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 Une étude en rouge. [Kamejirô]

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Message(#) Sujet: Une étude en rouge. [Kamejirô] Lun 30 Déc 2013 - 17:27


    Il fuyait.

    Il fuyait, désespéré, son cœur affolé comme celui d'un oiseau en train de mourir. Il fuyait, et dans chacune des secondes, il croyait apercevoir l'espoir albâtre d'une fuite et d'une survie. Tout son corps tendu en une réactivité de muscle et de réflexe, tout son esprit hurlant une alerte qui le faisait supplier auprès de tous les dieux qui auraient pu être témoins, il fuyait. Il fuyait, parce que la mission avait été un fiasco total, et que ses camarades avaient été massacrés sous ses yeux. Il avait toujours eu conscience de la violence, et de cet état d'esprit d'une guerre qui dévastait, qui déchirait ; mais dans l'immobilisme glacé d'une situation de sang, dans cette seconde d'éternité où les armes avaient mordus les chairs, il n'avait rien pu faire, rien pu penser pour protéger son propre esprit. Pantin de chair, de mécanique organique, il avait été ce spectateur odieux d'une représentation lugubre. Pas d'équilibre et pas de fil pour lui ; pas de marionnettiste venu soulever le rideau pour combler le vide qui avait explosé dans sa poitrine. Il avait fui, parce que c'est tout ce qu'il avait pu faire, et le cœur lacéré par une souffrance inimaginable, il abandonnait derrière lui les cadavres de ces hommes avec qui il avait grandi et vécu. Des hommes, des camarades qu'il avait aimé, et qui étaient morts en une seconde, balayée par la souffrance des hommes.

    Il fuyait, traqué.

    Ils avaient suivis ses traces, le pistant comme des chiens courent après un lièvre. Bondissant de branche en branche, le rythme de ses foulées accélérant dans la fureur désespérée de son ardeur et de son besoin de survie. Il courait, il courait comme un dément, sautant, bondissant, volant, presque : mais les ailes rognées par cette détresse qui teignait son regard sombre. Il n'avait jamais été le meilleur de sa promotion ; c'était Kenri, le blond, le rival, qui avait toujours été doué. Lui, il n'avait rien de spécial. Il n'était pas mauvais, assurément, mais il n'avait rien qui le faisait ressortir du monde banal de ceux qui meurent en premier. Et pourtant, et pourtant …

    Une branche s'explosa contre sa mâchoire, dans un claquement sonore ; et la peau se rompit juste au dessus de sa gencive, déversant le sang dans un amplificateur d'indice. Sans même jeter un regard derrière lui, il savait que les shinobis de Konoha le rattrapaient. Combien étaient-ils précisément ? Plus de trois. Quatre certainement, peut-être cinq. Il se souvenait, dans les éclairs de souvenir de l'escarmouche trop brève, avoir vu un des porteurs du bandeau à la feuille tomber sur le sol. Peut-être l'un de ses poursuivants étaient-ils morts ? Sa mâchoire se crispa, et ignorant la douleur, il se propulsa encore plus haut, cherchant à les perdre dans les épaisseurs des feuilles. Mais il le savait ; il était sur leur territoire, et avant qu'il n'atteigne les frontières de Kiri, il …
    Il ne voulait pas croire qu'il puisse mourir.
    Il voulait vivre.

    Un sanglot sans larme s'échappa de sa gorge, et lorsque la branche sur laquelle il prenait son appui craqua sous son poids, il comprit que le monde était injuste. Il ne comprenait pas pourquoi il fallait qu'il meure. Il avait survécu à cette attaque éclair, et après avoir assisté au massacre de ses camarades, il allait se faire tuer, tout simplement. Pourquoi avoir vécu ces minutes de fuite, alors ? Pourquoi avoir souffert ce désespoir, si c'était pour mourir de façon aussi simple ? Dans un ralenti épouvantable, dans l'angoisse dissipée, qui laissa finalement place à cette consternation froide, triste de la situation, il se sentit tomber. Tomber de très haut. Il ferma les yeux, abandonnant les prières qu'il envoyait à ses dieux. Il n'y croyait plus, et c'était trop tard. C'est dommage, songea t-il une dernière fois, j'aurais tant aimé la revoir une dernière fois, elle et son sourire.

    Un éclair de douleur lui vrilla la tête lorsqu'une technique de foudre lui transperça le ventre. Il ne mourut pas écrasé sur le sol : un des ninja de Konoha venait de le rattraper en plein vol, et un chidori balancé dans son estomac le fit hurler de souffrance.

    La vie était injuste.

    (…)

    Kampo était tombé sous leurs seules tentatives d'opposition, et mes paumes, aussi talentueuses soient-elles, n'avaient pas pu le sauver ; il s'était fait égorger, et le sang avait éclaboussé une herbe qui m'avait paru trop verte, pour le coup. Il n'en restait plus qu'un, que nous pourchassions désormais. Chacune de nos foulées nous rapprochaient de lui. Je n'avais pas estimé avec assez de précision son état. Il était jeune, et d'une bonne condition physique, mais je n'avais pas eu le temps de voir s'il avait été blessé. Dans notre poursuite, le chef de mission, un membre de l'ANBU aux cheveux blancs, s'était mis juste devant moi, de manière à ce que rien ne puisse me gêner dans ma vision. J'ignorais quel était la spécialité de cet ANBU, un certain Anonymous, car je m'étais concentré sur la protection médicale des hommes. Mais j'avais inutile, pour le coup. Aucun de nous n'avions subi de blessures, car l'attaque avait été trop efficace. Bien trop. Le groupe de kirijin avait été massacré. Les mâchoires crispé sur une bile amère au fond de ma bouche, j'évoluais en silence, lorsque le pourpre tâchant les écorces devint subitement visible. Très visible. Hurlant presque la piste à suivre.

    « Il s'est blessé en cours de route. »

    J'avais marmonné, mais les hommes de l'équipe avaient tous entendu. Je cherchais le regard d'Anonymous, avant d'accélérer. Un des types sur ma droite fit de même, et nous rentrâmes bientôt en contact visuel avec notre cible, droit devant nous. L'un des type plongea, sa main s'illuminant de son chakra électrique. Je le vis fondre sur le Kirijin comme un rapace, et le cueillir avec violence ; sa main transperçant son corps. Le kirijin poussa un hurlement à s'en déchirer la gorge, le sang venant inonder ma perception des choses. Sa main griffa le poignet du konahajin qui, sous la douleur, le lâcha. Comme une poupée de chiffon, le kirijin chuta, plongeant vers le sol dans une promesse d'impact mortel. Mon corps réagit, et les prunelles étrécies en une concentration devenue trop violente, je le rattrapais avant le heurt, roulant avec lui sur le sol.

    Me rétablissant, dédaignant les Konohajin qui atterrissaient autour de moi, j'allongeais l'homme sur le sol, et constatait de son état de conscience. Mes paumes s'illuminèrent du chakra vert qui émanait de mes mains à la manière de halo, et me concentrant sur sa blessure à l'estomac, je cherchais à stopper hémorragie. Il me fallait discerner la profondeur de la plaie, et stimuler la suractivité des plaquette pour une coagulation immédiate, de manière à ce que je puisse recoudre les tissus. Les ombres des ninjas de Konoha se dressèrent autour de moi, et poussant un feulement, je protestais à cet éclat de kunai qui venait d'apparaitre.

    « Laissez-le ! Je m'occupe de lui ! »
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Message(#) Sujet: Re: Une étude en rouge. [Kamejirô] Lun 30 Déc 2013 - 18:17

    Alors que je courais après un fuyard suivit de près par quelques partenaires ANBU et un énième protagoniste que je ne voulais pas connaître, un bruit résonna dans la forêt de Konoha : un bruit que je connaissais très bien puisqu’il réveillait le second qui était en moi : celui qui se laisse guider par son envie de sang… Je fronçais les sourcils et accélérai la cadence. Nous arrivions –mes partenaires et moi - sur les lieux de l’accident. Nous nous étions tous arrêtés contemplant la misère du personnage : du bois craquelés autour de lui, sa mâchoire qui ne tenait qu’à l’aide de simples tendons à l’air libre, et une autre plaie qui semblait être plutôt profonde.

    Kunai à la main, nous formions un cercle autour de la victime tandis que l’intrus non masqué se jeta à ses pieds et commença les premiers secours. Un air de dégoût se dessina derrière mon masque et je jetai un œil discret vers mes collègues ANBU qui ne bougeaient pas lorsque l’intrus stipula qu’il s’occupait de lui. Je secouai la tête rapidement. Il me dégoûtait. Cet homme fuyait la menace Konoha car il allait porter préjudice au village et voilà que ce misérable insecte allait le secourir. Je ne tolérais pas ce genre de comportement et l’envie de lui trancher la jugulaire commençait à me tarauder l’esprit...

    Malgré le fait de vouloir l’envoyer dans l’autre monde, il fallait tout de même avouer qu’il se débrouillait bien en médecine. L’ennemi reprenait des couleurs et la plaie commençait à se fermer. Il allait très vite reprendre conscience : entouré par des ANBU surentrainé, il n’irait pas bien loin s’il tentait de fuir à nouveau. Je me rapprochai de la victime et tapai dans les mains du médecin pour stopper la guérison. L’homme à terre commença à cligner des yeux, il se réveillait… Je relevai mon regard pour observer le guérisseur : la noirceur de celui-ci voulait tout dire concernant mon humeur.


    « J’espère que tu es fier de toi… »

    Sur mes ongles, une couche de métal se déposait lentement et formait une pointe lacérée et tranchante. J’inclinai ma tête tout en analysant l’ennemi et appuyai de mon index du col de son haut jusqu’à sa boucle de ceinture. Son t-shirt fut littéralement coupé en deux laissant apparaitre son torse jouissant d’une certaine musculature. Malheureusement pour lui, sa stature n’allait pas lui sauver la vie, bien au contraire… Rajoutant un peu de psychopathie, je le regardais droit dans les yeux avant de réitérer mon précédent geste. Mon doigt au niveau de sa pomme d’Adam, le sourire permanent de mon masque en disait long sur mes intentions. J’appuyai une nouvelle fois avant de descendre jusqu’à son téton qui se coupa en deux sous la pression de mon doigt… Le sang dégoulinait le long de son torse tandis qu’il émettait des gémissements de douleur…

    « Je me demande bien pourquoi il a prit la peine de te soigner, l’issue étant la même… »

    Je continuais mes lacérations : son torse ne ressemblait plus à un torse mais à un jouet pour chat. Je prenais mon pied rien qu’à le voir froncer les sourcils de douleur ne pouvant hurler – sa mâchoire s’étant briser on ne sait comment. Je regardai une nouvelle fois le médecin…

    « Quelque part, tu es aussi sadique que moi… L’avoir soigné… Quelle idée vu ce qu’il subit actuellement… » Je lui mis une de mes mains ensanglanté sur l’épaule déposant de l’hémoglobine sur celle-ci. « Mais… Je te remercie… Tu ne sais pas le bien que ça me fait… » Dis-je une dernière fois avant de donner un coup sec au niveau de l’abdomen laissant apparaitre un bout de ses tripes…

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Message(#) Sujet: Re: Une étude en rouge. [Kamejirô] Lun 30 Déc 2013 - 19:02

    Il y avait des malades dans ce monde, et assurément, j'étais tombé sur un de ceux qu'on ne guérit pas. Dans un retournement cruel de la situation, il me fit cesser mes soins pour prendre possession du corps humain qu'il y avait sous mes mains, et en faire son jouet. Animal sauvage, déshumanisé, il effaçait toute trace du possibilité de sujet de l'être pour en faire son objet. Plus de présence, plus d'existence, livide, j'assistais à la mise à mort lente et amusée d'un homme que j'avais tenté de sauver. Dans son geste, dans les caresses lascives d'une arme qui ne laisse pas la moindre illusion quant à ses désirs et volontés, je regardais la peau se faire découper, trancher, pour laisser le sang s'égoutter sur un corps qui perdait sa vie.

    « Quelque part, tu es aussi sadique que moi… L’avoir soigné… Quelle idée vu ce qu’il subit actuellement… »

    Quel salaud.
    Le visage impassible, mais incapable de détourner les yeux de cette tentative bafouée, lamentablement loupée d'avoir sauvé une vie, je percevais, du coin de l'oeil, cette main meurtrière qu'il posa sur mon épaule. Il se mit à parler de bien, laissant percevoir toute l'étendue de plaisir qu'il pouvait ressentir à faire souffrir un homme. Un plaisir épouvantable, qui ne naissait que dans la souffrance d'une pathologie. Une pathologie l'ayant bien atteint, le dévorer tout entier, dans chaque fibre d'un être qu'il exposait, laid et animal. Ses griffes, il les enfonça d'ailleurs dans le ventre du kirijin, faisant bouillonner au sein de ma poitrine une colère qui me donna envie de le frapper. Mais il n'y avait pas d'espoir : j'étais un faible à côté de sa force, mais dans cette puissance avec laquelle il écrasait les autres, il se perdait à l'intérieur de lui-même. Mes doigts glissèrent sur le cou du kirijin, qui hoquetait de souffrance.

    La douleur devait être monstrueuse. Comme je le comprenais. Enflammant mon chakra sur le bout de mes doigts, je vins caresser sa jugulaire pour un dernier contact. Il cessa ainsi de souffrir, immédiatement porté par une cession brusque, un égorgement interne, qui le tua sur le coup, stoppant la douleur, stoppant les épreuves. Doucement, la tension de son corps tendu par l'effort d'une douleur contenue se relâcha : et je l'accompagnais dans son mouvement, pour l'allonger sur le sol.

    « Tu as raison. »

    Mes phalanges appuyant sur ses paupières, je refermais ses yeux. Le tuer était la seule chose que j'avais pu faire. La seule et la dernière chose qui était pourtant à faire. J'avais analysé avec soin la blessure. Elle était mortelle, et dès l'instant où les griffes avaient amorcés l'angle de frappe, je savais que je n'aurais pas pu le sauver. Après douze ans d'une vie sans mort, c'était la première fois que je tuais quelqu'un par incapacité de le sauver. Et cela me faisait mal. Terriblement mal. Une douleur qui provoquait ces vertiges me faisant me perdre à l'intérieur de moi-même.

    « Je suis un imbécile sadique de l'avoir fait subir cela. »

    Je me relevais lentement, laissant le feu pâle de ma colère brûler au fond de mes prunelles. Ma main se leva, tendrement, à la hauteur de son masque, pendant qu'un sourire glissait sur ma bouche, avec une mélancolie triste. Je venais de tuer, et de trahir ma propre volonté.

    « Mais ça n'est rien comparé à la pitié que je ressens à ton égard. »

    Ecrasant ma main sur son pariétal, mon chakra et ma haine se déversèrent dans les zones senso-motrices de son cerveau, de manière à le jeter au sol, en brisant son équilibre, dans une décharge irradiante. Un membre de l'ANBU m'arracha de lui, explosant son poing dans ma face, et je m'envolais pour aller frapper le sol, mes lunettes cassées sur mon nez. Immobile, le corps secoué par un frisson de rage, je plantais mes doigts dans le sol, fixant les hauteurs des arbres de Konoha.

    « Abrutis ! Quelle sorte de médecins suis-je si je dois tuer mes patients blessés par les membres de mon village ? »

    Le sang coulait hors de mon nez et de ma bouche, et je roulais sur le côté, toussant ce pourpre qui me noyait de l'intérieur.

    « Vous ne valez pas plus que des animaux. L'ANBU est donc assez lâche pour avoir des types de votre genre dans ses rangs ? »

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Message(#) Sujet: Re: Une étude en rouge. [Kamejirô] Lun 30 Déc 2013 - 19:44

    Le sang s’était écoulé en masse sur l’étendue verdâtre de cette pelouse sale sur lequel il avait vécu les dernières secondes de sa vie. Cette même pelouse sur laquelle je m’étais fait plaisir sur cet homme qui ne demandait qu’à mourir pour éviter le prix de cette souffrance que je lui avais infligé. Mon égoïsme protubérant me poussait à continuer ces manières des plus douteuses : l’ensemble ayant l’effet de me faire ressentir ma flamme interne qui me prouvait mon existence ! Et cette envie me fut retirée par cet intrus qui avait décidé d’ôter la vie de l’ennemi plutôt que de lui laisser subir le fruit de ses intentions. Il avait souhaité porter préjudice à Konoha, il en subissait les conséquences… Mais ce misérable avait préférer l’aider à passer de l’autre côté en lui mettant la main au niveau de la gorge pour le tuer quasiment instantanément.

    Lorsque le corps contracté par la douleur fut relâché par la mort, j’haussais les sourcils et jetai un œil au médecin avec l’envie qu’il devienne à son tour mon jouet le temps de quelques minutes… Toutefois, il se montra raisonnable en avouant mes propos stipulant que j’avais raison… Il avoua être un imbécile sadique et je sentais qu’un sentiment de culpabilité envahissait son corps. Peut-être me trompais-je mais le fait de croire cela me rendait fou de joie : j’étais heureux de voir cet homme culpabilisait d’avoir dû faire ce qu’il s’était juré de ne jamais faire. L’homme était fait pour avancer et c’est ce qu’il avait fait aujourd’hui ! Qu’il soit fier, plutôt que de s’apitoyer sur son sort…

    La suite des évènements s’avérait être des plus excitantes ! Il leva tendrement sa main pour la mettre au niveau de mon masque… J’étais presque attendri par cet insecte… Jusqu’à ce qu’il précise avoir pitié de moi et m’envoyer une décharge de chakra allant droit dans mon cerveau me faisant perdre mon équilibre. Etant accroupit aux côtés du défunt, je tombai lentement à terre avant que mes partenaires ANBU me défendent l’envoyant valser en arrière par un simple coup de poing… Je me relevai, mécontent… Malgré la différence de niveau entre moi et le jeune garçon, j’avais été surprit de celui-ci. D’ailleurs, ce dernier commença à s’égosiller sur nos façons de faire…

    Je me relevai et me dirigeai vers lui. Ma méfiance à son égard me permettait d’être à l’affût du moindre mouvement suspect. Je me mis à sa hauteur et baissai les yeux pour l’observer. Il était là… A sa place… A mes pieds… Je le pensais clairement inférieur à moi comme l’ensemble des Shinobi présent sur la Terre… Je secouai la tête comme s’il m’avait déçu, comme s’il n’avait pas été à la hauteur de mes attentes…


    « Des types de notre genre hein… » Je ricanais légèrement avant de reprendre. « Tu ne sais rien de nous mais en guise d’information, je tiens tout de même à te préciser une chose… » Je remis mon masque correctement en place et essuyai mes vêtements - de la terre qui s’était déposé dessus. « Nous ne sommes que deux à agir ainsi… Mes partenaires ne sont pas comme nous… Nous, nous devons nous charger du sale boulot… » Je me mis à sa hauteur, accroupie. « Mais ne t’en fais pas… Nous aimons faire le sale boulot parce que nous le faisons bien ! »

    J’appelais ça le sale boulot mais je vais être honnête avec vous : je ne le pensais pas réellement. Pour moi, c’était même le plus beau boulot qui puisse exister au sein de cette unité d’élite… Je me relevai et donnai un coup de pied dans les côtes du défunt : l’une d’elle fut brisé et sorti du corps de celui-ci.

    « Tu es un médecin… Ton but est de guérir les Shinobi de Konoha qui se blessent lors d’une mission ou d’une guerre. Tu n’es pas au front, mais en arrière prêt à réagir. » Je relevai légèrement mon masque pour cracher sur le cadavre… « En aucun cas tu ne dois soigner un ennemi sauf si on te l’ordonne… » Je le remis en place avant de l’observer une énième fois. « Maintenant dis moi… En as-tu reçu l’ordre ? »

    Je lui tournai le dos et fis un signe à mes partenaires ANBU de rentrer au village. Mon simple signe de tête avait été comprit par mes compagnons qui ne laissèrent qu’un nuage de fumée avant de disparaitre dans le feuillage dense de la forêt. Je repris la parole, restant de dos…

    « Ta colère, ta rage… Rien n’est passé inaperçu et je suis sur que mes partenaires l’ont aussi remarqués… » Je marquais un temps de pause laissant le silence glacial de la forêt imposer l’ambiance. « Ils viennent tout juste de partir… Vas-tu te libérer en t’acharnant sur moi ? Où préfères-tu laisser la culpabilité d’avoir tué un homme de tes propres mains prendre le dessus ? » Je souriais espérant jouer avec son mental… « J’ai cru comprendre que cela allait à l’encontre de tes principes… Tu dois te sentir mal de voir ce cadavre au sol… » Je tournai mon visage vers lui… « Ce cadavre, que dis-je… TON cadavre ! »

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Message(#) Sujet: Re: Une étude en rouge. [Kamejirô] Mar 31 Déc 2013 - 0:18

    Je ne penserais jamais être inférieur à qui que ce soit. Je n'étais pas né d'une homme et d'une femme qui ne m'avaient pas aimé, et j'avais grandi mes huit premières années de ma vie dans un amour qui avait imprégné mon âme. Suite à leur décès sur le champs de bataille, j'avais été éduqué en respectant les valeurs de ma grand-mère. Honneur et respect étaient des mots qui avait construit chaque fondation de mon âme, et aussi fragile soit mon corps, j'avais la considération de mon esprit plus inatteignable que le vent qui ne se brise pas, qui ne se capture. Mon esprit était comme ce vent que l'on ne peut attraper entre ses doigts. Car aussi solides étaient les rochers, les tours et les remparts d'acier d'un esprit, leur solidité et leur force assuraient une matérialité qui indéniablement, viendrait toujours à se briser. J'étais Ban, j'étais comme le vent, et jamais je n'aurais pu me considérer comme inférieur à cet être aux mains rouges.

    Alors lorsqu'il posa son regard déçu sur moi, secouant la tête dans une frustration alambiquée, un sourire carnassier s'étala avec violence sur ma face. Je n'étais pas dans la dynamique de lui faire plaisir en répondant à ses attentes. S'il voulait se voir satisfait de mes actes, de mes paroles et de mes faits, qu'il prenne en considération mon originalité, et tout ce que j'éprouvais. Car indéniablement, nous étions les opposés de nos âmes. Dans sa violence et son sadisme, son art martial et ses capacités à tuer sans sourciller ; j'étais le calme et la faiblesse, l'analyse et la douceur, le refus et le calcul. Je n'étais pas parfait. Il ne l'était pas non plus. Et notre complémentarité me fit mal au cœur.

    « Des types de notre genre hein… »

    Je calmais ma respiration, fixant les hauteurs assombries des ramures au dessus de nous. J'ignorais exactement quel sentiment prenait le dessus sur ce flot de sensation. Il y avait la haine à son égard, indubitablement. Une haine provoquée par ce fait ; je le considérais non pas comme un animal, comme j'essayais de me le persuader, mais comme un humain, comme mon égal. Au vu de l'acte commis, je n'avais cependant aucune conviction à le considérer comme un de mes supérieurs hiérarchiques. Je n'arrivais pas exactement à le croire, de toutes façons. Les ANBU, lorsque nous étions enfants, on nous les avaient toujours présentés comme des types du dernier espoir, ces héros qui viennent et qui nous sauvent. Et en quelques minutes, dans l'émoi silencieux de mon cœur qui faisait ce deuil à cet idéal d'enfant, je me rendais compte qu'un ANBU pouvait être un humain pourri, qui se serait trompé de voie. Et là, il me sembla que le monde entier s'écroula. J'étais allongé sur le sol, les mains tâchés du sang d'un homme que je n'avais pas pu sauver. D'un homme que j'avais tué.

    « Tu ne sais rien de nous mais en guise d’information, je tiens tout de même à te préciser une chose… Nous ne sommes que deux à agir ainsi… Mes partenaires ne sont pas comme nous… Nous, nous devons nous charger du sale boulot… »

    Est-ce que je devais empêcher mon esprit de faire ce qu'il était en train de faire ? Imaginer que le Hokage soit en mesure d'agir comme cet homme venait d'agir devant mes yeux ? Où était la preuve que tout ce que j'avais cru jusque là, que Konoha reposait sur des fondements justes ? Le souffle court, je crus m'étouffer sous la violence d'une imagination devenue trop fébrile. Elle s'agitait dans mon crâne, me blessant plus que ne me soignant, dans une réaction nerveuse à la situation de trauma. Je me forçais à retrouver mon calme. Ce que cet homme me disait ; il me livrait des informations sur les branches des services secrètes, sans même craindre l'idée que cela puisse représenter un danger. Je compris, avec amertume, qu'il me considérait simplement comme un être méprisable. En soi, je n'avais pas à me vexer pour cela ; j'avais déjà connu des considérations bien pire, et être pris pour ce que je n'étais qu'aux yeux des autres ne m'inquiétais pas. Ce qui me gênait, au final, c'était le résultat. Qu'il ne craigne absolument pas de divulguer autant d'informations sur les ANBU.

    « Tu es un médecin… Ton but est de guérir les Shinobi de Konoha qui se blessent lors d’une mission ou d’une guerre. Tu n’es pas au front, mais en arrière prêt à réagir. »

    Je me raidis, angoissé, irrité par cette phrase. Car indubitablement, il n'y avait rien de faux dans cela, et je n'appréciais pas la tournure des événements. Je me refusais encore de le regarder, analysant chaque parcelle de mon corps, pour savoir si j'étais en mesure de me relever. Outre ma lèvre dévastée par le coup de poing, et mon nez qui saignait un peu, je ne comptabilisais aucune blessure. Le bruit de celle qu'il infligea au cadavre, en revanche, me fit tressaillir.

    « En aucun cas tu ne dois soigner un ennemi sauf si on te l’ordonne… »

    Et ce sentiment épouvantable de dégoût. Contre moi, contre lui. Un dégoût pour nous deux qui me fit écarquiller les yeux, sous les éclats rutilants de ces verres qui tapissaient mes yeux.

    « Maintenant dis moi… En as-tu reçu l’ordre ? »

    Lentement, très lentement, je cherchais son regard. Je cherchais son regard pour y noyer le mien, et le tuer. Le tuer, l'entrainer avec moi dans la folie profonde d'une agonie lente et silencieuse. Les tréfonds désemparés de l'absurdité du reste de la vie. Une aberration que je voulais lui éclater dans la tronche, hurler dans ses oreilles, et lui enfoncer dans la gorge, très, très profondément.

    Il fit s'éloigner ses acolytes, et il n'y eut plus que moi et lui. Un frisson courut le long de mon dos ; mais un frisson qui n'avait rien d'angoissé. Un frisson qui avait cette caresse amante de la rage. Il me faisait dos, s'exposant volontairement à une position dans laquelle il se retrouvait en situation technique de danger. Je savais que je n'avais aucune chance de le blesser sérieusement. Je savais que je n'avais pas le courage pour le tuer. Ma main vint supporter tout mon poids dans l'élévation de mon corps ; et je me relevais, secoué par un ce frisson de haine. Il me tournait le dos, et il n'y avait que quelques mètres nous séparant. Le souffle calmé sous la violence de mon ressentimment, je choisis l'automatisme de guerre que de faire un pas.
    Un pas pour avancer.

    « Ils viennent tout juste de partir… Vas-tu te libérer en t’acharnant sur moi ? Où préfères-tu laisser la culpabilité d’avoir tué un homme de tes propres mains prendre le dessus ? »

    Silence de ma tête, silence de mon corps. J'étais une ombre.
    Il retourna le visage.

    « Ce cadavre, que dis-je… TON cadavre ! »

    Mon kunai fusa. Mon coude vint frapper son plexus, et ma main caressa son poignet, dans un effleurement presque tendre. Presque. Dans un claquement sonore, mes doigts se refermèrent sur lui, emprisonnant mon poignet dans ma paume. Le kunaï dans un éclair furieux, vint exploser dans ma main, perçant son articulation, joignant nos bras, dans un immobilisme assuré. Un sourire furieux s'étira sur mes lèvres.

    « Entre 80 et 100 milliards. »

    Le sang coulait sur mes doigts, mon poignet, mais fermement résolu, je ne lâcherais pas l'ANBU.

    « C'est le nombre estimé de neurones cérébraux. Et est-ce que tu sais combien est-ce qu'il y a de neurones dans la totalité du corps ? Sur ta peau, par exemple. Sur le simple fait que j'emmette un contact à ton corps. »

    Mes ongles griffèrent sa peau, pendant que notre sang lié coulait avec plus d'intensité à chaque mouvement trop brusque.

    « Est-ce que tu connais la vitesse d'excebilité neuronale ? Le temps qu'il faut à ton cerveau pour envoyer un message à la totalité de ton corps ? »

    Mon bras tremblait, mais je plongeais mes yeux dans les ombres des orbites de son masque, malaxant mon chakra pour une attaque cérébrale.

    « Tu as compris ? Si je te touche, tu as 50 mégavolt pour réagir. Est-ce que tu es assez rapide pour aller plus vite que tes propres neurones ? »
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Message(#) Sujet: Re: Une étude en rouge. [Kamejirô] Mar 31 Déc 2013 - 1:33

    « Je suis pris au piège… » Dis-je d’un ton presque ironique.

    Mon bras était immobilisé et mon articulation de celui-ci fut tranchée en deux. Mon sang coulait le long de sa main tandis qu’il me griffait l’avant-bras. Et tout en me tenant fermement, déterminé à ne pas me lâcher, il m’expliquait le système neuronal : le nombre de neurones, la vitesse supposée de ceux-ci… J’écoutais attentivement, comme si j’étais effectivement à sa merci. S’il savait…

    La douleur qui envahissait mon bras me faisait ressentir un bien extrême… L’articulation brisée était certes douloureuse, mais les griffures me faisait presque oublier la douleur pour me prouver mon existence – prouvé que je suis en vie et encore en état de me battre… Je m’inquiéterais le jour où je n’aurais pas mal, où je ne ressentirais plus aucune sensation… Je ne bougeais pas, et contemplais la détermination du jeune garçon… Je sentais mon sang jaillir de la plaie tandis qu’il me serrait avec plus de hargne à chaque seconde… Mon masque qui arborait un sourire permanent devait vraiment avoir un effet plus que frustrant à son égard, et c’était le but recherché. Tout en gardant un silence de glas, j’inclinais ma tête à l’extrême gauche, puis à l’extrême droite faisant craquer ma nuque à plusieurs reprises.

    Immobile, silencieux, une couche de métal vint sur mon épiderme rendant celui-ci dure comme de l’acier. L’ensemble de mon corps devint couleur gris argenté, solide et d’une beauté sans nom. C’était l’une de mes techniques fétiches mais je n’avais pas l’habitude de l’utiliser au vue de la concentration conséquente de chakra qui en résultait ! Mais là, je ne souhaitais qu’une chose : impressionner le gamin pour lui faire savoir qu’il était faible, et indigne d’un Shinobi. Je brisai l’immobilisation d’un grand coup avec mon buste et mes bras ignorant la douleur de l’articulation mais me rendant vite compte de l’impossibilité d’utiliser cette main. Désormais libre, je fis un petit pas en arrière pour laisser quelques centimètres de plus entre lui et moi.


    « Raté ! »

    Dis-je d’un ton sec et froid avant de tendre ma paume de main vers lui tandis qu’une toile en métal jaillit dans le but de l’emprisonner. Le barbelé qui prendrait – ou pas – possession de sa mobilité le tranchera de toute part… En temps normal, j’utilisais la technique à pleine puissance : aussi, la toile était censée se resserrer sur l’adversaire pour le comprimer tout en la tailladant mais pour le coup, je préférais ignorer cet effet et simplement le priver de ses mouvements le temps d’un instant…

    « S’il y a bien une chose que je déteste, gamin, c’est la prétention d’un être inférieur à moi. Alors remballe ta fierté. »

    La couche de métal sur mon épiderme se résorbait petit à petit tandis qu’une lueur bleu cyan entoura ma paume que je mis au dessus de ma plaie. L’ensemble de la blessure commençait à se refermer tout en soignant mon articulation qui fut coupé en deux. Une fois les soins terminés, je pris mon poignet dans ma main et le tournait d’un côté, puis de l’autre… C’était bon de retrouver l’un de ses membres perdus…

    « Si tu n’es même pas capable de tenir tes paroles, devient plus fort. Retrouves moi, et tentes de pouvoir respecter ce que tu dis… » Je m’éloignais encore un petit peu, me rapprochant du cadavre qui gisait dans son propre sang. « Parce que je n’aurais aucune pitié à te mettre dans le même état qu’lui… »


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Message(#) Sujet: Re: Une étude en rouge. [Kamejirô] Mar 31 Déc 2013 - 4:50

    Et malgré tout, il y avait cette hésitation.
    Je savais très bien que si j'utilisais cette technique, elle serait la dernière. Son utilisation représenterait le dernier acte effectué sur cette terre, avant qu'on n'enterre mon corps, et qu'on ne m'oublie. Étais-ce ce que je voulais ? Les ongles enfoncés dans la chair de son bras, je crispais la mâchoire, mon esprit scindé en deux motivations qui se lacéraient leurs idéaux. Je savais très bien qu'il n'aurait jamais le temps de réagir, car le corps humain n'était pas en mesure d'effectuer un mouvement, qui résultait justement de cette d'excebilité neuronale. Je savais très bien que cette attaque était de celle qui tuent trop vite ; l'utilisateur et la cible. Je savais que j'aurais pu le tuer dès l'instant où ma peau avait touché la sienne. Le kunai, pour l'immobiliser contre moi, n'avait été qu'un luxe que je m'étais offert, pour gagner du temps, et pour lui parler, et pour le voir réagir. Mais qu'avais-je réellement souhaité, en m'offrant ce temps ? N'avais-je pas, indubitablement, cherché à reculer l'idée de ma mort et de la sienne ? Car elles étaient liées, et je ne pouvais pas en préférer l'une à l'autre.

    Il y avait cette hésitation, et lorsque j'en pris conscience, je sus que je ne lancerais jamais cette attaque. Car j'étais médecin. Et un médecin ne devait pas être forcé de prendre les vies. J'avais eu cette hésitation, et dès lors, j'avais perdu tout espoir de vaincre Anonymous.

    « Je suis pris au piège… »

    La moquerie était palpable dans chaque modulation de son intonation, et je crispais les mâchoires, honteux. La vie était cruelle, et c'était dur de se rendre compte que je me retrouvais comme un enfant face à une punition à assumer. Alors encaisse, hurlais-je mentalement. Encaisse, parce que tu vivras, et que tu sauras te résilier, peu importe la blessure. Son sourire étalé au dessus de moi, je le contemplais, mes prunelles fendus en une haine froide. Il ne cachait rien. Il ne cachait rien, et je savais qu'il était en train de trouver un moyen de me faire exploser en pleine face ce que j'avais cherché à lui opposer. Peu importe. J'encaisserais. J'encaisserais toujours, et je me relèverai. Ses vertèbres craquèrent, et la pression effectuée sur mes phalanges ne s'en imposa que plus, tous mes muscles raidis en une contemplation froide de la situation.

    Contemplation froide qui se transforma en une fascination de la technique qu'il utilisa. Je n'en avais jamais vu de telle ; car il semblait qu'il utilisait une transmutation organique du carbone. Les prunelles étrécies devant la technique, j'observais l'accroc à la lumière des reflets se prenant sur le métal qui s'étalait sur son corps. Mon dieu, songeais-je, alarmé. Mais quelle quantité de chakra dépense t-il pour effectuer cela ? La technique était monstrueuse. Impressionnante visuellement, et profondément grisante pour l'esprit : comme une masturbation de l'être. Un intérêt trop violent pour l'obsession que cela représentait.

    « Raté ! »

    Son injonction avait claqué et j'avais cherché à me jeter en arrière, une seconde trop tard. Dans un impact violent contre ma poitrine, je me retrouvé entrainé dans un déplacement incontrôlé de mon corps qui alla me placarder avec force contre la surface épaisse d'un arbre. Mon crâne frappa l'écorce, et je laissais échapper un feulement sauvage, sous la douleur. Bordel. La situation virait mal. Étudiant des prunelles les possibilités restantes, je me rendais compte qu'en dehors d'une attitude maïeutique à adopter, je n'avais pas beaucoup plus d'options. J'étais emprisonné dans une sorte de toile qui ne laissait pas le moindre doute quant à son absence de défaut. J'allais avoir du mal à me sortir de là par moi-même, et si je ne bougeais pas, j'avais conscience que c'était un game over assuré.

    « S’il y a bien une chose que je déteste, gamin, c’est la prétention d’un être inférieur à moi. Alors remballe ta fierté. »

    Je cherchais son regard, avec l'intention mordante de lui répliquer un « Hors de question » assuré, mais il ne m'en laissa pas le temps, faisant preuve d'une utilisation du ninjutsu médical. Merde. Il était en capacité de restructurer ses besoins vitaux, et cela représentait un sacré désavantage que de tomber sur un adversaire possédant des capacités médicinale. Mais sa manière d'agir était étrange. Presque mécanique. Mon visage perdit de son expression furieuse, et arborant le masque d'observation, je contemplais. Dans certains de ses mouvements, il avait presque l'air d'un robot. Cependant, j'avais pu étudier les connections neuronales, et j'étais assuré qu'il était humain. Alors comment faisait-il pour replacer de cette manière son poignet ?

    « Si tu n’es même pas capable de tenir tes paroles, devient plus fort. Retrouves moi, et tentes de pouvoir respecter ce que tu dis… »

    Ce furent des mots qui traversèrent l'espace nous séparant, portés par le vent. Des mots pronconcés avec une certaine douceur, et pas cette brutalité bestiale qu'on aurait pu appliquer à de pareilles propos. Des dires que, de ce fait, j'intégrais pleinement, faisant hurler ce sentiment de colère qui vibrait au fond de mon corps. Il était cet homme qui en quelques heures, avait écroulé les fondements de mes motivations, me faisant prendre conscience du gouffre gigantesque qui me séparait d'une réelle force. Me faisant prendre conscience de la fragilité de la vie, et du minuscule pas à franchir pour atteindre la mort.

    Des mots, portés par le vent, qui me firent frémir de rage.

    « Parce que je n’aurais aucune pitié à te mettre dans le même état qu’lui… »
    « Te fous pas de moi. »

    Mes lunettes, dans son attaque m'immobilisant, avait été projetées loin sur le sol, et j'avais les yeux totalement nus, le fusillant du regard.

    « Est-ce que tu crois sérieusement que je vais me mettre à chialer devant ce que tu lui as fait en te suppliant de m'épargner ? Est-ce que tu crois que tes menaces m'impressionnent ? »

    Les doigts enfoncés dans l'écorce, je forçais la douleur à faire hurler ma tête, pour que mon cœur ne lâche pas, et je détruisais la tolérance de mes nerfs en arrachant mes ongles les uns après les autres, laissant s'écouler sur le bois les filets pourpres. Le rythme de mon cœur s'affolait, mais je veillais à conserver le calme d'un souffle qui m'épuisait dans sa perte. La cage appuyait sur ma poitrine, mais je la savais maîtrisée par sa volonté. Je me laissais alors glisser contre l'arbre, pour tomber à genoux sur le sol, ma respiration se faisant sifflante

    « Dis moi ton nom. »

    Ton vrai nom.
    Un sourire douloureux se découpa sur ma face.

    « Je te promets de te soigner un jour. Peu importe que cela te plaise ou non, et quelle que soit la méthode employée. Je te jure... »

    Je crispais la mâchoire, le sang glissant entre mes lèvres avec cet écoulement doucereux jusqu'à sur ma gorge.

    « Que je vais te retrouver et te faire payer ta propre maladie. »

    Ma colère, la force … Ne t'inquiètes pas. Tu venais de me faire du mal. J'étais humain. Je te rendrais la pareille, appliquant avec soin la violence d'un scalpel qui massacre la pourriture pour la faire disparaître, l'éradiquer. Tu étais médecin, toi aussi.
    Tu me comprendrais.
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Message(#) Sujet: Re: Une étude en rouge. [Kamejirô] Mar 31 Déc 2013 - 13:23

    La situation se prêtait au silence. Un silence inconfortable dans lequel je souhaitais plonger ce gamin. Le genre de silence qui nous pousse à se poser moultes questions sur nos actions, nos gestes… Notre existence… Je lui tournais le dos. Le fait qu’il soit emprisonné dans ma toile de métal dans l’incapacité de se mouvoir profitait pleinement au fait que je pouvais être moins méfiant qu’auparavant. Je savais qu’il ne pouvait s’en sortir aussi facilement. Je le ressentais dans ma chair. Malgré ce silence inconfortable, je souriais. Malgré tout, j’aimais ce jeune garçon. Il serait une bonne expérience psychologique et je me demandais jusqu’où je pourrais le pousser… Jusqu’à la folie ? Jusqu’à ses changements de principes le rendant à l’état de machine à tuer ? Une chose était sûre, il était très mal tombé parce que désormais, j’allais le traquer. Jour et nuit. Jusqu’à ce qu’il devienne l’esclave de ses émotions. Qu’il bafoue ses principes. Qu’il devienne comme moi.

    Sans prononcer les moindres mots, je me dirigeais vers le cadavre et me mis accroupie à ses côtés tout en le touchant. Il commençait à devenir froid prouvant clairement l’état de macchabé qu’il était. Mon crachat ruisselait le long de son front allant jusqu’à sa tempe pour enfin tomber sur la pelouse. Son sang commençait à coaguler, le tout était très odorant. Une odeur que j’appréciais… Je le pris par les cheveux pour redresser le cadavre, et l’empoignai sous les aisselles pour le mettre sur mon épaule. Il n’était pas léger mais j’arriverais à le ramener au village où il subira une autopsie… Mon autopsie. Il s’agissait plus d’une récolte d’organe qu’à une véritable autopsie mais c’est ce que mes collègues pensées et c’était le principal.

    Les dernières paroles de mon interlocuteur… Mon nom. C’est ce qu’il voulait savoir. J’étais du genre joueur : allais-je lui donner aussi facilement alors que des informations pouvaient filtrer à mon égard ? Non. Je ne comptais même pas le mettre sur la piste, le jeu n’en serait que plus alléchant. Je serais disposé et disponible à le voir. Le traquer. L’observer. L’analyser… Et pendant ce temps, il serait dans l’ignorance la plus totale de mon identité, de là où je serais… Mon cœur battait la chamade à cette simple pensée d’avoir un droit de vie ou de mort sur cette proie… Il n’était pas encore assez mûr, pas assez pour que je puisse le considérer comme quelqu’un qui pouvait caresser l’espoir de pouvoir m’atteindre.


    « Le fait que tu ai pu me toucher, aujourd’hui… » Je lui jetai un petit regard espérant qu’il comprenne que je le rabaissai. « C’est uniquement parce que je l’ai voulu ! » Je repris mes prises sur le cadavre pour mieux le tenir. « Dans d’autres circonstances, tu te serais retrouvés à sa place, sur mon épaule ! » Je lui fis un petit signe de main.

    Je me projetais sur une branche d’arbre, direction le village. En revanche, avant de disparaitre totalement de ma vue, je devais lui adresser un dernier petit message. Une petite précision en guise de réponse à sa question…


    « Mon nom… » Un petit rire résonna dans mon masque et fut porté par le vent jusqu’à ses oreilles. « Il est inutile que tu le saches… Quand tu seras enfin à la hauteur, on se retrouvera et je t’apporterais toutes les réponses à tes questions. » Puis je disparus dans les broussailles de la forêt laissant émettre un écho. « Deviens fort, et retrouves moi par tes propres moyens ! »

    C’est sur ces dernières paroles que j’avais clos notre entrevue, avec la satisfaction d’une journée plus productive que je ne l’avais pensé…

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