N'oubliez pas que vous pouvez voter toutes les deux heures sur les cinq Topsites pour le forum !
Rappel : Chaque RP doit au minimum faire 15 lignes, soit 1400 caractères espaces non compris minimum.
Partagez | 
 

 Sous les Étoiles [PV Krystal]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Nouveau
avatar
Informations
Messages : 116
Rang : B

Message(#) Sujet: Sous les Étoiles [PV Krystal] Mer 20 Mar 2013 - 12:49

De tout temps les hommes ont craint la Nuit. C'est le temps de l'ombre, le moment où les démons sortent. C'est une période satanique, car elle dévore le Soleil, monarque sacré par les Hommes. Et les étoiles, comme autant de diablotins, ricanent silencieusement dans l'assemblée présidée par la Lune. Et pourtant… et pourtant Yokuro défiait les croyances. Il avait décidé de sortir, ce soir, ou plutôt cette nuit. L'air était délicieusement frais, et le ciel était dégagé. Le kairos rêvé pour partir dans la sylve s'abandonner à l'harmonie de la nature en pleine sorgue. Comme à son habitude, l'Illusionniste à l'esprit affranchi s'éclipsa provisoirement du village habillé de sa tenue platinée. Un kimono, obi et hakama d'un blanc immaculé, à l'image de son faciès presque cadavérique. Mais sous le lustre sélénite de la nuit, même s'il pouvait avoir des allures de lémure, avec son galbe presque famélique, l'Opalin avait malgré tout des traits séraphins. Une âme d'une grande pureté, bien qu'autrefois saignée à deux reprises, marquée à deux reprises du fer incandescent de la véhémence humaine.

Sans emporter quelques affaires, il s'en alla, prévenant bien entendu au préalable les gardes de son départ nocturne. Les désertions étant une réalité, il prit le soin de présenter aux gardes pour se faire fouiller, en gage de bonne foi. Aucun sceau, aucun piège sous sa manche : ce n'était qu'un civil, s'il n'avait pas la faculté de sculpter son esprit, partiellement ou entièrement, ainsi que de modifier et manipuler ceux des autres. Avant de quitter le village, il remercia donc les gardes pour leur travail, et leva la tête, face à la sortie, devant un ciel magnifique. Raison supplémentaire de sauter de la plus basse et éloignée branche de l'Arbre pour aller contempler l'Ailleurs. Petit à petit, la silhouette presque lumineuse se dégagea de l'emprise sylvestre de Konoha. Yokuro s'échappa des remparts, protégé par un renard, et mit le cap vers les bois environnants. Le chemin était totalement vide, quoi de plus normal en pleine nuit, ce qui plut au psychagogue. Sans pour autant être un solitaire, un ermite prêchant la voie de l'esprit libre, il aimait de temps à autre être seul, en tête à tête avec la nature, pour se recueillir intérieurement.

Le temps passa, et voici que le jeune borgne se laissa inerte sur le chemin. Il avait marché depuis un certain temps, et désormais il lui paraissait idéal de s'arrêter. L'Ivoirin tourna la tête, à droite, puis à gauche, avant d'observer sur cette même gauche un arbre de grande envergure. Plus vieux, et donc plus grand que ses voisins, il formait un formidable observatoire nocturne offert par la Nature. Respirant l'air frais du borgnon, le cyclope de la Feuille grimpa à l'arbre, mélangeant escalade à Ninjutsu pour atteindre la cime de l'être sylvestre en un rien de temps. Au sommet, il se percha dès lors à une branche, et s'y posa le dos contre le tronc. Yokuro ne pouvait pas rêver mieux : il était face à un véritable panorama stellaire, une œuvre d'art céleste que son regard n'eut de cesse de dévorer. Le psychosomaticien regrettait une chose, face à ce spectacle entre ombre et lumière : que son instructeur ne lui ait pas enseigné au moins ne serait-ce que quelques rudiments d'astrologie. Les constellations, les planètes, tout ces phénomènes d'une dimension plus vaste que le monde des hommes intéressaient de façon lyrique le docte. La Nuit même fascinait le songe-creux : contrairement à l'image satanique qu'elle inspirait pour certains, la Nuit était une période intéressante pour Yokuro. C'était le moment où les draps frais de la Nyx berçait l'humanité dans l'équité, car personne n'échappait à l'obscurité. Ces ténèbres n'étaient pas infernales, car les étoiles semblaient veiller sempiternellement sur l'Homme, et ce malgré ces erreurs, passées, présentes ou prochaines. La Lune était alors une Gardienne de ce silence purgatoire.

Un mutisme justement brisé par quelques bruits. Le Yamanaka, en bonne personne attentif aux perceptions sensitives put constater qu'il n'était plus seul. Sa contemplation des étoiles était troublé, par un animal, voire même une personne. Il se décala du tronc, devenant clairement visible grâce à la lumière lunaire, et put constater dans la pénombre une silhouette humanoïde. Une personne. Un Konohajin ? Histoire de mettre à la lumière l'identité de cette personne, Yokuro ne tarda pas à l'interroger, de la façon la plus simple.

— Qui va là ?
Son ton serein suggérait l'emprise bénéfique qu’exerçait la nuit sur chaque fibre de son être. Si certains pouvaient entrer en communion avec la nature, il allait sans dire que dans le cas de l'éphèbe, ce dernier était en parfaite synergie avec la Nuit. Bien que de caractère posé, et ouvert, Yokuro espérait que cette intervention anthropique dans sa rêverie isolée ne gâche pas son moment. Après tout, ce n'était pas tous les jours - ou plutôt toutes les nuits - que l'on pouvait observer une empyrée aussi idéale…

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nouveau
avatar
Informations
Messages : 397
Rang : B+

Message(#) Sujet: Re: Sous les Étoiles [PV Krystal] Lun 25 Mar 2013 - 18:37

    J’avais pris, depuis quelques temps maintenant, l’habitude de me promener dans la forêt le soir venu. Le calme et la sérénité aidaient à se ressourcer, surtout en ces temps noirs pour les villages Shinobis. J’étais passée Chûnin, désormais, et il était sûr que j’allais devoir avoir un rôle prépondérant dans cette guerre. Moins que certains, mais plus que d’autres. Et puis, tous ces enfants qui seront impliqués, contre leur gré ou non : quelqu’un devait être là pour mourir à leur place. Aucun enfant n’a à subir la folie des plus grands. Et parmi ces plus grands, très peu sont prêts à se sacrifier pour les générations futures.

    M
    ais, étais-je réellement prête à mourir ? J’ai été belle, tranquille et vertueuse. J’ai, durant tout ce temps, couru après l’espoir de comprendre les Solaris, de comprendre mon clan, de trouver enfin ce qu’ils cachent. J’ai poursuivi ce but jusqu’à n’être qu’une caricature de ce que j’étais avant, un vague souvenir de l’âme pure et innocente que j’avais été l’habitude d’être. Si je suis l’ombre de moi-même, devrais- je couper les minces fils qui rattachent mon âme à celle que j’avais autrefois ? Cette quête, c’est tout ce qu’il me reste de ma vertu. Je glisse depuis trop longtemps sur un rocher taillé à pic, et que cette mission est le seul brin d’herbe auquel j’ai pu accrocher mes ongles. Ce n’est pas parce que je n’ai plus de honte que je n’ai plus d’orgueil. Non, je ne veux pas laisser mourir en silence l’énigme de ma vie. Je ne suis pas prête à mourir. Pas comme ça… Ma vie a brûlé sous trop de lumière, je ne veux pas partir dans l’ombre. Je n’ai jamais rien choisi dans ma vie. Je veux choisir ma mort.

    L
    es gardes nocturnes ne firent même plus attention à moi. De toutes façons, ils sont là pour éviter qu’on entre dans le village, pas vraiment pour qu’on en sorte. Un ninja passerait par-delà les remparts, ou se moquerait éperdument de deux ou trois gardes affublés d’une lance ou d’une épée. Même s’ils se prêtaient à la traditionnelle fouille, ils ne dupaient que très peu de monde. Ce n’étaient que des objets, des statues vivantes que l’on mettait là pour convaincre les habitants que Konoha, c’était sérieux, et qu’ils n’avaient rien à craindre. Pourtant, si j’étais un Shinobi d’un village étranger, et que je pénétrais là, au beau milieu du village, les gardes ne pourraient rien faire.

    Je savais parfaitement où j’allais. J’y passais beaucoup de nuits, et j’y avais déjà rencontré des gens prodigieux qui m’ont fait avancer, à leur manière. Au fond, est-ce que j’espérais que quelqu’un se trouve là quand mes pensées et mes sentiments m’envahissaient de trop ? Sans doute. J’hurle à qui veut l’entendre, le sourire aux lèvres, que j’ai besoin d’aucune aide, et que je suis assez grande pour me prendre en main. Mais l’expérience m’a prouvée qu’en fait, pas du tout. Chacune des rencontres exceptionnelles que j’ai faites s’est soldée par des confidences ou une crise de larmes. J’étais bien plus brisée que je ne voulais l’admettre, et que je ne l’admettrais jamais de toute manière. Car oui, mes nuits n’étaient, lorsqu’elles n’étaient pas comme celle-ci, qu’un enchaînement de morceaux de sommeil entravé par d’innombrables cauchemars. Même morts, ou disparus, mon clan continuait à me hanter, et à me pourrir la vie.

    Je travaillais pourtant à aller mieux, c’est d’ailleurs à ça que me servait mes sorties nocturnes – outre l’espoir de croiser quelqu’un qui m’aiderait à faire un autre pas en avant. J’ai toujours eu la conviction que la nuit était mieux que le jour. Plus calme, plus serein, plus propre à la réflexion, mais terrifiant et mystérieux pour les non-initiés. Elle est également propice aux moments de solitude. Je ne détestais pas les gens « commun », ils avaient cependant la fâcheuse tendance à penser qu’ils savaient tout de ce que les autres ressentent. A peine quelqu’un semble-t-il peiné que ces gens se précipitent vers cette personne pour tenter de lui faire relativiser. Parfois, il faut se rendre à l’évidence qu’on ne peut pas aider les gens. Surtout venant de ce genre de personnes, qui ont encore à apprendre ce qu’est la tristesse, alors qu’ils aperçoivent à peine ce qu’est la douleur.

    - Qui va là ?

    Je levai la tête, tentant de localiser d’où pouvait provenir cette voix. Je l’aperçus vite, au milieu de cette plaine qui me servait de terrain de jeu à chaque virée, éclairé par la lune et les étoiles. Je ne pouvais distinguer son visage, mais je pus dire grâce à la voix que c’était un homme. Et au vu de sa prudence, il devait venir de Konoha. Je soupirai, continuant à m’avancer en direction de là où il se trouvait.

    - Hm, bonsoir. Je… Heu… Je m’appelle Krystal, je viens de Konoha. Et je viens souvent ici, la nuit. La hauteur et le fait qu’il y ait peu d’arbre donnent une très belle vue sur le ciel…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nouveau
avatar
Informations
Messages : 116
Rang : B

Message(#) Sujet: Re: Sous les Étoiles [PV Krystal] Mer 27 Mar 2013 - 19:48


Sous les étoiles se côtoyaient deux êtres vivants. Deux entités brisant le silence inerte de la forêt nocturne. Une sylve pas totalement muette au final, mais qui conservait tout de même une certaine harmonie auditive. Il n'y avait qu'à tendre l'oreille pour entendre en tant que spectateur la symphonie sylvestre. Bien que discret, le vent jouait de l'orgue des feuilles, pianotant dans son sillage sur chaque surface riche chlorophylle. La bise rafraîchissait l'espace, et illuminait de mélodies douces et envoutantes l'éther endormi. Une berceuse invisible, qui baignait pourtant dans le cœur de chaque être. C'était presque dire si cet aria tendait vers la méditation plutôt que vers l'hypnose. Et comme pour accompagner en chœur cette composition de la nature, les habitants de la forêt se joignaient au médicastre aérien. Les oiseaux les plus téméraires donnaient de la vie au souffle de l'empyrée, tandis que quelques brames et hurlements accordaient dynamisme et synergie. Pour les plus ostrogoths, il était difficile de percevoir tout ça. Ce n'était que du bruit, des frayeurs nocturnes, parfois même une pâle copie bestiale de l'orage. Une gène, désagréable, un défaut de la nature. Pour d'autres, à peine plus érudits, mais plus objectifs, froids, stricts, ce n'était que la nature. Le son. La nuit. Les éléments. Rien de plus. Les prosaïques trouvent tout cela sauvage. Il faut civiliser la nature. Un paradoxe étrange, qui les motive à créer des jardins carrés, à domestiquer l'être animal pour en faire un outil, un objet optimisant le confort. Il faut cesser de contempler la nature oisivement : il faut l'apprivoiser, l'anthropomorphiser, pour se prélasser dans un monde terne.

Mais pour d'autres, comme Yokuro, cette mélodie mystique n'était autre qu'un concert ouvert à l'âme, le temps d'un kairos.
C'était plus qu'un aria unique : c'était le chant du monde.

Et dans cette symphonie du monde, erraient deux jeunes gens. Le premier se fondait dans la nature, bien que ses vêtements le sortaient un peu de ce monde smaragdin et havane. C'était un fantôme, qui rêvait, la tête dans les étoiles. Un adorateur, sans prosélytisme, de la liberté. Grâce à elle il se sentait enfin lui-même, enfin sain, enfin serein. Et à ses côtés venaient de se joindre un nouveau personnage. Une spectatrice stellaire, pour être plus précis. Son regard était placide, un peu comme celui du Yamanaka. Son visage quant à lui portait une teinte virginale plus proche de la pâleur lunaire que de l'opalescence nivéenne. Lorsque l'astre sélénite illumina davantage sa silhouette, Yokuro crut voir une autre version de lui. Cependant il n'y avait pas de miroir, pas d'illusions. Simplement cette fille, d'âge proche avec l'Opalin, qui se présentait sous le prénom peu béotien de Krystal. Sans pour autant insister sur les traits de son visage, le psychagogue prit le soin de tendre attentivement l'oreille. Simple mesure de précaution, afin de ne pas tomber dans le piège. Au vu de la clarté de sa voix, elle semblait sincère, et peut-être embarrassé de la présence de Yokuro. Il fallait avouer que pour une première rencontre entre les deux Konohajins, le songe-creux faisait figure de lémure, avec son kimono lactescent.

Tant pis, il allait se rattraper rapidement dans son approche orale. L'érudit noctulescent, en signe de cordialité descendit de son arbre, l'espace d'un bond. Au préalable, il pensa à descendre un petit peu. Il était certes un ninja, mais pas un sur-homme. Aussi, dans sa chute, il pensa bien à amortir son arrivée au sol avec ses jambes. Ceci fait, il se rapprocha davantage de la susnommée Krystal, et lui adressa un fin sourire, afin de montrer son innocence. Yokuro était un être sociable, gentil et aimable, ouvert à la conversation. Il préféra ainsi donner au mieux cette impression, afin que l'inconnue ne se fasse pas de soucis à son égard.

— Bonsoir ! Mes excuses pour l'approche assez brusque, je ne pensais pas que quelqu'un viendrait ici pour profiter du spectacle. Je me présente : mon prénom est Yokuro, et j'appartiens au clan Yamanaka.
Il tendit par la suite sa dextre droite face à Krystal, pour la saluer amicalement. Le ciel était vraiment idéal ce soir. Enclin à la discussion, et presque veilleur. A défaut d'appui familial, il pouvait compter sur le soutien auguste des éléments. Il n'était pas croyant certes, mais s'affranchir de la société, pour ne faire qu'un avec la nature l'aidait bien plus qu'un oncle ou une cousine. Il releva la tête, cessant de projeter son oeillade à l'infini dans la voûte stellaire, pour revenir à Krystal. Elle semblait bien connaître les lieux.
— Dis-moi, le ciel est-il souvent aussi dégagé que ça, habituellement ?
Yokuro s'était volontairement permis de tutoyer la demoiselle. Il était dans la nature, dans la sylve, non plus à Konoha. Il avait quitté la société, pour s'abandonner à l'état le plus pur de la vie. Par conséquent, il pouvait se permettre de s'affranchir des codes inhibiteurs de liberté de la communauté, pour parler plus franchement. Parler réellement, en toute âme et conscience.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nouveau
avatar
Informations
Messages : 397
Rang : B+

Message(#) Sujet: Re: Sous les Étoiles [PV Krystal] Mar 2 Avr 2013 - 13:32

    Personne ne peut remonter le temps. Nous devons nous contenter de tirer une leçon de nos regrets et nous attacher à changer l'avenir. Chaque jour je m’efforce de changer ce que je suis, pensant vainement que ça changerait ce que j’ai fait. Est-ce que si demain, je me mets à changer le monde, j’en ressortirai meilleure ? Est-ce que si demain, je venais à sauver un village tout entier, ma famille me reviendrait ? Evidemment que non. J’ai coutume de penser que ce n’est pas notre naissance qui détermine ce que nous sommes, mais que ce sont nos actes. Cet adage est respectable, et respecté, d’ailleurs. Seulement, il oublie de dire l’essentiel : un millier de bonnes actions ne vaudraient pas une mauvaise. C’est le même principe que la notion de bonheur. La vie est faite de quelques joies, très vites effacées par d’inoubliables chagrins. Le Mal prend souvent le pas sur le Bien, et le prend bien plus souvent et facilement. Prenez par exemple un voleur. Il a pu être irréprochable toute sa vie. Il a pu être un exemple pour sa famille, ses amis, ses voisins. Il a pu donner sans recevoir en retour, et ce pendant trente longues années. Puis, un jour, il va se mettre à voler un fruit, par exemple, pour nourrir sa famille. Les gens verront-ils de lui l’homme respectable qu’il a été pendant trente années, ou ce voleur qui, un jour, s’est écarté du droit chemin ? La justice a déjà fait son choix.

    Yokuro Yamanaka. Un clan spécialisé dans le contrôle de l’esprit, si je ne m’abuse. Je n’en avais pas croisé beaucoup, alors que c’était pourtant un des clans phares du village de la feuille. Peu importait, de toute manière. Le clan ne définissait pas la personne. Si j’avais ressemblé à ceux du mien, je crois que tout aurait été différent. J’ai souffert, et il y a des blessures dont on ne guérit pas impunément. Je suis devenue froide, distante, cynique, un objet de souffrance et de sadisme. On me voulait insensible et droite, dévouée à un culte et à mon clan. Les seuls traits que j’ai gardé des Solaris sont le contrôle sur moi – et encore, j’ai encore beaucoup à apprendre – et la manipulation. Car oui, je n’ai pas honte de le dire, je passe mon temps à manipuler les gens. Pas toujours méchamment ou pour des buts précis. Parfois, je leur dis juste que je vais bien, et je leur souris. Je manipule ce qu’ils pensent. Je préfère cent fois pleurer, crier, hurler, frapper, en vouloir à tout et n'aimer plus rien seule plutôt que d'avoir seulement les larmes aux yeux et une boule dans la gorge avec quelqu’un. Les sentiments sont les armes les plus puissantes qu’une personne peut utiliser contre une autre…

    - Pas de soucis ! Je n’ai juste pas l’habitude que quelqu’un se trouve déjà ici !

    Paradoxalement, l’une de mes plus belles rencontres s’était également déroulée ici. Et l’homme descendait du même arbre que celui dans lequel Yokuro se trouvait. Je souriais toujours, comme à mon habitude. Comme je l’avais dit en arrivant, parler à quelqu’un et trouver une personne ici ne me dérangeait pas. Restait à voir comment ce Yamanaka était. Je n’étais pas réellement d’humeur à devoir supporter quelqu’un d’arrogant, de prétentieux, de hautain ou même de lourd. Fort heureusement, il ne semblait être rien de tout ça, bien au contraire. Une certaine forme d’intelligence transparaissait, ainsi qu’une sérénité plutôt prononcée. Son habit devait sans doute jouer. Alors que je n’étais qu’en simple robe noire, il était en kimono blanc. Le contraste était saisissant.

    - Ici, il l’est très souvent, même les soirs d’automne et d’hiver. On dirait une espèce de microcosme sans nuage.

    A bien y réfléchir, c’était vrai. Jamais je n’avais eu de problème de visibilité quand j’étais venue ici, et Dieu sait le nombre de fois où je m’étais échappée du quotidien de Konoha. Je m’avançai dans la plaine, et m’assis par terre, le menton sur les jambes, les yeux levés vers le ciel.

    - Je ne suis pas une philosophe, ni une grande rêveuse. Je tâche de toujours garder les pieds sur Terre. Pourtant, la contemplation de la lune et des étoiles dans le calme absolu de la nuit me permet de m’échapper, au moins l’espace de quelques instants, du village et des soucis.

    Je me tournai vers lui, toujours en souriant.

    - Et toi, pourquoi tu viens là ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nouveau
avatar
Informations
Messages : 116
Rang : B

Message(#) Sujet: Re: Sous les Étoiles [PV Krystal] Mer 22 Mai 2013 - 18:57

Suite aux présentations entre le psychologue du clan Yamanaka et la susnommée Krystal, cette dernière évoqua les circonstances de sa venue dans ces lieux plus que naturels. D’après les propos de l’habituée, le lieu baignait constamment sous la lumière apaisante de l’astre sélénite, ce qui était plutôt rassurant. Dans certains endroits du globe, il était monnaie courante de constater que la Lune était aux abonnés absents. Pire encore, dans des contrées plus septentrionales, c’était le soleil qui se faisait la malle : les autochtones devaient alors apprendre à vivre dans l’ombre, dans le froid obscur de la nuit, sans guide solaire pour survivre. Yokuro se souvenait que son professeur avait étudié au cours de sa jeunesse les mœurs de quelques populations vivant dans des contrées arctiques. Il fallait avouer que le vieil homme avait bien voyagé, et son élève favori l’enviait à ce sujet. De la même façon, le Yamanaka aspirait un jour à pouvoir voyager, lorsqu’il serait plus fort et que le village reconnaitrait sa capacité à pouvoir errer dans le monde en toute autonomie.

Mais pour l’heure, le jeune homme était condamné à rester à Konoha, village caché de la feuille. Pour autant, il n’était pas à plaindre, et ne se plaignait justement pas de sa sédentarité. Ce soir était justement une preuve qu’il se plaisait encore à Konoha et ses alentours. Entre les paysages préservés de la destruction, les citoyens au caractère chaleureux, et certains en particulier aux personnalités originales et appréciables, Konoha ne manquait pas de ressources pour faire ses charmes. Même cette Krystal intéressait le psychagogue. À sa manière, elle était venue en ces lieux chercher de quoi s'évader du quotidien. À travers la contemplation des astres et du ciel noctulescent, elle fuyait intelligemment les tracas de la vie en société. De la même manière, l'Opalin à l’œil unique partageait cette même intention d'évasion spirituelle, fervent adepte de la liberté. S'écarter à son tour de la société pour revenir aux sources lui était plus que bénéfique. En outre, retourner dans les bois lui rappelait son enfance, sa plus tendre enfance même, ce qui le consolait dans un cocon impalpable mais pourtant protecteur. L'espace d'une balade, le cyclope redevenait alors le promeneur des sylves, se complaisant à observer chaque coin de nature que sa vision lui proposait. Une vision que ne tarda pas à exposer Yokuro devant son allocutrice.

— Je viens à peu près pour les mêmes raisons que toi, en fait ! J'ai besoin de m'évader dans la nature. Le calme de la forêt sous la nuit m'aide à être plus serein. Et puis … ce paysage, cette nature endormie, ça me rappelle mon enfance, quand je vivais encore dans le sud-est du Pays du Feu.
Puis, suite à cette réponse, l'albescent rejoignit au sol Krystal, s'asseyant à ses côtés. L'herbe était fraîche, à peine humide, et l'air était agréable. Une douce bise caressait la peau des deux êtres, comme une mère attentionnée à l'égard de ses deux enfants. L'éborgné leva par la suite la tête en l'air, et se plongea dans une première contemplation des étoiles, telle une première latte dans une cigarette. Avec difficulté, il reconnut une constellation, et resta déçu de s'en arrêter là. Avide de savoir, le jeune homme aurait aimé en savoir davantage sur la science du cosmos, et des phénomènes visibles par l'homme. C'était dans ce genre de situation que le psychanalyste se rendait compte de la place insignifiante du genre humain dans l'univers. Il s'était placé depuis sa création au centre du monde, plaçant ce que ses sens lui permettaient d'observer au cœur de l'univers, et flattait ainsi son égo d'être le centre du monde.
— Le ciel est vraiment une source de contemplation extraordinaire… aussi vaste que puisse l'être l'univers, je pense. Les anciens avaient même cartographié la voute céleste en constellations pour se repérer, attribuant des entités mythiques à leurs créations. Est-ce que tu en connaitrais quelques unes par hasard ? Je dois t'avouer que je m'y suis toujours intéressé …
Et maladroitement, et tout aussi timidement, il lui sourit. Il se sentait un peu gêné de vouloir faire l'enfant, et elle son instructrice, dans un endroit dénudé d'autorité, et d'intérêt apparent à l'apprentissage.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

Sous les Étoiles [PV Krystal]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Shinobi no Hattan :: Archives :: SnH Legacy :: Pays du Feu :: Hi no Kuni :: Forêt de Hi no Kuni-