas tout de même un peu prétentieux, quand même... ? Moi aussi j'étais détenteur du Onkyôton, et pourtant je ne le cris pas... En fait si. Ce doit être une des caractéristiques de notre pouvoir spécial. Enfin bon, il abusait un peu je trouve. Sans doute faisait-il partie de la branche des Onkyôton senseurs, comparé à la mienne, celle des Onkyôton d'agression, ils sont plus prétentieux et imbus de leur pouvoir. Encore que cela, peu m'en importait en réalité. La chose qui m'irrita le plus, ce fut bien cette remarque qu'il me fit, cela dit en passant en m'affligeant d'un horrible diminutif.
Sentant l'ambiance devenir toute autre, la jolie jeune fille s'était défilée et avait disparue, à mon grand désespoir, de mon champs de vision, ce qui ajouta à ma contrariété. A mon tour, je pris la parole afin de lui répondre, cependant avec le plus grand calme possible, camouflant une haine noire envers le mépris qu'affichait le luthier. Je n'aimais pas ce ton, je n'aimais pas ce regard faux, néanmoins je me força de ne pas rentrer dans son jeu et de garder, pour une fois, la tête froide, cela allait sûrement me sauver la mise pour cette fois.


" Ah, mais dites-moi, c'est que les rumeurs vont vite à Konoha... Je me doute bien que tu as dû entendre parler de mes péripéties. Cependant saches une chose : si tu avais été amené par un quelconque moyen, selon une quelconque raison, à faire ce que j'ai eu l'audace de faire, aurais-tu seulement accepté que l'on te fasse ce genre de remarque, nez-à-nez ? N'est-ce pas là une grotesque façon de te dresser devant ce qui te semblerait la seule forme de courage que tu n'aies jamais rencontré jusqu'à présent, ou bien le danger te fait-il peur, jeune luthier ?

Les choses telles que la guerre et les combats sont des merveilles engendrées par l'homme sans l'aide de Dieu, et c'est bien pour cela que nous devons les aduler, ces choses sont la preuve même que nous n'avons pas besoin d'une entité directrice pour s'auto-proclamer Dieu nous-mêmes. La guerre, le sang, c'est ce qui nous fait, nous, des hommes, car de tout temps, l'homme n'a cessé de s'entre-déchirer, que ce soit pour une femme, de l'argent, de la renommé, du pouvoir, ou une quelconque richesse. Oserais-tu te dresser devant la toute-puissante nature de l'homme même ? Ou renierais-tu tout simplement ta propre nature, en te mentant toi-même... ? Eh bien saches que j'ai fait le choix d'arrêter de me mentir, et désormais... Je me sens, plus que jamais, bien, je sais pour quoi je suis ici, sur cette Terre. Pour me battre, pour faire couler le sang, au nom de mon clan, au nom de mon père, et je dirais même plus, au nom de ma nature d'homme tout simplement.

Pour répondre à ta question, que ces choses soient belles ou pas, peu m'importe, le fait est qu'elles sont là, et qu'elles font partie de nous et de notre propre nature. Deux cas de figure : soit on l'accepte, soit on le renie. J'ai préféré le premier choix, honte à tous ceux qui ne sauront le reconnaître. Et peu m'importe du regard des autres et des rumeurs, je sais moi, au moins, ce pour quoi j'ai été conçu : pour me battre, et le monde Shinobi dans lequel nous vivons ne peut pas en être un plus explicite exemple. "


Je sorti 15 Ryôs de ma poche, et je lui donna, en continuant de le fixer droit dans les yeux.

" Tu as horreur des gens qui ne savent pas ce qu'ils veulent ? Ça me fait une belle jambe, alors là si Monsieur le Luthier de Konoha a horreur de ce que je suis, ou de ce que j'ai fait et que je ne suis pas, seule faute de son jugement altéré, mais que vais-je bien pouvoir devenir ? Son consentement m'est vital, sans lui je ne pourrais demeurer dans cette vie plus longtemps ! Pfff... Soyons sérieux : tu vaux mieux que cela. Je n'ai pas besoin d'attendre davantage pour te répondre de suite. Si l'indécision te débecte, moi c'est bien ceux qui se mentent à eux-même qui me dégoûtent. "

Je rebroussai chemin, puis franchis le pas de la porte, sans me retourner. Peut-être était-ce un peu brutal comme réaction, cependant comment réagir face à de telles provocations ? Et encore, je n'avais jamais été aussi calme...

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Message(#) Sujet: Re: Lutherie de Konoha [lieu ouvert à tous] Lun 26 Aoû 2013 - 23:15

J'avais donné un coup de pied dans un caillou sur la route.

Un petit vieux derrière la vitre de son magasin m'avait lancé un regard noir. Un couple s'était écarté de mon chemin. Il fallait dire que j'avais pas l'air avenante. Ni joviale. Pour ne pas dire carrément furieuse. Et j'avais beaucoup de raisons pour l'être. Enfin, plus que d'habitude dira-t-on. A midi, j'étais allée manger à un restau' Akimichi. C'était bon, trop bon. J'aurai dû sentir que c'était un piège. Mais le piège, je l'ai vu qu'au moment où on m'a présenté la note. J'ai hésité à tout vomir, histoire de dire : Voilà votre repas, je vous dois plus rien ! Mais j'y suis pas arrivée. Alors j'ai gueulé un bon coup, parce qu'il y a pas de raison que je le fasse pas. Je les ai insultés, et c'est parti en vrille.

Je comprends pas comment j'ai pas fini par traverser la fenêtre.
N'empêche que j'ai été obligée de payer, payer une fortune pour un repas pas si bon que ça. Que des porcs, ces Akimichi.

Je suis retournée à l'appart', j'ai hésité à m'y terrer pour le reste de la journée. Mais c'est un vrai bordel, et un bordel exigu. J'ai pas tenu une heure avant de ressortir, ma clarinette à la main. Eh, pourquoi pas hein ? Jouer un peu dans la rue, recevoir un peu d'argent de la part des gens, et faire ce que j'aime le plus, comment ça pourrait mal se passer ?
Y'a une Hyô qui m'a traitée de vagabonde. Des gamins qui ont dit que ce que je faisais était ringard. Et un Sabakyû chelou qui a affiché un sourire encore plus chelou. Lui je lui ai balancé un caillou quand il était de dos, avant de m'enfuir en courant. Je suis pas sûre, mais je crois qu'il a arrêté de me poursuivre ...

Coup d’œil nerveux tout autour de moi. Pas de traces de lui ...

Le pire dans tout ça ? On est même pas en début de soirée. Ce qui voulait dire que la journée pouvait se terminer encore plus mal. Optimisme, quand tu nous tiens. N'empêche que dans mon vagabondage, voilà que je tombe sur une lutherie. Et je me dis : Pourquoi pas ?

Qu'est-ce qui pourrait mal se passer, hein ?

Je pousse la porte de l'entrée, m'aventure à l'intérieur. Je regarde autour de moi la pièce chaleureuse aux ô combien nombreux instruments. Je suis un peu plus détendue. Voilà un environnement qui me semble plus amical. Je m'approche de ce qui ressemble à une grande harpe, et m'assois sur un tabouret juste à coté. Mais pour y faire quoi ? C'est la clarinette que je maîtrise, les instruments à corde ... Je sais pas, j'ai jamais eu le même ressenti. Alors je reste assise, à contempler un instrument qui m'échappe un peu. Pas mal.

Sans me rendre compte que le propriétaire pourrait être là à se demander ce que je fais.
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Message(#) Sujet: Re: Lutherie de Konoha [lieu ouvert à tous] Sam 31 Aoû 2013 - 18:18

La porte de l'arrière-salle s'ouvre brusquement. Derrière, le propriétaire des lieux bondit dans la boutique et se perche sur le comptoir avec acrobatie.

- Ohayô, mademoiselle... Bienvenue dans la seule, l'unique Lutherie de la feuille, palais des songes soniques!!!

Il porte d'une main le manche de sa basse accrochée en bandoulière autour de son épaule, et brandit un plectre de l'autre. La perspective de savoir qu'un client potentiel a fait l'effort de pousser la porte de son antre l'a gonflé d'énergie; il décoche un long mi grave, soigneusement amplifié par son onkyôton. Le mi dure quelques secondes, excite un mode propre de la salle et fait trembler les cordes de mi de tous les instruments accordés correctement. Ses doigts vagabondent ensuite sur le manche avec célérité alors qu'il attaque les cordes de son plectre; s'échappe de l'instrument une mélodie traditionnelle avec d'apparents canards, qui sont en fait des bémols parfaitement contrôlés. La ligne de basse se fait moderne au fil des secondes...

C'est un autre instrument qui vient perturber son accueil théâtral. Un instrument appelé corde vocal, et qui est accroché dans son dos. La cliente n'a pas pu le voir jusqu'à présent, mais elle peut désormais clairement distinguer les cris du nourrisson.

Gêné, le luthier lâche sa basse d'une main, et se contorsionne pour tapoter la tête du bébé attaché sur son dos, qui pleure à chaudes larmes car secoué par cette agitation.

- Du calme, Ninigi, du calme... je ne fais qu'accueillir une cliente, c'est pas grave...

Le voilà donc debout sur son comptoir, une basse pendant à son cou, tentant désespérément de calmer un enfant de deux ans qu'il ne voyait pas puisque accroché derrière lui. Cocasse.

Les yeux du luthier, à moitié cachés par un rideau de cheveux noirs, se tournent vers la cliente. Il descend avec délicatesse et furtivité de son comptoir pour se mettre à son niveau.

- Je suis On', votre serviteur et guide dans ma caverne. Et le petit truc aux cheveux blonds dans mon dos, c'est Ninigi. Dis bonjour Ninigi, fait-il en se tournant pour présenter son dos à la cliente et lui révéler ainsi le visage du petit truc dont il était question.

Le petit truc se contente de brailler de plus belle.

- Allons, Ni, ce n'est pas une façon de saluer les clients, voyons!

Il se retourne vers sa cliente.

- Bon. Que puis-je pour vous?

Il remarque qu'elle se trouve assise à proximité d'un de ses chef-d'oeuvres, aux allures de grande harpe horizontale traditionnelle.

- C'est le Koto qui vous intéresse?

Et sans attendre sa réponse, il pose sa basse à proximité, s'assied en tailleur devant l'instrument et commence à faire chanter ses cordes, dans une mélodie semblable à celle de sa basse une ou deux minutes plus tôt. Rien de tel qu'une démonstration pour vanter les mérites d'un instrument, car après tout que vaut le plus élégant des Kotos s'il sonne comme une pelote de fer?
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Message(#) Sujet: Re: Lutherie de Konoha [lieu ouvert à tous] Dim 1 Sep 2013 - 19:12

Il y a un mec. Un mec qui sort de nulle part, et qui me fait tout un spectacle. Il m'accueille, et à vrai dire, je m'attendais pas à moins de quelqu'un qui tient une boutique (et intrinsèquement qui ne me connait, car si c'était le cas il me chasserait à coup de balais). Mais je m'attendais pas à ce qu'il m'accueille comme ça quoi ! Il fait dans le grandiloquent, et il se met à jouer. Comme ça quoi. Je hausse un sourcil, histoire de dire : Mais c'est quoi çaaaa ! Mais ça ne l'arrête pas dans son élan. Enfin si. Ou bien non. Mais en fait non, c'est un gosse accroché dans son dos qui pleure et pleure encore qui le stoppe dans son envolée lyrique.

Je sens que je devrais partir, c'est pas très sain comme endroit. Mais pour aller où ? Chez moi ? Hihi ... Nan, autant rester. J'observe le tout en silence. Il finit par se présenter, je hoche la tête à une unique reprise. Et c'est limite si je chute pas du tabouret alors qu'il se met de dos pour me présenter le braillard. Qui lui m'accueille avec ses pleurs. Je me rappelle maintenant de pourquoi j'arrive pas à supporter les gosses. J'affiche quand même un sourire forcé, histoire de. Même si je ne comprends pas le pourquoi de celui-ci. Ça fait quand même un bon bout de temps que je me suis promise de ne plus suivre les conventions et essayer de paraître une fille présentable.

Qu'importe ... Il enchaîne. Et enchaîne. Ne me laisse pas le temps de répondre à ses interrogations ou me présenter que le voilà en train de jouer de cette harpe intrigante au doux nom de Koto. Ca fait quand même nom d'oiseau à bien y penser, pourquoi pas le renommer ... le renommer ... Songe d'une nuit d'été ? Vu le son, cela aurait pu. Il est pur, et on le ressent au plus profond de notre être. La mélodie ressemble à s'y méprendre à celle qu'il jouait auparavant de sa basse, mais elle a quelque chose de plus. L'instrument ? Qui sait ? Je ne m'y connaissais pas assez. Je me contente de fermer les yeux et me laisser entraîner, car c'est ce qu'une se doit de faire face à tant de beauté.

Plus de bébé qui braille, d'ailleurs, alors que le morceau se finit. Je souris. Mais juste l'espace d'une seconde. Aurais-je honte ? Je ne sais pas. Mais je m'en fout d'être contradictoire, j'étais plus à une ou deux fois près. Peut-être qu'il est temps de prendre la parole, nan ? Si si.

- Tu joues vraiment bien, musicien On'. Et c'est une très belle boutique et tout et tout. Et heu, oui j'étais intéressée par le ... Koto, c'est ça ? Mais pour pas l'acheter, juste parce que ... Bah parce que c'est imposant et intrigant. Et heu, j'ai pas un rond, donc pour t'acheter quoi que ce soit, c'est un peu mort aussi ... Enfin, j'dois dire qu'à la base, je m'étais un peu paumée en me baladant et là ...

Et là je me tais. L'impression d'en avoir dit trop. L'impression d'avoir l'air bête. Mais j'étais pas à ça près, nan ? Alors pourquoi je me ravise, comme ça ? Je secoue la tête, l'air un peu dépitée. J'ai pas tellement l'habitude du contact amical. Et aussi grandiloquent.

- Je me perds, heuu ... Sinan, moi c'est Younah. Et je joue de la clarinette.

Pour appuyer mon propose, je lève à hauteur de mon visage l'instrument. Le porte à mes lèvres. Commencer à jouer les notes décousues qui font peu à peu une mélodie entraînante.
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Message(#) Sujet: Re: Lutherie de Konoha [lieu ouvert à tous] Mer 4 Sep 2013 - 21:43

Une cliente, c'est bien.
Une cliente qui touche à tout et qui n'achète rien, c'est moins bien.
Une cliente qui touche à tout, qui n'achète rien, mais qui est mélomane, c'est déjà un peu moins pire.

Le luthier tendit une oreille intéressée, il pencha la tête, sourit en coin. Cette Younah avait un petit air chafouin dans le visage, un petit regard pétillant de vitalité qui lui plaisait grandement. Ce trait de caractère se retrouvait d'ailleurs dans sa mélodie qui, audacieuse, s'aventurait dans des gammes peu communes et hors de tout répertoire. Il interpréta cela comme un certain modernisme, une volonté de s'extraire des traditions, ce qui l'amena à se reconnaître dans la musicienne.

Aussi, il ne se releva pas tout de suite.


Une certaine périodicité se dégageait de la mélodie que la clarinettiste soufflait de son bois. Il fallut une vingtaine de secondes au luthier pour se l'approprier ; il commença alors à l'accompagner au Koto, décochant des petits arpèges qui se fondaient avec les siens.

L'acoustique de la boutique ne mettait particulièrement en valeur l'union des deux instruments, mais leur timbre respectif faisait que le duo oscillait entre des sonorités modernes et des techniques traditionnelles propres à chacun d'entre eux.

On' s'était montré discret, et n'avait fait que colorier sa musique avec la sienne pour ne pas empiéter sur sa mélodie ; pourtant, il sentait que cette mélodie avait beaucoup plus de potentiel. Aussi, il ne regretta pas de l'avoir enregistré dans une mémoire de chakra.

Car à la seconde où Younah sembla avoir terminé, il annonça une nouvelle couleur en faisant sonner, beat-box onkyôton à l'appui, une série de coups de percussions. Après quoi il rediffusa la mélodie de clarinette dans la boutique en l'extrayant de sa mémoire de chakra, en la ponctuant de rythmes chakra-générés.

La bande-son coulait en lui comme un flux de pensée non interrompu, et se matérialisait désormais au bout de ses doigts qui avaient abandonné le Koto comme pour mieux s'approprier le support de transmission du son et vagabonder dans l'air.

Sans arrêter la rediffusion, il laissa l'onkyôton s'échapper de son corps, se releva, attrapa sa basse une nouvelle fois et enchaîna quelques notes pour accompagner son remix spontané. Cette chanson qui lui paraissait si étrange, si improvisée au début, faisait maintenant autant de sens qu'une phrase dans sa langue maternelle. La musique était d'ailleurs un peu sa langue maternelle, d'un certain angle.

Mais le mélomane ne s'arrêta pas là. Triturant le son enregistré de la clarinette, il l'enrichit d'harmoniques et le doubla progressivement d'une nappe de sons synthétiques, alors qu'il avait rebouclé la ligne de basse sur elle-même ; sa guitare semblait jouer toute seule. Il fit quelques tours sur lui-même, révélant à Younah le visage mi-reposé mi-dubitatif du nourrisson attaché son dos. Les percussions artificielles redoublèrent d'intensité...

Un regard vers Younah, comme pour l'inviter à se joindre à cette folle danse sonore!!!
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Message(#) Sujet: Re: Lutherie de Konoha [lieu ouvert à tous] Sam 7 Sep 2013 - 17:02

Je n'ai jamais joué avec quelqu'un.

Alors, vous savez, je ne savais trop comment m'y prendre. Si je devais faire comme j'avais toujours fait, ou si je devais essayer de m'adapter à mon partenaire. Mais celui-ci me donna la réponse, en inscrivant sa mélodie dans la mienne, en l'accompagnant sans l'oppresser. Dans un certain sens, je lui en étais reconnaissante. Ce qu'il jouait exalter mon morceau, ne l'éclipsait pas, et cela faisait preuve de respect. Je souriais, alors que je continuais de jouer, mes doigts dansant sur l'instrument. Et finalement, j'achevais sur une dernière note.

Mais On' semblait en avoir décidé autrement. Il y eut du beat-box sortant de nulle part. Puis la mélodie de ma clarinette, alors que mes lèvres n'étaient plus dessus. Surprise, j'arrivais pas à comprendre, et plusieurs papillons firent acte de présence, en réponse au sentiment de crainte qui m'envahissait. Des papillons de couleurs vives, en guise d'avertissement. Mais je comprenais. C'était du chakra. Un chakra qui avait enregistré mon morceau. La basse vint s'ajouter, et puis d'autres sons. Et voilà que le chakra faisait jouer la guitare seule, et qu'on m'invitait à une danse sur cette mélodie un peu étrange.

Est-ce que je vais continuer ? Je n'sais pas. Mais j'avais envie de quelque chose, un quelque chose que je n'avais fait que quand j'étais gosse. Je me redresse, pose mon instrument à vent sur le tabouret, et invite d'un geste de la main le musicien à me joindre dans une danse, une vraie. Mais que danser ? Je ne sais pas, j'ai pas l'habitude de danser. Et les rares fois où je l'avais fait, j'étais vraiment maladroite. Mais ça n'empêche pas un sourire qui se veut goguenard de s'installer sur mes lèvres, alors que je le provoque, d'une voix taquine.

- Alors, on est timide ?

Même si ça à vrai dire, c'est moi qui me sentait un peu. Gênée.
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Message(#) Sujet: Re: Lutherie de Konoha [lieu ouvert à tous] Mer 11 Sep 2013 - 5:35

Un instant de flottement, la demoiselle posait son instrument pendant la fin de la montée en puissance. Des formes volantes l'entouraient, dans son élan artistique; Onpu n'y prêtait qu'une attention distraite, comme si ces papillons faisaient déjà partie intégrante du décor artistique de la scène. Elle tendait la main, comme pour lancer sa propre invitation. Une invitation qui semblait sortir totalement du cadre de la musique elle-même. Alors qu'elle était clarinettiste. Quel gâchis !!!

Onpu, qui n'avait pas du tout la tête à danser, d'autant qu'il portait un nourrisson dans son dos, en décida autrement. Pendant qu'il terminait la première partie de son « remix » chakra-généré, il enveloppa d'un geste en arrière du bras son fils adoptif dans une bulle de silence de sa création, moins pour dissimuler ses cris que pour protéger son ouïe. Car ce qui allait suivre allait être chargé en décibels.


(à 1:47 ...)

BANG !!

Le remix était loin d'être arrivé à son terme ; non seulement il avait repris de plus belle, mais les basses qui s'extirpaient des mains d'Onpu se dirigeaient droit vers Younah et ses papillons, comme pour la secouer. C'était sa manière de refuser son invitation... tout en l'acceptant.

Car en même temps qu'il lâchait le gros morceau de sa technique onkyôton et qu'il rebouclait la ligne de basse synthétique sur elle-même, il s'était saisi de sa basse comme d'une massue, et avait donné un large coup horizontale vers Younah comme pour la trancher en deux avec la caisse de résonance. Provocation gratuite, mais quelque part il ne faisait que lancer une certaine chorégraphie. Il avait bougé lentement pour lui permettre d'esquiver, également pour ne pas trop secouer le petit Ninigi dans son dos, et surtout pour éviter que les événements tournent mal et qu'ils commencent à tout casser dans la lutherie.

Dans son mouvement, il se retourna, posa sa basse à terre, s'appuya sur le manche pour tourner en faisant mine de la faucher avec son pied droit.

Quand il retomba sur ses deux jambes, il tempéra son discours sonore en calmant les basses et en reprenant des éléments de la première partie de sa prestation. Après l'avoir secouée musicalement et physiquement, il voulait la ramener en terrain connu pour lui laisser une éventuelle occasion de le surprendre un peu davantage...

Le bouquet final! Reprise du thème principale avec de nouvelles nappes synthétiques en supplément, et des libertés rythmiques à faire tomber de leur chaises les fous qui s'essaieraient de les suivre en tapant du pied! Surcharge contrôlée!!!

Et Ninigi, toujours sur le dos du maître des lieux dans sa bulle de silence, qui voyait le vaste paysage de la lutherie tournoyer juste devant ses yeux...
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Message(#) Sujet: Re: Lutherie de Konoha [lieu ouvert à tous] Dim 23 Fév 2014 - 21:51

Environs une heure après sa sortie de l'hôpital de Konoha...

TOC ! tap... TOC ! tap... TOC ! TOC ! tap... TOC...... le bourdonnement incessant de sa canne et de son pied entremêlés sur le gravier du chemin s'estompa après presque cinquante minutes de marche depuis l'hôpital. La mélodie n'était pas des plus douces à l'oreille mais on ne pouvait pas lui reprocher d'être en rythme. C'est ce qui plaisait aux artistes musicaux après tout non ? Enfin... Satsuki y était arrivée, c'est tout ce qui compte. Cela faisait maintenant cinq jours qu'elle avait été emmené à Konoha pour y recevoir des soins. Il ne fut pas simple pour elle de passer les portes du village mais cela fait, elle fut d'urgence portée en lieux sûrs. Le premier jour, ses blessures s'aggravèrent. Les multiples brûlures recouvrant son bras gauche, sa jambe gauche et la moitié de son visage firent grimper sa tension à l'en faire s'évanouir et sommeiller une demi journée durant. Le lendemain, les soins prodigués par l'équipe chirurgicale konohajin parvinrent à la maintenir en vie. Son souhait fut exaucé et, après deux heures seulement de travail, ses membres furent ramenés à la vie par transplantation directe d'acajou à la place de ses anciens membres.

La douleur l'immobilisa une nouvelle demi journée mais après beaucoup de repos, elle fut remise sur pied. Elle fut surprise de la rapidité de sa prise en charge et ne manqua pas de remercier ses sauveurs. L'absence de bandeau frontal y était peut être pour quelque chose. Quoi qu'il en soit, elle quitta les lieux aussi vite qu'elle y été arrivée et s'empressa de se rendre au palais souverain du village. Il était temps d'aplanir sa situation critique et désorientée. Sur place, personne ne la laissa entrer mais un vieil homme qui passait par là lui indiqua une lutherie au cœur du village. Il ajouta ensuite :

"Si ce ne sont pas les percussions du mal auquel tu aspires alors, là-bas, tu trouveras peut être des réponses. Desserres le lien qui te ronge et va trouver notre bien-aimé Hokage. Fabriquant d'objet musicaux, il aime y passer du temps. Tu le trouveras peut-être là bas en train de confectionner."

Sans un mot, la sunajin se rendit au lieu indiqué. La genin, pied dans le plâtre et soutenue par une béquille de bois, se tenait là, devant la vitrine de la fameuse lutherie vers laquelle on l'avait dirigée. Elle ne comprenait pas vraiment ce qu'un homme d'exception comme lui trouvait ou recherchait dans la musique. Au fond, elle n'en connaissait aucune, de musique, et ne pouvait pas en imaginer les vertus mais songea bien vite à l'homme que devait être le Rokudaime pour se consacrer à un tel art. Sûrement devait-il être méticuleux et précis à en voir ses ouvrages. Se montrait-il aussi rigoureux dans la gestion de son village que dans le fignolement de ses instruments ? Tout portait à le croire. Se contentant de jeter un oeil à travers la vitrine, la kunoichi du sable se décida finalement à pousser la porte et entrer.


TOC ! Tap... TOC ! Tap... Après que la porte c'eut refermée, Satsuki s'avança fébrilement. Personne n'était présent dans la boutique mais un écho de composition mélodique s'échappait de l'arrière-salle. Était-ce lui ? L'Hokage ? Elle ravala sa salive, prépara son discours et s'apprêta à l'appeler. Malgré l'intervention des chirurgiens, elle n'était pas vraiment jolie à voir. Outre sa canne temporaire, sous sa chevelure brune intacte, surgissait un masque, ou plutôt une peau artificielle. Sur sa face gauche, on pouvait contempler, du front à la joue, une écorce d'arbre dure remplacer sa peau. Dernier vestige de cette moitié de visage, un œil gauche marron, ardent de vengeance et empli de haine. Plus bas, elle ne pouvait cacher son bras gauche, meurtri également, tenant la béquille porteuse. Par symétrie et esthétique, elle ne cacha pas non plus son bras droit, en acajou également depuis ses quatorze ans. Elle tira une mèche de cheveux sur son œil gauche puis se lança :

"Excusez-moi, il y a quelqu'un ?"
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Lutherie de Konoha [lieu ouvert à tous]

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