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 Le murmure du vent, le soupir des feuilles, et le chant des oiseaux. [Solo]

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Message(#) Sujet: Le murmure du vent, le soupir des feuilles, et le chant des oiseaux. [Solo] Lun 1 Juil 2013 - 11:47

Le sol défilait sous ses pieds, lentement. Volait-il ? Courait-il ? Bougeait-il seulement ? Il ne le savait pas vraiment. A vrai dire, Raki ne savait non plus ce qu'il cherchait. Le sol était sans doute beau. D'une couleur brunâtre pour le moins extraordinaire. De la terre quoi. Non, décidément, il n'y avait aucun message subliminal. Il s'ennuyait, donc il baissait la tête et avançait, espérant trouver quelque chose de divertissant à ses pieds plutôt qu'en face.

Au départ, le shinobi avait décidé de regarder le ciel. Mais quand il s'était lamentablement crashé en trébuchant sur une racine, il avait abandonné l'idée. Rien que le souvenir était douloureux. Il avait vu pleins de petites étoiles, des papillons, du fromage, et même un klaxon. Enfin, tout cela pour dire que non, il ne fallait pas marcher sans regarder à ses pieds.

Le voilà donc parti pour marcher en regardant uniquement à ses pieds. Le monde lui semblait bien morne. En plus, il lui arrivait quand même de trébuché car il ne voyait pas suffisamment de loin. Se faire prendre de court par une racine. Franchement, comment pouvait-on trouver plus désespérant ? Ils avaient du choisir le ninja le moins prometteur, juste pour surprendre les ennemis. Oui, c'était impossible autrement. Personne de censé ne le prendrait avec lui, ou ne l'enverrait faire quoi que ce soit. Il était bien trop lunatique, personne ne pouvait prédire à l'avance ce qu'il allait faire. Même lui ne le savait pas.

Au moins, le temps semblait clément. En s'étalent de tout son long, Raki pouvait simplement s'épousseter, il n'en aurait pas plein collé au visage et aux vêtements. Dans l'idéal, il valait mieux éviter de se ramasser comme une merde, mais quand on n'avait pas le choix, on aimait bien avoir les conditions idéales.

Que faisait-il là déjà ? Ah oui, une mission. Pas pour la faire, pour en revenir. La partie sans doute la moins intéressante. Enfin, il ne l'avait pas faite seul. Il ne l'avait pas faite tout court. Transfert de prisonnier sans encombre, il n'avait fait que marcher un peu en retrait. Au moins, cela lui avait épargné des efforts inutiles.

Combien de cailloux comptait le pays du feu : voilà ce qui avait monopolisé son attention durant toutes ses heures à marcher. Chacun s'occupait comme il pouvait dans les moments de solitude. Au final, il n'avait même pas fini son calcul. A chaque fois un nouveau paramètre venait s'ajouter, et tout était à recommencer. Volontairement bien sûr. Pour « voir à quel point les détails peuvent influer sur un résultat ». A la fin, il devrait parcourir le pays pour compte les cailloux. Non. Il ne le ferait pas. C'était juste une distraction pour éviter de se plaindre constamment de ne pas être chez lui à faire « des choses bien plus importantes ».

Ses pieds lui faisaient mal. Une pause n'aurait pas été de refus, bien au contraire. S'allonger dans l'herbe, paisiblement, laisser le vent caresser ses cheveux. Les décoiffer. Enfin, Raki n'était même pas vraiment coiffé à l'origine. Ils étaient trop rebelles et refusaient toute soumission avec une ferveur inimaginable. Il n'avait pas de raison particulière pour perdre du temps à s'acharner.

Rien qu'en marchant, juste le bruit de ses pas l'apaisait. Régulièrement, on les entendait, assurant sa prise sur le sol. C'était sans doute la partie la plus rassurante au monde. Savoir que ses pieds touchaient le sol. Le sentir, voir les alentours. Il était difficile d'imaginer à quel point on avait du mal à avancer dans l'inconnu. Partir dans une direction, sans savoir si elle donnait quelque part. Cette idée était effrayante, pourtant, Raki l'adorait. L'adrénaline sans doute. Découvrir, aller toujours plus loin sans savoir si on pourra en revenir.

Un frisson monta du bas de son dos jusqu'à sa nuque, pour ensuite se répandre le long de ses bras. Perturbé, il se frotta les bras, comme pour chasser le froid glacial qui s'emparait de son corps. La clémence de la température jouait sans doute beaucoup dans ce genre de situation.

Une pause serait sans doute une bonne idée. Après tout, les autres devaient également avoir envie de se reposer. La détente était un élément important lorsque l'on vivait une vie dangereuse. Raki était d'ailleurs sûrement un peu trop détendu. Quelques efforts en plus ne seraient pas de refus aux yeux des autres. Pourtant, il en faisait déjà beaucoup trop à son goût. Son corps avait d'ailleurs un peu de mal à le supporter.

Cela lui rappelait des souvenirs. Ni bons ni mauvais d'ailleurs. Un peu gênant, mais amusant au final. On l'attachait à un lit d'hôpital pour qu'il arrête de bouger et qu'il se repose. Amusant. De plus, cela ne changeait pas grand chose à ses activités.

« Et si on s'arrêtait deux minutes histoire de se reposer ? »

Tout au long de se phrase, Raki parlait de moins en moins fort. Après tout, il s'était rendu compte qu'il ne parlait à personne. Il avait machinalement continuer de parler par automatisme, comme s'il ne croyait pas à l'absence de ses équipiers. On l'avait abandonné ?

S'arrêtant de marcher, Raki regarda à droite, puis à gauche, juste ne bougeant la tête. Il avait la flemme de bouger son buste. Personne. Personne en vue du moins. C'était une plaisanterie ? Car franchement, ça ne le faisait pas rire. Mais alors pas du tout. Il était tout seul maintenant. D'accord, il était plus ou moins seul depuis le départ, mais qu'on le laisse derrière, franchement...

« Ils se foutent de ma gueule ou quoi ? »

Bras ballants, le jeune homme ne savait pas encore trop comment réagir. Ce n'était pas non plus comme si sa vie se trouvait gravement mise en danger. Au contraire, plus il se trouvait loin de ses coéquipiers, moins de gens voulaient le tuer aux alentours. Avec un peu de chance, plus personne ne voulait sa mort. C'était bien optimiste. Raki possédait un don inné pour irriter les gens. Son caractère sans doute. Ce n'était pas de la méchanceté. Il était particulier tout simplement.

Si les autres décidaient de l'abandonner, il pouvait avancer sans trop se risquer que peu leur importait ses actions. Pourquoi se priver d'une petite pause lorsque l'on est seul sans aucun compte à rendre ? Ce n'était pas tout à fait exact, il avait quelques comptes à rendre, mais mineurs et peu urgents.

Se laissant aller, le jeune homme accepta intérieurement de se reposer. Se déplaçant sur le côté de la route, il marcha à quatre pattes pour « trouver son carré d'herbe parfait ». C'était très important, il tâtait le coin, il s'allongeait, se roulait, se décalait. Enfin, un véritable petit chiot qui cherchait désespérément à petit coin confortable.

Le temps et l'énergie qu'il dépensait à trouver sa place lui aurait certainement valu son retour à Konoha. Enfin, ce n'était pas très important. Il voulait profiter. Que de gâchis. Il espérait au moins que la récompense soit à la hauteur des sacrifices.

« Ah, enfin un peu de paix ! »

Raki se laissa tomber lourdement sur le sol, et roula sur le dos. Parfait. Cet endroit était le meilleur, un peu d'ombres, quelques rayons de Soleil passaient entre les feuillages, une herbe fraîche, une terre tendre. Pas trop d'humidité, un petit vent, le bruit d'un petit cours d'eau, et le chant de quelques oisillons affamés.

Un soupir passa ses lèvres, tandis que, les paupières closes, le jeune homme appréciait la paix du moment. L'air entrait puis sortait, à un rythme lent et paisible. Les mains croisés derrière la tête, tout était appréciable. Surtout les petits rayons de soleil sur son visage. Si cela continuait, il allait s'endormir. Pourtant, c'était le cadet de ses soucis. Même si quelqu'un essayait de le tuer dans son sommeil, mourir sans douleur, en ayant apprécié la vie pour sa plus pure existence. Il n'y aurait aucune ombre au tableau. Principalement car étant mort, il ne le saurait jamais.

Bientôt, tout s'embrouilla dans sa tête. Les pensées passaient, sans qu'il ne puisse les saisir. Il n'en avait plus la force de toute façon. Trouver son petit coin de paradis l'avait vraiment vidé de toute sa volonté de bouger. Après tout, si on le retrouvait mort, découpé, et envoyé à Konoha, certains s'en voudraient peut-être de l'avoir abandonné. S'il avait pu penser, cela l'aurait sans nul doute fait sourire. Non, certains ne l'aimaient pas au point de vouloir sa mort. D'autres en revanche auraient risqué leur vie pour lui. Lui-même l'aurait risqué. Une vie de regret ne valait sans doute pas la peine d'être vécue. Constamment à se remémorer ces douloureux souvenir, cette impuissance, cette lâcheté. S'ils ne ressentaient pas cela, ces gens ne méritaient simplement pas d'être considérés comme des êtres humains.

Parmi ceux de Konoha, il y en avait sans doute plus que Raki ne voulait l'admettre. Des cadavres ambulants. Aku avait du passer un bon moment à créer des pantins sans sentiment parfaits. Ce devait être la seule explication logique pour que ces personnes ignorent totalement les sentiments des autres.

Dans un tourbillon de pensées plus ou moins roses, Raki s'enfonçait lentement dans une obscurité dont il reviendrait difficilement. Il n'avait pas peur des rêves. Ils permettaient de se détendre, et on en revenait frais, sans souvenir douloureux. C'était bien mieux que de partir en voyage pour y perdre deux membres.
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Message(#) Sujet: Re: Le murmure du vent, le soupir des feuilles, et le chant des oiseaux. [Solo] Lun 1 Juil 2013 - 11:51

Raki ne savait pas vraiment où il se trouvait, ni même ce qu'il y faisait. Son corps bougeait sans qu'il le contrôle. C'était bien plus simple finalement, bien moins fatiguant que de penser à ce qu'il fallait faire. Il n'avait même pas l'impression de supporter le poids de son corps, comme si son âme en avait été détachée.

Il empilait des caisses en bois, les unes après les autres. Les soulevant, les étiquetant, cochant sur une liste, avant de passer à la suivante. Certains n'avaient rien d'autre à faire en rêvant que du rangement. Pourquoi ne pas plutôt se lancer du haut du falaise pour se rendre compte qu'on ne vole pas ? En plus, étant dans un rêve, il était impossible de mourir en bas. On pouvait même avoir l'expérience d'un corps complètement écrasé sur le sol, incapable de bouger, parler, juste avec les yeux qui partent de gauche à droite pour voir des morceaux de son propres corps dispersés. Tout à fait charmant. Tout à fait intéressant également. En imaginant que l'on soit immortel, que ressentirait-on en était complètement démembré de la sorte ?

Machinalement, son corps continuait son travail, sans faire attention au reste. En toute honnêteté, l'âme de Raki prisonnière de ce corps commençait sérieusement à s'impatienter. N'y avait-il rien de mieux à faire que du tri ici ? Déjà, qu'est-ce qu'il triait ? Même en essayant de se concentrer, il n'arrivait pas à comprendre les caractères qui expliquaient le contenu des boîtes. Une langue inconnue ? Non, il reconnaissait, mais était incapable de faire les associations d'idées pour comprendre le message.

« Bouge. »

D'une voix normale, toutefois autoritaire, Raki ordonnait à son corps de se remuer. Il avait vraiment envie de faire autre chose, surtout qu'il ne comprenait pas exactement de quoi il retournait. Autant passer son temps à expérimenter. Le rangement, c'était bien, mais trop c'était trop.

Pourtant, cela continuait, inlassablement, ses mains attrapaient les côtés des boîtes, la déplaçait, l'étiquetait, et cochait la case correspondante. Passer à la case suivante était à chaque fois plus douloureux pour son esprit. Il avait vraiment envie de bouger, et il allait finir par devenir claustrophobe si cette comédie continuait.

« Bouge. »

Se répétant, avec une voix un peu plus forte, le jeune homme espérait sans doute s'intimider lui-même. Évidemment, une telle tentative était vaine face à une enveloppe qui ne faisait que suivre son rituel. Franchement, cela ressemblait tristement à tout ces ninjas qui ne faisaient que suivre les ordres, sans réfléchir. Exactement le même procédé.

Raki s'agitait vraiment, tout lui semblait soudain étroit, comme si on lui retirait tout l'air qu'il respirait. Il avait l'impression d'étouffer. L'air ne passait plus sa bouche. C'était horrible de se sentir privé d'air, de se sentir mortel. Une main à la gorge, il essayait de respirer, mais rien. Il allait vraiment mourir dans un rêve ? Ce n'était pas drôle. Cela durait, les secondes s'allongeaient, ne lui laissant pas voir la fin de ce cauchemar. Malheureusement, il ne pouvait pas mourir puisqu'il rêvait. Cela le condamnait à s'étouffer indéfiniment, jusqu'à ce qu'il se réveille. Un agonie d'une durée infinie. Même en rêve, c'était une torture psychologique.

Pour quelle raison pensait-il que ces boîtes contenaient de l'air, et que c'était le seul moyen d'en obtenir ? C'était un rêve. Il n'y en avait pas. Ce serait juste le cas. Il avait besoin d'en ouvrir une, et vite. Peu importait laquelle, l'air était son seul recours.

« BOUGE ! »

Un hurlement sortit de sa gorge, malgré l'absence d'air. Un rêve ne méritait aucune explication d'aucune sorte. Son corps eu un tremblement au milieu de sa manipulation de la caisse suivante. Cette dernière lui échappa, s'écrasant lourdement sur le côté.

Les planches qui la maintenaient commençaient à tomber, lentement, les unes après les autres. Elle ne contenait rien, et ne l'aidait pas plus à respirer qu'auparavant. Merde. Ce n'était vraiment pas le moment. Raki était désespéré de trouver une bouffée d'air, juste une dernière fois, pouvoir emplir ses poumons librement.

Une horrible sensation l'envahit. Du désespoir. Que pouvait-il faire maintenant si même son rêve lui refusait un peu d'air ? Psychologiquement et physiquement, il était déjà dépassé. C'était fini, la torture ne s'arrêterait jamais.

Son cou lui fit soudain mal, comme si une main invisible l'étranglait. A ce point, on pouvait dire qu'on le lui broyait. L'étreinte se faisait de plus en plus forte. Avait-il crié trop fort, et réveillé un obscur recoin de son esprit ? Peu importait. Raki voulait s'évanouir. Seulement, les rêves ne permettaient pas une telle chose. Après tout, il était déjà inconscient d'une certaine manière.

L'invisible agresseur le tirait en direction de la caisse. Il essayait de résister, de fuir. Soudain, cela ne lui paraissait plus être une si bonne idée que ça d'ouvrir une caisse. Il voulait la réparer, et continuer tranquillement son petit travail sans sourciller jusqu'à la fin de sa petite sieste. Malgré sa lutte, il perdait du terrain. Cela n'avait jamais été possible de se libérer d'une telle emprise.

Plaqué au sol, il fut tiré à l'intérieur, s'enfonçant dans le sol. Tout était noir, il ne respirait pas mieux, en plus il souffrait. Vive le repos !

Avait-il les yeux ouverts ou fermés ? La différence était vraiment mince. Dans les deux cas, tout ce qui l’entourait n'était que ténèbres. Il ne pouvait même pas voir le bout de son nez. L'enive lui manquait de toute façon.

Tombant dans l'obscurité la plus totale, rien ne croisait le chemin de ses pensées. Ce n'était qu'un long fil blanc, que l'on tirait, attendant qu'un battement le secoue.

Son cœur résonné une fois. Violemment, revivifiant. L'air empli enfin ses poumons, et la lumière commença à l'éblouir. La machine s'était brusquement mise en marche. Et il tombait. Rapidement. L'air était là, ses poumons également, mais avec la vitesse de se chute, il avait du mal à l'aspirer.

Les yeux plissés, le jeune homme essayait de distinguer les alentours, voir un peu ce qui allait encore lui arriver. Des nuages, des montagnes, la mer. Il était tellement haut qu'il avait l'impression de pouvoir voir la Terre entière. C'était à ça que ressemblait le monde vu d'en haut ? Même si cette représentation n'existait que dans sa tête, cela n'en était pas moins magnifique. Raki était comme un gamin, plus impressionné et amusé qu'inquiet du moment de sa réception.

Évidemment, à la vitesse où il tombait, un moment viendrait où le sol et lui s'embrasserait amoureusement. Malheureusement, faire un câlin à un titan ne connaissant pas sa force n'avait sans doute ien d'une idée alléchante. Ce serait sans doute à prendre avec des pincettes en réalité. Un rêve pouvait être magnifique.

« WOOOOOOOOUHOUUUUUUUUU ! »

Un cri de triomphe, d'extase. Le sifflement de l'air à ses oreilles couvrait bien trop sa propre voix. Une sensation bien étrange. Sa gorge vibrait, il savait qu'un son en emmenait, pourtant celui-là ne l'atteignait pas. Bras et jambes écartés, Raki profitait. Si sa langue avait été assez longue, il aurait ressemblé à un chien. En réalité, il voulait voler. Rester ici, à jamais, pouvoir explorer le monde du ciel. Un rêve qui ne l'avait jamais réellement interpellé.

Le vent dans ses cheveux, c'était la plus belle sensation que l'on puisse avoir. Ne plus pouvoir s'entendre, que tout disparaisse au loin en petits points. On oubliait facilement ses soucis. On les laissait au vent, qu'il les emporte sans jamais les ramener.

Sa voix, sa respiration, son corps, ses actions. Tout était sous son contrôle. Il battait des bras, il tournait, dans l'euphorie la plus totale. Il n'avait plus ce sentiment d'impuissance, d'être coincé entre quatre murs, condamnés à toujours faire la même chose.

Une seule pensée résonnait en permanence dans sa tête, un seul désir, plus profond que n'importe lequel à ses yeux pour l'instant.

« Je veux voler, pour toujours. »

Dans son rêve, il sentait que c'était la vérité. Cela devait bien faire dix minutes qu'il tombait, pourtant le sol ne lui semblait pas plus proche. C'était aberrant, mais en cet instant, rien ne pouvait le choquer. Le plus dur serait au réveil, lorsqu'il comprendrait que tout ça n'existait pas, et n'existerait jamais. Ce serait la chute, le moment où le sol se décidait enfin à frapper de toutes ses forces, causant la plus grande souffrance.

L'innocence et la paix de ce moment ne durerait pas longtemps. Au plus profond de lui, Raki en avait le sentiment. Tout cela n'était pas réel, ce n'était que pour ne pas se sentir seul, remplir le vide avec un monde d'une beauté inimaginable.

Bientôt, des ailes pousseraient dans son dos. Pourquoi ? Sans raison, sûrement pour satisfaire son propre caprice. Il pouvait simplement le pressentir. Ce serait sans doute une sensation originale de sentir de nouveaux muscles. Enfin, les rêves ne cherchaient pas la logique, mais l'extase. Elle atteignait un point culminant.

Le monde s'obscurcit soudain, les ténèbres et la douleur l'aspirait de nouveau. Quelque chose venait de le frapper au niveau du front, et violemment. Il en avait les larmes aux yeux, alors que son rêve se dissipait pour le ramener à la réalité. Des étoiles brillaient, tournaient, dans un étrange manège. Raki était complètement perdu entre rêve et réalité. La douleur lui paraissait réelle, mais son étouffement de plus tôt le lui avait paru également. Son cerveau était tout engourdi, et il clignait de l'oeil droit uniquement.

Du sang avait coulé sur son œil gauche, juste un peu plus haut, il sentait l'origine de la douleur. Quelqu'un l'attaquait ?

La main plaqué sur la plaie, Raki n'en doutait plus. Il était bien revenu à la réalité, et d'une bien triste manière. Merde quoi ! On ne pouvait pas voler tranquillement sans se faire agresser toutes les cinq minutes ?

D'un seul œil à la vue brouillée par les larmes et la soudaine lumière, Raki essaya de saisir les formes qui l’entouraient.
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Message(#) Sujet: Re: Le murmure du vent, le soupir des feuilles, et le chant des oiseaux. [Solo] Lun 1 Juil 2013 - 22:42

A moitié relevé, à moitié réveillé, et aucunement lucide, Raki fixa sa main gauche un moment. Il ne voyait qu'une ombre rouge. C'était visqueux. Du sang, sans doute. Qu'est-ce qu'il s'était passé ? La douleur ne s'estompait pas, au contraire. Chaque fois qu'il clignait des yeux, il avait l'impression qu'on lui fouillait le cerveau, et maintenir son œil fermé lui demandait beaucoup d'effort. Surtout, éviter de froncer les sourcils à cause de la lumière.

Le dire était facile, le faire un défi. Le réflexe devenait simplement une source de douleur, et son incapacité à le contrôle une source de frustration. Passant en position assise, Raki essaya de chasser le sang de son œil à l'aide de sa main propre. La blessure ne lui semblait pas si grave après un moment. Elle était surtout mal placée. A chaque fois qu'il bougeait son œil gauche, il avait mal.

Soigneusement, Raki passa son index pour cautériser la plaie. Il s'en occuperait correctement plus tard, il voulait juste ne plus avoir de sang l'empêchant de voir.

Borgne donc, le jeune homme regarda autour de lui, tendu. Qui l'avait attaqué, et comment ? La blessure était légère, celui qui avait fait ça n'était pas très doué dans l'assassinat de personnes endormies. Soit on ne voulait pas le tuer, soit on se trouvait trop loin, et la précision avait été trop affectée.

Forcément, même pas besoin de faire deux suppositions, une seule pouvait être correcte, surtout que personne ne se trouvait aux alentours. Et dire qu'un beau rêve avait été interrompu. Les gens n'avaient vraiment aucun tact, ni aucune dignité.

Ne connaissant même pas les détails, les réactions semblaient assez limitées. Comment se mettre à couvert s'il ne savait même pas d'où on l'attaquait, ni avec quoi. Un peu inquiet, Raki finit par se décider à se plaquer au tronc de l'arbre qui lui avait fait de l'ombre jusqu'à maintenant. De cette manière, il avait au moins un angle mort couvert. Dans l'idéal, il faudrait que son assaillant soit du mauvais côté, cela lui éviterait bien des efforts. Dans le pire des cas, la prochaine attaque directe serait vue, et donc extrapoler la position serait plus ou moins possible.

Son corps était tendu. Se faire réveiller de la sorte n'aidait pas à analyser calmement la situation. Un kunai dans la main gauche, il était prêt à dévier tout projectile usuel. S'il s'agissait d'une arme particulière, l'esquive serait préférable. Prendre des risques inconsidérés après avoir été blessé était quelque peu stupide. Sa respiration soulevait rapidement son torse, avant de le laisser redescendre lentement. Il essayait tant bien que mal de la réguler, et de calmer son rythme cardiaque.

Raki avait mis un long moment à réaliser la situation. Les rêves lui donnaient bien du mal à en sortir. Il n'arrivait même pas à se souvenir de quoi son dernier parlait. Tout ce qui lui restait e son sommeil était une euphorie incontrôlable. Une impression de vivre pleinement. Très sincèrement, il vivait déjà sa vie un peu trop comme il le voulait. Si jamais il osait se montrer encore plus indépendant, on finirait vraiment par vouloir l'assassiner. Le seul point positif était les sensations fortes. Cette fois, il était gâté. L'adrénaline circulait dans tout son corps, tétanisant parfois ses muscles à trop les maintenir immobiles. Le contrecoup serait certainement douloureux, mais c'était une réponse appropriée de son corps. Si cela n'avait pas été le cas, Raki aurait eu de quoi s'inquiéter pour sa santé mentale.

Avec une longue expiration, son calme commençait un peu à revenir. Pas de nouvelle attaque. Ce sentiment de sécurité était important. Le sang avait un peu séché. A vrai dire, son cerveau n'arrivait plus à compter les secondes. Tout s'allongeait. Dix minutes, dix secondes, la différence lui semblait bien mince.

Le pire dans l'histoire, c'est que Raki avait très envie d'uriner maintenant. Sa vessie était sur le point de craquer à cause du stress occasionné. Si jamais il trouvait le ou la responsable, il se jura de vider sa vessie entière sur lui ou elle. Ça commençait à devenir vraiment pressant, et sautiller sur place l'aidait à tenir un peu. Il se tordait étrangement, mais hésitait. Après tout, il était potentiellement encore en danger.

Décidément, Raki n'en pouvait plus. Tant pis pour la prudence. Avec un plaisir et une satisfaction sans borde, le jeune homme se vida tranquillement. Il laissait partir tout ses soucis, dans un jet d'urine. Il y avait plus classe sans doute, mais bon, dans ces conditions, il n'allait pas chipoter. En plus, on ne l'attaquait pas. Techniquement, il se sentait bien mieux.

Raki avait l'impression d'être un pervers. Pas parce qu'il se lâchait ainsi dehors, mais parce qu'il n'en éprouvait absolument aucune gêne. C'était même un véritable plaisir.

Ayant fini son affaire, une question lui vint en tête, sans prévenir. S'il partait du fait qu'on l'avait attaqué de loin, il y avait forcément un projectile, ou une trace de que qu'il avait été. Il pensait notamment à une lame futon. Ce serait difficile de trouver des résidus de chakra sans un ninja senseur à ses côtés. Peut-être devrait-il s'y mettre d'ailleurs ? Après tout, c'était un des dons les plus utiles pour un ninja.

Mis à part sur son visage, il ne semblait pas y avoir de marques particulières. Une attaque précise ? Peut-être. Alors, il était allongée là. Raki en était certain. Il avait passé suffisamment longtemps à chercher cette place pour s'en souvenir. Donc, si on partait de là, sa tête était ici.

Raki hésita un instant, parcourant l'horizon du regard. Pouvait-il y aller sans danger ? L'assaillant avait peut-être fui, il n'avait pas subi de nouvelle attaque. Peut-être qu'il cherchait un nouvel angle plus propice ? Enfin, rater une attaque sur un homme endormi, il fallait quand même le faire. Les assassins n'étaient plus ce qu'ils étaient.

Il passa ses doigts sur la plaie qu'il n'avait pas totalement refermée. C'était sale. Il avait du sang partout, et déjà séché. Ce n'était pas très net en tout cas. Le blessure n'était pas aussi nette qu'une lame. Qu'est-ce qui l'avait frappé, ou plutôt déchiqueté ? Oui, c'était tellement grossier. Cela devait avoir des dents, ou quelque chose qui ne coupait pas facilement voire pas du tout. En tout cas, cela ne correspondait pas à une technique connue. Enfin, ses connaissances étaient assez limitées dans ce domaine. Il y avait tant de dons et de façons de combattre différentes qu'il aurait été difficile de les discerner.

Il y avait deux directions dans lesquelles un projectile pouvait aller. Raki commença à chercher dans l'une d'elle sur plusieurs mètres. Cela devait suffire, sinon cela signifiait que l'on l'avait lancé au raz du sol. Pas très pratique, n'importe qui en conviendrait. S'il avait connu la position de sa tête, ses données seraient bien plus précises. Il lui aurait certes fallu une feuille, un crayon et de quoi mesurer, mais cela aurait été simple d'extrapoler la position d'origine du tireur. Pour l'instant, il n'avait qu'un plan. Et son ennemi pouvait se trouver n'importe où sur celui-ci. Cela donnait une ligne biscornue qui montait sur les arbres si l'on considérait qu'il avait les deux pieds sur terre. En général c'était le cas.

Il n'y avait pas grand chose. De l'herbe, des cailloux. Mais un caillou aurait plus du lui faire une bosse. Dans le pire des cas le râper. Ce n'était pas le cas. Il n'y avait aucune trace du genre brûlure, ou entaille sur le sol. C'était réellement étrange.

La seule chose qui sortait du triste ordinaire qu'il avait vu en se posant était un oiseau. D'ailleurs, qu'est-ce qu'un oiseau faisait par terre ? Il était mort ? La pauvre bête ! Raki s'en approcha avant de remarquer un petit détail. Si l'oiseau était là. L'arbre ici. Qu'il s'était caché à cet endroit. Oui. Aucun doute. Il lui avait pissé dessus.

Raki hésita entre éclater de rire, et mourir de honte. Il s'était lâché sur un oiseau mort. Quelle honte. Enfin, mort. Il n'avait pas l'air très vivant étalé immobile sur le sol. Assommé ou décédé ? C'était la seule question. Pour le savoir, il fallait l'approcher et le toucher. Il était aussi jaune que le Soleil. C'était une belle couleur au moins.

« C'est vraiment pas cool. »

L'oiseau était sur la trajectoire. Était-ce lui qui l'avait blessé ? Son bec pouvait bien blesser, et ses serres aussi. En tout cas, il avait eu mal en retour aussi. A moins qu'il ne fasse le mort pour piéger le jeune homme.

Raki éclata de rire. Un oiseau ne pouvait pas faire de plans aussi machiavéliques, si ? Oh, de toute façon, Raki était assez grand pour échapper à un oiseau. Le plus dégoûtant était sans doute de devoir aller dans sa propre urine pour s'en occuper. Les regrets pointaient déjà le bout de leur nez. La prochaine fois, il devrait tout faire pour se retenir. Absolument. Ou vérifier ce qu'il arrosait au lieu de s'inquiéter des alentours. Ce pouvait être dangereux de bien des manières. Intérieurement, le jeune homme se jura de ne jamais s'y reprendre.

Reprenant ses esprits, il ne pouvait décemment pas laisser un petit oiseau seul et sans défense sur le sol. Mort ou pas. Il lui offrirait une tombe si le pire advenait. Avec un petit écriteau : « A mon noble assassin ». Un titre plein d'ironie, mais au moins, il pouvait dire ça de cet oiseau jaune. Il n'aurait certainement pas mérité son sort.

Délicatement, Raki nicha l'oiseau au creux de ses mains. Il sentait vraiment l'urine, pour ne pas l'avoir manqué, il ne l'avait pas manqué. Le seul point positif étant qu'il avait tenu sa parole. Il avait uriné sur le responsable de son attaque. Cela ne se passait juste pas exactement comme prévu. Peut-être qu'inconsciemment le médecin l'avait su, et avait agi en conséquence ? Non, cela aurait été vraiment déplacé de sa part.

« Bon, je vais déjà commencer par te laver. »

L'oiseau ne réagissait pas. A vrai dire, Raki ne savait même pas si ses techniques médicales pouvaient fonctionner sur un animal. Si cela était le cas, dans quelles mesures ? Peut-être fallait-il apprendre l'anatomie de l'espèce souhaitée d'ailleurs. Enfin, des questions, il en avait toujours beaucoup. Beaucoup trop même. Jamais assez de temps pour y répondre en tout cas.

Délicatement, Raki commença à rincer les plumes de l'oiseau dans une petite rivière. Il ne pouvait pas le plonger dans l'eau et le frotter sans le noyer. Ce n'était pas son but. Sa délicatesse était sans doute exagérée. L'oiseau n'avait pas repris connaissance, mais son petit cœur battait. Cela ne faisait aucun doute.

Ce palpitement le rassurait. Si sa tête avait tué un oiseau, Raki ne savait pas vraiment ce qu'il aurait fait. Pleurer toute la nuit pour une chose dont il n'était pas responsable aurait été un peu trop mélodramatique. Cela aurait tout de même été dommage et triste.

Enfin, une fois l'oiseau lavé, Raki se rinça se visage. Plus particulièrement le sang de sa blessure. L'oiseau avait vraiment du mal lui atterrir dessus. Que faisait-il à voler si bas d'ailleurs ?

S'approchant de l'oiseau inerte, Raki commença à l'observer de plus près. Il toucha délicatement ses ailes, son bec, ses pattes. Il vérifiait qu'il allait bien. Enfin, il était en vie, mais avec une aile cassée. C'était un peu problématique. Raki avait des bandages. Il fallait immobiliser l'aile. Pour l'instant, le médecin ne voulait pas tenter de techniques médicales avant d'être sûr que c'était sans danger. Il valait mieux éviter d'achever l'oiseau car il était trop petit pour supporter son chakra. En attendant, les bandages et des bâtons pour immobiliser l'articulation suffiraient.
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Le murmure du vent, le soupir des feuilles, et le chant des oiseaux. [Solo]

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