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 Sombres rêves. [Aku]

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Message(#) Sujet: Sombres rêves. [Aku] Mer 10 Avr 2013 - 16:16

Un cauchemar. Tu l’as revu. Il t’a souri. Il t’a narguée. Tu as eu mal. Cela t’a déchiré le cœur. Tu pensais l’avoir vaincu, mais il est toujours là, tapi au creux de tes songes. Il guette. Il attend. Il attend que tu faiblisses pour te fondre dessus, toutes dents dehors, dans le but de te dévorer. Il veut te détruire, te montrer que tu n’auras jamais la force de le vaincre. Il existe toujours. Tu as beau le bannir de tes rêves, de tes pensées, il est là, il règne. Il a le pouvoir. Tu ne vaux rien. Tu pousses un long soupir, et décides de te relever. Tu ne parviendras pas à te rendormir, tu le sais. Alors tu plonges dans les grands bras de la nuit et tu te laisses porter. Tu quittes le cocon, et l’aventure recommence.

Tu marches lentement, fixant l’éclat de la Lune, pleine de douces chimères. Tu rêvasses. Tu aimerais que tout aille mieux, que tes troubles n’aient jamais existé. Mais ils sont là. Que tu le veuilles ou non, ils sont là, ils te tourmentent et te réduisent à néant.

Tu es faible.
Tu as tenté de te battre, oui, tu as essayé. Tu as fait de ton mieux, mais peu importent tes efforts. Il est revenu. À chaque fois. Il t’a de nouveau troublée, et tout ce que tu avais bâti est tombé en lambeaux. Il n’existe plus rien de ta force mentale. Il n’y a plus que les morceaux d’un passé détruit, d’un prestige piétiné, réduit à néant. Ta lutte repart de zéro, c’est tout. Tu as vraiment besoin que ça change, mais tu te sais incapable de tout transformer. Tu n’as jamais su réaliser de miracle, après tout.

« Hin … Hinhin … Hinhinhin !! »
Des bruits de pas. Un rire sonore, grave, désagréable. Un rire d’homme. Ton rythme cardiaque s’accélère subitement. Un homme. Il se rapproche. Il te veut du mal. Il va te détruire. Tu le sens. Les créatures de la nuit sont souvent porteuses de sombres desseins. Il va te nuire. Mais tu ne te laisseras pas faire. Il ne t’atteindra pas.
Tu tires ton kunai de ta poche et tu attends qu’il vienne. La meilleure défense, c’est l’attaque. Alors tu es prête. Tu sens sa présence, si près de toi, si dangereux. Il est le reptile, celui qui guette sa proie avant de lui tomber dessus pour en faire son quatre heures. Son souffle caresse ta nuque. Il est déjà si proche, si dangereusement collé contre toi. Sa main se pose sur ta hanche et là, tu te retournes.

C’est le drame.
Le petit couteau japonais fend l’air, tranche la peau. Il y a un craquement, une déchirure. Du sang. Beaucoup de sang. Tu l’as bien amoché. Il tombe. Son corps s’écrase dans sa propre mare d’hémoglobine. Ton esprit de médecin en prend une claque. C’est violent. C’est pourpre. Ça sent mauvais. Tu recules, tes jambes tremblent. Tu es censée sauver des vies, pas en détruire ! Quel affeux paradoxe. Il gémit et remue faiblement. Il existe encore. Il doit mourir. Tu t’accroupis et plantes ton arme derechef. Il pousse une longue plainte. Tu remontes l’arme tout au long de ses viscères, la main tremblante, maladroite. Il crache du sang, te maudit et finit par rendre son dernier souffle, sous tes yeux. Tu as tué un être humain par peur. Tu lui as ôté la vie. Il est mort. Mort. Mort. Mort.

Il ne reviendra plus.
Tu trembles encore plus. Qu’as-tu fait, Hime ? Les larmes roulent sur tes joues. Tu serres ton kunai extrêmement fort et pars en courant. Tes tripes se tordent, tu te tortures, tu as envie de mourir. Tu l’as tué, tu l’as tué. Tu ne sais même pas ce qui t’a pris. Tu l’as juste assassiné. Tant pis … ? Meurtrière ! Telle est ta vraie nature ! Tu n’es pas un médecin, juste une tueuse. Hypocrite.

Tes pas te mènent vers un parc, contre un arbre. Tu te laisses tomber, et plantes tes prunelles sur la Lune. Tu lâches ton kunai, qui tape contre le sol. Tu te recroquevilles. C’est horrible. Ça te déchire le cœur. Tu l’as tué, tu l’as tué. Tu fermes les yeux et prends une longue inspiration. Tu es perdue. Complètement perdue. Mais tu es aussi inexcusable.

Tu l’as tué. C’est tout.
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Message(#) Sujet: Re: Sombres rêves. [Aku] Sam 20 Avr 2013 - 19:13

La nuit était tombée, la Lune régnait sur nos têtes, nous pauvres et petits humains. L’observant avec attention, je me perdais dans ce firmament parsemé d’étoiles. C’était beau. Cela éveillait en moi un étrange sentiment. J’étais perdu. Je ne savais pas ce que j’étais exactement. Un monstre ? Ou tout simplement rien ? Je n’en sais rien. C’était hier. Ce jour où ma vie a entièrement basculée. Ce jour où j’ai appris toute la vérité, où j’ai été accusé du pire meurtre qui soit, avant de le réitérer. Cet acte m’a fait réaliser à quel point je pouvais être très attaché aux êtres qui me maintiennent actuellement en vie, mais aussi à quel point je pouvais être un monstre.

Je ne me reconnaissais plus.

Changé. Grandi. Voilà comment j’en suis revenu. Cette terrible épreuve m’a affecté mentalement. J’étais toujours le même, sans ne vraiment l’être. Etrange sensation. Je ne me reconnaissais vraiment plus. Mais je faisais face, je n’y pensais plus, je ne pensais qu’à mon présent, à mon destin. Il était inutile de regarder en arrière. Je n’y pensais presque plus maintenant. Même si, face à cette Lune, j’ai l’impression de me voir moi, de voir le plus profond de mon âme. Je détournai l’œil, ne voulant pas voir ce qui était au plus profond de moi, au risque de voir ce que je suis réellement. De ne voir rien du tout, où un monstre qui me rongeait de l’intérieur.

J’observais depuis le début de la nuit ce magnifique ciel à partir de la fenêtre de ma chambre. Oui maintenant, j’ai une maison. J’habite chez mon nouveau grand-frère, Yokuro. Et depuis ce jour-là, je n’étais plus sorti de nuit. Mes balades nocturnes me manquaient terriblement, je ne sais même pas si elles me sont autorisées… À croire que j’allais enfin être éduqué comme un enfant normal, qui se couche à 21h et qui se lève à 8h du matin, qui mange à 12h et 19h et qui ne doit pas grignoter entre les repas. J’enrage, je n’étais pas habitué à mener une vie pareille. Même si je m’y plaisais bien, je ne suis pas un enfant normal. Je suis un enfant qui peut être entièrement indépendant, et qui a besoin d’être rattaché à des êtres chers en même temps. Tout dépend du point de vue.

Mais maintenant, j’allais reprendre mes bonnes habitudes : j’allais sortir. J’allais faire une petite fugue. Ouvrant la fenêtre, je sortis. En face de ma fenêtre, il y avait le toit d’une maison, un peu plus loin. Je sautai là-dessus, puis je descendis. Fugue réussie. Nah mais. On ne va pas priver à un Jônin de sortir la nuit. Et puis si je me fais choper… Bah tant pis. Je n’étais pas en tort, puisque je dois avoir le droit de sortir à des heures aussi tardives. Il n’y a que quelques jours de cela, je passais mes journées dehors. Alors bon. Ce n’est pas une nuit qui va me mettre en danger, sinon il y aurait vraiment un problème. Mais maintenant… Que faire ? Hmm… Le parc.

Oui, le parc. Ce lieu naturel était très relaxant. J’appréciais énormément m’y rendre. De nuit, on pouvait entendre le souffle léger du vent faire bouger les feuilles des arbres et des buissons, tout ça dans un silence des plus absolus. C’était tellement reposant. Marchant dans l’enceinte de ce lieu, j’avançai, sans réel but. Il n’y avait personne. Personne. Ou presque. Quelque chose troubla ce silence. Des lamentations, une respiration. Quelque chose, qui n’était pas loin. Quelqu’un même. Une fille, qui s’était adossée contre un arbre, rabattue sur elle-même. Elle pleurait ? Je n’en savais rien, je ne parvenais pas à voir son visage. Je ne voyais que de longs cheveux roses. Rien qu’à ce détail, l’inconnue ne me dit rien. C’était une personne que je ne connaissais absolument pas.

Me plaçant devant elle, je m’agenouillai. Bien que je sois déjà petit, il fallait que je m’abaisse encore plus pour arriver à son niveau. Posant ma main droite sur son épaule, je pris la parole, d’une voix douce pour ne pas l’effrayer, la surprendre.

    - Qu’est-ce qui vous arrive ?


La regardant, je me demandais bien ce qu’elle avait à être si tourmentée que cela. Je le ressentais.

    - Relevez-vous, je n’aime pas voir des personnes abattues de la sorte.


Souriant, j’attendais une quelconque réponse de sa part.
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Message(#) Sujet: Re: Sombres rêves. [Aku] Mar 7 Mai 2013 - 15:41

Tu trembles, tu pleures. C’est immonde. Ces larmes qui roulent sur tes joues, des larmes de culpabilité. Tu es une meurtrière, c’est indéniable. Certains médecins tuent, mais ce n’est pas souvent voulu. Là, clairement, tu désirais sa mort, vu que tu l’as achevé. Tu as frappé fort, poussée par une dose d’adrénaline incroyable. Ce paradoxe te fait mal au cœur, tu te rends compte que, finalement, peut-être que ses gênes se sont perpétrés dans ton organisme. Ils continueront à grandir, encore et encore, jusqu’à atteindre l’inévitable. De médecin, tu deviendras assassin. N’est-ce pas con ? Ça te torture, te retourne les tripes. C’est immonde. Ç’a un goût dégueulasse, qui te donne envie de vomir. Le pire, dans tout ça, c’est que tu connais la solution. Tu sais quelle est ton unique échappatoire. Ou plutôt qui représente cette issue. Tu soupires, entre deux soubresauts.

Il y a quelqu’un. Tu entends quelqu’un, tout près, qui s’approche. Il vient jusqu’à toi et te parle. Ce qui t’arrive ? Ah elle est bien bonne celle-là. Tu ramasses ton kunai, le ranges discrètement et relèves seulement les yeux. Tout ton visage est marqué par les horreurs que tu as commises. Admets-le Hime, tu es un monstre. Juste un monstre. Il n’y a aucune humanité en toi. Comme il n’y en a jamais eu en lui. En cet être ignoble qui frappait sur ta mère. Ah, tu es pareille finalement. Oui, tu es comme lui, tu n’y couperas pas. Tu finiras par tuer tous tes congénères et tu te retireras, après t’être rendue compte de l’immonde personnage que tu es en réalité. Ou alors, tu éviteras cette triste fin, en acceptant d’ouvrir ton cœur. De lui ouvrir ton cœur. Peut-être est-il le seul capable de te comprendre, après tout … Yokuro … Tu soupires et détournes le regard.

    — C’est inexplicable. Incompréhensible. Même moi je ne sais pas pourquoi c’est arrivé.

Tu regardes le sol, gênée. Après tout, c’est vrai, n’est-ce que de la peur ? Peut-être pas, si ? Pourquoi ne serait-ce que ce sentiment ? Tu t’es sentie agressée, et tu as réagi, mais tu aurais pu réagir sans le tuer. Une fois assommé il ne t’aurait pas poursuivie, alors pourquoi ? Par envie ? Par peur d’une récidive ? Tu les connais assez bien pour savoir que son chemin se serait arrêté juste après le coup de couteau. Ils sont tous comme ça. C’est toujours la même histoire, la même ritournelle, si immonde qu’elle t’en casse les oreilles. Mais comment faire, comment faire ? Tu es coupable. Tu ne sais même pas ce qu’il adviendra de toi. La prison ? Ils ne sauront pas que tu l’as zigouillé. Sauf si lui t’a vue. Et là, tu seras dans de beaux draps. C’est moche. Et il ne faut pas que ça arrive. Surtout pas.

    — Pourquoi êtes-vous ici ?

Un autre qui te fait peur ? Lui aussi, tu vas le tuer ? Allez, allez Hime. Tu vas encore brandir ton kunai et couic. Plus personne. Mais … Ce n’est qu’un enfant … Pourtant les enfants disent la vérité ! Ils ne savent pas mentir ! Alors s’il t’a vue, tu es vraiment, vraiment mal. Au revoir ta carrière de médecin, au revoir ta vie ici. Tu devras partir, prendre la poudre d’escampette sans plus tarder. Et adieu Konoha. Qui sait, tu retrouveras peut-être ton connard de père suite à ça ? Non. NON ! Tu ne dois pas !

    — Partez, ne restez pas là. Ne … Non, ne restez pas. Ce n’est pas une bonne idée. Laissez-moi tranquille.

Tu te roules en boule contre l’arbre, avant de pleurer à nouveau. C’est immonde, absolument immonde. Tu as besoin de parler, de cracher toute ta peine, de hurler au monde la douleur que tu ressens, tu ne supportes plus d’avoir ce poids immonde sur le cœur. Yokuro, Yokuro. Non. Ce n’est pas non plus une solution. Surtout qu’il ne viendra pas à cette heure-ci.

Alors, Hime, ça fait quoi d’être condamnée ?
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Message(#) Sujet: Re: Sombres rêves. [Aku] Dim 12 Mai 2013 - 22:56

Perdue. C’est ainsi que je la percevais. Elle ne semblait pas vraiment savoir ce qu’elle avait. Hm… Vraiment ? Elle devait forcément connaître la raison de tout ça, à moins d’être tout simplement folle. Non, ça ne me semblait peu probable. Durant les secondes qui ont suivies, j’ai pu mieux voir son visage. C’est maintenant sûr, je ne la connaissais pas. Enfin, cela ne changeait pas grand-chose au final… Inconnue ou non, je me devais de lui venir en aide. Il était tout bonnement impossible que je reparte, alors qu’elle est dans un état comme celui-ci. Elle ne le voulait peut-être pas, mais elle avait besoin de quelqu’un. Elle se refermait sur elle, c’est mauvais. Je n’aimais pas ça.

Un peu après, elle me demandait pourquoi j’étais ici. Un détail me surprit cependant, elle me vouvoyait. Voila qui est rare. C’est bien la première fois que l’on s’adresse à moi de la sorte. Est-ce un moyen de me garder à l’écart d’elle ? Possible, puisque cela crée comme un mur entre nous deux. Mais ce n’est pas ça qui allait m’arrêter. Je suis bien décidé à lui venir en aide, elle ne m’aura pas. Je peux l’aider… Je le dois même. Elle en a besoin, que ce soit une aide venant de ma part ou de celle de quelqu’un d’autre.

Elle enchaîna ensuite très rapidement, me demandant de partir, de la laisser tranquille. Rester serait… Une mauvaise idée ? Mais de quoi parle-t-elle ? C’était absolument hors de question, je n’allais pas la laisser tomber comme ça.

    - Je ne suis pas ici pour te faire du mal, si c’est ce que tu veux savoir. Je veux seulement t’aider, tu n’as rien à craindre.


Avec elle, il va falloir prendre des gants. Ma voix se faisait réconfortante et douce, afin de ne pas trop la brusquer. Il ne le fallait pas. Sinon, je ne ferai qu’envenimer la situation, qui est déjà bien compliquée. Pour ça, je me faisais confiance, même si je n’étais pas la personne la plus à l’aise avec les mots, avec la parole. Je vais faire ce que je peux, c’est le mieux à faire.

    - Je ne veux pas partir, pas tant que tu es dans cet état. N’y comptes pas trop, car je compte bien te voir sourire avant le lever du soleil.


D’un mouvement délicat et prudent, je m’assis ensuite à ses côtés, sans y être collé non plus. Tout en regardant le ciel parsemé d’étoiles, je repris la parole.

    - Comme je te l’ai dit, je veux juste t’aider. Tu te renfermes trop sur toi-même, ce n’est pas comme ça que ça ira mieux… Il faut que tu extériorises ce chagrin qui te ronge de l’intérieur, que tu t’ouvres au monde qui t’entoures… Tu en as besoin. Tu mérites d’être heureuse, comme tout le monde. Si tu en as besoin, je suis prêt à t’écouter. Tu peux me faire confiance. Si tu en doutes, tu n’as qu’à me regarder dans les yeux, et me dire ce que tu y vois. N’aie pas peur en tout cas…


Me tournant légèrement dans sa direction, j’attendis une réponse de sa part. Mon œil améthyste était rivé vers elle. Qu’elle le fixe. Après tout, on dit que les yeux sont le reflet de l’âme. Elle ne pouvait pas y voir du mal donc, envers elle en tout cas.
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Message(#) Sujet: Re: Sombres rêves. [Aku] Dim 2 Juin 2013 - 18:44

Plus obstiné que lui, tu ne penses pas connaître. Tu sais qu’il existe, en ce monde, des personnes qui chercheront à creuser aussi loin que possible pour te forcer à parler, pour t’empêcher de rester seule dans ta torpeur, mais généralement, ils ont tous un petit problème quelque part. La dernière fois, c’était Yokuro. Et lui est resté parce qu’il est médecin. Autrement, quelqu’un de « normal » aurait fui au bout de quelques minutes de dialogue avec toi. Ce petit, tu sais que tu ne peux pas le traumatiser. Et puis, tu n’en as pas besoin, tu n’as pas peur. Tu ne te sens absolument pas menacée, pas comme lorsqu’il s’agit d’un homme. Étant donné que ce n’est pas complètement un adulte, tu ne peux pas te dire qu’il a assez de stratagèmes dans la tête pour te sauter dessus au moment qui lui semblera le plus opportun. Au contraire, il a l’air présent dans le but de t’aider, de te sortir de là. Mais voilà. Le fait est que tu ne veux pas en parler, et que, si jamais tu venais à t’exprimer, quelque chose finirait par clocher.

Après tout. Il a beau te dire que son objectif est de te faire sourire avant le lever du jour, tu sais pertinemment qu’à partir du moment où tu avoueras ton crime, il n’y aura plus rien. Juste un petit homme, hébété, qui te contemplera de son œil d’enfant, sans comprendre. Tu as tué. Mais peut-être a-t-il tué, lui aussi ? Et qui te dit que, dans un futur proche, tu ne tueras pas à nouveau ? Ce n’est pas parce que la peur te mène à l’assassinat que tu es comme lui, que tu finiras par frapper avec violence sur tout ce qui bouge. Peut-être que tu t’obstines à te dire que tu es un monstre, mais que, finalement, tu n’en es pas un ? Peut-être que ce ne sont que des illusions que tu te forces à croire ? Et si ce n’était qu’un rêve, que ferais-tu ? Ah … C’est compliqué.

    — Tu as déjà eu l’impression d’être un monstre ? Tu as déjà ressenti une envie incontrôlable de tuer tout le monde, puis de mourir par la suite ? Tu as déjà eu envie d’être seul pour l’éternité, pour ne pas devenir comme quelqu’un ? Ou juste pour être en paix, ça dépend …

Tu fermes les yeux et te laisses aller contre l’arbre. Tu soupires, et plonges dans tes pensées, t’y perdant un certain temps. Si tu devais tout lui raconter, tu en aurais pour des heures. Et tu ne veux pas lui raconter, tu ne sais même pas qui il est, ni ce qu’il fait là. Il veut te réconforter, oui, mais un inconnu réconforte-t-il vraiment les autres, alors qu’il n’a aucune idée de ce qui se cache derrière leur apparence ? Tu as beau être une jeune fille sans véritable trouble physique, tu as quand même pas mal de sang sur les mains, une tare psychologique, et une pathologie. Qui lui dit que tu ne vas pas te lever d’un seul coup pour lui planter un kunai dans son unique œil ?

    — Tu sais ce que ça fait d’être un paradoxe vivant, et de porter ce fardeau sur les épaules, sans savoir comment s’en débarrasser ? Tu sais ce que c’est d’avoir simplement envie de mourir pour atteindre la rédemption ? Ce n’est pas parce que tu es là dans le but de m’aider que tu le peux. Je ne crois pas que tu en sois capable, d’ailleurs. Personne ne l’est. Surtout pas un enfant.

Tu pousses un long soupir, avant de porter ton attention sur le ciel. Tu ne peux pas le mêler à tes histoires. C’est mal. Pas pour toi, pour lui. Tu ne peux pas lui raconter tout ça. Il reste, malgré tout ce qu’il pourra dire, un enfant. Une âme sensible. Ou alors, tu fais fausse-route, et il peut totalement comprendre. Sauf que tu ne peux pas encourir le risque juste pour te prouver quelque chose. Tu ne sais s’il le supportera, ou s’il te regardera avec un œil choqué, traumatisé par ton histoire.

    — Tu as mieux à faire qu’écouter mes complaintes.
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Message(#) Sujet: Re: Sombres rêves. [Aku] Mar 18 Juin 2013 - 11:15

Cette fille… Je ne m’attendais pas à ce qu’elle me dise ça. Tout ça. Le Destin se jouait de moi à l’avoir mise sur mon chemin. Peut-être pour me faire culpabiliser davantage ? Ou bien parce que j’ai quelque chose à comprendre, à réaliser. Chacun de ses mots était d’une violence inouïe à mon goût. Elle semblait ressentir exactement la même chose que moi, depuis que j’ai appris la terrible vérité. Je me sens coupable, je le suis même. Une simple colère, une pulsion, c’est ce qui a couté la vie de mes parents, et mise en péril celle de mon frère. Un monstre. C’est exactement le terme que j’utiliserai pour me décrire. Après tout, ce n’est que la vérité. Et bien d’autres de ses phrases firent mouche dans mon esprit. L’envie de mourir par la suite. Oui, face à mon frère j’ai failli abandonner. Je me suis bêtement laissé pour cible, ce qui m’a couté des blessures dont personne ne peut guérir.

Alors qu’elle ne dit plus rien pendant quelques secondes, mon regard la fixait. Mais ce n’est pas elle que je regardais… Mais plutôt le vide. Perdu dans mes pensées, à me remémorer tout ça. J’y pense tous les jours, mais jamais dans de telles conditions, à cause d’une personne. Là, c’est elle qui éveillait tous ses souvenirs déplaisants, c’est aussi elle qui te faisait rappeler à quel point tu n’es qu’un monstre. Cette fille semblait ressentir la même chose, sûrement pour une raison différente. Sinon, la coïncidence serait trop poussée. Et, surtout, je ne lui souhaite pas. Je pense que personne en ce monde, ne souhaiterait abattre ses parents sur le coup de la colère, ainsi que son frère par instinct de survie.

Elle reprit alors la parole. Un paradoxe vivant… C’est ce qu’elle ressentait ? Je vois. Je ne me suis jamais considéré ainsi, mais… Ca se pourrait pourtant. Et une envie de mourir, je le concevais parfaitement. Décidément, je me sentais assez mal à l’aise avec cette fille. Je ressentais une étrange impression, comme si elle mettait à découvert tout ce qui me tourmentait, à ne parlant seulement que d’elle. Une bien étrange sensation, pour une personne encore plus étrange. En tout cas, j’eus le souffle coupé. Mes mains étaient fébriles, et tremblaient légèrement. Ces souvenirs qui reviennent en force…


- Oui.


Ce simple mot sortit de ma bouche. Ma respiration s’était accélérée, mais tendait à revenir à la normale. Je ne dois plus y penser, et me rattacher au présent, à ce qui y a de plus important pour moi maintenant.


- J’ai déjà ressenti tout ça, et je le ressens encore. Et lorsque tu passes à l’acte, tu te sens libéré, voire même tu éprouves du plaisir, pour ensuite te morfondre dans tes regrets et ta culpabilité. C’est ce que tu ressens aussi ?


D’un regard compatissant, je la fixais. Puis je repris la parole.


- Personne ne peut t’aider, et surtout pas un enfant donc ? Je ne suis peut-être qu’un pauvre gamin de onze ans, mais je ressens exactement la même chose que toi. Une simple pulsion qui te pousse à commettre l’irréparable, avant que ton humanité ne reprenne le dessus… J’ai connu ça. Deux fois même. Les deux moments les plus durs de ma vie, après lesquels j’ai tout perdu. Ou presque. Je m’en suis sorti, je sais que ça n’arrivera plus, puisque je n’ai plus peur. Je n’ai plus peur de moi-même. Dis-moi, tu sais comment t’en sortir ?


La question semblait débile, sinon elle ne serait pas dans cet état-là. Seulement, même en trouvant la réponse, on peut éprouver des difficultés à réaliser ce qui est demandé, ce qui est frustrant. Et pourtant, il n’y a pas meilleur remède au mal qui nous ronge tous les deux.


- Ce n’est pas en restant seule, en t’isolant, que tu vas te sortir de là. Ce dont tu as besoin, c’est des personnes à qui t’attacher. Des piliers, qui pourront te soutenir, t’apprécier à ta juste valeur, et surtout… Te donner une autre image de toi, à travers ce qu’ils pensent de toi. En tout cas, je pense que je ne suis absolument pas en mesure de te juger sur ce que tu as pu faire… On peut donc trouver une solution, tous les deux. Non ?
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Message(#) Sujet: Re: Sombres rêves. [Aku] Dim 23 Juin 2013 - 13:51

Deux monstres dans un parc. Il te comprend, il assimile ce que tu dis, et semble le ressentir également. Qui est le pire entre vous deux ? La question n’a aucune importance, tu sais seulement qu’il est comme toi, et la sensation de trouver quelqu’un qui t’est similaire te réchauffe le cœur. Elle est mauvaise, malsaine, mais te réconforte. Tu pousses un petit soupir, et décides d’admettre. Tu n’es pas la seule personne dégoûtante de ce monde. Tu n’es pas dégoûtante. Tu es humaine. Juste humaine. Et le fardeau qui pèse sur tes épaules vient de ton humanité. De ta faiblesse. De ta fébrilité. Il est normal, naturel. Est-ce un pêché que d’être simplement Homme ? Tu ne sais pas. Tu ne le penses pas. Tu imagines que ces immondices arrivent toujours à un moment donné, et qu’un ninja finit toujours par ôter une vie. Consciemment ou non, il finit par le faire. Il finit par commettre l’irréparable, il s’enferme de lui-même dans une cage de tourments et de regrets.

    — Comment admettre qu’un médecin, censé sauver des vies, finisse par tout foutre en l’air par sa simple peur ? Je n’ai pas peur de moi-même, non … Je n’ai jamais eu peur de moi-même.

Tu sais que tu es trop faible pour qu’un jour la peur te dévore. Même si tu tues quelqu’un, tu n’en deviens pas un monstre. Tu n’as pas peur de toi, mais de lui. De son influence sur toi. De tout le mal qu’il a pu faire, et qui est retranscrit sur ta petite personne, alors que tu évolues en ce monde. Son sang coule dans tes veines. Tu es la chair de sa chair, le sang de son sang. Tu es sa progéniture, vas-tu t’y faire et admettre ? Vas-tu seulement comprendre que tu n’es pas comme lui, et que tu peux le réduire à néant avec un peu de force mentale ? Non. Ou plutôt, peut-être pas. Parce que tu n’en as pas encore les capacités.

    — Des attaches, des repères … Quand on ne sait pas faire confiance ? Quand on craint la moitié, ou plutôt le tiers d’une population entière ? Comment croire en ce qui nous fait peur ?

Comment ne pas se méfier, comment faire confiance ? D’ailleurs, c’est quoi la confiance ? La capacité de tout dire à quelqu’un sans craindre une quelconque trahison ? Ça ne peut pas être simplement ça. Et tu le sais très bien. Tu sais parfaitement qu’il y a plus. Davantage, dans cette histoire. Mais tu ne sais pas quoi. La confiance, hein. Quel grand mystère. Et pourquoi tu ne peux pas ?

    — J’ai peur des hommes. Et cette peur me fait faire n’importe quoi. J’ai tué. Tué parce que j’avais peur. Parce que j’avais envie de me rassurer. De ne plus avoir à craindre quelqu’un. Cela fait-il de moi un monstre ? Je ne sais pas. Comment le savoir, de toute façon ? Mon jugement est inutile dans cette situation. Je me déteste tellement que je ne vois en moi que le mal que je peux faire.

Et si toutes ces conneries ne faisaient que te berner ? Et si tu plongeais débilement dans un univers auquel tu n’appartiens pas ? Ces chaînes, à tes pieds, ont-elles vraiment lieu d’exister ? Comment t’en faire une véritable idée ? Comment être certaine que tu ne te bloques pas toi-même ? Comment ? Tant de questions sans réponses …

    — Et puis. De toute façon. Comment faire confiance à un groupe de personnes qui appartient à celui d’un autre monstre ? Comment croire en l’être masculin quand ce dernier nous a déjà détruit par le passé, sans même s’en soucier ? Comment faire ? Tu le sais, toi ?

S’il le sait, tu tombes de haut. Mais il ne le saura pas. Parce qu’il ne l’a pas vécu. Et qu’ainsi, il ne peut pas connaître la réponse. Ainsi va la vie. Les questions restent des questions, et rien ne s’améliore. C’est dommage, hein ? Tellement dommage …
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Message(#) Sujet: Re: Sombres rêves. [Aku] Mer 24 Juil 2013 - 15:06

Elle parla donc, pendant de longues secondes. Quant à moi, je l’écoutai attentivement. C’est bien ça, elle a tué une personne, innocente ou non. La peur. C’est ce qui revenait dans la majeure partie de ses paroles. Ainsi, c’est ça qui la pousse à commettre l’irréparable. Nous sommes tout de même différents sur ce point-là, et ce, malgré nos points communs dans la matière. L’élément déclencheur n’était pas le même, mais le reste était semblable. La situation devient assez compliquée à gérer. Je n’avais pas prévu que c’est sa peur qui la poussait à agir. Comme elle le disait si bien, si elle a peur des hommes, elle ne peut donc pas se rapprocher d’eux, et de leur accorder sa confiance. La peur est un sentiment très dur à dompter.

Pour une raison que j’ignorais, cette peur était tout sauf anodine. Il a du se passer quelque chose pour qu’elle en arrive là. Mais ça, je n’avais pas à le savoir. Malgré toute l’aide que je pouvais lui proposer, il était hors de question que j’empiète sur sa vie privée. Après tout, elle n’est qu’une inconnue à mes yeux. Je ne connais même pas son nom. C’est compliqué. Vraiment.


- Tu serais un monstre si tu étais consciente de ce que tu as fait. Même si cet acte est irréparable, cela ne fait pas de toi un monstre. Tu es fragile pour une raison qui ne me regarde pas. C’est tout. Il faut aller de l’avant pour réparer ses erreurs. Tu ne penses pas ?


Regardant le sol, je soupirai. Je ne vois pas vraiment quoi dire pour la rassurer. Tout simplement parce que je ne sais pas comment elle pouvait faire pour surmonter sa peur. L’impuissance me gagnait. L’idéal, c’est qu’elle parvienne à gagner la confiance d’un homme. Lequel ? Aucune idée. Inutile de m’y dévouer, car elle n’avait pas l’air d’avoir peur de moi. Je ne suis qu’un enfant. Ce n’est pas de ça qu’elle a peur. Rhaaa… Compliquée celle-là. Je me demande pourquoi je m’entêtai à lui venir en aide. Elle m’était inconnue, et la situation me dépassait. Et pourtant, je ne voulais pas l’abandonner. Elle s’était quand même ouverte, ce qui n’est pas plus mal que ça au final. Y a du progrès. Si on le voit comme ça, autant continuer à lui venir en aide, même si c’est peut-être inutile.


- J’imagine que c’est très dur de surmonter une peur comme celle-ci, mais… Il faut s’en donner les moyens. Bon nombre d’hommes à Konoha sont dignes de confiance, tu sais ? J’ai compris que tu en as peur, mais tu n’as pas à en faire une généralité. Tu peux me faire confiance. Si c’est moi, ça va non ?


J’eus un léger rire. Un peu gêné. Elle pouvait très bien me déclarer ouvertement qu’elle ne me faisait nullement confiance. Là, j’aurais l’air con. C’est quand même délicat comme situation. Ce n’est pas tous les jours que je tombe sur une personne comme elle. C’est même la première fois. Sa peur des hommes, rien ne semblait la changer. Du moins, dans la mesure de mes capacités. Si je l’emmenais à la maison, Yokuro pourrait peut-être s’en occuper. Non, mauvaise idée. Si elle n’a pas peur de moi, il n’est pas improbable qu’elle ait peur de lui. Je ne vais pas la guider vers sa propre peur pour l’aider. Non, c’est à elle de faire ce premier pas. Il ne viendra peut-être pas aujourd’hui, ni demain. Elle finira cependant par y parvenir, j’en suis convaincu.

Il faudrait qu’elle me fasse confiance. J’imagine que c’est possible, puisqu’elle m’a quand même parlé de quelques uns de ses problèmes, et a finit par m’expliquer d’où venait le problème. Etait-ce le fait qu’on se ressemblait dans certains domaines ? C’est possible. Comme si elle a senti que je pouvais la comprendre, que je ne la rejetterai pas. Peut-être. Je ne prétendais pas savoir tout ce qu’elle avait dans la tête, c’est juste une simple hypothèse.


- Oh ! J’y pense. Je ne me suis même pas présenté. Aku, ravi de faire ta connaissance. Et toi ? Comment t’appelles-tu ?


Si je lui demande de me faire confiance, autant qu’elle sache mon nom. Ce serait déjà un bon départ.
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Sombres rêves. [Aku]

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